‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 337 sur 389 · PT.A · texte numérisé non relu

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testos éuient de nature à ne changer jamais, parce quilt ne les avaient pas encore vus changer, ID. Kond. 6« soir. Damis est un plaisant homme de vouloir avoir deui femmes, peniiant que tant d'honnêtes gens sont fâchés d'en avoir une, le sage, Crisp. riv. de son mattre, n. Plaisante charité qui apprend aux gens à aller au bal, mahivai'x, Marianne, part. 3. Il 4» S. m. Celui qui cherche à faire rire. Les affaires d'Angleterre vont bien, le crédit du prince d'Orange diminue tous les jours ; un plaisant a mis sur la porte de Whitehall : Grande maison à louer pour la Saint-Jean ; cette sottise fait plaisir, sÉv. 637. Je ne sais pas pourquoi je m'amuse à faire la plaisante, car je n'en ai pas le loisir, id. à Bussy, «4 juin. «665. Hais pour un faux plaisant.... Ou'il s'en aille, s'il veut, sur deux tréteaux monté. Amusant le Pont-Neuf de ses sornettes fades. Aux laquais assemblés jouer ses mascarades, boil. Art p. m. Il faisait la plaisant, Surtout à table, boss. Var. s. Des plaisants qui " font rire avant que de parler, bbgnard, le Joueur, m, 6. La plaisanterie roule presque toujours sur des rapports faux, sur des équivoques ; de là vient que les plaisants de profession ont presque tous l'esprit faux autant que superficiel, volt. Dict. phil. Style, a || Un mauvais plaisant, un homme qui plaisante mal, qui fait de mauvaises plaisanteries. L'on maiche sur les mauvais plaisants, et il pleut par tout pays de cette sorte d'insectes: un bon plaisant est une pièce rare; à un homme qui est né tel, il est encore fort délicat d'en soutenir longtemps le personnage; il n'est pas ordinaire que celui qui fait rire se fasse estimer, LA PRUY. V. Sais-tu que les railleurs et les mauvais plaisants D'ordinaire avec moi passent fort mal leur temps? RKGNARD, ëénechm. I, 2. ||6* Ce qui fait rire. Prince, j'aurais voulu vous choisir un sujet Où je pusse mêler le plaisant à l'utile, la font. Fabl. III, t. Heureux qui, dans ses vers, sait d'une voix légère Passer du grave au doux, du plaisant au sévère I Bon.. Art p. i. Je conviens avec vous que le plaisant et le tendre sont diflîciles à allier ; cet amalgame est le grand œuvre, mais enfin cela n'est pas impossible, volt. UU. dArgental, b juin I74i. Il Familièrement. Le plaisant, le côté plaisant. C'est >à le plaisant de l'aventure.

— KEH. Un plaisant homme est un homme bizarre, ridicule, singulier; un homme plaisant est un homme qui se distingue des autres par des manières enjouées, folâtres et qui font rire. Un plaisant personnage est an impertinent digne de mépris; un personnage plaisant est celui dont le rôle est rempli de traits divertissants, de saillies fines, de reparties ingénieuses.

— HIST. xii* s. E quant mi mal [mes maux] lui •ont bel et plaisanz, Coud, xx. || xiii* s. Blanche [elle] fut et vermeille et plai-sans à devise, Berte, VI. Il xiv s. Les uns semblent estre plaisans, et veulent toutes choses loer en rapportant à la delettacion et plaisance de ceux avecques qui il conversent, OBKSME, Eth. <30. l'our mieux entrer en la matière de honorable et plaisante histoire du noble roi Kdouard d'Angleterre, fboiss. i, i, 2. ||xv* s. Si le conduisoit douce espérance, qui luy disoit : qu'à son retour seroil doucement receu de sa plaisante maislresse, Bouciq. i, 43. || xvi* s. Nous avons, disoit Caton, un plaisant consul, mont, i, 4 89. K la familiarité de la table j'associe le plaisant, non le prudent, in. i, 248. Entre les livres simplement plaisants, je trouve des modernes le Decameron de Bocace, m. ii, 4 0. Ce mot fut trouvé plaisant, ÀHYOT, Péricl. 69. Adieu, plaisant pays de France, 0 ma patrie La plus chérie, Oui a norrit ma jeune enfance, mahie etoart. On dit communément que les plaisans ne sont toujours plaisans. Nuits de Straparole, t. u, p. 336. La très joyeuse et très plaisante histoire composée par le loyal serviteur des faits, gestes, triomphes et prouesses du bon chevalier sans paour et sans reprouche le gentil seigneur de Bayart, titre de la Chronique de Bayart.

— ETYM. Plaire; wallon, plaihan.

PLAISANTÉ, ÉE (plè-zan-té, tée), port, passé de plaisanter. Plaisanté par ses camarades.

PLAISANTER (plè-zan-té). || !• V. n. Dire ou faire quelque chose pour amuser, pour faire rire les autres; railler, badiner. Aux dépens du bon sens garilpi de plaisanter, boil. Art p. m. Socrate plaisantait souvent do la ressemblance de ses traits avec c^ui auxquels on reconnaît le dieu Silène, •AHTI1KL. Anaeh. ch. «7. |f Kamilièrement. Cest un homme qui ne plaisante pai, avec qui il ne faut phi plaisanter, c'est-à-dire il est susceptible ou sévère. Il 11 r.e [ilaisaiiie pas là-dessus, ccst-à»dire il tM wifin sur cela, il veut qu'on soit exai.t, et aussi

il prend cette chose, ce discours au sérieux. || Vous plaisantez ! par exclamation, c'est-à-dire vous me surprenez! dites-vous vrai?|l Je ne plaisante pas, je parle sérieusement . l| Ah çà I plaisantez- vous? c'est-à-dire songez que vous dites ou faites quelque chose d'absurde ou d'inconvenant. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire at-oir. || 2° V. a. Faire de quelqu'un un objet de plaisanterie. Comment pouvez-vmis être assez tranquille pour me plaisanter dans l'état où nous nous trouvons? destouches, Fausse Agnès, 1, 5. Qu'il m'en plaisante ou non, raa tendresse l'emporte, onEssET.Jf^ch. m, 42. || 8" Se plaisanter, t;. réfl. Exercer la plaisanterie l'un sur l'autre. lisse sont plaisantes avec beaucoup d'esprit.

— HIST. xvi* s. Oui captivent les grands pour se plaisanter d'eux, Nuits de Straparole, t. ii, p. 255.

— ÊTYM. Plaisant. Le substantif plaisanleur était très-usité dans le xvi* siècle.

PLAISANTERIE (plè-zan-te-rie), s. f. ||l*Ce qui est dit ou fait pour amuser. Il faut s'appliquer avec soin dans les grandes affaires, encore plus que dans les autres, à se défendre du goût que l'on trouve à la plai.santerie, retz, Mém. t. iv, liv. v, p. 77, dans pouGENS. M. de Chaulnes m'a conté mille bonnes ou mauvaises plaisanteries; telles qu'elles sont, je vous conjure d'y répondre, sÉv. 20 et 24 juill. 4 689. Mon fils me fit l'autre jour une assez méchante plaisanterie, ID. 442. Il ne faut jamais hasarder la plaisanterie même la plus douce et la plus permise qu'avec des gens polis ou qui ont de l'esprit, la BRt;Y. v. Il faut avouer en général que le ton de la plaisanterie est, de toutes les clefs de la musique française, celle qui se chante le plus aisément, volt. Lett. Mme du Deffant, 24 nov. 4 766. Les plaisanteries ne sont bonnes que quand elles sont toutes chaudes, id. LeU. la Chalolais, 24 mars 4 763. La plaisanterie expliquée cessa d'être plaisanterie; et un commentateur de bons mots n'est guère capable d'en dire, lo. Dictionn. philosophique, Prior. Contraste et ressemblance, voilà les sources de la bonne plaisanterie, et c'est par là que la parodie est ingénieuse et piquante, maiîMontel, Œuv. t. ix, p. 4 72. Vous êtes grand railleur, milord ; mais je parie Que vous ne rirez pas de ma plaisanterie, c. delà vigne. Enfants d'Edouard, 11, 4. || Faire la plaisanterie de, faire une chose pour plaisanter. M. de Chaulnes fit la plaisanterie de m'envoyer quérir par ses^gardes, m'écrivant que j'étais nécessaire pour le service du roi, SÉV. 79. Il Tourner en plaisanterie, railler, se moquer. Ce langage est à la mode, et l'on le tourne en plaisanterie à la cour, mol. Critique, 4. Ij Plaisanterie à part, ou sans plaisanterie, parlant sérieusement. Il II entend bien, il entend la plaisanterie, il ne s'offense point de ce qu'on dit en plaisantant. Il entendait la plaisanterie, aimait les bons mots, et en disait, hollin, Hist. anc. Œuvres, t. VI, p. 446, dans poogens. L'orgueil n'entend pas aussi bien la plaisanterie que la vanité, mabmontel, Œuv. t.' V, p. 405. Il On dit aussi en ce sens: entendre plaisanterie. || Il n'entend pas plaii^anterie, il est susceptible, ou bien il est sévère et veut qu'on soit exact. H Entendre la plaisanterie, entendre bien la plaisanterie, avoir la facilité, l'art, le talent de bien plaisanter. Il Savoir manier la plaisanterie, manier bien la plaisanterie, a le même sens, et ne prête pas à l'équivoque. || Familièrement. Cela passe la plaisanterie, cela est excessif, violent. Comment au cachot I mais cela passe la plaisanterie, au moins, al. duval, Menuis. de Livonie, II, 8, Il 2° Dérision offensante. Je suis las de cette plaisanterie. Ceci dégénère en plaisanterie.

— BTYM. Plaisanter.

i PLAISANTIN (plè-zan-tin), s. m. Un des acteurs de l'ancienno farce. |! Bouffon employé par les charlatans afin d'attirer le peuple. |i Familièrement et par dénigrement. Celui qui aime à faire rire les autres, 4 répéter de petits contes, des plaisanteries banales. Ce n'est qu'un plaisantin.

— ËTYM. Diminutif de plaisant; bas-lat plaeentinus.

t PLAISE (plê-z"), f. f. Nom vulgaire, suivant les localités, du pleuronecte denté (poisson, malac^ptérygiens), et du pleuronecte plie, appelé plus communément plie, leooarant. ||0d dit aussi pluis, j. m.

PLAISIR (plè-zir; au commencement du xviii* siècle, la prononciation indiquée est plaizi, prononciation qu'on entend encore), s. m. || 1° Mouvement, sentiment plaisant, agréable, excité dans l'âme par une impression physique ou morale. C'est un plaisir bien doux que de se .voir vengée, corn. Théodore, I, 3. Fi du plaisir Que la crainte peut corrompre, la roMT. Fabl. i, 9. Il faut cet deux cUosei pour sano-

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tifier, peines et plaisirs, pasc. Lett. à Mlle de ffoanhex, 6. Lliomme est né pour le plaisir; il le sent, il n'en faut point d'autre preuve, id. Passiotis de l'amour. Hélas! on n'a pas des plaisirs à choisir, SÉV. 340. Je vous conjure de me laisser prendre ce petit plaisir, id. 7i. Vous vous avisez de me gronder, au lieu d'entrer dans le plaisir de savoir que je me porte mieux que je n'ai jamais fait, id. 7 oct. 4687. La reine, qui l'accompagne [Louis XIV] au cœur de l'hiver, joint au plaisir, de le suivre celui de servir secrètement à ses desseins, boss. Mar.-Thér. Quel penchant, quel plaisir je sentais à les croire! bac. Bajaz. iv, 5. Le plaisir le plus délicat est de faire celui d'aulrui, la bruy. v. Dans notre manière d'être actuelle, notre àme goûte trois sortes de plaisirs: il y en a qu'elle tire du fond de son existence même ; d'autres qui résultent de son union avec le corps; d'autres enlin qui sont fondés sur les plis et les préjugés que de certaines institutions, de certains usages, de certaines habitudes lui ont fait prendre, montesq. Goût, fragment. Lorsque nous trouvons du plaisir à voir une chose avec utilité pour nous, nous disons qu'elle est bonne ; lorsque nous trouvons du plaisir à la voir, sans que nous y démêlions une utilité présente, nous l'appelons belle, id. ib. Les peines et les plaisirs d'opinion sont sans nombre, dider. Mém. t. ni, p. 262, dans pouGENS. tio» vrais plaisirs consistent dans le libre usage de nous-mêmes, buff. Quadr. t. II, p. 46. Si ma diligence à les faire [mes réponses] était proportionnée au plaisir que je reçois de vos lettres, i. j. rouss. Lett. à Piclet, 4 9 janv. 1 /«s. I! Prendre plaisir à, éprouver une jouissance à. Quelqu'un a pris plaisir à se jouer de vous, corn. Ment. II, S. M. Purgon : Un clystèie q^le j'avais pris plaisir à composer moi-même! mol. Mal. imag. m, 6. Comme s'il eût pris plaisir à ma naïveté, PASC. Prov. m. Dieu prenant plaisir, dit saint Chrysostome, à punir notre orgueil par notre orgueil même, bourdal. Nativ. de J. C. 4" avent, p. 26&. |] On dit aussi : prendre plaisir de. Je prendrais plaisir de causer de tout cela tête à tète avec vous, SÉV. 27 oct 1673. Tout le mondo prenait plaisir de l'entretenir, boss. Lett. 288. || Prendre plaisir (]ue, avec le verbe suivant au subjonctif. Elles [les grandes fortunes] ne prennent pas plaisir qu'on remarque leur défaut, Boss. Serm.La mort, 4. {| Preadre son plaisir de quelijue chose, s'y plaire, en jouir. C'est un prodige que cette petite [Pauline de Grignan].... je la mènerais toujoura avec moi, j'en prendrais mon plaisir, sÉv. 45 juin 4680. ||Se faire un plaisir, jouir à, se plaire à. Je me fais un plaisir, à ne vous rien celer. De pouvoir, moi vivant, dans peu les désoler [mes héritiers], boil. Sot. x. Je me suis fait un plaisir nécessaire De la voir chaque jour, de l'aimer, de lui plaire, rac. Hérén. 11, 2. Il Ironiquement et familièrement. X faire plaisir, se dit pour exprimer que quelque chose de mal est mal au dernier degré. D'une platitude de couleur à faire plaisir, didbr. Salon de 1765, Œuv. t. xiii, p. 67, dans POUGENS. Mon voyage à Paris m'a formé prodigieusement; car, si vous m'aviez va avant, j'étais bête à faire plaisir, desfobges, le Sourd, 1, 4. Il Terme de fauconnerie. Faire plaisir à un oiseau, lui permettre de plumer la perdrix ou de lui donner quel(jues coups de bec. {| Avoir du plaisir à, éproiiver du plaisir à. Il a du plaisir à obliger. || On le dit aussi avec la préposition de. La circonstance où elle [votre lettre] m'est venue ajoute encore au plaisir qu'en tout autre temps j'aurais eu de la recevoir, j. j. rooss. Lett. à Hmède Créqui, 24 juill. 4764. || Avoir le plaisir de, avoir la satisfaction de. J'aurai le plaisir de perdre mon procès! mol. Mis. i, 4. Tout ce que je vois jette les semences d'une révolution qui arrivera immanquablement, et dont je n'aurai pas le plaisir d'être témoin, volt. Lett. Chauvelin, 2 avril 4764. Il II y a plaisir à, on éprouve de la satisfaction à. Il y a plaisir, ne m'en parlez point, à travailler pour des personnes qui soient capables de sentir les délicatesses d'un art, mol. Bourg, gent. 1, 4. || On dit aussi : il y a plaisir de. Il y a plaisir d'être dans un vaisseau battu de l'orage, lorsiju'oD est assuré (ju'il ne périra pas, pasc. Pens. xxiv, 31, éd. llAVKt. Je veux écrire dans mes Heures ce que dit M. de Coniiuines sur les traverses de la vie humaine; il y a plaisir de voir (|iie dès ce temps-là il était question de tribulation et de misère, sÉv. 24 nov. Jt78. || Avec plaisir, avec satisfaction. J'écoule avec plaisir ces menaces frivoles, corn. Ilérad. m, 4. || Absolument. Avec plaisir, volontiers, oui. || 2° Le plaisir des veux, te dit de ce qui charma les yeux. C'est moi qui,

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si longtemps le plaisir de vos yeui, Vous ai fait de ce nom [de père] ?emercier les dieux, bac Iphig. IV, ♦. On apercevait de loin des collines et des montagnes qui se perdaient dans les nues, et dont la figure bizarre formait un horizon à souhait pour le plaisir des yeux, fén. Tél. i. \\ 3° 11 se dit des diverses voluptés sensuelles. Les plaisirs de la table. L'amour n'est qu'un plaisir, l'honneur est un devoir, cohn. Ctd, m, 6. Mais quoi I si l'amour n'assaisonne Les plaisirs que l'hymen nous donne, Je ne vois pas qu'on en soit mieux, la pont. Fabl. ix, 4 5. Voudrais-tu.... Qu'un cœur qu'ont endurci la fatigue et les ans Suivit d'un vain plaisir les conseils imprudents? bac. Bajax. I, <. Il n'y a point de' plaisir qui ne perde à être déjà connu . mariv. Pays, parv. part. iv. Toujoucs du plaisir n'est pas du plaisir, VOLT. Zadig, 6. C'est lui [Xeriès] qui promit par un édit une récompense à celui qui inventerait un nouveau plaisir, condil. }lisl. anc. ii, 2. HIHe dit aussi des plaisirs moraux, intellectuels. Ne croyez pas que l'homme ne soit emporté que par l'intempérance des sens ; l'intempéracce de l'esprit n'est pas moins flatteuse; comme l'autre, elle se fait des plaisirs cachés et s'irrite par la défense, Boss. Anne de Gonx. L'âme, indépendamment des plaisirs qui lui viennent des sens, en a qu'elle aurait indépendamment d'eux et qui lui sont propres : tels sont ceux que lui donnent la curiosité, les idées de sa grandeur, de ?es perfections, eic. montesq. Goût, Plaisirs de i'dme. Plaisirs naturels, que nous distinguerons des plaisirs acquis que l'âme se fait par de certaines liaisons avec les plaisirs naturels, iD. «6. Il 4° Auplur. Tout ce qui plaît dans la vie, jouissances, divertissements de toute espèce. Tous nos plaisirs ne sont que vanité, pasc. Penî. ix,t, édit. HAVET. J'aurais bientôt quitté les plaisirs, disentils, si j'avais la foi. Et moi je vous dis : Vous auriez bientôt la loi, si vous aviez quitté les plaisirs, ID. ib. X, 3. Vous ne serez point dans les plaisirs empestés, dans la gloire, dans les délices, id. ib. x, t. Quand les princes.... n'ont de gloire que pour le luxe, ni d'esprit que pour inventer des plaisirs, BOSS. Reine d'.l nglet. La cour veut toujours unir les plaisirs avec les affaires, m. ,lnne de Gonx. Rions, chantons, dit celte troupe impie ; De fleurs en (leurs, de plaisirs en plaisirs Promenons nos désirs, bac. Ath. II, t. De tous ces vains plaisirs où leur âme se plonge. Que leur restera-t-il? ce qui reste d'un songe Dont on a reconnu l'erreur, m. ib. ii, 9. La nature a fait aux hommes des plaisirs simples, aisés, tranquilles, et leur imagination leur en a fait qui sont embarrassants, incertains, difliciles à acquérir, font. Dial. i , Morts mod. Tout nous fatigue à la longue, et surtout les grands plaisirs ; on les quitte toujours avec la même satisfaction qu'on les a pris ; car les fibres qui en ont été les organes ont besoin de repos, montesq. Goût, Contrastes. J'entends : les plaisirs du vice et l'honneur de la vertu vous feraient un sort agréable, j.j. bocss. Hél. i, 9. ;| Poétiquement, dans le même sens. Les jeux, les ri» et les plaisirs. Les plaisirs près de moi vous chercheront en foule, rac. Alhal. ii, 7. Quelles danses! quels jeux I quels concerts d'allégresse! Les grâces, les plaisirs, les ris et la jeunesse Se rassemblent de toutes parts, j. b. bousS. Cantate, Triomphe de l'Ammir. || Absolument et au singulier. Le plaisir, l'ensemble des plaisirs. Il n'est pas honteux pour l'homme de succomiier sous la douleur, et il est honteux de succomber sous le plaisir, p^sc. Pent. XXV, 5. Le plaisir, qui est la monnaie pour laquelle nous donnons tout ce qu'on veut, lo. ib. vii, 30. Elle [l'âme] n'est pas plus heureuse en jouissant des plaisirs que les sens lui offrent ; au contraire elle s'appauvrit dans celte recherche, puisqu'en poursuivant le plaisir elle perd la raison , boss. la ValUère. On veut se sauver dans le monde, tandis qu'on n'y respire que le plaisir, qu'on y rapporte tout au plaisir, qu'on y cherche avec soin et en tout le plaisir, bourhal. Myst. Aseens. de J. C. t. i, p. 4 1 (. Ha jeunesse.... s'égarait, Et suivait du plaisir la pente trop aisée, rac. Bérén. il, 2. Nous avons recherché le plaisir, et le bonheur a fui loin de nous, ). I. Bouss. //ft. i, 32. Il 5* Amu.semcnt. C'était plaisir d'observer leurs efforts ; C'était pitié de voir tomber les morts, n font, t'abl. vu, s. Craignez d'un vain plaisir [faire cle» ver.sj les trompeuses amorces, Bi'iL. Art p. I. Chasse dont il voulut donner le plaisir à sa fille, pén. Tél. xxiii. C'était plaisir de voir danser la jeune fille, v. nuoo, Oriimt. 3:i, Il Jouer pour le plaisir, jouer par divertissement et sans mettre d'argent au jeu. || Au plur. Réjouistance*. Les Granoeys et les Monacos n'ont point été de ces plaisirs [tèlea à Cbaotilly], stv. t oov. la?*.

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Cléopatre était de tous les plaisirs d'Antoine, utbi, Triumv. 3'part. ch. (2. || Homme de plaisir, homme qui se livre à tous les divertissements du monde. Il était même homme de plaisir ; car c'est un mérite de l'être, pourvu qu'on soit en même temps quelque chose d'opposé, fonten. Homberg. Bouillon, amlassadeur de France, hommede plaisir, volt. Louis XIV, <B. |{ 6* Les plaisirs du roi, se disait de toute l'étendue du pays qui était dans une capitainerie royale, où la chasse était réservée pour le roi II ne pouvait chasser dans sa terre, parce qu'elle **»' lans les plaisirs du roi, ou, absolument, parce quono était dans les plaisirs, Dict. de l'Acad. |{ Fig. La raillerie est innocente [contre Maupertuis, dans sa querelle avec Kônig); mais je ne savais pas alors que je tirais sur les plaisirs du roi [Frédéric II, qui protégeait Maupertuis], volt. Lett. Mme t)enis, 16 oct. (762. il Fig. Familièrement. Chasser sur les plaisirs de

quelqu'un, poursuivre la même femme Je saurai

de Valère Quel est, en vous aimant, le but de ses désirs. Et de, quel droit il vient chasser sur mes plaisirs, rkgnahd, le Joueur, u, ♦. || 7° Menus plaisirs, voy. MENU, n° 5. Il 8° Volonté, consentement. Est-ce votre plaisir que je me charge de cette affaire? Ce n'est pas mon plaisir que cela soit. X mon plaisir, j'ai pétri sa jeune âme, volt. Enf. prod.

I, t. Il On dit dans le même sens : le bon plaisir. Je ne puis plus rien faire que sous le bon plaisir des médecins et de la fièvre, balz. liv. il, lett. <ç. Un plein abandonnement au bon plaisir de Dieu, boubdal. Insiruct. Octave de l'Assompt. Exhort. t. n, p. 323. Je voudrais bien, sous le bon plaisir de M. l'évêque de Chartres, que vous ne fissiez point dérègle ni d'habitude d'avoir nécessairement des sermons en de certains jours, maintenon, Lett. à Mme de Fontaines, (2 mars <694. || Arrêter, régler, termii»er une affaire sous le bon plaisir ib' luielqu'un, la régler de telle façon qu'il n'y a* oien de fait s'il n'y donne son consentement. || Tel est notre plaisir ou notre bon plaisir, formule de lettres de chancellerie, par laquelle le roi marquait sa volonté dans lesériits; formule introduite par François I"' pour l'imposition de la taille (voy. I'historique), Faites ce que je vous dis, car tel est mon bon plaisir, serait la phrase la plus méprisante qu'un monarque pût adresser à ses sujets, si ce n'était pas une vieille formule de l'aristocratie, DIDEB. Claude et Nér.

II, 36. Il Le bon plaisir, se dit d'un gouvernement où tout se fait par la volonté seule du monanjue. Le régime du bon plaisir. || 9° Grâce, faveur, bon office. Si Charles par son crédit M'a fait un plaisir extrême, J'en suis quitte, il l'a tant dit Qu'il s'en est payé luimême, GOMBAifT, dans richelbt. Il n'y a pas déplaisir que l'on fasse plus volontiers à un ami, que lui donner conseil, la bochefoucauld, Prem.pens. 3-i. Je sais rendre ce qu'on me prête, et reconnaître les plaisirs qu'on me fait, mol. Bourg, gent. m, «. Ella me compte pour quelque chose, et je me trouve heureuse de pouvoir lui faire ces petits plaisirs, SÉv. 27 déc. 1679. Mais plaisir pour plaisir; pour voiis(|ue puis-je faire? pibon, Métrom. ii, i. || Faire plaisir, obliger, rendre service. Quand on a eu desseiti de faire jilaisir à quelqu'un, on est aise de savoir (ju'on y a réussi, sÉv. 24 nov. (675. U promettait volontiers de faire plaisir, mais il ne tenait jamais ses promesses, le sage. Diable boit. ch. <3. Il Faire plaisir, être agréable. Et moi, je le suivrai [un conseil] pour vous faire plaisir, mol. Tart. ii, 4. Il Faire plai.sir de quelque chose. Tout ce que je vous mande est vrai; je ne me charge point des fadaises dont on croit faire plaisir aux gens éloignés, SÉv. (6 août 1676. Il Familièrement. Faire le plaisir de, avoir la lionté de, la complaisance de. J'en conviens, me dit-il; mais faites-moi le plaisir do ne dire à personne que vous m'ayez lu ce morceau, J. J. aour.s. Conf. xi. || Voulez-vous me faire le plaisir de, formule d'invitation à dîner, à une soirée, etc. Il Faites-moi le plaisir de vous taire, formule de commandement familier et un peu irrité. Il 10* Terme de pâtis.sier. Espèce d'oublié roulée en cornet. Manger des plaisirs. Voilà le plaisir, cri par lequel on en annonce la vente. || 11° À plaisir, (oc adv. Avec plaisir^ avec soin. Un meuble fail i plaisir. Si j'avais voulu faire un homme exprès.... pour être enivré de la cour.... j'aurais lait M. de .Sévigiié exprès à plaisir; il se trouve (|ue c'est précisémenl le contraire, sEv. 4:is. La fin d'une aventure faite à plaisir, havilt. Gramm. ti. || A plaisir, se dit aussi de quelque fiction que l'on forge '■pour se faire plaisir ou pour un but quelconque. Une histoire à plaisir, un conte dont Lélie A voulu détourner le rachat de Célie, mol. l'Ét. m, 2 Des propoiitioos fibriquéti et forgées t plaisir, pak. Prot.

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XVII. Ils me montreront une lettre faite à plaisir, SÉV. 70. Les païens.... publièrent de faux actes de Pilate.... mais il paraît que ces actes ont été faits à plaisir, boss. Hist. n, (2. |) Se tourmenter à plaisir, se tourmenter sans sujet. || 12° Par plaisir, loc. adv. Par divertissement. Ou bien à tric9ter quelque bas par plaisir, mol. A'c. des mar. t, 2. || Fig. et familièrement. Par plaisir, pour éprouver, pour voir si. Lisions par plaisir ce discours. || Proverbes. La peine passe le plaisir. || Nul plaisir sans peine. || Il ne fait plaisir qui ne veut, c'est à-dire un acte de bienveillance doit être jugé par l'intention. || Chacun prend son plaisir où il le trouve. || Où il y a de la gène, il n'y a pas de plaisir.

— HIST. XII" s. À son plesir [elle] me fait plaindre et plorer, Couci, x. Bien [je] doi chanter, puisqu'il vient à plaisir [à] Celé que j'ai de cuer fail lige homage, lu. xix. De vostre pecunie (un roi] frad Sun plaisir, serfs serez, sil vus estuverrad suffrir [il vous faudra le soulTrir ainsi], Bois, p. 28. Il XIII" s. Dam^, ce dist la serve, tout à vostre plaisir, Berte, xui. Or n'est-il riens que j'aie [qui] ne soit à vo plaisir, tft. lvih. Qar quant li bons gist en la bière, Sa famé esgarde par deriere S'ele voit homme â son plaisir, ite?». H76B. Li cuers est vostres, non pas miens; Car il convient, soit maus, soit biens. Que il face vostre plaisir, la Rose, 4997. Il XV» s. i présent il lui convient [au comte de Flandre] obéir aux ordonnances et plaisirs du roi de France et des François, proiss. n, u, 207. Peu en affiert à moy de mercy ; je ne suis que ung seul homme ; la chevalerie qui avec moy estoit qui les prouesses firent, en doivent avoir l'honneur. Sire chevalier, dist le roy, vous dictes vostre plaisir; mais le bon chef fait la bonne chevalerie, J'erceforest, t. n, f 96. Et cy vous donray fin des anciennes histoires; ausquelles vous prie et commande que vueillez prendre plaisir, Jeh. de Saint. ch. 17. Je vous vueil envoyer en la ville pour moy faire ung plaisir, et vous serez bien mon amy, ib. ch. 3. Lors fut la joye des ungs aux aultres telle que c'estoit plaisir de les veuir, ib. ch. 46, Etasseuroit de soy y trouver de brief, là ou ailleurs, au bon plaisir du roy.coMM. v, 2. || xvi« s. Se souvenant des plaisirs <|u ' avoit receuz de Ptolemœus et de Bérénice, amyot, Pyrrh. ti. Titus demouroit fermement amy de ceulx à qui il avoit une fois fait plaisir, m. Flamin. et Philop. i. Ma fièvre croist tousjours, la vostre diminue... La vostre est à plaisir, la mienne est continue... bons. 'J54. De court plaisir long repentir, cotgbavk. Qui plaisir fail plaisir requiert, iD. "rrois choses font à l'homme grand désir. Honneur, utilité, plai.sir, leboux pk i.mcï, Prov. t. II, p. 430. il [François I"| laissa en instruction et en pratique à .ses successeurs, de no requérir plus le consentement des peuples, pour obtenir des secours et des assistances d'eux ; ainsi de les ordonner de pleine puissance et autorité royale, sans alléguer autre cause ni raison que celle de Tel est notre bon plaisir, sully, Œuv. t. viii, p. 45S.

— RTYM. Plaisir est l'ancien infinitif du verbe plaire (voy. plaire, à l'historique cl à l'étymologie). Herry, plaisi ; bourfç^uig. ptaiji; wallon, plaist; goiiev. se faire plaisir d'une cho.':e, en premlxe et manger : Voilà une corbeille de cerises, mes enfants; faites-vous-en plaisir; proveiiç. plaier ; calai. plaer; calai, mod. pler; espagn. placer ; port, praler; ital. piacere.

f PLAMAGE (pla-ma-j'), ». m. Action de plamer; résultat de celte action.

PLAMÉK(pla-mée), s. f Chaux dont les tanneurs se servent pour enlever les poils des cuir».

f PLAMKII (pla-mé), v. a. Gonfler, amollir et dégraisser les peaux, à l'aide de la chaux. Après que les peaux ont été pelées, on les met dans un plaia neuf; c'est celui où elles doivent plamer, c'est-àdire s'attendrir et se dégraisser pour pouvoir être passées en huile, Diet. des arts et m. Chnmoisiur.

— ÊTVM. Anc. franc, pciain ou pe/aim(II se poile d'un mal pelain, bau:>oijin de conoS, t. i, p. <79); ital. pelame, pelage (voy. pelIn, qui est le même mot).

tPLAMKKIK (pla-me-rie), t. f. Lieu où s'exécuie le plam.ige.

t PI.AMOrAGE (pla-mo-ta-i'], >. m. Action de plauiiiler.

t PLAMOTKR (pla-mo-té), t>. a Retirer les paini (lu sucre des fiiruius, en les fiapiianl «ur un liluc. Dès qu'un les croit parfailument purgés de sirop, on les plamoto, c'e.sl-à-dire on les retire des lormee, on enlève la terre, et on les pose sur leur base, Dict. des arts et met. Sucre. Pour répartir également dans les jiains l'eau cpil pourrait y être retUe, et pour Sxer au .uilieu les sirops qui ne s»

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raient pas cristallisés, les formai lonl posi^es sur une oais.so en liois de sapin dite caisse à plamoter, Circul. <8» des contr. indir.' 18 août t«38, mém. annexé, p. 26.

i. PLAN, AMB (plan, pla-n"), adj. || 1° Terme didactique. Se dit de toute surface qui n'offre ni lllis, ni courbures, ni rides, ni ondulations. Un terrain plan. Sachant que ma rétine n'est pas plane, mais concave, la géométrie m'apprend que les lignes perpendiculaires sur une surface concave se croi.sent néœssairemert, malebb. Hech. vér. Éclaire. $ur t'npt. l. IV, p. 477, dans pougens. || i' Terme de mathématique. Surface plane, celle sur laquelle une ligne droite peut s'appliquer complètement dans toutes les directions. |{ Angle plan, angle formé par la rencontre de deui lignes, parce qu'elles sont dans le même plan, à la diliérence de l'angle solide, qui est la rencontre de trois plans ou plus. |l Ob nomme quelquefois l'angle dièdre, angle plan, mais c'est par erreur ou par confusion, pour angle des plans. Il Figure plane, toute tigure tracée sur un plan. Il Problème plan, problème qui concerne les figures planes. Et si cela est, le problème est plan, desc. Géom. i. Il En arithmétique, nombre plan, celui qui n'est formé que de la multiplication de deux nombres, comme un plan, en géométrie, est une grandeur de deux dimensions. || 3" Carte plane, carte géographique dans laquelle une portion plus ou moins étendue de la terre est figurée comme si la surface terrestre était plane. || On dit aussi : carte plate. Il 4" En optique, miroir plan, verre plan, miroir, verre dont la surface est plane, par opposition aux miroirs et verres concaves ou convexes. || 6° Musique plane, synonyme de plain-chant. {| 6° Planconcave, qui oiïre une surface plane et une autre concave; plan-convexe, qui offre une surface plane et une autre convexe. Sa dit particulièrement de» verres de lunettes.

— HIST. XVI* 8. Une figure peut avoir longueur et largeur tant seulement, et alors elle se nomme pUiie, FOHCADEi., Élémentt d'Euclide, p. 3.

— ETYM. Voy. PLAiN <. l'Ion est la forme moderne du mot lat. planta dont la forme ancienne est plain.

•2. PLAN (plan) , ». m. 1| 1- Surface plane. La surface de la terre n'est pas ce qu'elle nous semble, un plan. Il Terme d'exploitation. Plan de joints, surface des couches dans les roches stratifiées. || 2° Surface qu'on suppose passer dans tel ou tel sens déterminé, et <l laquelle on rapporte différentes directions. || Terme de physique. Plan de réfraction, plan qui passe (5ar le rayon incident et le rayon réfracté. Il Terme d'artillerie. Plan de tir, plan vertical passant par l'axe d'une arme à feu. {|Plan d'eau, le niveau de l'eau d'une rivière. La hauteur des ponts au-dessus du plan d'eau [sur le canal de Lunel) est, au minimum, de *",3 o, e. grangp.z, Voies navigables de France, p. 350. || Plan d'un glacier, la partie élevée et à peu près horizontale dans laquelle on peut le traverser, Saussure, Yoy. Alpes, t. m, p. 21, dans pougens. j) Terme d'anatomie. Surface qu'on suppose traverser le corps verticalement et le partager en deux parties égales, et à laquelle on- rapporte l'abduction, l'adduction, etc. Il Plans de muscles, plans musculaires, couches de muscles. || Un dit de même : plans de fibres, chez les animaux et les végétaux. || Terme de marine. Plan de barriques, de gueuses, etc. rangée horizontale de barriques, de gueuses, etc. || 3' Plan incliné, voy. incliné, n' <. Il Plan incliné de Galilée, corde inclinée sur laquelle glissait un petit chariot en fer, et dont il se servit pour déterminer les lois dé la chute des corps. 114° Plans cotés, science analogue à la géométrie descriptive; les lignes et les surfaces sont représentées par leur projection sur un plan horizontal, dit plan de comparaison, et par la cote ou la distance verticale de chacun de leurs points à ce plan. || B* Plan se diaait jadis plateforme. Il 8* Dessin d'une ville, d'un bâtiment , etc. ainsi dit parce qu'il est la réduction à une surface plane d'une ville, d'un bâtiment, etc. Un plan de Paris. U (l'abbé de CoulangesJ a reçu le plan de Grignan, dont il est très-content; il s'y promène déjà par avance, »gv. )& janT. t«7J. L'architecte a des.siné dans son esprit un palais ou un temple, avant que d'en avoir mis le plan sur le papier ; et ci'tie idée intérieure de l'architecte est le vrai plan et le vrai modèle de ce palais ou de ce temple, boss. Connaist. iv, ». )| Fig. Je ne sais plus le plan de vol.-e famille; je ne sais il qui j'ai affaire, ni ce qui est autour de vous, s4t. d Mme de Guilaut, » oct. i«9ï. Il Plan géométral, voy. ottomtiiuL. || Plan perspectif, Toy. rturàcTir. || Plaaà Tued'oi*e«u, voy. oueau,

n* u. Il Plan en relief, voy. reuef. || Lever un plan, prendre les mesures d'un objet pour en tracer un plan. Il Faire l'élévation d'un pian, après que la représentation du trait fondamental d'un édifice a été tracée sur le papier, représenter tous les dehors du même édifice en élévation. || Plan relevé, se dit souvent du plan géomôtral d'un édifice, quand on représente sur ce plan la partie supérieure, les toits et les terrasses, de sorte que la distribution intérieure reste cachée. || 7" Terme de marine. Plan, synonyme de devis d'un navire et de gabarit. 1' 8° Terme de peinture. 11 se dit des éloignements, plus ou moins grands, où sont placés les personnages et les objets qu'un tableau représente. Les figures du second plan sont trop grandes par rapport à celles du premier plan. || Dégradation d'un plan, la différente diminution des objets, à mesure qu'ils sont représentés plus éloignés. || Les plans de cette figure, de cette tête sont bien sentis, tous les passages d'un détail à un autre y sont bien exprimés et bien à leur place. Comme elle est coiffée! comme cette tête est bien par plans I comme elle est hors de la toile, diuerot. Salon de <7C5, Œuv. t. xiii, p. 3)2 , dans POUGENS. |j Par extension, il se dit des différents éloignements dans un paysage, dans une vue. Nous distinguions déjà le temple d'Apollon, et cette prodigieuse quantité de statues qui sont semées sur différents plans, à travers les édifices qui embellissent la ville, bahthél. Ànach. ch. i2. Il 9* En sculpture, plan du bas-relief, nom donné aux épaisseurs au moyen desquelles les objets représentés s'enlèvent sur le fond ou se distinguent les uns des autres, Guillaume. On dit qu'un bas-relief n'a qu'un plan, lorsque, par exemple,, les personnages qui en forment le motif se détachent directement sur le fond, ou sont tous, par rapport à lui, également proéminents; il y en aura deux ou davantage, si deux figures ou un plus grand nombre sont disposées dans le champ, soit en groupes par étages, soit isolément à d'inégales profondeurs, GUILLAUME, Sur les principes du bas-relief, dans Institut, août-scpt. (866, p. 84. || IC Fig. Dispositions générales d'un ouvrage. J'ai marqué comment Virgile avait formé le de»sein et le plan de l'Enéide sur l'Iliade et l'Odyssée d'Homère, hollin, Hist. anc. XXV, i, u, 2. C'est faute de plan, c'est pour n'avoir pas assez réfléchi sur son objet, qu'un homme d'esprit se trouve embarrassé et ne sait par où commencer à écrire, bufp. Disc, ri'cept.acad. Bayle avait formé depuis longtemps le plan de son dictionnaire historique et critique, uiderot. Opinion des ane. phil. [Pyrrhon. phil.). Un homme qui n'écrit que de caprice et par pensées détachées, comme Montaigne dans ses Essais, peut n'avoir qu'une intention générale, il est dispensé de se tracer un plan, marmontel, (^uv. t. ix, p. 288. La nature est mon plan, mon tableau l'univers, delille. Trois règnes, ch. u. || 11° Il se dit de ce qui est comparé à une œuvre de littérature ou d'art, projet, dessein. Ceux dont l'aveugle manie Dresse des pians de tyrannie, malh. ii, 4. Peu de gens se font un plan de vie raisonnes et réfléchie, saint-evremond, dans RICHELET. U a dressé le plan de quelque trahison, MAIRET, SoUm. II, 2. Vous me faites un plan de cet été et de cet automne, qui me plait et qui me convient, sÉv. 284. Dieu a tracé le plan de nos destinées éternelles, mass. Carême, Voc. Tout ce qui n'entre pas dans le plan de nos vues et de nos passions nous révolte, m. Xysi. Soumiss. En vain nous formons-nous un plan de félicité dans le crime, iD. Prof. 4. Lorsqu'une religion naît et se forme dans un Ëtat, elle suit ordinairement le plan du gouvernement où elle est établie, mortrsq. Esp. XXIV, 6. Voici comment se forma le premier plan des monarchies que nous connaissons, id. ib. xi, 8. Cela n'entrait pas dans le plan de mes études, STAËL, Corinne, i, 3.

— HIST. XVI* s. Le plant du fort d'Edimton est tout quarré et assis au milieu d'une plaine raze et basse, beaugué, Guerre d'Escosse, i, 8. Ainsi le monde on peut sur Rome compasser, Puisque le plan de Rome est U carte du monde, du bell. vi, 68, verso. [Les sensations] Voyia le plan et les principes de tout le bastiment de nostre science, mont. II, 365. Je sçavois le Capitole et son plan, avant que je sçeusse le Louvre, lo. ir, 43t.

— ÊTYM. Plan ).

t 3. PLAN (plan), ». m. Voy. pelan.

t PLANAIRE (pla-nê-r'), s. f. Genre de vers aquatiques.

— ÉTYM. I.at. planus, plan, plat.

t PLANARIÉS (pla-na-ri-é), ». m. pi. Terme de loulogie. Famille des vers plats

PLANCHE (plan-ch'), ». /. || !• Morceau de boii refendu, peu épais, et plus long que large. Un ruisseau se rencontre, et pour pont une planche, la FONT. Fabl. xu. 4. A quelques lieues de Mojaïsk, il fallut traverser la Kologha; ce n'était qu'un gros ruisseau; deux arbres, autant de chevalets et quelques planches suffisaient pour en assurer le passage.... sÉouH, llist. de Nap. n, 7. || Planches d'entrevoux, les planches qui couvrent les espaces d'entre les solives. |{ Planches de bateaux, planchei lie chêne ou de sapin, qu'on tire des débris de bateaux, et dont on fait des cloisons légères, jj Faire la planche, nager étendu sur le dos. || Fig. Du pain sur la planche, voy. pain, n° 3. || Fig. C'est une planche qu'il a sauvée du naufrage, se dit de ce qu'un homme ruiné a pu sauver de sa fortune. || Fig. C'est une planche dans le naufrage, c'est une dernière ressource. Il Fig. Une planche, une dernière planche, une ressource suprême. Lorsqu'on va, pour ainsi dire, noyer des malheureux sur la planche même sur laquelle ils s'étaient sauvés, montesq. Rom. 4 4. [La solitude) C'étaitia dernière planche sur laquelle j'avais espère me sauver, CHATEA0BR. René. \\ Fig. Parmi les théologiens, une seconde planche, la seconde planche après le naufrage, se dit du sacrement de pénitence. Après le naufrage, la pénitence est la planche qui peut encore nous sauver, mass. Carême, Élus. || Fig. S'appuyer sur une planche pourrie, voy. pourri. Il 8° Fig. et familièrement. Ce qui facilite une chose. Flatte-la de ma part, promets-lui tout de moi ; Dis-lui que, si l'amour d'un vieillard l'importune, Elle fait une planche à sa bonne fortune. Que l'excès de mes biens, à force de présents. Répare la vigueur qui manque à mes vieux ans, corn, la Suiv. Il, I. Il Ce qui sert d'exemple à une chose difficile et la facilite. Harlay, consulté par le roi sur la légitimation d'enfants sans nommer la mère, avait donné la planche [fait l'essai] du chevalier de Longueville, sur le succès duquel ceux du roi passèrent, ST-siM. 17, 198. Je sais bien que ce Wilke» n'est qu'un brouillon, mais par l'exemple de sa rejection la planche est faite, j. J. Rouss. Gouv. d» Pologne, ch. vu. || Faire la planche, entrer le premier dans une affaire douteu.se. || 3° Au plur. Dans le langage familier, les planches, la scène sur laquelle paraissent les acteurs. Monter sur les planches. U faut s'être promené longtemps sur les planches, et le rôle exige quelquefois la première jeunesse, diderot, Xém t. iv, p. 2», dans pougens. Il Cet acteur, cette actrice brûle les planche.s, il, elle joue avec beaucoup de feu. || 4° En termes de mer, . la planche, planche qui, poussée du navire à terre, sert de communication entre le rivage ou le quai et le bâtiment, et qu'on a jadis nommée échelle. Il Planche de roulis], petite planche pour empêcher un homme endormi de tomber de sa couchette. !| En planche, se dit des march*idises qui sont ou restent à bord d'un navire de commerce. Garder une partie de la cargaison quinze jours en planche est une perte pour un bâtiment pressé de partir. || iJt mer fait ou est planche, la mer est unie, n'est pas agitée. || Fig. Escale, relâche. Le douzième jour de notre arrivée en rade [de Tamatave, Madagascar) qui finissait la planche convenue.... je me fis donner l'ordre d'appareiller. Lettre de U. Housteau, i84S, dans jal. Il 5° Feuille de métal ou morceau de bois plat sur lesquels on grave. Je suis venu à Amsterdam le faire imprimer [l'ouvrage sur la philosophie de Newton), et faire dessiner les planches, volt. Lett. Pr. roy. de Prusse, mars (737. || Par catachrèse, estampe tirée sur une planche gravée. Les talents de l'abbé Fleury ne se bornaient pas à la littérature, ils s'étendaient jusqu'aux beaux-arts; les planches qui sont dans le catéchisme historique ont été gravées sur ses dessins, d'alemb. Éloges, Fleury. || Plaque de cuivre ou d'étain sur laquelle on grave la musique. Le moyen employé le plus communément pour multiplier les compositions musicales consiste à les graver sur des planches d'étain, avec lesquelles on imprime de la même manière qu'en taille douce, camus, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. v, p. 297. Il II s'est dit quelquefois des caractères d'imprimerie formant les feuilles d'impression. Nous fûmes avertis d'un nouveau factum de M. de Luxembourg, dont il avait tiré peu d'exemplaires; il eu avait fait aussitôt apn's rompre les planches, stsiM. (8, 212. Il 6° Planche ou plaque do laiton, la forme sous laquelle on coule le laiton. On réunit le laiton de six ou huit creusets, et on s'apprête à le couler en planches, al. 'Brongmiart, Traité de miner, t. ii, p. 3eo, dans pougens. || 7° Espace de terrain ordinairement plus long que large, séparé des parties euviruuuautes par une bordure, ua«

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«lUe, des fossés, ■mne raie decharrue, etc. Préparer, dresser line planche. Une planche d'oignons, de salade. || Lahourer par planches, labour en planches , est sjnonyme de labour à plat, la planche différant du hillon, en ce que le centre de la planche n'est pas bombé. Dis que j'eus lu dans les journaux qu'un célèbre agriculteur avait inventé un nouveau semoir, et qu'il labourait sa terre par planches, afin qu'en semant moins il recueillît davantage.... VOLT. l'Hnmme aux 40 écus, LetCre. J'ai été étonné que vous adoptiez la nouvelle méthode de M. Tull, anglais, de semer par planches.... je puis vous assurer qu'elle est détestable, du moins (lalis le climat que j'habite, iD. Mél. litt. à M. Rosset. Il S° Terme de vinaigrier. Sorte de solive qui presse la lie. Il 9' Terme do construction. Languette ou tablette de plâtre placée sous le manteau d'une cheminée pour empêcher qu'elle ne fume. || 10" Partie de l'étrier sur laquelle le pied du cavalier repose. Il 11° Bloc d'ardoise , avant qu'il soit fendu. |l 12° Terme de serrurerie. Partie de la garniture d'une serrure qui entre dans une fente faite au milieu du panneton d'une clef. || 13° Dans la coutellerie, la meule et ses dépendances, c'est-ii->lire l'auge, le chevalet et la planche sur laquelle s'étend le rémouleur. || 14° Fer particulier qu'on ajuste aux pieds des mulets.

— HIST. xtw s. Li emp.ereres s'arma et passa le pont, qui fait estoit de planches longhes et estroites, H. DE VALENC. XXXI. Tout li Isinlurier de Paris doivent chascun au roy six sous de hauban et quatre sous pour les planches, /.il-, des met. v.i». Passer vous convient ceste planche ; Fortune ainsinc le pueple vanche Des bobans que vous démenés, la Rose, 657Ï. Les planques qui furent mises por les malvès pas, bbauh. xxv, (2. |1 xv* s. Princes, yvers les poures gens guerrie [guerroie], Les mauvestus et les chotis estrie [combat], Perdre leur fait planche, pont et barrière [c'est-à-dire tout], E. OESCH. Poesiei mss. f° 234. ||xvi' s. C'estoit [la pénitence] une seconde planche après le naufrage, CALV. Imtit. 4 175. Jetter dedans une bonne troupe favorisée de ses forces, par le moien de quatre batteaux qu'il feit porter pour faire planche du oosté des marais, d'aub. Hisl. i, 25. Sans me soucier jjueres de luy, après qu'il nous eut servy de prétexte et de planche, que les huguenots appeloient planche pourrie, pour monter où je suis, Sat. Min. p. 4 8. ie l'ay enrichie [ma chirurgie] de plus de 360 planches ou figures que j'ay fait graver, pabé. Dédie. Nous diviserons le potager par planches, couches, quarreaux, vazes diversement nommés, pour, commodément et sans confusion, y loger la potagerie selon leurs espèces, o. de serrrs, 605. Ceux qui, comme plus sages, firent planche et voye à nouvelles sectes, pasquier, Lett. t. i, p. 683. Bleds et sel conduits et portez en navire jusqu'à la ville et cité ne peuvent estre deschargez et mis en greniers, avant qu'ils ayent esté tenus dix jours vénaux à la planche, et à chacun qui en veut aclieter, Coust. gén. t. il, p. 703. En pont, en planche et en rivière, Vallet devant, maistre derrière, coTOnAVE.

— ÊTVII. Picard, p(anke;norm. planhe, pont de bois; wallon, plang: prov. planca, plancha, planqua ;CAl. planxa,palanca; esp.ptanclia; port.praneha; piémontais, pianca; du lat. planca, planche, que Quicherat rapproche du grec itXàÇ, plaque.

t PLANCIIÉIAGK (plan-chè-ia-j") , s. m. Action de planchéier; résultat de cette action.

PLANCHÉlC, ÊK (plan-chè-ié, iéè), part, passé de planchéier. Un rez-de-chaussée plaiichéié.

PLANCHÉIER (plan-chï'-ié), je planchéiais, nous pl.Tnchéiions; que je planchéie, que nous plancliéiions, v. a. Garnir de planches le sol cl'un apparloment. || Faire un plafond d'ais minces, cloués contre des solives. || Terme de marine. Construire les ponts d'un navire.

— REM. Ce verbe est le seul que l'Académie écrive ainsi ; elle écrit tous les autres par y ; grasseyer, languoyer, etc.

— IIIBT. iiv* s. Les dix habitnns porront prendre terre es dir. pastiz pour plancbier ou faire planchiez, DU GANGE, plancherium. || xvi' s. En France l'cslable à poiirctaux est planchée avec des gros aix percés au fous, comme crible, o. de sehrïs, 8J^. Planchent-ils [les oiseaux) de mousse leurs palais, nu de duvet, sans prévoir que les membres tendres de leurs petits y seront plus mollement?

- P.TV.M. l'tanche; gênev. planehfr, r.a. t PLANCHÉIKUR (plan-chè-ieur), /. m. Celui qui hit des planchers.

). PLANCUKK [plan-ché; l'r Da »e prononce pas

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et ne se lie pas; au pluriel, l'i se lie: des plan-ché-z unis),î. m. || 1° Assemblage horizontal dé solives recouvertes de planches, formant la séparation entre les étages d'une maison. A peine suis-je à deux cents pas du château [de Maisons, où Voltaire venait d'être malade de la petite vérole] qu'une partie du plancher de la chambre où j'avais été tombe tout enflammée, VOLT. Lett. Breteuil, janvier 1724. || Ouvrage de charpente établi sur l'aire d'un rez-df -chaussée. Il Plancher ordinaire, celui qui est fait de planches entières. || Plancher de frise, celui dont les planches sont refendues. || Plancher creux, celui dont la charpente est lattée par-dessus, à lattes jointives recouvertes d'une fausse aire, et de même par-dessous, pour former le plafond de l'étage inférieur. Il Plancher plein, celui dont les entrevoussont remplis de maçonnerie et enduits à fleur de solive. il Ciiarge de plancher, augmentation d'une certaine épaisseur, pour mettre un plancher de niveau avec d'autres. || Faux plancher, plancher qu'on fait audessus du plancher principal pour diminuer la hauteur d'un appartement. || Familièrement. Il faut soulager, décharger le plancher, se dit quand on veut faire entendre qu'il y a trop de monde en une chambre. || 2° Le plancher sur lequel on marche. Un homme qui vit sans réflexion ne regarde la terre que comme le plancher do sa chambre, FÉN. Exist. (0. Il Fig. Leurs pieds.... Un superlje plancher des étoiles se font, malh. i, 4. Le triomphe est la pbus belle chose du monde; les vive le roi! les chapeaux en l'air au bout des baïonnettes.... mais le plancher de tout cela est du sang humain, de la chair humaine, Lett. du marq. d'Argcnson, écrite du champ de bataille de Fontenoi. dans VOLT. Comment, hist. sur les œuvres de l'auteur de la Uenriade. || Fig. Il n'est rien tel que le plancher des vaches, voy. vache. ||3°Le haut, la partie supérieure d'une chambre. Et que ton corps goutteux, plein d'une ardeur guerrière. Pour sauter au plancher Bt deux pas en arrière, BoiL. Lutr. 1. 1| Familièrement. Vous me feriez sauter au plancher, vous abusez de ma patience. H 4° Se dit de toutes les divisions intérieures et horizontales qui, dans un poule, servent à séparer le feu, l'air froid, l'air chaud et la fumée. {| 5° Terme de marine. Plate-forme d'une chambre, d'une soute, etc. ||6° Terme d'anatomie. Surface inférieure d'une cavité quelconque. Plancher des fosses nasales, plancher de l'orbite.

— HIST. xil' s. Sus le plancher [il] se jut adenz [il gisait couché], Mult se claime chaitif, dolenz, BENOIT, II, 2101. Uns planchiers, que aseUrs fust li alers e li venirs. Rois, p. 247. || xiV s. loellui exposant bpust avecqucs pluseurs compaignons, en une des loges ou planchier d'ioellui hostel, du cange, plancherium. || xvi" s. Les planchers brusioient sous leurs pieds, d'aub. Hist. m, so». Avec une corde qui estoit au plancher de mon lit, me souslevois par fois un peu, pabiî, xiu, 27.

— ETYM.PJonc/ic; wallon, piauc/it; prov. pjancol. t 2. PLANCHER (plan-che), t). o. Émoudre les

forces [sortes de ciseaux) dans leur longueur.

PLANCHETTE (plan-cbc-f), ». f. || f Petite planche. Il Terme militaire, l'élit appareil avec lequel on met le feu à une mine. || l'etito planche que les tourneurs mettent. devant Inur estomac. || Terme de manège. Petite planche, que l'on attache à la selle dos femmes, et qui remplit l'olfice d'étrier. Il 2° Instrument de malhéniatiques propre i lever des plans. ,■

— HIST. XIV* s. Puis est mise la planchette de fer contreHes deux clous qui sont sur la branche, Jfodus, l. cxxi. Il ivi* s. Klle estoit fort bien à cheval et hardie, et s'y tenolt de fort bonne grâce, ayant esté la premicro qui avoil mis la janibo sur l'arçon, d'autant que la grâce y estoit plus belle et apparoissaiito que sur l> planchette [servant d'étrier aux femmes], bbant. Damet illutlres, p. 47, dans LACUKNE. Ces plinchetto: [.lorlc de corset] empeschent, par lu bout d en haut, serrant le brochet, la respiration, repoussant les poulmons au dedans; et, serrant l'eslomach, (■mpcsclienl aussi la concoction, BQUCiiET, Seréa, livre i:, p. 2iB, dans LACtiaNK.

— ÈTYM. Diminutif de planche ; picird, plankelte.

f PLANCIIKIJR (plancheur), *. m. Anciennement, nom d'un odicier qui avait charge, sur les ports de Paris, de mettra des planches de la rive au

bateau. Lesd lis mesureurs plancheurs, boucurs

...seront tenus.... do représenter leurs lettres de provision, ArrH du Con$. 21 mars 1674.

t PI.ANCUON (plan-chon), i. m. Nom donné en Flandres à toutes les jeunes plantes propres à être repiquées. Du planchon de colza.

— ETVH. Forme llamanilc de planfon.

PLA

PLANÇON (plan-son) ou PIANTARD (plan-ter), s. m. Il 1* Branche de saule, de peuplier, d'osier, etc. qu'on sépare du tronc pour la planter en terre et en former une bouture. |{ 2" Terme de charpente. Grand corps d'arbre qu'on refend à la scie.

— iliST. un' s. Deus hastiers [broches] firent d« plançonsDe codre [coudrier], et enz les ont boutei, 922. Il XV" s. Oui les suivoient à plançons [épieu] et à beurlets [massues], froiss. i, i, «33.

— ËTYM. Prov. planso ; bas-lat. plancto ; dérivé du lat. planta, plante, arbre.

t. PLANE (pla-n'), ». m. Nom vulgaire donné t une espèce d'érable que les botanistes appellent érable plane, acer plataimides, L. Des gazons émaillés l'ornnient [une fontaine] tout alentour; Un plane l'ombrageait de son vaste contour, sênecé, Serpent mangeur de Kaimae.

— HlST. XVI' s. Le plane, arbre grand, plus cogneu en Suisse et es quartiers d'Allemagne qu'en France, pour la beauté de son umbrage, la blancheur de son bois, et sa facilité à parcroislre,

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