‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 326 sur 389 · PIG · texte numérisé non relu

PIG

17k. in«. ||9" Pigeon «le mer, pigeon plont-onr, 1t pétrel damier. La moueUe cendriie se dît aussi pipeon de mer. || Pigeon blanc, pigeon blanc papyracé, pigeon fauve, coquilles ilu genre strombe. Il 10° Terme de maçonnerie. Pigeon se dit pour poignée. Lever le plâtre par pigeons, c'est le lever avec la main et la tnielle, sans le plaquer et le jeter, ce qui se fait dans les ouvrages qui sont de plâtre pur. Il Clous à pigeons, gros clous i crochet nommés aussi becs de canne. || 11» Sorte de papier de petit format. || lî* Petit morceau de bois, qu'on place dans l'onglet d'un cadre. || 13° Tumeur qui survient à la jambe des bœufs. || 14» S. m. pi. Terme de pêche. Anses tr&s-longue.s, par lesquelles les mailleurs commencent quelquefois leurs filets. H 16" Au fém. Se dit, par plaisanterie, d'une jeune femme, comme colombe. Adieu pour jamais, mignonne; Périssent tous les jaloux ; Pleurez, amour, avec nous. Pleurez l'aimable pigeonne, pf.llisson, dans BiciiELET. Il Proverbe. Il ne faut pas laisser de semer pour crainte des pigeons, c'est-à-dire il ne faut pas que la crainte de quelque mal éventuel empêche de faire ce qui est utile.

— HIST. tiv» s. Se la dolour ne soit apaisiée, soient fendus les petits pignons [sic] du coulomb [fnilli eoluriibini] et tantost soient appliquiés, ii. de i(on:ieville, f* 81. !l XV' s. On parle de paons rostis, De turterelles, de pigons, E. nESCH. Poés. mss. f°345. Le fermier goira (jouira] du coulomhier, et ar.i à son pourfil tous les penjons du dit coulomhier, DU CANGE. piqio. |l XVI* s. Ils connurent qu'il y auroit de l'affaire à chasser les pigeons de ce colombier, i.anoue, B8I. Ce fut lors [au siège de Harlem] qu'on inventa la manière d'emporter des pigeons df leurs nids dans les villes de Leiden et Harlem, lesquels on laissoit aller avec des billets pour porter nouvelles, d'aub. Hist. ii, 95. Le Mas aiant dit les derniers propos de son pigeon [dupej.... iD. ib. II, 3*3 Oui vent tenir nette sa maison, il n'y faut prcslre ni pigeon , cotobave. Pigeon saoul trouve les cerises ameres, ID. Les médecins mesme entr'eux ont accoustumé, par manière de rire, appeller leurs malades pigeons; et, s'ils en ont aucun qui ayt une grosse et longue maladie, et avec lequel par ce moyen il y ayt bien à gaigner, ils disent qu'ils ont un bon pigeon, {'Amant restuseité,

p. 348, dans LACUBNE.

— ETYM. Wallon, piïion, pâvion; picard et haut-normand, pingeon; provenç. pijon; espagn. pichon ; ital. ptccione; du lat. pipionem, qui vient de pipi're , piauler.

t PIGEONNAGE (pi-jo-na-j'), *. m. Terme de construction. Action de pigeonner. || Plâtre dont on te sert pour monter les tuyaux de cheminées.

t PIOEONNE (pi-jo-n'), t. f. Voy. pigeon n" 45.

tPIGEOWEAO (pi-jo-nô), t. m. || 1° Jeune pigeon. Il Fig. et familiferement. Jeune homme que l'on dupe. Il ï* ColomboUe, coquille du genre volute. Il 8* Sorte de tumeur i laquelle sont sujets les ouvriers qui, dans les établissements aii l'on trie et lave la laine, manient des peaux de mouton qu'on a saupoudrées d'un mélange de chaux et d'orpiment pour rendre l'épilation plus facile.

— iilST. ivr s. Poulets, pigeonneaux, perdriaux, DEsr-ER. Contes, m.

— RTYM. Diminutif de pigeon.

t PIGEONNER (pi-jo-n6), v. a. || 1' Duper, traiter en pigeon (vieilli en ce sens). || 2* Terme de maçonnerie. Employer le plâtre, avec la main et la truelle, sans avoir besoin de le jeter ni de le plaquer.

— HIST. XVI" s. tt s'il a de l'argent, il se trouvera incontinent pii^eonné, soit au jeu, ou par autres inventions, langue, 288.

— RTYM. l'igeon.

t PIGEONNET (pijo-nè), t. m. Variété de tr^sbonne pomme d'automne, très-cultivée en Normandie; c'est U même que la pomme de pifreon.

— ETYM. Pigeonnet s'est dit, au xvi" siècle, pour petit piL-'-on.eta passéàl'appelUtion d'une pomme.

PIGEONNIER (pi-jo-nié ; l'r ne se lie jamais; au pluriel, r» se lie : des pi-jo-nié-z en brique), s. m. Il 1" Hiibiiition préparée pour les pigeons domestique». Il »• Kamiliîremen: et fig. Lieu situé sur une hauteur et comparé i un pigeonnier. Ebernbourg est un pigeonnier sur une pointe de rochers, à demiheue de Crculinach, ST-sm. «», 71. ||Par moquerie et »vec une intention de dénigrement, méchante hïhiution^ N« Toilà-t-il pas de nobles et puissants *e.gneun7 parce qu'ils ont un,pigconnierau milieu «1 une mare à canard», ils se posent en châtelains CB. D« BKiiNARi), I7n acte de tertu, C 4. M 8" Autrefois, lieu «cr.i où le, chirurgiens recevaient et •ansaient ceux qui étaient attaqués de syphilis

PfG

— illST. XVI» 8. Par telle comondité [les nids] en tout temps (les pigeons] aiment le pigeonnier, sans l'abandonner jamais, o. de sebkks, 38b.

— ETYM. Pigeon; génev. pigennnière.

\ PIGER (pi-jé), V. a. Au jeu de bouchon, mesurer quel est le palet le plus près du bouchon.

— ETYM. Bourg, piger, mesurer; vwbe formé de pi'fd.

t PIGMENT (pigh-man), t. m. Terme didactique. Matière de teinte brune ou roussâtre, qui donne à la peau des espèces animales des nuances diverses.

— HiST. XII* s. Espèces de myrre et d'encens, et de tote purriere [poudre] de pigment. Job, p. 447. Il XIV" s. Aucui;s ars sont de deleltacion, si corne art de faire pigmens, confettions et odeurs, oresme, Eth. 221.

— ETYM. Lat. pigmentum, couleur pour peindre, de pingere, peindre.

t PIGMENTAIUE (pigh-man-tê-r'), adj. Terme didactique. Qui a rapport au pigment.

t PIGMENTATION (pigh-man-ta-sion), s. /'. Actioi, de colorer par un pigment. La pigmentation de la peau.

t PIGNADE (pi-gna-d'), s. f. Mot qui, dans les landes de la Gironde, signifie forêt de pins. Traverser les pignades.

— ÉTY.M. Pin.

t t. PIGNE l'pi-gn'), ». f. Fruit du pin. || Amande qui est enfermée sous chacune des bractées du cône du pin, et que les confiseurs emploient sous le nom de pistache; on l'appelle aussi pignon.

— f.iVH. Lat. pimis, pin.

î. PIGNE (pi-gn'), s. f. Terme de minéralogie. Masse d'or ou d'argent qui reste après l'évaporalion du mercure qu'on avait amalgamé avec le minerai pour en extraire le métal.

— ETYM. Esp. pino, pomme de pin et pigne, du lat. pinus. pin.

+ PIGNEROLLE (pi-gne-ro-l') , s. f. Un des noms vulgaires de la chausse-trappe, plante.

f PIGNERRE (pi-gnè-r') , s. m. Ancien mot qui signifiait cardeur. Teinturier en toile, cartiers, piginerres, passementiers, toiliers, Arrêt du parlement de Bpuen, 4B févr. t7(».

— Étvm'. Peigner.

t PIGNET (pi-gnè) , ». m. Un des noms vulgaires de la passe ou épicéa.

— ETYM. Diminutif de pt».

PIGNOCHER (pi-gno-ché), V. n. Terme familier. Manger négligemment et par petits morceau.x. Elle m'a fait re.ster à table aujourd'hui tête à tète avec elle trois gros quarts d'heure, à la voir pignoclier, éplucher et manger tout ce qu'elle a commencé par mettre au rebut, M"» du depfant, Corre.^pond. t. ii, p. 18, danspouGENS. Il 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XVI* s. Pignocher, ouuin, Dict.

— ETYM. Scheler le tire d'i'ptnc, comme si le mot était épinnclier; mais cela est fort douteux.

t PIGNOLAT (pi-gno-la), ». m. Nom donné aux amandes de pin, qu'on mettait en dragée. Les pignolats entraient aussi dans les ragoûts.

— HIST. Ainsi esi fait le pignolat en roche : des pi;.'nons bien choisis et nets sont torréfiés.... o. de

— ÊTYM. Pignon 3.

t . PIGNON (pi-gnon) , ». m. || 1* Terme d'architecture. La partie des murs qui s'élève en triangle et sur laquelle porte l'extrémité de la couverture. J'habitais au milieu" des hauts pignons flamands, V. HUGO, Contempl. v, 8. || Pignon à redens, celui qui est à la tête d'uu comble à deux égouts, et dont les côtés sont en manière de degrés, pour pouvoir y monter lorsqu'il y a des réparations à faire au comlile. Il Avoir pignon sur rue, posséder une maison dans une ville et sur la rue, parce que, autrefois, c'était le pignon qui, comme aujourd'hui dans les éghses, faisait la façade de la maison ; et fig. avoir à soi une maison d'un bon rapport. Certains auteurs, parlant de leurs ouvrages, disent : mon livre : ils sentent leurs bourgeois qui ont pignon sur rue, et toujours un chez moi â la bouche, Pasc. P«»». xxiv,68,éd.H»VET. || 2" Terme de blason. Fragment de muraille en forme de degrés.

— HIST. XV" s. En faisant refaire L'huys de derrière et le pignon, vili.on. Test. Jehan Rodigo et Guillaume son voisin mangèrent des chastaignos en la maison du dit Guillaume ou au pignon d'icelle, DU CANGB, pignio.

— ETYM. "Wall, peignnn; ital. pignone; du lat. pt'fino, créneau de muraille.

2. PIGPfON (pi-gnon), ». m. !| 1" Terme de mécanique. Petite roue dont les ailes ou dents engrènent

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dans celles d'une plus giamie roue. Celui qui trouva le premier les roues et les pignons, eût iniuiité les montres dans un autre siècle, d'alrmb. Disc. prél. Enci/d. (Euv. t. i, p. 249, dans pougens || i' Tout rouleau cannelé, dans les cannelures duquel les dents d'une roue s'engrènent, porte le nom de pignon. Il 8° Terme d'horloger. Pignon de renvoi, pignon qui sert à communiquer le mouvement d'une jiartie de l'horloge & une autre. || 4° Terme de serrurerie. Pièce qui sert à faire recevoir les verrous des serrures quand elles en ont, et à ouvrir et fermer le double pêne des cofTres-forls.

— HIST. XVI" s. Broche de fer qui passe par le milieu desdits pignons, en laquelle ils tournent PABé, xxvii, «2.

— ETYM. La même que pour le précédent.

3. PIGNON (pi-gnon), ». m. || 1° .Nom donné au fruit du pin pignon, lequel est placé à l'aisselle de chaque bractée ou écaille du chne, dil pomme de pin. Il L'amande de ce fruit est appelée pistache par les confiseurs, qui l'emploient à faire de peines dragées. Il 2° Pignon d'Inde, semence Au jairoplia curcas, qui est d'une âcreté insupportable et vicileinment purgative. {| 3° Pignon de Barbarie, les semences du ricin.

— KlST. XVI" s. Pignons, pistaches, pARé, xviu, ;i5.

— ÉTYM. Dérivé de pigne t; Berry, pinon.

t 4. PIGNON (pi-gnon), ». m. Laine de qualité médiocre qu'on sépare de la laine fine en cardant celle-ci. || Ce qui sort du cœur du chanvre lorsqu'on le peigne.

— ETYM. Peigner.

t PIGNONNfi, ÉE (pi-gno-né, née), adj. Terme de blason. Se dit de ce qui s'élève pyramidalement en forme de pignon à redens.

— ETYM. Pignon i.

PIGNORATIF (pigh no-ra-tif) , adj. m. Terme d'ancienne jurisprudence. Contrat pignoratif, sorte de contrat de vente d'un héritage, par laquelle vente un débiteur se libérait envers son créancier, sous la condition que, dans un délai convenu, il lui serait loisible de retirer son héritage, et qu'en attendant il en conserverait la jouissance en payant à titre de loyer une certaine somme qui était ordinairement égale aux intérêts du capital prêté, et pour le montant duquel la vente avait été faite,

LEGOABANT,

— ETVM Lat. pignus, gage, qui se rattache k pango. pacisci, et au grec nïJYvyiii.

t PIGOCHE (pi-go-ch'), s. f. Sorte de jeu qui consiste à faire sortir d'un cercle tracé à terre une pièce de monnaie, en jetant dessus une autre pièce.

t PIGOD (pi-gou), ». m. Terme de marine. Sorte de chandelier de fer, terminé par deux pointes, l'une pour piquer de côté, l'autre pour piquer debout.

— Etym. Pic, dans le sens de pointe.

t PIGOITILLE (pi-gou-ir, Il mouillées), ». f. Poteaux de bois en usage dans la charpente des vaisseaux.

t PIGOUI.lftRE (pi-gouliè-r'), ». f. Terme de marine. Embarcation dans laquelle sont établis les fourneaux en maçonnerie portant les chaudières à brai qui servent à caréner les bâtiments. || Petit ouvrage en maçonnerie établi dans un arsenal pour un objet analogue Défen.se est faite de chauffer le brai, goudron, etc. ailleurs que dans les endroits spécialement désignés et acceptés à cet effet par les officiers de port, à usage dil de pigoulières et dont l'accès sera toujours très-facile et débarrassé de matières inflammables. Décret du 21 di'c. 1867, art. i3. Il Terme de mépris, se dit d'un navire mal installé, mal tenu. || On dit aussi pégolière, pcgaulière, pégoulière.

— ETYM. Mot qui parait formé du latin pi.i , poix, lirai.

PIGRiiîCHE, voy. piE-GBiÊciiE.

fPIl.AGE (pi-la-j'), ». m. Action de piler.

t PILAIRE (pi-lê-r'), adj. Terme d'anatomie. Oui a rapport aux poils. Système pilaire, ensemble des poils qui couvrent un animal ou une plante.

— i:tYM Lat. ptius, poil.

PILASTRE (pi-la-str'), ». m. || 1° Colonne carrée, qui a les mêmes proportions et les mêmes ornements que les colonnes d'architecture, et qui est ordinairement engagée dans un mur. Il Pilaslreattiqiie, celui qui a plus de hauteur que n'en comporte légulièment sa largeur. || Pilastre flanqué, pilastre garni de deux demi-pilastres peu faillants. || Pilastre engagé, celui contre lequel une colonne est adossée. Il l>ilastre double, pilastre formé de deux fots dont les chapiteaux et les bases se confondent. || Pilastre lié, celui qui est joint à une colonne ou i un autre

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