OLT
n s* Outil crochu, ciseau tranchant, i l'usage des sculpteurs et des marbriers; il est d'acier fin par un bout, qui est à demi courbé en crochet. |{ 4° Outil plat, cnez les lapidaires, petit cylindre, d'acier ou de cuivre, attaché au bout d'un long fer, dont ils se servent pour graver les pierres précieuses; du côté de la pierre, la section du cylindre est plate et unie. || S* Terme de tourneur. Outil de côté, se dit d'espèces de ciseaux à deux biseaux, un par le bout et un par le côté. || Proverbe. Un méchant ounier ne saurait trouver de bons outils, c'esl-à-dire on bomme malhabile ne tire aucun parti de ce qu'il a sous la main. On dit dans un sens analogue : Un bon ouvrier se sert de toute sorte d'outils.
— SYN. OUTIL, INSTRUMENT. Outl) Se dit de ce qui sert aux arts mécaniques, instrument de ce qui sert dans les opérations qui ne sont pas exécutées par les artisans: des instruments de chirurgie. Cependant outil, mais c'est en poésie et anciennement, a été dit par Régnier des instruments de musique : Laissons le luth, la lyre et les outils divers, régnieb, Soi. IV.
— mST. m" s. Les ustils as ovriers qui firent les degrés, Besague et cuignies, en unt od els portez, Th. le mart. U4. Kar rebuchlé furent lur hustilz de fer, les uns et les altres, jesque al aguillon, Sois, p. 44. Il xiii' s. Il est ordené ou dit mestier, que nus [nul] du mestier, soit mestre ou vallès, ne puet ne ne doit penrre les ostiex à son voisin, ne retenir, se ce n'est de sa boine volenté, Liv. des met. 6t. Et si ne soit tlsserans nus [nul] si hardis, qui renge [vendo] rœustlUe à home deforain [étranger] pour porter hors de ceste vile.... tailliar, Recueil, p. 428. Ne harnas, ne oeustll, ne beste, id. ib. p. 425. Se je reconnols devant justice que j'aie le ceval d'aucun en m'estable, ou ses ostix de quoi il doit ouvrer, beaum. xxxvii, 2. ||xv's. Et touz outieulx pour charpenter, E. hesch. Poésies mss. f" 350. Il xvi* s. Les utils [organes] qui servent à descharger le ventre ont ... mont, i, 98. La science est un util de merveilleux service, td. i, (59. C'est un util de merveilleux service que la mémoire, et sans lequel le jugement fait bien à peine son office, iD. II, n. Et quant à la parole, estimant que c'estoit un second corps et un util nécessaire atout homme qui veut manier de grandes aiïaires.... amtot, Caton, 2. Puis qu'entre mille mensonges n'y a qu'une vérité, mille opinions de mesme chose, une seule véritable, pourquoy n'examineral-je avec l'outil de la raison, quelle est la meilleure, plus vraye, raisonnable, honnesle, utile, commode TcnARRON, Sagesse, u, 2. Mains qui font de la plume Un outil de bourreau qui destruit et consume, d'aub. Tragiques, éd. la-
LANNE, p. <42.
— ÊTYM. Berry, util; wall. utteie, s. f.; bourg. uti; pic. otieu. Comme l'ï est dans les plus anciennes formes et dans le wallon, on ne peut y voir une lettre épenthétique, et il faut rejeter le latin utensile, qui d'ailleurs aurait donné ousil et non oslil. DIez, rapprochant le comasque usedél et le milanais usadej, qui signifient ustensiles de cuisine, et qui viennent de l'italien ware, user, se servir, voit dans ostiJ une formation analogue. Mais comme l'a long de usare aurait difficilement disparu, il imagine une forme usitellum, dérivée de usitare , se servir. C'est bien du côté d'uîuî qu'il faut chercher, mais non tout à fait de cette façon : le bas-latin avait usibilia, ustensiles (teite du ix* siècle) ; au lieu d'usibilia, on a probablement dit usitilia, d'où uslil. C'est vers' le XV et le XVI' siècle que la forme sans t a pris le dessus; il est possible qu'alors on ait imaginé une assimilation entre ostil et utile.
t OUTILLAGE (ou-ti-lla-j"), t. m. Ensemble des Dutlls et engins nécessaires pour quelque exploitation.
— f.TVM. Outiller.
OUTILLÉ f.E (ou-li-llé, liée. Il mouillées), part, passé d'outiller. Muni d'outils. Être bien, être mal outillé. || Grée, équipé, muni du tous les instruments nécessaires. Si Votre Majesté a toujours dans Ki ports quarante bons vaisseaux bien outillés et bien équipés, prêts k mettre en mer aux premières occasions. Test. pol. de Richelieu, dans jal. || KIg. et populairement. Bien ou mal pourvu de ce qui est nécessaire pour ce que l'on veut faire. Elle était outillée de tout ce qu'il faut pour les rendez-vous, cf.MTB VE CATLi.s (oRosi.F.Y), llist. de M. CuUlaume, Œurr. t. X, p. s'i, dans pouoe;«s.
t OUTILLKME.VT (ou-ti-lle-man, U mouillées), I. m. Action d'outiller.
— HIST. XIV* s. Leur convient tenir en leurs hosticx [hotelsj chevaux et autres biens et oslillemcn», pu CAiiGi. oitiiarium. I.esquelz gens d'armes prc-
OUT
noient chevaux, jumans et utillemens d'ostel, m. ustensilia.
— ÊTYM. Outiller.
OUTILLER (ou-ti-llé, il mouillées, et non ou-tiyé), V. a. Garnir, fournir d'outils. Outiller un ouvrier. Outiller une usine. || S'outiller, v. réft. Se munir d'outils.
— HIST. xv* s. Le suppliant avoit mis, frayé et despendu de grands et sumptueux deniers.... à cxstenciller icellui prieuré de linge, lits, vaisselle et autre mesnaige, du cange, ustensilia. Frère Conrard estolt outillé dieu sait comment, louis xi, Nouv. xv.
— ÊTYM. Outtt; wallon, ustii.
t OUTILLEUR (ou-ti-lleur. Il mouillées), t. m. Fabricant ou marchand d'outils.
OUTRAGE (ou-tra-j'), s. m. \\ 1° Ce qui outrepasse les bornes en fait d'offense, d'injure. J'admire l'humilité de ceux qui veulent bien les porter [les grands noms] ; il les refuseraient, s'ils avaient l'esprit de faire réflexion à ce que leur coiite l'explication de ces beaux noms, et comme elle tombe tout en outrage sur leurs pauvres petits noms; à quoi l'on ne penserait pas, s'ils n'avaient point voulu prendre les plumes du paon, sév. à Couianges, (9 juin 1695. Je ne sais point en lâche essuyer les outrages D'un faquin orgueilleux qui vous tient à ses gages, boil. Sat. i. Souvent avec prudence un outrage enduré Aux honneurs les plus hauts a servi de degré, rac. Esth. m, < . Je n'aurais pas du moins à cette aveugle rage Rendu meurtre pour meurtre, outrage pour outrage ? id. Ath. ii, 7. Dans tous les temps, ce que les peuples d'Asie ont appelé punition, les peuples d'Europe l'ont appelé outrage, MONTESQ. Esp. xvn, 6. Celui qui dans les censures mettra les outrages violents, l'ignorance, la mauvaise fol, l'erreur et l'imposture à la place des raisons, VOLT. Suppl. au siècle de Louis XIV, «• part. Les outrages affectent tous les hommes, mais beaucoup plus ceux qui les méritent et qui n'ont point d'asile en eux-mêmes pour s'y dérober, J. J. Eouss. <" dialogue. || Faire outrage, offenser. Quoil n'estu généreux que pour me faire outrage ? corn. Ctd, V, <.||Fig. Faire outrage à la raison, à la morale, faire ou dire quelque chose qui y soit fort contraire. || On dit de même : faire outrage à la grammaire, au bon sens, au droit, dire ou écrire quelque chose grossièrement contraire à la grammaire, au bon sens, au droit. |Un tel discours tenu à un sujet eût été odieux ; tenu à un ministre étranger, c'était un insolent outrage au droit des nations, volt. Louù XI7, 21. Il Le dernier outrage, se dit quelquefois pour exprimer [l'infidélité qu'une femme fait à son mari. Je veux croire que c'est là tout votre crime, et que vous ne m'avez point fait lo dernier outcage, lesage. Diable boit. ch. i3, p, a43, dans FOL'GENS. Il Le dernier outrage signifie aussi l'attenut à la pudeur. || 1° Fig. et dans le style élevé. Dommage apporté par les chcses inanimées , que l'on compare à une offense. Esprits du dernier ordre.... Crovez-vous que vos dents impriment leurs outrages Sur tant de beaux ouvragesT la FONT. Fabl. v, )«. Tout ce que peuvent donner de plus glorieux la naissance et la grandeur accumulé sur une tête, qui ensuite est exposée à tous les outrages de la fortune, boss. Reine d'Anglet. Et le mont la [une habitation] défend dos outrages du nord, boil. Ép. vi. Souffrez que de vos pleurs je répare l'outrage, rac. Bérén. iv, 2. Mes ans se sont accrus; mes honneurs sont détruits; Et mon front dépouillé d'un si noble avantage Du temps qui l'a flétri laisse voir tout l'outrage, m. Uilhr. m, 5. Cet éclat emprunté Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visago l'our réparer des ans l'irréparable outrage, lo. Ath. n, 6. Là tous les champs voisins peuplés de myrtes verts N'ont jamais ressenti l'outrage des hivers, volt. Ilenr. ix.i|8"F.n termes de jurisprudence, outrage i la religion, à la morale publique, ofTenso commise par la voie de la presse contre la religion, la morale publique. On ne l'accusait pas seulement [Courierl, dans le principe, d'outrage & la morale publique; d'autres textes avaient été essayés.... l'outrage à la morale publique est resté reul, parce que le sens de ces termes, fixé, i la vérité, aux yeux de» jurisconsultes, offre pourtant, aux personnes qui n'ont pas étudié la législation, une sorte de latitude et d'arbitraire dont l'accusation peut profiter, berville, dan» p. l. coub. Procès.
— HIST. XI' s. Rcspunt Rolans : ne dites tel ultrago, Ch. de Rnl. Lxxxv. jj xii' s. Et Gilemors l'Escot dit outrage et folie, Sax. xx. Mais do Charlo leur pose, qu'il lor demande outrage [chose excessive], Ui. XXVI. De uraol outrage faire nuls tiom ne
OUT
monteplie, ib. zxxn. [| ziii* s. Hout i avoit de ceui del conseil l'empereour.... qui tindrentà nioutgrant outrage lo mandement que cil de Coostantinobla avoient fait, villeii. cxxviii. Clertcs, dist frères Garins, vous demandés outrage et cose qui avenir ne puet, Chr. de Rains, p. (43. Et cis outrages [excès^ doit estre restrainspar le juge à la requeste des autres hoirs, beaux, xiv, 4 5. Je aime miex que l'outrage de grans despens que je faiz soit fait en aumosnes pour l'amour de Dieu, que en buban [luxe] no en vainne gloire da ce monde, joinv. 298. Il XV* s. Si vous diray comme les Flamens furent desconfits, et tout par leur outrage [orgueil|, FROiss. I, I, 49. L'endemain, sitost qu'il s'en fut parti, il [le roi do France] regarda derrière lui, et vit que l'abbaye estolt toute enflammée : de ce futil moult courroucé, et s'arresta sur les champs, et dit que ceux qui avoient fait cet outrage, outre ca défense, le comparroient [payeraient] chierement, ID. I, I, 274. Il xvj' s. Elle est belle voirement, mais il n'y a rien d'outrage [d'extraordinaire], cotgbavb,
— ÊTYM. Bourguig. otraige ; provenç. oltratge; catal. ultratge; espagn. uUraje; ital. oUraggio; d'une forme non latine ultraticum, de ultra, outre (voy. outre 2). Palsgrave écrit oultraige et prononce oulraige, p. 83.
OUTRAGÉ, ÉE (ou-tra-jé, jéc), part, passé d'outrager. || 1' Qui a subi un outrage. N'importe, elle se sent comme vous outragée, rac. Brit. i, 4. Les théologiens commencent trop .souvent par dire que Dieu est outrage, quand on n'est pas de leur avis, VOLT. Dict. phil. Locke. Les auteurs outragés par une satire ingénieuse n'en sentent que trop toute la malice; mais plus ils la sentent, moins ils se pressent de la faire sentir aux autres, d'alemb. Éloges, Trublet. \\ Substantivement. Distinguons principalement dans tout procès , dans toute contention, dans toute querelle, l'agresseur do l'outragé, VOLT. l'Homme aux 40 écus. Des proporlion$. Il 2° Qui a subi une atteinte odieuse. I.a gloire du Seigneur, si publiquement outragée par les scandales et la licence' des pécheurs, mass. Profess. relig. Serm. 4. Parlez-lui, mais songez Que les lois, les autels, l'honneur, sont outragés, volt. Tancr. u, 6. Je reçus une lettre de inilady, où tout ce que l'amour outragé peut inspirer était exprimé, du- CLOS, Œuv. t. vili, p. 89.
OUTRAGEANT, ANTE (ou-tra-jan , jan-t'), ad). En parlant des choses, qui outrage. Souvenez-voui, mes frères, des outrageantes paroles dont a usi M. Jurieu, en m'appelant déclamateur, calomniateur.... BOss. i' averl. (2. Cerliins termes outrageants lâchés contre elle [Mme de Pompadour] par Frédéric, qui n'épargnait ni les femmes, ni les poètes, avaient blessé le cœur do la marquise, volt. Comment, auv. aut. Ilenr. Un amant qui ne voui connaît plus, Et qui, craignant surtout qu'à rougir on l'expose, D'un refus outrageant veut ignorer la cause, ID. Zaïre, iv, a.
— SYN. outbageant, oothageux. En raison de la finale, outrageant a rapport particulièrement à l'action, et outrageux, à la nature de la chose. Des paroles outrageantes outraient actuellement; des paroles outrageuses sont de la nature de l'outrage. En outre, outrageux se dit à la fois des personnes et des choses; outrageant ne se dit que des choses.
t OUTRAGEMK.VT (outra je-man), i. m. Action d'outrager.
— HIST. XVI* s. Outragement, cotobavr.
— ETYM. Ou<roger j ital oUraggiamento.
OUTRAGER (ou-tra-jé. Le g prend un e devant
o et 0 : outrageant, outrageoni) , c. a. || 1' OlTcnser cruellement. Tigre, assassine-moi du moins sans m'outrager, corn. Poly. v, 3. Qui se lai.s.se outragrr mérite qu'on l'outrage, id. Iléracl. i, 2, U reçut plusieurs blessures, et mourut généreusement pour sa patrie et pour un prince qui l'avait outragé, FLecti. Ilisl. de Théodose, i, e». Un dLscouw trop sincère aisément nous outrage, boil. Sat. vu. Oubliez-vous qui j'aime et qui vous outragez T rac. Iphig. IV, s. Il [Dieu] entend les soupirs do l'bumblo qu'on outrage, ID. Esth. m, 4. Jean Jacques est un malade do beaucoup d'esprit et qui n'a d'esprit que quand il a la fièvre ; il no faut ni le guérir, ni l'outrager, u'alemu. Lett. à Voltairi, v avril «7BI. Il J" Insulter quelqu'un de paroles prononcée» ou écrite». Ab I c'est trop m'outrager. — N'outragez plus les morts, corn. A'i'com. n, 3. Croyez qu'il faut aimer autant que je vous aime, Pour avoir pu souffrir tous le» noms odieux Dont votre amour le vient d'outragfr à mes yeux, bac. Iphig. m, «. Fontenclli", nnveu très-zéle du grand Corneille, et que d'ailleurs Racine avait outragé, nous a Iaiss4
OUT
un parallèle entre ces deux grands hommes, où il met son onde fort au-<iessus de sou ennemi, d'alkmb. Éloges, Despréaux, note < 2. || 3° Il se dit aussi des choses que l'on considère comme un outrage. Non, je ne puis souffrir un honheur qui m'outrage, rac. Phèdre, iv, 6. \H' Fig. Porter une atteinte Tiolente et odieuse. I-e duo d'Estrées est outré qu'un homme qu'il logeait généreusement ait «insi blessé et outragé l'hospitalilé, sÉv. 63B. Elle [Mme de Monaco] a été défigurée avant que de mourir; son dessèchement a été jusqu'à outrager la nature par le dérangement de tous les traits de son Tisage, ID. 20 juin 4878. Ces spectres aCimés, outrageant la nature, Vont au sein des tombeaux chercher leur nourriture [lors de la famine du siège de Paris], VOLT. Ifenr. x. J'ai de tous deux outragé la tendresse, id. Enf. fyrod. m, 6. |{ Profaner. Par lui, des fils d'Ëli la brutale luxure Outragea le saint lieu, les lois et la nature, delille Parad. perdu, i. Il 6* Faire violence aune femme. Ils [certains grands »inges] sont très-ardents pour les femmes, et assez forts pour les violer lorsqu'ils les trouvent seules, et souvent ils les outragent jusqu'à les faire mourir, BUFF. Quadrup. t. vu, p. t4(. ||6" S'outrager, t. ré/l. Se faire réciproquement des outrages. Ils se sont outrages publiquement.
— IIIST. XV' s. Si vous dy voirement que monseigneur en a conquis [vaincu] en cest an plus de cent, ne il ne cuydoit pas trouver chevalier qui d'armes l'en oultrageasl [le surpassât], Lancelot du lac, t. n, f* 43, dans lacurnb. || xvr s. Oultrager quelqu'un , amtot, Solon, 32.
— ÊTYM. Outrage.
ODTBAGECSEMENT (ou-tra-jeû-ze-man) , adv.
Il !• D'une manière outrageuse , avec outrage. L'ayant traité outrageusement le renvoyèrent sans lui rien donner, saci, Jiible,Évang. St Luc, xx, u. L'empereur se mil en colère, et, le chargeant de la perte du dernier combat, lui reprocha outrageusement son pou de conduite ou son peu de cœur, riÉCH. Ilist. de Théod. i, 6i. || Fig. il [un billet] était cacheté d'une épingle qui l'a outrageusement piqué, BP.ACMAHcn.ifar. de Fi'joro, iv, 9. 112° D'une manière violente, excessive. Le père Payen fut vole l'autre jour, et battu outrageusement à la tête ; on he croit pas qu'il en réchappe, sP.v. 4 39. Le curé de campagne qui, ayant été outrageusement volé par SCS ouailles.... volt. Dût. phil. Enfer. Ce monsieur de Cossé seul dérange la fête; Comment te semblet-il? — Outrageusement bête, v. hugo, le Roi s'amuse, I, 2.
— IIIST. liii* S. Neporquant coustume suefre bien que cil que père et mère marient ait plus qu'il n'empcrteroit en se [sa] partie ; mais que ce ne soit pas trop outrageusement, beaom. xiv, ib. Il XV" s. Les Flamands s'aventuroient follement et outrageusement, froiss. ii, ii, 68. Et veirent venir un oultrageusement grant porc, Perceforest, f- 26. ||xvi* s. il l'injuria bien plus oultrageusement, AMTOT, Thim. 41. En telles choses usolt Lucullus dissoluement et oultrageusement de sa richesse, id. Lueull. 81. Mechmet ayîint oultrageusement rudoyé Chasan, chef des janissaires, de ce qu'il voyoit sa troupe enfoncée par les Hongres, mont, ii, 8.
— f.TYM. Outrageuse, et le suffixe ment. OLTRAGCUX, EUSE (ou-tra-jeû, jeû-z"), adj.
Il 1* Oui fait outrage, en parlant des personnes. tin tyran outrageux, malh. Trait, des bienf. de Sénique,u, iS. En toutes sortes de causes le plus puissant est estimé le plus outrageux, balzac, le Prince, ch. 4 7. En matière de procès, tout homme peut aisément être obligé de commencer; le plus injuste, le plus outrageux se donnera presque cet avantage, patru, Plaid. l. Plût à Dieu que le sort te fût moins outrageux I corn. 2a 5uiv. ii, 4 2. Moi qui étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur et un ennemi outrageux, baci, liible, .St Paul, 4" épit. à Timoih. i, 43. Un ennemi insolent at outrageux, boss. 3' term. pour le i" dim. de Fav. m. ||î* Oui est de la nature de l'outrage, en parlant des choses. Que pouvait-il arriver de plus outrageux à la maison de Rohan, i la mémoire des héro» qu'elle a portés, qu'une cause si scandaleuse 1 patbu, Plaid, ii. Arrête, déloyal, et laisse-moi parter , Oue je rende un plein lustre à ma gloire ternie Par l'outrageux éclat que fait la calomnie, corn. Toison (for, v, 4. Ne m'assassinez point, je vous prie, par le» sensibles coups d'un soupçon outrageux, MOL. VAt. 1. 4. Il [Luther] devint le plus violent de tous les hommes et le plus fécond en parôles outrageuwf , boss. Var. i, $ sa. C'était une charitable correction, et non une insulte outrageuse que vous tvkiz i lui faire, jd. Serra, pour le mardi
OUT
de la »• tem. de car. ii. 11 faut savoir douter, se couer la poussière du collège, et ne jamais s'expri mer avec une insolence outrageuse, volt. DUi phil. Babel.
— IIIST. xnr s. Et se je sui oulraigex du trouve [mes vers sont outrageux]. Ne s'en doit pas ma dame à moi irer, Mais vers amour qui me fait dire outraige, oi'esnrs, Jiomancero, p. 84. Li rois l'entent, si fu iriez. Si li dist : par mon chief, dans Leus [seigneur loup]. Moult estes ores outrageus, Que ma parole me desdites, Ren. 4 9690. Il est assés sires du cors,Oui a le cuer en sa commande; Outrageus est qui plus demande, la Rose, 2008. Se li dons fu S) outrageus [excessif] que li autre en demorent deshireté, li dons n'est pas à soufrir, beaum. Lxx, 6. Les barons, qui deussent garder le leur pour bien emploier en lieu et tens, se pristrent à donner les grans mangers et les oulrageuses viandes, joinv. 217. Il XV* s. [Philippe de Valois recevant les défis de son neveu le comte de Hainaut] n'en fit pas trop grand compte, et dit que son neveu estoit un fol outrageux, froiss. i, i, 40I. Encore fit cette com tesse de Montfort une très hardie emprise, qui ne fait mie à oublier, et que on doit bien recorder a hardi et outrageux fait d'armes, :n. i, i, 4 74. Un petit devant mie-nuit s'osleva un vent, un orage et une tempeste si grand et si horrible que si le monde dut finer, et n'y avoit si hardi et si outrageux de l'une partie et de l'autre qui ne voulust bien estrc à terre [et non en mer], id. i, i, 4 90. || xvr s. De mal conditionné jouvenceau, oultrageux et téméraire qu'il estoit auparavant, il devint homme très sage et très modéré, amvot, lyc. 4 0. Plusieurs paroles oullrageuses contre nous, mont, i, 69. Certes je serois oultrageux de vouloir desmentir nos livres, LA BOÉTiE , Servit, volont.
— ÉTYM. Outrage, et la terminaison eux, qui signifie plein de ; provenç. ollratgos, oltrajos ; espagn. ultrajoso; ital. oltraggioso.
OUTRANCE (ou-tran-s') , s. f. Il n'est usité que dans ces locutions adverbiales: à outrance, à toute outrance, jusqu'à l'excès. Une comédie qui décriât les hypocrites, et mît en vue, comme il faut, toutes les grimaces étudiées de ces gens de bien à outrance, toutes les friponneries couvertes de ces faux-monnoyeurs en dévotion, mol. Tart. i"placel au roi. N'a-t-il pas ces adulateurs à outrance, ces fiatteurs insipides qui n'assaisonnent d'aucun sel les louanges qu'ils donnent? ID. l'Impromptu, ». [Charles I"j Poursuivi à toute outrance par l'implacable malignité de la fortune, boss. Heine d'Anglet. Jennings était ficre à toute outrance, iiamilt. Gramm. 4o. M. Hartsoëker devint cartésien à outrance, mais il s'eii corrigea dans la suite, fonten. Ilartsoéker. Il Combat à outrance, combat qui ne devait se terminer que par la mort ou la défaite d'un des deux combattants. Il m'a dit.... Qu'il se devait contre Votre Excellence, Battre tantôt, et battre à toute outrance, la font. Papef. On a vu que le duc Jean de Bourbonnais fit déclarer qu'il irait en Anf,'leterre avec seize chevaliers combattre à outrance pour éviter l'oisiveté et pour mériter la grâce de la trèsbelle dont il est le serviteur, volt. Mœurs, 4 21 Il Fig. Le parlement se bat à outrance avec les jésuites, d'alemb. Lelt. à Voltaire, 8 sept. 4764. ||.4 outrance, à toute outrance, aussi loin qu'une chose peut aller. S'il faut pousser à toute outrance ce passage de saint Paul, aoss. Var. 4 4.
— REM. Il serait à désirer que ce mot, qui est d'une grande force, ne fut plus borné à une locution adverbiale, et rentrât dans l'emploi de tout substantif. Pourquoi ne dirait-on pas l'outrance do son orgueil, de ses prétentions, comme a fait Ronsard?
— IIIST. xiii* s. Il virent bien que il ne porroicnt à lor vaissiax repairier, ançois les covenoit combattre jusqu'à outrance de mort, merlin, f° 5i, verso. Il XV' s. Nuls clievaliors de France ne la [ville de Compostelle] vouloient prendre à leur péril, pour la tenir ni garder honorablement jusques à outrance, car elle n'est pas trop forte, feoiss. ii, m, 34. On se plaint de vous à outrance, en. d'orl. Chans. 33. Il XVI* s. L'impudente espérance Do ton sot appareil [révolte dos huguenots] Périra par l'outrance D'un grand roy sans pareil, bons. 403. Ains entendoit leur faire guerre mortelle à toute oultrance, amyot. Crassus, 35.
— Erra. Outrant; bourg, ôtranee; provenç. ul- (ranza; ital. oltransa.
4. OUTRE (ou-tr'), s. f. \\ l"Peau deboucpréparée pourcontenir des liquides. Nous cessions souvent do manger, [mur donner des accolades à l'outre, qui ne faisait que passer de» bras de l'un entre les bras de l'autre, lesaob, Gil Bl. iv, 4 1. 1| î- Terme debo
OUT
tanique. Espèce de sac ouvert par une de ses extrétnilés, formé par b limbe ou le pétiole d'une feuille, et pouvant contenir du liquide ; les népenthcs en offrent des exemples. || 3° Outre de mer, nom vul- (jaire des ascidies.
— HIST. XVI' s. Les peaux sont accommodées en ouiltres, pour porter des huiles et des vins, o. db SERRES, .128. La ppau sert à faire des cuistres pour le charroi des huiles et des vins, id. 330.
— ÊTYM. Lat. uter, ventre;comparezlegreco56ap, sein, mamelle; sanscr. ûdhas, mamelle.
2. OUTRE (ou-tr'), prép. || 1° Au delà. Soit que le Rhône outre ses bords Lui vît faire éclater sa gloire, MALH. IV, B. Isabelle de France, Amicie de Courtenay... suivirent leurs maris outre mer, cha- TEAUB.ntji. 7'part. Il Ce sens, qui est le sens prjpre n'est plus usité, et il ne subsiste aujourd'hui qub dans certains mots composés. Le pays d'outre-Meuse- Les .Mémoires d'outrd-tombo de Chateaubriand Il Outre-mer, au delà de la mer. (îlltophon rève-t-il toujours généreasemeut.? prend-il toujours des villes à tal)le ? fait-il toujours des dessoins d'outre-mer dans la ruelle du lit ? dalz. liv. u, lett. 10. La maison de Voyer remonte par des titrés et par des ûliations bien prouvées juBijuà Etienne de Voyer sire de Paulmy, qui accompagna saint Louis dans ses deux voyages d'outre-mer, fonten. Argenson. Il Terme de moyen âge. Ouvrage d'outre-mer, ouvrage fait dans ce goût oriental qui suivit les chrétiens en Europe à leur retour des croisades, que les fabriques de Venise entretinrent longtemps et que toutes les nations imitèrent, de laborde, Émaux^ p. 421. Il Outre se dit au sens figuré. Discrétion française est chose outre nature, la font. Cand. Il Outre mesure, avec excès, déraisonnablement. 11 travaille outre mesure. || Teime de jurisprudence. Lésion d'outre moitié, lésion de plus de la moitié. C'est à Dioclétien que nous devons la loi qui annuité les contrats de vente dans lesquels il y a lésion d'outre moitié, volt. Mœurs, 8. || 2° Par-dessus, en ajoutant. Outre le respect et la vénération que nous devons à une personne [Mazarin] qui a acquis et qui acquiert tous les jours tant de gloire à cet Etat, voit. Lctl. 4 1 5. Outre le rapport que nous avons, du côté du corps, avec la nature changeante et mortelle, nous avons d'un autre côté un rapport intime et une secrète affinité avec Dieu, boss. Duch. d'Orl. || 3" En outrepassant (sens qui n'est guère usité). Thungen, outre ses ordres, mourait d'envie de passer [laSarre] et de faire du pis qu'il pourrait, st-sim. 40, 2(7. \\i° Adc. Plus loin, plus avant (usité seulement avec Ic^ verbes passer, aller, etc.). Je vis au détour d'une allée deux femmes assez bien vêtues, que deux jeunes Français avaient arrêtées, et ne voulaient pas laisser passer outre, que la plus jeune ne levât un voile qui lui couvrait le visage, scabr. Rom. com. i, 43. Quand ils y furent arrivés, soit qu'étant près des ennemis, ils eussent honte de ne point passer outre, soit que.... rollin, Ilist. anc. Œuv. t. vin, p. 474, dans POUGENS. Il Fig. Passer outre, aller plus loin. Dans la vue de ces infinis, tous les finis sont égaux.... si l'homme s'étudiait le premier, il verrait combien il est incapable de passer outre; comment se pourrait-il qu'une partie connût le tout? PASC. Pens. I, I, édit. havet. Enfin Sanchez passe outre; car il permet non-seulement de recevoir, mais encore d'offrir le duel en dirigeant bien son intention,iD.Pro». VII. Si la permission est restreinte, il n'est pas permis de passer outre, boss. Lett. abb. 27. Il Fig. Passer outre à quelque chose, l'entreprenilrc, l'entamer, sans se laisser arrêter. J'ai cru, monsieur, que je devais vous avertir de mes prétentions, afin que vous ne passiez pas outre dans le mariage de mademoiselle votre fille, scahu. Rom. com. i, 22. Le protecteur obligea le roi à ordonner aux communes de passer outre au procis, sans entendre l'accusé, woss. Var. vu, § 97. H Aller jusqu'au bout, en parlant d'une clio.se. Cette affaire.... N'est pas assurément pour en demeurer là, U faut qu'elle passe outre, mol. le Dép. iv, 4. Il 5" Plus outre, plus loin. Il n'alla pas plus outre, Dict. de FAcad. Mais si de voir plus outre aux mortels est loisible, nfCNiER, Sor^n,. rel. )i. Convier les bons esprits à tâcher de passer plus outre, w.sc. Sîéth. VI, 2. J'irai plus outre, et dirai que tous presque ontsouhailé que ces entretiens se fissent, corn. Ex. du Cid. Tigre altéré de sang, Décie impitoyable. Ce Dieu t'alroplon(iteinpsabandonn6 les siens.... Encore un peu jilus outre, et ton heure est venue, l.i. l'oly. IV, i. Faudra-t-il que nous tenions en suspens ces premières vérités, sous prétexte qu'en p.issanl plus outre, nous trouvons des choses que iiuus avons pciu^à concilier avec elles? boss. Librt
OUT
orb. 4. Encore un peu plus outre, et le radotage sera consommé, d'abgenson , Mém. Bibl. ekév. t. Il, p. <38.||6° Outre plus, ajoutons ceci. Outre plus ; le maître à chanter qui s'est chargé du divertissement.... est des amis de Lisette et des miens, LEGRAND, Usurier gentilhomme, se. 2. || 1° En outre, loc. adx\ De plus. J'ai fait des démarches pour lui, et en outre je lui ai prêté de l'argent. |{ 8° D'outre en outre, loc. ode. De part en part. Un coup d'cpée 'e perça d'outre en outre. |{ 9° Outre que, loc. conj. (arec l'indicatif). En ajoutant que. Outre qu'on doit rougir de s'en laisser surprendre, corn. Poly. il, 4. Outre que de ton cœur ta foi me cautionne, mol. Dépit am. i, î. Si votre lettre m'avait ennuyée, outre que j'aurais mauvais goût, il faudrait encore que j'eusse bien peu d'amitié pour vous, sév. 6-2, Outre que la philosophie nous apprend que l'esprit et la sagesse sont de tout sexe, l'expérience nous apprend que Dieu suscite de temps en temps des femmes fortes.... fléch. Mme de Mont.
— REM. En outre de cela, qui se dit quelquefois, est une locution barbare.
— HIST. XI' s. Ultre, cuivert! Charles n'est mie folz, Ch.de Itol. xci. (UJEmpeint [empoint] le bien, tout le fer lui mist ultre, ib. xcvii. Ultre cest jour ne serons plus vivant, ib. cxiv. || xu's. D'outre les monz [il] les avoit amenées, Ronc. p. -132. E plus, s'ele vout [veut] qu'il ne moire [meure], L'or et l'argent de cest empire Eu utre m'eaveit et amast [qu'elle envoie et amasse], benoît, ii, 2803. Ainz [avant] que j'aille outre mer, Couci, vi. Hxiu* s. Si [elle] me dit par félonie : Quant irez vous outre merî AnBoiss de sezanne. Romancero, p. 4 26. ^i vous voulez honorer Vos prudommes et amer [aimer], Il fercient repasser Les Anglois outre la mer, HUES DE LA FERTÊ, ib. p. <92. À force [ils] lui ouvrirent la bouche outre son gré, Berte, xv. Es vous venir Morant, qui revint d'outremer, Berte, cxxxix. Serre les denz et puis la bouche, Si que l'une dent l'autre touche ; Moult les a bien Renart serrées, Que d'outre en outre sont passées, Ren. 5)08. Par ronces et par esglentiers, Dont en la haie avoit assés, Sui maintenant oultre passés, la Rose, 2828. Et doit l'en oir la querele à ces sers qui s'enfuiront de lor seignors; et se tu truives que l'en [l'on] les ait outre menez.... Liv. de jost. 57. (IxiV s. Oultre ce que en peuple romain n'avoit il point d'aide... BEiicHEURE, f" 62, lerso. À Guillaume de Vandestat, orfèvre, pour une cassete d'outremer garnie d'argent et une croixette d'or, db laborde, Émaxix, p. 42-2. Je dis oultre que tout ainsi comme.... ORESME, Eth. Prol. Celui qui aime et quert honneurs oultre raison, id. Rh. 4». || xv s. Ung village appelle Longjumeau et.... à Monllhery qui est à deux lieues oultre, comm. i, 3. Legierement il avoit esté meu d'y venir et oultre l'oppinion de plusieurs de son conseil, m. v, 7. || xvi" s. L'autre fois, les pluyes venantes outre leur saison corrompent et gastent les semences, calv. Inslit. 137. On fait injure à Dieu, s'il commande plus outre que ce que les fidèles ne peuvent faire par sa grâce, id. ib. 26u. Oullie que son goust est plus.... mont, i, 69. Oultre mesure, ID. II, 310. 11 se montra religieux oultre tout exemple des hommes de sa sorte, m. i, 234. Boire oultre la soif, id. ii, <8. Les Hongres ne poursuyvoient jadis leur poincte oultre avoir rendu l'eimcmy à leur mercy , lu. i, 242. Outre plus, quand bien il fust là arrivé premier que les autres, peu de séjour y eust il fait sans se rendre odieux, lanouk, bhi. Il les contraignit de tirer oultre, et prendre la route d'Asie, AMYOT, Thém. 47. Les ennemis ce.sserent de les chasser et poursuivre plus outre ce jour là, ID. Cam. 64. N'ayant pas esté offensé de tous, il couroit neantmoins sus à tous, et se monstroit par eiïccl ennemy tout oultre de son païs, id. Cor. 45. Tcnans leurs piques fermes à deux mains, iizen perçoient d'oultre en oultre cculx qui s'approchoient trop d'eulx, id. P. /Em. 33. Il estoit tout oultre passionné de l'amour d'Aspasia, m. Artca. 3». Et le cours du Jourdain qui fut si plein de morts, Que le sang infidèle outre-couloit ses bords, rons. 8og. Et retiennent nos receveurs l'outre-plus [l'excédant] des dits deniers entre leurs mains, Or'Ionn. H nov. 4508. Queue de cheval, rozfs d'outre mer, rozes de Provins, fueilles de cormier, o. db seiire.«, 933.
— ÉTYM. Wallon, ouU; prov. r/ulra, nltra; Ital. oltre; du latin ultra. Palsgrave écrit oultre et prononce outre, p. 23. L'élyinologie la plus plausible di! ultra est celle de Cor.ssen, Beitr. p. 302, qui pinsc que ultra, ulterior, utlimut sfmt dt'rivé» du ralical démonstratif u(, qui est dans otlui (forme archaïque de ille), avec afTaiblis.iement de o on u, comme poculum de pocolum, etc. ; ce ol qui Tient
OUT
lui-même de onol est un diminutif de onos {unut) ; à ultra s'oppose m {du démonstratif ce dans ec-ce, hoc-ce, etc.), citra, citerior.
OUTRÉ, ÉE {ou-lré, tréel, port, passé d'outrer. Il 1" Poussé au delà de la mesure. Quoi I tu ve-jx me donner pour des vérités, traître, Des contes que je vois d'extravagance outrés? mol. Amph. ii, (. Ils [les rois] s'astreignent à certaines lois, parce -que la puissance outrée se détruit enfin elle-même, boss. 5* avert. 58. Nous avons vu la doctrine de Socrate, conservée par Phédon, accommodée aux mœurs d'i temps par Aristippe, et outrée par Antisthène, cou- DIL. Hist. ane. m, )8.|| Excessif, exagéré. L'aveuf le témérité et la peur outrée produisent les mênjes effets lorsque le péril n'est pas connu, betz, ii, 1 23. 11 est ton de parler et meilleur de se taire ; Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés, la FONT. Fabl. viii, 10. Quand l'absurde est outré, l'on lui fait trop d'honneur De vouloir par raison combattre son erreur, id. tfe. ix, ). Un air outré d'indifférence, SÉV. 9 mars 4672. On a vu comme ses maximes outrées ont produit celles des calvinistes plus outrées encore, boss. Kar.xv,§ 122. Grotius.... ne cessa de regarder le calvinisme comme une secte de gens emportés , et qui avaient introduit dans la chrétienté sur la matière de la grâce et du libre arbitre, non-seulement une doctrine outrée, mais encore des sentiments impies et barbares, id. 2* inslr. sur les passages, dissert, sur Grotius, 1. Le seul Lucifer, évêque de Cagliari en Sardaigne, se sépara de l'Église par un zèle outré, à cause qu'elle conservait dans leurs sièges les évêques qui se repentaient de s'être laissé surprendre, id. 2' instr. pastor. § (07. Tout ce qui est outré dans les lois tend à la destruction des lois, volt. Polit et législ. Délits et peines, haute trahison. Prusias est un peu comme les vieillards de comédie, qui prennent des résolutions outrées quand on leur a reproché d'être trop faibles, iD. Comm. Corn. Nicom, iv, 4. || Terme de beaux-arts. Se dit ds l'exagération des formes, des ombres et des couleurs. {{ Substantivement. L'outré. Nous allons tomber en tout dans l'outré et dans le gigantesque; adieu les beaux vers, adieu les ^entiments du cœur, adieu tout, volt. Lett. d'Argental, t3 oct. 4769. || 2° En parlant des personnes, qui passe la mesure. Tertullien, le plus figuré, pour ne pas dire le plus outré de tous les auteurs, BOSS. 6" avert. 92. M. Jurieu peut dire tant qu'il lui plaira, que saint Cyprien et saint Augustin étaient outrés s;ir l'unité, fén. t. it , p. 85. Quels temps ont jamais été plus outrés sur tout ce qui fait la félicité des sens? mass. Cérémon. de l'absoute, Ferv. Il Qui pousse les choses à outrance. J'oserai seulement avec respect avertir les théologiens scolastiques de mesurer leurs expressions, de manière qu'ils ne donnent point de prise à des gens outrés, BOSs. Inslr. sur les Et. d'orais. m, 8. || 3° Surchargé de travail, de peine. Outrés du chaud et de la douleur de leurs plaies, vaugel. Q. C. 326. Et le dedans du royaume a été outré tellement, que la dévastation- est sensible d'année en année, d'ahoensoN, Hém. t. II, p. 366 (in-8", (860). Il Absolument. Surmené. Ce vous eût été peu de gloire de mener à outrance un homme déjà outré et à qui la forlune a donné tant de coups que les moindres le peuvent abattre, voit. Lett. 52. Le cheval de Beau- Chesne était outré, et il n'avait pu me suivre, retz, IV, 32. Il 4° Kig. Saisi, pénétré, en parlant d'un sentiment pénible. Outré de colère, de dépit. Oranthe....Le cœur outré de mémo ennui, Jura que, s'il mourait pour elle, Elle mourrait avecque lui, malii. v, (9. Mon cœur outré d'ennuis n'ose rien espérer, CORN. Cid, II, 3. Quoil quand le cœur outré do sensibles atteintes.... rotr. l'encesJ. i, (. La guerre qui s'échauffe tous les jours.... la crainte (lu'on a des mauvaises nouvelles.... la désolation do ceux qui sont outrés de douleur, sév. 20 juin (672. Il B* Mis hors de soi, irrité. Si bien qu'enlin outré de tant d'indignités, corn. Pomp. u, 4. La princesse est outrée de penser que le roi en est content, et qu'il le fera venir à la cour, sév. 499. La fureur et la jalousie transportent les Juifs; ils font des complots terribles contre saint Paul, outrés principalement de ce qu'il prêche les gentils, boss. Ilisl. ii, 7. Philomcio, au fond des forêts. Toujours de ws malheurs outrée.... Se plaignait à vous des affronts Que lui fit l'insolent Térée, ciiAUl.. À la duch. du Maine. Je t'écris sur ce sujet, parce que je sui» outré d'un livre que je viens de quitter, quie.stsi gros, qu'il semblait contenir la science universelle; mais il m'a rompu la léte sans m'avoir rien appris, montkso. I.etl. pert. e». |{ Absolument. Et dunt le cœur outré brûle de vous détruire, trutam, Mariant, iv, ». La
OUT
veuve de Maître Paul est outrée, sév. (44. J'étais d'autant plus outré que.... j. j. eouss. Confess. vii. OCTRfXCIDANCE (ou-tre-kui -dan-s'), s. f.
Il 1» Action de croire en soi outre mesure. M. de Malherbe se sert d'outrecuidance; mais M. Coefîeteau n'en a jamais usé, et je vois peu de gens, de ceux-mêmes qui ne sont pas des plus délicats au choix des mots, approuver celui-ci, vaugel. Nouv. rem. p. (64, dans pougens. Ne voyez que mon tendre respect, mon zèle pour votre gloire, et non mon outrecuidance [proposition d'un nouvel engin de guerre], volt. lett. Richelieu, (8 juin (757. !| t° Acte d'outrecuidance. Vienne la Paint-Martin et alors vous aurez la dédicace [de Tancrède], que j( fortifierai de quelque nouvelle outrecuidance, volt. I.ett. d'Argental, 27 oct. (760.
— HIST. xv* s. Amour respont : Beaulté, si saigement Avez parle et raisonnablement, Que pardonner lui veuil la malveillance, Qu'ay eu vers luy ; car par oultrecuidance Me courrouça, on. d'orl. (o. Il XVI* s. Telles actions tiennent plus d'oultrecuidanceque de hestise, mont, i, 22. Par sa folle témérité et oultrecuidance, ahtot, LucuU. (5.
— ÉTYM. Outrecuidant.
OUTRECUIDANT, Al!rrE(ou-tre-kui-dan, dan-t'),
adj. Il 1° Qui croit en soi outre mesure. Un homme outrecuidant. || Substantivement. C'est un outrecuidant. Il 2" Il se dit aussi des choses. Je ne sais rien déplus outrecuidant (pour me servir des termes du bon la Fontaine) que l'insolente prélace de l'édition des Contes en I74;i, sous le nom de Londres; l'éditeur, qui se donne pour janséniste.... volt. Mél. litt. Lett. la Yisclède. Au reste, les endroits outrecuidants ne se trouvent pas dans l'imprimé, et j'en suis fort aise, d'alemb. Lett. à Volt. 3 août (760.
OUTRECUIDÉ, ÉE (ou-tre-kui-dé , dée), adj. Animé d'outrecuidance (terme vieilli). L'aveugle outrecuidé Se croirait mal guidé Par l'aveugle fortume, CORN, la Veuve, m, 9. Par le procédé malhonnête Des étrangers outrecuidés, scar. Virg. vu. Il existe une carte de la France oii la victoire outrecuidée traça, en (8I6, une ligne qui retranchait de notre territoire une partie de nos provinces de l'est et du nord, chateaubr. Captiv. de la duchesse de Berry, dans GODEFROY, Lex. de Corn.
— HIST. xir s. Et pour Rollant, qui est outrecuidioz, Ronc. p. 89. || xiu* s. Vieschi [voici] Ii roi Ricart qui est entrés en ma terre; et bien sai qu'il est trop outrequidiés, et s'il pooit tant faire qu'il peust de moi goir [s'emparer] , bien sai de voir ne porteroie la vie, Chr. de Rains, p. 75. Par son oultrecuidé langage, la Rose, Mis. jjxvi* s. Or esloient ces barbares si oultrecuidez, et avoient leurs ennemis en si grand mespris, que.... amyot, Marins, 39.
— ETYM. Outrecuider.
tOUTRECUlUER (ou-tre-kui-dé), e. o. Montrer à quelqu'un du mépris par l'idée de sa propre supériorité ("terme vieilli). On me réassigne dans l'honneur, mon frire, on m'outrecuide, on me fait une insulte nouvelle, dancouri, le Pris de l'arquebuse, se. (5. Il S'outrecuider, 11. réfl. Avoir l'outrecuidance de.... (terme vieilli). Robertll [delà Markis'y raccommoda [avec la France], puis s'outreculda jusqu'à dénoncer la guerre à l'empereur, st-sim. (67, 228. Sa modestie [de Boufllers] nel'empêclia pas de so faire pesamment sentir à qui s'outrecuidait à son égard, m. 3( 1 , 76.
— HIST. XIII* s. Que sabiautez me fist outrequidier [exlrava^-uer], roi db nav. Chans. 8. || xv*s. Quand il (Urbain VI] se vit en prospérité et puissance de papalité, il se oultrecuida et enorgueillit, froiss. 11, 11, 48.
— ÊTYM. Provenç. ultracuidar, oltracuidar ; de outre, et euider (voy. ce mot).
tOUTRKMARIN, INE (ou-lre-m«-rln, ri-n") , adj Qui est situé au delà des mers. Pays outremarin.
— HIST. XI* s. Il apela Jangleu l'ultromarin, Ch. de Roi. ccLV.
— ÉTYM. Outre 2, et marin ; prtjvcnç. uUramari.
OUTRÉMENT (ou-tré-man), adv. D'une façon outrée. Chamillart était outrément brouillé avec le chancelier et avec son fils, et eux avec lui, 8t-sim. ((4, 25(. Cela lui parut un mystère dont il fut si outrément fâché que.... 8TAAL, Mém. t. 11, p. (92. La crainte que j'ai qu'il ne s'ennuie outrément. M"* Dl deffant, Correspond, t. 11, p. (u9. dans pouoens.
— HIST. XII* s. Car il m'estoul [il nio faut] partii outréement [absolument!, Et desevrer de ma loial coinpaigne, Couri, xxu. || xiii* s. Et envoya Ii apostolna i mon seigneur Locys, et Ii manda oulréoment que il vouloit que il s'en rovonist, Chr. di Raini, p. (57. Moult aLargece pris et los; Elo a lesages et les fos [fous] Outréoment [sans réserve] i> ion bandon ^disposition], la Rose, 4(47. ||xvi* t.
OUT
OUV
J'en rencontra^ quatre aultres en un coing de jardin, oultrement disputans et pretz à se prendre on poii l'ung l'aultre, rab. Pant. v, 23.
— ETVM. Outrée, et le suffiie ment.
OUTREMKR (ou-tre-mêr) , s. m. || l" Couleur de peinture, qui est un bleu d'azur fait de lapis-lazuli. C'est avec les parties bleues du lapis que se fait l'outremer; le meilleur est celui dont la couleur bleue est la plus intense, bufp. Uin. t. vu, p. 264. La belle couleur bleue nommée outremer, qui s'emploie facilement à l'huile, et qui a le grand avantage de ne plus changer par le temps, al. bbon- OMART, Traité de min. t. i, p. 388, dans pougens. Il 2° Oiseau du genre moineau.
— HIST. xii* s. Sa victoire i fist mètre, escrire et sceler X bêles letres d'or dou meiUor d'outremer, Sax. t. u, p. 4 89.
— ÊTYM. Outre, mer, à cause de la provenance «le cette couleur.
OUTRE-PASSE (ou-tre-pâ-s*) , s. {. Terme d'eaux et forêts. Abaiis de bois fait au delà des limites marquées ou de la stipulation dans le contrat de
Tente Procès-verbaux des verdiers, soucheleurs
et arpenteurs, pour prendre garde aux omissions que l'on pourrait faire des outre-passes, délits, surmesures, Édil, nov. 1638. L'outre-passe est punie d'une amende du quadruple, à raison du prix de la vente, p. l. cour. Aux juges du tribunal de Tours.
— HIST. xv s. Deux très preux chevaliers d'outrepassé [d'éminence], Perceforest, t. iv, f° ta. il xvi* s. De tous biens pleine est ma maîtresse, Celle qui tout honneur compassé; Je maintiens que c'est l'oultrepasse Et le vray trésor de noblesse, Chasse (Tamours, p. t7l, dans lacurne.
— ÉTVM. Voy. OUTBE-PASSER.
OCTRE-PASSÊ,ÉE (ou-tre-pâ-sé, sée), part. passé d'outre-passer. Une limite outre-passée. Des instructions outre-passées.
OUTREPASSER (ou-tre-pi-sé) , v. a. || 1° Aller au delà. Outre-passer une limite. || 2° Fig. Aller au
delà de ce qui est permis, autorisé, etc Que, si
les dépuiés eussent passé outre, on eût été en droit de les désavouer comme gens qui auraient outrepassé leur pouvoir, boss. Var. xii, 24.||3° F. n. Terme de chasse. S'emporter au delà des voies, se dit en parlant des chiens. || Terme de trictrac. Faire passer ses dames dans le petit jan de l'adversaire, quand le passage qu'il a emprunté est vide.
— REM. Vaugelas pensait que outre-passer, déjà vieilli, tomberait tout à fait en désuétude ; heureusement son pronostic ne s'est pas vérifié.
— HIST. xiu* s. [Elle] Ne put outrepasser, s'elle n'i passe à no [nage], Berte, ixxii. || xvi' s. Oultrepasser les bornes de la raison, amïot. Sert. 6. L'archer qui oultrepasse le blanc fault, comme celuy qui n'y arrive pas, mont, i, 224.
— ÉTYM. Outre î, et passer.
t OUTRE-PERCEE (ou-tre-pèr-sé), v. a. Percer
d'outre en outre.
— HIST. xvi* s. En se jouant il m'a de part en part Le cœuroutrepercé, rons. 226.
— ÉTYM. Outre 2, et percer.
OUTRER (ou-tré), v. a. || !• Porter les choses audelà de la mesure. On se divertit à voir outrer cette mode jusqu'à la folie, sÉv. 2». Vous avez outré les beaux sentiments, ïd. 2I6. Ne croyez jamais rien de bon de ceux qui outrent la vertu, boss. Var. xi, 60. Les autres consistoires ont eu beau, aussi bien que lui, outrer la matière, jusqu'à dire que la peinture et la sculpture étaient des arts défendus de Dieu, ID. t6. XI, § I. Des excès de Luther qui outrait la grâce, qui l'eût cru T on a passé aux excès des semi-pélagicns qui l'afTaiblissent, id. ib. xv, § (22. Il était à propos d'outrer un peu les personnages pour les empêcher de se reconnaître, rac. Plaid. Préj. Ils outrent toutes choses, les bonnes et les mauvaises, la brut. xi. Elle voulut mal à propos outrer ta vengeance, hamilt. Gramm. ti. J'avoue que j"»i extrêmement outré le caractère de jolie femme; mais voua avez outré aussi celui ds grand homme kinten. Viol, des morts, Alexandre et Phryni. Elle [la secte des stoïciens] n'outrait que les chose» dans lesquelles il y a de la grandeur
MOWTESo. Etpr. XXIV, 40 Mais on outre les cho^
»e», Cest donner à de» rien» les phi» horribles cau- »e», ORESSET, le Méch. iv, 4. Il ne faut rien outrer quand on veut être sage, destouch. Phil. marié l, «. Rien nest plu» aisé que d'outrer la naturerien n est plu, difficile que de l'imiter, volt. Dict ^I'a"" " """'«■'"»• 11 est difficile aux hom-'
ràw/Iy/r ^ ?""^' "" 1"' "' '»'«"' "^w^S"- Des »a.(li«. Un maître impatient de faire fortune outre prc«ji,c loujour» U mesure de leur» travaux [dw
nègres], ratnal, Bist. phil. xi, 22. || Absolument. Il ne faut jamais outrer. || 2» Exagérer. On aura sans doute outré les rapports qu'on vous aura faits; les termes que vous soulignez sont incroyables, volt. Lett. ilaupertuis, 9 août 4 740. Sans avoir les bonnes qualités de son père [le régent], elle [la duchesse de lierry] en outrait tous les vices, duclos, Œuir. t. V, p. 203. || 3« Surcharger de travail. Outrer des domestiques. || Outrer un cheval, le pousser au delà de ses forces. Alexandre ayant changé de cheval, après en avoir outré plusieurs en cette journée, vaugel. Q. C. 272. || 4° Offenser grièvement, pousser à bout. Parce qu'il outrera de plus en plus la reine, et qu'il outrera, de plus, ceux qui l'approchent, ketz, ife'm. ii, liv. m, p. 45i, dans POUGENS. Ce manque de parole m'a outrée contre lui, sÉv. 20 juill. 4686. || 6° S'outrer, v. réft. Se fatiguer à l'excès. L'impossibilité disparaît à son âme [de l'homme] ; Combien fait-il de vœux, combien fait-il de pas, S'outrant pour acquérir des biens et de la gloire I la font. Fabl. vui , 25. Parlons de votre santé.... ménagez votre poitrine; ne vous outrez pas sur l'écriture [ne vous fatiguez pas à écrire], sév. déc. 4 688.
— HIST. xiii- s. Il ont le premier baile [clôture] outré [passé]. Clos de fessez et de palis. Lai de l'ombre. Et Dant Primaut si fu tant gros, Qu'il ne pot le pertuis outrer, Ren. 4407. Renart ne fet pas grant sejor, Ainz saut sor la creste dcl for : Là se quati, H chien l'outrèrent, Le flair perdirent, sel passèrent, ib. 814 7. S'ensi fièrent [frappent] li autre, nostre gent est outrée [perdue], Et Antioche prise, et la terre gastée, Ch. d'Ant. iv, 807. Puisque son champion aureit esté outré en champ, et que le champion en sereit perdu.... Ass. de J. i, 249. Il XIV* s. Pour tant qu'au samedi se veulent reposer Pour le jour du sabbat, alerent ordener Qu'au dimenche dévoient ceste besongne oultrer, Guescl. 95(14. Il xvi* s. L'artillerie adonques s'est montrée. Mais une pièce est rompue et oultrce, Dont il advint trop merveilleux dommaige, j. marot, v, 92. Picqué et oultré jusques au vif d'une offense, mont. II, tiB. Adonc Solon se prit incontinent à frapper sa teste, et à faire et dire tout ce qu'ont accoustumé ceulx qui sont oultrez de douleur, amïot, Solon, 9. Il prit son espée à deux mains, et, en dressant la poincte contre son estomac, se laissa tomber dessus de son hault, sans faire autre démonstration de douleur, sinon qu'il jetta un soupir, à quoy ceux de dehors recogneurent bien qu'il s'estoit oultré, id. Othon, 24. Outré de lassitude, d'aub. Vie, ivi. Outré de dépit et de colère, m. ib. XLvi. Les jeunes gens outrent ordinairement les louanges ou les blasmes qu'ils donnent, id. ib. xlviii. Et les quatre furent si oultrez [battus], qu'il les fallut mener le lendemain en une charrette avec le mort au supplice, carl. vi, 36 Plus un roy débonnaire Luy veut lascher la bride [au peuple] et moins il est outré. Plus luy-mesmes la serre et sert de son bon gré, rons. 662. Imitateur d'Achille, alors que l'ire outrée L'enllammoit en sa nef contre le fils d'Atrée, in. 664.
—ÉTYM. Provenç. ultrar; ital. oUrare; du lat. uUra, outre (voy. outre 2).
+ OUVAKOVlTE(ou-va-ro-vi-t'), s. f. Voy. uwa-
BOWITE.
OUVERT, ERTE (ou-vêr, vèr-t') , part, passé d'ouvrir. || 1° Dans quoi on peut entrer, passer, voir; qui n'est pas clos, fermé. Apollon à portes ouvertes Laisse indifféremment cueillir Les belles feuilles toujours vertes Qui gardent les noms de vieillir, malh. m, 3. Mille chemins ouverts y [chez les morts] conduisent toujours, RAC. Phèdre, i, 3. U [Cimon] voulait que ses vergers et ses jardins fussent ouverts en tout temps aux citoyens, afin qu'ils pussent y prendre les fruits qui leur conviendraient, rollin. Traité des Et. V m, 2. Quelque accès m'est ouvert en ce séjour sacré, volt. Sémiram. i, 4. La navigation dans les Iles fut alors ouverte à tous les sujets de la domination danoise, ratnal, Hist. phil. xii, au. Il On dit d'un enfant qu'il lit à livre ouvert, quand il est assez avancé pour lire sans étudier d'avance la page. || Dans les classes des lycées et collèges, expliquer le grec, le latin, un auteur, ilivre ouvert, c'est-à-dire sans préparation. || Chanter, jouer à livre ouvert, chanter, jouer en voyant la note et sans avoir auparavant étudié le morceau. Un recueil de contredanses qu'il dansait toutes à livre ouvert, hamilt. Gramm. 8. Il Fig. Afin que son mystère.... Ne soit ouvert à tous, ni connu du vulgaire. Régnier, Sat. iv. Il C'est un enfonccur de portes ouvertes, se dit d'un fanfaron. || Un dit aussi: enfoncer une porte ouverte, pour : s'dtre donné beaucoup de mal pour venir à
OUV
bout d' une entreprise fort aisée. || Ce port est ouvert a tous les étrangers, c'est-à-dire ils peuvent y venir commercer librement et avec sûreté. || Fig. Le ciel ouvert, voy. ciel, n" 6. || i main ouverte, loc. adv. En ouvrant la main, et fig. en prodiguant. C'est une chose assurée que les dons naturels dont nous avons reçu quelques petites parcelles, la munificence divine lés a répandus comme à main ouverte sur ces belles intelligences [les anges], BOss. I" sermon. Démons, i. !! Avoir les yeux ouveits, ne pas dormir. Vos yeui seuls et les miens sont ouverts dans l'Aulide, rac. Iph. I, 4 . Il Avoir les yeux ouverts comme un lièvre, être bien éveillé. || Dormir les yeux ouverts comme le lièvre, se dit quand dans le sommeil les paupières ne sont pas bien closes. || Fig. Avoir les yeui ouvcrls, considérer attentivement, avec intérêt. Tes yeux sur ma conduite incessamment ouverts, rac. Urit. i, t,. Des yeux toujours ouverts sur une grande parlie du globe, depuis le Mexique jusqu'au fond de la Sicile, volt. Moeurs, 463. 11 faut satisfaire sur ce point comme sur le reste la curiosité des hommes qui ont eu les yeux ouverts sur tout ce qui regarde ce prince, ID. Charles 11 [, 8. Les corps, jaloux de leur honneur, ont sans cesse les yeux ouverts SLr la conduite et les actions des membres qui les composent, raynal, Ilist. phil. XIII, 57. Sur un nuage d'o- Junon du haut des airs Sur ces fameux rivaux tenait les yeux ouverts, delille, En. xii. || Terme de blason. Couronne ouverte, couronne composée d'un simple bandeau, par opposition à couronne fermée où le bandeau est surmonté d'une partie qui vient couvrir la tête; les couronnes de duc, de comte, sont dos couronnes ouvertes, celles des rois sont fermées. Il Tour ouverte, château ouvert, tour, château, avec une porte ouverte ou une embrasure. || 2° Il se dit d'une plaie dont les bords, n'étant pas rapprochés, restent béants. On prétend qu'il lui en csl resté une blessure ouverte qui le fait beaucoup souffrir, genlis, Mères rivales, t. ii, p. 34 1, dans POUOENS. I! 3° Entamé, percé. De tint de coups mon estomac ouvert, Et tout mon triste corps de blessures couvert, maibet, Sophon. iv, 6. || U se dit de la terre où on a pratiqué des fentes, des sillons. L'oiseau [le motteuxj, entraîné par le double molil de chercher sa nourriture dans une terre fraîchement ouverte et de se cacher dans la tranchée, BUFF. Ois. t. IX, p. 347. ||4° Pays ouvert, pays qui n'est pas défendu par des places fortifiées et oii les ennemis peuvent entrer facilement. Les Polonais sentaient que, si cette guerre, entreprise sans leur consentement, était malheureuse, leur pays ouvert de tous eûtes serait en proie au roi de Suède, VOLT. Charles XII, 2. Laissez donc votre pays tout ouvert comme Sparte; mais bâtissez-vous, comme elle, de bonnes citadelles dans les coeurs des citoyens, J. J. Rouss. Gouv. de Pologne, 42. || Ville ouverte, ville qui n'est pas fortifiée. Philadelphie, de même que les autres villes de Pensylvanie, est entièrement ouverte, raynal, Ilist. phil. xvui, 6. Celle ville [Sparte] est tout ouverte, et n'avait alors pour défenseurs que des enfants et des vieillards, bartukl. <4nac/i. ch. 43. || Spacieux et sans obstacle. C'était une très-belle chose à voir dans ces campagnes, la plupart du temps fort ouvertes, ces grands corps d'infanterie et de cavalerie marchant en si bon ordre, pellisson, Lett. histor. t. i, p. 66, dans pougens. J'entrai dans un pays plus ouvert, et j'admirai ce vaste silence de la nature, montesq. Aïs. et Ismén. Ils [les guillemots] ne peuvent trouver leur subsistance que dans une mer ouverte, et ils sont forcé.» de la quitter des qu'elle se glace en entier, buff. Ois. t. xviii, p. 48. Il 6" Terme de marine. Rade ouverte, celle où les vents soufflent sans obstacle. || Na vire ouvert, celui dont l'élévation des murailles et de» bastingages n'est pas suffisante; se dit aussi d'un bâtiment disjoint et dégarni d'étoupe, et d'un bateau non ponté. || Voile ouverte, celle qui est brassée sous le vent. || Se dit de la distance apparente de deux objets lointains. Objets ouverts d'une voile, de deux voiles, c'est-à-dire séparés par un intervalle apparent de la largeur d'une voile, de deux voiles. || 6' Terme de botanique. Se dit de parties qui sont épanouies ou étalées. Il 7° Large. Elle avait le front ouvert, grand et uni, hamilt. Gram. 7. || Terme de manège. Cheval bien ouvert, cheval qui a les jambes, particulièrement celles de devant, éloignées comme il faut l'une de l'autre. || Terme de vénerie. Tête ouverte, la tôle du cerf, du daim, du chevreuil, quand leurs perches sont écartées et larges ;re qui constitue la beauté. Il 8° Dont le vêtement a été ôté. Je vais lui présenter mon estomac ouvert, corn. Ci'd, v, 4. || 9° Les bras ouverts, les deux bras écartés l'un de l'autrti
ouv
oirv
ôuV
Èsi
si élendus. |{ Kig.Vous me trouverez toujours les bras ouverts, Boss. lett. tl». I| X bras ouverts, loc. adv. Avec empressement, avec cordialité. |{ 10° Table ouverte, voy. TABLE. Il 11° Commencé. Je suis partie ce matin des Rochers par un chaud et un temps charmant ; le printemps est ouvert dans nos bois, sÉv. a4 mars (676. Il est impossible qu'ayant si bien fait pour les cadets [Grignan], on ne fa.sse pour l'aîné; je crois que le temps en viendra, il ne l'était pas encore [venu] l'année passée; les bienfaits n'étaient pas ouverts comme ils le sont présentement, ID. 28 févr. <680. N'est-il point [le roi ] n train de vous faire du bien.... la libéralité n'estelle pas ouverte? id. i3 mars (680. Et dans le même jour, et dans les mêmes lieui, Où des scJnes de sang avaient frappé les yeux, Le bal était ouvert et le plaisir barbare Passait des cris de mort aui »ons de la guitare, delille, Trois règnes, v, B. Il La chasse est ouverte, le temps où il est permis de chasser est commencé. || 12° Les paris sont ouverts, chacun est admis à parier. || La question est ouverte, reste ouverte, elle n'est pas décidée, et on la discutera de rechef. || Terme de jurisprudence. La succession est ouverte au profit d'un tel, telle personne est dans le cas de recueillir la succession. Il Terme de féodalité. Fief ouvert en faveur du seigneur, fief qui pouvait être saisi si les droits n'étaient pas payés, si les devoirs n'étaient pas rendus par le vassal. Il 13° Terme de commerce. Compte ouvert, celui auquel on ajoute journellement des articles. Il Terme de finances. Payer à bureau ouvert, payer tous les billets ou bons qui sont présentés, sans avertissement préalable. Tous les arrérages.... seront payés à bureau ouvert sur l'ancien taux, sur la présentation et remise des titres originaux, Décret du 22 floréal, an n, Ropp. Cambon, p. »3. Il 14° Guerre ouverte, guerre déclarée. Ils ne nous font pas une guerre ouverte, fén. Tél. x. || Force ouverte, force employée d'une façon publique. S'il voit qu'en sa faveur je marche à force ouverte, CORN, lléracl. iv, * . On en vint bientôt à la force ouverte, boss. Yar. 7. || X force ouverte, loc. adv. Les armes à la main. || 15° Fig. Accessible. Votre mai.son sans cesse est ouverte aux douleurs, tristan, Variane, i, 3. L'ime de cette reine, à la douleur ouverte, X toute sa famille imputerait sa perte, COBN. Toison d^or, iv, l. Et l'âme ouverte au bien que le ciel lui envoie, iD. Sophon. n, 2. Ni la bouche ni les oreilles de cette pieuse abbcsse n'ont été jamais ouvertes à la médisance, boss. Yol. de ttonterby. Pour moi, je suis plus fière et fuis la gloire aisée.... d'entrer dans un cœur ouvert de toutes parts, BAC. Phèdre, ll, 4. X de nouveaux tourments mes .sens étaient ouverts, volt. Oreste, i, 5. Mon cœur à ce récit ouvert de toutes parts, id. Scythes, m, i . Cette âme qui ne se croyait plus ouverie qu'à la douleur, trouve encore de la sensibilité en elle pour la reconnaissance qu'elle vous doit à tant de titres, p'alemb. Lett. au roi de Prusse, u nov. «778. Ton sexe faible est oublieux des crimes; Mais, dans ces murs ouverts à tant de peurs. N'entends-tu pas des ombres de victimes Mêler leurs cris à tes soupirs trompeurs? bêbano. Oclotte. Il La porte de cette maison est ouverte à tous les honnêtes gens, c'est-à-dire tous les honnélcs gens y sont bien reçus. || 16° Fig. Qui admet et comprend facilement. Une intelligence ouverte. Les riches grossiers.... N'ont pas une âme ouverte à sentir les Ulenls, a. chén. Idylles, l'Âieugle. || 17° Qui exprime la franchise et l'accueil. U porte sur le front une allégresse ouverte. Que le bonheur public fait bien moins que ma perte, corn. Ilor. iv, 4. Je ne vois plu» en vous dans ce triste entretien Cet air doux, tendre, ouvert, tel qu'il est quand on aime, PÉcuAMTRÉ.KortdcA'^on, m, a. Ce visage ouvert ne se referma pas, même après que je lui eus déclaré 00 que je ne croyais pas pouvoir lui cacher, retz, Uém. t. II, liv. m, p. 457, dans pol'gens. M. Fouquet l'a aperçu ; il l'a salué avec un visage ouvert et plein de joie et de reconnaissance, s6v. Lett. à Pomfinne, a et 2» déc. )6«». On dit que le roi n'a jamais le visage plus serein et plus ouvert avec un ministre que U veille de la disgrâce, dider. Uém. t m, p. 0, dans pouoens. || Oui se communique. Je suis lort resserré avec ceux que je ne connais pas, et je ne suis pas même extrêmement ouvert avec la plupart de ceux que je connais, la RociiKrouc. Portrait. Si votre cœur était un peu plus ouvert, vous ne seriez pas si injuste, sEv. lisi-pt. <«7». Je connais tes vertus, j'estime ta valeur, Et de ton cœur ouvert la naïve candeur, volt. Scijihei, u, a. Sa gaieté n'est point bruyante; il est facile et ouvert: il n'a point celte sorte (i'esprit qui semble vouloir étouffer celui de* au-
tres, VOLT. rHomme aux 40 écus, Grande querelle. Il Franc, sincère. Qui s'expose au péril veut bien trouver sa perte, Et, pour vous en parler avec une âme ouverte.... corn. Poly. u, 4. Je cherchaisquelqu'un d'un caractère ouvert et gai, mabivaix, Payi. parv. 2° part. Ce cœur est tout ouvert et n'a rien qu'il déguise, VOLT. Brutus, II, 2. Cette manière ouverte d'exposer ses opérations et la situation de ses affaires a sans doute ses avantages, marhontel, Uém. XII. Il X cœur ouvert, loc. adr. Avec franchise, sincérité, effusion. Et chacun en riant en parle à cœur ouvert, Régnier, Élég. ii. Pauline a l'âme noble et parle à cœur ouvert, corn. Poly. ii, 2. Je vous parlerai à cœur ouvert de Mlle Duplessis, sÉv. 55. Il hait à cœur ouvert ou cesse de haïr, rac. Brit. v, i . Il 18° En grammaire, e ouvert, a, o ouverts, ceux qu'on entend dans succès, plat, bol, par opposition aux mêmes voix fermées dans thé, bas, clos. \\ 19° 5. m. Ouvert, terme employé parfois dans la marine pour ouverture, entrée. Nous nous présentâmes â l'ouvert de la baie. Il S. m. pi. Se dit, à la paume, de certains intervalles garnis de filets qui sont placés entre le toit et les batteries, dans un jeu de dedans.
t OUVERTE (ou-vèr-f), s. f. U s'est dit pour lézarde, crevasse. Il reconnaîtra d'où peuvent provenir les ouvertes qui se trouvent dans les ouvrages de maçonnerie faits les années précédentes, pour y apporter tes remèdes qu'il estimera nécessaires, Lettres, etc. de Colbert, iv, 4 1 b.
— ÊTYM. Omert.
OnVEUTEMENT (ou-vèr-te-man ), adv. D'une manière ouverte, manifeste. Il est bien pénible de voir renverser toute la morale chrétienne par des égarements si étranges, sans oser y contredire ouvertement, pasc. Pror. viii. Des évêiiues [les anglicans] qui ont anéanti eux-mêmes l'autorité de leur chaire, en condamnant ouvertement leurs prédécesseurs, boss. Reine d'Anglet. C'est l'ordinaire des orgueilleux d'exercer ouvertement leurs inimitiés, ID. i" sermon. Démons, 2. Mais puisqu'ouvertemcnt il tient pour l'injustice, rac. Tliéb. ii, 3. Marc-Aurèle ordonna qu'on ne poursuivit point les chrétiens pour cause de religion ; Caracalla, Héliogabale, Alexandre, Philippe, Gallien les protégèrent ouvertement, volt. Mœurs, 8.
— HIST. XVI' s. Et n'est chose de quoy plus souvent et ouvertement il entretint chez lui les survenants que de ce sien desseing, mont, ni, 48.
— ÉTVM. Ouverte, et le suffixe ment.
OCVEUTURE (ou-vèr-tu-r'), s. f. \\ 1* Fente, trou,
espace vide dans un corps. L'eau et l'air s'insinuent par les plus petites ouvertures. Cyrus se fait une ouverture dans Babylone, BOSs. llist. u, 4. Suivant Gemelli Carreri.... l'on peut compter plus do dix mille ouverture3"de mines, dans un espace de six lieues autour de Santa-Cruz, bufp. Min. t. v, p. 63. Je ne parle pas encore de ces larges ouvertures, de ces énormes coupures qu'on trouve dans les rochers et dans les montagnes; elles ont été produites par de grands affaissements, m. llist. nat. 2° dise. Œuv. t. i, p. 158, dans pouoens. || Fig. Les prières ne trouvaient aucune ouverture pour entrer dans son cœur, fên. Tél. Iiv. || 2° Terme d'architecture. Portes, fenêtres, croisées, etc. Ce bâtiment a trop d'ouvertures. |l Terme de maçonnerie. Ouverture plate, celle qui est au haut d'une coupole pour éclairer un escalier. || Grandeur de la baie d'une porte, d'une fenêtre. Cette porto n'a pas assez d'ouverture, a trop d'ouverture. || 8° Terme de géométrie. Êcartement do deux lignes qui forment un angle. Le sens de la vue n'a pour juger la grandeur des objets et leur dislance qu'une même mesure, savoir l'ouverture de l'angle qu'ils font dans notre œil, J. ;. Rouss. Emile, ii. jj En un sens analogue, l'ouverture d'un compas, l'écartcmcnlplus ou inoins grand de ses deux branches. || 4° Terme de dioptrique. La surface plus ou moins grande que les verres de lunettes présentent aux rayons de la lumière. L'ouverture de l'oculaire, de l'objectif. || 6- Terme militaire. Ouverture des colonnes, espace qui est entre chaque colonne d'une armée ou d'une escadre. Il 6* Terme do danse. Ouverture do jamlics, mouvement agile et gracieux que fait une jambe pendant qu'on se tient en équilibre sur l'autre. Il 7° Terme de marine. E.space libre entre deux terres. Il Le plus grand êcartement dans un vaisseau en construction. || 8° Entrée. L'ouverture d'un port. Ije» Iles Orcadcs forment une partie de son ouverture [d'un grand golfe], et semblent fitre dirigées comme si elles étaient une continuation des montagnes de U Norwége, bvrr. Util. nat. Preuv. théor. terr. Œuv. t. u, p. toa. || Faire l'ouverture d'un port, en permettre l'entrée. Il >* Action d'ouvrir.
L'ouverture d'une fosse, d'un colTrc. L'ouverture d'une lettre, d'un testament. Je vous rends mille grâces de l'honneur de votre souvenir, de tous les pâtés que vous m'avez jamais donnés, et du dernier que je viens de recevoir; l'ouverture s'en fera aujourd'hui entre messieurs de Vivonne, de Malha, ri'l'lbèiie, de Châiillon et moi, scarr. Lclt. Œuv. I. i, p. 2C2. ||X l'ouverture du livre, en ouvrant le livre au hasard. Il L'ouverture d'un corps, action d'inciser un corps mort pour en examiner les parties intérieures. Ce ne sera que demain que je commencerai à travailler; si vous voulez me faire la grâce de vous trouver à l'ouverture, vous entendrez un petit discours qui, je crois, ne sera pas fort commun, hauteroche, Crisp. médec. il, 9. || Terme de guerre. L'ouverture de la tranchoe, le premier travail pour creuser la tranchée. || Terme de physique. Se dit des fils électriques que l'on rapproche pourouvrir la voie aux courants d'électricité, par opposition à fermeture, quand on écarte les fils pour leur fermer la voie. Il 10° Fig. Commencement. L'ouverture dos chambres, de ta campagne, des vendanges, de la chasse, des cours de la Sorbonne, etc. C'était une grande joie de me voir aux états, où je ne fus do ma vie , je n'ai pas voulu en voir l'ouverture, c'était trop matin, SÉV. 6 août (671. L'ouverture de la guerre et de la campagne se fit par le siège de Chio, bollin, llist. ane. Œuv. t. v, p. 492 , dans pouoens. Deux ans après sa naissance [de M. Fagon], c'est-à-dire en 1040, M. de lî Brosse fit l'ouverture du jardin royal pour la démonstration publique des plantes, fonten. Fagnn. Les légats et l'archevêriuo de Trente commencent par accorder trois ans et cent soixante jours de délivrance de purgatoire à quiconque se trouvera dans la ville à l'ouverture du concile, volt. Mœurt, 172. L'ouverture du parlement est un moment intéressant, d'alkmb. Lett. au roi de Prusse, 27 nov. 4777. Il U se dit aussi de l'exposition d'une pièce de théâtre. La protase, où doit se faire la proposition et l'ouverture du sujet, corn, t" dise. || L'ouverture d'un cours, se dit aussi de la création d'un enseignement. Le ministre a autorisé l'ouverture d'un cours d'économie politique. || 11° Terme de musique. Symphonie ou morceau instrumental qui précède un opéra, un oratorio, une ode-symphonie. Les ouvertures d'Iphigénie en Aulido de Gluck, de la Flûie enchantée de Mozart, de Guillaume Tell de Rossini, sont justement célèbres. Qu'est-ce qu'une ouverture? c'est la pièce do musique qui commence un opéra et qui doit préparer l'auditeur à ce qu'il va entendre, d'alemb. Lib. delà mus. Œuv. t. m, p. 406, dans pouoens. || 12° En jurisprudence, il y a ouvcrtiiro à la substitution, la substitution commence d'avoir lieu pour quelqu'un. || L'ouverture d'une succession, le moment où les biens d'un défunt sont dévolus à ses héritiers. || Ouverture do faillite, l'époque â partir de laquelle le débiteur est déclaré en faillite. L'ouverture de la faillite est déclarée par le tribunal de commerce, Code de comm. art. 44t. Il II yaouvertureàcassation.àrequétecivilo, il y a lieu de se pourvoir par cassation, par requête ciiilo. Il Ouverture de requête, les moyens qui servent de fondement à la requête civile. || Terme féodal. Ouverture de Def , se disait lorsqu'il y avait mutation de seigneur ou de vassal ; et ouverture de rachat, quand le rachat était dû au seigneur. Il 13° Kig. Premières propositions relatives à quelque affaire. Aspar vient, faites-lui, ma sœur, quelque ouverture, corn. Pulch. i, 3. Jonathas, en ayant été averti, lui envoya des ambassadeurs \tout faire la paix avec lui , et lui oiïrir do lui rendre les prisonniers; Bacchide reçut favorablement celte ouverture, SACi, Bible, Machab. l, ix, 70, 74. S'il faut faire à la cour pour vous quelque ouverture. On sait qu'auprès du roi je fais quelque figure, huL. Jfi't. l, 1. Il [ilircan] fit faire au roi des ouvertures de paix, ROLLiN, llitt. anc. iICuv. t. ix, p. 350. dans pouoens. Il 14° Expédient, voie, occasion. Silflt que la mort de son rival fait quelque ouverture À son espéranco, CORN. Ilor. Examen. Le roi [Charles I") n'avait point donné d'ouverture ni do prétexte aux excès sacrilèges dont nous abhorrons la iiicmoire, boss. Riine d'AngIrl. Il n'eût pas vu la moindre ouverture & s'étalrlir parmi nous, m. Var. 15. Je ne 11 dis pas de moi-même : c'est un saint èvêquc d'Orient qui m'a donné ouverture à cette pensée, id. Serm. pour une profess. prêché le jour d,' l'Épiph. II. Combien de projets a-t-il faits? combien d'ouvcriuros a-t-il donnée»? FLf.cii. I.am. Pour trouver des expédients et des ouvertures dans les affaires, ID. le Telr lier. Ovielques-uns ont cru trouver de la conformité entre des paroles caraïbes et des mots hébreux, et n'ont pas manqué de suivre une si belle ouvcrtun^
OUV
TOLT Moeurs, ««s. Dès qu'on vous offre de loin ta moinJre petite ouverture pour faire du bien, vous saisissez la chose avec un acharnement qui ii a Doint d'eiemple, w. Letl. à la duch. de Choiseul, so août 1770. Il 15» Ouverture s'est dit pour opinion. Le président le Bailleul [dans le procî-s du duo de la Valette] pensa s'écliauder, disant qu'il étut ûe l'ouverture de M. le Cardinal ; M. le Chancelier lui dit- M. le Cardinal n'a pas opiné. Sa réponse fut: je le sais bien, aussi n'al-je parlé que de l'ouverture et non pas de l'avis, uontrêsor, Mém. t. u, p. 270, dans LACUHNE. || 16' Aveu, confidence. Je m'en va:s trouver Mopse, et lui faire ouverture De l'amour que sa nitce et toi vous vous portez, mol. Uélic. II, 5. J'en avais fait à sa mère queli;ue peu d'ouverture, ID. l'Avare, iv, 3, Les ouvertures qu'il en faudrait faire à un conducteur sacré, seraient amères, «ASS. Confir. Communion. || 17° Ouverture de cœur, franchise, sincérité. Il ne parait personne avec qui elle [Cléopatre] ait plus d'ouverture de cœur qu'avec cette Charmion, corn. Poly. Examen. Avec la même sincérité et la même ouverture de cœur que »'il parlait à Jésus-Christ dont le prêtre tient la place, PASO. Prov. x. Je trouvais si peu de douceur, d'ouverture de cœur, de franchise, dans le commerce même de mes amis, que, rebuté de cette vie tumultueuse, je commençais à soupirer ardemment après le séjour de la campagne, i. J. bouss. Confess. vin. || Absolument. IncUnation, propension, complaisance. Celles qui auront de l'ouverture pour TOUS, Boss. Lett. abb. t < 4. Il faut éprouver le directeur en le consultant, pour voir si on pourra avoir l'ouverture qui est nécessaire, et si on trouvera en lui tout ce qu'on a besoin d'y trouver, fén. t. xvii, p. 537. Il 18° Ouverture d'esprit, facilité à comprendre, à inventer, à imaginer. Le P. Loup, jésuite, habile mathématicien, trouvant beaucoup d'ouverture d'esprit à cet aîné, dont nous parlons, lui apprit les éléments de géométrie, fonten. de Lafaye. Il [le fils du czar Pierre] n'était pas né sans ouverture d'esprit ; il parlait et écrivait bien l'allemand, volt. Jlussie, n, 40. || Absolument. Il a de l'ouverture pour les sciences exactes. Comme mademoiselle votre fille montre un esprit assez avancé, avec beaucoup d'ouverture, de facilité et de pénétration, fén. Édtic. filles, avis à une dame de qualité. Des enfants qui manquent d'ouverture ou d'attention, bol- LlK, Traité des Et. iv, 2.
— HlST. xm' s. Il ne trouveroit ouverture De tele plaie aparissant. Complainte douteuse, dans jubinal, t. II, p. 248. Il XV* s. Ce mesme jour, vint au palais uu beraut nommé Toulongeon, qui appela le héraut garde du pavillon et luy dist : Noble héraut, je demande ouverture pour aller toucher l'une des trois targes qui sont en vostre garde, pour et au nom d'un noble escuyer nommé Pierre de Chandos,
O. DELA MARCHE, Mém. liv. I, p. 296, dsins LACURNE.
Le duc Jehan s'en alla en tirant vers la ville de Chartres.... et se logea dedens la ville, car ilz luy firent ouverture, fenim, 4417. Le roy d'Angleterre trouva ces ouvertures très bonnes, comm. iv, 7. Il xvi's. Prescher liberté aux captifs, ouverture aux enserrez, calv. Instit. 698. [Propositions de mariage] Pour tenter ces occasions, et afin de ne faire ouverture da choses dont nous puissions avoir regret, j'ay retins ledict Brodeau qui estoit sur son partement et que j'avoisdesjà despecbé, maro. Lett. 460. Corcbons la cause du nostre [mal], et ce nous fera après une grande ouverture et préparation pour trouver le remède, langue, 4 59. Si quelqu'un d'adventure luy fait ouverture de tels propos, s'il est à cheval, mettant pied à terre, il l'embrassera, amyot. De la curiosili, 43. On fit imprimer la description de son ouverture par les médecins, d'aub. Uiit. II, 423. Nous festoyoient d'une gaieté et outerture si grande que merveille, l'ÂmaTit ressutciti, p. 27, dans lacurne.
— 6TYM. Ouvert; bourguig. ovature; provenç. ubertura; catal. obertura.
OUVRABLE (ou-vra-bl"), adj. Usité dans cette •eule locution : jour ouvrable, Jour consacré au travail. Ce beau calendrier Bouge partout, et sans nul jour ouvrable, la pont. Cal.
— HlST. XIII* s. Il doit avoir cbascun jour ouvrable» quau-e deniers, Liv. des mit. 225. || xiv* s. Tele est la nature des choses ouvrables par nous, oresme, tth. 463. Il XV' s. S'estendy à comprendre et concepvoir toutes choses, tant spéculatives comme ou- Trables, caaisT. de pisan, Charles Y, m, 5. || xvi* s. Bt ont esté instituez non seulement les jours ouvrables, mais aussi les jour» de feste, amïot, Corn
— ÊIYM. Outrer; wallon, ovrdb, ocrau6.
OUV
OUVRAGE (ou-vra-j'), s. m. \\ 1* Action de faire une œuvre, de travailler. Se mettre à l'ouvrage. Cet ouvrier n'a pas d'ouvrage. C'est l'heure où les maçons quittent l'ouvrage. || Familièrement. Avoir cœur, du cœur à l'ouvrage, travailler avec ardeur. || 2° Façon, manière dont un ouvrage est exécuté. Il y a beaucoup d'ouvrage à ce vase. L'ouvrage l'emporte sur la matière. ||8° Ce que produit un ouvrier. Ouvrage de maçonnerie, de serrurerie, de tapisserie. Les deux montagnes se joindront par quarante-sept arcades, solidement bâties : c'est, de l'aveu de tout le monde, un ouvrage digne des Romains et du roi, maintenon, Le«. à Mme de St Géran, 28 juill. t. ii, p. 4 29, dans PODGENS. Il [Pierre le Grand] presse les ouvrages entrepris sur la Véronise, dans Azoph, dans un port qu'il établissait sur les Palus-Méotides, VOLT. Russie, i, 43. j| Ouvrages publics, les monuments, les édifices qui servent à l'usage du public. Il [Théodose] allait voir les ouvrages publics; il rendait des visites à des particuliers et marchait sans garde et sans faste, fléch. Ilist. de Théodose, m, 409. || C'est l'ouvrage de Pénélope, voy. PÉ.NÉLOPE. Il C'est un ouvrage de patience, c'est un travail qui exige beaucoup de temps et de constance. || 4° Terme de maçonnerie. Les gros ouvrages, les murs de fondation, les murs de face et de refend, les voûtes et les contre-murs j les menus ouvrages, les cheminées, les plafonds, les enduits, les carrelages. || Ouvrages de sujétion, ceux qui sont cintrés , rampants ou cachés par leur plan ou leur élévation, et dont les prix augmentent à raison de la difficulté ou du déchet de matière. || 5° Terme de fortification. Toute sorte de travaux avancés au dehors d'une place et destinés à la fortifier. Li face que nous attaquons a une première contrescarpe, avec un ouvrage avancé qui est revêtu, pelusson, Lett. hist. t. m, p. 7, dans pougens. {[ Ouvrage à corne, voy. corne, n" 40. || Ouvrage à couronne, voy. COURONNE, n* 4 4. Il Ouvrage à cornes couronné, ouvrage à cornes au-devant duquel est construit un ouvrage à couronne. 116° Terme de mines. Ouvrage en gradins, exploitation en gradins. Ouvrage en travers, mode d'exploitation dans lequel les tailles sont disposées transversalement à la galerie principale, et vont toujours du toit au mur. Il 7° Terme d'imprimerie. Ouvrage de ville, impression d'affiches, de billîts de mariage et de décès, de circulaires, de lettres de change, et en général tout travail qui n'est pas de longue haleine. Il 8° Ouvrages noirs, nom donné par les maréchaux aux gros ouvrages de fer qu'ils pouvaient forger en vertu de leurs statuts, comme les socs de charrue, les herses, les fourchas. || 9° Bois d'ouvrage, liois qu'on travaille en petits ouvrages dans les forêts. Il 10° Ouvrage se dit, absolument, des objets auxquels les dames travaillent à l'aiguille. Prenons mon ouvrage.... cela me dispensera du moins de le regarder, DiDER. Père de famille, v, 6. Apportez-nous, mon fils, votre discours : moi, je vais prendre quelque ouvrage pour l'écouter avec plus d'attention, BEAUMARCH. Mère coupable, ii, 4 1 . Mon ouvrage tomba de mes mains, genlis, Mlle de la Fayette, p. 4 47, dans pouGENS. Il Anciennement. Collets d'ouvrage, collets ouvrés. Madame, montrez-nous quelques collets d'ouvrage, corn. Gai. du Pal. i, 6. Il U' Production de l'art. Ouvrage de mosaïque, de sculpture, d'architecture. Cette église est un ouvrage gothique. || Ouvrage d'art, production qui émane non d'un simple ouvrier, mais d'un artiste. Il Terme de gravure. Grands ouvrages, les estampes dont les figures sont assez grandes pour être susceptibles de certains détails. || Ouvrages du devant, le travail que l'on fait pour représenter les objets du devant du tableau ou de l'eLiampe. || Au moyen âge, ouvrages de Grèce, les objets d'art, vases d'église , croix, reliquaires et bijoux que rapportèrent de Conslantinople les croisés, que contrefirent habilement les Vénitiens et les Génois, qu'imitèrent grossièrement parmi nous les artistej obligés, par leur médiocrité, à se consacrer à cette méchante besogne, DE laborde. Émaux, p. 422. || 12° Production littéraire. Les longs ouvrages me font peur, la font. Fabl. VI, Épilog. Nous devons parler des ouvrages les uns des autres avec beaucoup de circonspection, MOL. Critique,!. Je ne puis juger de mon ouvrage en le faisant; il faut que je fasse comme les peintres, et que je m'en éloigne, mais non pas trop, pasc. Pens. XXV, 63, éd. havet. La dernière chose qu'on trouve en faisant un ouvrage est de savoir celle qu'il faut mettre la première, m. ib. vu, 29. Personne ne connut mieux l'excellence des ouvrages et ne sut mieux les estimer que H. de Mont.iusier, FLteB. duc de Mont. Si je n'observe pas dans ce dis-
OUV
tvUrs tout l'ordre et toutes les règles de l'art, pensez.... que c'est ici une effusion démon cœur plutOt qu'un ouvrage et une méditation de mon esprit, m. ib. Vous dirai-je qu'elle pénétrait dès son enfanco les défauts les plus cachés des ouvrages d'esprit, cl qu'elle en discernait les traits les plus délicats? m. Mme de Mont. Ainsi, recommençant un ouvrage cent fois. Si j'écris quatre mots, j'en effacerai trois, Boii.. Sat, u. Hâtoz-vous lentement, et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage. Polissez-le sans ces^e et le repolissez, m. Art p. I. Ses ouvrages [de Juvénal], tout pleins d'affreuses vérités, Étiucellent pourtant de sublimes beautés, m. Art p. ii. Il n'est pas si aisé de se faire un nom par un ouvrage parfait que d'en faire valoir un médiocre par le nom qu'on s'est déjà acquis, LA BRUY. I. On se nourrit des anciens et des habile! modernes; on les presse, on en tire le plus qu'on peut, on en ronfle ses ouvrages, id. ib. Il y a dei insectes qui sont trois ans à se former, pour vivrt quelques minutes; c'est le sort de la plupait deu ouvrages en plus d'un genre, volt. Lett. Mme du Deffant, 4" juin 4770. La vie est bien courte, et tout ouvrage est bien long, id. Lett. Schouvatof, 6 oct. 4 759. La multitude des ouvrages inutiles est si immense, que la vie d'un homme ne pourrait suffire à en faire le catalogue, id. Lett. Marin, 5 juill. 4 769. Il 13° Il se dit de ce que fait Dieu, comparé à un suprême ouvrier. Moi qui suis l'ouvrage de vos mains, sacu. Bible, Job, x, 3. Que l'on célèbre ses ouvrages [de Dieu] Au delà des temps et des âges, Au delà de l'éternité, rac. Esth. m, 9. Les vainqueurs, les vaincus, tous ces faibles humains, Sont tous également l'ouvrage de tes mains, volt. Alx. iv, 5. {| 14» Résultat obtenu e; comparé à un travail de la main d'un ouvrier. Je l'avais bien prévu que, pour un tel ouvrage [la conspiration contre Auguste], Cinna saurait choisir des hommes de courage, corn. Cinna, i, 3. Il faut espérer que vous aurez permission de vendre votre belle compagnie [d'un régiment], l'ouvrage de vos mains, sév. 699. Si jamais l'Angleterre revient à soi.... la postérité la plus éloignée.... croira devoir à sa piété [de la reine d'Angleterre] l'ouvrage si mémorable du rétablissement de l'Église, boss. Reine d'Anglet. L'autorité ecclésiastique ayant chez elle de trop débiles fondements, elle [la réforme] a senti qu'elle ne pouvait se fixer que par l'autorité des princes; en sorte que la religion, comme un ouvrage purement humain, n'ait plus de force que pa' eux, et qu'à dire vrai elle ne soit plus qu'une politique, m. 6" avert. 4 04. Dieu réservait à M. le Tellier l'accomplissement du grand ouvrage de la religion [la révocation de l'èdit de Nantes], m. le Tellier. Les Indiens domptés sont vos moindres ouvrages, rac. Alex, m, «. Doutez-vous d'une paix dont je fais mon ouvrage ? id. Brit. v, 3. Quand la Grèce déjà, vous donnant son suffrage. Vous reconnaît l'auteur de ce fameux ouvrage [la guerre de Troie], m. Iphig. i, 3. L'aimable Esther a fait ce grand ouvrage [le salut du peuple juif], id. Esth. m, 9. ô mon Dieu.... maudissez ceux qui font votre ouvrage frauduleusement, mass. Panég. St Fr. de Paule. Il Cela est mon ouvrage, c'est moi qui suis l'auteur de tel résultat. Voilà qui est fait, et c'est l'ouvrage de Mmede Maintenon, qui s'est souvenue fort agréablement de l'ancienne amitié de M. de Beuvron, du temps qu'elle était Mme Scarron, sÉv. 4 3 juin 4684. Jeune Gaussin, reçois mon tendre hommage; Reçois mes vers au tliéâtre applaudis; Prolége-les; Zaïre est ton ouvrage, Il est à toi puisque tu l'embellis, VOLT. Ép. à Mlle Gaussin. || Il se dit aussi par rapport à des choses auxquelles on attribue une action. De tant d'objets divers le bizarre assemblage [dans un songe] Peut-être du hasard vous parait un ouvrage, rac. Ath. ii, 6. Ce n'est pas l'ouvrage d'un moment que de faire un philosophe, même quand on l'est; que sera-ce quand on ne l'est pas? c'est bien pis, quand on croit l'être, dideh. Lett. sur les aveugles. \\ 15° Ouvrage se dit, en parlant des personnes, pour créature, personne qui doit à un autre ce qu'elle est. L'ouvrage do mes mains avoir tant d'insolence I corn. Théod. l, 2. Quoiqu'il soit votre fils, et même votre ouvrage. Il est votre cin| ereur, rac. Brit. iv, 4. Un visir aux sultans fait toujours quelque ombrage; X peine ils l'ont cb^nsi, qu'ils craignent leur ouvrage, id. Bajaiet, i, i. Il 16° Terme de métallurgie. L'ouvrage, une des régions placée au niveau dos tuyères. || 17° Terme d'alchimie. Ouvrage de patience, pierre philosophale.
— REM. C'est une faute commise quelquefois dans le peuple, de faire suvrage féminin. Vaugolas ro<
ouv
marque que les femmes, en parlant de leur ouvrage, le faisaient toujours féminin : voilà une biJle ouvrage. Il est resté féminin dans le patois njrmand, comme plusieurs substantifs en âge.
— SYN. OOVBAGE DE l'esprit, OUVRAGE D'eSPRIT.
Cuoique l'esprit ait part à l'un et à l'autre (ce qui fait la synonymie des deux expressions), ce sont poiirlant des choses différentes. Tout ce que les hommes inventent dans les arts et dans les sciences est un ouvrage de l'esprit ; les compositions des gens de lettres, soit en prose, soit en vers, sont des ouvrages d'esprit, Bounonas.
— HlST. XV' s. Chambres, tapis, carreaulx d'ouvraige [ouvrés], e. desch. Poésies mss. f" 412. 11 «'est d'ouvrage que d'ouvrier, Perceforesl, t. vi, t° 95. Sachez qu'il ne convient pas que vous descendiez à ung autre hostel que dedens le chastel que j'ay fait faire à vostre commandement, si verrez l'ouvrage quelle elle est, ib. t. i, f° 105. Sept tableaux, esquelz a plusieurs ymages d'ouvrage de Grèce, et sont garnis d'argent doré dudit ouvrage, et pendent chacun à un petit annel, de larorde, Émaux, p. 423. Il XVI* s. Les artizaiis n'estant plus occupez à besongner en ouvrages superflus, ahyot, Lyc. 9. Ouvrage de peintre, beau de loin et laid de près, ouDiN, Dtct. Ouvrage do commun, ouvrage
de nul, COTGRAVE.
— Etym. Bourg, ouvraige, ovraige; walI. ovré; ptoyenç. obralge , obratge; espagn. vbrage; ital. operaggio; d'une fornie non latine operaticum, tirée de operari (voy. ouvreb), comme le montrent les formes en atge et en aggio. Ouvrage n'est pas usité dans les hauts temps ; c'est ovraigne, dont on se senait, et qui représente une forme non latino operanea.
OUVRAGÉ, ÉE (ou-vra-jé, jée), adj. || l* Qui a demandé beaucoup de travail manuel, où il y a beaucoup d'ouvrage. Une broderie ouvragée. || Par extension. Le plumage du ventre est ouvragé des mômes festons sur un fond blanchâtre, buff. Ois. t. xvii, p. 99. Il 2" Il se dit quelquefois pour ouvré, en parlant des métaux. Les productions des ateliers de l'ancien monde eussent été échangées contre celles des mines du nouveau, et le fer ouvragé eût été payé, à poids égal, pour de l'argent brut, ray- KAL, Hist. phil. vin, 32.
t OCVR.\GER (ou-vra-jé. Le g prend un e devant a et 0: ouvrageant, ouvrageons), e. a. Enrichir un ouvrage de divers ornements.
— HIST. XV* s. Martin Harens... portoit le bassinet du roi, auquel avoit un cercle d'or ouvragé sur des pierres précieuses, froiss. ii, iii, 2) . || xvi* s. Ils ouvrageoient bouquets, guirlandes et chapelets de toutes façons, dont ils s'ombrageoient la teste, le col et les bras, tver, p. 624.
— ETYM. Outrage.
t ODVRAISON (ou-vrè-zon), s. f. Mise en œuvre des soies. L'ouvraison est payée à tant le mètre. !| Machines d'ouvraison, celles qui, dans le dévidage de la soie, servent au doublage et au mouliiiage des grégos.
— ÉTVM. Ouvr/r.
O0VRA.\T, ANTE (ou-vran, vran-f), adj. \]i' \ jour ouvrant, aussitôt que le jour parait. 1| k portes ouvrantes, à porte ouvrante, à la porte ouvrante, dès que l'on ouvre les portes d'une ville. Ce matin, à porte ouvrante, Bâcher est parti en poste pour Paris, Correspond, du général Klinglin, i, 28». Il Fig. X portes ouvrantes, sans résistance, en parlant de places fortifiées. Les troupes françaises entrèrent dans toutes les places espagnoles des Pays- Bas à portes ouvrantes, sr-sm. «6, 19. || Images ouvrantes, voy. ikaoe. ||X audience ouvrante, dis que l'audience commence. X une audience ouvrante dïjs sept heures du matin, l'intendant do mon pire et celui de M. de la Rochefoucauld entendirent appeler la cause, st-sim. «7, (96. || J« S. m. Terme d'art du moyen âge. L'ouvrant so dit, dans certaine tableaux, de tablesqui s'ouvrent.
— illST. XVI* s. Ung petit tableau d'or, en forme de table d'autel, fermant à deux ouvrans, au milieu duquel est, en esniaillure de basse taille, le crucifiement; en l'ung des ouvrans la descente de Nostro Seigneur de la croix et à l'autre la résurrection, et au dehors sur les dits ouvrans est la flagellation et coronation de mesmcs, et à l'autre costé est comment Nostre Seigneur porte sa croix, on ouvrage eslevé, de laboriib, Émaux, p. (14.
— ETYM. Ouvrir.
OUVRE, ÉE (ou-vré, rrée), part, passé d'tmner. Oui a clé travaillé. Les silex ouvrés, danslodiluvium de Loir-et-Cher, vidraye, Acad. des se. Comptes rendus, t. LVI, p. 577. Il Dans les ateliers des ports,
DICT. DB U LANOUE FRANÇAISB
OUV
matières ouvrées, objets en état de confection préparatoire, ou objets confectionnés. || Toiles ouvrées, toiles de fabrique figurées, qu'on emploie particulièrement pour le service de table. Il vient de m'arriver vingt-cinq Flamands pour le linga ouvré comme celui de Courtray, maintenon, Lelt. à d'Auhigné, 8 cet. (682. Il Cuivre, fer ouvré, cuivre, fer façonné. Les métaux ouvrés, c'est-à dire élaborés ultérieurement par l'industrie manufacturière, dbvilleposse, Inslit. Mém. scienc. t. ix, p. (48.
OUVREAU (o"-vrO), s. m. || l" Terme de verrerie. Nom donné à l'ouverture du four surbaissé ou carcaisse dans lequel la glace faite doit aller se recuire. || 2° Terme de métallurgie. Nom donné aux canaux pratiqués dans les meules de carbonisation pour y attirer l'air et y activer la combustion.
— ÉTY.M. Ouvrir.
t OUVRÉE (ou-vrée), *. f. Terme rural. Étendue de terre qu'un homme peut labourer dans une journée.
— ÊTYM. Ouvrer.
OUVRER (ou-vré). || l* V. a. Fabriquer, façonner. Ouvrer la monnaie. || Terme forestier. Ouvrer les bois, les travailler, les façonner, les mettre en état d'être employés. || Faire le travail de l'ouvreur dans une papeterie. || Par extension et plaisanterie. Tant fut ouvré que.... la font. Faiseur. \\ 2° T. n. Travailler. Il est défendu d'ouvrer les fêtes et les dimanches. Il Vieux en cette acception.
— REM. Ce verbe faisait feuvre, il euvre, comme je Ircure de trouver. Cela est oublié (voy. cependant un verbe œlvrer).
— HIST. XII* s. Par grant maistrie sont ovré li giron, Ronc. p. 51. Moût ovre bien cui Dame Dex aiue [aide], ib. p. U7. Sire, dist li traîtres, malement ai ovré, ib. p. (98. Qu'um le laisse en avant, cum il soleit, ovrer, Th. le mart. 3(. || xiii* s. Etclerement fu seu prochainement des Grieus et des François comment il avoit esté estranglés, et comment Morchufles avoit ovré, villeii. xcviii. Bien surent les deux filles d'or et de soie ouvrer, Berte, Lvu. Bertain [elles] treuvent ouvrant d'oeuvre trèsfine et vraie, ib. lviii. [Sa chambre] Oii ele a des hui main moût durement ouvré Au drap de nostre autel que [elle] trouva deschiré, t6. cxxv. Biel signour, li rois de France me requiert ma serour à feme; j'en voel ouvrer par vo conselg, Chron. de Rains, p. 60. Pour garder ceulx qui ouvroient à la chaucie, fist faire le roy deux beffrois que l'en appelle chas chatiaux,joiNV. 220. Il xv's.On dit, et voir est, que tout édifice est ouvré et maçonné l'une pierre après l'autre.... proiss. Prol. En tout ce [siège d'Orléans], Dieu ouvroit; car, quant ung homme venoit pour besogner aus dits pons, il estoit tout ouvrier, comme s'il eust accoustumé toute sa vie, Bibl. des chartes, 2* série, t. m, p. 606. || xvi* s. S'il veut rien faire de nouveau. Qu'il œuvre hardiment en prose, HAROT, II, 376. Le sago œuvre, quand il œuvre, par toutes les vertus ensemble, mont, n, (2S. Des statues non ouvrées de mortelle main, mais.... ID. 11, ( 48. J'ay la veue claire, mais, à l'ouvrer, elle se trouble, ID. lit, 34. De jeunes hommes ceincts de beaux devantez ouvrez à l'aiguille, asiyot, P. jEm. 60. Des vases faits etouvrezà l'antique, id. ib. Etleseigneur ouvrant avec eux, bêze. Si Marc, xvi, 20. Le temps
ouvre, COTGRAVB.
— ÊTYM. Bourg, ôvrai; prov. obrar; ital. operare; du lat. operari, qui vient de opero (voy. œovpe).
OUVKEUU, EUSE (ou-vreur, vreû-z"), t. m. et f. Il 1" Celui, celle qui ouvre. Les ouvreurs do lettres avaient en effet abusé de cette licence, d'alemd. Lelt. au roi de Pr. 3o janv. 4778. || 2'' S. f. Ouvreuse, femme qui ouvre les loges d'un théltro. Ouvreuse de logos, holà, bo, ma bonne 1 dancouiit. Les trois cousines, Prol. so. 4 . || Par plaisanterie, un ouvreur déloges. Le scélérat [un libraire] «sans doute acheté une détestable copie [des Lois de Minos, tragédie] de quelque bel esprit ouvreur de loges, qui n'a pas manqué d'y mettre beaucoup de vers do sa façon, volt. Lett. Voisenon, 3 fév, (773. Il 8* Ouvreur, ouvreuse, celui, colle qui ouvre des huîtres. Ne vous a-t-cUe jamais parié de M. son frère, ce fameux ouvreur d'hutlrcs 7 dancourt, Eaux de Bourbon, se. '<. ||4* Terme de papeterie. Ouvrier qui puise, avec la forme, la pito du papier dans la cuve.
— 6TYM. Ouvrir.
OUVRIER, lÉBE (ou-vri-é, è-r'), ». m. et f. ||1* Celui, celle qui trav:iilla de la main pour djfférenU métiers. Habile ouvrier. Mauvais ouvrier. Les ouvriers qui gagnaient leur vie en faisant de petits temples d'argent de la Diane d'Ëphèse, t'as-
OUV
semblèrent [contre saint Paul, prêchant à Ëphèse], Boss. Hist. II, (2. Soyez plutôt maçon si c'est votre talent, Ouvrier estimé dans un art nécessaire. Qu'écrivain du commun et poète vulgaire, boil. Art p. IV. Je suis obligé de passer ma journée avec dos ouvriers qui sont aussi trompeurs que des courtisans, VOLT. Lett. Mmede Bernières, sept. (722. Il y a, outre la Suisse.desprovinces d'Allemagne qui en usent ainsi [se louent comme soldats] ; il n'importe à ces bons chrétiens de tuer.... vousles voyez réciter leurs prières et aller au carnage comme des ouvriers vont à leur atelier, id. Dict. phil. Xénophon. Dame Arachnô la filandière. De son métier très-subtile ouvrièra. Mais vaine aussi deson talent.... ciiabakun, l'Araignée et le Ver à soie. Combien l'Europe a vu d'illustres ouvriers S'exercer avec gloire aux plus humbles métiers I delille. Pitié, iv. Où, privé trop souvent d'un bien mince salaire, Un ouvrier utile est nommé mercenaire, collind'harleville, l't'eujt célib. IV, S. Il Fig. Ces ouvriers du vieil océan dans le fond de la mer universelle, buff. Min. t. I, p. 288. Il Cela est du bon ouvrier, de la bonne ouvrière, cette chose est faite par l'ouvrier, par l'ouvrière qui a le plus de réputation en son genre. Je ne puis rien soulTrir qui ne soit de la bonne ouvrière, MOL. Préc. (0. Il Compagnies d'ouvriers, compagnies d'ouvriers enrégimentés pour certains services dans les armées de terre et de mer. Croirat-on qu'il veut [à Smolensk] donner le loisir aux artilleurs de ferrer leurs chevaux contre la glace? comme si l'on pouvait obtenir un travail quelconque d'ouvriers exténués par la faim, par les marches, sÊGLR, Hist. de Nap. x, 2. || Les ouvriers, se dit collectivement pour la classe ouvrière. L'opinion des ouvriers. Les réclamations des ouvriers. Il Ouvriers à façon, ouvriers qui travaillent pour les marchands, sans fournir rien de plus que la façon, qui leur est payée. {] Terme d'imprimerie. Ouvriers en conscience, voy. conscience, n° 0. || Fig. Do main d'ouvrier, de la main d'un homme habile. Quand une lecture vous élève l'esprit, et qu'elle vous inspire dos sentiments nobles et courageux, ne cherchez pas une autre règle pour juger de l'ouvrage; il est bon et fait de main d'ouvrier, la brdt. i. Il Fig. La marque de l'ouvrier, de l'ouvrière, ce qui indique l'excellence du travail. Je reçois avec plaisir toutes vos petites lettres : 11 y a toujours la marque de l'ouvrière, qui ne peut jamais ne me pas plaire, sét. (39. Il y a toujours à tous vos enfants la marque de l'ouvrier, id. à Urne de Grignan, 20 avr. (672. Il 2" Le grand ouvrier, l'éternel ouvrier, l'ouvrier souverain. Dieu. Tout est mis en œuvre par ce grand ouvrier [Dieu], qui fait toujours infailliblement tout ce qu'il lui plaît, stv. (t juill. (680. Les astres qui présidèrent i la premiôro nuit annoncèrent la sagesse ds l'ouvrier souverain qui les a tirés du néant, mass. dans giraolt-duviviKR. C'est là [dans les mines], c'est cncor là que, cachant sa puissance, L'éternel ouvrier, dans un profond silence. Compose lentement et décompose tout, delille. Trois règnes, v. |j 3° Fig. Celui, celle qui produit un résultat quelconque comparé à l'œuvre do la main d'un ouvrier. Elle est l'ouvrière d'un mensonge si monstrueux, pathu , Plaid, a, dans RiciiF.LET. Vous lisez donc saint Paul et saint Augustin; voilà tes bons ouvriers pour établir la souveraine volonté de Dieu, sfiv. (4 juill. (eso. Tout ce grand domaine est & moi, je suis l'ouvrier de ma fortune, boss. Sermon*, Honneur, s. La grâce, cette excellente ouvrière, se plaît quelquefois à renfermer en un jour la perfection d'une longue vie, m. Duch. d'Orl. L'ime est l'ouvrière do sa détermination, M0NTF.5Q. Lelt. pcrs. 69. Il II so dit de ceux qui font des ouvrages d'esprit. Je ne sais do qui est cette comédie, mais elle est d'un bon ouvrier. On ne les goûte jamais |les peintures que fait le théâtre] autant qu'une main habile l'a voulu, sans entrer dans l'esprit de l'ouvrier, et sans se mettre en quelque façon dans 1 état qu'il a voulu peindre, Boss. Comédie, 4. || C'est un plaisant ouvrier, se dit d'un homme qui n'entend rien à l'affaire dont il est chargé. || Ouvrier sous terre, homme d'intrigues cachées, souterraines. M. du Maine, le plus timide des hommes, quoique le plus grand ouvrier sous terre, vivait en des transes mortelles pour toutes ses grandeurs, st-sim. 326, (O. ||4* Fig. Il se dit des chosesdont l'on compare l'action àcelle des ouvriers. La tempérance, disait un ancien, est la meilleure ouvrière de la volupté, ftn. t. xvii, p. 32. j{ 5* Fig. Les ouvriers évangéliques, ou, siniplemoiil, les ouvriers, les prêtres qui travaillent à répandre et à confirmer la religion et I» piété. Ecoulez un mirAcle : la maréchale de la Fené est tellement cou-
OUV
verlie, qu'on ne saurait l'être plus sinc^roment; olle est entre les maius des bous ouvriers, sÉv. *t févr. i«»o. Non content d'eiciter leur zèle [des évéques], il [le P. Bourgoing] travaillait nuit et jour à leur donner de fidèles ouvriers, boss. Bourg. || Dans le langage de l'Ëcriture, la moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers, c'est-à-dire le nombre des gens à instruire est grand, mais le nombre de ceux qui y travaillent est petit. Combien de fois, jetant les yeux sur les vastes campagnes des Indiens et des sauvages, et croyant y Toir une moisson jaunissante qui n'attendait que la main des ouvriers... fléch. Aiguillon. || Dans le même style, les ouvriers d'iniquité, les méchanU. \\6'S. f. Ouvrière, titre d'une des trois demoiselles qui jadis étaient attachées à la reine de France. || 7° S. m. Terme rural. Ouvrier, arbre sur lequel on prend les greffes. || 8» Ouvrier hydraulique, machine pour puiser de l'eau. {{ S" Adj. Qui a rapport aux ouvriers. || Classe ouvrière, partie de la population qui se compose des ouvriers, des artisans. Il En 4848, force ouvrière, nom donné aux ouvriers qu'on se proposait d'armer en une espèce de garde nalionalfc.il Jour ouvrier,ou jour ouvrable, jouroù l'on travaille. Il n'est, pour le vrai Dieu, jour ouvrier ni fête, RâGNiER, Sat. XI. Égaler les fêtes aux jours ouvriers, Tisc.Pens. ixv,64, éd. havet. Vous qui voyez tout, ne voyez-vous point comme je suis belle les dimanches, et comme je suis négligée les jours ouvriers î sÉv. «4. |] Cheville ouvrière, la cheville qui joint le train de devant d'un carrosse avec les brancards; et, figurément, le principal agent d'une affaire, il Abeilles ouvrières ou neutres, el, substantivement, les ouvrières, celles qui composent la trèsgrande majorité d'une ruche et qui y foui tou» les ouvrages. Quelle serait la cause secrète qui empêcherait les ouvrières de pondre, tandis qu'elles posséderaient une reine féconde? bonnet, 3« mém. abeilles. || Fig. Esprit ouvrier, l'esprit divin qui a ordonné toutes choses, ô homme.... tu peux ajouter quelques couleurs pour orner cet admirable tableau [la nature] ; mais.... de quelle sorte pourrais-tu faire seulement un trait convenable dans une peinture si riche, s'il n'y avait, en toi-même et dans quelque partie de ton être, quelque art dérivé de ce premier art, quelques fécondes idées tirées de ces idées originales, en un mot quelque ressemblance, quelque écoulement, quelque portion de cet esprit ouvrier qui a fait le monde? boss. Sermons, 4« semaine de carême, tur !o mort. || On dit dans le même sens : idée ouvrière. Je [la sagesse incréée] suis moi-même ce commencement [des voies de Dieu], étant l'idée ouvrière de ce grand artisan, et le modèle primitif de toute son architecture, BOSS. Élevât, tur myst. m, 8. || Proverbe. Il est plus d'ouvriers que de maîtres, lerocx db unct, Prov. t. II, p. <43. Il II n'est ouvrage que d'ouvriers, id. ib. Il La fin loue l'ouvrier, id. ib. || À l'œuvre on connaît l'ouvrier.
— REM. Ouvrier était, dans l'ancienne versification, de deux syllabes; on le prononçait soit ourier, soit ouvrer ; l'articulation de ter avec t> et r en une seule syllabe nous est impossible, et probablement l'a toujours été. Il était encore de deux syllabes dans le commencement du xvii* siècle : On est venu lui dire, et par mon artifice, Que les ouvriers qui sont après son édifice.... Avaient fait par hasard rencontre d'un trésor, mol. l'Ét. u, t.
— HIST. XII* s. E tuit U overer de félonie furent espoentô, Machab. i, 3. Les ustils as ovriers qui firent lesdegrés. Th. le mart. 1 44. E i out treis mille e treis cenz ki maistres furent sur l'ovre e sur les overiers, Rois, p. 245. || xm- s. N'avoit [il n'y avait] meiUor ouvrière de Tours jusqu'à Cambrai, Berte, LVii. Car maintes fois les ot servis Li valés, qui moult iert soutis. Oui moult iert bons ouvriers et sages. Fait lor avoit mains bons ymages, la Rose, 3133». Et y estoient si ouvriez [ses ouvriers] Jà dedens por queillir les biens, beaum. xxxii, 33. Je ne sui pas ouvriers des mains, ruteb. 9, Bons ouvriers est qui ne se lasse; Itels ouvriers tous autres passe, id. Vie Si» Élys. p. 486. ||xiv<s. Car d'ouvrier bien paier affierl (il convient] bonne journée, Baud. deSeb. vi, 64t. Une meismes rieuUe [règle] de lier pour sanc restraindre est commune aus anciens ovriers [chirurgiens] et & ceux qui ore sont [sont présentement] , ii. de hondeville, {•ii, verso. Par là milles dessus dites pourra l'ouvrier do cirurgie ouvrer.... id. ^ »«, verio. Madame aura pour son corps trois damoiselles, une ouvrière, une femme d« chambre et une lavendiere, du canob, ouvraria. Il XV* s. Et tandis qu'il est jour ouvrier, Le temps pers Ije perds], quand à vous devise, en. d'orl. O^ruoH »«. La puccUo, qui u'aroit point agréable
OUV
la recommandation de Selphar, print la parole, et dit ; en la fin l'on cognoist l'ouvrier, en la proesse ung chevalier, Perceforest, t. vi, f" 33. Ouvrier pour enfourner pain cuit [mauvais ouvrier], coquill. Enqueste entre la simple et la rusée. Vous savez qu'ilz sont six jours ouvriers en la sepmaine, les Évang. des quenouilles, p. 4 0. || xvi* s. Ouvriers de tous mestiers, amyot, Périe. 34. X fort peu d'enqueste ce vieillard saute au collet du païsan déguisé, mais fut aussi tost tué d'une grande dague que tira de dessous l'ouvrière [tablier, sarreau] le Tranchard, d'aub. Uist. Il, 462. Quel desplaisir le temps m'a faicl d'oster de nos yeulx.... la couple de vie [Épaminondas et Scipion l'Ëmilien] justement la plus noble qui feust en Plutarque.... quel matière! quel œuvrierl mont, im, 4 9&.
— ÉTYM. Bourg, ouvrei, ovrei; wallon, ovri; prov. obrier; cat. obrer; esp. obrero; port, obreiro; ital. operaio ; du lat. operariut, qui vient de operari (voy. ouvher).
OUVRIR (ou-vrir), j'ouvre, tu ouvres, il ouvre, nous ouvrons, vous ouvrez, ils ouvrent; j'ouvrais ; j'ouvris; j'ouvrirai; j'ouvrirais; ouvre, ouvrons; que j'ouvre, que nous ouvrions; que j'ouvrisse ; ouvrant, ouvert, V. a. || 1" Écarter ce qui empêche d'entrer, de pénétrer, de voir; faire que ce qui était clos ne le soit plus. Ouvrir une fenêtre, une armoire. Ouvrir le robinet d'une fontaine. Ouvrir le rideau. X ces mots le corbeau ne se sent pas de joie, Et, pour montrer sa belle voix, U ouvre un large bec, laisse tomber sa proie, la font. Fabl. i, 2. Quiconque de vous deux n'ouvrira pas la porte N'aura point à manger de plus de quatre jours, MOL. Éc. des f. i, 2. Il ouvre un œil mourant qu'il referme soudain, rac. Iph. v, 6. || Ouvrir, pris absolument, signifie ouvrir la porte. On ouvre chez Médée, ôtez-vous de sa vue, corn. Médée, i, 3. C'est monsieur ; Ouvre vite. — Ouvre, toi, mol. Éc. des f. i, 2. Il Fig. Des lumières imperceptibles et successives dissipèrent une partie de ces nuages dont il était environné [le protestantisme]; il demanda et il reçut, il frappa et on lui ouvrit, fléch. le Teliier. Il Ouvrir, pris absolument, pour ouvrir sa boutique, son magasin. Ce marchand n'a pas encore ouvert. Les marchands n'ouvrent pas les jours de fêle. Il On dit qu'une ville ouvre ses portes, quand elle se rend ou se soumet. Une conduite si modérée et si habile lui fit ouvrir les portes des villes sans le secours des armes, hollin, Hist. anc. Œuvr. t. x, p. 483, dans poDGENS. Il fig. Ouvrir la porte, donner accès. Ouvrir la porte aux abus, aux désordres. Il [ThéodoseJ venait le conjurer de rompre ses liens, et de lui ouvrir la porte du salut, au nom de Jésus-Christ, qui a ouvert celle de sa miséricorde aux pécheurs qui se repentent sincèrement, FLÉcii. Uist. de Théodose, iv, 4o. || Ouvrir une maison, en ouvrir les portes. || Fig. Ouvrir sa maison à quelqu'un, l'accueillir chez soi. ô gens durs, vous n'ouvrez vos logis ni vos cœurs, la font. Phil. et Bauc. Chère amie, ouvrez-moi votre maison sans crainte; elle est pour moi le temple de la vertu, j. j. Rouss. hél. VI, 7. Il Dans l'antiquité, ouvrir un asile, recevoir sous la protection d'un lieu consacré ou mémo d'une ville. Tous ceux qui avaient pu se sauver du carnage général de l'Asie s'étaient réfugiés à Rhodes, qui les reçut avec joie et leur ouvrit un asile qui les mit en sûreté, rollin, Uist. anc. Œuvr. t. x, p. 437, dans pouoens. D'une foule de brigands ou esclaves fugitifs à qui Romulus avait ouvert un asile, vous voyez naître les maîtres du monde, condill. Étud. hist. i, 4 . || Ouvrir une bourse, défaire ce qui la ferme. || Fig. Ouvrir sa bourse à quelqu'un, lui offrir de l'argent. || Fig. Ouvrir la main, dépenser de l'argent. Sachez cependant que, quand j'ouvre tout à fait la main libérale, je tiens un peu plus fermée la main qui est la gardienne de la maison et la sœur économe, DUcis, Correspondance, 4 4oct. 48i3. || Ouvrir la bouche, écarter les deux michoires. || On dit de même : Ouvrir le bec. Du goujon I c'est bien là le dîner d'un héron 1 J'ouvrirais pour si peu le beci aux dieux ne plaise 1 II l'ouvrit pour bien moins, LA FONT. robl. vii,3. || Fig. Ouvrir la bouche, parler. Au moment que j'ouvre la bouche po«r célébrer la gloire immortelle de Louis de Bourbon, prince de Condé, Boss. Louis de Bourbon. || Ouvrir la bouche à quelqu'un, le faire parler. Le vôtre [intérêt] toutefois m'ouvrira seul la bouche, corn. Nicom. II, 3. Il Ouvrir la bouche, se dit de la cérémonie par laquelle le pape autorise les cardinaux à prendre la parole dans les consistoires. Je [Louis XV] serai très-ravi que veusm'en donniez [des conseil»]; ainsi je vous ouvre la bouche, comme le pa)K! aux
OUV
cardinaux, et vous permets de me dire ce que votre zèle et votre attacliement pour moi et mon royaume vous inspireront (•742), Curresp. de Louis XV et de Nouilles, t. i, p. 4t. |{ Ouvrir les yeux, écarter les paupières qui étaient rapprochées. Je n'ouvre plus les yeux que pour veraer des pleurs, QUiNAOLT, Agrippa, u, 2. |{ Ouvrir les yeux, s'éveiller. Il Dans le langage biblique, ouvrir les yeux des aveugles, rendre la vue à ceux qui l'ont perdue. Il [le Messie] doit.... ouvrir les yeux aux aveugles, et rendre la santé aux infirmes, pasc. Prophét. 21, éd. FAUGÈRE. Il Fig. Ouvrir les yeux, faire attention à. Il savait comme on perd son bien par négligence, Qu'il faut ouvrir les yeux..., Régnier, Sat. VIII. Il m'est venu des scrupules, madame, et j'ai ouvert les yeux de l'âme sur ce que je faisais, mol. D. Juan, I, 3. Ouvrez les yeux, chrétiens, contemplez ces augustes tribunaux où la justice rend ses oracles, boss. le TeUier. Hélas! ce fut encor dans ce temps odieux Qu'aux offres des Romains ma mère ouvrit les yeux, rac. ilithr. i, 4. Cependant je rends grâce au zèle officieux Qui sur tous mes périls vous fait ouvrir les yeux, id. Athal. i, 4. Ouvrez les yeux, seigneur, et songeons entre nous Par combien de raisons Bérénice est à vous, id. Bérén. m, 2. || Terme de marine. Ouvre l'œil! recommandation aux hommes du bossoir de faire toute l'attention possible à ce qui se passe au dehors du bâtiment. || Fig. Ouvrir les yeux, surveiller. Un prince zélé pour la justice nomme un principal et universel magistrat, capable de contenter ses désirs; l'infatigable ministre ouvre des yeu,\ attentifs sur tous les tribunaux, boss. le Teliier. Il Fig. Ouvrir les yeuX;, devenir clairvoyant. Les hommes ouvraient les yeux de plus en plus pour connaître l'aveuglement où l'idolâtrie les avait plongés, boss. Uist. 11, 7. Soyez sûr que nous tendrons tant de pièges à Moncade, qu'à la fin nous ferons ouvrir les yeux à Lucinde, baron. Homme à bonnes fort, m, 2. || Fig. Ouvrir les yeux, s'apercevoir qu'on était dans l'erreur. Les gentils ouvrent les yeux et s'unissent en esprit aux Juifs convertis, BOSS. Hist. 11. 7. Si à ce coup vous n'ouvrez les yeux, vous les aurez bien assoupis, id. 4*' avert. 4 . Un si noble présent me fitouvrir les yeux, rac. Boj'aï. V, 4. Il Ouvrir les yeux à la vérité, la reconnaître. Il Fig. Ouvrir les yeux à quelqu'un, l'éclairor, le rendre clairvoyant. La raison et le temps m'ouvrent assez les yeux. Et l'âge ne fera que me les ouvrir mieux, corn. Nicom. u, 3. Vous en savez beaucoup, ma sœur, et vos mérites Vous ouvrent fort les yeux sur ce que vous valez, id. Agés, u, 4. Saint Augu;.tin nous apprend qu'il est utile aux superbes de tomber, parce que leur chute leur ouvre les yeux, boss. Panégyrique, St Pierre, 2. Vous dites que je vous ai ouvert les yeux sur Prolésilas, pén. Tél. xui. Ce mauvais succès ouvrit les yeux à Tigrane, et le fit revenir de son ivresse, rollin, Uist. aru. Œuv. t. x, p. 24 4, dans pouGONS. Il Ouvrir des yeux grands comme une salière, ou, simplement, ouvrir de grands yeux, regarder d'un air ébahi, être très-étonné. Il ouvrait de grsinds yeux à mesure qu'on lui conlai' chaque circonstance, hahilt. Gramm. 8. Je ne surs pas d'admiration et d'étonnement à la vue de ccr tains personnages que je ne nomme point : j'ouvre de fort grands yeux sur eux, je les contemple, l\ brut. m. Les deux marchands ouvrirent de grands yeux, et parurent fort surpris, lesaoe. Cil Blas, V, 4. Là où le vulgaire rit, le philosophe admire; e' il rit où le vulgaire ouvre Je grands yeux stupides d'étonnement, volt. Pict. phil. Uonlagne. \\ Fig. Ouvrir les oreilles, écouler attentivement, et aussi accueillir favorablement une proposition, etc. || Fig. Ouvrir de grandes oreilles, entendre, écouter avec étonnement. ]{ Fig. Ouvrir l'esprit, le rendre capable de mieux comprendre. Le meilleur moyeu de se rendre habile, c'est de s'entretenir souvent de» choses qui ouvrent re>!prit, méké, Cont'crsad'on*, dans RICHELET. J'ouvre l'esprit, et rends le sexe ha bile X se garder de ces pièges divers, la font. Scam. Corbinelli vous répondra.... sur le goût amer ou doux.... je n'entends pas bien.... il m'a promis de m'ouvrir l'esprit là-dessus, sÉv. 26 août 4676. || Fig. Ouvrir le cœur, le rendre accessible aux bons sentiments. Il y a cinq ou six endroits dans votre dernière lettre qui sont d'un éclat et d'un agrénienl qui ouvrent le cœur, sÉv. 8 janv. (874. || Ouvrir le cœur, signifie aussi disposer favorablement. la noblesse de ses expressions [de Louis XIV] vient de celle de ses sentiments.... pendant qu'il parle avec tant de force, une douceur surprenante lui ouvre les cœurs, et donne je ne sais comment un nouvel éclat à la majesté qu'elle tempère, boss. Uar.-ïhér. || 0/
ouv
frir son cœur, son âme à cpjelqu'un, lui confier ses plus secrets sentiments. Et si tu veux enfin que je t'ouvre mon âme, corn. //or. iv, 6. Quoi! Cinna!... quoi! Maxime!... À qui j'ouvrais mon cœur, id. Cinna, iv, l. Elle ouvre assez bien son cœur sur ks chapitres les plus délicats, sév. H2. Il me sera difficile d'oublier tous ces lundis où j'avais le plaisir de vous ouvrir mon cœur sur toute sorte de sujets, MAiNTENON, Lctt. au tard, de Noailles, 34 cet. 1700. Mon cœur vous fut ouvert tant qu'a vécu mon père, BAC. Bérén. m, t . Je t'ai ouvert mon cœur; songe que tu le perces du coup de la mort, si tu laisses entrevoir l'état oil je suis, volt. Écoss. i, 6. Il On dit dans le même sens : ouvrir sa pensée, ses secrets, ses sentiments, son intention. El songez qu'il est temps de m'ouvrir vos pensées, corn. Sur. Il, 2. Parlez, duc, et sans peine ouvrez-moi vos secrets, ROTROU, Venc. m, 2. Non, non, ma fille; vous pouvez, sans scrupule, m'ouvrir vos sentiments, MOL. Am. magn. iv, ( . C'est à quoi j'ai songé. Et je TOUS veux ouvrir l'intention que j'ai, id. F. tav. ii, 8. Il Ouvrir son cœur, son âme à quelque chose, s'y laisser aller. Si vous ouvrez votre âme à ces impressions, CORN. Cinna, ii, 1. Il n'ose ouvrir son âme à l'espérance, sÉv. 4(2. Pour ouvrir votre cœur à la parole de vie, mass. Carême, Parole. \\ Fig. Ouvrir l'appétit, le rendre plus vif. Il [M. Fagon] prétend que leur effet naturel [des eaux de Bourbon] est d'ouvrir l'appétit et de rendre les forces; quand elles font le contraire, il faut y renoncer, rac. Lett. (2* à Boileau. || i' Terme de marine. Ouvrir une voile, la disposer de manière qu'elle reçoive le vent sous un plus grand angle. || Ouvrir une batterie, enlever les mantelets de sabord. || Ouvrir l'arrière, l'avant d'un navire, en abaisser les murailles. || Ouvrir une rade, un port, permettre l'entrée de cette rade, de ce port. || 3" Pratiquer une ouverture, une percée. On a ouvert une porte, une fenêtre dans ce mur. Ouvrir une vue sur son voisin. || Fig. et absolument. Désobstruer. Où va-t-on prendre que des eaux qui ne font qu'ouvrir, soient propres à rajuster et à resserrer ce qui est relâché et insensible? sév. 28 sept. 1689. Il Ouvrir un mur, y faire une percée. Il On dit de même: ouvrir une forêt, un bois. Il 4° Fendre, entamer. Ouvrir un pâté. Ouvrir un abcès. Il Ouvrir la veine, pratiquer une saignée. Il Ouvrir les veines, donner la mort en ouvrant les vaisseaux aux poignets et aux jarrets; genre de mort usité chez les Romains de l'Empire. || Ouvrir quelqu'un, ouvrir son corps après sa mort. || Poétiquement, ouvrir le flanc, donner la mort avec une arme tranchante. Il vient d'ouvrir le flanc dont il reçut la vie, volt. Fanât, v, t. || Terme militaire. Ouvrir l'ennemi, ouvrir une troupe, l'enfoncer. Il B" Commencer à creuser, à fouiller. Ouvrir une carrière, un canal. Pendant que ceux de Chalcédoine ne songeaient qu'à garder leurs remparts, il ouvrit, à trois quarts de lieue de la ville, une mine souterraine.... BOLLiN, Ilist. anc. Œuv. t. xi, 2* part. p. 629, dans pouGKNS. Les relations de la Chine nous parlent de la cérémonie d'ouvrir les terres que l'empereur fait tous les ans; on a voulu exciter les peuples au labourage par cet acte public et solennel, «ONTESQ. Esp. XIV, 8. Le peuple découvert par M. Pallas près du Jenisca et qui ouvrit les mines dans le sein de la terre avec des instruments de cuivre avant l'invention du fer, bailly, Atlantide, Lett. 24. Lorsque les naturels du pays virent ouvrir de profondes tranchées et employer le ciment, ils dirent que leurs tyrans creusaient des tombeaux pour s'enterrer, BAYNAL, llist. phii. vu, 3). Il Terme de guerre. Ouvrir la tranchée, faire les premiers travaux pour établir des tranchées autour d'une place assiégée. Vous saurez que c'est le régiment de Picardie et point du tout celui de Champagne, qui a ouvert la tranchée, où personne n'a été blessé, 8ÉV. <i oct. 4 688. Il Poétiquement. Ouvrir des abîmes, se dit de la terre, de la mer qui se fend. Quoi ! pour noyer les Grecs et leurs mille vaisseaux, Mer, tu n'ouvriras pas des abîmes nouveaux ! rac. Iph. T, 4. Il Fig. X moins que, cheminant ainsi dans la profondeur et les ténèbres, il [Dubois] ne vtt jour àmleui en ouvrant un autre boyau, »T-sm. 39o,i4. Il 6' Diviser une chose, en séparer les parties contiguês. Ouvrir des noix. La justice.... Demande ITiuItre, l'ouvre, et l'avale i leur» yeux, BoiL. ÉpUre u. \\ Ouvrir les rangs, se dit d'une troupe qui écarte ses files pour laisser passer. || Ouvrir une lettre, en défaire le cachet. J'embrasue Grignan, et le supplie de m'excuser si j'ai ouvert 1« lettre de Mme de Guise: j'ai Touiu voir son style; m'en voilà contente pour jamais, sBt. 48-2. Il ou- ^ru la Idlio d'une maiu treiiibbrilo, volt. ZadiQ,
OUV
8. Il Ouvrir les lettres, les décacheter dans les bureaux de poste par ordre supérieur en violation du secret des lettres, ou par abus de confiance. Il paraît que Votre Majesté n'avait pas encore reçu le petit monument.... en voici donc une copie que je hasarde encore dans ce piquet; je le recommande à Dieu, aux boussards et aux curieux qui ouvrent les lettres, volt. Lett. ïloi de Prusse, 27 mars 4 759. Votre Majesté sait que toutes les lettres, et à plus forte raison les siennes, sont ouvertes peut-être en dix endroits depuis Berlin jusqu'à Paris, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 30 janv. 4778. Il Ouvrir un livre, en écarter la couverture, pour le lire. Je ne finirais jamais, si je voulais rapporter les négligences, l'inexactitude, les affectations, les sinfiularités du traducteur [le P. Simon]; on ne peut presque ouvrir son livre sans y trouver de nouvelles fautes, boss. •!' xristr. sur les passages, conclusion. La vie des saints est en mépris : Grenade , Rodriguès, Saint-François de Sales sont à peine ouverts, maintenon, Lett. au card. de Noailles, 4 9 fév. 4 7oi. 11 n'y a qu'à ouvrir les lois saliques et ripuaires pour voir que les Romains ne vivaient pas plus dans la servitude chez les Francs que chez les autres conquérants de la Gaule, hon- TESQ. Esp. XXX, 4 0. M. de Luzanne, d'un air froid et distrait, ouvrait quelques brochures posées sur la cheminée, qenlis. Veillées du chdt. t. i, p. 429, danspooGENS. || Écarter, séparer. Ouvrir les bras, les jambes. Daignez m'ouvrir vos bras pour la dernière fois, RAC. Iphig. v, 3. À cet infortuné daignez ouvrir les bras; Dites du moins; mon fils, Brutus ne te hait pas, volt. Brutus, v, 7. {| Fig. Ouvrir les bras à quelqu'un, l'accueillir avec bonté. Il Terme militaire. Ouvrir les rangs, les espacer à. une distance déterminée. || 1' Ouvrir la poitrine, rendre la poitrine aussi large que possible en effaçant les épaules. Les exercices ouvrent la poitrine. || 8° Rendre libre, permettre l'accès. Ouvrir une issue. S'ouvrir un passage. Quand elle [la mort] ouvre le ciel, peut-elle sembler dure? corn. Poly. II, «. Ouvrez-moi seulement les chemins d'Arménie, id. Nicom. v, 7 Comme s'ils pouvaient anéantir l'éternité.... cependant cette éternité subsiste; et la mort, qui la doit ouvrir.... pasc. Pens. IX, 2, éd. havet. Il ranima les citoyens par sa présence [dans une peste].... et, par une exacte police qui coupait les communications mortelles pour en ouvrir de salutaires, il sauva ce peuple qui avait perdu toute espérance de santé, flBcii. Due de Mont. Il arriva dans le monde un événement qui détermina Valens son frère à ouvrir le Danube, montesq. Rom. 47. Il [Pierre le Grand] voulait joindre par des canaux, dont il dressa le plan, la Duine, le Volga, le Tanaïs, et s'ouvrir des chemins nouveaux de la mer Baltique au Pont-Euxin et à la mer Caspienne, et de ces deux mers à l'Océan septentrional, volt. Charles Xll, i. Les voyages tentés sur la mer Glaciale n'ont pas encore ouvert une route de l'Europe et de l'Asie à l'Amérique, BUFP. Not. jusl. Ép. nat. Œuvr. t. xiii, p. 339, dans pouGENS. Des ports commodes semblaient leur ouvrir la mer, condill. Hist. ane. i, 9. || Ouvrir l'entrée, écarter ce qui empêche d'entrer. Voilà donc de ces lieux ce qui m'ouvre l'entrée, rac. Itajax. I, 4. Il Fig. Il ne fallait qu'en ouvrir l'entrée [des affaires] à un génie si perçant, pour l'introduire bien avant dans las secrets de la politique, BOSs. le Tellier. || S'ouvrir l'entrée, écarter pour soi-même ce qui empêche d'entrer. Le pontife [juif] s'ouvrait l'entrée dans le sanctuaire par le sang des animaux; mais Jésus-Christ y devait entrer par son propre sang, noss. tféd. sur l'Év. la Cène, 78« l'our. Ij Ouvrir un pays, en faciliter l'entrée. La Sardaigne que la révolte ouvrit aux Romains, id. Ilist. i, 8. Il Fig. Il apporta ce même esprit dans le conseil, où l'autorité du prince, qu'on y exerce avec un pouvoir plus absolu, semble ouvrir un champ plus libre à la justice, BOSS. U Tellier. Il a ouvert les grandes routes [en mathématiques), mai» il pouvait encore ou y servir do guide, ou en ouvrir de nouvelle», ponten. Uibniti. Il [M. Halley] a ouvert le chemin des richesses par tout ce qu'il a fait en faveur de la navigation, et il a ajouté à cette gloire celle de n'avoir jam.ai» rien fait pour «'enrichir, haiban, Eloges, Halley. La première route aue i'ouvre M. Halley lo conduit i tout ce qu'il y a de plu» caché et de plus subtil en astronomie, lo. «t>. Descartes donna un œil aux aveugle*; ils virent les fautes de l'antiquité et les tiennes; la route qu'il ouvrit est depuis lui devenue Immense, volt. Dict. pAti. N*u>ton et Descartes. Ce oe fut plus la terre qui servit de théâtre à leur valeur; l'Océau leur ouvrit une autre carrière,
OUV
ratsal, Ilist. phil V, 4. Il 9- Fig. Rendre accessible à l'esprit. Daniel, je suis venu à vous, pour vous ouvrir la connaissance des choses, pasc. Prophét. 26, éd. FAL'GÈRE. Cette version [des Septante], qui ouvrait l'intelligence des Écritures de l'Ancien Testament à une infinité de peuples, fut un des plus considérables fruits des conquêtes des Grecs, ROLLiN, Ilist. anc Œw\ t. vu, p. sei, dans pougens. Il Donner l'indication de, suggérer. Le ciel m'est plus propice et m'en ouvre un moyen, corn. Suréna, m, 2. D'autant mieux qu'ayant entrepris de vous peindre, ils vous ouvraient l'occasion de les peindre aussi, MOL. Impromptu, i. Et contre cet hymen ouvrez-moi du secours, m. Tari, ii, 3. Ne mepourriez-vous point ouvrir quelque moyen T id. Éc. des f. m, 4. Je le [le succès] dois, sire, à l'ordre que Votre Majesté me donna d'y ajouter un caractère de fâcheux, dont elle eut la bonté de m'ouvrir le» idées elle-même, id. Épit. dédie, des Fdch. Lo moyen que je vous ouvre est sans doute plus honnête, PASC. Condit. des grands, m. || lO» Fig. Commencer (dans tout ce n* 40, il y a la métaphore d'une porte , d'une barrière ouverte). Ouvrir la campagne. Ouvrir un cours. Seigneur, attendez-vous que j'ouvre l'entretien? cobn. /"uicWr.
I, ». C'est le mois d'avril qui commence à ouvrir le printemps, sév. Lett. à Bussy, 27 fév. 4679. Quel jour, ma fille, que celui qui ouvre l'absence! comment vous a-t-il paru? id. 27 mai 4676. J'ai voulu devant elle en ouvrir le discours, bac. Birén.
II, ». C'est par où nous ouvrirons les instruction» de cette sainte carrière, mass. Carême, Jeûne. Il [Sigismond] ouvre dans Presbourg des conférences pour la paix avec ses sujets, volt. Ann. Emp Sigismond, 4428 Et d'agiles vaisseaux Ouvriront
les combats sur la scène des eaux, delillb. En, v. Il Ouvrir la lice , entrer le premier dans la lice. Il On dit dans le même sens : ouvrir le champ, ouvrir la carrière. C'est à vous de courir Dans le champ glorieux que j'ai su vous ouvrir, hac liajax. ii, 4. On demande à présent un style plus châtié, plus élégant, plus soutenu; on ne pardonne plus ce qu'on pardonnait à un grand homme qui avait ouvert la carrière, volt. Com. Corn. Hem. Rodog. l, 5. || Ouvrir boutique, commencer à tenir boutique. |{ Ouvrir une école, commencer à tenir une école. || On dit dans le même sens: ouvrir un café, une auberge, un bureau d'affaires, etc. || Ouvrir lâchasse, chassera l'ouverture de la chasse. || Ouvrir le bal, danser le premier, la première dans un bal. Palavicin rapporte qu'en 4 562 les pères assemblés au concile de Trente délibiWrent do donner un bal à Philippe II, roi d'Espagne, que toutes les dames de la ville y furent invitées, que le cardinal de Mantoue ouvrit le bal, et que Philippe II et tous les pères du concile y dansèrent, SAiNT-Foix, Kss. Paris, Œuv. t. iv, p. (32, dans pouoens. {| Ouvrir la danse, commencer à danser. Rien de plus merveilleux et do plus terrible que de voir ces légions [les soldats français) marcher au son de la musique, comme si elles ouvraient les danses de quelque fête, chatkaud. Nalch. liv. i. Il Fig. et populairement. Ouvrir ladanse,commencer le combat. || Ouvrir la vendange, se mettre à vendanger. Dieu bénira-t-il la vendange Qu'on ouvrira sans violon? bérang. Yiolnn brisé. || Ouvrir le pas, commencer un pas d'armes, un tournui. || Ouvrir sa maison, commencer ou recommencer à tenir table ouverte, adonner des soirées. || Dans le même sens : ouvrir ses galons. || Ouvrir le feu, commencer à. faire jouer des batteries d'artillerie. || Ouvrir un dé, aux dominos, poser un point qui n'a pa-s encore été joué. Ouvrir le six, le trois. ||llse dit, dans un sens analogue, des choses qui sont lo commencement do quelque chose. Si je n'ai pas vécu la compagne d'Achille, J'espère que du moins un heureux avenir A vos faits immortels joindra mon souvenir, Et qu'un jour mon trépas, source de votre gloiie, Ouvrira le récit d'une si belle histoire, tue. Iph. v, 3, Il Ouvrir un commerce avec, former des relations de commerce, d'affaires. Hambourg et Lubpck, ayant entrepris d'ouvrir un commerce dans la Baltique, se virent obligés do s'unir pour se défendre contre les brigands qui infestaient ces parages, ray.nal, Ilist. phil. i, Introd. || Ouvrir un avis, être le premier à la proposer. Un fat quelquefois ouvro un avis important, hoil. Art p. iv. Je vous ouvre jiout-êtro un avis salutaire, bac. Àlhal, m, t. Lamachus ouvrit un troisième avis, qui n'était peut-être pas le moin» sage, rollin, llitt. ane. (Euv. t. III, p. 638, dans podoins. || Un dit dan» le même *en» : ouvrir les premières paroles, ouvrir une opinion. Au moins appuyex-moi Pour en avoir ouvert les premières paroles, mol. Fdch. m, 3, D'au-
OLV
très habitants ouTrirent d'autres opinions, bern. de ST-p. Paul et Virginie. || Au brelan et au jeu de renvi, faire la première vade. || 11* Terme de commerce. Ouvrir un crédit à quelqu'un, l'autoriser i prendre à une caisse l'argent dont il a besoin. || Ou- Trir un compte avec quelqu'un, porter sur ses livres le nom d'une personne avec qui on entre en relations d'affaires. || 18* Terme de chamoiseur. Ouvrir les peaui, les rendre molles et maniables. || Terme de verrerie. Ouvrir la bosse, présenter le verre soufflé en bosse au feu du grand ouvreau, jusqu'à ce que cette bosse s'étende d'elle-même et s'ouvre tout à fait II 18" Terme de marine. Ouvrir deux pointes, ouvrir deux côtes, être situé de manière que, les ayant devant soi, on les voie séparément. |! Ouvrir on port, une rade, s'approcher de plus en plus de l'ouvert d'un port, d'une rade. || 14° T. n. Être ouvert. Les boutiques n'ouvrent pas les jours de fête. Cette porte n'ouvre jamais. || Donner accès sur. Cette porte ouvre sur la cour, sur le jardin. Elle s'appuya sur le Tolédan, qui la conduisit vers la petite porte du jardin qui ouvrait sur la mer, lï sage, Diable boit. ch. rv, p. 316, dans pocGENS. || Ouvrir se dit aussi du moment où l'on commence à s'éveiller dans une maison. Non, il ne lardera pas; Nous n'ouvrons pas matin, be- GNAHD, le Joueur, i, 2. || Il se dit du moment où un marchand ouvre sa boutique, son magasin. L'on ouvre et l'on étale tous les matins pour tromper son monde, et l'on ferme le soir après avoir trompé tout le jour, la brut. vi. || Débuter, commencer. On t dû s'attendre à tout ce renversement, dans un li- TTe qui ouvre par la victoire que Phryné remporte sur Alexandre, fonten. Jugement de Pluton. La scène ouvre dans Sophocle par un chœur de Thébains prosternés aux pieds des autels , volt. Œdipe, S" lettre. \\ Entrer en exercice. Le théâtre des Italiens n'ouvre pas encore. Les cours ouvriront bientôt. Il Fig. Je suis très-fâchée que le rhumatisme du chevalier ouvre de si bonne heure, sÉv. 6 nov. <«84. Il 15* S'ouvrir, v. réfl. Devenir ouvert. Les fleurs s'ouvrent au soleil. Un passage libre s'ouvrit en un moment au milieu de la mer Rouge, SACY, Bible, Sagesse, xix, 7. L'orient venait de s'ouvrir, la font. Fianc. Qui peut s'jissurer.... de pénétrer jusqu'à ces cabinets presque inaccessibles [du ministre] dont les portes fatales ne s'ouvrent souvent qu'aux plus importuns ou aux plus heureux? FLÉCH. Aiguillon. J'entends déjà partout les charrettes courir. Les maçons travailler, les boutiques s'ouvrir, boil. Sat. xi. Est-ce l'esprit divin qui s'empare de moiî C'est lui-même; il m'échauffe, il parle; mes yeux s'ouvrent. Et les siècles obscurs devant moi se découvrent, bac. Alh. m, 7. La. porte à son aspect s'ouvre à deux grands battants, begnard, le Joueur, lu, 6. Elle ne recevait point de visites; son appartement s'ouvrait pour moi seul, riccoboni, Sophie de ¥allière, Œuv. t. iv, p. 293, dans pocgens. Il Fig. Ses yeux s'ouvrent, c'est-à-dire il reconnaît ton erreur. Hermione gagnée.... Pour se donner à moi n'attendait qu'un refus : Ses yeux s'ouvraient, Pylade, elle écoutait Oreste, bac. Andr. m, t. Ses yeux, longtemps fermés, s'ouvrirent à la fin, id. Brit. IV, 2. Il Sa bouche s'ouvre, c'est-à-dire il parle. Que jamais une bouche si pure Ne s'ouvre pour conter cette horrible aventure, rac. Phèd. v, i. || Être béant. Vous couvrirez de fleurs les bords du précipice Oui s'ouvre sous vos pas, J. b. rouss. Odes, ii, 4 0. Au fond s'ouvre une caverne immense et très-renommée parmi les Grecs, bahtuël. Anach. ch. «i. || 16" Se fendre. On dit qu'ayant trouvé le Danube glacé et ayant entrepris de le passer, la glace s'ouvrit sous leurs pieds, bolun, t/ist. ane. Œuv. t. ix, p. 6, dans pocoENS. Quand l'ouragan mugit, quand des monts brûlants s'ouvrent, v. bugo. Odes, i, 4t. Il S'écarter, se séparer. Il ne lui coûte rien d'être modeste, de se mêler dans la multitude qui va s'ouvrir pour lui, de prendre dans une assemblée une dernière place afin que tous l'y voient et s'empressent de l'en ôter, la brut, ix II marche, il court, tout cède i l'effort de son bras, Et les rangs dispersés s'ouvrent devant ses pas, c. delav. Vépr. sicil. V, 2. || Offrir un accès libre. Après qu'on a passé le détroit, la mer s'ouvre, s'étend et s'élargit. En récompense il s'ouvrit i lui en 47(1 un champ plu» vaste, et qui n'avait point été cultivé, FORTEH. Uibnitt. n est certain que pour un jeune ecdésiaitiqua qui, avec beaucoup d'ambition, aurait eu anez de talent, il s'ouvrait devant moi une ».«lie camkre, MAaMOKTPL, JfAn. ii. || Le pays s'outre, il cesse d'eue bois*, coupé par des coteaux ou de. monugnet. |i 17" Fig. 11 ,c dit de l'esprit qui devient plus pénétrant, plus capable d'apprendre.
ouv
J'aime un esprit aisé qui se montre, qui s'ouAre, BoiL. Ép. IX. Il II se dit du cœur qui se laisse pénétrer par certains sentiments. Mon âme, à ce bonheur, si le ciel me l'envoie. Oubliera ses douleurs pour s'ouvrir à la joie, corn. Pomp. v, 2. Mon cœur s'ouvre à cette joie, sév. su. Son âme à la pitié se peut ouvrir encore, volt. Alx. m, 7. Quand le cœur s'ouvre aux passions, il s'ouvre à l'ennui de la vie, j. j. Rouss. Ém. v. Et puisque ton cœur s'ouvre à la voix des prières, a. chénieh, le Mendiant. Il 18» Fig. Avoir commencement. Cette année s'ouvrit par la déclaration de guerre contre l'Espagne, DUCLOS, Œuv. t. v, p. 382. || Commencer à paraître. Le roi [Alexandre] étant mort sans avoir nommé son successeur, un aflireux avenir s'ouvrit à leurs yeux, et ne leur montrait que divisions, ROLUN, Hist. anc. Œuv. t. vi, p. 695, dans pougens. Il Impersonnellement. Il s'ouvrait alors une grande scène vers les frontières de la Suède, volt. Hussie, 1,4». S'il s'ouvre une succe.ssion à laquelle soit appelé un individu dont l'existence n'est pas reconnue. Code Nap. art. 43«. || 19° S'ouvrir à quelqu'un, lui découvrir sa pensée, lui faire des confidences. Maurice, à quelque espoir se laissant lors fiatter, S'en ouvrit à Félix qui les vint visiter, conn. Héracl. II, 6. Je brûlais de vous parler pour m'ouvrira vous d'un secret, mol. l'Avare, i, 2. Je vous défends de vous ouvrir à qui que ce soit de vos peines, boss. Lett. Corn. 460. Tous les factieux, trompés par mes regrets. Se sont ouverts à moi de leurs complots secrets, QUiNAULT, Agrippa, i, 6. Si vous vous ouvriez à moi, vous y trouveriez des secours, des complaisances, des consolations, maintenon, /,««. à U. d'Aubigné, 4 2 juill. 4681. Vous savez un secret que, tout prêt à s'ouvrir. Mon cœur a mille fois voulu vous découvrir, bac. Bajax. v, ♦. C'était à lui qu'il s'ouvrait de sa passion, hamilt. Gramm. 44. Nous nous ouvrîmes l'un à l'autre, je lui contai mon histoire, et il ne déguisa point ses aventures, lesase, Cil BlasjV, 4. Vous voyez que je m'ouvre Librement avec vous.... destoucu. Phil. mar. m, 2. || Absolument. Et Pauline s'ouvre avec Stiatonice, corn. Poly. Exam. Il s'ouvre et parle le premier, la brut. x. Il S'ouvrir, avec de et un infinitif. Argouges s'était ouvert à M. de la Rochefoucauld d'être pour nous, et manqua de parole, st-sim. 4», 224. || U se dit semblablement de ce qui est dit en confidence. Tu lis dans mes pensers qui ne s'ouvrent qu'à toi, HACAN, les Berg. iv, 4 . De semblables secrets no s'ouvrent pas à moi, coen. dit. ii, 6.
— HiST. Il* s. De pareïs [paradis] li seit la porte uverte, Ch. de Roi. clxiv. [il] Uverit [prononcez ouvrit] lesoilz [yeux|, si lui a dit un mot, t6. clxiii. Il les a fait devant sei tuz uvrir [les corps , pour en 6ter les cœurs], ib. ccx. || xii" s. Ne troveras le ciel olvert. Où cil entre qui bien me sert, Bi-ut, 4424 1. Qu'el ne parole ne les iex ne ovri, P..onc. p. 4 70. Ovrez, fait sainz Thomas, quis [qui lesl ala atendant; Par sainte obédience, fait-il, le vus cornant, Th.lemart. 4 4a. ||xm« s. X force [ils] lui ouvrirent la bouche outre son gré, Berte, xv. Frans homs, fait-ele, ouvrez, par sainte charité, ib. xlv. De joie [elle]ot si le cuer ouvert etesmeù, iô. lxxix. Li rois euvre la cire, la letre reversa [déplia], tft.cxxii. Car en lor gieus et en lor fables Gisent profit moult delitables. Sous qui lor pensées covriient, Quand le voir [vrai] des fables ovrirent, la Rose, 72(o. Ce que il ne peuent manger jetent en un sac de cuir, et, quant il ont fain, si oeuvrent le sac, et manguent touz jours le plus viex devant, joinv. 254. || xiV b. Vraiement cil vilain sont François retourné [redevenus] ; Qui les aroit ouvers ainsi qu'un porc lardé. On aroit en leur cuer la fleur do lis trouvé, Cuescl. 24040. Il XV* s. Et si c'est chose qui appartienne à celer, je le cèlerai bien, ni jamais, tant que je sois en ce pays, je n'en ouvrirai ma bouche, froiss. n, m, 22. Et n'attendoient autre chose que les nouvelles leur vinssent que la guerre fut ouverte.... id. I, I, 78. Et ne purent durer à la longue contre tant de bonnes gens d'armes; si furent ouverts et leur fort conquis [ils s'étaient retirés dans un bois], id. 1, 1, 88. Et jura parsafoi [leducdeBretagne].... le trouveroient ceux d'Angleterre ouvert et appareillé.... ID. II, II, 6». Clément [le pape] ouvrit grâces, et signifia son nom par tout le monde [distribua les grâces du saint-siége], id. ii, ii, 48. Non pourtant me fault vous ouvrir La double qu'en moy est entrée : C'est que.... cii. d'okl. Bail. 63. || xvi* s. Vestues de longue aulbes, le chief ouvert, les cheveulx semés de fleurs odorantes, rab. Pant. iv, 61. La terre s'ouvrira pour tous vifz vous engloutir, si faillcz & bien respondre, id. ib. v, n. L'expérience m'ouvrit les yeux et vis ce que jecraigiiois plusque
OUV
la mort, mahg. Nouv. xxxu. La teste droicle et le visage ouvert, mont, i, 136. Quelquefois luy [à l'élève] ouvrant le chemin, quelquefois le luy lais. sant ouvrir, id. i, 4 60. La substitution estant ouverte en faveur d'Aretheus, m. I, 2)6. Je m'ouvre aux miens, tant que je puis, id. ii 83. Je receois la santé les bras ouverts, id. ii, si 3. X cela doyventils avoir les yeux bien ouverts, à fin de ne se méprendre, l.^noue, 4(4. Nos jeunes gens, allans à Venise, et voyans la noblesse avec un bonnet en forme de crouste de paslé sur la teste.... rient à bouche ouverte, id. 4 64. Ceux qui dans les provinces feront à l'occasion de leurs querelles de grosses assemblées, on les poursuyvra à force ouverte, id. 269. La coustume est d'ouvrir ce temple [de Janus] quand les Romains ont guerre en quelque part, amyot, Numa, 32. Resistence ouverte, iD. Solon et Pub. 6. Il voulut tenir maison ouverte à tous venans, id. Thém. o. Les Romains s'ouvrirent incontinent, et le receurent entre euli avec grande révérence, id. Com. 51. Il n'ozaonques ouvrir sa bouche pour luy en parler, à toute peine s'adventura il à la fin do luy en ouvrir le propos, id. Philop. 20. La terre ouvre son soin : du ventre des tombeaux Naissent des enterrez les visages nouveaux, d'aub. Tragiques , jugement.
— ÉTYM. Bourg. 6vri; Berry, orn'r/prov. ubrir, obrir; anc. cat. ubrir; anc. ital. oprire. Ce mot soulève de grandes difficultés. U ne peut venir du latin aperire; Va latin ne se change pas en 0 ou u dans les langues romanes; et, si on admettait en français ce changement à cause de l'exemple de orteil provenant d'articulus, il ne serait pas loisible d'étendre cette particularité au provençal, à l'ancien catalan, à l'ancien italien. L'espagnol et l'italien disent régulièrement abrir et aprire. Diez a essayé de lever la difficulté : suivant lui, ouvrir vient de de-operire, découvrir, de cette façon : o»rir est une contraction de a-ovrir, qui existe en eflet et qui ne signifie rien de plus que ouvrir; aovrir est une syncope du provençal adubrir, qui signifie ouvrir, et qui doit se décomposer non en ad-ubrir, mais en a-du6rir, lequel dubrir est de-operire. Ce dubrir est appuyé en effet par le provençal moderne durbi, le piémontais durvi, le wallon drovi, le lorrain deurvi, qui tous signifient ouvrir; on dit aussi en basse Bourgogne : la porte, aile est douverte. Mais la conjecture de Diez ne paraît pas admissible ; en effet adubrir se décompose certainement en aduvrir, comme le français aovrir en a-ovrir; c'est ce que prouvent tous les composés de ce genre aonier, aemplir, aûner, etc. Cette hypothèse écartée, la difficulté reparaît entière; et, dans l'état actuel des documents, la seule expUcalion qui se présente, c'est que ou bien la langue a confondu aperire et operire, confusion qui est commune au français, au provençal, et quia même atteint jusqu'à un certain point le catalan et l'italien, ou bien, l'o latin ayant été changé en 0, ce qui n'est pas impossible en français, c'est du français qu'il a passé au provençal et au catalan. Quant aux formes qui ont un d, on peut sans doute les rattacher à de-operire, mais on peut aussi y voir ouvrir composé avec de au sens augmentatif; comparez à ôxeh un cas pareil où les patois ont un d. Quelques traces paraissent indiquer que at rir n'a pas été étranger trèsanciennement à la langue; Génin, Roland, p. 5<6, cite porte aierte, et, p. 617, avre les oili , dans un texte de la Chanson de Roland, mais ce texte a été écrit en Italie avec beaucoup de formes causées par l'induence du pays, et dès lors prouve peu pour le français; il y a beaucoup plus d'autorité dans : sépulcre avrani est li guatur d'icels (fb. MICHEL, Liber psalm. p. xviii) , qui est la traduction de : Sepulchrum païens est gutiur eorum. Avrant semblerait montrer que, du même que la forme en 0 n'était pas tout à fait étrangère à l'Italie, la forme en a n'était pas tout à fait «irangèie à la France.
OUVROIR (ou-vroir), s. m. \\ 1* Lieu de travail en commun. L'exécution du présent arrêt [relatif à des coalitions d'ouvriers papetiers], lequel sera lu, publié partout où besoin sera, et affiché dans les différents ouvroirs de chaque papeterie, avec défenses aux ouvriers d'arracher lesdites affiches, sous peine de prison, Arr^l du conseil d'ÉtcU,2a fév. 4 777. Il Espèce d'asile ou d'atelier de charité pour les femmes pauvres et les jeunes filles qui y reçoivent aussi l'instruction primaire. || a* Particulièrement, dans les communautés de filles, lieu où elles s'assemblent à des heures réglées pour travailler i différents ouvrages.
— HIST. xii;' s. Que nuls ne voisc [n'aille] ouvrer