GUET
t ISTRIGUEUR, EUSE (in-tri-gheur, gheû-z'),s. m. et/'. Celui, celloqui intrigue. Le roi se tourne gravement vers Monsieur [à propos d'un remède donné imprudemment à Mademoiselle, nièce deLouisXIV, par les carmélites] : Ah! ce sont les carmélites ! je savais bien qu'elles étaient des friponnes, des intrigueuses, des ravaudeuses, des brodeuses, des bouquetières; mais je ne croyais pas qu'elles fussent des empoisonneuses, sÉv. tb oct. 4677.
INTRINSEQUE (in-trin-sè-k'), adj.\\i' Qui est intérieur à quelque chose, en dedans de quelque chose. La contexture intrinsèque descorps, mairan. Éloge de Boulduc. \\ Terme d'anatomie. Muscles intrinsèques, muscles propres à certains organes, par oppositionà ceui qui appartiennent en même temps à ces organes et à d'autres parties voisines. || 2*Kig. Qui est propre, essentiel à quelque chose. Qualités intrinsèques. || Valeur intrinsèque, la valeur qu'ont les objets indépendamment de toute convention. La valeur intrinsèque d'un bijou d'or est la matière même, sans aucun égard à la façon. On a entendu, en 1718, le parlement en corps dire au duc d'Orléans que la valeur intrinsèque du marc d'argent est do vingt-cinq livres ; comme s'il y avait une autre valeur réelle, intrinsèque, que celle du poids et du titre, volt, louis XIV, 3o.|| Terme do logique. Arguments intrinsèques, arguments tirés de la nature même du sujet. || 'l'erme de rhétorique. Lieux communs intrinsèques, autrement dits intérieurs, sorte do chefs généraux que les anciens
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rhéteurs regardaient comme appartenant aux sujets eux-mêmes; c'étaient surtout la définition, l'énumération, les similitudes, les contraires, les causes et les effets, et les circonstances; ils les opposaient aux lieux communs extrinsèques ou extérieurs. Il 3» Substantivement et familièrement. Celui, celle qui est dans l'intimité d'une maison. Mme la duchesse, Mlle de Lislebonne, Mme d'Espinay, les intrinsèques de l'entre-sol de Meudon, st-sim. 295, 34.114° S. m. Le dedans. C'était un homme d'infiniment d'esprit, et qui savait extraordinuirement, d'ailleurs un répertoire d'anecdotes do cour où il avait passé sa vie dans l'intrinsèque, st-sim. 66, 4 04. D'Aubanton [était] surtout appliqué à bien connaître l'intrinsèque de chacun et à mettre tout en profit, id. 90, i94.
— HIST. XVI* s. Que les bonnes œuvres ont quelque valeur à justifier l'homme, cela ne vient pas de leur dignité propre, laquelle ils appellent intrinsèque, CALV. Instit. 6)2. Ce qui engendra une très grande et intrinsèque amitié entre eux, des- PER. Contes, cxxviii.
— ÉTYM. Provenç. intrinsec; espagn. et ital. intrinseco ; du bas-lat. intrinsecus, que les scolastitiques formèrent de l'adverbe latin intrinsecus, intérieurement. Intrinsecus paraît formé de intra, en dedans, etsecus, le long.
INTRINSÈQUEMENT (in-trin-sè-ke-man), adv.
D'une manière intrinsèque. Je fus le conseil do Cessé sur ce qui regardait intrinsèquement la succession à la dignité, st-sim. 64, 6).
— HIST. XVI" s. Ils sçavoient plus intrinsèquement que les autres la finale intention et la resolution du maistre, m. du bellay, 289.
— ÉTYM. Intrinsèque, et le suffixe ment; provenç. inirincequament ; espagn. et ital. intrinsecamente.
f INTRIT (in-tri), s. m. Terme de minéralogie. Roches mélangées dans lesquelles une espèce minérale est cimentée avec d'autres par une pâte.
— ÉTYM. Lat. intritus, broyé dans, de in, en, el tritus, broyé.
INTRODUCTEUR, TRICE (in-tro-du-kteur, ktris'), ï. m. et f. Il 1° Celui, celle qui introduit, qui fait entrer. Nous conclurons cette affaire.... en présence do la dame chez laquelle vous serez.... mon introducteur, balz. liv. vu, lett. 4. Son ami fut l'introducteur de cette première visite, hamilt. Gramm. 4. |l Introducteur des ambassadeurs, celui dont la fonction est de conduire les ambassadeurs et les princes étrangers à l'audience d'un roi. Il [Voiture] eut diverses charges à la cour, comme de maître d'hôtel chez le roi, et d'introducteur des ambassadeurs chez M. le duc d'Orléans, pellisson, Ilist. Acad. v, 40, Voilure. \\ Fig. Vous remontrant qu'en toute affaire Le cor est un mot nécessaire, Que c'est un mot de liaison. Introducteur de la raison, mén.ige, Requête des dict. à l'Acad. Il 2° Fig. Celui, celle qui le premier amène quelque chose dans un pays, dans une ville, etc. Le menuet dont il fut l'introducteur en Angleterre, iia- MiLT. Gramm. 9.
— ÉTYM. Lat. introductorcm, do introduccre, introduire.
INTRODUCTIF, IVE (in-tro-du-ktif, kti-v'), adj. Qui sert de commencement, d'entrée àquelque chose. Une réflexion introductive. || Terme de procédure. Requête introductive. Exploit introductif d'instance.
— HIST. xvi' s. La première partie qui est introductive et instructive des règles et canons, un la ROCHE, Arismctique, f" 4.
— ÉTYM. Introduire.
INTRODUCTION (in-tro-dii-ksinn ; en vers, de cinq syllabe.s), s. /■. Il 1" Action d'introduire quelqu'un, de lo faire entrer. L'introduction des ambassadeurs aupriis du prince. || 2° Action de faire entrer dans. Introduction d'une sonde dans la vessie, dans une plaie. L'introduction de ces marchandises est prohibée. Les singes n'ont pas encore passé [en 4770] à l'Ilo de Bourbon, et l'on a grand intérêt d'en interdire l'introduction pour se garantir des mêmes dommages qu'ils causent à l'Ile de France, Bvff. Quadrup. t. X, p. 2fi0. || 3' Action do donner accès. L'introduction do cet homme dans votre société. L'introduction des jésuite» en Franco ne servit pas à éteindre les feux que la religion avait allumés, VOLT. Ilist. parlem. ch. xxvu. || Lettre d'introduction, lettre qu'on écrit pour qu'un tiers que l'on recommande soit reçu de la personne à qui l'on écrit. Il 4° Fig. Action de faire recevoir, accepter. L'introduction d'une coutume, d'un usage dans un pays. L'introduction do la monnaie d'or et d'argent ne fut pas la première plaie que lesLacédémonieni firent aux lois do leur législateur, rollin, Hisf,
anc. Œuv. t. ii, p. S40, dans poloeks. || 6* Fig. Ce qui sert comme d'entrée, (racheminement, de préparation à une science, à une étude, etc. introduction à la physique, à la géograpliie. Introduction à la vie dévote. Les Analytiques d'Aristote sont ordinairement précédés de l'Introduction de Porphyre, jl 6" Discours préliminaire qu'on met à la têie d'un ouvrage. L'ouvrage est précédé d'une introduction. Il ?'■ Terme de procédure. Introduction d'une instance, le commencement d'une procédure à quelque tribunal. || 8° Terme de musique. Symphonie trèscourte qui. tient lieu d'ouverture à un opéra. || Petit morceau d'un mouvement lent qui précède le premier allégro d'une symphonie, d'une ouverture ou de toute autre pièce instrumentale.
— lliST. XIV* s. L'introduction de cest chapistre en cest lieu, h. de mondeville, f" 87. || xv» s. A l'avertissement et introduction [instruction] de ceux qui à juste cause se voudroient en armes honorablement exerciter, MossTRELET, ProloQue. ||xvr S. La crainte de Dieu est aussi nommée introduction à pénitence, calv. Inst. iv, 65. Je ne rechercherai ici les causes et le temps de l'introduction des vers à soie en ce royaume, o. de serres, 457.
— ÉTYM. Provenç. introductio ; espagn. introduction; ila.\. introduzione ; ÔlH lat. introdiictionem, de iniroducere, introduire.
t INTRODUCTOIRE (in-tro-du-ktoi-r'), adj. Qui a rapport à l'introduction.
— HIST. xiv s. Les choses introductoires au propos, H. DE MONDEVILLE, f"6l, VersO.
— ÉTYM. Lat. introduclorius , de introducere, introduire.
INTRODUIRE (in-tro-dui-r') , j'introduis, nous introduisons; j'introduisais; j'introduirai; j'introduirais; j'introduisis; introduis, introduisons; que j'introduise, que nous introduisions; que j'introduisisse; introduisant, introduit, v. a.\\ 1° Conduire quelqu'un dans un lieu. Vous qu'elle [Marie-Thérèse] assistait avec tant de joie.... quel admirable panégyrique prononceriez-vous, par vos gémissements, à la gloire de cette princesse, s'il m'était permis de vous introduire dans cette auguste assemblée ! Boss. Mar.-Thér. Hé quoi! lorsque le jour ne commence qu'à luire, Dans ce lieu redoutable oses-tu m'introduire? bac. Eslh. ii, ). Le valet étonné introduisit les deux voyageurs, VOLT. Zadig, 20. |i î° Faire entrer dans. Introduire la main dans une ouverture. Introduire des marchandises dans un pays. Je sais qu'il fit trancher et clore ce conduit Par oii ce grand secours devait être introduit, corn. M. de Pomp. y, 3. || 3° Donner accès dans une société, auprès de quelqu'un. Il s'est adressé à moi pour l'introduire auprès de vous. Uendons-lui donc visite. Et, comme ambassadeur, proposez cet hymen.... Je seconderai Rome et veux vous intro.liure,coRN. Nicom. ii, 4. Et toujours près des grands ou doit être introduit Par des gens qui de nous fassent un peu de bruit, mol. Fâcheux, m, 2. Il Fig. Chrétiens.... En attendant que vous méprisiez celle [la mort] que Jésus-Christ a vaincue, ou même que vous aimiez celle qui met fin à nos péchés et nous introduit à la vraie vie, boss. Mar.- Thér. Il 4° Fig. Faire paraître, faire figurer, etc. Les interlocuteurs que l'on introduit dans un dialogue. Introduire un per.sonnage dans une pièce de théâtre. H. Eliezcr confirme cette pensée; car il introduit Dieu, qui ouvre à l'homme le chemin de la vie et de la mort, et qui lui en donne le choix, dider. Opin. des anc. phil. (juifs). \\ 5° Fig. Faire adopter, établir. Plusieurs nations commencent à introduire chez elles le système métrique. Il voulut introduire un nouveau système. Enfin, au dieu nouveau qu'elle avait introduit. Par les mains d'Athalie un temple fut construit, bac. Alh.ui, 3. Cette réforme que Cicéron voulait introduire en sa conduite, Exil de Cicér. dans DESFONTAiNES. Ce qui a introduit en Circassie cette coutume [l'inoculation], qui paraîtsi étrange à d'autres peuples, est pourtant une cause commune à tous les peuples, c'est la tendresse maternelle et l'intérêt, volt. Vict. phil. Inoculât. On le déclara vice-amiral [le czar Pierre], en considération de ses services; cérémonie bizarre, mais utile dans un pays où la subordination militaire était une des nouveautés que le czar avait introduites, id. Charles Xll,l. Il Être cause de. Introduire le désordre, la confusion. Charles II introduisit la galanterie et ses fêtes ians le palais de Whitehall, souillé du sang de son père,iD. ifœurs, (82. || 6° Terme de fauconnerie. Introduire un oiseau au vol , commencer à le faire voler. Il On peut voir, à l'historique, qu'introduire a eu aussi le sens d'instruire. |1 7° S'introduire, ti.n'/î. Être introduit. L'air qui s'introduit dans les pou-
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mons. Il n'y a qu'à ouvrir les yeux, et la lumière s'introduit par eile-mème, boss. ilid. sur VÉv. la Cène, SI • jour. Il Fig. Beaucoup d'abus s'étaient introduits. Cette sorte do régime [le chocolat], pour les personnes délicates, s'introduit beaucoup, sÉv. 24 janv. 1080. Molière peut avoir contribué à leur ôter [aux médecins] leur pédanterie ; mais les mœurs du siècle, qui ont changé en tout, y ont contribué davantage; l'esprit de raison s'est introduit dans .outes les sciences, et la politesse dans toutes les conditions, volt. Vie de Uoliére. 118° Se faire recevoir dans, c.voir accès. Cet homme s'introduit dans toutes les sjDciétés. Onditqu'il [Voiture] s'introduisit à la cour en partie par le moyen de M. d'Avaux, avec qui il avait étudié au collège de Boncour, pellisson, Hist. Acad. v, lO, Voilure. Ainsi certaines gens faisant les empressés S'introduisent dans les affaires.... Et, partout importuns, devraient être chassés, la font. Fahl. vu, 9. Au sérail, en secret, il allait s'introduire, volt. Zaïre, IV, 4. Né avec de la souplesse dans le caractère, le goûtde l'intrigue et de l'ambition, il sut s'introduire àla cour, genlis. Veillées du chdt. t. i,p. 455, dans POUGENS. (I Impersonnellement. II s'introduit souvent de grands fripons dans les maisons, beaumarch. jlfère cotip. ii, 22.
— HIST. xiiio s. Tu les entroduiras et porteras el mont de ton héritage, Psautier, f» <84. Bien nous ont entroduit [instruit] et monstre ancesseure nostre père por quoi nous te devons servir, ib. f. 63. Joseph tout ainsi convertist Vespasyen et entroduist [instruisit]. Si que il croit bien fermement Jhesu le roi omnipotent, Sl-Graal, v. 2235. || xiv s. Spasme n'est nule fois entroduit en la plaie, se forte douleur ne va devant, 11. de mondeville, f° 66. La quelle chose ha esté entroduite afin que.... bercheobe, f° 28, recto. Icellui Raoul entroduist [engagea] tant icelle femme, que elle lui accorda à lessier le suppliant son mary, du cange, introducere. Et estoient pour le temps les estudians introduis en grec à Rommeet ailleurs, obesme, Êfft. Prol. ||xv= s. Belles estoient et bien introduites [instruites], car incontinent elles se levèrent à rencontre du chevalier, et luy feirent la révérence. Perceforest, t. vi, f" 62. || XVI» s. Il s'en addressa à Philotas, et le pria de les introduire tous deux devant Ale.xandre, amïot, Alex. 84. Cette opinion a esté premièrement introduicte par Pherccydes, mont, ii, 3u3.
— ÉTY.M. Provenç. entroduire; calai, introduir; espagn. inlroducir; ital. introdurre; du lat. introducere, de t;i(ro, en dedans, et ducere, conduire (voy. DUC et duire).
INTRODUIT, ITE (in-tro-dui, dui-t') , part, passé d'introduire. || 1° Qu'on a fait entrer dans. Et tous devant l'autel avec ordre introduits, rac. Athal. i,t. Il 2° Qui a été reçu dans. Que diriez-vous d'un chathuant Introduit entre deux fauvettes? volt. Lctt. en vers et en prose, <03. || 3° Fig. Amené, établi. Il faut du temps pour corriger un abus introduit par le temps, volt. Comm. Corn. liem. Cid, 1, i.
INTROÏT (in-tro-if) , s. m. Prières dites par le prêtre à la messe quand il est monté à l'autel, et chantées par le chœur au commencement des grandes messes.
— lllST. XIV* s. Après que le prcstre est revestu et dit son confiteoret mis en bon estât, il commence sa messe, et ce appelle l'en l'introite de la messe, Ménagier, i, 3. || xv» s. Me plait parler aulcunement des arogans orguilleus, et prendre en ce mon intro'ite, ciiR. DE pisAN, Charles F, i, 27.
— ÉTYM. Provenç. introit, entrée, introït; espagn. et ital. introito; du lat. inlroitus, de intro, en dedans, et ire, aller (voy. irai).
IN'ruOMISSION (in-tro-mi-ssion; en vers, do cinq syllabes) , s. f. Terme de physique. Action de mettre dans. La grande question est de savoir comment la sève s'introduit par l'extrémité du chevelu dans le corps de la racine; car je crois avoir bien prouvé par les injections que c'est uniquement à celte extrémité que se trouvent les orifices ménagés pour l'intromission des sucs, bonnet, Lett. div. Œuvr. t. XII, p. 492, dans pougens. |{ Terme de physiologie. L'intromission, l'introduction du membre du mile dans les parties sexuelles de la femelle. Harvey dit qu'il n'y a point d'intromission , mais seulement un simple attouchement, un frottement extérieur des parties du coq et de la poule, et il croit que, dans tous les petits oiseaux, qui, comme les moineaux, ne se joignent que pour quelques moments, il n'y a point d'intromission ni de vraie copulation, Bui-F. Hist. anim. ch. v, Œuvr. t. m, p. (62.
— insT. xvr s De façon qu'il ne se peut faire intromission, PARÉ, XVUl/43.
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— ÉTYM. Provenç. intromissio ; ital. intromcssiotie; du lat. intromittere , de intro, en dedans, et miltere, mettre. '
t INTUÔNER (in-trô-né), v. a. Ncologismo. Mettre sur le trûne, à la place de celui qui l'occupait. Et savez-vous, messieurs, comment disposent de la liberté des citoyens ces hommes qui s'imaginent qu'on a fait la révolution pour eux, qui croient follement qu'on a envoyé Louis XVI au Temple pour les intrôner eux-mêmes aux Tuileries? vergniaud, Diicours à la Convention, cité dans legoaeant.
— ÉTYM. In, dans, et trône.
INTRONISATION (in-tro-ni-za-sion; en vers, d«
six syllabes), s. f. \\ 1" Action par laquelle on intronise. Les cérémonies de l'intronisation des papes étaient alors de les revêtir d'une chape rouge, dès qu'ils étaient nommés, volt. Ann. Emp. Henri VI, 1191. Il Moment où un souverain couronné se place sur le trône. Au sacre de Louis XV, on n'ouvrit les portes au peuple qu'après l'intronisation, dl'clos, ilém. Rég. Œuvr. t. vi, p. 166, dans pougens. || 2° Fig. Avènement d'une doctrine, d'une religion, etc. L'intronisation de la philosophie de Descartes dans I9 XVII' siècle.
— ÉTYM. Introniser.
INTRONISÉ, ÉE (in-tro-ni-zé, zée), part, passé d'introniser. À peine fut-il intronisé, qu'il [un pape] déclara dans un consistoire qu'il ferait justice des rois de France et d'Angleterre, volt. Mœurs, 71.
INTRONISER (in-tro-ni-zé), t). o. ||i° Placer en cérémonie un évèque sur son siège épiscopal, lorsqu'il prend possession de son église. Après l'avoir intronisé, on chanta le ïe Deum. Il [Henri IVj fait introniser son antipape Guibert, et est couronné solennellement par lui, voLT.Ann. Emp Henri IV, 1084. Il 2° Fig. Etablir, donner la place souveraine. La scolastiquefinit par introniser lencminalisme. || S-S'introniser, v.ré/I. Devenir intronisé. Le christianisme s'intronisa dans l'Occident malgré les persécutions.
— HIST. xuios. Avoir [la richesse]... es hauts trosnes Boute les siens et intronise, Gautier de coixst, dans le Dict. de DOcnEZ. || xvi» s. Ces dames, lors, de grâce auctorisécs, Près Jupiter estaient intronisées,
s. MAROT, V, 55.
— ÉTYM. Lat. inthronixare (quiciiebat, Xdrfcnda), tiré du grec èvOooviileiv.de èv, en, sur, et Opovoç, trône.
t INTROPELVIMETRE (in-tro-pèl-vi-mè-tr'). î. m. Terme d'obstétriijuo. Instrument proposé pour mesurer l'étendue des détroits du bassin.
— ÉTY.M. Lit. iniro, en dedans, et pelvimétre.
t INTRORSE (in-tror-s'), adj. Terme de botanique. Qui est tourné en dedans. Anthères iutrorscs, anthères qui s'ouvrent du côté du pistiL
— ÉTYM. Lat. inlrorsum, en dedans.
t INTROSPECTIF, IVE (in-tro-spè-ktif, kti-v'), adj. Terme didactique. Qui eximino l'intérieur. Coup d'oeil inticspectif. Etude introspective [étude de soi-même], naudet, Soissonade, p. 31.
—ÉTYM. Voy. introspection.
t INTROSPECTION (in-tro-spè-ksion), s. f. Terme didactique. Examen de l'intérieur.
— ÉTYM. Lat. introspectionem, de tniro, à l'intérieur, et specio, examiner (voy. spectaci.i:).
INTROUVABLE (in-trou-va-bl'), adj. Qu'on nî peut trouver. Un Gascon dirait que vous êtes introuvable ; pour moi qui ne suis pas si hardi, je mo contente de dire que vous êtes impossible à trouver, BALZ. lell. 25, liv. XVI. Le plaisir que la réimpression des pièces introuvaliles a de coutume de donner, BAYLE, Lett. à Minuloli, 2) sept. 1693. Bonjour, maman trop adorable. On a beau vous chercher, vous êtes introuvable, destouciies, Irrésolu, m, 4. Ce rare mortel est-il introuvable? je l'ignore, J. J. nouss. Ém. i. || Chambre introuvable, nom donné à la chambre des députés de 4815, qui se signala par son exagération royaliste. Certes, quatre mois auparavant, on n'aurait pas cru que les collèges électoraux de l'Empire pussent produire une telle chambre, et Louis XVllI, qui devait la dissoudre dix mois plus tard, avait raison, dans la premier* effusion de sa joie, de la qualifier : chambre introuvable, duvebgier de haubanne, Hist. du gouv parlem. en France, t. m, p. 257.
— ÉTYM. In.... \, et trouver.
+ INTRURE (in-tru-r'), v. a. défectif, usité scu< lement aux temps composés. Introduire sans droit et sans titre. C'est par le secours de pareilles preuves [preuves de vraisemblance] que l'abbé Constantin Cajetan a intrus tant de faux bénédictins dans son ordre, Mém. deïréroux, <725, t. i, isa. ||S'in- Iruro, V. rc'/l. S'introduire sans droit ni titre. Ce n'est |)as ainsi qu'en a usé M. Vermeil, le véritable avocat de la cause dans laquelle vous vous êtes in-
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tru3^\ir\Ag&leT,voLT.Pol.ellégisl.Rép.àl'écritd'un avocat. Il Particulièrement. S'introduire par force ou par ruse,ou contre le droit et sans titre, dans quelque dignité ecclésiastique. Que sera-ce de ceux qui se sont intrus dans le sanctuaire? mass. Conf. Vocal, à l'ét. ecclés. 2.
— HIST. XV' S. Cil bastard et intrus de Portugal que les communautés ont couronné à roi, fross. II, m, 31. Il XVI* s. Est du devoir des lieraux d'empêcher que nul sans concession du souverain no sorte du tiers estât pour s'intrure en celui des nobles, ST-JOLiEN, Hesi. hist. p. B43, dans lacurne.
— fiTYM. Lat. intrudere, de m, en, dans, et trudere, pousser.
INTRUS, USE (in-tru, tru-z*), port, passé d' intrure. || 1° Introduit, contre le droit, dans quelque dignité ecclésiastique. Un évêque intrus. Une abbesse intruse. Si vous êtes intrus dans le lieu saint, MASS. Carême, Vocat. Une nation superstitieuse où l'on croyait abominables les fonctions qu'avait pu faire un patriarche qu'on croyait intrus , mon- TESO. Rom. 22. Il Prêtres intrus, nom qui a été donné, dans la Révolution française, aux prêtres assermentés ou constitutionnels, c'est-à-dire qui avaient prêté serment à la constitution civile du clergé. || Substantivement. La main invisible de Dieu vous repoussera comme un intrus et un profanateur, mass. Conf. Yocat. à l'ét. ecclés. 2. Quiconque s'appelle lui-même est un intrus, iD. ib. Exemple. || î" Introduit illégitimement dans quelque fonction que ce soit. Intrus dans cette charge. || Substantivement. Britannicus est en âge de régner; c'est l'héritier légitime du trône occupé par un intrus à la faveur d'une adoption, dider. Claude et Nér. i, 60. || 3° S. m. Celui qui s'introduit quelque part sans être invité ou sans avoir qualité pour y être admis. Nous nous aperçûmes qu'il y avait plusieurs intrus parmi nous.
INTRUSION (in-tru-zion; en vers, de quatre syllabes), s. /. ||1° Action par laquelle on s'introduit dans quelque dignité ecclésiastique, et, par extension, dans quelque charge, dans quelque compagnie, etc. Il [Maxime] partit promptement, et se rendit en Italie pour prévenir ceux qui n'étaient pas encore informés de sa vie scandaleuse et de son intrusion à l'épiscopat, FLÉCH. Ilist. de Théod. 11, 70. Qu'est-ce qu'un évêque qui.... ayant franchi par une ambitieuse intrusion cette haie sacrée qui sépare le sanctuaire.... mass. Or.fun. Villars. Toute démarche [pour obtenir les hautes dignités] est ici [dans l'Église] une intrusion et une usurpation sacrilège, ID. Conf. Ambition. Nul, sans une intrusion sacrilège, ne peut parler en son nom [de Dieu] s'il ne parle de sa part, m. Vocat. à l'ét. ecclés. t . M. d'Amiens dit au P. de la Chaise qu'il n'avait acheté une charge d'aumônier du roi que dans l'esprit de se faire évêque ; que c'était là une intrusion, qu'il lui apportait sa démission pure et simple, ST-siM. 46, 25. || 2° Terme de géologie. Roches d'intrusion, roches volcaniques qui se sont introduites entre des roches préexistantes.
— HIST. xvi' s. Intrusion, cotgbave.
— ÉTYM. Lat. intrudere, intrure.
INTUITIF, IVE (in-tu-i-tif, ti-v") , adj. \\ l-Terrae de théologie. Vision intuitive, voy. vision. || i° Fig. Oui se perçoit par l'esprit comme par une vue immédiate. Un et un font deux est une proposition intuitive, et non susceptible de démonstration. Un habile philosophe [Locke] appelle avec quelque raison connaissance intuitive celle qui se forme du premier et du plus simple regard de l'esprit, le p. buffier, Princ. du raisonnement, p. 3o7. Être et penser sont pournous la même chose; cette vérité est intime et plus qu'intuitive, bupfon, De l'homme. Cette prévision intuitive, celte connaissance certaine de l'avenir, qu'on leur suppose [à certains animaux], lo. Disc. nat. anim. Ùmv. t. v, p. 39î. Noire connaissance rédéchie dérive essentiellement de notre connaissance intuitive : c'est toujours sur des idées purement sensibles que notre esprit opère lorsqu'il s'clivc aux notions les plus abstraites , boNnet, Pa- Uiig. XVI, 3.
— HIST. XVI* s. Intuitif, coiobave.
— Etym. Voy. intuition; ital. intuitivo.
INTUITION (in-tu-i-sion; en vers, de cinq syllabes), I. /■. ||1* Terme de théologie. Voy. vision INTUITIVE. Il 2* Terme de philosophie. Connaissance soudaine, spontanée, indubitable, comme celle que la vue nous donne de la lumière et des formes sensibles, et, par eenséquent, indépendante de toute démonstration. Vérité d'intuition. Dès qu'il a les idées de ceschoses ou les idées attachées aux signes qui les représentent, il voit comme par Intuittoii, ti
PICT. DE LA LANOt« FRANÇAISE.
une chose convient, ou ne convient pas à une autre chose, BONNET, Ets. analyt. âme, ch. 16. || Dans le système de Kant, représentation particulière d'un objet, formée dans l'esprit par la sensation. Intuition est opposée à concept. |j Intuition intellectuelle, terme traduit de l'allemand Anschauung, dans le système do Schelling , qui signifie un acte transcendant, indéfinissable, au moyen duquel l'intelligence saisit l'absolu dans son identité, c'est-àdire tel qu'il est en lui-même, au-dessus de toute distinction et de toute différence, et réunissant dans sa nature absolument simple toutes les oppositions et tous les contraires. Il Par extension, connaissance des choses ordinaires comparée à l'intuition philosophique. Il a eu l'intuition des événements qui se préparaient.
— ÉTYM. Lat. intui'tî'ojwm (quichebat. Addenda), de intiieri, regarder, do in, en, dans, et tueri, voir.
INTUITIVEMKNT (in - tu - i - ti - ve - man), adv. Il 1° Terme de théologie. Par la vision intuitive. Voir Dieu intuitivement. || 2* Terme de philosophie. D'une manière intuitive. Saisir intuitivement une proposition. Newton paraît avoir saisi intuitivement plusieurs théorèmes dont la démonstration n'a été donnée qu'après lui. Parce que tout homme est intuitivement convaincu de la vérité de cette proposition : 2 est plus que I, boulainvilliers, Rifut. de Spinosa, p. 219.
— ETYM. Intuitive, et le suffixe ment.
INTUMESCENCE (in-tu-mè-ssan-s") , t. f. Terme
didactique. Action par laquelle une chose s'enfle. L'intumescence des mers par l'action combinée du soleil et de la lune. Et quoique son flux [de la mer] no s'élève qu'à la hauteur de quinze pieds dans ses plus grandes intumescences sur nos côtes, volt. Dict.phil. Coquilles. WTeTmo de géologie. Mouvement d'intumescence de la croûte terrestre, mouvement présidant à l'édification des masses continentales, et s'exeroant non sur une ligne, mais sur une grande surface. || Terme de botanique. Tuméfaction produite à la base du pétiole des feuilles de la sensitive. Il Terme de physiologie et de médecine. Augmentation de volume d'un tissu, d'une partie quelconque du corps. L'intumescence de la rate.
— HIST. XVI* s. Intumescence, cotcrave.
— ÉTYM. Lat. intumesccre, se tuméfier, de in, en, dans, et tumescere (voy. tumecb).
INTUSSUSCEPTION ( in- tu-su-ssè-psion), s. f. Il 1° Terme de physiologie. Acte par lequel les matières nutritives sont introduites dans l'iniérieur des corps organisés, pour y être absorbées. Les êtres vivants se nourrissent par intussusception. Toutes les parties du corj)3 se développent par cette intussusception des molécules qui leur sont analogues, BUFP. Animaux, Reprod. Un corps organisé est dit se développer quand toutes ses parties s'étendent en tous sens par l'intussusccption de matières étrangères, uoNNET, Palingén. vi, 4. Concluons que nous ignorons encore par quels degrés la nature s'élève du minéral au végétal, et quel est lo lien qui unit l'accroissement par apposition à l'accroissement par intussusception, id. Consid. corps organ. Œuvr. t. V, p. 374, dans pougens. ||2° Terme de chirurgie. Entrée d'une portion d'intestin dans une autre.
— ÉTYM. Lat. intus, en dedans, et suscipere, prendre (voy. susceptible).
t INULE (i-nu-r),s. /". Terme de botanique. Genre de composées, tribu des radiées, dont l'espèce la plus utile est l'aunée.
— ÉTYM. Lat. inula.
f INULINE (i-nu-li-n'), s. f. Terme de chimie. Substance trouvée dans la racine de l'aunée [inula helenium L.) et qui a reçu les noms d'alantine et d'élécampe.
— ÉTYM. Lat. inula, et la finale ine qui indique un principe.
jINURBANITÉ (i-nur-ba-ni-té),».^. Défaut d'urbanité.
— ÉTYM. In.... i, et urbanité.
t INUSABLE (i-nu-za-bl'), adj. Qu'once peut user. Etoffe inusable.
— ÉTYM. M... <, et user.
INUSITÉ, ÉE (i-nu-zi-té, téc), adj. Qui n'est point ou qui n'est plus usité. C'était une chose inusitée parmi nous. Cicéron dit à Quintus son frère : ses lettres sont absurdes et d'un style inusité, volt. Dict. phil. Langues.
— HIST. XVI* s. Inventer des tourments inusitez et des morts nouvelles, mont, ii, <3(.
— ÉTYM. Lat. tm«i(ottM,de in. . . ( ,et usitatus , usité, t INUSTION (i-nu-stion), s. f. Opération qui se
pratique dans la peinture à l'encaustique. L'inustiOB Hantle caractère distinctifde l'encaustique des
anciens, dider. Peint, en cire, Œuvr. t. xv, p. 355, dans pouGENS.
— ÉTYM. Lat. inustionem, de in, en, dans, et ustio, brûlure.
INUTILE (i-nu-ti-1'), adj.\\i' Qui n'est point utile, en parlant des choses. Il n'est rion d'inutile aux personnes de sens, la font. Fabl. v, tv. L'amour est quelquefois bien inutile de s'amuser à de si sottes gens ; je voudrais qu'il ne fût que pour les gens choisis, sÉv. 62. Songeons que ce sacrifice d'une valeur infinie [le sacrifice de la messe].... serait inutile à la reine [morte], si elle n'avait mérité par sa bonne vie que l'elTet en pût passer jusqu'à elle, Boss. Mar.-Thér. On en gémit, on en pleure [de la mort de Marie-Thérèse]; voilà ce que peut la terre pour une reine si chérie; voilà ce que nous avons à lui donner, des pleurs, des cris inutiles, id. «6. Il est inutile de vous dire combien la reine fut consolée par ce merveilleux événement [la restauration de Charles II], id. fietne d^Angl. Je n'emporlerais donc qu'une inutile rage.... rac. Andr.m, t. Voudrais-je,de la terre inutile fardeau....? lo.Iphig. i, 2. Depuis quand pense-t-on qu'inutile à moi-même Je me laisse ravir une épouse que j'aime? id. ib. iv, 6. Tout fuit, et, sans s'armer d'un courage inutile, Dans le temple voisin chacun cherche un asile, m. Phèdre, v, 6. Mais que peuvent pour lui vos inutile.») soins? ID. Athal. v, 2. Tout l'esprit qui est au monde est inutile à celui qui n'en a point, la bruy. xi. Sans fatiguer le ciel par des vœux inutiles, mass. Carême, Prière 2. Pourquoi imprimer les lettres de ses amis? est-ce qu'on écrit au public, quand on fait des réponses inutiles à des lettres qui ne sont que des compliments? volt. Lett. d'Argental, 20 juin (767. Vous ne cherchez que des vérités utiles, et vous n'avez guère trouvé, dites-vous, que d'inutiles erreurs, iv.Mceurs, Introd.6. Mais il [Caton] tourna sur soi ses innocentes mains; Sa mort fut inutile au bonheur des humains, id. Mort de Ces. 11, 4. ]| Substantivement. L'inutile, ce qui est inutile, par opposition à l'utile. De ses arbres à fruit [le sage] retranchait l'inutile, la pont. Fabl. xii, 20. || 2" Qui ne rend pas de services, en parlant des personnes. Le prince [Condé] que l'on regardait comme le héros de son siècle, rendu inutile à sa patrie dont il avait été le soutien, boss. Anne de Conx. Ils [les grands] tombent, et par leur chute deviennent traitables mais inutiles, la brut. ix. L'Ëvangile condamne aux mêmes ténèbres étemelles et aux mêmes supplices le serviteur infidèle et le serviteur inutile, MASS. Carême, Riche. || Laisser quelqu'un inutile, ne pas employer ses talents. C'est un homme qu'il ne faut pas laisser inutile. || Substantivement. Un inutile, une inutile, un homme, une femme inutile. Fil que cela est vilain d'être une grande inutile dans le monde! régnard, Ret. impr. 6. Dis, ne rougis-tu point d'être un grand inutile. Et de grossir l'essaim des oisifs de la ville? boissy, Sage étourdi, 11, 3. || 3° Dont on ne se sert pas. Un meuble inutile. || Fig. L'argent, Hargent, dit-on, sans lui tout est stérile; La vertu sans l'argent n'est qu'un meuble inutile, boil. Épttre v.
— HIST. XII* s. Tuit déclinèrent ensembledement [simultanément], inuteles fait sunt; nen est chi facet ben. Liber psalm. p. 70. || xiv* s. Par inutile vergoigne, bercheurb, f° 75. Il xv* S. Tclz poursuites [d'amours illégitimes] sont inutiles Destructions d'ame et de corps, e. descii. Mir. de mar. p. 98. Il XVI* s. Ses vers naistront inutia. Ainsi qu'enfans abortis Qui ont forcé leur naissance, rons. 303. Des chardons inutils et des herbes méchantes, desroRTES,i7^9ies, 1,19.... Mort injuste et cruelle. ...Un grand homme est plus tost partoymis au tombeau, Qu'un lourdaut, de la terre inutile fardeau, id Tombeau de Desportes.
— ÉTYM. Bourguign. inutille {Il mouillées) ; provenç. etespagn. inutil; ital. inutile; du lat. mu(ilis, de in.... <, et utilis, utile.
INUTILEMENT (i-nu-ti-le-man) , adv. Sans utilité, d'une manière inutile. Combien de fois priat-il le Sauveur des âmes, en baisant la croix, qufl son sang répandu pour lui ne le fût pas inutilement\ boss. Louis de Bourbon. C'était le sort des Français de vaincre inutilement en Italie ; les journées d'A» gnadel, lie Fornoue, de Ravenne, de Marignan, de Cérisoles, en sont des témoignages immortels, volt. Mœurs, 1 26. Dieu prit toutes les précautions nécessaires pour la rendre bonne [la femme], mais ce fut inutilement, oideh. Opin. des ane. philos. (Juifs). Inutilement il a pris la teinte des événements; inutilement les causes physiques ou morales en ont changé les nuances, raynal, Hist. phil. v, 7.
— HIST. XV* «. Et y ont esté [dans les salairei
INV
des chevauchées] et sont aucunes foiz les finances moult inutilement despendues et perdues, Bibl. des ch. »• série, t. u, p. U8.
— ÊTYM. Inutile, et le suffixe ment.
t INUTILISABLE (i-nu-ti-li-za-bl'), adj. Oui ne peut être utilisé, dont on ne peut tirer aucune utilité. Objet, homme inutilisable.
— ÉTYM. In.... t, et utiliser.
tmcraiSÉ, ÉE (i-nu-ti-U-zé, rée), adj. Qui
n'est pas utilisé, qui demeure inutile. Le lac de GenèTe est une richesse inutilisée de près de 800 millions de francs, à raison de 8000 francs l'hectare, Aead. des se. Comptes rendus, t. ui, p. 442.
INDTILITÊ (i-nu-ti-li-té), s. f. || 1° Manque d'utilité, en parlant des choses. L'inutilité des remèdes dans cette maladie. Philosophes dans l'inutilité des conversations, peuple dans tout le cours de notre conduite, mass. Carême, Dauphin. Tout ce qui est un éternsl sujet de dispute, est d'une inutilité éternelle, VOLT. Lett. Mme du Delfant,li mars <766. || 2° Incapacité, impossibilitéd'être utile, en parlant des personnes. Vous êtes trop bonne de me rassurer sur la douleur que me donne mon inutilité pour votre service, sfiv. 8 dcc. 4679. Qui peut, avec les plus rares talents et le plus excellent mérite, n'être pas convaincu de son inutilité 1 la bruï. ii. Avant que le duc de Choiseul, son cousin [du comte de Praslin], eût donné l'importance de l'ambassade et du ministère à sa triste inutilité, marmontel. Mémoires, m. Il 8° Défaut d'emploi ou d'occasion de servir. C'est un homme qu'on laisse dans l'inutilité. Les Espagnols s'abandonnent à l'amour dans l'inutilité de Madrid, où rien ne donne du mouvement que cette seule passion, saint-évbemond, dans bichelet. Il 4° Chose inutile, chose superflue. Voilà, ma bonne, toutes les inutilités que je puis vous mander aujourd'hui, sbv. 27 mai )c«o. Je trouve que vous avez tant de raison, que je ne comprends pas par quelle fantaisie je vous demandais cette inutilité fun mot à l'adresse de Mme de la Fayette], lu. 4 juin (876. Passer les jours dans les inutilités, MASS. Carême, Élut. Et cet univers n'est lui-même Qu'une grande inutilité, béhang. Voyageur.
— ÉTYM. Lat. inutilitatem, de inutilis, inutile.
+ INVAGINANT, ANTE (in-vaji-nan, nan-t'), adj. Terme de chirurgie. Qui sert à l'icvagiuation. || Qui reçoit l'intestin invagiué. L'anse invaginante et la portion invaginée.
t INVAGINATION (in-va-ji-na-sion), t. /. Terme de chirurgie. Opération chirurgicale qui consiste à introduire l'un dans l'autre les deux bouts de l'intestin divis'i, afin de rétablir la continuité du canal Intestinal || Procédé conseillé pour guérir radicalement la hernie crurale, et qui consiste h introduire dans le canal crural une mèche épaisse de chartiie. || %' Entrée contre nature d'une portion d'intestin dans une autre portion.
t INVAGINÉ, ÉE {in-va-ji-né, née), part, passé d'invaginer. Anse invaginée, anse d'intestin qui rentre dans une autre, et, de la sorte, obstrue le cours des matières.
t INVAGINEK (in-va-ji-né), v. a. Terme de chirurgie. Faire l'opération de l'invagination. || S'invaginer, v. réft. Éprouver l'accident dit invagination. L'iléus est souvent produit par une anse intestinale qui s'iuvagine.
— ÉTYM. Lat. in, en, dans, et vagina, gaine (voy. ce mot).
INVAINCU, CE (in-vin-ku, kue), adj. Qui n'a }a.mais été vaincu. Ton bras est invaincu, mais non pas invincible, corn. Cid, 11, 2. Ce bonheur a suivi leur courage invaincu. Qu'ils ont vu Rome libre autant qu'ils ont vécu, m. Uor. m, 6. Que mes braves guerriers et vos Grecs invaincus Une seconde fois fassent trembler l'Euphrate, volt. Olympie, I, 2. Opposer au vainqueur un courage invaincu, SAURIN, Sport. IV, 3. Montrer en lui l'athlète vaillant au combat de la vie qui lutte et grandit jusqu'au bout de ses forces, et quitte l'arène, blessé à mort, mais invaincu, oilbert. Éloge de Yauven.
— 8YN. l!(VAmcu, iNDOMi'Té. « Invaincu signifie autre chose d'indompté. Un pays est indompté, un guerrier est invaincu.... On a dit que invaincu est un barbarisme ; non, c'est un terme hasardé et nécessaire, VOLT, sur le Cid, 11, 5.
— HIST. XVI* s. Quant i moy, quoique l'on m'emmeine hé, je demeure neantmoins invaincu vainqueur de mes ennemis, amyot, Eumènes, 36. Inraincu commander à chacune personne, hons. Élég. 8. Assemblez sur mon corps la France et l'Italie Et toutes les cités qui sentirent les coups De ma dextre invaincue, et m'enterrez dessous, in. Prosopopét du duc de Guise.
INV
— ÊTYM. In.... t, et vaincu. On voit par l'historique que invaincu n'est pas, comme on l'a soutenu, un mol de la création de Corneille.
t INVALIDATION (in-vali-da-sion) , ». f. Action d'invalider.
— HIST. XVI' 8. Invalidation, oudm, Diet.
— ÊTYM. Invalider; ital. invalidaiione.
INVALIDE (in-va-li-d'), adj. || 1» Qui n'est point
valide. Elle est blessée à un point qu'on la croit invalide, sÉv. 440. X peine se traînait l'invalide animal, LA MOTTE, Fahl. 11, (4. ||I1 se dit particulièrement des gens de guerre que l'âge ou leurs blessures ont rendus incapables de servir. Les officiers, les soldats invalides. La foule de ses adorateurs [de Marie] se compose de vieux soldats invalides qu'elle a arrachés à la mort, CHATKAUiiR. Génie, 1, 1, 6. || 2° Qui n'a point les conditions légales requises pour produire son efl"et. Cette donation est nulle et invalide. S'il y avait un seul péché, j'entends péché mortel, que le pénitent ne fût pas résolu d'éviter, dès là son acte de résolution au regard des autres péchés serait invalide, dourd. Pens. t. I, p. 303. Notre pape Clément n'osa pas déclarer invalide le mariage du roi d'Angleterre, Henri VIII, avec la sœur du prince Arthur, son frère, de peur que Charles-Quint ne le fit mettre en prison une seconde fois, VOLT. Dial. 26. || 3° S. m. et f. Un invalide, une invalide, un homme, une femme dont la santé est mauvaise. || Particulièrement. Homme de guerre que l'âge ou les blessures ont rendu incapable de servir. || L'hôtel des Invalides (avec un I majuscule), bâtiment construit par Louis XIV pour recevoir les gens de guerre invalides. Le plus beau monument de bienfaisance qu'on ait jamais élevé, est l'hôtel des Invalides fondé par Louis XIV, volt. Dict. phil. Charité, Hôpitaux. || 4° Au plur. Les Invalides, l'hôtel des Invalides. Aller aux Invalides. 1 Traitement que reçoivent les soldats invalides Recevoir ses Invalides. Payer les Invalides. || Fig. Avoir ses Invalides, recevoir une retraite honorable, une récompense qui couronne de longs services. Je n'approuve aucunement qu'il [le duc de Bordeaux] ait ses Invalides avant de sortir du maillot, p. l. COUR. Simple discours. || 5° Nom qu'on a donné, dans le siècle dernier, à une pièce de monnaie qui a valu quatre sous et trois sous et demi. Tiens, prends cet invalide, à ma santé va boire, le Thédtre italien de Gherardi, t. m, p. 287.
— HIST. ïvi* s. Le roi a droit de mettre es monastères un soldat invalide, pour eslre nourri comme religieux laïc, loïsel, (6. De ce traitté il vous faut veoir s'il est supposé ou véritable, si subsistant ou invalide, h. du bellay, 224.
— ÉTYM. Lat. invalidus, de in.... <, et validus^ valide.
INVALIDÉ, ÉE (in-va-li-dé, dée), part, passé d'invalider. Un acte invalidé.
INVALIDEMENT (in-va-li-do-man), adv. D'une manière invalide, qui n'est pas valide. Un acte invalidement conclu.
— ÉTYM. Invalide, et le suffixe ment.
INVALIDER (in-va-li-dé), v. a. Terme de jurisprudence, ôter la validité à un acte. S'il se trouve des opposants, leur opposition n'invalide pas le contrat, j. j. rouss. Contr. iv, 2. || Invalider un acte, prouver qu'il n'est pas valide.
— HIST. XVI' s. 11 rançonna tout le clergé par un accord que l'empereur invalida, d'aub. Uisl. 1, t9i.
— ÉTYM. Invalide.
INVALIDITÉ (in-vali-di-té) , s. f. Terme de jurisprudence. Manque de validité. Quoiqu'à force d'en montrer l'invalidité [d'une censure], il soit certain qu'on la fera entendre, pasc. PrutJ.iii.Le mariage de M. de Mantoue et de Mlled'Elbœuf, fait sans cérémonie, se trouverait dépouillé des formalités indispensablement nécessaires pour le mettre à couvert de toute contestation d'invalidité, st-sim. 438, 2). Il Par extension. L'invalidité d'une théorie. Le titre annonce que le principal dessein est de faire voir l'invalidité du système de M. Newton, de ce système fondé sur la plus sublime géométrie.... fonten. Hartsoeker.
— HIST. XVI' s. Quand un François demande au pape un bénéfice assis en Franco.... le pape lui en doit faire expédier la signature.... sauf à disputer par après de la validité ou invalidité par devant les juges du roy, m. du bellay, 47.
— ÉTYM. Invalide.
INVAMABILITÉ (in-va-ri-a-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est invariable. L'invariabilité de ses principes. L'invariabilité des méridiennes a été confirmée par colloque M. Cassini a tirée en 4656 dans l'église de Sainte Pétrone à Bologne, fomte». Cha-
INV
telles. C'est en calculant toutes les inégalités séculaires introduites dans l'expression du grand axe d'une planète soumise à l'action d'une autre planète, que Laplace est parvenu à reconnaître le grand principe qu'on a nommé l'invariabilité des grands axes planétaires, pontécoulant, Acad. des se. Comptes rendus, t. iiv, p. 4068.
— ÊTYM. Invariable.
INVARIABLE (in-va-ri-a-W), adj. || 1" Qui ne varie point, en parlant des choses. Des arrêts du destin l'ordre est invariable, corn. Tois. d'or, v, 7. Fais, Seigneur, que mon désir N'ait pour but invariable Que ce que ton bon plaisir Aura le plus agréable, Que ce qu'il voudra choisir, ID. Imit. m, 1 6. C'est une règle invariable que, quand on introduit des personnages chargés d'un secret important, il faut que ce secret soit révélé, volt. Comm. Corn. Rem. Sicomède, v , 4. si j'ose encore en appeler à l'ascendant que j'avais sur toi , ne prononce pas un mot sur une résolution invariable, stael, Delph. part. 5, conclusion. || Terme de physique. Couche invariable , partie du sol souterrainoù la température est constante. || 2" Terme de grammaire. Dont la terminaison ne varie jamais. Los adverbes sont invariables. || S. m. Les invariables. L'adverbe, la préposition, la conjonction et l'interjection forment la classe des invariables. Il 8' Quine change point de résolution, de manière de penser. Lui seul, invariable et fondé sur ta loi, RAC. Esth. Prol. Simple dans ses discours, mais ferme , invariable, volt. Mérope, iv, 4 . L'honnêta homme est invariable dans ses résolutions, parce qu'il l'est dans ses principes, genlis, Théàt. d'éduc. les Faux amis, 11, 4 4.
— ÊTYM. In.... 4, et variable.
INVARIABLEMENT (in-va-ri-a-ble-man) , adv.
D'une manière invariable. Invariablement attaché à son devoir. Il en faudra toujours revenir à cette question, pourquoi ces moules, ces filières [qui reçoivent les semences] sont-elles si invariablement déterminées? volt. Newt. i, 8.
— ÉTYM. Invariable, et le suffixe ment. flNVASIF, IVE (in-va-zif, zi-v'), adj. Qui appartient à l'invasion. Le caractère invasifde ces guerres.
— ÉTYM. Voy. INVASION.
INVASION (in-va-zion ; en vers, de quatre syllabes) , s. f. Il 1° Action d'envahir, de pénétrer militairement dans un pays. Une guerre d'invasion. Le gouvernement anglais avait pris le change sur les desseins de la France; il craignait une invasion et ne songeait pas à l'île de Minorque, volt. LouisXY, 3 4 . 11 y a très-peu de traces de l'invasion des barbares en Italie, stael, Corinne, xi, 4. || Action de s'emparer d'une propriété privée. Ce qui montre combien était réputé saint el inviolable le droit do la propriété légitime, et combien l'invasion était condamnée, boss. Polit, viii, 11, 4. || 2" Par extension, il se dit de tout ce qui peut être comparé à l'irruption d'ennemis. La bande joyeuse fit invasion dans le jardin. L'invasion de la ville par les eaux débordées. || 3° Fig. Il se dit encore des choses morales quis'emparentdes esprits et que l'on compare à des envahissements. L'invasion des fausses doctrines, du mauvais goût. || 4° Terme de médecine. Début d'une maladie. Dans quelques maladies l'invasion s'annonce par un frisson.
— HIST. XIV" s. Faire invasions et emprises contre les monarches, oresme. Thèse de meunier. Il XV' s. S'il tumbe en invasion et assaut d'autrui , n'aura qui le deffende, les Triomphes de la noble dame, f° 87, dans lacuhne. || xvi" s. Les uns ont pris la différence des fièvres de leur invasion, pabé, XX, 6. Que nulle raison ne permet cela, et que c'est une invasion violente, calv. Insl. 8G9. Les invasions et incursions contraires, mont, iv, 83.
— ÉTYM. Provenç. ent'oito, invasion; cspagn. invasion; ital. invasione; lin lat. invasionein, de inva^ dert, de in, en, dans, el vadere, aller (voy. vais).
f INVECTIF, IVE (in-vè-ktif, kti-y'), adj. Qui a le caractère de l'invective.
— HIST. XV' s. Le Quadriloge invectif, Titre d'un ouvrage d'ALAiN chahtier. || xvi* s. Antonius leur commanda, qu'ilz luy tranchassent fà Cicéron] la teste el la main droite, de laquelle il avoit escript les oraisons invectives Antoniennes contre luy, amyot, Anton. 89.
— ÊTYM. Lat. intîPCtii'Ui, qui tient do l'invective; invectivœ, les Catilinaires de Cicéron (dans Priscien),d9 invcctum, supin de invehere, se déchaînor contre, de in, contre, et vehere, traîner (voy. véhément, véhicule).
INVECTIVE (in-vè-kti-v'), s. f. Discours injurieux, expression injurieuse contre quelque pcr-
TNV
sonne ou contre quelque chose. Un homme de cette sorte est un savant artisan de calomnies... il blùme avec des éloges et non pas avec des invectives, BALZ. De la cour, 5* dise. Ma foil lu me fais tort avec cette invective, mol. l'Él. i, 2. Mon Dieu I tout doux : vous allez d'abord aux invectives ; est-ce que nous ne pouvons pas raisonner ensemble sans nous emporter ?iD. Mal. imag. i, 5. 11 fit mille invectives contre la fureur du jeu, hamilt. Gramm. 4. Faut-il.... insulter aux cendres de ceux qui le sollicitèrent de se déclarer contre son devoir, et faire d'un éloge particulier une invective publique? MASS. Or. fun. Yilleroy. Clodius, si connu par les invectives de Cicéron, son ennemi, n'est guère mieux traité par les historiens, rollin, Hist. anc. Qiuv. t. X, p. 237, dans pougens. Le torrent de ses invectives ne peut être arrêté, o'olivet, Hist. Aead. t. ii, p. 50, dans pougens. Un Claveret, qui avait fait une comédie intitulée la Place royale, sur le même sujet que Corneille, se répandit en invectives grossières; Mairet lui-même s'avilit jusqu'à écrire contre Corneille, avec la même amertume, volt. Comment. Corn. Cid, Préface. On n'a recours aux invectives que quand on manque de preuves, dideh. Pens. phil. <5, L'invective invite l'invective, iD. Claude et Nér. Il, (09.
— HIST. XV* s. Une nouvelle invective en laquelle j'espère traictier desvertuz et proprietezde noblece, CHR. DE PISAN, Charles V, i, Prologue. || xvi* s. Et m'a semblé .«iouvent nouveau et estrange de les veoir [les anciens) se desmentir et s'injurier, sans entrer pourtant en querelle.... nous voyons la liberté des invectives qu'ils font les uns contre les ftullres,
«ONT. m, 79.
— ÉTVM. Invectif.
INVECTIVER (in-vè-kti-vé), v. n. Dire des invectives. II invective et se dcclnre en quelques endroits contre les méilecins de Montpellier, gui patin, Lett. t. II, p. 333. [IIJ Blâmait les visites secrètes, Frondait l'attirail des coquettes. Et contre un monde de recettes Et de moyens de plaire aux yeux Invectivait tout de son mieux, la pont. Anneau. Des hommes qui invectivaient contre le libertinage de la cour, iiouRDAL. Car. n. Zèle, 148. Ils parlent, ils déclament, ils invectivent, ils calomnient, id. 2* dim. après la Pentec. Dominic. t. m, p. 237.
— REM. Dites : invectiver contre quelqu'un et non invectiver quelqu'un. Invectiver est un verbe neutre. Cotte faute se trouve dans Diderot : Lorsqu'il invectivera un homme connu et révéré de toute l'Europe, Claude et Sér. ii, 109.
—HIST. XVI' s.C'est avec charge expresse deoeuxqui les stipend ien t,que ces escrivailleurs invecti vent ainsi contre ce braveprince,suLLY,dansleBîc«.deDOCHEz.
— ÉTY.M. Invective.
1NVEND.\BLE (in-van-da-bl'), adj. Qu'on ne peut vendre. La multitude des marchands qui ne pouvaient ou qui ne voulaient pas payer la quantité d'elVets invendus ou invendables, volt. Dict. phil. Banqueroute.
— ÊTVM. In <, et vendable.
INVENDU, UE(in-van-du, due), 'ad;. Qui n'a pas été vendu. Quelques marchandises qui restaient invendues dans ses magasins, ravnal, Hi»t. phil, xi, 7.
— ÉTY.M. In.... t , et vendu.
t INVENGÉ, RE (in-van-jé, jée), adj. Qui n'a point été vengé.
— KTY.M. In... i, et vengé.
INVENTAIRE {in-van-tè-r') , s. m.\\l' Terme de Jurisprudence. Dénombrement dans lequel sont contenus, par articles, les biens, les meubles, les effets, les papiers d'une personne, d'une maison. Dresser l'inventaire. Ses papiers [do Gyllcmbourg] furentenlevés sans inventaire et sans scellés, st-sim. 4ri7, 187. Vous croyez que c'est pour en jouir pendant sa vie? vous vous trompez, c'est uniquement pour en parer son inventaire, le sage, Diabl. boit. cil. M), dans pougens. j] Fig. Viens-lu par inventaire Du cneur de ton amant te porter héritière? BEONAnn, Distrait, il, 7. || Uécolement d'inventaire, représentation d'objets meubles que l'on compare avec l'inventaire. Il Bénéfice d'inventaire, la faculté accordée à un héritier de ne payer les dettes de la succession que jusqu'à concurrence de ce qui est porté dans l'inventaire. Héritier sous bénéfice d'inventaire. Henoncer au bénéfice d'inventaire. || Fig. Par bénéfice d'inventaire, c'est-à-dire si l'on y trouve son compte. Et qui croyait en Dieu, pour user de ce mot, l'ar bénéfice d'inventaire, la font. Fabl. iv, 4 9. Il 2° Terme de commerce. Évaluation, au prix courant, des marchandises re-stéesen m.igasin et des autres valeurs qu'un négociant ou un fabricant fait d'ordinaire une fois l'an et qui a pour but de con-
INV
stater la perte ou le gain de l'année. Faire son inventaire. || Dans la langage général, faire son inventaire, examiner ce qu'on a. || Fig. Faire inventaire, énumérer. L'un fait inventaire de ce qu'il a perdu [dans une déroute], comme son étui, sa tasse, son buffle, son caudebec... sÉv. 209. || 3" Terme de pratique ancienne. Inventaire de production, état contenant l'énumération et la description des pièces produites dans un procès, et les conclusions de la partie qui les produisait. || 4° Vente de meubles inventoriés par un officier ministériel (terme vieilli pour lequel sn dit aujourd'hui encan). J'ai acheté cela à un inventaire. Lorsque leur ange tulélaire Les conduit vers un inventaire, Pour elles c'est un coup du ciel ; Un jour sur le pont Saint-Michel II s'en fit un ; elles s'y rendent; En arrivant elles entendent : S. vingt sols la table de boisl Une fois, dsux fois et trois fois, Adjugez!... vahb , Pipe cassée, m. || 5» Petite plaque sur laquelle les peintres en émail ou en porcelaine mettent des essais de leurs couleurs, rangés par ordre de tons et passés au feu, afin de prévoir l'effet de ces couleurs après la cuisson.
— REM. On dit populairement à Paris inventaire pour éventaire, mais c'est une faute.
— liiST. xiv* s. Après s'ensuit l'inventoire de plusieurs tableaux cy aprez exprimez estans en une chambre, prisiez par Jehan d'Orlians peintre, de LABORDE ^maux, p. 309. Il XVI' s. Qui espouse le corps espouse les dettes, sinon qu'il soit autrement convenu, et à cette fin fait inventaire, lotsel, ) io. Ses gens veulent faire quelque résistance ; on en vient aux mains, et se trouvent avoir du pire ; au moyen de quoy ceux qui eurent le dessus d'eux, firent un inventaire de gens d'armes de tous et chacuns ses biens meubles, bagues, joyaux, chevaux, armes, or et argent, pasquier, Lett. t. ii, p. 3I6.
— ftTYM. Provenç. inventari ; espagn. et ital. tnventario; du lat. t'ntentartum, de invenire, trouver (voy. invpntion).
INVENTÉ, ÉE (in-van-té, tée), part, passé d'inventer. Tant d'instruments inventés pour nous guider dans nos expériences et suppléer i la justesse des sens, en font négliger l'exercice, j. j. bouss. Ém. III. Il Controuvé. Je ne la charge point d'un complot inventé, LEGOUVÉ, Épichar. et Nér. ni, 6.
INVENTER (in-van-té), v. o.||l° Créer quelque chose de nouveau par la force de son esprit. Ces foudres de bronze que l'enfer a inventés pour la destruction des hommes, fléch. Tur. Personne n'inventa l'art entier : les architectes ne sont venus que des milliers de siècles après les huttes et les cavernes, volt. Tactique, note b. On a cru qu'un physicien, d'ailleurs grand observateur, inventa il y a quelques années les fours à poulets, inventés depuis environ quatre mille ans par les Égyptiens, ID. Dict. phil. Abeilles. Qu'il [votre élève] ne sache rien, non parce que vous le lui avez dit, mais parce qu'il l'a compris lui-même ; qu'il n'apprenne pas la science; qu'il l'invente, i. j. bouss. Em. m. || Absolument. Il n'est pas si aisé d'inventer, que d'ajouter aux inventions des autres, rollin, Hist. anc. Œuvr. t. V, p. 140, dans pouoens. Jadis on inventait, inventons aujourd'hui; Nos pères l'ont bien fait; ne pourrions-nous le faire? la motte, Fabl. IV, 3. Il Fig. Il n'a pas inventé la poudre, se dit d'un homme sans esprit. Votre président de Bouc me voit quelquefois; je ne crois pas que ce soit lui qui ait inventé la poudre à canon et l'imprimerie, sÉv. d Wme de Grignan, I6 mai 1672. || 2° Imaginer. Que pourrais-je inventer pour ce coup nécessaire? MOL.l'Ét. 1,2. Que ne puis-jeàmon traître inspirer le souci D'inventer quelque chose à me tirer d'ici ? m. Fdch. n, ♦. Que pourront inventer les enfants d'Adam, pour combattre, pour couvrir ou pour effacer cette égalité, qui est gravée si profondément dans toute la suite de notre vie? boss. Gornay. C'est ce qui nous avait fait inventer des dieux semblables à nous; des dieux qui en effet n'étaient que des hommes sujets à nos passions, à nos faiblesses et à nos vices, m. Hist. ii, 1 1 . Inventez des raisons qui puissent l'éblouir, bac. Mithr. ii, «. J'inventai des couleurs, j'armai la calomnie, id. Esth. II, I . Pour vous perdre il n'est point de ressorts qu'il n'invente, m. Alhal. i, 1. 1|3° Supposer, controuver. Ciel I rien de plus cruel peut-il être inventé? mol. ifis. IV, 3. Elle me l'a dit; c'est un fait constant; je n'invente rien, moi, lesage, Turc, n, 3. Ap|irenez-moi l'histoire du monde, si vous la savez, mais gardez-vous de l'inventer, volt. ie«. Jlf. /.. C. , 23 déc. 1768, sur les qualiti's occultes. Irai-je, Quand tout .semble tranquille , inventer des dangers.... Pour exhaler sans crainte une haine
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inutile? c. helay. Tipr. He. ii, i. || Absolument. Tu dis qu'en un complot j'ai voulu l'engager? Fourbe I invente donc mieux, si tu veux te venger, legouvé, Épichar et Nér. m, 6. || 4' S'inventer, v. réfl. Être inventé. Les découvertes qui se font, les machines qui s'inventent. || Etre controuvé. Cela ne s'invente pas.
— HIST. XVI' s. L'imitation du juger, de l'inventer, ne va pas si vite [que celle du parler], mont, i, 192. Or est-ce bien un grand abus, s'en cuide Que d'inventer la fontaine soit vuide, la boétie, 47».
— ÉTYM. Lat. inverxtum, supin d't'neenire (voy. invention); Berry, «'intenter, s'aviser; norm. tlri* sait de quoi s'inventer.
INVENTEUR, TRICE (in-van-teur, tri-s'), ». m. et f. Il 1» Celui, celle qui a inventé. Le premier inventeur. L'inventeur de l'imprimerie. Accorder un brevet à l'inventeur d'une machine, d'un procédé. On la fait, mais je n'en crois rien, Inventrice de» gants de chien, scarr. Yirg. i. [La sagesse incréée] magnifique dans les grandes choses, industrieuse dans les petites , et encore riche dans les petites et inventrice dans les grandes, boss. Élevât, sur myst. m, 8. Une courtisane, Glycère, de Prigone comme lui, excellait dans l'art de faim des couronnes, et elle en était regardée comme l'inventrice , rollin , Hist. ane. t. xi , I" part, p. 191, dans pougens. C'est ainsi que les arts utile» se sont peu à peu établis, et la plupart par des inventeurs ignorés, volt. Moeurs, si. || Absolument. Celui dont l'esprit a le don d'inventer. Les vrais inventeurs sont ceux qui prouvent, volt. Mél. litt. Lett. sur la comète. L'esclave imitateur naît et s'évanouit; Ce n'est qu'aux inventeurs que la vie est promise, a. chénier, l'Invention. \\ Adj. ô qu'ainsi parmi nous des esprits inventeurs De Virgile et d'Homère atteignent les hauteurs! a. chén. l'Invention. Il 2° Particulièrement. Celui qui trouve une médaille dans la terre, un monument enfoui, etc. Il 3° Celui, celle qui imagine. Cet avis merveilleux dont je suis l'inventeur, mol. Fdch. m, 3. Démocrite, l'inventeur de la philosophie des atomes, bollin, Hist. anc. (Euv. t. m, p. 642, dans pougens. || Celui , celle qui controuvé. J'admirais.... si de tant de maux le funeste inventeur De quelque ombre de bien pouvait être l'auteur, RAC. Athal. m, *.
— HIST. XVI' s. L'œuvre est de l'inventeur, Et celui qui apprend Est tenu pour menteur, Si grâce ne lui rend, bons. 38I. Garde-toi bien d'estre l'inventeresse D'habitz nouveaux , j. marot, v, 207. Quand ces femmes rapporteresses et inventeresses de paroles viennent à dire.... la boetie, so7.
— ÉTYM. Lat. inventorem (voy. invention). INVENTIF, rVE (in-van-tif, ti-v'), adi. || 1° Qui a
le génie, le talent d'inventer. Il [un jeune peintre] compose, il est inventif, et colore convenablement bien, poussin, Lett. 11 juin I64i. Les Égyptiens avaient l'esprit inventif, boss. Hist. m , 3. Je suis un peintre.... j'enfante au dedans de moi un tableau.... j'aime ce dessin, cette idée, ce fils de mon esprit fécond et de mon art inventif, m. Élevât, sur myst. 11, 7. || Fig. Préparez seulement des gênes, des bourreaux; Devenez inventifs en supplices nouveaux, CORN. Méd. v, B. Il 2° Qui est habile à imaginer. Notre sexe est fort vindicatif, Et dans se» trahisons se rend bien inventif, tristan, Mariane, II, 6. Si nous aimons assez Jésus-Christ, la foi inventive et industrieuse nous fera trouver un martyre au milieu de la paix du christianisme, boss. 2" sermon, Circoncision. Flatteur, insinuant, sachant s'accommoder à tous les goûts et à toutes le» inclinations des princes; inventif et industrieux pour trouver de nouveaux moyens de leur plaire, fén. Tél. XVI. Allons, allons, rêvez vous-même h votre tour, l'amour est si inventif, lamotte, Minutolo, se. 1. Il Substantivement. Qu'un homme a mauvaise grâce de vouloir faire l'inventif et l'ingénieux, lorsqu'il devrait parler avec toute la gravité et l'autorité du Saint-Esprit! fén. t. xxi, p. 116.
— HIST. XVI' s. La jeune veuve, la quelle estoit femme inventive et de bon esprit, despkbiers, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Voy. INVENTION.
INVENTION ( in-van-sion ; en vers, de quatre syllabes),», f. || 1' Habileté d'inventer, disposition à inventer. Ils [les poètes trop châtiés] rampent bassement, faibles d'inventions, bkgnier, Sat. ix. J'ai trouvé ce nom [M. d'Arles] pour ne dire ni M. le coadjuteur, ni M. l'archevêque ; il y a bien de l'invention à cette découverte, sRv. 6 avr. I68O. Virgile au prix do lui n'a pas d'invention, BoiL. Art p. III. Le génie de l'invention, naturellement subtil, harili, et quelquefois présomptueux avait en
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iui toute la solidité, toute la retenue et m«me toute la défiance nécessaire, fonten. Amontons. Newton, dans ses recherches sur l'optique, déploya le même esprit d'invention qui s'appuie sur des faits incontestables, entièrement opposé à cet esprit d'invention qui se joue dans des hypothèses, VOLT. Institut, phys. Le grand sens de l'auteur de Caton [Addison], et ses talents qui en ont fait un secrétaire d'État, n'ont pu le placer à côté de Shakspeare; tel est le privilège du génie d'invention ; il se fait une route où personne n'a marché avant lui, m. Ess. poés. épiq. ch. 2. il 2» L'action d'inventer. L'invention des arts étant un droitd'aînesse. Nous devons l'apologue à l'ancienne Grèce, LA font. Fdbl. in, <. Les sourds et les muets trouvent l'invention de se parler par leurs doigts, Boss. Connaiss.y ,T . Les hommes, trouvant le monde tel qu'il est, ont eu l'invention de le tourner à leurs usages, fén. Bxist. 7). Il y a des artisans ou des habiles, dont l'esprit est aussi vaste que l'art et la science qu'ils professent; ils lui rendent avec avantage, par le génie et par l'invention, ce qu'ils tiennent d'elle et de ses principes, la brdt. i. L'invention des arts qui fait la douceur de la vie, l'institution des lois qui en fait la sécurité, mder. Opin. des anc. phil. [Japonais). Arago a établi très-nettement les règles précises de l'invention scientifique qui consiste dans le fait de la publication, dans une forme authentique et dans une langue quelconque. Presse scientifique, année 4 863, t. I, p. 865 II La chose inventée. Une belle invention. Si quelque invention peut suppléer à la connaissance qui nous est refusée des longitudes sur la mer, c'est celle du plus habile horloger de France qui dispute cette invention à l'Angleterre, VOLT. Louis XV, <3. Ce que les hommes appellent Invention n'est souvent que transmission ou renouvellement, DUCLOS, Consid. goût, Œuvres, t. x, p. 405, dans pouGENS. || Brevet d'invention, brevet que le gouvernement délivre à un inventeur, pour lui assurer la propriété et l'exploitation exclusive de son invention pendant un certain nombre d'années. Il 3* Action d'imaginer, résultat de cette action. Voilà ce que m'a prêté l'histoire ; le reste est de mon invention, cohn. Poly. Examen. Quand j'aurais en naissant reçu de Calliope Les dons qu'à SCS amants cette Muse a promis, Je les consacrerais
aux mensonges d'Ësope On peut donner du
lustre à leurs inventions, la font. Fabl. ii, « . Que la doctrine si ancienne de saint Augustin est une nouveauté insupportable, et que les inventions nouvelles qu'on fabrique tous les jours à notre vue passent pour l'ancienne foi de l'Église, pasc. Prov. m. J'ai été hier à l'opéra [d'Atys, de Quinault].... il y a un sommeil et des songes dont l'invention surprend, sév. 6 mai 4 676. Malheur à moi, si, dans cette chaire, j'aime mieux me chercher moimême que votre salut, et si je ne préfère à mes inventions, quand elles pourraient vous plaire, les expériences de celte princesse qui pourraient vous convertiri boss. Anne de Goni. Il n'y a point de particulier qui ne se seule autorisé par cette doctrine fpuiser sa foi dans la lecture de la Bible] à adorer ses inventions, à consacrer ses erreurs, id. lici'ne d'Angl. Le poète [épique] s'égaye en mille inventions, Orne, élève, embellit, agrandit toutes choses, BOiL. Art p. m. La doctrine du probabilisme est d'invention jésuitique, dideb. Opin. des anc. philos. (jVitti'fes). Il Terme de rhétorique. Reclierche et choix des arguments que l'on doit employer, des idées que le sujet fournit, dont on peut faire usage. Il nous reste deux livres sur quatre que Cicéron avait écrits sur l'invention. || 4^ Terme de peinture et de sculpture. Procédé mental par lequel on trouve les images sensibles propres à exprimer le sujet aux yeux du spectateur, qu'il s'agisse d'une idée abstraite ou d'un événement vrai. Il Se dit dans un sens analogue en musique. Il B° Moyen, combinaison. Si Rodrigue combat sous ces conditions, Pour en rompre l'effet j'ai trop d'inventions, corn. Cid, v, 4. Trouve ruses, détoure, fourbes, inventions. Pour frustrer mon rival de ses prétentions, mol. l'iit. i, 2. Ne puis-je point trouver quelque invention pour me venger? lo. Uéd. malgré lui, i, 6. Je comprends les dépenses de ce Xiége d'Orange; j'admire les inventions que le démon trouve pour vous faire jeter de l'argent, sév. 27 nov. 4673. Il [mon fils] trouve l'invention de dépenser sans paraître, de perdre sans jouer, et de payer sans s'acquitter, ID. 27 mai 4 680. Pour moi, pauvre petite femme, si j'avais fait une sottise, je n'y saurais pas d'autre invention que de la boire, ID. 23 janv. 4682. IJ Familièrement. Vivre d'inven-
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tion, vivre d'artifices, d'escroqueries. || 6° Action de supposer, de controuver, mensonge. Je ne m'étonne pas que Rustan et la reine Par leurs inventions m'aient rendu criminel, mairet, Soliman,
IV, 2. Il [Jurieu] rapporte un passage de saint Augustin où ce sublime théologien reconnaît qu'en combattant les hérétiques, l'Eglise apprend tous les jours de nouvelles vérités. Mais par malheur pour votre ministre, ces nouvelles vérités sont de son invention, boss. 4" arert. 27. Pure invention, monsieur, pour s'excuser des coups qu'il a donnés à ce pauvre berger, brueys, ^i-oc. Pat. m, 2. Ils [les prestiges] sont l'appât grossier des peuples ignorants, L'invention du fourbe et le mépris des grands, volt. Sémirom. ii,T. \\ 7° Découverte de certaines reliques. L'invention du corps d'un saint. || Invention de la croix, fête où l'Église célèbre le bonheur qu'Hélène, femme de l'empereur Constantin, eut de trouver, à Jérusalem, la croix sur laquelle le Seigneur est mort.
— HIST. XVI' s. J'avois l'esprit lent, l'appréhension tardive, l'invention lasche, mont, i, 495. Ses inventions [de Cicéron] sont peu fréquentes et peu roides, m. 11, 291. L'invention de nostre artillerie, de nostre impression, m. iv, 4 6.
— ÉTYM. Provenç. inventio; cspagn. invencion; ilal. invenxione; du lat. inventionem, de inventum, supin de invenire, trouver, de in, en, dans, sur, et venire, venir.
INVENTORiÊ, ÉE (in-van-to-ri-é, ée),port. passé d'inventorier. Une bibliothèque inventoriée. || Papier inventorié, papier sur le dos duquel l'officier public a mis un numéro d'ordre et son paraphe.
INVENTORIER (in-van-to-ri-é), j'inventoriais, nous inventoriions, vous inventoriiez; que j'inventorie, que nous inventoriions, que vous inventoriiez,
V. a. Inscrire dans un inventaire. Inventorier les meubles d'une maison. Inventorier les pièces d'un procès. Il Fig. Peu à peu les hommes aplanissent les routes qu'il [un grand homme] a tracées ; ils réunissent toutes les parties de ses découvertes ; ils rassemblent et inventorient leurs richesses et leurs forces, jusqu'à ce qu'un nouveau grand homme s'élance, qui.... turgot. Ébauche du 2« dise. Progrès de l'esprit humain, p. 279.
— HIST. XV' s. Lesquelz biens ont esté apportez en l'ûstel pour les inventorier et faire extimacion et apreciacion, Bibl. des ch. 6" série, t. i, p. 344, Il XVI' s. Il n'oublia de faire sceller tous ses coffres et inventorier ses meubles, carloix, vi, 4 9. Qui veut jouir du bénéfice d'inventaire doit, dans quarante jours après que la succession sera ouverte, faire inventoriser les biens du defTunt par personne publique sous autorité de justice, Nouv. coust. gêner, t. II, p. 4 085.
— ÉTYM. Jnicnïoirc, ancienne forme d'inventaire. INVERSABLE (in-vèr-sa-bl'), adj. Qui ne peut
verser. Des voitures inversables.
— ÉTYM. In.... 4, et verser.
INVERSE (,in-vèr-s'), adj. || 1° Placédans un ordre, dans un sens, dans une direction opposée à unautre ordre, à un autre sens,à une au tre direct ion . Les objets sont réfiéchisdansunmiroirensensinverse. || Terme de minéralogie. Rhombo'ide inverse, rhomboïde dont les angles saillants sont égaux aux angles plans du noyau, ce qui est l'inverse de la forme primitive. Il 2" Terme de logique. Proposition inverse, celle dont les termes sont dans un ordre inverse par rapport à ceux d'une autre proposition, etc. || S. f. L'inverse, la proposition inverse. Tous les fous sont méchants, est l'inverse de : tous les méchants sont fous. Il 8° Terme fie mathématique. Il se dit de la variation d'uneqwntité augmentantàmesure qu'une autre dont elle dépend diminue, ou diminuant quand cette autre augmente. Dans une balance à bras inégaux, le poids qui fait équilibre est inverse de la longueur du bras.)] Raison inverse, rapport inverse. Le soleil attire ces globes en raison inverse du carré de leurs distances, volt, [feict. m, 5. || Fig. 11 y a une estime publique attachée aux différents arts en raison inverso de leur utilité réelle, J. J. eouss. Ém. m. Il Règle de trois inverse,celle où un nombre cherché est d'autant plus grand ou plus petit que le nombre donné est plus petit ou plus grand: vingt ouvriers ont mis dix jours à un certain ouvrage; combien quatre ouvriers en mettront-ils? cela donne lieu à une règle inverse. || 4° Terme de musique. Imitation inverse, voy. inversion. || 5° S. m. Ce qui est dans un ordre inverse. Prenons l'inverse de la première supposition : au lieu de faire fournir le germe par la femelle, faisons-le fournir par le mile, bonnet, Consid. corps org. (Envr. t. v, p. 227, dans pougens. La philosophie de M. Rousseau de Genève est presque l'inverse do celle de Hobbes,
INV
DinER. Opinion des anc. phil. (hobbisme). \\ Faire l'inverse, refaire une opération accomplie, mais dans l'ordre, dans le sens, dans la direction inverse. Faites l'inverse de l'addition et vous en aurez fait la preuve. || Familièrement. Faire le contraire de ce qu'on attendait, de ce qui était prescrit. Je lui avais dit d'aller là avant d'écrire sa lettre, il a fait l'inverse. Il Ce qui agit plus quand quelque autre chose agit moins. Les fonctions des reins et du foie sont, en maintes circonstances, les inverses des fonctions du poumon et do la peau.
— HIST. XIII' s. Autre [d'autres miroirs] font diverses ymages Aparoir en divers estages Droites, belongues et enverses Par composicions diverses, la Rose, 4 8376. Il XV' s. Invers, cotgrave.
— ÉTYM. Provenç. envers, evers ; espagn. et ital. inverso; du lat. inversus, renversé, de in, en, sur, et versus, tourné (voy. version).
t INVERSEMENT ( in-vèr-se-man ), adv. Dans une situation inverse.
t INVERSIF, rVE (in-vèr-sif, si-v'), adj. Terme de grammaire. Qui use de l'inversion.Langues inversives.
— ÉTYM. Voy. inversion.
INVERSION (in-vèr-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1° Action d'invertir, de mettre dans un sens ce qui était dans un autre. Les feuilles qui ont subi plusieurs inversions paraissent s'amincir, bonnet. Us. feuilles plant. 2' mém. \\ Terme d'anatomie. Inversion splanchnique, sorte d'anomalie dans laquelle des viscères sont déviés de leur position normale et même placés en sens opposé. Il 2° Terme de grammaire. Terme générique de toute ctfnstruction qui n'est pas conforme à l'ordre analytique. « On accuse en secret cette jeune Éryphile Que lui-même captive amena de Lesbos : » Que lui-même amena captive, serait l'arrangement de la prose ; mais. Que lui-même captive amena, est une inversion forcée, dont je crois n'avoir vu d'exemple que dans Marot; encore n'en suis-je pas sûr, n'oLivET, Rem. Racine, § 79. La syntaxe de cette langue [le français] toujours uniforme, et qui n admet point d'inversions, est encore une facilité que n'ont guère les autres langues; c'est une monnaie plus courante que les autres, quand même elle manquerait de poids, volt. Oict. phil. Langues. Un autre désavantage des langues à inversion, c'est d'exiger soit du lecteur, soit de l'auditeur, de la contention et de la mémoire, dider. Lett. sur les sourds et muets. || 3° Teiine militaire. Disposition d'un corps qui, au lieu d'avoir sa première subdivision à sa droite, l'a au contraire à sa gauche. 11 Terme de marine. Évolution qui porte en dernière ligne les bâtiments qui étaient en tête. {| 4° Terme de musique. Espèce d'imitation qui consiste à reproduire un Irait de mélodie en prenant les notes dans un ordre renversé, ou diflérent de celui où ce trait a été proposé.
— ÉTYM. Lat. inversionem, de invertere (voy. inverse).
INVEIlTÉPnÉ, ÉE ( in-vèr-té-bré, brée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui n'a point de vertèbres ou de squelette intérieur. Les animaux invertébrés. || S. m. Les invertébrés, qu'on divise en annelés, articulés et vers, mollusijues, radiaires et spongiaires.
— ÉTYM. In.... 4, et vertébré.
t INVERTI, lE (in-vèr-ti, tie), part, passé d'invertir. Qui est renversé symétriquement. Comme ces objets dont on voit les imagos inverties dans les eaux, château b. Natch. vu.
flNVERTIR (in-vèr-tir),v.a.|| 1° Terme didactique. Renverser symétriquement. 1] 2° 'ferme militaire. Placer une troupe, uii corps d'armée, en inversion.
— ÉTYM. Lat. invertere (voy. inverse).
INVESTI, lE (in-vè-sti, stie), part, passé d'investir. Il 1° Mis en possession d'une fief, d'une prélature, d'une dignité. On duc de Spolète, un marquis de Toscane, investis de ces états par Charles te Chauve, se saisirent du pape Jean VIII, et pillèrent une partie de Rome, volt. Uœurs, 24. || Fig. Fortifié des lumières abondantes dont le bienheureux Siméon se trouva comme investi, bouiihal. Purifie, de la Vierge, ilyst. t. 11, p. 4 98. || 2'' Dont les communications sont coupées. Si toutes nos voies sont semées d'écuoils et investies d'ennemis invisibles, MASS. Carême, Prière 2. || Fig. M. Racine représente Néron après son crime, investi de la haine publique, ilerc. 4 717, dans nESPONTAiNES.
INVESTIGATEUR, TRICE (in-vè-sti-ga-teur, tri-s'), s. m. et f. Celui, celle qui fait des investigations sur quelque objet. Le sage, le savant, l'investigateur du siècle, MASS. Avent, Jug. Mon sage est l'investigateur de l'histoire naturelle ; on apprend plus dan»
TNV
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les seules expériences de l'abbé Noilet, que dans tous les livres de l'antiquité, volt. Dict. phil. Xénophane. || Terme d'alchimie. Celui qui cherche la pierre philosophale. || Adj. Un génie investigateur Des regards investigateurs. Une activité investigatrice.
— HIST. xiV s. Et se taisent tous les vanteurs, Sophistes investigateurs De l'alkemie, qui se vantent Ou'ilz cueilleront, et rien ne plantent, l'Alch. à tiat. 546. Il XV' s. Un autre clerc... qui estoit assez investigueur des secrètes scienc?s, pria moult à l'aultre qu'il lui voulsist enseigner faire ledit azur, CHRIST. DE PisAN, Charles Y, m, 28.
— ÉTYM. Lat. investigatorem, de investigare, suivre à la trace, de in, en, sur, et vestigium, trace (voy. vestige).
LWESTIGATION (in-vè-sti-ga-sion; en vers, de six syllabes), s. f. |! 1" Action de suivre à la trace, de rechercher attentivement. Les investigations des magistrats ont réussi, le coupable a été saisi. Que de dangers, que de fausses routes dans l'investigation des sciences! J. J. rouss. Discours contre les scienres. Quand j'ai hasardé le mot investigation, j'ai voulu rendre un service à la langue, ID. dans le Dict. de Docunz. Investigation, c'est une espace de quête où l'esprit suit à la piste les traces d'une cause ou d'un elTet, présent ou passé, mder. Opin. des anc. phil. (hobbisme). De là [habitudes (lu commandement militaire] cette investigation qu'il [Napoléon] portait sur les progrès des sciences et des arts, sur tous les produits nouveaux de l'industrie, sur tous les exercices de l'esprit, et par l'effet de laquelle la protection elle-môme prenait quelquefois le caractère de l'inquisition, mollikn, Mémoires d'un minisire du trésor, i, 30. || 2° Terme de grammaire. Investigation du thème, manière do trouver dans les verbes le temps et le mode primitif. L'investigation du thème ne présente de difficultés en français que pour quelques verbes.
— HIST. XV* s. [Il décida le point] quand suffisante investigation en eut fait, christ, de pisan, dans le Dict. de dochez. || xvi* s. Longue et religieuse investigation, mont, i, 389.
— ÉTYM. Lat. iniestigationem (voy. investigateub). On voit par l'historique combien J. J. Rousseau se trompait en croyant avoir donné investigation à la lan,'ue française.
INVESTIR (in-vè-stir), v. a. || 1° Revêtir, c'est-àdire mettre en possession d'un pouvoir, d'une autorité quelconijue avec de ceilâines cérémonies, dont l'une était la remise de quelque pièce de vêtement. Des princes profanes investissent des évoques avec la crosse et l'anneau, voir. Mœurs, 40. Il 2° En général, mettre en possession d'un pouvoir, d'une autorité, d'un droit. A Rome, le dictateur était investi d'une autorité absolue. Toutes ces donations disparaissent devant celles des Indes orientales ou occidentales, dont Alexandre VI investit l'Espagne et le Portugal de sa pleine puissance et autorité divine, volt. Dict. phil.Donations. \\ Fig. et par antiphrase. C'est là le juste supplice du pécheur qui se retire de Dieu, que Dieu aussi se retire de lui, et par cette soustraction le prive de tout le bien, et l'investisse irrémédiablement et inexoraliloment de tout le mal, boss. EUiat.surmyst. vi, I6. || 3°ï'ig. Envelopper de troupes, environner de gardes pour fermer les issues, par comparaison avec un vêtement qui enveloppe. On croit que Maestricht est investi; rien n'est encore assuré, SÉV. 16 mai 4072. Déjà le sacré mont, où le temple est bâti, D'insolents Tyriens est partout investi, bac. AtlMl. iv, 6. Anicet investit la maison [où Agrippine s'était réfugiée], les portes en sont brisées, dioer. Claude et fier. I, 79. Ah! lorsque les Gaulois, dans des temps moins prospères, Sur ce mont glorieux investissaient nos pères, m. j. chén. Cracques, m, 6. || 11 se dit aussi d'une troupe qui en cerne une autre. On commençait à investir l'aile droite où était Alexandre, VAUGEL. 0. C. V, «I. Et Pompée.... se travaille X changer, à l'instant, l'ordre de la bataille, Et, les ailes s'ouvrant autant qu'il e.st permis, 11 tâche d'investir celle des ennemis, brébeuf, l'hars. vu. !| 4" V. n. Terme de marine. Se dit quelquefois sur la Méditerranée pour aborder. La galère parvint à investir à Naplcs. || 5° S'investir, v.réjl. Se donnera soi-même un droit, une autorité. 11 s'était investi de l'autorité.
— HIST. xv s. Mais vous.... qui à ce faire aviez mis toute diligence et cure... me vinstes courir sus et investir, Bouciq. ii, 3i . || xvi* s. Quand les acheteurs ne se présentent pour estre louez et investus, dedans quarante jours, des choses par eux acquises, Coust. génér. t. Il, p. 48». L'esprit qui feut, pour sa
peine. Investi du corps du soleil, mjnt. ii, 29 i. D'où vient que, si une femme vous favorise, vous en investissez incontinent la froideur et une auctorité maritale? id. m, 376. Nous nous investissons des facultez d'aultruy et laissons chômer les nostres, ID. IV, 2)9. Estants investis devant et derrière, et par les flancs, ils ne purent eschapper la mort ou la prison, CARi.oix, v, 6. Il fera sortir de Metz toutes ses forces pour investir et entourer Thionville, id. VII, 6. Le roy l'envoya pour se saisir de la ville d'Avignon , craignant que l'ennemy ne s'en investist,