‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 32 sur 389 · XII · texte numérisé non relu

XII

— REM. Intime, à la rigueur, n'admet ni plus ni moins; car il est le superlatif d'intérieur. Cependant, on perd souvent de vue ce caractère de superlatif, et alors on donne à intime des degrés de comparaison ; voy. les exemples ci-dessus.

— HIST. XVI* s Bons dieux, quelle douceur.

Quel intime plaisir sent-on autour du cœur. Quand on lit sa Delos, ou quand sa lyre sonne, ronsard, 834. Durant ce procès, le roy de Navarre fut adverli par un intime du duc de Guise qu'on le vouloit serrer, n'Aua. Ilist. i, los. Son intime affection au service de l'honneur du roy, carloix, ix, 3|.

— ÉTYM. Lat. intimus , superlatif de forme archaïque do tnltw, en dedans. Intus est formé de in, dans, avec le suffixe tus, lequel a un sens locatif, comme subtus, cœlilus; grec, toî, èvTÔ;; sanscrit, tas.

INTIMÉ, ÉE (in-ti-mé, mée), part, passé d'intimer. Il l* Prescrit avec autorité. L'ordre ainsi intimé ne souffrait point de désobéissance. || 2° Qui est appelé en justice, particulièrement en appel. Toutes les fois que des officiers subalternes se sont ingérés de faire des poursuites de cette qualité sans en être prévenus par la plainte du mari, la cour les a déclarés bien intimés en leur nom, et les a rendus responsables des dommages-intérêts des parties, GUYOT DB PITAVAL, Causes célèbres, t. i, p. 4 26. Il faut, pour déclarer un juge bien intimé, avoir des preuves invincibles de corruption, et ici l'on n'a pas même la preuve la plus frivole, m. ib. t. i, p. 405. Il Substantivement. L'intimé, l'intimée, personne qui, ayant gagné son procès en première instance, est appelée devant un tribunal supérieur par sa partie. L'appelant et l'intimé.

INTIMEMENT (in-ti-me-man; et non, comme disent quelques-uns, in-ti-mé-man), adv. || 1° D'une manière intime, dans le fond des choses. Des parties intimement liées entre elles. || 2° Dans le fond de l'âme. Intimement convaincu. 11 est infiniment plus facile d'être intimement persuadé des opinions de théorie les plus contraires aux apparence.s, que d'être sincèrement et tranquillement au-dessus des passions, fonten. Carré. \\ 3° Avec une affection très-particulière et très-étroite. lis sont intimement liés.

— HIST. XVI* s. Intimement, cotubave.

— ÉTYM. Intime, et le suffixe ment.

INTIMER (in-ti-mé), v. a. || 1° Faire savoir, signifier avec autorité. On lui intima l'ordre de partir. Voilà, mes frères, disait ce grand apôtre, ce que j'ai à vous intimer de la part de Dieu, BOURn. 3* dim. après VÉpiphan. Dominie. t. i, p. 4 05. Il 2° Terme de pratique. Faire une signification légale. Il lui a fait intimer la vente de ses meubles. Il 3* Appeler en justice, principalement en parlant d'une assignation pour procéder sur un appel. 11 m'a fait signifier son appel, mais il ne m'a point intimé. Les accusés n'auraient point de parties, s'ils n'eussent intimé leurs juges, guyot de pita- VAL, Cautes célèbres, t. i, p. 4 65. || 4° Intimer un concile, assigner le lieu et le temps auxquels un concile doit se tenir.

— HIST. XV* s. Que l'on intime et fasse sçavoir au pape..., matii. de coucy, Ilist. de Charles VU, p. 713, dans LACURNE. Il xvi* s. Lesquels articles et points ainsi rédigez, estoit l'advis du dit seigneur roy que l'on inlimast alors le concile et non plus tost, M. DU BELLAY, 4 80. Je juray que d'ore en avant Je ne serois plus appelant Qu'aux cabarets les plus notables ; La soif, ma partie, intimant Devant les buveurs mes semblables, j. le houx,

— ÉTYM. Provenç. et esp. intimar; ital. intimare; du lat. intimare, introduire, et, par suite, faire connaître, déclarer, faire savoir, et, finalement, enjoindre; de intimus, intime.

t 1NTI.MU)ABLE (in- ti-mi da-W), ad). Qui peut être intimidé, qui est susceptible de se laisser intimider.

t INTIMIDANT, ANTE (in-ti-mi-dan , dan-t') , adj. Qui intimide. Prescriptions vexatoires et intimidantes.

t INTIMIDATEUR (in-ti-mi-da-teur), ï. m. Celui qui intimide. Nous attendions ces ovations des prétendus intimidateurs de la presse, pour relever toutes les félicitations qu'on s'est efforcé de rendre injurieuses pour nous, carrix, QCuvres, t. iv, p. 447. Il Àdj. Intimidateur, intimidatrice. Qui intimide. Mesures intimidatrices. Le Journal des Débats peut savoir, par sa propre histoire jusqu'où peut aller le ressentiment contre tout système intimidateur qui 6te aux opinions la liberté de se produire, CABREL, Q-Aivres, t. IV, p. 350.

t INTIMIDATION (in-ti-mi-da-sion; en vers, de six syllabes), s. f. Action d'intimider; effet de cette action. || Système d'intimidation, politique qui emploie des moyens de rigueur.

— HIST. XVI* s. Hors toute intimidation, rabel. Epistre dedic.

— ÉTYM. Intimider.

INTIMIDIÎ, ÉE (in-ti-mi-dé, dée), part, passé d'intimider. El mon cœur attendri sans être intimide, CORN. Poil/. I, i.Mes soldats presque nus, dans l'ombre intimidés, rac. Mithr. ii, 3. Je fus assez contente de la façon dont je m'étais tirée de cette première occasion, sans paraître embarrassée ni intimidée, STAAL, Mém. t. II, p. 424. Elle approche à pas lents, l'air sombre, intimidé, voi.t. Sémiram.l, I.

INTIMIDER (in-ti-mi-dé) , v. a. || 1° Donner de la timidité, de la crainte à quelqu'un. Ce mot déjà vous intimide! corn. Iléracl. ii, 3. L'Écriture a pourvu de passages pour consoler toutes les conditions, et pour intimider toutes les conditions, pasc. Pens. XXV, 88, éd.HAVET. Toutcequi parle au souverain, tout ce qui l'approche, les gagne ou les intimide [certains juges], Boss. le Tellier. Les Domains vantent leur Clélie et ses compagnes, dont la hardiesse à traverser le fleuve étonna et intimida le camp de Porsenna, id. Polit, ix, iv, 5. Il [Xychus] commença d'abord par nier tout, mais faiblement, et de manière qu'on vit bien que, pour peu qu'on l'intimidât, il découvrirait tout ce qu'on voulait savoir, rollin, Hist. anc. Œuv. t. viii, p. B78, dans pougens. Tu me parles toujours comme un juge implacable Oui sur son tribunal intimide un coupable, volt. Fanali, 4. Le président le Maître prit la place de Brisson, sans être intimidé par la catastrophe de son prédécesseur, id. Hist. pari. ch. xxxii. Lord Nelvil avait une dignité dans les manières qui intimidait Corinne, staei., Corinne, m, 3. ||2° S'intimider, v. réfl. Prendre peur. Par les peines d'un autre aucun ne s'intimide, corn. Cinna, iv, 4. A l'aspect du péril si ma foi s'intimide, ....Conserve l'héritier da tes saintes promesses. Et ne punis que moi de toutes mes faiblesses, rac. Ath. i, 2. X la fin de la journée, Sextius s'asseyait sur la sellette.... il s'interrogeait et se répondait.... le vice s'intimidera, quand il saura que, tous les soirs, il sera mis à la question, dideb. Claude et Nér. ii, 49.

— HIST. xvr s. Caîsar alloit ruinant la chose publique, et intimidant lesenat, amyot, Caî. d'Uliq. a5.

— ÊTYM. Lat. in, dans, et timidus, timide. INTIMITÉ (in-ti-mi-té), s. f.\\l' Qualité de ce

qui est intime. L'intimité d'une combinaison chimique. Il suffit de mettre cette prétendue chaux dans un vaisseau bien clos, et de la chauffer à un l'eu violent, pour qu'en se volatilisant le mercure abandonne l'air avec lequel il n'était uni que par la force d'une longue contrainte, et sans intimité, buff. .Jfi'n.t. v, p. 319. Il 2" Fig. Le fond caché de l'intérieur do l'homme. Dans l'intimitédela conscience. || 3" Liaison infime. N'étant que trois dans notre retraite, le loisir et la solitude devaient naturellement resserrer notre intimité, j. j. rouss. Conf. ix. Deux êtres qui s'aiment assez pour sentir qu'ils n'existeraient pas l'un sans l'autre, ne peuvent-ils pas arriver à cette noble et touchante intimité qui met tout en commun, même la mort? stael, Corinne, xv, 3.

— ETYM. Intime.

t INTINCTION(in-tinksion), s. f.Terme de liturgie. Mélange que l'on fait, avant la communion, d'une fraction de l'hostie avec le vin consacré.

— ÉTYM. Lat. intmctionem, action de mouiller, de in, en, et tingere, mouiller, teindre (voy. teindre).

t INTIRABLE (in-ti-ra-bl'), adj. Qui ne peut pas être tiré.

— HIST. xvi* s. Intirable, cotcrave,

— ÉTYM. In.... t, et tirer.

INT

INT

INT

t INTITCLATIOV ( in-ti-tu-Ia-sion ), i. f. Action de donner un titre à un ouvrage ; résultat de cette action. C'est sous Achaz même qu'Isaïe a prophétisé, comme le porte l'intitulation de sa prophétie, Boss. 2* insir. pastorale sur les prom. deJ. C. 24.

— HiST. XVI' s. Le roi lui-mesme en voulut faire l'intitulation [d'un imprimé] qui estoit telle.... car- LOIX, VI, 31.

— ÉTYM. Intituler.

INTlTt'LÉ,ÉE(in-ti-tu-lé,Iée), par», pass^d'intitn-

1er. Il 1° Oui a reçu un titre. Un livre intitulé : l'Esprit des lois. Il i° S. m. Terme de pratique. L'intitulé d'un acte, d'un jugement, la formule usitée qui se met en tfte d'un acte, d'un jugement. L'intitulé sera tel que l'on doit le faire. Et l'on le réduira dans le style ordinaire, BEGNAnn, Légat, iv, 6. || Intitulé d'inventaire, partie de l'inventaire portant les noms, professions et demeures des requérants, des comparants, des défaillants et des absents. |{ 3° Terme de librairie. Titre. L'intitulé d'un livre.

I.VTITDLER (in-ti-tu-lé), v. a. || 1» Donner un titre. 11 a donné au public un ouvrage qu'il a intitulé ainsi.... || 2° Terme de jurisprudence. Mettre la formule en tète d'une loi, d'une ordonnance, d'un jugement, etc. Les expéditions des jugements doivent être intitulées comme les lois. || 3° S'intituler, V. ré(l. Se donner im titre; ce qui se dit avec une idée soit d'ironie soit de dénigrement. Il s'intitule prince de.... Pour les Arcadiens, qui se croyaient plus anciens que la lune, il me semble qu'ils ressemblaient à ces rois d'Orient qui s'intitulaient cousins du soleil, volt. Lelt. Dionis, (8 janv. I77B. Ouand l'ermite du mont Jura s'intitulait le pauvre vieillard, il n'avait pas tort, id. Lett. Schomberg , 6janv. (770.

— HIST xiv* s. Lesquelz déduis [amusements] sont cy après entilulés par ordre si comme ilz sont escrips et figurés, Modus, f» cxviii, i-frso. Chapitre entitulé des empeechemens de la curation en dos plaies, H. DE MONDEviLLE, f" 93. || xv« S. Le duc d'ïorck.... se entitula roy, comm. i, 7. La fille du roy d'Angleterre que jà avoient fait intituler madame la Daulphine, id. vi, 2. || xvi" s. Avec le duc de Savoye, qui toujours s'intituloit ainsi, encores qu'il n'y eust ung seul poulce de terre, carloix, vii, 27. Un livre qui s'intitule Theologia naturalis.... Raimondi de Sebonde , mont, h, I3(i.

— ÉTYM. Provenç. entitolar, intitulât; e?p. t'titilu'ar: ital. intito'lare; du lat. intitutare, de in, en, et tiluhis, titre.

t INTOLÉRABILITÉ (in-to-lé-ra-bi-li-tc) , s. {. Qualité de ce qui est intolérable.

— HIST. xvi' s. Intolerabilité, monet, Vict.

— ÉTYM. Lat. inloîerabilllatcin (ouicriEBAT, Addenda), lie inlolerabilis , intolérable.

I>TOLfiRABLE (in-to-lé-ra-W), adj. || 1» Qu'on ne peut supporter patiemment. Ces conditions d'une paix qui tenait tant de la servitude parurent intolérables, et la fierté du vainqueur inspira un courage de désespoir aux vaincus, volt. Siècle de Louis XIV, to. Il 2° Qu'on ne peut tolérer. Cola est intolérable. || II se dit aussi des personnes. Si vous voulez qu'on tolère ici votre doctrine, commencez par n'être ni intolérants ni intolérables, volt. I'olit. et législation. Tolérance, s'il est utile d'entretenir, etc.

— HIST. XIII* s. Chaut et froit sans mesure, puors [puanteur] intolérables [dans l'enfer], j. de meuno, Test. (938. Il XIV' s. L'empire et la seigneurie des consuls trop grande et intollcrable, bf.rciielre, f° 63, verso. Se complaignant de la cruauté de son pore intollerable envers lui, id. ^ 25, recto. Douleur intollerable, h. dr mondeville, I* 88. || xvi' s. fxsto presumptueuse, haultaineetfiere opiniastrelé, quand elle est jointe à l'ambition, devient encore plus intolérable, amyot, Alcib. et Cor. compar. «.

— ÉTYM. Lat. intolcrabilis, de in.... ), et lolcralilis, toléralile.

t IXTOLP.RAnLEMKXT { In-to-lé-ra-ble-man) , adv. D'une manière intolérable.

— rnST. XVI' s Intolerablement, cOTonAVE.

t INTOLfiRA-MMEyT ( in-to-lé-ra-man ) , adv. D'une manière intolérante.

— HIST. XVI' s. Intolerammont, monet, Dict.

— ÉTYM. Intolérant, et le suffixe ment. INTOLÉRANCE (in-to-lé-ran-s'), j. f. || l' Refus de

iupporter, répugnance à supporter les hommes ou les choses. Des divisions nationales résulta le polythéisme, et de là l'intolérance théologique et civile, 1. 1. pouss. Contrat social, iv, 8. Il y a dans les choses de goût, ainsi que dans les choses religieuses, une espèce d'intolérance que je bISme, DiPEB. Eloge de Richardson. jj Terme de méilccine.

Impossibilité de supporter un remède ; condition indiquant qu'il faut s'en abstenir. L'intolérance pour le tartre stibié. || 2° Absolument. Disposition à violenter, à persécuter ceux avec qui on diffère d'opinion religieuse. Si je faisais une religion, je mettrais l'intolérance au rang des sept péchés mortels, volt. Lett. Scftomfterg, 4 août (769. Il y aura toujours des barbares et desfourbes qui fomenteront l'intolérance, mais ilsne l'avoueront pas, etc'est avoir gagné beaucoup.... ID. Dict. phil. Tolér. 3. Sous nos cinq derniers rois, la seule intolérance A fait, un siècle entier, les malheurs de la France, M. j. ciién. Fénelon,m, 4.

— HIST. XVI' s. Intolérance, ol'din, Dict.

— ÉTYM. Ital. intoleranza ; du lat. intolerantia, de ininlerans, intolérant.

INTOLÉRANT, ANTE {in-to-lé-ran, ran-t'), adj. Qui manque de tolérance, qui ne peut ou ne veut supporter ; il se dit surtout en matière de religion, et des personnes comme des choses. Doctrine intolérante. L'instituteur divin du christianisme, vivant dans l'humilité et dans la paix, prêcha le pardon des outrages; et sa sainte et douce religion est devenue, par nos fureurs, la plus intolérante de toutes et la plus barbare, volt. Mœurs, 7 II n'y a pas aujourd'hui un ex-jésuite ou un ex-janséniste qui ose dire : Je suis intolérant, m. Dict. phil. Tolérance, 3. || Substantivement. Les philosophes doivent vous chérir, et les intolérants mêmes (loi vent vous estimer, volt. Lett. Thiroux, mars (763. Je défie tous les intolérants du monde de répondre à cela, J. 3. Rouss. t'm. iv.

— ÉTYM. Lat. intolerantem , de in.... i, et tolerare, tolérer.

INTOLÉRANTIS.ME { in-to-lé-ran-ti-sm') , s. m. Néologisme du xviii' siècle. Sentiment de ceux qui ne veulent souffrir aucune autre religion que la leur. Le sang que le monstre de l'intolérantisrae avait fait couler pendant deux siècles, volt. Lett. Uénaut, 26 fév. I7G8.

— SYN. intolérantismb, intolérance. L'intoléranlisme érige en système les actes qui composent l'intolérance.

— ÉTYM. Intolérant.

t INTOLÉRÉ, ÊE (in-to-lé-ré, rée), adj. Qui n'est point toléré ou permis.

— ÉTYM. In.... ^, et toléré.

INTONATION (in-to-na-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\ 1° Terme de musique. Manière d'observer les tons, et, en particulier, action par laquelle on commence à entonner quelque air de chant. J'entendis un mousse chanter le commencement du septième chant de la Jérusalem; l'air était une espèce 'de récitatif très-élevé dans l'intonation, et descendant aux notes les plus graves à la chute du vers, chateaub. Itin. \" part. Voyage de la Grèce. || 2° En parlant du plain-chant, l'action de mettre un chant sur le ton dans lequel il doit être. L'intonation de ce psaume est de tel ton. Il 3° Par extension, divers tons que l'on prend en parlant ou en lisant. S'il n'est pas possible de trouver, dans la proportion harmonique, des subdivisions capables d'exprimer les intonations d'une langue telle que la chinoise, qui nous parait trèschantante, où trouverait-on des subdivisions pour une langue presque monotone comme la nôtre? DUCLOS, Mém.act. thédtr. Œuv. t. ix, p. 36i,dans pouGENS. 114"" Terme militaire. Mode ditlerent dans le ton, suivant lequel le commandement se fait dans chaque arme. L'intonation dans l'infanterie, dans l'artillerie.

— HIST. xvi* 3. Tous les autres moutons, crians et bellans en pareille intonation, commenceaient soy jeter et sauter en mer a[ircz à la file, rabel. Pant. IV, 7. Au son du tabourin changeant son intonation, ID. ib. IV, 15.

— ÉTYM. Lat. intonare, de in, en, et tonare, tonner.

t INTORSIOX (in-tor-sion), s. f. Terme d'histoire naturelle. Action de s'entortiller autour d'un corps, de dehors en dedans.

— ÉTYM. Lat. in, en, dedans, et torsion.

t INTOUCHABLE (in-tou-cha bl'), adj. Qui ne pout pas être touché.

— HIST. XVI' s. Intouchable, cotgbavs.

— ÉTYM. Tn.... ) , et toucher.

t INTOXICATION (in-to ksi-ka-sion), ». f. Terme de médecine. Introduction d'une substance toxique dans l'économie vivante. L'intoxication paludéenne. Il Intoxication saturnine, nom ilonné aux elTcts toxiques produits par l'actinn prolongée des préparations de plomb.

— HIST. xv s. La dnuTieme manière par poifons, venins et intoxications, monstbbl. i, î».

— ÉTYM. Intoxiquer. Au xii* siècle, on a dit intoschcment (intoxieamentum) : Plein de venin et [ileiii d'intoschenient, Rone. p. (Ofi.

t INTOXIQUER (in-to-ksi-ké), r. a. Imprègne. l'économie de substances toxiques.

— HIST. XVI' s. La beauté des femmes, intoxiquée de ardante libidinité corruptive de toute vertu..., FABRI, Art de rhétor. liv. i, f' (6, dans

LACUBNE.

— Ktym. Lat. in, en, dans, et toxicum, poison (voy. toxique) ; provenç. entoyssegar , entuyscgar, entoxiqiiar.

t INTRACÉ, ÉE (in-tra-sé, see), adj. Qui n'est point tracé ou frayé. Chemin intracé.

— ÉTYM. In.... (, et tracé.

t INTRACRXNIEN, ENXE (in-tra-kra-niin, nièn'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à l'intérieur du crâne.

— ÉTYM. Lat. intra, en, dedans, et crdne.

t INTRADE (in-tra-d'), s. {. Terme de métallurgie. Saillie de la tuyère dans le creuset d'un feu catalan.

— ÉTYM. Provenç. intrada, entrée. Intrade s'est dit dans le xvi' siècle pour commencement, entrée, revenu annuel : Dix mille francs d'intrade, rabel. Nouveau prologue. C'est l'italien intrada.

t INTRADERMIQUE ( in-tra-dèr-mi-k' ) , adj. Terme d'anatomie et de pathologie. Qui est dans l'épaisseur de la peau. Taches intradermiques.

— ÉTYM. Lat. intra, au dedans, et derme.

t INTRADILATÉ, ÉE (in-tra-di-la-té, tée), adj. Terme de botanique. Squames intradilatées, squames de i'involuore qui, rangées par deux, sont plus larges dans le rang interne que dans le rang externe.

— ÉTYM. Lat. «niro, en dedans, et dilaté.

INTRADOS (in-tra-dô), s. m. Terme d'architecture. Ensemble des douelles intérieures; il est opposé à extrados.

— ÉTYM. Lat. intra, en dedans, et dos. INTRADUISIBLE (in-tra-dui-zi-bl'), adj. Qu'on

ne peut traduire. Gratien passe pour intraduisible, ilém. de Trév. dans desfontaines.

— ÉTYM. In.... (, et traduire.

t LNTRADUIT, UITE (in-tra-dui, dui-t'),ady. Qui n'a point été traduit. Passage intraduit.

— ÉTYM. In.... (, et traduit.

j I.\TRAFOLIACÉ, ÉE(in-tra-fo-li-«-«é, sée), arf/. Terme de botanique. Qui naît entre les feuilles. Pédoncules intrafoliacés.

— ÉTYM. Lat. tntra, en dedans, et folium, feuille.

t INTRAIRE (in-trê-r'), adj. Terme de botanique. Embryon intraire, embryon renfermé dam l'albumen.

— ÉTYM. Lat. intra, en dedans.

LNTRAITABLE (in-trè-ta-bl'), ad';. || 1» Avec qui

on ne peut traiter, qui est d'un commerce difficile. Le roi de plus en plus se rcnriant intraitable, corn. Perthar. iv, 6. Il n'est point de tyran plus dur, plus haïssable Que la sévérité de ton creur intraitable, volt. Brutus, 11, 5. Cette secte intraitable [le stoïcisme] et qui fait vanité D'endurcir les esprits contre l'hu aanité, id. Mort de César, j, I.Ceux qui croient n'a 'oir plus besoin d'autrui deviennent intraitables, vau/en.H^/I. etmax.s-i. Vous me l'avez peint comme un homme intraitable , picard, Duhautcouri, 1,9. Il Intraitable à. La passion qu'il [Louis Xl| avait de vivre le rendait intraitable à quiconque l'osait avertir de sa mort, flF.cii. Panég. S. Frai'Ç. de Paule. || 2* En un sens favorable. Qui ne se plie pas aux mauvaises transactions. De l'intraitable vérité L'incommode sévérité, di-lu.i.r. Corners, m. || 3° X qui on ne peut faire entendre raison sur quelque chose. Mais souvent sur ses vers un autour intiaitable il les protéger tous se croit intéressé, boil. Art p. I. C'est toi seul que je plains, intraitable rimeur, gilb. Apol.

— HIST. XV' S. On l'appelle ulcère maligne, rebelle, intracta jle, PARÉ, V, 27.

— ÉTYM. Lat. intractabilis, qu'on ne peut manier, de m.... (, et (rarwre, manier (voy. traiter).

t INTRAMARftlNAL, ALE ( in-tia-mar-ji-nal, na-l'), adj. Terme de botanique. Qui est placé en dedans des bords. Feuilles, fleurs inlramaryinalos.

— ÉTYM. Lat. intra, en dedans, et marginal.

t INTRA.MÉDUI.I.AIRE (in-tra-mé-dul-lô-i'), ad;'. Terme d'anatomie. Qui est au dedans de la moello nen'euse. Le trajet intramedullaire des racine» d'un nerf.

— ÉTYM. Lit. intra, en dedans, et médullaire.

t INTRAMERCURIEL, ELLE (in-tra-mèr-ku-rl.

èl, è-l'), adj. Terme d'a.slrnnomie. Placé entre Mc!-

INT

INT

cure et le soleil. Du m janvier au is avril, on a exploré la surface du soleil avec l'équatorial pour chercher la planète intramercurielle que M. le docleur tescaibault croyait avoir découverte, grandeau et LAUGEL, lierue des sciences et de J't'nduttrte, <862, p. 32.

— ÈTYM. Lat. intra, en dedans, et Mercure, placé te.

t INTKA-MDROS ( in-tra-mii-ras'), loc. adv. Dans l'intérieur de la ville. Habitation intra-muros.

— ÊTYM. Lat. intra, en dedans, et muros, les murs.

INTRANSITIF, IVE (ia-tran-zi-tif, ti-v'), adj. Terme de grammaire. Verbes intransitifs, verbes exprimant des actions qui ne passent point hors du sujet. Dîner, souper, marcher, sont des verbes intransitifs. || On dit dans le même sens, signification intransitive.

— ÉTYM. Lat. intransitivus, de in.... t, et Jronsitivus, transitif.

t INTRANSMCABLE (in-tran-smu-a-W) , adj.

Terme didactique. Qui n'est pas susceptible de Iransmutation.

— HIST. xiv" s. Choses pardurables sunt intransmuables selon leur essence, oresme, Thèse de meunier.

— ÉTYM. In.... 4, et transmuer.

t INTRANSPARENCE {in-tran-spa-ran-s') , x. f. Défaut de transparence.

— ÉTYM. In.... i. et transparence.

t INTRAN.SPARENT, ENTE ( in-tran-spa-ran , ran-t'), a4j. Qui manque de transparence.

— ÉTYM. In.... t, et transparent.

t INTRANSPORTABLE (in-tran-spor-U-bl'), adj. Qui ne peut être transporté.

— ÉTYM. In.... *, et Iransportable.

IXTRANT (in-tran),î. m. Nom d'un officier qu'on

choisissait autrefois dans chaque nation de l'université de Paris pour l'élection du recteur. Il y avait quatre intrants, parce qu'il y avait quatre nations dans l'université.

— ÉTYM. Lat. intrantem, entrant, de intrare, entrer.

t LVTRAPÉTIOLAIRE (in-tra-pé-si-o-lê-r'), adj. Terme de botanique. Qui est placé entre les pétioles.

— ÉTYM. Lat. intra, en dedans, et pétiole.

t IXTRAPULMONAIRE (in-tra-pul-mo-nê-r'), adj. Terme d'anatome. Qui est au dedans du poumon. I.a pression atmosphérique et la pression intrapulmonaire.

— ÉTYM. Lat. intra, en dedans, et pulmonaire.

t INTRARACHIDIEN, lENNE ( in-tra-ra-chidiin, diLi-n'), adj. Terme d'anatocaie. Qui est dans l'intérieur du rachis.

— ÉTYM. Lat. intra, au dedans, et rachis.

I INTRATROPICAL.ALE (in-tra-tro-pi-kal,ka-l'), adj. Synonyme d'intertropical.

— ÉTYM. Lat. intra, en dedans, et tropique.

t INTRATUBAIRE (in-tra-lu-bê-r'), adj. Qui se fait dans l'intérieur d'un tube. Travaux intratubaires pour établir les fondations d'un pont.

— ÉTYM. Lat. intra, au dedans, et tut'r.

t INTRA-UTÉRIN, INE (in-tra-u-té rin, ri-n'), adj. Terme d'anatomic et de physiologie Qui existe ou se passe dans la cavité utérine.

— ÉTYM. Lat. intra, en dedans, et utérin.

t INTRA VASCCLAIRE {in-tra-va-sku-lê-r'),ad;. Terme de botanique. Qui est au dedans des vaisseaux. Le parenchyme intravasculaire.

— ÉTYM. Lat. intra, en dedans, et rasculaire.

t INTRAVERSi\BLE (in-tra-vèr-sa-br),orfj. Qu'on ne peut traverser. Ce qu'ils [les Anglais] avaient le plus à craindre, c'était que la France ne reTit ces terribles nids de corsaires qui, sous Jean Bart, Duguay-Trouin, Forbin, Cossard, avaient rendu le commerce impossible, la mer intraversable, miche- .ET, la Régence.

— ÉTYM. /n. ... i, et traverser.

t INTRAVERSÉ, ÉE (in-tra-vèr-sé, sée), ad}. }\i'on n'a pas traversé. Des marais intraversés.

— ÉTYM. In.... 4 et traversé.

t INTRAVERTÉBRÉ, ÉE ( in-tra-vèr-té-bré, hrée), adj. Terme d'anatomie. Animaux intravertébrés, ceux qui ont leur appareil osseux dans l'intérieur du corps, par opposition aux extra-vertébrés qui Tont à leur extérieur; désignation qui a son fondement dans le système de ceux qui ramènent les animaux vertébrés elles animaux articulés à un même type.

— ÉTYM. Lat. intra, en dedans, et vertébré. ra-TRENTE-DKDX (in-tran-te-deû), adj. Terme

dïmprimerieetde librairie. Format in-trente-deux.

format où la feuille est pliée en 3S feuillets et a 04 pages. Livres in-trente-deux. 1| Substantivement. Un in - trente-deux. L'in-trente-deux édition des chansons de Béranger] trompait l'oel du myope. Mais vos défauts vont être tous sentis [dans l'édition in-octavo], BÉRANGER, In-octavo. || On écrit aussi : in-32. ]|4upiur. Des in-trente-deux.

— ÉTYM. In, en, trente, et deux.

INTRÉPIDE (in-tré-pi-d'), adj. || 1» Qui ne craint point, en parlant des personnes et de ce qui leur est propre. Mais avez-vous pris attache des gramm;iiriens pour passer intrépide en notre langue ?... il est vrai que le bonhomme Malherbe s'est servi avant vous de cettui-cy..., quoi qu'il en soit, intrépide me plaît fort, et, si j'ai du crédit, je l'emploierai volontiers pour faciliter sa réception, balz. Letl. xv, liv. xvi. On dit que le cardinal Mazarin ne craint rien, et qu'il meurt intrépide, comme disent les Italiens, gui patin, Lett. t. m, p. 328. Elle, toujours intrépide autant que les vagues étaient émues, rassurait tout le monde par sa fermeté, boss. Reine d'Ànglet. Le Tellier s'opposait à ses impatiences [de Mazarin] jusqu'à se rendre suspect, et, sans craindre ni ses envieux ni les défiances d'un ministre également soupçonneux et ennuyé de son état, il allait d'un pas intrépide où la raison d'État le déterminait, m. le Tellier. Pendant que la magnanime et intrépide régente était obligée à montrer le roi enfant aux provinces pour dissiper les troubles qu'on y excitait de toutes parts, id. ib. S'il y eut jamais une conjoncture où il fallut montrer de la prévoyance et un courage intrépide.... m. ib. Nous savons que jamais âme ne fut plus fière ni plus intrépide : on le vit à la bataille de Cerné charger trois fois les ennemis, fléch. Due de Mont. Une mère m'attend, une mère intrépide Qui défendra son sang contre un p6re homicide, rac. Iph. IV, 8. L'intrépide Hippolyte Voit voler en éclats tout son char fracassé, m. Phèdre, v, o. Couronnons, proclamons Joas en diligence ; De là, du nouveau prince intrépides soldats. Marchons.... id. Ath. IV, 3. Ajoutez vos fureurs à mon zèle intrépide, VOLT. Fanât, m , 7. Avec un cœur btrbare on peut être intrépide, Ducis, Othello, i, 6. || Intrépide à. Avec une gradation lente et ménagée, on rend l'homme et l'enfant intrépides à tout, J. J. Rouss. Émtle, i. Il Substantivement. Il [Pierre l'apôtre] présume, il s'engage, il renie ; une servante fait trembler cet intrépide, qui se vantait de ne rien craindre, Boss. Méd. sur l'Év. la Cène, 76* jour. || 2* Qui ne se laisse pas rebuter. On solliciteur intrépide.

— HIST. XVI* s. Il estoit docte, en beaux termes fécond, Nol)Ie d'engin, à escrire intrépide, j. bou- CHET, dans FAVRE, Études sur la basoche, p. i 98.

— ÉTYM. Ital. inlrepido ; du lat. intrepidus, de in.... 4, ettrepidus, tremblant, timide (voy. tbépinATiON). Ce mot, usité dès le xvi" siècle et oublié, reparut au commencement du xvii* comme un mot nouveau. Balzac et Gui Patin osent à peine s'en servir.

INTRÉPIDEMENT (in-tré-pi-de man), adv. D'une manière intrépide.

— ÉTYM. Intrépide, cl le suffixe ment.

INTRÉPIDITÉ (in-tré-pi-di-té), s. f. Qualité de

l'intrépide. En achevant ces mots, la déesse guerrière.... Rend aux trois champions leur intrépidité, BOiL. Lutr. m. Quoiqu'il ne se fût pas destiné à la guerre et qu'il ne soit guère naturel qu'un soldat ait été élevé à l'observatoire, il marqua toute l'intrépidité que demande le métier des armes, fonten. Chaxelles. Le jeune prince [le fils de Louis XI VJ ne trouve rien qui l'arrête ; il soutient, par son intrépidité, le courage des troupes accoutumées à vaincre; il leur rend tout possible par son humanité et par ses largesses, mass. Or. (un. Dauphin. Je renais et je sens alfermir dans mon sein Cotte intrépidité dont je doutais encore, volt. Orph. v, 4. Par un mélange singulier de sentiments qui semblaient se combattre, on la vit regretter la vie et regarder la mort avec intrépidité, lu. Éloge marq. du Chdtel. Alors cet homme [Palkul] qui avait bravé la mort dans tant de batailles, se trouvant seul avec un prêtre et son courage n'étant plus soutenu par la gloire ni par la colère, sources de l'inlrépidité des hommes, répandit amèrement des larmes dans le sein du chapelain, id. Charles Xll, 3. || Il se dit aussi, en quelques cas particuliers, de toute autre fermeté que celle qui fait braver le danger. La constante hauteur de sa présomption. Cette intrépidité de bonne opinion, Cet -ndolent état de confiance extrême Qui le rend en tout temps si content de soi même, mol. Femmes sav. l, 3.

— «TYM. Intrépide.

t INTRIGAII.LI-n (in-tri-gâ-Ilé, Il mouillées),»'. n. Terme familier. S'occuper d'intrigues mesquines.

— ÉTYM. Intriguer, avec la finale péjorative ailler.

t INTRIGAILLECil (in-tri-gâ-Ueur, Il mouillées), I. m. Celui qui intrigaille.

INTRIGANT, ANTE (in-tri-gan, gan-t'), adj. Il 1" Oui se mêle de beaucoup d'intrigues. De sei frères, l'un était aumônier de la reine, jésuite intrigant et grand faiseur de mariages, iiamilt. Gram. 9. La même année, le pape Léon X, plus intrigant peut-être que politique, et qui, se trouvant entre François I*' et Charles-Quint, ne pouvait guère être qu'intrigant, fait presijue à la fois un traité avec l'un et avec l'autre, volt. Ann. Emp. Charles-Quint, t B2( . Je n'ai jamais vu une seule personne intrigante sur l'amitié de laquelle on dût raisonnablement compter, genlis, Adèle et Théod. t. ui, p. 50, dans POUGENS. Il II se dit aussi des choses. Dévotion intrigante et dominante; en cessant d'intriguer dans le monde et d'y vouloir dominer, on veut intriguer et dominer dans le parti de la dévotion, boukdal. Pensées, t. i, p. 429. Il 2° S. m. elf. Un intrigant, une intrigante. Habile en tous métiers, intrigante parfaite. Qui prête, vend, revend, brocante, troque, achète, Met à perfection un hymen ébauché.... regnard, le Joueiir, V, 2. L'intrigant se flattait de le voir [le ministre] bientôt perdu par une cabale ; les femmes espéraient qu'on leur donnerait bientôt un ministre plus jeune, volt. Babouc. 113° S. m. pi. Les intrigants, nom par lequel les jacobins désignaient les girondins.

— SYN. ÊTRE intrigant, AVOIR DB L'ENTREGENT.

Intrigant se prend toujours en mauvaise part. Quand on veut exprimer les mêmes actes en bonne part, on dit qu'un homme a de l'entregent, qu'il sait se ménager, qu'il se fait bien venir partout.

INTRIGUE (in-tri-gh'), s. f. || 1° Embarras, difficulté où l'on se trouve; sens primitif qui ne s'emploie guère qu'avec : hors, sortir de. Je suis fort aise que vous approuviez le mariage de Grignan ; il est vrai que c'est un très-bon et un très-honnête garçon, qui a.... de l'estime et de la considération dans la monde; que faut-il davantage? je trouve que nous sommes fort bien sortis d'intrigue, siv. Luit, â

Bussi/, 7 janv. tfio» Ne recevant aucune réponse,

j'étais tout prêt à me plaindre de vous, quand j'ai appris que vous aviez failli à mourir ; sur cela j'ai bien changé de ton, et, au lieu des reproches que je vous préparais, je n'ai eu que de la tendresse et de la joie de vous savoir hors d'intrigue, biissv- RAB. Lett. à Mme de Sév. 9 mars (876. Sans un peu d'effronterie, j'aurai peine à sortir d'intrigue, dancourt. Été des coquettes, se. 2t. {| 2° Combinaison et série de pratiques secrètes pour faire réussir une afl'aire. Il perçait dans tous les secrets, démêlait toutes les intrigues, boss. leTellier. Un homme me disait autrefois que nos chagrins venaient des intrigues oii nous nous engagions, encore plus que de nos fautes, maintenon, Lett. à Mme de laViefville, 20 juin 1708. Celle [la sagesse] du siècle, qui s'empresse et qui s'inquiète, qui conduit des intrigues, qui démêle des intérêts, fléch. Dauphine. Ne descendons jamais dans ces lâches intrigues, N'allons point à l'honneur par de honteuses brigues, boil. Art p. IV. La dispensation des honneurs sacrés ne fut plus une intrigue de cour, mais une affaire de religion, mass. Panég. St Louis. Les intrigues des cours, les cris des factions.... volt. Objmp. m, 2. Ce qu'un savant gagne en intrigues, il le perd en génie; de môme que, dans la mécanique, ce qu'on gagne en temps on le perd en forces, lu. Facéties, Diatr.doct. Akakia. Par quels ressorts secrets"? par quelle heureuse intrigue? lu. Drutus, m, 2. Le cri public est la plus infaillible des intrigues et la meilleure des protections, m. Lett. Tressan, 3 févr. <768. Il Absolument. L'intrigue, les combinaisons, le jeu des pratiques secrètes. L'intrigue est plus puissante à la cour que les liaisons du sang, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 8 déc. 17)7. Un homme qui a vécu dans l'intrigue un certain temps ne peut plus s'en passer, la bhuy. viii. Ne pouvant faire usage d'une beauté passée, elle se tourna du côté de l'intrigue, à quoi son esprit était naturellement porté. M"" de CAYLUS, Souvenirs, p. m, dans pougens. Balue avait [dus do finesse dans l'esprit que d'élévation; souple, adroit, plus faux que politique, plus propre à l'intrigue qu'à la négociation, il s'attachait moins h persuader qu'à séduire, duclos, Ilist. Louis XI, (Wmv. t. Il, p. 302, dans pougens. D.ins le vaste champ de l'intrigue, il faut savoir tout cultiver, jusqu'à la vanité d'un sot, beaumarch. Mar, de Fig,

INT

m, *1. Ronnnçnnt aux plaisirs, au ropos, à l'amitié, pour se livrer entièrement à l'intrigue et aux affaires, genlis, Thédt. d'édiic. l'Intrigante, i, 4. Il aimait l'intrigue comme un jeu, même quand le bat ne l'intéressait pas, stael, Corinne, xn, 2. I! 3° Habileté à intriguer. Vous ployez sous des plus puissants que vous, et vous opprimez de tout votre petit crédit ceux qui ont moins d'intrigue que vous dans le monde, pasc. Pens. Jés. 35, éd. faugêre. La Femme d'intrigue, titre d'une comédie de Dancourt, en cinq actes et en prose, <693. Ce Langemet avait beaucoup d'esprit, quelque petite intrigue et de la valeur, st-sim. ) 99 , < 54. Être homme d'intrigue, j. i. rooss. Confess. ix. ||4" Différents incidents qui forment lo nœud d'une pièce dramatique. L'intrigue de celte comédie est bien conduite. Le fil de l'intrigue. Le nœud de l'intrigue. El qui, débrouillant mal une pénible intrigue, D'un divertissement me fait une fatigue, boil. Art p.iii. Avez-vous les Trois sultanes? on dit que cela est charmant; point d'intrigue, mais beaucoup d'esprit et de gaieté, volt. Lett. d'Argental, 16 juin 176(.||Comédie d'intrigue, celle où l'auteur s'occupe surtout d'intéresser et d'amuser par la multiplicité et la variété des incidents qui se croisent. Les Fourberies de Scapin, le Barbier de Séville sont des comédies d'intrigue. Corneille lui-même avait donné le Menteur,pièce de caractère et d'intrigue prise du théâtre espagnol comme le Cid ; et Molière n'avait encore fait paraître que deux de ses chefs-d'œuvre, lorsque le public avait la Mûre coquette de Quinault, pièce à la fois de caractère et d'intrigue, et même modèle d'intrigue, volt. Lotiis XIY, 32. || Dans un roman, combinaison de circonstances et d'incidents qui éveillent et soutiennent la curiosité du lecteur. Il 6° Commerce secret de galanterie. Cette femme a eu plusieurs intrigues. Vous pensiez bien trouver quelque jeune coquette. Friande de l'intrigue et tendre à la fleurette, mol. Éc. des mar. ii, 9. Une femme d'esprit est un diable en intrigue; Et, dès que son caprice a prononcé tout bas L'arrêt de notre honneur, il faut passer le pas, id. Éc. des femmes, m, 3. Comme elle savait toutes les intrigues de la cour, elle les contait naturellement à Mlle Jennings, et les siennes tout aussi naïvement que les autres, hamilton, Gramm. fo. Elle [Catherine de Médicis] fut accusée d'avoir eu des intrigues avec le vidame de Chartres, mort à la Bastille, et avec un gentilhomme breton nommé Moscouët, VOLT. Ilenr. ii, noie 7. Une intrigue qu'il [Mazeppa] eut dans sa jeunesse avec la femme d'un gentilhomme polonais ayant été découverte, le mari le fit lier tout nu sur un cheval farouche et le laissa aller en cet état, id. Charles XII, i.

— REM. 1. On a dit, dans le xvu» siècle, intrique en le faisant masculin : Si tu n'es homme à te contenter de la naïveté du style et de la subtilité de l'intrique, je ne t'invite point à la lecture de

cette pièce, conn. la Veuve , au lecteur Mais

enfin ces pratiques Vous peuvent engager en de fâcheux intriques, id. le Ment, i, 6 (corrigé par Th. Corneille en : Mais enfin ces pratiques Vous couvriront de honte en devenant publiques). Quel intrique jamais a valu celui-ci î th. cobn. le Feint astrologue, m, 4. || 2. On disait aussi intrigue au masculin. Car ce beau mignon fait la figue À quiconque dit un intrigue, ménage, Req. des dict. à l'Acadéiiiic.

— SYN. INTRIGUE, CABALE, BRIGUE. Une intrigue est la réunion des moyens employés par une ou plusieurs personnes pour un objet quelconque. Une brigue est la réunion combinée des démarches de plusieurs personnes en faveur d'une seule. Une cal:ale est l'iissociation de plusieurs personnes, pour ou contre une chose ou une personne, guizot.

— IIIST. ivi* s. Ce prince vouloit que d'Aubigné fut son entremetteur dans cette intrigue [amoureuse], d'aub. Vie, xxxix.

— ÉTYM. Ital. intrigo (voy. intriguer).

INTIUGUÉ, HE (in-tri-ghé, ghée), part, passé

d'intriguer. || 1° Qui est en souci. Les dames sont bien intriguées pour leurs ornements, sév. 3i7. Ma pauvre mademoiselle Lisette, je suis furicusoniont intriguée, dancoukt. Bourg, à la mode, iii, 3. Estce quelqu'un de la maison, dit Mlle Hubert, encore plus intriguée que moi? Marivaux. Paysan parv. 3* part. Il faut lui pardonner cette fois-ci ; il est un peu intrigué, ainsi que tous les autres bourdons de la ruche de Genève; ils ont tous les ans des tracasseries pour élrennes au sujet des élections, volt. Lett. dAlembert, 9 janv. <765. ||Quiest dans l'embarras.Les Forbins ontune affaire de bien plusgrande importance que cellc-li, celledupetitJansou, qui a

tué en duel le neveu de M. de la Feuillade ; cotte affaire est au parlement.... voilà donc un garçon comme les autres hors de France, et ils sont tous fort intrigués, SÉv. 25 déc. 4 675. || 2° Où l'intrigue est bien nouée, en parlant d'une pièce de théâtre, d'un roman. Ce n'est pas assez qu'une pièce soit intriguée, elle doit l'être tragiquement, volt. Comm. Corn. Rem. Héraclius, u, 6. Pamélaest un ouvrage plus simple, moins étendu, moins intrigué, mais y a-t-il moins de génie? dider. Éloge de Richardson.

INTRIGUER (in-tri-ghé), j'intriguais, nous intriguions, vous intriguiez ; que j'intrigue, que nous intriguions, que vous intriguiez. || 1° V. n. Faire une intrigue, des intrigues. Intrigue en ton sénat, soulève les états, volt. Von Pcdre, ii, *.Pour qu'il ne prenne aucun ombrage, et vous croie plus pressé de dormir que d'intriguer chez lui, beaumabch. Dari. de Scv. i, 4. Allez vous divertir, je vais intriguer pour vous, PICARD, Alcade de èlolor. v, 3. Il 2° T. a. Donner à penser, mettre en souci. Et que le plus petit de la race mortelle, A chaque pas qu'il fait, à chaque bagatelle. Doive intriguer l'Olympe et tous ses citoyens, la font. Fabl. viii, B. Quel plaisir d'intriguer trois hommes à la fois I BARTHE, Fausses infidél. se. 4. || Intriguer quelqu'un, exciter vivement, sans se faire connaître, la curiosité de quelqu'un. Un masque l'intrigua toute la nuit au bal de l'Opéra. || 3° Intriguer une pièce, y mettre une intrigue bien nouée. Corneille a voulu intriguer ce qu'il fallait laisser dans sa simplicité majestueuse, volt. Comm. Corn. Rem. Œdipe, iv, ) . Il 4° S'intriguer, v. réfl. Combiner divers moyens pour faire réussir quelque chose. M. de Coêtlogon, gouverneur, s'est intrigué dans toute cette aflaire, sÉv. 681. L'âge viril, plus mûr, inspire un air plus sage. Se pousse auprès des grands, s'intrigue, se ménage, boil. Art p. iii.Un courtier d'usure, comme vous, ne doit s'intriguer que d'affaires de contrebande, REGNARD, Sérénade, * . Il s'intriguait pour vous, sans s'intéresser à vos affaires, marivaux. Paysan parv. 4' part. || S'intriguer partout, se fourrer partout, chercher à se donner de l'accès partout où l'on peut. Il Se mettre en souci. Quand les filles ont quelque vivacité, elles s'intriguent, elles veulent parler de tout, fén. t. xvii, p. 88.

— RE.M. On a dit intriguer au commencement du xvii" siècle : Vous ne vous intriquerez point, malh. Ép. de Sénèque, xxxvii.

— HIST. xiv* S. Si la sajete est en partie reposte entriquée que tu ne le puisses veoir, lanfranc, !° 27, verso. || »vi' s. Et par ladite rcsponse luy avoient les commis et députez d'icelle ligue signifié que, pour estre son affaire fort intrinqué, tellement qu'il estoit presque impossible de le décider.... M. DU BELLAY, 207. Il s'iutrigue d'un mestier que tu ne sçais pas, mais il ne mangera de sa vie de mon painj d'aub. Vie, xxxiv.

— ÉTYM. Provenç. eniricar, intriear; du latin intricare, embarrasser, qui vient de tricœ, embarras, billevesées.

t INTKIGCET (in-tri-ghè) , s. m. Voy. entri-

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