‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 284 sur 389 · OUD · texte numérisé non relu

OUD

fourvoyer, qui les redressera? s'ils s'ouhlient, qui les corrigera? id. ilor. ipU. 4.

— ÉTYM. Bourg, ob/i'ai; Berry, ohii'er, obelier ; prOTenç. oblidar; espagn. oiriiiar; ital. obbliare; d'un Verbe fictif oblitare, fait du supin oblitum, de obliiisci, oublier, qui vient de ob, et d'un radical liv que Corssen, Sachtr. p. 34, rattache à litor, livere, Uvidus ; oblivisci signifierait doue pâlir, s'obscurcir, hobace. Oies, lï, 30, adit iiïidasob/ifionei.

\ ODBLIEKIË (ou-bli-rie) , s. f. Art de faire des oublies. Il Lieu où on les serre.

— HIST. xin" s. Nous faisons à savoir que par devant nous vindrent le commun des obliers, meslres ut valiez d'oubloierie, de la ville de Paris, Liv. des met. 350.

— ÊTYM. Ovfc/icr, ancien nom du faiseur d'oubliés OUBLIETTES (ou bli-è-t'), s. f. pi. || 1* Cachot où

l'on enfermait ceuï qui étaient condamnés à une prison perpétuelle, et que l'on y oubliait. || Fig. Mettre aux oubliettes, jeter au rebut une lettre, une demande; ne plus s'en occuper. |{ 2* EspJce de fosse couverte d'une trappe, où l'on faisait tomber ceux dont on voulait se défaire secrètement.

— HIST. xiv* s. Les aucuns d'iceulx malfaicteurs furent depuis pris et pendus à Baieux, et les autres mis en oubliete en la court de l'evesque du dit lieu, là où ilz moururent pour leurs démérites, on cance, o6/it!ii(m. Il XV' s. L'oubliete te peut servir. Et l'herbe de nonsouvenir. CH. d'orl. Rond. Crié soit à la clochete Par les rues, sus et jus, Fredot, on ne le voit plus; Est-il mis en oubliete? id. Rondeau.

— ËTYM. Oublier.

OUBLIEL'R (on prononce ou-b!i-cû), ». m. Nom donné jadis à des garçons pâtissiers qui, sur les huit heures du soir, allaient criant à Paris des oublies. La chanson, la lanterne de l'oublieur. || On écrivait aussi, comme l'on prononçait, oublieux. Mme de Beaumont arrive-t-elle toujours comme l'oublieux? .«-Év. 8 nov. («73. ||Fig. Nom donné pendant la Fronde au marquis de Senneterre et au maréchal d'Estrées. Je répondis civilement aux oublieux (on appelait ainsi ces messieurs, parce qu'ils allaient d'ordinaire entre huit et neuf heures dans les maisons où ils négociaient quelque chose et ils négociaient toujours).... retz, m, 7».

— ÊTYM. Oublie. L'ancienne langue disait oblier, oublier, et avec raison, la finale er appartenant aux métiers.

t OUBUECSEMENT (ou-bli-eû-ze-man), adv.

D'une manière oublieuse.

— ilIST. XVI' s. Oublieusement, oomn, Dict. OUBUECX, EDSE (ou-bli-eû, eû-z'), adj. Sujet

à oublier. Ce néanmoins, oublieuse personne, Humble bonsoir humblement J9 te donne, scarron, Po^i. iliti. Œuv. t. vu, p. 79, dans pouoens. Voilà, dit-on [à la vue d'un mort], ce que c'est que l'hommel et celui qui le dit, c'est un homme, et cet homme ne s'appliciue rien, oublieux 'de sa (jestinée, boss. Sermon», UoTt, Préambule. Le bonhomme Panard, aussi insouciant que son ami, aussi oublieux du pa^sé et négligent de l'avenir, iiahmoktel, Mém. n. Ton sexe faible est oublieux des crimes, BtRANO. Oelavie.

— REM. Pourquoi l'usage a-t-il conservé oubli et abandonné oublieux ? marmontel, Êl^m. litt. Œuv. t. x, p. t3( , dans potioENS. Depuis Marmontel, oublieux, menace de périr, est rentré dans l'usage.

— lilST. xiii' s. Car qui i s'ame est oblieux, Bien est raisons qu'il le compeire [paye], rhtkb. 134. [Le perroquet apprend i parler] dedanz le secont an de son aage, car dés lors en avant est durs et oblious, BRUN. lAT. Txétor, p. î<». Il xiv* 9. Oublieuse et nonchalant des grans aises et des grans richesses qu'elle avoit eues, Uinagxer, i, ». || xvi' s. ...Une union parfaite Que l'oublieuse mort u'eust sccu rendre desfaite, desportks, Cartelt et masquaradet, pour le duc du Kain».

— ÉTYU. Oubli; génev. oublieur ; provenç. oblidoi; espagn. olctdoio; ital.oMtoto; au zvi' siècle, on disait aussi oblivieus,

OUDRIA (ou-bri-a), (. m. Partie de l'atelier où M forge le fer dans les u.sines des Pyrénées.

t OUCUE (ou-ch'], t. f. Dans l'Autunois, bonne terre ca[iable de porter toute espèce de produit. Il l'erraia voisin da la maison et planté d'arbres (ru I tiers.

— r.i&T. zvi* s. Les tenans et aboutissans de leur ouche, u'aub. Fœn. m, *.

— ËTYM. Uas-lat. o(ca, qtU est dans Grégoire de Tours.

t ODDEIH (SE) (ou-drir),«7. réfl. Terme rural. Se rider, se flétrir, en parlant des bourgeons.

— ETYM. C'est probali!ement le mime aveo un sens différent, que ourdri (voy. ce mut).

OUI

t OUE (oue), s. f. Vieux mot pour oie. Le proverbe est bon, selon moi. Que qui l'oue a mangé du roi. Cent ans après en rend les plumes, la font. Lett. XXI.

— ÊTYM. Voy. OIE

OUEST (ouest'), s. M. Il 1" Partie du monde qui est au soleil couchant. Les régions à l'ouest de Madagascar. Les flots de la Manche ne sont pas plus agités par les venta d'est ou d'ouest, que son cœur ne l'était par tant de mouvements contraires,voLT. l'Ingénu, 7. || Le vent est à l'ouest, le vent est ouest, il vient du couchant. |{ Ouest équinoxial ou vrai, point de l'ouest où le soleil se couche lorsqu'il est dans l'équaleur. || 2° Vent qui souffle de ce côté. L'ouest n'a cessé de souffler depuis deux jours. Il Dans la rose des vents on distingue ouest-nordouest, plage située au milieu de l'espace qui sépare l'ouest du nord-cuesl ; vent qui souffle de ce côté. Ouest-ijuart-nord-ouest, plage située au milieu de l'espace qui sépare l'ouest de 1 ouest-nord-ouest ; vent qui souffle de cette plage. Ouest-sud-ouest, plage située au milieu de lespace qui sépare l'ouest du sudouest ; vent qui souffle de cette plage. Ouest-quartsud-ouest, plage située au milieu de l'espace qui sépare l'ouest de l'ouest-sud-ouest; vent qui soufllo de cette plage, etc. || 3° 11 se dit de la partie d'un pays située du côté de l'ouest. L'ouest de la France, i! Particulièrement, la région occidentale de la France (en cet emploi on met une majuscule). Les provinces de l'Ouest. || Les chemins de fer de l'Ouest, ou, elliptiquement, l'Ouest, les chemins de fer qui mènent de Paris en Normandie et en Bretagne.

— SYN. OUEST, OCCIDENT, COUCHANT. L'OUBSt est

proprement le point où le soleil se couche à l'équinoxe; l'occident ou le touchant c'est le côté tout entier. Ces sens se confondent très-facilement : toutefois, si l'on parle des points cardinaux, on ne dira pas l'occident.

— IllST. XII" s. Le wesl, Rois, p. 218.

— ÊTYM. Allem. West ; isl. vest ; suéd. vester. Il y a dans Pictet (t. i) une dissertation très-ingénieuse sur l'étymologieile West, rapporté à ias<um, désert, mer, parce que le désert et la Caspienne étaient à l'ouest des Aryas qui devinrent les Germains.

OUF (ouf), inlerj. qui marque une douleur subite, ou rétoufl"ement, l'oppression. Fermant les yeux et criant ouf, L'adolescent se mit k braire, scARRON, Virg. vu. Ouf! tu m'étrangles; fat, laisse-le comme il est, mol. Fdch. i, *. Ouf! je me sens déjà pris de compassion, rac. Plaid, iii, 3. Ouf 1 je ne sais par où commencer.... pertidel le saoe, Turcaret, u, 3. Ouf I que ce diable d'homme est rude à manier) beaumarcu. Barbier de Seville, m, 3.

t OCGKO-KLfNOlS (ou-gro-fi-nol), s. m. Voy. altaIqub.

OUI (oui; ce mot a une demi-aspiration : ce oui ; des oui, dites: dé oui; i4n oui, dites: un (sans liaison) oui; le oui et le non; eh mais oui, dites : eh mô oui; je crois que oui, je dis que oui; on dit cependant aussi et on écrit : je crois qu'oui, je dis qu'oui), adv. || 1' 11 affirme et est opposé à non. J'y vois des bergères qui ne savent que oui et non, BALZAC, liv. IV, lett. ti. Ils rapportent les raisons de ceux qui disent que oui, pasc. Prov. xii. Et si l'on trouve que oui, vous aurez la gloire de l'avoir mieux entendu, id. ib. xvii. M. de Montausier no voulut apprendre d'autre langage ([ue celui de l'Évangile : oui, oui, non, non, FLecn. due de tient. Un honnête homme qui dit oui et non mérite d'être cru, LA brut. y. Pour moi, j'aime les gens dont l'âme se peut lire. Qui disent bonnement oui pour oui, non pour non, grïsset, Uéchant, l, 5. || Il ne dit ni oui, ni non, il ne veut pas s'expliquer sur la chose dont il s'agit. Je ne dis oui ni non, de crainte de mentir, th. corn, D. Bertr. de Cigarral, m, ). Il On dit dans le même sens : il ne m'a répondu ni oui ni non. || Dire oui, consentir, surtout eu parlant du mariage. Enfin, le bon do tout, c'est qu'à d'autres (ju'à lui On ne peut vous lier que tous ne disiez oui, mol. Tart. ji, 4. Que maudits soient l'heure et le jour où Je m'avisai d'aller dire oui I tD. Mid. malgré lui, i, t . || 2' Oui est souvent la réoonso à une interrogation, et alors il équivaut à iine plira.se entière : Avez-vous fait cela. — Oui, c'està-dire j'ai fait eela. Ariste : Kt son cœur est épris des grâces d'Ilenriotle. — Chrysalo : QuoiT de ma filloT — Arisle : Oui; Clilandre en est charmé, mol. femm. lav. ii, ». Henriette : Moi, ma muret — l'bilaminte : Oui, vous; faites la sotte un peu, m. ib. m, «. Un bonheur si étrange ser»-peut-étre bientôt évanoui; le perroiiuet répondit oui, volt. Zadig, 8. Il S* Ouelquefois il est simplement affirmatif, sans opposition à non, et en c« cas il se met an corn-

OUI

mencement du membre de phrase. Oui, ccsl Agamemnon, c'est ton roi qui t'éveille, rac. /phi'j. i, i. Oui, monsieur, j'aime mieux le Tartufe et le Misanthrope que les comédies nouvelles; oui, j'ose préférer Racine à mes drames, et j'aime mieux Roland et Armide que certains opéras, volt. Lett. la ï'oiiraille, 5 juill. i774. Avant que, dégagé des ombre» de l'enfance, Je pusse voir l'abime où j'étais descendu, Père, mère, fortune, oui, j'avais tout perdu, GiLB. le Poète mallieureux. || Dans les phrases familières, il se met quelquefois à la fin. Chrysale : .Notre sœur est folle, oui. — Ariste : Cela croit tous les jours, MOL. Femm. sav. u, 4. || Redoublé, il augmente la force de l'affirmation. Oui, oui, je le ferai. Oui, oui,vous me suivrez, n'en doutez nullement,RAC. Andr. II, 3. Il 4° Oui marquant la surprise. Il a dit telle chose, ouiT c'est-à-dire est-ce vrai qu'il ait dit telle chose? || 5° Oui-da, certainement. Dire/.-vous par exemple qu'un homme ait, la nuit et sans aucune lumière, la pouvoir prochain de voir? — Oui-da, il l'aurait selon nous, s'il n'est pas aveugle, pasc Prov. I. Carin : Byrrhie, instruit d'un mal que j'ai peine à vous taire, Vous peut do mes malheurs découvrir le mystère. — Byrrhie : Oui-da, je le ferai très-volontiers, baron, Andrienrie, ii, a. || Vraiment. Néron: N'avais-je pas ma maison Dorée qui devait être plus grande que les plus grandes villes? ouida, je m'entendais en magnificence, fë.n. t. xix, p. 313. Oui-da, l'état de veuve est une douce chose, REGNAHD, le Bal, 4. || Oui-do est quelquefois ironique. Le croyez-vous? — Oui-da, je n'en crois rien. Il 6' Oui, joint à des adverbes. Oui vraiment. Vraiment oui. Eh mais oui. || Oui bien, se dit et surtout se disait par opposition à une affirmation pour affirmer autre chose. Prononcez, messieurs, un arrêt digne de vous, qui fasse voir à toute l'Europe que le Cid n'est point le chef-d'œuvre du plus grand homme de France, mais oui bien la moins judicieuse pièce de M. Corneille, scudêry, Lett. à l'Académie. Philis : Si vous nommez ma flamme un bien commun à tous, Je n'aime, pour le moins, personne plus que vous; Cela vous doit suffire. — Cléandre : Oui bien à des volages Qui peuvent en un jour adorer cent visages, corn, la Place Hoy. ii, 8. Je n'ai point encore vu M. Fagon depuis que j'ai reçu de vos nouvelles ; oui bien M. Daquin, (jui trouve fort étrange que vous ne vous soyez pas mis entre les mains de M. d^s Trapieres, rac. Lett. d Boileau, 4 août t«87. ||7' S. m. Un oui, une affirmation par oui. X des offres d'hymen répondre par des larmes. Et tarder tant à dire un oui si plein de charmes, MOL. Sgan. 2. Et, loin qu'un pareil oui me donnât de la peine, Croyez que j'en dirais bien vile une douzaine, w. ib. a. Ah I ce oui .se peut- il supporter? id. Fem. tav. l. Eh! nous nedilléroiis que du oui et (lu non, ce n'est qu'une bagatelle, marivaux, Double inconst. l, 7. Un priHre, un oui, trois mots latins X jamais fixent vos destins, volt. Épit. 37. Il Savoir le oui ou le non de quelque chose, savoir si une chose se fera ou ne se fera pas. La pensée du moment où je saurai le oui ou le non d'avoir ou de n'avoir pas de vos nouvelles.... s£v. u juill. IS80. Il Dire le grand oui, se marier. C'est demain qu'elle dit le grand oui. || Fig. Pour un oui, pour un non, pour la cause la plus légère. Pour un oui, pour un non, on va se jeter à l'eau, th. leci.euco, Proverb.t. v, p. l«», dans pouoeks. lî 8' Langue d'oui, voy. oIl.

— KEM. Dans la ciution de Molière au n* i, \'i muet du mot avant oui n'est pas élidé, et il l'est dans la citation da Gilbert au n' 3.

— HIST. xi» s. Kt cil respout : oïl, sire, assez bien, Ch. de Roi. L. ||xu' s. 011, par Dieu, ne puet estre autrement, rouci, xxii. || xiii' s. Sire, fait-ele, oll, mon cuer [je] lui al donné, Rerte, XLV. Krt-il o [avec] vos? -ouil sanz faille, Ren. 8397. Il mo demanda, se je voulois estro honorez en ce siècle el avoir paradis à la mort, cl je li diz : oyl, joinv. i «4. llxiv s. Auil, dient ly aultro, n'en serez escondiz, Hugues Capet, V. 2142. Et dist ly connestablez : auwy, certainement, ib. t. 5775. || xv's. Par ma foi, respondlt le duc de Lancastre, ouil, froiss. il, m, 31. Il XVI' s. El lant qu'ouy et nenny se dira, Par l'univers le monde me lira, iïarot, ii, 331. Je ne suis p.is marry que.... mais oui bien do quoy nous soyons si.... Mu^T. i, 240. Quand j'imagine l'homme tout nud, ouy [même] en ce sexe qui soiuhlo avoi' plus de part à la beauté..., id. u, 203. Non que I. dilTcrence y soit comme de la uuict à une clarté vifvo; ouy, comme de la nuict à l'umbre, lo. ii, 3n8. Il faut conclure que qui ayme le jeu, ne fera jamais grandu fortune, ouy bien qu'il se verra aveo le temps réduit à une misérable pauvreté, rASQiiEii,

OUT

lires l. m, P- •*• Son advis ne dit rien qu'un sie oui qui tremble, d'aub. Tragiques, édit.

Un

Crisie oui q

LALANNB, p. <*2.

— 6TYM. La forme primitive est oïl, toujours dissyllabe, et formée du latin hoc illud, oui cela {hoc ayant pris le sens de oui : Ne dit ne o ne non, R. de Cambrai 264);oïJ est donc fait comme nennil, qui représente non illud, non cela. Picard, awi; lierry, toui; wallon, awoi, dans lequel Grandgai,nage regarde l'a comme prosthélique; bourguig. rouet; différents dialectes cités par Grandgagnage ai, di, oî. On trouve dans les anciens textes, quoique rarement, des formes singulières de ce mol : oal, oiiait, ol, odil.

OUÏ, ÏE (ou-i, ie), part, passé d'ouïr. || 1° Qu'on k entendu. Qu'importe que partout mes plaintes soient ouiesÎTU.cORN. Ariane, v, 6. Il fui condamné sans être oui, boss. Var. vu, 3*. il 2° Eu termes de procédure, oui le rapportd'un tel. |{ En cet emploi, il est invariable. Ouï les témoins. Ouï les parties dans leur réplique. |1 Mais on dirait : un jugement rendu jarties ouïes. Ouïes séparément, ces personnes auaicnt peut-être dit autre chose.

f OUIOIIE (oui-ch'), interjection populaire qui marque le doute, l'incrédulité et une sorte de moquerie de celui à qui l'on parle ou dont on parle. Ab! ouicbe, on ne l'aura, vois-tu, qu'avec ma vie, BEAUMABCH. Ifor. de Fig. i, 7.

OL'ÏCOU (ou-i-kou), s. m. Boisson faite de manioc, de patates, de bananes et de cannes à sucre.

OL'Ï-UIRE (ou-i-di-r'; ouï a une demi-aspiration : les ouT-dire, au.x ouï-dire, dites sans liaison : le ouï-dire, 6 ouï-dire), s. m. Ce qu'on ne sait que par le rapport d'une autre personne. Il ne sait que pat ouI-dire Ce que c'est ()ue la cour, la font. Fabl. vu, «2. Le critique, sans rien approfondir, se contente de mettre en note ouï-dire, mais une grande partie de l'histoire n'est fondée que sur des ouï-dire rassemblés et comparés, volt. Suppl. au siècle de Louis Xir, t" part. || Au plur. Des ouï-dire.

— HlST. XVI* s. Ouir-dire va par ville, lotsel, iTislit. 771.

— ETYM. Oui, psulicipe passé d'ouïr, et dire. OCÏE (ou-ie), *. f. Il 1* Celui des cinq sens par

lequel on reçoit les sons. Avoir l'ouïe fine, subtile, délicate. L'organe de l'ouïe. L'ouïe s'exerce d'une manière passive et d'une manière active : il y a entre ces deux modes la même différence qu'entre entendre et écouter. Quand tout faillit en toi, plus de (tolit, plus d'ouïe, la font. Fabl. viii, l. Il faut faire ntrer les instructions qu'on donne aux enfants non-seulement par l'ouïe, mais aussi par la vue, NICOLE, Éduc. du prince, dans richelet. Quand nous disons avec saint Paul que la foi vient de l'ouïe, nous exprimons par ces termes l'effet particulier de la prédication, boss. Euchar. n, 3. De tous les sens, l'ouïe est celui qui trouble le plus l'âme, qui la frappe et l'émeut avec le plus de promptitude, ROLLiH, llist. anc. Œnv. t. ix, p. 603, dans pou- CENS. L'ouïe est, après la vue, le sens le plus parfait chez les oiseaux; ils forment un grand peuple de musiciens, bonnet, Contempl. nat. m, 27. L'ouïe a une finesse et une précision qui saisit les nuances les plus légères : tandis que l'œil sépare grossièrement les couleurs et remarque à peine la quatre-centième partie d'une li^'ne, l'oreille aperçoit le comma, qui est pour elle une quantité bien autrement petite, srnnkbikr, Ess. art d'observ. t. i, p. l»l, dans PODOKNS. || Fig. Le Saint-Esprit donne aux oreilles [du grand corps de l'Église] d'entendre et d'être l'ouïe commune de tous les membres, kén. t. 11, p. 25. Il 2" Acte d'ouïr, audition, usité seulement en ce sens dans les locutions suivante». || Terme forestier. Ouïe de la cognée, espace qui entoure la coupe, et dans lequel on ne pourrait enlever du l)ois sans que le bruit de la cognée ne fût entendu de la coupe. Les marchands demeureront responsables de tous les délits qui se feront à l'ouïe de la cognée aux environs de leurs ventes, Ordonn. des taux et forêts, titre xv, M. || X l'ouïe de, à l'audition de..., locution bonne, qu'on dit à Genève et qui appartient au style réfugié (style des protestants français chasses par la révocation de l'cdit de Nantes). X l'ouïe de ces mêmes son».... eu. BOHNtT, Contempl. nat. xii, îs. X l'ouïe d'un nem tussi respectable que celui do la vertu, il me lemble.... lkkpant, t'rrmitr sermon, dans nvn- ■ert, Gloss. yen. || X perte d'outo, loe. adv. Aussi loin que l'ouie peut s'étendre. Quand je me trouve dtnsune vaste plaine, disait un aveugle, en por- «*nt la main à son oreille et en étendant le bras âwo un geste très expressif, il me semble que je wu i perte d'oulo, dvpac. ||8- S. f. pi. Les ouïes,

oui

organes que les poissons ont aux côtés de la tête, ainsi dits par assimilation des ouïes avec des oreilles; ce sont deux appareils respiratoires placés de chaque côté de la tète, formés par les branchies et protégés, chez la plupart, par les opercules. Les vrais poissons n'ont point de poumons, ils ont des ouïes qui leur en tiennent lieu; tous les cétacés, au contraire, ont de vrais poumons, bonnet, Contempl. nat. xii, 27. ||Fig. H a les ouïes piles, se dit d'un homme dont le visage fait paraître qu'il a été malade, qu'il a eu quelque grande affliction (locution qui vient de ce que l'on reconnaît à la blancheur des ouïes que le poisson n'est pas frais). Il II se dit aussi des ouvertures où sont placées les ouïes. Prendre une carpe par les ouïes. Il 4° Fig. Terme de luthier. Les ouïes, les ouvertures qui sont sur la table de certains instruments de musique, et qui contribuent à augmenter le son.

— HIST. xi° s. Del cor qu'il tient, l'oïe en est mult grant, Ch. de Roi. cxxxii. ||xii*s. Tervagan [il] fiert quanqu'il pot lez l'oïe, Tionc. p. < I6. Trois fois [il] le sonne, si loinz en va l'oie, ib. M2. ||xiii* s. Et si ne vous chaut d'escouter Ceus qui sont plain de vilonie ; Errant [aussitôt] lor fêtes sordo oïe, Lai du conseil. Briefment cis leus [ce lieu] n'a point d'oïe; Vostre vois ne puet estre oïe, Fors que de moi tant solement, la Rose, (6626. Li quens Robers de Flandres part de la baronie, X Aras est venus à Clémence s'amie, Souavet li conseille doucement en l'oïe : Dame, jou ai la crois, Ch. d'Ant. i, 902. Et s'il [des arbitres] ooient el point que li arbitrages fu encarquiés, et après il deviennent sourt qu'il n'oent goûte, on le doit atendre un an et un jor por savoir s'il rauroits'oye,BEAUM.xu, H. i| xv's. Et puis assembler les peult-on. Comme j'ay dict en la raison Qui te doibt entrer en l'ouye, la Font. 518. Il XVI* s. Il devint enfin si peureux, qu'il trembloit à la veue du moindre esclair et à l'ouïe du moindre tonnerre, d'adb. Conf. i, 7. Les aiguillons de la vive sont vénéneux, principalement ceux qui sont au bout de ses ouyes, paré, xxin, 40.

— ETYM. Oui.

t OCILLAGE (ou-Ua-j', Il mouillées), t. m. Action d'ouiller, nommée aussi remplissage. Les opérations que la conservation des boissons exige en route, telles que les transvasions, le rabattage des pièces et l'ouillage, seront permises pour les boissons déclarée» en transit, Loi s déc. 4814, art. 4 4.

— HIST. XIV* ». Que nulz taverniers soit si hardis qu'il acheté vin de buffet pour faire oeuiUiage ne remplage, nu cange, implagium.

— ÊTYM. Ouiller.

I OCILLER (ou-llé, U mouillées), v. a. Ajouter du vin de même origine à celui qui a diminué dans les tonneaux par l'évaporation et l'extravasement de l'écume lors de la fermentation. Un bon vigneron doit ouiller chaque matin ses tonneaux jusqu'à ce qu'il n'en sorte plus d'écume. 11 y a des pays où l'on ouille tous les jours pendant le premier mois, GENLis, Maison rust. t. m, p. 291, dans pougens.

— HIST. xiv s. Quant les deux tonneaux sont dévalez de la nef dedens les charretes et illec aemplis et aeuUiés par le marchaaut, que il ne les sont depuis tenus à emplir ne euiller en meson ne en celier, iiu CANOË, implagium. \\ xv* s. Le fermier fut condempiié à rendre et restituer la pipe de vin, et, se pleine n'estoit, à la voilier et emplir, id. 16. Et en pourrez tant user et si longuement vous y aouillor, que trop en avoir pris vous fera souffreteux, A. CHART1ER, Quadrilogt inveclif. Quand les autres sont oillez sans desserte des biens que tu cuides avoir desservis, m. l'Espcrance ou consolation. Il XVI* s. De mois en mois on recouvrira les tonneaux, pour autant de fois les auillier ou remplir de bon vin. — Auillier les vins avec de l'eau est meilleur qu'avec du vin, tant pour le goust que pour la garde, 0. de serres, 217. Le vaisseau où séjournera ceste malvoisie sera bien bousché, et tous jours plein : ce qu'on fera, en le auiUant souvent avec de l'hydromel, m. 828. Lo roi m'a tantost fait de grandes complaintes du pou d'amour et fidellité qu'il trouvoit entre les siens quoique ouillez de bienfaits, d'aub. Uist. 3, 4 87.

— ETYM. Œil, comme le dit du Cange : ouiller c'est remplir jusqu'à l'œil, jusqu'au bondon. Cette étymologio écarte le latin olla, cruche, qui convient mal aux diverses formes de ce verbe.

OUÏR (ou-ir. Des grammaires disent que ce mot a une demi-aspiration ; cela est contre l'usage qui élida l'rf devant ouïr: l'ouïr), j'ois, tu ois, il oit, nous oyons, vousojez, ils oient; j'oyais, nous oyions; j'ouïs, nous ouïmes; j'oirai, nousoirons, ou j'orrai, nou» orrons; j'oirais ou j'orrais ; oyons, oyez ; que

OUI

j'oye, que nous oyions, qu'ils oient; que j'ouïsse; oyant ; ouï, v. a. Cette conjugaison, très-régulière, est inusitée, excepté à l'infinitif présent et au participe pasïé, selon l'Académie ; mais il faut ajouter comme usités encore le parfait défini et l'imparfait du subjonctif; les autres temps ne s'emploient que dans le style marotique; pourtant il serait bien utile de remettre en usage oyant, et de dire en oyant, au lieu de en entendant, qui est si désagréable à l'oreille. Il 1° Recevoir les sons par l'oreille, entendre. 11 m'est avis que je l'ois qui tient ce langage à la fortune, malh. Traité des bienf. de Sénèqtie, t, 9. Et le peuple, qui tremble aux frayeurs de la guerre, Si ce n'est pour danser n'orra plus de tambours, id. ii, 4 . C'est un miracle que je n'entends point; et, quand j'ai ouï les religieuses de Loudun parler latin el grec, je n'ai pas été si étonné, voit. Lett. 45. Si j'ois maintenant quelque bruit, si je vois ce soleil, desc. Méd. m, 7. Aussitôt on ouîl d'une commune voix Se plaindre de leur destinée Les citoyennes des étangs, la font. Fabl. vi, 42. Quel charme de s'ouïr louer par une bouche Qui, même sans s'ouvrir, nous enchante et nous touche? iD. Filles de Minée. Et nous n'oyions jamais passer devant chez nous Cheval, Sne ou mulet.... mol. Éc. des f. i, :!. Hé, je vous on conjure de toute la dévotion de mon cœur, que nous oyions quelque chose qu'on ait fait pour nous, ID. Préc. 42. Et voilà de quoi j'ouïs l'autre jour se plaindre Molière, id. Impromptu, 3. Oyez-vous la friponne? elle parle pour soi, th. corn, le Charme de la voix, v, i. J'ai ouï dire à notre grand prince qu'à la journée de Nordlingue, ce qui l'assurait du succès, c'est qu'il connaissait M. de Turenne dont l'habileté consommée.... boss. Louis de Bourbon. Et vous, sainte compagnie, qui avez désiré d'ouïr de ma bouche le panégyrique de votre père, id. Bourgoing. Quelle partie du monde habitaljle n'a pas ouï les victoires du prince de Condé et les merveilles de sa vie? m. Louis de Bourbon. Un vit souffrir Mme d'Aiguillon, mais on no l'ouït pas se plaindre, flèch. Jfme d'Aiguillon. De son triomphe affreux je le verrai jouir, Et conter votre honte à qui voudra l'ouïr, HAC. Phèdre, m, a. A-t-on jamais ouï parler d'aventures si merveilleuses? kén. Tél. vu. Des terres presque inconnues ouïrent la parole de vie, MASS, Or. (un. Yillars. Prêt à verser son sang, qu'ai-je ouï? qu'ai-je vu? volt. Fanât, m, 8. Oyez n'est plus usité qu'au barreau; on a conservé ce mot en Angleterre; les huissiers disent OIS, sans savoir ce qu'ils disent, id. Comment. Corn. Poly. ui, 2 (les Anglais écrivent non ois, mais oyes, qu'ils prononcent ôièce, et qui est le français oyeî). J'avais toujours ouï dire qu'il est difficile de mourir; je touche à ce dernier moment, et je ne trouve pas cette résolution si pénible, duclos. Règne de Louis XIV, (Eut), t. v, p. (48. On n'oyait dans ce gouffre de vapeurs [du haut du Vésuve] que le sifflement du vent et le bruit lointain de la mer, sur les côtes d'Herculanum, ciiateaub. Italie, le Vésuve. Il Ouïr la messe, assister à la messe. J'oyais un de ces jours la mesj^e à deux genoux, Régnier, Sal. viu. Il 2° Ecouter, prêter attention, donner audience. Un juge doit ouïr les deux parties. Oyons : — Dorante : Sa courtoisie est extrême et m'étonne, CORN. Suite du Menteur, 1, 2. Quoi I mon père étant mort et presijue entre mes bras, Son sang criera vengeance et je ne l'orrai pas, in. Cid, m, 3. Oyez ce que les dieux vous font savoir par moi, id. Cinna, V, 3. Il ne faut jamais dire aux gens : Ecoutez un bon mot, oyez une merveille, la font. Fabl. xi, 0. Je condaanai les dieux, et, sans plus rien ouïr, Fis vœu , sur leurs autels, de leur désobéir, rac. Iphig. 1, 4. Le parlement de Provence commença par condamner dix-neuf habitants de Mérindol, leurs femmes et leurs enfants, à être brûlés, sans ouïr aucun d'eux, volt. Uist. pari. ch. 4». La nuit revient son ombre [du ménétrier] : Oyez ces sons lointains, BÉR. Ménélr. de Meud. {| 3* Écouter favorablement, exaucer. Daignez ouïr nos vœux. || i° Recevoir une déposition. Nous venons d'ouïr un martyr qui fait gloire d'avoir bien servi les empereurs à la guerre, boss. 6' avertiss. § 4 2. || En termes de procédure, ouïr des témoins, recevoir leurs dépositions. Les témoins sont ouïs, son procès est tout fait, th. CORN. Comte d'Ess. 11, 2. Le demandeur faisait ouir ses témoins pour établir sa demande; le défendeur faisait ouïr les siens pour se justifier, montesq. Esp. xxviii, 43. Il Ancien terme de procédure criminelle. Être assigné pour être ouï, être assigné pour répondre en personne devant le juge. Décret d'assigné pour être ouï, ordonnance judiciaire qui a^isignait im prévenu à comparaître ea

OUR

personne. || S- Substantivement, l'oyant compte (voy. oyant).

— HIST. XI* s. Signor, dist Guenes, vous en orrez nouvoles, Ch. de Hol. xxv. Respont Rolans : orguel ci et foiage, ib. xx. De ccls de France odum [noiis oyons] les grailes [trompettes] clers, ib. CLviu. Il xii' s. Pour la [l'espée] Charlon, dont il oï parler, Ronc. (25. Jà de cruel au desseure [dans le triomphe] [vous] N'orrez dire bon recort, Couoi, iv. Et qu'il vous plaist à oïr ma prière, id. xviii. Liquels parlera les poances [puissances] del Segnor? oïdes ferad tûtes les loenges de lui? Liber psalm. p. I58. Il parla hautement, oyant tout le barnage, Sax. xxvi. || xiu's. Cil Alexis.... se fist empereour par tel traîson corne vous oez, viLLEH. XLii. Et avoit grant ire de ce qu'il audoit que Acomat fust escanpés, mabc pol, p. 748. Hais je n'os [ose] por [à cause de] ces bestes qu'en ces bois glatir o [j'entends], Berte, xxxii. [Ils] Ne purent une messe entièrement oîr, ib. lxui. liien avez oj dire et mainte fois retraire.... ib. liix. La ooit Symons messe et toute sa maisnie, ib. cix. far il n'est famé tant soi bonne, Vieille ou jone, mondaine ou nonne.... Se l'en va sa biauté loant, Qui ne se délite en oant, la Rose, 9982. Fai, se tu pues, chose qui plaise As dames et as demoiselles, Si qu'el oient bones noveles Dire de toi et raconter, ib. SI33.T1 est contraires à li meismes quant il dist : je «ai de certain, ce qu'il ne set que par oîr dire, BEAUM. XL, 12. Seez voiis ci bien près de moy, pour ce que en ne nous oie, joinv. toe. N'est si mal «ourt com cil qui ne Tuelt oïr goûte, i. de meuno, Test. IB96. Il xiv s. Il semble que ire n'oe aucunement raison, oresme, Eth. 206. || xv* s. Ceux qui le liront [ce livre], verront et orront ... phoiss. Prol. Il xvi* s. Lors ouyssiez, par ung ardant désir, France cryer : brief, c'esloit un plaisir.... J. marot, v, 227. Dieu guarde de mal qui veoid bien, et ne oyt goutte, BAB. III, i6. Geste année, les aveugles ne verront que bien peu, les sourds oyront assez mal, les muetz ne parleront gueres, id. Pantagrueline pronostiftation, ch. 3. Qui a aureilles pour ouir, qu'il oye, calv. Inslit. 769. J'ouy aultrefois tenir à un prince que.... mont, i, 64. Ils ont voulu les instruire non par ouïr-dire, mais par l'essay de l'action, m. I, )52. C'est une chose non encore ouye, et du tout ridicule, d'cstre lieutenant de soy-mesme, CARL. II, 8. Ouïr dire va par ville; et en un muid de cuider, n'y a point plein poing do sçavoir, loï- SEL, 774. Oy, voy, et le tais, si tu veux vivre en paix, coTGRAVE. Qui demande ce qu'il ne devroit, 11 oit ce qu'il ne voudroit, m. Tout ouir, tout voir, et rien dire, Mérite en tout temps qu'on l'admire, ID. Qui bien oyt bien parle, et qui mal oyt mal parle, charron. Sagesse, i, 12.

— ÉTYM. Picard, aouir, ouir, aoir; wallon, oit; faus ben, j'entends bien; provenç. ausir; esp. oi'r; port, ouvir; ital. udire; du lat. audire; comparez oreille. Audire paraît être un dénominatif do auris, oreille, qui est pour ausis. Voltaire (Comm. Com. Poly.ni, 2) prétend qu'à l'infinitif nous disions autrefois oyer, et que les sessions de l'échiquier de .N'ormandie s'appelaient oyer et terminer. C'est une erreur : oyer à l'infinitif serait un barbarisme dunt il n'y a pas de trace dans notre historique; oyfl' et terminer est non pas du normand, mais de. l'anglo-normand ; enfin oyer, terminer sont non des infinitif; mais des substantifs.

OUISTITI (oui-sti-ti), i. m. Petit singe du Brésil. Ouistiti argenté, quadrumane, dit aussi micou et singe (lu Para, timia jacchut, L.

t OUKASB (ou-ka-z'), (. m. Voy. ukase.

i OULE (ou-l"), ». [. Terme de métallurgie. Cuvier en terre.

— ËTYM. C'est l'ancien français ouït ou oie, marmite, du latin oUa (voy. oille).

t OCLICES (ou-li-s'), s. f. pi. Tenons à oulices, tenons coupés en carrés.

t OULLIAOB (ou-IU-d', Il mouillées), *. f. Cépage (les Bouches-du-Rbdne.

f OCI.O.... voy. par ulo les moU ainsi composés.

t OURA (ou-ra), s. m. Terme de métallurgie. Nom que l'on donne à quatre conduits qui, passant au-dessus de la voûte du four, se rendent A U cheminée et activent la cooifiuslion du bois.

OUBATiAN (ou-ra-gan), s. m. Tempête extrêmement violonte dans laquelle les vents, soufllant succes-ivement de tous les point» de l'horizon, produisent des tourbillons dé.sastrcux, et qui sévit surtout dans les pays équatoriaux, dite aussi tempête tourn.mte ou cyclone, d'un diamètre plusou moins grand. Nous avons vu l'image itfreuse d'un terrible ouragan qu'il avait fait, il y a huit jours, Lett. d'Kstriet, 18no, dans JAL. Le terrible ouragan mugit, part et s'é- DICT. DE LA LANGUE FRA.NÇAI.SE.

OUR

lance, La ruine le suit et l'efl'roi le devance, delil. Trois règnes, 11. Les ouragans ne sont que des trombes dont le diamètre considérable n'avait pas permis, jusqu'à ces derniers temps, d'apercevoir l'ensemble; ils se meuvent suivant une parabole dont les deux branches s'ccartont plus ou moins l'une de l'autre, BAMBOSsoN, A.cad. des te. Comptes rendus, t. lvui, p. 803. Il En général, coup de vent d'une violence excessive. L'ouragan renversa un bastion de Dunkerque, rompit les digues de Hollande, submergea quatre-vingt-dix vaisseaux sur toute la côte, fonten. Renan. Nous, échevelés dans la brume, Chantant plus haut que l'ouragan, Nous admirions la vaste écume Et la beauté de l'Océan, v. hugo, Feuillet d'automne, 9. |1 Fig. Arriver comme un ouragan, arriver avec impétuosité. |j Fig. Ouragan politique, révolution. Des révolutions tel l'ange désastreux Va semant la terreur sur son passage affreux ; Mœurs, lois, trônes, autels, tout tombe, et d'un long âge L'ouragan politique anéantit l'ouvrage, oelille. Trois règnes, ii. || L'ouragan populaire, la foule soulevée. Ils essayèrent de sauver leur dignité; mais l'ouragan populaire grondait au dehors, et des excès étaient à craindre, retbaud, Jérôme Paturot, III, 3.

— REM. Autrefois on l'écrivait par h : Nous vinsmes aux habitations françoises de Saint-Domingue, et la veille de nostre arrivée nous estions retenus par un grand calme, pendant qu'il y avoit dans toute l'isle, à douze lieues de nous, un houragan qui renversoit les habitations, arrachoit les arbres, et tuoit en différentes manières les hommes et les animaux, Mém. mss. de Villette-Mursay, t«77,p. 58, dans JAL. Les coups de vent que l'on nomme ici [à l'île Bourbon] houragan, Journ. du loy. aux grandes Indes, t. Il, p. 72.

— ÉTYM. Espagn. huracan; ital orricano, orcano; angl. hurricane; ail. Orkan; du caraïbe, huracan, d'après Oviedo, Ilist. des Indi-s.

\ OURALIEN, lENNE (ou-ra-liin, liè-n'), adj. Ungues ouraliennes, langues parlées autour des monts Ourals dans le nord-est de l'Europe et le nord-ouest de l'Asie.

f OUKALITE (ou-ra-li-t'), (. f. Minéral qui se rencontre en cristaux dans les diorites de l'Oural.

t OURANOPLASTIE, voy. dranoplastie.

t OURAQUE (ou-ra-k'), ». m. Terme d'anatomie. Partie moyenne de l'allantoïde, celle qui , traversant l'ombilic, se resserre d'abord en un canal, puis plus tard en un cordon ligamenteux.

— HIST. XVI' s. Les vaisseaux umbilicaux sont une veine, deux artères, et le pore uraque, si aucun y en a, paré, i, 2.

— ETYM. OOpa/oç, ouraque, de oupov, urine, et Sx'.iv, tenir, ahusi dit parce qu'il tient à la vessie urinaire.

t OURARl (ou-ra-ri), ». m. Voy. curare.

j OURAX (ou-raks),«. m. Nom moderne du genre pauxi (gallinacés), qui contient deux espèces, savoir : l'ourax casqué, dit pauxi à pierre et oiseau pierre; c'est, pour Buffon, le pierre de Cayenne, et, pour Bris.son, le liocco du Mexique; l'ourax mitu, appelé vulgairement mitu, lkgoabani.

— ÊTYM. Oû(>a(, dénominattoo atlique de l'oiseau

OURUI, IB (our-di, die), pari, patte d'ourdir. Il 1* Dont les fils de chaîne soùt préparés. Voilà sa t<jile ourdie, Voilà des moucherons de pris, la font. Fabl. m, 8. || Poéti(|uement. Nous jouirons d'un &ge ourdi d'or et de soie. Où les plus malheureux Ne verseront jamais que des larmes de joie, hacan, Chans. de bergers. || Proverbe. X toile ourdie Dieu envoj,e le fil, c'est-à-dire la Proviilence fournit les moyens d'achever l'ouvrage qu'on a commencé. Il a* Fig. Préparé comme par un tisserand dressant les fils d'un tissu. La ruse la mieux ourdie Peut nuire i son inventeur : Et souvent la perfidie Ketourne sur son auteur, la font. Fabl. iv, H. Ce fut plutôt une Iftche trahison mal ourdie qu'une conspiration, volt. Louis XIV, 29. || 8* Il se dit de la trame des ouvrages d'esprit. L'artificieuse et fine contexture des tragédies de Racine, les seules peut-être qui aient été bien ourdies d'un bout à l'autre depuis Eschyle jusqu'au grand siècle de Louis XIV, volt. Diet. phil. Ane. et mod.

t OURDIDO.V (our-di-dou),». m. Terme dépêche. Espèce de hangar ou de halle, oii l'on fait les pièces de cannes.

— ETYM. Ourdir.

OURDIR (our-dir), v. a. || 1* Disposer, arranger les fils do Ui chaîne pour foire un tissu. Tous ces tapis Qu'a tissus la Savonnerie, Ceux ijuo li's Persans ont ourdis, volt. Ép, as. || Terme do çj^i^erie, Ëieu-

OUR

dre, élonger tous les fils de caret qui doivent composer un cordage. || Entrelacer des cordons de paille pour faire une natte. || Tourner l'osier autour du moule, le tortiller pour en faire des paniers ou d'autres ouvrages. || Terme de pêche. Ourdir les cannes, faire des espèces de claies semblables aux paillassons des jardiniers. || Poétiquement et fig. Et vous, fatales sœurs, reines des destinées, Vous dont les noires mains ourdissent nos années, rc/tb. Herc. Tiiour. v, 2. U Parque à fileU d'or n'ourdira point ma vie. Je ne dormirai point sous de riches lambris; Mais voit-on que le somme en perde de son prix î la font. Fabl. xi, i. || 2'> Fig. Disposer comme le tisserand dispose ses fils. Cependant, son Dauphin.... De faits si renommés ourdira son histoire Que ceux qui dedans l'ombre éternellement noire Ignorent le soleil, ne l'ignoreront pas, malu. II, 1. De leur mollesse Kthai^ gique Le discord sortant des enfers. Des maux que nous avons soufferts Nous ourdit la toile tragique, id. VI, 29. C'est elle [notre âme] qui forme la liaison de nos sensations, et qui ourdit la trame de nos existences par un fil continu d'idées, el'pp. Dise, nat. anim. Œuv.it. v, p. 317. || 3« Fig. Tramer, machiner. Que ne sait point ourdir une langue traîtresse Par sa pernicieuse adresse I la pont. Fabl. m, 6. Quand on est à cent lieues de Paris, il est difficile de prévoir et de parer les effets des petites cal)ales, des petites intrigues, des petites méchancetés qu'on y ourdit sans cesse pour s'amuser, volt. Lett. d'Alemb. (9 mai <773. En voyant ourdir autour de moi mille trames, je ne savais me plaindre que de la tyrannie de ceux que j'appelais mes amis, J. J. Houss. Conf. IX. Vous y verrez avec quel artifice il a ourdi sa calomnie, marmontel, Jfém. viii. 114° Fig. Il se dit de la contexture des ouvrages d'esprit. Son talent [de Virgile] était de faire des tableaux plutôt que d'ourdir avec art la trame d'une fable intéressante, volt. Ess. poét. (p. ch. 3. Il 6° S'ourdir, v. réfl Être ourdi. La toile s'ourdissait.

— HIST. xii* s. Trenchede est ensement cum de teissant [tissant] la meie vie; dementres uncoreque ordisseie, suztrenchad mei [me trancha par dessous] , Liber psalm. p. 233. || xiii' s. Nules mcstresses du mestier ne pueent ne ne doivent ourdir fil avenues soie ne flourin [espèce de bourre de soie] aveques soie, parce que l'uevre est fause et mauvese, Liv, des met. 88. Il XV» s. Sans ourdir on ne peut tiltre [tisser], coquillaht, p. 1 6, dans lacuhne. || xvr s. Taïquinius faisoit .soubs main tenter le peuple, et ourdissoit une trahison, amïot, Publ. 5. Pendant que ceste trame s'ourdissoit, id. Fab. **. Ourdir, pour s'empestrer, mille nouveaux liens, Estre serf d'un tyran qui rit du mal des siens.... dbspohtes, Amours d'Uippolyle, xliv.

— ÊTYM. Berry, ordir; prov. ordir; esp. urdir; ital. ordir»; du bas-lat. ordire (dans Isidore), ourdir; du lat. ordiri, commencer.

OURDISSAGE (our-di-sa-j'), ». m. || 1" Action de l'ouvrier qui ourdit. Sa raide soutane a été exécutée sur lui par quelque mauvais sculpteur en bois; elle n'est jamais sortie d'aucun métier d'ourdis.sage, i>i- DER. Salon de i767, Œuv. t. xv, p. ». || Façon de l'ouvrage ourdi. || 2° Action d'étendre les fils qui doivent servir i la composition d'un cordage.

— ÊTYM. Ourdir.

OURUISSEUR, EUSE (our-di-seur, scû-z') , ». m. et f. Celui, celle qui ourdit. ||5. f. Terme de si iorie. Ourdisseuse, ouvrière chargée de l'opératioa qui consiste à assembler parallèlcincnt entre eux, à une égale longueur et sous la mi'inu tension, un certain nombre de fils dont l'ensemble a reçu la nom de chaîne.

— HIST xvr s. Retirez-vous, ourdissour» de finesse, Proi>os fiatteurs qui gastez la jeunesse, du- BELL. vu, »♦, recio.

— ÊTYM. Ourdir; pro». ordidor.

OURDISSOIR (our-di-soir), ». m. || !• Espèce do

mouUn haut de six pieds ou environ, et dont l'axe est posé perpeitiliculairement;cotaje a six grandes ailes sur lesquelles s'ourdit l.'i laine ou la soie, Dict. des art* et met. Iirapier. || 2* Assemblage de montants verticaux dans une corderio.

— ÊTYM. Ourdir; prov. ordi'Jor; ital. orditoio. tOURDISSURB (our-dl-»u-r'), t.f. Union d'une

pièce do vannerie avec les autres parties.

— HIST. xvi* s. Ourdisseure, cotokavi.

— ETYM. Ourdir.

t 0( RUOU (our-dou), ». m. Dialecte de l'hindoustani.

t 01;rI)RI, ib (our-dri, drie), adj. Terme de blanchisseur. Taché de moisissure par l'humiilité.

— ÊTYM. i'rubablemontdérivé de l'adjectif ord, sale

om

t OUKCT (ou-rè), s. m. Genre de plantes do la familie des amarantacées.

t OCRÉTIQCE (ou-ré-ti-k'), aij. Ancien nom de l'acide phosphorique retiré primitivement des urines.

— REM. On aurait dû dire urélique.

— ETYM. Oùpov, urine.

t Otj'RlGOURAP (ou-ri-gou-rap), *. m. Vautour percnoptère, neophron percnopterus, Savigny ; c'est le petit percnoptère.

OURLÉ, ÉE (our-lé, lée), part, passé d'ourler. Serviettes ourlées. Le contour de la supérieure [mandibule] est bordé prfcs de la tête et comme ourlé d'un rebord de substance membraneuse ou calleuse, criblée de petits trous, buff. Ois. t. xviii, p. 31. Il Oreilles ourlées, se dit des oreilles externes où le rebord est en Terme d'ourlet.

OURLER (our-lé), V. a. Munir d'un ourlet. Ma mère est sortie; je me suis lassée d'ourler des coiffes et de monter des rubans, dancourt, la Gagette, se. 6. Il II n'y a que le bec à ourler, et c'est une cane, se dit pour se moquer de ceux qui croient que les affaires se font facilement.

— lllST. xiu* s. Se çavetonier ouvrast de cordouan, et il ourlast un soler de cordouan de basane, ou meist un noiel de basane, li solers seroit ars [brûlé], Liv. des met. 231. Si estoit au col bien criée B'une bende d'orneelée [niellée], la Bose, I069.

— ÊTYM. Voy. odblet; bourguign. orlai; proT. orlar; ital. orlare.

OURLET (our-lè; le ( ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, Vs se lie : des our-lè-z habilement faits), ». m. ||1' Repli cousu au bord d'une étoffe pour l'empêcher de s'effiler. Faire un ourlet. Il Faux ourlet, ourlet fait avec un morceau rajouté. Il 2* Repli formé par les organes de la fructification dans quelques foug&res. {[ 3° Cuir mince avec lequel le cofTretier borde le gros cuir. || Partie épaisse qui forme le tour d'un plat de verre. || Le bord replié en rond d'un chéneau, d'une cuvette. Il Terme de vitrier. Petit rebord sur l'aile du plomb et qui sert à monter les panneaux.

— HIST. XIII' s. Et avoit un ros [roux] peliçon. Dont li ourlet estoient d'os, Ren. 139). || xvi* s. Faut que les bandes [pour pansements] n'ayent aucun ourlet, bord, liziere, ny couture, paré, xii, < .

— ÊTYM. Diminutif de l'ancien français orl, orle, urle (voy. orle, en termes de blason) ; Berry, orle; espagn. et portug. orla; ital. orlo; du lat. orula, diminutif de ora, bord, rebord, lequel ora avait donné, avec changement de genre, le vieux français our, ur, or, le provençal or, le sarde oru, le lombard CBur.

t OURLOS (our-lon), ». m. Un des noms vulgaires du hanneton.

OURS (ours'; quelques personnes prononcent our, ce qui est préférable), ». m. ||1" Genre de mammifères plantigrades contenant comme espèces les plus connues : l'ours brun d'Europe, l'ours noir d'Amérique et l'ours blanc de la mer Glaciale. Nul animal n'avait affaire Dans ces lieux que l'ours habitait; Si bien que, tout ours qu'il était, 11 vint à s'ennuyer de cette triste vie, la font. Fabl. viii, <o. Les Philistins défaits et les ours même déchirés de ses mains [de David] ne sont rion en comparaison de sa grandeur qu'il a domptée, boss. Mar.-Thér. Uais, sa^s examiner si vers les antres sourds L'ours a peur du passant, ou le passant de l'ours, boil. Sat. VIII. [Achille].... Qui, si l'on nous fait un fidèle discours, Suça même le sang des Hwis et des ours, BAC. Ipliig. IV, 4. L'ours vit vingt ou vingt-cinq ans, et le temps de la gestation et celui de l'accroissement sont ordinairement proportionnés à la durée de la vie, buff. Quadrup. t. m, p. 30. Il Les ours de Berne, ours qui sont nourris à Berne aux frais du public. Hagenbach disait.... de Berne : L'ours I nous allons bientôt en prendre la peau pour nous faire une fourrure, iiichelet, Ilist. de France, t. Ti, p. 338. Il Lécher l'ours, se dit de la mère ourse que l'on supposait donner la forme à son petit en le léchant. Certain ours montagnard, ours i demi léché, la font. Fabl. vm, <o. Son menton nourrissait une barbe touffue ; Toute sa personne velue Représentait un ours, mais un ours mal léché, id. ib. xi, 7. || Fig. Lécher l'ours, étudier un travail, une «(Taire. Il est temps désormais que le juge se hile; N'â-l-il pas assez léché l'oursT la FONT. Fabl. i, ai. Joubert, qui a eu de la réputation et qui, en effet, plaidait bien pour le fond, quand on lui avait donné tout le temps qu'il lui fal'ail pour lécher son ours, disait de grandes sotliic» quand il se metuit sur le bien dire, tallbiiANT, Hittorietta, t. x , p. s«6. || Kig. Un ours mal léché, un enfant mal venu, mal fait, «t aussi un

OUR

homme grossier, qui ne peut s'accommoder de personne. Comme j'étais de chambrée avec lui, nous nous étions liés de préférence au milieu des ours mal léchés qui nous entouraient, j. j. rouss. Conf. V. Il Velu comme un ours, tout couvert de poil. Il Fait comme un meneur d'ours, se dit d'un homme mal accoutré. || Il le faut faire monter sur l'ours, se dit d'un homme qui a peur et qu'on veut aguerrir, comme on aguerrit les enfants en les plaçant sur le dos d'un ours apprivoisé. || Prenez mon oiirs, se dit quand on presse quelqu'un de prendre quelque chose dont on veut se défaire; locution tirée de la farce l'Ours et le Paeha. || Proverbe. Il ne faut pas Tendre la peau de l'ours avant qu'on l'ait pris, avant qu'on l'ait mis par terre; il ne faut pas spéculer sur quelque chose qui n'est qu'en espérance. Deux compagnons pressés d'argent X leur voisin fourreur vendirent La peau d'un ours encor vivant. Mais qu'ils tueraient bientôt, du moins à ce qu'ils dirent, LA FONT. Fahl. V, 20. Il m'a dit qu'il ne faut jamais Vendre la peau de l'ours qu'on ne l'ait mis par terre, id. iî>. || Terme do blason. Ours en pied, ours représenté debout avec une têtière. || 2° Fig. et familièrement. Personne qui fuit le monde. Oui? moi, madame.... que je n'aie pas obéi aux ordres de celle qui m'honore depuis si longtemps de son amitié!... tout ours que je suis, soyez persuadée que je suis un très-honnête ours, volt. Lett. Mme du Veffant, 28 janv. <770. Au second voyage elle me dit, en voyant ma surprise : mon ours, voilà votre asile ; c'est vous qui l'avez choisi, c'est l'amitié qui vous l'offre, t. z. rouss. Confessions, VIII. Il Adjectivement. Bien fait de corps, mais ours quant à l'esprit, la font. Court. || 3° Nom donné par les ouvriers imprimeurs aux pressiers. Il 4° Salle de police. Je fus passer deux jours dans un lieu ténébreux qu'on appelle l'ours. Souvenirs de Saint-Cyr, dans Excentricités du langage. || 5" Pièce de théâtre qui a vieilli dans les cartons, en argot des coulisses. Les ours de Sibérie et les ours des cartons Dans cet autre Spitzberg avaient pris leurs cantons, th. gautier, Prologue d'omerture pour VOdéon. || 6* Ours blanc, animal très-carnassier qui vit dans les pays du Nord. Il ne faut pas confondre l'ours de terre avec l'ours de mer, appelé communément ours blanc, ours de la mer Glaciale ; ce sont deux animaux très-différents tant pour la forme du corps que pour les habitudes naturelles, buff. Quadrup. t. III, p. < 8. Il 7" Ours crabier, le raton crabier. Il Ours fourmilier, le fourmilier tamanoir. || Ours terrestre, espèce de rat-taupe. || 8° Ours marin, espèce de phoque. L'ours marin n'est pas le plus grand des phoques à oreilles, mais c'est celui dont l'espèce est la plus nombreuse et la plus répandue, BUFF. Quadrup, t. xi, p. (82.

— UIST. XI* s. Vous lui darrez [donnerez] urs et lions et chiens, Ch. de Roi. s. || xiii' s. Ors ne lion n'est ne beste sauvage Qui, tel foiz est, ne fraigne son vouloir De faire mal et ennui et domage, elst. LE PEINTRE, dans Couci. Il XIV* s. Nouvellement avoit estet uns hours bersés [tué à coups de fièchej, Baud. de Seb. vin, 053. || xv* s. Endurer et souffrir tout comme un vieil ours emmuselé, Les quinse joyes dumariage, p. (78, dans lacubne. 11 ne fault marchander la peau de l'ours, devant que la besle soit prise et morte, comm. iv, 3.

— ÊTYM. Bourguign. or; provenç. ors, urs; du lat. ursus; sanscr. riksha, qui lie le latin ursus au grec ipxTo;.

t. OURSE (our-s'),». f. jj 1" Femelle de l'ours. La première édition d'un gros ouvrage comme le mien est presque toujours comme les petits de l'ourse, BAYLE, Lett. d la ilonnoye, 7 nov. 4607. Il 2° Terme d'astronomie. La grande Ourse (dite aussi chariot ou chariot de David), la petite Ourse, constellations boréales (avec des 0 majuscules). C'est à la petite Ourse qu'appartient l'étoile polaire. Il Poétiquement, le nord. Sa providence libérale Est une source générale, ....On y puise en Afrique, on y puise sous l'Ourse, Et rien ne la peut épuiser, MALii. I, 6. Qu'lsmaSl en sa garde Prenne tout le côté que l'Orient regarde; Nous, le côté de l'Ourse, RAC. ^(/ia(. IV, 6. D'autres soutenaient qu'il [Hercule] était allé jusque sous l'Ourse glacée dompter les Scythes, fén. Tél. xv.

— HlST. xm* s. Une ourse [elle] a encontrée en une grant valée, Berte, xlvi. || xvi" s. L'ours naissant n'est que une pièce de chair, rude et informe; l'ourse, & force de leiclier, la met en perfection des membres, rab. Pant. m, a.

— ÊTYM. Provenç. or»o, ursa; du lat. ur»o (voy. oona).

OUT

t 2. OURSE (our-s'), ». f. Terme de marine.

Voy. orse.

t OURSEAC (our-sô), s. m. Synonyme d'ourson. Je veux que cet avort de mon esprit, semblable, par le peu de politesse qu'il a, aux petits ourseaox qui ne font que do naître.... desc. Musique.

t. OURSIN (our-sin), ». m. || 1° Genre de zoophytes à coquille hérissée de pointes, de la clas.se (les échinodermes; on les appelle aussi hérissons de mer. Il me donna de très-jolis oursins pétrifiés dans une pierre calcaire compacte des environs de Loriol, SAUSSURE, Foy. Alpes, t. vi, p. us, dans pougens. Il 2° Nom donné quelquefois au phoque ou lion marin de l'hémisphère austral.

— ÉTYM. Ours, à cause que les piquants ont été comparés aux poils serrés de l'ours.

t 2. OURSIN (our-sin), ». m. Peau d'ours garnie de son poil. Bonnet d'oursin. || Ancienne coiffure des grenadiers et des carabiniers. Les grenadier» de la garde et les sapeurs la portent encore.

t 3. OURSIN, INE (our-sin, si-n'), adj. Qui tient de l'ours. Un petit ours nouveau-né, qui n'a point encore été léché de sa mère, est plus formé en sa figure oursine, que ne le fut Ragotin en sa figure humaine, scarr. Tlom. com. 11, <6.

— ÊTYM. Ours.

t OURSINE (our-si-n"), ». f. Plante d'Afrique, dite aussi pied d'ours, genre oursine, arctopus, famille des ombelllfères.

— ÉTYM. Oursin 3.

t OURSINÉ ÉE (our-si-né, née), adj. Qui est hérissé d'aiguillons très-rapprochés et grêles.

— ÊTYM. Oursin 4.

OURSON (our-son), s. m. || 1» Le petit de l'ours. Si les jeunes oursons ont paru informes au premier coup d'ccil, c'est que l'ours adulte l'est lui-même par la masse, la grosseur et la disproportion du corps et des membres, buff. Quadrup. t. m, p. 29. Il 2- Bonnet à poil. || 3° L'ours noir d'Amérique. Il 4° Singe du genre alouate.

— HIST. XVI* s. Je traversay les bois où a esté Ourson d'un ours en enfance allaicté, marot, i, 200.

— ÉTYM. Diminutif d'ours. On trouve oursetel, ourseau, ourselet, oursillon, dans les anciens textes.

OCRVARI (our-va-ri), s. m. Voy. houbvari.

OUTARDE (ou-tar-d') , ». f. Genre d'oiseaux de l'ordre des échassiers, se rapprochant des autruches par la disposition de leurs pieds et leur port lourd, mais capables de voler. Grande outarde, otis tarda, Linné; outarde canepetière, otis tetrax, L. Tout le monde sait que l'outarde est, parmi les oiseaux d'Europe, celui qui a le plus de rapport avec l'autruche, et que la canepetière n'est qu'une petite outarde, BUFK. Ois. t. Il, p. 238.

— HIST. XV* 3. Sur les petiz [il| fist la reslrinction [économie] Qui monte à pou; vez ci large ignorance : Es grans cas chiet [tombe] la bonne pourvoiance-. Plus despent loup que brebis ne oustarde, E. DEECH. Administration de l'hôtel du prince. Mignons, laissez chevaulx et bardes, Vos grands basions, vos becs d'oustarde,coQuiLL. Les droits nouveaux. Le suppliant aperçut des oultardes, esquellcs il se adressa pour y tirer, du cange, cavalcare. Il XVI* s. Puis les poules d'eau, le héron, l'otarde,

— ÉTYM. Prov. austarda; espagn. arularda; port, abetnrda, bctarda; ital. attarda; du l.it. nfi», oiseau, et tarda, lent. Ai-is larda était, dit Pline, le nom donné par les Espagnols à l'outarde. Dans le provençal et le français, la syllabe aus, ous, représente le nominatif avis. On ne peut donc songer à otis.

OUTARDEAU (ou-tar-dô), ». m. Le petit de l'outarde.

— ÉTYM. Diminutif d'outarde.

t OUTIBOT (ou-ti-bo), ». m. Partie de la machine à frapper les têtes d'épingles, qui porto le poinçon.

OUTIL (ou-ti;rj est toujours muette; au pluriel, r» se lie: des ou-ti-z ingénieux), ». m. || 1° Tout instrument de travail dont se servent les artisans. Celui qui ne peut faire .«on métier, faute d'outil, n'est pas pour cela moins bon artisan, malii. le Traité des bienf. de Sénèque, iv, 21 . Il y a plus d'outils que d'ouvriers, la Bntir. II. Mme la duchesse de Ctioiseul a porté l'humanité jusqu'à consacrer une somme d'argent pour transporter à Taîti un grand nombre d'outils de néces-silé première, des graines, des bestiaux, rouoainville. Voyage, t. ii, p. <oo dans pougens. Il 2* Terme d'ébéniste. Outil en ondes, machine composée d'une roue, avec une échelle au-dessous, et des ressorts qui font agir on fer taillant, dont les menuisiers en placage se servent pour faire leurs moulures en ondes sur les bois durs.

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