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lUX dieux que mon cœur fût innocent comme elle* [comme mes mains] ! rac. Phèdre, i, 3. Plût à Dieu que l'histoire parlât davantage des hommes de génie, et moins de la méchanceté ou de l'imliéciUité puissante, si ce n'est pour faire abhorrer l'une et mépriser l'autre! n'M.BiiB. Éloges, Truhlet, || Quelquefois le de ou même le que se supprime, pilt à Dieu l'avoir tout à l'heure [le fouet] devant tout le monde, et savoir ce qu'on apprend au collège! mol. Bturg. m, ï. Ah! tout cela n'est que trop véritable ; Et, plût au ciel le fût-il moins! id. Àmph. i, i. Plût à Dieu vous savoiren chemin présentement! il fait un temps de printemps, sEv. 22 déc. (677. Plût à Dieu que vous lui eussiez gagné mille pistoles, et en être [que j'en fusse] de moitié 1 bamilt. Cromm. 3. Il X Dieu ne plaise I marque l'éloignement, l'aversion que l'on a pour quelque chose. A Dieu ne plaise que je vous laisse ignorer ce qui concerne les morts et la conduite que vous devez tenir i. leur égard! bourdal. Comment, des morts, Hyst. t. H, p. 630. Quand je serais d'humeur à me remarier, ce qu'à Dieu ne plaise.... barivalx, Ifan'anne, »• part. Je n'ai point dit ceci pour diminuer rien de la dislance infinie qu'il y a entre les vices et les vertus : à Dieu ne plaise ! montesq. Esp. des lois, XIX, 1 1 . || 6' Plaise, terme de formule dont on se sert dans quelques écrits ou mémoires que l'on présente. Plaise au roi, plaise à la cour m'octroyer. || Nous voulons et nous plaît ce qui suit, formule qui était autrefois employée dans les édits et déclarations du roi. || 7° Se plaire,», réfl. Être agréable à soi-même. Et, toujours mécontent de ce qu'il vient de faire, Il plaît à tout le monde et ne saurait se plaire, Boii.. Sot. 11. Si les femmes veulent seulement être belles à leurs yeux, et se plaire à elles-mêmes, elles peuvent sans doute, dans le choix des ajustements et de la parure, suivre leur goût et leurs caprices, la brut. lu. I! Être agréable l'un à l'autre. Les femmes ne se plaisent pas les unes aux autres par les mêmes agréments quelles plaisent aux hommes, la bruï. m, Fénelon vil Mme Guyon ; leur esprit se plut l'un à l'autre, ST-siM. 3<, <07. Il 8° Se plaire à, prendre plaisir à. Roi cruel! ce sont là les jeux où tu te plais, rac. Esih. III, t. Qui ne se plaît pas à Hegnard n'est pas digne d'admirer Molière, volt. Mil. litt. C»ns. à un journ. Il y a bien de la différence entre se plaire à un travail et y être propre, J. J. Rouss. Ém. III. Il On dit aussi : se plaire en, dans. Que Dieu ne se plaisait pas aux temples faits de main, mais en un coeur pur et humilié, pa.sc. Pens. xv, 3 bis, éd. HAVET. La créature qui se plaît en elle-même, Boss. Hist. II, I. Ce roi, qui se plaisait dans la vérité, FLÉcH. Duc de Monlausier. 11 [Lamotte] avait beaucoup d'amis, c'est-à-dire qu'il y avait beaucoup de gens qui se plaisaient dans sa société ; je l'ai vu iliourir, sans qu'il eût personne auprès de son lit, en i73t, VOLT. Louis XIV, Écrivains. L'âme se plaît dans l'exercice facile de ses forces, bonnet, Ess. psych. 17. Il Se plaire à, avec le verbe à l'infinitif. Mais il est aveuglé. — Mais il se plaît à l'être, Cohn. /'oit/, m, 3. La foi tune se plaît à faire de ces coups, LA FONT. /'abt. VU, 43. Insectes invisibles que 1« main du Créateur s'est plu à faire naître dans l'abîme de l'infiniment petit, volt. Microm. Yi.||On dit aussi avec un infinitif, bien que plus rarement, se plaire de. Oui, J'écris rarement et me plais de le faire, rEgnii'R, Sat. xv. Et cette erreur extrême Est un mal que chacun se plaît d'entretenir, LA FONT. Pabl. 1, I*. Il en est peu qui fort iouvent Ne se plaisent d'entendre dire Qu'au livre du destin le» mortels peuvent lire, m. ib. ii, 43. il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu'il y a une puissance occulte et terrible qui se plait de renverser les desseins des hommes, boss. Sermons, Quinquagis. i. Relevez, relevez ces superbes portiques Du temple où notre Dieu se plaît d'être adoré, RAC. Eiih. m, ». C'est un bon mot sans doute, et qu'on se plaît d'entendre, volt. Disc. 7. 11 s'admire, et se plaît de se voir si savant, à. CHg- NIER, Ép. ♦. Il Avpc faire on supprime quelquefois le pronom personnel. Ceux que l'opinion fait plaire aux vanités, malm. v, 8. || »• Aimer & être avec certaines personnes. On se plaît avec les gens dont on vient de mériter la rcconnals.s.ince, Marivaux, Payt. pari). «• prt. Il se plaisait avec les amis qu'il croyait avoir, mais il se plaisait encore plu» avec lui-même, i. ;. rouss. f dial. || Aimer à être dan» un lieu, s'y trouver bien. Klle rejeta mon offre, me protesta qu'elle se plaisait fort & l'hcrmittge, I. i. ROUSS. Confets. ix. Que j'aime ces bois «olitairesl Aux l>ois se pUiisent les amants, Les nymphes y suut mo.ji lévères, Kl {>■» bergers plus
éloquents, gilb. Charme des bois. || Il se dit aussi des animaux et des végétaux. Le» perdrix se plaisent sur ce coteau. Cette plante se cache sous les herbes et se plaît dans les lieux humides , bougainviLLE, Foy. t. i, p. 108, dans pougbns.
— REM. Le participe passé du verbe plâtre est invariable : ils se sont plu à lire; elles se sont plu en ce lieu. Cependant quelques grammairiensaccordent en ce sens le participe ; voy. là-dessus la remarque i COMPLAIRE.
— SYN. CE QUI vous plaît, CB Qu'iL VOUS PLAÎT.
Ce qui vous plaît signifie ce qui vous donne du pl'iisir, ce qu'il vous plaît signifie ce que vous voudrez. Cette distinction, bien que réelle, n'était pas toujours suivie anciennement : En ce tempslà il n'y avoit point de roi dans Israël; mais chacun faisoit ce qui lui plaisait, saci, Bible, Juges, xxi,^*; Non, je tombe d'accord de tout ce qui vous plaît; Tout marche par oabale et par pur intérêt, mol Kis. V, t. Le sons veut, aujourd'liui du moins, ce qu'il lui phisait, ce qu'il vous plaît.
— Hi.s'r. XI* s. Ce respont Guenes : ne placet Dame Deu [ne plaise au Seigneur Dieu], Ch. de Roi. xxvi. Deus, se lui plaist, à bien le vous mercie, ib. xxxviii. Il xir s. Itels briefs enveieient al saint hurame ultre mer, Pur mielz plaisir al rei e pur lur sens muslrer. Th. le mari. 70. Sire conpeing, plait-il vos [vous plait-ilj escouter? /ionc. p. 47. Carpicùst Deu (plût à Dieu] .|ui fit oisel volage.... ib. p, 66. Quant vous plaira, s'ert [sera] ma peine merie [récompensée], Coud, II. Et qu'il vous plaist à ouïr ma prière, m. xvm. Diex ! pourquoi J'aim [l'aiméje], quant je ne lui puis plaire? ib. p, 126. Cument purrad-il à sun seigneur pUsir mielz que par noz testes trencher? Rois, p. H2. || xiu' s. Car il ne plot [plut] à Dieu qui tout a à garder, Berte, m. Si vi ung songe en mon dormant. Qui moult fut biai et moult me plot, la Dose, 27. Biaus amis, que faites vous là î Fait Courtoisie, ça venez, Et avecques nous vous prenez X la carole [danse], s'il vous plest, ib. 797. Qu'à son signor [elle] puisse plaisir. Et Blanchefleur de mort garir, FI. et Bl. 308. || xv"s. Sire, que plait vous? froiss. i, i, h9. Toutes ces choses plaisirent grandement au duc de Bourgogne, ID. n. II, 24). La requeste qu'il vous a pieu me faire, comm. Proi. Notre ivrogne plus saoul qu'une grive partant des vignes, commença, s'il vous plaist, sa ilevote confession, louis xi, Août), vi. Non pas que je dye qu'elle ne voulsist [voulût] aymer, ou que je la vaille, se humilité amoureuse ne s'en mesbit aucunement; ainsi luy pleust à dire, Perceforest, t. v, f" 46. ||XTI' s. Il me plaist de., mont, i, 6». Se plaire, en la compaignie de... id. i, 9t. La lumière qu'il plaist au soleil nous communiquer par ses rayons, id. i, 250. La fortune se plaist à luy rompre la roideur de sa course , lo. ii, H7. Nous nous plaisons plus des choses estrangieres que des nostres, in. iv, 68. Il faut qu'ils se plaisent de son plaisir, qu'ils laissent leur goust pour le sien, la BOETiB, 67. La cigale se plaist du chant de la cigale, RONS. 733. Ja dieu ne plaise, dit-il,' que sois jamais... amyot, Àrist. ». Marchandise qui plaist est à demie vendue, oudin, Curios. franc.
— KTYM. Provenç. p/ac«r ; catal plaurer ; espagn. placer; portug. proxer; ital. piacere; du lat. placere. Il y avait de ce verbe deux inlinilifs, plaisir et plaire; le premier, régulier, vient du latin placêre, e long; l'autre plaire vient d'une vicieuse prononciation de placire, e bref.
PLAISAMMKNT Oplë-za-man), ode. |l !• D'une manière plaisante, agréable. Mme de Coulanges conte fort plaisamment cette scène, SÊv. 188. Que ne venait-elle après moi; et je l'aurai» dit avant •Ile, a dit plaisamment un poSto en parlant de l'antiquité, MARMONTBL, (Euv. t. IX, p. '^64. || J' D'une manière qui fait rire, ridicule. Il y a des cirurs plaisamment bâti» en ce monde, sïv. ta cet. «676. Il C'est plaisamment répondre, c'est agir plaisamment, c'est plaisamment reconnaître vo» services, c'est mal répondre, mal agir, mal reconnaître.
— HIST. XII* s. Bien sol [sut] [Liesse] chanter et plesamment, la Rose, 73». || xiv* s. Afin que les gens puissent les foires et marchiez, en icelle* | villes] eslans fréquenter plus pbiisamment [commoilement], Ordonn. des rois, t. vi, p. 485. || xvi* s. On y peult arriver plaisamment par de» route» ombrageuses, MONT. 1, <76. Il respondit plais.iminoiit [d'une façon piquante], ahvot, Péric. M.
— ËTYM. Plaisant, et le suffixe WMnt; provenç. plaxenmen ; catal. plaenlemvnt.
PLAI.SANCK (plè-zan-s'), s. f. U»ité seulement dans la l<M;iitinn : ilc plaisance, qui sert au plaisir, i l'agrément. Embarcation, yaclil de plaisance. C'o»t
une belle chose que d'aller dépenser mille écus er fricassées et en dîners pour l'honneur d'être la maison de plaisance de M. et de Mme de Chaulnes, de Mme de Rohan, de KL de Lavardin et de toute la Bretagne, sÉv. lO juin t67). Sa maison de plaisance [de Salonion], qu'on appela le beis du Liban, était superbe et délicieuse, boss. Hist. ii, 4. Il Ironiquement. Le couvert était mis dans ce lieu de plaisance [un appartement où l'on étouffait), BoiL. Sot. m. il Fig. Il chercha sa consolation dan» les sciences; ce qui n'avait été pour lui qu'un liew de plaisance devint un asile, fonten. Marsigli.
— HIST. xill* 8. Pensons quantes plaisances pueent [peuvent] estre trovées En ces quatre éléments qui soient ordenées; Toutes revertiront sus les âmes sauvées, j. db meono. Test. t»33. || xiv* s. La delettacion ou plaisance à resgarder une femme est communément de la amer, orksme, Eth. 26t. Il XV* s. Outre plus, pour ce que cette dame estoit de lointain pays et tant que de Bavière... on ne savoit si elle seroit à la plaisance du roi de France, FHoiss. 11, H, 229. Et pour ce que escuz se portent à plaisance, elle mist encore doubte sur son fait, par quoy elle demanda à la dame de quelle taille et philozomie estoit le chevalier, Perceforest, t. m, f* 76. Il XVI* s. M'as-tu osté des plaisances mondaidaines... Pour me laisser en ce cruel repaire? marot, II, 4. Maison de plaisance, amyot. Aie. 47.
— ËTYM. Plaisant; provenç. plazensa; ital. ptacenxa.
PLAISANT, ANTE (plè-zan, zan-t'), adj. || l* Qui plaît. Plaisant séjour des âmes affligées. Vieilles forêts de trois siècles âgées, hacan, dans la- VEAUX. C'est une chose, hélas! si plaisante et si douce, MOL. Ée. des f. u, e. Pourquoi Dieu vous a-t-il défendu ce qui est si plaisant et si flatteur? BOSS. Élevât, à Dieu, (s* sem. 22. jjEn ce sens, plaisant tombe eu désuétude; et aujourd'hui il faut bien en choiûr la place et l'emploi pour s'en servir encore. || Fimilièrement. Il n'est pas plaisant. Il n'est pas agréable. U n'est pas plaisant d'avoir un mauvais voisin. Je ne trouve pas plaisant que vous vous mêliez do mes affaires. Il î* Qui divertit, qui fait rire. Alceste, à Clilaiidre et Acnste qui rient: Par la samlileu, messieurs, je ne croyais pas être Si plaisant que je suis, mol. Uis. Il, 7. Vous êtes trop plaisante d'avoir lu en public ma relation des chevaliers, sÉv. i* janv. 1689. Il n'est pas sans esprit; mais, né triste et pt- .sant, Il veut être folâtre, évaporé, plaisant, boil. Ép. IX. I! est bonhomme, il est plaisant homme, et il est encellcnt homme, labhut.xii. || Ironiquement. Je vous trouve plaisant, se dit pour exprimer qu'on ne reconnaît pas à la personne à qui l'on s'adresse '1 droit de dire ou de faire ce qu'elle fait. Parbleu! je to trouve plaisant de me donner ce qui t'appartient, MOL. Impromptu, ni. El de quel droit, monsieur, me faites-vous la loi? Je vous trouve plaisant de disposer de moi I hegnard, Mtfnechm. v, 6. {| Il se dit agssi des choses. Je tiens cette comédie une des plus plaisantes que l'auteur ait produites, mol. Critique, 3. En vérité, je n'ose appuyer sur rien ; tout me fait mal; c'est une plaisante chose à une substance qui pense, que de n'oser penser, si.v. 13 sept. 1684. Ce vaisseau |un vaisseau qui portait des troupes pour réduire les jésuites du Paraguay] s'appelle le Pascal ; il est juste que Pascal combatte les jésuites, et cela est plaisant, volt. Lrtt. ttichel. it avr. 1766. C'est à présent la physique qui se met à être plaisante, ilcpuis que la comédie ne l'est plus, m. Lett. en vers et en prose, 66. Un tour Ingénieux peut n'être qu'une renexion plaisante, tulle est celle-ci de Mme de SéviKné : il n'y a rien qui ruine comme de n'avoir point d'argent, conmLtAC, Art d'ier. u, «u. jj Conte plainnt et récréatif, histoire plaisante et récréative, se dit par une espéco de raillerie. || 3' Plaisanlmisavantsonsuliflantif prend le sen» d'Impertinent, de ridicule. C'est ua plaisant moyen de rétablir l'autorité royale i|ua do cfaasser le ministre du roi malgré lui I «ktz, Ht'm. t. ii, I. m, p. 428, dan» POUGBMS. Le» humains sont plaisants de prétendre exceller Par-dessus nous jâncsj I LA FONT. Fabl. 11, 6. Nous sommes pinitaiits de nous reposer dans la soeiétè de noa semblables, miséraliles comme nous, impulssints comme nous, PASC. Pms. xiv, I, éd. HA VET. Le plaisant repos ^u« voua avez eu i Lyon I je l'ai prévu, m* fille, et j'ai bien compris l'accablement où vous seriez, sÀv. 878, Plaisant homme pour dompter la mur! vin. Dial. des morts anc. (Xi-rxès, Léonidai). Ce sont de plaisants sages que ceux qui le sont par tcinpéram<Mit, FONTKN Dial vioris anr et mod. ii, t. Los amicin étïieal plaisanta d« s'imaginer que les uurps ce-