‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 332 sur 389 · DE SERBES · texte numérisé non relu

DE SERBES

t PIOCUEUSE (pio-cheû-z'), s. f. Terme d'agriculture. Machine servant à piocher. Une puissante piocheuse à roue.

t PIOCHON (pio-chon), s. m. Petite pioche. Il 'Terme de charpentier. Espèce de besaiguë, plate d'un côté, et de l'autre en bec d'âne.

— ÉTYM. Diminutif de pioche.

t PIOLÉ, ÉE (pi-o-lé, lée), adj. Peint, marqué de diverses couleurs (terme vieilli). De rubans piolés [ils] s'agencent proprement, bBgnibr, Sat. ix.

— HIST. xiii' s Tro]! par estoit la terre coinlc, Qu'ele ère [était] piolée et pointe [peinte] De Hors de divers colors, ia Rose, I4i6.||xvi* s. Le bleu glayeul, les hautes gantelées, La pasquerette aux fouilles piolées, bons. 967.

— ETYM. Dérivé de pie, s. f. selon toute apparence; Berry, pioU, marqué de taches de rousseur.

t PIOLET (pi-o-lè), «. m Instrument dont les guides des Alpes se servent dans leurs excursions.

<. PION (pi-on), j. m. Il 1° Chacune des plus petites pièces au jeu des échecs. || Fig. et familièrement. Il fallait au cardinal de Bouillon de tels pions [que l'abbé de Vaubrun], st-sim. 78, 4. || Pion doublé, se dit de deux pions de même couleur placés sur une même ligne perpendiculaire. || Pion coiffé, pion auquel on a attaché quelque signe. || Aller à dame, se dit d'ùin pion qui prend la valeur de la dame lorsqu'on le mène jusqu'à la dernière ligne de l'adversaire. || Fig. Souvent avec des pions qu'on ménage bien , on va à dame, et l'on gagne la partie, la bruy. VIII. Il Fig. Damer le pion à quelqu'un, voy. DAMER •.||2* Une des pièces du jeu de dames.

— HIST. XII* s. Il a son roc [la tour] par force en roie mis. Et d'un poon a un chevalier pris, Raoul de C. 6'i. Il XIII' s. Ysengrin fu du jeu apris, Del paonnet a un roi pris, Ren. 28960. Ne ja n'ara [n'aura] peon n'aufln [fou]. Roi, chevalier, fierge (la reine], roc, du cange, alphinus.

— ÊTYM. Prov. peonet. L'ancien français donne paonnet et poon ; or poon est une des anciennes formes de poon. On doit penser que primitivement une des dénominations de cette pièce a été tirée du paon ou du petit poon (paonnei), à cause que le pion avait la figure de cet oiseau. Puis poon, peon, s'est confondu avec pion 2.

t 2. PION (pi-on), s. m. || 1" S'est dit pour fantassin, piéton. Grande gloire est au prince magnanime ....D'aller aux coups comme un simple pion, SCARR. ^pitre à M. le Prince. || 2" Soldat à pied dans l'Inde. || Nom, dans l'Inde, de domestiques qui vont à pied. Les pions du docteur coururent 1 annoncer.... BERN. DE Sï-p. Ch. ind. Préambule. ||8* Populairement. Homme sans bien, sans appui. C'est un pauvre pion. Il 4" Nom que les écoliers donnent par mépris aux maîtres d'étude, aux surveillants.

— HIST. XV* s. Mesmes ces pehons de villaige, J'entenspehonsde plat pays, Nese fussent point esbahis De leur mal faire.... villon, Archer de Bagnolel.

— ÊTYM. Prov. peio, peon;espagn. peon; port, pmo, pi'ôo; ital. pedone; du lat. pes, pedis . pied.

t 3. PION (pi-on;, s. !» ^. ^lONE (pi-o-n'), s. f. Nom du bouvreuil en Lorraine.

— CTVM. Pitoj'ne, à cause du rouge qu'a cet oiseau, t PIO.NK (pi-o-n'), s. f. Pivoine.

— ETYM. Voy. PIVOINB.

t PIONET (pi-o-nè), s. m. Grimpereau.

t PIONNAGE (pi-0-na-j'), s. m. Travail de pionnier. 300UU Iniitruments pour le pionnage, tsooo livres de poudre, VOLT. Louis XIV, 10.

— HIST. XV* s. Plusieurs pionniers ouvrèrent de leur mestierdepionnaigeet fouaige, uucANGK,ptonartu«.

— ÉTYM. Voy. PIONNER.

1. PIONNER (pi-oné), i). n. Prendre beaucoup de pions. || Au jeu de dames, perdre autint de pions qu'on en prend. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire arotr.

— iTïii. Pian I.

t s. PIONNER (pi-O-né), v. n. Faire un travail de pionnier.

— HIST. XVI* s. Ils estoient contraints de consumer autant de temps à desmolir et abattre les maisons voisines et contigues la muraille comme ils faisoient à pionneretremparier, u. du bellat. 448.

— ÊTYM. Voy. PIONNIER.

PIONNIER (pi-o-nié ; l'r ne se prononce pas et ne se lie pas .- au pluriel, l'j se lie : des pi-o-nié-z actifs), s. m. Travailleur dont on se sert à l'armée pour aplanir les chemins, remuer les terres. || Se dit actuellement des soldats des compagnies de discipline.

— HIST. XIII* s. Et Solimans de Nique fist les siens raloier [rallier] : Bien sont cinquante mile, ains n'i ot peonier, N'i a oel qui n'ait armes et bon corant destrier, Ch. d'Ant. l, 342. ||xiv* s. Et pionniers qui vont de piques bien houant, Et ma-ssons et mineurs qui vont là labourant, Guescl. 19540. Le prisonnier, qui estoit pionnier de Baudenet Lescot de Reims, et faisoit ses vins à moitié, recela une queue de vin sans en faire cqmpte à son maistre, du cange, pionarius.

— ÊTYM. Pion 2; prov. peionier, pessonier. Le ptonmerest, comme le pion, un homme qui va à pied, un homme de pied, et, par suite, un homme de peine.

PIOT (pi-o), s. m. Terme populiire. Vin. Leur voyant de plot la cervelle échauffée, bégnieii, Sat. X. Je l'ai essayé |un muid de vin] avec mes amis aimant le plot; nous l'avons tous trouvé trèsbon, POUSSIN, Lett. 3u avril i64i.

— HIST, XVI* s. Cette nectarique, délicieuse, précieuse, céleste, joieuse, deifique liqueur qu'on nomme le plot, rab. Pant. i, 2.

— ÊTYM. Ancien français pt'cr, boire, formé par plaisanterie, d'apri''s Diez, de mtïv, boire, comme trinquer de l'ail, trinken, hoire.

t PIOCI.AIRE (pi-ou-lê-r'), s. m. Canard siffleur.

— ÉTYM. Piauler. ■

t PIOUPIOU (piou-piou), t. m. Terme populaire. Soldat du centre, dans l'infanterie.

PIPE (pi-p'), s. f.\\l° Musette, chalumeau; ce qui e,';t le sens propre, tout à fait oublié aujourd'hui. , 2° Sorte de chalumeau dont le prêtre célébrant s'est servi autrefois pour humer le vin consacré. I] 3° Tuyau terminé par une espèce de petit vase dans lequel on allume du tabac dont on aspire la fumée. N'ayant d'attention qu'à sucer une pipe à tabac qui était vide il y avait plus d'une heure, SCARR. Rom. corn, ii, t6. Qu'une n'ne à la main, sur un large sopha Mollement étendu, le pesant Moustapha..., volt. Ép. ci. || Allumer sa pipe, allumer le tabac qui est dans le fourneau de la pipe. Il Fumer une pipe, prendre en fumée autant de tabac qu'il en peut tenir dans le fourneau de la pipe. Crébillon, qui a plus fumé de pipe^en sa vie que Voltaire n'a pris de lavements, piron, dans GRiMM, Corresp. t. ii, p. 39B. || Fig. Fumer sa pipe, en parlant d'un apoplectique, voy. eumer I. Il Je n'en fais pas plus de cas que de ma pipe, je n'en tiens aucun compie. Avec tout son esprit, j'en fais moins de cas que de ma pipe, al. DUVAL, Jeunesse de Henri V, ii, 9. |{ Fig. Populairement. Casser sa pipe, mourir. || Fig. Fumer sans pipe, bouillir de colère. || On remplit, on vide sa pipe, on met du tabac dans sa pipe; c'est toujours du fourneau, et non du tuyau, que l'on parle, tandis que, pour désgner celui-ci, on dit le pied ou le tuyau de la pipe, legoarant. ||4° Habitude, action de fumer. La pipe diminue l'appétit. || 5° Par extension du sens de tuyau, grande futaille qui contenait un muid et demi. || Pipe commune de Saumur, contenant 420 litres. Pipe Cognac, contenant 624 litres. Pipe Saint Gilles, contenant 7I0 litres. || 6" Tige de métal ou bien une pierre, même un rubis, aussi long que l'épaisseur du parchemin, et auquel s'attachaient les sinets; l'usage s'en est conservé pour les livres d'église jusqu'à nos jours, en prenant quelquefois le nom de registre, de tuyau à tourner les feuillets, et de pençoir, de laborde, Émaux, p. 450. Il 7° Terme de .serrurier. Petite cale servant à serrer une barre de fer qui passe dans une autre barre, dans une pierre, ou dans une pièce de bois. || 8° Poisson du genre des syngnathes. || 9° Dans la Bourgogne et le Gâtinais, on donne le nom de pipe» aux narcisses et, en général, aux Heurs prinianières provenant d'oignons. || Pipc-de-tabac, nom vulgaire de Varistoluchia sipho, à cause de la forme de sa lleur.

— HIST. xiu* s. Ne ne prisent [et ils n'estiment pas) tre.sor deus pipes, la Rose, 5o75. || xiv s. Kt est U pippe (les dites heures garnie de deux balaiz et un aaplur Jiul. IM. Ut la trance, t. xw, p. 370

PIP

Jehan de Hontauban vendit au dit exposant une pipe de vin à la mesure du dit païs; la quelle mesure est telle que la pipe de vin tient quatre chevaux ou sommiers chargiés de vin, dd canob, pipa. Il avoit désiré ou souhaidié la pipe ou musette de un varlet de la ville, id. l'b. || xv* s. Icellui Girart feri l'exposant de son plançon ou pipe un grant cop, m. ib. Pipes, canemeaux et flagos, Et musettes i bourdons gros, froiss. Poésies, mss. p. 282, dans lACUBNE. Le roy Edouard fit mourir son frère le duc de Ciarence en une pippe de malvoisie, comm. i, 7. Il XVI* s. Beau nez, dont les rubis ont cousté mainte pipe De vin blanc et clairet, bassel. xvii. ||ivi* s. Celui qui a fait les cheminées devra hausser la pipe [tuyau] jusqu'au plus haut de la fenestre du voisin, Jfoiw!. coust. génér. t. i, p. 1 270.

— ÊTYM. Proy. pipa, pipe, barre, bâton, tuyau, pimpa, pipeau, musette; espagn. pipo, sorte de mesure; ital. pipa et pii'a; du lat. pipare, crier, piauler. La série des sens est : musette, puis tuyau; pipe à fumer, puis pipe, mesure de liquide, pipe, tonneau ; et même, dans l'ancien français et le provençal, bâton, barre. L'ail. Pftif; angl. pt'pe; isl. pipa; dan. pibe; gall. et écosi. pib, viennent des langues latines.

PIPÉ, ÉE (pi-pé, pée) , part, passé de piper. Pris, attrapé comme des oiseaux dans les pipeaux. Les peuples pipés de leur mine, uàlh, vi, 29. |{ Dés pipés, dés disposés frauduleusement de manière à amener presque toujours un certain numéro. Je sais dans un trictrac, quand il faut un sonnez. Glisser des dés heureux ou chargés ou pipés, regnard, le Joueur, I, 10.11 II se dit, dans le même sens, de cartes frauduleusement marquées. Le roi fit arrêter sans bruit le garçon bleu qui tenait le panier des cartes et le cartier ; les cartes se trouvèrent pipées,

PIPKAD (pi-p8), ». m. ||1° Chalumeau, flûte champêtre. On dirait que Ronsard sur ses pipeaux rustiques Vient encor fredonner ses idylles gothiques, BOiL. Art p. II. Tous les p&tres vêtus de peaux Redescenflent vers l'avenue; Le son des al pestres pipeaux, Et les clochettes des troupeaux Disent que la nuit est venue, p. lebrun, Poés. t. ii, S4. Il %' Petit chalumeau qui sert à contrefaire le cri des oiseaux, et qui est ordinairement faitd'un bâton fendu k un de ses bouts et muni d'une feuille de laurier ou d'autre plante. || 8' Au plur. Petites branches enduit"'' de glu, pour prendre les oiseaux. Il Fig. et familièrement. Artifices par lesquels on cherche à tromper les autres. J'ai évité ses pipeaux.

— Eiisr. xvi* s. Son ventre [d'une musette] est peau de cerf, ses anches sont de coudre, Son bourdon est de buis, son pipeau de prunier, rons. 748.

— ÊTYM. Pipe. La série des sens est ; tuyau d'une musette, puis flûte champêtre, puis petit bâton fendu de manière à imiter le cri des oiseaux, et enfin petites branches enduites de glu.

PIPÉE (pi-pée), s. f. \\ 1° Sorte de chasse dans laquelle on contrefait le cri de la chouette, pour attirer les oiseaux sur des branches enduites de glu. Faire une pipée. C'est sur cette espèce de jeu de moquerie ou d'antipathie naturelle qu'est fondé le petit art de la pipée : il suffit de placer un oiseau nocturne ou même d'en contrefaire la voix, pour faire arriver les oiseaux à l'endroit où l'on a tendu les gluaux, bupp. Ois. t. ii, p. lO». || Fig. Je m'en allais rêvant, L'âme bizarrement de vapeurs occupée, Comme un poète qui prend îles vers !i la pipée, RÉGHIEB, Sat. X. Il %° L'emplacement et l'appareil de la pipée. Le renard fait la même manœuvre dans les pipées fya visiter les pipées comme les pièges] où l'on prend les grives, bupp. Morceaux choisis, p. 24 3. Il Faire une pipée, disposer tout ce qui est nécessaire pour ce genre de chasse.

— HIST. XIV* s. L'aprentis demande comme on prent oyseaulz à la pipée, Modus, f* cxxxii bis. Il XVI* s. Ne pensez pas qu'il y ait nul oyseau qui te prenne mieux à la pipée.... que touts les peuples s'allcichent vistement à la servitude, la boétie, Servit, voient.

— f.TYM. Pipi.

t PIPELINE (pi-pe-li-n), s. f. Oiseau de mer,

voisin dos mauves.

PIPER (pi-pc), V. n. Il 1* Faire entendre un petit cri, en parlant du poulet, d'un oiseau. Ju.siju'à ce que le pnulct casse sa coquille, après avoir pipé ; ce qui arrive ordinairementle vingt-uni?me jour, bikk. Ois t. m, p. t25. Il Activement. Siffler. Il [l'agouti] a la vue bonne et l'ouïe très-fine; lorsqu'on le pipe, il s'arrête pour écouter, bufp. Quadrup. t m, p. 8». Il 2° S'est dit pour jouer des pipeaux. || Fig. Piper à.... l'emporter, par une métapbor» prise de

PIP

l'habileté à jouer des pipeaux (cet emploi de piper, qui a donné pimpant, n'est plus usité). En matière de fourbe il est maître, il y pipe, corn, le Menteur, III, 3. Deviner des rébus, princesse, est où je pipe, CHAUL. k la duchesse du Maine. || 3* Fumer une pipe. On a pipé ici, gavabni, fourberies de femmes. Il 4° Contrefaire le cri de la chouette. || 6" V. a. Prendre à la pipée. Piper la bécasse. 1| Absolument. 11 n'a pas pipé un demi -quart d'heure que quatre ou cinq geais et autant de merles sont venus sur l'arbre où il pipait. Il Fig. En amour, il [Béranger] fut mon ouvrage; J'ai pipé pour cet oiseleur, bérang. Epit. Il 6' l'"ig. Tromper, séduire, enjôler. [L'honneur] Nous fait suer le sang sous un pesant devoir. De chimères nous pipe, et nous veut faire accroire Qu'au travail seulement doit consister la gloire, Régnier, Sat. VI. Le prisent ne nous satisfaisant jamais, l'espérance nous pipe, pasc. Pens. viii, 2, édit. HAVET. Le plus sage des législateurs [Socrate, dans la République de Platon] disait que, pour le bien des hommes, il faut souvent les piper, id. ib. ni, 8. c'était un minois à piper les plus fins, j'y aurais moi-même été attrapé, lé sage, Gil Bl. iv, 5. Il Piper desécus, les escamoter d'une façon quelconque. Rivière aime mieux aller piper quelques pistoles en Dauphiné, gui patin, iett. t. i, p. 2;i», dans pouGENS. || 7' Piper des dés, les préparer pour tromper au jeu. |{ Piper des cartes, faire à des cartes des signes de reconnaissance. || Tromper au jeu. Vous pipâtes au jeu, pour douze mille écus, ce jeune seigneur étranger, mol. Pourc. i, *. || Absolument. Au sortir du colysée Mazarin apprit à piper, ce qui lui attira des coups de bâton d'un orfèvre de Rome appelé Moreto, hetz, ii, 96. ||8° Se piper, V. rift. Se faire illusion, tromperie à soimême. Ce n'est pas l'amusement seul qu'il [le joueur] recherche.... il faut qu'il s'y échauffe et se pipe lui-même.... pasc. Pens. iv, 2.

— HIST. XIV* s. La saison de piper [prendre à la pipée] au bois as oyseaulx si commence après la Saint-Michel archange et dure tant comme les feuilles sont es arbres, Modus, f° cxxxii, bis. Donques porras tu piper [siffler] de trois manières : l'une d'une feuille de fau ou d'autre arbre ; l'autre si est d'erbe que on met entre ses lèvres; la tierce est d'une pipée de bois, où l'on met une teille bien parée faite d'exglantier, ib. verso. || xvi* s. L'ame se pipe elle-mesme, se dressant un faulx subject, mont. I, 21. Et nous allons quester par là une friande gloire, à piper le sot monde 1 m. iv, 220. Les sens sont pipez par l'entendement, charron, Sayesse, dans LACURNE. Cartes pipées et dez pipez, cotoravk.

— ÊTYM. Lat.-pipore, siffler: comparez pipeau. Les significations sont : siffler, prendre les oiseaux en sifflant, en imitant leur cri, et, en général, tromper; d'où ptper les dés, les cartes, les falsifier.

t PIPÉRACÉES (pi-pé-ra-sée), s. f. pi. Famille de plantes voisine des amentacées, à tiges grêles, saimenteuses, noueuses, dont le poivrier est le type.

— ETYM. Lat. piper, poivre.

PIPERIE (pipe-rie),s. f. Tromperie au jeu. || Fig. Tout ce qu'on voit de lui n'est que sotte apparence, Piperie, artifice.... régnirr, Sat. ix. Voilà une petite montre de ce grand commerce de pipeiie que l'on exerce à la cour, bai.z. 5* dise. De la cour. Les sens abusent la raison par de fausses apparences ; et cette même piperie qu'ils apportent à la raison, ils la reçoivent d'elle à leur tour ; elle s'en revanche, pasc. Pens. m, «9, édit. havet.

— ETYM. XV* s. Ils peussent joyr de toutes franchises de tous cas par eulx commis, comme de meunlre, furt, larrecins, piperies.... J. be tboyes, Chron. (487. || xvr s. Ce.'.te piperie qu'ils appellent médecine, tahubeau, Dial. p. »o, dans lacurnb.

— ETYM. Piper.

t PIPERIN (pi-pe-rin), s. m. ou PIPERINK (pi-peri-n'), s. f. Terme de chimie. Principe alcaloïde trouvé dans les diverses espèces de poivres.

— ÊTYM. Lat. piper, poivre.

t PIPÉRINE (pi-péri-n'),«. ^. Synonyme de péperin.

t PIPET (pi-pè), ». m. Farlouse.

t PIPETTE (pi-pM'), »• f. Terme de laboratoire. Boule de verre à laquelle sont soudés d'une part un tube recourbé et d'autre part un tube effilé .'1 son extrémité, servant à décanter de petites quantités de liquide.

— HIST. XVI' s. Pipette, oudw, Dia.

— ETYM. Diminutif de pip», tuyau.

PIPEUR (pi-peur), s. m. || !• Terme de chasse. Celui qui fait jouer les pipeaux. || J* Kig. Filou qui trompe au jeu, en substituant de fausses cartes ou da faut d^an U place des bons. Menteur effroyable,

PIQ

joueur et pipeur, oui patin, Souv. Iett, t i, p. 274, dans POUGENS. {| 8* Celui qui trompe de quelque manière que ce soit. L'étalage de l'espérance est le leurre de tous les pipeurs d'argent, huff. Homme, arithm. morale. || On peut dire au féminin pipeuse, et, dans le style un peu élevé ou poétique, piperesse, bien que le Dictionnaire de l'Académie ne les donne pas. |{ Adjectivement. Mais quoi? les beaux yeux des bergères Se trouveront aussi trompeurs Que des cours les attraits pipeurs, n'URFÉ, t'Astrée, i, 4. Les longueurs infinies [des charlatans], Qui ne sont, après tout, qu'un mystère pipeur Pour se faire valoir et pour vous faire peur, corn. \'IUus. com. i, 2.

— HIST. XV* t. En ce temps fut faicte justice de plusieurs povres et indigentes créatures, comme de larrons, sacrilèges, pipeurs et crocheteurs, 3. pb TROYES, Chron. )460. Il XVI* s. J'avois un jour un valet de Gascongne ... Pipeur, larron, jureur, blasphémateur, MABOT, Épiire au roi. Une pipeuse espérance, MONT. I, 349. Art piperesse et mensongère, iD. t. I, p. 817, dans lacurnb

— ÊTYM. Piper.

t * . PIPI (pi-pi), '• n». Terme enfantin pour désigner l'urine. Faire pipi, pisser.

t 2. PIPI (pi-pi), s. m Nom du petiveria alliacea, L., de la famille des phytolacc^es.

t PIPICDLE (pi-pi-KU-l'), s. m. Oiseau de la famille des pics, dit dendrocolapies (lUiger), de SevSpov, arbre, et xoXâitteiv, frapper.

t PIPIEMENT (pi-pî man) , s. m. Cri des petit» oiseaux.

f ( . PIPIER (pi-pi-é) , ». n. Crier comme le moineau ou les petits oiseaux,

t PlPlER, 1ÈRE (pi-pié, piè-r'), adj. Quia rapport à la fabrication des pipes à fumer. L'industrie pipicre en france.

t PIPIRI (pi-pi-ri), ». m. Oiseau d'Amérique, nommé ainsi par onomatopée.

t PIPISTRELLE (pi-pi-strè-l"), ». ^. Nom vulgaire et spécifique du vespertiUon pipistrelle (chiroptères).

+ P1PIT (pi-pif) ou PITPIT (pit'-pif), s. VI. Noms donnés, par certains auteurs, au genre anthus (oiseaux insectivores); anthus pratensis, Bechstein, alauda pra(en»is, L.

t PIPOIR (pi-poir), ». m. Instrument qui sert i piper, à contrefaire le cri de la chouette.

f PIQUADE (pi-ka-d'), s. f. Terme de métallurgie. Barre de métal cochée, afin de la couper plus facilement.

— ÊTYM. Piquer.

f PIQUAGE (pi-ka-j'),». m. ||1° Terme de résinier. Action de piquer, de percer les sapins. || !• Terme de construction. Action de piquer le grJs ou le moellon. || 8° Terme rural. Action du soc qui s'enfonce dans le sol. L'âge dans la charrue a pour but de régler et d'assurer la marche et le piquage du soc et du contre. |! 4° Piquage d'once, sorte de vol qui se pratique chez les producteurs de soie quand on subdivise un paquet de soie en portions plus petites.

— ÊTYM. Piquer.

t PIQUAMMENT (pi-ka-man), ade. D'une manière piquante.

— HIST. xvi* s. Je sçais bien, quand j'ois quelqu'un qui s'arreste au langage des Essais, que j'aimerois mieulx qu'il s'en teusf. ce n'est pas tant eslever les mots, comme desprimer le sens, d'autant plus picquamment quo plus ohliquemenl, uoux. i, a»».

— ETYM. Piquant, et le suffixe ment.

PIQUANT, ANTE (pi-kan, kan-i'), adj. 1| 1* Qui

pique. Los orties sont piquantes. Il n'y a personne qui ne connaisse quelque douleur d'fstomac ; celle que vous sentez est plus piquante et plus pesante, sÉv. a* janv. («so. Je ne puis croire que c ou cette d'Éon, ayant le menton garni d'une barbe noire très-épaisse et très-piiiuante, «oit une femme, volt. Letl. d'Argental, i9 déc. «777. || Fig. Vieillard plu» piquant qu'une ronce. Point de colère, entendonsnous. Parlons tout bas et filon» doux, BCARB. l'irg. vi. Il 8° Qui est de haut goût et pique pour ainsi dire le palais, par opposition à fade. Moutarde picpianle. Il Fig. Le «cl piquant de ses bons mots, de ses reparties. || Terme de cuisine. Sauce piquante, »auc« fortement relevée par du vinaigre et de» échalote», que l'on sert chaude ou froide et quelquefois séparément. Il 8* Il se dit d'une température tjUi e«l très-froide. Un vent piquant. Le froid n'avait pai encore été aussi piquant de tout l'hiver, oknlh, Veill. du chdt. t. i, p. 134, dans pouokns. 1| 4* Fig Qui fait une impression morale comparée à unf piqûre. Mille déplaisir», d'autant plus piquant» qu'on avait moins lie» de le» attendre, boubiml 2* dim. après l'Épiphan. Pominic. t. 1, p. »a Il 6* Fig. Il «e dit de» parole* qui blesasot «omm*

tT28

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on instrument piquant. D« mots piquants partout Dorante vous outrage, mol. Femm. sav. n, 3. Mon père leur a dit de piquantes paroles, duprénï, Dédit, I, ( . Nous entendons tous les jours, mes frères, les am.ileurs du monde eui-mêmes faire des invectives piquantes contre ses injustices et ses abus, iiASS. Car. Dégoûts. || Même sens, en parlant des personnes ou de leur humeur. Parler et offenser, pour de certaines gens, est précisément la même chose ; ils sont ^quants et amers, la bruy. v. La charité est douce et prudente, et l'humeur est toujours piqu.inte et téméraire, mass. Carême, Mélange. Il 6* Fig. Qui exerce sur l'esprit une action comparée à la sensation que produit sur le palais un mets épicé. La sagesse pallie les défauts du corps, ennoblit l'esprit, ne rend la jeunesse que plus piquante, et la beauté que plus périlleuse, Là bruy. III. Goûtons, au lieu de nous en plaindre, Les attraits.piquants du danger, bernabd, Poés. div. Épitre XVI, à Galatée. Il n'est pas rare qy'une maîtresse coupable e;i devienne plus piquante, marivaux, Paysan parv. part. v. || T Fig. Plein de vivacité, de finesse, d'agrément, en parlant des personnes et des choses. L'origmalité piquante de Dufrény était auprès de son pmcgyriste une assez bonne recommandation, d'alemb. Eloges, Maritaux. Au lieu d'ctre piquant, souvent on est 'bizarre, delille, Jard. ch. i. Elle ne doit tous ses défauts qu'au désir de paraître piquante, parce qu'elle est persuadée qu'une personne douce est toujours insipide, genlis, Ad. et Théod. t. n, p. 181, dans POUGENS. || En parlant des personnes, qui plaît par la vivacité, l'agrément de la physionomie, plus que par la régulariti' des traits. Sa figure avait quelque chose de si piquant que le chevalier g'y laissa prendre, hamilt. Gramm. •♦.Tantôt je la revois, belle, vive, piquante. Telle que pour charmer la formèrent les dieux. Telle qu'on voyait en tous lieux Vénus de tous les cœurs revenir triomphante, CHADL. Élégie. Ce n'est pas, comme vous royez, une beauté régulière; mais elle est assez piquante, lesaoe, Turcaret, i, î. \\ 8° S. m. Pointes que portent certaines plantes, ceriains animaux. Les piquants de l'acacia. Un autre animal à piquants qui ne nous était pas connu, a été rapporté de Cayenne à Paris.. .. BVtr. Quadrup. t. xiii, p. t2&. Il 9" Fig. Ce qui blesse comme les épines. Les embarras domestiques de M. le Duc, les élans continuels de la plus furieuse jalousie, les vifs piquants d'en sentirsansces.se l'inutilité, toutes ces funeste tourmentèrent sans relAche, st-sim. 26), il9. H lO» Fig. Ce qui plaît & l'esprit, comme au palais un metsépicé. Le piquant de l'aventure. Les Lettres provinciales ont perdu beaucoupde leur piquant, lorsi|ue les jésuites ont été abolis, volt. Louis XI V,31. Elle n'a pas le piquant et les grâces de Mme de 'Tcrvures, GENLIS, Vaux témér. t. i, p. (5, dans pougens. — HIST. XVI' 8. Paroles piquantes, amtot, Fab. 14 Desguiser les viandes avec quelque saulce aigre et piquante, m. Anton. 29. Il faisoit un chaud picquant et estouffé, d'adb. Fxn. m, 7.

t. PIQUE (pi-k'), s. f. Il !• Chez les anciens, arme formée d'un long bois garni d'un fer plat et pointu. Vous avez déjà, en animaux raisonnables et pour vous distinguer de ceux qui ne se servent que de leurs dents et de leurs ongles, imaginé les lances, les piques, les dards, les sabres et les cimeterres, LA BHUT. XII. Un étranger disait à l'ambitieux Agésilas : Où fixez-vous donc les bornes de la Laconie? Au bout de nos piques, répondil-il, BARiHÉL. Anitch. ch. 50. || 2° Aime d'hast, plus courte que la lance, employée autrefois pour armer certains corps d'infanterie. Par une ord(;iU'ance de Louis XIV, le tiers de chaque compagnie d infanterie devait être armé de piques, pour arrêter l'eiTort de la cavalerie. Le maréchal de Saxe regrettait les piques, »t.foix. Ksi. Paris, Œuv. t. iv, p. 38(i. Vingt-cinq mille Suisses.... les uns armés de ces longues piques de dix-huit pieds que plusieurs soldats poussaient ensembto en bataillon serré, les «utres tenant leurs grands espadons à deux mains. Tinrent fondre à grands cris dans le camp du roi [François l"], près de Marignan, volt. Mœurs, r.!3. Il Avoir la pique basse, la croiser en avant, pour combattre. Notre cavalerie, qu'ils attendaient dernère des haies les piques laissées, s'avança, mais nos* jamais les joindre, pellisson, Leit. hist. t. m p. M», dan» pouftBNS. || Fig. J'avais, sans nui appui, le ministère et l'intérieur du roi contre moi et dans U cour force piques baissées sur moi par

i,**?/ !î',^ ^*,'°"''* f"'"" "»•' prise, ST-SIM., . »»• Il I-ever la pique, cesser de combattre, se rentre. Il Fig. Il 1 passé pai les pique», se dit de qucl-

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qu'un qui s'est trouvé en plusieurs occasions dangereuses, ou qui a soufTerl quelque perte, quelque dommage en des affaires qu'il aeues. || 3° Terme de marine. Négocier à la longueur de la pique, traiter <l la pique, s'esi dit de navires interlopes qui, dans les mers du Sud ou ailleurs, se tenant à l'abri de rochers ou d'une côte élevée, envoyaient secrètement quelques hommes à terre pour s'informer si on pouvait trafiquer en sûreté. X l'égard de celles fcargaisons] qui sont moindres, et dont les barques anglaises, hollandaises, françaises et danoises sont ordinairement chargées, on les porte dansles esterres.... on avertit les habitants des environs par un coupde canon.... c'est particulièrement lanuit qu'on fait ce commerce; mais il faut être sur ses gardes, toujours armé, et ne laisser jamaisentrer dans le bâtiment plus de monde, qu'on ne se trouve en état d'en chasser, s'il leur prenait envie de faire quelque insulte; on appelle cette manière de trafiquer, traiter à la pique, Voy. du P. Lab'at, 4742, vu, 224, année t70*. || 4° Il se dit du fer, indépendamment du bols. Le roi Salomon fit donc faire deux cents piques d'or du poids de six cents sicles, sACi, Bible, Paralip. Il, ix, 15.115° Longueiir, hauteur d'une pique. C'est un spectacle de voir les pélicans raser l'eau, s'élever de nuelijues piques au-dessus, et tomber le cou raide et leur sac à demi plein, buff. Pélican. || Fig. Vous en êtes à cent piques, se dit à quelqu'un qui ne devine pas. || Familièrement. Être à cent piques au-dessus de quelqu'un, lui être bien supérieur; au-dessous de quelqu'un, lui être bien inférieur. Hier au soir, Mme du Fresnoy soupa chez nous; c'est une nymphe, c'est une divinité; mais Mme Scarron, Mme de la Fayette et moi, nous voull^mes la comparer à Mme de Grignan, et nous la trouvâmes cent piques au-dessous, sév. H5. Je trouve que l'esprit des affaires que vous avez est une sorte d'intelligence qui est cent piques audessus de ma tête, id. à Mme de Grignan, 5 juin 468». Vous seriez étonné de voue trsuver décent piques au-dessous de nous, mabiv. la Double surpr. de 4f*mour, i, 7. || 6° Autrefois, soldats qui portaient la pique dans un régiment. Faire défiler les piques. !| 7° Demi-pique ou esponton, arme plus courte que la précédente, qui a servi à armer les officiers d'infanterie.

— HIST. XIV* s. [Ils] N'y ont que treize eschieles pour comniencier estri [combat] ; Mais il ont des mineurs et des piques [pics] aussi, Guescl. 2)770. Icellui Fournier avoit donné un certain baston qu'il avoit apporté, appelé piques de Flandres, du GANGE, pt'co. Il XV* s. Ceux de Gand avoyent, audevant de leur ville, fait une embusche de plus de cent compaignons, et tous piques noires [pikenaires, dans Buchon, ce qui est la vraie leçon; voy. piquikr], fboiss. liv. ii, p. t50, dans i.acubni£. Son cheval navré de coups de piques de Flandres, Chron. scandaleuse, p. 187, dans lacuhne. || xvi* s. Ses malvueillans [de Thémistocles] lui reprochoicnt qu'il avoit osté au peuple d'Athènes la pique et le pavois, pour le réduire au banc et à la rame, amvot, Thém.l. Ils levèrent les piques [se rendirent], et furent receus à serment de ne faire !a guerre de six mois, d'aub. llisl. i, 369. Us prirent place de bataille au haut d'une montagne; mais,quand ce fut à pique baisser, les plus vaillans se contentèrent de tirer une harquebusade pour fuir, id. ib. il, )fl8. Le reste estoient Portugais, picques sèches et bisongnes [recrues],id. ji).ii,39l. J'ai porté la pique à quatre cornes dans la compagnie du capitaine Bourdeaux votre sergent major, ID. F<m. m, t. Les espaliers de huis y sont hauts d'une pi(|ue, id. tb. i, 3. )7 picquiers aussi armez de corseletz, chacun 8 livres ; 33 portans picques seiches, chacun 7 livres, Ordonn. 4 2déc 1 553. Le soldat, qui, en querelle, donnera cry d'une nation, sera passé par les piques, ib. Plusieurs gendarmes quittèrent la lance pour prendre la pique avec lui [Bayard levant une compagnie d'infanterie], bbant. Cap. franc, t. iv, p. 63, dans lacubne. Je m'en rapporte à ce qui en est, et à ceux-là qui ont passé par les piques, TAHUHEAu, Dial. p. 77, dans lacuiine.

— ETYM. Forme féminine île pic l ; provenç. piqua; esp. et ital. pica. On a dit que pique, au sens de mesure, représentait la pic, sorte de mesure de longueur, et non la pique. .Mais ce qui prouve que pour mesurer on s'est servi de la pique, c'est qu'on s'est servi de la lance : Les fossés estoient porfonds de plus d'une lance, Bouciq. i, 44.

». PIQUE (pi-k'), t. m. Terme de jeu de cartes. Une des figures de la couleur noire. C'est du pique qu'il retourne. Vous croyez, en votre humeur caustique. En agir avec moi comme avec l'as de pique? REGNARD, <e loueur, ui, 14. Il Fig. A» de pique.

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voy. AS. Il Fig. Voilà bien rentrer de piques noires, il rentre de piques noires, se dit à celui qui interrompt mal à propos un autre, ou qui rentre, mal à pro[.os et par des choses sans rapport, dans un sujot, dans une conversation.

— HEM. Au mot rentré, Cotgrave dit simplement : rentré de pique. Viijucs noires, comme le genre l'indique, est la pique noire, fausse leçon dans Froissart (voy. pique i), laquelle s'est glissée dans la locution : rentré de pique.

— HIST. xvi* s. X l'autre, dit Panurge, c'est bien rentré de piques noires, bab. iv, 33.

— ÉTYM. Pique 4, à cause de la forme.

3. PIQCE (pi-k'), ». f. BrouiUerie, aigreur entre deux ou plusieurs personnes. Les aversion», les piques, les jalousies et toutes les autres causes de division, nicolle. Essais, t. xiii, p. 29, diins pougens. L'esprit de pique et de jalousie prévaut, la BRDY. XII; Les piques des amants renouvellent l'amour, babon, Andrienne, m, 4. || Mettre en pique, susciter une pique, une querelle. D'où lui vient cette humeur? qui les a mis en pique? corn. Place roy. Il, 5.

— HIST. XV* s. Ainsi s'estdepartie cette assemblée de mocquerie et de picque, comm. ii, 8. Encores y avoit une autre picque entre le duc et le connestable, ID. m, 4). il XVI* s. Voulant dès son commencement mettre le pied devant tous les autres, il prit audacieusement à son arrivée la pique contre les plus grands et les plus puissants hommes, AMYOT, Thésée, 6.

— ÉTYM. Voy. PIQUER.

4. PIQUÉ, ÉE (pi-ké, kée), part, passé de piquer. Il 1° Entamé légèrement par quelque chose de pointu. Piqué par une épingle. Piqué parunegu^pe. Une étoffe piquée des veis. || Fig. et populairement. Qui n'est pas piqué des vers, sain, intact, frais. Il 2* Traversé de points qui les unissent, en parlant d'étoffes. Des bonnets piqués. Notre amante.... coupe ses habits. Corps piqué d'or, garnitures de prix, i.A PONT. Courlis. J'ai un habit de taffetas brun piqué avec des campanes d'argent.... mais je cioi» que ce n'est plus la mode, sév. 43 juin 4685. Le maréchal de Saxe était au milieu de ce feu [k Fontenoy]..., il portait une espèce de bouclier de plusieurs doubles de taffetas piqué qui reposait sur l'arçon de sa selle, volt. Louis IV, 15. ||3* l'erme de cuisine. Où on a fait entrer, en piquant, quelque ingrédient. Oignons piqués de clous de giroffe, genlis. Maison rust. t. i>, p. )43, dans POUGENS. Il Absolument. Lardé de petits lardons. Dans le pays même où l'on faisait pendre ceux qui avaient mangé une omelette au lard [le vendredi], on faisait brûler ceux [les Juifs] qui avaient été le lard d'un poulet piqué, volt. Dial. xxvi, 2. || 4" Terme de construction. Se dit du moellon ou du grvs dont le parement a été frappé de manière que chacun des coups de l'outil y laissât sa trace. |{ S. m. Un piqué, un moellon taillé proprement et à vive arête. || 6* Vin pi!|ué, vin qui tend à se transformer en vinaigre. || Substantivement. Goût île piqué, goût désagréable qui affecte les vins de Champagne et les vins clairets du .lura, et qui est causé par la production d'un ferment organisé. || 6° Frappé d'un

trait de satire Vous fuyez devant Des gens en

robe un peu sale Par vous piqués trop souvent, BÊRANG. Muse en fuite. || 7* Kig. Qui est ému par quelque sentiment vif comme par une piqûre. Et ce pripce, piqué d'une juste colère, S'emportera sans doiite et bravera son père, corn. Nie. i, i. Piqué d'une noble honte et d'une juste indignation contre son courage qui lui a manqué, boss. Panég. de S. Pierre, n. X cette vue, ne vous sentez-vous point piquées d'une pieuse et généreuse émulation? BouRDAL. £i/iort. char. env. un sémin. t. i, p. i95. Il Piqué au jeu, décidé à s'opiniâlrer en quelque chose. Il est fort piqué au jeu, et ne peut entendre aucune remontrance, gui patin, Nouv. lettr. t. ii, p. 88, dans pougens. Ils sont piqués au jeu, et l'on sait que la haine d'érudition est un mal qui cherche k s'i^xhaler, bavle, UU. p. 677, dans pougens. Il 8° Fâché, irrité. Piqué par ces paroles. Trop discret est Horace Pour un homme piqué, réonier, Sat. II. Piqué jusqu'au vif contre .son hymcnée, COBN. Rodog. 1, 6. L'Amour était vivement piqué de voir que ce vieillard inconnu.... lui enlevait Télémaque, fên. Tél. vu. Les choses étant sur le pied où elles sont [dans la société], l'homme le plus piqué n'a pas le droit de rien prendre au sérieux, ni d'y répondre avec dureté, duclos, Consid. mœurs, s. Il Piqué que, piqué de ce que. Comme un autre, le paon lui lit la révérence, Bien piqué que sur lui l'aigle eût la oréférence, fr. de nkufcuItkau,

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fabl. T, 40. Il 9° Fig. Qui éprouve un désir, comme le pelais que pique quelque chose d'épicé. Et piqué des douceurs d'un amoureux visage, Régnier, £p. ii. Don Carlos demeura aussi piqué de ladame inconnue, que s'il l'eût vue au visage, scarr. Rom. cunt. i, ». Pour mettre en mon pouvoir certaine Égyptienne Dont j'ai l'âme piquée, et qu'il faut que j'obtienne, MOL. i'Ét. V, 6. Il 10° En musique, notes piquées, suite de notes sur chacune desquelles on met un point ou un accent aigu, pour indiquer qu'elles doirent être rendues d'une manière égale par des coups de gosier, de langue ou d'archet secs et détachés. Il Substantivement. Quand la note est détachée d'une manière marquée, c'est un piqué pointé, et, plus détachée encore, elle devient un piqué accentué. 2. PIQUÉ (pi-ké), t. m. ||1' Étoffe de coton, faite de deux t.sius appliqués l'un sur l'autre et unis par des points rangés en losanges. || Il y a aussi des piqués à dessins. || f La seconde opération qui conduit au poli d'une glace.

— ÊTYM. Piqué t.

t PIQCE-ASSIËTI'E (pi-kasiè-f), j.m.Voy. piquer, n° 15.

t PIQOE-BOœUF (pi-ke-beuf), s. m. || 1' Charretier qui conduit, qui aiguillonne les bocuTs. j| 2° Oiseau du Sénégal, buphaga africana, passeieaux conirostres. || Auplur. Des pique-bœuf ou bœufs.

— HlsT. XVI* s. Le pique-bœuf ne se haste pas trop de respondre, il parle à ses bœufs, despeb. Contes, Lxxi.

t PIQCE-BOIS (pi-ke-boî), s. m. Pic noir, pieu* martius, L. \\ Au plur. Des pique-bois.

t PIQUE-BROC (pi-ke-bro), «. m. Un des noms vulgaires de l'eumolpe de la vigne, dit aussi coupebourgeon, mu plur. Des pique-broc ou brocs.

— ETVM. Piquer, les brocs, qu'emplit la vigne. t PIQUE-MINE (pi-ke-mi-n'), s. m. Terme de

métallurgie. Ouvrier qui bocarde. ||Au plur. Des pique-mine.

— KTYM. Piquer, la mine.

t PIQUE-MOUCHE (pi-ke-mou-ch'), >. f. Mésange charbonnière, parus major, L. || 4uptur. Des piquemouche ou mouches.

PIQUE-NIQUE (pi-ke-ni-k'), s. m. Repas de plaisir où chacun paye son écot, et qui se fait soit en payant sa quote-part d'une dépense de plaisir, soit en apportant chacun son plat dans la maison où l'on se réunit. U ne fallait pas manquer à un pique-nique qu'on avait arrangé pour le lendemain, DiDER. Mém. t. u, p. »73, dans pougens. Je n'aime pas à fnire intervenir les auberges dans les piqueniques, TH. LECLERQ, ProV. t. 111, p. 81, dans POU- GENS. Il À pique-nique, en pique-nique, chacun pour son écot. Quand je suis en pique-nique avec mes amis, et que la tète s'est un peu échauffée de vin blanc, dider. Essai sur la peint, ch. v. || lu plut. Des pique-niques.

— REM. 1. Ce mot parait avoir été introduit au commencement du xviu' siècle; du moins on ne le trouve dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de <7to. || 2. On a écrit aussi pic-nic : D'amitié, je te conjure. Formons un picnic, PANNABD, Œuv. t. m, p. 408. Le fait est que l'orthographe pique-nigue, avec un trait d'union, est vicieuse, puisque le sens n'est pas piquer la nique (le mot étant anglais). Il faudrait supprimer le trait d'union, et écrire piquenique, et mieux pikenike.

— ÉTYM. Angl. pick nick, pique-niquo, de la pick, saisir, prendre, et nick, point, instant. Cette étymologie dispense de toutes les étymologies qui ont été faites sur pique-nique.

j PIQUEPOUILLE (pi-ke-pou-U', Il mouillées), ». f. Synonyme de terret, nom d'un cépage.

PIQUEK (pi-ké), je piquais, nous piquions, vous piquiez; que je pique, que nous piquions, que TOUS piquiez, V. a. ||1° Entamer légèrement avec qucliiue chose de pointu. || 2" Hercer la peau avec la lancette. || 3° Se dit des serpents, des insectes. Il 4" Entamer les étoffes, le bois, eu parlant d' injectes, de vers. || 5* Piquer un cheval. || 8° Coudre ieux étoffes avec un point arrière régulier. || 7° Piquer une pierre. || 8° Piquer un dessin || 9" Piquer, enciarpenterie, en marine, en serrurerie || 10* Frotter, polir. 1111° Ajouter un robinet à une conduite d'eau II 12^ En cuisine, faire entrer, en piquant, quelque ingrédient. H 13° Au billard, piquer la bilk. Il 14° À la natation, piquer une têt» || 16° Piquer les tables, les assiettes, vivre eu parasite. Piquer le coffre, le tabfjurel, re>cabelle. || 16" Marquer ceux qui manquent à un appel. || 17° En parlaiil des mets, avoir un goût fort. || 18° Fig. Faire une impression morale comparée i une plcjùre. H 1»° Fig. Exciter, réveiller, animer, || 20 Fair»

MCT. DE LA LAMGUK FRANÇAISB.

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naître un sent'.ment d'amour. || 81* Faite une impression vive rat agréable. || 22° Frapper d'un trait satirique. || "13° Fâcuer, irriter, mettre en colère. :!24°F. n. Piquer, en fauconnerie, en vénerie. Il 25° En mailiie. piquer au vent. || 26° Au jeu, piquer sur. Il 27° V. réfl. Se piquer, s'entamer avec un corps pointu. || 28° Devenir percé de petits trous, en parlant d'étoffes, délivres, etc. || 29° Commeucer à s'aigrir. || 30° Fig. Se prendre d'imour. || 31° Se vanter de, avoir des prétentions à. || 32° S'alfliger. Il 33° Se sentir offensé.

1° Entamer légèrement avec quelque chose de pointu. Il se piquait un doigt toutes les fois qu'il écrivait à cette princesse, et ne lui écrivait jamais que de son sang, saint-foix, Ess. Paris, Œuv. t. IV, p. 292, dans pougens. Il [le tangaras] se nourrit de fruits, et pique les bananes et les goyaves, qu'il détruit en grande quantité, bufp. Ois. t. VII, p. 388. Il Absolument. Le bon sens et l'expérience nous assurent que le meilleur moyen pour n'être point blessé par la douleur d'une piqiire, c'est qu'il ne faut point se piquer; mais les stoïciens disent : Piquez, et je vais, par la force de mon esprit et par le secours de ma philosophie.... iiAi.EBR. Rech. vér. v, 2. || Piquer un papier, y faire de petits trous. || Il ne sent rien quand en le pinue, se dit d'un ladre ou lépreux dont la peau est insensible, et fig. de celui qui est insensible aux affronts. 1| Fig. Elle mit une haie d'épines autour de ses oreilles, pour arrêter et pour piquer les médisants, FLÉCH. Dauphine. \\ Terme de pêche. Piquer un poisson, donner à l'hameçon une secousse plus ou moins forte, pour le faire entrer dans les chairs du poisson, quand on sent que la proie mord. || Synonyme de harponner. |i En termes de marine, piquer un homme, le frapper avec un bout de corde. Il 2* Se dit du chirurgien qui perco la peau avec la lancette pour saigner. Je me regarde saigner, je tiens moi-même la lumière, ce qui est fort simple, et je ne puis, sans quelquo peine, voir piquer une autre personne, gknus, Veill. du chat. 1. 1, p. <36, dans POUGENS. || Piquer l'artère, piquer le tendon, se dit de la lésion de ces organes faite par la lancette en saignant. || 8* Il se dit aussi des serpents, des insectes. Une vipère le piqua au pied. Son corps nu, exposé au soleil, fut bientôt couvert et piqué de mouches et de moucherons, scabb. flotn. corn, ii, 16. Tel qu'on voit un taureau qu'une guêpe en furie A piqué dans les flancs aux dépens de sa vie, boil. l.ulr. I. Il Aljsolument. Tous venins y mourront comme aux temps de nos pères. Et mêmes les vipères Y piqueront sans nuire, ou n'y piqueront pas, MALH. VI, 0. Il Fig; On ne sait quelle mouche le pique, on ne sî^t point le sujet de sa colère, de son dépit. On ne sait bien souvent quelle mouche le pique, BOIL. Sat. IX. Il 4* 11 se dit des entamures que certains insectes font aux étoffes, aux bois. Les teignes, les vers oitt piqué cet habit, ces livres. 6° Terme de maréchalerie. Piquer un cheval , lui faire entrer, en le ferrant, la pointe d'un clou jusqu'à la chair vive. || Terme de manège. Piquer un cheval, ou, absolument, piquer, donner de l'éperon à un cheval, et le pousser au galop. Il ne songea donc plus qu'à piquer sa bête qui n'était pas fort bonne, scabb. Rom. com. u, «3. Malgré les fâcheuses circonstances de son État, Sa Majesté Britannique ne laissait pas d'aller courageusement à la chasse avec Monseigneur, et piquait comme eOt pii faire un homme de vingt ans qui n'a d'autre souci que celui de se divertir, la kaï. Kém. cour de France, Œuv. t. u, p. *os, dans poloens. Ils virent paraître du côté de Valence quatre ou cinq cavaliers qui piquaient à outrance, le sage. Diable boit. ch. 13. Il Ce cavalier pique bien, il pousse vigoureusement son cheval au galop || Piquer des deux, donner des deux éperons à la fois, et, par conséquent, donner vigoiiiPu.sement de l'éperon pour accélérer sa ma-clie. Tantôt niquant dos deux, tantôt marchant à petit» pas, i. i. Rooss. Ém. v. || Fig. Piquer des deux, faire grandediligonce. C'est une affaire où il faut piquer des deux. || Familièrement. Piquer la mazette, monter un mauvais cheval. Depuis huit jours entiers avec vos longues traites Nous son mus à piquer des chiennes de mazettcs, mol. Syan. 7. i| Terme de cha.sse. Piquer dans le fort, pousser son cheval au galop dans le fort du bois. ||6° Coudre deux étoffes avec un point arrière régulier, dont le second point entre dans le trou fait par le premier el ainsi de suite, de façon qu'il n'y a point d'intervalle entre les points. || Piquer un collet d'habit, des poignet* de chemises, y f;iire dos points et dos arrière-lioint» symétrique» pour les orner. || Piquer du tafletai, du tabis, le perctr et le Qgurer avec un pe-

tit fer. Il Terme de cordonnier. Faire des raLgs d« points tout autour de la première semelle. Le cordonnier pique aussi les bordures des souliers, l'étoffe des bottines à leur cuir. || Terme de tapissier. Fixer le crin avec la toile de rembourrure pour former le fond et le dossier d'un siège. Il 7* Terme de maçonnerie. Piquer une pierre, la rendre raboteuse, en y faisant de petits trous avec un marteau. Tout s'est borné à des préparatifs, et à piquer à coups de marteaux de grandes pierres de roche, qui, à mon gré, ne conviennent point du tout à une maison de campagne, volt. Lett. Mme de Sl-Julien, i* déc. t77&. ||8° Terme de beaux-arts. Piquer un dessin, en suivre les contours en piquant légèrement, de manière à former un poncis. || Rehausser les parties claires par des touches de crayon blanc, ou avec du blanc détrempé dans de l'eau de gomme. || 9* Terme de charpentier. Marquer avec le traceret sur une pièce de bois l'ouvrage qu'il faut y faire. || Terme do marine. Piquer une pièce de bois, la brocheter. || Terme de serrurier. Piquer une serrure, tracer avec une pointe sur le palastre l'endroit où doivent répondre les différentes parties qui, par leur assemblage, ferment la serrure. Il 10° Frotter la surface d'une glace avec une autre glace, en introduisant entre elles de l'émeri humecté d'eau. Il Terme de marbrier. Polir une pièce de marbrerie en frottant sa surface avec un bouchon de linge fin humecté d'eau, sous lequel on met du plomb en limaille, ou de l'émeri, ou bien encore de la boue de lapidaire. || 11* Terme de fontainier. Ajouter un robinet sur une conduite. Il 12* En termes de cui-sine, felre entrer, en piquant, quelque ingrédient. Piquer des oignons do clous de girofle. || Piquer de la viande, la larder. Il y a les Hébreux qui ne vous donneront jamais de boudin ni de lard.... ils aimeraient mieux mourir que de piquer un poulet, volt. Dial. («.|1 Piquer de gros lard un morceau de bœuf, le larder avec de gros lardons. || Piquer menu, piquer avec des lardons fins. Nous trouvâmes qu'il fallait qu'ils fussent pour le moins trois cents piqueurs pour piquer menu, sbv. 68. || 13* Terme de billard. Piquer la bille, la toucher presque perpendiculairement avec la iiueue. ||14° Piquer une tiStc, s'élancer dans l'eau la tête la première, ou y tomber la tête la première. || 15° Fig. Piquer les tables, les assiettes, et, plus ordinairement, piquer l'assiette, courir après les dîners, vivre en parasite. || Substantivement. Un pique-assiette, un parasite. || Fig. Piquer le coffre, piquer le tabouret, se disait de celui qui, cher le roi ou chez un grand, attendait dans une antichambre, assis sur un coflre. || Piquer l'escabelle, en parlant d'un jeune homme, travailler dans les études des notaires ou des avoués (locution peu usitée). Il 16" Fig. Piquer lesabsents, marquer ceux qui manquent à leur poste, à un appel. Le suus-chef donnait au chef le nom des absents, et, dans l'instant où le travail commençait, sans faire d'appel, tous les absents étaient notés et piqués, forfait, Instit. Mém. scienc. t. v, p. 287. || Piquer des ouvriers, veiller à ce qu'ils soient présents, à ce qu'ils ne perdent pas leur temps. || ferme de marine. Piquer l'heure, toucher, avec le battant d'une cloche, un certain nombre de fois déterminé parl'usags, la paroi intérieure de celte cloche, pour annoncer l'heure. A bord des bilimentsfiançais, ona l'habitude de piquer l'heure toutes les trente minutes, jal. H 17* Fig. En parlant des mets, avoir un goût fort, faire une vive impression. Ce vin pbjue la langue. || Absolument. Ce fromage pique. || Il se dit absolument aussi du poisson qui n'est plus frais et qui ailèctc ilésagréablement le goût. Cette alo.se pique. || 18" Fig. Faire une impression morale comparée i une piqûre. Son histoire m'a remué tout l'esprit et piqué tout ce qu'il a de sensible, balz. liv. vu, lett. 7. Le blAme piquait au vif les cœurs généreux et relenait les plus faibles dans le devoir, boss. Uist. m, 6. Ainsi les amertumes et les épines de la vertu ont toujours du moins une utilité présente qui en dédommage : en nous dégoilLint, elles nous purifient; en nous piquant, elles nous guérissent, mass. Citrime, Ui'gnûls. || Piquer de..., faire éprouver un certain scutiinent. Je sais trop qu'un tyran est sans reciinnaissanco, ....Et suis irop au-dessus de celte indignité Pour te vouloir piquer do générosité, COBN. Iléracl. m, 2. Ils (les Juifs) m'ont, dit-il [Jéhovali], pi |ué de jalousie, en adorant ceux qui n'étaient pas dieux, Boss. 2" termon, profession, 3. W Piquer d'honneur, exciter une pi r.-onne i (juelque chose, en lui représentant qii'' lie a du cœur et de l'honneur. Le connétable de Muiitiiioieiicyaida à me tromper: il me persuada qu'il fallait vous piquet

U. — Ui

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dtionneur, en tous laissant passer sans condition, rin. Dial. du morts mod. {Charle* V, Franiois !'•). Il !•• Fig. Eiciter, péveiller, animer. Un brûlant aiguillon lui pique le courage, nÉONitH, Épit. i. Cette immortalilé où il» aspiraient, et dont l'espérance les piiiuait, les encourageait, les emportait au travers de tous les obstacles, boord. Serm. pour la Touisaint, m. Voilà comment s'expliquaient autrefois les prophètes pour exciter dans les esprits de leurs auditeurs cette émulation toute divine dont ils tâchaient de les piquer, id. Serm. pour le dim. octave de la Passion, ». La peine doit être aussi légère qu'il est possible, mais accompagnée de toutes les circonstances qui peuvent piquer l'enfant de honte et d* remords, fen. Educ. des jUles, V. 11 [Cambysel le prit [PolycrateJ par ce double jppit, en piquant par la même offre et son avarice et son ambition, eollin, llist. ane. Œuvr. t. ii, p. 531. Des marques d'honneur et de justes récompenses attachées au mérite piquent et réveillent l'industrie, la. Traité des ^l. vi, u, t. H Piquer la curiosité de quelqu'un, rendre plus vif le désir qu'il a de savoir quelque chose. Je ne m'amuserai point i dire que j'ai choisi, dans toute la philosophie, la matière la plus capable de piquer la curiosité; il semble que rien ne devrait nous intéresser davantage, que de savoir comment est fait ce monda que nous habitons, fontbn. Mondes, Préf. li iO° Fig. Faire naître un sentiment d'amour, une passion. Ce penser... Du trait de sa beauté me pique jour et nuit, afiONiES, Plainte. ...les âmes... S'attachent l'une à l'autre, et ae laissent piquer Par ces je ne sais quoi qu'on ne peut eipliquer, corn.

Rodog. I, 7 Elle-même est l'objet qui le pique,

TH. COBN. Berger extrarag. i, ♦. || îl° Fig. Faire une impression vive et agréable. Les plaisirs défendus n'auront rien qui vous pique, la font. Coupe. Us essayent de tout : rien ne les pique, mass. Pet. carême, ifat/i. || Absolument. La physionomie de cette femme pique et attire. C'est la plus divine lettre du monde; il n'y a rien qui ne pique et qui tie soit salé, sav. iB juill. i675.Lavie de sérail est une vie unie qui ne pique pas, montïsq. Lelt. pers. 34. Il U° Fig. Frapper d'un trait satirique. D'un ris et de ces mots elle m'alla piquant... bégnier, ÉUg. iv. M. Jurleu... en maltraitant un auteur qui l'avait piqué dans quelque endroit délicat, goss. Déf. Var. t" dise. 66. Mais qu'on nous pique, même légèrement, mais qu'on nous rende un mauvais olfice ; c'est alors que tout le feu de la colère s'allume et nous transporte, bourdal. Dim. Octave de l'Ascension, Dominic. t. il, p. 275. || Aksolumeat. C'est ce qui m'a contraint de librement écrire. Et, sans piquer au vif, me mettre à la satire, RtoNiEB, Sot. i. 1123" Fig. Fâcher, irriter, mettre en colère. Et vous n'ignorez pas combien cela me pique, cohn. UUent. ai, «. Apprends-moi le sujet qui contre moi te pique, uoliéke, l'Ét. n, <4. La déraison me pique, et le manque de bonne foi m'offense, sâviGNE, 8 avr. <67t. Dites d'une femme mondaine, qu'elle est ridicule dans ses manières et pitoyable dans sa figure, vous la piquerez plus viremenl que si vous lui reprochiez un commerce de galanterie, bourdal. !»• dim. après la Penlec. Dominic. t. m, p. 32fl. Il Absolument. Un malheur continuel [au jeu] pique et offense, sÉv. s mars 4672. Il Piquer au vif, causer une très-vive irritation. Il M* V. n. Terme de fauconnerie. Piquer après la sonnette, suivre l'oiseau, qui porte en effet une sonnette. || Terme de chasse. Piquer à la queue des chiens, les suivre d'assez près pour les aider et les faire manœuvrer. Le piqueur doit bien accompagner ses chiens, toujours piquer à côté d'eux, toujours les animer sans trop les presser, Burv. Quadrup. t. u, p. ki. || S5° Terme de mar ne Piquer au vent, même sens que pincer le vent

I 26° Au jeu, piquer sur, commencer à prendre ies points sur un adversaire qui a déjà une grande av&uoe. Il 2T* Se piquer, «. rift. S'aatamer avec un •orpt pointu. U s'est piqué dans les ronces, y Fig.

II e>t impossible de s'approcher d'eux [des gens mai gracieux I sans se piquer, balz. De la cour, s* dise. IJU'U se dit de certaines choses, étoffes, livres, etc. que le* vers percent de petits trous. Ce bois se pique. Ces étoffes se piquent, || Par assimilation aux l.iqùrc» de vers, ce p.ipier imprimé se pique, il jinMiri, leUche. ||2»- Cette lioisson se pique, elle SDuiiiiuiice i l'aigrir. !| ÎO* Fig. Se prendre d'amour. Il se pi<|iia (lour certaine femelle L)« haut état... la FONT Hagnif. S'il se fat piqué d'elle,' m. Cour». ||Sl*Kig. Se vanter de, avoir des prétentions à. Le vrai honnête homme est celui qui m se p'- «M (U riea, la aocua». «on. va. Le mulat d'tu.

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prélat se piquait de noblesse, la fon*'. Fabl. vi, 7. Parmi les animaux le chien se pique d être Soigneux et fidèle à son maître, ID. «^ viii, 16. On n'apprend pas aux hommes à eue honnttes hommes [hommes comme il faut]; et ils ne st piquent jamais tant de savoir rien du reste, comme d'être honnêtes hommes, pasc. Pens. vi, ja, éd. havet. Je ne me pique ni de fermeté, ni de philosophie, sÉv. iib. Je ne trouve rien de plus bas ni de plu» vain parmi les hommes que de se piquer do science; mais aussi ne fuut-il pas en avoir beaucoup pour répondre à M. Basnatje, boss. Déf. var. i" dise. 62. Je ne me pique point du scrupule insensé De bénir mon trépas quand ils [les saltans] l'ont prononcé, RAC. Baj. I, t. La plupart [des sophistes], comme Gorgias, se piquaient de satisfaire sur-le-champ à toutes les questions qu'on leur pouvait faire, rol- LiN, Uisl. ane. Œuv. t. iv, p. 38», dans pougbns Patinât avait dans l'esprit une application et une agilité qui le rendaient capable de tout, sans qu'il se piquât jamais de rien, volt. Louis XIY, lO. Il se piquait de tout, et n'était bon irien, marmontel, Cojtt. mar. Heureusement. || S'en piquer, avoir la prétention d'exceller en quelque chose. Eh comment diable! je ne ferais pas mieux, moi qui m'en pique [de versifier], beaomarch. Harb. de Sév.i, 8. |{ Se piquer d'honneur, montrer dans (]uelque occasion plus de lourage, plus de générosité, etc. qu'on n'a coutume d'en faire paraître. Sans te piquer d'honneur, crois qu'il n'est que de prendre, corn, le Ment, iv, f. Il Se piquer d'honneur, signifie aussi tenir obstinément à ce qu'on a décidé. Le siège apostolique a cela de recommandable qu'il ne se pique pas d'honneur, et se porte volontiers i révoquer ce qu'on a tiré par surprise, pasc. Prov. xvili.||Se piquer au jeu, ou, simplement, se piquer, s'opiniâtrer à jouer malgré la perte. || Pig. Se piquer au jeu, persister dans une entreprise malgré les obstacles, s'y opiniâtrer. Il 32* Fig. S'affliger (vieilli en ce sens). Après tout, entre nous, confesse franchement Qu'une fille en ces lieux qui perd un frère unique, Jusques au désespoir fort rarement se pique, corn. Mél. iv, 10. Il Devenir plus cuisant, plus amer. Ce que j'eus lors de joie augmente mon regret ; Par là mon désespoir davantage se pique, corn, la Gai. du Pal. m, H. Il 33° Fig. S3 sentir offensé, prendre en mauvaise part. Ces gens à se piquer ardents, Régnier, Sat. X. Entre amis on ne va pas se piquer pour si peu de chose, moi.. Préc. ts.

— mST. xiil* s. lUec [là] les Turs nous assailloient de toutes pars ; une partie d'eulz entrèrent en la meson deffete, et nous piquoient de leurs glaives par desus, joinv. 225. || xv s. Et ceux de dehors avoient fait chas et instrumens, par quoi on piquoit les murs, tout à couvert, fboiss. i, i, (55. Cliascun qui puet [peut] prent, hape et pique. Pour avoir grant estât et mise, b. dbsch. Poésies mss. f*337. Le suppliant loua les jumens ou eques de Raymond, pour piquer ou batre son mil ou blé, do cange, pxeare. Au rapport qu'il fit, il estoit fort malade, et, â la vérité dire, aussi estoit-il bien piqué [amoureux], Loms XI, liouv. xLviii. L'autre se tai.soit et piquoit son chemin [fuyait], id. ifr. txxxiv. Elle monta sur son cheval, et piqua fort, tant (ju'iis eurent eslongé la place, id. ib. xcviii. || xvi' s. Ces hommes satyriques font profession de mesdire et de. picquer tout le monde, amyot, Péric. 30. Ledit Luther demouroit piqué [arrêté] en sa doctrine, slei- DAN,f 4. Il fallut courir à l'escurie, où depuis trois semaines par prevoiance on avoit accoustumé de picquerdes chevaux en une carrière ouverte, d'aub. Hist. II, <87. Puis le fils ayant picqué près du père pour avoir veu à son visage une esmotion non accoustumée, id. Mém. éd. lalannr, p 5. On pique à pointe de marte;»u les meules de moulin, quand elles sont trop applanies, pabê, iv, 1. Un sachet dp tafetas bien piqué, id. 1x1,2. Comme les tempestes se picquent contre r"'e""il de nos hasiiments, mont. I, 68. Sans se picqudr 1 5 entêtei 'o> u| iniastrer à se convaincre... id. i, »7. Dequoy Plutarque se picque [se fâche] avec raison, id. i, 265. Il .s'y affectionne, il s'y picque et s'y plaist [à cet exercice], id. n, 358. Trop piquer le cheval le fait restif, cotorave.

— ÉTYM. Pic * ; ppov. picar, pichar ; espagn. picar; ital. picchiare; angl. to pick; allera. picken.

tPlQUEREAD(pi-ke-rfl), «. m. Casse-noix, oiseau, corvus caryncàlactfs, L.

t PIQUKRtE (pi-ke-rie), .«. f. Parole piquante.

— HIST. XVI* s. Porter patiemment les moquerie», traicts de piqueries et risées, amyot, Comm. il faut lire les poètes, 54.

, — ÊTYM. Piqutr.

• . PIQUET (pl-kè) le t ne se l:e DSi; au pluriel.

PIO

l't se lie : des pi-kè-s enfoncés ; piquets rime ave» traits, succès, paix, etc.), s. m. || 1° Bâton pointu que l'on enfonce en terre. Des piquets enfoncés en terre. || Être droit comme un piquet, se tenir droit et raide. Droits comme des piquets campés dans ton passage, [.Kon/LHD, Roi de Cocagne, ui, 7. || Être planté comme un piquet, se tenir debout et immobile. Vat'en l'attendre dans la rue, et ne sois point dans ma maison planté tout droit comme un piquet, mol. l'Avare, 1, 3. Que diantre fais-tu là piaulé comme un piquet? regnabd, Ménechmes, 11, 3. ||2° Particulièrement. Petit pieu qu'on fiche en terre pour arrêter les cordages des tentes dans un camp. Il Planter le piquet, camper. || Lever le piquet, décamper. Il Fig. et familièrement. Planter le piquet, s'établir en quelque endroit. Il avait étudié en mé- .lecine, s'était fait passer docteur à Montpellier, et avait ici planté son piquet, ou; patin, Lettres, t. u, p. 393. Le baron avait fait une assemblée.... pour délivrer ses bois d'une grande quantité de loups qui y avaient planté le piquet, scarron, Rom. com. n, 3. J'ai bien l'air d'avoir planté le pii|uet pour jamais sur les bords du lac de Genève, volt. Lelt. Urne de Fontaine, i juill. 1755. || Fig. Aller planter le piquet chez quelqu'un, aûer s'établir chez quelqu'un pour quelque temps. Allons nous-en planter le piquet chez l'oncle, dancoubt, le Vert galant , se. t . Il 3° Sorte de pieu grand et fort dont on se sert dans un camp ou ailleurs pour tenir les chevaux à l'attache. Mettre les chevaux au piquet. || Se dit, par catachrèse, d'un certain nombre de cavaliers commandés pour monter à cheval au premier signal. Je m'aperçus, étant de piquet, d'une diminution dans les feux ordinaires des ennemis, st-sim. 40, 218. Un piquet de dragons, le sabre nu, sort de la cour intérieure de la prison, chateaubr. Natch. 2'part. i" moitié. || Par extension. Toutdétachement chargé de monter la garde dans un poste avancé et se tenant prêt à marcher au premier ordre, t'n piquet d'i niante rie. Il En général, petitdétachement. Le lord Drummond, officier au service de France, arrive heureusement [auprès du prétendant, en Fx;osse] avec quelques piquets et trois compagnies du régiment royal-écossais, volt. Louis XV, 25.114- Perches plantées d'espace en espace pour prendre un alignement. La route du soleil ne lui échappa point [à Duval, qui, enfant, contemplait de luimême les phénomènes célestes] ; il marqua les solstices avec deux piquets, sans savoir ce que c'était que les solstices, volt. Oict. phil. Astronomie. \\h° Sorte de punition militaire qui consistait à passer deux heures debout, un pied sur un piquet. Il Punition employée dans les collèges, qui consiste à se tenir debout à une place marquée pendant une heure de récréation. Faire une heure, deux heures de piquet II y a aussi le piquet marcheirou ambulant, les élèves punis marchant en file dans la cour.

— HIST. XV' s. S'il ne levoit le piquet devant Auray, il devoit s'attendre à une bataille, Kém. s. du G. ch. to. Il XVI' s. Honoré de lui [Henri IV] entre trois ou quatre pour l'accompagner au placement des armées, aux reconnoissances ou aux piquets des trenchées, d'ai:b. llist. préf. s. Ils en vinrent à mettre leur piquet (ajourner, assigner leur entreprise] sur le retour du comte de Montgommeri,

ID. ib. II, 61 Que la perte de luuo hommes ne

sauroit le lendemain le loger où il estoit, et qu< partant il ne remueroit point le picquet qu'un mareschal de camp ne le vint quérir, ID. ib. 11, 46.

— ÊTYM. Diminution dépique l; bourguign. piq6. 2. PIQUET (pi-kè; le t ne se lie pas : pi-kè i

écrire), s. m. Sorte de jeu qu'on joue aujouid'hui avec trente-deux cartes, mais qui se jouait avec trente-six cartes. Console-moi, marquis, d'une étrange partie Qu'au piquet je perdis hier contre un Saint- Bouvain X qui je donnerais quinze points et la main, mol. Fdch. il, a. Mme de Brinvilliers n'est pas si aise que moi; elle est en prison; elle se défend assez bien ; elle demanda hier à jouer au piquet parce qu'elle s'ennuyait, sBv. 2» avr. to76. Un grand ballet exécuté à la cour de Charles VII, et sur le<iuel on eut l'idée du jeu de piquet, qui certainement ne fut imaginé que vers la fin du règne de ce prince, saint-koix, Ess. Paris, Œurr. t. m, p. 318, dans pouof.ns. || Faire un cent de piquet, jouer une partie de piquet, parce que la partie se joue ordinairement en cent points. || Au pic|uet, il y a un talon que les joueurs preunent après avoir écarté. || Fig. Je ne sais si souvent vous jouez au piquet; Mais au moins faites-vous des écarts admirabes, mol. l'Él. iv, 8 || Fig. Compter au piquet, se dit d'une chose qui, en son espèce, sort de ligne. Notre petit vagabond recevra demain une corna-

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tioii qui eomplera au piquât. || Piquet i écrire, manière de jouer le piquet, qui consiste dans une série de parties. || Piquet voleur, ou piquet à trois ; il se joue comme le piquet ordinaire, sauf que chaque joueur reçoit dix cartes, celui qui (ait la donne écartant deux cartes pour prendre le talon ; il est dit voleur, parce que pour le coup de capote il est facile à deux des joueurs do s'entendre contre le troisième, i] Piquet à tourner. Nous avons fait un piquet à tourner où, par parenthèse, j'ai essuyé un coup unique : quatorze d'as, quatorze de rois, «ixièrae majeure, repic et capot en dernier, diderot, Mém. t. I, p. (70, danspouGENs. || Un jeu de piquet, les caries qui servent au piquet, par opposition à cartes entières. || Un sixain de piquet, un paquet de six jeux de cartes propres au piquet.

— HlST XVI' êr Jouer au piquet, oodih, Curioi. franc.

— ÉTYM. Jeu de cartes, ainsi nommé, dit-on, de son inventeur.

t PIQUETÉ, ÉE (pi-ke-té, t^e), part, pané de piqueter. Parsnmé de petites taches, de petits points semblables & des piqûres. La femelle du pouillot pond ordinairement quatre ou cinq œufs d'un blanc terne, piiiueté de rougefttre, BUïf. Ois. t. x, p. 36.

t PIQUETER (pi-kelé. Le I se double quand la syllabe qui suit est muette : je piquette), v. a. Terme de ponts et chaussées. Tracer une ligne avec des piqnets. || Terme de marine. Synonyme de brocheter. || Terme de construction. Marquer sur une pièce de bois brut la forme de la pièce taillée que l'on se propose d'en tirer. || Terme militaire. Piqueter des fascines, les fixer au moyen de piquets.

— Hi.sT. xvi* s. Et s'en vinrent heurter et piqueter aux murs, [les brigands] qui tenoient grands pics et boyaux, froiss. i, i, 333.

— ÊTVM. Fréquentatif de piquer.

PIQUETTE (pi-kc-f), ». f. Boisson faite d'eau et

de marc de raisin. X raison de lO sols par muid, de tous les vins, demi-vins, boissons, ou piquettes tirées à clair, excepté seulement les piquettes composées de marc pressoiré [on dit muintejiant pressuré] et enfoncé dans les tonneaux avec de l'eau, Arrêt du conseil d'État, 2« janv. (740. || Par exten- .sion, mauvais vin. Arrose donc, fade piquette, Les Heurs peintes sur mon assiette, bérang. Les car. Il Kig. \ous prétendez avoir recours X quelque ancienne rhapsodie ; N'allez pas mêler, je vous prie, Ma piquette à votre ambroisie; Ah I toute ma philosophie Vaut-elle un soir de vos beaux jours! volt. (.«((. «n vers et en prose, (06.

— ËTYM. Piquer, à cause du goOt acide de cette boisson; picard, pikette, mauvais cidre.

tPlQUKTTES (pi-kè-f), f. f. pi. Terme de marine. Synonyme de broches ou brochettes.

— ETYM Piquet.

PIQUEUR, EUSË (pi-keur, keû-z'), s. m. et f. Il 1° Ouvrier, ouvrière, employés à coudre des ouvrages de cordonnerie. Piqueuse de bottines. || Terme de point d'Alençon (dentelle ré.seau). Piqueuse, celle qui pique le dessin sur du parchemin. 1| î° Celui qui larde les viandes. || S" Terme de construction. Ouvrier employé i piquer ou tailler du grès. Il 4' Dans les houillères, ouvrier qui pique le charbon, le détache, de sorte que le rouleur n'a plus qu'à l'emporter. || 8' Terme de vénerie. Nom de valets à cheval, qui suivent la bète ou qui règlent la course des chiens Du sieur Bertin de Berlincourt, piqufiur au vol du héron, Arrit du cons. dÉlai, (7 juin (7î7 || Au xvii* siècle et au xvin', on prononçait piqu'>ui. Les chasseurs de nos jour» ont conservé cet usage, surtout dans les grandes maisons. {{ 8' Domestiques que les princes et les gens riches font courir devant leur voiture pour éclairer leur route. 1| 1' Terme de manège. Celui •jui est chargé de monter les chevaux pour le» dresser ou pour les exercer. || Dans les haras, hommes chargés de la surveillance et du dépôt de» remontes. Il 8" Celui qui prend soin de piquer ou de marquer les ouvriers absents ou présents, et qui les surveille. || Dans le service de» ponts et chaussées, employés chargés de seCfinder les conducteurs partout où le nombre de ces dernier» est insuffisant, lif Celui qui, dans les chapitres, marque les chanoines absents || 10" Piqueur de vins, voy. ooiiBMKT. Il 11" Piqueur d'once, voleur qui pratique le piquage de la soie. || IJ" Kig. Ternie de jeu. Piqueurs ou capons. ceux qui se tiennent près des joueurs, pour leur prêter de l'argent à gro» intérêt. Il 13" Fig. et familièrement. Piqueur d'aasieties, piqueur de Utiles, par.nite. || Anciennement. Piqueur de coffre, pilier d'antichambre.

-• HlST. XVI* ». Des piqueun et dompteur» de

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