PATARD
t PATAQUÈS ou PAT-A-OO'EST-CK(pa-ta-kès'), I. m. Terme populaire. Faute de langage, qui con- «iste à faire entendre un T final quand il y a une S, ou réciproquement, et, plus généralement, à faire entendre sur la voyelle initiale d'un mot une cotisonue qui ne doit pas terminer le mol piécédeni C'est surtout parla confusion de l'Set du T que cette faute a lieu.
— ÉTYM. Voici quelle en est, dit-on, l'origine : un plaisant était à côté de deux daines; tout à coup il trouve sous sa main un éventail. — Madame, dit-il à la première, cet évent al est-il à vous ? — Il n'est poinJ-jï-d-mot, monsieur. —Est-il â vous, madame ? dit-il en le présentant à l'autre. — Il n'est pas-t-à moi, monsieur. — Puisqu'il n'est poini-ï-d tous et qu'il n'est pas-tà vous, ma foi, je ne sais pas-(-d qu'est-ce! L'aventure fit du bruit, et donna naissance à ce mot populaire, encore en usage aujourd'hui, nOMERQUE, Manuel des amal. de la langue jranç. p. 465.
PATARAFFE (pa-ta-ra-P), s. f. Terme familier. Traits informes, leltrts confuses et mal formées. Excusez mes pataraiïes et mes ratures, boil. à Brosselte, 3 juill. i7oo.
— ÉTY.M. Corruption de parafe.
t PATARAS ((ja-ta-râ), s. m. Terme de marine. Gros cordage employé accidentellemenl pour remplacer ou soulager les haubans. Comme, malgré la jumelle dont nous l'avions fonifie, le mât de misaine faisait une très-mauvaise ligure, il fallut le soutenir par des pataras, bougainv. Voy. t. ii, p. 407, dans pouGENs.
t PATARASSE (pa-ta-ra-s'), t. f. Terme de marine. Coin de fer emmanché, avec lequel on ouvre les , joints entre les bordages qeufs d'un bâtiment, afin ' de faciliter le calfatage.
t PATAR.\SSER, V. a. Ouvrir avec la patarasse les joints entre deux bordages.
PATARD (pa-tar), s. m. Petite monnaie ancienne.
Il On ne se sert plus de ce mot que dans les locu-
. tiens suivantes: cela ne vaut pas un patard; il n'a
pas un patard. Voilà les destinées do la vie; je ne
: donnerais pas un patard de la meilleure, chatbaubh.
témoires, t. xi, p Sdi.
— HIST. XV' s. Mon procureur en court d'Eglise, ; Auquel doy encnre ung patart (A reste heure je m'en I advi.se) ...VILLON, Grand test. LesquelzcGnipaignons F ordonnèrent que l'en paieroit un demi pactac, du Îcange, patacut t. Moyennant le pris et somme de I 48 livres, vingt pastars, monnoie courant pour la I livre. M), palarus.
— ÉTYM. W.illon, pa<<>r, patodr; provenç. patac (texte du xv* siècle); ital. patacco, palacea; bas-
; lat. patacus, palarus, patarUus. Du reste, origine inconnue, t PATARINS (pa-ta-rin), ». m. pi. || l' Sobriquet adonné par mépris à une société formée dans le j sein du peuple, en Italie, au xi' siècle, pour détruire le concubinage des prêtres et la simonie. |]2* Membre d'une .secte vaudoise, du xii* siècle qui ne récitait d'autres prières que l'oraison domi- I nicale, et croyait que l'homme et le monde visible I avaient été créés par le démon. || 8* Nom donné en entrai * tous les albigeois. |{ On disait aussi paterins.
— HlST. xiil* s. Et entendent que paterins vaut I autant Lome chose nbandonnée à souffrir passion en l'exemple des martyrs, nu cangb, paterinus. E (.pour che sunt il dit paterins, et est autant à dire f comme deviserres, m. i6. || xv' s. Prince, depuis ^.qu'Adam fut nez, Ne fut gens plus desordoimez, Ne [plus desloyaui patarins.... Que sont partout les maj ronniers [les mariniers), s. oescu. foésiestru. f" s&i;.
— ÉTYM. Origine incertaine. Quelques-uns rjisenl Jque le mot vient de Pattaria, nom d'un quartier ;'de Milan ; d'autres y voient un mot signifiant en [italien ramassis populaire.
t PATAS (pa-tâ), $. m. Singe du Sénégal. PATATE (pa-ta-f), $. f. Plante originaire de» ; Sraniles-Aut'Ues {convohulut batata.i, L.), cultivée
BICT. DE La LASIOtjr FHaACAWF.
dans divers pays, parce que ses racines fibreuses donni'iit des tubercules ovoïdes, blincs ou j.tunes, amylacés et sucrés, qui sonl'un excellent aliuieiit. Il Se du quflquefois, improprement, de la pomme de terre et du topinambour.
— ÉTYM. Espagn. et portug. patata, batata; ce qui est un mot améiicain.
fPATATI, PATATA (pa-ta-ti, pa-ta-ta). Onomatopée pour exprimer un babil insignifiant et ennuyeux. El patati et patata, Prêtons bien l'oreille à ce di.scours-là, bébang. Juge de Char. \\ Monsieur et madame patati et patata, faiseurs d'embarras.
— HIST. xvi* s. Vous entrerez patic patac, rogeb
DE COLLERYE, ŒuV. p. 46, dans IJlCURNE.
PATATRAS (pa-la-trà). Mot qui exprime par onomatopée le bruit .jue fait un corps qui tombe. Je n'y fus pas longtemps qu'aussitôt, patatra.=, Avec un furl grand bruit voilà l'esprit à bas, regnahd, toi. amour. I, 2.
PATAUD (pa-tô), s. m. || l' Jeune chien qui a de grosses pattes. || Familièrement. Être à nage pataud (locution qui représente être à; pataud, nage; nage à l'impératif), se dit d'un chien qu'on a jeté h l'eau, et, par plaisanterie, d'un homme qui, tombé dans l'eau, se débat pour en sortir. || Cela se dit aussi figurément d'un homme qui est dans l'abondance. Vous en parlez à votre aise, vous qui êtes à nage pata-id. || 2° S. m. et f. Pataud , pataude, se dit d'une personne grossièrement faite. Quelle grosse pataude! Le nojr pataud [charbonnier], la voyant ainsi mise, Lui répondit.... volt. Bégueule. Il Gros enfant potelé. Votre petite devient aimable [depuis qu'elle a une bonne nourrice].... elle sera dans quinze jours une pataude blanche comme de la neige, qui ne cessera de rire, sév. 8 avril t67<. !; Les patauds, nom donné dans les guerres civiles de l'Ouest par les royalistes aux républicains. Le nom de pataud, donné par les chouans aux républicains, fut une altération du mot patriote, d'abord mal prononcé par les paysans, pour qui il était tout nouveau et qui n'en connaissaient pas la signification, F.MiLB souVESTRE, Scènes de la cliouannerie, La famille CAouan. || jl'dj. Cet homme est bien pataud. Une femme pataude. Deux écuyeis, l'un boiteux, 1 autre kiuche, six grands vilains hommes d'armes..., des valets patauds formaient la cour et la maison du sire de la Hocheforte, M"" riccoboni, Amours de Gertrude, Œuv. t. v, p. 29o, dans pougens. {J Se dit l'amilii^remcnt de ce qui-est lourd d'exécution, dans les beaux-arts.
~ HIST. XVI' s. Pataut, chi ha piedi grossi, ou- DIN, Dicl.
— ÉTYM. Noro), patoul, patou; picard, patoul. Le sens propre indique que le radical est patte; il faut donc rejeter l'opinion de ceux qui voient daps pataud une altération de pitaud.
PATAUGER (pa-tô-jé. Le g prend un e devant a et 0 ; pataugeant, pataugeons), ti. n. || 1" Marcher dans une eau bourbeuse. Patauger dans la boue. Il %° Fig. S'embarrasser dans un raisonnement, dans une mauvaise entreprise. Vous avez raison assurément de trouver de grandes difficultés dans lu chapitre de Locke de la puissance ou de la liberté; il avouait lui-même qu'il était comme le diable de Milton pataugeant dans le chaos, volt. Lett. Uelvétius, < 1 sept. <739. || S'embarrasser dans ses phrases, ne pouvoir en sortir.
— HIST. xiu* s. Il 01 grant peor de noier, Si commença à patoier, Que volentiers en issist fors, Ren.
— ÉTYM. Ce semble, comme pataud, une dérivation de poHe. Patôr.her, en normand, signifie manier grossièrement; wallon, podjd', pagté.
t PATAVLMTÉ (pa-ia-vi-ni-té),«. f. Latinité provinciale qui était propre aux habitants de Padoue (en latin Patavinum), et que des critiques croyaient reconnaître dans le style de Tile-Live. Tout le inonde sait la patavinité qu'Asinius Pollion a reprochée à Tile-Live; y a-t-il un seul moderne qui puisse nous dire en quoi cette patavinité consiste? o'alemb. Latin des mod. (fuir. t. ui, p. <at, dans
PUUGKMS.
— ÊTYM. Lat. patatinitatem.
f PATCHOULI (patchouli), s. m. Nom spécifii|ue du pngostemon patcliouli (labiées) originaire de Chine. Heniarquable par son odeur aromatique, on le met dans les vêtements de laine pour en é oigner les in.sectes; il .neit. dans l'Inde, a rlnniicr aux mousselines et autres tissus un parliim queplusiours personnes appellent ed-tur 'te l'Inde.
— ÉTYM. Corruption de patehey elley, feuille de patchcy.
PATK (paf), «. f. Voy. PATT».
PATE (pâ-f) , s. f. Il 1° Farine détrempée et pétrie pour faire du pain ou autre nourriture semblable. Pâte molle Pftie dure. P&te levée. Pâte sans levain. Il Fig. Mettre la main à la pâte, travailler soimême à quelque chose. Ne perdons point de temps; que l'on m'habille en bâte, Monsieur, mettez la main, s'il vous plaît, à la pâte, regnaru, U Léy. iv, 4. Il Fig. Avoir la main à la pâte, être en train de faire quelque chose. Messieurs, un petit mot : ne ferions-nous pas bien, tandis que nous avons la main à la pâte, de faire mourir tous les géomètres, qui prétendent que les trois angles d'un triangle sont égaux à deux droits? volt. Socrate, m, i. Il Fig Avoir la main à la pâte, être dans une bonne position où il y a profits à faire. || Il n'y a ni pain ni pâte lu logis, c'est-à-dire il n'y a rien à manger. Dès qu'on eut publié votre rescrit impérial dans la superbe ville de Gex, où il n'y a ni pain ni pâte, volt. Lett. Choiseul, 9 janv. 1767. || Je n'ai mangé aujourd'hui ni pain ni pâte, je n'ai rien mangé. Il Mettre de la viande en pâte, la mettre dans la pâte préparée pour la faire cuire au four. Mettre un lièvre en pâte. || Fig. Être comme un coq en pâte, être dans son lit bien couché et bien couvert, être bien nourri, et aussi avoir toutes ses aises. (Un coq en pâle est un coq mis à la retraite, qu'on engraisse avec force pâtée, qu'on tient captif à cet effet pour le manger, et qui, ayant tout â souhait et étant en repos, profite rapidement, dit Ch. Nisard. Ce qui ajoute à la vraisemblance de celle explication, c'est "que Despériers dit en ce sens coq au panier (voy. coq) ; en Normandie on dit aussi : êlre heureux comme un coq dans un panier). ||a° Pâtes d'Italie, pàtcs faites de farine auxquelles on donne différentes formes et dont on fait des potages, des ragoûts. Le vermicelle, le macaroni sont des pâtes d'Italie. || 3* Diverses choses qui sont mises en une m^Lsse et comme pétries ensemble. La pâle de ce fromage est fort bonne. Pâte d'amande. Les pâtes d'abricots, les essences et autres menues denrées d'amour arrivaient de Paris chaque semaine, HAMiLT. Gramm. 6. j| Pâle à laver les mains, pâte faite d'amandes pilees. || 4° Terme de pharmacie. Nom donné à i;ert.iines préparations médico-alimentaires formées de gom'me, de sucre, d'eau et d'un principe médicinal le plus souvent émollient. Pâte de jujube. Pâte de guimauve. Pâte de lichen. Pâle de réglisse. || On a étendu le nom de pâtes à des composés qui ne contiennent ni sucre ni gomme, et qui n'ont de commun avec les vraies pâtes que leur consistance pâteuse. Pâle arsenicale. Pâte de Caiiquoin, faite de chlorure de zinc. Pâte caustique de Vienne : potasse caustique, 50 parties; chaux vive, 60. || B° Diverses matières broyées et mêlées qu'on emploie à différents usages dans les arts. Pâte de carton. Cette porcelaine est d'une pâte très-fine. La terre cuite translucide i glaçure composée , appelée pompeusement , en France et en Angleterre, porcelaine à pâte tendre, est une faïence translucide à la lumière, <|ue les Allemands nomment Milchglass ou verre de lait; la dénomination de pâle tendre provient de ce qu'elle supporte bien moins de chaleur de cuisson, qu'elle fond au feu avant que la vraie porcelaine ne cuise, et que l'émail peut s'entamer au couteau et êlrr enlevé entièrement par le grattage, demmin, 6'uid« de l'amat. de faïen. et porcel. p. (17. || Pâte longue, pâte qui possède â un haut degré la faculté de prendre toutes les formes sous la main de l'ouvrier. || Pâtes doublées ou pâtes sur pâtes, nom donné à un nouveau procédé usité par les fabricants de porcelaine, qui consiste à appliquer, sur les fonds unis blancs ou de couleur , et en suivant les contours d'un dessin tracé d'avance, des pâtes colorées d'autres nuances, afin d'obtenir ainsi, sans le secours do la peinture, une décoration polychrome inaltérable. Il Pâte, le vieux linge détrempé, pilé, broyé dans l'eau avec lequel on fait le papier. || Eau et farine de .seigle mêlées ensemble dont les cordonniers se servent pour coller. I| Pâte de riz, pâte dont les Chinois font des rases très-beaux et très-solides. || Pâte de fourneaux, nom que donnent lescliimistes à la terre dont ils font leurs fourneaux. || Pâte de la Chine ou ilu Japon, pâte que l'on obtient en imprégnant du papier mâché d'eau de gomme bien forte et dont on fait des vases de toute espèce. || Pâte de reliques, pâle où il entre quelijucs particules de reliques. Il 6° Métal en pâle, métal qui est près de fondre. il 7 Pâle se dit de la matière qui fait la partie e» senticlle d'une roche. Dans le granit, c'est le feldspath et le sclidii qui sont colorés, et le quartz, que l'on peut regarder comme sa pile, est toujours blanc, Bupr. Jfin. t. i, p. 4 34. ||8' Terme d iiupri-
u. no
PAT
merie. Cette forme est tombée en pâle, les caractferes en sont tombés et se sont brouillés. i| »" P*te cuite, nom donné à des ouvrages dii moyen âge ainsi faiu : un orfèvre modelait en cire un bas-relief île petite dimension, prenait une empreinte de cette cire dans un mastic résistant et moulait dans ce creux, autant de fois qu'il voulait, ce bas-relief dans une pile qu'on faisait sécher au four et qu'on appliquait ensuite sur de petits coffrets de bois; une dorure générale confondait la pâte avec le fond du coffret de bois et donnait à ce travail léger et facile l'apparence d'une œuvre d'orfèvrerie, de la- BORDE, Emaux, p. 43».||10" Terme de peinture. L'ensemble des couleurs d'un tableau. || Peindre dans la pâte, charger sa toile de masses épaisses de couleur» et les fondre ensuite les unes dans les autres. Les dessinateurs opèrent par couches suocessives, les coloristes peignent dans la pâte. || On dit aussi : peint en pleine pâte. || Tableau tout d'une pâte, tableau qui semble fait d'une seule haleine. |i ferme de gravure. Estampe de belle-pâte, dont les tailles ont de la souplesse, et surtout du moclleui et de la couleur. Se dit surtout quand tous ces mérites ont été bien conservés dans l'opération du tirage. || 11* Kig. et familièrement. Comiilexion, constitution. Vous êtes d'une pâle à vivre jusjues à cent ans, mol. VAv. ii, 6. Vous Toyoz un vieillard d'une assez bonne pâte, Qui va voir ses aîeui, sans pourtant avoir hâte, boursault, Ésope à la COUT, IV, 5. Il II se dit, d'une façon analogue, du caractère et des dispositions morales. Elle [Mme de Coligny) est bien votre fille.... non-seulement par celte bonne pâte dont vous l'avez faite..., s«v. à Bussy, 28 déc. test. C'est une fort bonne pâte de femme, dancourt, Cur. de Comp. se. 8. Le vieux Marcos, qui était peut-être la meilleure pâte décuyer qu'on vit jamais, ne résisia pas à un spectacle si touchant, i.e sage, Gil Blas, ii, s. C'est un gentilliomme limousin; la bonne pile de mari ! il se l.iissera mener par une fenimo comme un Parisien, lu. Turcaret, tv, ta. Il faut que je sois une bonne pâte d'Iiomme, bien faible, bien sotte, pour m'y intéresser encore, volt. Lêtl. Thibouvitle, 18 déo. 4707. Il Proverbe. Quand on a la main à la pâle, il en demeure quelque chose auxduigts, c'està-dire quand les personnes ont un grand maniement d'argent, il leur en reste ordinairement (quelque profit.
— HIST. xm' s. Ouar ma meson est trop déserte, El povre et gaste; Sovent n'i a ne pain ne paste, RUTfB. ». Colons [pigeons] en rost, connins en pasle, Fabl. bahbaz. t. tv, p. 87. Et si doit [le fournier banal] porter et conduire loiaument de casuun le [la) paste au four à sen propre coust, tailliar, Recueil, p. 626. || xiv* s. Jamais qui n'aroit paste le pain ne feroit-on, Band. de Seh. xi, )6.||xv's. Qu'il en porteroil la paste au four [qu'il payerait la sottise d'autrui], du cangb, pasta. {| xvi* s. Il se vanta de leur avoir faict manger un chat en paste, MONT. I, toi. Il esloit de cette bonne paste de gens, qui ne prennent point trop les matières à cœur, DESPHR. Contes, v. Une douzaine de saulroons du Rhin, et en paste à leur mode, tous entiers, cahl. IV, 24. De fort bonnes pastes sont aussi faites de ces fruits-ci, spécialement des pèches, dont la manière en estant venue des Grecs, recommande toile sorte de confiture, o. de serbes, 864. Sept coffres, que grans que petlz, faitz de paste cuyte, i la m' de (l'Italie, bien ouvrez et dorez, de laborde. Émaux, p. 432. Puisque cette bonne mère [la nature].... nous a touls figurez en mesme paste, afin que chascun se peust mirer et quasi recognoistre l'un dans l'aultre, la boétie. Servit, volont. Entrer en la paste jusqu'au coude [s'employer vivement en une aflaire], oudih, Curios. franc.
— £TYM. Wallon, pd»», paûit; prov. esp. et ital. patta; du lat. patia (dans M. Empiricus), du grec »ii«TTi, plat d9 mets broyés ensemble, naarà, iHJUilhe d'orge, de itdaaitv, répandre sur, saupoudrer.
PATÊ (pi-té), ». m. ||1' Sorte de pâtisserie qui renferme de la chair ou du poisson. Les pâtés de foi-! gras de Strasbourg. Le» pâtés au gibier de Chartiva. Un monstrueux pâté, boil. Lulrin, v. On dresM une petit» Uible, sur laquelle on servit un gro« morceau de pftté de venaison, lesaok, Cuim. diAlt- VI, I. Il Hacher menu comme chair à pâti'' mi'Ure en pièce», hacher par morceaux. || l'àié cil pot, hachis de vUnile tsuiionné d'épices, de maironi, etc. et cuit dau« un pot. |1 I>»ié en terrine vi.y. T«wii«. Il Pilé a, ,cille, se disait d'un pât^que le maître dounall i m appremli, le jour ou commençaient le» vaUlée». || Par plaisanterie Pâté
PAT
d'ermite, figue sèche dans laquelle on a enfermé une noix, une noisette ou une amande. US" Petit pâté, .sorte de petite pâiisscrie renfermant un peu de viande et qu'on sert, dans les dîners, après le potage. || C'est un prix fait comme celui des petits pâWs, c'est à-dire c'est un prix réglé, connu de tout le monde. || Je mangerais .les petits pâtés sur ta télc, c'est-à-dire je suis beaucoup plus grand que toi. Il Elle crie les petits pâtés, se dit d'une femme qui, en travail d'enfant, crie beaucoup (autrefois les marchands criaient dans la rue leurs petits pâtés). Il Anciennement. Pâté de rcquAte, sorte de petits pi'iU's bhauds. || 8" Kig. et familièrement. Un gros p:U6, un enfant gros et gras. || 4° Fig. Goutte d'encre tombée sur du papier. Le mol est si mal écrit, il y a un pâté, heaumarch. Jfiir. de Fig. m, i5. X un si horrible spectacle (il parle de ce pâté que je fis sur .son bouquin), mon sang se
gela ilans mes veines voyez-vous, monsieur?
ce pâté, c'est pour lui [Furia, bibliolhécairej la tête de Méduse, p. l. cour. Lettre à Renouard. Il B" Terme d'imprimerie. Caractères mêlés et confondus par la rujiliire d'une forme, ou d'un paquet, ou mfme d'une ligne. || Terme de gravure. Se dit des endroits noirs qui se trouvent dans les ombres par la confusion que l'eau forte fait sur les hachures serrées et croisées. || 6° Terme de fortification. Espèce de plate-forme, oh de terreplein, d'une figure irrégulière, et bordée d'un parapet , qui se construit pour couvrir la porte d'une place. Un autre ouvrage revêtu en derrière appelé le pâté, le cours de l'Escaut pour fossé devant le pâté, et le même Escaut, mais plus profond et plus rapide, entre le pâté et la muraille de la ville, pellisson, Lett. hist. t. tu, p. )74, dans pouGENs. Il 7° Ass. mblage de maisons, ou édifice isolé, ayant une forme arroiulie ou carrée, comme les pâtés. Il 8' Dans les académies de jeu, faire le pâté, arranger les caries par tricherie pour se donner beau jeu. Il met tous les rois ensemble et il se les donne; il a fait le pâté. US" Terme de joailler. Assemblage de plusieurs pierres précieuses de nature et de forme différentes que l'on expose en vente. Il Chez les brocanteurs, plusieurs petites curiosités qu'on assemble pour vendre ou acheter en bloc. Il 10° Assemblage de lames de vieux fer qu'on soude et qu'on corroie ensemble. || 11° Masse de plâtre à laquelle on donne une forme convexe, et qui sert à cOhstruire une voûte sphérique ou autres constructions curvilignes. || lî° Pâtés de grenades, se dit de pots remplis de poudre de .guerre et de grenades. || 13° Petit ustensile de brodeur à plusieurs cases. Il 14* Espèce de came, coquille. || Proverbe. Croûte de pâté vaut bien pain.
— REM. On dit des petits pâtés, et non de petits pâtés, parce que l'adjectif fait corps avec le substantif.
— îlIST. xm' s. Del sengler mengerenl au poivre, Et del cerf firent bons larde/, tt des chapons firent pastcz, Ren. 2278O. Niulcs, oublées, gibclés. Et paslés de vis ciselés; Et quant il ces pastés brisoient, Li oiselet par lot voloicnt, FI. el Ul. 3187. ||xiv' s. J'ai oy recorder et dire par maint jour, (ju'on ne peut les pastez mieux prendre en lor chalour, O'-i'en l'heure proprement qu'on lus sache [tire] du four, Guescl. 20X68. || xvi" s. La faute vinl, que l'apprenti avoit toujours oui dire grille, féminin, et non pas gril ; qui fit ce qui descouvnt le paste [le pot aux roses), despeb. Contes, XLViit.
— ÊTV'M. Bourg, patai. Paslé a la forme d'un participe passif formé de paste, pâte: ce qui a été pasté, fait avec la pâte.
pAtÉK (pâtée), *. (. Il !• Pâte faite avec de la farine et des herbes et dont on engraisse la volaille. Les hommes nous font [à nous chapons) avaler une pâtée dont ils ont le secret, volt. Hial. (4. !' 1* Mélange de pain émiclté et de viande hachée dont on nourrit les animaux domestipies. || Par assimilation. Il [Kéaumur] nous a appris que les petits des trois sortes [chez les abeilles) sont élevés au milieu d'un amas irrégulier de pâtée qui n'est point renfermée dans une cellule, bonnrt, 6< mém. abeillet.
— ÉTVM. C'est le féminin de pâli considéré comme un participe passif.
.1 PATELET (pa-te-lc), s. m. Terme de pôche. Sorte de morue qui tient le cinquième rang dans le triage qu'on en fait dins la Normandie.
t PATELEITK (pa-te-lè-t'), t. f. Partie de la gi berne et du havra-sac qui recouvre le côté exté rieur.
». PATELIN (pa-te-lin), i. m. || 1" Nom d'un peisoimtga d'une vieille oomédie de la fin du uv* lié-
cle ou du commencement du xv, qui, par ses flatteries, se fait vendre à crédit du drap, et, par de vaines paroles et des contes en l'air, échappe au payement. Les hoirs de défunt Patelin, Inconnu» chez Piaule et Térence, Ont envahi toute la Fr.ance, Car ils sont bénis du malin, Les hoirs de défunt Patelin, gémn, Patelin, dédicace. || J- Fig. Celui qui tâche , par des fiatteries et de belles paroles, de tromper, ou, simplement, d'en venir à .ses fins (avec un p minuscule). Ce n'était point Tartufe, ce n'était point un patelin , c'était un prélat de conséquence, [irèchant avec dignité et parcourant toute la vie de cette princesse [la duchesse de Longiievillo] avec une adresse incroyable, sévigné, 12 avril 1680. Une preuve qu'elle [la comédie) a eu un grand succès, c'est qu'elle a donné de nouveaux mots à la langue et fait des proverbes : Patelin, qui n'était qu'un nom fait à plaisir comme Tartufe, est devenu un mot de la langue qui signifie (litteur et trompeur, de la même manière que Tartufe sigrtilie présentement un faux dévot, KMNTEN. llist. thédtr. fr. Œuv. i. m, p. 49, dans POLGENS. Ah! combien j'ai connu de ces amis bénins Qui marchent à leur but en rusés patelins I AL. DUVAL, Manie des grand, u, 7. || Arcbi-patelin, voy. arcHi. Il Adj. Il se dit du ton, des manières. Le zélé père, charmé de rouverUire,devint radieux, caressant, et, a[)rès plusieurs circonvolutions patelines, des mots entrecoupés: ce n'est pas tout, ditil.... DUCLOS, Œuvr. t. VI, p. toi. Un petit homme à ces mots s'approche avec un air patelin, et d'une voix de fausset.... gilb. le Carnaval des auteurs. L» vieille, qui devenait de jour eo jour plus flagorneuse et plus pateline avec moi, J. J. ruuss. Confess. IX. L'égoisme pateUn des hommes ambitieux leur enseigne l'art de combiner les raisonnements opposés, afin de se mêler de tout comme un païen, et de se soumettre à tout comme un chrétien, stael, Allem. m, 13 II 8° Langage de patelin (inusité en ce sens). Le pauvre tu détruis, la veuve et l'orphelin, Et ruines chacun avec ton patelin, régmer, Sot. xv.
— SVN. 1. PATBLiN, PAPELAnn. Le patelin flatte et trompe. Le papelard trompe aussi, mais c'est eti simubint la dévotion. || 2. patelin, patblineur. Le patelin est, de sa nature, flatteur pour tromper. Ijb patelincur est celui q^i pateline ; il peut n'être pas patelin de nature, et pateliner seulement par occasion et circonstance.
— mST. XV* s. B. J'ay train de soigneur. — M. Pas de .saige.— B. Ressourdant, comme bel Alain. — B. Pathelin en main. — M. Dire raige, villon, Baillevent et maleyaie. \\ xvi* s. C'estoit un tour de patelin, bouchet, Serées, liv. ii, p. uo, dans lacuHNE. Le bruyt avez d'eslre fourbisseressos; Par cueur sçavcz les ruses Pathelin, rogkr de colleryb, Œuv p. 107, dans lacuhne.
— ÊTYM. On ne sait d'oii vient ce nom de comédie qui, du théâtre, passa promptement dans le langage commun. Cependant du Cange paraît offrir la vraie origine au mol paterinus. Il y eut, dans le XI' siècle, des hérétiques qu'on nomma palerins, patalins, palatins; il rapporte ceci du xm" siècle : Et por ce sunt il dit paterins, et est autant à dire come deviseres. Paterin avait pris le sens de deviseur, parleur, celui qui trompe par la parole; c'est la signification même de patelin, et, quant au changement de l'r en l, rien de plus facile. Les auteurs sont en désaccord sur l'étyinulogie du mot potertn (voy. patarin). Il n'est pas vraisemblatde que l'ancien verbe pateller, qui signifiait le chaut inarticulé d'un jeune oiseau (to chylter as a yonga byrde dolhe, byfore she can synge her tune : Ce petit oiselet commence à pateller, mais il ne sçayt pas encore chanter son lay à playn, palsgrave, p. 481) ait rien de commun avec patelin.
t 2. PATELIN (pa-telin), *. m. Petit creuset à queue, pour essayer la pureté du minium, dans lel fabriques de cristal.
— ÊTYM. Peut-être un dérivé de patelle.
PATELINAOK (pa-te-li-na-j'), s. m. Manière insinuante et artificieuse d'un patelin. Patelin a uns famille que Tartufe n'a pas : il a produit pateliner et patelinage, fonten. llist. théâtre franc. Œuvres, t. m, p. 4», dans pougens. J'avais toujours senti, malgré le [latelinage du P. Berlhier, que les jésuites ne m'aimaient pas, non-seulement comma encyclopédiste, mais parce que tous mes principe» étaient encore plus opposés à li.urs maximes et à leur crédit que l'incrédulité de mes conlières, 1. t. Rouss. Confess. xi. La scène.... où Paielin, à force de patelinage (car son nom est devoo'i celui d'un caractère), vient à bout d'attraper une pièce d» drap, LA iiABPB, Couri de liuéi t. vlu, p. a»»,
PAT
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dans poooEHS. S'ils [les hoirs de défunt Patelin] prennent sous leur patrouage Cet écrit sur un badinage Où leur maître est représenté^ S'ils le font Tivre d'âge en âge Autant que le patelinage, Ce sera l'immortalité, génin, Patelin, dédicace.
— HIST. ivi* s. Ce patelinage [filouterie] fut «ceu; car celui qui l'avoit fait estoit conneu pour d'autres affrontements, bouchet, Séries, liv. »', p. (08, dans lacurne. Je ne ris oncques tant que je feis à ce patelinage, rab. m, 34 (ici paleiinage a le sens de farce analogue à celle de Patelin).
— RTYM Pateliner.
PATELINE, ÉE (pa-le-li-né, née) , part, passé de pateliner, Un pauvre homme pateline par un fourbe.
PATELINER (pa-te-li-n^). || IT. n. Agir en patelin. 11 ne lait que pateliner. || »• V. a. Ménager d'une façon pateline l'esprit de quelqu'un. Ils ont ici, depuis peu, tant pateline et flatté le Mazarin, GUI PATIN, Letl. t. I, p. 81, dans pouoens. Tatelinez l'arbitre, et j'ai bien commencé, dukrény, Réconc. norm. i, ». J'y mis un ton dur qu'il sentit, et qui ne l'empêcha pas de me pateliner encore en deux ou trois lettres, jusqu'à ce qu'il sût ce qu'il avait voulu savoir,;, j. aouss. Conf.x. || 8" Pateliner une alîuire, la manier avec adresse pour la faire réussir.
— HIST. ïVs. Jean de Costes, je vous congnois bien, vous cuidez pateliner, et faire du malade pour cuider couchier céans , Lettres de rémission de M70, Bibl. chart. 2* série, t. iv, p. 259. Après surviennent fringuereaulx, Dancer, joncher, patheliner, coquillard, Poésies, p. 24, dans pougens. I' XVI* s. Nos ancestres trouvèrent ce maistre Pierre Patelin avoir si bien représenté le personnage pour lequel il esloit introduit, qu'ils mirent en usage ce mot de patelin pour signifier celui qui par beau.v semblants enjauloit, et de lui firent un pateliner et patelinage pour mesme sujet, pasquier, Recherches, VIII, p. ''50, dans lacurne.
— CTYll. Patelin.
t PATELINERIE (pa-te-li-De-rie), ». f. Manière artificieuse d'un patelin.
— HIST. XVI* s. Enfin toutes les palelineries qu'on observe en tel cas, firent résoudre le voyage contre l'ail vertissement des fldellas amis et serviteurs, d'aub. Ilisl. I, 101.
— Ktym. Pateliner.
PATELINEUK, ECSK (pa-te-Ii-neur, neû-r'), t. m. et f. Celui, celle qui pateline. Toute ma famille vient VOUS offrir ses services. Que de patelineurs! BBtEvs, iroc. Pat. m, <2.
— ÊTYM. Pateliner.
\ PATELLACÉS (pa-tèl-la-sé), s. m. pi. FamiUe de mollusques, qui a pour tyfte le genre patelle.
t PATELLAIRE (pa-tèHê-r'),od;. i| 1" Qui a la forme d'une [)atelle ou d'un plat. || 2* S. f. Genre de lichens. |{ Genre de champignons. .
— ETYM. Patelle.
PATELLE (p.i-lè 1'), s. f. Il 1* Terme d'antiquité. Sorte de vase sacré. |(î* Coiuille dite aussi lépas, de l'ordre des mollusques, à coquille univalve, ordre des gastéropodes. Los huîtres, les patelles et les oreilles de mer ne produisent des perles que dans les climats les plus chauds, bufp. Min. t. vu, p. 178. Il Patelle sauvage, nom qu'on donne quelquefois aux haliolides. || 3* Terme de botanique. Kcceptacle plan et ayant un rebord distinct du thalle; se dit seulement de la fructification des lichens.
— ÊTYH. Lat. patella, petit plat, diminutif de patena (voy. pAifiNE). Le nom du tase a passé à une coquille.
t PATELLE, ÊE (pa-tM-lé, lée), adj. Qui a la forme d'une exfiansion orhiculairc, d'un petit plat. Il Terme d'entomologie. .Se dit de la main des insectes quand elle offre quelques articles dilatés.
— ETYM. Patelle.
\ PATELLIEB (pa-tft-lié), 1. m. Mollusque qui habile les coquillfs appelées patelles.
t PATEI.LITE (pa-lèl-li-t'), i. f. Terme de minéralogie. Patelle fossile.
— ÉTYM. Patelle, et la finale il» qui en minéralogie di'"îi;,'nfi un f .ssile.
t PATELLULE (pa-tôl-lu-l'), ». f. Terme de botanique. Héceptacle arrondi et plat de certain» lichens.
— RTYM. Diminutif de paffl/e.
I PATE.M .VIENT (pa-ta-man), adv. D'une manière
patente, publique. L'armée [de Cromwell] demanda,
d'altord en termes couverts, et ensuitt; patenimeiit,
le jugement du roi, CHAXEAUBa. Stuarts, Captivité
• du roi.
— HIST. IV* ». [Corps sainte] mi» et estalilia pa- (cmment en l'aire "d>! la dite cgiise, p. deskkt, i la
«nite de monstrklbt, p. 97, dans lacurne. Telle chose laquelle sera cy patentem'ml déclarée, mqh-
STRELET, p. 163, dans LACURNE.
— ÊTYM. Patent.el le suffixe menl. Palentement est formé de patente, et du suffixe menl.
] PATEMAR (pa-te-mar) ou PATMAR (pa-Unar), s. m. Sorte de navire de l'Inde ayant des qualités supérieures pour la marche.
PATËNK (pa-t;--n'), s. f, 1| 1* Chez les catholiques, vase sacré en forme de petite assiette qui sert à couvrir le c:4ice et à recevoir l'hostie. La patène donnée, comme la paix (voy. ce mot), à baiser pendant l'offertoire ne peut être touchée que par un prêtre, un diacre ou un sous-diacre, à cause de la consécration qu'elle a reçue. Le comte de Luna, ambassadeur de Philippe H, roi d'Es[i.igne, veut être encensé à la messe et haiser la patène avant Ferrier, ambassadeur de France; ne pouvant obtenir cette dislinciion, il se réduit à souffrir qu'on emploie en même temps deux patènes et deux en- C'^nsoirs; Ferrier fut inflexible, volt, èlceiirs, (72. Il 2" Le plat dans lequel on offrait le pain, alors que l'on communiait sous les deux espèces, he laborde, Émaux, p. 412.
— HIST. iiv* s. Un calice d'argent doré, tout plain, 01^ il a en la patène un Dieu qui monstre ses playes, esmaillié, he laborde. Émaux, p. 432. li XVI* s. En leur promotion Ils prennent un calice avec la patine et l'hostie, calv. Instil. 1 183,
— ÉTYM. lît-arn, padena {Fors et coût, de Béarn, Pau, *7I6;; du lat. palena ou patina, plat, de palere, être ouvert (voy. patent).
PATENOtRE (pa-le-nô-tr'), s. f. \\ t* Il se dit des premières prières qu'on apprend aux enfants, et surtout du Pater. La patenôtre commence par ces mots : Notre père.... || 2° Toute autre espt'ce de prières chrétiennes. Dire sa patenfltre ou ses patenôtres. Il 3" l'ar extension, vaincs paroles sans cesse répétées. Il marmotte toujours certaines patenôtres Où je ne comprends rien, bac. Plaid, i, 4. || Dire la patenôtre di singe, gronder, murmurer entre ses dents. Comme un singe fâché, j'en dis ma patenôtre, nEoNiKR, Sat. XI. Il 4* Fig. Catégorie (inusité en ce sens). Et quant aux courtisans, Je trouve, les mettant en même patenôtre, Que.... réonier, Sat. X. ||B° Au pluriel, les grains d'un chapelet, le chapeirt tout entier. Jamais on ne lui vit au.x mains de palenôtres, régnii-b, Sat. xni. Mais tout cela n'est rion au prix Des mulets de Son flminence; Leur attirail doit avoir coûté cher; lisse suivaient en file ainsi que patenôtres, la font. Lettres, 1. || En termes de blason, la patenôtre est un chapelel, ou seulement un dizain, dont lesécus des chevaliers de Malte et d'autres personnes religieuses sont environnés. || 6* Terme d'archiieUure. Sorte d'ornement des corniches et d'autres pièces, qui est en forme de grains de chapelets, les uns ronds, d'autres en forme d'olive. || 7° Terme de pêche. Chapelet dé morceaux de licge qui soutient un filet au-dessus de l'eau. || 8° Terme de ponts et chaussées. Se (lit des chaînes sans fin employées dans les chapc'.uts verticaux. Certaines mailles de patenôtre, également espacées, sont dispost'es de manière à fermer exactement le vide du cylindre dans lequel l'eau est élevée. || 9* Patenôtre de» Italiens, lazédarach.
— HIST. xni* s. Ujie femme qui tenoit unes paternostres en sa main, Uiraclcs Si Lnys, p. lai. Et pour avoir espérance d'avoir boin hostel dist oascuns le [la] pateiioslre saint Julien, n. nE valenc. x. Sel jurent : toutes sommes vostres; Créés les comme pater nostres, la Rose, 15*84. || xiv*s. Unes patenostres esmailliées, pcndans a une croix oO il y a pierres et perles, us lab«.ide, Émaux, p. «33. Il XV* s. Et nous feusrnes l'espace de plus de deux patenostres avant que.... comm. h, )». \\ xvi's. 11 disoyl la pateiiostre ducinge, bab. Gorg. i, •«. Il mit parmi les pois deux grandes poignées (le ces osselets rond» de moulue [morue] qu'on appelle patenostres, liESPKH. Contes, Lxxv. Enfilées comme patinuslres en une cordelete, 0. de sebhes, '^29. On disoit qu'il se falloit garder des patenostres de M. le connestable jde Montmorency); car, en les disant ou marmolant, lorsque le» occasion^se presentoient, il (ijsoit : allez-rnuy prendre uo tel, attachez celui-là à un arbre, faites pa.sser celui-là par les piijues ou les hirquebuses tout devant moy.... brant. Capil. franc, t. n, p. «7, dans lacurne.
— KTYM. Wallon, pdtlnos, pantnosi; provenç. paternnsire, palrenoslre; cat. pare nostre; esp. podrenueitro; port, padre nosso; ital. padre nostro; du latin pater, père, et noster, notre, qui lodt les premiers mots de la prière dominicale.
t PATENOTRÉ, ÉE (pa-te-nô-tré, trée), adj. Se dit d'une croix formée de grains enfilés.
— ÊTYM, Patenôtre.
PATENÔTRIER (pa-te nô-tri-é) , ». m. || 1* Il y avait i Paris [dans le moyen âge| trois corps de métiers qui, sous le nom de pateiiôtriers, fabriquaient les chapelets., de laboude. Émaux, p. 43a (voy. larmes DE job). Il 2* Nom vulgaire du stapbylier pinné.
— HIST. XIII* s. Des patenotriers fesanz patenôtres d'os et de cor [corne], Liv. des met. 68.
PATENT, ENTE (pa-tan, tan-t'), adj. || 1* Evident, manifeste. Un fait patent. ||2* Autrefois, ac()uit patent, brevet du roi scellé du grand sceau, portant gratification d'une somme d'argent et servant d'acquit et de décharge à celui à qui il s'adressait. Il Ancien terme de chancellerie. 'Lettres patentes, voy. LETTRE, n* 10. Il Lettres patentes, se dit encore aujourd'hui de certains actes de l'autorité souveraine.
— HIST. XIV* s. Aucunes choses qui ne sont pa» trop patei.tes, oresme, Bth. <36. {| xv* s. De tous ce» dons.... on fit instruments publics et authentiques, pour demeurer les choses au temps avenir en (Iroit, et pour estre plus- authentiques et patentes à ceux qui en orront parler, proiss. 11, 11, 60. || xvi* s. Les mandements et acquicts patents du trésorier de l'espargne.... carloix, v, 3.
— ÊTYM. Lat. patenlem, de po(er«, être ouvert; mot en rapport avec 7teTi4vvu|j.i, étendre.
f PATENTABLE (pa-tan-te-bl'), adj. Qui est sujet à patente -, que l'on peut soumettre à l'impiit appelé patente.
PATENTE (pa-tan-f), i. f. \\ 1" Patente ou, au pluriel, patentes, lettres, commission, diplôme, accordés par le souverain, par des corps, par des universités, etc. On a envoyé à M. de Savoie les patentes de généralissime, BOSS. Lett. quiét. 80. Le maréchal de Noailles pourrait emporter des patentes do général de son armée pour M. de Vendôme, st-sim. 29, 77. Le cardinal [Kichelieu] n'eut les patentes de premier ministre qu'en 1629, volt. Xœurs, n». Un mortier particulier, pour l'emploi duquel il avait obtenu une patente, vicAT, Inslit. Mém. acai. sciene. t. m, p. cl. || Fig. La lettre dont V. M. m'honore m'a donné des patentes de prophète, volt. Lett. à Calhrr. 6. Avec ce brillant diplôme de chevalier on me donna mon hum lile patente de pèlerin, Chateaubr. Itiru. part. 6*. || Patente nationale, nom qu'on donnait nans la constitution de t79l aux brevets d'invention. || 2* Certificat de santé délivré dans les ports aux vaisseaux qui partent. || Patente nette, attestation légale qui constate qu'un bâtiment e-st sorti d'un pays où ne ri'gne pas actuellenent une maladie contagieuse. || l'alenle brute, celle qui atteste 'iu'ilesl parti d'un pays infecté. |{3' l'iijce déclarant la qualité 011 la nature de marchandises. Le droit à percevoir sur les marchandises transportées sur le canal de Luçon s'appliquera au tonnage réel desdites marchandises, et non au tonnage accusé par la patente de jauge, s. gbanokz, Koie» naiiyables de l'rance , p. 347. || 4* Contribution annuelle que paye toute personne qui fait un commerce, qui exerce une industrie imposable. Le» médecins sont soumis à la patente. L'impôt de la patente. || Quittance de cette contribution. 1' ondre, payer une patente. || 6* Patente du Languedoc, droit (jue lu fermier des cinq grosses fermes levait en Languedoc, sur les marchandises qui sortaient, par terre ou pur eau, du langucdoc. || 6° Essieu à patente, essieu dont ta fusée tourne dans une boîte de disposition particulière, quia pour effet do diminucïr considérablement le frottoment (ainsi dit probablement parce que celui qui l'inventa prit une patente), fl EU pliqnement, une patrnte, un essieu ainsi disposé. Graisser les paternes.
— HIST. XV* s. Les lettres que les princes susdict» escrivoientaux chefs de l'armée protest;inloestoiBnt en forme de patente et non closes, carl. ix, 5i.
— ÉTYM. l'aient. Dans patente brute, brute est l'ilal. brutlo, laid; on disait aussi que la mer était brute (voy. brut), pour exprimer qu'elle était infestée de corsaires.
PATENIÉ, ÊB (pa-tan-té, tée), par*, passé de patenter. Qui a une patente. Marchand patenté. |{ Substantivement. C'est un [latente.
t PATENTER (i>a-wn-lé), v. a. Soumettre à la patente. || Délivrer une patente â quelqu'un.
PATE-PK.LD, voy. patte-pelo.
PATER (jia-tèr'), ». m. || 1° Oraison dominicale (avec un P majuscule). Dire son Pater. || Dire ciini Pater et cinq Avé, ré|iélcr cinq fois de suite l'oraison dominical!! et la .saUilalion angéliquc. || Fimiilièroment. Savoir une chose comme son i'ater, la
PAT
«voir lr^s-hlen par cœur. || Fig. n ne sait pas ton Paler. il esl très-ignorant. Uroussin, dès l'âge le plus lemlre, Inventa la sauce Robert; Mais jamais il ne put apprendre Ni son credo ni sou Paler, rert citit par Voltaire. || Il n'a pas dit un Pater, il n'est ras dévot. || On ditau«si Pater nostcr. On ne rit point quand on manque de pain ; c'est là l'essentiel, et le Pater noster commence par là, ce qui est, à mon ayis, fort sensé, volt. Letl. Vfymerange, »i fév. 1770. || J* Durée d'un Pater. Cliarost fut plus de trois ou quatre Pater à se remettre, ST-si«. M, 194. 118'' Gros grains d'un chapelet sur lesquels on dit le Pater. Les Pater de son chapelet sont en émeraude, Diet. de l'Acad. \\Au plur. Des Caler. ||4" Pater noster, nom vulgaire de la canne de l'Inde, dont les grains servent h faire des chapelet* ou rosaires. || On donne le même nom, à Saint- Domingue, à certaines graines employées au même usage. Il 5* Pater, nom que, dans quelques provinces, on donnait au curé. Le Pater de Bourganeuf, Trévoux. Il Par plaisanterie, un moine. Le secret même encor ae répéta Par le Pater, la foht. CommaU l'esprit.
— ÊTYM. Lat. pater, père, premier mot de l'oraifon dominicale.
t PATEH (pâ-té), t). a. Coller des cuirs ensemble avec une espèce de colle qu'on appelle pâte.
— REM On trouve aussi pâter en termes de vénerie; mais c'est une faute pour patter.
— f.TYM. Pdte.
PATÈRE (pa-tè-r"), f. ^. Hl" Terme d'antiquité. Espèce de soucoupe en usage dans les anciens sacrifices. || 8° Ornement de cuivre doré dont on se sert pour soutenir les draperies ou suspendre divers objets, et qui est en forme de paicro antique. H. Gastoul décroche son chapeau de la patère où il l'avait suspendu, CH. dk behnird, JoC»n(/uon(oine, S vn. Il 3' Terme d'architecture. Ornement déforme circulaire, imitant une patère antique. || 4° Terme de serrurerie. Espèce de rosette pleine faite en cuivre, tournée au tour et portant divers profils, que l'on rapporte sur des croisillons dans une rampe, dans un balcon, etc. || S' Terme de botanique. Se dit d'un organe creiu dont l'orifice est évasé en forme de soucoupe.
— REM. C'est une faute assez commune de faire patère du masculin, et de dire : Mettez le rideau lu patère.
— ÊTYM. Lat. paiera, coupe, plat, forme analogue à patina, de patère (voy. patent).
PATERNE (pa-tèr-n'), adj. Oui appartient à un père (ne se dit que dans le langage familier ou en badinant). J'allai voir le prélat, il me reçut d'un air paterne, en m'appelant toujours mon cher monsieur Harmontel, marmontel, Jfém. viii.
— HIST. XI' s. Veire paterne (vrai ment paternel, Dieu], qui onques ne mentis.... Ch. de Roi. CLXxiii. ||xu s. SuvenI appelé sainte paterne aie [aide], JORDAN FA.NTOSME, v.6«8. |j xui's. ...Peros patcmes, Qui la terre et le ciel gouverûds, Les trois Maries, ma. p. 436, dans lacdrnb.
— ETYM. Provenç. paterna. Dieu le père; du lat. potemut, paternel, dérivé de poter, père.
PATERNEL, ELLE (pa-tcr-nèl, nè-1'), adj. || l" Du père, qui appartient au père. Recevoir la bénédiction paternelle, ô dieux hospitaliers, que vois-je ici paraître? Dit l'animal chassé du paternel logis, LAFOKT. Fabl. vu, (6. Que le prodigue retourné reçoive plus de grâces que son aîné, qui ne s'est jamais échappé de la maison paternelle, boss. Mar. Thér. Il S* Oui vient du père, qui est du côté du père. Succession paternelle. La ligne paternelle. Un propre paternel. Que d'amis, que de parents nais.sent en une nuit au nouveau ministre I les uns font valoir leurs anciennes liaisons.... les autres feuillettent leur généalogie, remontent jusqu'à un trisaïeul, rappellent le côté paternel et maternel, la bruy. viu. Un homme de cour.... doit insinuer qu'il [son nom] est de tous les noms le plus illustre.... faire entrer dans toutes les conversations ses aïeux paternels ei maternels.... id. viii. Il était encouragé par l'exemple d'un oncle paiornel qu'il avait, médecin fort habile et fort estimé, fontek. Tournefort. H 3* Oui est tel qu'il convient à un pore, i la qualiiédcpfre. Entrailles (.aiernelle». Les avis patornels. Ta dou'fiur, du Perler, sera donc éternelle T Et les Irni"» discours Que te met en Icsprit l'amitié tialernelle, L'iugu.enteront toujours? malh. vi is 1 P|»»»nc« paternelle se perdit à Rome avec la répuMique, nonTV.so. grp v, 7. Tant il est vrai que. dans «ouA les «très qui suivent U sage loi de la
peut appeW, vertus, ,urr. Ois. t. li; p. ji?. Le loog éloigneneot d'un enfant qu'on né èonnali p^
PAT
encore [mis en nourrice], affaiblit, anéantit enfin | les sentiments paternels et maternels, j. j. bouss. C'i'i/. XI. Il Fig. J'ai laissé reposer Mahomet [trafrédie], afin lie le revoir avec des yeux moins paternels, volt. Lêtt. en vers et en prose, 75. || 4° Il se dil, en un sens analogue, de Dieu, d'un souverain, d'un maître, d'un supérieur, etc. Il a des soins paternels pour ses domestiques. El d'un ton paternel réprimant ses douleurs: Laisse au chantre, dit-il, la tristesse et les pleurs, boil. Lutrin, i. Mais Dieu veut qu'on espère en son soin paternel, rac. Athal. I, 2. Œdipe a pour son peuple une amour paternelle, VOLT. Œdipe, III, 4. Il 5" Ancien terme de grammaire. Cas paternel, le génitif, ainsi dit parce qu'il exprime la filiation : 'AXéÇavSpo; <l>i).!inrovi, Alexandre, fils de Philippe.
— HIST. xiv" s. Kt l'amisté paternel ou du père à ses fil/, est aucunement tele comme est amislé royal ou du roy à ses subjets, oresmk, Bth. 248. Je te pri que tu pardonnes à la douleur palcrnel, BERCiiEimE, f° M, verso. || xvi' s. Je tiouverols raisonnable que le magistrat et le prince à ses despens en gratifiast [de spectacles] quel (uefois la commune, d'une affection et bonté coùme paternelle, mont. I, te».
— ÉTVM. Provenç. paternal, pairenal; espagn. palernal; ital. paternale;d\i lat. paternus, allongé du suffixe alis.
PATERNELLEMENT (pa-tcr-nè-le-man), adv. En père, comme il convient à un père. Il l'a traité patemellement.
— ÉTYM. Paternelle, et le suffixe ment.
t PATERNIE.N (pa-tèr-niin), j. m. Sectaire chrétien qui soutenait que la chair est l'œuvre du démon (IV* siècle). Saint Augustin parle des pateiniens.
PATERNITÉ (pa-tèr-ni-té), i. /'. || 1° La qualité do père. La recherche de la paternité esl interdite par le code. || i° Paien^ité spirituelle, alliance qui se contracte entre le parrain et le filleul, ou même entre. le prêtre qui baptise et le baptisé. || 3° Votre Paternité, titre qu'on donnait au pape, dans le xit* siècle; on l'a aussi donné aux religieux, aux prêtres, aux confesseurs. {| 4- Terme de théologie. Perfection relative à la nature du Père.
— HIST. xvi* s. J'ay veu, receu, ouy et entendu l'ambassadeur que la seigneurie de vos seigneuries a transmis par devers ma paternité, rab. iv, ancien prologue.
— ÊTYM. Provenç. patcrnilat ; espapin. paternidad ; ital. paternilà; du lat. palernitatem, de patenius, paterne.
pAteUX, EL'SE (pâ-teû, teû-z'), ad}.\\l' Oui a les caractères, la consistance de la pâte. Les savons que forme l'union des graisses et des huiles avec la potasiîe restent mous, ou plus ou moins pâteux, TiiENARi), Traité de chim. t. m, p. 2t«, dans pouoens. Il Fig. Terme de peinture. Sa dit quelquefois d'une touche abondante en couleurs, des chairs peintes largement et moellensement. Touche pâteuse, chairs pâteuses, pinceau pâteux, sont des expressions qui se prennent toujours en bonne part. || 2° 11 se dit des choses qui font, dans la bouche, l'effet désagréable qu'y ferait la pâle. Ces poires sont pâteuses. llPain pâteux, pain qui n'est pas assez cuit, ou qui n'a pas assez levé. |{ On dit la bouche pâteuse quand la langue est couverte d'un enduit mui|ueux qui en émousse la sensibilité. Cela rend la bouche pâteuse. Il 8° Il se dit des liquides dont la liquidité n'est pas parfaite, et où se trouvent des filaments, des matières non fondues, etc. Liqueur pâteuse. Vin pâteux. Il On dit de même : Ce vin, celte liqueur a un œil pâteux. || Par extension. Ce diamant a un œil pâteux, il n'est pas parfaitement clair. || 4° Se dit d'une terre grasse, molle, à demi détrempée. Chemin. pâteux. L'homme y aurait de bonne heure coupé les bois, desséché les marais, consolidé un sol pâteux en le remuant et l'e.vposant aux rayons du soleil.... haynal, Hist. pkil. xvu, 3. ||Fig. Pâteux se dit d'un style qui manque de fermeté, de netteté, de légèreté.
— HIST. XIV* s. Un gant bel et blanc, et de cuir de cerf mol et pa.steux, Modus, f* lxxviii. || ivi* s. Vulcan le forgeron fit de pasleuse argile, La paitrissant en l'eau, cette femme fragile, am. jamin, Poésies, p. 333, dans lacurnk.
— ETYM. Pdte.
PATHÉTIQUE (pa-té-li-k'), adj. || 1* Qui louche l'âme et l'émeut. Orateur, discours pathétique. Il passe pour constant que ce second acte est un des plus pathétiques qui soient sur la scène, corn. f/or. fciamfn. Il Ternie d'.inatomie. Muscle pathétique, le Krand oblique de l'œil, ainsi nommé parce qu'il sert grandement à l'expression de l'œil. Nerf pallié-
PAT
tique, le nerf de la quatrième paire; on le nomme aussi nerf oculo-imisculaire interne || 2° S. m. Ce qui touche, émeut l'àme. Le pallutique ne fait jamais plus d'effet que lorsqu'il scmb'e que l'orateur ne le recherche pas, mais que c'est l'occasion qui le fait naître, boil. Longin, Subi. ch. xvi. Les citations profanes, les froides allusion.s, le mauvais pathétique, les figures outrées ont fini [dans la chaire), la bruy. xv. Clylemnestre est le modèle du grand pathétique; Iphifc'énie, celui de la simplicité noble et intéressante, volt. Comm. Corn. Suréna, préf. Le cœur se fondait à son pathétique [d'un chanteur], j. j. rouss. Dicl. de mus. art. voix. Ajoutons à la louange de Destouches, que le Glorieux est la première comédie où le pathétique, qui paraît si étranger à ce genre, ait osé s'introduire avec .succès, d'alemb. Élnrjcs, Destouches. J'ai choisi Richardson comme inspirateur de Rousseau et comme premier modèle du pathétique familier, exagéré par Diderot, villem. Litlér. franc. i8* siècle, 2* part. 3* leçon. || Terme de musique. Genre do musique dramatique et théâlraie qui tend à peindre les grandes passions, et parliculicrement la douleur et la tristesse.
— ETYM. IlaÔTiTiiioi;, de itde») ou ni6o{, souff:53C8
(voy. PATHOS) .
PATIIi; riOUEMENT (pa-té-li-ke-man),odj. D'un* manière pathétique. Le roi a clé au palais, oii il a fait vérifier quantité d'édits de divers offices; M. Bignon y a harangué devant le roi très-pathétiquement; et nonobstant tout a passé, gui patin, Lett. t. u, p 1 58. Je commence à n'être pas si mécontent de cette besogne [la tragédie du Triumvirat], et je crois que, si Mlle Duménil jouait bien Fulvie, et Mlle Clairon pathétiquement Julie, la pièce pourrait faire assez d'effet, volt. Lelt. d'Argental, 15 déc. t7«3.
— ETYM. Pathétique, et le suffixe ment.
t PATUIOtlES (pa-ti-k'), s. m. pi. Terme" de dévotion mystique. Ceux qui demeurent sujets â leurs passions, boss. fn'ouv. myst. n.
— ÊTYM. ria9v/.o;, de »tii8o;, passioa (voy. pathos).
t PATHOGÊNIE (pa-to-jé-nie), *. f. Partie de la pathologie qui traite de la manière dont les maladies se développent.
— ÊTYM. nà'Joç, maladie, et y^veok;, production. + PATHOGÊNIQUE (pa-to-jé-ni-k) , adj. Oui a
rapport à la (latliogénie.
PATHOGNOiMONlQUE (pa-logh-no-mo-ni-k'), r.aj. Il 1" Terme de médecine. 11 se dil dos signes qui caractérisent chaque maladie. || 2° S', f. Kn philosophie, science des signes des passions.
— HIST. XVI* 8. Les signes très certains et paihognomoniques sont.... paiié, xx, 7.
— ETYM. IlaOofvcDiiOvixà;, de itàOoç, passion, souffrance (voy. pathos), et fvùiuov, qui connaît, qui indique (voy. gnomon).
t PA rUOGNOSTIQUE ( pa-iogh-no-sti-k') , adj. Synonyme de pathogiiomouique.
— ETYM. IliSoç, maladie, et fiu>'7-iMi, qui fait connaître (voy. gnose).
PATUOLOGIE (pa-to-io-jie), s. f. Terme de médecine. Science qui traite de tous les désordres survenus, soit dans la disposition uiaténelle des organes , soit dans les actes qu'ils remplissent, l'athologie chirurgicale, celle qui s'occupe des maladies, lésions ou difformités, auxquelles le principal moyen de remédier consiste dans la pratique de certaines opérations exécutées avec la main seule ou armée de divers instruments. |{ Pathologie externe, «ynonyme de pathologie chirurgicale. || Pathologie interne ou médicale, celle qui s'occupe particulièrement des maladies cjue l'on combat pai des moyens tirés de la matière médicale et de l'hygiène. Il Pathologie spéciale, 'celle qui étudie une à une les diverses espèces de maladies auxquelles l'homme est exposé, il Pathologie comparée, celle dont l'objet esl l'étude comparative des phénomènes pathologiques qui se manifestent chez les différentes espèces d'animaux et même de végétaux. {| Pathologie humaine, celle qui s'occupe des maladies de l'homme. Le |>arli qu'on pourrait tirer de ses oh.servationi [sur les maladies d'animaux], même pour éclairer la pathologie humaine, floure.ss, Instit. Mém. stienc. t. X, p. «2U. Il Patliologie générale, celle qui réunit ies considérations communes aux maladies et expose les faits les plus généraux de la science médicale.
— ÊTYM. IIo9oXoflo, de «iSoç, maladie, et \iyo;, doctrine.
PATllOLOGIOUK (pa-tolo-ji-k'), adj. Oui appartient à la pathologie. L'aoatomie pathologique.
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)| Signe pathologique , signe qui dénote une lésion ; on dit plutiM aujourd'liui : signe palhognoaionique. Tout le mcnde me regardait, en retirant doucement vers les joues les deux coins de la bouche, et en menant les mains sur les côtés, ce qui est le signe pathologique de la joie, volt. Facéties, relation du voyage.
— ETYM. na6o)oYixo;, de TcaOoXofîa, pathologie, t PATHOLOGIOUE.MENT (pa-to-lo-ji-ke-man),
adv. Au point de vue patholos^ique. C'est le tissu cellulaire qui, survenant pathologiquement dan<; la matière nerveuse, devient la base et le siège do ces métamorphoses, serres, Instit. Mém. acad. scienc.
t. Il, p. 715.
— IIIST XVI* S. Or n'est-ce pas assez d'en discourir pathologiquement ; il faut procéder i la thérapeutique n'AUB. Fseneste,m, 22.
t PATUOLOGISTE (pa-lo-lo-ji-sf), t. m. Médecin qui s'occupe de la pathologie.
t PATHOPEE (pa-topée), s. f. Terme de rhétorique. Kxcitatlon des passions, style passionné.
— ÉTYJI. riaSoTioiîa, de itiOo;, maladie, et «oieïv, faire.
PATIIOS (pa-tos'), t. m. Il 1° Terme de rhétorique. Mouvements, figures propres k toucher fortement l'âme des auditeurs. Les rhéteurs opposent le pathos à l'ithos. On voit partout chez vous l'ithos et le pathos, moi.. F. sav. lu, 5. A propos de conseil, savez-vous que je crois le mémoire de Mariette le meilleur de tous pour instruire les jugesT les autres ont plus d'ithos et de pathos, mais celui-là va au fait plus judiciairement, volt. Letl. d'Argental, Sï janv. (763. 1)2° Stylo où une émotion vraie ou factice se déguise sous une emphase déplacée, sous une chaleur alTectce. C'est un pathos très-puéril que fait ici le cardinal de Bouillon, st-sim. 279, 27. Je voudrais que les avocats de la famille infoilunée des Calas eussent mis dans leurs mémoires moins de paihos et plus do pathétique, d'alem». Leit. à Voltaire, 12 fév. t76;i. Us se sont concertés pour me faire une scène de pathos, th. leclerco, Prov. t. m, p. 166, dans pocgens Le pathos de ses descriptions a nui H son autorité comme voyageur; mais c'est justice de dire que la vérité manque plus à son style qu'à son récit, chateaubr. Itin. «' partie.
— Etym. nâOo;, souffrante, et, par suite, passion, de TtioxEiv, souffrir, forme inchoative du radical qui a produit ira^etv, et qui est le même que le lat. jmti (voy. pâtir).
PATIBULAIRE (pa-ti-bu-lê-r*), adj.\\i° Qui appartient au gibet. Les femmes du peuple ont une singulière superstition ; celles qui sont stériles s'imaginent" que, pour devenir fécondes, il faut passer sous les corps morts des criminels qui sont sus(iendus aux fourches patibulaires, bukp. llist. nat. hom. Œur. t. v, p. 77. || Fig. Mine [lalibulaire, mine d'un homme digne de la potence. >Nc vous souvenez-vous pas, mjdame, de la physionomie funeste de ce grand homme [Turoiine]? du temps ijue ie ne l'aimais pas, je dirais que c'était une physionomie patibulaire, bussy bab. I.ett. à Mme de Sév. 4t août 1076. Ce monsieur le commis a l'air patibulaire, BOuBSAULT, iferc. gai. 11, ). || Inclinations patibulaires, inclinations qui conduisent à des actes dignes de la potence. Je n'ai pas, Dieu merci, les inclinations fort patiliulaires, mol. l'Avare, 11, i. \\i' S. m. Gibet. Le scélérat [renard]... Passa près d'un patibulaire ; Là, des animaux ravissants. Blaireaux, renards, hiboux.... Pour l'exemple pendus.... lafost. Fabl. xii, 23. Car de mettre au patibulaire Le corps d'un mari tant aimé, Co n'était pas peutêtre une si grande aîTaire, lo. Matr. |{ Recueil de faits qui concprnent les suppliciés.
— HIST. XVI* s. Ne voulut vuider ne rendre le fort, jusfjues à ce que, par le patibulaire dressé, eusl claire conïnoissance de la mort jugée de son frère, 1. d'auto.n, Annalet de Louis XII, p. (9, dans laclbue. Luy et sa trouppe se vindrent embuschcr derrière la justice patibulaire dudit Terouenne,