‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 302 sur 389 · M. DU BELL · texte numérisé non relu

M. DU BELL

— ÊTYM. Lat. patibulum, sorte de gibet auquel on attachait les esclaves pour les battre de verges, de pntere, être ouvert, étendu (voy. paient).

PATIEM.ME.'TT (pa-si-a-man), adv. Avec patience. Les rois [d'Angleterre] passèrent les iionies prescrites à leur autorité; ils se firent de nouvelles prérogatives; et, sins qu'ils s'en aperçussent, les Anglais se préparaient h supporter patiemment le despotisme de Henri VIII, condillac, Élud. hitt. 2' part. Œuv. t. XXI, p. 24e, dans pougens. On aura craint d'offenser l'Enpagne, qui n'aurait passouiferlpatiem- Bentce voisinage, raïnal, lliil. phil. xvi, (.

— HIST. XIII* s. Ainçois manjoit patientment ce que ses queus li appareilloient devi'tt li, JOiNV. (93

I XV* s. Patiaument, sans revelor, e. desch. Poésies mss. f° 565. Il XVI* s. Il endura patiemment toutes les extrêmes angoisses de douleur, amyot. Marins, ».

— ÉTYM. Patient, et le sufliie ment ; proveiiç. patienment ; catal. patientmenl ; espagn. pacientemente; ital. pazientemente.

(.PATIENCE (pa-si-an-s'), 1. f.\\i' Vertu qui fait supporter avec modération et sans murmure. Il fie prince qui se laisse dominer par un favori] ne saurait exercer une plus lâche patience, ni être malheureux plus honteusement, balz. De la cour, 7* dise. Je me sens un si grand fond de patience, pour supporter cette incommodité.... siîv. 205. De sorte que je suis contrainte d'avoir patience, quoique la patience soit une vertu, comme vous savez, qui n'est gu^re à men usage, id. (6 sept. (67i. Ouand les princes négligeant de connaître leurs affaires.... ou quand emportés par leur humeur violente.,., alors ou la licence excessive, ou la patience poussée à l'extrémité menacent terriblement les maisons régnantes, Boss. Reine d'Anglet. Enfin, fiéchi par ses vœux et par son humble patience, il [Dieu] a rétabli la maison royale, id. ib. Considérons que le silence de patience dans les afflictions, les souffrances et les contradictions est une des choses les plus difficiles à pratiquer de la morale chrétienne, ID. Sermoru, Sur le silence, 3. Nous sommes saints par la patience dans nos misères, bourd. Fêle des saints, Myst. t. n, p. 428. X qui M. le Tellier refusa-t-il jamais le temps et la patience de l'écouter? fléch. le Tellier. Ce n'est pas que la paUence Ne soit une vertu des dames de Paris; Mais par un long usage elles ont la science De la faire exercer parleurs propres maris, Perrault, Griselidis. J'ai cent fois, dans le cours de ma gloire passée, Tenté leur patience [des Romains], et ne l'ai point lassée, BAC. Brit. IV, 4. C'est pour vous apprendre à être patient, mon cher Télémaque, que les dieux exercent tant votre patience, et semblent se jouer de vous dans la vie errante où ils vous tiennent toujours incertain, fén. Tél. xxiv. Si j'épouse une femme avare, elle ne me ruinera point.... si une emportée, elle exercera ma patience, la bruy. m. Rien ne me donne moins de patience que les traités qui en parlent, mariv. Sec. surprise del'am. 11, 4. I a timidité, la douceur et la patience sont les seules vertus que l'on cultive dans les femmes, grakfig.nt, l.elt péruv. xxxi. Il II s'est dit quelquefois au pluriel. C'est ainsi qu'on déguise un violent dépit; C'est ainsi qu'une feinte au dehors l'assoupit. Et qu'on croit amuser de fausses patiences Ceux dont en l'âme on craint les jvistes défiances, corn. flod. !v, a. On voit aller des patiences Plus loin que la sienne n'alla, bense- RADE, Sonnet sur Job. \\ Une patience d'ange, une patience de saint, la patience de Job, une très-grande patience. || Prendre en patience, supporter avec résignation. Voyez, monsieur. Il prend son mal en patience, hauteroche. Deuil, se. 2.

II prit le tout en patience, hamilt. Gramm. 4. Prenez toujours la vie on patience, madame, et, s'il y a quelque bon moment, jouissez-en gaiement, volt. Lett. Mme du Dcffant, 27 oct. i7(lo. Pour Martin, il était fermement persuadé qu'on est également mal partout ; il prenait les choses en patience, id. Candide, 3o. || Mettre la patience à bout, agir tellement qu'on ue puisse être supporté. Sa mauvaise conduite, insupportable en tout, Met^ chaque moment ma patience à bout, iioL. i'Élourdi, i, 8, Il La patience lui échappe, il ne contient plus sa colère, sa mauvaise humeur, etc. À moins que la patience ne lui écii'i[.pll et ne l'exposât à sortir de son caractère, diderot, Claude et Nér. 11, lu». La patience m'échappe à la -fin; cette violence est inouïe, OfcNi.is, Tliédl. d'édue. Us fausses délicatesses, 11, 3. Il 2" Came, sang-froid, tranquillité avec laquelle on attend ce qui tarde. Ah I s'il te plaît, donnetoi patience. Mot. l'Ét. 11, U. Ayez patience; Sanchez répjnd à cela, pasc. Prov. v. Qui attciiddiciil en patience lo Christ pro.Tiis, la. Pensées, Juifs,20, éd. paugAbk. Vous aurez vos ordres et votre cordon avec la croix, comme les autres ... vous n'avez qu'A vous ilonner un peu de patience, sÈv. 'J2 déo. 1688. Après ces nouvelles (la mort do M. de Longuevillc], je no me suis pas donné la paticnre do rien demander, ID. 17 juin I<I72. Attendez en paix et avec patience, que Dieu tous manifeste sa volonté par mon ministère, boss. Sermons, Néeets. du silence. || Prendre patience, attendre avec tranquillité, avec sang-froid. Kt, lasse de le dire, elle prit patience, corn. Médée,i, l. Il eût dû prendre plus de patience, afin d'avoir plus de certitude de

l'événement, m. Hor. Examen. II n'y a que deux choses à faire dans ce monde, prendre patience et mourir, volt. Lett. Mme de Lutzelbourg, (3 mars 1754. Il Prenez, ayez une once de patience, se dit par calembour entre la patience qualité, et la patience herbe. || Perdre patience, s'impatienter. Il perdit force et patience. Qui, comme on dit, passe science, scarr. Virg. vu. Tu me fais perdre patience; je veux absolument lui parler, te dis-je, REGNARD, Hetour impT. 17. Il 3° Délai. Ce n'est plus à lui que nous payons, c'est à des créanciers qui après six mois ne me donneront pas de patience, SÉV. H juin 1689. Je crois que, si vous la poussez un peu [une débitrice], elle le fera; car ce n'est qu'à cette condition que je lui promets de lui donner un peu de patience pour le reste, id. 2 oct. i«88. :| Répit, relâche. Il [Brancas] n'a Jamais eu de patience qu'il n'en ait fait [du cardinal d'Estrées| un de ses commensaux [de Mme de Coulangesj, sÉv. 457. Il 4° Persévérance à poursuivre une œuvre, un travail, malgré la lenteur de ses progrès ou malgré les d'fficullés. Patience et longueur de temps Kont plus que force ni que rage, lafont. Fabl. u, H. Un pareil ouvrage demande une assiduité et une patience d'hermite, fonten. Morin. Pour faire un bon livre, il faut un temps prodigieux et la patience d'un saint, tolt. Leit. Mme du Defjant, t" nov. 1773. || Ouvrage de patience, ouvrage qui demande principalement du temps et de la constance. Il Terme d'alchimie. Ouvrage de patience, la pierre philosophale. || 5* Jeu de patience, amusement qui con.siste à rassembler et à mettre en ordre les pièces découpées d'une mosaïque représentant divers objets, tels, par exemple, qu'une carte de géographie, une estampe à plusieurs figures, etc. il On appelle patiences différentes combinaisons d'un jeu de cartes que peut tenter une personne seule; c'est une espèce de partie que joue une personne seule. Faire une patience. 11 y a aussi des patiences de cette espèce qui peuvent se jouer à deux. il 6° Terme de blason. Se dit d'une salamandre représentée dans le feu. || 7° Espèce de cul-de-lampe sur lequel on peut être assis quand les stalles du chœur sont levées. |! 8° Nom donné à un instrument en bois ou en métal employé pour nettoyer les boutons métalliques sans souill-^r le drap des vêtements. Il 9" Chez certains ordres religieux, la patience est tantôt une certaine pièce de vêtement que portent les novices, tantôt un scapulaire ou une chemise sans poignet que l'on donne aux religieux malades. Il 10" Patience, expression interj. qui se dit pour exprimer un sorte de résignation. Si on lui laissait quelque chose, patience; maison lui ôte tout. Serai-je toujours comme Arlequin, qui voulait faire vingt-deux métiers à la fois T patience, volt. Lett. d'Argental, 23 juin I76i. || Patience, signifie encore : ne m'interrompez pas, laissez-moi dire. Patience, patience, s'il vous plaît. Patience, un moment de patience. Patience, ce n'est pas encore tout : je vois une autre contradiction.... boss. Variât: xiv, 62. Il On dit aussi par menace : patience I j'aurai mon tour. Il Proverbe. La patience est Ici vertu des ânes, c'est-à-dire c'est une sottise de stipport';r ce

qu'on peut ne pas endurer Patience est la vertu

des sots, THÉOPUiLf, Œuv. î* part. p. 45, dans LACURNE. Il prendra patience; on dit que c'est la vertu des ânes; mais il faut que chacun porte son bât dans ce monde, volt. UU. Damilaville, to mai 1767.

— HIST. xu* 8. Tu les lameie patience, sire; sirs, la meie espérance, Liber psalm p. 9i. || xiv* i. Charles commance à rire et dit en audience : Kourques certeinement a courte patience, Girart dt lloss. V. 1471. Il XV* s. Philippe saillit pardessus, et se vcint mettre entre le roy et son frère Louys, lequel print en patience et dissimula le tout, jivEn. Charles VI, 1:;»». Monsieur, distdamp abbez qui dii tout fut assuré, et que dites-vous de ma très i-odoubtéedamo qui tant s'est voulue incliner de prendre la patience (rcpjis] avec ion pauvre moyne, el puisveiiir au gibier? Ji7ian de Saùifrrf, p. eis, dam LACi'RNS II XVI' 8, Quand on les assouroit de les laisser en patience manger les choux do leur jardin et serrer leurs gerbes, lanouf., 709. Le barbare, estant homme cault et malicieux, pariant tout doulx, le rcconfortoil, el lo prioit d'avoir encore un peu de patience, amtot, Crassus, 42. Donc en la place de mon portraict, je demande à mon lecteur la patience d'un petit conte... d'aub. llist. Préf. 0. Il n« leur donna aucune patience qu'il ne leur oust faict quitter le pals, lu. llist. i, 222. Alors que ces choses se faisoient tant en Italie <|ue Cl>ani[)agnc, la Picardie n'estoiten patience [repos], m. du hellay, 94

fc.

PAT

Oui n'» ptcience, il n'a rien, iebodi hh unct, Proo. t. u, p. 3»'. Compagnon», certra passience, Comme on dit, passe science, id. ib. p «»«. la fciiienca surmonte la douleur, SuiU de SIrnparole, I. Il, p. 30», d«ns LACDRNK. Patience de Lombard (l>.it'ience forcée], cotobai i. En mal encombrier Paiiencevaut bouclier, gèmh , Béeréat. t. ii, p. 238. - ÏTYII. Provenç. et espagn. paciencia ; ital. paxi>nia;du lat. patientia, de patient, patient. Au IV" siècle patience a le sens de repas dans certains auteurs ; il se fit probablement alors entre pakmce et pitance une confusion qui, heureusement, ne s'est pas établie.

3. PATIENCE (pa-si-an-s'), t. f. Genre de plantes de la famille des poljgonées, genre rumex. || Plante dont l'espèce commune, dite aussi parelle, croît dans les terres incultes et a des feuilles semblables à celles de l'oseille, rumex patientia, L.

— HIST. ivi* s. Attendez encore un peu avec demie once de patience, rab. Prol. de l'aulheur (par un jeu de mol entre patience, vertu, et patience, plante). Lapathum teu rumex, de la pareille, de la patience, du chêne, in ruellium.

— ETYM. Altéré du bas-allemand Patich, qui est lui-mSme une altération du bas-lat. lapathium, venant de XânaOov, oseille.

PATIENT, ENTE (pa-si-an, an-t*), adj. || 1° Terme didactique. Qui souffre, reçoit l'impression d'un agent. Dans les passions comme ndlis les considérons, l'âme est patiente, et elle ne préside pas aux dispositions du corps, mais elle y sert, boss. Connaiss. m, ti. ||S. m. L'agent et le patient, le sujet qui agit et celui sur lequel il agit. Bien que l'agent et le patient soient souvent fort diiïérents. dksc. Past. 1, ». Si Dieu était néce.ssité, il ne serait plus agent, il serait patient, volt. Métiiph. 7. || Kig. et familièrement. U n'a été que le patient, se dit de celui qui, dans une querelle avec un autre, a souffert les injures, sans rien faire pour les repousser. Il S* Qui a de la patience, qui supporte, tolère. Un Dieu qu'on fait i sa mode, aussi patient, aussi insensible que nos passions le demandent, n'incommode pas, BOSS. Anne de Gonx. Que vous sert-il d'avoir de l'âge, de l'esprit, si vous n'êtes pas plus patient? MAiNTENON, Lett. à U. d'Aubigné, 26 j(jin 1884. Les aventures du sage et patient Ulysse valent bien la colère de l'impétueux Achille, ré». Vial. des morts anc. *. |j Dans le langage de l'Écriture, Dieu est patient et miséricordieux, il supporte nos fautes pour nous donner le temps de nous corriger. j{ Dans le m£me langage, la charité est patiente. || 11 se dit aussi des choses. Cette vertueuse mère plia son fils avecdouceuraujougde l'autorité maternelle, l'accoutumant insensiblement à une vie simple et patiente, Fi.âcH. Duc de Mont. \\ Substantivement. Celui qui a de la patience. Madame m'a fait connaître la vérité de cette parole du sage : Le patient vaut mieux que le fort, boss. Duch. dOrl. \\ 8" Qui attend et qui persévère avec tranquillité. Ce n'est jamais qu'aux esprits patients et laborieux qu'appartient le don de l'invention dans les sciences naturelles, volt. Mœurs, »78. Je serai patient pourvu que je le frappe, c. oe- LAV. Louis xi, IV, i. Il 4* Celui qui est condamné à mort et que l'on va exécuter. Est-il permis de braver sur l'échelle Un patient jugé par la ToumelleT j. 8. ROLSs. Épit. I, *. Ces exemples de pieté [le supplice des protestants sous Henri II] consistaient à suspendre les patients à une haute potence dont on les faisait tomber à plusieurs reprises sur le bûcher, VOLT. Mœurs, il5.||8' Celui qui est entre les mains des chirurgiens, ou, en général, le malade. Elle [la princes.se de Conti] était défigurée par les martyres qu'on lui avait fait souffrir pour lâcher de la faire revenir : on lui avait rompu les dents et brûlé la lête; c'est-à-dire que, si on ne mourait pas de l'apoplexie, on serait à' plaindre dans l'état oii l'on met les pauvres patients, sÈv. 6 fév. ttl'i. Hontmartel, qui est à Genève au nombre des patients de Tronchin, volt. Lett. Mme d'Argenlal, t jaii*. n»*.

— HIST. XIV» ». Adonques est tousjouri delettacion tant comme le faisant et le pacient sont telz, OBtsME, Bth. »o&. Le médecin ne conseillera pas, se il garira son pacient, id. lii. 67. Pierre Dasq, en passant par devant Iccluy Thiebaut, lui dit : Dieu gart ce pacianl, laquelle p.arole signifie en icelui palilChâteau-Thierryl coux pacien» [cocu qui supporte I Infidélité de sa femme), du cakor, polte«<ta. l'iu.*",.*^''" ''''' ■* '"' «PPresta, connaissant le paU«nt[k. personnage, le pèlerin], di^pm. Conifi, LX»T. Il «sioll fort et roide H patient de labeur AiiTOT, Pyn*. ». Il K,„|oii louer j,, médecins qui oe eonplaiwient jamais aux vouluntei et appeliu

desordonnez de leurs patiens, id. Pomp. »8. Au patient demeurent les terres, cotorave. Patient de saint Cosme (attaqué de syphilis], otiDm, /)ic«.

.— RTYM. Provenç. paden», passien; espagn. pociente; ital. paiiente; du lat. patientem, de pâli, souffrir, de même radical que Ko6eiv, itâOoç.

PATIENTER ( pa-si-an-té ) , v. n. Prendre patience, attendre avec patience. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xvi« s. Laissez faire, compagnons, patientez un peu, BRANT. Bourbon.

— ÊTYM. Panent.

PATIN (pa-tin) , s. m. \\ V Soulier à semelle fort épaisse, que les femmes portaient autrefois pour se grandir. Encore.... Qu'elle doive sa taille au bois de ses patins, réoniir, Sat. rx. La trop courte beauté monta sur des patins, boil. Épit. ix. Sur un patin de liége élevant sa chaussure. Lise veut être grande en dépit de nature, hf.gnard, Eptt. i, à M. U Marquis de*"'. Celle-ci doit sa taille à son patin trompeur, la. U Bal, 7. Vous aurez maussades actrices, Moitié femme et moitié patin, volt. Lett. roi de Pr. I7 oct. 17 40. Il 2" S'est dit d'une sorte de double chaussure, montée en quelques endroits sur un petit cercle de fer, dont les femmes se servaient pendant le mauvais temps. Les patins ont été remplacés par les socques. Il 3° Sorte de chaussure d'hiver dans beaucoup de départements, et surtout dans ceux du Midi. Il Patin brisé, patin composé d'une semelle en bois de noyer et brisée vers son centre. || On a aussi fait des patins destinés i être placés sous des bottes ou des souliers {| 4' Support en bois tenant une lame de fer posée verticalement et indépendant de la chaussure qu'on ne (|uitte pas; on s'en sert pour courir sur la glace. || On a inventé des patins à roulettes, destinés à exécuter, dans les appartements, dans les promenades, tout ce que les patineurs font sur la glace. || Faire patin, se dit de la roue d'une voilure, d'un wagon qui glisse et ne tourne plus. || Sorte de chaussure qui, dans les pays du nord, sert à aller sur la neige. Les Lapons se servent, pour courir sur la neige, de patins fort épais, do bois de sapin, longs d'environ deux aunes et larges d'un demi-pied, bupf. De l'homme, Vartf'd's. !| 5°Terme de maréchalerie. .Sorte de fer de cheval, d'une forme particulière, dont on se sert pour les chevaux éhanchés, et qui les forceà s'appuyer sur le pied opposé. || 6" Gros tendon enlevé de la partie postérieure des quatre jambes du bœuf. I 7 " Terme de métallurgie. Partie du modèle d'un pied de marmite. ||8' Ais fort épais qu'on pose de niveau sous la charpente d'un ecalier pour lui servir de base. || Pièces de bois qui se mettent, dans les fondations, sur des pieux ou sur un terrain qui n'est pas solide. || Terme de menuiserie. Toutes pièces de bois servant à porter quelques montants, et qui sont à deux ou quatre branches, telles que les traverses basses d'un échafaud, d'un pied de table, d'un pivot k battre les habits. || 9° Terme d'imprimerie. Morceau de bois qui sert à assembler le bas des jumelles d'une presse. {{ Pièce de bois dans laquelle s'assemblent les traverses du berceau. : 10' Dans une selle de cheval, partie des porteétrivières qui esl rivée sur l'arçon. || 11° Au pi. ferme de marine. Bouts d'allonge des montants du garde-corps, autour desquels on tourne le serrebosse d'une ancre et d'autres gros cordages pour les amarrer. || ia°v4w pi. Se dil, dans les brasseries, de petits morceaux de bois servant à soutenir le faux fond de la cuve.

— HIST. xiii* s. En wisa [guise] d'esperons a caucié [chaussé] ses patins, nis. de poésies franc, avant )300, t. iv, p. (367, dans lacurnë. Escuieles, hanas, patins, tailliab, Hecueil, p. »9. ||xv' s. Pierre Boyvin patinier acheta du bois convenable à faire patins et galoches, du canoë, patinus. Pour ferrer trois paires desdits patins pour alor sur la glace, VI sols, de labobde, Ëmaux, p. 433. Troctez, reprenez vos patins, cri. d'orl. /lond. || xvi* g. Et aussi pour se monstrer plus grandes qu'elles ne sont, portent des patins à la façon des femmes italiennes et d'Espagne, paré, xvii, i3. Patin ou patte d'une colonne, rob. rstiennk, Dict. lat. stylobnla. Six paires de patins de phi.sieura couleurs, pnsi'^s IX escus, DE LABOROE, Émaux, p. 433. Tous sots jaloux, sots gardans les patins [de leurs femmes], Hist. du tMAtre franc, t. ii, p. 805, dans lacihnr. Et comme dict très plai.'-amment un ancien : Sçavezvous pourquoy vous l'estimez grand? vous y comptez la haultcur de ses patins, i>ot4T. i, 318.

— ÊTYM. Patte; ital. patti'no.

t PATINABLE (pa-li-na-bl'), adj. Mot du langage libre. Qui peut être patiné. Les patineurs lont très-

PAT

insupportables, Même aux beautés qui sont trespaiiiiables, scarr. Poés. div. Œuv. t. vu, p. 17), dans pouoKNS.

— ÉTYM. Patiner î.

t PATINAGE (pa-ti-na-j"), ». m. Action de patiner .sur la glace. || Action d'une locomotive qui patine.

— ÉTYM. Patiner t.

PATINE (pa-li-n'), ». ^. Caroonate vert de bronze, qui se forme sur les statues et les médailles de hrODze de l'antiquité et qui leur sert en quelque sorte de vernis, altérant les surfaces et produisant un épaisFissement. Il se forme sur l'airain ou bronze une espèce de rouille verdàtre, c'est, à la vérité, du vert-de-gris, mais qui, s'étant formé très-lentement, et se trouvant mêlé d'une portion d'étain, produit cet enduit que l'on appelle patine, sur les statues cl médailles antiques, buff. Min. t. v, p. 85. Le zinc, il est vrai, peut se bronzer et recevoir la patine verte ou brune ; mais insensiblement celte patine, qui ne fait pas corps avec le métal, s'use aux endroits sail'anls, CH. oarnier, Monit. univ. du 12 nov. 1867, p. I40i, 4" col. Il Kig. La patine du temps, la teinte que le temps donne aux tableaux, aux statues, le neuf ayant un éclat dur et peu harmonieux à l'œil. || Terme de beaux-arts. Se dit, par extension, de concrétions terreuses qui se forment à la surface des marbres antiques. || Se dit aussi de l'espèce de crasje dont se chargent les vieux tableaux. || Fig. Le quai de la Mergellina, oii les lazzaroni demi-nus se cuisent et donnent à leur peau une patine de bronze, th. gautif.r. Avatar, t.

— ÉTYM Lat. patina, plat; ainsi dit probablement parce que les patines (plats) antiques sont maintenant revêtues de ce sel.

PATINÉ, ÉE (pa-ti-né, née), port, passé de patiner 2. Manié avec peu de ménagement. Des pêches patinées ([ui ont'perdu leur duvet.

1. PATINER (pa-ti-né), v. ti. || 1° Glisser sur la glace avec des patins. || 2° Se dit d'une loconibtive dont le.<i roues tournent sur place, n'ayant pas une prise suffisante pour communiquer ^n mouvement de translation à tout le convoi. || U se conjuge avec l'auxiliaire avoir.

— ÊTYM. Polin.

2. PATINER (pa-ti-né), v. a. \\ 1* Manier avec peu de ménagement. Ces fruits ont perdu leur fleur, on les a trop patines. || S" Prendre et manier les mains et les bras d'une femme (terme libre en ce sens). Il Absolument. S'approcliant des comédiennes, leur prit les mains sans leur consentement, et voulut un peu patiner : galanterie provinciale, qui tient plus du satyre que de l'honnête homme, scarr. Ronx. eom. I, 10. Nulle familiarité avec les hommes; je l'en ai fort priée; elle est très-dangereuse ; et les provinciaux palinent volontiers; ils se jetlentgrossièrement sur le lit d'une femme, mmntenon, LcK. à .»/. d'Axtbignt', 28 fév. 1678. || 3° Terme de marina très-familier. Bien patiner un navire, le bien manrpiivrer. || 4° Terme de marine. Se patiner, v. réfl. Faire un ouvrage avec précipitation. Se patiner au travail. Patine-toi, recommandation de faire prom|)lement une chose.

— HIST. xiv* s. Aubert vint devant la boucherie pour y vendre un petit de char; et là survint un jeune enfant qui prist à patoier et menoyer de la

dite char, du Cange, maniare S'a l'espée sachie

[tirée] ; Aliame va ferir, qui le hanap patic [manie, tient dans la main], Baud. de Seb. viu, 839.

— ÊTYM. Patier, patoier viennent de patte, et patiner aussi, mais par une confusion avec patin.

t 3. PATINER (p«-ti-né), v. a. Donner la couleur do la patine. Il est assez rare do lais.ser au bronze la couleur qu'il a au sortir du moule ; cependant quelques statues équestres envoyées par l'Allemagne à l'exposition paraissent ne pas avoir été pitinées, CH. garnier, Monit. t»ntv. n nov. 1887, p Hoa, ♦•col.

— f.TVM. Patine.

t. PATIHKUR, EUSE (pa-ti-neur, nell-r'), ». m. et f. Celui, celle qui glisse sur la glace aiec des patins.

— ÉTYM. Patiner i .

2 PATINEUR (pa-ti-neur), ». m. Celui qui patine, manie indiscrète:nenl,altouche avec trop de liberté. Les provinciaux se démènent fort et sont grands patineurs, scarr. Rom. com. i, 8. CLaudine : Ahl doucement je n'aime pas les patineurs. — Lubin : Hé! un petit brin d'amitié, mol. C. Dandii, il, t.

— ÉTYM. Patiner 2.

t PATI, l'A l'A (pa-ti-pa-ta), synonyme do patati, patata. Qu'elle ferait bien l'amour du prince; ([u'elle allait travailler pour cela; que je verrai pati , pata, marivaiix, Double irwonst. u, H.

PAT

I Atir (pft-tir; en ce mot, c'est par irrégularité que l'a est devenu long), v. n. \\ l' Éprouver une soufTrance. Il a été longtemps malade, il a bien p&ti avant de mourir. Chacun tremble et frémit & ce spectacle horrible, Et celui qui pâlit paraît seul insensible, DU RïER, Scéxele, v, 4. Ce sont des sentiments dont vous pâtissez, peut-être.... maintenon, Lett.à d'Auhigné, 27 sept. 1684. || Pilir de quelque chose, en souffrir du dommage. On dit bien vrai que les petits pâtissent toujours des chagrins des grands, ghehardi, Tiiédt. ilal. t. i, p. 291 {le Phénix). Hi las! on voit que de tout temps Les petits ont pâti des sottises des grands, la font. Fabl. ii, 4 Les petits pâtissent du malheur des grands, et quelquefois même de leur bonheur, volt. Lelt. Ricluheu, 2» avr. *77(. Il n'est pas juste que vous pât ssiez des frivolités de ma jeunesse ; cependant il faut que je vous propose de daigner partager un peu mes faiblesses, iD. Lett. d'Argcntal, li juin 1776. Il Pâtir pour quelqu'un, soufl'rir d'une faute qy'il a faite, d'un tort qu'il a eu. H 2° Avoir du mal, éprouver des privations. J'ai une tendresse pour mes chevaux iju'il me semble que c'est moi-même, quand je les vois pâtir; je m'ôte tous les jours pour eux les choses de la bouche, MOLIÈRE, l'Aiare, m, 5. C'est àforce d'expérience, en pâtissant beaucoup, qu'à la fin vous en acquerrez quelque petite lumière [de la vérité], boss. Polit. X, II, 7 Quand on a un peu pâli, le plaisir en semble meilleur, mabivaux, Double inconst. i 12. Si roua laissez pâlir les enfants, vous exposez leur santé, J. J. BOL'SS. Ém. ix. |{ 3° Il se dit aussi des choses qui souflronl de l'altération, du mal. Il a fait des excès, sa santé en a pâli. Cet arbre a pâti. Sous un chéneaussilôt il va prendre son somme. Un gland tombe : le nez du doimeur en pâtit, la font. Fabl. IX, 4. Il est \rai, mon oncle, qu'une oreille un peu délicate pâtit furieusement à entendre prononcer ces mots-là, mol. Préc. 6. \\ Il se dit, dans un sens analogue, des sentiments qui sont froissés. Ciell i|ue mon cœur pàlill mol. Ec. des feinm. 11,

2. Ma fierté pâtissîiil à retourner chez des gens qui m'avaient si mal reçu, j. J. bouss. Coiif. xii. Près de beauté touchante Mon cœur en vain pâtit, BKRANGER, Voc. \] Nalure pâtit, se dit en parlant d'une personne qui se fait violence pbur cacher les sentiments pénibles qu'elle éprouve. Il 4* Terme des mystiques. Être dans l'inaclion, dans une contemplation paisible et passive. Il faut expliquer que ce qu'on appelle pâlir et souffrir ou endurer en celle matière [l'oraison passive] n'est pas le pâtir et le souffrir qui est opposé à la joie et accompagné de douleur, mais le pâlir et le souffrir qui est opposé au mouvement propre et à l'action qu'on se peut donner à soi-même, boss. Étais d'orais. vu, 2. Il 6* Endurer, avoir patience (sens qui vieillit) . Mais je ne puis pàtir de me voir rejeté, béonier, Sat. 11. Avez-vousde la peine à pâlir dans vos traverses, envisagez Jésus-Christ, BOSS. Sermon sur le silence,

3. Il Proverbe. Les bons pâtissent pour les méchants, se dit quand les actes des mcclianls attirent sur les bons un mal quelconque, et aussi quand on refuse quelque service à un honnête homme, parce qu'on a été dupe de fripons. Les mutins de Rennes se sont sauvés, il y a longtemps; ainsi les bons pâtiront pour les méchants, .sév. ïo ocl. i676. ||llse conjugue avec l'auxiliaire aïoi'r.

— HiST. XVI" s. Les dyables ne peuvent parcoupz d'espce mourir; mais ilz peuvent pallr solution de continuilé, hab. Pant. 111, 2J. Si bien que, sans ses grands services, il en eust paty; tant ce roy estoit grand observateur de la justice, bhant. X>uc d'Albe. H se montra attaint des cruautés qu'il avoil faicten Flandres, etmonstra une grande appréhension que son ame en patist, id. ib. Il en patit qui n'ec peut mais, COTGRAVE.

— ETVM. Wallon, poti; provenç. pâlir; ilal. pa- (ire; d'une forme non latine paitri ou patire, du latin pati, de même radical que le grec icaOitv. L'espagnol dit padecer, d'une forme non latine pndscerc.

•(■ PATIRA (pa-ti-ra), f. m. Cochon d'Amérique du ?enre piicari.

t PÂTIRAS (pa-ti-râ), I. m. || 1* Terme populaire. Iloriirae, enfant ou animal servant do jouet; «ouffrc-douleurs. {| l'ersonne fort maigre on niabide.

II t* Petit tapis de lisière, sur lequel les tailleurs font porter les boutonnières de l'habit qu'ils repassent, afin qu'elles ne soient puint aplalies par l'ac- '.lun du carreau. ||0n écrit aussi pâtira.

— ÉTYH Cest la a* personne du futur du verbe pdiir : tu pâtiras, ou, si l'on écrit pdira, la 3« : il pitira.

PATIS (vl-ti: . s. m. Lande ou friche, où l'on fait

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paître les bestiaux. Ce n'était qu'un pâtis, on en a fait un pâturage. Mes frères, leur dit-il, ne me décelez pas : Je vous enseignerai les pâtis les plus gras, lA FONT. Fabl. iv, 21.

— HIST. xm' s. Les oualles Dieu [les brebis de Dieu] sunt li pueple, et sespastlz est li mondes qu'il leur apreste à vivre. Psautier, f° 87. L'oliphant est moult corporu, Ouai.t il vient en paistis herbu, du CANGE, pasticium. || xvi* s. Je ne quiers pas, o bonté so\iveraine, Doux mille arpens de pastis en Touraine, Ne mille bœufs errants par les hcrbis, mahot, i, 425.

— ÈTYM. Wallon, poht'ss; picard, pati; normand, paitis, lieu où l'on attache les bestiaux; du baslat. pasticium, du supin pastum, de pascere, paître.

•|-PÂTiSSAGE(pâ-li-sa-j'),î. m. Action de palisser.

— HIST. XVI* s. Nous appelons justice le pastissage des premières loix qui nous tombent en main, hont. 111, 207.

— ÉTYM. Palisser. Dans l'historique, pastissage a un sens figuré. Il y avait un autre pastissage, mieux écrit palissage, et qui signifiait action de mettre à pacte, à rançon.

t PÂTISSANT, ANTE (pâ-ti-san, san-t') , adj. Oui pâtit. Cette sainte âme [la mère Chantai] était agissante aussi bien que pâtissante dans tout le cours de sa vie, »oss. El. d'orais. viii, 38.

pATISSÉ, ÉE (iiâ-ti-sé, sée), pari, posté de pâtisser. Cela est bien pâlisse.

PATISSEU (pâ-tisé), tJ. n. Faire de ta pâtisserie. Il II se conjugue avec l'auxiliaire aiotr.

— HIST. XVI' s. Et Dieu sçait lors, entre la douleur et la frayeur, de quel bon jugement ils vous le pastissenl [leur testament], mont, i, 72. [11 avait feint par spéculation une religion différente de la sienne]. Comment pastissoit-il ce discours en son courage? id. i, S97.

— ETTU. Bas-latin, pasticius, pâté, de pasia, pSte.

PATISSERIE (pft-ti-se-rie), «. f. || l" Pâte préparée, assaisonnée, et cuite au four. Voilà, dit Xanthus, la p;1tisserie la plus méchante que j'aie jamais mangée, la font. Vie d'Ésope. || i' Proies- .^ion, commerce du pâtissier. || Endroit où l'on confectionne la pâtisserie.

( — HIST. XIV s. Paticerie et linge pour six tables, Ménagier, 11, 4.

— ÊTYM. Pdtisscr; wallon, pdstegereie.

I. PÂTISSIER, 1ÈRE (pâ-ti si6, siè-r"), s. m. et f. Il 1" Celui, celle qui fait et qui vend de la pâtisserie. Vous avez apparemment oublié que M. Briochais, votre père, était pâtissier dans la ville de Falaise, LE SAOR, Turcarcl, v, ». || Pâtissier de petit four, pâtissier qui se livre surtout à la confection des petits gâteaux en pâtes sucrées et aromatisées. Des professions nouvelles se sont élevées [depuis I77»j, par exemple, les pâtissiers de petit four qui sont la nuance entre les pâtissiers proprismenl dits et les confiseurs, 8RIH,at-s.vvarin, Physiologie du goût, HHilation xxv». || Adj. Garçon pâtissier. Maître de toute Ingrie, Pierre en conféra le gouvernement à Menzikoll, et lui donna le titre de prince et le rang de général major; l'orgueil et le préjugé pouvaient ailleurs trouver mauvais qu'un garçon pâtissier devint général, gouverneur et prince, volt. Russie, I. 14. Il a* S. m. Livre dans lequel on enseigne la pâtisserie. Le Pâtissier français.

— HIST. xiu* s. Le pastoier fera les pastez le roy et du commun, et en pren.lri la façon aussi comme il seut [a coutume], du ca x.r, pasticerius. Je crois qu'il n'est nul boulengier. Ne paticier ne oublaier. Se bêle oeuvre veut faire, Que couleur no leur ait inestier. Dit des peintres. || xiv* s. Quant le pasticier les apporte non cuis ou four, Ménagier, n, 6. Ilivi's. Mestier n'avons do pastissier roigneui,

COTGHAVB.

— f.TYM. Pdtisser. Pastoier àt l'historique vient depdie; wallon, pd.tstegi.

\ 2. PATISSIER (p;'i-li-sic), ». m. Mot proposé par Castil-Blaze et souvent employé par lui pour désigner les faiseurs de pastiches.

pATISSOIRE (pâ-ti-soi-r'),».^ Table sur laquelle on pâtisse.

— RTYM. Pdtisser.

\ PATISSON (pâ-ti-son), s. m. Espèce de courge qu'on nomme aussi artichaut de Jérusalem ou d'Espagne «t bonnet d'électeur, cucurbita meloprpo, /,.

— ÈTYM. Ainsi rlit do la forme de pdii. Pdiisson est le nom qu'à Kouon on donne aiu petits pâtissiers, dits palronnets à Paris.

PATOIS (pa-tol ; un pa-toi-i agréable), s. m. Il 1* Parler provincial <|ui, étant jadis un dialecte, a cessé d'être liltcrairemont cultivé et qui n'est plus en usage que pour la conversation parmi les

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gens do la province, et particulièrement parmi les paysans et les ouvriers. Le patois normand, gascon. Peut-être l'introduction du patois sur la scène française n'est-elle qu'un reste de ce misérable goût que nos pères ont eu pendant un temps pour le burlesque, D'oLivKT, Rem. Racine, i, § 4b. Ah! c'est donc ça qu'elle parle un peu patois, genlis, Thédt. d'éduc. la March. de modes, se. 2. || Par analogie et plaisanterie. L'âne, qui goûtait fort l'autre façon d'aller. Se plainl en son patois, la font. Fabl.iu, I. On enlendit,à son exemple. Rugir en leur patois messieurs les courtisans, id. ib. viu, 14. || i° Il se dit quelquefois de certaines façons de parier qui échapienl aux gens de province. Cela est du patois. IIS" Par dénigrement, langue pauvre et grossière. Un reste de l'ancien patois [la langue gauloise] s'est encore conservé chez quelques rustres dans cette province de Galles, dans la Basse- Bretagne, dans quelques villages de France, volt. Dicl. phil. français. Ce texte [un texte grec] a des délicatesses bien difficiles à rendre, et notre maudit patois [le français] me fait donner au diable, P. L. cour. Lett. I, 219. Il Patois se dit aussi pour mauvais style. Quel patois! Il 4* Adj. Patois, patoise, qui a le caractère du patois. Transposition de mots ridicule et patoise, GABAssE, Recherche des recherches, p. &52, dans

LACUBNE.

— HIST. xm* s. Lais d'amors et sonnés cortois Chanloit chascun en son patois, Li uns en haut, li autre en bas, la Rose, 710. || xv* s. Plusieurs femmes y alloicnt [écouter un prédicateur] curieusement de nuict et de jour, qui se garnùssoient en leurs patois 'en leurs ïocalilésl de pierres, cendres, cousleaulx et autres ferremens et basions, pour frapper ceu\ qui lui voudroient nuire ou empescher sa dicte prédication, Chroniq. scand. de Louis II, p. 398, dans LACUBNE. ,si apperccus venir de la fo- «st une merveilleuse cyngesse grande et laydo sans comparaison, et la suyvoient tant de cingesque sans nombre; et pour ce à celle Cois, si je fuz esbahy, ce n'est pas merveille; car iU faisoient contenance en leur patois de moï mettre à mort, Perceforest,

t. IV, f 9.

— ÉTYM. Ménage, Lamonnoye, regardent paloit comme dit pour patrois; patrois représente le bas-latin patriensis, qui s'est dit pour homme du pays, indigène. la difficulté est dans l'absence de l'r. Die/, dit (lue, dans Brunetto Lalini, Trésor, p. 8, au lieu do, selon le Uingage des Frauçois, les variantes portent selon le patrois ou pralrois; mais la nouvelle édition ne donne que po(ot«. On remarquera, dans la Chronique scandaleuse , patois avec le sens de localité, pays; ce qui concorde avec l'explication de patois par patrois. Le provençal a pa(i, pays. Dans le Midi on dit un pâlot», une patoise, pour un compatriote, une compatriote. Tout cela emporte la balance ; et il faut admettre que l'r a disparu.

t PATOISEH (pa-toi-zé). Il 1* V. n. Parler en patois, parler avec un accent provincial. || t° Y. a. Rendre patois. Patoi.ser un rôle.

t PATON, (pa-ton) , J. m. || 1° Terme de cordonnier. Petit morceau de cuir qui est dans l'intérieur d'un soulier, au bout le l'empeigne, pour le conserver dans sa forme. || 8° Terme de potier. Motte de terre qui sert à faire une oreille, un manche, une anse à une pièce de poterie. || 3° Rouleau do terre qui, mis sur les autres, forme le creuset du verrier.

— ÉTYM Patte.

PA ION (pâ-ton), s. m. Il 1* Nom donné à des morceaux de certaines pâtes taillées en long, qu'on fait avaler aux volailles, pour les engraisser. |{ On dit figuréinenl d'un petit oiseau fort gras , comme les ortolans , les becfigues, que c'est un pâton de graisse. Où diable avez-vous pris qu'elle veuille que vous soyez aussi rondelette que MmedeCasteInauT n'y a-t-il point de degré entre votre maigreur excessive et un pâton de graisse^ sAv. (cohhinelli à Urne de Grignan) )» juillet 1677. ||1* Morceau de pâte que le boulanger agile avec force en pétrissant. Il 3* Terme de papeterie. Sorte de défectuosité dans le papier.

— fcTYM. Pdte.

{ PATOUILLE (pa-tou-ll*, li mouillées), ». f. Machine qui, dans les forges, sépare la terre de la mine de fer.

— HIST. XV* 8. Icelle femme tiimba le visage adens en ung petit |iatoucil qui estoii eu la i-ue..., et 11 en l'caue du ditpatouïi. esUiuffa, ou canok, patile

— ÉTYM. Voy. PaTOUILLR».

t PATUL'U.I.EH (patoullé, U mouillées), v. n. Patauger. Vous ne patouillcrcz pas longtemps dans

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Ips maréciges, h. b*lz*c, cité dans Excentricilés du langaye.

— Hisr. xvi* s. Patouiller, cotorave.

— ÊTYll. Patte, termn vulgaire pour pied ; Hainaut, patoquer, jKUougcr; champeu. patniller.

t PATOUILI-KT (pa-tou-llè, U mouillées), t. m. Alelier où Ion opère le débourbage du minerai de fer. Les fourneaux à fondre les minerais de fer et «ulres substances miStalliques, les forges et martinet* pour ouvrer le fer et le cuivre, les usines servant de patouillets et bocanls, celles pour le traitement des substances salines et pjriteuses dans lesquelles ou consomme des combustibles, ne pourront être établis que sur une permission accordée par un règlement d'administration publique, Loi du 21 avril 18IO, art. 73, concernant let mines, minidres et carrières.

— ETVM. Palnuiller.

tPATOOILLEDR (pa-tou-Ueur, U mouillées), s. m. Ouvrier qui sépare le minerai de la terre.

— KTYM. Voy. PATOUII.LET.

t PATOUILLKUX , KUSE (pa-tou-lleû, lleû-z' , {1 mouillées), adj. Gâcheux, boueux. || Terme de msr. Lame palouilleuse, lame courte, agitée dans tous les sens , qui se dit à propos des chaloupes et autres embarcations allant à la rame.|{ Mer patoullleuse, mer grosse, relativement aux embarcations, aux chaloupes, aux canots, etc. Une mer palouilleuse gêne beaucoup la nage et empêche même les avirons d'aller ensemble, legoabant. —

— iiisr. XVI' s. L'on estoit si battu du vent, tiLtnpé de la pluye, et les terres si patouilleuses ez fondrières.... que.... carloix, m, 22.

— ÊTYM PaiouiUer.

PATRAQL'E ( pa-tra-k'), s. f. || 1° Machine usée, tans valeur, ou qui va mal. Cette montre n'est qii'une patraque.ll î'Fig. et familièrement. Personne faillie, maladive. || Àdj. Il devient patraque. |{ 3° 0^ appelle patraques toutes les variétés de pommes de terre plus ou moins régulièrement sphériques, par opposition aux cylindriques et aux aplaties.

— ÉTYM. Origine inconnue; genevois, palracle. PATRE (pS-tr), «.m. Il !• Celui qui garde, qui fait

paître les troupeaux de bœufs, de vaches, de chèvres, etc. Et si, sur un édit des pâtres de Nubie, Les lions de Barca videraient la Libye, boil. Sat. viii. Après que vous y aurez mis [à un palais], Zéoobie, la dernière main, quelqu'un de ces pitres qui habitent les sables voisins de i'aimyrc, devenu riche par les péages de vos rivières, achètera un jour à deniers comptants cette royale maison, pour l'embellir et la rendre plus digne de lui et de sa fortune, la bbuï. vi. || Kig. Le sachem ne daigne pas jeter un regird sur le pâtre d'hommes [commandeur de» nègres], cnATEAUiiR. JVa<c/i. 2« part. (<•' quart). Jl 1* Sorte d'oiseau, voy. saxicole.

— SYN. BERGER, PÂTRE, PASTKUR. Le berger, étymologiqucment, est le gardeur de brebis ; pâtre et pasteur, élymologiqiisment, désignent celui qui fait paître, celui qui garde toute espèce de bëtes. On remarquera que pasteur est seul usité pour indiquer des peuples spécialement adonnés aux soins des troupeaux ; il figure dans le haut style des vers nu de la prose quand on veut donner quelque relief i un berger ou i l'état de berger, avec cette différence que pasteur représente l'amour paternel, et berger l'amour proprement dit. Quand (dire s'emploie au I guré, il emporte une idée défavorable que n'a jamais pasteur; voyez l'exemple Ue Chateaubriand.

— HiST. xiii* s. L'on ne doit aorcr fors Dieu seu- .ement, qui est noslres pastres. Psautier, f° H6. Uns paistres ot en un désert Cent brebis mises en paslure, ct;i le cambrai, llarl. et Jos. p. S7. Oublié m'ont prélat et pastro; Chascuns m'esloingne, X pot lor eiit de ma besoingne, ruteb. 83. || xiv s. le» gens dois à droit gouvrener; Tu les leur sires et leur mestres. Leur gouvreneres et leur paistres, I. DR CONDi, t n, p. «66.

— ETYM. Ut. p<u(or (voy. pastedr). Dans l'antenne langue, l'astre est le nominatif, de paslor,

»Tec l'accent sur pdi ; pojl«ur est le régime, de liutorerti, avpc l'accent sur tô.

PATRES (AH) (ad-pa-très'). Aller ad patres, mou- 1 ir. fciivojer ad patres, faire mourir. || Kig. Le nre- "..er consul dit à Roclerer jqu'd venait de nommer »*n»teurl : Eh bien! citojen Rœderer, nous vous

avons plaoéentre le» pères cfm*crits.- Oui, général, '■ , 1 ia t-il, VTu» m'avez envoyé ,id patres, saintp-

PATHURCAL, ALR (pa-tri arkal, ka 1'), adj. 1* Oui a rapport aux «tudens patriarchet. oiarer.

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nement patriarcal. || ï" Oui rappelle la simplicité de leurs mœurs. Je finis par mener une vie patriarcale; c'est un don de Dieu qu'il ne nous fait que quand on a barbe grise; c'est le hochet de la vieillesse, VOLT. Lett. Urne de Lvtielboury, 24- mars <76B. Une abondance patriarcale avec laquelle le faste ne s'allie jamais, J. J. Rouss. Conf. m. || 3° Qui appartient à la dignité de patriarche. A l'égard de la disposition des bénéfices, les papesse réservent, par une régie expresse, les églises patriarcales, les évêchés et autres honélices autrefois éleciifs, dumar- SAis, lÀl). égl. yall. part, u, max. (9. || Sièges patriarcaux, nom donné à cinq sièges qui avaient la préséance dans les conciles : celui de Rome, celui d'Alexandrie, celui d'Antioche, celui de Jérusalem et celui de Conslantinople.

— ÊTYM. Patriarche.

t PATRI.VUCALEMEKT (pa-tri-ar-ka-le-man) , adv. Kn patriarche. Tout le monde n'est pas aussi philosophe que votre serviteur; et, patriarcalement parlant, je serais fort aise de rendre le père et la mère témoins du bonheur de leur fille, volt. Lell. d'Argental, 30 janv. t783.

PATRIARCAT (pa-tri-ar-ka , le ( ne se prononce pas et ne se lie pas), s. m. || 1° Dignité des évêques qui se nomment patriarches. Le Temps a tout changé : les papes sont devenus de grands souverains ; Rome, le centre de la politesse et des arts ; l'Église latine, savante; et le patriarche de Conslantinople n'est plus qu'un esclave, évêque d'un peuple esclave, VOLT. Mœurs, H.; 2° Étendue de pays ■soumise à la juridiction d'un patriarche. || 3° Durée de l'autorité d'un patriarche. || 4" Se dit, dans le système de 'Fourier, de la 3' des sept périodes de l'enfance du genre humain. Le patriarcat succède à la sauvagerie et se trouve remplacé par la barbarie.

— ursT. xvi' s. Le droict de regale est ouvert par la promotion au cardinalat ou palriarchat, p. pi- THOU, 6«.

— ÉTYM. Patriarche. On trouve au xv et au XVI* siècle patriarchi».

PATRL\UCHE(pa-tri-ar-ch'),s. m. !| fNom donné par les auteurs sacrés aux premiers chefs de famille qui ont vécu soit avant, soit après le déluge, qui ont précédé Moïse, et dont la vie fut fort longue. Autant qu'un patriarche il vous faudrait vioillir, la font. l'abl. XI, 8. Dieu l'appela [Abraham] ilansla terre de Chanaan, où il voulait établir son culte et les enfants de ce patriarche, qu'il avait ré.solu de miiliiplier comme les étoiles du ciel et comme le sable de la mer, BO8S. Ilist 1, 3. La richesse des patriarches consistait principalement en bestiaux, fleijrï, Mœurs des Israël, t'd. 3, 4" part. || Kig. Ce vieillard a l'air d'un patriarche, il a une ligure vénérable. Il C'est un patriarche, se dit d'un vieillard qui vit au milieu d'une famille nombreuse. M. de la Hochefoucault i e sait encore rien : il sera sensiblement touché; car il est patriarche, -et connaît quasi aussi bien que moi la tendresse maternelle, sÉv. 145, Il U mène une vie de patriarche, il vit comme un patriarche. || 2° Titre qui se donnait autrefois aux évêques dos premiers sièges épiscopaiix. On crée deux nouveaux patriarcheâj celui de Jérusalem, dans le quinzième concile (;énéral, qui est le second de Constantinople en 563, et celui de Constantinople, qui prétendit le second rang, duuahs. Lib. égl. gall. part. 11, max. <4. || On donne encore ce titre à quelques évéques. Le patriarche de Lisbonne. Le patriarche d'Aquilée. || 8° Chef de l'Église grecque et de quelques autres communions séparées de l'Église romaine. On disait que le cardinal de Richelieu, dans le des«ein de se faire patriarche en France, avait fait faire par M. Dupuy les Libertés de l'Eglise gallicane, bac. t'ragm. hist. Un Grec fut premier métropolitain de Russie ou patriarche, VOLT. Uitt. de Hussie, 1, 2. || Fig. Si Tertullien parlait bien quand il assurait des philosophes en général qu'ils étaient les patriarches des hérétiques, la HOTHE LB VAYER, Vertu des paieras, 11, Àristote. Charost me lâcha, avec un air de mépris pour M. de la Tr.ippe, que c'était mon patriarche devant qui tout autre n'était rieu, st-sim. bd, <tt4. Je crois vous avoir mandé.... que ce M. Abauzit est le patriarche des ariens de Genève, volt. Lelt. d'Alemb. 12 oct. 1764. Coraî, heureux et trani|uille à la tête des hellénistes, pitriarcho de la Grèce savante, i'. L. coiR. Lett. à l'Acad. des inscr. || 4° Nom donné aux premiers fondateurs des ordres religieux, tels que saint Basile, saint Renolt, etc. || On a aussi donné ce titre à des abbés.

— lllST. Il* s. Lo patriarche [tl] oeil devani les font, Ch. de Roi. csvu. || xiu* a. £t avint que li

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baron de la tere... pourcacierent au patriarche t5» Jherusalem qu'il oslast le roiaume fors de sa main, Chr. Je Itains, p. )8, Et li patriarche le doit coroner, se il y a patriarche ou roiaume quant le roi se fait coroner, Ass. de J. i, 2». || xvi* s. L'evesque de Rome est nommé le premier entre les patriarches, CALV. Instit 897.

— ÊTYM. lïaTpiôpxiÇ, de itatpià, race, pays, qui vient de itatTjp, père, et 4f./.eiv, commander (voy.

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