PARÉ, I
— ETYM. Lat. infcr, entre, et eosta, côte.
t INTERCOURSE (in-tèr-kour-s'), s. f. L'ensemble des communications commerciales entre deux pays.
— IIIST. XV" s. Considerans icelle nostre dite ville estre assise en mer, en pays infertile, et n'y a aucun entretenement que le fait et entrecours de la marchandise, Ordonn. cet. H «8.
— ETYM. Anglais, intercmir^e, de inicr (voy. entre), et courte. Le mot anglais a été fait, comme on voit, sur le français entrecours qui a péri dans notre langue et que nous reprenons dans celle des Anglais.
LYI'ERCURRENT, ENTE (in-tèr-ku-rran, rran-t'), adj. Oui se met entre. Cet événement intercurrent déjoua leurs projets. || Maladies intercurrentes, celles qui surviennent dans le cours d'une autre maladie.
— ÉTYM. Lat. interctirrentem, de inter, entre, et currere, courir.
t INTERCUTANÉ, EÊ(in-tcr-ku-ta-n6, Tiée),adj. Terme de zoologie. Qui est entre la chair et la peau.
— ÉTYM. Lat. inter, entre, et cutané.
t INTERDÉPENDANCE (in-tôr-dé-pan-dan-s'), ». f. Terme didactique. Dépendance réciproque. L'interdépendance des sciences et des arts.
— ETYM. Lat. inter, entre, et dépendance. INTERDICTION (in-tér-di-ksion ; en vers, do
cinq syllabes), s. f. \] 1" Action d'interdire, d'enip"cher, de prohiber. Frapper d'interdiction. Cette interdiction de remontrances [du parlement] sous Louis XIV pendant près de cinquante années est une partie curieuse de l'histoire, vctT. Mt. ftnreV.ct, 12 déc. (787, Ils se plaignent tous les jours des entrares que l'envie nationale, la m:iiiie des interdictions et des prohibitions, les petites spéculations du négoce exclusif ne cessent de mettre à leur activité, raynal, Ilist. phil. xi, ». On eut recours à la funeste voie des interdictions, m. tb. y, fi. Il Interdiction de commerce, défense de faire le commerce avec une nation contre laquelle l'État est en guerre. || 2° Tout ordre qui porte défense à un officier ou à un corps soit ecclésiastique, soit civil, d'exercer les fonctions de son ministcTe. L'interdiction d'un fonctionnaire public. On lui défendità peine d'interdiction de sa charge.... Il S" En jurisprudence criminelle. Interdiction des droits civiques, civils et de famille, privation totale ou partielle des droits civi(|ues, civils et do famille, prononcée contre l'individu reconnu coupible. Il Interdiction légale, celle qui résulte de la condamnation à certaines peines, telles que les travaux forcés, la détention, la réclusion, ou nii^mc de certaines condamnations purement correctionnelles. || Terme d'histoire romaine. Interdiction du feu et de l'eau, formule que l'on employait pour condamnera une espèce de mort civile ou do liannissement. Toutes les lois de Sylla ne portaient que l'inlerdirtion de l'eau et du feu, montfso. fisp. vi, <K. 114" En jurisprudence civile, action d'ôler à quelqu'un la libre disposition de ses biens, et mémo rie sa personne, quand on reconnaît qu'il est hors d'état de se conduire. Provoquer l'interdiction d'une peisonne. Demande en interdiction. || Interdiction ecclésiastique, voy. interiut. || B' Terme féodal. Interdiction par veuvage, prohibition faite à la femme noble, devenue veuve, d'aliéner, sans le con- Boiil-ment de ses enfants, les biens qu'elle tenait de ses propres parents.
— HlST. XVI' >. Quelques monitionf, excommunications ou interdictions que le pape puisse faire, les sujets.... p. pithou, 4».
DICT. DE LA LANQTJB FHANÇAISB,
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— ETYM. Lat. interdictionem, de interdicere, Interdire.
t 1\TKRD!GITAL, ALE (in-tèr-di-ji-tal, ta 1'), ndj. Terme de zoologie. Qui est placé entre les doigts. Membrane interdigitale, celle qui existe entre les doigts des animaux à pieds palmés.
— ETY'M. Lat. inter, entre, et digital.
INTERDIRE (in-tèr-di-r') , j'interdis, lous interdisons, vous interdisez, ils interdisent ; j'interdisais ; j'interdis; j'interdirai; j'interdirais; interdis, qu'il interdise, interdisons, interdisez; que j'interdise, que nous interdisions; que j'interdisse; interdisant, interdit, v. a. \\ 1° Empêcher d'user de. ....et je vous l'ai tant dit. Prince, que ce discours vous dilt être interdit, corn. Nicom. i, 2. L'elVroi me saisit l'âme et m'interdit la voix, potr. Bélis. jli, 7. Le P. Caussin, défendant cette proposition [que le confesseur doit absoudre celui qui avoue que l'espérance d'être absous l'a porté à pécher], dit que, si elle n'était véritable, l'usage de la confession serait interdit à la plupart du monde, pasc. Prov. X. On volt quelle est la nature des actes qui sont suspendus et comme interdits dans l'oraison positive et de quiétude, boss. Et. d'orais.
vn, i* Cotin nous peut-il nuire. Et par ses
cris enfin que saurait-il produire'? Interdire à mes vers, dont peut-être il fait cas, L'entrée aux pensions où ie ne prétends pas? poil. Sat. ix. Ils n'ont qu'àm'interdire un reste d'espérances, rac. Andr. Il, 2. Et depuis quand, seigneur, entre-t-on dans ces lieux Dont l'accès même était interdit à nos yeux? II). Baj. i, t. Tout nous interdisait, dans nos préventions. Une indigne alliance avec les nations, V0I.T. Orphel. i, t. Qu'il ne cherche point i interdire à personne la liberté d'une juste défense, id. Diatribe doct. Aknltia. || S'interdire une chose, l'interdire à soi-même. U est obligé de s'interdire toute lecture. || Interdire le feu et l'eau , formule usitée cheK les Romains dans les sentences de bannissement. Il Fig. Fn parlant des choses auvquelles on attribue la faculté d'interdire, d'empêcher. Mes occupations m'interdisent ce plaisir , cet espoir. Il 2" Particulièrement, défendre, par une sentence, à un ecclésiastique l'exercice de ses fonctions, ou à tout ecclésiastique la célébration des sacrements et du service divin dans les lieux marqués par la sentence. On lui a interdit cette église. On voit que saint Hildebert, évêque du Mans, répondit à ■yves de Chartres qu'il a eu raison d'interdire un prêtre pour toute sa vie qui, pour se défendre, avait tué un voleur d'un coup de pierre, PASC. Prov. XIV. Il 3" Défendre à quelqu'un, temporairement ou pour toujours, de continuer l'exercice de ses fonctions. On les a interdits pour deux ans. Sa Majesté, ayant trouvé que ledit sieur comte de Sourdis a eu toit.... l'a interdit de sa charge, Seignelay d Demain, dans jal à mot. I| On disait de même autrefois : interdire un présidial, un bailliage. || Fig. Les dieux de ce haut rang te voulaient interdire. Puisqu'ils m'ont élevé le premier à l'empire, bac. Théb. iv, 3. || 4" F,n jurisprudence, ôter à quelqu'un la libre disposition de ses biens et même de sa personne. Le majeur qui est dans un état habituel d'imbécillité, de démence ou de fureur, doit être interdit, même lorsque cet état présente des Intervalles lucides, Code Nap. art. 489. Le fils était imbécile; ils le firent interdire juridiquement et enfermer à Paris, à Saint-Lazarre, st-sim. 46, (85. Nous avons résolu, d'une commune voix. De vous faire interdire, en observant les lois, p.egnard, Ugat. m, 8.|| B'Kigurément. Oter l'usage de la raison, étonner, troubler. Et ce brusque discours a de quoi m'interdire, ID. Ménechm. m, 5. Le passé m'interdit et le présent m'accable, volt. Œdipe, iv, 4. Excusez-moi si je suis interdite De vos discours et de votre visite, ID. Enf. prnd. ii, 3. || 6° .S'interdire, v. réfl. Être interdit, défendu. Cela ne s'interdit pas. |{ 7° Se priver soi-même de certaines fonctions. Le chancelier les interdit des fonctions de leurs char^'es ; ils s'interdisaient eux-mêmes, voi.T. Ilist. pari. ch. 55. Il 8° S'interdire, devenir interdit, confus. U s'interdit facilement. Achevez de lire; Vbtre âme, pour ce mot, ne doit point s'interdire, mol. D. Garcie, ii, fi.
— IIIST. xu* s. E quant à saint iglise e à Deu s'umilie, N'i ad lei ne decré ne rien qui l'cntredie, Th. le mart. 84. Se pape u arcevcîques nulul enlredesist, ib. 67. || xiii' s. Pour ce que la cité de Loon esloit entredite de l'evesque de Loon, de qui les bourgois avoient apelé à l'arcovesque de Rains, Miracles StLoyt, p. (85. ||xiv' s. N'as-tu entendu que j'ay dict Que mon .secret t'est interdictî Nat. à l'ckh. oio, Il XV s. Escharccté [lésine] est à n(jble
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interdite ; Tout gentil cucur tient au I.irge sa bende, A. ciiARTiER, Ilrcriaire des twbles. || XM* s. Clodius le fist déclarer [Cicéron] par affiches publiques interdict. avec défense de le recevoir à couvert à cinq cents mille à la ronde de toute l'Italie , amtot, Cic'r. 4). Et sommes tous enclins, quand tout est dict, X désirer ce qui est interdit, st-gelais, 200. Sa majesté en demeura comme entredicte, sans «idvancer aulcune réplique, carloix, iv, 15. Ayant interdict aux habitans de porter les armes, mont. I, 311. Le reculer leur estant interdict par la foula qui les suyvoit, m. 11, 38.
— ETYM. Provenç. entredire; espagn. entrcdecir; ital. t'nferdire; du lat. t'nferdiccre, de tnfer, entre, et dicere, dire : interdicere jus, dire entre, invoquer une loi, contester, et par suite défendre.
\. INTERDIT, ITE (in-tèr-di, di-f), part, passé d'interdire. || 1° Dont il est défendu d'user. Les Grecs prenaient d'autres libertés qui nous sont rigoureusement interdites; par exemple, de répéter souvent dans la même page des épithètes, des moitiés de vers, des vers même tout entiers, volt. Dict. phil. Langues.'] 2° X(\mi\ est défendu d'exercer .ses fonctions soit ecclésiastiques, soit civiles. On croit M. de Paris interdit; il ne dit plus la messe, sév. 443. Il 3° Qui est privé, par autorité de justice, de la libre disposition de ses biens et même de sa personne. Un fou interdit. {| Substantivement. L'interdit est assimilé au mineur pour sa personne et pour ses biens. Code Nap. art. 609. || 4' Étonné, troublé , qui ne peut répondre, ou qui ne sait ce qu'il fait, ce qu'il dit. Notre abord le rend tout interdit, corn. Sertor. iv, 3. Je ne m'étonne plus qu'interdit et distrait. Votre père ait paru nous revoir à regret, RAC. Iphig. II, 4. Ils jetèrent tous les yeux sur Pauline, qui parut assez interdite, fonten. Jugem. de Pluton. Haniilton, plus interdit et plus confondu que lui, n'était pas trop en état de lui donner des conseils, iiamilt. Gramm. «. Madame, j'ai autre chose à dire; je suis si interdit, si iremlilant que je ne saurais parler, mariv. Fausses confid.ju, (2. Les ouvriers, d'abord interdits d'avoir un souverain [le czar Pierre] pour compagnon, s'y accoutumèrent familièrement, volt. Russie, i, 9.
2. INTERDIT (in-tèr-di ; le ( ne se lie pas ; au pluriel, Vs se lie : des in-ttr-di-z illégaux), s. m. Sentence ecclésiastique par laquelle l'Église défend l'administration des sacrements, la célébration de l'office divin, à cause de quelque péché et de quelque désobéissance notable et scandaleu.se. Fulminer un interdit sur.... Jeter, lancer, lever l'interdit. Innocent III, cet homme sous lequel le saint-siége fut si formidable, mit l'Angleterre en interdit, VOLT. Mœurs, 60. Ce qui est singulier, les souverains eux-mêmes priaient quelquefois les évêques de prononcer un interdit sur les terres de leurs vassaux, id. Dict. phil. Yvetot || Interdit local, interdit qui frappe les habitants d'un lieu. Interdit personnel, celui qui atteint directement un individu.
— HIST. xii* s. Quant il sera generaus cntredis entière..., tailliar, Recueil, p. 60:i. || xiv* s. Un intredit que U eveskes de Cambrai envoya au proiivost et as jurés, n. caffiaux, Nicole de Dury, p. no.
— ETYM. Provenç. entredich; catal. entrcdil; e.çp. entredicho; ital. interdelto; du lat. interdicttim, de interdicere, interdire.
t 3. INTERDIT (in-tèr-di), s. m. Terme do droit romain. Ordonnance du préteur prononcée sur un cas litigieux, surtout en matière de possession. Les interdits du droit romain sont devenus nos actions possessoires.
— ETYM. Lat. interdiclum. On en propose deux origines : l° inlerdtctum, ordre prohibitif donné par le préteur, pour empêcher de troubler celui qui était en possession; le nom du cas particulier aurait été étenilu à tous les ordres émanés du préteur en cas de litige; 2° inter duos dictum, jussion du magistrat interposée entre les deux plaideurs. Cette seconde etymol gie paraît seulement ingénieuse, et c'est la première qui est la plus probable.
f INTERÉPINEUX, EUSE (in-lèr-é-pi-neù, neù- 7.'), adj. Terme d'anatomie. Qui est situé entre les apophyses épineuses des vertèbres. Les muscles inten'pineui, et, substantivement, les interépineux.
— ETYM. Lat. inter, entre, et épine.
l.NTÉRESSANT, ANTE (in-té-rfc-san, san-f), arf/.
Qui intéresse. Une nouvelle intéressante. J'ai dû vous offrir Ws présents, D'un important trépas gages intéressants, volt. Oreste, m, «. Quoique tout ce que vous m'écrivez, madame, me soit intéressant, }. J. rouss. Lett. à Mme de Yerdclin, 43 mai i'cA. 'Vous devez comprendre combien il mo
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serait intercisant de vous voir, ID. LeU. à iloultou, 6 avr. «770. Il II se dit aussi des personnes dont la position, les qualités excitent l'intérêt. C'est un lioinme intéressant.
LMÉRESSÉ, ÉE (in-té-rè-sé, sée), part, passé d'intéresser. {| 1° Qui a un intérêt matériel. Intéressé dans cette affaire. || Être intéressé à une chose, à faire une chose, y avoir intérêt, y être engagé par le motif de son intérêt. Chacun est intéressé à le tromper, pên. Tél. u. || i" Qui a un intérêt moral. Chimène est généreuse, et, quoique intéressée. Elle ne peut souffrir une lâche pensée, cûRN. Cid, 11, 3. Au seul bien de la cause elle est intéressée, ID. Sertor. ii, 2. Et bien qu'intéressé dans la gloire de Rome, tbistan, M. de Chrispe, 1, 3. À l'honneur d'u.t époux vous-même intéressée, RAC. Iphiy. m, 6. || 11 se dit des choses, dans un sens analogue. Mais ma gloire en leur perte est trop intéressée, cobn. Poinp. iv, 2. En cela votre honneur est-il inléresséT tbistan, Panihée, m, <• Ne délibérons plus.... Ma gloire intéressée emporte la balance, rac. Iphig. iv, 7. || 3' Être intéressé (Ijins, se dit quelquefois pour : figurer dans, être l'objet de. Mais parliez-voui de moi quand je vous ai surpris? Dans vos secrets discours étais-je intéressée? BAC. Bérén. ii, *. H 4° X qui il importe. Très-intéressé à savoir ce qui se passait. Adieu, seigneur, j'y suis la plus intéressée, corn. Sertor. I, 3. Femmes, vieillards, enfanta que le malheur accable, Tous sont intéressés à le trouver coupable, VOLT. OEdipt, m, <.||U se dit aussi des choses, dans un sens analogue. L'industrie intéressée aux découvertes de la science. || Substantivement. Les intéressés, ceux à qui la cliose importe. Saisissant avec une facilité extrême toutes les affaires qu'on lui proposait ; les expliquant aux intéressés avec une clarté que souvent ils n'auraient pu euxmêmes leur donner, cûniiobcrt, Uaurepas. Que doivent penser les intéressés de l'opiniâtreté avec laquelle on les lai.sse ëaiis l'ignorance de leur situation? RATNAL, llist. phil. II, 22. Les mémoires de Cléry, falsifiés par ordre des intéressés, altèrent les paroles du roi martyr [ Louis XVIJ, et tournent en moquerie les actions de la vertu et du malheur, CHATEAtJBR. les Stuarlt, Captivilé du roi. || Particulièremeut , autrefois , ceux qui avaient intérêt dans les affaire* du roi. Lai intéressés dans les fermes. Les intéressés dans tel traité. || 6° Qui e.'it compromis. Ma conscience n'y est pas intéressée, PASC. Prov. I. Des cas où la religion seule était intéressée, m. ib. xm. || Terme de chirurgie. Lésé. L'artère, intéressée dans l'opération, donna un flot de sang. || 6* Qui éprouve de la bienveillance pour. Intéressé par l'aspect louchant de cette infortune. || 7" Dont l'attention est appelée sur.... fi.xéesur.... Intéressé par le récit de ces aventures. |l 8° Qui est trop attaché k ses intérêts, qui a son profit particulier en vue dans tout ce qu'il fait. Quoique je n'aie pas accoutumé d'être fort sensible aux choses qui regardent mon établissement, j'avoue que j'ai reçu celle-ci avec une extrême joie, et je me serais trouvé moi-même trop intéressé en cette occasion, voit. LeU. 72. Et comme on ne veut point d'arbitre intéressé, cohn. Sophon. l, 4. Je deviens la plus intéressée créature du monde, et je ne songe plus qu'à augmenter mon bien, uain- TEKON, tett. à l'abbé Gobelin, <676, t. ii, p. 42, dans FouGENS. Cette âme intéressée Nous ravit tout le fruit du sang de Ménécée, rac. Théb. m, 3. La géométrie [dont l'invention est attribuée au besoin de mesurer et de partager les terres) demanderait une âme plus intéressée que je ne l'ai, hoNTEN. les Mondes, *" soir. Étant devenus avares, intéressés, jusqu'à ne trouver aucun gain sordide, rollin , hist. anc. t. iv, p. 494, dans pouGENS. Je voudrais que vous n'eussiez pas cette charge (affranchir les lettres], quoique je me figure que vous êtes aussi peu intéressé que moi, BAYLE, LeU. à la Croie, 24 sept. J7U6. || U se dit aussi de ce qui est inspiré, dicté par l'intérêt. U faut se défier de la parfaite exactitude de ces documonls plus intéressés qu'Intéressants. Le véritable «mour n'est point intéressé, corn. Pulch. u, 5. Si c'est une demande intéressée que de demander les biens temporels , avec le reste des fidèles et toute l'Église, boss. ^ou». myst. x, ». Mon amitié pour lui n'est point intéressée, bac. Alex. 111, 6. Les grâces, les honneurs, p^r moi seule versés. M'attiraient des moi tel» les vœux intéressés, ID. £ri'l. m, 4. Et de tant de Mortels à toute heure empressés À nous faire valoir leurs soins intéressés.... ID. Esih.u,3. La générosité du roi, quoique intéressée, aurait Uil lui gagner le cœur du
comte, uucLOs, hisl. de Louis 11, Œuvres, L u,
p. 262, dans POUGENS.
INTÉRESSER (in-té-rè-sé), V. o. || l* Donner un intérêt matériel. On l'a intéressé dans cette affaire, dans cette entreprise. RuUus, pour intéresser encore davantage la multitude dans la publication de sa loi, VEHTOT, liévol. rom. xii, p. 176. Ij Donner quelque chose à quelqu'un, pour le rendre favorable à une affaire, à une entreprise. Cette affaire ne saurait se faire sans lui, il faut l'intéresser. Il i" Donner un intérêt moral. Mon devoir m'intéresse. Mon père, à dégager vers lui votre promesse, MOL. Sgan. 23. Le plaisir et la douleur servent à intéresser l'âme dans ce qui regarde le corps, et l'obligent à chercher les choses qui en font la conservation, Boss. Conn. m, 8. N'en aimez point les spectacles [du monde] ni les théâtres, où l'on ne" songe qu'à vous faire entrer dans les passions d'autrui, à vous intéresser dans ses vengeances et dans ses folles amours, id. Concup. ». Souvent j'ai voulu les faire servir [les saints] à mes iniquités, les intéresser dans mes faiblesses, mass. Panég. St Franc. deP. || Il se dit des choses, en un sens analogue. Si vous m'aimiez, seigneur, vous me deviez mieux croire. Ne pas intéresser mon devoir et ma gloire, corn. Pulch. m, 3. J'inventai des couleurs, j'armai la calomnie; J'intéressai sa gloire, il trembla pour sa vie, rac. Esth. ii, <. || 3° Intéresser le jeu, le rendre plus attachant par l'appât du gain. Il 4" Être d'importance. Cela m'intéresse beaucoup, fort peu. Vous savez à quel point l'affaire m'intéresse, coRN. Héracl. iv, B. ||I1 se dit des choses, dans le même sens. Cela intéresse ma santé, ma réputation. Entre les mesures qui faisaient le sphéroïde [de la terre] oblong et celles qui le faisaient aplati, la différence était d'environ cent lieues; et alors elle intéressait la navigation , volt. Phil. Newt. m, 9. Il 5' Particulièrement. Être d'une importance défavorable , faire tort , compromettre. Heureuse qui se laissa aller à la tendresse de ses sentiments, sans intéresser la délicatesse de son choix ni celle de sa conduite I st-évrem. Idée de la femme. Elle avait fait tout ce qu'il fallait pour augmenter la passion du roi, sans intéresser sa vertu par les dernières complaisances, bamilt. Gramm. vu. Bien loin qu'on pensât à intéresser quelque principe de notre religion, on ne se soupçonnait pas même d'imprudence, montesq. LeU. pers. Réflexions. Il Terme de chirurgie. Intéresser une partie, y faire accidentellement ou par nécessité, durant le cours d'une opération , une lésion qui n'appartient pas à cette opération même. || 6" Inspirer de la bienveillance, de la compassion. Dans mon procès.... Il peut intéresser tout ce qu'il a d'amis, hol. Mis. ii, 4. Intéressons dans notre cause les gens de bien, mass. Carême , Prière 2. Ne faut-il pas intéresser sa miséricorde [de Dieu] à notre salut? id. ib. 2. Dis-lui, pour me sauver d'une injuste puissance. Qu'il intéresse Rome à prendre ma défense, cbébillon, Rhadamiste, i, B. Hélas! plus je lui parle et plus il m'intéresse, volt. Fanât, m, 8. || Absolument. Cette jeune femme intéresse. Sa situation intéresse. || 7° Fixer l'attention, captiver l'esprît. Ce récit m'a vivement intéressé. Voulez-vous longtemps plaire et jamais ne lasser ? Faites choix d'un héros propre à m'intéresser, BoiL..^rt p. m. || Absolument. Cette tragédie n'intéresse pas. Un personnage n'intéresse guère que quand un autre personnage s'intéresse à lui, à moins qu'il n'ait une violente passion, et ce n'est pas ici le casdes passions violentes,voLT.iett.d'.ilr(/e«(ai, i'i nov. (761. Il Le gros jeu intéresse, le petit jeun'intéresse guère, c'est-à-dire il n'y a que le grosjeuqui attache. || 8° S'intéresser, ti. réfl. Prendre part dans une affaire. Il s'est intéressé dans cette entreprise. Il 9" Entrer dans les intérêts de quelqu'un, prendre intérêt à quelque chose. Je m'intéresse particulièrement à cette affaire. Mais je sens que pour toi ma pitié s'intéresse, corn. Cid, ii, 2. Je sens déjà mon cœur qui pour lui s'intéresse, id. Poiy. i, 4. Et voilà le seul point où Rome s'intéresse, lu. Nie. i, B. Vous vous intéressez pour l'Église, pasc. dans COUSIN. Mon cœur, mon lâche cœur s'intéresse pour lui, bac. Àndr. y, 4. Je sens que mon cœur s'intéresse pour cet homme sans savoir pourquoi, FÉN. l'él. xxiv. M. Jeannin, qui vous est toujours fort utile et qui mérite qu'on s'intéresse pour lui, j. J. Houss. LeU. d du Peyrou, ib oct. <76B. || S'intéresser dans ou en. Je ne serai pas seule; ainsi que moi, Neptune S'intéresse en ton infortune, CORN. Andromède, iv, 6. Ue vos premiers progrès j'admire la vitesse. Et dans l'événement mon âme s'inléiesse, mol. Ec. des f. m, 4. Tout le monde
s'intéresse dans cette grande affaire [le procès de Fouquet], sév. n déc. 4 664. La religion s'intéresse dans ses infortunes [ du cardinal do Retz], boss. la Tellier. Enfin tout l'enfer s'intéresse Dans l'amour qui séduit un cœur si glorieux, quinault, Arm. iv, < . Ignores-tu jusqu'où va ma tendresse, Et combien dans ton sort ton père s'intéresse? bours. Fables d'Ésope, 1, (. U ne voit dans son sort que moi qui s'intéresse, rac. Brit. ii, 3. || S'intéresser contre, prendre des sentiments contraires , défavorables. Qu'ai-je fait que le ciel contre moi s'intéresse. Jusqu'à faire descendre en terre une déesse'? corn. Toison d'or, v, 6. Contre mon propre honneur mon amour s'intéresse, m. Cid, i, 9. || VoUairo a critiqué la locution s'intéresser contre ; mais elle est claire et grammaticale. || On a dit : s'intéresser d'une chose (emploi qui n'est aucunement fautif, et qui seulement est peu usité). Il faut laisser cette humeur aux e.sprit3 vulgaires qui s'intéressent de toutes les querelles des princes, balz. liv. ii, lett. i . Personne ne s'en intéresse, m. de ste-mar- TH2, cité dans ste-beuve, Uist. de Port-Boyal, t. m, p. 398. 11 souffre tout ce que Dieu lui-même peut faire souffrir à un coupable qu'il est intéressé de punir, mass. Carême, Riche.
— SYN. 1. s'intéresser i , s'intéresser dans. Dans le xvii* siècle, ces deux locutions avaient le même sens, et s'employaient l'une pour l'autre. Aujourd'hui, l'usage tend à y mettre une différence : s'intéresser dans, c'est prendre un intérêt dans une affaire, y mettre de l'argent; s'intéresser à, c'est avoir un intérêt moral. || 2. s'intéhessek, être intébessé. Ils ont des sens différents : le premier signifie prendre intérêt à; le second avoir intérêt à une chose.
— HIST. xv s. Les intéressés serviteurs Sont leurs hoirs et exécuteurs [des vieilles gens]. Et les demainent durement, e. descu. Mir. de mar. p. 4.
Il XVI* s. Je luy appris à dire souvent période
d'affaire, intéresser, prendre la garantie, faire fortune, courir risque, symboliser.... et mille autres termes en ceste façon, à quoy on connoit aujour-
d'huy une belle ame, d'aub. Conf. ii, ( Oui
nous adverlit de sonder bien sagement de peur d'intéresser le dit monticule, paré, i, 29. On mettra à part les pommes intéressées, pour estre mangées les premières; et les saines et entières seront doucement portées au grenier, o. de serres, 687. Les malades auxquels le debvoir m'intéresse, mont. i, »(. Et à fin que la memoiie de l'auteur n'en soit intéressée, lo. i, 22 t. L'estat de ceste vieille Rome m'intéresse et me passionne, id. iv, t4o.
— ÈTVM.Provenç. interessar; csp. intcresar; ital. inleressare; du lat.tiKeresie, importer (voy. intérêt).
INTÉIlÊr (in-té-rê ; le t ue se lie que dans le parler soutenu ; au pluriel, \'s se lie : des in-té-rê-z impérieux), s. m. \\ 1° I^rofit qu'on retire de l'argent prêté 'ou dû (ce qui est le sens le plus ancien du bas-latin interesse, et qui se trouve dans des textes du xiii* siècle). Prêt à intérêt. Joindre l'intérêt au principal. Emprunter à gros intérêt. Je vous payerai, lui dit-elle, Avant l'oût, foi d'animal. Intérêt et principal, la font. Fahl. i, \. Quelqu'un me prête ces mille écus sans intérêt, sév. B88. L'argent qu'il en recevra [de la vente d'un régiment], en lui payant des dettes, ne diminuera-t-il pas aussi des intérêts? id. 4I janvier teoo. Il [le nonce du pape] avait pris depuis quelque temps ses mesures pour retirer des mains des négociants les sommes qu'il leur avait données à intérêt, st-sim. 49», 26. L'intérêt de l'argent chez les Romains se payait tous les mois, et était d'un pour cent, c'est pourquoi on l'appelait usura ccntcsima, ceiitii:me,ou unciarium faenus, douzième, parce qu'en comptant les douze mois, on payait douze pour cent : uncia est la douzième partie d'un tout, rollin, llist. anc. GKut;. t. X, p. 204, dans pougens. Le haut intérêt de l'argent est la marque infaillible de la pauvreté publique, VOLT. Mœurs, si. || Intérêt légal, intérêt déterminé par la loi, et qui est aujourd'hui de cinq pour cent. || Intérêt simple, celui qui se tire simplement du capital placé, par opposition à intérêt composé. Il Intérêt des intérêts, ou intérêt composé, ou anatocisme, profit qu'on retire de l'argent prêté, en convenant qu'à cha(iue terme échu ce profit se joindra au capital pour produire comme lui. || Intérêts accumulés, même sens que intérêts composés, surtout quand on considère un placement fait à long terme , comme celui que fait un père à la naissance de son fils pour l'exonérer du service militaire, à la naissance de sa fille pour lui constituer une dot Mille francs placés à 6 p. 1 00 se doublent en quatorze ans par les intérêt^ accumulés. || Inté-
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rêt du commerce, demi pour cent par mois, ou six pour cent par an. || Intérêts lunaires, nom, au Levant, d'intérêts usuraires que les juifs font payer aux chrétiens, en comptant par mois lunaires, ce qui est un profit pour le prêteur. || 2° Terme de jurisprudence (qui se trouve aussi dès le riii* siècle sous la forme de damna et interesse). Dommages ehintérêts, ou dommages-intérêts, l'indemnité qui est due à quelqu'un pour le préjudice, pour le dommage qu'on lui a causé. X peine de tous dépens, dommages et intérêts. La liquidation des dommages-intérêts, jl Intérêts civils, le dédommagement que l'on adjuge, en matière criminelle, à celui qui a été lésé en sa personne ou dans ses biens par le crime ou le délit, et qui s'est constitué partie civile contre l'accusé. Il 3" i:e qui importe aux personnes en quelque manière que ce soit (ce qui est un retour au sens propre du verbe latin interest, il importe, retour qui ne commence qu'au xvi* siècle). Il est certain qu'ayant commencé d'aimer quelque chose pour l'amour d'elle-même, le temps ajoute incontinent notre propre intérêt au mérite de la chose, balz.
De la cour, T dise Cinna saurait choisir des
hommes de courage, Et ne ^remettrait pas en de mauvaises mains L'intérêt d'Emilie et celui des Romains, CORN. Cinna, i, 3. J'agis sans intérêt; ce mot te doit suffire. Et n'en veux d'autre fruit que de ne t'en rien dire, rotr. Bélis. ii, ts. Ma conservation est de votre intérêt, id. ib. v, 6. C'est un fouet. — C'est un .serpent! vous dis-je; X me tant tourmenter quel intérêt m'oblige? la pont. Fabl. X, 1 0. Leurs desseins où je n'ai point d'intérêt, pasc. Prov. I. Notre propre intérêt est un merveilleux instrument pour nous crever les yeux agréablement, iD. Pensées, ni, <4, édit. lahlre, 4860. Le prince est, par sa charge, le père du peuple; il est, par sa grandeur, au-dessus des petits intérêts, boss. Politique, IV, I, 3. Ce peuple de rivales.... Qui toutes, disputant un si grand intérêt, Des yeux d'Assuérus attendaient leur arrêt, rac. Esth. i, t. Et que m'a fait, à moi, cette Troie où je cours? Au pied de ses remparts quel intérêt m'appelle? id. Iph. iv, 6. ô rois, 6 princes, vous voyez que je vous parle sans intérêt : écoutez donc celui qui vous aime assez pour vous contredire, fén. Tél. xxi. Vous avez cherché à vous persuader ce que vous aviez un si grand intérêt de croire, mass. Carême, Vérité de la relig. n était de leur intérêt que leur accusateur fût condamné, iD. Carême, Comm. ind. L'intérêt de l'État et de vos citoyens Vous presse autant que moi de former ces liens, volt. Orphcl. iv, ♦. Je n'ai pas besoin d'eux, et j'attends leur arrêt Par pitié pour ce peuple, et non par intérêt, m. Œdipe, m, 3. Ayant fait voir combien le mépris des petits intérêts peut s'accorder avec l'ambition que les grands intérêts inspirent, id. ilcettrs, 6. Les faibles intérêts doivent peu nous frapper, jd. Sémiram. ii, 3. En occupant les gens de leur propre intérêt, on les empêche de nuire à l'intérêt d'autrui, beaumarch. Bart. de Siv. I, 4. Il Intérêt particulier, ou privé, ou personnel, l'avantage d'une personne. L'intérêt particulier se fait toujours le législateur de l'ordre public, duclos, Consid. mœurs, cli. b. Quelle sympathie, quelle émotion, quel enthousiasme pourrait jamais résulter de l'intérêt personnel? stael, Corinne, iv, 5. Il L'intérêt public, l'avantage de l'Etat, do la société. Il Avoir intérêt à, trouver qu'il nous importe de. Mais a-t-elle intérêt au choix que vous ferez? cORN. Hodng. m, 4. Camille qui l'écoute [la narration de Curiace] a intérêt, comme lui, à savoir comment s'est faite une paix dont dépend leur mariage, II). ib. Examen. lisent trop d'intérêt à me justifier, rac. Phèdre, v, t. L'intérêt que j'ai à croire une chose n'est pas une preuve de l'existence de cette chose, volt. Hem. Pens. Pascal, 5. || On a dit aussi : avoir intérêt en. Je ne puis me déléndre de lui, et il m'a gagné jusqu'à l'âme ; il est vrai que vous avez intérêt en cette perte, et que cela est gagner votre bien, étant obligé d'être tout à vous, VOIT. Letl. 44. 11 a trop d'intérêt lui-même en ma personne, COBN. Cid,u, i.|| Avoir intérêt de, avec un verbe à l'infinitif. Sa tourmenter sur ce qu'on n'a ni intérêt de savoir ni droit de comprendre, PLÉCH. Serm. i, (36. Quel intérêt ont-ils de le publier, si Jésus-Christ n'est pas ressuscité? mass. Uijslères, Itésurrect. Les hommes peuvent faire des injustices parce qu'ils ont intérêt de les commettre, MONTBSu. Lett. pers. «3. Depuis que je vous ai vue, j'ai un nouvel intérêt de ne pas être oublié de vous, t. 1. Ronss. Lett. àHmeLatour, 2 janv. (786. jj Avoir intérêt que, avec un verbe au subjonctif. Trop de gens ont intérêt qu'ils |Ies princes] ne sachent pas •«. vérité tout entière, «oss. Polit, viii, iv, 4. De s'en-
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têter qu'elle [une chosejest, parce qu'on rçut qu'elle soit ; de la contredire avec obstination parce qu'on a intérêt qu'elle ne soit pas, boobdal. Carême, m. Paix chrét. || Au plur. Les intérêts, l'ensemble de ce qui importe, des utilités, des avantages. Rome aura le dernier de mes trois adversaires ; C'est à ses intérêts que je vais l'immoler, cobn. Horace, IV, s. Il n'y a rien de plus vrai que l'amitié se réchauffe quand on est dans les mêmes intérêts, stv. Lett. à l'ompone, t) oct. 160). Des âmes hautaines qui, pour faire servir les princes à leurs intérêts cachés.... BOSS. le Tellier.AM milieu de tant de conseils que l'obscurité des afTaires, l'incertitude des événements et les différents intérêts faisaient hasarder, m. ib. Unis.sez vos chagrins, liez vos intérêts, RAC. Brit. I, 4. Ses intérêts sont-ils plus sacrés que les n6tres?in. Pérén. iv, B. Je ne puis séparer tes intérêts des miens, n.Bajax. ii, <. L'habile homme est celui qui entend ses intérêts, la BRUT. XII. Ils trouvent leurs intérêts à soutenir les viStres, FêN. Tél. x. 11 [Leibnitz] fut profond dans l'histoire ; il connut les intérêts des princes, iiiufr. Opin. des anc. phil. ((eibm'tîinnt'îtne). jj Prendre les intérêts de, se montrer défenseur, apologiste. Prenez-vous contre moi ses intérêts en main 1 mol. Éc. det mar. Ii, ti. Vous avez des amis qui ont pris vos intérêts avec beaucoup de chaleur, sév. 14. Prendre les intérêts du mensonge contre la gloire de la vérité, mass. Carême, Parole. || Être dans les intérêts de quelqu'un, lui être favorable. Chirvins était dans ses intérêts, hamilt. Gramm. tt. || Entrer dans les intérêts de quelqu'un, lui devenir favorable. La Grèce était entrée dans ses intérêts, BOSS. Ilist. i, 9. Nous entrerons dans tous vos intérêts, FÉN. Tél. XXI. Sorti de son devoir pour entrer dans les intérêts de monsieur le Prince, hamilt. Gramm. b. || Mettre, engager quelqu'un dans les intérêts de, le rendre favorable. César mit Rome dans ses intérêts, BOSs. Hist. m, 7. Pour engager les Etats [le gouvernement de la Hollande] dans les intérêts du roi, ID. Reine d'Anglei. Celui qui a su mettre son Dieu dans ses intérêts, mass. Carême, Resp. hum. Ce serait peu d'avoir mis le monde dans les intérêts de notre gloire, id. Or. [un. Hadam«. Il Abbolument. Les intérêts, l'ensemble de ce qui fait la fortune d'un pays, banque, commerce, industrie, etc. X la menace d'une guerre, les intérêts s'alarment. Tous les intérêts, toutes les ambitions, toutes les corruptions, toutes les lassitudes applaudissaient aux entreprises de Cromwell, cha- TEAUBR. Siuarts, Protectorat. \\ 4* Particulièrement. Part que l'on a dans une opération de commerce ou d'industrie. Avoir un intérêt, prendre un intérêt dans une enl'reprise. J'ai un Uger intérêt dans cette entreprise. || Mettre quelqu'un hors d'intérêt, le dédommager. || Fig. Si vous pouviez vous mettre un peu hors d'intérêt, corn. Nicom. m, 8. Il 5° Fig. Ce qui importe aux choses, ce qui leur est avantageux. L'intérêt de votre réputation. L'intérêt de votre santé exige du repos. C'est contre le péché que son cœur se courrouce. Et l'intérêt du ciel est tout ce qui le pousse, mol. Tart. i, l. Il vous engageait à prendre l'intérêt de la religion, PASC. l'rot!. xm. Il y en a qui des intérêts de l'Église font leurs propres intérêts; et il y en a qui de leurs intérêts propres font les intérêts de l'Église, bouhdal. Pensées, t. li, p. »S0. Mon âme, à ma grandeur tout entière attachée. Des intérêts du sang est faiblement touchée, RAC Esth. ii, t.||6* Absolument. Sentiment égoïste qui nous attache à notre utilité particulière. Il est vrai que j'ai vu quelquefois dans Sion Ces âmes d'intérêt, orgueilleuses et fièrcs, S'élever au-dessus de leur condition, racan, Ps. 37. Le sang les avait joints, l'intérêt les sépare, la PONT. Fab. IV, t8. Tout marche par cabale et par pur intérêt; Ce n'est plus que la ruse aujourd'hui qui l'emporte; Et les hommes devraient être faits d'autre sorte, mol. ilis. v, «.Et ce secret sans doute est celui que je crains; L'espoir de l'intérêt m'a fait quelque infidèle [a fait que quelqu'un a trahi mon secret], id. Vép. amour, m, 3. Que l'intérêt est puissant et qu'il est hardi quand il peut se couvrir du prétexte delà religion I BOSS. Ilist. li, «2. Intérêt, dieu du monde et de la cour, lo plus ancien, le plus décrié et le plus inévitable do tous les trompeurs, id. Sermons, Justice, l. L'intérêt, comme vous savez, n'a point do maximes fixes; il suit les inclinations, il change avec les temps, il s'accommode aux affaires, id. «6. i. Ce démon de l'intérêt étouffe non-seulement la charité, mais la piété et la compassion naturelle, bourbal. iltjst. Épiphan. 1. 1, p. 1 27, Rien ne coûta moins à la passion que de se mettre au-dessus de la raison : son grand triompha
est de l'emporter sur rintcrct, la bruy. iv. L'on sa couche à la cour et l'on se lève sur l'intéiêt, id. viii. Où la religion a échoué quand elle a voulu l'entreprendre, l'intérêt s'en joue et le fait sans peine, id. viii. Intérêt obtient tout, reconnaissance rien, la motte, Fabl. ii, 10. El le vil intérêt, cet arbitre du sort. Vend toujours le plus faible aux crimes du plus fort, volt. Mérope, i, 2. L'intérêt parle en maître et seul est entendu, id. Oreste, m, 6. L'intérêt est ton dieu, lo mien est l'équité ; Entre ces ennemis il n'est point de traité, ID. fanât, n, 5. Jamais son intérêt ne peut le détourner de l'intérêt public, RAYNAL, Hist. phil. XIX, ».||7' Sentiment opposé à l'intérêt égoTste, et qui nous inspire souci d'une personne ou d'une chose Et ce grand intérêt que vous prenez pour eux, corn. Cid, i, 3. Il [le rni] a intérêt pour tout son État dans lo reste de la pièce, id. Hor. Examen. Mais à ce froid accueil que je vous vois leur faire 11 semble que pour tous sans aucun intérêt.... in Sertor. ii, 2. Je crois voir l'intérêt que vous voulez celer. Et qu'un autre qu'un père ici tous fait parler, rac. Milhr. i, 3. Et ce cher intérêt est le seul qui m'amène, ID. ib. IV, 2. Il Prendre intérêt à, avoir souci de. 11 ne prend intérêt qu'aux crimes de sa race, cosn. Hor. V, 3. Prenez-vous intérêt à la faire [la douleur] éclater? id. Rodog. IT, 6. La princesse prend intérêt à votre santé, sÉv. 25B, Qui doit prendre à vos jours plus d'intérêt que moi? rac Iph. m, S. Eh bien ! quel intérêt si pressant et si tendre X ce vieillard chrétien votre cœur peut-il prendre? volt. Zaïre, m, «. || Prendre intérêt à une affaire, désirer qu'elle réussisse, travailler à la faire réussir. Une afl'aire où il a su que vous preniez intérêt, la bbuy. IX. Il On a dit dans le même sens : prendre intérêt en, dans. Je prends désormais assez d'intérêt en lui, pour être fort aise de ce qu'il est bon juge de ces choses-là, voit. Lett. t»2. Je chéris tellement celles de votre sorte, Et prends t;int d'intérêt en ce qui leur importe.... cohm. Bélite, iv, a. Et par quelle raison dans son juste trépas Prend-il un intérêt qu'un père ne prend pas? id. Hor. v, s. si j'ose en ce héros prendre quelque intérêt, id. 5mréna, v, i. Nous nous plaisons, nous nous aimons, nous prenons intérêt dans nos fortunes, S6v. l^tt. à Bussy, 26 juin. «688. 11 me semble que l'intérêt qu'on aurait pris en vous..., ID. 4 2 août I68b. Ce n'est que dans ses jours que je prends intérêt. Et vous pouvez de» miens user comme il vous plait, OtJiNAULT, Astr. V, 2. Je voudrais, monsieur, entendre un peu plus clairement quel est ce grand intérêt que vous dites prendre en moi, >. j. rouss. Lett. d Dusaulx, 48 fév. 4774. || 8* Sorte de sentiment d'une femme à l'égard d'un homme, et qui, moindre que l'amour, en est voisin. Il y a encore un cinquième sentiment qu'on appelle de l'intérêt, OENLis, Ad. et Théod. t. i, p. 440, dans pougens. Il 9* Sentiment d'attention curieuse. L'intérêt qui naît dans l'ame du spectateur. Cette découverte excite l'intérêt des savants. J'ai lu cet ouvrage avec un vif intérêt. U n'y a nulle lecture où je puisse prendre plus d'intérêt, sÉv. 2So, || Qualité de certaines cbo.ses qui les rend propres à captiver l'attention, i toucher l'esprit. Une histoire pleine d'intérêt. L'intérêt dans ce roman croît de chapitre en chapitre. Si vous ne frappez pas le cœur du spectateur par des coups toujours redoublés au même endroit, ce cœur vous échappe; si vous mêlez plusieurs intérêts ensemble, il n'y a plus d'intérêt, VOLT. Comm. Corn. Rem. Œdipe, v, 4. Les intérêts, partagés s'affaiblissent mutuellement, ID. Lett. Ghabanon, i3 janv. (766.
— HIST. XIV* 9. Lequel suppliant prist un gcnelet d'argent, lequel il ploia ou froissa entra ses mains.... Uquelle froi.sseure le dit suppliant congnut avoir faicte, et en rendist au tavcrnier son interest, du canoë, interesse. || xv s. Icello Katherine dit à Alips qu'elle n'estoit pas sa'ge de soy esjouir de l'interest et déplaisir de son père, id. ib. L'audition de plusieurs comptes .i esté par plusieuis foys et est encore presentcmevit ret.irdée ou délayée, au grand interest [préjudice] de mon dit seigneur, Estais des officiers des ducs de Bourg, p. 78, dans LACURNE. ||xvi' s. Preslez-moy ung déniera l'interest, rab. Pant. n, 4 7. Et, ores que Sibylle n» f' ust, quel interest [dommage] encourez vous, avc( elle, conférons de vostre perplexité? id. ib. m, 4». Ou [au] grand dommaiga et interest dos pauvres mais-
très es artz, id. Chr. phil D'aller sans delay vers
sa majesté pour y pourveoir, laquelle a grand interest quand ses sujets vivent en discorde, lanoub, 257. Ce n'est point faire le dommage du maistro, do lui conseiller de despendre une petite poignée
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d'argent pour en recueillir de si bons Interesls, langue, 266. De sorte que les prenant à l'aloy et fondant lesdits escus, se trouvoit grand interest [déchet], si que finablement, pour demeurer d'accord, fut baillé aux députez de l'empereur quarante mil escus d'avantage pour les interesls de l'aloy, ID. 1 6». Selon les dcgrez de l'interest que chascun apportoit à..., uoNT. I, 7. 11 se transformoit à façons si diverses, sans interesl de sa santé, m. i, i»5. Estimant que nos interesls altèrent le ciel. m. ii, 382. ,\u présent brouillis de cest estât, mon interest ne iii'a faict mecognoistre les qualitez louables en nos adversaires, lu. iv, )(>».
— ÊTYH. Provenç. interesse; espagn. inleres ; portug. et ital. interesse; dulat. intéresse, profiter. Importer, do inter, entre, et esse, être (voy. essence). Tandis que les autres langues romanes tirent ce mot de l'infinitif latin, le fiançais le tire de la troisième personne interesl. La manière dont le français a modifi>^ <|uant au sens, en en faisant un substantif, le vei.ie latin est singulière : il lui a donné l'acception de ce qu'il importe d'éviter, dommage, préjudice; et, chose remarquable, dont on peut s'assurer en lisant l'historique, l'acception joue facilement entre dommage et dédommagement ; do là le sens particulier de profit retiré de l'argent, et de dédommagement accordé par la justice.
t IXTEKFÉKKN'CE (in-ti'r-fé-ran-s'), s. f. Terme de physique. Si un point lumineux envoie ses rayons sur deui miroirs plans métalliques faisant entre eux un angle très-voisin de I80 degrés, ces rayons réfléchis sur un écran n'y portent pas une lumière uniforme, mais y produisent une suite de bandes alternativement brillantes et obscures; c'est ce qu'on appelle des interférences. || Interférence, l'ensemble des phénomènes qui se rapportent à cette propiicté de la lumière.
— BTYM. Interfèrent.
jINTEUFÉRE.N"T,ENTE(in-tèr-fé-ran, ran t'),idj.
Terme de physique. Qui présente le phénomène de l'interférence. Rayons interférents, ceux qui produisent des bandes allernaiivement brillantes et obscures.
t INTERFÉRER (in-ter-fé-ré. La syllabe fé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : il interfère, excepté au futur et au conditionnel : il interférera, il interférerait), v. n. Terme de physique. Produire une interférence. Deux rayons de lumière qui interfèrent.
— ÉTYM. l.at. inler, entre, et ferre, porter.
t INTERFIBUILLAIKE (in-ler-fi-bril-lê-r") , adj. Terme danalomie. Placé entre les ûhriUes des muscles. Liquide interfibrillaire.
t LNTERFOLIACÉ, ÉE (in-tèr-fo-li-a-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui nail entre les Couples de feuilles opposées. Fleurs interfoliacées.
— Rtym. lat. inter, entre, et foliacé.
INTERFOLIÉ, ÉE (in-tèr-fo-li-é, ée), port, passé
d'interfolier. Exemplaire interfolié.
INTERFOLIER (in-tèr-fo-li-é), j'inlerfoliais, nous interfuliions. vous interfoliiez ; que j'interfolie, que nous interfoliions, que vous interfoliiez, v. a. Brocher ou relier un livre, manuscrit ou imprimé, en insérant des feuillets blancs entre les feuillets qui portent l'écriture ou l'impression. Faire interfolier un livre où l'on veut écrire des notes.
— fiTYM. Lat. inter, entre, et folium, feuille.
t INTERFRONTAL, ALE (in-tcr-fron-tal.U-l'), t. m. et adj. Terme de zoologie. Pièce de la tète des insectes.
— ÉTYM. Lat. inter, entre, et frontal.
INTÉRIEUR, EURE (in-téri-eur, eu-r') , adj.
Il 1° Oui est au dedans, ou qui a rapport au dedans. Les parties intérieures du corps. Il sent un feu intérieur qui le consume. Les provinces intérieures. Il Mer intérieure, celle qui se trouve au milieu d'une grande contrée ou entre des continents, comme la mer Noire, la Méditerranée. La mer Caspienne est un lac si grand qu'on la regarde comme une mer intérieure. || Terme d'artillerie. Balistique intérieure, conditions du mouvement du projectile dans l'ftme du canon. || Substantivement. Celui c|ui vit dans l'intimité d'une personne (sens aujourd'hui peu usité). Le roi rejeta cette ouverture avec cette sorte de mépris pour d'Antin qui, aux intérieurs et aux connaisseurs , ne faisait qu'augmenter l'opinion du crédit de ce même homme, sT-siM. 27), 464. llï'Fig. Qui appartient au dedans de l'individu, à son coeur, à son esprit. Sentiments intérieurs. Le for intérieur. Expliquons-nous nettement; je parle de ces pauvres intérieurs qui ne cessent de murmurer, quelque soin qu'on prenne de les satisfaire.... je veux dire de vos passions «t de vos convoitises, buss. Sermoru, Impénil.finale, 3.
Les peines et les afflictions intérieures de l'e!<prit, MASS. CaritM , Prière 1. || Voix intérieures, voix entendues au -dedans d'eux-mêmes par ceux qui croient recevoir les communications de la Divinité, ries anges, des saints. Les voix intérieures de Jeanne Darc. Il 8° Terme de dévotion. Qui se livre à la spiritualité. Ils [les bégu irds^ s'appelaient les contemplatifs, les gens spirituels et intérieurs, boss. Et. d'orait. x, ». Saint Augustin était intérieur, m. iett. quiét. fi. La mère des Anges et la mère Angéli(|ue n'étaient point assez intérieures au. gré de ces Pères , ils leur reprochaient souvent de ne connaître d'autre perfection que celle qui s'acquiert par la mortification des sens et par la pratique des bonnes œuvres, rac. Port-Royal, 1. 1| Être fort intérieur, être fort recueilli, rentrer souvent en soimême. Il L'homme intérieur, l'homme spirituel, par opposition à l'homme charnel. Afin qu'il vous fortifie dans l'homme intérieur par son saint esprit, SACi, Bible, St Paul, Ép. aux Éph. m, te. || On dit de même la vie intérieure. || Voies intérieures, certaines dispositions pour arriver a la perfection religieuse. Il 4" S. m. La parlie de dedans, le dedans. L'intérieur d'un temple. L'intérieur du corps. L'intérieur des terres. L'intérieur de l'Afrique nous est inconnu, presque autant qu'il l'était aux anciens, BUFF. Hist nat. Preuv. théor. terre, Œuv. t. i, p. 32t. Lapri.se de Tournai, de Lille et de quantité d'autres places "aettait les ennemis en état de pénétrer dans l'intérieur du royaume, duc'los. Règne de Louis XIV, Œuvres, t. v, p. 26, dans pouGENS. Toutes les maisons ouvertes laissent voir un intérieur d'une propreté charmante, genlis. Ad. et Théod. t. u, p. 16, dans pougens. || Fig. Vous m'avez conduit dans l'inlérieur du travail du traducteur, Apol. de la trad. de Den. d'IIal. dans nESFONTAiNES. || 6° La partie d'une diligence qui suit le coupé. Prendre une place dans l'intérieur. Une place d'intérieur. || 6" Terme de commerce et d'administration. Le dedans du pays, par opposition à l'extérieur. Tous ces produits se consomment à l'intérieur, dans l'intérieur. Le ministre de l'intérieur. Il L'intérieur, le ministère qui dirige les affaires administratives du pays, et les bureaux mêmes do ce ministère. Employé à l'intérieur. Il est à l'intérieur. Il 7° Terme de peinture. Tableau d'intérieur, ou, simplement, intérieur, tableau de genre qui a pour objet principal la représentation de l'architecture et des effets de lumière à l'intérieur des maisons, des édifices. || Tableau représentant quelque scène de la vie domestique dans l'intérieur dune maison. || 8° L'intérieur d'une personne, l'intérieur de sa maison, de sa vie domestique. Se plaire dans son intérieur.Vous ne pouvez imaginer à quel point je suis malheureuse dans mon intérieur, genlis, Thédt. d'éduc. Dangers du monde, m, 6. Sa tristesse la plongeait elle-même dans une rêverie continuelle, et leur intérieur était très-silencieux, stael, Corinne, XIX, 2. Il On dit dans le même sens, l'intérieur d'un ménage, d'une fam lie II fut bientôt admis dans l'intérieur de la famille, et regardé comme l'ua des amis de la maison, genlis, VeilL. du chdt. t. m, p. 69, dans pouoens. || Fig. L'intérieur, ce qu'il y a de secret dans la vie. Il connaît l'intérieur de ce ménage, de cette famille. || 9° La partie intime do l'âme. Découvrir son intérieur à son confesseur. Rentrer dans son intérieur. Et de l'intérieur prends d'autant plus de soin. Que Dieu, sans se tromper, connaît ce que nous sommes. Et que du fond du cœur il se fait le témoin, coiin. Imit. I, 19. Vous voyez, ma bonne, que je vous rends compte de mon intérieur, après vous avoir parlé de mon corps et de ma santé, sév. 25 juin 1690 Et que lui sert de posséder ce qui, demeurant hors de lui, ne peut remplir son intérieur? quel bien lui revient-il de tant de richesses'!' boss. Con^ cupisc. 9. Aux avis que je vous ai donnés sur votre intérieur, m. Lett. Corn. 96. J'espère que ce siècle si éclairé permettra d'abord que j'entre un moment dans l'intérieur de l'homme ; car c'est sur cette connaissance que toute la vie civile est fondée, volt. Bel. Htt. Uém. sur la satire , Crit. permise. Il Absolument. En termes de dévotion, l'intérieur, le soin de rentrer en soi-même. Souviens -toi que le cloître, où tu t'es enfermé. Veut de l'intérieur et de la vigilance, curn. Imit. i, 25. M. l'évêque de Chartres prend les mêmes précautions [pour empêcher qu'on n'abuse de l'o raison ou qu'on ne la méprise], et tout respire l'intérieur et la piété dans l'ordonnance de ce prélat, uoss. 2' écrit sur les Max. des saints, 4. || 10' Intérieur de Notre-Seigneur, liitérieur de Notre-Dame, nom de deux fêtes qui ont pour but de glorifier les 1
grSces intérieures de Jésus-Christ et de sa mère. Il 11° Terme de jeux. Désignation propre au jeu de la belle, sous laquelle on renferme tous les numéros non compris dans la bordure.
— REM Intérieur n'admet ni plus ni moins, étant lui-même un comparatif, au moins par la forme; il a pour superlatif intime. Cependant, abusivement, on dit quelquefois plus intérieur pour indiquer ce qui est plus avant dans l'intérieur. Voici des exemples: Les petits filets que je vous ai dit venir du plus intérieur du cerveau, desc. J'//om)n(',4.Bontemps, dont le fils, gouverneur deVei'saillcsetleplus intérieurdesquatre valetsde chambredu roi, n'a jamaisoublié mon père, ST-siM. 7, 84. I^ ministre voului flatter celle par qui il régnait et s'acquérir des créatures importantes dans sou plus intérieur. lu. 9, I07.
— SYN. INTÉBIEUB, INTEKNE , INTHlNSftQUE. Ces
trois mots ont un rariical commun qui est la préposition latine inira, signifiant en dedans. Ce qui les distingue, c'est que intérieur, étant étymologiqucment un comparatif, impli(|ue une idée de comparaison qui n'est pas dans interne ; il signifie ce qui e.st plus en dedans, tandis que interne signifie seulement ce qui est en dedans. Intrinsèque se dit de ce qui est inhérent, essentiel, par opposition à ce qui est accidentel et adventif : qualités intrinsèques. De plus, intérieur est le mot vulgaire et de tous les styles ; interne est un mot de science, de physique, de médecine, et intrinsèque un mot de philosophie, de scolastique.
— HIST. XV" s. Apprends à mespriser ces choses du monde, et te donne à tes interiores, c'est à dire à penser à Dieu et à toi, et tu verras le royaume de Dieu venir en toi, Internelle consolalioa, dans le Dict. de DOCHKZ.
— ÉTYM. Provnnç. et espagn. interior ; ital. t«terinre; du lat. interiorem, comparatif de tnferus, du même radical que ia préposition in, en, dans.
INTÊKIEURICMENT (in-té-ri-eu-re-man), adv.
Il 1° Dans l'intérieur, au dedans. Ce fruit est beau en apparence, mais il est gJllé intérieurement. Un remède que l'on prend intérieurement. || 2» Au dedans de l'âme, de l'esprit. Dieu lui disait intérieurement qu'il en viendrait à bout; mais intérieurement il se répondait i lui-même que c'était un effort au-dessus de son pouvoir, bourdal. Sainleti, 2* avent, p. 3(5. Vivez cent ans, et moquez-vous intérieurement des médecins, ainsi que du reste du monde, volt. Lett. Richelieu, 4 avr. 1773.
<— Ktvm. Intérieure, et le suffixe ment.
INTÉUI.M (in-té-rim'), s. m.\\ i' L'entre-temps. Bedmar [était] capitaine général et gouverneur généial des Pays-Bas espagnols par intérim, st-sim. los, 147. Il 2° Action de gouverner, d'administrer, de remplir une fonction pendant l'entre-temps, c'est-à-dire dans le temps où le gouverneur, l'adrainistratour, le fonctionnaire est absent. Le préfet étant absent, tel conseiller fait l'intérim, est chargé de l'intérim. || 3° Kormulaire établi en (548 par l'empereur Charles-Quint pour régler les affaires de religion, en attendant, comme l'exprime ce mot, qu'elles fussent réglées par un concile (suivant l'Académie, avec un t miiiuscule quand on le nomme avec qualification; avec un t majuscule quand on le nomme sans qualification). L'intérim de Charles- Ouint. L'Intérim permettait le mariage des prêtres et la communion sous les deux espèces. Il [Charles- Quint] publie dans la diète d'Augsbourg, le 16 mai, le grand Intérim, c'est un formulaire de foi et de disciphne, VOLT. Ann. Emp. Charles-Quint, 1548.
— HIST.xvi' s. L'empereur leuraccordaun intérim, qui est autant à dire que,jus(iuesà ce qu'il y euslun concile, chacun intérim pourroit vivre en la cérémonie qu'il avoit fait pardevant, M. dubellay, 480.
— ÉTYM. Lat. intérim, pendant ce temps-là, de inter, entre, et tw archaïque pour eum.
i INTÉKI.MAIRE (in-té-ri-mê-r'), adj. Qui a rapport à un intérim, qui n'existe que par intérim. Ministère intérimaire. || S. m. et f. Celui ou celle qui exerce par intérim. L'intérimaire et le titulaire.
— ÉTYM. Intérim.
t INTÉRIMAT (in-té-ri-ma),s. m. État d'un fonctionnaire exerçant par intérim.
t INTÉRIMl'sTE (in-té-ri-mi-sf) , i. m. Luthérien acceptant l'intérim de Charles-Quint.
t INTÉRIORITÉ (in-té-ri-o-ri-té), s. f. Qualité de ce qui est intérieur. U faut que l'homme habite avec lui-même; il lui faut le calme et l'intiriorité, au moyen desquels seuls il peut se connaître, découvrir les lois de la nature visible et les règles de ses devoirs, villers, Katit, p. 21.
— ÉTYM. Intérieur.
t UVrEUJËCriF, IVE (in-tèr-jè-ktif, kti-v'J, adj.
INt
Terme de grammaire. Oui exprime l'interjection. Particule interjective. Locution interjective.
— ETYM. Voy. INTERJECTION.
INTERJECTION ( in-tcr-jè-ksion ; en vers , de cinq syllabes), s. f. || 1° Terme de grammaire. Partie du discours qui exprime les passions, comme la douleur, la colère, la joie; mot que l'on jette, qui s'élance, pour ainsi dire, malgré nous, et que les passions nous arrachent. Oh! Iiélasl sont des interiections. Il 2' Terme de rhétorique. Figure qui consiste à interrompre le sens pour placer une exclamation, une réflexion plus ou moins prolongée. Il 3° Terme de pratique. Interjection d'appel, déclaration par laquelle on appelle de quelque sentence.
— HIST. XV' s. Nous cognoissons ces passions, mouvements ou affections es petits enfants.... par voix ou sons qu'ils jettent par dehors, les quelles voix nous disons en grammaire interjections, geb- £0N, dans le Dict. de dochez. || xvi* s. L'interjection est une voix d'une passion excessive soit par admiration, courroux, joie, mélancolie ou cspouvantcment, meioret, dans livet, la Gramm. franc. p. loi. Ils ne veulent pas qu'on s'en serve [du nom de Dieu] par une manière d'interjection ou d'exclamation, MONT. I, 402.
— ÉTYM. Provenç. interjectio; esp. intcrjeccion ; ital. interjexione ; du lat. interjeclionem, de interjicere (vov. intkbjeter).
t INTÈRJECTIVEMEXT ( in-tèr-jè-kti-ve-man ), adv. Avec interjection; d'une manière interjective.
INTERJETÉ, ÉE (in-tcr-je-té , tée), part, passe d'interjpter.
INTERJETER (in-tèr-je-té. La syllabe je prend ie son ouvert et le marjue par deux t quand la syllabe qui suit est muette : j'interjette, j'interjetterai), V. a. Terme de jurisprudence usité seulement dans ^ette phrase : interjeter appel, un appel, c'est-à-dire appeler d'un jugement,
— HIST. XV" s. Et aussi vouloient iceulx Cueurs [nom propre, les gens de la famille de Jacques Cœur] faire vuyder le fraudeleux appnl qu'ilz avoient par avant intergetté, Bibl. des chartes, 4* série, t. I, p. 282. Il XVI* s. Desquels juges déléguez les appellations (si aucunes s'interjettent) y doivent aussi estre traittées..., p. prniou, 45. Apj^ellations interjettées au futur concile, ID. 78. Titus riitrejettant opportunément cette paix entre les d"ux guerres, amyot, FLam. ^7. Depuis cela ils s'entrejetterent force œillades, ID. Sylla, 72.
— ÊTYM. Lat. fictif, interjectare , dérivé de intrrjeclum, supin de interjicere, de inCer, entre, et jacere, jeter (vov. jet).
t INTERLATÉRICOSTAL, ALE (in-tèr-Ia-té-riko-stal, sta-l'), adj. Terme d'anatomie. Muscles interlatéricostaux, muscles intercostaux externes.
— ÊTYM. Lat. inter, entre, lalus, lateris, côté, et costal.
INTERLIGNE {in-tèr-li-gn"), f. m. ||1* L'espace qui est entre deux lignes écrites ou imprimées. Ëcrire dans l'interligne, en interligne. De grands interlignes. J'ai écritiians les interlignes de si horribles galimatias.. , volt. Lete. lloi de Prusse, 20 juiU. 1740. Il Fig. Réticence, arrière-pensée Mma devins meparuthier fort tendre pourvous.... il ne meparut aucun interligne à tout ce qu'elle disait, sEv. 28 juin i(;75. Il 2° Terme de musique. L'espace compris entre deux lignes de la portée. La portée musicale comprend cinq lignes et quatre interlignes. Dans le principe, les notes de musique ne s'écrivaient que sur les lignes de la portée; plus tard, on les a écrites sur les lignes et sur les interlignes. Il 3" S. f. Terme d'imprimerie. Lame de métal servant principalement à séparer les lignes et à les maintenir. L'épaisseur d'une interligne.
— IIKM. Dans le premier sens, interligne est du masculin parce que le genre tient ici à l'idée de ce qui est entre les lignes. Dans le second sens, il est féminin, parce que le genre tombe sur ligne : la ligne qui est entre.
— Rtym. fat. inter, entre, et ligne.
INTERLIGNÉ, ÉE (in-lèr-li-gné, gnée), part.
passé d'interligner.
INTEKLIGNEIl (in-tcr-li-gné), v. a. || l" Terme d'imprimerie. Séparer par des mtcrlignei). || Interligner un ouvrage, interligner une impression, faire que les lignes du verso soient exactement placées .sur celles du recto, afin que les interlignes se corres- /londent exactement, ce qui donne un coup d'oeil plus agréable i l'ouvnge, legoarant. || 2" En général, dans l'écriture, écarter les lignes.
- HIST. xvi* s. Lettre entrelignée, sullï, Mim. t. IX, p. 1.18, dans laci'pnk.
— ÉTYM. Interligne.
INT
INTERLINftAiRE (in-tèr-li-né-é-r'), adj. Qui est écrit dans l'interligna, dans les interlignes. Glose interlinéaire. || Éditions interlinéaires, éditions de textes latins, grecs ou en langue étrangère quelconque, dans lesquelles chaque ligne de texte est ramenée à la construction logique, avec le français mot à mot au-dessous. La version interlinéaire, imaginée par M. du Marsais, est .-ians doute la meilleure méthode pour enseigner une langue; or, c'est précisément la méthode que suit un enfant qui apprend la langue de ses pères, condill. Gramvi. Ifnlifdes leç. prél. (Env. t. v, p. lui, dans poci- GENS. Il Bibles interlinéaires, celles où le latin est imprimé entre les lignes de l'hébreu et du grec. Il y a dans la Polyglotte de Londres une interprétation interlinéaire du texte hébreu qui n'est point dans la Polyglotte de Paris, richaho simon, Critique du vievx Testam. p. B83, dans mciielet.
—, HIST. XIV* 6. En ordenant jouste le traitié ausi com au joignant ou ausi corn entrehnaire..., h. de
MONDEVILLE, f" 33.
— ÊTYM. Lat. inter, entre, et linea, ligne.
t INTERLINÊATXON (in-tèr-li-né-a-sion) , s. f. Ce qui est écrit entre deux lignes. L'interlinéation porte, etc.
— ÉTYM. Interlinéer.
t INTERLINÉKR (in-tèr-li-né-é), V. a. Ecrire entre les lignes.
— ÉTYM. Lat. inter, entre, et linea, ligne. flNTERLOBAlRE (in-tèr-lo-bè-r'), adj. Qui est
entre les lobes d'un organe.
— ÉTYM. Lat. inter, et lobe.
t INTERLOBULAIRE (in-tèr-Io-bu-lè-r'), adj. Qui est situé entre les lobules d'un organe.
— ÉTY!!!. Lat. inter, entre, et lobule. INTERLOCUTEUR , TRICE ( in-tér-lo-ku-teur ,
tri-s'), s. m. et f.\\ 1° Toute personne qui converse avec une autre. Vous avez un ennuyeux interlocuteur. J'établis.... que ma belle interlocutrice était la plus méconnue et la plus infortunée des femmes, CH. DE BERNARD, Un Acte de vertu, $ 6. || î* Personnage qu'on introduit dans un dialogue. Les interlocuteurs des Dialogues de Lucien.
— ÉTYM. Voy. INTERLOQUER.
INTERLOCUTION (intèr-lo-ku-sion),f. f. || 1* Discours qu'échangent les personnes introduites dans un dialogue. Les circonstances du dialogue, les caractères des personnage», les interlocutions et les bienséances s'y rencontrent dans un haut degré, MAUCR01X et LAFONTAiNE, OutTuges de prose et de vers, Préf. dans richelet. || 2° Terme de pratique. Jugement par Içquol on prononce un interlocutoire. Arrêt d'interlocution.
— HIST. xvi* s. Je plains le temps que met Platon à ces longues interlocutions, mont, h, <07.
— ÉTYM. Lat. interloculionem , de interloqui
(voy. INTERI.noi'En).
INTERLOCUTOIRE ( in-tèr-lo-ku-loi-r' ) , adj. Il !• Terme de pratique. Jugement interlocutoire, celui qui ordonne une preuve , une instruction préalable, à l'effet de parvenir au jugement définitif, mais qui préjuge le fonds. || Il se dit quelquefois de la preuve ordonnée. Enquête interlocutoire. Il S. m. Un interlocutoire. Rapports d'experts , transports, trois interlocutoires, rac. Plaid. l, 7. Ce n'était pas seulement le fond de l'affaire qui se jugeait par le combat, m.ais encore les incidents et les interlocutoires, montesq. Esp. xxviii, tu.
— HIST. XIII' s. Et por ce font li clerc déférence entre tix [tels] jugemens et cix [ceux] du principal, car il apelcnt tex jugemens interlocutoires,
IIKAUM. LXVII, 20.
— ËTYM.Voy. interloquer; provenç. tnicrîocu/orj. INTERLOPE (in-tèr-lo-p'), s. m. || 1° Navire
marchand qui trafique en fraude dans les pays de la concession d'une compagnie de commerce, ou dans los colonies d'une autre nation que la sienne. Il Par extension. J'ai bien peur qu'il [le commerce particulier dans l'Inde] n'essuie autant d'avanies que de pertes, et que la compagnie anglaise ne regarde nos petits négociants comme de petits interlopes qui viennent se glisser entre ses jambes, VOLT. tell. Dupont, 4 0 juillet «770. || Fig. C'est unu chose bien avilissante pour la France que le Journal des savants soit négligé parce qu'.il est sage, et qu'on ait soutenu lesfeuilles des Desfontaines et des Fréron, parce qu'elles sont satiriques; je me suis toujours déclaré l'implacable ennemi de ces interlopes ([ui sont l'opprobre de la littérature, et je suis fidèle à mes principes, volt. iett. Marmontcl, 1 1 avr. (772. Il 2* Adj. Vaisseau interlope. Lllo manquait alors «■oiivent des choses les plus nécessaires; et il fallait Iticn qu'cUu les tlumandilt à ceux de ses voi-
INT
sins avec qui elle avait formé des liaisons interlopes, raynal, //i4(. phil. XII, H. Vous nécessitez, par Un port exclusif, ce commerce interlope que le privilège de la compagnie des Indes avait introduit ; vous forcez les armateurs de la Méditerranée à armer leurs vaisseaux dans les ports étrangers, et à faire partager ainsi sans piril à nos voisins tous nos avantages, mirabeau, Collection, t. lu, p. 4n. Il II s'est dit substantivement pour commerce interlope. Il est résulté de cette gène que l'interlope s'est trouvé moins fort que du temps des lois prohibitives, BACHAUMONT, iUm. sccr. t. xxxv, p. <02.
— ÉTYM. Angl. to interlope, faire le métier d'interlope; du bas-allem. enlerlopen; allem. littéraire, unterlaufen, de unier, sous et entre, et laufen, courir : mot à mot, courir entre, sous, se glisser frauduleusnnient.
INTERLOQUÉ, ÉE < in-tîir-lo-ké, kée), part, passé d'interloquer. Sur quoi on a porté une sentence interlocutoire. Leur promettons de taxer quinze sols pour chaque sentence.... pourvu qu'elles soient contradictoires et définitives, en sorte qu'il n'y ait aucun chef interloqué, Ve'clar. du roi, 30 janv. 1717. Il Contre qui on a porté une sentence interlocutoire. On plaide, et je me trouve enfin interloquée, regnard, Légat, m, 8. Interloquée! ah ciel! quel affront est-ce là! Et vous avez souffert qu'on vous interloquât! Une femme d'honneur se voir interloquée! ID. ib.
INTERLOQUER (in-tèr-lo-ké), v. a. || 1° Terme d'ancienne pratique. Porter uiie sentence interlocutoire, c'est-à-dire ordonner qu'une chose sera prouvée ou vérifiée, avant qu'on prononce sur la fond de l'affaire. On a interloqué cette affaire. Il Fig. Cela ne peut point entrer dans ma tête ; cet article est interloqué; ah! que ce mot de chicana est joliment placé! sèv. h janv. <690, || Interloquer une personne, porter contre elle une sentence interlocutoire. Érasto : C'est un mot du barreau. — Lisette : C'est ce qu'il vous plaira, Mais juge, da ses jours, ne m'interloquera.... Et je ne veux jamais souffrir qu'on m'interloque, regnard. Légat. III, 8. Il At)Solument. Les juges n'ont pas vyulu juger définitivement, ils ont interloqué. || i° Fig. Dans le langage familier, embarrasser, étourdir, interdire. Cette plaisanterie m'a interloqué. || 3°S'interloquer, v. réft. Devenir interdit, déconcerté. On l'arrêta court là-dessus, et il s'interloqua.
— HIST. XVI* s. Au jugement^l'un vieux procès, il se faut contenter de ce qui s'y trouve, sans y rechercher ou interloquer davantage, loysel, 874.
— ÉTYM. Lat. interloqui, interrompre, de inter, entre, et loqni, parler (voy. LOQtjACK).
t INTERLUNAIRE (in-tèr-lu-nê-r') , adj. Qui a rapport à l'interlune.
— HIST. xvi* s. Costa partie est deue à la luno qui se monstre toujours vers l'occident, entre los espaces interlunaires, paré, Introd. 7.
— ÉTY.M. Interlune.
t INTIÎRLUNE (in-tèr-lun') ou INTKRLl'NIUM (in-tèr-lu-ni-om') , s. m. Terme d'astronomie. Temps qui s'écoule entre le moment où la lune décroissante cesse d'être visible, et celui où elle reparaît.
— HIST. XVI* s. Entreluno, cotgrave.
— ÉTYM. Lat. interlunium, de inter, entre, et luna, lune.
t INTEKMARIAGE (in-tèr-ma-ri-a-j'), s. m. Termo de pratique. Mariage entre personnes d'une même famille.
— lîrYM. Lat. inter, entre, et mariage.
t INTER.MAXILLAIRE (in-tèr-ma-ksil-lé-r') , adj. Terme d'anatomie. Oui est situé entre les os maxillaires. || Os intermaxillaire ou incisif, os pair (|ui occupe l'extrémité du museau, entre les maxillaires supérieurs, chez la plupart des mammifères.
— ÉTYM. Lat. inter, entre, et mctxiUaire. INTERMÈDE (in-tèr-mc-d') , s. m. \\ 1* Ce qui est
placé entre, et, particulièrement, sorte de divertissement et de représentation, comme ballet, danse, chœur, etc. entre les actes d'une piSce do théâtre. Intermèdes de musique, en musique. Les comédiens ont fait un petit intermède de la récept on d'un médecin, avec des dan.ses et de la musique, MOL. Ual. imag. ni, se. dern. || Nom que l'on donnait dans le siècle dernier aux petits opéras, tels que le Devin de village. || 2* Ce qui, placé entre deux choses, conduit l'action lie l'une sur l'autre. De toutes les parties du corps humain, les nerfs sont celles dont la connaissance intéresse le plus le philosophe : ilf sont, pour ainsi dire, l'intcrmèda qui unit l'âme au corps, et par lequel elle agit sur dill'éreiitcs partie» de son corp.s, bONWET, Contcmpl,
TT
de la nat. ni, l. C'est par l'inlirmède de l'eau que «"opèrent également les concrétions secondaires et les pétrifications vitreuses et calcaires, rufp. Iftn. t YU, p. 227. Pour séparer la combinaison que la nature a faite du soufre et du mercure, deui matières volatiles, il faut avoir nécessairement recours à l'action du feu et y joindre un intermède, RAYNAL, Ilisl. phil. VII, 30. || Tcrme de pharmacie. Dans une formule de médicament, la substance que l'on prescrit uniquement pour faciliter la mixtion des autres ingrédients est l'intermède.
— HIST. XVI* s. II arriva ce que je veux donner à la postérité non comme un intermcze de fables, bien soantos aux pootns seullemont, mais comme une histoire que j'ai apprise de ceux qui estoient de la partie, d'aub. llist. i, 132. Us firent comme un intermets de siège, en passant tousjours le temps à force escarmouches de peu d'effet, id. ib. m, <45. C'estoit un grand homme d'estat, mais qui mesloit parmi les plus grands affaires les galanteries espagnoUes et les intermeses d'amours, ID. ib. m, 309.
— ETYM. Provenç. entremech, mitoyen ; ital. mtermeizo, intcrmedio; du lat. intermedius , de inter, entre, et médius, moyen.
INTERMÉDIAIRE (in-tèr-mé-di-ê-f'), adj.
Il l' Terme didactique. Qui est entre deux. Temps Intermédiaire. Espace intermédiaire. Idées intermédiaires. Une des premières idées des hommes a toujours été de placer des êtres intermédiaires entre la divinité et nous, volt. Dict. phil. Ange. Sa position ne fut jamais qu'un état intermédiaire entre l'esclavage et la liberté originaire, raynal, Hist. phil. XIV, 42. Il Commerce intermédiaire, celui qui consiste à acheter des marchandises d'un pays étranger, afin de les vendre avec avantage dans un autre pays étranger. Jamais ils ne trouveront des acheteurs intermédiaires, dont le ministère serait nécessairement si cher qu'on ne pourrait pas l'employer, RAYNAL, Hist. phil. xiii, 14. Il Terme de géologie. Terrains intermédiaires, terrains placés entre les roches des époques primitives et les couches de formation récente. || Terme de botanique. Stipules intermédiaires, stipules qui naissent sur la tige, entre des feuilles opposées, mais à la même hauteur qu'elles. H Terme d'entomologie. Aréole intermédiaire, partie de l'aile située entre l'aréole costale et la nervure interno-médiale, dans les diptères. Il Autrefois. Gages intermédiaires, gages d'un office échus pendant la vacance. |1 2° S. m. Ce nui est placé entre. Adoucir par un intermédiaire les couleurs tranchantes. Passer brusquement d'une iiiée à une autre sans intermédiaire. || 3° lùitremise, moyen, voie. Je me suis procuré cela par l'intermédiaire d'un tel. || La personne entremise, interposée. 11 fut leur intermédiaire dans cette négociation. Les plus riches financiers, les banquiers les plus habiles ou tout autre intermédiaire ne peuvent pas plus augmenter l'impoitalion de l'or et de l'argent en France, qu'ils ne peuvent la diminuer, NF.cKF.n, Compte rendu au roi, janv. 1781, p. 55. Le premier ac(iuéreur d'un effet au porteur n'est pas plus connu que ne ie sont les intermédiaires entre lui et le possesseur actuel, montesouiou, liapvort, 27 aoilt )7ao, p. 4. || Ju féminin. Nous trouvâmes en elle une intermédiaire complaisante.
— RrVM. Dérivé de i)i/erm«dtus(voy. intermède). t INTKUMfiDIAIUKMENT ( in-tci-mc-di-ê-re-
man), adr. Dans une position intermédiaire. Cuer, orthographe primitive, a été écrit intermédiairement cueur, et l'est aujourd'hui cœur. Un brevet d'invention pris intermédiairement à deux autres. 11 ordonna à Serrurier de porter sa réserve à Villa- Franca pour qu'elle fût placée intermédiairement à tous les points, tiiiebs, llist. de la révol. cité dans