‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 345 sur 389 · PO · texte numérisé non relu

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mes pe;.sées étant autant de pointes algues... sÊv. I" oct. <«84. Mon esprit appuie prisentement davantage sur chaque circonstance, et il semble que es pointes de la douleur me pénètrent plus vivement [pour la mort de Mme de Sévigné], m"' de grionan. dans sÉv. t. i, p. 400, éd. bégnier. Le mal se communique au cœur; toutes les pointes de la consciprice s'émoussent ; on tombe, à l'égard du salut, dans une espèce de léthargie où l'on n'est ému de rien, bourdal. Essai d'Arent, Confess. Pfnsées, t. m, p. 22). Les pointes de la pénitence qui percent sa chair, mass. Myst. [nearn. |f 2" Saveur piquante etagréable. La longue habitudede mépriser le plaisir du goût avait éteint en lui toute la pointe de la saveur, boss. Panég. de S. Bernard, i. La petite pointe d'ail l'assaisonnait [un mets] , avec une finesse de saveur et d'odeur qui aurait flatté le goût du plus friand Gascon, mabmontel, Mém. vi. {| Fig. Si M. son père n'avait point pour lui une grande passion, il en pourrait sentir une petite pointe do jalousie, BALz. liv. vu, lett. 3. ...Le peu souvent que ce bonheur arrive, Piquant notre appétit, rend sa pointe plus vive, corn. Veuçe, l, t, <" édit. La pointe du plaisir s'émousse par la souffrance, BOSS. Abrégé d'un serm. pour le 3* dim. de Pâques, 111. I.A maréchale de Ro hefort se fit prier, avec cette pointe de gloire qui lui prenait quelquefois, sT-siM. 3, 64. J'y sens une petite pointe de dépit qui a son mérite : c'est la jalousie qui me loue, mariv. l'ilew. slraCag. u, S. Cette innocente raillerie Dans ces repas dignes des dieux Jette une pointe d'ambroisie, volt. LeU. en vers el en prnse, l. Je doute fort qu'on joue cette pièce 'Soplionisbe]; les Pélopldes do M. Durand seraient plus faits pour la nation; il y a là une petite pointe d'adultère qui ne réussirait pas mal, m. Lett. ThibouviUe, 9 janv. 4771. La vanité même y mêlait sa pointe, J. 1. Rouss. Conf. u. {| Une pointe de raillerie, d'ironie, un mot moqueur, un trait ironique. Il Une pointe de vin, un coup de vin qui a mis en gaieté. Celui [l'état] où vous me représentez Mlle d'Alerac est trop charmant; c'est une petite pointe de vin qui réveille et réjouit toute une âme, sÉv. 5 nov. <«84- I F.tre en pointe de vin, avoir un peu de vin dans la tête, être un peu échauffé par le vin. Us étaient déjà en pointe de vin et bien près d'être ivres, rollin, Hist. anc. Œuv. t. ?, p. 360, dans pouGENS. J'y allai l'autre jour, un peu chaud de vin; j'étais en pointe, j'ag.içais les jolis masques, LE SAGE, Turear. iv, 2. Ces bagatelles ne sont tonnes qu'aux yeux de ceux qui les ont faites ; elles sont comme des chansons de table, qu'il ne faut chanter qu'en pointe de vin, volt. Lett. Villelte, i" sept. 47(15. Il 3° Irait subtil, recherché, jeu de mots. Il se hasarde même à faire des romans, Des chansons pour Gautier, des pointes pour Guillaume, corn. Illusion, 1, 3. Le style n'est pas plus élevé ici que dans Mélite ; mais il est plus net el plus dégagé des pointes dont l'autre est semée, qui ne sont, à en bien parler, que de fausses lumières dont le brillant maïque bien quelque vivacité d'esprit, mais sans aucune solidité de raisonnement, id. la Veuve, Exam. Il est mêlé de pointes, comme dans cette première; mais ce n'était pas alors un si grand vice dans le choix des pensées, que la scène en dilt être entièrement purgée, in. Clilandre, Eiam. Rlle était tout habillée sur un lit, environnée de quatre ou cinq des plus doucereux, étourdie de quantité d'équivoques, qu'on appelle pointes dans les provinces, et souriant bien souvent à des choses qui ne lui plaisaient guère, scarr. Rom. com. I, 8. Qu'il [Maynard] s'éUiit adonné à un genre d'écrire auquel il n'était pas propre, voulant dire l'épigramme, et qu'il D'y réussirait pas parce (|u'il n'avait pas assez de pointe, pellisson, llist. de l'Àcad. IV, Haynard. Jadis de nos auteurs les pointes ignorées Furent de l'Italie en nos vers attirées, BoiL. Art p. II. Laisse-les, dans leur manie, Préférer in»olemmcnt L'exactitude au génie Et la pointe au sentiment, chaol. à Volt. L'amour des subtilités et l'uffeclatlon des pointes dans le discours avaient pris, dès le temps de Tibère et de Caligula, la place du bon goût qui régnait sous Auguste, ROLLIN, Hist. onc. XXV, I, II, 3. Zo/.ime dit que (lors du siège de Rome par Alaric) l'on fondit quelques-un» de ces dieux qui étaient d'or ou d'^irgent, et que de ce nombre fut la Vertu ou la Force, après quoi aussi elle abandonna entièrement les Romains; Znzimc ne doutait pas que cette belle pointe ne renfermât la véritable cause de la prise do Rome, FoiiTRN. Oracle*, ii, 4. Il règne ici une secte de faiseurs de pointes dont M. le chevalier de Cbasteilux est un des premiers apôtres; elle* Bont si maii-

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vaises, que c'est presque un des caractères d'un bon esprit que de ne pas les entendre, didehot. Salon de 1767, Œuv. t. iiv, p. 42, dans pougbns. tj Pointe d'épigramme, la pensée piquante qui doit terminer une épigramme. Et n'allez pas toujours d'une pointe frivole Aiguiser par la queue une épigramme lolli-, Boii. Art p. 11. \H' La pointe de l'esprit, ce qu'il y a de plus pénétrant, de plus vif dans l'esprit. Le chaud élément Qui donne cette pointe au chaud entendement, rkgnier, Sat. v. || 5° Bout piquant et aigu. Avec quelle insolence ils ont de toutes parts Fait briller à nos yeux la pointe de leurs dards! rac. Iphig. v, 4. L'aventure de Régulus, enfermé par les Carthaginois dans un tonneau garni de pointes de fer, mérite-t-elle qu'on la cioia? VOLT. Vict. phil. Histoire. || Fig. La justice et la vérité sont deux pointes si subtiles, que nos instruments sont trop émoussés pour y toucher exactement, PASC. Pens. ui, », éd. havet. || Pouvoir des pointes, propriété qu'ont les pointes de soutirer l'électricité des corps électrisés, et par conséquent d'en faire disparaître les signes. || i la pointe de l'épée, les armes à la main. Les Athéniens na pouvaient plus avoir de vivres qu'à la pointe de l'épée, ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. m, p. «84, dans pougens Il À la pointe de l'épée, en duel. X ce compte... les discours d'un menteur deviennent des vérités, sitôt qu'ils sont soutenus à la pointe de l'épée, j. j. aoijss. Hél. i, 67. Il On dit dans le même sens : à la pointe des armes. Commandez que son bras, nourr) dans les alarmes. Répare cette injure à la pointe lies armes, corn. Cid, il, 7. || Fig. X la pointe de l'épée, de vive force, avec de grandes difficultés, l'oint de franche lippée! Tout i la pointe de l'épée I LA FONT. Fabl. i, 5. Point d'argent qu'à la pointe de l'épée, sÉv. i août 4689. On ne réussit dans ce monde qu'à la pointe de l'épée, volt. Lett. la Harpe, 49 oct. 4765. {| Par extension, à la pointe de l'éloquence, de l'argent etc. par le. moyen de l'éloquence, de l'argent, etc. Résolvez-vous, ma belle, de me voir soutenir toute ma vie, à la pointe de mon éloquence, que je vous aime plus encore que vous ne m'aimez, la fay. Letir. Œuvr. t. m, p. 248. Chez Mme Du[iin même où j'étaisde la maison, et où je rendais mille services aiu domestiques, je n'ai jamais reçu les leurs qu'à la pointe de mon argent, j. j. rouss. Conf. x. Il ne faut poursuivre le phénomène à la pointe de l'esprit, que quand il échappe à la portés du sens, didebot, Oyiii. des anc. philos, (secte éléalique). || Fig. Sur la pointe d'une aiguille, voy. aiguille. || 6* Terme d'escrime. Couper la pointe, faire un mouvement prornptet léger, par lequel, sans déranger la pointe de son fer de la ligne du corps, on la passe pardessus le ferde son ad\( r.saire. i| Parer de la pointe, écarter la pointe de la ligne du corps, en faisant une parade. || Un coup de pointe, un coup porté avec la pointe du sabre, jl 7° Terme de sculpteur. Outil de fer qui sert à ébaucher l'ouvrage, après que le bloc de pierre ou de marbre a été dégrossi ; ce qui s'appelle approcher i la pointe. 1| Uouble pointe, ciseau fendu par le bout. Lorsque le marbre est dégrossi, ...on avance l'ouvrage avec une pointe, et l'on ee sert quelouelois, dans ce travail, de la double pointe, qu'on nomme autrement dent de chien, Dict. des arts et m. Sculpteur. || 8* Ternie de graveur. pointe sèche, pointe dont on se sert pour former, sur le cuivre nu, des traits fins et délicats. Si l'on forme, avec une pointe aiguë, des traits ou des hachures, sans recourir à l'eau-forte, ni au burin, cela s'appelle graver à la pointe sèche, didrrot, Salon de i765, Œuv. t. xiii, p. 35», dans pougens. La pointe sèche ouvre le cuivre, sans en rien détacher, t'ft. Il Los graveurs à l'eau- forte ont aussj leur pointe, qui est une pointe d'aiguille emmanchée, pour dessiner sur le vernis. || Manière d'opérer avec la pointe. Cette gravure est touchée d'une pointe fort spirituelle. || Tige do cuivre à l'extrémité de laquelle est mont'^ un diamant qui sert aux graveurs en pierres fines i creuser les parties des pierres qu'ils veulent graver. On a trouvé plus facile et p'ussûr de faire servir la malice humaine à corriger les autres vices de l'humanité, à peu près comme on emploie les pointes du diamant à polir le diamant même : c'est la l'olgel ou la fin de la comédie, MABMONriîL, Œuv. t. VI, p. 43». dans poiiui ns. Il f Ti-rme d'impriineiie. Espèce d'alêne, avec laquelle on enlève les lettres en corrigeant les épreuves. Il 10* Pointe da diamant, ou, simplement, diamant, diamant taillé en pointe qui sert i couper le verre. Avançant un pied, puis un autre, et prenant bien garde à les poser par mesure, comme >i elle eût marché «ur des pointes de diamant», la roNT. i

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PsycM, I, 83. Ij Pointes naïves, nom que les lapidaires donnent aux diamants bruts, d'une forme fvtraoïilinaire, qui viennent particulii rement de la mine de Sounielpour , au Bengale. || 11" Terme de relieur. Pointe à rabaisser, outil en acier, long de 24 à 30 pouces, ayant la forme d'un couteau à rogner, et qu'on lait glisser le long d'une règle en 1er pour rabaisser les cartons d'un livre; c'est ce ee qu'on appelle pointer. || 12" Morceau de fer dont on se sert pour commencer un Irou de mine. Il 13° Terme de serrurier. Pointe molle, le bout d'un lacet, d'un piton, dont les extrémités des branches sont en pointe et amincies de manière à être recourbées et rivées. || 14° Terme de chirurgie. Pointe de feu, petite eschare que l'on produit à l'aide d'un cautère pointu. || Terme de vétérinaire. Pointe de feu, morceau de fer long, terminé en pointe, que l'on fait rougir pour percer la peau d'un cheval en certains cas. 1B° Clou long ei mince, avec ou sans tête, diflerant du clou proprement dit en ce que la tige en est ronde el de grosseur uniforni'^. Ce morceau de bois est décollé, Il faut y mettre quelques pointes. On se sert de pointes pour clouer un tapis, lie la fonte au fer fin, de la pointe de Paris à la plaque tournante des chemins de fer, on y élabore, on y fabrique tout, STÊPH. m OEARD, OU Corp.? législatif, Honiteur uni». 4 3 niai mes, p. 66u', 4 "col. || 16" liout, extrémité des choses qui vont en diminuant. Une des pointes de la montagne de Tarare vous empêcha de me voir, voit. Lett. ix. Je suis monté avec la multitude de mes chariots sur le haut des montagnes, sur le mont Liban , j'ai coupé ses grands cèxlres et ses beaux sapins, je suis monté jusqu'à la pointe de son sommet, saci, Bi6tf,fsaïe, xxxvii, 24. Déjà de SCS vaisseaux la pointe était tournée. Et la voile flottait aux vents abandonnée, rac. Phèdre,m, 4. Des fleuves pleins de neiges tombent, comme des torrents, des pointes de rochers qui environnent sa tête (d'un m(mt|,FÉN. Tél. m. Le premier [l'homme de cœur) n'est guère plus vain d'avoir paru à la iranchée.... que celui-ci [ le couvreur] d'avoir monté sur de haut» comliles ou sur la pointe d'un clocher, la biiov. w. On n'est ni ignorant, ni sot, moins encore méchant, pour ne voir jamais que la pointe de son clocher, DIDEROT, Sur les caract. || 17* Pointe de terre, ou, simplement, pointe, espacrfde terre ou de rochers qui s'avance plus ou moins dans la mer. Les Portugais, naviguant sur l'océan Atlantique, découvrirent la pointe la plus méridionale de l'Afrique, montesq. Esp. XXI, 24. On doit remarquer, au sujet (le ces pointes formées par les continents, qu'elles sont toutes posées de la même façon : elles regardent toutes le midi, bufp. llist. nat. Preur. théor. terre, Œuv. t. ii, p. 448. La Californie est proprement une longue pointe de terre qui sort des côtes septentrionales de l'Amérique, et s'avance entre l'est et le sud jusqu'à la zone torride, batnal, Hist. phil. VI. 23. Bientôt nous reconnûmes la pointe de Van- Uiëmen et le banc des bri.<:ants qui est au large d« cette pointe^ la pérouse, ioy. t. m, p. 25'i, dans POUGENS. Il Pointe, l'espace de terrain compris entre deux cours d'eau à leur confluent || 18" La pointe du pied , l'extrémité au pied opposée au talon. Il Sur la pointe du pied ou des pieds, s* dit d'une personne qui, debout, fait porter son corps sur les orteils. Il se mit à marcher doucecernent, je le suivis sur la pointe du pieil, J. J. Rouss. Hél. v, b. Il l'en était allé là-dessus légèrement ev sur la pointe du pied . ne se doutant pas qu'il avait offensé lord Nelvil, stapl, Corinne, viii, 4. || Terme de danse Avoir des pointes, se dit d'un danseur qui sait s'élever sur la pointe des pieds, el faire des p.as S.IIIS porter lo talon à terre. || Fig. et populairement. Marcher sur ses pointes, être fier. || 19" ferme de guerre. La pointe de l'ai le droite, de l'aile gauche, l'extrémité de ces ailes. || Fn fortification, la pointe d'un bastion, l'anglo du bastion le plus avancé du côté de la r^mpagnn. Au lieu d'ouvrir la pointe et y faire un logement en diligence, il a voulu profiter d'une traverse que les ennemis avaient laissée vers la gorge de l'ouvrage, pf.llisson, lett. hitt. t. ni, p. ^4 1, dans PoijGF.NS. ||80' Terme de marine. Se dit quelquefois pour cap du navire. || Pointe de bordage ou de doublage, morceau de bordnge ou du tolje qui s'applique pour remplir un vide. || Avirons à poinio, avirons montés de manière qu'il n'y ait qu'un aviron et qu'un rameur sur chaque baiio do l'embarcation || Une dos divisions du compas de inor ou boussole. Il y a trente- deux pointes qui marqiiont les vents. Un rumb de vent vaut quatre (ointes. Il 21* Se dit dei divisioni du labUer du trictrac sur lesquelles ou case bu range las dames. Oi>ilit plu-

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liM lr>s 11'-, lies. |( Jï" Pointe de pavé, jonction des deux ruisseaux d'une cliaussée, en forme de fourche. 1123° Terme de sellerie. Pointe de l'arçon, le.s parties qui forment le bas de l'arçon d'une selle. Il ai-" Terme de blason. Partie basse de l'écu. Il Pointe se dit des espèces de dents que l'on fait au bout des branches d'une croix. Croix à huit pointes, à seize pointes, croix qui a deux pointes, quatre poin- Icsà chaque branche. || 26° Morceau d'étoffe taillée en pointe, qui sert adonner plus d'ampleur à un vêlement. M. le duc d'Enghien, vêtu en pointe avec le bonnet cftrré, et le duc de la Trémoille se rendirent dans la grande cour des Tuileries, .st-sim. 22», 222. Il S. f. pi. Laizes de toile taillées pour être placées dans les côtéi d'une voile. || 26° Petit fichu en pointe, dont les femmes se couvrent le cou. Une pointe de soie, de mérinos, de velours. Il On dit d'un terrain qu'il est en pointe de fichu lorsqu'il a la forme d'un fichu en pointe. Il 27° Terme de manège. Défense d'un cheval qui se cabre. || Un cheval fait pointe, lorsque, au lieu de suivre de rond, en maniant sur les voltes, il sort un peu du terrain et fait une sorte d'angle à côté de son cercle. || Il se dit aussi du cheval qui résiste à son cavalier, s'élève et se plante sur les deux pieds de derrière. || 28° Terme de fauconnerie. Vol d'un oiseau qui s'élève vers le ciel. || On dit qu'un oiseau fait pointe quand il s'élève ou descend d'un vol rapide. Il Terme de chasse. On dit qu'un animal fait une pointe lorsqu'il perce très-loin devant lui sans se détourner. || Fig. et familièrement. Faire une pointe, quitter le chemin qu'on suivait, et aller faire une course qu'on n'avait pas projetée. Il En un autre sens, faire des pointes, cherclier querelle. Monsieur ne lais.sait pas de faire au roi par-ci par-là des pointes: mais cela ne durait pas, sT-EiM. 93, 232. || Terme de guerre. Faire une pointe, s'éloigner de sa ligne d'opération. {| Suivre sa pointe, aller de l'avant dans ses opérations. M. de Noailles suivit sa pointe, et prit Girone en •il jours de tranchée ouverte, st-sih. 23, <2. jjFig. et familièrement. Poursuivre, suivre, pousser sa pointe, poursuivre une résolution, une idée avec vigueur ou obstination. Nonobstant les avis, je veux suivre ma pointe, scahh. D. Japhet d'Arm. 11, ♦. Point d'affaire, il poursuit sa pointe jusqu'au bout, MOL. l'Ét. iH, 5. Vous faites bien de pousser votre pointe , cela est naturel, lu. Comtesse, 21. Quel diable d'étourdi qui suit toujours sa pointe ! ID. Fourber. m, n. Afiligé d'un si grand mal [la discorde dans le protpslintisme], il [Mélanchthon] suit sa pointe.. ..il fit sa souscription [à l'assemblée de Smïlkade], en résorvant l'autorité du pape, boss. Yar. v, 27. L'orgueilleux plaisir de supplanter un rival aimé m'excite à pousser ma pointe, le saoe, Gil Blas, a, 6. 1(29° Ce qui commence à poindre, à paraître. Le siège de Mons fut formé par le roi en personne, à la première pointe du printemps, ST-siM. I, 2). Il La pointe du jour, les premiers rayons du jour. Enfin, à la petite pointe du jour, je me suis levée, sév. (66. || Pointe du jusant, se disait pour commencement du jusint. 11 [ViUette- MursayJ donna ordre à ses quinze vaisseaux de couper [leurs câbles], tous en même temps à la pointe du ju.sant, Relal. du combat de la Hogue, dans JAL. Il 30° En pointe, loc. adv. En forme de pointe. I.e tribunal des mathématiques de la Chine, avec toutes se» révérences et sa barbe en pointe, est un misérable -collège d'ignorants qui prédisent la pluie et le beau temps, volt. Lett. pr. roy. de Prvsse, juin 4738. || Terme de maçon. En pointe de diam.mt, se dit d'une pierre terminée par une pyramide quadrangulaire aplatie. || Terme de marine. Un navire est brassé en pointe, lorsque les vergues sont orientées comme pour l'allure du plus près, j' 31* De pointe, par la pointe, par le bout pointu. D'autant que les parties des tels entrent de pointe et sans se plier, desc. J'//omm«.

— HlST. xu* s. Molt [ il] resemble bien chevalier; Des rens s'en ist trestot premier; Vers cens de l'est fist une pointe, Premiers en volt [veut] aver la jointe, Grégoire le Grand, p.RO. En la puintedel jur flst la messe chanter. Th. le mart. 163. || xm's. Petit dura cil estor» [combat] ; quar Grieu tornerent le dos et furent desconfis à celé première pointe, viLLEH. Lxv. Aporcbe [qu'apporte] chascune coutiel i pointe, loi d'/jnour. || xv s. [Le chiktel d'AiguilUin] estoit bien séant et en bonne marche, en la pointe de deux grosses rivières portaiis oavine fie Lot et la Garonne], paoïss. i, i, s»6. Ces paroles douces «t traclables amollirent grandement la pointe de l'irr que l'impcrfur avoit. u>. u, lU, »». 11 se

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lance au chevalier par dessoubs la poincte de son escu, et l'ahert [saisit] par les costez, et le restraint si qu'il luy fist l'eschine ployer, Perforest, t. 1, C 140, Aler baguenaulder à la cour, et regarder qui a les plus belles pointes [de souliers], le Jouvencel, f° 16, dans LACUBNE. Il XVI* s. Telle est la nature et complexion des Françoys que ils ne valent qu'à la première poincte, bab. Garg. i, 48. Comme un traict d'une poincte très délicate, mont, i, 171. La fortune envoyé souvent cul sur poincte toutes nos defTenses et levées, m. I, 3H. Façon de parler bouillonnée de poinctes ingénieuses, mais fantasques, in. 1, 383. C'est ce qui donne poincte à la saulse, id. m, 2. Marius le fait mcdicieusement pour l'espérance qu'il avoit de rompre les ennemis avec les deux poinctes [ailes] de la bataille, amyot, Marius, 43. Ses ennemis, s'estans cachez à l'abry de quelques poinctes de terre, le guetloient pour le surprendre au passage, ii>. Lucul. 6. Sertorius, se sentant le plus fort, suivit sa première poincte, tant qu'il pénétra jusque? à Metellus mesme, id. Serlor. 29. Si le sieur de la Mugdelaine a envie de fournir sa poincte, il y a un beau sable entre ce lieu et Nerao, d'aub. Vie, XLvii. Les autres cherchent le langage concis, tout hérissé de poinctes, m. Uisl. préf. 3. Corbuson, qui eut la pointe [qni marcha le premier à l'assaut], perdit 1 20 hommes, m. 16. i, 219. En cet endroit mesme fut basti un fort de six petites poinctes, id. ib. m, 374. Le jour commençoit à faillir, telles longueurs procédant des difficultez que faisûient les Ciipitaines estrangers d'aller à l'assaut, encore qu'ils eussent obtenu la pointe [la tête de l'attaque], au grand déplaisir des François, ville- ROY, Mém. t. II, p. 140, dans laciirnI.

— ÉTYM. Féminin du participe point, de poindre; provenç. poncho, punta; cat. punza; esp. et ital. pu/ita; port, ponta.

POINTÉ, ÊE ipoin-té, tée), part, passé de pointer. Il 1° Terme de blason. Se dit des fleurs dont les folioles et les épines sorit d'un autre émail que la fleur et ses boutOBs. || 2° Terme de musique. Note pointée, note suivie d'un point qui en augmente la valeur de moitié. Une noire pointée vaut trois croches. || Note pointée, se dit aussi d'une note qui a un point dessus, et que l'on détache dans l'exécution instrumentale ou vocale. |] 3° S. m. Le pointé, action de pointer, de diriger un instrument d'optique sur un objet. Des procédés de pointé. Les pointés individuels. D'abord se présente l'erreur du pointé [des instruments trigonométriques], blerzy, Hev. des Deux-Hondes, 1864, p. 63i.

t POINTEAU (poin-tô), «. m. || 1' Poinçon d'acier dont se servent les horlogers. || 2° Pointeau à contremarque, outil d'acier à l'usage des couteliers. 13° Terme de serrurier. Outil pour amorcer l'endroit où l'on veut placer la pointe d'un foret. || Poinçon qui sert à percer les fers minces.

— ÉTYM. Pointe.

POINTEMENT(poin-te-man), s. m. || 1* Synonyme

moins usité de pointage. On devrait chercher à procurer à ces embarcations la stabilité nécessaire pour obtenir la justesse et la célérité du pointement, andbéossy, Instit. Mém.aead. des se. t. vu, p. 195. |{ 2° ferme de minéralogie. Réunion de trois pointes au moins, qui remplacent une partie de la face dominante d'un cristal, et qui s'observent toujours à l'extrémité de l'axe ou d'un des axes de celte forme. Il S" Action de pointer, apparition à la surface. Une des masses principales des terrains de transition repose sur les pointemeuts granitiques de notre frontière pyrénéenne, blavier, Presse scientif. 1804, t. I, p. H4.

— f.TYM. Pointer t.

1. POINTEU (poin-té), e. a. ||i°Porter un coup avec la pointe d'une épée, d'un sabre. Pendant qu'il haussait le bras, son ennemi le pointa. ||2° Terme de boucherie. Égorger un bœuf. || 8° Faire des points avec le pinceau, le burin, la plume. Pointer les articles d'un compte à mesure qu'où les vérifie. Il Absolument. Les miniatures se font ordinairement en pointant. || 4° Marquer sur une liste, au moyen d'un point ou d'une piqûre d'épingle, les personnes présentes ouabsenles. Vous n'êtes pas venu A l'heure, on vous a pointé. || B° Terme de musique. Augmenter de moitié la valeur d'une note, en faisant suivre cette note d'un point. || Détacher la note, dans l'exécution instrumentale ou vocale. {| Pointer un rôle, esquiver, en le chantant, les notes trop élevées ou trop graves qu'il renferme, et, par cousp(|uent, en moditier le texte. Les morceaux d'ensemble que l'on ne peut supprimer sont pointés a» besoin... Rubini pointait son rAle entier daus Norma, castil-blaze, l'Acad. imp. de mm, t. u,

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p. 292. Je pointai les passages trop graves des ensemble-! [il s'agit du rôle de D. Juan, trop bas pour Ad, Nourrit], in. Molière musicien, t. i, p. 32,1.

I 6° Terme d'imprimerie. Placer sur le tympan les feuilles qui sont en retiration, de manière que les pointures entrent exactement dans les trou» qu'elles y ont faits lorsqu'on tirait le premier côté. îj 7° Former la pointe dns aiguilles. || 8" Faire quelques points d'aiguille à une pièce d'étoffe pour conserver les plis. Il Terme de marine. Joindre deux laizes d'une voile par un simple point d'arrêt, en la réparant. ■i 9° Terme rie relieur. User de la pointe à rabaisser. jj 10° Termede charpente. Rapporter sur un panneau, avec le compas et la fausse équerre, les dimensions qu'on relève sur une épure. || U° Terme de marine. Pointer la carte, porter sur la carte le point que l'on a fait à midi, c'est-à dire marquer sur la carte marine le point de la mer oii l'on est, d'après l'estime et le calcul i|ue l'on a pu faire. || 12° Diriger vers un point en mirant. Pointer une lunette. {| Fig. U savait de quel côté ou plutôt de combien de côtés diflérents il fallait porter sa vue et pointer, pour ainsi dire, sa lunette, fonten. Dodart. \\ Pointer une bouche îi feu, donner à son axe une direction et une inclinaison convenables pour que le projectile atteigne un but déterminé. Le duc de Péquiny, appelé depuis le duc do Chaulnes, va faire pointer ces quatre pièces [à la bataille de Fontenoy] ; on les place vis-à-vis de la colonne anglaise, volt. Louis XV, 1B. Après avoir lui-même [Pierre le Grand] pointé l'artillerie devant Strasbourg, id. lliiss. II, 4. Il Absolument. Terme de marine. On pointe à démftler, on pointe à couler bas, on pointe à donner dans le bois, c'est-à-dire on dirige le canon de manière à briser les mftls, à faire couler, à frapper dans le bois. |{ 13° Y. n. S'élever vers le cieL Les oiseaux furent vus pointer Jusqu'en la région des nues, scar. Virg. n. Elles [les bécassines] partent de loin, d'un vol très-preste, et, après trois crochets, elles filent deux ou trois cents pas, ou pointent en s'élevant !i perte de vue, buff. Ois. t. IV, p. 255. Il Sa cabrer, en tendant les extrémités antérieures en avant, et en s'appuyant sur les extrémités jiostérieures. Un cheval qui pointe en place. Il 14° En parlant des herbes, des bourgeons, etc. commencer à pousser. Les bourgeons pointent de toute part. || Fig. Une femme, depuis fort de mes amies, commençait à pointer par ellemême à la cour, st-sim. 75, 223. Harcourt courtisa Mme de Maintenon dès qu'il put pointer, et la cultiva toujours sur le pied d'en tout attendre, id. 82, 62. Il 15" V. réfl. Se pointer, se diriger vers. Il avait si bien acquis la pénible habitude de l'attention, que, quand on lui proposait quelque chose de difficile, on voyait dans l'instant son esprit se pointer vers l'objet et le pénétre--, fonten. Malebranche.

— HiST. XV* s. Quand Nicolas Clifîort se vit argué et pointé si avant, si fut tout honteux, froiss. ii, ii, 84. Si prenez ce conseil bref, et pointez bien la chose avant pour lui donner cremeur [crainte] et à ses marmousets aussi, id. u, m, 72. || xvi* s Biron eschappa |à la Saint-Barthélémy] pour avoir fait pointer deux coiileviines à la porte de l'arcenal, d'aub. Hist. II, 20.

— ÉTYM. Point I ; provenç. ponchar; cat. punxar ; esp. pumar; ital.p«n(a»e. L'ancienne langue avait pointeer ou pninloyer, répondant, quant à la forme, à l'ital. punteggiare.

i 2. POINTER (poin-lèr), s. m. Terme de chasse. Espèce de chien anglais.

— ËTYM. Aiigl. pointer, chien d'arrêt, de to point, indiquer, montrer, qui est le français pointer.

t POINTERELLK ([loin-te-rè-l'), s. f. Nom vulgaire des insectes qui détruisent les bourgeons.

t POINTEROLLE (poin-te-rol"), s. f. Petit marteau pointu d'un côté et plat de l'autre, dont on se sert dans les mines.

POINTEUR (poin-teur), s. m. || 1° Chanoine pointeur, celui qui note les chanoines présents à 1 office.

II 2° Ouvrier qui empointe une pièce d'étoffe. || 3° Ouvrier typographe qui pointe la feuille sur le tympan. Il Celui qui enlève un morceau d'une planche clichée pour y faire une correction. || 4° En artillerie, celui des servants d'une bouche à feu qui est spécialement chargé de la pointer. |{ Pointeur-servant, celui des servants d'une bouche h feu qui doit aider le pointeur, en se conformant à ses indications. Le prince d'Orange vint aux batteries en 00-

(lère [elles n'ébranlaient pas la maison du roi], ac cusant la justesse de ses pointeurs, sauit-siiion,

— UIST. m* ■. Martigues estant couché sur 1«

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Basque d'un canon pour conteroUer le pointeur.... d'aub. Hist. I, 312. Celuyqui menacera ou injuriera de paroUes les homes de fief, les eschevins, les impositeurs ou pointeurs à cause de leurs offices, Houv. eoust. (jén. t. i, p. 986.

— ÉTYM. Pointer t .

t POINTICELLE (poin-ti-sè-1'), s. f. Terme de fabrique de soie. Petite broche qui traverse l'espolin de la navette.

f POINTIL (poin-til), s. m. Terme de verrerie. Verge de fer pour pointiller les glaces, à l'un des bouts de laquelle il y a une traverse formant, avec la verge, une espèce de T.

POINTILLAGE (poin-ti-Ila-j', {{ mouillées; et non pas poin-ti-ya-j') , s. m. I| 1° Action de pointiller. Il 2'' Petits points dans un ouvrage en minialure. || 3' Pointillage, ou pointillage blanc, coquille univalve (la cyprée érodée) .

— ÉTYM. Poivliller.

t POINTILLE (poin-ti-ir, Il mouillées), s. f. Conleslalioii, dispute sur un sujet l'oit léger. Il y a autant de faiblesse que d'imprudence à sacrifier .es grands et solides intérêts à des pointillés de gloire, RETZ, iv, mo. A l'égard de la signature que vous voulez donner à vos commis par la raison que vous ne pouvez, signer avec un commissaire particulier, je ne suis pas de votre avis, parce que ces pointillés d'honneur ne me semblent pas convenir au bien du service, Corrpsp. de Colberl , m, 207. C'est une poiniille indigne de théologiens de contester la réserve de la communion pour les malades, puisqu'on demeure d'accord de celle qu'on en fai- .sjit durant U santé, Boss. Déf. de la trad. sur la communion, }\, I5. Les vétilles, les pointillés de toute espèce d'exactitude et de précision faisaient moins aimer Maupertuis, st-sjm. t, 23.

— REM. Mot que l'Académie a rayé, à tort, de son dictionnaire et dont on peut très-bien user. Il a été employé par de bons auteurs et on l'entend encore dans la conversation.

— HIST. XVI' s. Et leur respondit si pertinemment sur tous leurs doubles, pointillés et interrogatoires.... CAELoix, viM, ai. Il faiilt, à la modo d'une information judiciaire, confronter les tesmoings et recevoir les objets sur la preuve des ponctiUes de chasque accident, MONT, i, H2.

— ÉTYM. Ital. puntiglio, diminutif de punto, point (voy. POINT )).

POINTILLÉ, ÉE (poin-ti-llé, liée, B mouillées), part, passé de pointiller. || i' Marqué de pelits points. Presque tout son plumage ejt blanc, pointillé de noir, surtout à la poitrine, buff. Ois. t. XVII, p. 4)2. De Nootka à Monterey, j'ai reconnu seulement les points que le capitaine Cook n'avait pas été à portée de relever, et qui étaient restés pointillés sur la carte, la pKroiise, Voy. t. iv, p. (89, ilans pouGENs. || 8° Terme d'anatomie pathologique. Se dit de la rougeur phlegmasique ou hémorrhagii)ue produite par une accumulation de petits points rouges serrés les uns contre les autres, ||S.m. Le pointillé, élat d'un tissu ainsi marqué. II y a du pointillé dans le cerveau. || 3" S. m. Manière de dessiner, de graver à petits points. Des pièces ciselées, et couvertes de mat ou de pointillé dans toute leur superficie, Kanuel de la garantie, i8Ss3, p. <a2. Il (ienre de gravures faites au pointillé. || 4° S. m. Poisson du genre saumon.

POISTILLEK (poin-ti-llé. Il mouillées, et non poin-ti-yé), v. a. || 1° Marquer avec des points. C'était la figure de ces bStimenls (vaisseaux d'une figure particulière] que l'on pointillait sur le visage des prisonniers samiens, p. l. cour. Lett. ii, 36». Il 3° Terme de verrerie. Pointiller la glace, enfoncer le pointil, du côté de la travers", dans un des pois à cueillir, et, avec le verre liquide qu'un en rapporte, l'attacher par les deux bouts de cette traverse à l'extrémité de la glace qui a été c(jupée, Dirt. des arts et rm'i. Clacerie || 3" Kig. Piquer par paroles. Ccst aujourd'hui l'acte [la tbi'sej du pauvre abbé [de Grignan].... on s'en va disputer contre lui, le tourmenter, le pointiller; il faut qu'il réponde à tout, sÉv. 30 mars 1872. ||4" V. n. Fairrdes points avec le burin, le crayon, le pinceau, .ïe graveur ne travaille presque qu'en pointil lanl. Il S- Fig, Disputer, contrarier pour des riens. Je ne sais (lOU'qiioi aussi, parlant des ministres huguenots, il s'est amusé à pointiller sur leur nom, BAi.z, liï. viii, lett. ♦(. Pour consumer sa vie à pointiller sans ces.se Sur le gpiire el l'espèce Oui ne servent & nen, cobn. Imitalùm, i, 3. On s'appliquait à réformer le texte des ancu ns auteurs par des interprétations recherchées, à pointiller sur une éq\i\inHue, Analyse de Bayle, t. i, p.tai. || S" Sepoinlil-

DICT. m LA LANGUE TRAtlÇAtêt.

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1er, V. réfl. Se quereller sur des riens. Ils ne font que se pointiller.

— HIST. XVI* s. Pour rompre le chemin à toutes subtilités dont vous sçavez pointiller une parole, CARL. i, 29. Il appointa plus de dix querelles qui estoient assez castilleuses ; mais il les sçavoit si bien débrouiller et poinctiller, par une longue routine, que.... m. m, 8.

— F.TYM. Poiniille.

POINTILLKKIE (poin-li-llo-rie, H mouillées, et non poin-ti-ye-rie), .«; f. Picoterie, contestation sur des bagatelles. Se brouiller ensemble pour des pointilleries d'honneur et pour des intérêts de peu d'importance, bollin, Hist. anc. Œuv. t. iv, p. 306, dans POUGENS. Tandis qu'ils furent directeurs des finances fArmenon,ville et Desmarets], je fus arbitre de leurs pointilleries, st-sim. <9t, 64.

— RTYM. Pointiller.

POINTILLEUX, ECSE (poin-ti-lleû, lleû-z, /( mouillées, et non poin-ti-yeû), adj. \\ 1° Qui aime à pointiller, à contester. Et le mien et le tien, deux frères poiiîtilleux, boil. Sat. xi. Le théâtre, fertile en censeurs pointilleux. Chez nous, pour se produii'e, est un champ périlleux , m. Art p. m. Les cœurs bien occupés ne sont guère pointilleux; et les tracasseries des amants sur des riens ont presque toujours un fondement be-iucoup plus réel qu'il ne semble, j. J. souss. Hèl. i, 35. Ces questions frivoles, singulières et sophislirjues, qui ne font qu'altérer dans les enfants la bonne foi du sens intime, rendre l'esprit pointilleux et faux.... marmontel, Œnvr. t. X, p. 74, Il II se dit aussi îles choses. Sur un fragile amas d'arguments pointilleux Bâtit du faux savoir le trophée orgueilleux, delille, Trois règnes, I. Il 2° Qui est susceptible, exigeant. Il me déplaît seulement qu'avec toute cette tendresse que vous me témoignez, il y a quelque occasion pour laquelle vous voudriez que je fusse pendu.... je crois que, sans être trop pointilleux, je le pourrais trouver mauvais, voit. Utï. 46. Je trouve comme vous qu'il faut être bien pointilleux pour être blessé d'un petit morceau de bois sur un banc, qui fait la différence des places, sÉv. 26 oct. («io. Ces hommes pointilleux, délicats et jaloux sur ce qui regarde le commandement, rollin, Ilist.ane. Œuvr. t. ui,p. 249, dans POUGENS. Suscc|itible et pointilleux comme toutes les personnes qui manquent d'éducation, GKNLis, Veill. du chdt. t. i, p. 2»2, dans puugens.

— MlST.ivi's.Un faux rapport ou une fausse opinion fera appeler au combat, tant on est chatouilleux et pointilleux en la conversation ordinaire, lanou^, 247.

— ËTYM. Poiniille; ital. puntiglinto.

tI'OINTROliLE(poin-tro r),J./'.Voy. POINTEROLLE. POINTU, UE (poin-tu, tue), ad). || 1" Qui a une

pointe aiguë; qui se termine en pointe. Un bâton pointu par le bout. {| Chapeau pointu, cliapeau haut de forme, qui va en di::nmi;inl. || Meiitou pointu, nez pointu, menton, nezipiieslen pointe. La dame au nez pointu [la belettel répondit que la terre Était au premier occupant, .. cont. Fahl. vu, (8. 112° Fig. Oui pique comme fait une pointe. Je ne sais si vous soutiendrez la froideur de cet air glacé et pointu [la bise], qui perce les plus robustes, sÉv. 26 mars («80. || 3" Fig. Oui aime à subtiliser, à chercher des difficultés. Pour discourir de la vertu, Il ai-ait l'esprit fort pointu, scarr. Virg. vi. C'était un homme [l'abbé de la Châtre] qui ne manquait pas d'esprit, mais pointu, désagréable, pointilleux, st-siu. 54, (60. Sévigné, du naturel charmant et abondant de sa mère, et du précieux guindé et pointu de sa sœur, avait fait un mélange un peu gauche, ID. 344, 7. jj Jérôme Pointu, titre d'une farce de la foire. On quitte Tartuffe et le Misanthrope pour courir A Ji'rôma Pointu ; le bon goût est perdu, diderot, A'sMt bon, ett-il rnéchantP m, 12. IITrès-familièrenieiit Un pointu, un homme à l'esprit pointu. N'écoulii pii.i ces pointus. ||Style pointu, celui dans lequel on a toujiuis l'air de chercher une pointe, soit par des antithèses, soit par des pensées dissimulées, ou par lalTectalion do la profondeur, ou par des généralités trop ab.straites. Ces vains amas d'antithèses pointues, D'expressions flasques et relmllues. Dont nous voyons tant d'auteurs admirés Farcir leurs vers, du badaud révérés, j. s. houss. Ép. i, (. Je connais des gens qui, à sa place |de l'einpercur d'Alloinagiie],... s'arrondiraient, attendu qu'en philosophie la figure ronde est la plus parfaite; mais je crains do dire ile.s sottises liop pointues.... volt. Ult. au roi de Pr. lïavr. (771. Il 4" Se dit d'une voix qui ne donne que des sons grêles, et n'a de développement que dans la partie aigufi. || S' Nom spécili(|uu d'un chélodon.

— HIST. TVi* s. Il fcit TGiupIlr les dittcs fosses el

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tranchées de paux [pieux) poinctus aguisez par les bouts, amyot, Pomp. 88. Cette poinctue vivacité de l'ame, mont, m, 88. Les devis poinctus et couper ipie l'alaigresse et la privante introduict entre ie? amis, gaus.sants et gaudissants plaisamment le? uns les aultres, m. iv, B8.

— Rtym. Pointe; prov. punchut.

POINTUUE (poin-tu-r'), s. f. || l" Synonyme do

piqûre. Mon cœur tendre à l'amour en reçoit la pointure, régnieb, Sat. vu.- Plus on leur ôtera la pointure de l'étrangeté.... j. j. Rooss. Ém. ii. || L'Académie ne donne pas ce sens de pointure; mais il se trouve dans de bons autours; il est dans les anciens écrivains. Il n'y a aucune raison pour ne pas s'en servir. || 2° Terme d'ira[irimerie. Petite lame de fer qui porte une pointe, et qui sert à fixer sur le tympan la feuille à imprimer. || Trou qu'elle fait dans le papier. || 3° Terme de cordonnier. N'irubre do points d'une chaussure. Quelle pointure chaussez-vous habituellement? C'est une pointure de femme, d'homme. |{ 4" Terme de marine. Raccourcissement de la voile dont on ramasse et trousse le point pour l'attacher à la vergue, à l'efl'et de prendre peu de vent, ce qui se fait en un gros temps.

— HIST. xii' s.Kles gardent en soi la pointure de coz choses cui eles aiment, Joi!), 473. || xvs. La pointure amoureuse que Douls-reganl, le soubtil archer, procure et envoyé à gentds courages, Bouciq. i, ch. 8. Il XVI* s. Les poinctures de la peur, mont, i, 64. Ne pouvants sousienir les ;is.saults et les poinctures de ces mousches, iD. II, (9i. Les causes de convulsion sont, pointure de nerfs... PARé, vii, ».

— ÉTYM. Prov. punchura, punctura; ital. puntitra ; du lat. punctura, de punctum, supin de pungere, poindre.

POIUE (poi-r'), s. f. Il 1° Fruit à pépins, de forme oblongue, et plus grosse à la partie inférieure. Duhamel a laissé macérer une poire dans l'eau pendant deux ans pour en faire l'analomie, sknnesuer, Art d'observ. t. i, p. 238, dans poi gens. || Poire à deux yeux, espèce de poire dans laïuelle l'œil est double. Il Poires d'Auch, poires sans pépins, d'un goilt excellent. Il F.nlre la poire et le fromage, au dessert, à la fin du repas, au moment on l'on cause librement. Entre la poire et le fromage, je lui témoignai que je serais bien aise de voir quelqu'une de ses productions, le sage, Gil Bl. vil, 13. Il Kig, Garder une poire pour la soif, conserver quelque chose pour le besoin. Le capitaine avait des biioui qu'il gardait comme une poire pour la soif, lesage, 6'uxmari d'Alf. Il, (0. Il Fig. La poire n'est pas mûre, se d^i d'une opportunité qui n'est pas encore venue. Il 2° Poire molle, poire qui se ramollit, qui devient blette. Il Fig. Ne pas promettre poires molles, faire des menaces sévères, annoncer qu'on agira rigou reusement. La dureté do votre âme, qui, par sei continuels dédains, ne me promet p:is poires molle» mol. Comtesse, i5. On dit à propos de pape, que le cordolier Gaiiganelli ne promet pas poires molles à la société de Jésus, d'alemk. Lett. au roi du Prusse, (« juin I7«9. || 8° Poire d'angoisse, voy. angoisse. Il 4" Poire à poudre, espèce de petite bouteille de cuir bouilli, de corne, où l'on met la poudre do chasse. || 6° Pprle en poire, perle de figure oblongue comme les poires. || fendant d'oreille en forme de poire. || Taille du diamant en poire k facettes; on dit aussi poire à l'indienne. ||6". Contrepoids de la balance romaine, parce qu'il a la forme d'une poire. || 7° En termes d'éperoiinier, poires secrètes, .sorte d'embouchure du mors d'un cheval. Il 8° Poire de terre, topinambour. || Poire d'acajou le fruit du cassuviuin. {[ 9° Plusieurs coquilles univalves: poire d'agate; poire sèche.

— HIST. xiii' s. Atant demeurèrent las paroles, el li qunns n'oublia pa» la poire au feu, Chr. de Rains, p. (4. Hall con me conduiriez, S'estoie on une en fermeté [en une maladie]. Et con «eroie à .sauveté! Vos me loriez poires moles, B«n. («3Î7 La cuisse d'ane mort font cent sous [en une faninn acater [acheter]; Cinq sous vent-on la poire, quant on la peut trover, C'i. d'Anl. iv, 699. |) xiv* s. Une poire d'or [petit flacon] à mettre eauo roze, à u.t petit entonnoir d'or, na labohuk. Émaux, p. 466. Il xV s. Plus rébarbatifs que singes qui mangent poires, fhoiss. u, m, 38, Poires d'angoisse ou dt caillau pépin, très grosses, pour quatre denier;, le quarteron. Journal de Paris sous Charlet VI et Vil an I44U, p. iMb dans LAcuHNii. Il xvi* s. Puires ù« lion-cbicstieii, pahE, xxiv, sa. Après s'y servil-oil [aux espaliers] des petites poiree musquées, o. ut hKBRi;s, «66. La poire appelée à Paris de messim Jean est tille qu'un l'uuphiné et Languedoc l'on nomma de eouli<.... la r ellte muscateline est U

Ui — IbO

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plus peiite, I& plus muscate, et la plus primeraine fie toutes les autres; la dorée, ainsi dite pour l'or dont elle est peinte du côté regardant le soleil.... tes blanquetes sont de diverses grandeurs , la plus pxKse est surnommée de florence, estans toutes \e .semblable couleur, à sçavoir fort blanche, dont elles portent le nom.... les rauscatelos sentent toutes le musc, au reste sont beaucoup différentes pnr entre elles.... la brute-bonne porte le nom de sa ligure mal-plaisante et de son gousl trts bon, elle est grosse, meure au mois de juillet... lo. «89. Des poires d'esté l'honneur est donné à la dorée; de celles d'aulomne, à la borgamote; et de l'hiver, au bon-chrestien, ID. 847. Qui avec son seigneur mange poires, il ne choisit pas de» meilleures, cotgr.wb.

— ÊTYM. Berry, poise, pouise; genev. un puire; liai, pera; du lat. piVum.

POIRÉ (poi-ré), s. m. Boisson fermentée faite •vec des poires. Les poires les plus âpres sont celles dont on lire le meilleur et le plus agréable poiré, GENLis, Haison rust. i. m, p. »«<, dans pquoens.

— HlST. ivi* s. Oui ont accoustumé de boire du peré ou du pommé, paré, xxiv, 23. Il y a du poiré qu'on nomme du carisi, lequel se fait d'une seule espèce de poire ainsi appellée, rendant "meilleure uoisson qu'aucune autre^ o. de serrks, 34t.

— ÉTV.M. Poire.

'P01RKAC( poi-rô), ». m. Voy. porriah.

POIRÉE (poi-rée), *. f. || 1° Anciennement, mélange de poireaui et autres légumes avec lesquels on faisait un potage. || 2° Aujourd'hui, poirée, ou, plus souvent, carde poirée, variété de la bette ordinaire dont on ne mange que la côte ou nervure médiane des feuilles. || Poirée sauvage, bêla ci/ein, L. (chénopodées).

— Hisr. xin* s. Courtillage, c'est à savoir toute manière de porées, pois noviaus, fèves novoles en cosse vert, Itti. des met. 276. ]] xiv s. Bettes semez en mars; et, quand elles sont bonnes à mengier, soient coupées près de la racine, car tousjours rejettent et recroissent et deviennent porées, Ménagier, ii, 2. Porée blanche est dite ainsi pour ce •u'elle est faite du blanc des poreaux : Porée blanche

de bettes, une espèce de porée que l'en dit espiars, ib. u, s. || xvi* s. Et, pour de lui esire fort amée, je lui ferois mengier une poirée d'herhes cueillies la nuict Sainct Jehan à nonne. Les Éianij. des qwnouilleSip. 74. De mengierchault pot.iige, et especialoment porée de choulz, on eu a les dens Doirs, l'b. p. ïO.

— ÊTYM. Lat. porrum, poireau, proprement bouillon de poireaux.

POIRIER (poi-rié; \'r ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : des poi-rié-z en fleur), s, m. || 1° Arbre de la famille des rosacées, qui porte des poirt;.'<, pirits eommunit, L.\\ie l'ai vu poirier, se dit d'un parvenu que l'on a connu dans une situation fort obscure, comme certain paysan le disait des saints de bois de sa paroisse. || Ordre du Poirier, ou de Saint-Julien du Poirier, nom d'un ocdre espagnol de chevaleYie institué eu Ii67, par Gomcz Fcrnand, roi de Léon, et qui a porté depuis le nom d'Alcantara. || Poirier du Japon, cydonia japonica, Pers. .; 2" Poirier des oiseleurs, le sorbier des oiseaux. 118° Poirier avocat, le laurier avocatier. || i" Poirier des Indes, le goyavier.

— HlST. xiu' s. Fin cuer de chaisne sanz aube, de perier, d'alier et d'érable, Liv. des met. <C3.

|xvi' s. Sur lui-mesme s'ente le poirier, sur le ommier aussi, o de serres, 888.

— ÊTYM. Berry, poùier, pouèsier; wallon, pert; du bas-l«t. pirarius, qui vieut de pirus, poirier, ptrum, poire.

POIS (pol; \'t se lie : un poî-z à caut're), s. m. lll* l.égume de forme ronde (pisum saiwum, t.). Le chapitre des pois dure toujours; l'impatience en manger, le plaisir d'en avoir mangé et la joie en manger encore sont les trois points que nos princes traitent depuis quatre jours, m"* de main- TENOK, Lttl. mai )e»6. Il y a des dames qui, après avoir soupé avec le roi, et bien soupe, trouvent des pois chez elles pour manger avant de se coucher, «u risque d'une indigestion ; c'est une mode, une fureur, id. Lett. au card. de Noaillet, 1 8 mai iS9a.||0ndii aussi petits pob, désignation tirée de ce qu'en plusieurs provinces, en Normandie cotre autres, on nomme pois les haricots. Ma santé ne |>eut plus tenir à l'hiver liarb^ire qui nous accable au mois d'avril, et aui neige» qui nous envilunnent, lorsque ailleurs on mange des petits pois, .uLT. Utl^d'ATyentai, I» avr. 1767. || On les noiumn encore pois VtIs, ;'-ir opposition aux pois secs qu'on ca iBauge nunu ^orés. Je couseus.... Uu'â Pari-

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le gibier manque tous les hivers, £t qu'à peine au mois d'août l'on mange des pois verts, BOii.. Sat. m. Il Fig. et familièrement. U va et vient comme pois en pot, se dit d'une personne qui se donne beaucoup de mouvemenr, à cause que dans un pot qui bout les pois montent et descendent sans cesse. Je quittai le solliciteur, et m'en allai dans une grande salle pleine de monde qui trofti;t d'un côté et d'autre, comme des pois qui bouillem dans une marmite, Francion, iv, p. I72. jjJe lui rendrai pois pour fève, s'il me donne des pois, je lui rendrai des f^ves, c'est-à-dire s'il me fait delà peine, je lui rendrai la pareille et même davantage. || Donner un pois pour avoir une fève, donner quelque chose à l'effet d'obtenir davantage. || Que ce soient pois, que ce soient fèves, se dit en parlant de choses pour lesquelles on est indifférent. || Vous ai-je vendu des pois qui n'ont pas voulu cuire? c'est-à-dire que me reprochez-vous? vous ai-je attrapé, trompé? Il Fig. Manger des pois chauds, voy. manger, u° t. Il Gens à manger des pois au veau, s'est dit autrefois de genssams courage. Nous ne sommes pas des gens à manger des pois au veau; schelmo [coquin), <|ui dira que S. E. se doive et puisse accommoder avec honneur, sans y faire trouver à ses amis leur avantage, RETZ, IV, 270. Il 2" Pois sans cosse, pois goulus, pois mange-tout, pois dont la cosse est tendre et se mange. Il 8° Plante qui porte les pois. Ramer des pois. La fleur des pois est papilionacée. || Fig. La fleur des pois, se dit de personnes remarquables par leur élégance, leur position, leur agrément, etc. Malgré de tels vices, et dont la plupart étaient si destructifs de la société, Mme de Nangis était la fleur des pois à la cour et à la ville, sx-sm. 39, 4 03. Nangis, que nous voyons aujourd'hui un fort plat maréchal de France, était alors la fleur des pois, id. (39, 34. Il En un sens contraire, on dit d'une personne : ce n'est pas la fleur des pois. |{ 4° Pois des champs, espèce qu'on nomme aussi pois gris, pois de pigeon, pisaille, pois carré, pisum arrense, L. Il Fig. C'est un avaleur de pois gris, c'est un homme do bon appétit qui mange de tout, et aussi un homme qui dépense avec profusion. Sur les morceaux touchés de sa main délicate Ou mordus de ses dents, vous étendiez la patte.... Et les avaliez tous ainsi que des pois gris, mol. VÉt. iv, 6. || 6' Pois chiche (cicer arielinum, L-, papilionacées), plante annuelle d'Italie très-cultivée dans les parties méridionales de l'Europe, en Asie et en Afrique. Les pois chiches sont la base de la purée aux croûtons. Il Pois de brebis, pois breton, pois cornu, pois de serpent, voy. gesse. |1 Pois de senteur, pois musqué, pois à fleur, plante grimpante dont la fleur est très-odorante, latliyriis odoratus, L. || Pois à bouquet, pois \is&c(i, lathyrus lalifolius, i.||Le pois de merveille, eorindum, L. || 6" Pois à cautère, ou pois de cautère , petites boules d'iris qu'on met dans les cauières pour en entretenir la suppuration. || 7' Pois piles ou jeux des pois piles, s'est dit de farces ou moralités (par une comparaison plaisante aux pois piles qui étaient alors un plat en usage). Leur voyant tous les jours faire cas de je ne sais quels écrits qui devant les jurés du métier no passent que pour des pois piles de l'hôtel de Bourgogne, malh. Lett. ii, «7.||0n a écrit aussi poids piles, disant que ces farces se jouaient dans une maison portant pour enseigne des poids en pile. Mais ni cette orthographe ni cette étymologie ne peuvent se soutenir devant l'historique.

— REM. Donnez-moi des petits pois et non de petits pois, parce que petits pois est regardé comme un seul mot.

— HIST. XII* s N'i vaut sa lance un pofs,

Koncisv. p. 13. Il XIII* s. Charnaige [carnaval] garde [regarde] d'autre part. Et voit venir les pois au lart, BABBAZAN, Fabl. t. iv, p. 88. Je me tieg [liens] & pois piles, Kss. de poésies franc, arant 1 300, t. II, p. 836, dans pougens. |) xiv* s. Onques Carenlouet n'en paya deux poi.s bis, Ains ot de remanant mille florins eslis. (iuescl. (9385^ Huit boissiaus de pois blans [haricots], du cange, pisum. Et alors Jehan Touslans, qui avoit semé les pois devant les coulions [pigeons], entra plus et plus eu matière, G. chastel. Chr. des ducs de Bourg, u, 2. Or, m'en laissez faire. Je m'en voys faire piler les [X)is, Rec. des farces, etc. p. «67. || xvi* s. Les fèves, pois , fazeols, geisses, |>ois-cicbes, poisillons, vesces, lupins.... o. de serres, ki. Les avoines et les petits pois, ID. 4<7. Les pois do merveille seront ici emploies; ils naissent dans une vessie de la grosseur d'un esteuf, trois en chacune vessie; les puis sont noirs, aians une marque blanche au milieu, de la ligure du coeur..., IC it2. Après la foste et le

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jeu, les pois au feu, cotghave. Se vantent et piaflent comme roys des poix pillez aux jeux et farces de jadis faites en l'hostel de Bourgogne à Paris, URANT Cap. franc, t. ii, p. 2î2 , dans lacurne.

— f.rvM. Wallon, peu; du latin pisum, supin de pinsere, broyer, d'après l'habitude qu'on avait de manger les pois en bouillie. Le grec wtoo;, avec l'i bref, vient de tctioctio, qui sijtnifie aussi broyer. POISON (poi-zon), s. m. || 1* Nom générique de toutes les substances qui, introduites dans l'économie animale, soit par l'absorption cutanée, soii parla respiration, soit par les voies digestives, agissent d'une manière assez nuisible sur le tissu des organes, pour compromettre la vie ou déterminer trèspromptement la mort (voy. venin). Le roi... eût livré ce grand homme [Annibal], S'il n'eût par le poLson lui-même évité Rome, coaw. Nicom. i, i. Elle [la duchesse d'Orléans] disait toutes ces choses en anglais, et, comme le mot de poison est commun à la langue française et à l'anglaise, M. Feull-let l'entendit et interrompit la conversation, disant qu'il fallait sacrifier sa vie à Dieu et ne pas penser à autre chose, m"* la fay. Uist. Henr. d'Angl. J'ai pris, j'ai fait couler dans mes brûlâmes veines Un poison que Médée apporta dans Athènes, rac. Phèdre, V, 7. Et le fer est moins prompt pour trancher une vie Que le nouveau poison que sa main me confie, id. Brtt. iv, 4. Si la terre produit des poisons comme des aliments salutaires, volt. Jenni, 9. Il lâllait du courage, comme Storch, pour essayer sur soi-même les poisons [ciguë] qu'il voulait offrir aux autres comme des spécifiques, sewnebikr. Art d'observ. t. i, p. 420, dans pougens. Mon père en ce palais est mort par le poison, ducis, Hamlet, II, 5. Il Cour des poisons, chambre royale établie à l'Arsenal en 167», pour connaître et juger les crimes d'empoisonnement, maléfice, sacrilège et fausse monnaie. || Terme de pratique. Crime d'empoisonnement. Accusation de poison. || 2» (*ar exagération, breuvage, nourriture de mauvaise qualité. Toutefois avec l'eau que j'y mets à foison. J'espérais adoucir la force du poison, boil. Sot. ni. || 8° Fig. Maxime pernicieuse, discours, écrit corrupteur, lit si l'erreur s'épand jusqu'en nos garnisons, Elle y pourra semer de dangereux poisons, corn. 5cr(or. 3. Il répand tant de poison dans ses discours, Boss. Var. 9. Des poisons qu'un flatteur distille, C'était à qui le nourrirait, béhang. Étoiles qui f. Qui (iit pamphlet dit un écrit tout plein de poison. — De poison? — Oui, monsieur, et du plus détestable, sans quoi on ne le lirait pas, s'il n'y avait du poi- ,son ; non, le monde eit ainsi fait ; on aime le poison dans tout ce qui s'imprime, p. l. cour. Pamphlel des pamphlets. \\ Le poison de Ibércsie, les dogmes des hérétiques. || 4° Fig. Tout ce qui trouble la raison, agite le cœur. La crainte, le regret, le déplaisir et tout ce qu'il y a de poisons froids dans l'amour, voit. Œuv. t. u, p. lo, dans pougens. Enfin, je Os du poison de tout, et je vins voir Bélasire, plus désespéré et plus en colère que je ns l'avais jamais tté, la fay. Zayde, (Euv. t. I, p. au, dans POUGENS. C'est un poison pour vous que la tristesse, et c'est la source des vapeurs, SÊV. à Bussy, 9 oct. I676. L'orgueil, qui est presque insép.irable de la faveur, est un poison péluUi'ant et subtil qui se glisse insensiblement dans l'ime des grands, klécii. Mme de Uoniaxtsier. D'un regard enchanteur connaît il le poison? hag. Brit. u, 2. Ouel funeste poison L'amour a répandu sur toute sa maison! iD. Phèdre, m, (i. Tout le reste n'a servi qu'à augmenter le poison qui brûle déjà dans mon cœur, fén. Tél. iv. Déliez-vous de ces douces paroles ; ne lui ouvrez jamais votre cœur ; craignez le poison flatteur de ses louanges, lo. ib. Quand ils [les princes] n'ont jamais goûté que le doux poison des prospérités, ils se croient des dieux, ils veulent que les montagnes s'aplanissent pour les contenter, ID. ib. xxiv. De quel poison charmant je me sens pénétré ! volt, i'onuon, m, 3. Heureux.... Pour qui les yeux n'oni point de suave poison! a. chén. Élégies, 16. || 6° Au féminin, dans le langage le plus trivial, une femme, une fille mauvaise comme du poison. Ampère raconte qu'il entendit une Canadienne qui appelait son enfant, dire : As-tu vu cette poison d'enfant? ~ KRM. Poison était autrefois féminin, comme le veut l'étymologie ; Malherbe lui a encore donné ce neiire : César assiégeant Corfinium, Domitius, qui était dedans, commanda à un qui était son serviteur el son méilecin tout ensemble de lui donner de la puisuii, le Traité des bienf. de Sinéque, ni, ■i*. Ce «cnru se conserve dans la bouciic du peupla. — HIST xui* H Que je vos ai la prison (potion]

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quise [cherchée], Qui bone est contre vostre mat, Ren. (9362. Atien et sueffre la detrece Oui orentlroit [maintenant] te cuit et blece; Car ge sai bien par quel poison [potion] Tu seras tret à gsrison, (il Rose, 2o4;i.||xiv' s. Poisons pour tuer cerf ou sanglier, Meitagier, H, 5. || ïvi" s. l£ vin pur, qui autrement est un certain remède contre la poison de la ciguë, si vous le meslez avec le jus de la ciguë rend la force de la poison irremodiable, amyot, Com. diseem. le fiait. 36. La substance du i oison et contre-poison, paré, xïiii, 3. La contre-poison doit esire plus forte que la poison, à Qn qu'elle domine, ID. XXIII, u. Il est aysé de le garantir de l'impression de cette poison [l'éloquence], mont, i, 38i. Colère, envie, despit , haine, avarice, cupidité, et toute affection particulière, la poison mortelle du jugement et tout bon sentiment, charron. Sagesse,

p. 412, dans LACURNE.

— ETYM. Prov. poùo, poijzon; espagn. pocion; ital. poiione; du lat. potionem, potion (voy ce mol). Poison n'a signifié d'abord qu'un breuvage, puis, à la lo«gue, sest particularisé et a signifié un breuvage malfaisant. Le genre, qui naturellement était féminin, a changé vers le xvi« sitcle.

POISSARD, ARIIE (poi-sar, sar-d'), adj. || 1° Qui imite le langage et les mœurs du plus bas peuple. Chanson poissarde. Le genre appelé poissard, qui immortalisera le nom de Vadé, son créateur, tant que la basse populace en fournira le modèle, et que cette bonne compagnie qui se croit fidèle garde du bon goûi, lui fera l'honneur de s'en amuser, d'a- LEMB. Éloges, La Chaussée. \\ %° S. f. femme qui a des manières hardies, un langage grossier. ]| Plus particulièrement. Femme de la halle.

— HIST. xvi* s. Poix dont vient poissard pour un larron, bob. estienne, Gramm. franc, p. (ng, dans lACURNE. Dès aujourd'huy contre eux je me présente; Ce sont poissars, pipereaulx mal mondains, ROGER DE COLLERVE, Contre les cIctls de ChaxtcUet, la Bazoche, édit. (536, f° m. Poissard, A filcher, nimmer, purloyner, pilforer; one whose fingers are as good as so many lyme-twigs, cotgrave. Une poesarde, une vendeuse de marée, par mépris, ou- DiN, Cur. franc.

— KtYm. Poix, comme on voit à l'historique. Le «ens propre de poissard est fripon, vaurien, voleur, dont les doigts se collent aux objets comme de la poix ; il s'est particularisé pour exprimer la grossièreté, <"*., encore davantage, pour exprimer la grossiéreic des halles. Mais poisson, malgré l'apparence, n'y est pour rien; seulement la per.^^uasion qu'il y était pour quelque chose a déterminé le sens que poissarde a aujourd'hui. l

l'OlSSfi. ÉE, poisé, sée), part, passé àe poisser. t HOISSEMENT (poi-se-man), t. m. Action de poisser; résultat de cette action.

— HIST. xvi's. L'onestoit contraint réitérer souvent le poixement en un mesme tonneau, o. de

POISSER (poi-sé), v.a.\\i' Enduire de poix. Poisser du lil, un tonneau, j] i" Chez les verKetiers, coller les soies des balais dans des trous avec do la pois. Il 3° Salir avec quelque chose de gluant. Je me suis poissé les doigts avec des confitures.

— HIST. xin* s. Kt les fers et les lleches [ils] font de solfie [souffre] poier, Ch. dMnI. iv, 393. ||xv* ». Les chemi.ses lissées et poyées estoicnt sèches et déliées et joignans à la chair, et se prirent au feu à ardoir, fhois.s. m, iv, 32.||xvi' s. Leur ordre à poixer les tonntaux esloit toi, o. de serres, 233.

— ETYM. Berry, péger; prov. et espagn. pegar ; du lat. picarc, de pix, poix. Poisier vient de poix; l'ancienne forme poier vient, comme le provençal et lespagnol, de picore.

t POISSEUX, EU.SE (poi-.seû, seû-z'), adj. Qui poisse, qui est enduit de poix, S'il [le laitier] est poisseux, ou mêlé de mine mal fondue, il indiquera le mauvais travail du fourneau, buff. Uin. l. iv, p. )IH. Quand on a manié pendant quelque tom|>s des tithymales, les mains sont tellement poisseuses qu'elles se prennent et collent à tout, chaptal, /n.v(. Mém. tcienc. t. i, p. 'Jlio.

— HIST. XVI' s. L'a.sprB hyver se deslie au gracieux retour D'avril et des zephirs revoluns i leur tour; Kt le rouleau glissant en haute mer retireLa poisseuse navire, am. jamin, Poésies, p. »0.

— ETYM. Poi,x; Berry, yéqeux.

t POISSILI.ON (poi-si-llon , U mouillées), $. m. Petit poisson.

— HIST. xvi* s. Les canes d'elles mesrnes se vont qiicster leur vie es rivières et ruisseaux, mangeaiis des poisslllons qu'elles y treuvent, o. ok sïhrb.s, ■ni.

— ETYM. Ditiiinulif de poisson.

• POISSON (poi-son) , s. m. || '"Animal vertébré qui naît et vit dans l'eau. Hisr, vendredi, il nous donna à dîner en poisson; ainsi nous vîmes ce que la terre et la mer savaient faire ; c'e.st ici le pays des festins, sÉv. 569. Les voyages ne me coûtaient rien : savez-vous celui, que je fis pour une certaine sorte de poisson dont je mangeais à Minturne dans la Cauipanie? on me dit que ce poisson-là était bien plus gros en Afrique; aussitôt j'équipe un vaisseau, et fais voile en Afrique. FONTEN. niai. 3«, Morts anc. mod. Les deux pèlerines.... furent bien surprises de trouver un petit repas en poisson, quoique ce fût un jour gras, II). Letl. gai. 3u. Le pingouin, le manchot, oiseaux demi poissons, buff. Ois. l. xvi, p. 255. Vraisemblablemenl les poissons sont de tous les animaux ceux à qui il a été donné de vivre le plus longtemps : on a vu des carpes de cent cinquante ans, bonnet, Conti-mpl. nat. xii, 27. On sait que les vrais poissons, les poissons à ouïes, ne s'accouplent pas, SD. ib. xii, 27. Il Poissons fossiles, poissons qu'on trouve dans les anciennes couches terrestres. U est démontré par l'inspection attentive de ces monuments authentiques de la nature, savoir les coquilles dans les marbres, les poissons dans les ardoises, et les végétaux dans les mines de charbon, que tous ces êtres organisés ont existé longtemps avant les animaux terrestres, buff. 4« épnq. nat. Œuv. t. xii, p. 230. Il Être muet, rester muet comme un poisson, rester interdit, et aussi garder un silence absolu. ;! Fig. Être comme le poisson dans l'eau, être à son aise en quelque lieu. Encore un peu de patience, me disait-il; je vous placerai dans quelque maison où vous serez comme le poisson dans l'eau, lesage, Estev. Gonz. 9. || Etre comme le poisson hors de l'eau, être hors du lieu où l'on voudrait être. || Il avalerait la mer et les poissons, se dit d'un homme qui a grande -oif, et au.ssi d'un homme qui mange beaucoup. || Kamillèrement. Cet homme est moitié chair, moitié poisson, on ne sait s'il est chair ou pois.son,il n'est ni chair ni poisson, on a peine à dire de i|uelles mœurs, de quel naturel il est, ce qu'il aime, ce qu'il hait, ce qu'il veut, ce qu'il ne veut pas. Il 2" Poisson blanc, dénomination qui n'a nul rapport à la couleur de la peau, mais qui sert à désigner des espaces dont la chair pâle a peu de goût. Le gardon est un poisson blanc. || Poisson de nuit, harengs apportés le jour méiBe où ils ont été pris, quand le bateau est petit et peu éloigné du port; on les estime beaucoup. I| 3° Poisson de roche, le bar. || Poisson aigle, la raie-aigle. || Poisson juif, traduction française des mots pesce jouzwu dont on se sert à Marseille pour désigner la zygène tudès ou zygène marteau, à cause de sa ressemblance avec l'ornement de tête que les juifs portaient autrefois en Provence (on l'appelle vulgairement le marteau), leooarant. Il Poisson ronge, cyprin doréou dorade de la Chine. || Poisson volant, nom donné à tous les exocets et à des espèces ilo plusieurs autres genres. Du fond des eaux je vois s'élancer dans l'air le poisson volant, dont les nageoires ressemblent aux ailes de la chauve-souris, bonnet, Contempl. nat. m, 26. 114° Dans le langage scientifique, le poisson est un animal qui respire par des branchies ; et les cétacés, qui ont des poumons, ne sont pas des poissons; mais on donne abusivement le nom de poisson à certains cétacés. Il Poisson anthropoœorphe, le lamantin et le dugong. Il Poisson bœuf, le lamantin des mers d'Amérique. Il Poissons .soiiflleurs, les cétacés. || 5° Le poisson, symbole dont la primitive Église se servait pour désigner le Christ, à cause que, dos cinq mots grecs Iriooûç, XpiuTi:, e«où Hos, Suit^ip, si l'on réunit les premières lettres, on a lx6ù;, qui signifie poi,sson;cet acrostiche paraît avoir été tiré, par quelque chrétien, des livres sibyllin». || 8° Poisson Heur, les méduses et les actinies. || 7* Poisson d'avril, maquereau. |{ Populairement. Un poisson d'avril, attrape qui consiste i faire courir quelqu'un sous de faux prétextes le premier jour d'avril. Premierd'avril, et ce n'est pasun p"issond'avril, VOLT. ./-«■«. d'Argental, l" avril <767. || 8* Poisson royal, sa disait autrefois des dauphins, esturgeons et saumon», parce que, quand ils échouaient sur le rivage, ils appartenaient au roi seul. Déclarons les (iauphins, esturgeons, saumons et truites, être poissons royaux, et en cette qualité nous appartenir, quand ils sont trouvé» échoués, Ordonn août i«hi. Il Le» laleines, marsouin.s, veaux île mer, thons et soufllour», appelés poissons à lard, étaient au contraire iwirtagé» comme épve». || 9" T.îrineilo blason. On nomme (loisson dans l'art héraldique, celui dont on ne peut désigner l'espèce. || if S. m. pi. Les

Poissons (avec une majuscule), l'un des signes du zodiaque mobile, celui qui, par suite de la révolulion annuelle de la terre, semble parcouru du 20 février au 20 mars à peu près par le soleil. |{ Nom d'une constellation du zodiaque fixe. || le Poisson austral (avec une majuscule), constellation de l'hémisphère méridional située sous l'urne du Verseau. Il Le Poisson volant (avec une majuscule), autre constellation de l'hémisphère méridional, qui n'est pas vLsible dans nos climats. || Proverbes. Les gros poissons mangent les petits, c'est-à-dire les puissants oppriment les faibles; et aussi les sentiments les plus forts font taireles plus faibles. 11 faudrait plus d'un cœur pour aimer tant de choses à la fois; pour moi je m'aperçois tous les jours que les gros poissons mangent les petits, sf.v. 232. Voil.'i une lettre infinie.... tous mes autres commerces languissent, par la raison que les gros poissotis mangent les petits, m. À Mme de Griijnan, 3 juill. 1875. Il La sauce vaut mieux que le imisson, c'est-à-dire l'accessoire vaut mieux que le principal. || La sauce fait manger le poisson, se dit rie quelque chose de peu agréable que les circonstances accessoires font passer. || Il ne sait à quelle sauce manger ce poisson, se dit de celui qui a de la peine à digérer quelque affront, quelque injure, qui ne sait comment prendre un discours qu'on lui tient. |! Jeune chair et vieux poisson, la chair des jeunes héles et celle des vieux poissons sont les meilleures. Vous faites bien mentir le proverbe qui dit : jeune chair et vieux poisson, voit. l.elt. <4;i.

— HIST. X* s. Cel pescion , Fragm. de Valenc. p. 467. Il XII» s. Présent jilj leur envoia vin froit et bon poisson, Sai.xxii. || xni* s. Je ne sui pas si aise com le poisson qui noe |nage|, lifrle, xxxiii. Atant ez-vos grant aloùre Marcheanz qui poisson menoient, Et qui devers la mer venoient , Ben. 773. Blanc poisson qu'on prend as. buiions et as nasses, ou CANGE, anwilla. Et si ne soit boni si hardis ki piscon venge [vende] à détail, ki le raport salé.... tail- LIAR, Recunl, p. 405. Poisson sont sanz nombre, BRUN. LAT. Très. p. <82. || XV" s. On dit qii'cschaiidez yaue |eau| craint; Poissons batu fuitle fille, E. desch. Poésies mss. f" 221. Maquereau , c'est poisson d'april, Ancien théâtre français, t. 11. p. ai. X ce respons, s'auciinsle me demande. Entre deux eaues comme le poisson noue |nage],cii. h'obl. Bail. H'S. || xvi s. Telle resverie, dis-je, qui n'e-st ne chair ne poisson, est exclue, calv. Inslit. 219. Si se pensa que le lendemain estoit jour de poisson [maigre], drsper. Tontes, xxxvi. Au poisson à nager ne monstre, Leroux de LiNCY, Prov. t. 1, p. to:i. De petite rivière grand poisson n'espère, in. 16. Si les mois ne .sont errez [s'ils n'ont pas d'rj, le poisson ne mangerez, in. ib. Pour ompe.scher que le poisson ne face mal, et aussi h fin qu'il soit meilleur et plus sain , il le faut faire liouillir et accouslrer avec du vin, si nous croiyons ce proverbe qui dit que le poisson, depuis qu'il a perdu l'eau, ne la doit plus sentir, bouchet, Seréet, I. i, p. 2(H, dans iaci rnk. Se faire marchand de poisson la veille de pasques, cotorave. L'hoste et le poisson, passé trois jours, puent, m. La Rivière, qui avoit un laquais et un petit poisson d'avril qui lui tenoit le bureau et cspioit les allées et venue» de son voisin, noel nu fail. Contes d'Kutr. ch. Il, f" IB, dans pougens.

— ÈTYM. Wallon, pehon ; picani, pichon, piison; Artois, posson; provenç. fwisso; it. pescinne. Les forme» française, provençale et italienne supposent une dérivation du latin piscis , poisson, lequel a donné directement le provenç. prit, le calai, pfi, l'espagn. pex, le porlug. peixe, l'ilal. pesce. Piscis a l>our congénères l'ail. Fiteh, goth. fiska , le kymri pi/19, gaél. iasg.

2. POISSON (poi-son), *. m. Petite mesure de liquide», la moitié d'un demi-setier.

— HIST. xiu" s. Le poçnn li port plein de let [qu'il lui porte le poçon plein de lait], mahib, t. 11, p. 269. Ot [il eut] buirés et pus et pochons. Roman d'Eu.ilarhe le moine, v. 1077. || xiv* s. Iiremlos, posonet, dan» le Dicl. publié par C. Ilnfmann. Il XVI" s. Le boisseau de bled, mesure de Pari», contient (|uatrc quarts; le quart, quatre literoiis; le literon, deux demis-litorons ; le demi-llterun, dli-huit poulcpons, 0. «r serrr.», to. Iji queue de vin, mesure et jauge de Dijon, contient deux muids ou p<it.s»ons ; le muid deux (lllettes; la fillette unuf setiers, le seller huit pintes; par ainsy la queue contient 2R8 pintes, Cnust. gén. t. I, p. BflO.

— ETYM. Ane. espagn, potal. Origine inconnue. Génin, Patelin, p. 245, y voit une forme de pochou, qui dans l'anciennu langue, signifiait sac, et

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dérirait de jioehe; cette dériTation n'est pas sans npparence, puisque l'hislnrique montre que le posson ou pnitson représeniaitdes mesures trcs-différentes las unes des autres.

POISS0Ni\AIIXE (poi-so-nâ-11' , n mooillées, et non poi-so-nâ-ye), s. {. Petit poisson, fretin.

— ÊTYM. Dérivé de poisson, avec la finale péjorative aille.

POISSONNERIE (poi-so-ne-rie), ». f. Lieu où l'on vend le poisson,

— HIST. XV* s. Au fait de la marchandise et poissonnerie d'eau doulce de nostre dite ville de Paris.... nul ne puet vendre à estai poisson d'eau doiiloe, fors que à la porte de Grant-pont, aux pierres le roy et aux pierres aux poissonniers qui sont en ce mesme lieu, Ordonn. t484.

— f.TVM. Poissimnicr ; picard, pichonderie, pistonderie; prov. peysonaria, peichonaria.

POISSONNEUX. EUSE, (poi-so-neû, neû-z'), adj. Qui abonde en poisson. Stang poissonneux. Côtes pi issoniieuses.

— HIST. XVI* s. Poissonneux, cotgrave.

POISSONNIER, 1ÈRE (poi-so-nié, niè-r'), *. m.

p: f. Il !• Cel«i, celle qui vend du poisson. || Poissonnière, ne 88 dit à Paris que des marchandes de p'nsson d'eau douce frais; les autres s'appellent iiarchandes de marée et marchandes de saline ou l't: salaison. || Fig. Se faire poissonnier la veille de } \que, voy. pXque, n° 2. || 2° Se dit, sur les côtes d« la Méditerranée, des chasse-marée qui achètent h poisson des pécheurs pour aller aussitôt le revsndre. || !• S'est dit, dans les monastères, d'un re- Mj^eux qui avait soin d'acheter le poisson et d'en- Ketenir les viviers.

— HIST. xiu' s. Nus ne puet estre poissonniers dé eaue douce à Paris, se il n'acbate le mestier du roi, Liv. des met. 283. || xv s. Les quatre mestiers de Bruges : couleltiers, virriers, bouchère et pois- «oniers, proiss. ii, n, 4B8. Il vit un poissonnier qui peschoit en une nacelle, Percefurest, t. vi, f h ) .

— ÊTYM. Poisson; picard, picfconier, poissonnier; prov. peissonier, peichenier. Du Bellay, iv, 4 3, verso, di dit roches poissonnières pour poissonneuses.

POISSONNIÈRE (poi-so-niè-r'), s. f. || 1» Ustensile de forme ohlongue qui sert à faire cuire le poisson. Il 8° Dans les sucreries, appareil destiné à cuire le sirop.

— HIST. XVI* s. Poésies, casses, bassines, poissonnières, tartrieres et sembl.ihles, 0. de serbes, 88 (.

POITRAIL (poi-trall. Il mouillées), t. m. Il 1* Chez le cheval , région antérieure de la poitrine, située entre les deux angles des épaules, et ayant pour base la partie antérieure du sterniiai et une portion des muscles pectoraux. On voit sur son poitrail ses muscles se gonfler. Et ses nerfs tressaillir, et ses veines s'enfler, dklil. Géorg. m. ')oujours comme du sable écraser des corps d'hommes, Toujours du sang jusqu'au poitrail, A. barbier, ïambes, l'Idole. ||. Partie du harnais qui se met sur le poitrail du cheval. [| 2° Fig. Grosse poutre qui sert à soutenir un mur de face, ou un pan de liois. || Il se dit aussi de pièces de fer. Ils [des fers à double T d'une grande longueur) peuvent être utilement employés dans divers cas, lorsque par exemple ils doivent former poitrail ou filet sur des points d'appui intermédiaires, en. garnier, Uoniteur unit). « sept. («67, p. 1484, s* col. Il 4u plur. Des poitrails.

— HIST. XII* s. i pié descendent des destriers sejornez; Si ont les celés et les poitrax ostez, liaoul dt C. 470. Il xm* s. Li lormier de Paris pueent taillier et faire taillier leur renés, leur chenetes, leur poitriaus, leur estrivieres, Liv. des met. 223. Moult fu riches li frains qu'il li a el cbief mis ; Son polirai li laça, qui fu de cuir bolis, Ch. d'Ant. iv, «M. Il XVI* s. Faire engraver en une table d'atente sur 'e poitrail d'un superbe bastiment.... ces ac- Oixits, Bigarrures, p. es, d-ins iacurne.

— ÊTYM. Berry, poitral, potral; du lat. pectoralt. qui vient de pectut, poitrine (voy. PIS 2).

FOITRINAIRE (poi-tri-nê-r"), adj. Oui a la poitrii) ■ aiuquée. || Substantivement. Celui, celle qui est poitrinaire.

— ETYM. Poitrine.

t VOITHINAL (poi-tri-nal), ». m. Voy. pétrinal.

POITRINE (poi-tri-n') , ». f. || 1* Partie du corps qui coi/ient les poumons et le cœur, et qui est séparée du \eDtre par le diaphragme. Voyez comme elle frarv« cette poitrine inoocente, b'uSS. Uar.-TMr. Oi. |«ut comparer la poitrine i un soufflet, el le p^i-Tiioni une vessie qui s'y trouve renfermée, de gMiiiërequ* l'air n'entre dans le soufflet, lorsqu'on Tient i en écarter les panneaux, que par le col de U vewie, HAiRjtN, Éliig. Brémond. Il défend son

POI i

ami , l'emhrasse, oppose en vain An coup qui cherche Alvar sa poitrine et sa main, c. oflav. Paria, V, 6. Lorsque le souvenir de ta grandeur passée Venait, comme un remords, t'assaillir loin du bruit [loi, Napoléonl, Et que, les bras croisés sur ta large poitrine.... i.amart. Béd. 11, 7. || 2" Les organes qui, dans la poitrine, servent à la respiration. Une douleur et une sécheresse de poitrine épouvantable, sÉv. 395. Il gèle peut-être à Aix comme ici, et votre poitrine en est malade, m. 390. Mme de Courcillon est toute faite pour mourir de ta poitrine, MAinTF.NON, Lett. à Urne de Caylus, 8 janv. I7<7. La maréchale de Rant/.au, attaquée de la poitrine, touchait au terme de sa vie, genlis, Mme de Mainleiion, t. I, p. 173, dans pougf.ns. |] IJne poitrine faible, poitrine disposée aux rhumes, aux fluxions, aux tubercules. Peu de poitrines faibles résistent à la maladie et au remède [le mercure], volt. l'H. au.T ioécus, cnnrers. avec un chirurgien. \\ 3° Fig. f^ partie morale de l'homme. Le duc de Bourgogne prit la parole avec une décision qui sentait l'indignation, et qui semblait avoir pénétré la poitrine du chancelier, st-sim. lee, 212. 114° Voix. Cet acteur a une bonne poitrine, n'a point de poitrine. |l Voix de poitrine, voyez voix. || 6* Terme de boucherie. Poitrine de bœuf, poitrine de veau, de mouton, la partie des côtes rattachées par le sternum. || 6° Terme de zoologie. Chez les oiseaux et les reptiles, partie du tronc qui suit immédiatement le cou, et qu'aucune véritable limite ne distingue du ventre. || Chez les insectes, surface inférieure du tronc ; ensemble de toute la partie inférieure et des parties latérales, ou du sternum et des flancs; selon Latreille et Duméril, les deux derniers articles du thorax.

— HIST. xii* S. Par mi escuz e par peitrines.... [cuirasses], benoît, ii, i226. ||xiir s. Od [avec] lur langues, qui mult suntfuines, [ils] Percent lur cois e Inr petrines, marie, Purgatoire, t003. Lors s'est à la terre estendue, Si corne ele estoit presque nue; Ses mains croisa sor sa poitrine, buteb. 11, t45. Li cheval ont mal es eschines. Et li riche homme en lor poitrines, ID. (09. || ïiv* s. Mais li haubert sont fort, ne puent entamer ; Les poictiines d'acier [ils] ne puent empirer, Guescl. I6I88. || xv* s. Adoncse remistrent ensninble de grant courage les Bretons, .... et boutèrent de bras et de poitrines courageusement sur ceux qui les avoient reculée, proiss, 11, m, 32.

— ÉTYM. Bourg, poiirène; prov. peitrina, pectrina; d'une forme non latine i;tc(on'no, de pectus, poitrine (voy. pis, s. m.).

t POITRINIÈRE (poi-tri-niè-r'), f. f. Pièce du métier de rubannerie; traverse sur laquelle l'ouvrier appuie sa pcitrine. || Morceau de liège que le pauraier s'attache sur la poitrine. 1| Courroie qui passe sur le poitrail du cheval.

— ÊTYM. Poitrine.

POIVRADE (poi-vra-d'), ». {. \\ 1° Manger des artichauds à la poivrade, les manger crus avec du poivre et du sel. On mange aussi des radis noirs à la poivrade. || 2° Par extension, sauce faite avec du poivre, du sel et du vinaigre. Les chairs seront en eslouffade, Les entrailles à la poivrade, SCAHR. Virg. v. || On ajoute quelquefois de l'huile à cette sauce.

— ÉTYM. Poivrer; prov. pehrada, pevrada; esp. peverada.

POIVRE (poi-vr'),». m. || l*Fruitdediverses plantes du genre piper, qui croissent dans les pays cbauds et surtout dans les Indes orientales; le fruit sert d'épice ; il doit la saveur qui hii est propre à une huile concrète, peu volatile. D'après la relation d'Houtman et les lumières qu'on devait à son voyage, les négociants d'Amsterdam conçurent le projet d'un établissement à Java qui donnerait le commerce du poivre, RAYNAL, Hùt. phil. ii, a. || Cela est cher comme poivre, se dit d'une chose très-chère. Cet ancien proverbe : cela est cher comme poivre, proverbe trop bien fondé sur ce qu'en effet une livre de poivre valait au moins deux marcs d'argent avant les voyages des Portugais, volt. Fragm. sur l'hist. art. xx. || Fig. Une barbe poivre et sel, une barbe grisonnante. || Fig. Moudre du poivre, avancer péniblement dans une marche. || Fig. et grossièrement. Chier du poivre à quelqu'un, lui nuire, lui jouer un mauvais tour. Le chien n'a pas voulu gober l'hameçon; ce gueux-la me chie du poivre, comtr de caylus, Ecosseuses, (Euv. t. x, p. 66I, dans poiiQENS. ils jurent bien de chier ilu poivre à la nation, cela fait au moins quinze mille hommes aliénés i la République, Corresp. du gén. Klinglin, i, 66. || 8* le poivre noir el le poivre blanc

POÏ

(ptper nigrum et album) proviennent l'un et l'autre du piper nigrum, L. plante sarmenteuse de Java et de Sumatra. Le poivre blanc n'est autre chose que le poivre noir qu'on a dépouillé de sa pellicule en le plongeant dans l'eau chaude. || Poivre graheau, poivre concassé de qualité inférieure. i| 3° Poivre long, fruit du ptper longum , Rumphius, cueilli avant sa maturité et desséché. Loueur et la saveur en sont plus faibles que celle du poivre ordinaire.il i"" Poivre de la Jamaïque, nom donné dans le commerce à la graine appelée amomi par les Hollandais; c'est le fruit de Veugénie piment (myrtacées). || 5° Poivre de Guinée, poivr» d'Inde, piment, corail des jardins, fruit du capsicum onnuum (solanées). 116° Poivre cuhèbe, poivre à queue, fruit desséché du piper cubeba, L. Il 7* Poivre d'eau, nom de la renouée acre {polygoïium hydropiper, L.), dite aussi persicaire acre, persicaire brûlante, curage et piment brûlant. Il 8° Petit poivre ou poivre sauvage, le gattilier.

— HIST. XIII* s. Et vous di que en ces isles naist le poivre blanc comme noifs [neige] à moult grant planté [quantité], marc pol, p. 550. Peivere (il| soudout [broyait] en un morter [peivere n'est que (le deux syllabes]. Lai del désiré. Ce ne vaudroit ung grain de poivre, la Rose, 6790. Mes je di : cil fet à blasmer Qui riens nule plus vous demande Fors boiiS vins et bono viande, Et que li peivres soit bien fors, ruteb, 95. Par saint Jake! il me rendra bon poivre [il me le payera], Chron. de Bains, p. 172. Il XVI* s. Fille de trente ans noire comme poivre et d'apetit ouvert, Sat. Uén. p. 92. Le poivre est noir, etchascun en veut avoir, lerôux de lincï, Prov. t. II, p. 213.

— ÊTYM. Wallon, peûv; prov. pebre; ital. pepe; du lat. piper: grec, itérreot; sanscr. pippali, qui est le nom du poivre long; Lassen {ind. Alt. i, 278), suppose que c'est le nom original et qu'il est devenu ni-Ktpi, en passant par l'ancien persan, qui n'avait pas la lettre l."-

POIVRÉ, ÉE (poi-vré, vrée) , part, passé de poivrer. ||1° Assaisonné avec du poivre. Il y avait, à dix lieues de là, une autre île, où il y avait des mines de jambon, de saucisses et de ragoûts poivrés, FÉN. t. XIX, p; 38. [| Votre cuisine est trop poivrée, on met trop de poivre dans les ragoûts qu'on vous sert. Il 2° Fig. Assaisonné comme avpc du poivre. Avez-vous lu l'ouvrage....? cela est poivré, voi.r. Lett. d'Argenlat, 9 janv. 176 1. [] Populairement. Cette marchandise a été bien poivrée, elle a été vendue fort cher. Cela est poivré, cela est trop cher.

POIVRER (poi-vré), v. a. || 1° Assaisonner de poivre. || 2° Terme de fauconnerie. Poivrer l'oiseau, laver un oise.tu avec de l'eau et du poivre, pour tuer la vermin», ou pour l'assurer quand il est farouche. Il 3" Fig. Faire payer trop ctier. On l'a poivré dans ce magasin. || 4° Bassement. Communiquer une maladie honteuse. Pour se venger d'un homme, elle prit du mal exprès pour le poivrer, TALi.EMANT DES RÉAUX, daiis les Excentricités du langage.

— HIST. xvi" s. Nous sommes tous poivrez [nous en tenons], rab. p. 215, dans lacurnb.

— ÊTYM. Poivre; wallon, pfiîrrj!.

t POIVRETPE (poi-vrè-f), s. f. Nom vulgaire de la nigelle commune, dont les grains étaient jadis employés en Orient comme condiment.

— KTYM. Poivre.

POIVRIER (poi-vri-é ; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l'sselie, des poi-vri-é-z en fleur), ». m. Il 1" Genre de la famille des pipéracées. || Arbrisseau qui porte le poivre. Le poivrier est un arbrisseau dont la racine est fibreuse et noirâtre; sa tige, sarmenteuse et flexible comme celle de la vigne, a besoin, pour s'élever, d'un arbre ou d'un échalas, RAYNAL, ffùl. phil. m, I». H 2* Petit vase à poivre. Il Vol au poivrier (voy. vol).||3" Poivrier d'Amè- Mijue. schinvs molle, L (téréhinthacées).

— HIST. XIII* s. Tuit cirier, tuitpevrier [vendeur de poivre] et tuit apotecaire ne doivent riens de coutume des choses devant dites, Liv. des met. :i'J2.

— ETYM. i'ottjre ; wallon, peuvri; prov. pebrier, marchand de poivre.

POIVRIÈRE (poi-vri-fe-r^, » f. || 1* Boîte à divers compartiments où fon met du poivre, de la muscade, etc. Il 2" Ustensile de table en forme de salière, dans lequel on sert le poivre. || 3°Petit vase de forme cylimlrique fermé par un couvercle conique, percé, à son sommet, d'un petit trou, et que l'on secoue pour poivrer. Il 4" Lieu planté en poivriers. Il B" Terme de fortllication. Se dit d'une guérite de maçonnerie placée à l'angle d'un bastion, sur le faîte du mur. || Tour en poivrière, tour ronde, sur-

POL

montée d'un toit en cône. Les vieilles tours en poivrière en bordure sur le quai de l'Horloge [à PaiisJ, J. des Débats, 24 sept. 1868.

— ÉTYM. Poivre; prov. pebrareria, commerce de poivre.

t POIVROW (pof-vronV s m. le fruit du piment cultivé. Poivrons confits dans du vinaigre.

— ETYM. Poivre.

POIX (poi) , ». f.\\i' Suc résineux tiré du pin ou du sapin. {| Cela tient comme poix, se dit d"une chose qui tient fortement à quelque autre. || Fig. Avoir de la poix aux doigts ou de la glu aux mains, voler, FB. MICHEL, Argot, Poissard. || 2* Poix noire, ou navale, ou bâtarde, poix qui s'obtient en distillant, dans des fours en terre munis de tuyaux plongeant dans l'eau, les filtres de paille sur lesquels on a filtré la térébenthine, ainsi que les copeaux faits sur les entailles par où s'est écoulé le produit. Il 3" Poix blanche, ou poix grasse, ou de Bourgogne, la résine molle des pins, ou le galipot, fondue avec de l'eau, et filtrée. || En pharmacie, poix de Bourgogne, poix faite avec parties égales de résine molle et de cire jaune. || 4" Poix sèche, la colophane. jj B" Huile de poix, partie plus fluide, qui surnage au-dessus de la poix. ||6* Poix-résine, la résine de la térébenthine. Arcançon ou poix-résine, le cent payera comme poix blanche et noire, <6 sou.s, Tarif du 18 sept. 1661. ||7° Poix minérale, le pissasphalt». || Poix minérale, se dit aussi de l'ozocérite, voy. ce mot. |l Poix de Judée, l'asphalte.

— HIST. XI* s. Ainsi [il] est neirs [noir] corn peiz qui est démise [fondue], Ch. de Roi. cxii. {| xiii' s. 11 pristrentdix sept grans nés [nefs], et les emplirent de grans merriens et d'estoupes et de pois et de tonnaus vuis, villeh. xcv. Et se il y metoit autre chose [dans la bierre] pour eflorcier, c'est à savoir baye, piment et pois résine.... il l'amenderoit au roy de vingt sols de Paris, Liv. des viét. 3u. Il xvi* s. Une emplastre qui sera faite de poix liquide et de poix noire, pabé, viii, 8. Poix blanche de Bourgongne, poix résine, cire neufve, o. de SEBREs, 957. Qui traite la poix s'embrouille les

doigts, LEROUX DE LINCY, Prot'. t. II, p. 408.

— ^ Rtym. Génev. pège, pègue: Berry.pège; prov. pes, pet: ital. pece; du lai. picetn; grec, nîdoa; sanscr. piechâ, gomme, viscosité.

t POLACCA (po-la-kka). Terme de musique. Alla polacca,' loc. adv. Dans le mouvement propre à la polonaise.

(. POLACRE (po-la-kr') ou POLAQIIE (po-Ia-k'), t. f. Nom d'un navire de la Méditerranée qui a de l'analogie avec la pinque. La polacre porte, en général, trois mâts à pible et des voiles carrées.

— ÉTYM. Esp. port, et ital. poJao'o; boll. po?aoi; allem. Volaker; origine inconnue.

'i. POLACRE (po-la-kr') ou POLAQCE (po-la-k'), I. m. Il 1° Cavalier polonais. Régi'.nont de polaques. Un polaque à moustache, à la démarche allière. Peut arrêter d'un mot sa république entière, volt. t,ni nal. 2. || 2° S. f. La polaque, air de danse, appelé aussi polonaise. || 3° Habit à la policre, un babil dont les deux devants, se croisant, s'attachaient vers les épaules par deux rangs de boutons.

— KTYM. Piilachie, comme Valaque de Valachie. POLAIRK (po-lê-r'), adj. \\ 1° Qui appartient

aux pôles, qui est près des pôles. Ces oiseaux [les goélands) déposent par milliers leurs œufs et leurs nids jusque sur les terres glacées des deux zones polaires, blpp. Ois. t. xvi, p. I80. Ces peuplades polaires Qui mettent leurs vieillards en un beau tombeau blanc, LAURENT PiCHAT, Avant le jour, p. 200. Il 2° Étoile polaire, ou, substantivement, la Polaire, !a dernière des étoiles formant la queue de la Petite Ourse . ainsi dite parce que c'est l'étoile la plus voisine du jiôle céle.ste .septentrional. On y sait comment vont lune, étoile polaire, Venus, .Saturne et Mars, dont je n'ai point affaire, mol. Femm. sav. ii, 7. Il 3° Cercles polaires, nom de deux pftits cercles de la sphère, parallèles à l'écjuateur, à 2:t* 27' r.7" de ilislance des pôles du monde; l'un au nord, l'autre au sud de l'équaleur. Le froid excessif qui est aussi perçant en Améiiquc dans la latitude de Paris et de Vienne, qu'il l'est dans notre continent au cercle pf)laire, volt. Uaurs , U«.(|4* Projection polaire, voy. PROJKCTiON. |[6° Terme de gnomonique. Cadrans polaires, ceux dont les plans sont parallèles à quelque grand cercle qui passe par les pôles. Il 6* Terme de géographie. Mer polaire, partie de l'Océan glacial, au non! del'Améri'iueseptentrjonale. Il 7" Il se dit des pôles de l'ainianl, de la pile galv.inique. Il Charbon» polaires, charbons employés dans la production de la lumière électrique.

— ÈTYM. P6l*.

POL

+ POLARIMËTRE(po-la-ri-mè-tr'), t. m. Terme de physique. Appareil destiné à détermmer si un corps dévie le plan de polarisation à droite ou à gauche, et de combien de degrés il le fait tourner.

— ETYM. Polariser, et [iÉTpov, mesure.

t POLARISANT, A.Vl'E (po-la-ri /.an. zan-l'), adj.

Terme de physique. Oui est susceptible de polariser.

t POLARISATEUR, TRICE ( po-la-ri-za-teur , Iri-s'), adj. Oui polarise. Appareil polarisatcur.

POLARISATION (po-la- ri-za-sion), s. ^. i| l-Terme de physique. Modification particulière des rayons lumineux, en vertu de laquelle, une fuis réfléchis ou réfractés, ils deviennent incapables de se rélléchir ou de se réfracter de (Jouveau dans certaines directions. Tous les physîfciens connaissent les belles découvertes de Malus sur la polari>ation delà lumière, biot, hislit. SIém. scienc. isii, I" sem. p. i3h. Il Angle de polarisation, ang:le que doit faire le rayon lumineux mcident avec la surface réfléchissante, pour qu'il soit polarisé le plus complètement possible || Plan de polarisation, plan suivant lequel a été rélléchie la lumière qui se trouve polarisée par réflexion. || Polarisation de la lumière par réflexion, polarisation (]ui con^iste en ceci, que tout faisneau lumineux réfléchi par une surface polie sous l'angle d'incidence de 35» 25' ne peut plus être réfléchi par une autre surface qu'il rencontre sous la même incidence (35«26'), pourvu que cette surface soit perpendiculaire au plan de réflexion du faisceau sur la première surface. || Polarisation par réfraction simple, polarisation qui consiste en ceci, qu'en faisant traverser à un fai-^ceau de lumière une pile de plaques de verre au lieu de la réfléchir sur une glace sous l'angle de 35» 25', le faisceau émergent reçu sous ce même angle par une glace perpendiculaire au plan d'émergence n'est plus réfléchi et s'éteint, ce qui est le caractère de la polarisation. {| Polarisation par double réfraction, polarisation qui consiste en ce que tout faisceau lumineux biréfracté par un cristal est polarisé paf ce fait même, quel que soit l'angle .sous lequel il rencontre le cristal. || 2* Terme de botanique. Tendance que manifestent toujours la radicule et 1a gemmule à se diriger, pendant la germination, dcns deux sens dift'éients et diamétralement opposés;

— ÉTYM. Polariser.

t POI.ARISCOPE (po-la-ri-sko-p"),».!». Synonyme

de polarimètre.

ÊTYM. Polariser, et oxoiretv, examiner.

POL

d'aller chercher l'ennui et le malheur sous le pôle, VOLT. Leit. Thiriot, 30 juin <760. || Dans la mythologie, les pôles, l'axe qui porte le monde. Suis-je ce même Alcide? ai-je de ces épaules Pour le secours d'Atlas soutenu les deux pôles? rotr. Uerc. mour. IV, i. Jupiter leur parut avec ces noirs sourcils Qui font trembler les cieux sur leurs pôles assis, L* font. Phil. et Bauc. || 2° Les deux extrémités de l'axe de la terre qui répondent aux deux pôles du ciel. Pôles glaces, brûlants... {vers d'un poëms d« l'abbé Du Jarri, couronné par l'Académie française) ...un malin envieux de la gloire de M. l'abbé se souvint que nous n'avons que deux pôles ; encore sont-ils tous deux glacés, parce que le soleil ne pas=e'jamais les tropiques, volt. Lett. à il. V". 11 [d'Alembert] a fait connaître les vraies dimensions de la petite ellipse que décrit le pôle de la terre [dans la pré cession 1 , laplace. Eip. iv, 1 3. || Pôle arctique ou boréal, celui qui est du côté du septentrion ; pôle antarctique ou austral, celui qui lui est directement opposé. Il Absolument. Le pôle, le pôle .septentrional. L'aiguille aimantée regarde le pôle. Il Hauteur ou élévation du pôle, l'arc du méridien compris entre le pôle et i'hoiizon du lieu où l'on est. Il De l'un à l'autre pôle, par toute la terre. Aller d'un pôle à l'autre, interrogez les peuples, et vous y verrez partout l'idolâtrie et la superstition s'établir par les mêmes moyens, "diderot, Opin. des anc. phil. {Japonais). \\ 3° Fig. Ce qui dirige, fixe, comme fait le pôle. Chère beauté que mon âme ravie Comme son pôle va regardant, malh. v, 27. Aussi mon cœur d'ores-en-avant tournera-t-il toujours vers les astres resplendissants de vos veux adorables ainsi que vers son pôle unique, mol. Hal. imag. il, 8. La politique de la maison d'Autriche devait être le pôle dont rien ne nous devait faire perdre la vue iH plus fixe, ST-siM. 437, 82. Oui garde le silence 3ur ces deux objets [le gouvernement et la religion], qui n'ose regarder fixement ces deux pôles de la vie humaine, n'est qu'un lâche, volt. Dial. xxiv, 10. 114" Pôles du froid, nom donné i deux points de l'hémispbère boréal où la température moyenne est plus basse que partout ailleurs, et qui sont situés l'un dans l'Amérique boréale et l'autre dans la Sibérie asiatique. Ou sait que pour nos climats le pôle du froid ne coïnci<lo pas avec le pôle de notre hémisphère; il décline sensiblement à l'orient, bamond, Inslit. Ifém. sciene. isns, p. I34. Il 5° Chacune des deux extrémités de l'axe ration- POLARISÉ, ÉE (po-la-ri-zé, zé«), port. pasH de* nel autour duquel tourne un corps sphérique ou

polariser. Lumière polarisé'

POLARISER (pola-ri-zé) v. a. \\ 1" Terme de puysiqiie. Faire prendre aux rayons lumineux la d)»|iosilion appelée polarisation. 112° Se polariser, t). r^/l. Être polarisé. || Se polariser se dit aussi des particules qui, soumises à l'action do la pilo galvanique, »e décomposent et se portent aux pôles de celle pil<".

— ÊTYM. Polaire, à cause que les expériences ont été faites d'abord en tournant un cristal biréfringent; et, comme ito^nv signifie tourner, on a rapproché cela du mot polaire, qui lient à jtoXefv par itoXo';.

POLARITÉ (po-la-ri-lé), s. f. \\ !• Terme de physique. Propriété qu'a l'aimant ou l'Higiiille aimaniée de se diriger vers un point fixe de l'horizon. La polarité de l'aimant avait été observée cl mi»e en œuvre à la Chine dès les temps les plus reculés, SILVE5TRE DR SACY, Inst. Mém. insCT. et beUes-letl. t. VII, p. 4i(i. Il 2° Terme de marine. Vropriélé qu'ont les masses de fer existantes à bord d'agir sur les boussoles et d'en altérer la direction. |{ 8° État d'un corps ou d'un appareil dans leque'. >( s'est manifesté deux pôle» opposés. || Action do /»rces séparées qui se neulraliseht en se réunissant.

— ETYM. Polaire.

f POLATOUCHE (po-la-tou-cll')t '• "»• Nom vulgaire du scurioplère rolutelle, mammifère volant, de l'ordre de» ronneurs, voisin du «enre écureuil.

POLDER (pol-dèr), s. m. Étendue de pays entourée de dignes, rians la Hollai)d<».

— HiST. xiii' s. Poulies, ki sofit waingnet (gagnés] des gié» de le [la] mer, nii canor, pnlra.

— ETYM. Holl.po(d«-,qui serafporteàl'angl.pooJ, ail. Pfuhl, marais, et probablement au latin pa(u«.

pOle (pô-l'), s. m. Il l'CliaiMuie des deux extrémités de l'axe rationnel autourduqiiel la sphère cé- 1p.-.1(! semble se mouvoir en vinRt-quatre heures. Le ciel parait tourner sur deux oi>inls fixes, nommés par cette raison pôles du monii'e, la place, Expns. I, « . Il Sou» le» pôle», dao» les région» polaire». || Absolument. Sous le pôle, dans le» région» boréab'S. Une telle transplantation (aller servir en Uussie] ne peut convenir qu'à un soldat de fortune... il vaut mieux attendre tout du temps eu France que

elliptique. || 6" Terme de géométrie. Point placé par rapport aune circonférence quelconinie comme l'est le pôle du globe relativement & l'équaleur. Il 7' Pôles do l'aimant, points par lesquels il attire ou repousse le fer et l'acier. On a donné aux pôles de l'aimant les mêmes noms qu'aux pôles du monde, parce que l'aimant, lorsqu'il est libre de se mouvoir, a la propriété de diriger toujours ses pôles vers ceux de notre globe, BRissoN, Traité iaphys.X.m, p. 22). Il Pôle magnétique de la terre, point idéal auquel est appliquée la résultante de toutes les attractions magnélii|ue3 qui s'exercent d'un même côté de la ligne neutre. || 8" Se dit des deux extrémités de la pile galvanique. Pôle positif. Pôle négatif. I.a belle loi découverte par .M. Berzélius <iue l'oxygino et les acides vont au pôle positif de la pile, et l'Iiydrogène, les alcalis et les bases inflammables au pôle négatif, OAT-LUSSAC, Inst. Mém. scimc. tma, 2* part, p. <6B. Il 9* Dans les cristaux oii l'un a produit la pyro-électricité, pôles électriques, les deux point» où se produit rèleclricilé.

— ÊTYM. Lat.po/ii.(, dugrecito/o;,iw)»tî», tourner, t POLÉ.MARCIIIE (po-lé-mar-chio), s. f. Charge,

fonctions du polémarqiie.

POI.f,MARyUE(po-lé-mar-k'), .t. m. Chez les anciens Grecs , commandant d'armée. Isménie et Léonlide, tous deux alors polémarques, c eti-à-diie généraux d'année et les premiers magistrats de Thèbes, bollin, llist. ane. tHuv. t. v, p. 34«, dam POUQRNS. Il A Athènes, le (lolémarque ou troisièiiu' archonte n'était point général, il était plutôt mi nistre do la guerre, et avait l'administration de ce qui la concerne.

— ÊTYM. IloJtpioipxoî. ''"^ tto'tiioi;, guerre (voy. poi.EMiouK),et ip/tiv, commander (voy. ahciiontk).

l'OLfiMlOUE (po-lé-mi-k'), adj. t| !• Oui appartient à la dispute par écrit. Un écrivain polémique. Le genre polémique n'est que trop de mon goût; j'y aval» renoncé pourtant, J. J. Rouss. d M. MiiuUou, (Uirresp. t. v, p. 253, dans poiioen». Une théologie qui prenait el qui méritait le nom ide polémique, de conicntieuse, pouvait elle-même £tre un danger, lk cleiiu, Uitt. liU. de la t'rance,

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t. XXIV , p. 340. Il Ouvrages polémiques, ceux qui se Tont dans les disputes littéraires, pour soutenir une opinion contre une autre. Les livres qu'on a appelés polémiques par excellence, c'est-à-dire ceux dans lesquels on dit des injures à son prochain pour gagner de l'argent, volt. MH. hist. Mensonges impr. <7. Il 2° S. f. l.a polémique, dispute par écrit. Une polémique anleate. {] Il s'est dit dans le même sens au masculin qui n'est plus usité. Mon gdilt pour le polémique, morellet, jff'm. t. i, p. 196, éd. <g21. Le court polémique qui va suivre étant de pure précaution... Mirabeau, CoUec<Jon, t. v, p. i»3.

— RTYM l?o)lEtJ.ixà;. de n6>tao;, guerre.

t POLÉMISTE (uo-lé-mi-st'),' s. m. Celui qui fait de 1» polémique.

t POLÉMOINE (po-lé-moi-n') , s. f. Genre de plantes, dont l'espèce la plus connue est la valériane grecijue, poletnonium earulcum, L. et qui sert de type à la famille des polémoniacées.

— ÊTYM. noXïp.u)viov, an l'honneur d'un certain Polémon.

t POLÉMOM\CEES {po-lé-mo-ni-a-sée),«. f.pl. F'umiUe de plantes dicotylédones moiiopétales i éi.imines hypogynes,

t POLÉMOSCOPE (po -lé-mo-sko-p') , f . m. Terme de physique. Instrument par le moyen duquel nous pouvons voir les olijets cachés à nos regards directs, bbisson. Traité de phys. t. il, p. 448.

— ETYM. rioXEiio;, guerre, etoxoneiv, examiner, ainsi dit à cau.se que cet instrument avait pour objet de surveiller l'ennemi.

t POLENTA (polin-ta) ou POLENTE (po-lin-f), f. f. Bouillie de farine d'nrKc. l.a principale nourriture de H. d'Agincourt est la polenta qu'on appelle en Languedoc milasse, p. i.. cour. Lett.i, 287.

— ÊTYM. Génev. pnutaintl-, poulinte ; prov. et ital. po/en<a ; du lai. polenta, farine d'orge, que Corssen (Reitr. 308) a rapproché du grec uaoTtotXr, , et. par là, du sanscrit sphar, trembler, secouer, de sorte que la farine si-rait la chose secouée, tamisée.

t POLERGAL (po-lc r-pal), s. m. 'ferme de zoologie. Se dit de deux pièces qui se déveiopiient sous le basial des articules.

POLI, lE (poli, lie), part, passé de polir. || !• Dont la surface a été rendue unie. Un haut édifice qu'on voyait de loin, dont toutes les pierres étaient polies devant et derrière, saci, Hible , Uachab. 1, xiii, 27. Un corps poli semble être plus froid s'il est froid, et plus chaud s'il est chaud, qu'un corps brut de même matière, quoiqu'ils le soient tous deux également, bukp. Histoire min. Inirod. Part, exp. (Euvr. t. vi, p. 207. || i- Dont le poil est luisant. Ce loup rencontre un dogue au.ssi puissantqiie heau. Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde, LA FONT. Fahl. I, 5. Il 3° Fig. Oui a reçu une culture intellectuelle et morale. Ainsi les exercices étaient en honneur, et la Grèce devenait tous les jours plus forte et plus polie, boss. Hist. i, e.De|)iiisla régence d'Anne d'Autriche, ils [les Français] ont été le peuple le plus sociable et le plus poli de la terre, VOLT. Zaire, Épitre dédicatoire. Vous ne me parlez plus de ces belles contrées Où d'un peuple poli les femmes adorées Reçoivent cet encens que l'on doit à vos yeux, m. Znire, i, 1. 1| Rlégant, par opposition à rude, sauvage. Votre intendant jure qu'on ne peut pas faire une meilleure cbire, ni plus grande, ni plus polie, sÉv. i7mai, 1680. Nous éfons au milieu de quatre fourneaux [à la fonderie de Cosne]; de temps en temps ces démons venaient autour de nous, tout fondus de sueur.... celte vue pourrait effrayer des gens moins polis que nous,iD. <"oct. 1677. Des crimes polis, si je l'ose dire, qui semblent avoir prescrit contre l'Évangile, mass. Mystères, Visitât. L'œil du sage lui seul voit, distingue, mesure. Surprend l'homme échappant aux mains de la nature. Compare sa rudesse i nos goOts amollis Et ses brutes vertus A nos vices polis, millf.v. Invent, poétique. ;|4' Fig. Observant avec attention toutes les convenance» de la société. La cour est comme un édifice bâti de marbre, je veux dire qu'elle est composée d'hommes fort durs, mais fort polis, la bbuy. viii. Le discoureur aimable est ce mortel charmant Oui, poli sans fadeur, confiant sans audace, Képond avec justesse, interrompt avec grine, delille, Conr<T«. m. Il II se dit aussi des choses. Les manières polies donnent cours au mérite et le renden l agréable LA BBOT. v.||S« .<!. m. Lustre, éclat d'une chose qui a été polie. Le poli des corps n'a guère moins de nuance» pour lui H'avoiinlc] que le son de la voix, niHEnoT, Utl. sur Us areuiilra. Il (le jade| est doux »u toucher.^et ne prend jamais qu'un poli gras, svrv. M<n U I, p. 77. Il Dernière façon donnée aux glace» Il l'arlie polie d'une pièce de quincaillerie.

t POLIANITE (po-Ii-a-ni-f), s. f. Peroxyde de manganèse primitif.

I POLIAKOUE (po-li-ar-k'), s. m. Terme d'antiquité grecque. Gouverneur d'une ville.

— ETYM. noXiap/o;, de noXi;, ville, et 4pxe", coiniiKinder.

I. POLICE (po-li-s'), s. f. Il 1° Organisation politique La pente vers soi est le cotnrnencBment de tout désordre,, en guerre, en police, en économie, PAsc. Pens. XXIV. &«, éd. havet. La police céK-ste avec laquelle Dieu régit les hommes l'oblige à leur faire connaître qu'il déteste infiniment le péché, BOSS. Semions, Rrchutes, i. C'est là que, chargé de la protection des lois et des polices humaines.... il réprimait la licence des uns, relevait la faiblesse des autres.... pléch. le Tellier. Les cyclopes ne connaissent point de lois; ils n'observent aucune règle de police, PÉN t. xxi, p.393. Des peuples sauvages qui vivaient sans loi, sans police, mass. Panégyr. Saint Benoit. Les Grecs n'imaginèrent point la vraie distribution des trois pouvoirs dans le gouvernement d'un seul : ils ne l'imaginèrent que dans le gouvernement de plusieurs, et ils appelèrent cette sorte de constitution police, monteso. Esp. xi, fi. Quoi! depuis que- vous êtes établis en corps de peuple, vous n'avez pas encore le secret d'obliger tous les riches à faire travailler toii.s les pauvres? vous n'en êtes donc pas encore aux premiers éléments de la police? VOLT. Dial. '.Hi" Ordre, règlement établi dans un État, dans une ville, P"ur tout ce qui regarde la sûreté et la commodité des citoyens. Un homme de bien laisse régler l'ordre des successions et delà police aux lois civiles, comme il laisse régler le langage et la forme des habits à la coutume, BOSS. Connaiss. iv, 5. Et par une exacte police il sauva ce peuple, fléch. Duc de Mont. Si l'on faisait une exacte police. Un ne souffrirait point tous ces vilains mols-li, boursaui.t, Mois à la mode, 16. Selon Jurieu l'unité d'une Église n'est qu'une simple police, fén. t. 11, p. 86. À Sparte les magistratures brisaient les instruments dont l'harmonie était trop délicieuse, et c'était là une de leurs plus importantes polices, id. t. xvii,p. 403. Les adultères,

les vengeances ne sont plus pour vous que des

défenses humaines, et des polices établies par la politique des législateurs, mass. Carême, Vérité de la relig. KUe [une certaine loi] confond toutes les idées, faisant un crime d'État de ce qui n'est qu'une violation de police, montkso. Esp. xx, U. Dans l'exercice de la police, c'est plutôt le magistrat qui punit que la loi; dans les jugements des crimes, c'est plutôt la loi qui punit que le magistrat, m. 16. xxvi, 24. Il 3° L'administration qui exerce la police. Le préfet de police à Paris. Commissaire de police. Agent de police. Inspecteur de police. E-spion de police. Ou si , par un arrêt, la grossière police D'un jeu si nécessaire interdit l'exercice, son.. Sat. x. I.,es matières de police sont des clio.ses de chaque instant, et où il ne s'agit ordinairement que dé peu : il ne faut donc guère de formalités, mon ïesq. Espr. xxvii, 24. Les limiers de la police .Sont à craindre en ce moment, bêbang. Judos. Malgré messieurs de la police. Le vaudeville est si frondeur, ID. Désaug. Il Haute police, l'ensemble des moyens employés, des dispositions pri.ses ou à prendre dans l'intérêt de l'État et de la sécurité des citoyens. Ce personnage a été sous la surveillance de la haute police. Il Étresous la survoillanced»la police, .se dit de ceux qui, p;ir suite cl un jugement, ne peuvent, pendant plus ou moins longtemjis, disposer de leur personne sans l'autorisation de la police. || Lieutenant de police, nom du magistrat qui présidait à la police de la villa de Paris. ||V Police correctionnelle, tribunal connais.sant des déliis qui sont plus graves que les contraventions à la (lolice ordinaire, mai» qui ne le sont pas assez pour être déférés aux cours d'assises. || Tribunal de police, de simple police, tribunal qui connaît des infractions aux règlements de police. Cette juridiction est attribuée au juge de paix et au maire, ou au juge de paix seulement, suivant les cas. || On dit de même : juge de police; jugement <le police; citation à la police. || 6° L'ordre al le règlement établi dans une assemblée, dans une société. Que pour l'ordre, la police et les lois de cette assemblée (l'Académie française), on a trouvé à propos de les réduire en un statut k part, PKLLissoN, Hist. de tAcad. i. Les prêtres chez les Germains mettaient la police dans l'assemblée, MONTESQ. Esp. xviii, 31, On entend par police des grains les règlements que fait le gniiverneiuenl lorsqu'il veut lui-même diriger le commerce des grains, condil. Comm. gouv. ii, 12. Quelle doit être la police des diètes? quelle» règles doivent-

elles suivre en délibérant sur les affaires ? m. Études hist. m, B. Il Par extension. La seconde tentative de centralisation météorologique eut lieu smis les rodres d'un grand navigateur, le célèbre capitaine Beecher ; vainement le nouveau directeur de la police atmosphérique indique In moyen de mettre de l'ordre dans tous ces documents confus.... kon- VIEM.E, /Vcv.çe scienlifique, 16 juin I8n3, p. 747. Il Faire la police, faire régner l'ordre, la sûreté. Nos frégates faisaient la police, et les Ottomans respiraient sous le pavillon français, cuatealb. Jtin. !'• part. Il Fig. Faire la police, régenter. Croyez-moi, monsieur, peu de gens ont le droit de faire la police du monde, marmontel, CorU. mor. Misatith. || 6° Police'médicale ou sanitaire, totit ce qui se rapporte à la conservation de la santé dans les villes et durant les épidémies.'ll 7° Boniet de police, lionnet de drap dont les militaires font usage quand ils ne sont pas en tenue. ^| Salle de police, voy. sallr. Il Proverbes. Bonne police est cau.se d'abondance.

— HIST. XV* s. Ne le roy ne se doit mie tenir si commun et si famiUer, que chascun parle à luy qui veult.... et est une chose hors de police faire le contraire.... Bihl. des ch. 6' série, t. 11, p. 13». S'ilz sont pervers et rigoureux. Vous y mettrez bonne police. Rrc. de farces, etc. p. :iiii. Ainsi desiroit de tout son cueur île povuir mettre une grant poliice en ce royaulme et principallement sur la longueur des procès.... comm. vi, 6. || xvi' 6. Platon, en ia police qu'il l'oige ■> discrétion, mont, i, 16. Nature ne se desment pas en cela de la générale police, 10 1, lut). Cette police de la plus part de nos collèges m'a tou.sjours despieu, i». 1, <83. Promit d'empoisonner le roy, el pour y parvenir voicy la police qu'il y tint, pa^jouieb, Rech. vi, p. 647, dans LACUI1NE. Nos rois.,.. Ploiaiis la pieté au joug de leur service, Gardent religion pour ame de police, d'aub. Tragiques, Princes.

— ETYM. Lat. politia, du grec TtoXiTeia, gouvernement (voy. politique).

2. POLICE (po-li-s') s. f. \\i' Contrat par lequel on s'engaKe à indemniser quelqu'un de certaines pertes. Police d'assurance est un contrat par lei)uel le marchand répond du vaisseau au bourgeois [c'està-dire, |iar lequel le marchand qu( loue le navire pour y mettre ses marchandises en répond au propriétaire], ou bien un contrat par lequel on promet indemnité et assurance des choses qui sont tivmsporlées par merde passen un autre, au moyen de tant pour cent que l'assuré paye .i son assureur quand le navire est de retour, Ms. du xvir .siècle, dans JAL. Le contrat appelle police d'assurance sera rédigé par écrit, et pourra être fait sous signature privée, Ordonn. août 1681. || 2° Terme de marine. Police de chargement, se dit quelquefois pour connaissement. Des connaissements ou polices de chargoiiient : les connaissements, polices de chargement ou reconnaissances des marchandises chargées dans le vaisseau, seront signées par le maître, ou par l'écrivain du bâtiment, Ordonn. août i«8i. Il 3"' ferme de typographie. Police d'un caractère, l'assorument des différentes sortes dont il est composé, lettres, capitales, points, virgules, etc.

— lUST. xiv s. Bailleront les gardes des dites portes buUete, autrement dite police, à ceux qui auront passé le dit sel, nu cange, pollex. || xv s. Le suppliant a esté l'un des gardes des salins de Pettays, où il a baillé du sel aux marchans plus grant quantité qu'il n'estoit contenu es pollices qu'il bailloit ausdiz marchans de leurs chargemens, id. l'ft.

— KTYM. Prov. polissia; ital. polizxa ; bas-lat. pollex, polegium, poletum, potelicum, registre, pièce écrite , altération de polyptycltum (voy. pouillR el polvptiour).

POLICÉ, ÉE (po-li-sé, sée), part, passif de policer. Il 1" Formé par la civilisation, par la police. Rien ne démontre mieux la distance immense qui se trouve entre l'homme sauvage et l'homme policé ipie les conquêtes de celui-ci sur les animaux, iiuff. t. vin, p. 279. Tous les peuples policés ont été sauvages, BAYMAL, Hist. phit. XIX, 2. || 2" Héglé par la (lolice (emploi vieilli). M. Sarrazin [inédecin] en a fait bien d'autres en ce pays; Paris est trop mal policé ; le désordre vient du même endroit d'où nous devrions avoir le remède;GUi patin, Lett. t. il, p. 179.

t POLICKME.NT (po-li-se-man) s. m. Action de policer.

— HIST. XVI* s. Policement, oudin, Dict. POLICEU (po-li se. Lee prend une cédille devant

(1 et 0 : poliçaiit, poliçons), i;. a. || 1* Adoucir les nueurs par l.i police ou civilisation. Lequel des deux est préférable, d'un côté un roi conquérant et invincible dans la guerre, de l'autre un roi sans

POL

expérience dans la guerre, mais propre i polieer sagement les peuples dans la paix? fén. TH. v. J Vd conclu au dehors une solide paix, au dedans j'ai policé l'État, et je l'ai rendu florissant, m. Dial. des morts mod. (Henri lll, Henri IV}. Il [Pierre le Grand] poliçait ses peuples, et il était 3auvaj;e. TOLT. Char/es .\II, t. Ils [les Cosaques] ont perdu presque entièrement leur liberté sous l'empire de la Russie, cjui, après avoir été policée de nos jours, a voulu les polieer aussi, id. Mœurs, 489.112° Se polieer, r. réft. Devenir policé. Un empire de deuj mille lieues en lonfiitude ne se police qu'à la longue, VOLT. Lett. à Catherine, 2 fév. 1774. La Suède s'est policée sans prendre les yices des nations polies, r.0WDiLL. Études hist. ii, e.

— HIST. XVI* s. Les republiques qui se sont maintenues en un estât réglé et bien policé, mont, i, 380.

— ÊTYM. Police t.

t POLICEUR (po-li-seur), s. m. Celui qui police.

— HlsT. xvt' s. Lycurgue, le policeur de Sparte, tA BOÉTIB, Sert-il. lolont.

POLICUINELLE (po-li-chi-nô-r), I. m. || !• Nom d'un personnage des farces napolitaines représentant un paysan balourd qui dit de bonnes vérités (avec un P majuscule). Polichinelle de grand cœur, Prince [le comte de Clermoutl, vous remercie; En me Taisant beaucoup d'hojineur, Vous faites mon envie: Vous possédez tous les talents, Je n'ai qu'un caractère; J'amuse pour queh|ues moments, Vous savez toujours plaire, volï. Poésies mêli'es, 44. Flattez-vous de la voir régner [la tolérance] dans un pays où Henri IV et Polichinelle ont été persécutés avec un égal acharnement, orimm, Corresp. t. 11, p- 410. Il Le secret de Polichinelle, chose qu'on croit secrète et qui, dans le fait, est sue de tout le monde. ||2' Marionnette de bois bossue par devant et par derrière (avec un p minuscule). Le Kain est allé chercher des acteur» en province ; il n'en trouvera pas; il n'y en a que pour l'opéracomi<iue ; c'est le spectacle de la nation en attendant polichinelle, volt. Lett. Marin, 22 avr. 1767. Il KiR. Ce monde est une grande foire où chaque polichinelle cherche à s'attirer la foule, volt. Lett. Tliiriot, 46 sept. 1768. || Voix de polichinelle, voix chevrotante et aiguô. || Celui qui est déguisé en polichinelle dans le temps des masques ou dans les bals masques. || 3" Familièrement. Personnage sans conséquence et ridicule (avec un p minuscule). A messieurs les polichinelles II dit: Vous en voulez, en vlà! uêrano. >tnl. j4rnaud. || C'est uo vrai polichinelle, se dit d'un ridicule bouffon de société. Il 4" Populairement. Canon d'eau-de-vie. {| 6" S. (. La polichinelle, sorte de danse bouffonne.

— ÉTYM. Ital. pulcinelia; napolit. ■polecenella. Le. Vocabulaire napolitain, 1789, raconte ainsi l'origine de ce nom : •• Dans le siècle passé, une bande de comédiens ambulants fut assaillie de quolibets par des vend.ingeurs près d'Acerra, ville dtlla campogna felite ; ils eurent le dessous à cause d'un certain paysan nommé Puccio d'Anielio, qui triompha d eux el qui avait une figure de charge, nez long, vis;ige noirci |)ar le soleil. Consolés de leur défaite, ils eurent l'idée d'associer cet homme à leur troupe. Celui-ci accepta et eut le plus grand succès. De là son masque, son rflle et son nom sont entrés au théâtre sous lé titre de PolecencUa. «D'autres au contraire rejeltant cette anecdote, croient que ce mot vient de pukino, poussin, dérivé du lat. pullus, et n'étant dans le principe qu'une expression de caresse : mon poulot. D'autres enfin parlent d'un Pauio Cinelln, qui aurait joué les Polichinelles du temps de Charles d'Anjou, à Naples.

t POLiCIEN (po-li-siin), 1. m. Feutre dont on se sert pour polir les peignes.

t POLICIER, lËKE (po-li-sié, siè-r"), adj. Oui appartient à la police d'une ville, i'our qui considère nos habitudes de licence, nos goAts de calomni;, notre régime policier.... prouoiion, la Justice, I, |>. 88. Il ,S'. m. Terme familier et de déaigrecuent. Policier, homme attaché à la police.

— HIST. XVI' s. Policier, cotgbavb.

— f.TYM Police (.

t POLIftRES (po-liè-r'), s. f. pi. Terme de bourrelier. Courroies qui joignent la fau'ihère au bât.

1. POM.MKNT (po-li-man), s. m. Action de polir; état de ce qui est poli. Je pri^ des miroirs de métal de différents foyers et de différents degrés de poliment, iiun'. Hist. min. Inlrod. part. exp. (liuv. I. VU, p. I6« Leur [Kjliment (des rubig, saphirs et topa/es d'Orient] se fait sur une iiutre roue pareil lernent de cuivre, mais avec du tripuli détrempé dans de l'eau, au lieu de poudrt de diamant, Dict. iet arté «( met. Lanidair».

POL

— Stym. t'olir; provenç. poliment; c«tal. puliment; espagn pnlimento: portug. polimento; ital. pulimento. Le xvi' siftole dit polissement.

i. POLIMENT î|.o-li-man) , mh: || 1° D'une manière polie, civile. Je vous supplie de ne pas manquer d'en écrire de manière que je puisse me débrouiller de cette affaire polimeni, poussin, Lett. 26 juin t«44. Je l'ai vu [le cardinal de Fleury) refuser, poliment inhumain, Une place à R.icine [le tils], à CrébiUon du pain, volt. Ép. xcv. |( 2° Avec correction. Et qu'un démon jaloui de mon contentement M'inspira le de.ssein d'écrire poliment, boil. Sat. 11.

— HIST. xvi* s. Et que deux rangs de perlettes choisies. D'un ordre égal en la plice des dents, Bien poliment soyent arrangés dedans [la bouche], RONS. Amours, i. Élégie à Janct.

— ETYM. Poli, et le sufflxe ment; provenç. poJidomcnt; catal. pulidament; espagn. pulidamente; ital. puiHamente.

t POI.IORCiîTE (po-li-or-sè-f) , adj. m. Terme d'histoire grecque, l'rcneur de villes; surnom de Démétrius, fils d'Anligone.

— ÉTYM. noXiopx»|nnç, de itéXi;, ville, et Spxoç, circonvallation.

t POLIORCÉTIODE (po-li - or-sè -ti - k'), odj. Il 1" Terme d'antiquité. Qui appartient à l'art de faire les sièges. ||2° S. f. La poliorcétiiiue, art de faire les sièges.

— ÊTYM. lIoXiopxTiTixè; (voy. POLIORCÈTE).

t POLIOSE (po-li-ô-z'),*. f. Terme de médecine. Décoloration des poils.

— Etvm. lloÀîuxjti;, de itoXièç, gris.

POLIR (po-lir), V. a. Il !• Rendre uni et luisant à force de frotter. On poht l'éméraude, on tailla le rubis, BOIL. Ép. ix. C'est en polissant les plâtres à l'huile, qu'on leur donne un lustre presque aussi brillant que celui d'un beau marbre, bufp. Ifin. t. ir, p. 5!i. De temps immémorial, les Cliinuis et surtout les Japonais savent travailler et polir l'acier en grand et petit volume, lu. //l'.vl. min. Introd. part, expns. Œuv. t. vit, p. 269. |{ Fig. Artistes ou (ilulêt artisans malheureux, dont le sort est de refroidir tout ce qu'ils touçheiil, et d'user tout ce qu'ils polissent, d'alemb. Klnri. Despréaiix. \\%° Fig. Orner l'esprit, adoucir les miT.ars. Il y a toujours dans cette nation de barbares (les KrançaisJ deux ou trois mille personnes très-aimables, d'un goilt délicat et de très-bonne compagnie, qui à la tin poliront les autres, volt. Uict. pM.. Supp'ices. |l 11 se dit aussi de la langue. 11 se peut que les Arabes aient poli leur langue, didkiiot, Opin. des anc. phil. [Arabes). || 3° Rendre civil,^ donner les manières de la politesse. On polit un homme de robe, on apprend à vivre à un alJbé, on met un jeune homme dans le monde, oancoubt. Été des coq. se. «. ||Fig. Un homme de ceite sorte est un .savant artisan de calomnies.... il sait préparer et polir admirablement le» mauvais offices, balz. De la cour, s* dise. i| i" Fig. Mettre la dernière main à un ouvrage d'esprit. Vous me dites fort plaisamment que vous croiriez m'ôter quelque chose en polissant vos lettres; gardez-vous bien d'y toucher, vous en feriez des pièces d'éloquence, bév. t45. Si, deux jours seulement libre du jardinage, Devenu tout à coup poète et bel esprit, Tu l'allais engager à polir un écrit, BOIL. Ép. XI. L'autre on vain se lassant à polir une rime, id. Disc, au rot. ||6 Se polir, v. réfl. Devenir uni, luisant, lin corps qui se polit par le frottement. || 8' .Se rendre à soi-même le poil luisant. Les écureuils se peigiioni el se polissent avec les mains et les dents, bukf. Écureuil. || T .Se dit dos mœurs qui s'adoucissent et des esprits qui s'ornent. On voit les lois s'établir, les mœurs se polir, et les empires se former, Boss. Hist. t, 2. Il en repartit quelque temps après pour voyager, selon la coutume de sa nation, qui croit avoir besoin du commerce des autres pour se polir, et qui en doit parvenir d'aiilanl plus aiséicentà se rendre plus polio qu'elles, fonti n. Tschirnhaus. On voit, lettre tvii [d« SénèqueJ, que la langue latine s'é'.ait appauvrie, comme la nôtre, en se polisAint, didkr. Claude et fier, ii, 20.

— HIST. XII* ». Alant i vint une [dame] jolie, Qui bîele esloit et bien polie, Lai d'ignaurès. Le front poli et clair, les oil» vnirset rians, Sax. v. jjxiii' ». .Mais 11 félon plein de rage Sevent [savent] si biau leur laiigige Et leur mos polir. Qu'on ne sait choisir (disccrneri Li quels a loial corage, mâtznkb, p. 6:1. En son iniioer perdurable, Que nus (iiul|, for» li, ne »el polir, la llose, t7«73. || xv« ». Lors le roy... print son escu que portoit l'un de te» 9»cuyers et son glaive, et après w polit el acoustra de se» armes, Perceforett, l. 1, f' 27. || xvf t. Au déilani c'estoii l'ime la plu» polie du tnonde, vont.

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I, 147. Par une pente doulco et polie, id. i, t7«. Tharrytas, ayant le premier poly les villes de son pals, et orné de lettres grecques, loii et coustume» civiles, AMYOT, Pyrrh. 2.

— ETYM. Prov. polir; espagn. pulir; itaL ptt- Jt're; du lat. pnlire.

t POLISSAHLE (po-li-sa-br),od;. Qui est susceptible de recevoir le poli. De la céruse, produite lep^ lement dans des conditions permanentes dhui» dite, peut donner des écailles compactes, dure», polissablcs, kuulmann, Acad. des se. Comptes rendus, t. LVin, p 1U3».

— HIST. xvi' s. Matières dures, candides et polissables, palissy, 338.

t POLISSAGE (po-li-sa-j"), ». m. Action de polir, do donner du poli.

t POLISSKMENT (po-ll-se-man), ode. Action de donner de la culture, de la civilisation. Je sais i présent que l'Espagne doit rester barbare.... ce que niius voyons dans le moment n'est qu'une fausse lueur de polissement, oaliani, tfJI. t. u, p. 27»,

POLISSEUR, EUSE (po-h-seur, seû-z'), ». m. et f. Celui, celle qui poliL Des polisseurs de places. Polisseuse d'argenterie. || Fig. Son élégance [de li langue française] a trop pris sur sa vigueur; ses polisseurs l'ont afiaiblie; elle a perdu do sa naïveté, de sa concision et de son énergie, marmoh-

TBL, ŒUV. t. X, p. 428.

— HIST. xvi* s. Polisseur, cotgravb.

— ÊTYM. Polir.

POI.ISSOIR(po-li-soir),i.m. Instrumentpourpolir.

— HIST. xvi* s. Je vous ay esbauché la matière, à laquelle ne restera sinon luy bailler les traits et le polissouër, pour plus clairement vous représenter

les choses, u. DU BELL. 498.

— ÊTYM. Polir.

POLISSOIRE (po-li-soi-r"), ». f. ||1' Sorte de décrottoir doux. Il Terme de coutelier. Meule de bois qui sert i polir les outils émoulus.

POLKSSON (po-li-son), s. m. || l" Petit garçon mal tenu, qui vagabonde et s'amuse A jouer dans les rues et les places publiques. Je meurs de honte de vous donner toute» ces peines.?, ce conseiller clerc demeure à une lieue de chez vous ; aurezvous la bonté de lui écrire un petit mot d'avis par un polisson? volt; Lett. li'Argeutal, 7 mars 1760. Vous ne parviendrez jamais à faire des sages, si vous ne faites d'abord des polissons; c'était l'éducation des Spartiates, j. j. rouss. ^m. u. || Au ftUnin. Polissonne. Une petite polissonne. || i' Enfant dissipé, jeune drrtie. Un polisson de collège lisant le 4' livre de l'Enéide, J. 1. nou.ss. Ém. iv. A douze ans, j'étais un Romain; àvingt, j'avais couru le monde, et n'étais plus qu'un polisson, id. Lett. d Tronchin, Corresp. t. v, p. 3», dans pouoens. Il Fig. Dans le langage de l'ancienne cour, en polis.son, en qualité de polisson, en homme sans importance, en surnombre. Madame (Sampan rapporte que, de son temps, les hommes présentés, qui n'avaient point été invités à résider à Harly, y venaient cependant comme à Versailles.... alors il était convenu de dire qu'on n'était â Marly qu'en |)olis8on; et rien ne ma paraissait plus singulier que d'entendre répondre par un charmant marquis à un de ses intimes qui lui demandait s'il était du voyage de Marly : Non, je ny suis qu'en polisson, cela voulait simpli-ment dire : J'y suis comme tous ceux dont la noblesse ne ilate pas de l«oo, ii"" cAHPAtt, Mémoires sur la vie privée d» Marie-Anloinette, etc. ch IX. Il [l'abM d'Estréesj était à la campagne on qualité de généalogiste et de polisson cher M. de la Roche-Aymon, volt. Lett. d d'Alemberl, i» dée. 1764. Il 3" Homme qui a l'habitude do faire ou de dire des lioiiffonnories. Vous serez donc toujours un polisson? Il Adjectivement. Il e»t trop polisson pour son âge. Il 4' Homme sans considéralion et sans mérite. En ce bas empire, A chacun selon son pouvoir Permis est de faire valoir... Un polisson pour un soudrille, dassouct, le nariisement de Proserpine, 1663, p. »e. Depuis que je m» suis amu.sé â immoler ce polisson à la risée publique sur tous les théâtres de l'iiuropa, il est juste qu'il se plaigne un peu, volt. I^ict. p/ii'I. Àna- Nou» n'avons été que des polissons en tout genre jusqu'à l'établissement de l'Académie «t le phénomène du Cid, m. Lelt. Mairnn, it août I7si.'> Mlle Sainval (actrice des Français) a su luiniix que personne met tre en, œuvre un» foule de polissons soudoyés qui composent aujourd'hui un tiers du parterre et s'en rendent qufllquefnis les maîtres, laharpr, Correspondance Itlteraire, lettre 1 16. Camille Dcsmouliiis, ce polissou de génie, hicuklet, Uist. de la llévululion. 1. i. H S' Celui oui dit ou fait des choses tiuD

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libres. C'est un polisson. || Adjectivement. Un air étourdi, beaucoup rie négligence, débrailjement complet, sottises, jeux de mains, mots équivo- (|uos, mines, mouclies et tab.îc : tenez, madame, je suis poli-aon au suprême degré, tt de polisson à petit maître, il n'y a que la main, te Retour de la foire de Béions (t695), se. », Théât. italien de Gherardi, t. vi, p. <7B. L'éloge que vous me faites de M. le Pelletier des Forts me donne beaucoup d'impatience d'avoir l'honneur de la saluer; sa .sagesse et sa modestie, dans un âge où tant d'antres sont à la fois fort insolents et fort polisso'is (je n'entends pas ce dernier mot, je rapporte vos paroles) sont d'autant plus estimables que... BAYI.E, lett. à M**', -2 mai (637. Je devins •>olis'iOTi, mais non libertin, j. J. Rouss. Conf. n. ■jcarron est difTus par négligence; il est ce qu'on ppelle polisson par gaieté, mabmontel. Œuvres, t. V, p. ÏB9. Il En parlant des choses. Si ses maniéfes te paraissent polissonnes, c'est que tu ne fréquentes pas le grand monde, Colnmbine avocat lour et contre (i68B), i, 8, dans le Théâtre italien de Gherardi Les entretiens polissons préparent les mœurs libertines, j. i. bodss. Ém. iv. Le public .se ^orte en foule à cette parade burlesque [la Bour- "lonnaise de l'abbé de Laltaignant], dont la petite intrigue, assez bien menée, est soutenue de beaucoup de saillies polissonnes, très à la mode anourd'hui, BACHAUMONT, AfiJm. secrets, t. iv, |i. 456. Il 6° Mouchoir empesé que les dames plaçaient audessous de la taille pour se donner de l'épaisseur et de l'ampleur; on dit aujourd'hui tournure.

— ÈTYM. Hainaut, poîmo, fer à repassnr, ce qui unit, polit. Polisson est, d'après Diez, formé du Jat. politionem, action de polir, devenu masculin, comme nourrisson, de nutritionem, poinçon, de punctionem, et signifiant celui qui nettoie les rues, bat les rues, y vagabonde. Le trait d'union est le mot du Hainaut polisso, qui montre qu'il y a eu un substantif po/Vsso, dérivé du verbe poiir.

POLISSONNER (po-li-so-né), V. n.\\l° Faire le polisson, vagabonder, jouer dans les rues, la campagne, en parlant d'enfants. Il allait polissonner avec d'autres enfants au bord du canal, pêcher dans les étangs, m"' mccoHrw, Aloise de Rivarot, Œuv. t. v, p. 492, dans pouGKNS. Il î° Dire ou faire des polissonneries. On ne les voit jamais oisifs et désœuvrés jouer dans une antichambre ou polissonner dans la cour, mais toujours occupés à quelque travail utile, I. J. Rooss. Hél. VI, (0. Cette table, assez nombreuse, était trés-gaie sans être bruyante, et l'on y polissonnait beaucoup sans grossièreté, ID Conf. vil. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— RTYM. Polisson.

POLISSONNERIE (po-li-so-ne-rie) , ». f. || 1° Action de vagabonder. || 2" Acte, parole, tour de polisson. Mon temps ne se passait pourtant pas tout en lier à ces polissonneries,!. J. bouss. Confess. m. X peine un sujet était-il entamé qu'il brouillait l'entretien par quelque polissonnerie qui faisait rire et oublier ce qu'on avait dit, id. ib. Je ne laisse pas, tout diables qu'ils 3ont jvos enfants], de leur enseigner quelquefois des polissonneries de mon temps, p. L. cooR. Lett. u , 77. Il 3* Acte de drôle. C'est une polissonnerie.

— ETYM. Polissonner.

POLISSIIHE (po-li-sur'),ï.^ Résultat de l'action de x)lir. L'armrt est d'une polissure admirable, la bruy. ui. Il Fig. [Nous achetons] d'un précepteur la connaissance des bonnes lettres et la polis-ure de notre 35prit, MALH. Traita des bienfaits de Sénéque,n, 4 5.

— lilST. XVI' s. Geste polissure, et ceste grâce et ceste gentillesse d'ornemens de peinture et de sculpture n'y estoit point encore entrée [à Rome], AMYOT, Marcel. 33. La cornée, en sa partie ante- •ieura circon.scrite de l'iris, est lucide et transpa- -ante, et par derrière est obscure, à raison de la diverse polissure d'icelle, paré, iv, 6.

— ÉTYM Polir.

I POLISTE (po-li-sf) , ». f. Guêpe ou genre d'inectes hyménoptères voisin de la guêpe, dont le corps est noir taché de jaune.

— ÊTYM. no'i.inri\(, bâtisseur de ville.

POLITFJiSË (po-li-tè-8'), t.f. Ill'Cullure intellectuelle et morale des sociétés. Kn envoyant ses colonie» par toute Ut terrti, et avec elles la politesse, Boss. Hitt. m, ». Je viens vous faire admirer un homme qui a su joindre la politesse du temps à la bonne foi de nos pères, PLftoH. Ducde Kont. Quelles peine» n'eut-on p.-is à lui persuader d'étendre un peu, en faieurde sa dignité, Irs limites de son patrimoine, et d'ajouter (jiielques polites-tes de l'art aux agréments rtisiii(ue» do la nature ? in. U TeUier. Les diuuaùoiu domestique», Ut guerres étrangères,

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l'ignorance qui toujours en est le triste fruit, avaient répandu sur toutes les parties de l'Ëtat je ne sais quel air de licence et de barbarie, toujours fatal à la sainte politesse et à la candeur des mœurs chrétiennes, MASS. Pandg. St Bernard. Carthage sortit de ses ruines... elle devint la métropole de l'Afrique, et fut célèbre par sa politesse et par ses écoles, chateaubr. Itin. 1' part. || 2° 11 se dit aussi de la culture individuelle. La politesse de l'esprit consiste à penser des choses honnêtes et délicates, la rochefouc. Maxime 99. Ce nom, capable d'imprimer du respect dans les esprits où il reste encore quelque politesse, fléch. Due de Mont. 11 faut très-peu de fond pour la politesse dans les manières; il en faut beaucoup pour celle de l'esprit, la BRi:v. XII. Il Manière de vivre polie, non sauvage ni farouche. Hélas! je suis une biche au bois, éloignée de toute politesse; je ne sais plus s'il y a une musique dans le monde, et si l'on rit, sév. 45 juin 468o. Télémaque fut étonné de voir toute la campagne de Salente cultivée comme un jardin : il en fut charmé, car il aimait naturellement les choses qui ont de l'éclat et de la politesse, pEn. Tél. xxn. || 3° Manière d'a'-'ir, de parler civile et honnête, acquise par l'usage du monde. La politesse n'inspire pas toujours la bonté, l'équité, la complaisance, la gratitude ; elle en donne du moins les apparences, et fait paraître l'homme au ilehors comme il devrait être intérieurement, la broy. v. Il me semble que l'esprit de politesse est une certaine aitention à faire que, parnos paroles et nos m.anicres, les jutres soient contents de nous et d'eux-mêmes, ic. ib. Il est vrai que les manières polies donnent cours au mérite, et le rendent agréable, et qu'il faut avoir de bien éminentes qualités pour se soutenir sans-la politesse, id. ife. 11 [Vaubaii] mépri.sait cette politesse superficielle dont le monde se contente, et qui couvre souvent tant de barbarie, fonten. Vauban. La politesse est à l'esprit Ce que la grâce est au visage; De la bonté du cœur elle est la douce image. Et c'est la bonté qu'on chérit, volt. Stances, 28. Celui qui ne veut satisfaire qu'aux besoins de la nature, ne se morfond point à la porte des grands, n'essuie ni leurs regards dédaigneux, ni leur politesse insultante, DinEB. Claude et Nér. ii, 4. Le peuple est ici plus bruyant qu'ailleurs ; dans la première classe des citoyens régnent cette bienséance qui fait croire qu'un homme s'estime lui-même, et cette politesse qui fait croire qu'il estime les autres, barthél. Anach. ch. 20. jl avait des manières élégantes, une politesse facile et de bon goût, stael, Corinne, l, a. Une polites.se froide, une conversation pleine de solidité, genlis, YeilL du châl. t. ni, p. 44, dans poiiGENS. Il La politesse du cœur, celle qui est inspirée par la bonté, par la cordialité. 11 est bon, facile; il a la politesse du cœur, bien supérieure à celle des manières, harthél. Anach. ch. 54. ||4» Action conforme à la politesse. De toutes les obligations qu'on peut avoir à une belle Sme, ces tendres attentions, ces secrètes politesses de sentiment sont les plus touchantes, Marivaux, Marianne, 3« part. J'ai dû à M. d'Alembert et à M. Diderot la politesse que j'ai eue pour eux : il n'était pas juste que mon nom parût avant le leur, volt. Lett. Panckoucke, ai fivr. 4 770. Les hommes savent que le.i politesses qu'ils se font ne sont qu'une imitation de l'estime, du- CLOS, Coruid. mœurs, 3. || Faire politesse à quelqu'un, se montrer particulièrement civil à son égard. Déjà l'on me fait politesse, Déjà l'on m'attend au retour, kérang. //ah. de cour. \\ Brûler la politesse, s'esquiver sans dire adieu.

— RTYM. Ital. pulilexsa, de pulUo, poli.

t POLITICO-ÉCONOMiOUK (po-li-ti-ko-é-ko-nomi-k'), adj. Oui appartient à l'économie politique. De cette science politico-économique MM. les professeurs n'en savent pa -• nremier mot, oaliani, Lett. t. I, p. 184.

t POLITICOMANIB (po-li-ti-kv . ^ - K.-', , ». f. Manie <|ui consiste à s'occuper constamment des affaires politiques.

— ÉTYM. Politique, et manie.

f POLITIE (po-li-sie), s. f. Société et gouvernement (terme tombé en désuétude). Ces lieux doivent être habités par des peuples barbares : toute politie y serait impossible, i. t. Honss. Contrat, m, 8.

— HIST. xiv s. Plusieurs policies ont esté et peuent estre corrumpues et gastées, oresme, Éth. Prol. Il XV* s. La quelle chose est de droit deuc en policie droictoment bien ordonnée, chr. de pisan, Charles V, i. 4 3.

— ÉTYM. Ilo),tT€£o (voy. politique).

4. POI.ITIOUE (po-li-li-k'), adj. || 1" Qui a rapport aux affalrea pubU(fuM. Il ett certain, et lu peuples

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s'en convaincront de plus en plus, que le monde politique, aussi bien que le physique, se règle par poids, nombre et mesure, fonten. Montmort. Qu'on ne dise donc plus que nos législateurs, l'our nous donner un frein devenus imposteurs. Nous ont traosmis d'un Dieu la fable politique, bernis, Relig. veng. m. Lorsque l'Esprit des lois parut en 1750, les ouvrages rie Melon, de Dutot, de Cantillon, de l'abbé de Saint-Pierre étaient les seuts livres français sur les sciences politiques qui fussent entre les main» des gens de lettres, volt. Polit, et l^g. Préface des éditeurs (éd. rie 4 785). Je serais d'avis de ne donner au publie qu'une partie des instructions de Louis XIV au roi d'Espagne; je voudrais que le public ne vit que les conseils vraiment politiques dignes d'un roi de France et d'un roi d'Espagne, id. Lett. iVooiHes, 28 juin. 4 752. Et ne sais-je pas, ajoute-t-il, que militairement Moscou ne vaut rien? mais Moscou n'e.st point une position militaire, c'est une position politique; on m'y croit général, quand j'y suis empereur, ségur, Hist. de Nap. vili, 4 0. L'intérêt politique. Pour lui, comme pour tous, est un mot sans réplique, c. delat. Popularité, m, 4. Il Droit politique, les lois qui règlent les formes du gouvernement. Il Droits politiques, droits en vertu desquels un citoyen participe au gouvernement. Il Domicile politique, voy. domicile. || Économie politique, voy. ÉCONOMIE. (I Arithmétique politique, voy. ARITHMÉTIQUE. || 2° Qui résulte de l'opinion sur les affaires publiques. Parti politi.;ue. Haines politiques. Les premiers comiques latins hasardèrent la satire personnelle, mais jamais la satire politique, MABMONTEL, Œuv. t. VI, p. 155. J'aime à fronder les préjugés gothiques Et les cordons de toutes les couleurs ; Mais, étrangère aux excès politiques, Ma liberté n'a qu'un chapeau de fleurs, bérang. le Nouveau Diogène. Un serment politique est toujours un serment, c. delav. la Popularité, i, 8. Je suis, et je m'en pique, Son père, entendez-vousî son père politique: Je suis son électeur, id. ib. i, 4 4. || Qui s'occupe des affaires publiques, qui y prend part, en parlant des hommes. Les hommes politiques ont aussi leur coquetterie un front en coupole, un regard fascinateur, une attitude dominatrice, un teint pâle attestant des veilles ; tels sont les mâles attrait» qu'ils aiment àexhiber,CH. DE Bernard, Un homme sérieus, § iv. || 3* Par extension, qui a rapport à la conduite des affaires privées. Dites-moi un petit mot de mes affaires; êtes-vous toujours dans le même raisonnement politique qui vous fit préférer le receveur au fermier^ sév. à Guitaut, 20 avr. 1683. Il 4° Fig. Qui est fin et adroit, prudent et réservé. Les dominicains sont trop puissants, me dit-il, et la société des jésuites est trop politique pour les choquer ouvertement, pasc. Prov. 11. Il est politique, mystérieux sur les affaires du temps, la bruy. VI. Quoique je fusse bien aise au fond de l'âme de devenir page d'un grand, je fus assez politique pour cacher ma joie, le sage, Estev. Goni. xi. Il 11 se dit aussi des choses. Ils couvrent leur prudence humaine et politique du prétexte d'une prudence divine et chrétienne, pascal, Prov. v. Le chancelier Séguier, par sa politique conduite, s'assura pour toujours la faveur de la reine, sT-sm. 9, 4 05. Il 6" Vers politique, vers usité chez les Grecs de l'époque byzantine et de l'époque moderne, et qui se mesure non par la quantité, mais par le nombre des syllabes. || 8" S. m. Celui qui s'applique à la connaissance des affaires publiques, du gouvernement des Rtats. Peut-être qu'après tout ces croyances publiques Ne sont qu'inventions de sages politiques, corn. Poly. variante, iv, a. Un roi qui s'y résout est mauvais politique, ID. Pomp. I, 2. Les politiques ne se mêlent plus de deviner ses desseins [de Louis XIV], boss. Mar.- Thér. Que ne lui promit-on pas dans ce» besoin» I mais quel fruit lui en revint-il, sinon de connaître par expérience le faible des grands politiques, leurs volonté» changeantes ou leurs paroles trompeuses? m. y4nne de Gonx. Content do remarquer des actions de vertu dont les sages auditeurs puissent profiter, ma voix n'est pas destinée à satisfaire les politiques ni les curieux, id. ib. J'admire le langage des politiques : à les entendre, c'est toujours la raison, c'est, l'équité toute pure qui les conduit; à les voir agir, il est clair que l'intérêt seul ou l'ambition est leur règle et leur guide, rollin, Hist. onc. Œuvr. t. v, p. r.04, dans pouoens. U n'y a que le faible qui trompe; le vrai politique est celui qui joue bien et qui gagne à la longue; le mauvais politique est celui qui ne sait que filer la carte, et qui tôt ou tard est reconnu, volt. VABC (4 2' entretien). 117" Membre d'un parti formé

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pendant la ligue par aes personnes qui, écartant \a .(uestion r^liyieuse, ne demandaient, disaientelle<, que des réformes politiques. |] S est dit aussi d'un parti qui était guidé par ces mêmes principes, pendant les troubles d'Angleterre. || 8* Celui qui a une conduite adroite, prudente, rusée. Ces fins politiques [les jésuites] se gardèrent bien de réclamer.... ST-SIM. 86, 12).

— HiST. xiT* s. Une fortitude appelles politique ou civille, OBESME, Eth. 83. Il XV' s. Les princes, les soigneurs et capitaines, qui ont les citez et les grans iieuple? en gouvernement, ont charge politique, le Jouiencel, !° 3, dans lacurne. || xvi' s. Ceux qui estoient plus politiques preschoient à haute voix qu'il n'y avoit rien plus dangereux en une republicfue que la nouveauté de religion, castbln. 79. I! n'est pas qu'en nos derniers troubles le party catholique ne fut encore subdivisé en poliiique (que l'on eslimoit de pire condition que le huguenot, parce qu'il plaidoit pour la paix) et le ligueur, pasquier, Recii.

<1I1, p. 739, dans LACURNB.

— ÉTYM. Lat. polilicus, du grec rcoXitixoç, qui vient de nôXi«, ville, cité ; sanscrit, pur, s. f. puro, s. n. jntH, s. f. ville, rapportés à la racine prl, emplir, (iui est dans puru et dans ;ro/ù, beaucoup. IIô- Xiç, ville, voudrait donc dire la foule, la multitude.

2. POLITIQUE (po-li-ti-k'), s. f. || 1° U science du gouvernement des Etats. S'ils [Platon et Aristote] ont écrit de politique, c'était comme pour régler un hôpital de fous, pasc. Pens. vi, 62, éd. HAVET. Il ne fallait qu'ouvrir l'entrée des affaires d'État à un génie si perçant, pour l'introduire bien avant dans les secrets de la politique, boss. le Tellier. La politique de l'homme consiste d'abord à t&cher d'égaler les animaux, à qui la nature a donné la nourriture, le vêtement et le couvert; ces commencements sont longs et difficiles, VOLT. Dict. phil. Politique. La politique, espèce de morale d'un genre particulier et supérieur, à laquelle les principes de la morale ordinaire ne peuvent quelquefois s'accommoder qu'avec beaucoup de finesse, d'alemb. Disc, prélim. Encycl. (Euv. t. i, p. 218, dans pougens. |] Fig. Il n'appartenait qu'au Sauveur et à la politique du ciel de nous bâtir une ville qui fût véritablement la ville des pauvres, boss. Sermons , Septuarj. I. Voilà donc le mystère du conseil de Dieu, voilà cette grande maxime J Ëtat de la politique du ciel : Dieu nous a formés dans le temps pour nous faire passer dans l'éternité, ID. Variantes du 2* sermon sur la l'rovidence, dans gandar, p. <56. Il Traité de politique. La Politique d'Aristote. iU" L'art de gouverner un État, et de diriger ses relations avec les autres États. Et si jamais je règne, on verra la pratique D'une si salutaire et noble politique, CORN. Nicom. m, t. Il ne faut ni art ni science pour exercer la tyrannie ; et la politique qui ne consiste qu'à répandre le sang est fort bornée et de nul raffinement, i>a bruy. x. Cette ruse n'était qu'un' mensonge; mais la politique est-elle autre chose que l'art de mentir à propos? volt. inn. Emp. f'cnJt'nond lll, Paix de Westph. La politique dit à la philosopiiie et au fanatisme : Vivons tous trois ensemble comme nous pourrons, ID. Dict. phil. Polythéisme. Guillaume III était né avec do grands talents pour la guerre, et des talents encore plus grands pour ce que nous appelons communément la politique, condil. Élud. hist. u, 4. L'art de la guerre, qui est l'art de détruire les hommes, comme la politique est celui de les tromper, d'alem- BERT, UHanget de littérature, t. v, § vi. L'c motion d'une assemblée, (juoique moins nombreuse et plus assouplie que la nôtre aux combinaisons de l'insidieuse politique, en décida |de la guerre], hiba- BEAU, Colliction, t. ni, p. 32). Puis il [Napoléon] s'écrie qu'en politique il ne faut jamais reculer, ne jamais revenir sur ses pas ; se bien garder de convenir d'une erreur; que cela déconsidère ; que, lorsqu'on s'est trompé, il faut persévérer, que cela donne raison, sèour, Hist. de .Vop. vm , lO, || Système particulier qu'adopta un gouvernement, direction donnée aux affaire» de l'État. || Principes politiques. La politique de t'I journal. Si j'ai bien entendu tantôt ta politique, cobn. Cinna,v, 1. 1| Par politique, par des motifs politiques. Que c'est un tort truel d'aimer par politique, corn. Sertor. i, 3. n 8* Se dit des affaires publiques, des événements politiques. Kien de nouveau en politique. Politique intérieure. Politique extérieure. Le sage revient aisément à soi; et il y a dans la politi ]ue comme dans la religion une espèce de pénitence plus glorieuse que l'innocfiice même, qui répare avantagcnseiiniit un peu de Iragilitt'- par des vertus extraordiii.'iires et par une ferveur continuelle, n-tcn. 7'ur'n. || Par-

DICT. DE LA LANGUE FRaNÇAISE.

POL

1er politique, causer sur les affaires politiques. ;i 4° Par extension, règles de conduite particulière de chacun dans sa famille, dans ses affaires. Vous me décidez entièrement en faveur de Boucart [un fermier] : je vois que l.i politique m'engage à suivre dans celte occasion les conseils de celui que j'ai mis à la tête de mes affaires, sÉv. d Guitaut, » avr. 1683. Je regrette de ne vous avoir pas assez vue, et d'avoir eu de cruelles politiques qui m'ont ôté quelquefois ce bonheur, id. d Mme de Grignan, 12 juin. iB7i.il 5' Fig. La manière adroite dont on se sert pour arriver à ses fins I.a clémence des princes n'est souvent qu'une politique pour gagner l'affection des peuples, la rochefol'C. Rcflex. th. Sachez que leur objet [des jésuites] n'est pas de corrompre les mœurs; ce n'est pas leur dessein; mais ils n'ont pas aussi pour unique but celui de les réformer; ce serait une mauvaise politique, PASC. Prov. v. Cette malheureuse politique qui nous fait avoir pour les grands une complaisance si aveugle, boubdal. MyH. Passion de J. C. t. i, p. 285. Elle [Mme du Chàtelet] regarde l'amitié co.iime un nœud si sacré, que la moindre ombre de politique en amitié lui parait un crime, tolt. Let(. Thiriot, 7 janv. 1739.

— HIST. XIII* s. Politique, ce est à dire le governement des citez, qui est la plus noble et haute science et U plus nobles offices qui soit en terre, selonc ce que politique comprent gonerau ment toutes les ara qui hesoignent à la communiié des homes, BBLN.LATiNi, Tr^oT, p. 675. || xiv S. Et eucore est il plus convenable à celui qui veult savoir politiques que il ait connaissance de l'ame, oresme, Eth. 29.

— ÉTYM. Politique i ; grec, il koXitix'^, sous-entendu TÉyr., l'art politique.

POLrriQUEMENT (po-li-ti-ke-man), adv. || 1° Selon les règles de la politique. || 2* D'une manière fine, adroite.

— HIST. XVI* s. Ceux qui en parloient plus politiquement estimoient que cet inconvénient advenu audit Vassy apporteroit beaucoup de maux, cas-

TELN. 84.

— ÉTYM. Politique, et le suffixe ment.

POUTIQUER (po-li-ti-ké) , je politiquais, nous

politiquions, vous politiquiez ; que ie politique, que nous politiquions, que vous politiquiez,». n. Terme familier. Raisonner sur les affaires politiques. Je reviens de chez Mme de la Fayelte.... on a fort politi jué, SÉV. 2 mars 168». Au lieu de passer les trois quarts de la vie dans un café à poMtiquer et à lire des chiffons de gazettes, ils feraient mieux de voir bonne compagnie chez eus, BOf^sy, Français à Londres, se. t. Oi: politiquait i perte de vue sur les moyens de ritablir la balance de l'Europe, wirab. Lett. orig. t. m, p. «17. || Use conjugue avec l'auxiliaire ai-oir.

— ETYM. Politique a. Ce verbe n'est pas dans les dictionnaires du xvii* siècle.

t POLITIQUEUR (po-li-ti-keur) , s. m. Terme très-tamilier. Homme qui s'occupe des affaires politiques. Le vote de l'Iilaiidais [émigré en Amérique] est devenu un objet d'importance; les politiqueurs et les journaux d'Amérique n'ont pas manqué de flatter les faiblesses et les passions de ces électeurs, / des Débats, b oct. tsti.

t POLKA (pol-ka) , ». f. Espèce de danse importée de Pologne (de Bohême, selon Escnlicr), \ers (845, en France. C'est une danse à dcax temps. Le cavalier, tenant sa dame par la taille de la main droite, lui donne l'autre main, et lourne avec elle en faisant le pas de polka. La polka n'a pas d'autre figure que les autres danses .tournantes. Chaque couple, en tournant sur lui-même, décrit une espèce de cercle ou d'ellipse selon la figure de la salle. Il Pas de polka : ou frappe alternativement des deux pieds trois temps sur quatre; au quatrième temps, le pied reste levé, et c'est lui qui commence les frappés suivants. || Air à doux temps et assez vif sur lequel on exécute celte danse.

t POLKER (polké), t). n. Danser la polka.

t POLKEfU. EL'SR (pol-keur, keû-ï"), ». m. et f. Celui ou celle' qui danse la polka.

t POLL (pol), t. m, Sutiputa on des votes, dan» les élections des membres de la chambre des commune», en Angleterre. Demander le poil.

— Ktym Angi.poU, tète, liste, scrutin, danois, bol.

POLLEN (pol-lèn'i, ». m. Terme de botanique. Matière lécondaiite des végétaux. Le pollen est renfermé dans les loges de l'anthère.

— CTYM. Lat. pollen, farine, ainsi dit de»a forme lie poussière.

t POLLÉ.MNE (pol-lé-ni-n"), ». /. Terme de chimie. Résidu de U poudre de lycopode épuisie par

POI

l'eau, l'alcool et la potasse, qu'on a regardé comme un principe immédiat des végétaux.

— ETYM. Lat. pollen, farine, poudre.

t POLLETAIS (GRAND) (po-le-lê), ». m. Terme de pèche. Sorte de bâtiment dont on se sert à Dieppe pour la pêche du hareng, ainsi dit du Pollet, faubourg de Dieppe.

POLUCITATION (pol-li-si-ta-sion), s. f. Terme de jurisprudence. Engagement contracté par quelqu'un, sans qu'il soit accepté par un autre.

— ËTYM. Lat. pollicitationem, de pollicitari, fré,' quenlatif de pulliceri , promettre.

1 POLLINATIO.'V (pol-li-na-sion), ». f. Terme de bot,mique. Émission du pollen des plantes.

IPOLLINIFKRE (pol-li-ni-fè-r"), odj. Terme de botanique. Oui porte ou contient du pollen. Loge, vésicule poUinifère.

— ÉTYJi. Pollen, et le lat. ferre, porter.

t POLLINIOl'E (pol li-ni-k'), adj. Terme de botanique. Oui a rapport au pollen.

t POLLC, UE (pol-lu, lue), adj. Qui a été souillé, profané (terme vieilli). Ceux qui avaient touché la corps ou l-'S cendres étaient réputés poilus, muret, Cérém. funèb. p. i08, dans pougens. Un cœur qui est poilu par des amours criminels, le p. sim. maks, llyst. du roy. de Dieu, p. 337 , dans pougens. ;| Voltaire l'a employé comme participe avec ai'ot'r : Du dieu du goût j'ai le temple poilu, Lell. envers et en prose, i6.

— HIST. XII* S. Malc pense [mauvaise pensée] ki la polie^ealteit del anrme [SmeJ rende laide et polhue^pi, p. 48jft|| xvi* s. Numa déposa la substance dUjpRi en la gflne de personnes non corrompues ny pmuies, AMT^iVum. 47. Ilz ont poilu et bruslé les temples, in. Arisl. 26.

— ÉTYM. Lat. pollutus, de polluere (voy. polluer). POLLUÉ, ÊE(pol-lu-é,ée), part. po»»(? de polluer.

Dans la pensée que notre empire serait toujours pollué tandis qu'il garderait dans son sein ces infidèles fies Arméniens], montesq. L«((. per». 85.

POLLUER (pol-lu-é), je polluais, nous polluions, vous polluiez; que je pollue, que nous polluions, que vous polluiez, v. a. || 1* Profaner. Polluer les temples, les églises. || 2" Se polluer, v. réfl. Se souiller d'un certain péché d'impKreté.

— HIST. ivr s. Polluer, cotoravb.

— ETYM. Lat. polluere, proprement mouiller, puis souiller, de la piéposilion por, port, usitée seulement en composition, mais qu'on retrouva dans l'osque et l'ombrien (grec npoTi), et luere, laver.

POLLUTION (pol-lu-sion ; en vers, de quatre syllabes), ». f. Ijl" Profanation, souillure. La pollution d'une église. || 2° Ciiitain péché d'impureté. || Terme de médecine. Émission spermatique involontaire. Pollutions nocturnes.

— HIST. xn* s Les pollutions des maies penses (des mauvaises penséesj. Job, p. 449. || xiv's. Pollucion est projection de semence sans savoir le tank que c'est fait, H. or mondeville, T 81. || xvi* s. i n'y a en cela [le soin des sépultures] pollution ny contamination quelconque, amyot, Numa, 20.

— ÊTYM. Prov. poUucio; espagn. polucion; ital. poUuiione : du lat. poj/u(toii«m, de polluere, polluer.

t POLLCX (pol-luks'j, s. m || 1" Terme de la mythologie. Mis de Jupiter et de Léda et frère de Castor. Il a* Terme d'astronomie Nom de l'étoile de seconde grandeur appelée aussi Béta des Gémeaux, et qui, sur les planisphères, est placée dans la téta du (jémeau oriental.

— HIST. XVI' s. Ces deux roasies garçons, Pollux bon à combattre Aux cestes emplombez, et Castor souverain Xpicquer un cheval.... bons. Hymnes, i,S.

— ETYM. Lat. Poll\ix, altéré de llo)uSeûxr,;, qui signifie multum decorut.

t POLOGRAPUIE (po-lo-gra-fie), ». f. Description astronomique du ciel.

— ETYM. riôXo«, pôle, ciel, et Ypiçiiv, décrire.

t POLONAIS (po-lo-nê], ». m. Langue de la famille slave. Il i4d;. Frères polonais, secte socinieni<; établie en Pologne.

t POLONAISE (po-lo-nê-z'), ». I. Il 1* Nom donné à un air à trois temps, d'un mouvement lent ou modéré, en usage en Pologne, et dont on fait des chansons et des airs de danse. |{ Il y a des morceaux en inusiquu instrumentale qui (fortent le titre de poloiiaijics. Les polonaises de Mayeder pour le violon. || t' lispëce de redingote courte ornée de brandel>ourgs.

t POLONISME (po-lo-ni-sm' , ». m. Attachement, sympathie pour la Pologne dans sa lutte contre lef H usées.

POLTRON, ONNE (pol-Iron, tro-n'), adj. |{ 1* Qui

estsansojurage. Je renonce à la prudence, si elle est

SI poltronne et si scrupuleuse, bai.z. I.iv. vi, lell. t.

Il n'est je le voit bien si poltron sor la terre Cui

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