‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 355 sur 389 · POSTE, s. f. Terme d'architecture. Voy. postes · texte numérisé non relu

POSTE, s. f. Terme d'architecture. Voy. postes

4. POSTE (po-sf), s. m. || 1° Lieu assigné à quelqu'un pour un office quelconque. Aller à son poste. Mourir à son poste. Je défendais mon poste, il l'a soudain forcé, corn. Sertor. v, b. Et que chacun enfin, d'un même esprit poussé, Garde en mourant le poste où je l'aurai placé, rac. Àthal. iv, B. Le maréchal, repoussé [par l'empereur qui refusa son plan], se tut; puis il retourna à son poste, en murmuranl contre une prudence intempestive, à laquelle il n'était pas accoutumé, et qu'il ne savait à quoi attribuer, séour, Hist. de Nap. vu, 7. || Poste d'honneur, celui qui est regardé comme le plus périlleux. La place où je t'envoie est ton poste d'honneur, volt. Brutus, iv, 6. ||Être à poste fixe dans un lieu, y être i demeure, y être sédentaire. Il Être à son poste, être où le devoir exige qu'on soit. Tout est si brouillé du côté de l'Angleterre, que chacun demeure à son poste, sEv. 497. || Fig. Demeurons dans le poste où le ciel nous a mis, L. BAC. Helig. ch. vi. || 2° Terme de guerre. Tout lieu, fortifié ou non, où un corps de troupes peut tenir et être logé. Je me souviens qu'il nous ravissait, en nous racontant comme en Catalogne, dans les lieux où ce fameux capitaine [César], par l'avantage d«s postes, contraignit cinq légions romaines et deux chefs expérimentas i poser les armes sans combat.... boss. Louis de Bourbon. Tous les postes, vers Marchiennes, le long de la Scarpe, sont emportés l'un après l'autre avec rapidité [dans la bataille de Denain], volt. Louis XIV, 23. Les Hollandais enlevèrent aux Portugais les meilleurs postes qu'ils avaient dans le continent, et les chassèrent de toutes les îles où croissent les épiceries, ratn&l, Hist. phil. V, 34. Il Guerre, affaire de postes, guerre, afi'aire où l'on se dispute des postes. C'est pour avoir lu les détails des batailles de Crécy, de Poitiers, d'Azincourt, de Saint-Quentin, de Gravelines, etc. que le célèbre maréchal de Saxe se déterminait à chercher, autant qu'il pouvait, ce qu'il appelait des affaires de postes, volt. Fragm. sur Vhist. art. xiv. Il Fig. Je ne savais pas qu'une première représentation fût un jour de bataille, ni qu'il fallût prendre ses oostes et avoir un mot de ralliement, VOLT. Lett. Richelieu, 30 janv. in*. || Poste avancé, se dit des postes placés le plus près de l'ennemi. Il 8" Un corps de garde. Visiter les postes. La garde sortit du poste. Il faisait du tapage, on le mit au poste. Il Poste d'honneur, celui qui est établi pour garder un personnage éminent, un corps constitué, et lui rendre des honneurs. || Poste de pompiers, de sergents de ville, etc. lieu où se tiennent des pompiers, des sergents de ville, en cas de besoin. || 4° Les soldats placés dans un poste. Relever un poste. Doubler les postes. Nos sentinelles sont renversées sur leurs postes, les postes sur leurs bataillons, les bataillons sur la division ; et ce n'était point un coup de main, car les Russes avaient montré du canon, sêgub, Hist. de Nap. a, a. || 6* Il se dit de toutes sortes d'emplois et de fonctions. Voyez d'ailleurs Galba, quel pouvoir il nous laisse, En quel poste sous lui nous a mis sa faiblesse, cobn. Othon, II, 4. Le marquis d'Uxelles tient un grand poste à Mayence, sév. B78, Il y a même des stupides, et j'ose dire des imbécile.?, qui se placent en de beaux postes, la brut. vi. Les postes éminents rendent les grands hommes encore plus grands, et les petits beaur.cup plus petits, in. xi. Je crois pouvoir dire d'un poste éminent et délicat, qu'on y monte plus aisément qu'on ne s'y conserve, iD. VIII. Il 6" Terme de marine. Emplacement destiné à être occupé par un bâtiment dans un port. || Place issignéeàun bâtiment, dans une armé* navale. Il Poste des aspirants, des chirurgiens, des maîtres, des malades, des blessés, emplacement destiné aux repas, réunions, couchage, pansements. || Ancre de poste, ancre de bossoir. || Un oi.jet est dit être à son poste quand il est i sa place. || Mettre une ancre à p(j»te, la saisir fortement le long du bord en arrière des bossoirs ou ailleurs s'il y a lieu. || ?• Nombre d'heures pendant lequel le même mineur reste an travail sans être relivé.

— HIST. XVI' s. Messire de Griroaulx, voyant que l'assault estoit prest à donner, ordonna pour la defease de la brèche, sept postes, chascune de trente hommes, i. d'aoton, Afin, de Louit III, p. 7», dans LACtiRNE.

— ÉTYM. Le poile ne diffère de la poste que par U eenre. On trouve dans les anciens textes potle,

POS

qu'il faut écrire et prononcer posté, venant du latm potestatem, et que, par conséquent, il ne faut pas confondre avec poste.

POSTÉ, ÉE (po-sté, stée), part, passé de poster. Mis dans un endroit. Je suis ici posté commodément pour attendre, bol. Préc. 9. {| Fig. Il est bien posté, il est dans une situation avantageuse. Je suis trop vieux, trop malade et trop bien po^té pour aller ailleurs [que Ferney], volt. Lett. Algarotli,! }Viû]. I7B8. Il Familièrement et ironiquement. Nous voilà bien postés, c'est-à-dira nous sommes dans l'embarras.

POSTER (po-sté), t). o. Il f Placer quelqu'un dans un endroit. Le lion le posta [l'Ane], le couvrit de ramée. Lui commanda debraire, la font. Fabl. u, )». Il II se dit aussi des choses que l'on place comme dans un poste. Il n'y avait donc qu'à poster des relais, sous prétexte d'un enlèvement sur le chemin de Sedan, rrtz, i, 24. Un général d'armée n'emploie pas plus d'attention à placer sa droite ou son corps de réserve, qu'une jolie femme en met à poster une mouche qui peut manquer, mais dont elle espère ou prévoit le succès, montesq, Lett. pers. 1 10. Il 2° Terme de guerre. Placer uh homme ou un corps dans un lieu, suit pour le garder, soit pour le défendre, soit pour observer de là ce qui se passe. Il lui faut s'assurer des places et des portes. Pour en demeurer maître y poster ses cohortes, corn. Sophon. II, <. Il Absolument. Brissac donna le mot aux officiers qui postaient, st-sik. 33», ao2. || S" Se poster, t). réfl. Se mettre, se placer en un lieu, pour observer, pour prendre position. La garnison de Valenciennes qui parut pour donner lieu aux troupes de se poster à mesure qu'elles arrivaient, pel- LissoN, Lell. hist. t. m, p. 52, dans podgens. Prêt au combat, notre jeune héros Observe tout, se poste au pied d'un saule. Baisse les yeux, regarde dans les îlots, MALPiL. Narcisse, ch. iv.

— 8YN. poster, aposter. On poste pour observer et pour défendre. On aposte pour faire un mauvais coup. La troupe est postée ; l'assassin est aposté,

aiRAHD.

— HIST. XVI* s. Il chargea d'Aubigné d'aller relever les vedettes qui avoient esté postez pendant le jour dans cette fonction, d'aub. Vie, xcvii.

— ÊTYM. Poste ». Dans le xvi* siècle, poster se disait pour courir la poste.

t POSTÈRBS (po-stè-r'), ». m. pi. Dans l'ancien style burlesque, le derrière. Nous portâmes dans leurs postères Des estocades mortifères, scahbon, Virg. II.

— HIST. XTi* ». Ha, monsieur le priour, je me rends.. ..et le moine crioit de mesmes : monsieur le postérieur.... vous aurez sur vos posteres, ra^. i, 44,

— ETYM. Làt. posterus, qui est après, de post, après (voy. puis).

POSTÉRIEUR, EURE (po-sté-ri-eur, eu-r'), odj. Il 1° Qui vient après, qui suit dans l'ordre des temps. Une époque postérieure. Leur règle est postérieure k la nôtre de cinq cents ans, patru, Plaid. <6. Il 2* Oui e«t derrière. La partie postérieure de la tête. Il Anthères postérieures, celles qui sont dirigées en dehors, du côté de la corolle. On dit aussi anthères extrorses. || Par plaisanterie. Les parties postérieures, le derrière. Le poëte, qui avait recouvert ses parties postéi ieures, rentra dans un des carrosses, scarr. Rom. corn, i, 20. Crispin : De ses bouillons débouche, et des postérieurs, Tu prends soin? — Lisette : De ma main il les trouve meilleurs; Aussi, sans me targuer d'une vaine science, J'entends ce métier-là mieux que fille de France, begnard, U Légat, i, i. ||S. m. Le derrière, les fesçes. U reçut un coup de pied au postérieur.

hEM. Postérieur, adjectif, n'admet pas de degrés de comparaison.

HIST. XVI* s. Postérieur [les fesses], b. est.

Apol. d'Btrti. p. B2», dans lacurne.

— ÊTYM. Lat. posteriorem, comparatif de pcwterui

(voy. POSTfiBES).

POSTÉRIKUREMENT (po-sté-ri-eu-re-man), adv. de temps. Après, plus tard. Cela s'est passé postérieurement. Cet acte a été fait postérieurement à celui dont vous parlez.

ÊTYM. Postérieure, et le suffixe ment.

POSTERIORI (X) (po-sté-ri-o-ri), adv. Terme de logique. De cequi suit, de ce qui est postérieur. Raisonner à posteriori , argumenter d'après les conséquences nécessaires d'une proposition. || La méthode à posteriori, la inélbode expérimentale, par opposition à la méthode à priori. || Substantivement. L'a posteriori, la méthode expérimentale.

— BEM. 1. L'Acailémie ne ilevrait pas mettre un accent grave sur a ; car c'est non pas la préposition française à, mais la préposition latine a, ab. || 1. Au

mot posteriori, l'Académie met un accent aigu; mais à la lettre p, elle écrit posteriori sans accent.

— ÈTYSi. Lat. o, ab, par, et po«<«nor, qui vient après, postérieur.

t POSTÉRIORISTE (po-sté-ri-o-ri-si'), s. m. Nom donné par Saint-Simon (le philosophe) à ceux qui suivent la méthode à posteriori. || On dit plutôt à-poslérioriste.

POSTÉRIORITÉ (po-sté-ri-o-ri-té), ». f. État d'une chose postérieure à une autre. Postériorité de date. Comme l'idée d'actualité con.slitue le présent, l'idée d'antériorité constitue le passé, et l'idée de postério» rite constitue le futur, conoil. Gramm. ii, «•

— HIST. XV* s. En matière d'amours N'a point de priorité Ny de postériorité, Arresta amor. p. 76,

dans LACURNE.

— ETYM. Lat. poslerior, postérieur.

POSTÉRITÉ! (po-sté-ri-té), ï. f. \\ !• Suite de ceux

qui descendent d'une même origine. La postérité masculine. La postérité féminine. Et cet espoir si doux qui m'a toujours flatté De revivre à jamais en sa postérité, corn. Médée, v, 4. Mais la postérité d'Alfane et de Bayard, Quand ce n'est qu'une rosse, est vendue au hasard, boil. Sat. v Venez , venez, mes filles, Compagnes autrefois de ma captivité , De l'antique Jacob jeune postérité , rac. Esth. I, ). Même tu leur promis de ta bouche sacrée Une postérité d'éternelle durée, m. Bsth. i, 4. La sœur de ce jeune favori [Saint-Hégrin] épousa M. du Broutay, dont elle a eu postérité, st-sim. », 4H. Huit enfants de Louis XIV vécurent légitimés, cinq eurent postérité, volt. Louis XIV, ï8. || 2' Les générations qui ont suivi ou qui suivront une époque. Le juge sans reproche est la postérité, Régnier, Sat. XV. La postérité la plus éloignée n'aura pas assez de louanges pour célébrer les vertus de la religieuse Henriette, boss. Reine d'Anglet. La postérité saura peut-être la fin de ce poëte comédien [Molière], ID. Comédie, b. Vous croyez [mes vers] à grands pas chez la postérité Courir marqués au coin de l'immortalité, boil. Épttre i. La postérité distingue les louanges qu'on a données à différents princes; elle confirme les unes, et déclare les autres de viles-flatteries, fonten. Dial. i. Morts ane. mod. Il [J. B. Rousseau] a fait une ode à la postérité; mais la postérité n'en saura rien, le siècle présent l'a déjà oubliée, volt. Lett. d'Argent, 2 janv. <73». La postérité ne commence proprement qu'au moment où nous cessons d'être ; mais elle nous parle longtemps auparavant , dider. Mém. t. m, p. 2<8 dans pougens. La postérité pour le philosophe, c'est l'autre monda de l'homme religieux, ID. ib. p. 234. Si l'envie pressante que nous avons de jouir continue i augmenter notre indifférence pour la postérité.... bupp. Exp. sur les végét. *• mém. \\ Fig. Si vous devenez des objets d'effroi pour la génération présente; si vous n'offrez aux étrangers, cette postérité vivante, que la plus sombre des routes de la liberté.... hirabeau, Collection, t. m, p. < »6.

— HIST. XV* s. Pour luy, ses hoirs et posteritoi quelconques, ol. ub la harcuk, Uém. p. 4u, dans LACURNE. Il XVI* 8. Longue postérité, ces vers tu pourras lire Avec estnnnement; qui les lit les admire, DBSPORTES, Tombeau de Desportes. Postposant tout gain, et ayant esgard au seul profit de la postérité, PARÉ, Dédicace.

— ETYM. Provenç. pnsteritat; espagn. posteridad; du lat. po»(''ri(ajpm, de posterus (voy. postk.res).

t POS'IÉROMANIE (poslé-ro-ma-nie) , ». f. Mot forgé par Diderot et signifiant l'envie d'avoir des descendants , des héritiers. Un enfant supposé par des parents entêtés de la postéromanie, dider. Lell. à mie Voland, 20 déc. ne».

— ËTYM. Lat. posteri, descendants, et mante. POSTES (po-sf), ». f. pi. Terme d'architecture.

Nom donné à certains ornements plats, en manière d'enroulements répétés, les uns simples, les autrus (leuronnés avec des roses.

POSTFACE ([lost'-fa-s'), ». f. Avertissement placé à la fin d'un livre. Étes-vous content de la dédicaça du temple d'AlzIre à la déesse de Cirey et de la postface à H. l'hiriolT VOLT. Lett. Thiriot, i» mars t73«.

— ËTYM. Mot formé avec pa»( sur le modèle de préface (voy. ce mot).

t POSTFLORAISON (post'-flo-rè-zon), ». f. Terme de botanique. Dispmiitiou qu'affectent les parties de la fleur après la floraison, chez cnrtaine.H plantes.

— ETYM. Ut. pott, après, et floraison.

t POSTIIITK (po-sti-t'), ». (. Terme de médecine. Inflammation du prépuce.

— ETVU. IIo(>6t|, prépuce, et la finale médical* it» indiquant iiifiaromatiou.

l'US

POSTIU'MF (po-stu-m'), adj. || !• Oui est né aprts la mort de son père. Un enfant posthume. L'époux pour sien le fruit posthume tint, la font. Fér. La maréchale de Rocliefort naquit posthume, seule de son lit, en <«♦«, st-sim. 3, b4.|| Substantivement. C'est un posthume. Deux ans encore aprfts j'accouchai d'un posthume, regnard, Ug.,iM,9. \\ Les jurisconsultes latins appliquaient le nom de posthume non-seulement à l'enfant né après la mort de son père, mais encore à l'enfant né du vivant de son père et après le testament fait par le pbre. || 2' Qui lie se fait, n'advient qu'après la mort de la personne dont il s'agit. M. Newton a eu le bonheur singulier de jouir, pendant sa vie, de tout ce qu'il méritait, bien différent de Descartes, qui n'a reçu que des honneurs posthumes, fonten. Newton. Les prandes réputations sont presque toujours posthumes, LAMOTTK, dans OESKONTAINES. || il Se dit d'un ouvrage publié après la mort de l'auteur. Je presse Cranmer (un libraire] tant que je peux; car j'aime à corriger les épreuves, et je crains les œuvres posthumes, volt. Leti. d'Argental, 2i mars 4763. il (la Fontaine] accourcissait presque tous ses contes, et déchirait les trois quarts d'un gros recueil d'oeuvres posthumes imprimées par ces éditeurs qui vivent des sottises des morts, id. Temple du Goût. Il Auteur posthume, celui dont on a publié les œuvres après sa mort. Boulanger, le célèbre auteur posthume du Despotisme orientai, j. i. rouss. Conf. vin.

— ÊTYM. Lat. poslhumus, qui est, comme l'ont reconnu les grammairiens, une fausse orthographe pour postumus; l'orthographe postitumus a été suggérée par une fausse étymologie, posl , après, humiit, la terre: cette étymologie est dans Servius, qui l'interprétait post humatam malrem. La vérité est que postumus est le superlatif de posterus (voy. postérieur). Il conviendrait que l'Académie corrigeât la fausse orthographe, et écrivît postume. . POSTICHE (po-3ti-ch') , adj. Il 1° Fait et ajouté après coup. Les ornements de ce portail sont postiches. Il 2* Oui ne convient pas au lieu où on l'a placé. Il faut au versificateur français deux ou trois vers po-stiches pour en amener un dont il a besoin, fén. L XXI, p. (87. Vieux enfants que l'on nomme Amours, Allez remplir les hémistiches De ces vers pillés et postiches Des rimailleurs suivant les cours, volt. Kp. XLVii. Ceux-là se sont trompés, qui ont dit que Racine avait gâté le théâtre par la tendresse, tandis que c'est lui seul qui a épuré ce théâtre infecté, toujours avant lui et presque toujours après lui, d'amours postiches froids et ridicules, id. Comm. Corn. Rem. Pulch. préf. L'attention n'est ramenée que lorsqu'une ritournelle brillante annonce l'air postiche qui termine la scène et qui en refroidit l'intérêt, marmontel, Œuv. t. ix, p. 83. || 3° Mis à la place de quelque chose qui n'y est pas et qui y

devrait être naturellement Et de madame Argante

J'ai gouverné tout à la fois, Pendant près de diibuit mois. Hanche, épaule et gorge postiche, dancourt. Enfant de Paris, i, 7. Us m'apprirent à contrefaire l'aveugle, à paraître estropié , à mettre sur les jambes des ulcères postiches, lesage, Gil Bios, liv. I, ch. 5. On ne mAche point avec des dents postiches, quoiqu'elles paraissent au dehors comme les autres, vadven. Nouv. max. I. |i Familièrpmert. Se dit de quelque personnage qui n'a pas la qualité qu'il se donne. Notre comte postiche Vous a lait aussi gueux que vous le faites riche, bai;teboche, Bourg.de quai, m, 4. La fadeur naturelle de Dangeau, entée sur la bassesse du courtisan, recrépie de l'orgueil du seigneur postiche, ïT-sm. 39, )»8. ||4' Terme de guerre. Homme qui tient momentanément la place d'un autre. Grenadit-r postiche, caporal postiche, fusilier qui ne sert que provisoirement dans les grenadiers, simple soldait qui remplit les fonctions de caporaL || Anciennement. Compagnie de canonniers postiches, ou, simplement, compagnie postiche. Chaque compagnie postiche aura un capitaine par paroisse et un lieutenant par chaque cent hommes dont sera composée ladite compagnie-, et, dans le cas où la population d'une paroisse se trouverait moindre de cent hommes en état de porter les armes, il y aura également un

lipulenant du guet dan» .adite paroisse, Ordonn.

du. 13 déc. I77«, art. «7, dans jal.

— lllST. XVI' ». Dorures, poinu d'Espagne, galons, franges et postiches [sorte d'ornements] (en )68b), Ihst. du thédt. franc, t. xn, p. 60o. Tous ces ornements estoient ourrHges de marqueteries mal jointos et mal colées, et toutes pièces postices qui lochoienl »ux moindres secousses des essais, bullt, Mém l. lu, p. ÏOtt.

— BrvM. lui "potticeio; dérivé de poOo, mis,

POS

placé, lequel est le lat. postus ou positus, de ponere, placer (voy. pondre).

t PO.STILLE (po-.sti-ir. Il mouillées), s. f. Glose littérale sur l'Ancitîn Testament.

— HIST. xin' s. Les paroles sont si soutilles [subtiles]. Qu'il n'est nulz clers qui sans postilles Puisse le livre bien entendre, Hist.des trois Maries, ms. p. 36B.

— ÊTYM. Bas-lat. postilla, que du Gange tire ou de post illa {terbn), après ces mots (à cause que les commentateurs poursuivaient, à l'aide de ces mots, leurs gloses), ou de posta, qui a signifié page.

POSTILLON fp<i-sti-llon , Il mouillées, et non po-sti-yon), s. m. || 1" Homme attaché au service de la poste, et qui conduit les voyageurs Je suis en fantaisie d'admirer l'honnêteté de ces messieurs les postillons, qui sont incessamment sur les chemins pour porter et reporter nos lettres, SÉV. 67. Je vous dis que nous sommes ingrats envers les postillons, et même envers M. de Louvôis, qui les établit partout avec tant de soin, id. io oct. leib. Ce fameux comte de Pétershorouj. h, si connu dans toutes les cours de l'Europe, et q '-'y se vantait d'être l'homme de l'univers qui avait vu le plus de postillons et le plus de rois, volt. Dict. phil^ Caton et suicide. Un prince, comme Charles II, qui a vu son père sur l'échafaud, et qui a été contraint lui-même de fuir à travers son royaume, déguisé en postillon, id. Lett. Formant, <3 fév. I736.||2° Postillon de carrosse ou, simplement, postillon, second cocher, qui mène les chevaux de devant, quand on marche à quatre ou à six chevaux. || 3* Terme de trictrac et de piquet à écrire. Chacun des marqués au delà de la moitié. Il 4° Nom donné par les enfants à une carte percée, dans laquelle ils font passer la ficelle de leur cerf-volant, et que le vent fait glisser jusqu'à cette machine. {] 5" Espèce de garniture plissée ou plate qui se lace au bas du corsage -des robes par derrière, comme ornement. || Anciennement. Ruban attaché derrière un bonnet de femme. Je frise avec grâce un chignon, Et j'inventai le postillon. Que je n'étais encor qu'à la bavette. Pompon à Babiole, dans hichelet. || 6° Ancien terme de marine. Petite embarcation qu'on entretenait dans un port, pour aller à la découverte et porter des nouvelles. Il 7° Oiseau du Kamtschatka, espèce de pétrel

— HIST. xvi* s. Là vint un postillon. Qui m'apportoit guillon. Me suivant à la tiace,... mahot, n, <62. Corrompu comme la fesse d'un postillon, cotghave.

— ETYM. Poste <.

t POSTILLONNER (po-sti-llo-né, Il mouillées), t). n. Terme familier. Être toujours à courir la poste, employer incessamment les postillons. Voyez donc comment feu M. de Louvois [à propos du masque de fer) aurait passé huit jours à postillonner de Versailles àl'Ile Sainte-Marguerite, sans qu'on se fût aperçu de rien, Sou», de Mme de Créquy, t. m, p. 75.

t POSTIQUERIE (po-sti-ke-rie), s. f. Ancien terro* aujourd'hui inusité. Espièglerie.

— HIST. XVI* s. Natretez, postiqueries, champesteries, galanteries et friponneries, brant. Cap. franc, t. n, p. <26, dans lacurne.

t POST-OCULAIRE (po-sto-ku-lê-r'), adj. Oui est placé derrière l'œil. Bahde post-oculaire, tache linéaire et horizontale des parties latérales derrière l'œil, chez les vipères.

— ÊTYM. Lat. posl, derrière, et oculaire.

t POST-PECTORAL, ALE (post'-pè-kto-ral, ra-l'), adj. Terme de zoologie. Placé à l'arrière-poitrine.

— ÊTYM. Lat. posl, après, et pectoral.

t POST-PLIOCÈNE (post'-i)li-o-sè-n'), adj. Terme de géologie. Terrain post-pliocène, terrain caractérisé par ce fait que toutes les coquilles fossiles en sont identiques avec les espèces qui vivent encore aujounl'hui.

— ÉTYM. Lat. post, après, et pliocène.

t POSTPOSER (post'-pô-zé; Chirdet, Gramm. p. Î4u , dit qu'on prononce posposer), v. a. Il 1" Terme vieilli. Mettre après (le contraire de préférer). Mme du Maine avait du courage à l'excès, ne connaissant que la passion présente et y postposant tout, ST-sm. 177, m. \\ 2" Terme de relieur. Transposer.

— HIST. XVI' s. J'estime touts les hommes mes compatriotes, et embrasse un Polonois comme un François, postpo.'^ant cette liaison nationale à l'universelle et commune, mont, iv, io3.

— ETYM. Lat. post, après, et poser.

t POSTPOSrriF, IVE (post'-pô-zi-ttf, ti-v'), adj. Terme de grammaire. Qu'on place après. Da est une particule postpositive dans oia-iM.

— ÉTYM. Voy. POSTPOSITION.

tPOSTPOSlflON(post'-pô-zi-sion), t f. || l'Terme de grammaire. Condition des mots postpositifs.

POS

118° Terme de médecine. État d'une fièvre intermittente dont l'accès retarde.

— f.TYM. Lat. post, apri's, et position.

t POSTQUATERNAIRE (pnst'-koua-tèr-n«-r'), adj. Qui est après la période géologique quaternaire. Les tumulus postquatemaires.

— ÉTYM. Lat. pont, après, et quaternaire. POSTSCÉNIUM(post'-sé-ni-om'),ï. m. Chez les anciens, la partie du théâtre située derrière la scène.

— ÊTYM. Lat. postscenium, de post, derrière, et, scena, scène. ,

POSTSCRIPT (po-skri) ou, plus souvent, POST- SCRIPTUM (po-skri-ptom'), s. m. Ce qu'on ajoute au bas d'une lettre ou d'un mémoire, après l'avoir fini ; ce qui se marque ordinairement par ces deux lettres initiales P. S. Premier postscript à André Prault, libraire, quai des Augustins, volt. Guerre de Gen. Prnlo^e.

— HIST. xvi' s. X la fin de ma dernière depesche, j'ajoutai un postscript par le quel je vous avisois.... CARD. d'ossat, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Lat. post, après, et scriptum, écrit.

t POSTULANCE (po-stu-lan-s'), s. f. Action de postuler, de se mettre sur les rangs pour obtenir une place, une fonction. Il a renoncé à sa postulance, ayant su que la place était promise, legoarant.

POSTULANT, ANTE (po-stu-lan, lan-t'), s. m. et /■. Il l" Celui, celle qui postule, qui sollicite avec instance. De plusieurs fonctions postulant rejeté, Il se vante aussi, lui, de n'avoir rien été, al. do- VAL, Manie des grand, l, 3. || 2° Personne qui demande à être reçue dans une maison religieuse. N'avez-vous pas vos coutumes dans vos maisons pour faire prendre vos austérités par degrés aux postulantes? MAiNTENON, Lett. à Mme de la Viefville, 24 oct. 1705. Il Dnns la primitive Eglise. Ce' pénitent veut être réconcilié.... il a été postulant, auditeur, prosterne; faites-le remonter au rang des élus, ciiA- TEAUBR. ifort. XXI. Il 8» Autrefois, avocat, procureur, qui pratiquaient, par opposition à ceux qui avaient quitté l'exercice de leurs fonctions; et aussi procureur, avocat et même praticiens sans titre, qui plaidaient dans les justices inférieures. || Adjectivement. Avocat postulant. Procureur postulant.

t POSTULAT (po-stu-la), s. m. || 1« Terme de logique. Ce que l'on demande à son adversaire au commencement d'une discussion, comme fait reconnu ou axiome. || Terme de géométrie. Demande d'un premier principe pour établir une démonstration. Il On dit aussi quelquefois posiulatum. Il 2' Temps d'épreuve qui précède le noviciat, dans les communautés religieuses.

— ÊTYM. Lat. postulatum, ce qui est demandé (voy. postuler).

t POSTULATEIIR (po-stu-la-teur), t. m. Officier chargé de poursuivre un procès de canonisation.

— ÊTYM. I.at. postulatorem, celui qui réclame. POSTULATION (po-stu-la-sion), s. f. || l'Terme

de jurisprudence. Action d'occuper pour une partie, de faire toutes les procédures dan? une affaire. Le droit de postulation appartient aux avoués qui sont institués pour conduire la procédure. || Postulation illicite, se dit de celui qui, n'étant pas avoué, fait habituellement des actes de procédure. || 2» Terme de droit ecclésiastique, particulièrement en parlant des bénéfices d'Allemagne. Demande, par les électeurs d'un bénéfice ou d'une dignité, de nommer une personne qui ne peut être ^lue selon les canons.

— HIST. xni* s. Et distrentli borjois, qu'il fesoient postulacion dou meor [maire] de Crépi, com il fust preudom et honeste, Liv. de jusl. 26. || xvi' s. Le pape n'envole point en France légats à lalere.... sinon à la postulation du roy très chrestien ou de son consentement, p. pithou, <«.

— ÉTYM Lat. postulationem, de postulare, postuler.

t POSTULATUM (po-stu-la-tom'), s. m. Voy. Pos tulat.

POSTULÉ, LÉE (po-stu-lé, lée), part, passé de postuler.

POSTULER (po-stu-lé), v. a. || 1° Demander avec instance, insister pour oblenir quelque chose. L'on se présente pour les charges de ville, l'on postule une place dans l'Académie francai.se, l'on deman liait le consulat, la bruï. viii. || 2° En matière ecclésiastique, demander par postulation. Ce chapitre postule un tel pour évêque. || 3° V. n. Terme de pratique. Faire toutes les procédures dans une affaire, en parlant de certains officiers ministériels dont c'est le droit exclusif.

— HIST. xiV s. Tout ce qui avoit esté requis et postulé i Rome, bercheubb, f" 67, verso. || xv* s. Autre despit : L'amour est nulle; Femme postule;

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Qui ne fournit, On se bannit; L'amour est nulle, Blason des faulces amours. |l kvi* s. Les procureurs sont tenus, avant qu'ils puissent postuler [occuper! pour quelqu'un, d'estre approuvez par la loy et de prester le serment, Nouv coust. gén. t. i, p. 737.

— ETYM. Provenç. et espagn. postular; du lat. postulare, fréquentatif de poscere, demander. Corssen {Berlr. 397) suppose que le supin en est postum. qui, avec un suffise diminiftif, devient postulum, d'où postulare.

POSTURE (po-stu-r"), s. f. ]\l' Manière dont on pose, tient le corps, la tête, les membres. Les comédiens n'emploient à ces personnages muets que leurs moucheurs de chandelles et leurs valets, qui ne savent quelle posture tenir, corn. Cid, Examen. Souris de revenir, femme [chatte métamorphosée] d'être en posture, la font. Fabl. n, «8. C'est vous, seigneur Mercure! Oui vous eût deviné là dans cette posture? MOL. Amph. Prol. Se tenir en posture d'un criminel, boss. Pens. 14, Jfe'dis. 4.Je me prosternai: ilfutsurprisdevoirun inconnuen cette posture, fén. Tél. IV. Thaïes se mit à rire de toutes les différentes postures que faisait Solon, id. Soion. Lorsque Salvien déclame contre les spectacles, les peintures qu'il lait des imitations honteuses, des discours et des postures obscènes, montrent assez quel était le goût des spectateurs, duclos, Œuv. t. i, p. 360. || Danses de postures, celles oii les danseurs affectent certaines postures bizarres. || S'est dit en parlant de gravures, qui représentent des personnages dans une suite d'attitudes différentes. Les postures de Callot. Il 2° Fig. Etat où l'on est par rapport à sa fortune, à sa condition. La cour d'Egypte où il était en assez lionne posture, corn. Uodog. Examen. Un duel met 'es gens en mauvaise posture, mol. Fdch. I, to. Et, loin qu'à son crédit nuise cette aventure. On l'en verra demain en meilleure posture, m. Mis. v, ). J'ai reçu de la nature un décret d'ajournement personnel, qui me forcera de paraître bientôt devant elle en assez mauvaise posture, VOLT. Lettre à Mme de Saint-Julien , 6 avril 4777. Il Être en posture de, en bonne posture de, avec un infinitif, être en position favorable pour. Je suis auprès de vous en fort bonne posture De passer pour un homme à donner tablature, cohn. Ment, i, i. Cicéron s'était mis en posture de repousser la force. Exil de Cicér. dans oespontaines. || Il se dit aussi des affaires. Je conclus que les affaires ont des jours, des biais et des postures qui ne se voient et ne se remarquent que dans les affaires, bai.z. De la cour, ♦* dise. Mes affaires y sont en fort bonne posture, MOL. Ec. des femm. i, «

— SVN. posTunE, ATTITUDE. Atiituoe est, d'Origine, un terme d'art; posture eist un terme du langage ordinaire. L'attitude est pittoresque et essentiellement relative au beau ; la posture est relative à la commodité. Toutes les fois qu'en écrivant on veut représenter à l'imagination et faire comme un portrait ou un tableau, altitude doit être préféré; au contraire on se servira de posture quand il s'agira de déterminer si on est debout, assis, à genoux, couché de telle ou telle manière, etc. Attitude signifiant étymologiquement disposition, on dira l'altitude, et non la posture d'un lutteur, d'un homme qui a le bras levé pour frapper, les bras ouverts pour embrasser, etc., la paye.

— HIST. Non seulement le vent des accidents me rpmue selon son inclination, mais en oultre je me remue et trouble moy mesme par l'instabilité de ma posture, mont, ii, 9. Estreen posture de faire, oudin, Curios. franc.

— f.TYM. Lat. potitura, de positum. supin de ponere, placer (voy. pondre).

POT (po; le ( ne se lie pas, excepté devant d et les articles au, aux, qui en proviennent: pot à l'eau, pot aux roses, pot au lait, pot au noir, etc. qu'on prononce po-t & l'eau, etc.; au pluriel, l'i se lie : des po-z enjolivés; pot» r:me avec maux, travaux, etc.), i. m. || 1* Vase de terre ou de métaL Le moindre déchet leur est de conséquence [aux pauvres]; dans un triste ménage, un pot cassé est une perte considérable, Boss. .Sermon*, *• exhort. P'iur une visite. Raphaël, qui s'amu.sait quelquefois à peindre des fleurs sur des pots de terre, volt. £.<■((. le Clerc di^ Monttnercy, )3 mars 170*. || Fig. Mettre les petits pots dans les grands, arranger toute chose pour un démén^igomcnt. || Fig. On lui en g.irde dans un petit pf.t, se dit ironiquement de quelqu'un qui a de vainss prétentions. || Fig. Faire le pot à deux anses, mettre les deux poings sur les hanches, et au.ssi donner le bras à deux dames. Il Fig. Ce n'est pas par là que le pot s'enfuit, ce m'est pas là quest l'inconvéoient, le danger. Oh!

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elle écrit bien, ce n'est pas par là que le pot s'enfuit, CARMONTELLE, Prov. VLcrir. des charn. se. 8. IlSourd comme un pot, bête comme un pot, très-sourd , très-bête. || lia une voix de pot cassé, il parle comme un pot cassé, dans un pot cassé, il a une voix enrouée, difficile à entendre. Je ne puis m'accoutumer à son écriture [de d'Hacqueville] ; je ne vois goutte à ce qu'il me mande ; il me parle dans un pot cassé; je tiraille, je devine, je lis un mot pour un autre, sÉv. B juin. 1671. Il II en payera les pots cassés, il supportera les frais du dommage qu'il a causé. Mais à tant d'accidents l'un sur l'autre amassés, Sachant qu'il en fallait jjayer les pots cassés, bëgnier, Sat. x. Un cordonnier en faisant des souliers ne saurait gâter un morceau de cuir qu'il n'en paye les pots cassés, MOL. Méd. m. lui, m, t. Cet Aristide était un bonhomme ; il n'eut point proposé de fai re payer à l'archevêque de Mayence les dépens et dommages de quelque pauvre ville grecque ruinée; il est clair que Votre Majesté a encouru les censures de Rome, en imaginant si plaisamment de faire payer à l'Église les pots que vous avez cassés, volt. Lett. au roi de Pr. 15 avr. <"68. Il Terme de blason. Vase où l'on met des fleurs. Les pots à eau se nomment aiguières. Il %" Suivi de la préposition à, il exprime la destination du vase. Un pot à eau. Pot à beurre. Pot à confi tures. Le pot à pâte, sÉv.emai 4676. || Pot à beurre, nom donné à des concrétions dans les plâtrières de Montmartre, desmarets, Inst. Mcm. se. t. v, p. 23. Il Pot à fleurs, pot où l'on met des fleurs 11 fabrique des pots à fleurs. || Pot à oille, pot à faire une espèce de potage où il entre différentes sortes de viandes et de racines. || Suivi de la préposition de, il exprime l'état actuel, la contenance. Un pot d'eau. Un pot de lait. Il Pot de fleurs, pot où il y a des fleurs. Sa feiiOtre est couverte de pots de Heurs. || |Pot au lait, pot dans lequel on a l'habitude de mettre le lait. Perrette, sur sa tête ayant un pot au lait Bien posé sur un coussinet. Prétendait arriver sans encombre à la ville, la font. Fabl. vu, (O. || Fig. Pot au lait, espérance chimérique, par allusion à la fable. Ce pot au lait de la bonne femme [projet de donner une maîtresse à Philippe V] et qui en eut aussi le sort, ne fait pas honneur aux deux têtes qui l'entreprirent, st-sim. 3i6, i3-2. || Pot au noir, pot dans lequel on met quelque substance noire, par exemple le cirage. {| Fig. Le nom de jansénisme est un pot au noir de l'usage le plus commode pour perdre qui on veut, st-sim. 305, ■it,\. De là (la Constitution] cet inépuisable pot au noir pour barbouiller qui on voulait, qui ne s'en pouvait douter, id. 4(6, 224. Il Fig. Le pot au noir, iiuehiue chose de désagréable, quelque mésaventure. 11 a donné dans le pot au noir. O mon cher «t aimalile hôtel qu'avez-vous fait"? vous êtes tombé dans le pot au noir bien cruellement pour moi, j.j. houss. Corresp.du Peyrou, t. m, p. 21 4, dans pougems. || Le pot au noir, nom donné par les mariuS à une région de brumes et de tempêtes, redoutée des navigateurs, entre 4' et r,o ,1e ! lUliide nord. || Gare le pot au noir, se dit à colin-maillaid, pour avertir celui qui a les yeux bandés, qu'il va se cogner, se faire un noir, une bosse. Il Fig. Gare le pot au noir, se dit pour annoncer quelque danger, quelque inconvénient. Quand il s'est bien barbouillé et qu'il ne sat plus où il en est, gare le pot au noir, s'éciie-t-il, dider. Mém. t. IV, p. 289, dans pougens. {| Le pot aux roses, voy. ROSE 4. Il 3" Pot à moineau, pot de terre qu'on atUiche en dehors d'une fenêtre, afin que les moineaux y viennent faire leurs nids. || Fig. Demeure chétive. Je me mets, dans le fond de mon pot à moineau, sous la protection de l'aigle de Fontenoy, de Gênes et de Minorque, volt. Lett. nichelieu, 1 1 mars <77i. Il 4» Pot de chambre, vase de nuit. Le marchand s'y étant mis après en la bonne place (dans le lit], la Hancune lui demanda le pot de chambre, scarh. Rom. corn. ch. vi. On a imprimé, sous mon nom, des lettres secrètes; on dit que c'est un M. Robinet qui m'a joué co beau tour.... vous voyez qu'on me regarde comme un homme mort, et qu'on vend tous mes effets à l'encan; Robinet s'est chargé de mon pot de chambre, volt. Lett. Damilaville, 30 nov. <7B4. Il Fig. Le vieux maréchal de Villeroy, grand routier de cour, disait plaisamment qu'il fallait tenir le pot de chambre aux ministres tant qu'ils étaient en puis-^^anco, et le leur renverser sur la tête sitôt qu'on s'apercevait que le pied commi>nrait à leur glisser, ST-siM. U3, a3e.||0n dit aussi trcs-familii renient pot à pisser. Comme aussi du pot à pis.ser Et de l'arbalfcte à chas.ser De Pyrrhus, de sa gibecière Et d'une belle coutelière, scarr. Yiry. m. || Fig. Pot de chambre, sorte de voiture de louage, qui desservait les onrirons da Paris, et

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qu'on nommait ainsi à cause qu'elle était peu agréable. L'Ingénu débarque en pot de chambre dans la cour des cuisines [à Versailles], volt. Ingénu. 9, Il Guerre des pots de chambre, guerre qui se fit à Paris pendant la Fronde. M. le prince ajouta qu'il confessait qu'il n'entendait rien à la guerre deapotsde chambre, retz,iii, 220. La juste horreur que j'ai eue de tout temps pour les pédants [les pens des parlements] qui firent la guerre des pots de chambre au grand Ctjndé, et qui ont assassiné un pauvre chevalier de ma connaissance [le chevalier de la Barre], volt. IjU. Mme du Deffant, 9 août 1771. Il D.ins le moyen âge, pot de chambre, pot à eau servant dans une chambre de toilette, de laborde, Emnux, p. 459. Il 5° Pot, mesure qui contient deux pintes. Un pot de vin, de cidre. La disette de toutes choses y était grande, surtout celle de l'eau douce; elle y valait cinq sols le pot, pei.lisson, Lett. hist. t. I, p. 223, dans POUGENS. Il Vendre à pot, vendre le vin, le cidre au détail. Ne vaut-il pas autant vendre mon vin à la campagne, que de le faire vendre à pot dans Paris, comme la plupart de mes confrères ? dancourt, Mais, de camp. se. 3.i. || Le pot, unité de mesure en Auvergne, valant <4 litres, 75. Il 6° Fig. au plur. Il se dit des excès bachiques. On continua de vider les pots; Xanlhus s'en donna jusqu'à perOre la raison et à se vanter qu'il boirait

la mer, la font. Vie d'Ésope Tout le peuple en

liesse Noyait son souci dans les pots, m. Fabl. vi, <2. Rouillé, procureur général de la chambre, ne se déridait qu'avec des filles et entre les pots, ST-siM. 98, 7. Nos fils bien gros. Bien dispos. Naîtront parmi les pots. Le front taché de lie, bérang. Grande orgie. || Etre toujours parmi les pots et les plats, être toujours dkns les dîners. || 7" La marmite où l'on met bouillir la viande. J'aime bien mieux, pour moi, qu'en épluchant ses herbes. Elle accommode mal les noms avec les verbes. Et redise cent fois un bas et méchant mot. Que de brûler ma viande, ou saler trop mon pot, mol. Femm. sov. 11, 7. La distribution du sel tant pour le pot et salière, que pour les grosses salaisons, autres (lue celles de la pêche, sera faite à la porte du magasin deux fois le mois, Ordonn. mai (880. || Mettre le pot, préparer la marmite et la viande, et la mettre au feu. || On dit dans le même sens : faire le pot. La femme de l'empereur Léopold lui était tellement attachée, qu'elle ne s'en fiait qu'à elle-même, dès qu'il était malade, pour faire son pot dans sa chambre, préparer les remèdes.... st-sim. i47, »B(.|| Mettre au pot, mettre quelque viande dans la marmite pour l'y faire cuire. 11 dit que la coutume de mettre son prochain au pot ou à la broche [cannibalisme] était la plus ancienne, volt. Jenni, 7. || Mettre la poule au pot, y mettre une poule, ce qui est signe d'aisance. Les paysans répètent encore aujourd'hui qu'il [Henri IV] voulait qu'ils eussent une poule au pot tous les dimanches ; expression triviale, mais sentiment paternel, volt. Mœurs, )74. {| Fig. Mettre la poule au pot, être à son ai.se. Enfin la poule au pot va bientôt être mise ; On peut du moins le présumer; Car, depuis deux cents ans qu'elle nous est promise, On n'a cessé de la plumer. Quatrain à propos des ré formes deTurgnt. \\ Croûte au pot, croûte que l'on fait tremper dans le pot avant de le retirer du feu. Il Cuiller à pot, grande cuiller qui .sert à prendre du bouillon dans le pot. |{ Recevoir à la fiutuue du pot, donnerson dîner tel quel. || Courir la fortune du pot, s'exposer à faire mauvaise chère, en allant demander à dîner dans une maison où l'on n'est pas attendu. || Etre au pot de quelqu'un, vivre chez lui, à ses dépens. Lauzun n'était pan un homme à durer longtemps au pot et au logis d'autrui, st-sim. 37, (70. Bellisle et sa femme, revenus à Paris au pot de Mme Fouquet, se trouvèrent bien à l'étroit, ID. 230, H4. Il Etre à pot et à rAt dans une mairion, être nourri et hébergé dans une maison. Il y u déjà dix à douze jours qu'il est ici à pnt et à rAt dans la maison, dancoubt. Gai. jard. se. (.||lls .sont ensemble à pot et À rdt, à pain et à pot, se dit de deux personnes qui vivent ensemble très-familièrement. i| Fig II fait bouillir te pot, se dit d'un homme qui fait subsister le ménage d'un autre. || Cela fait bouillir le put, se dit aus.si de tout ce qui entretient, donne un revenu. || Faire petit pot, vivre petitement. Il lui propo.sait auisi de se retirer aux champs à faire petit pot, iiacan, Vie de Malherbe. Il Fig Faire pot à part, petit pot à part, se mettre i p.irl, agir séparément. Notre ami ((^rbinellij a fait son petit pot à part pour vous écrire, h8v. à Moulcrau, a jaiiv. <UH3. Le madré [Ganganelli] ne dira pas son secret ; il fait son pot à part , comme le disait le marquis d'Argcnson d'un des rois do l'Eu-

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rope, VOLT, lett- au roi de Pr. H nov. 1770. On ne Yeut plus aujourd'hui se partager en secte, ni faire pot à part, GRiMM, Correspond, t. i, p. 4B. || On dit d'une personne singulière, bizarre, ou remarquable à quelque égard : Il a été fait dans un pot à part. Il Fig. Le pot bout, a été dit par Mme de Sévigné pour exprimer l'eflervescence des humeurs. Je ne crois point que cela se doive appeler efferve.scence (de suer beaucoup] ; il me semble que mon pot n'en bouillait pas plus fort, et qu'il n'était pas b«3oin de l'écumer plus qu'à l'ordinaire, sÉv. 675. || Tourner autour du pot, tourner autour de la marmite dans l'espérance d'en avoir quelque lopin; et fig. essayer d'obtenir quelque avantage. Une héritière de la maison de la Trémouille n'avait point paru à Phclipeaux au-dessus de ce qu'il pouvait prétendre, il y tournait autour du pot, st-sim. 28, 62. || Par une autre figure, tourner autour du pot, user de circonlocutions, ne pas oser aborder nettement un sujet. Sans tant tourner autour du pot, jEneas dit : je suis un sot. Et vous allez être servie, scarr. Virg. u. X quoi bon tant barguigner et tant tourner autour du potT mol. Pourc. i, 7. 11 (Chrysippej ne fait que rôder autour du pot, et enfin il se trouve au même lieu que ceux qui soumettaient tout à l'inévitable nécessité du destin, Anal, de Bayle, t. IV, p. 20. Il S" Pot-au-feu, la marmite pleine d'eau et de viande qu'on met sur le feu, pour faire du bouillon. On lui mit le pot-au-feu, sEv. 350. Le pot-au-feu du peuple est une des bases des empires, MIRABEAU, Collection, t. v, p. 42t. Il Pot-aufeu, viande et bouillon dans la marmite. |1 Pot-aufeu, la quantité de viande destinée à être mise dans le pot. Trois pot-au-feu. Quand elles ont des nourrissons bourgeois, on leur donne des pot-au-feu, I. t. ROUSSEAD, Ém, 1. Il Pot-au-feu à l'espagnole, olla-podrida. || On n'y trouve ni pot-au-feu ni écuelles lavées, se dit d'un ménage en désordre. || Fig. On n'en mettra pas plus grand pot-au-feu, on n'en fera pas plus de dépense, plus de cérémonie. Quoique sa femme lui ait bien des fois représenté que l'on en retirait de bon argent , sans en mettre plus grand pot-au-feu, et que le ménage en allait mieux,

BOUHSAULT, I.Btt. nOUV. t. H, p. 41*, dans POLOENS.

Il Fig. La duchesse d» Valentinois est favorite de Madame; elle n'en met pas plus grand pot-au-feu pour l'esprit ni pour la conversation , sév. 25 juin 4677. Il Fig. Pensées sur lesquelles on s'arrête longtemps. Je voudrais bien savoir, ma chère enfant, comment vous vous portez ; je crains ce pot-au-feu que vous faites bouillir jour et nuit; il me semble que je vous vois vous creuser les yeux et la tête, SÉv. 27 oct. i«73.]\Auplur. On dit des pot-au-feu, invariable. || 9« Sœurs du pot, filles qui vivent en communauté et qui soignent les malades. Une sœur du pot fait plus de bien à un mal qu'elle soigne, qu'Ésculape n'en peut faire en dictant ses ordonnances de cent lieues, volt. Lett. DamilaviUe, 30 mai 4 7«B. Il 10° Pot pourri, difi'érentes sortes de viandes assaisonnées et cuites ensemble avec diverses sortes de légumes (c'est la traduction de l'espagnol o^ia podrida). Un plat de rôti nous fit quitter le pot pourri, lesage, Gil Bios, x, 1. 1| Fig. Et comme un pot pourri de frères mendiants, rEgnier, Sat. I. Suivant les instructions d'Albéroni, Cellamare traitait de pot pourri le traité fait à Londres, st-sih. 48< , 4 46. Il Fig. Pot pourri, diverses sortes de fleurs et d'herbes odoriférantes mêlées dans un vase. Lorsque nous sentons un pot pourri dont nous ne pouvons discerner Ips odeurs composantes , oestdtt tract, Instit, Kiênc. mor. et pol. t. m, p. 5o4. Il Fig. Morceau de musique, composé de différents airs connus, reliés entre eux par une ritournelle commune, et aussi chanson dont les couplets sont sur diflerents airs. ||Pot pourri, s'est dit de certaines petites contredanses. || Fig. Morceau littéraire où l'on traite divers sujets en ramenant de temps en ^emps celui qui commençait. Voltaire a fait un pot pourri. Il Tout ouvrage composé de morceaux assemblés sans ordre, sans liaison, sans choix. || Fig. et familièrement. Il a fait un pot pourri de tout cela, on n 'y a rien compris. || 11" Petit pot, mode trèsufiti en Normandie, suivant lequel, au lieu d'allaitement, on nourrit les enfants avec de la panade faite devant le feu dans un petit pot. || 12° Pot-devin, ce qui se donne, comme présent, en sus du prix convenu pour un marché. Pour bien faire, il faudrait que H. Jacquemin, Obtenant du rabais, grossit le pot-de-vIn , iiauteroche. Deuil, se. i . Obi les choses s'accommoderont, je vois bien cela; l'acquisition demeurera à mon père, et ma iKBur servira de pot-de-vin, dancourt. Vacances, se. <b. Cm( un homme sans foi oui prend de toute main,

F.t ne fait pas un bail qu'il n'ait un pot-de-vin, he- GNARD Démocr. u, 4. Un jour qu'en plein conseil et en présence du régent, il [Rouillé] s'exprimait avec sa liberté ordinaire, le-duc de Noailles lui dit : — Monsieur Rouillé, il y a ici de la bouteille (il était buveur]. — Cela se peut, monsieur le duc, répliqua Rouillé, mais jamais rie pot-de-vin, duclos, (Eue. t. v, p. 2)8. Il 13" Pot de pompe, piston à soupape. il Auge des foulons. || Pot à cueillir, vase dans lequel le souffleur de verre prend la matière vitrifiée. I) Terme de fontainier. Cuvette en forme de cône tronqué, que l'on emploie pour les garde-robes demianglaises. Il Terme de marine. Pot à brai, chaudière dans laquelle on fait fondre le brai. || 14° Terme d'artificier. Pot à feu, pièce d'artifice faite en forme de pot et remplie de fusées. || Terme d'artillerie. Pot à feu, pot de fer rempli d'artifices, ei 'Jont on se sert dans les sièges. || Pot à feu, voy. falot, n° 2. Ornement d'architecture représentant un pot d'où sortent des flammes, comme il y en a au palais de l'Institut. || 15° Dans les sucreries, vase de terre cuite dans lequel la forme laisse égoutter le sirop non cristallisé. || 16° Autrefois, espèce de casque à l'usage de l'infanterie, qui ne couvrait que la moitié de la tête U aurait couru fortune de quelque chose de plus, sans le pot de tête que les officiers de son régiment lui avaient fait prendre presque par force, pellisson, Lett. hïst. t. i, p. 322. La délicatesse des officiers ne les empêchait pa| d'aller à la tranchée avec le pot en tête, volt. Louis XIV, 8. Il Aujourd'hui, nom donné au casque que portent les sapeurs du génie dans les travaux de siège. Il 17° Terme de médecine. Bruit de pot fêlé, bruit qu'on entend par la percussion, quand il y a dans le poumon une caverne ne communiquant avec les bronches que par une ouverture étroite. || 18° Terme de jeu d'enfants. Petit creux fait dans la terre, dans lequel on pousse ou jette des billes, suivant certaines règles convenues. || 19° Papier pot, petite sorte de papier, qui sert, dans les cartes à jouer, pour mettre du côté de la figure. || Papier au pot, papier écolier, celui qui sert d'ordinaire aux écoliers. Il Proverbes. C'est le pot de terre contre le pot de fer, c'est un faible contre un fort. Quelle union peut-il y avoir entre un pot de terre et un pot de fer'/ saci, BiUe, Ecclésiasliq. xiii, 3. Le pot de terre en souffre et n'eut pas fait cent pas Que par son compagnon il fut mis en éclats, la font. Fabl. V, 2. B:isile : Ah I je n'irai pas lutter contre le pot de fer, moi qui ne suis.... — Figaro : Qu'une cruche, Beaumarchais, Uar. de Fig. ii, 23. || Pot fêlé dure longtemps, c'est-à-dire un homme, quoique infirme, maladif, ne laisse pas de pouvoir vivre longtemps. || On fait de bonne soupe dans un vieux pot, les vieilles choses ne laissent pas de servir.

— SYN. POT À eau, pot k l'eau. Le pot à eau, c'est le pot où l'on met habituellement de l'eau ; le pot à l'eau, c'est le pot plein d'eau que j'ai actuellement. De même pour pot à beurre et pot au beurre, et autres locutions semblables.

— BIST. xn° s. Plus a paroles au plain pot De vin qu'an un mui de cervoise [le vin fait plus parler que la bière], crestien de troyes, Ckev. au Lyon, V. 690. Li moine en recoillirent le sanc et le cervel [de Thomas, martyr], E à un cief le mistrent en poz hors del tumbel, Th. le mart. 163. lixiu* s. Item un pot lavoir à ymaginettes, de la- BOHDE, Émaux, p. 469. Encore pert il bien as tes [il parait bien aux tessons], Quels li pos fu.... Lijus Adam [de la Halle]. Car je tantost descouvrerai Le pot aus roses, Un dit de vérité. Li vilain dit en son proverbe qu'en un mui de quidance [opinion, idée] n'a pas plain pot de sapience, Chr. de Rains,p. 6h. Aigniax rostis, chapons en pot Lor apareilla à foison, Ben. 24578. Tant va pot à l'eve qu'il brize,tb. 27828. Pierres ala par les tavernes, et prist les pos à quoi il mesuroient, bkaum. xxvi, i5. Li pos garde moult longuement l'odor qu'il print quant il fu nues [neuf], BRUN. LATiNf, ï';(fsor, p. 375. Nejou netieng pas à mervello , Se cil ki ùpris aine ne fu De nul bien fors de pot à fu. Si ne se counoist ne entent,

BAUDOUIN DB CONDE, t. I, p. 374. jl XlV 4. L'olle dU

chief, c'est le pot [le crâne, la boîte os9eu.sej, h. de MONUEviLLB, ^ <». Un petit pot à eau d'argent doré, DE LABOHDE. ^mauz, p. 4«o. Deux pos d'-irain à traire vaches, id. ib. Deux grands pots d'argent, dorez et esmailler. à chauves souris, ID. ib. p. 458. Un pot temproir |pot à boire] rioretet esmailliet, capfialx, Ilégence d'Auhert de Bavière, p. 73. Il vint en une loge, le pot au feu trouva, Baud. de Scb. viii, 124. lixv* s. Si pouvoienl manger celé viande (les Écossais] en pot et enrostàleur plaisir, sans pain, froiss. I, I, 4t, Après travail nous plaist mieux le repos.

Et la grant soif fait boire emmy lespotz,AL>CHART, le Débat des deux fortunes. Ce fut pour le denier i Dieu, Et encore si j'eusse dit : La main sur le pot, par ce dit. Mon denier me fust demeuré. Patelin. Puisqu'au disert on ne boit rien qui vaille. Laisser [je] ne vueil ce bon vin dans le pot, basselin, XXXI. Le pot à la porée [soupe] qui estoit sur le feu commence à s'enfuir par dessus, loois xi, Nouv. xcvii. Un grand pot d'argent à deux ances, appelle le pot de l'aumosne [vase dans lequel on recueillait la part réservée aux pauvres], Bibl. des eh. 6° série, t. <, p. 435. Par lesquelz dessuz ditz fut le pot descouvert [l'empoisonnement du duo de Guyenne], Bibl. des ch. 4° série, t. i, p. 434. X tel pot tel cuiller, coquillabt. Plaid, de la simple et delà ruj^e. i|xvi*8. Ce conte est vieil comme un pot à plume, mais il ne peut estre qu'il n^ soit nouveau à quelqu'un, desper. Contes, xlii. U avoit la teste comme un pot à beurre, id. ib. lxxxv. Je veulx des discours qui donnent la première charge dans le plus fort du double; les siens [de Cicèron) languissent autour du pot, mont, n, tôt. .... Puis avec des pots à feu embrasèrent les maisons, d'aub. Hisl m, 296. Ils n'avoient que le plastron, le pot et l'escoupette à la ceinture, id. ib. m, 499. Ils auront ung bon pot de vin pour accélérer la besongne, carl. m, 24. Qui vend le pot dit le mot [c'est au vendeur à s'expliquer], LOYSEL, Inst. coust. 402. Enfants mariés sont tenus pour hors de pain et pot |cmancipés], m. ib. B«. Il parle aussi de ceux qui les ont (leurs concubines] en leurs chambres à pain et à pot, comme au feuillet di, col. 3 : Suiit ne hic sacerdotes tenentes concubinas à pain et à pot; au lieu de quoy Meiiot dit à pot et à cuiller, h. est. Apol. d'Uérod. p. B7, dans LACURNE. Et n'en pouvant tirer à vray le fond du pot, comme l'on dit, brant. Dames ilï. p. «I, dans LACUBNE. Et le mnlleur du pot fut que, n'ayant rien fait qui vaille, furent si insolents qu'ils envoyèrent demander leur paye à la reine d'Angleterre, iD. Cap. franc, t. m, p. 47. Entendant par ces pots de vin les présenta que cette dame avoit receus d'unz et autres pour obtenir de son mary une partie de ce qu'ils desiroient, pasquies, Lett. t. II, p. 692, dans LACUBNE. Ils sont sujets d'aide à la ville, et tiennent le pot [mesure légale], aulne et mesure d'icello ville, et le poids, Nouv. cotist. gén. t. 1, p. 389. Personnes usans de leurs droits qui vivent ensemble i un commun pot, sel et despense, après an et jour ils sont reputez eommuns en biens meubles et conquests immeubles faits depuis la société contractée, Coust. gén. t. l, p. 440. Il n'y a rien tel qu'un vieil pot à faire la bonne .■soupe, cotgrave. X chaque pot son couvercle, lehoux de lincy, Prow. t. n, p. 214. À pot rompu brouet espandu, id. ib. Deux pots au feu dénotent feste, mais deux femmes grande tempeste, in. ib. Je sçay i mon pot comment les autres bouillent, id. ib. p. 215. Chacun potier loue ses pots, id. ib. p. 268. Qui fait les pots les peut rompre, id. ib. p. 392. Ung pot de chambre, ressemblant à cacydoine, estimé une livre, de laborde, Émaux, p. 45». Du temjis du grand roy François on mettoit encore en beaucoup de lieux le pot sur la table, noêl ouPAiL, Cont. d'Eulrap. ch. xxn.

— Etym. Berry, casser 1rs pots, laisser aller, en dormant sur un siège, la tète de côté et d'autre ; picard, potequin, petit pot; espagu. et port, pote; tlamand, pot; isl. po^tr ; danois, pot; angl. f)0(; bas-bret. p6d, p6t, pout; kimry, po»; gaél. poit ; bas-lat. potus. Potusesl dans un vers deFortunat, et l'o y est long; il n'y a donc aucune raison pour ne pas le tirer, comme fait du Gange, du lat. pôlus, boisson, le contenu pour le contenant. Suivant Grimni, le mot est étranger à l'ancien allemand. Le picard potequin est un diminutif emprunté du flamand.

t POTABIUTÉ (po-ta-bi-li-té), s. f. Qualité de l'eau potable.

POTABLE (po-U-bl'), adj. || 1° Qui peut être bu sans répugnance. Vin potable. Un médecin a trouvé le secret longtemps cherché de rendre l'eau de la mer potable; il ne s'agit plus que de rendre cet* expérience assez facile pour qu'on en pui.'se profiter en tout temps sans trop de frais, volt. Louis XV, 43. Un terrain sablonneux, tout à fait aride et entièrement privé d'eau potable qu'il faut aller puiser à plus d'un mille, raynal, Hist. phil. m, 25. Il 2° Terme d'alchimie. Or potable, voy. oh.

— HIST. XIV* s. Disant : je feray l'or potable Par feu de charbon, baing-marie, A'at. d l'alchim. err. 582. Il xvr s. Je ne disois pas que l'or ne peut sa rendre potable, car je sçay plusieurs moyens de le potager, palisst. 35».

POT

— ÉTYM. Esp. potable; ital. polabite; du lat. poiabiliSfde potare, boire (voy. potion).

POTAGE (po-ta-j'), s. m. \\ !• Anciennement et proprement, ce qu'on met dans le pot, et surtout les légumes, pois, porreaui, etc. || 1° Aujourd'hui, bouillon gras ou maigre, dans lequel on a mis des tranches de pain, ou quelque pâte alimentaire, on de la purée, ou des légumes. Il | Balzac] a inventé une sorte de potage que j'estime plus que le Panégyrique de Pline et que la plus longue, harangue d'isocrate, voit. Lett. i%6. Devant moi justement on plante un grand potage, D'où les mouches à jeun se sauvaient à la nage, Régnier, Sol. x. Chacun ayant de quoi faire du potage, ce qui est la vie du soldat dans les fatigues, pellisson, Letl. hisl. t. m, p. 301, dans poigens. Adieu chicorée et porreaiu, Adieu de quoi metti« au potage, la font. Fabl. iv, «. Hébien,il faudra.... quatre grands potages et cinq assiettes.. . moi. t'Àv. m, 6. Je vis de bonne soupe et non de beau langage; Vaugelas n'apprend point à bien faire un potage, ID. Femm.sav. ii, 7. Le bel usage Teut qu'on dise un potage de santé et non pas une soupe de santé; le même usage fait qu'on dit toujours à la cour : on a servi les potages, on est aux potages, et jamais on a servi les soupes, on est aux soupes, CiiLLÈREs, Bon et mauv. usage, Convers. t. Au moyen de quoi il [le paysan] puisse acheter quelque morceau de lard et un peu de beurre et d'huile pour se faire du potage, vaoban, Dtme, p. 99. Je fais plus de cas d'un rayon de soleil et d'un bon potage que de toutes les cours du monde, volt. Lett. Richel. 27 janv. 4758. Il Au potage, au moment où l'on mange le potage. M. le comte Desguerets s'est enivré dès le potage, dkstouch. FaUsse Agnès, m, a. Il Potage printanier, potage fait avec tous les légumes nouveaux du printemps, tels que carottes, oseille, laitues, pointes d'asperges, petits pois, romaines, petites fèves, etc. || Potage à la Crécy, potage à la purée de carottes. || Relevé de potage, le plat qu'on sert immédiatement après le potage. || Mettre en potage, se dit d'une viande que l'on met dans le pot pour faire du bouillon. 11 allait l'égorger [le cygne], puis le mettre en potage, la font. Fabl. m, ta. Il Pour tout potage, en ne servant pour tout le dîner qu'un potage ou du moins une seule chose. Quelque grabat, du pain pour tout potage, la font. Féronde. || Fig. Pour tout potage, pour toute chose Que vous n'êtes, pour tout potage, qu'un faquin de cuisinier, mol. VAv. m, 6. Le pauvre Orignan n'a pour tout p.itage [pour faire le siège d'Orange] que le régiment des galères, qui a le pied marin, trèsignorant d'un sié(;e, sÉv. 23 nov. 4673. Tu seras Paul-Louis pour tout potage, id est rien ; terrible motl p. L. COUR. Lett. à l'Acad. || Fig. Pour renfort de potage, pour aggravation. J'ai escore oui dire, madame, qu'il a pris aujourd'hui, pour renfort de potage, un maître de philosophie, mol. Bourgeois gent. ni, 3.

— Hisï. XIII' s. Item que tout potage resohaufé, touz pois, toutes fèves, portez parmi la vile.... soient arses et condempnés, Liv. des met. 367. Cil qui en prison les font tenir, lor doivent livrer pain et vin et potage, tant comme il eu poent uzer, au mains [moins] une fois le jour, beauii.u,7. ||xiv* s. Et si puet user pour potage borroiches [bourrache], espinoces et semblables, a. de mondeville, f" »5, verso. Une mine de polaige, c'est assavoir deux boisseaux fèves, deux boisseaux pois blancs.... du canqe, jwtagium.

. Cboulx veulent estre mis au feu dès bien matin, et cuire très longuement et plus longuement i|ue nul autre potage, Ménagier, ii, ». || xv* s. Semer fèves, veccs et autres potages, Prouffitt champ, et ruraux, VII, 2. Il estoit d courtois, si saige, lit avoit voulenté si franche, S'elle eust voulu pour tout potage, Klle l'eust mis dedans sa manche', coquill. Plaid, de ta simple. Fist acheptcr le duc de Bourbon et mettre eu ses vaisseaux douze cens tonneaux de vin, et deux cens lards avec foison de potages, et telles provisions que l'on purle en mer, Hitt. de Loys Ul duc de Bourbon, p. 284, dans LACUottE. il xvi* s. J'entendz bien : tu es Limosin, pour tout potaige, RAB. Pant.ii, 6. C'est un homme pour touts potages [ce n'est qu'un homme], moht. i, 328. Et desjeunions luy et moy tous les matins de potage de soupe chaudière, par*, ix, m. Bon gaignage [pâturage] fait bon potage, lbroijx dk i.incv, jProi'. t. u, p. 262. Ne potage sans bacon [jaiuii >nj, ne nopces sans son, lo. tb. p. a&4. De mauvaise viande on ne sçait faire bon potage, cotgravf..

— ETYM. Pot : ce qu'on met dans le pot ; Berry, potage, légumes à mettre au pot ; eipagn. potage ,itai. potaggio.

V»JTAGKR, ÈRK(po-U-jé,jè-r'),ad>. JlfOui concurueiei légumes. Jardin potager. || Herbes, plaatei

POT

potagères, celles que l'on cultive dans un potager. Il i° S. m. Le potager, jardin où l'on cultive des légumes et des fruits. On mit en piteux équipage Le pauvre potager : adieu planches, carreaux, la font. Fabl. IV, 4. Le potager doit être placé près de l'habitation et près du fumier, genlis, Maison rust. t. Il, p. 408, dans poogbns. || 3* Un potager, fourneau où l'on dresse des potages, etc. || 4° Pot dans lequel on porte à dîner à des ouvriers.

— HIST. XV" s. Nous fault queux [cuisiniers] et de mainte guise, Hasteurs [rôtisseurs], potagiers [faiseurs de potages] et soufleurs, e. nEsr h. Poésies mss. f. 4)3. Il XVI* s. Des herbes potagères, o. de SERRES, 8». Nousdiviserons le potagerparplanches, couches, quarreaux, vazes, diversement nommés, pour, commodément et sans confusion, y loger la potagerie selon leurs espèces, ID. 605.

— ÊTYM. Potage.

t POTAGEIUE (po-ta-je-rie) , s. f. Foyer pratiqué dans une cuisine pour y dresser les potages.

— ÉTYM. Potage. Potagerie s'est dit au xn* siècle de la culture d'un jardin potager.

t POTAMÉËS (po-ta-mée), s. f. pi. Famille de plantes qu'on appelle plus ordinairement naïadées.

— ETYM. IloTapLo;, fleuve, qui paraît tenir à nÔTo;, boisson, signiliant ainsi proprement eau polab.V.

t POTAMOGRAPUIE (po-ta-mo-gra-fie) , ». /. Description des fleuves, de leurs bassins.

— ETYM. rioToiAo;, fleuve, et ypôçeiv, décrire.

t POTAMOT (po-ta-mo), s. m. Genre de plantes aquatiques (famille des naïadées) .'

— ETYM. Abréviation de polamogéton, ancien nom de ce genre de plantes; grec, iiOTaiioYeînûv, de itoTa(iièi;, fleuve, et -yeîtwv, voisin.

POTASSE (po-la-s'), s. f. \\ 1* Substance composée d'oxygène et d'un métal appelé potassium, formant des sels avec les acides , des savons avec les huiles, et du verre avec la silice; extraite d'aborU fort impure par la lixiviation des cendres, et ensuite purifiée par la chaux et par l'alcool. C'est dans les pays où les bois sont communs, et particulièrement en Russie, en Amérique, qu'on prépare la potasse : on brûle les bois sur le sol , dans un lieu à l'abri du vent; on obtient, pour résidu, des cendres qui sont formées de sous-carbonate de potasse , de sulfate de potasse et de chlorure de potassium, thenard. Traité de ctiim. t. u, p. 371, dans POUGENS. On connaît dans le commerce six principales espèces de potasse , savoir : la potasse de Russie, celle d'Amérique, la potasse perlasse, celle de Trêves, celle de Dantzik et celle des Vosges, m. ib. p. 37-2. Il Potasse à la chaux ou pierre à cautère, potasse olitenue en faisant bouillir dans beaucoup d'eau la potasse du commerce avec de la chaux non carbonatée, puis filtrant et fondant le résidu. Il Potasse à l'alcool, potasse tout à fait pure, mais non anhydre. || Potasse factice, mélange de carbonate de soude et de sulfate de cuivre. || Potasse ammoniacale, Toj. lessive. Il 8' En chimie , la potasse est le protoxyde de potassium, alcali solide, blanc, très-caustique.

— ETYM. Genev. potache; de l'allem. Pollasche , de Pott, pot. et Asche, cendre.

f POTASSE, ÉE (po-ta-sé , sée) , adj. Terme de chimie. Oui contient de la potasse. Alcool potassé.

t POrASSICO-AMMONIQUE (po-ta-ssi-ko-a-mraoni-k), ad). Terme de chimie. Se dit d'un sol potassiijue qui est uni à un sel ammunique. On dit semblablement potassico-argentique, potassico-calcique, etc.

t POTASSICO-MERCUREUX ( po-ta-ssi-ko-mèrku-reii), adj. Terme de chimie. Se dit d'un sel potassique qui est uni à un sel mercureux,

t POTASSIDES (po-ta-ssi-d') , s. m. pi. Terme de chimie. Famille de corps qui renfermentle pola-ssium.

t POTASSIMËTRE (po-ta-ssi-mè-lr'), s. m. Instrument destiné à déterminer la quanlitô de potasse qui se trouve dans les potasses du commerce, toujours mélangées de sels de soude.

— Ei'YH. Potaiie, et (tixpov, mesure.

t POTASSIOUB (po-ta-3si-k'),adj. Terme de chimie. Où du potassium est combiné. Sel potassique.

POTASSIUM (po-la-si-om') , f. m. Terme de chimie. Métal découvert en <807 par Duvy, et qui, combiné avec l'oxygène, doone la potasse pure.

POTE (po-t'), adj. f. Usité «euleniont dans cette locution : main pote, main grosse, enllèe et dont un ne se sert <|ur diffirileuient.

— HIST. XIV' ». Su je me fousae donne gardu de la pote main [main gaucho], uu canoë, manui, p. 283. Ijxvt' s. Les mains potes [mkioi engourdies de froid], oudin, Diet.

— ETYM. Berry, pitu, lourd, grossier, qui a les maint grosses «t maladroite*. Il y tdant plusiaun

POT

patois un mot qui signifie lèvre : Genève, faire la potte, faire la moue; Lorraine et Berry, poUe; provenç. potx, lèvres; languedoc. poutous , baiser. Faut-il penser que l'adjectif pote, qui, ayant donné potelé, paraît signifier quelque chose d'arrondi , et pote, lèvre (la lèvre est arrondie), sont un seul et même mot, duquel d'ailleurs l'origine est inconnue? En Normandie , )>o( se dit des tuyaux empesés qui garnissent un col, un bonnet : une collereUe à petits pots, un jabot bien poté, fer à pqter; c'est le même mot, signifiant ici aussi quelque chose d'arrondi.

POTKAD (po-tô), s. m. Ijl" Terme de charpente. Pièce de bois posée debout. Les poteaux d'une cloison. Poteau d'huisserie, de croisée, de membrure. Les poteaux de leurs maisons [des Hébreux, en Egypte] furent marqués, afin que l'ange destructeur ne les touchât point, boss. 3» avrrt. lo. |! Poteau cornier, celui qui est à l'encoignure de deux pans de bois. || Poteau de décharge, pièce de bois inclinée dans l'intérieur d'une cloison ou d'un pan de bois, pour soulager la charge. || S" Grosse et longue pièce de bois posée droit en terre et servant à divers usages. Son camarade et lui trouvèrent un poteau. Ayant au haut cet écrileau... la font. Fabl. X, u. On yit chaque jour des poteaux chargés de l'efliiiie des hommes ou des femmes qui avaient ou suivi ou conseillé Gaston et la reine (mère de Louis XIII] , VOLT Uceurs, «76. || L'infâme poteau , le poteau de la croix où Jésus-Christ fut attaché. Le lient à un infâme poteau et se préparent à lui faire éprouver le traitement le plus indigne et le plus sensible «utragc, bourdal. Exhort. sur la flagellât, de J. C. t. Il, p. 74. Il 3' Poteaux indicateurs, ceux où les indications sur les roules et les localités sont inscrites. Sur le devant et au pied des petites montagnes, un poteau de seigneur qui marque le chemin; ce poteau est planté à l'entrée d'un pont de bois, DiDER. Soion de 4765, Œuv. t xiii, p. 250, dans POUGENS. || 4° Sur le turf, poteau de distance, poteau placé, pour les courses en parties hée», à cent mètres du but ; les chevaux qui n'ont pas dépassé ce poteau lorsque le premier cheval dépasse le but, sont distancés et ne peuvent plus courir les épreuves suivantes. || Poteau gagnant; il indique le but. Il B* Fig. et familièrement. Des poteaux, de grosses et vilaines jambes.

— HIST. xu* s. Tant ont miné sous terre , chascuns à son cisel, Que des murs de Cologne ont trait maint grand carrel ; À ce que il en traient , i metent le postel. Stuc. ik.

— ETYM. Diminutif de l'anc. franc, post (post et chevron, dans huteb. ii, 44), qui vient du lat. postis, jambage de porte; wallon, po«*(ot; provenç. puilcJ.

POTÉE (po-tée), s. f. |{ 1* Ce qui est contenu dans un pot. Une potée il 'eau. || En Normandie, faire la potée, préparer le petit pot pour ses enfants. || Kig. et familièrement. Un grand nombre d'enfants. Une potée d'enfants. Il Eveillé comme une potée de souris, se dit d'un enfant vif, d'une personne très-éTelUée, trèsactive. J'y [chez M. de l'Orme] trouvais lime de Frontenac et la divine, et la BertiUac qui y logo, et qui est comme une potée de souris, siv. aoa. Il est trèssage, cet homme-ci ; cependant je lui disais lantAt, le voyant éveillé comme une polce de souris... lu. 29 août 4477. Il i' Potée se dit de diverses prèpa rations dont se servent les chimistes, les fondeurs, les polisseurs de glaces, etc. || En particulier, oxyde d'étain réduit en poudre très-fine, qui sert à polir les miroirs d'acier et d'autres choses de même nature. || Potée d'éinori, la poudre qu'on trouve sous les meules qui ont servi â tailler les pierreries. || Potée des potiers , eau mêlé3 d'ocre rouge , pour plomber la poterie. || 8' Terme de fondeur. Moule de potée, moule lait d'un mt'lange d'argile, de bourre et de flente de cheval. Cette chape se commence d'abord par une couche ou chemise de potée, qui est une terre grasse Irès-flno, passée au tamis et mêlée de tleiito de cheval et de bourre , IHrt. des arts et met. Fond, en brome. Il 4° Potée de montagne, tuf calcaire d'un gris sale, qu'on nomme aussi pierre pourrie.

— HEM. Boissonade {Critique litt. t. il, p. 45o) croit < qu'il faut dire non point une potée de souris, mais une portae, comme Mme de Scvigné» ; et Legoarant, adoptant la même idée, cite la lettre 4(7, qui est celle du 2» août 1677. Mais M. Régnier, dans son édition, a potée, ctu'indique même aucun* variante. D'ailleurs il u'y a aucune riiisun pour contester potée de sourit, qui s'est dit cinmie potée d'enfants, par une ligure qui se cunfoil.

— liist. XIII» s. Et de pois une graiit poté«, Nnuv. rec. de contes, t. i, p. ao7. || xvi» s. Il mettoil de bon matin sa petite potée au leu, que sa Ulif

POT

POT

POT

faisoit cuire, desper. Conlet , zz. Esveillé comme une potée de souris, oudin, Curios. (rang.

— ETVM. Pot; wallon, polaie.

FOTELÉ, ÉE (po-te-lé, lée) , adj. Gras et plein. Un enfant potelé. De deux bras potelés les contours gracieux, pavabt, Soliman II, II, I. Je vous souhaite d'ailleurs, pour l'année 1767, une maîtresse potelée, tendre, pleine d'esprit, et pourtant fidèle, VOLT. Ltlt. Chabanon, S2 déc. (766. Qu'on ait d'abord les doigts épais, courts, peu mobiles, les mains potelées et peu capables de rien empoigner, cela empêche-t-il que plusieurs enfants ne sachent écrire ou dessiner à l'âge où d'autres ne savent pas encore tenir le crayon ni laplume?j. j.souss.£m.ii.

— HIST. XV* s. [Les dames] Si ne furent ne noires ne halées, Mais comme liz blanches et potelées, cbBisT. DE pisAR, Dit (U Poissy. Il XVI* s. Tout potelé, grasselet, rebondi, hons. )20.

— ÊTYM. Diminutif de l'adjectif pôle, dont la signification primitive est arrondi.

I POTELÉE (po-te-lée), s. f. Jusquiame noire.

t t. POTELET (po-te-lè), s. m. Jacintlie des bois.

2. POTELET (po-te-lè), t. m. Nom donné à de petits poteaux qu'on met quelquefois au-dessus des portes, des fenêtres, etc.

— ÉTYM. Diminutif de poteau.

POTENCE (po-lan-s'), s. f. \\ 1* Béquille, bâton d'appui qui a la forme d'un T. Marcher avec des potences. Il [un mendiant] pourra se servir de deux potences, et avoir un pied attaché au de.rière, le- SAGE, Gui7ii. d'Alf. III, 3. Il Table en potence, longue table à l'un des bouts de laquelle une autre est placée en travers. |{ En termes militaires, on dit qu'une partie d'une troupe est en potence, quand elle est placée en retour relativement au front général de la troupe. || 2* Sorte de béquille isolée, nommée appuial, sur laquelle on s'appuie la poitrine pour se reposer debout quand on e-st malade, et dans les églises de l'Orient, où les chaises sont inconnues, quand on est à l'office. J'ai entendu la messe dans le grand couvent de l'oasis des Lacs Natrons, ainsi appuyé sur une potence, de labohue. Émaux, p. 460. || 3° Appareil qui sert à mesurer la taille des hommes et des animaux : c'est .une large règle qui porte des divisions numériques, et sur laquelle glisse à frottement une petite pièce de bois. Avoir cinq pieds sous potence. || 4° Gibet, instrument de supplice, ainsi dit à cause de la ressemblance de forme avec la béquille. Commandez qu'on dresse une potence fort élevée, qui ait cinquante coudées de haut, saci. Bible, Eslher, v, <4. Xerxts, outré de dépit contre Léonide qui avait osé lui tenir tète, fit attacher son cadavre à une potence, ROLUN, Uist. anc. Œuv. t. m, p. 2I7 dans pougens. Pendant un mois entier, on ne vit dansAmboise que des échafauds sanglants et des potences chargées de cadavreSjVOLT. ifûBur*, (70. {j Le supplice même. Harlay fut prié chez M. de Chaulnes, et il y alla comme un homme qu'on mène à la potence, st-sim. 42, 240. Il faut effrayer le crime ; oui, sans doute ; mais le travail forcé et la honte durable l'intimident plus que la potence, volt. l'Homme aux 40 écus, Det proportions.l\Fig. et familièrement. La campagne qu'on peut appeler la potence d'une jeune personne, UAHILT. Gramm. ». || Gibier de potence, homme dont les actions appellent la sévérité des lois. Allons, que l'on détale de chez moi, maitre juré filou, vrai gibier de potence, mol. Avare, i, ». Il Traîne-potence; voy. tbaîner. || Terme de blason. Meuble de l'écu, qui indique le droit de haute justice. Il B* Terme de manège. Le morceau de bois où pend la bague. || Brider la potence, donner contre ce morceau de bois, au lieu d'emporter la bague ou de la toucher. || 6" Pièce de bois ou de fer qui se met sous une poutre, pour soutenir un plancher, et dont le sommet forme un triangle. On di.stingue la potence à un ou à deux liens : la première qui te met contre le mur, l'autre qui se met au milieu de la poutre. || Barre de fer tournée en volute à une de ses extrémités, servant de support à un balcon, à une poulie de puits, etc. || Le fer qui sort à suspendre une enseigne devant la boutique d'un artisan. Il Terme d'administration. Long tuyau soutenu par un^ console, qui porte & un mètre environ de la maison où il est attaché le bec de gaz et la lanterne qui l'enveloppe. Il 7* Potences, les bouts des branches d'une trompette, qui sont formés en arc. Il •• Instrument avec lequel le verrier transporte des objets trop chauds pour être maniables. || 9» Pièce qui porte doux des pivots de l'échappement, dans l«« montres à roue de rencontre. || Une des pièces du moulin du Japidaire. || 10* Terme de marine. Sorte tf'époiiiiUe fourchue qu'on place lout le ùmx

pont, à l'endroit où correspond le pied du mât d'artimon, lorsque ce pied ne repose pas sur la quille. Il Se dit encore de divers montants, arcs-boutiiits, supports saillants et retenus par des cordages. Il 11° Petite enclume de chaudronnier.

— HIST. xiii* s. Li blanc moine metraïstrent fors. Mes tant me bâtirent le cors 0 potences et o bastons. Qu'il me mistrent à ventrillons, Ren. 1<3C3. Mes por ses membres apuier, Ot ausinc cum par impotence De traïson une potence [bâton], ta Rose, 12296. Et vraiement, fist le chevalier, vous le comparrez [payerez] ; et lors il hauça sa potence, et feri le juif lesl'oye |près de l'oreille], et le porta à terre, joisv. (98. Ilxiv* s. Estoit si malade que il aloil toz jors à potences sous ses essaies, ne autrement il ne -pooit aler, et sembloit que il eust le dos rompu, DE LABOHDE, Émaux, p. 460. || XV* S. En icelle salle avoit trois tables drecées, dont l'une fut au bout dessus, traversant à potence, et estoit la table pour l'honneur, o. de la babche, Mém. ii, p. &28, dans LACURNE. || xvi* s. Le blessé doit cheminer longtemps sur une potence, pabé, viii, 37. Le père mena son fils à Paris, et, en passant par Amboise un jour de foire, il vit les testes de ses compaignons d'Amboise encore reconnoissables sur un bout de potence, d'aub. Mémoires, édit. lalannk, p. ».

— ÉTYM. Bas-lat. potentia, potence, du lat. potentia, puissance, et de là, appui, bâton, béquille, et, par comparaison avec U forme, gibet.

t POTENCE, ÉE (po-tan-sé, sée), adj. Terme de blason. Dont chaque branche se termine en forme de double potence ou de T. Croix potencée.

— HIST. IV' s. Monsieur Jehan de Champaigne a une bande d'argent à deux croisettes d'or potencées, contre-potencées à trois lambeaulx de gueulles,

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