J. DE SAINTRÉ
t POrENCEAUX (po-tan-sô), *. m. pi. Parties du métier des passementiers.
— ÉTYM. Potence.
POTENTAT (po-tan-ta; le* ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : des po-tan-ta-z orgueilleux ; potentats rime avec fracas, mâts, etc), s. m. fout prince souverain, dont la puissance est redoutable par la grandeur de ses forces et par le poids de son autorité. Et je puis dire enfin que jamais potentat N'eut à délibérer d'un si grand coup d'Etat [le sort de Pompée fugitif], CORN. Pomp.i, t. Cessez, princes et potentats, de troubler par vos prétentions le projet de ce mariage [de Louis XIV et de Marie-Thérèse], Boss. Uar.-Tliér. Chacun a débité ses maximes frivoles, Réglé les intérêt^ de chaque potentat, boil. Sat. m. Comment ne pas sentir qu'il n'y a point de potentat en Europe assez supérieur aux autres, pour pouvoir jamais en devenir le maître ? j. j. Rouss. Paix perpél. || C'est un petit potentat, il se croit un potentat, il tranche du potentat, c'est-à-dire il affecte une importance qui ne lui appartient pas.
— HIST. XIV* s. Potentat est quant le prince ou princes se attribuent pleine puissance.... User de pleine poeste , c'est potentat, ohesme, Thèse de meunier. Il xvi* s. Ce seroit contre ces barbares que les potentats chrestiens devroyent tourner leur courroux et leurs armes, plus tost que contre leurs sujets, ausquels on impropero bien légèrement le crime d'heresie, langue, 378.
— ÊTVM. Bas-lat. potentatiu, souveraineté, dérivé de polens, puissant.
t POTENTUHTË (po-tan-si-a-li-tc), s. f. Qualité de ce qui est potentiel, en puissance. Les idées générales ont une potentialité universelle.
POTENTIEL, ELLE (po-tan-si-èl, è-1'), adj. Il 1* Terme de logique, provenant d'Aristote. Qui est en puissance, virtuel , par opposition à effectif. Un peu de poudre chasse une balle de plomb; c'est une qualité non pas actuelle , mais potentielle ; il faut, pour qu'elle devienne actuelle, qu'elle soit mise dans un tube et allumée. || 2° Terme de chirurgie. 11 se dit des substances qui, bien qu'énergiques, n'agissent pas immédiatement après leur application, comme les alcalis caustiques, qu'on nomme cautères potentiels, par opposition au cautère actuel qui est le fer rouge. || 3* Terme de grammaire. Particule potentielle, particule qui indique une condition. &'t est une particule potentielle. || Dans la grammaire grecque, particule potentielle, particule qui donne à un mode quelconque d'un verbe le sens du mode conditionnel. || Substantivement. Le potentiel, nom donné quelquefois au conditionnel. |{ 4° S. m. Terme de mécanique. Le potentiel ou l'énergie potentielle est la somme des travaux accomplis par les forces qui sollicitent un système de travail, lorsqu'il parvient à son état actuel en partant d'un état initial arbitrairement choisi. \\ Terme de physique.
Potentiel d'élasticité, le travail moléculaire qu'un élément déformé d'un corps élastique est capable de fournir jusqu'à détente ou retour à son état naturel ou primitif, ou, ce qui revient au même, le travail extérieur capable de le conduire de cet état naturel à l'état de déformation et de tension où on le suppose arrivé.
— HIST. xvi* s. Application des cautères tant actuels que potentiels, paré, Introd. 2. Ladite huile et eau de vie, par leur chaleur tant actuelle que potentielle, ont puissance de seder la douleur, in. vm, 40.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. potencial ; ital. potenziale; du lat. potentialis, de potentia, puissance.
t P0TENT1ELLEME.NT (po-tan-si-è-le-man), adv. D'une manière potentielle.
— ÉTYM. Potentielle, et le suffixe ment; provenç. potencialment.
t POTENTILLE (po-tan-ti-ll", 21 mouillées), s. f. Genre de plantes rosacées, où l'on remarque : l'anserine ou argentine {potentilla anserina, L.); la quintefeuille appelée vulgairement pipeau (potentilla reptans, L.) ; la potentille de Norwége {potentilla fragaria, Poir.), dite aussi fraisier stérile; la potentille tormentille, à racines astringentes usitées en médecine ; la potentillé printanière, dite vulgairement parcinière.
— ÉTYM. Potentilla, diminutif de pofentio, puissance : la petite vertu, à causede propriétés médicales.
POTERIE (po-te-rie), s. f. \\ 1° Toute vaisselle de terre. Nous sommes sans doute très-supérieurs aux anciens dans l'art de la poterie; la nombreuse série des oxydes métalliques successivement découverts et appliqués nou^ a fourni les moyens d'enrichir nos poteries d'une variété de couleurs aussi brillantes que solides, chaptal, Instit. Mém. seienc. (808, p. 335. On peut séparer en deux classes les objets fabriqués avec des pâtes argileuses : la première renferme ceux qui sont faits avec des terres non lavées ; et la seconde ceux qui sont faits avec des terres lavées, et qui portent le nom général de poterie, A. brongniabt. Traité de viin. t. i, p. 633, dans POUGENS. Les prmcipales espèces de poteries sont les creusets, les faïences grossières, les fa'iences fines nommées terre blanche, terre de pipe, terre anglaise, le grès, les porcelaines, thenahd. Traité de chim. t. ii, p. 2i8, dans pougens. j|Lieu où l'on fabrique de la vaisselle d'argile. |{ Art de fabriquer cette vaisselle. |i 2° Ustensilesde ménage en métal. Se dit particulièrement de ceux en étain et de ceux en fonte. Il 8° Terme d'architecture. Se dit de ces espèces de pots qu'on emploie quelquefois dans la construction des voûtes et des planchers. Une voûte de poterie. || 4* Tuyaux en terre cuite, ajustés bout à bout et employés dans les constructions à faire une chausse d'aisances, ou une descente, ou une cheminée.
— HIST. xm* s. Nus [nul] potier ne puet [peut] comniencier le mestier de poterie a Paris sans congié des mestres, Liv. des met. i9i. || xiv s. Le [La] femme Jeh. Masiart, pour se peine et travail qu'elle eut de le [la] fustaille et poterie remettre à point, CAFFiAUX , Régence d'Aubert de Bavière, p. 87. Il XV* s. Lettres du roy, fixant les droits à percevoir sur les poteries de Bcauvais, ije laborde. Émaux, p. 403. Il xvi's.J'envoyay les dites pièces en une poterie, avec reL)ueste envers les potiers qu'il leur pleust permettre cuire les dites espieuves, palissy, 3)2.
—ÉTYM. Potier ; wallon, potreie ; provenç poton'a.
POTERNE (po-tèr-n'), 4'. f. Terme de fortification. Fausse porte, galerie souterraine placée ordinairement dans l'angle du flanc et de la courtine pour faire des sorties secrètes par le fossé. {| Par analogie, espèce de voûte faite sous un quai dans certaines villes pour pouvoir aller librement de la rue à la rivière.
— HIST. XII* s. Normanz firent lez Saine [près de la Seine] une posterne ouvrir, du cange, postenda. Il xm* s. Par la posterle s'en ist [sort] isiiellement, ID. ib. Et lidrugbemaiit [truchement] monta à mont par une fausse poterne et vint en la cambre la roïne, qui l'atendoit, Ckr. de Raitis, p.' 5. A une autre poterne, devers C^farnaon, Ch. d'Ant. iv, 2S.
— ÉTYM. Bas-lat. posterla, posterula ; du lat. posterula, sentier dérobé, de posterus, qui est après, derrière, de post (voy. puis). À Auch, les rues montueuses sont nommées piûlerJfs.
t POTESTATIF, IVE (po-tè-sta-tif , sti-v'), ad). Terme de jurisprudence. Qui dépend de la volonté d'une des parties contractantes. Ij. condition casuelle est celle ciui dépend du hasard, et qui n'est nullement au pouvoir du créancier ni du débiteur; la condition potestative est celle qui fait dépoaii»#
POT
Pexécution de la convention d'un événement qu'il est au pouvoir de l'une ou de l'autre des deux parties contractantes de faire arriver ou d'empêcher, Code fiap. art. (I09, H70. La lettre d'obédience est un acte purement potestatif, qui appartient en entier au supérieur qui la délivre, et pour l'État, pour nous, c'est aussi un acte purement privé, rouland, au Sénat, Moniteur io mars (867, p. 383, 6" col.
— Etym. Lat. poiestativus, de potestas, puissance, t POTEYER (po-tè-ié), V. a. Enduire les moules
du potier d'étain avec de la poudre de pierre ponce, délayée dans un blanc d'œuf.
— ËTYM. Pol.
I. POTICHE (po-ti-ch'), s. m. Grande bouteille de terre cuite dans laquelle on apporte l« baume de Tblu. Il Espèce de petit pot. || Vase en porcelaine de Chine ou du Japon. || Vase en verre qui, au moyen de papiers peints collés à l'intérieur, imite la porcelaine de Chine.
— ÊTYM. Dérivé de pot.
t 2. POTICHE (po-ti-ch'), i. f. Terme de marine. Entaille faite dans une pièce de bois pour la sonder, la visiter, et qui sert ensuite, par sat'orme,à la reconnaître pour la classer.
POTIER (po-tié ; l'r ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, Vs se lie : des po-tié-z habiles) , s. m. il !• Celui qui fait ou vend des pots, de la vaisselle de terre. Vous lisez donc saint Paul et saint Augustin; voilà les bons ouvriers pour établir la souveraine volonlé de Dieu : ils ne marchamlent point à dire que Dieu dispose des créatures, comme le potier, sév. 440. Réaumur apprend aux potiers de terre à distinguer la terre du sable, sennebier, Ess. sur l'art d'obs. t. II, p. 33, dans PODGE.NS. || Champ du poiier, se dit du champ acheté par Judas avec les trente deniers pour lesquels il avait vendu son maître. Dans le champ du potier ils déterrent la bourse, v. hugo, intima verba. || 2" Potier d'étain, celui qui fabrique et vend de la vaisselle d'étain. Pour la facilité du débit, les potiers d'étain le coulent en petits lingots ou en baguettes da cinq décimètres de longueur environ et de quatre à six centimètres d'épaisseur, FOURCHOY, Conn. cliim. t. vi, p. (6, dans pougensj
— HIST. XII' S. Tu gouverneras en verge terrine, e sis freindras [briseras] ensement cume le vaisel de potier, Piautier, dans Arch. des missions scientifiques, t. V, p. (45. ||xiri' s. Ouiconques veut estre potiers d'esiain à Paris, estre le puet franchement, pour tant qu'il face bone œuvre et loial, Liv. des mit. 40. Le potier [celui qui dans l'échansonnerie avait le soin des potsj aura pour ses poz douze deniers, DO CANGE, potenus. Il XV' s. i Guillaume Herman, potier de terre, pour ung marmouset servant sur une grande fenestre à l'ostel de la salle du dit chaslel [de LilleJ, dk laborde, Émaux, p. 48J.
— ÊTYM. Poi ; bourguig. pi5(ei ; prov. polhier.
t POTILLES (po-ti-ir, « mouillées), s. f.pl. Pièces de hois sur lesquelles glissent les vannes dans un moulin à eau.
— ETYM. De m6me radical que poteau.
POTIN (po-tin), s. m. || 1° Mélange de cuivre
jaune et de quelques parties de cuivre rouge (potin jaune), ou sorte de cuivre formé des lavurcs que donne la fabrication du laiton, et auxquelles on mêle du plomb ou de l'étain (potiii giis). Marius, un des trente tyrans, qui, n'ayant régné que trois jours et dans les Gaules, a laissé cependant des monnaies d'or, de bronze, et c!e bronze fortement allié nommé potin, mongbz, Instil. Mérn. acad. aesinser. t. IX, p. âio. 112° Cucurliite de fer dont on se sert pour certaines distillations. || 3* Fig. et familièrement. Nom donné, dans le Boulonnais et ailleurs, aux petits commérages.
— ETYM. Pot, àcause que l'on fait ordinairement les pots de cuivre avec ce raéfange; Berry, pottn, fonte de fer dont on fait les pots.
t POTINE (po-'i-n'), s. f. Terme de pêche. Petite lardine.
t POTINIÈRK (po-li-niè-r'), t. f. Terme dépêche. Maille très-serrée de certains filets, de certaines manches avec lesquelles on prend de petites sardines.
— Etym. Pnline.
POTION (posion ; en vers, de trois syllabes), ». f. Terme de médecine. Médicament liquide qu'on n'administre en général que par cuillarées. Et dès ce M)ir donmr la potion, la font. 3fandr.
— HIST. xiv s. Si comme la pocion amere par amour de sanité, oresue, Eth. vi, l'i.
— ETYM. Lat. potionem; comparez polson.
POTIRON (po-ti-ron), ». m. || 1' Sorte de gros
champignon. Nous avons déjeuné sous un vieux saule tout couvert de ccmvolvulus, et rongé par de IjrifRS polirons, CHATEAU». Aviériq. Journ. »am date.
DICT. DB LA [âANOUK KltAMCAlSC.
POU
;| n est venu comme uii potiron, tout en une nuit. Se dit d'un homme qui s'est élevé tout à coup en crédit, en fortune. L'impudence effrénée de ces potirons et fabulistes, G. naudé, Apoloqie , p. 808. || Fig. Ce sont [les cardinaux) des potirons à qui la tête rougit en une nuit, par une influence secrète de ce Jupiter qui préside aux sept montagnes de l'Apocalypse, OUI PATIN, Lett'. t. II, p. 312. Il 2° Sortede grosse citrouille , cucurbita tnaxima, Duchesne. Il Familièrement. C'était un petit homme fait comme un potiron, mais plein d'esprit, st-sim. <50, 49&.
— HIST. XVI' s. Aux truffes nous accouplerons les mousserons, potirons ou boulets [bolets], pour cueillir en nostre jardin ces fruits passagers et volontaires, 0. nB SERRES, 663. Ou celuy qui s'engendre ainsi qu'un potiron. Honte de nostre siècle.... RONSARD, Bocage royal, 2' partie, à de Cheremy.
— ETYM. Berry, patron, potiron, champignon, potron, citrouille ; dans le langage populaire, polurori, potiron. Origine inconnue. Le sens propre paraît être champignon, et n'avoir passé au potiron que par assimilation. Ménage prétend que Avicenne nomme ce champignon alphotie, et demande si potiron n'en vient pas. Scheler y voit un dérivé de palure, paturon se trouvant pour poturon ou potiron.
t POTOS (po-iua), s. m. Genre de plantigrades ayant une seule espèce, le potos caudivolvulus, qui se trouve dans l'Amérique équatoriale ; dit kinkajou, ours à miel, potot; c'est le potos de Buffon, legoa-