PIG
«on genre. Un miri de voire Age esi piètre marchandise, DEsioicn. Irrésolu, v, s. On l'habilla convenablement [Dubois] pour lui donner la vraie figure d'un abbé, relever un peu son extérieur piètre et bas, et le rendre présentable, Ducxos, (Euv. t. v, p. 1 98. Les puissances y sont peu respectées [dans le partage de la Pologne], et le roi y joue un -iètre rôle , bachaumont, Mém. t. ïxvn, p. 340. Il i' Il se dit aussi des personnes. Un piètre personnage. C'est là qu'on reconnaît l'homme divin qui, de si piètres disciples, a fait pourtant, dans leur grossier mais fier enthousiasme, des hommes éloquents et modérés, J. J. rodss. Lett. à *'••, Corresp. t. m, p. 877, dans poi;gens. || 3° S. m. Terme d'argot. Membre de l'une des branches de la famille des gueux.
— msT. XV* s. Tout piètre plein d'avarice Que je conoistroy.... basselin, v. || xvi* s. Une telle maison si pauvre et si piètre, amyot, Lyc. 23. C'est un piètre qui se moque d'un boyteux, tahukeao, Dial. p. <59, dans laccjrne. Do la façon de Jean le piètre, oudin, Curios. franc.... La plusparl furent il.sfaicts, et s'en tournèrent fort piètres, bhant. UonJunn d'Àustrie.
— ÊTYM. Diez le tire du latin pedestris, en observant toutefois qu'on devrait le trouver écrit pteslre. Celte absence de 1'» porte à chercher une autre élymologie. Comme Pierre s'est dit Piéfre, on peut croire qu'on a ici un nom propre devenu un nom commun, comme Colas, Nicodème, qui signifient nigaud.
PlÈTREMKNT(piè-tre-man),a<iB. D'une manière piètre. Il est logé piètrement.
— HIST. XVI' s. Traduits si piètrement, h. est. Apol. dllérod. Préface.
— ÉTYM. Piètre, et le suffixe ment.
PiftTREHIE (piè-tre-rie), t. /.Chose vile et méprisable.
— HIST. Pielrerie, cotgrave.
— ÉTYM. Pi'èlre.
PIETTE (pi-è-l"), s. f. Oiseau aquatique dont le plumage est en partie blanc et en partie noir; dit aussi nonnette blanche.
— KTYM. Diminutif de pie, ». f.
PIEU (pieu), s. m. \\ 1° Pièce de bois pointue par un des bouts. Ces maîtres si doux le faisaient enchaîner toutes les nuits à un pieu planté au milieu de leur chétive cabane, et un troisième Turc, qui vivait avec eux, était chargé de ce soin, fonten. Uanigli. \\ 2° Terme de chasse. Gros bâton ferré avec lequel on tue les bètes noires qui sont dans un p.irc. Il j4u pJur. Des pieux.
— HIST. su* s. [Il] rint un grant pel en son poing destre, Urut, ms. i° B6, dans LACURNE.Trois peuls [tiges] a pris de l'herbe verdoiant, Ronc. p. 92. Il XIII' s. Trop se dcITendoient apiertement, en jeltant pierres et peus agus, H. de valenc. xxxiv. Il fisl le (lum [le fleuve] paler de grans pieus de l'une rive jusqu'à l'autre, du cange, palada. || xvi' s. La douairière n'a part ne portion au donjon, chasleau, forteresse de la seigneurie où elle a son douaire, à la charge d'entrete; lir lesdits édifices de couverture, pel et verge, CousU génér. t. I, p. 6(0.
— ÉTYM. Bourg, et Berry, pau ; provenç. pal; esp. palo; port, pan ; i'al. palo; du lai. palus (voy. pal).
t PIEUOUKTTF,(pieu-kè-t'),*. /. Nom vulgaire de la farlouse des pr/,«, alauda pratemis, t., aussi nommée pipi des baissons; c'est le becfigue du Midi.
— ETYM. Pinquetle, pipi, onomatopées.
PIEUSE.MENT (pi-eû-ze-man), adv. D'une façon
pieuse, avec piété. L'apôtre saint Paul a prononcé que tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ soutTrironl persécution, Boss. Sermons, Amour des plaisirs, l. Ceux qui, sous prétexte d'édifier les spectateurs, se donnent eux-mêmes pieusement en spectacle, mass. Or. fun. Yillars. Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie, Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie, V. HUGO, Chanis du crépuscule, 3. || Croire pieusement une chose, la croire par principe do dévotion. Il Kamilièrement et ironiquement. Croire une chose pieusement, la croire sur parole et .sans examiner si la chose est ainsi qu'on le dit, ou bien faire semblant de la croire par déférence à celui qui la dit. Je crus pieusement la petite fille, quoique sa réponse ne fût pas catégorique, LE SAOe, Cil Ul. Il, t.
— ÉTYM. Pieuse, et le suffixe ment. L'ancienne Ijiigiie avait, non pieusement, mais piement.
t PIEUVRE (pieu-vr'), s. f. Le poulpe commun, cla.sse des mollusques céphalopodes. Ce monstre Mt telui que les marins appellent poulpe, que la s>.'ii'iici; appelle céphalopode , et que la légende
appelle kraken ... dans les Iles de la Manche on le nomme la pieuvre, v. hugo, /raïai/kur* de la mer, iv, 2.
— ÉTYM. Ce mot paraît être la vieille forme française du lat. polypus, dont la langue méridionale a fait poulpe; pieu répond à poly, comme pieu à palus; quant à l'r, il est épenthétique, à la façon de l'r d'esclandre.
PIEUX, EUSE (pi-el5, eû-z"), adj. \\ 1- Oui a de la piété. Louis XIII rendit au ciel son âme juste et pieuse, et il parut que notre ministre était réservé au roi son fils, eoss. le Tellier. Les trois pieuses Maries étant accourues dès le grand matin pour chercher leur bon mattre [Jésus] dans ce lit de mort, ID. 1" sermon, Pdques, préambule. Puissiez-vous voir M. de Dangeau aussi pieux que vous êtes dévote I MAINTENON, Lctt. à Mme de Dangeau, lo nov. (715. C'est une chose délicate à un prince religieux de réformer la cour et de la rendre pieuse, la bhuy. XIII. Ce temple rustique Dont la mousse a couvert le modeste portique. Mais où le ciel encor parle à des cœurs pieux, lamaht. Méd. i, 22. || Substantivement. Quoi qu'il en soit, il serait toujours vrai que le faux culte aurait bientôt commencé, même parmi les pieux et dans la famille de Seth, boss. Élevât, sur myst. VII, 7. Il 2' Qui a le caractère de la piété, en parlant des choses. Eh ! merci de ma vie 1 il en irait bien mieux, Si tout se gouvernait par ses ordres pieux, MOL. Tart. 1, t. Ces pieux devoirs que l'on rend à sa mémoire, ces prières, ces expiations, ce sacrifice.... pléch. Mme de Mont. Et du concert pieux j'entends le bruit lointain, 0. delav. Paria, i, 3. Il Legs pieux, legs destiné à être employé en œuvres pies. Il Croyance pieuse, opinion qu'adoptent des personnes pieuses, bien qu'elle ne soit pas prescrite parla foi. || Ironiquement, pieuse croyance, opinion peu éclairée. || Substantivement. Le pieux, ce qui a le caractère de la piété. Si le pieux y règne, on n'en a point banni Du profane innocent le mérite infini, la font. Poésies mêlées, xxxix. || 3' Qui tient à un sentiment d'amour filial, de compassion ■pour les malheureux, etc. Toi, qui l'as honoré sur cette infâme rive D'une flamme pieuse autant comme chétive. Dis-moi quel bon démon a mis en ton pouvoir De rendre à ce héros ce funèbre devoir, corn. Pomp. v, 4. Il était conduit par l'amour pieux qu'un fils doit à son père, fén. Tél. xvni. Il alla lui-même retirer son corps sanglant et défiguré de l'endroit où il était caché sous un monceau do corps morts; il versa sur lui des larmes pieuses, in. 16. xvii.
— ÉTYM. L'ancienne langue n'a paspieui, dissyllabe; elle a pif, piu en variantes, au n'ginie, Sax. XXIV ; p«u», au sujet et monosyllabe. Th. le mart. tbT. Les autres exemples donnent ce mot toujours monosyllabe; c'est donc la reproduction du latin pius : au nominatif, pt'us ou piex, au régime pif oa piu; pius est traité comme deus, qui donne dieu monosyllabe. Le provençal a pios, pius. Pieux, de la langue moderne, vient ou d'une forme allongée de pie, ou plutôt d'un changement de prononciation dfns cet ancien adjectif pius, piex.
t PIÉZOMlîTRE (pi-é-zo-mè-lr'), ». m Terme de physique. Appareil qui sert à observer et à mesurer la comprPssibilité des gaz.
— ÉTYM. nUUtv, presser, et (liTpov, mesure, t PIF (pif), ». m. Il 1" Terme populaire. Un gros
nez. Quel pif il aini" Grès pif, voy. onÈs.
PIFFRE, ESSE (pi-fr', frè-s'),». m. elf. || 1" Terme bas et injurieux. Personne excessivement grosso. Il 1° Goulu, gourmand. 118" S. m. Gros marteau de batteur d'or.
— HIST. ivi« s. Vous estes, à ce que je vois, ce gros pifl're de Portug.iis qui a gaigné tous les jours l'argent du roi, sully. dans le Dict. de nociiKZ.
— ÉTYM. Bourg, piffre, un gars;prov. piffart, replet, terme d'injure. Piffre (un homme gros a les joues goiifiécs, comme s'il jouait de la flûte ou du fifre) vient de pi/'re, qui s'est dit, au xvi' siècle, pour ^fre (voy. ce mot), et qui est l'ital. pifero, esp. pifaro, un lifro; les(|ucls,' à leur tour, di'rivent de l'anc. haut-allem. pfifa, ail. mod. Pfeifer, sifflet. Diez remarque que le mul germanique n'est pas indigène cl ((u'il est une altération du lat. pt'pdre, pipi'ire, piauler (voy. pipeau et pioion).Au contraire, le Valésiana, p. 8( , rattache pilfre à pifli, nom qu'on donnait aux hérétiques appelés bougres, bulgari; mais la première élymologie mérite la préférence.
t PIFFREB (SK) (pl-fré), v. réfl. Terme baa et populaire. Se remplir de nourriture. Ils ont telleluent bu, et se sont si pleinement pifTrés, que la plupart en ont élé malades, i. t. hoiss. I.ett. d Mme de Warens. février 1747.1100 trouve aussi se
piffer. On rit, on se pifTe, on se gave, îes Porcherons, cil. V, dans fr. Michel, Argot.
— ÉTYM. Piffre.
t PIGAr.HE (pi-ga-ch'), adj. m. Terme de chasse.
Se dit de la connaissance qu'on tire du pied d'un sanglier, lorsqu'il a une pince à la trace plus longue que l'autre.
— HIST. xiv's. El aussi n'a mie communément pigache es Irassps du porc privé, comme il y a es trasses du sanglier, Modus, f° xxxil.
— ETYM. Autre forme de l'anc. franc, picasse, sorte de hoyau, et qui vient de pic.
tPIGAMON(pi-ga-mon), s. m. Genre thalictrum, de la famille des renonculacées.
— ÉTYM. Ital. pigamo. Origine inconnue.
PIGKON (pi-jou), s. m. Il 1° Oiseau de basse-cour,
qu'on élève dans un colombier. Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre ; L'un d'eux, s'ennuyant au logis. Fut assez fou pour entreprendre Un voyage en lointain pays, la font. Fabl. ix, 2. Peu de Moscovites osaient manger du pigeon, parce que le Saint-Esprit e.st peint en forme de colombe, volt. Charles XII, ). Pietro délia Valle dit qu'en Perse le pigeon messager fait en un jour plus de chemin qu'un homme de pied ne peut en faire en six, buff. Ois. t. 1, p. 44. Pigeons, vous que la muse antique Attelait au char des amours, Où volez- vous T Las! en Belgique Des rentes vous portez le cours, BÉRANG. Les pigeons de la Bourse. Dans les créneaux consacrés au carnage. Les blancs pigeon» ont abrité leurs nids, p. lebrun, Poés. t. i. p. 5. Il Une paire de pigeons, deux pigeons vivants et appariés. Il Une couple de pigeons, deux pigeons destinés à être mangés. Il Pigeon paltu, voy. patti;. De ces souliers mignons, de rubans revêtus. Qui vous font ressembler à des pigeons patlus, mol. Éc. des maris, 1, i. || Pigeon cauchois, sorle de pigeon plus gros que tes autres. Je riais de le voir, avec sa mine élique... En lapins de garenne ériger nos clapiers, Et nos pigeons cauchois en superbes ramiers, boil. Sat. m. || Pigeons bisets ou de colombier, et pigeons de fantaisie ou de volière, Projel de code rural, session i8G8, p. 88. || Pigeon de volière, pigeon nourri à la main et élevé dans une volière. || Il est logé comme les pigeons, il demeure au plus haut étage du logis. || Les pigeons ou colombides forment une famille de l'ordre des gallinacés. Principaux: pigeon ramier, ou pigeon massart, columba palumbus, L; pigeon sauvage, petit ramier, petit massart, columba omcu, L.; pigeon biset, pigeon de rocher, columba livia. Brisson; le pigeon messager ou pigeon volant en esl une variété domestiquée. On distingue aussi parmi les pigeons domestiqués le pigeon gros.se gorge, le pigeon culbutant, le pigeon tournant, le pigeon nnnnain, le pigeon à cravate, le pigeon polonais, le pigeon romain, le pigeon paon, etc. || Pigeon do passage, columba migratoria, L, qui vit par troupes immenses en Amérique. || 2° Aile de pigeon, disposition des cheveux qui figure une aile de chaque côte de la tête. Le vont a dérangé ses ailes de pigeon. Il 3» Couleur gorge de pigeon, couleur à reflets comme celle de la gorge ries pigeons. || 4° Pigeon vole, jeu d'enfants, (jui consiste à lever un doigt en nommant le pigeon ou toutautre animal volant; le partner doit alors aussi lever le doigt; mais, si on nomme un animal qui ne vole pas et que le partner lève le doigt, il donne un gage ou fait quelque pénitence. || 6" Cœur de pigeon, nom d'une espèce de prune, qui a la figure ronde et presque plate, li II y a une variété de pomme à manger qui se nomme aussi pigeon, pomme do pigeon, ou pigeonnet. ||6' L'ordre militaire du Pigeon, qui dura peu, fut institué, en I6"li, par Jean I, roi de Castille; la marque en était un pigeon d'or, émaillé lie blanc, qui pendail d'une chaîne ornée de rayons solaires. {| 7" Fig. et familièrement. Homme qu'on attire ou qu'on ne veut pas laisser aller, afin d'en tirer quelque prolit. Éraste n'est pas homme ii laisser échapper; Un semblable pigeon ne se peut rattraper; Il a deux fois le bien do l'ai'tro, et davantage, coiiN. Mél. iv, 1. Une fameuse courtisane de Paris.... se voulut servir de fard, pour attirer les pigeons au colombier de Cypris, l.e facétieux réveille-matin des e.ymts métancholiiiHes, dans FR mciiEL, Argot. || C'e.st un pigeon, c'est une lionne dupe qui se laisse attraper comme on prend des pigeons i la trappe. || jPlumer le pigeon, voler, dépouiller quelque dupe. || 8" Kig. Pigeon privé, homme qu'on fait entrer dans quelque complot pour trahir ceux qui y prennent part ; on dit auj^urd'liui plutôt mouton. M. d'Aumont, qui tôt après ne se cacha plus guère d'avoir été un pigeon piivé, st-wm.