‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 327 sur 389 · É'IL · texte numérisé non relu

É'IL

PIL

PIL

pilastre, par la base ou par le cliapiteau. || Pilastres de rampe, les petits pilastres à hauteur d'appui, qui servent à retenir les travées des baluslres. |{ 2°Terme de menuiserie. Espèce de colonne plate de décoration. Il 3° Terme de serrurerie. Se dit des montants de fer à jour de peu de longueur, qu'on place de dislance en distance dans les travées des grilles, sur des murs d'appui, dans une rauipe ou dans un balcon. !| 4° Premier barreau du bas d'une rampe d'escalier.

— HIST. xvr s. Quand j'ois nos architectes s'enfler de ces gros mots de pilastres, architraves, corniche'i. MONT, i, 382.

— ETYM. lia!, pilastro, du lat. pila (voy. pilb 0t PIL.ATE (pi-la-t'), s. m. Nom du gouverneur romain qui régissait la Judée lors de la mise en croi-t de Jésus-Christ. I| Fig Henvoyer de Ponce à Pilate, se dit quelquefois, an lieu de la locution plus usitée renvoyer de Caïphe à Pilate, et signifie renvoyer à une personne qui ne donnera pa.s une réponse différenle de celle qui a été donnée d'abord; locution tirée de ce que Pontius Pilalus était le double nom de Pilate.

PII.AU (pi-lô), s. m. Dans l'Orient, riz que l'on fait cuire à moitié dans l'eau ou dans le bouillon, et sur lequel on vnrse ensuite de la graisse ou du beurre fondu, avec addition de poivre rouge; on y mêle aussi parfois des morceaux de viande rôtie. II. Chez nous, riz cuit avec du beurre ou de la graisse; les grains de riz, dans le pilau, ne sont pM écrasés ni foTidns; ils sont enflés, mais entiers.

— f'.TVM. Turc et persan, pt(au.

t PILCHARD (pil-char) , s. m. Espèce de poisson conformé comme le hareng, mais à écailles plus grandes ; on lé pêche plus tôt que le hareng.

.*. PILE (pi-1'), s. {. Il 1° Amas de choses placées les unes sur les autres. Leurs débris sont couverts d'une pile de morts, maibet Uort d'Asirxih. I, 3. Ils [la famille de M. le .'■ nce] eurent tant de peur qu'on ne s'excusftt faute ue manteaux, qu'il y en avait des piles à leur porte, st-sim. im, 26. Allez donc, élevez cette pile fatale [un bûcher]; Préiiarez les cyprès et l'urne sépulcrale, volt. OUjmp. v, 3. Il En pile, en tas. Quand il tonnait, Mme de Saint-Hérem se fourrait à quatre pattes sons un lit de repos, puis faisait coucher tons ses cens dessus l'un sur l'autre en pile, st-sim. 97, 2«. :\ Pile de l)0\ilel^, d'obus, de bombes, réunion, en trdre régulier, d'un certain nombre de projectiles spliéiiques, de manière à former des pyramides, des troncs de pyramides, des troncs de prismes, les piles de projectiles ohlongs pré.sentent la forme d^un mur. : 2° Chez les marchands en détail, am.is de plusieurs poids enfermés l'un dans l'autre qui forment, par gradation, toutes les paitios de la livre depuis le demi-gros, ou du kilogramme jusqu'au gramme. Il 3' Au Iriclrac, pile de malheur ou de mi.sère, se dit lorsqu'un des joueurs, ne pouvant passer dans le jeu de son adversaire, pour fiire le jan de retour, est obligé d'entasser toutes ses dames en une seule pile dans le coin de son gr.nid jan. Il 4° Pile galvanique ou voltaîque ou de Voila, ou, simplement, pile, appareil électrique imaginé par Volta en iboo, composé do plaques de cuivre ou de zinc allernées avec un liquide conducteur, et au moyen duquel on produit un courant continu d'électricité galvanique. || Pile à auges, pile horizontale dont les couples forment comme de petites auges que l'on remplit d'eau acidulée. || l'ile sèche, celle où le conducteur humide est remplacé par du carton ou du papier. || B» Massif de maçonnerie, tel que ceux dont sont formées les archfis des ponts do pierre. || l'ile percée, celle cjui a une ouverture ou arcade pour faciliter le courant des grandes eaux.

Il 8" Portion du tronc d'un arbre qui est susceptible d'être convertie en charpente.

— HIST. xiv s. Belle pile [grande quantité], o. c'jiAHT, V. 32)3. À pile [cn masse], m. v. »88. Kt de draps y avoit mainte pile empilée, Guescl. î(i;ili8. Il xvi* s. Mais quand iJidon, qui entendoit le pomct, .Secrellement vit la pyle dressée De bois gommeux et d'ycu/e entassée... du beli ay, tr, l*, vtrto. Il mettra le fumier par petites pilles, o. de

tBRRES, 345.

— ÉTYM. Provenç. pijo, sanctuaire, piela, pile; e.ipagn. et ital. pila, Cfdonne; porlug. pilha, tas ; du lai. pila, colonne, qui se ratt^iche sans doute à pilum, javelot (vojr. cile 5).

a PILE (pi-l"), ». f. Il !• Grosse pierre qui sert à broyer, à écraser. || Populairement. Dormer une pile 4 quelqu'un, le frapper, le battre d'importance. Il Kig. MoKrc qui.l j" un à la pilo au verjus. pirl'T Uiw-auil de lui, ou la louruieiiier beaucoup. i| i' Es-

pèce de caisson dans lequel on foule les draps, soit a\ec des pilons, soit' avec les pieds. Les principales parties d'un moulin à foulon sont.... les pilons ou maillets, et les piles, qu'on nomme autrement pots, et quelquefois simplement vaisseaux à fouler; les piles sont des espèces d'augets où l'on met l'étoffe que l'on veut fouler, Oicl. des arts et met. Fouleur. i Terme de papeterie. Auge où l'on broie le chiffon. Il 3* Citerne servant de réservoir pour les huiles dans une savonnerie. || Tonneau dans lequel le cartonnier met la matière propre à faire le carton. Il Grands vaisseaux de pierre dure, dans lesquels les Italiens et les Provençaux mettent les huiles qu'ils veulent garder.

— HIST. xiv s. Pila, pelote, esteuf, taverne ; ou pilier de pont, ou pile à piler fromant, du cange, pila 3. Il XVI" s. Et jouoyent à la balle, à la paume, à la pile trigone, rau. i, 23.

— ÉTYM. I.at. pi'to, mortier à piler, pourp«/o, de pinsere, broyer. /

3. PILE (pi-l'.), s. f. Il 1* Ancien terme de monnayeur. Morceau de fer bien acéré, au bout duquel est gravée l'effigie ou la devise qui s'imprime sur la monnaie. Il S" Aujourd'hui, côté d'une pièce de monnaie opposé à la face, et où sont empreintes les armes du souverain et la valeur de la pièce. Les [virisis et les tournoi-;, quoique usés, ne laisseront pas que d'avoir cours, pourvu néanmoins qu'on les puisse connaître, tant du côté de croix que de pile, Ordonn. 1662, versmi-caréme. \\ Croix ou pile, jeu de hasard, voy. choix, n° 12. || Jouer à pile ou face, synonyme de jouer à croix ou pile. || Fig. et familièrement. S pile ou face, au hasard. Il n'a pas fait de trop longues réflexions, il s'est décidé à pile ou face. || N'avoir ni croix, ni pile, c'est n'avoir point d'argent, leroux, Dict. comique.

— HIST. xirs. Ne faillissent au duc por pille nepor eroiz, vacce, dans nu cange, pi7a. || xiii' s II est esgardé que nuls ne puisse faire monoies semblant à la monoye le roy, que il n'y ait dissemblance aperte et devers croix et devers pille, Ordonn. des rois, t. t, p. 93. Ne fist mie de sa croix pile. Si corn font souvent teil dix mile. Qui la prennent par grant faintize, buter. 6S. || xiv* s. Jà n'ai ne croix ne pile, Cucscl. <4.)44, Ils commencèrent à jouer ensemble à hoissier à plus cioix ou plus pile, uu CANGE, hachia. ||xvi' s. A André Belenfant orfèvre demeuiant à Bourges, six sols tournois pour avoir faict une pille et ung trousseau, en la quelle pille a trnys moutons coronnés, et au diot trousseau ung Bituris coronné et taillé, OE pontenay, JfaHuei de l'amaleur de jetons, p. 1 97.

— Rtvm. Wallon, peie; bas-lat. pila, partie opposée à celle où était la croix. Du Cange pense que ce côté a été ainsi nommé de piio, sanctuaire, église, àcïuse que les monnaies ont plusieurs fois porté l'effigie d'édifices sacrés. D'autres disent qu'il l'a été de pila, sorte d'instrument monétaire, trébuchet dont on mettait la marque sur les monnaies. Entre ces hypotli'ses, l'origine de pile reste indécise.

t 4. PILE (pi-l'), s. f. Terme do pêche. Ligne plus ou moins déliée, faite do Bide pita ou de bon chanvre filé, que l'on attache au bout des lignes latérales partant de la maîtresse corde.

f 5. PILE (pi-l'), s. m. En termes de blason, se dit d'un pal, qui, s'étrécissant depuis le chef, va se terminer cn pointe vers le bas do l'écu

— ETYM. Lat. ptVum, sorte de javelot, proprement un pilon, pour pidum, de pinsere, broyer, peler.

PILÉ, ÉE (pi-lé, lèc), part, passé de piler. Réduit par les coups d'un corps dur en petits fragments. Du poivre pilé dans un moilier.

t PILÊE (pi-h'e), I. f. Quantité de drap que l'on foule à la fois, dans un moulin àfoulon. || Quantité de matière que peut contenir la pile du cartonnier.

— CTYM. Pilé.

t PlLfilPORME (pi-lé-i-for-m"), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un bonnet ou d'un chapeau. Il S. m. pi. Les piléiformos, mollusques dont la coquille est en forme de bonnet.

— CTYM. Lat. piletis, chapeau, et forme.

t PILROLE (pi-lc-o-1'), t. m. Terme de liotanique. Partie supérieure, évasée et de petite dimension, de quelques champignons. || On fait à tort ce mot du féminin.

— ÊTYM. Lat. pilfolus, diminutif da pilevt, chapeau; romparez nl).oi, feutre, et pilus, poil.

t PILÈOLIî, lîE (pilé o-lé, lée), adj. Tcnne d'histoire naturelle. || Oui est muni d'un piléole. Il Qui porte un petit chanoau.

t PILlîOKUUIZB (pi-lé-0-rriz'), i. f. Mot hybride mal formé, voy. nLORBriizE.

PILEK (pi-U), V- a. ||1* Baduirt Mr 1m eoupi

un corps dur en petits fragments. || Fig, et fiimilièrement. Piler du poivre, pirliner sans avancer, en parlant des derniers bataillons d'une colonne de troupes; et aussi sauter sur la selle à chaque pis du cheval. || Fig. et par exagcralion, piler dans un mortier, faire le plus de mal qu'on peut. Parmi les ranati()ues mêmes, il y a des gens qui ne persécuteraient pas un octogénaire, et qui pileraient, s'ils le pouvaient, un sep uagénaire dans un bénitier, VOLT. if«. d^Argenlal, te mai 1770.112° Se piler, V. réfl. Être pilé. Cette substance se pile facilement.

— HIST. xii* S. E une femme estendi un drap sur le puiz, si cume ele i sechast orge piled pur faire gruel, Tiois, p. t83. || xv* s. Et de paour d'estre aux piez pilé, CH. d'orl. Rond, de faill. Se, d'avanture, un homme bat sa femme enchainte, ou la pile du pié, les Évang. des quenouilles, p. 28. Il XVI' s. Il s'escria à Dieu et dit : Seigneur, tu me piles, mais il suffît que c'est ta main, bèzk. Fie de Calrin, p. 193. Nicocreon fait piler et briser Anaxarchus avec des pilons de fer dedans un mortier, AMYOT, De là vertu mor. 22. Pource qu'elle est assise [une maison] dans un marest, et que tout ce qu'on y fait d'eslevé pile [se tasse].... d'abb. Uist. n, 297. Piler l'eau en un mortier, cotghave.

— f.TVM. Provenç. pi'Iar; ital. piIJore, pigiare; du lat. pilare, appuyer fortement; c'est le dénominatif de pilum, pilon (voy. pile 5).

t PILERIE (pi-le-rie), s. f. Usine, local, atelier où l'on pile certaines matières. Pilerie mécanique de drogues. Décret du st-déc. tsea, Bulletin des lois, n° 14860.

t PILET (pi-lè), I. m. Espèce du genre canard qui se trouve dans le nord des deux continents, anas acula. L. On l'ai pelle aussi canarda longue ipicue.

f PILE'ITE (pi-lè-f), s. f. Instrument pour carder la laine.

— HIST. xiv s. Pilez d'une pilette de bois, Ménagier, 11, b,

— f.TYM. Piler.

PILEIIU (pi-leur), î. m. Ouvrier qui pile.

t PILEUX, EUSE (pi-leù, Icû-z'), adj Terme didactique. Oui a r.apiiort aux poils. Follicule pileux. Glandes pileuses. || Système pileux, voy, pilaire.

— HIST, xv* s. Appellant [le suppliant] sanglant, meschant homme, vermineux et poilleux, et autres pluseurs oultrages, du cange, pilosus. || xvi* 3. Les ulcères qui sont aux parties pileuses, pabé, xi, ♦.

— ÊTYM. Provenç. pelos; esp. et ital. peloso; du lat. pilosus, de pilus, poil.

PILIER (pi-lié : l'r ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, l'j se lie: des pl-lic z élégants), s. m. 111° Tout massif qui sert à soutenir quelque partie d'un édifice. Entre ces vieux appuis dont l'afTreuse grand'sale Soutient l'énorme poids de sa voûte infernale, F.st un pilier fameux des plaideurs respecté, Et toujours do Normands à midi fréquenté, boil. l.utr. v. Des monceaux de cendres, et, do distance cn distance, des pans de muraille ou des piliers à demi écroulés marquaient seuls la trace dos rues [à Moscou inoendié ], ségub, lliit, deNap. viii, s. || PiIierbutant,coi-psde maçonnerie élevé pour soutenir la poussée d'une voûte ou d'un arc. || Fig. So frotter au pilier, voy. frotter, n° 8. Il Fig. J'ai retrouvé... Et ces monts, bleus piliers d'un cintre éblouissant. Et mon ciel étoile d'où l'extase descend, lamart. Ilarmon. i, 6, |{ 2° Par an.alogic, il se dit de tout ce qui soutient un corps quelconque. Les bras ne lui sont pas donnés [à l'homme] pour servir de piliers d'apjiui i la masse deson corps, bofp. Morceaux chnitis , p. 3^. || Avoir de bons gros piliers, avoir do grosses jambes. i| 8° Piliers de carrière, ma.sses do pierres qu'on laisse, de distance en dislance, pour soutenir le ciel d'une carrière. || 4" Il se dit, dans un manège, de poteaux cn buis, arrondis, ayant deux mètres environ au-dessus du sol , situés & l'un des foyers de l'ellipse représentée par la volte principale d'un manège, et entre lesquels on met un cheval pour le dresser. || Monter entre les piliers, se dit des élèves qui montent les sauteurs dans les manèges. Il Sauter entre les piliers, accoutumer un cheval i faire des sauts .sans avancer ni reculer, étant attaché aux deux piliers. || Poteaux qu'on met dans les écuries pour séparer les places des chevaux, jj 6* Pilier de moulin k vent, ce qai porto la corps -flu moulin à vent. || Terme de marine. Piliers do bitte, deux grosses pièces de liois posées debout et maintenues par un traversin. || Terme do métallurgi*. Pilier de coeur, masse du double muraillement des hnuls fiurneiiix. |i 6' ioiino d l:(irl"ger. i spcrc il* petite ooloiine qui, daus le« montres et les pendu-

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Us, lient les platines éloignées l'une de l'autre Il 7» Anciennement. Poteaux de justice, fourches patiliulaiies. 11 y avait tant de piliers à cette justice. Il 8* Ternie d'analomie. Nom donné à des parties renflées bordant certaines ouvertures. Les piliers du »oile du palais. Les piliers du diaphragme. || 9° Kig. i:e qui fait la force, le soutien. De ce qui se passa à Pleintheim personne ne fut témoin que ceux qui y avaient été mis, et la voix de ces vieux piliers de bataillon» qui perça ne fit pourtant pas une relation suivie, sT-siM. I3B, 2M. La mère et l'épouse de ce roi de Pologne étaient des piliers de leur religion [protestantel, ID. <74, 78. || 10° Fig. Habitué ne bougeant pas plus d'un lieu public qu'une des colonnes lie l'établissement. Qu'est-ce qu'un gentilhomme? un pilier d'antichambre, rac. Plaid, t, 4. Vous êtes pilier né de tous les lansquenets, re- GNARD, le Joueur, i, 7. Qui, pilier de café, misérable joueur, Sous de minces habits veut trancher du •eigncur, BoissY, /mpatiVnt, m, 3. ...Cette partie habituée du public, que l'on appelle les piliers du parterre : c'est elle qui donne le ton, et c'est son indulgence ou sa sévérité, sa bonne ou sa mauvaise humeur, son naturel inculte ou sa délicatesse, son goA plus ou moins difficile, plus ou moins raffiné, qui, par contagion, se communique aux loges et fait comme l'esprit du lieu et du moment, îiARMONTEL, Œuvres, t. IX, p. <8t. Il 11" Pilier de angue, se disait, dans l'ordre de Malte, de celui les grands croix qui était le représentant et le shef d'une des langues.

— HIST. xii's. Un pilier ot iluec, la Tolte fvoûtej id soiistenue, r/i. Je mart. I47. ||xiii*s. Entre la [Jointe de l'isle Nostre Dame, pardeversCharenton, Jessi aus pilers de fust du pont de fust... Ltt>. des iTidt. 26(.Li pilersde béatitude est les œvres que l'on faitselon vertu, brun, latini, Trésor, p. 263. || xv ». k l'exemple du bon empereur Trajan et maints autres jadis ameurs de justice... fu celliiy Charles, pillier d'icelle, christ, pisan, Charles Y, i, 23. Deux choses sont par la volonté de Dieu esiablies au monde, ainsi comme deux piliers à soutenir les ordres des lois divines el humaines... Bouciq. Prol. Il XVI* s. A chascun le sien, c'est justice : i Paris »eize quarteniers, À Montfaucon seize piliers, C'est

chacun son bénéfice, Sol. Mé.nippée.

— ETYM. Wallon, pilé ; provenç. et espagn. ptlar ; bas-lal. pilare, pilarium, du lat. pilarium, de pi/a (voy. pile i).

t PII.IFÈRE (pi-li-ffe-r'), adj. Terme, dliistoire naturelle. Qui porte des poils.

— ÉTYM. Lat. pilus, poil, et ferre, porter.

t FILIFORME (pi-li-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un poil.

— ÉTYM. Lat. pilus, poil, et forme.

t PILIMICTION (pi-li-mi-ksion), ». f. Terme de médecine. Excrétion d'urine mêlée de filaments capilliformes qui sont du mucus vésical et parfois aussi de vrais poib habituellement chargés d'acide urique cristallisé.

— ËTYM. Lat. pilus, poil, et mingere, pisser. PILLAGE (pi-lla-j', 12 mouillées, et non pi-ya-j'),

f. m. Il 1" Action de piller, ou le dégât qui résulte de celte action. Ils couraient au pillage et rencontrent la guerre, cobn. Cid, iv, 3. Notre infanterie, sans s'amuser au pillage... pelusson, Lett. hist. t. m, p. 233, dans pougens. Du pillage du temple épargnez-moi l'horreur, rac. Atlial. v, a. l cela [le» motifs qui animaient les troupes] il faut bien ajouter l'espoir du pillage; car l'exigeante ambition de Napoléon avait souvent rebuté ses soldats, comme les désordres de ceux-ci avaient gAté sa gloire; il fallut transiger : depuis <805, ce fut comme une chose convenue; eux souffrirent son ambition; lui, leur pillage, ségur, llut. de Nap. III, 3. Ce fut 1& qu'il nomma le maréchal Mortier gouverneur de cette capitale : Surtout, lui dit-il, point de pillage; vous m'en répondez sur votre tête; dérendez Moscou envers et contre tous, id. ib. viu, «. Il Familièrement. Il semble qu'il revienne du pillage, il est fait comme un voleur qui revient du pillage, se dit d'un homme dont les habiu, le» cheveux, etc. »ont fort en désordre. || a* Concussion, volerie. Sous vous l'ËUt n'est plus en pillage auï armée», CORW. Cinna, ii, 4. || Familièrement. Tout y est au pillage, se dit d'une grande maison où tous «••Jl^omcslique» prennent et grappillent. || 8» Par exagémlion, se dit de l'action de prendre, comme ferait un ennemi, ce qui est dans un jardin, dans un parlorr.!, etc.'Nnu» sommes allé» mettre au pillage le«(«rlerresde M. l'oullier, didk». B$t-il bon f etl-il m/rhant/iii, 2.114'Kig. Action de gaspiller. Te» lolie» D }iit-«llM pai Bi» tM jour* et ta» nuit* au

PIL

pillage, sans que tu t'en sois aperçu? ninuR. Clauiie el Nér. ii. || 6° Fig. Action de prendre des passages dans les livres des autres. J'ai traduit de Lucain tout ce que j'y ai trouvé de propre à mon sujet, et, comme je n'ai point fait de scrupule d'enrichir notre langue du pillage que j'ai pu faire chez lui... cOBN. Pomp. Examen. Sans vous parler des pillages bien attestés dont on a prouvé d'abord que cette pièce était composée, j. j. rouss. i" dial. \\6' Ancien terme de mer. Le pillage se disait de la dépouille des coffres, des bardes, et de l'argent qui se trouvait sur l'ennemi, jusqu'à trente livres ; le gros de la prise se disait butin.

— HIST. xiv* 8. Les choses perdues par pillage de ennemis, bercheuhe, f" 7i, verso. Le pillage et le gastement de vos contrées, id. f" 98. |{ xv s. Messeigneurs, ayez bon corage, Que jamais vous n'eustes pillage Où vous amendissiez de tant, Jtfi/sf. du siège d'Orléans, p. 770. || xvr s. Ventre saint Gris, dit le roy, qui lors ne juroit pas à la romaine, il y a tant d'années que mon royaume est au pillage, pourquoy n'avez -vous rien volé? d'aub. Conf. liv. Il achepta trois jeunes garsons, quand on vendit le pillage au plus offrant, amyot, Caton, 20.

— ETYM. Piller; wallon, pyeg ; provenç. pilatge; catal. pillatge ; espsgn. pillage; portug. pilhagem.

PILLARD. ARDE (pi-llar , llar-d'. Il mouillées, et non pi-yar), adj. \\ 1° Qui aime à piller. Vous savez qu'en général le soldat français est accusé.... d'être fort raisonneur, inconstant et pillard, volt. Lelt. tei;«nha«p(, janvier i774. Je tiens l'empereur Justinien un assez misérable despote, et Bélisaire un brave capitaine assez pillard, iD. I.ell. Harmontel, 2 (iéc. «767. Il Termedechasse.se dit d'un chien querelleur et hargneux. 1| 2* S. m. et f. C'est un grand pillard. || Plagiaire. Rameau prétendit ne voir en moi qu'un petit pillard sans talent et sans goût, 1. 1. ROUSS. Conf. vu. Je le connaissais pour un effronté pillard, qui, sans façon, se faisait un revenu des ouvrages des autres, id. ib. x.

— HIST. xiv s. Tuit pillart, murdrier, traïteur et larron Estoient en la route [troupe] dont je lai mention, Guescl.Ti29 Ijxv's. Et les aucuns Bretons et autres pillards, qui vouloient plus gagner, s'accompagnoient ensemble, froiss. ii , ii, (88. ||xvi' s. 11 y avoit quatre cens lances et deux mille pillards [soldats] ; voilà un plaisant nom pour nos gens de pied, lequel est aujourd'hui fort propre à aucuns, voire plus que celuy de soldats, bkant. Capit. franc.

t. IT, p. 47 , dans LACURNE.

— ÉTYM. Piller; prov. pillart.

t PILLE (pi-ir. Il mouillées), ». f. Faire pille, synonyme de piller, en termes de jeu.

— HIST. xiv s. Après ce qu'il ot couru le païs de Bourdeaux, et ars, gasté tout et pillé tout environ, s'en retourna à Bourdeaux à toute la pille, Chr. franc, de G. de Nangis,TDs. an 1356, dans lacurne. Il XVI' s. Ceulx qui estoyent dedans le chasteau, amusez à la pille.... bab. Garg. i, 36.

— ÉTYM. Voy. PILLER.

PILLÉ, ÉE (pi-llé, liée. Il mouillées), part, passé de piller. ||1° Dont on a enlevé les biens, l'avoir par violence. Mes habitants pillés, mes campagnes brûlées, corn. jTois. d'or, prol. i . || 2° Pri» par plagiat. Comment! me soutenir que mon air est

pillé! RKGNARD, le Bal, tt.

t PILLEMENT (pi-lle-man , «mouillées),*, m. Action de piller,

— HIST. xv s si y eut dedans la ville de Caen

moult de vilains meurtres et piUemens, de roberie, d'arsures froiss. i, i, 272.

PILLER (pi-llé. Il mouillées, et non pi-yé), V. a. |[ 1° Dépouiller, avec violence, de ses biens une ville, une maison, etc. La flotte.... Croit surprendre la ville, et piller la contrée, cobn. Ctd, m, 6. On leur promit [aux soldats réformés] des monastères i piller, BOBS. Déf. Variât, i" dise. 68. Brennu» marcha avec le gros de l'armée du côté de Delphes, pour piller les richesses immense» du temple d'Apollon, ROLLiN, Hist. anc. Œuv. t. vu, p. 349, dans pouOENS. Faria, envoyé contre des corsaires malais, chinois et d'autres pirates, alla piller les tombeaux des empereurs de la Chine, dans 111e de Calainpia, HAYNAL, Hi-it. phil. I, 24. Lft peuple qui pille les boutiques de boulangers n'en prend pas conseil dans les livres, marmontf.l, Mém. xii. || 11 se dit des personnes dans un sens analogue. Un chevalier, dit-elle, m'a pillée, volt. Ce qui pi. aux dames. Les cris des Polonais, que nos alliés pillent impitoyablement et qu'ils insultent, se firent entendre, SÉOUR, Hist. de Nap. m, 2. || Absolument. Là [les Indes] il n'y a que de» misérable» qui pillent, et dM mi»érablM qui (ont pillé», noNiEsg. E$p. m, *o.

»iL

'8" Rnlever, empoitei par pillage. Vos effets onl été pillés tant par les archers que par vos propre» domestiques, lesagp,, Gil Blas, ix, 7. || Piller une collation, un dessert, se jeter sur une collation, sur un dessert, pour emporter les fruits, les confitures, etc. Il 3" Commettre des exactions, des concussions. Les provinces étaient pillées par les proconsuls romains. || Faire des gains illicites, mettre à contribution. Ces gueuses, pour piller la dupe qui leur rit, th. corn. Galant doublé, i, i. Oh! par ma foi, monsieur le commissaire, nous vous pillerons, vous qui pillez les autres, dancourt, Bourg, à la mode, m, 8. || Fig. Un nocturne larron, comme un hôte introduit. A, l'épée à la main, la menace à la bouche. Honteusement pillé la pudeur de sa couche, ponsabo, Lucrèce, v, 4. \\i° Kn fait de littérature et de beaux -arts, prendre chez autrui des choses qu'on donne comme siennes. Mais parlez-moi donc des poésies de cet homme [le roi de Pru.sse] qui a pillé tant de vem et tan l de villes, volt. Lett. d'Àrgental, 1 5 févr. i 760. Ce qu'il [La Beaumelle] pille, il l'appelle ses pensées, ID. il), isdéc. 1752. Lorsque les historiens sont contemporains, il est difficile, au bout de quelque temps, de savoir qui est celui qui a pillé l'autre, ID. Mœurs. Rem. xii. Comme il s'approprie, sans esprit, l'esprit des autres I comme il gAte ce qu'il pille I ID. Cundide, 22. Un bel esprit, beau de l'esprit qu'il pille, bébang. Borine fille. \\ Fig. Monsieur Bourguignon, vous avez pillé cette galatiterie-là quelque part, marivai'x. Jeux de l'am. et duhas.i, 8. Il 6° En parlant des chiens, se jeter sur les animaux, sur les personnes. Et puis, quand le chasseur croit que son chien la pille. Elle [la perdrix] lui

dit adieu.... la font. Fabl. x, i Car étant de

nature t piller ses pareils, mainte mésaventure L'aurait fait retourner chez lui Avec cette partie [oreilles] et' cent lieux altérée, id. ib. x, ». || Il se dit, dans t même sens, des personnes. On nous voit tous, pour l'ordinaire. Piller le survenant, nous jeter sur sa peau, la font. Fabl. x, (6. Il démêle un sot de cent pas. Le poursuit, l'aboie et le pille, DESHOOL. Poés. t. II, p. (41. || Pille, terme dont on se sert pour exciter un chien à se jeter sur le gibier, pour lui faire entendre démanger un morceau qu'on lui jette, et aussi pour agacer un chien contra un autre. Il me semble qu'il est comme ces chiens, à qui l'on dit longtemps : Tout beau, et puis tout d'un coup, pille, sÉv. 499. Il 6° i certains jeux de triomphe, piller ou faire pille, avoir le droit, dans certains cas, de prendre pour soi toutes les cartes d'une même couleur. || Se dit à l'horabre, pour prendre plus de cartes qu'on ne doit. || 7° Se piller, v. réfl. Se prendre l'un à l'autre ce que l'on a. ||Se piller, se jeter l'un sur l'autre. Enfin tout d'un coup ils se pillèrent avec tant d'animosité et de furie, que le» musiciens craignirent pour leurs jambes, et gagnèrent au pied, laissant leurs orgues à la discrétion des chiens, scabr, Rom. com. i, (5.

— ilOJT. XVI* s. Tormenter les vefves, piller les orpli ;'iu», CALv. Instit. <I59. Je la gourmande en hloc l'idée de la mort], par le menu elle me pille,

wont. 111,30). On y jectoit mille cerfs, etc les

abandonnant a piller au peuple, id. iv, 1 2. Tous ceulx qui avoient manié les finances de la chose publique avoient grandement pillé et desrobbé la public, AMtOT, .4 riit. to.

— ftYtH. Wallon, pu; provenç. pilhar, pillar; esp. ptJtar;poit pilhar; ital. pigliare, qui signifie prendre (d'où, au xvi* siècle, quand les italianismes abondaient dans le français, piller patience, yver, p. 56») ; du lat. pi/are, voler, piller. L'/ mouillée dan» toute» les langues romanes suppose probablemHUt une forme pileare.

t FiLLERI (pi-lle-ri. Il mouillées), s. m. Nom vuiga'ie du moineau dans la basse Normandie.

— 81' VM. C'est une onomatopée.

PU.! eitlK (pi-Ue-rie, Il mouillées, et non piye-rii'l, *. f. || 1" Action de piller. On roua avanthier I II violon qui avait commencé la pillerie du papier timbré, SEV. 80 oct. <676. Les pilleries qui furent l'effet de leurs premier» prêches [des calvinistes], Boss. Var. x, 60. Des complots qui aboutissent ordinairement à des émotions populaires, à des pilleries, a des massacres. Analyse de Bayle, t. I, p. 298. Il i" Extorsion, volerie. Elle a perdu, pour de petites pilleries qui ne lui ont pas assuré du pain, sa répul.ilion et une pension, oenlis, ThédL d'édue. la Marchande de modes, se. ».

— HIST. xiii* s. Desloiauté engendre larrechin et toute roberie et pillerie , Les secrets d'Àrisl. mt. ^ 8. Il xv .s. Les gians pilleries qu'il avoit faicte» audit payf, coMM, VI, ». || xvi' »■ Le» Urcins et pil»

PIL

Unes que l'on commet en vos finances, autot, Arisl. to.

— ÉTYM. Piller; wallon, piereie.

PILLEUR (pi-lleur, Il mouillées, et non pi-yeur), t. m. Celui qui pille, qui aime à piller.

— HIST. XIV' s. Mais deffeiidu m'i ont la voie Li pilleur, li vens et la pluie, Kt li yvers qui moull m'anuie, machaut, p. 78. Chacier et faire widier de nostre royaume les compagnies et les pilleurs qui tiennent plusieurs forteresses, DU CAHGE,pi7ardi. Il XVI' s. Ceux qui ont esté toute leur vie des cruels tyrans, ou larrons et pilleurs.... calv. Instit. 415».

— ÉTYM. Piller.

t PILOIR (pi-loir), s. m. Bâton dont le mégissier »e sert pour enfoncer les peaux dans la cuve.

— lilST. xvi" s. On les escache avec le piloir dans le mortier, o. de serres, 24o.

— f.rvM. Piler.

PILON (pi-Ion), s. m. Il 1" Instrument dont on se sert pour piler une substance dans un mortier ; il est de bois, de fer, de marbre ou d'agate, et en forme de cylindre arrondi à une de ses extrémités. Il 2" Gros maillets ferrés de différentes formes, employés dans les moulins à tan et à papier. |{ Mettre ou envoyer des livres au pilon, c'est les déchirer par morceaux, de sorte qu'ils ne puissent plus servir qu'aux moulins à papier et aux carlonniers. Le libraire de Genève envoya à Paris six cents exemplaires [d'une dissertation de M. de Belestat], que M.deSartine fit mettre au pilon, volt. Leit. Beleslat, 6 janv. 1769. Il 3" Rondin de bois muni d'un manche i l'un de ses bouts, pour fouler des terres. || 4" Barre de fer pour remuer le verre en fusion. || 6° Bonde d'étang. || 6" Coquille du genre strombe.

— HIST. XVI' s. Ils les brisent au mourtier avec le pilon, 0. de serres, 2bo.

— RTYM. Plier.

tPILONESdii-lo-n*),».»!. pi. Nom donné en Amérique aux ouvriers qui font les plants de cacaoyer.

tPILON\AGE{pi-lo-na-j'),».ni. Action de pilonner.

i PILON.VÉE (pi-lo-née), *. f. Genre de pèche au goujon, ainsi nommée parce qu'on pilonne dans le sable pour troubler l'eau.

t PILONNER (pi-lo-né), V. a. Battre avec le pilon. || Fouler une étoffe. Il Pilonner la laine, la remuer fortement avec une pelle, dans une chaudière, pour la dégraisser. || Affermir et tasser des terres avec les pieds ou avec un pilon. |1 Remuer le verre fondu.

— KTYM. /'i(on.

PILORI (pi-lo-ri), ». m. Poteau où l'on attachait le criminel avec un carcan au cou, pour l'exposer l la vue du peuple; à Paris, c'était une tour de pierre, au milieu de laquelle était un pivot de bois, portant une machine qui avait des trous pour passer la tête et les bras. L'affront du pilori me paraît quelque choî^e, bouhsaui.t, Merc. galant, il, ♦. Il [Charles II, d'Angleterre] vit, en passant, un homme au pilori, il demanda pourquoi il était là : Sire, diton, c'est parce qu'il a fait des libelles contre vos millilitres. — Le grand sot ! dit le roi, que ne les écrivait-il contre moi? on ne lui aurait rien fait, iio.'<- TKSQ. Esp. VI, )6. Il Fig. Qu'un autre, aux rois déchus donnant un nom sévère, Fasse un yil pilori de leur fatal calvaire, v. hugo, Voix, i.

— HIST. xiii' s. Li maires et li juré le doivent jugier, et, lui convencu, feront mettre el pellori, tail- LIAR, Recueil, p. 49. lU fut mis en un pillorit tout nuef, qu'on li fist emi la cauciiie (chaussée] de Lille, Chr. de Itains, )73. || xv s. ii furent délivrés au bourrel.... et là mis au pilori et tournés quatrc tours (levant tout le peuple, froiss. m, iv, 4). Le suppliant print une cotelle [robe] à usaige de femme avec unes manches et un pillory de toile, docange, pilloriacum.

— ETYM. Provenç. e»pt'Jiort; portug. pelourinho; angl. pillnry ,- bas-lat. pilorium, tpilorium, pillaurium, pilloricum, pellericum, pilarcium. Origine incertaine. Du Cange le rattache i pilier ; pi/aricum y prêtant surtout; ttrimm le tire du moyen hautail, p/ïiaere, qui estla forme germanique de pilier. Ces deux étymologies, qui reviennent au même, sont vraisemblables; cependant les forme» e*pi//ort', tpilnrium compliquent la question.

PlI.OIllP„ÉH(pi-lo-ri-é,ée),parf. po.«idepilorier. t PILORIEMENT (pi-lo-ri-mao], (. m. Action de piioricr.

— HIST. xvi« ». Piloriement, cotobave.

PII.ORIER (pi-lo-ri-é),jepiloriai3,nous piloriions,

TOUS piloiiiez; que je pilorie, que nous piloriions, que vous i.iloriicz,tJ.o. || !• Mettre au pilori. Que l'on ine pilorie. Si j'ai hanté ni vu ce Ga.'îoon de ma vie, RtoNAnii, leffai, is.On allachcrcher le curé anglican dont le crédit avaitfait condamuer Fox à ce supplice,

OICT. DE LA LANUUK rnAN(AISE.

PIL

et on le piloria à Biplace, volt. Dict. phil. Qxtakers. Il 2° Kig. Diffamer, exposer l'infamie de quelqu'un. Vingt écrits ont pilorie ce concussionnaire.

— HIST. XIV* s. Estre perololisiez par jours solempnez, ou cange, pilorisare. ijxv* s. Souviennevous du samedy, Pour Dieu, qu'on vous pilloria, Patelin. \\ xvi* s. Pendre, traîner, fustiger, essorel- 1er, pilloriser, escheller.... Coust. gén. t. i, p. 312.

— ETYM. Pt'Iori.

PILORIS (pi-lo-rî), j. m. Rat des Antilles, qui répand une forte odeur de musc.

t PIL0RRIIIZ1-: fpi-lo-rri-z'), s. /. Terme de botanique. Coiffe formée par l'extrémité des fibrilles radiculaires autour et au-dessus du point où se forment constamment les nouveaux tissus de ces fibrilles.

— ETYM. nïXoç, chapeau, et ^(Ça, racine. PILOSELLE (pi-lo-zè-1') , s. f. Nom vulgajre

du hieracium pilosella, dit aussi épervière.

— HIST. xvi' s. Le jus de lapilosele est emploie à la composition d'une trempe pour espées et cous-

teaUX, 0. DE SERRES, 614.

— ÉTYM. Lat. moderne, pilosella ; bas-lat. pilosellui, champ couvert d'herbe, pelouse, de pilus, poil, à cause que la piloselte est couverte de poils.

t PILOSISME (pi-lo-zi-sm'), s. m. Terme de botanique. Altération morbide ou anomalie des plantes qui consiste dans le développement excessif des poils sur une tige ou sur des feuilles habituellement glabres ou i peine pubescentes.

— ÉTYM. Lat. pilosus, poilu.

t PILOT (pi-!o), s. m. Il !• Terme de construction. Pieu de forte dimension qu'on enfonce dans la terre en le frappant avec le mouton d'une sonnette, et dont un assemblage forme un pilotis sur lequel on fonde une construction qui sans ce pilotis aurait trop peu de solidité, legoapant. Un pilotis dans la composition duquel il fut employé < I56 857 pilots de dix, douze et quatorze pieds de longueur, RAïMOND, tnst. Mém. litt. et beaux-arts. t. m, p. 402. Il 2" Dans les orgues, petite tige de métal attachée aux touches et qui ouvre la soupape.

— HIST. xV s. Si uuist-on grans bois de chesnes ; et puis furent tantost ouvrés et aiguisés devant; et si s'accompagnoient à un pilot vingt ou trente, et s'escueilloient (prenoient leur élan], et puis boutoient de grand randon contre le mur, fhoiss. i, i, (37.

— ÉTYM. Diminutif de pile i.

t. PILOTAGE (pi-lo-ta-j'), ». m. Ouvrage fait avec des pilots: pilotis.

— ÊTYM. Piloler I.

i. PILOTAGE (pi-lo-ta-j'), ». m. || t' Art du pilote, art de conduire un navire le long des côtes et en pleine mer. Ecole de pilotage. L'art de la navigation consiste en deux parties : le pilotage qui regarde principalement l'usage de la boussole, et la manœuvre qui regarde la disposition des voiles, du gouvernail et du vaisseau par rapport à la route qu'on veut faire et aux avantages qu'on peut tirer du vent, fontem. flenau. || i' Action de conduire un vaisseau h l'entrée ou à la sortie d'un port. Le pilote qui par ignorance ou négligence aura fait périr un bJtiment, sera condamné en (00 livres d'amende et privé pour toujours de l'exercice du pilotage, Ordonn. août khi. || Pilotage ou lamanage, nom des droits qui sont dus aux |>ilotcs lamaneurs, pour aider aux navires dans l'entrée et la sortie des ports.

— ÉTYM. Piloter i.

PH-OTEd'i lot'), ». m. Ijl* Marin qui a fait une étude particulitre des cAtes, des ports, des courants, des dangers qui avoisinent les abords de la terre, de l'astronomie pratique, de l'hydrographie, enfin de tout ca qui touche à la conduite du navire, soit au lar^e, soit près d'une côte. Ayant reconnu que cette perle [de sept vaisseaux] vient, dans la plus grande partie, de l'ignorance ou d-i défaut d'expérience des pilotes, et que la raison pour la<|uelle les meilleurs et les plus habiles ne servent pas sur les vaisseaux de Sa Majesté est que, lorsqu'ils sont parvenus à avoir assez de pratiijue et d'expérience pour commander les navigations les plus diliicilcs, ils aiment mieux se donner aux marchands dont ils commandent les raisscaux que de servir sur ceux du roi.... coLBEnr, à de Seuil, I" sept, 1878, dans ;al. Pourront toutefois le» mJtres de navires, au défaut de pilotes lamaneurs, se servir de pécheurs pour les piloter, Ordonnance, août 10X1. Les pilotes étonnés .s'écrient par avance : qui est semblable à TyrT et pourtant elle s'est tue dans le miliru de la mer, «oss. Uar.-Thér. Le succès qu'il avait eu l'encouragea à se charger encore d'une nouvelle école do jeunes pilotes destinés à srrvir sur les galères, font. Chazellet. A sa m.iin droite, il [le colosse de Rhodes] tenait une lanterne

PIL

îiVi

pour éclairer les pilotes, Mim. de Trévoux, nu, t I, p. 362. Cette année, Sébastien Cabot, étant parti d'Espagne avec le titre de grand pilote de CastiUe, à la tête d'une escadre de cinq vaisseaux qu'il devait conduire aux Moluques par le détroit de Magellan, BouG.UNviLLE, Voy. t. i, p. 32, dans pougens. Il Pilote hauturier, titre que prend le pilote qui, sur les données de la science astronomique, guide les navires dans la haute mer, à la différence de pilote côtier, qui, pratique des rivages, conduit ces bâtiments de cap en cap, de port en port, jal. {] Pilote major, pilote chargé en chef du service dupilotage. Il Pilote royal, nom qu'on donnait au premier des pilotes d'une armée navale. || 2' Fig. Celui qui conduit; ce qui sert de guide. M. de Coulanges partira pour Lyon.. . assurez-vous au moins de sa conduite; vous ne sauriez avoir un plus joli pilote, sév. («août (676. L'homme, venez au fait, n'a-t-ilpas la raison? N est-ce pas son flambeau, son pilote fidèle? boil. Sat. vm. Sachez pourtant, pilotes [ministres] du royaume, Combien j'admire un homme de vertu.... BÉRANO. À mes amis devenus ministres. || S" Se dit, sur les bâtiments pêcheurs, de celui qui commande la manœuvre pour mettre les filets à la mer. || 4° Premier, second pilote, nom donné à deux vaisseaux qui doivent toujours être près de l'amiral, soit dans la route, soit dans le combat. |1 6° Atlas contenant des cartes et des vues des côtes. ||8' Bateau pilote, espèce d'embarcation. || 7" Pilote de requin {naucratee ductor), nom d'un petit poisson qui, se tenant le plus souvent au-dessus du dos du requin, nage de conserve avec lui. || Se dit de plusieurs autres poisson» qui accompagnent les navires.

— HIST. XVI' s. Pilot, ROB. ESTIENNE, Dict. Par

le conseil du pilot, r.^b. it, sa.

— ÉTYM. Voy. PILOTER «; espapn. piloto; ital. pilota et pilota ; angl. pilot ; holl. piloot.

4. PILOTÉ, lîE (pi-lo-té, tée), port, possède piloter 4 . Garni de pilots.

2. PILOTft, ÉE (pi-lo-té, tée), pari, passé de pi loter î. Conduit par un pilote.

4. PILOTER (pi-lo-té). || !• F. n. Enfoncer des pilots pour bâtir des-;us. Le transport des matières et des bois pour piloter.... Lett. etc. de Colbert, iv, 689. Il 2* V. a. Piloter un terrain, y enfoncer des pilots. Il Fig. Pour piloter et établir le pre'iiier principe et fondement de cette congrégation de la rosecroix, NAUDË, Roiecioix, v, 2.

— HIST. XV* s. Si avoit fait piloter la dite rivière de l'Escaut, afin que on n'y pust nager [naviguer], pnoiss. I, I, (35.

— ÉTYM. Pilot

2. PILOTER (pi-lo-té), V. a. || 1* Terme de marine. Faire le métier de pilote; conduire un navire au milieu des difficultés d'une navigation prés de ta terre. Piloter, c'est quand ceux du pays avec de petits bateaux conduisent les vaisseau^! étrangers par les bonnes routes et hors des brisante, des sables ou des rochers, i.s p. renB François, les Herreillet de nature, i62i, dans jal. J* m'embarquai au port de la Roche, sur une chaloupe que la Gi.sclaye, capitaine de vaisseau et bon homme de mer, voulut piloter lui-même, retz, Mém. t. m, liv. iv, p. 467, dans POUGENS. Il 2" Kig. et néologisme. Servir de guide dans le monde, dans une ville étrangère. C'est lui qui doit nous piloter.

— HIST. XVI* s. Ce vieil pilote dit 1 son capitaine, que, s'il n'avançoit sa galère pour piloter les autres par le chemin qu'il leur monstreroil. elles cstoient toutes perdues, castei.nau, «o. Il est dangereux cingler trop près de la rive, si on ne pilotte pour chercher si la mery est paiTonde assez ou uon, iai.surave, p. 7UU. Avoir piloté ce royautne au courant do tant de douloureux fieaux, pasquier, l.etl. t. m, p. 678.

— ÊTYM. Origine controversée. On a tire pilot» du hollanilais pilnol, qu'on a décomposé en peilen, mesurer, et lool ou fond, plomb ; en allemand Lootse, en anglais lodi'tman,ei\ danois loodt, en hollandais loots, sont l'équivalent de pilote. D'un autre côté, piIo(« a pu tirer sa dénomination du jiilnl qui, fiché dans l'eau, en indique les pas.ses, et de piloler qui signifie baliser une rivière. Cela est peu probable; mais, si l'on remarque l'exemple de Paisgrave, où piioter signifie sonder, on admettra que pilot (c'est la forme de Robert Kstienne) vient du hollandais piloot, et piloot lui-même de peilen, sonder. Il faut écarter absulumint le prétendu pile signifiant navire, dont on ne trouve de trace nulle part ; il faut écarter le prnreta de Ménage, grec ■Kpifpàii\i, celui qui dirige la proue.

(. Pll.oriN (pi-lo-tin), ». m. Terme de marine Apprenti pilote, mousse de la tiruonnene.

— ETYM. Iiiininulif de pi(o(e.

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