POO
feu prit aux poudres. || Il est vif comme la pou lie, il est comme la poudre, se dit de quelqu'un qui prend feu tout de suite. On dit aussi dans le même sens : c'est la poudre. || Les poudres, partie de l'administration militaire où l'on s'occupe de la fabrication et de la vente des diverses poudres. Ci-glt le bon monsieur de Coudres, Renommé pour sa pesanteur; S'il eut un emploi dans les poudres, Ce ne fut pas comme inventeur, poNs (de Verdun), Contes et poés. div. p. t87. || 11° Poudre fulminante, poudre qui détone fortement par le choc ou le frottement, et dont la composition dirTère de la poudre ordinaire. Le fulminate de mercure est une poudre fulminante; on en obtient une aussi en mélangeani du chlorate de potasse à du sulfure d'antimoine. Un grain de poudre fulminante [de platine), chaufîé graduellement, détone avec dégagement de lumière, et produit un bruit plus fort qu'un coup de pistolet, thenard. Traité de chim. t. ii, p. (68, dans pougens. Il 12° Poudre de coton, ou poudre-coton, voy. pyroxyle. Il 13° Le thé poudre à canon , voy. thé.
— SYN. POUDRE, POUSSIERE. Pouare et pousstere, pour signifier la terre desséchée, divisée et réduite en particules, ne sont synonymes que dans le style élevé; hors de ce style, c'est poussière que l'on dit et non poudre : Il s'éli.ve dans les chemins beaucoup de poussière. Au contraire, quand il s'agit de substances pulvérisées, c'est poudre qu'il faut dire et non poussière : Du tabac en poudre.
— HlST. n* s. Granz est 11 chauz, si se levé la puldre, Ch. de Roi. cclxvi. [1 xm* s. Renart li fet honte et anui, Soufrir l'estuet, ce poise lui : Bien le voudroit avoir conquis. De la poudre li jeté el vis, Ren. 15028. Ahil llithomet sire, com vous soloie amer! Se jamais en ma terre puis un jour sejorner, Je vous ferai ardoir et à porre venter, Ch. d'Ant. viii, (313. Il XV" s. On alla en sa maison, où l'on trouva de la poudre desalpestre (poudre à caaon], FROiss. liv. II, p. (49s, dans lacurne. Pouldie de duc pour l'ypocras, E. desch. Poé'ies rm. f° 497. Les bleds estoient grands et la pouldre la plus terrible du monde, tout le champ semé de mors et de chevaulx, et ne se congnoissoit nul homme mort pour la pouldre, comm. i, 4. Se je n'eusse esté si hasiif De mettre le feu en la pouldie, J'eusss destruit et mis en foudre Tant quanque avoit de damoisalles, Villon, Archer de Bagrtokt. || xvi* s. Les Maures avoient envoyé des gens jusgues au nombre de trente mille pour prendre Tripoly; mais les Espaignoz y estant ont mis es Toussez des pouldres artitificiaïes; lesquels Maures estant esdits foussez sont estez bruslés et morts jusques au nombre de bien de dix mille, LelC. de louis XII, t. ii, p. (69, dansLAcubne. Mettre pouldre en l'œil [jeter de la poudre aux yeux], o. crétin , p. 243, dans lacubne. Aussi tost que l'on y touche tant soit peu [à une terre poudreuse], elle se rompt, et se'resoult en pouldre, comme feroit de la chaux vive ou de la cendre, qui la fouleroit, amyot, Sertor. 23. Tu ne fus pas absous en jugement pour ton innocence, mais pouice que je jettsy de la poudre aux yeux de tes juges, iD. Cicéron, se. Le parc des poudres, d'à un iJist. I, 292. Empoisonner une lettre par la pouldre que l'on met sur l'escriture, carl. vi, (O. Un oeuvre j'ay parfaict, que le feu ny la fouldre, Ny le fer ny le temps ne pourront mettre en pouldre, du bell. iv, 80, recto. Les soldats [turcs] ne boivent que de l'eau et ne mangent que riz et de la chair salée mise en pouldre, mont. 1, 386.
— ËTYM. 'Wallon, poud, po*.,., poutre, poûre; picard, paure, poure; ppov. pnU; espagn. polvo; ital. polvc; du lai. pulvis. Le français puldre, porre, poudre vient du latin pulverem
POUDltÉ, ÉK (pou-dré, drée), part, passe ne poudrer. !| 1° Couvert de poudre à mettre sur la tête. Vos cheveux frisés naturellement avec lo fer, poudrés naturellement avec une livre de poudre, du rouge naturel! cela est plaisant; mais vous étiez belle comme un ange, sÉv. i27.SaintAml>roise, qui blûmo les femmes qui se poudrent les sourcils, aurait-il approuvé les perniqucs poudrées [des ecclésiastiques], ;. B. TiiiSKS, Histoire des perruques, xxi, 6. Il n'appartient qu'aux têles bien poudrées et bien frisées déjuger le Temple de Gnido^ moniesq. dan» niÉHON, Année litt. (70l, t. 11, p. 329. Car notre hoinrue est parti .sans m'avoir écouté., Et n'étant seulement poudré que d'un côté, boissï. Impatient, 111, 2. l! Poudré à blanc, extrêmement poudré. i 2° Terme de botanique. Oui paraît comme couvert de givre ou de gelée blanche. || Terme de zoologie. Oui est comme glacé de blanc. Plumage, pelage, corps poudré. [\S. m. Guenou blanc- nez.
POU
t POUDREMENT (pou-dre-man),#. tn. Action de poudrer.
— HiST. XVI* s. Pouldrement, cotgbavr.
— -Etym. Poudrer; ital. polveramento.
POUDRKR (pou-dré). [| i° F. o. Couvrir légèrement les cheveux de poudre. Poudrer une perruque. La dépense que la plus brillante partie de la nation fait en fine farine pour poudrer ses têtes, soit que vous soyez coiff'és à l'oiseau royal, soit que vous portiez vos clieveux étalés comme Clûdion et les conseillers de la cour, volt. Facéties, Disc, aux Velches. Il 2° F. n. Terme de chasse. Se dit d'un animal qui, lorsqu'il est poursuivi dans un temps de sécheresse, fait voler la poussière, ce qui recouvre ses voies et empêche les chiens de le suivre. |[3" Terme de teinturier. Poudrer, laisser sortir de la poudre. Et après être guédés [les draps], lesdits teinturiers les fouleront aux pieds dans de l'eau, puis les garanceront, et, après qu'ils seront faits noirs, les laveront bien jusqu'à ce qu'ils ne poudrent plus, Règlem. sur les manufact. août (667, teinturiers en laine, art. 9. Il 4'' Fig. Dans le style très-familier, faire un geste moqueur qui consiste à frapper deux ou trois fois l'avant-bras droit sur le poing gauche en se dirigeant du côté de celui qu'on veut bafouer. Léopold tira la langue, le poudra, c'est-à-dire lui adressa ce geste indicible du gamin parisien qui envoie la bravade et la moquerie au nez des passants, comme les perruquiers d'autrefois envoyaient la poudre sur les vénérables perruquesde nos aieux, soulié, Si Jeunesse savait . xvii. || 6° Se poudrer, V. réjl. Se couvrir les cheveux de poudre. La duchesse de Bourgogne alla chercher le duc, et revint dire qu'il se poudrait, st-sim. 214, (37.
— HIST. XIV" s. Quant l'en aura drecié, si pouldrez par dessus une espice que l'en appelle coriandre, Menagier, 11, 5. || xv" s. Que chascun trousse à l'arçon de la selle la cuysse d'un cerf pouldrée, alin qu'il en puisse manger si la faim luy vient, Pcrccforest, t. II, f° 55. Il XVI" s. Pièce de bœuf poudrée aux naveaux, desper. Contes, m. Pour euipescher la putréfaction desdits corps- ils les Doudroycnl de nitre, palissy, 22.
— étym. Poudre.
t POUDRERIE (pou-dre-rie), s. f. Klablissement où l'on fabrique de la poudre à tirer.
— ÉTYM. Poudrier, n° 3.
POCDRETTE (pou-dnVf), s. f.\H' Terme de chasse. Faire la poudrette, se dit du gibier à plumes, lorsqu'il débat ses ailes dans le sable fin ou la terre en poussière. || Faire la pnudretie, se dit aussi des poules qui aiment à se rouler dans la poussii're .sèche. Il 2° Anciennement, petit ustensile où l'on mettait le sucre en poudre. Vous les saupoudrez de sucre fin mis dans une poudrette, genlis, Uaison rust. Il 3° Nom donné aux excréments de l'homme desséchés et préparés pour la fumure des terres. Il y a des jardiniers qui se servent de la poudrclte pour encaisser leurs orangers , mais ils font fort mal, LA quintinye, dans richelet.
— HIST. XV" s. Les quelz enfans se prindrent à jouer à la poudrette, et, en jouant, Thomassin dit à Jchannin que il lui avoit jeté de la poudre aux yeux, DO CANGE, pulverea.
— ÉTYM. Diminutif de poudre.
POUDREUX, EUSE (pou-dreû, dreû-z'), adj.
Il 1° Couvert de poussière, en parlant dos personnes et des animaux. Il [le duc de Chaulnes) partit le (8 en chaise [de Rennes] ; il fut le dimanche 'Jl à Versailles; le roi le fit venir tout poudreux, et lui parla une demi-heure dans son cabinet, sÉv. c>^^. Elle [l'ode] ouvre la barrière. Chante un vainqueur poudreux au bout de la carnère, non.. Art p. n. Il II se dit aussi des choses. Puis de là tout poudreux, [vos écrits] ignorés sur la terre, Suivre chez l'épicier Neuf-Oerniain et la Serre, boil. Sat. ix. Là, sur des tas poudreux de sacs et de pratique, Hurle tous les matins une sibylle étique, m. I.utr. V. Et leurs casques brillants, et leur marche poudreuse, riELiLi.E, En. viii. Fiers châteaux, modeste» couvents! Cloîtres poud.'^ux, salles antiques, v. iiugo, Odes, 11, 3. Il Arriver les pieds poudreux, arriver do loin, en chélif équipage. || Pied poudreux, soldai qui déserte de régiment en régiment (sens vieilli). Il l'ar extension, un pied poudreux, un vag.ihond, un homme sans considération. || i" Terme d'Iii.stoiro naturelle. Oui est couvert d'une poussière gris.ltre
— HIST. XI* s. Veer pocz [vous pouvez voir] le* graiK choiiiins.puldrus, Ck. de Itol. clxxiv, {| xili' s, Piez poudreus el pensée vole [volage]. Et œil qui par signe» p.irole Sont trois choses, tout sanz doutance. Dont je n'ai pas bonne espérance, ntiTEB. 11, (67, Il xvi" s. Le veni esleva le plus délié de celle
terre pouldreuse, comme la baie quand on vane le bled, AsiYOT, SerUyr. 24. Ayant les cheveux et la barbe tous hérisser e; pouldreui, id. Cicéron, <o. Hat que diront là bas sous les tombes poudreuses De tant de vaillants rois les âmes généreuses I ron- SABD, Des misères de ce temps. Revenir pouldreux et victorieui d'un conjbat, mont, i, <78.
— 6TYM. Poudre; provenç. polveros, pulveros; espagn. polvoroso; ital. poJt:eroso.
POUDRIER (pou-dri-é ; Vr ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, Vsse lie ; des pou-dri-é-z élégants), ». m. Il l" Petite boite où l'on met la poudre à sécher l'écriture. Quelque mauvais génie Des plumes que je prends vient empêcher l'effet. — Je le crois bien, monsieur; car voilà le cornet, Et dans lo poudrier vous trempiez votre plume, beonard, le Distr. IV, «. Il Vase de terre dont les naturalistes se servent dans leurs cabinets. || i' S'est dit des horloges de sable qui durent une demi-heure. ||3° Ouvrier qui fabrique la poudre. X peine contre lesdits sàlpêtriers et poudriers de punition exemplaire, et contre les gentilhommès qui les emploieront de confiscation des salpêtres, poudres, moulins et ustensiles, Lett. pat. Cons. d'État, 30 nov. 1677.
— HIST. XVI*». Un poudrier de porcelayne,garny d'argent, avec un cordon de soye grise et d'argent, avec son estuy, prisé x escus, ob i.abohde, Émaux, u 484. Pouldriers, salpestriers, faiseurs de Oas-
')UOS.... CARL. VIII, -24.
- ÊTYM. Poudré. Dans l'ancienne langue, poudrier signifiait poussière , et venait d'une forme latine fictive pidverarium.
POUDRIÈRB (pou-dri-è-r'), *. f. || 1* Botte à pouilre pour sécher l'écriture. || %° Boîte, récipient dans lequel est contenu l'approvisionnement de poadre d'un tireur; on dit aussi poire à poudre. Il 3" Fabrique de poudreàcanon, Dict.deJ'ilcod. (Cela (»«■ contraire à l'usage de l'artillerie qui dit toujours poudrerie.) |{ Magasin de poudre, Dicl. de i'Acad. (Cela est contraire à l'usage de l'artillerie, qui dit toujours magasin à poudre.)
— ETYM. Poudre. Dans l'ancienne langue, purrùre, jmudnere signifiait poussière.
t POUI)Rl^f (pou-drin), s. m. Terme de marine. Espèce de pluie que les lames forment en se brisant; on dit plus souvent embrun.
— ÊTYM. Poudre.
j POCDROVBR (pou-dro-ié). || !• F. a. n se conjugue comme employer. Remplir de poudre, de poussière. D'un cheval espagnol poudroyant tous les champs, ). b. bouss. dans le Dict. de beschk- BELLK. Il 3'' Y. n. S'élever en poussière. Le sable poudroyait. || Le soleil poudroie, les poussières paraissent dans les rayons solaires. Je ne vois rien que le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie, pebrault. Contes, Borbe-BJ«ue. || Avoir l'apparence poudreuse. Les portes des maisons sont ouvertes.... les ustensiles de ménage, vaguement entrevus à travers l'omlTe, poudroient dans la prpfondeur, taine, Rev.det Deux-UonÂes, <8«5,t. i, p. <«». || 3° Se poudroyer, t>. rifl. Être réduit en poussière. Le regard infini pourrait seul les compter [les insectes) ; Chaque parcelle encors'y poudroie en parcelle, lahart. ioc. IV, (34.
— HIST. iiv* s. Je pouldroie la plaie de la teste o [avecl ceste pouldre, lankhakc, f° 25, verso, || xvi* s. Cruelle, il suffisoit de m'avair poudroyé. Outragé, terrassé, sans m'oster l'espérance, bons. 232. Quand ton oeil vid du sommet d'une tour L'espez sablon poudroyer i. l'entour.... do bellay, iv, ^t, recto.
— ÊTYM. Poudre.
\ POUK (poû), inlerj. dont on .se sert pour exprimer le bruit d'une arme à feu qu'on décharge. Polichinelle, faisant semblant de tirer un coup de pistolet : Foue, mol. Mal imag. Interm. i, se. 6.
i. POUF (pouf). Il 1° Onomatopée exprimant le bruit que fait un corps en tombant. Alecton lui vint faire pouf, scabr. Virg. vu. || i' En termes de marbrier, une pierre, ou un marbre, ou un grès est pouf, lors'ju'il s'égrène sous l'outil. || 8* Fig. Faire pouf, déloger. Nous verrons ce qu'il en sera fde ses ennemis espérant le faire chasser de chez le prince de Conti, lorsqu'il viendra au château de Tryel; je crois que c'est le cas de faire pouf; ils ne , s'y attendent pas, j. i. rouss. Leti. à Dupeyrou, »7 sept. nav. Il Faire un pouf, faire pouf, ne pas
riyer ce qu'on a acheté, ou pris en consommation crédit chez quelque marchand. || 4" Populairement. X pouf, à crédit.
t S. POUF (pouf), ». m. Annonce emphatique, cachée sous la forme d'une anecdote ou d'une nouvelle, voy. purr. Il Faire pouf, déployer de l'ostenunon : tirer vj^itc de suo cus'ume.
POU
t 8. POUF (pouf), s. m. I 1° Autrefois, sorte de coiffure de femme. Mlle Ledoux, avez-vous des poufsî GF.NLis, Thédt d'éduc. les Dang. du monde, i, 7. Vous dire ce que ces pauvres femmes se laissaient mettre sur la tête.... ce serait impossible à cause du désordonné, de l'informe et de l'inexplicable configuration de tous ces gazillons chiffonnés qu'on appelait des poufs, decoubchamp, Souvenirs de la marquise de Créquy , t. vi, ch. < i. X la qiiesaco qui eut sa vogue pendant que Marie-Antoinette était encore Uauphine, succéda le pouf au sentiment, coiffure bien .lutrement brillante et compliquée où la multitude d'objets qui eatrait dans sa composition devait se rapporter à ce qu'on aimait le plus eeijillet de conçues, Caus. d'un cur. t. II, p. 266. Il 2° Aujourd'hui, sorte de siège ; c'est un gros tabouret cylindrique, ayant quelquefois les dimensions d'un canapé rond avec siège en dehors. Quoi de plus charmant qu'un groupe de femmes de beauté différente et contrastée, assises sur un pouf au milieu d'un salon dans des Ilots de guipures et de dentelles qui écument à leurs pieds comme la mer aux pieds de Vénus? th. gautieb. Moniteur unit). 3 juin )867.
POUFFER (pou-fé), v. n. \\ !• Pouffer de rire, éclater de rire involontairement. X l'instant le bon duc de Lauzun se mit à pouffer de rire et à s'éclipser, ST-siM. «0, 8. J'ai fait le bailli [dans le Droit du seigneur], et, ne vous déplaise, à l'aire pouffer de rire, volt. Lett. d'Argental, 8 mars 1762. || 2" Absolument. Se donner des airs. Villars, à qui le régent demanda son avis, pouffa, verbiagea, complimenta les parties, se plaignit du procès, st-sim. 426, |63. Villars se mit à pouffer à la matamore, et à tenir à son ordinaire des propos insensés, lo. 2$s, as.
— ÊTYM. Pouf; bourg, pôfai. Comparez cependant boiffeb; ail. puffen.
1. FOUILLÉ (pou-llé, ii mouillées, et non pou-yé), ». m. Dénombrement, état de tous les bénéfices d'un diocèse, d'une abbaye, etc.
— ÉTYM. Bas-lat. pulegium; de polyptychum (voy. poi.tpttque).
2. POOILLÉ, ÉÉ (pou-llé, liée, Ji mouillées), part, passé de pouiller ).
*. POUILLER (pou-llé, U mouillées, et non pouyé), V. a. Dire des pouiUes, faire des reproches. Je me licenciai à le pouiller un peu [M. de Beauvil- 1ers] de ne vouloir ni connaître les gens, ni souffrir qu'on les lui fît connaître, st-sim. 259, 226. Il Se pouiller, v. réfl. S'insulter réciproquement, lis se sont pouillés l'un l'autre.
— ÉTYM. Pouillés.
t 2. POUILLER (pou-llé, U mouillées), V. o. Chercher des poux. Un enfant pouillé par sa mère.
— HIST. XIII* s. lime venoientpooiller, Ren. )3023.
— P.TYM. Pou; anc. fr. pouil; Berry, peuiller.
t POUILLERIE (pou-lle-rie, Il mouillées), s. f. Il !• Extrême pauvreté. || 8° Dans un hôpital, endroit où l'on dépose les hal>its des malades pauvres. Il 3" Lieu très-malpropre.
— HIST. iiv* s. Et lors dist le veneur, que faulconnerie n'estoit qu'une droicte poullerie ; et, quant ilz venoient de voler, ilz mettoient leurs faulcons au soleil pour eulx espouller, et semblablement tuent les poulx emprès leurs faulcons, Modus, l' en.
— ÊTYM. Pou, anciennement pouil.
FOUILLES (pou-ir, U mouillées), ». f. pi. Reproches mêlés d'injures. Dès que la gouvernante vit cette scène, elle se mit à chanter pouillés à laHu berl, avec toute l'éloquence d'une vraie gouver nante, bahilt. Gramm. 40. Je me recommande à à lui [le Dieu de paix], afin qu'il obtienne ma grâce de vous, et que vous me pardonniez toutes les pouillés que j'ai dites à Votre Majesté, et la haine cordiale que j'ai pour votre métier de César, volt. Lett. au roi de Pr. 8 déc. 4 773. C'est un plaisir de voir les pouillés que l'abbé d'Aubignac, prédicateur du roi, prodigue à l'auteur de Cinna, m. Lett. la Harpe, déc. (76». 11 |J. J. Rousseau] vient de s'enfuir d'Angleterre, brouillé avec son hAte, ayant laissé sur la table une lettre où il chante pouillés, M"' nu DEPFANT, Lett. à H. Walpole, t. iv, p. 26i, dans pouGENS. || On le trouve aussi au singulier. L'Amour s'enivre tous les Jours, Il a chanté pouille k Minerve, dancoubt, laUétemps. i, t.
— HIST. xvi» s. C'estoit faire la figue i un aveugle et dire des pouillés à un sourd, hont. ui, tu.
— ÊTYM. "Wallon, pout«. Origine incertaine. D'après du Cange, c'est le latin ampulla-, grands mots, qui avait pris le sens d'injure. Lamonnoye, suivi par Ch, Nisard, dit que charUer pouillés, c'est appeler quelqu'un pout(Jeux; on dit en effet chercher de» poux i la tète de quelqu'un, signifiant le
POU
quereller. D'après Génin, poui'ile ou po«lt« a voulu dire écurie (voy. nu cange, polia) , et chanter pouillés, c'est chanter écurie, parler grossièrement. Poulier (voy. nn cange, polia) s'est dit d'une manière de sécher ou préparer les draps. Enfin, dans l'Anjou et la Bretagne, pouiller se dit pour revêtir : Pouille cette tunique, pour que je voie sur tes épaules si elle va bien, s. bopahts, Hist. de St-Yvei, p. 425, Saint-Brieuc , 4856. Tout cela n'explique point pouillés, mot d'autant plus difficile que l'historique n'en dépasse pas le xvi* siècle.
POUILLEUX, EUSE (pou-lleû, lleil-z', U mouillées, et non pou-yeû), adj.\\l' Qui a des poux. !; Substantivement. Un pouilleux, une pouilleuse. !| Fig. Un pouilleux, un homme de la plus misérable condition. C'est un pouilleux. {| 2° La Champagne pouilleuse, partie de la Champagne stérile et pauvre. Un petit terrain pire que le plus mauvais de la Champagne qu'on nomme si indignement pouilleuse, volt. Fragm. hist. 20. || 3" Terme de graveur sur bois. Se dit de triples tailles peu nettes, mal coupées, cassées par-ci parla et interrompues. ,'| 4° Terme de construction. Se dit du bois qui commence à se gâter et qui se couvre de petites taches rouges et noires. {| 5° Terme de pêche La mer est pouilleuse, lorsque l'on voit flotter sur l'eau des taches de graissln.
— hist. XIV* s. Se vostre oisel est pouilleux, vous le verrez au soleil ; car sur toute sa teste verrezvous les poux bougier, Uénagier, m, 2. || xv* s. Adonc entra le comte en autres paroles.... et leur remontra en parlant la manière et la nature des Espaignols, et comment ils sont ords et pouilleux, FRoiss. II, ni, 48. Il XVI* s. La femme qui.... ne cessoit d'appeler son mari pouilleux, mont, m, 4 53.
— ÊTYM. Berry, poueillou, pouilloux; bourg. pouillou; prov. pesolhos, peoillos; espagn. pinjoso; port, piolhoso ; ital. pidocchioso ; du lat. pedieulosus, de pediculus, pou.
fPOUILLIER (pou-llé, W mouillées) , t. m. Mauvaise auberge (terme vieilli). Il nous fut impossible hier d'arriver à Sablé : nous demeurâmes dans un pouillier à deux pas de celui où je fus si bien il y a cinq ans, sév. 23 oct. iflso.
— ÉTYM. Pou, par l'anc. franc, pouti. Tallemant des Réaux, t. vi, p. 354, a aussi ce mot.
iPOUILLOT (pou-llo, U mouillées), ». m. Nom vulgaire de la sylvie fitis (insectivores) de \fieillot, qui est la sylvie trochile de Gmelin. || Pouillot collybie, pouillot véloce, nom donné à la petite fauvette rousse de Buffon. || Grand pouillot, nom donné par Cuvier à la sylvie polyglotte de Vieillot, la Sylvie kippolaïs de Temminok.
— ETYM. Buffon , Ois. t. X , p. 34 , pense que ce mot vient du latin pullus, désignant un oiseau trèspetit.
t PODILLOTEMENT (pou-Uo-te-man, Il mouillées), s. m. Terme populaire. Maladie causée par le développement des poux, surtout chez les bestiaux.
— ÉTYM. Pou, par l'anc. franc, pouil.
t POUILLY (pou-lli. Il mouillées), s. f. Vin blanc renommé qui se récolte dans les environs de Pouilly-sur-Loire (Nièvre).
fPOULAILLE (pou-lâ-ll', U mouillées), s. ^.Totalité des poules, de la volaille, des oiseaux réunis dans la basse-cour. Le rustre en paix chez soi Vous fait argent de tout, convertit en monnaie Ses chapons, sa poulaille ; il en a même au croc, la font. Fabl. II, 3.
— HIST. xiu* ^ Quiconques est polaillier à Pa- .ris, qui vent polaille et voletille sans autre regra-
tcrie.... Liv. des met. 478. || xv s. Et leur (aux Gantois] apportoit on des villages environ toutes sortes de douceurs, fruits, beurre, poulailles et autres choses, FBOISS. II, II, 461.
— ÉTYM. Genev. polaille; de pou2«, et la finale atile.
POULAILLER (pou-lâ-Ilé, Il mouillées, et non pou-lâ-yé ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel , 1'* se lie des poii-lâ-llé-z actifs), s. m. || 1* Lieu où juchent les poules. Tel homme qui ne sait pas gouverner un poulailler, qui même n'en a point, prend la plume et donne des lois à un royaume, volt. IHai XXIX, 42. Un poulailler trop spacieux préjudicie .sensiblement à la ponte, pahmeniier, Instit. Hém. scienc. 4806, 2* sém. p. 34. L« poulailler doit être tenu dans une propreié scrupuleuse, ge.nlis, Maison rust. t. I, p. 3U, dans pougens. Hï" Petite voiture de marchand d'œufs et, par extension, mauvaise et vieille voiture. || 3° Fig. et familièrement. Bicoque, place mal fortilice, maison chétive. J'ai trente dra;;ons autour diiii poulailler qu'on nomme le cb&tcau de Tourney, que j'avais prêté i H. le duc d«
POU
•triar». Toi-T. Letl. Richelieu, 9 janv. 1767. m» La partie du théâtre élevée et la plus incommode, les spectateurs y étant juchés par gradins comme sur un perchoir; c'est le milieu du dernier étage. Il S* Celui qui vend de la volaille.
— HIST. xiii* s. Nus ne puet estre poulaillier à Paris, se il n'achate le mestier du roy, Liv. des met. 178. Il XVI* s. Le poulailler qui gardoit les poulets, par les signée desquelz on devine les choses à advenir, amyot, Gracques, 24. Le fient du colombier, du poulallier et de la bergerie, o. de serbes, 98.
— ÊTYM. Poulaille; wallon, poli.
t. POULAIN (pou-lin), s. m. || 1° Nom du cheval avant l'âge adulte. Strabon remarque que le satrape d'Arménie envoyait tous les ans régulièrement au roi de Perse vingt mille poulains ; on peut juger du reste à proportion, rollin, Hist. anci Œuv. t. ii, p. 389, dans pouGENs. Dès le temps du premier âge, on a soin de séparer les poulains de leur mère ; on les laisse teter pendant cinq, six ou tout au plus sept mois ; car l'expérience a fait voir que ceux qu'on laisse teter dix ou onze mois ne valent pas ceux qu'on sèvre plus tôt, buff. Quadr. 1. 1, p. 20. Il S° Kspèce de traîneau sans roue, sur lequel on porte de gros fardeaux. || Sorte d'échelle garnie d'un échelon de fer à chaque extrémité et servant, dans un magasin, à transporter les barriques et les tonneaux. || 3" Terme de marine. Étai placé en arcboutant, sous l'étambot d'un bâtiment en construction, pour empêcher qu'il ne glisse sur le chantier. Il 4° Genre de poissons de l'ordre des acanthoptérygiens et de la famille des scombéroïdes.
— HIST. xm' s. Ou'aprent poulain en denteOre [en faisant ses dents], Tenir le veulttani com il dure, LEBonx DE LiNCT, Ptov. t. I, p. 194. Qui done viande .aus jumSnz et aus poleins des corbiaus? Psautier, f" 177. Il xvi' s Par le poulain on descend le vin en cave ; par le jamlion, en l'estomach, bab. Gar^. i, s.
— ËTYM. Wallon, polein, du bas-lat. pullanus, dérivé du lat. pullus, petit d'un animal; provenç. pollih, polli; espagn. pollino. l'ullus est une contraction de puellus, diminutif de puer, enfant (voy. puéril).
s. POULAIN (pou-lin), s. m. Nom vulgaire et grossier du bubon d'origine syphilitique.
— HIST. xvi* s. Il chasse ledit virus aux aines, et fait apostemes appellées bubons, vulgairement poulains, PARÉ, ivi, 2.
— ËTY.M. On a dit que le poulain avait été ainsi nommé, parce qu'il faisait marcher les jambes écartées, démarche comparée à celle du poulain, jeune cheval ; cela est probable.
t 3. POULAIN (pou-lin), s. m. Se disait, dans le treizième siècle, des paysans des côtes de Syrie, population formée de Syriens, d'Arméniens et d'Européens, dont les races s'étaient croisées.
— ÉTYM. Arabe, fuldn, un tel.
POULAINE (pou-lè-n'), s. f. \\l° Autrefois, souliers à la poulaine, souliers de mode, dont la pointe était longue d'un demi-pied pour les personnes du commun, d'un pied pour les riches et de deux pieds pour les princes. ||2* 'i'erme de marine. Nom que porte la saillie des pièces de construction qui se trouvent en avant du coltis, et qui sont montées sur et contre l'épave ainsi que sur la muraille do l'avant du navire ; l'équipage lave son linge sur la poulaine, et y trouve ses latrines. 11 suffira de faire dorer la poulaine [du vaisseau l'Entreprenant, qu'on devait montrer au roi], les armes de Sa Majesté et les fleurs de lis ; et pour toutes les autres figures la couleur de bronze que vous proposez me paraît assez convenable, seignelat, à du Seuil, <4 mars («80, dans jal. || Plancher de poulaine, plate-forme triangulaire à caillebottis, qui repose principalement sur les lisses des herpès dont les extrémités sont portées par les jambettes de la poulaine; une lisse de chaque bord, garnie d'un filet en dessous, y sert de garde-fou.
— HIST. xiv* s. Ainsi que ilz daaçoient, fu marchié par aucun de la dance sur la poulaine des sollers de l'un d'iceulx compaignons de Picardie, DU CANGE, poulainia. Les gens qui ores sent font ortaulx [orteils] de bourre qui passent demi pié les ortaulx, et sont nommées poulennes, Hodus, f. lxv.
— ETYM. Ital. polena, pulena: grec, itoyXévot. FouJonne signifie peau de Pologne (Pour une panne de poulanne, DO CANGE, poulainia) ili l'olcgno ellemême se disant Poullaine (le duc de Poullaine, lequel duc fu depuis roi deCraquo, la SAf.ADE, f» 37, dans lacubne). Le» becs des souliers étant faits de cette peau furent nommés poulaine; et enfin le bec des navires, par assimilation au bec des souliers, fut dit poulaine aussi.
POULAH (pou-Ian) s. m. Ce que celui qui donne les cartes met au jeu de plus que les autres, à l'hombre, au quadrille, au tri, etc. || Se dit aussi des derniers tours, où l'on paye double.
— F.TYM. Origine inconnue.
POULARDE (pou-lar-d'), î. f. Jeune poule qu'on a engraissée. Vous êtes un chêne et je suis un arbuste.... je parie que vous buvez du vin de Champagne, quand je bois du lait, et que vous mangez des perdrix et du turbot, quand je suis réduit à une aile de poularde, volt. Lett. Cideville, 24 mai (762. Il faut voir.... toutes les demi-bourgeoises venir en personne marchander, acheter une oie, un dindon, une vieille poule qu'on appelle poulard mercier, Tabl. de Paris, Quai de la Vallée. || Poule à laquelle on a enlevé les ovaires. Le chapon : Hélas ! ma pauvre poularde, c'est pour nous engraisser, et nous rendre la chair plus délicate, volt, Dial. <4. Il Fig. et populairement. Une poularde, une jeune femme dodue.
— ETYM. Poule. C'est un augmentatif.
POULE (pou-r),s. f. Il 1° La femelle du coq. Une
poule ne fait-elle pas des œufs sans coq? pasc. Pens. xxiv, 20 bis, édit. havet. Elle voit paraître |en songe] ce que Jésus-Christ n'a pas dédaigné de nous donner comme l'image de sa tendresse : une poule devenue mère, empressée autour des petits qu'elle conduisait, boss. Anne de Gons. Ordonné qu'il sera fait rapport à la cour Du foin que peut manger une poule en un jour, rac. Plaid, i, 7. lien faut revenir à ce proverbe populaire : la poule a-t-elle été avant l'œuf, ou l'œuf avant la poule? le proverbe est bas, mais il confond la plus haute sagesse, volt. Poèmes, Dés. de Lisb. Les bonnes fermières donnent la préférence aux poules noires, comme étant plus fécondes que les blanches, bupf. Ois. t. m, p. 97. Une bonne poule peut produire cent œufs dans une seule saison, depuis le printemps jusqu'en automne , ID. ib. t. I, p. 74. Les poules craignent le froid, la trop grande chaleur, l'humidité et les mauvaises odeurs ; elles aiment la propreté, GENLIS, Maisonrust. 1. 1, p. (66, dans pougens. Les jeunes poules se reconnaissent à la crête et aux pattes, qui sont lisses et douces au toucher, m. ib. t. I, p. 3(0. Il 11 est empêché comme une poule qui n'a qu'un poussin, comme une poule à trois poussins, c'est-à-dire il est embarrassé de peu de chose. {| Fig. Faire pondre la poule, se procurer des profits. Chantez, messieurs, faites pondre la poule; Envahissez croix, titres, biens et rangs, bérang. Dix m. fr. || Fig. Vendre la poule au renard, voy. renard. || Fig. C'est leflls de la poule blanche, c'est un homme heureux (locution vieillie). Du siècle les mignons, fils de la poule blanche,. Ils tiennent à leur gré la fortune en la manche, Régnier, Sat. m. || U poule au pot, voy. POT, n* 7. Il La poule aux œufs d'or, poule qui, suivant la fable, pondait des œufs d'or, et que l'avaricieux tua croyant y trouver un trésor. L'avarice perd tout en voulant tout gagner; Je ne veux, pour le témoigner. Que celui dont la poule, à ce que dit la fable. Pondait tous les jours un œuf d'or, LA FONT. Fabl. v, (3. || Fig. Tuer la poule pour avoir l'œuf, se priver de ressources à venir pour un moindre intérêt du moment. {| On dit dans le même sons : il en fait comme de la poule aux œufs d'or. || Plumer la poule, se dit de soldats qui vi, T.t à discrétion chez le paysan. || Kig. Plumer la poule sans la faire crier, être pillard, concussionnaire , sans qu'il s'élève des plaintes. (Le Dict. de r Académie dit : Tuer, plumer la poule ; mais c'est plumer qu'on dit; tuer ferait contresens.) Il Fig. Une poule à plumer, une dupe à faire. Le chevalier est un jeune fou, qui faute de biens s'attachait à toui ce qui se présentait, dans l'espoir de trouver quelque bonne poule à plumer, MABiv. Pays. parv. part. 7. || Fig. C'est uuo pooie mouillée, c'est une personne sans résolution et sans courage, et aussi une personne qui cnrint la moindre Incommodité (locution tirée de la triste figure que fait une poule mouillée). Là [sur les bonis do l'Acliéron], comme des poules mouillées. Les âmes, des corps dépouillées. Attendent sur le bord de l'eau L'heure fatale du bateau, scABR. Virg. vi.J'ai couché à Courance, où je me serais bien- promenée, si j« n'étais point encore une sotte poule mnuillce; c'est mouillée, au pied de la lellro, car je .sue tout le jour, sÉv. 274. Vous ririez bien de me voir une poule mouillée comme je suis, regardant à ma montre, et trouvant que qu.itre heures et demie est une heure indue [pour rester dehors], id. 16 mars («76. Je déteste les poules mouillées et les âmes faibles, VOLT. Lett. Mme du Veffant, (2 déc. non. Il Friii comme une poule mumilé*. m dit, par mo-
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querie, d'uae personne qui a les cheveux plats. Il Fig. C'est une poule laitée, voy. laitê t.||Un cœur de poule, un homme sans courage. Ah! poltron, dont j'enrage, Lâche, vrai cœur de poule! MOL. Sgan. 2i . || N'avoir pas plus de vigueur qu'uni poule, être sans .vigueur. Voilà de mes damoiseaux fluets qui n'ont pas plus de vigueur que d"« poules, MOL. Avare, i, e. || Populairement. C'est uii jocrisse qui mène les poules pisser, se dit de celui qui s'occupe des petits soins du ménage, et qui ne fait que des choses inutiles ou absurdes. || 2° Poule huppée, sorte de poules introduites en France pai Stanislas roi de Polo,sme, et dites d'abord pompadour ou pan- (lourc, et par corruption, poules de Padoue; on les nomme aussi poules polonaises. {| La poule pattue, celle dont les pattes sont garnies de plumes jusqu'aux ongles. Il La poule de soie, celle qui est couverte de plumes soyeuses. || La poule nègre, celle dont la crête, les barbillons et le périoste de tout le squelette sont noirs. || La poule veuve qui a de petites larmes blanches semées sur un fond rembruni ; la poule couleur de feu ; la poule pierrée, dont le plumage fond blanc est marqueté de noir ou de chamois, ou d'ardoise ou de doré; la poule naine de Java, de la grosseur d'un pigeon, buff. Ois. t. III, p. (65 et 16 9. Les races singulières, tellei que la poule naine, la poule frisée, la poule nègre, la poule sans croupion, viennent toutes originairement des pays étrangers, lo. ib. t. m, p. (81. Il 3" Se dit familièrement et par amitié, en parlant à une femme, une fille. Oh çà, nous sommes parfaitement seuls ; ne me cachez rien, mapetite poule, DESTOUCH. Fausse Agnès, ni, 4. ||4° Faire le cul de poule, faire une espèce de moue, en avançant et pressant les lèvres. i| B" Lait de poule, voy. lait, n" ((. ||6° Peau de poule, peau qui n'est pas lisse, ayant de petites élevurcs semblables à celles de la peau d'une poule plumée. || On dit dans le même sens et plus souvent : chair de poule. || Cela fait venir la chair de poule, la peau de poule, cela fait frissonner. |1 7°Cuir de poule. Ce sont les peaussiers qui lèvent de des.sus les peaux de mouton cette espèce de cuir léger, ou plutôt cette pellicule que l'on nomme cuir de poule ou canepin, dont les marchands gantiers font des ganis, et les marchands éventaiUistes des éventails, Dict. des arts et met. Peaussier. jl 8' Se dit des femelles de plusieurs espèces d'oiseaux. Poule faisane ou faisande. Poule perdrix. Poule pintade. || Poule d'Inde, voy. dinde. 1| 9» Se dit de différentes espèces d'oiseaux. || Poule de Barbarie, d'Afrique ou de Numidie, la pintade. Il Poule de bois, des coudriers ou poule sauvage, la gelinotte. || Poule de bruyère ou de Limoges, le tétras. Il Poule d'eau, ftilica chloropus, Linné, échassiers. || Poule de neige, le lagopède. || Poule sultane, voy. SULTANE. Il 10° Terme de jeu. La mise de chacun des joueurs, qui appartient k celui qui gagne le coup. Si Dangeau ei-t de ce jeu. il gagnera toutes les poules, c'est un aigle, siïv. 437. On quitte le jeu à l'heure que je vous ai dit; on n'a du tout point de peine à faire les comptes; il n'y a point de jetons ni de marques, les poules sont au inoin» de cinq, six ou sept cents louis, les grosses de mille, de douze cents, id. 299. || Au billard, au trictrac et à quelques autres jeux, faire une poule, faire une partie où tous les joueurs mettent une somme, formant une mise totale quj appartient au joueur qui a gagné successivement tous les autre.s. X propos de billard, quand tout votre monde sera venu, il faudra jouer à la poule, picard, les Deux Philibert, 11, 4. Il Sur lo turf, la masse des mises des parieur». Poule au programme, poule au tableau, poule aux engagements. || Poule d'essai, la premiire épreuve subie par les poulains et les pouliches de trois ans; cette course a lieu au mois d'avril, et donne l'occasinn de tenter une première classification; la distance est de (liOO mètres, || Poule dus prodoils, épreuve pour poulains et pouliches de trois ans, eiig.igés avant leur naissance; la distance est de (90(1 mètres. || 11" Poule au jeu du renard, chacune des pièces du jeu qui servent i enfermer le renard. Il 12» Terme de danse. La troisième des figures du quailrille ordinaire, dite aussi main droite. Kn voirj ta composition : ("le cavalier et l.idame eu face traversent et retraversent (H mesures]; 2»pn avantdeux, donnez la main aux vh-^-vis et balancez [8 mes.] 3' en avant quatre et en arrière [8 mes.] ; 4* chair • anglaise [ 8 mes.] ; toUl 32 mesures. L'air de la poule est toujours à o/8, dlin caractère très-do x, et se joue (iiiatre fois. || 13" Poule grasse, la mâche cultivée. Il PoulH de mer, lo zée forgeron, || 14' Acior l>oule, acier de céincmaiion, lequel est caniclérité par des ampoules uuuibieuMt ou < uflluioi.
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llProvenes. Un bon renard ne mange Jamais Tes poules de son voisin, c'est-à-dire quand on veul iaire quelque chose de mal, il ne faut pas être en pays (fs connaissdnce. || Ce n'est pas à la poule à chanter devant le coq, voy. coq. || X la poule, serre- 'ui le poing, et elle te serrera le cul, si tu ne lui donnes p;is à mangpr, elle ne te pondra pas d'oeufs.
— HIST. xiii* s. C'est chose qui moult mè desplait, Quand poule parle et coq se taist, clopinel, dans LACURNE. Il XV* S. Ces capitaines rançonnoient tout le pays, excepté la terre au comte de Foix ; mais en celle ils n'osassent pas prendre une poule sans payer, froiss. il, m, «. || xvi's. Mais je y receiiz si grand coup de faucon. Qu'il me fallut soudain faire la poulie, Et m'en fuyr, de peur, hors de lafouUe, MARûT, u, 3». Quand nous sommes par pais, si c'est à la guerre, nous plumons la poule sans crier, d'aub. Ftvn. m, I. Ouelf|uesgentils-hommes, incertains de parti, mais desirans de defTendre leurt poules, allèrent voir Drou, iD. Hist. n, 425. De poulies et de lauvreté on est bientost engé, cotgravb. Le regnard est pris, lasche les poules, m. Le regnard presche aux poules, m. Qui suit les poules apprend à grater, iD. L'aigle [Charles-Ouint] qui a fait la poule devant le coq [François I"] à Landrecy, Tare d'un ouvrage de Claude Chappuis, Paris, 4B43.
— ÉTYM. Wallon, pote ; provenç. pola; e.sp. poUa; bas-lat. pulla, dérivé du lai. puUus, petit d'animal
(voy. POULAIN <).
t POtILER (pou-léi , V. n. Sur le turf, jouei la poule, t POULÈRE (pou-lè r'), s. f. Liqueur spiritueuse ou'on fait, au Mexique, avec la fève de l'agave.
PODLET (pou-lè; le ( ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : des poulè-z engraissés; poulets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. || 1° Le petit d'une poule. La, déjeunons, dit-il; vos poulets sont-ils tendres? LA FONT. Fabl. IV, 4. U m'est, disait-elle, facile D'élever des poulets autour de ma maison ; Le renard sera bien habile, S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon, id. ib. vu, to. Jamais, contre un renard chicanant un poulet. Un renard de son sac n'alla charger Rolel, boil. Sot. viii. Ce que l'on aperçoit d'abord dans le germe du poulet, est un point saillant, dont le mouvement perpétuel fixe agréablement l'attention de l'observateur, bonnet, Contem^ plat. nat. Œuv. t. viii, p. 52, dans pougens. || Poulet de grain, petit poulet nourri avec du grain, sans être enfermé pour être engraissé. 11 n'a point voulu mahgcr? — Pardonnez-moi, madame ; mais fort peu de chose, un poulet de grain seulement, un dindon et un lapereau, dancoiirt, le fonds perdu, u, 5. || Poulets sacrés, voy. sacré. || Fig. Manger le poulet, s'entendre avec un entrepreneur pour partager un bénéfice illicite. || Four à poulets, voy. four, n" 3. || i- Poulet d'Inde, dindonneau. Engraisser des poulets d'Inde avec du gland. Il Gardeur; gardeuse de poulets d'Inde, ou, simplement, de poulets, s'est dit, par dérision, des gentilshommes campagnards et des dames de campagne. Il Poulet de bois, la huppe. || Poulet de mer, nom donné, dans la Loire-Inférieure, à l'espèce de crabe que l'on mange, ainsi dit à cause de sa bonté. Il 8* Fig. Terme de caressé qu'on emploie en parlant à un enfant, à un jeune homme, à une jeune femme. Hé bien, mon poulet, me dit-il, lorsque nous fûmes hors de tahle, es-tu content de mon ordinaire? le- SAGB, GU Bl. x, 40. lii" Fig. Billet de galanterie, missive d'amour. S'elle baille en cachette, ou reçoit un poulet, RÉGNIER, Élég. u. Mademoiselle, j'aurais à cette heure de quoi vous écrire un beau poulet, et je pourrais dire, sans mentir, que je passe les jours sans lumière, et les nuits sans fermer l'œil, voit. Lelt. 38. Enfin le président le Coigneux, qui s'impatienta de toutes ces niaiseries, prit le billet, qui avait effectivement plus l'air d'un poulet que d'une lettre de négociation ; il l'ouvrit, rktz, Mém. t. i, liv. II, p. 327, dans pougkns. Et m'a droit dans ma chambre une boite jetée Qui renferme une lettre en poulet cachetée, mol. Éc. des mar. u, 6 Le déplaisir que j'ai eu d'avoir été trouvée dans le nombre de celles qui lui ont écrit |à Fouquet] ; il est vrai que ce n'était ni la galanterie, ni l'intérêt.... mais cela n'empêche pas que je n'aie été fort touchée devoir qu'il les avait mises |raes leltres| dans la ca.ssette de ses poulets, sBv. d Ménage. » oct. («ei. 11 I Fouquet de Varenne] fil en peu de temps une fortune si considérable, que la duchesse de Bar lui dit : lu as plus -gagné i porter les poulets de mon frère [Henri IV) , qu'à piquer les miens, nocLos, Œut>. t. X, p. l«i. Il II se dit quelquefois, par plaisanterie, de toute autre missive. N'ai-je pas bien fait d« vous «nvoyer le poulet apostolique du saint-
pere a wme Chaulnes? s8v. i» déeemb. les». Il S" Papier doré propre à écrire des poulets.
— REM. Il y a plusieurs explications de poulet au sens de billet doux. D'après quelques-uns, porter un poulet est une locution qui vient de ce que ceux qui se chargeaient de remettre un billet d'amour, portant des poulets sous prétexte de les vendre, mettaient le billet sous l'aile du plus gros, ce qui était un avertissement à la dame avec qui on était d'intelligence. D'après Génin, Récréât, t. n, p. 135, le Vocabulaire napolitain, 1789, interprète portapollaslri par rufien, disant que, parmi les paysans, un amant est heureux, s'il peut attendrir le cœur de sa belle par le don de quelque paire de poulets ou de pigeons; et que de là, porter poulets, porter pigeons est devenu une expression injurieuse pour désigner ceux qui servent d'entremetteurs. Génin adopte cette explication. Lamonnoye reconnatt bien que l'italien pollastriere est expliqué dans Oudin par entremetteur, et poriar pqlli par faire le métier d'entremetteur; mais comme les Italiens n'emploient pas pojio dans le sens de lettre amoureuse, il ne pense pas que :iotre ir\ot poulet vienne de ces locutions italiennes, et il adopte l'explication de Furetière, qui dit qu'on a ainsi nommé ces billets parce que, en les pliant, on y faisait deux pointes qui représentaient les ailes d'un poulet; on remarquera que sans doute Molière adoptait cette dernière explication, puisqu'il a dit cachetée en poulet; elle a le plus de vraisemblance.
— HIST. XIII* s. Au vert jus de nouvele grape Lui donna Blonde un froit poulet, Bl. et Jeh. 1342 Il XVI* s. Veau mal cuit et poulets crus Font les cimetières bossus, H. EST. Précell. p. I73. De ce mesme papier où il vient d'escrire l'arrest de condamnation contre un adultère, le juge en desrobe un lopin pour en faire un poulet à la femme de son compagnon, mont, iv, 128. [Henri IV disait en 1597 quel Mlle de Guise aimoit bien autant les poulets en papier qu'en fricassée, sully, Mém. a" partie, p. H 4, dans GÉNIN, nécréat. t. u, p. i3b. Un porte poulet [un entremetteur], sully, dans génin, ib. p. «36.
— ÉTYM. Diminutif de poule ; wallon, polet ; bourguig. poulô; genev. poulet, un robinet; provenç. polet, pollet, pollat ; «spagn. poUito.
POULETTE (pou-lè-t'), s. f. \\ 1* Jeune poule. Il 2° Fig. et familièrement. Jeune fille, jeune femme. Enfin, monsieur, vous avez un garçon; gardez-le bien, car vous n'en faites pas quand vous voulez.... mais que disent toutes les petites poulettes [filles de M. Guitaut] d'avoir ce petit coq à leur tête? sÉv. d Guitaut, 26 mai «681. Cette Mouchy fut une étrange poulette, comme on le verra en son temps, st-sim. 337, )73. Jusqu'au revoir, Frontin. — Adieu , belle poulette, destouch. Irrésolu, II, 8. Pour ma part moi j'en réponds. Oui, poulettes. Oui, coquettes.... bérang. Éloge des chapons. Il 3* X la sauce poulette, ou, simplement, à la poulette, avec une sauce oii il y a du beurre, un j,aune d'œuf , riusel, du poivre etunfiletdu vinaigre. Manger des pieds de mouton à la poulette. || 4° La poulette au bon Dieu, nom, en Normandie, du roitelet. Il 5° Petite coquille bivalve. || Térébratule fossile. || 6° Minerai de fer en grains de 111e d'Elbe. Il 7° Nom d'une espèce de papier. Pour chaque rame de papier nommé petit nom de Jésus , romaine, pigeonne ou poulette, cartier au pot 'u Cartier ordinaire, espagnol, lis, àla cloche, et autres.... Tarif annexé à la décl. du )" mars I77i, art. xi.
— HIST. xui* s. Il vos covendroit jelinetes. Chapons, oisons, tendres poletes, Ren. (6538.
— ÉTYM. Poulet; wallon, pot/ett.
t POULEUR (pou-leur) , ». m. Celui qui joue la poule, sur le turf.
POULEVRIN (pou-levrin), t. m. \\ !• Poudre fine dont on se servait autrefois pour amorcer le canon. Les poudres que l'on juge faibles, à raison de la qualité et des proportions des ingrédients, ne le sont bien souvent que parce qu'une partie a été réduite en poulevrin, gutton , Instit. Mém. scienc. 4807, 2* sem. p. 123. Il a* L» poire qui contient cette poudre.
— ETYM. Poulevrin eu pulverin (voy. ce mot).
] POULIAGE (pou-li-»-j'), ». m. Terme de marine. L'ensemble de toutes les poulies d'un navire.
t PODLIAT (pou-li-a) , ». m. Nom qu'on donne sur la côte du Malabar aux parias, raynal, Uist. pliiî. 1, 8.
POULICHE (pou-li-ch*), ». f. Jument qui n'est pas encore adulte. || Autrefois on disait poulaine où pouline.
— ETYM. Autre forme de pouline; genev. poulaine, pouline (voy. poolaim).
POULIE (pou-«e), ». f. Il 1* Rouet ie bois dur ou de métal, creusé d'une gorge à sa circonférence pour recevoir une corde, et tournant sur un axt qui est supporté par une embrasse appelée chape ; les deux extrémités de la corde reçoivent l'une la résistance, l'autre la force motrice. Poulie fixe, celle dont la chape ne monte ni ne descend. Poulie mobile, celle dont la chape est soutenue par la poulie ellemême et monte ou descend avec elle. Il ne faut pas le bruit d'un canon pour empêcher ses pensées [d'un homme], il ne faut que le bruit d'une girouette ou d'une poulie, pasc. Pens. m, 9, éd. havBT. Il En marine, poulie désigne l'ensemble de la poulie et de sa chape, et alors la poulie proprement dite est distinguée par le nom de rouet. || 2* Se dit, en anatomie, de dispositions analogues à celles d'une poulie avec sa corde. La poulie du muscle grand oblique de l'œil.
— HIST. XIII* s. Por voir [vrai] li a-il fet entendre, Que les seilles [seaux] qui là estoient Qui à la poulie pendoient.... Ren. 6798. ||xiv* s. Roelle o quoi l'en trait eaiie de puis, c'est poulie, h. de monueville, f» 21. Item pour une poulie de cuivre qui sert pour une lampe d'argent en la dite volte, deilabohde, Émaux, p. 2114. L'os de l'ajutoire [humérus] vers le coude a deux eminences.... et sont toutes deux si comme la moitié d'une poulie, lanfranc, t° 29 verso. Il XVI* s. Archimedes, en tirant tout bellement avec la main le bout d'un engin à plusieurs roues et plusieurs poulies, la [une nef] feit approcher de soy, amyot, Marcell. 22. Des cordes, chaînes et polies, o. de sf.rres, 774. Pour six poullies doubles, pour servir à la grande vergue du grand mast de la dicte galleace, Ms. de IB4), dans jal.
— ÉTYM. Genev. polie; bas-lat. polea, polegxa; espagn. polea; port, poli; ital. puleggia ; angl. pulley ; du germanique : anglo-sax. puÛian, tirer; angl. to pull, guinder. >
t 2. POULIE (pou-lie), s. f. S'est dit d'une sorte de ficelle. Poulies de fil de carret d'Hollande payera lO-sols, Arrêt du cous. d'État, 2t juin 4 642.
t POCLIER (pou-li-é), t). a. ||1° Élever un fardeau avec une poulie. || 2° Ki;,'. Aider à l'élévation de quelqu'un. Sa chute [de Mme de Soubise] de biens et le médiocre état où elle se trouvait réduite en Bretagne ne permettaient pas à la nouvelle princesse de songer à la poulier au rang que ses beaux yeux avaient con |uis, st-sim. i66, 24 8. Ses amis [d'Huxelles] le poulièrent à Marly, ID. 259, 224.
— ÉTYM. toulie f.
f 2. POULlER (pou-li-é) , V. a. Ancien terme technique. Étendre une étoffe pour la faire sécher. Sur l'avis qui nous avait été donné par lesdits jurés, qu'elles [les serges] avaient été pouUées, aramées [tendues sur la rame, sur un chassisj, élargies et alongées, Jug. du maire, etc. de Saint- Maixent, du 17 sept. 4670.
— ÉTYM. Ane. franc, poujt'er, même sens ; poulie, lieu où l'on étend les étoffes.
f 3. POOLIER (pou-liè), s. m. Amas de galet roulé par la mer, le long des côtes crayeuses de la Manche.
t POULIÈRE (pou-liè-r', Il mouillées), s. f. Endroit ménagé dans un poulailler pour laisser passer les poules quand elles veulent sortir et quand elles veulent rentrer.
— ÉTYM. Poule.
t POULIERIE (pou-li-rie) , s. f. Lieu, dans un arsenal, où l'on fabrique les poulies pour les vaisseaux.
— ÉTYM. Poulie t.
t POUfclEUR (pou-li-eur) , s. m. Ouvrier qui fabrique des poulies; marchand qui en vend.
POULIN (pou-lin), ». m., POULINE (pou-li-n'), s. f. Voy. POULAIN et pouliche. Sans cette précaution, les jeunes poulins se fatigueraient autour des poulines , et s'énerveraient sans aucun fruit, buff. Quadrup. t. i, p 24.
t POULINEMENT (pou-li-ne-man), s. m. Action de pouliner.
— HIST. xvi* s. X son ordinaire remettra -on la jument, pour d'icelui estre nourrie jusqu'à son poulinement, o. de serres, 305.
POULINER (pou-li-né), r. n. En parlant d'une cavale, mettre bas. || U se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xvi* s. Une jument qui poulina un poulain qui avoit une teste d'homme bien formée, et le reste d'un cheval, pare, xix, 3. Loraque les juments poulinent,... o. de serres, 29».
— ÉTYM. Paulin.
POULINIÈRE (pou-li-niè-r"), adj. ,. Jument poulinière, jument destinée & la reprodjction. Montant Buperbemenv sa jument poulinière, Qu'il honorai'
POU
da nom de sa bonne jument, mol. Fdch. ii, 7. || Substantivement. Une poulinière.
— ÉTYM. Pouliner.
1 . POCLIOT (pou-!i-o ; le < ne se prononce pas et ne se lie pas), s. m. Plante aromatique du genre des menthes, meruha pulpgium, L.
— HIST. XVI' s. J'ay senty par les champs la fleur de l'aubespine. Le thym, le pouJiot.... b. bellead, Bergeri'^. t, i, p. ta, dans lacirne. Puleium, pouliot, »i- Ruellium de Stirpibits.
— ÉTYM. Pic. pouliti; liégeois, poli; provenç. pnlegi; esp. poleo; port, poejo; ital. poleggio ; du lat. piilegium, qui vient de pùlex, puce, et veut dire l'herbe auT puces (chassant les puces); ail. Flôhkraut. Pnuliot paraît un-diminutif de polei, formé de pulegium.
t 2. POCLIOT (pou-li-o), s. m. Terme de marine. Rouet ou réa enchâssé en un bloc de bois, dans le plat-bord d'un navire.
— f.TYM. Diminutif de poulie.
\ POCLOT, OTTE (pou-lo, lo-t"), s. m. et f. Terme de caresse dont on se sert familièrement en parlant à un enfant. || Se dit ironiquement d'un grand jeune homme.
— ÉTYM. Autre forme de poulet.
t. PODLPE (poulp'), s. f. On dit présentement pulpe (voy. ce mot).
2. POULPE (poul-p'), s. m. Animal marin (mollusques). Il Poulpe géant, voy. encornet.
— HIST. XVI* s. Le caméléon prend la couleur du lieu où il est assis; mais le poulpe se donne luy mesme la couleur qui luy plaist, mont, ii, (80.
— ÉTYM. Lat. polypus (voy. polype).
t POCLI'ETON (poulpe-ton) ou POUPETON (poupe-ton), s. m. Sorte de ragoût composé de viande hachée recouverte de tranches de veau, Dict. de VAcad. I7I8.
POULS (poû ; \'s ne se lie pas : un poû accéléré), ». m. 111° Battement des artères, dii à l'ondée du sang qui est projetée par chaque contraction du' ventricule gauche du cœur. Pouls dur, pouls souple. Pouls vite, pouls lent. Pouls fréquent. Pouls petit. Chez un adulte le pouls bat 72 fois par minute. Ou bien tâtant le pouls, le ventre et la poitrine, régnier, Sat. IV. Cette connaissance délicate du pouls, qui fait tant d'honneur à ceux qui la possèdent, mai-
RAN, Éloges, Lémery Lorsque mon pouls, inégal
et pressé, Faisait peur à Tronchin près de mon lit placé, VOLT. Ép. 102. On sait que le pouls des enfants est bien plus fréqiiont que celui des adultes, BUFF. Hist. nat. hom. Œuv. t. iv, p. 2(0. || On dit le pouls plein, quand l'arti-re, quel qu'en soit le diamètre, paraît bien remplie sous le doigt qui la touche. Il Pendant que le pouls bat encore, pendant que nous vivons. H faut à la fin tâcher de se réveiller ; après un si long silence, il faut se faire entendre, pendant que le pouls nous bat encore, i-oussiN, Lett. 7 mars (665. Il Fig. et familièrement. Le pouls lui bat, il a peur. Il Sans pouls, en syncope. Le vieillard, accablé de i'horrihle Artamène, Tombe au pied du prélat, sans pouls et sans haleine, boil. Lutr. || Demeurer sans pouls, demeurer tout interdit. Pinucio resta sans pouls, sans voix, la font. Herc. Je ne sentis point mon sang se glacer, je ne demeurai pas un instant sans voix, sans pouls et sans haleine, p. l. cour. Leil. à M. Renouard, »ur une tache d'encre. || Fig. Tâter le pouls à quelqu'un, le sonder sur une affaire. J'étais un de ces trois examinateurs.... le charlatan me fit lâler le pouls, et me fil offrir de l'argent pour me gagner, gui patin, ielt. t. v, p. 6i dans pougens. Je lui saurai ce soir tftter le pouls de près, th. cohn. D. Bertr. de Cig. li, 1. 1| Fig. Se tâter le pouls, consulter ses forces avant d'entreprendre quelque chose d'imiiortant. Je sonde ma portée et me tâte le pouls, BÉGNIRR, Sat. I. Il 2* Pouls veineux, mouvement des veines que l'on a comparé à la diastole et à la systole des artères; mouvement purement accidentel et local, résultant d'un reflux du sang de l'oreillette droite du cœur dans la veine cave supérieure, dans les jugulaires et dans les grosses veines qui s'y rendent. Il 3" Fig. Ce qui indique l'état d'un corps comparé à un corps vivant. J'insi.ste sur le prix des monnaies, c'est le pouls d'un État,*OLT. Mœurs, *(
— HIST. xiii* s. Et li pous li bâtera plus tost qu'il ne sieul [n'a coutume], alf.bdant, f" fO. p;i jut une grant pieche p.i-.més, que on n'i senti poux ne aleinr, Chr de Hains, p. 4(. Le braz prant et taste le poui, Btn. (»ii28. ||xv* s. Il no faut jà vostre pousse ta.ster, CH. d'orl. Bail. 83. || xvi* ». Aubigné conn ;i.ssant le poux inesgal de c*ux qui le conseilloient, et se doutant que le lendemain on changsrnit d'avis.. . d'aUH. Ilist. n, **it. Cependant le duc de Maienne tastoit le poux aux villes de Picardie,
ID. ib. m, 223. Le pouls se change par le courroux, et alors est haut, grand, véhément, viste et fréquent; et par la |oie est grand, rare et tardif.... par la tristesse est petit, languissant, tardif et rare; aussi de la peur récente est véhément, yiste, élancé, desordonné et inégal, paré, Introd. (8.
— ÉTVM. Provenc. pois; espagn. puisa; ital. potso ; du lat. puiîu.», de pellere, pousser.
t POCLSARD(poul-sar), s. m. Poulsard noir, cépage dont on obtient de bons vins dans le Jura.
POUMON (pOu-mon), i. m. \\ 1° Organe renfermé dans la poitrine , st par lequel s'effectue la respiration. Les lobes du poumon. Maladies du poumon. Le sentiment général est qiie Ui mouvement de la poitrine ne dépend pas dt celui du poumon, et que celui-ci au contraire n'est qu'une suite ou un effet du premier, mairan. Éloges , Brémnnd. \\ Perdre, user son poumon, se fatiguer la poitrine à parler, à crier. Ne perdons pas notre temps et notre poumon [en compliments], sÉv. 8 avril (67). J'ai usé mes poumons en m'eftorçant de donner du sens à des buses, et de l'honneur à des coquins, Mirabeau, Lett. orig. t. ii, p. 24i, dans pougens. || Il a de bons poumons, d'excellents poumons, il a une voix forte. Il La force des poumons, la force de la voix. Cet homme l'a emporté dans la discussion par la force de ses poumons. || 2" Poumon marin, poumon de mer, espèce de mollusque.
— HIST. XI' s. [Il] Tranche le cuer, le feie et le pulmun , Ch. de Roi. xcvi. || xu' s. Uns del ost as Syriens traïst un dart, e par aventure ferid le rei de Israël al polmun, e navrad le à mort, Rois, p. 338. Il xiii* s. Tost l'ont afaitié à son droit. As lévriers a donné lor droit, Et le pomon et la coraille, Hen. 2'!533. Il IV* s. Car il tenoit entre ses mains Du foye, du polmon et des trippes, villon, ('* rep. Il XVI* s. Le poulmon est instrument de la voix et respiration par le moyen et bénéfice de la trachée artère, paré, ii, 9.
— ÉTYM. Genev. polmon ; provenç. polmo, pulmo; espagn. pulmon; ital. polmone, du lat. pulmonem; grec, Ti),eu(jLti)v ou îiveujxwv, de :rvcîlv, respirer.
t POUMONIQUE (pou-mo-ni-k'), adj. Voyez phl-