SYN. PRÉTENDRE LA PREMIÈRE PLACE, PRÉTENDRE
1 L* PREMIÈRE PLACE. Prétendre la première place, l'exiger comme un droit, comme quelque chose qui nous appartient. Prétendre à la première place, y aspirer, travailler à l'obtenir.
— HIST. XV' s. Le roi la pretendoit sienne fia ville], COMM. V, H. Il xvi* s. Les matières ici traiclées ne sont tant folastres comme le tiltre au dessus pretendoyt, bab. Garg. i, Prol. On conçoit meilleure espérance de la fin où l'on prétend, quand on void que les principes sont bons, langue, 39». La ville qu'il pretendoit d'assiéger, ID. 632. Ils prétendent tirer ce fruicl de leur desseing.... mont, i, 2«3. Nul esprit généreux ne s'arreste de soy ; il prétend tousjours, el va oultre ses forces, iD. iv, 236. Hz s'en retournèrent tout court à grande diligence, ayans failly à prendre ce qu'ilz pretendoienl, et à garder ce qu'ilz tenoient, ahyot, Timol. n. Il aspiroit et pretendoit à ne sç&y quelle seigneurie et principaulté, m. Timol. et P. Mm. comp. i.
— ÊTYM. Ut. prœtenJere, de pra-, avant, et tendere, tendre.
PRÉTENDU, n; fpré-tan-du, due), port, passé de prétendre. || 1" A quoi on s'attribue un droit. Ma voix de chacun d'eux justement prétendue.... ro- TROii, Bélis. 11, 7. [U] Se vit exclu d'un rang vainement prétendu, bac. Brit. ni, 3. || 2° Supposé, faux. Voici une histoire très-tragique de Livry : vous vous souvenez bien de ce prétendu très-dévot, qui n'osait tourner la tête ; j« disais qu'il semblait qu'il y portât un verre d'eau, c'était un fou, SÉV. 30 mai 1672. C'est de là [la révolution anglaise] que nous est né ce prHendu règne de Jésus-Christ, inconnu jusiju'alors au christianisme, Boss. Heine d'Anglel. Kl Minos, à qui rien n'impose, Au mépris de l'apothéose, l'unit plus d'un dieu prétendu, la- MOTTK, Odes, t. I, p. 314, dans pougens. Ne vienton pas d'imprimeries lettres prétendues de la reine Christine, de Ninon l'Enclos.... volt. Lett. Thiriot, (sans date) (768. Un prétendu César, un fils de Cépins, m. Triumv. m, l.||8«La religion prétendue réformée, nom qu'on donnait souvent en France au protestantisme. Ils demandent en 161 1 de n'Être point contraints dans les actes tant publics que particuliers, par écrit ou de parole, à se qualifier de la religion prétendue reformée, boiian, lf(!moireî, t. Ii, p. C5, dans lacurne. || Substantivement et par dénigrement. La prétendue, le protestantisme. Moyse ministre de la prétendue, garasse, Itech. des recherches, p. 303, dans LACURNE. Il 4' Un gendre prétendu, celui qui va devenir gendre de quelqu'un. Et demain le gendre prétendu me doit être amené par
son père, mol. Mal. imag. i, 6 que tout le respect
ici vous soit rendu Que doit à son beau-père un gendre prétendu, reonabd, Ménechm. m, 2. || Substantivement. Un prétendu, une prétendue, celui, celle qui doit se marier. Un jeune paysan venait chercher sa prétendue à la ferme de son futur beaupère, chatealbr. Génie,!, i, to.\\ Au masc. En un sens plus général, celui qui recherche une femme en niiiriaue. Cette fille a deux prétendus.
1 PRÉTENDUMENT (pré-tan-du-man), adv. Faussement, à tort. Proposition prétendument démontrée, Ess. sur la ruU. de l'dme hum. Londres, 1769, p. 143.
— RTYM. Prétendu, et le suffixe ment.
PREtE-NOM (prê-te-non), ». m. || l" Celui qui,
laos entrer dani le fond d'une affaire, en parait U
principal acteur, el signe un acte où le véritable contractant ne veut pas paraître. Les fermes générales du roi s'adjugeaient à des prête-noms, et chaque bail était distingué par le nom d'un contractant imaginaire. || 2° Il se dit aussi de celui qui prête son nom à un écrit qu'il n'a pas fait, à un mot qu'il n'a pas dit, etc. M. de Thibouville ne peutil pas connaître des jeunes gens de bonne volonté, panni lesquels il choisirait un prête-nom ....qui lirait la pièce aux comédiens comme si elle était de lui? volt. Lett. d'Àrgental, 6 fcvr. I77i. Réclame le mot s'il prospère. Et, s'il déplaît, le laisse au prêtenom, OEL!LLE,Conter«.i. ||.iuplur. Des prête-noms.
— ÊTYM. Prêter, et nom.
PRKTENTAINE (pre-tan-tè-n*), voy. prétantaine.
PRÉTENTIEUX, EUSE (pré-tan-si-eû, eû-z'), adj. Il 1° Qui a des prétentions. Un jeune homme prétentieux. Il Substantivement. Celui , celle qui a des prétentions. Vous n'êtes qu'un prétentieux. || î" Où il y a de la prétention. Un style prétentieux. La discrétion prétentieuse de la baronne, th. leclero, Prov. t. v, p. 26B, dans pougens.
— ÊTYM. Voy. prétention; ce mot est formé comme factieux et faction.
PRÉTENTION (pré-tan-sion ; en vers, de quatre syllabes), ». f. || 1" Droit qu'on croit avoir sur une chose. Cessez, princes et potentats, de troubler par vos prétentions le projet de ce mariage [de Louis XIV et de Marie-Thérèse], Boss. Mar.-Thér. L'erreur d'un roi qui se flatte sur des prétentions cause souvent des ravages, des famines, des massacres.... pén. Tél. xxiii. Catherine de Médicis avait des prétentions sur le Portugal presque aussi chimériques que celles du pape, volt. Moeurs, I86. Il 2" Exigt-nce. Je lui remis devant les yeux les prétentions immenses de monsieur le Prince, de MM. de Bouillon et de la Rochefoucauld, retz, Mém. t. ii, liv. m, p. 423, dans polgens. Car, grâce au droit reçu chez les Parisiens, Gens de douce nature et maris bons chrétiens, Dans ses prétentions une femme est sans bornes, hoil. Sat. x. || 8* Visées à l'esprit, aux talents, aux honneurs, à la considération, etc. Ce George Villiers est ce même Buckingbam, fameux alors dans l'Kurope parles agréments de sa figure, par ses galarileiies et par ses prétentions, VOLT. Mœurs, (79. On est plus humilié d'être au-dessous de ses prétentions que de ses devoirs, du- CLOS, Consid. mœurs, i2. Caligula, ennemi de la vertu et jaloux des talents, avait surtout de la prétention à l'éloquence, iudeb. Claude el Kér. i, 5. Je ne fais aucun tort à mes semblables ; je les respecte Tjuand je le dois; je leur rwids des services quand je l^puis; je leur laisse leurs prétentions, et j'excuse leurs faiblesses, barthél. Ànach. ch. 32. La prétention à juger de tout fait qu'on ne jouit de rien, marmonthl, Œuv. t. x, p. «s. Dans les prétentions des nobles, dans les prétentions des riches, je vois des deux parts sottise et vanité, picard et ifAZÊRES, Trois quartiers, m, 6. || Homme à prétentions, celui qui prétend à l'esprit, qui cherche à être l'objet d'une distinction particulière. || Homme sans prétentions, homme de manières simples, qvii ne clierche pas à se faire remarquer. Dans l'intérieur d'une petite société etsans prétention, elle était gaie, GENLis, llém. l.li y (7o,ldans pougens. || Cette femme a encore des pi tentions, elle se croit encore jolie et capable de iilaire. Iji' Espérance, dessein fondé sur une confiance personnelle. Je n'ai pas la prétention de vous convaincre. X cinquantecinq ans la fortune est établie, la réputation faite, les prétentions évanouies ou remplies, buff. Probabilités de la lie. \\ h° Il se dit aussi de l'espérance de gagner le cœur d'une femme. Elle jugera par cette obéissance aveugle que, èi je renonce aux prétentions que j'avais sur son cœur, je n'étais pas indigne de le posséder, la fayettk, Zayde, Œuv. t. I, p. 294, dans pougens. .Sans renoncera ses prétentions sur elle, hamilt. Gramm. 8. Il avait de re.sprit, de la figure, il pouvait avoir des prétentions; on disait qu'il en avait auprès d'elle, t. l. Rooss. Confest. vu.
— niST. XVI* s. Je sçay la prétention des sciences en gênerai au service de nostre vie, mont, i, t54.
— ÊTYM. Lat. prxtentum, supin de pr.rtendere. PRÊTER (pré-té), V. a. || 1' Fournir, mettre à la
disposition (ce qui est le sens du latin p'icslare). liien loin de vous prêter l'appui dont vous parle?..... coBN. Nieom. i, 2. Petit poisson deviendra grand, Pourvu que Dieu lut prête vie, la font. Fabl. v, 3. Un guerrier est invincible quand il combat avec foi, et quand il prête dos mains pures au dieu des batailles qui le conduit, flëcu. Turenne. Si les dieux m'ont prêté des ailes. Ce u'cst pas pour
fuir le danger, quin. Persée, v, 4 0 toi (nuitj, de mon repos compagne aimable et sombre, X de si noirs forfaits prêteras-tu ton ombre? BOiL. iidr. 11. [ô Dieu] prête à mes discours un charme qui lui plaise [au roi), rac. Esth. i, 4. || N'accorder que pour un moment, ô sort.... Reprenez la faveur que vous m'avez prêtée , Et randez-moi la mort que vous m'avez ôtée, corn. Poly ii, *. Il Prêter secours, aide, faveur, etc. secourir, aider, favoriser quelqu'un en quelque chose. || Prêter un exemple à quelqu'un , lui donner un exemple qui l'autorise à faire quelque chose. Vous voyez qu'à son rang elle me .sacrifie, Madame, et vous voulez que je la justifie ! Ou'après tous les mépris qu'elle montre pour moi, Je lui prête un exemple à me voler sa foi? corn, Pulch. m, 4. || Fréter main-forte, appuyer par la force l'exécution des ordres de la justice. || En un autre sens, prêter main-forte, venir en aide. La moitié de tes gens doit occuper la porte. L'autre moitié te suivre et te prêter main-forte, ID. Cinna, v, (. || Prêter la main ou les mains à quelque chose, voy. main, n" 5. Il Prêter la main, les mains à quelqu'un, venir en aide à quelqu'un. Cher Néarque, pour vaincre un si fort ennemi, Prête du haut du ciel la main à ton ami, CORN. Poly. iv, t.k vous prêter les mains ma tendresse consent, mol. Mis. iv, ». Venez me revoir, lorsque vous serez déterminé à quelque chose, et soyez persuadé que vous me trouverez disposé à vous prêter la main, lesage, Esiev. Gont. si. Trompé par une fausse expérience de BoyU, il [Newton] croit que l'humidité du globe se dessèche à la longue, et qu'il faudra que Dieu lui prête une main réformatrice, volt. Dict. phil. Findumonde. I! Se prêter la main, se secourir mutuellement. C'est ainsi que le despotisme et la superstition se prêtent la main, diderOt, Opin. des anc. philos. (Japonais). \\ Prêter l'épaule, venir en aide. U croit qiis.,ce climat [l'Egypte].... Ayant sauvé le ciel, sauvera bien la terre. Et.... Pourra prêter l'épaule au monde chancelant, corn. Pomp. i, 1. 1| Prêter son bras , fournir le secours de ses armes, de sa vaillance. Jamais il n'a prêté son bras à tes desseins, cOBN. Médee, ii, 2. S'il les pousse trop loin [ses projets], moi-même je l'en blâme ; Je lui prête mon bras sans engager mon âme , id. Sert, m, 4. Il Prêter l'oreille, écouter attentivement, en silence. Seigneur, prêtez l'oreille à mes paroles; entendez mes cris, saci. Bible, Psaumes, v, 2. Cieux, écnutez ma voix; terre, prête l'oreille, RAC. Àthal. m, 7. Prêtez-moi l'un et l'autre une oreille attentive, m. ib. u, S. Pourquoi dit-on prêter l'oreille, et que prêter les yeux n'est pas françaisT n'est-ce point qu'on peut s'empêcher
I toute force d'entendre, en détournant ailleurs son attention, et qu'on ne peut s'empêcher de voir, quand on a les yeux ouverts? volt. Comm. Corn. Rem. Rod. v, 3. Cachons-noUs et prêtons l'oreille ; Carj'enlends la porte s'ouvrir, picard, Visitand. i,7.
II Prêter l'oreille, signifie :.ussi donner créance. Nés et nourris dans la liberté, ils ne prêteront jamais l'oreille à aucune proposition qui tende à la servitude, HOi.LiN, Hist. anc. (Suv. t. ui, p. 20t, dans pougens. Il Prêter l'œil et l'oreille k, regarder et écouter. Même notre grand roi, ce foudre de la guerre , Le front ceint de lauriers, daigne bien quelquefois Prêter l'œil et l'oreille au théâtre françois, corn, l'illus. com. v, ». || Prêter silence, faire silence. J'ai forcé ma colère â te prêter silence, Pour voir à quel excès irait ton insolence, m. Iléracl. I, 2. Il Prêter attention, prêter son attention, écouter attentivement. Asseyez-vous, monsieur, je vous conjure, et prêtez-moi votre attention, beaumabch. Mère coup, iv, 1 3. || Prêter l'esprit à, * accorder de l'attention. Immobile & leurs coups, en lui-même il rappelle Ce qu'eut de beau sa vie et ce qu'on dira d'elle, Kl tient la trahison que le roi leur prescrit, Trop au-dessous de lui pour y prêter l'esprit, CORN. Pomp. n, 2. || Prêter serment, faire serment devant quelqu'un. M. de Luxembourg prêta le serment de sa charge de capitaine des ganles du corps, pellisson, Lett. hist. t. i, p. 366. Tout vieux que je suis, je m'intéresse à ces belle» Circassiennes qui ont prêté !\ Votre Majesté serment de fidélité, et qui prêteront sans doute le même serment à leurs amants , volt. Lett. Catherine, i sept. 476». || Terme de féodalité. Prêter foi et hommage, voy. prestation. || Prêter sa voix, prêter son ministère à quelqu'un, parler pour lui, .s'employer pour lui. C'est mol qui prête ici ma voix au malheureux I bac. Aihal. n , f>.
Il Prêter une défense à quelqu'un, employer tels ou teb moyens pour sa défense. L'histoire est trop
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connue 'pour ..rtrancher le péril qu'il [le jeune Horacel court d'une mort infâme après l'avoir tuée [sa sœur]; et la défense que lui prête son p6re pour obtenir sa grâce n'aurait plus de lieu s'il demeurait innocent, cohn. For. Examen. || Prêter son crédit, prêter ses amis à quelqu'un, lui rendre service par son crédit ou par l'intervention de ses amis. Il !• Il se dit aussi des choses qui procurent,' qui communiquent. Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes, bac. Phèdre, ii, B. La géographie ainsi considérée pourrait prêter des lumières à la physique, ou du moins donner des doutes, VOLT. Kuis. I, I. Son trouble lui prêtait de nouveaux agr ments, gressf-t, Méeh. iv, ». J'ose prendre mes vœux pour de l'espoir; l'ardeur de mes désirs prête à leur objet la possibilité qui lui manque, J. ;. Rouss. Bel. I, I. Pendant ce récit, le génie tenace de Napoléon fut moins frappé de ces avantages en eux-mêmes que de l'appui qu'ils prêtaient à l'illusion dont 11 venait de nous entretenir, ségur, Hist. de Nap v, S. || Prêter une preuve, servir de preuve. Votr» exemple lui prête une preuve assez claire, Que le trêne est plus doux que le sein d'une mère, cobn. Œd. i, ». || Prêter un prétexte, servir de prétexte. Il faut qu'il [l'hymen].... prête un doux prétexte à qui veut tout donner, corn. Sur. II, I. Il 8° Particulièrement, donner une chose à condition qu'on la rendra. Pour tirer d'eux ce qu'on leur prête. Il faut que l'on en vienne aux coups, LA FONT. Fahl. Il, 7. Donner est un mot pour qui il a tant d'aversion, qu'il ne dit jamais, je vous doni.î, mais, je vous prête le bonjour, mol. l'Av. II, 5. X Rome, il fut permis au mari de prêter sa femme à un autre, montesq. Esp. xxvi, < 8. Il est des circonstances où, si vous prêtez votre argent, vous vous faites un ennemi secret; refusez-le, vous avez un ennemi ouvert, volt. Fragm. hist. )4. Côme de Médicis, le plus riche particulier de l'Europe, lui prêta [à Sforce] cinquante mille écus, avec lesquels il gagna les troupes milanaises, ddclos, Œuv. t. II, p. 30<.il Absolument, en parlant d'argent. Cette honnête usurière, Oui nous prêle, par heure, i vingt sous par écu, regnard, le Joueur,
I, «. Uaiis un gouvernement où personne n'a de fortune assurée, on prête plus à la personne qu'aux biens, montesq. Esp. v, (5. Il donnait avec bien plus de plaisir qu'il ne prétait; car souvent l'expérience lui avait fait connaître qu'il donnait ce qu'il croyait prêter, et qu'il s'en fallait bien qu'en trompant ainsi sa bienfaisance par une extension forcée, on lui en eût plus d'obligation, d'alemb. Éloges, Vilord Maréchal. On ne voit donc pas que prêter i intérêt c'est vendre; qu'emprunter à intérêt, c'est acheter; que l'argent qu'on prête est la marchandise qui se vend ; que l'argent qu'on doit rendre est le prix qui se paye, CONDILL. Comm. gouv. i, 18. || Prêter à la petite semaine, voy. prêt i. \\ Fig. Rome seule aujourd'hui peut résister à Rome, Il faut pour la braver quelle nous prête un homme, corn. Sertor.
II, \. Rien de la part des sens ne le saurait toucher, El loin de prêter l'âme à leurs vaines délices.... ID. Imxt. II , 9. Il Fig. Prêter sa main, être seulement l'exécuteur de la volonté d'un autre. Il m'a prêté sa main, il a tué le comte, corn. Cid, ii, 9. Guillaume, enfant de chœur, prêta sa main novice [pour un tirage au sort], boil. Lutr. i. \\ Fig. Prêter sa plume, écrire pour quelqu'un. {] Fig. Prêter son nom, laisser faire en son nom. Et jusquesi ce jour Atalide a prêté son nom à cet amour [de Roxane et de Bajazet], rac. Baj. i, \.\\ Prêter son nom, autoriser un autre à se seryir de noire nom en quelque occasion. || 4° Présenter, acception qui n'est usitée que dans deux locutions et qui est une combinaison du sens étymologique [prxstare, fournir) et du sens particulier (prêter, ne présenter que momentanément). Il Prêter le collet i quelqu'un, se présenter pour lutter ou combattre corps à corps avec lui. |l Fig. et familièrement. Prêter le collet à quelqu'un, être prêt à lui résister, à disputer contre lui. Recommençons notre commerce ; je suis prêt k vous prêter le collet, busst, Lett. t. iv, p. 90, dans pouoENS. Je vous prêterai le collet en tout genre il'érudition, mol. Am. fn^d. n, 4. Mon cousin est de a|DO sang, et cela lui sufnt pour prêter le collet à tous les godelureaux de Paris, destodch. Fausse Agnès, ii ». || Prêter le flanc à l'ennemi, se poster ou marcher de manière que l'ennemi puisse ïltaquer en flanc. Si les ennemis voulaient aller à Limbourg, ils seraient obligés de lui prêter le tlanc, k moins qu'ils n'allassent faire un grand tour, i>«i LiS!:<iN , l.eU. hi.ll. 1. 11, p. 298. Il Fig. Prêter le ilouc, donner prise sur soi. Il avait su faire rire le
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public aux dépens de ses adversaires; i! leur prêta le flanc en travestissant maladroitement l'objet de leur culte, d'alemb. Éloges, Lamotte. || Terme de marine. Prêter le côté à un fort, à un bâtiment, se dit d'un vaisseau qui se prépare pour combattre. !| Prêter le côté, est souvent synonyme de présenter le côté ou le travers. || Prêter le côté au vent, à la mer, être à la cape. || 5° Fig. Attribuer, imputer. Prêter à quelqu'un des torts, un travers, des ridicules. J'avais si peu songé au dessein qu'elle me prêtait, que.... maintfnon, Lett. à Mme de St-Géran, (•' avril 1679. Dans ses égarements mon cœur opiniâtre Lui prête des raisons, l'excuse, l'idolâtre, RAC. Bril. m, 6. Je crois bien que l'historien a prêté ces discours à Pyrrhus et à Fabricius, boli.in,//i's(. ane. Œuv. t. vu, p. 388, dans pougens. En général, on leur a prêté [aux cailles] des vues, une sagacité, un discernement qui feraient presque douter queceux quileuront failhonneur de ces qualités en aient fait beaucoup d'usage eux-mêmes, bukf. Ois. t. IV, p. 260. Ayez une aventure, on vous en prête cent, desmahis, l'Impert. se. 3. || 6° Fig. Klliptiquement, prêter à, en sous-entendant matière, sujet, occasion. Cette action prête à de fâcheuses interprétations. Prêter à la plaisanterie, à la critique, i la censure, au ridicule. Dans les lois générales, les exceptions prêtent toujours à l'arbitraire. Décret du 23 floréal an ii, Rapport de Cambon, p 95. Dans ce maudit foyer tout prête à l'équivoque, c. nELAV. les Comédiens, m, 2. || Des grammairiens ont remarqué qu'il ne fallait pas dire prêter à rire, mais apprêter à rire. Ainsi ce vers serait fautif : D's qu'un mari peu résigné Prêtait à rire au voisinage, eBrano. Contr. de mar. Cependant, si l'ellipse est telle qu'il a été dit, il est aussi loisible de dire prêter à rire, à plaisanter, que prêter au rire, à la plaisanterie. Ij 7° F. n. En parlant des étoffes, du cuir, etc. s'étendre. Ce drap prête beaucoup. Mes vers prêtent, ils s'allongent et se raccourcissent comme on veut, legrand, la Nouveauté, se. (4. Il Fig. Cest un sujet qui peut prêter, qui est susceptible de l'eaucoup de développements. Il 8° S. m. Va prêter, action de prêter. Ami au prêter, ennemi au rendre, c'est-à-dire on se fait souvent un ennemi de celui qu'on a obligé, quand on exige le remboursement de ce qu'on a prêté. Il C'est un prêter à ne jamais rendre, se dit quand on prête à un insolvable ou à un ingrat. Il 9° Se prêter, ». réft. Être prêté. Bientôt se parjurer cessa d'être un parjure; L'argent à tout denier se prêta sans usure , boil. Sat. xii. || 10° Fig. Se prêter, se lais.«er aller momentanémenl i quelque chose. Et quoi qu'étale ici le monde. Ce n'est qu'avec dédain que l'œil s'y doit prêter, corn. /mit. Il, «. Elle sut se prêter au monde avec toute la dignité que demandait sa grandeur, boss. Mar.- Thér. Le torrent n'entraîne que ceux qui veulent bien s'y prêter, mass. Pat. car. Drap. Au théâtre, on se prête toujours aux sentiments naturels des personnages : on devient enthousiaste avec Polyeucte , inflexible avec Horace, tendre avec Chimène, VOLT. Comm. Corn. Rem. Poly. n, 6. Le roi [LouisXV], quoiqu'enfanl, nefut nullement étonné, fitun petit compliment, et se prêta de bonne grâce aux caresses du czar [Pierre I"J, duclos, Œuv. t. V, p. 293. Toutes les fois que l'illusion est agréable, on s'y prête avec complaisance ; et tout ce qui est possible, on le suppose vrai, marmomtel, Œuv. t. VII, p. 48. Il Se prêter à soi-même, se laisser aller à ses propres penchants. Pour ne jamais sortir de l'état où vous êtes, vous n'avez qu'à- suivre vos penchants, vous prêter à vous-mêmes, vous laisser entraîner mollement au courant , mass. Carême, Fausse conf. || il* Consentir par complaisance. Se prêter à un accommodement. Je me prêtai de bon cœur & tout, et je commençai par bien constater & ses propres yeux le idaisir que j'avais à lui complaire, i. ). rouss. Ém. m. || Fig. Je résolus d'abandonner un climat où la nature se prêtait à peine aux besoins de l'homme, bartuél. Àruich. ch. I. Il User de complaisance. De l'humeur dont il est, j'admire seulement Qu'il daigne se prêter à nous pour un moment, piron, Métrom. IV, 4. X.es lois se sont prêtées à la faiblesse et aux passions, en ne réprimant que ce qui attaque ouvertement la société, ddclos, Consid. mœurs, IV. Prêtons-nous sagement aux misères humaines, BERNis, Ép. IV, Indép. Il II faut se prêter aux circonstances, il faut savoir endurer, patienter selon les temps. Il Se prêter aux mains, laisser faire les mains auxquelles on est remis. La situation des dames romaines était la même que celle de nos damei antouréei de plusieurs femmes; il fal-
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lait se prêter aux mains qui les servaientde la façon la plus simple et la plus commode pour les unes et pour les autres, Hist. des Teal. dans desfontaines. Il Absolument. Il faut savoir se prêter, il faut savoir user de complaisance k propos. Ce sont des visites à recevoir et à rendre.... il faut cependant se prêter et paraître content, dideb. Lelt. à Mlle Voland, u août (769.(112° S'accommoder. La langue italienne ^e prête à toutes les nuances de la gaieté, stael, Corinne, IX, 4 . Le vague de la nusique se prête à tous les mouvements de l'âme, in. ib. ix, 2. Il est temps de montrer que, loin de rapetisser la pensée, le christianisme se prête merveilleusement aux élans de l'âme, chateaubr. Génie, l, i, «. |J Proverbe. On ne prête qu'aux riches, on n'oblige que ceux dont on peut espérer des services; et fig. on attribue volontiers aux personnes, suivant la réputation qu'elles se sont faite, certaines actions, bonnes ou mauvaises, des traits d'esprit ou des sottises.
— HIST. xui* s. Dex, ausi comme à ses hoirs, leur prestera ce quemestiers Ibesoin] leur sera en terre, Psautier, f" 45. Veuls tu bien savoir, enseigne; car ainsi se preste doctrine; se eleest espandue, croist, et se ele est tenue, descroit, brun, latini, Trésor, p. 167. De prester à usure moût bien nous guérirons [nous nous soutiendrons bien en prêtant], Berte, lxxvii. Dont Dex me prest par son plaisir sens et force et discrétion! h. de valbnc. i. Celé amoit trop sa janglerie, Volenliers li prestoit l'oreille, taiîose, 14773. Cil qui preste sor gage, BEADM. xxxiv, 22. S'aucuns a poi d'ommes à fere jugement en se [.sa] cort, il doit requerre au segneur de qui il tient, qu'il 11 prest de ses homes qui sunt si per, ID. Lxvii, 3. En coze prestée rendre n'a point de terme, s'il n'i fu mis au prester, m. xxx;v, 20. Il XIV" s. Prester aux poures quant ils en ont besoing, et leur pardonner la debt, Ménagier, i, 3. Il XV' s. Seigneurs, prestez-moy un peu le parler. Adonc chascun fist silence, Perceforest, t. vi, r°97. Il devoit prester au rny quatre places.... mais il ne la baill i pas [Spolete] , comm. vu, 12. || xvi' s. Prester beau jeu, mont, i, 2. X la vérité, si nature ne preste un peu, il est malaysé que l'art.... id. i, 77. Nature nous preste la main et.... in. i, 81. Prester à la lettre, id. u, 181. Prestera un escript un sons qu'il n'a pas, m. i, I3i. Ils prestent à la matière, l'allongent et l'amplifient, id. i, 233. Des lames de fer qui, à l'endroit des joinctures, prestoienl au mouvement, lo. ii, 96. Ils se prestent et accommodent aux inclinations naturelles, iD. ii, 234. Je cuideroye au bout de deux ans composer un corps, avec lequel j'oseroye bien prester le collet à un autre régiment tel qu'il fust, langue, 2R4. Il les contraignit de se rendre à luy, et oultre cède luy prester serment de fidélité, amyot, Eum. 8. Et luy estant preste silence, il feit un serment.... in. Cicéron, 27. Tu [ô Seigneur] les avois prestez et non donnez au monde [ceux que Desportes pleure]. Et as peu comme tiens à toy les retirer, despoutes, (Eut), chrét. Plainte. Qui preste non r'a; si r'a, non tost; si tost, non tout; si tout,Bon gré; si gré, non tel, loysel, n° 672. Du temps qu'on se cachoit pour prester argent, cotgrave. Au prester ange, au rendre diable, id. Par prester eniiemy est amy, et amy souvent ennemy, génin. Récréât, t. ii, p. 240.
— ÉTYM. Berry, preûter ; wallon, pruslé ; provenç. et espagn. prestar; ital preslare; do latin prcCsiare, fournir, de prx, en avant, et store, se tenir debout (verbe neutre, passé au sens actif).
PRÉTÉRIT (pré-té-ri ; d'après l'Académie on prononce un peu le t ; mais ne pas le prononcer du tout est plus usuel; le I se lie : un pré-téri-t irrégulier; au pluriel, \'s se lie : des pré-té-ri-z Irréguliers), s. m. Terme de grammaire. Temps passé. Dans les narrations historiques, on peut passer avec grâce du prétérit au présent, Acad. Observ. sur Vaugel. p. 460, dans pouoens. Ce qui passe a été et sera, et passe du prétérit au futur par un présent imperceptible, fén. Eiist. ii, 2, Éternité. \\ Prétérit imparfait {je lisais). Prétérit défini ou prétérit simple (je lus). Prétérit indéfini (j'ai lu). Prétérit antérieur (j'eus lu).
— iilsT. xiu° s. U ii'entendi pas la raison Des presens ne des preteriz, Bat. des sept arts.... malement l'a deceùe Jonesce, qui tout a gité Son prétérit en vani'é, la Rose, 4B50. || xvr s. La cause absente et le temps prétérit, paré, ix, 8.
— ÊTYM. Prov. prétérit ; e.spagn. et ital. prêterilo , du lat. prxleritum, de prêter, au delà, et itun,, supin de t're, aller (roy. irai (j').
PRÉTÊRITION (pré-té-ri-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. L'action de taire, de passer sous silence. Les journaux de l'opposition onl reproché au
PRÉ
PRE
PRÊ
discours de la couronne la prétérition de l'existence ' du régent d'Espagne, legoahant. || Figure de rliétorique par laquelle on feint d'omettre des circonstances sur lesquelles on insiste avec beaucoup de force. Il Terme de pratique. Omission d'un héritier nécessaire dans un testament.
— ÈTYM. ProT. et espagn. prétention; ital. preteriîione; du lat. prxteritionem, de prasterire, passer outre (voy. prétérit).
PRÉTERMISSION (pré-tèr-mi-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Synonyme de prétérition.
— ETYM. Lat. prxtermissionem, de prxtermissum, supin de prxtermitlere, omettre, de prxter, au delà, et mittere (voy. mettre).
PRÉTECR (pré-teur), ». m. || 1* Dans les premiers temps de la république romaine, préteur a, suivant -son étymologie, le sens de chef militaire et civil; et c'est d'après cela que les historiens latins donnent le nom de préteurs aux commandants grecs, «rcpi-CTiToi. || Plus tard, les consuls à cause des guerres ne pouvant rendre la justice, un magistrat fut créé pour remplir cet office, sous le nom de préteur. || Edit du préleur, voy. édit, n° t. I| t' Après leur sortie de fonction, les consuls, so ts le nom de préteurs et quelquefois de propréteur?, étaient envoyés dans certaines provinces pour Us gouverner. || 3" S'est dit des magistrats municipaux de quelques villes d'Allemagne. || 4° Titre que l'on donnait, sous Napoléon I", à des officiers nommés dans le sein du sénat et chargés de la police du palais sénatorial.
— HlST. xui* s. Si comme fistun pretor de Rome, quant il dist.: si comme nostre anceslre pardonerent à cels de Cartage, tout autressi devons nos pardoner à cels de Grèce, rrun. latini. Trésor, p. 658.
— ÊTYM. Prov. et espagn. pretor; ital. pretore; du latin prxtorem, contracté de prx-itor, celui qui va devant, de pra?, et ire, aller (voy. irai (j').
PRÊTEUR, EOSE (prê-teur, teû-z'), adj. Qui prête. La fourmi n'est pas prêteuse, la font. Fabl. I, (. Il Substantivement. Celui, celle qui prête de l'argent. Un prêteur sur gages. Si, pendant ce délai ou avant que le besoin de l'emprunteur ait cessé, il survient au prêteur un besoin pressant et imprévu de sa chose, le juge peut, suivant les circonstances, oblie;er l'emprunteur à la lui rendre, Code Nap. art. f^i).
— rfiST. xm* s. Ll presteres aime plus .son detor que ses detors lui, et maintes foiz se contorbe li detors quant il encontre son presteor, porce que il li sovient de ce que il li doit rendre , brun. LATINI, Trésor, p. 320. || xvi' s. Je ne dy pas, si voulez rien prester. Que ne le prenne : il n'est point de presteiir (S'il veut prester) qui ne fasse un debteur, mahot, Ép. au roy.
— ÉTYM. Prêter; prov. prestayre. Prestere, prestayreest nominatif; prcsieor, pre.ïtador est régime.
t. PRÉTEXTE (pré-tèk-sf) , adj. f. Terme d'antiquité romaine. Robe prétexte, ou, substantivement, la prétexte, robe blanche bordée de pourpre, qui était à Rome une des marques de dignité. La tragédie et la comédie portaient le nom de prœtextata, quand on y introduisait des personnes de haute condition, dont l'habit distinctif était la prétexte , BEBNABDi, Instit. Mém. inscr. el belles-lett. t. VIII, p. 274. Il Longue robe blanche garnie d'une petite bande de pourpre, que les enfants de famille patricienne portaient jusqu'à l'âge de puberté.
— iiisT. XIV' s. Prétexte estoit une manière do noble vestement, de quoy usoient entre les Romains ceux qui estoient constituz en office, ber-
CHEUBE, t° 3.
— Rtym. Lat. prxtexta, sous-entendu tnga, robe bordée, de prse, au bord , et lexere (voy. tisser).
2. PRÉTEXTE (pré-tèk-sf), *. m. Cause supposée, raison apparente dont on se sert pour cacher le motif réel d'un dessein, d'une action. Seigneur, ne donnez point de prétexte à César, corneille, Pomp. II, 4. Il lui convenait de me faire servir de prétexte quelquefois à ce qu'il faisait, et presque toujours à ce qu'il ne faisait point, rktz, Mém. t. m, liv. IV, p. 187, dans pougens. Henriette, entre nous, est un amusement. Un voile ingénieux, un prétexte, mon frère, X couvrir d'autres feux dont je sais le mystère, mol. Femmet tav. n, 3. ils couvrent leur prudence humaine du prétexte d'une prudence divine, pasc. Prov. v. Cette raison, honnête à dire, est fort aisée à comprendre; elle n'a point l'air d'un prétexte, après tant de preuves de votre bonne volonté el de votre magnificence, sÊv. »o«. La peur de se ruiner est un prétexte au goilt breton [au désir de Oh. de Sévignô de se fixer en Bretagne] lo. 41 mais <68o. Ce serait un commen-
cement de prétextera me mal payer, m. <7 juill. ' 1693. Ceux qui sont instruits des affaires, étant obligés d'avouer que le roi [Charles I"] n'avait point donné d'ouverture ni de prétexte aux excès sacrilèges dont nous abhorrons la mémoire.... Boss. Berne d'Anglet. Tu crois ce qu'elle dit? c'est un prétexte pour avoir raison d'être toujours dehors, PANCOUBT, Bourg, à la mode, iv, 6. S'il est vrai que vous ne désiriez qu'une bonne paix, la voilà qui se présente à vous, et qui vous ôte tout prétexte de reculer, fén. Tél. xi. Un des prétextes dont on se servit pour accabler Bayle et pour le réduire à la pauvreté, fut son article de David dans son utile Dictionnaire, volt. Dicf. phil. Philosophe. Le jeune prince était le prétexte des visites [du roi]; la gouvernante [Mme de Maintenon| en était le véritable objet, GENLis, Kmede Xaintenon, t. I, p. 55, dans POUGENS. || 11 n'y a pas de prétexte à cela, et absolument, il n'y a pas de prétexte, il n'y a pa.i même de raison apparente pour.... || Sur un prétexte, en se fondant, en s'appuyant sur un prétexte. Sur ce prétexte, il demanda au sénat le gouvernement de cette province, vertot, Révol. rom. xiv, 307. Il cherche querelle sur le moindre prétexte, Dict. de l'Acad. || Sous un prétexte, en se couvrant d'un prétexte. On prenait pour prétexte qu'il était nécessaire à Cadix, car on ne lui pouvait nuire que sous des prétextes honorables, FONTEN. Renau. || Sous prétexte, loe. prép. Sous prétexte de maladie. Xénophon [un médecin], sous prétexte de faciliter le vomissement, se sert cKune plume enduite d'un poison plus violent, et Claude expire, dider. Claude et Nér. i, 33. ||Sous prétexte que, Joe. conj. Sous prétexte qu'ils adoraient le Dieu d'Israël , noss. Hist. i, 8.
— HIST. XVI* s. La raison accusant nostre lascheté de craindre chose si soubdaine, si inévitable, si insensible [la mort], nous prenons cet aultre prétexte [la douleur] plus excusable, mont, i, 302. Souhs quelque prétexte, ID. i, 59. C'estoit un bien rusé proteste que M. le conneslable inventoit pour demeurer seul auprès du roy, carl. ii, 5. Le capitaine ayant abandonné la place sur le prétexte qu'il prit (fort mauvais, toutefois) d'aller.... casteln. 24).
— ÉTYM. Lat. prœtextus, prétexte, de prxtexere, tisser devant, et, de là, placer en avant, alléguer (voy. prétexte i).
PRÉTEXTÉ, ÉE (pré-tèk-sté , stée) , part, passé de prétexter. Pris pour prétexte. Un voyage prétexté.
PRÉTEXTER (pré-tèk-sté), V. a.\\i° Prendre pour prétexte. Son dégoiit de la cour pourrait, sur un message, S'excuser par caprice et prétexter son âge, CORN. Œdipe, ni, 4. Le pape Clément VUl, du nom d'Aldobrandin, originaire d'une famille de négociants de Florence, osa prétexter que la grand' mère de César d'Esté n'était pas assez qoble, volt. Pol. et lég. Les droits des hommes, Ferrare. \\ i' Cacher sous un apparence spécieuse. Sa femme.... prétextait ses allées et venues Des soins divers de cet économat, la font. Féronde.
— REM. D'après Chifflet, Gramm. p. 98, prétexter n'est pas un bon mot. Pourtant il est employé par Corneille, et paraît s'être formé au commencement du xvu* siècle.
— ÉTYM. Prétexte 2.
t PRÉTIHIAL, ALE (pré-ti-bi-al, a-l"), adj. Terme d'anatomie. Oui est situé à la face antérieure du tibia.
— ÉTTM. Pré..., préfixe, et tibia.
PRETINTAILLlî (pie-tin-tâ-lP, U mouillées, et
non pre-tii)-tS-ye), s. f.\\i' Ornement de toilette en découpure qui se mettait sur les robes des femmes. Et je puis me vanter d'être la première qui ait porté des pretintaillesdans la ville de Valogne, LESAGE, Turcarel, v, 7. Ueprésentez-vous, dit-il , une femme coquette: son hat)it est en pretintailles; au lieu de grâces je lui vois des mouches, marivaux. Sec. surpr. de Vam. ii, 4. || Fig. N'y auraitil pas moyen d'égayer cela avec quelques petites pretintailles, monsieur Corbeau? dancourt, Diable boit. so. 14. Il ne s'agit que d'ôter do la voix les éclats et toute la prelintaille française, j. j. bouss. Hél. I, 48. Un amour fade, cliargé de pretintailles italiennes dérobées à la magie d'Armido, laharps, Courî de litt. t. x, p. 233, dans poooens. || Aujourd'hui que les pretintailles sont passées de mode, ce mot a été souvent employé pour désigner, d'une njanière satirique, les habitude» ou les prétentions des vieilles gens, particulièrement des anciens nobles revenus en France en 48(4, et qui croyaient j retrouver tout l'ancien régime. Vils roturiers. Respectez les quartiers De la marquise de Prelintaille, BSRAHa. || 2* U m disait, alors que la
pretintaille était à la mode, de léger», .,^cessoire3 qui accompagnent une chose. Il a gagné son procès avec les pretintailles, Dict. de l'Acad. || 3" Terme de jeux. 11 se dit, à l'bombre, des différentes chances pour lesquelles on paye des fiches à celui qui fait jouer, s'il gagne ; il les paye aux autres, quand il perd.
— ÉTYM. Ce mot, qui n'a aucun historique, semble formé comme prétantaine. Il y a dans Rabelais; Pant. u, 17, fretinfretailkr, qui se rattache à frétiller, et qui a une ressemblance de formation avec notre mot.
PRETINTAILLE, ÉE (pre-tin-tâ-Ué, liée), part, passé de pretintailler. Robe pretintaillée. || Fig. Style pretintaille, style surchargé d'ornements de mauvais goût.
PRETINTAILLER (pre-tin-tâ-llé, Il mouillées, et non pre-tih-tâ-yé), v. a. Mettre des pretintailles. Savez-vous qu'on pretintaille les mouches? m"* de MAiNTENON, Provcrb. p. 88, dans pougens.
PRÉTOIRE (pré-toi-r'), s. m. || 1" Chez les Romains, emplacement de cent pieds carrés qui entourait la tente du général. || Maison et tribunal du préteur. Quelle imagination de croire alors [pendant les persécutions] l'Église cachée et desHtuée de sa visibilité, pendant que dans les liens elle annonçait la foi devant tous les prétoires, et y continuait le bon témoignage que Jésus-Christ avait rendu sous Ponce-Pilate! boss. 2* instr. sur les prom. de l'Église, 4«. || Caserne ou camp stable des prétoriens. || Préfet du prétoire, voy. pbBfet. Il 2"" Aujourd'hui , le petit tribunal oit le juge de paix rend ses décisions.
— HIST. XIV* s. Prétoire estoit le lieu, la tente, le siège où demouroit li prince ou li emperere qui gouvernoit aucun ost, et ouquiel se tenoient les droiz et les jugemens appartenans à l'ost, bebcheure, f° 3. Prétoire, c'est la court ou les causes sont terminées, si comme parlement ou l'eschequier, OBESME, Thèse de meunier.
— ÉTYM. Provenç. prctort; espagn. et ital. prctorto; du lat. prxtorium, de prxtor, préteur, général.
PRÉTORIEN, lENNE (pré-to-riin, riè-n", ou préto-ri-in), adj. || 1* Qui appartient au préteur. Dignité prétorienne. Agrippine força le sénat à décerner les honneurs prétoriens à des affranchis, PASTORET, Instit. Mém. inscr. et belles-lett. t. vu , p. <85. Il Provinces prétoriennes, celles qui étaient gouvernées par des préteurs. || Droit prétorien, droit qui résultait des édits des préteurs. || î* Qui appartient à la troupe qui gardait les empereurs à Rome. Garde prétorienne. Soldat prétorien. || Sous la république, cohorte prétorienne, la cohorte qui veillait autour du général et gardait l'espace de cent pieds carrés qui entourait la tente et qu'on appelait le prétoire. || Sous les empereurs, camp prétorien, emplacement fortifié, sous le Viminal, qui servait de logement à la garde prétorienne. || S. m. pi. Les prétoriens, les soldats de la garde prétorienne. Tous les prétoriens murmurent contre lui, corn. Othon , I, 3. Il Fig. Il se dit des corps militaires qui font et défont les gouvernements. || Il se dit aussi, par assimilation , de corps non armés, de compagnies qui s'arrogent un grand pouvoir. Ces prétoriens ou janissaires du saint-siége [les jésuites] devenus odieux au saint-siége même, d'ai.emb. Éloges, d'Olivet, note l.
— HIST. xiv* s. Telz officiers et juges prétoriens estoient esleus par sort, orksme. Thèse de meunier.
— ÉTYM. Lat. prœtorianus, de prœtor, préteur. PrEtRAILLE (prè-trâ-U', h mouillées, et non
prê-lrâ-ye), s. f. Terme familier et de dénigrement Le clergé, les ecclésiastiques. Ce n'est pas que les jésuites n'eussent de la jalousie de cette basse prêtraille [les sulpiciens] qui usurpait trop de crédit à leur gré, st-sim. 4I5, 220. Donner ce qu'on appelle les honneurs de la sépulture, malgré la prêtraille, au premier comédien qui décéderait, volt. Lett. à Mlle Clairon, 27 août ne). Je vous assure que la prêtraille de (îenève aurait fait retomber sur moi, si elle avait pu, la petite correction qu'on a faite à Jean-Jacques.... si je n'avais pas des terres en' France, avec un peu de protection, m. Utt. d'Alembert, (6 sept i782. J'ai chassé M. Portails de mon conseil.... je vous mande ceci, afin (lue l'on soit bien convaincu de mon intention prononcée de faire cesser cette lutte .scandaleuse de la prêtraille contre mon autorité, napoléon i*', au vice-roi d'Italie, dans Rev des Deux-Mondes, (*'nov. «868, p. 43.
— HIST. XVI' s. Frestraille, cotgbave.
— ÉTYM. Prêtre, et la finale péjorative ot7/e. PRÊTRE (prê-tr'), «. m. ||1* Celui qui préside
aux cérémonies d'un culte religieux quel qu'il soit. Les prêtres du paganisme Et U [Jéroboam] prit dai
PRE
prêlres dans les derniers du peuple, qui n'étaient pas des enfants de Lévi, Bible, Rois, m, xii, 3t. Où 9uis-jeî de Baal ne vois-je pas le prêtre? bac. Atliai. in, 6. Quand un prêtre dit : Adorez Dieu , soyez juste, indulgent, compatissant, c'est un très-bon médecin ; quand il dit : Croyez-moi ou vous serez brûlé, e'est un assassin, volt. lUct. phil. Prêtres. Nos prêtres ne sont point ce qu'un vain peuple pense : Notre crédulité fait toute leur science, m. (Ed. iv, ( . Ramenés par Marie au temps de nos ancêtres, Verrons-nous revenir la puissance des prêtres? p. lb- BBUN, Uarie St. iv, 7. || Fig. Vous savez qu'eji Italie même il y a eu autrefois un galant homme qui composa un hymne à la déesse Paresse, et qui fit gloire d'être le prêtre de cette déesse, balz. liv. i, lett. B. Ptoléméeà César par un lâche artifice, Rome, de Ion Pompée a fait un sacrifice ; Et je n'entrerai point dans tes murs désolés Que le prêtre et le dieu ne lui soient immolés, CORN. Pomp. v, t. 112» Particulièrement. Celui qui, dans l'ancienne loi, était consacré au service du tabernacle et du temple. Éléazar fils d'Aaron, grand prêtre et prince des lévites, sera audessus de ceux qui leillerontè la garde du sanctuaire, SACi, Bible, Nomb. m, 32. Les prêtres ne pouvaient suffire aux sacrifices, bac. A thaï, i, (. Qui donc opposez-vous contre ces satellitesT — Ne vous l'ai-je pas dit? nos prêtres, nos lévites, m ib. i, 4. |{ S" Dans l'Église catholique, celui qui, en vertu de l'ordre du sacerdoce, a le pouvoir de dire la messe et d'administrer les sacrements. Madame appelle les prêtres plutôt que les médecins ; elle demande d'elle-même les sacrements de l'Église.... Boss. Duch. d'Orl. Carlostad avait introduit une nouveauté étrangement scandaleuse; car il fut le premier prêtre de quelque réputation qui se maria, et cet exemple fit des effets surprenants dans l'ordre sacerdotal et dans les cloîtres, m. Var. ii, <4. Les plus grands persécuteurs qu'ait Jésus-Christ ne sont pas les laïques, mais les mauvais prêtres, bourdal. Myst. Pass. de J. C. t. i, p. 475. Dieu, dont la providence destine les juges pour gouverner son peuple, comme elle destine les prêtres pour le sanctifier, FLÉCH. lamoignon. En vain , la peur sur lui [pécheur] remportant la victoire, Aux pieds d'un prêtre il court décharger sa mémoire, boil. bp XII. Les prêtres sont dans un état à peu près ce que iont les précepteurs dans les maisons des citoyens, faits pour enseigner, prier, donner l'exemple, volt. Vict. phil. Prêlres. Votre Majesté croira-t-elle que l'archevêque de Paris (qui, par parenthèse, se meurt en ce moment d'hydrop\sie) a demandé et obtenu que, dans les pièces de théâtre nouvelles, le mot de prêtre ne fût pas prononcé? d'alemb. Letl. au roi de Pr. ti déc. I78i. || Prêtre habitué, prêtre non rétribué par l'État, attaché au service d'une paroisse. Prêtre habitué à Saint-Sulpice. || 11 s'est fait prêtre, il a reçu l'ordre du sacerdoce. || Cardinalprêtre, cardinal qui a reçu l'ordre de la prêtrise. || Le prêtreéternel, Jésus-Christ. Prêtre éternel, prince des pastejrs, divin apôtre de notre foi et de notre confession, JésusClirist, MASs Villars- 1| Populairement. Il va tomber des prêtres, se dit quand arrive un gro? nuage très-noir et qui menace d'une abondanU averse. || 4' En parlant du culte réformé, on dit ordinairement ministre ou pasteur, || 6° Familièrement. Prêtre Martin, se dit d'un chantre qui dit le verset et le répons, et fig. de celui qui fait la demande et la réponse. |{ 8* Bonnet de prêtre, nom donné au fusain, à cause de la forme de son fruit. || Bonnet de prêtre, pièce de fortification dont la tête est formée de trois angles saillants. ||7°Nom vulgaire des libellules ou demoiselles. || Proverbes. Il faut que le prêtre vive de l'autel, il faut que chacun trouve, dans sa profession, des moyens de vivre. Le prêtre, dit saint Paul, doit livre de l'autel, le p. sanlecque, Éptl. sur la fansse dérotion, dans éd. youiiNiÉh, L'esprit des autres, 2* éd, p. i b9. || C'est un pauvre prêtre, s'il n'a point d'argent caché, se dit d'un homme de peu d'industrie, de peu de capacité.
— HIST. xr s. Moines, canoines, proveires corunez, Ch. de Roi. ccix. || xii's. Qui ki unkcs volsissent eslre [quels que soient ceux qui voudraient être] pruveires as ydles [idoles]. ... Rois, p. ï9e. E dist à Abialharle pruveire : Faites veniravant la saintefléevesturedepruveire, t'b. p. 4 «4. \\ xiii's.Fox [fou] est li prestrcs i|ui blasme se» reliques, leroux de LiNCT, Prot). t. i, p. »4. Por ce qu'il veslent chapes noires, Si le» apele l'en provoires, lien. ^79^^. Il esloit prcstre et tenoit la paroisse de la ville, vn.LBH I. Il xv« s. Se n'avez meilicin bon maistre. Si loslque vous serez navrez, X Dieu soyez recommandez; Mort vous tiens, demandez le prestre, cii. D'OU,. Rond. to. Il fait défendra expressément sur
PRE
peine de la hart, que nul ne soit si hardy de grever église, ne moustier, ne prebstre, ne religieux, Bouciq. iv, 3. Se nulz m'en scet dire aucun bien. Je le tendray [tiendrai] secret com prestre, e. desch. Poésies mss. f»a47.||xvi' s. De vos grandeurs le prestre je seray. Et devant vous maint hymne chanteray, du bellay, m, l'i, rfclo. Il est enfant de prestre, il mange son pain blanc le premier, LEROUX DE LINCY, Prov. II, p. 4t. Tel prostre, tel peuple, iD. ib.
— ÉTVM. Bourg, prête; wallon, pryess; provenç. prcire, preveire, prestre ; cat. preste, prebere; espagn. preste; ita\. prête; du lat.l preiby 1er, prêtre, qui vient de jipeoëOTEpo;, plus vieux, comparatif de itfénS'j;. Selon Curtius, n° 846, Troé<j6u;, qui a pour forme dialectale itpsaYu?, serait analogue au lat. prisons. Dans l'ancienne langue, prestre est le nominatif singulier, de presbytir, qui a l'accent sur près ; prot'otre ou preveire le régime singulier, de presbylerum, avec l'accent sur by; le nominatif pluriel est provoire, et le régime pluriel proroires.
t PRÊTRE-JEAN (prê-tre-jan), s. m. Personnage imaginaire que les Occidentaux, dans le xii' siècle, supposèrent être chrétien et régner dans la haute Asie. Au XV' siècle, on le transporta dans l'Abyssinie, qui en effet est chrétienne. || Ce mot était souvent corrompu en prête-jean. Et il est informé de ce qui s'agite dans les conseils du prête-jean ou du grand mogol. Mi. Coml. t.
— HIST. XIII* s. En cette berrie [plaine] estoit le peuple des Tartarins, et estoient subjet à prestre Jehan et à l'empereour de Perse, joinv. 262. jjxiv s. Les Abyssins, à mesure qu'ils sont plus grands et plus advancez prez le prette-jan leur maistre,
PRÊTRESSE (prê-lrè-s'), *. {. \\ l" Femme attachée au culte d'une des anciennes divinités. Quelques temples sont desservis par des prétresses, tel est celui de Bacchus aux marais, bsrthél. Anach. ch. 2t. Les prêtres de tous les tem|iles eurent ordre de prononcer contre lui [Alcibiade] des imprécations terribles ; tous obéirent, à l'exception de la prêtresse Théap", iD. ib. |l Fig. Ce n'était plus une femme craintive, mais une prêtresse inspirée qui se consacrait avec joie au culte du génie, stael, Corinne, ll, 4 || 2" Les prêtresses de Vénus, les courtisanes, les femmes galantes. Chose que ne font gui're Celles qui sont prêtresses de Vénus, la font. Court. Je suis bien aise, monsieur, qu'un ministre du saint Évangile veuille savoir des nouvelles d'une prêtresse de Vénus ; je n'ai pas l'honneur d'être de vol'e religion, et je ne suis plus de l'autre, volt. mél. litt. sur mie de Lenclos.
— nisT. xiii' s. La prestresse parla premiers, Lai ïlgncMrès.
— ■ ÉTY»ff Prêtre.
PRÊTRLSE (prê-tri-z;), ». f. || !• Chez les catholiques, ordre sacré par lequel un homme est fait prêtre. Recevoir la prêtrise. Bien que la prêtrise et la royauté soient deux puissances naturellement amies, voire deux filles d'un même père, elles sont si souvent brouillées ensemble.... balz. liv. xii, lett. t6. Que diront ceux qui ne regardent la prêtrise que comme un passage aux dignités ecclésiastiques.... FLÉCH. Panégyr. Franc, de Paule. || Il se dit quelquefois des autres religions. Moi seul, donnant l'exemple aux timides Hébreux , Déserteur de leurs lois, j'approuvai l'entreprise. Et par là de Baal méritai la prêtrise, rac. Alh. m, 3. fj 2° Le corps des prêtres. Quand Luther et Calvin.... Vinrent du célibat affranchir la prêtrise, boil. Sat. xii.
— ÉTVM. Pritre.
\ PRÊTROT (prê-tro), s. m. Kossignol de muraille. Il Nom donné aux éperlans bâtards.
— ÉTYM. Diminutif de prêtre. Prtstrot était, au xvi* siècle, un terme de dénigrement pour prêtre.
PRÉTURE (pré-tu-r'), s. f. Charge de préteur. ;i Temps de l'exercice de cette charge.
— ETYM. Lat. pra-furo (voy. prétf.ur).
t PREO (preu), adj. m. Le premier à jouer, dans les jeux, en langage d'écolier.
— ÉTYM. tJt. primus, premier.
PREUVE (preu-v'), s. f. || l' Ce qui montre la vérité d'une proposition, la réalité d'un fait. On trouve toujours obscure la chose qu'on veut prouver, et claire cell? qu'on emploie à la preuve, pasc. l'ens. vil, 3, édit. havkt. Dire à ceux-là [les infidèles] qu'ils n'ont qu'à voir la moindre des choses qui les environnent, et qu'ils y verront Dieu à découvert, et leur donner pour toute preuve de ce grand et important sujet le cours de la lune ou des planètes, et prétendre avoir achevé sa preuve avec uù tel discours, c'est leur donner sujet de croire
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que les preuves de notre religion sont bien faibles, iD. t6. XXII, î. Les preuves ne convainquent que l'esprit; la coutume fait nos preuves les plus fortes et les plus crues ; elle incline l'automate, qui entraîne l'esprit sans qu'il y pense, iD. ib. x, 8. Les preuves de Dieu métaphysiques sont si éloignées du raisonnement des hommes et si impliquées, qu'elles frappent peu, id. ib. x, 5. Ce sage législateur [Mo'ise].... nous sert lui-même de preuve que sa loi ne mène rien à la perfection , boss Uist. ii, 3, La loi salique admettait l'usage de la preuve par l'eau bouillante, montesq. Esp. xxviii, 4 6. Enfin on fit la fameuse ordonnance qui défendit de recevoir la preuve par témoins pour une dette au-dessus de cent livres, à moins qu'il n'y eût un commencement de preuve par écrit, id. ib. xxviii, 44. La loi salique n'admettait point l'usage des preuves négatives, iD. ib. xxviii, ts. || Preuves testimoniales ou par témoins; preuves littérales ou par écrit. Les espèces de preuves les plus connues sont celles qui se font par témoins et par écrit, bouchaud, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. v, p. toi. || Preuve morale, preuve qui résulte de la croyance que nous accordons à autrui Tout fait dont nous ne sommes pas lestémoins, n'est établi pournous que sur des preuves morales, et toute preuve morale est susceptible de plus et de moins, j. j. rouss. Lett. à l'archev. de Pon's.JIPreuve desentiment, croyance qui repose non sur la démonstration, mais sur la manière de sentir. La preuve intérieure ou de sentiment lui manque, et celle-là seule peut rendre invincibles toutes les autres, j. j. roi;ss. Ilél. v, 5o. || Familièrement et par ellipse. Preuve de cela, ce qui prouve que cela est. Qviinà je viens ici, à peine ose-t-elle me regarder : preuve d'amour; et quand je lui parle, elle ne me répond pas le mot : preuve d'amour, PAGAN, Pupille, se. I. Il En venir à la preuve, vérifier. Quand on en viendra à la preuve, on verra de quel côté est la vérité. || En venir aux preuves, exécuter ce dont il s'agit. Elle ne demandait pas mieux que d'en venir aux preuves, hamilt. Gramm. 4. Il Terme de jurisprudence criminelle. Preuvemuetle, preuve qui, sans être ni testimoniale ni littérale, résulte de quelque circonstance. || Terme de procédure. Semi-preuve on demi-preuve , couin-encement de preuve qui, san.s être suffisant pour étaHir le fait dont il s'agit, fournit des indices. Les un. veulent que les inscriptions, ainsi que tous les instruments publics, fussent "une preuve complète^ les autres qu'elles ne fussent qu'une semi-preuve, comme toute écriture privée, bouchadd, 7r«J. i/em. se. mor. et pol. t. v, p. 98. Il Aujourd'hui on dit commencement de preuve. Le commencement de preuve par écrit résulte des titres de famille, des registres ou papiers domestiques.... CodeAap. art. 324. || 2°Titres qui établissent la noblesse. Elle a envoyé chercher les preuves de mon frère, brillantes comme le soleil, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, ^ mars 1718. Il Faire preuve de noblesse, justifier par litres qu'on est noble. || Absolument, dans le même sens, faire ses preuves. On fait plusieurs vers et chansons, je ne veux rien écouter que ce que la comtesse [de Fiesque] cria tout haut l'autre jour chez Mademoiselle : Le roi dont la bonté le met à mille épreuves, Pour soulager les chevaliers nouveaux. En a dispensé vingt de porter des manteaux. Et trente de faire leurs preuves, ^v. 17 déc. 1688. || Fig. Faire ses preuves, faire connaître son savoir, son mérite, son courage, etc. C'est un homme qui fait ses preuves. Cela fait honneur aux enfants, il y avait bngtemps que le» pères avaient fait leurs preuves, sév. 4ii.||Fig. Faire preuve de, prouver qu'on a.... Faire preuve à la fois d'une saine philosophie, d'une littérature exquise, d'un goût sévère et pur.... marmontel, Esquisse, Éloge de d'Atembert. || S" Particulièrement. Titres, pièces que l'on met à la fin d 'un ouvrage, pour prouver les faits que l'on y avance. || i" Fig. Marque, témoignage. J'admire chaque jour les preuvfs qu'il en donne [de sa vertu], corn. Uéracl. i, 2. II est bien croyable qu'un Dieu qui aime infiniment, en donne des preuves proportionnées à l'infinité de son amour et à l'infinité de sa puissance, id. Anne de Gonx. J'ai lu dans tous ses traits la preuve de son crime, ducis, Abuf. lu, 6. Il Faire des preuves d'une chose, la [«•ûuver. Je crois n'avoir pas l'âme trop intéressée, et j'en ai fait des preuves, sÉv. t»2.|| Faire sa preuve, être éprouvée, avec un nom de chose pour sujet. Ce n'est point aux rives d'un fleuve ... Que fait .'•a véritable preuve L'art de conduire les vaisseaux, MALH. m, 3. Il Faire preuve, ressentir, éprouver (emploi vieilli). Les preuves que je fais de leur impiété, malh. i, 4.||Faire preuve de, s'essayera (locution vieillie}. Elle» souffrent bien que l'amour
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Par «lies fasse chaque Jour Nouvelle preuve de ses charmes, malh. vi, 4. || Rendre des preuves, faire des exploits (locution vieillie). Là rendront tes guerriers tant de sortes de preuves, Que.... malh. ii, 12. Il 5° Terme de rhétorique. Se dit de celle des parties constitutives d'un discours que l'on appelle aussi confirmation et réfutation. 116" Terme d'arithmétique. Opération par laquelle on vérifie l'exactitude d'un calcul. || 7°Dans les sucreries, vérifiration à l'aide de laquelle on s'assure si le sirop a atteint le degré de concentration nécessaire pour que la cristallisation puisse avoir lieu avec succès. Preuve au thermomètre, à l'aréomètre, au filet, à l'écumoire, à la dent, à l'eau. || 8° Petite bouteille dans laquelle on reçoit, au sortir de l'alamhic, l'eau de-\ie dont on veut connaître le degré. || Preuve de Hollande, nom donné à un alcool marquant 19* de l'aréomètre de Cartier et renfermant environ la moitié de son volume d'aloDol absolu.
— HIST. xin* s. Ne nul ne peut faire preuve de non [négative], que en tel manière ou par le semblant, Ast. de J.... I, too. Quant la preuve chiet [tombe] sur la parole afirmative, et non sur la négative, ib. Et ceste proeve doit estre fête par celi qui fist fere le contremant, beaum. m, 3i. || xivs. Creu par son .serment sans autre prove, oelisle, AgricuH. nom. p. 146. Il XVI' s. Aussi eulx, si on les a mis à la preuve de l'action, on les a veu voler d'une aile si haulte, que.... mont, i, 14<. Il a souvent faict preuve do sa personne, iD. m, 82. En ce misérable siècle, oii les meschancetez font leur dernière preuve, lanoue, 217. Et s'ils vouloyent avoir un casquet et une rondache à preuve pour les assauts et escarmouches, ils les pourroyent avoir, id. 567. Uz feirent tant, que la chose fut mise en preuve de la pluralité des voix du sénat, amyot, Potnp. 83.
— ÉTYM. Wallon, proûv; provenç. proto, proo; catal. proba; espafjn. prueba; ital. prova, pruova; du latin proba, échantillon, essai, de même radical (|ue probare (voy pbouveu).
PRECX (preû), adj. m. Vaillant, braye. On ne peut se faire un plus beau et un plus juste panégyrique, mon cousin, que celui que vous faites de votre preux et de votre généreux ami feu le duc de Saint- Aignan, sÉv. 17 juin <687. Moi, répondit notre preux chevalier [le lièvre qui fait le brave], je ne reculerais pas, quand toute la gent chienne viendrait m'attaquer, fén. t. xix, p. Ii3. || S. m. Un ancien preux. Les neuf preux. Dites surtout aux fils des nouveaux preux Que j'ai chanté la gloire et l'espérance.... BÉR. Bonne rieiiie. Tranquilles cependant, Charlemagne et ses preux descendaient la montagne et se parlaient entre eux, a. de vignt, le Cor. Il Les neuf preuses, nom donné dans le moyen âge k neuf femmes guerrières, Tammaris, reine d'figypte, Deifemme, Lampredo, Hippolyte, reine des Amazones, Sémiramis, Pentésilée, Tancqua, Deisille et Ménélippe.
— HIST. XI* s. Rolans est proz et Oliviers est sage, Ch. de Uni. Lxxxv. || xn- s. Et un suen escuier n'i volt il oublier, Rogier de Crai, un brun, un prode bachelier. Th. le mart. 48, Mielz valt fiz à vilain qui est prouz et senez, Que ne fait genlilz hun failliz et débutez, 16. 6.1. Li marenier [les matelots] orent paor; Li plus sage pu i saveient, Et 11 plus pros po i veeient, wace, Vierge Marie, p. 6. E Judas ol le renon des Romains, que il estoient prcu/ des armes, Uachah. i, s. Lors li manda Jonathas mile prodes homes, ib. i, 1 1. Dit Alaîs, la preus et la senée, R. d$ Cambrai, CLXXiv. Prou furent, et vous fustes pros, Et jo vous lien à vaillans tos. Brut, V. 12898. Quar ice [cela] non est proz à conseillar, Gérard de Bosï. p. 324.||xiti' s. Chars de vielle chievre n'est preus au cors de l'home, alebhant, f. 46. Cil poisson ne sont preu J user, id. f° «2. La prode famé l'e-sgarda, Granl joie on fist, si l'ot la [l'octroya] , HABIB, Fable 33. Amur n'est pruz se n'est égals, id. F.quitan.... la dameiseleQui tant est
pru7 et sag? e bêle, lo. Frêne Fruiz n'est prous
qui ne niaflre [mtirit], Poésies mss. avant )3oo, t. I, p. 468, dans LACUBNE, au mot fruH. Li dus do Venise, qui avoit non Henri Dendole, et estoit moult preus et moult saiges, villeh. x. Et en li demanda pourquoy il n'avoit dit aussi preudhomrae : pource, flst-il, que il a grant différence entre preu homme et preudomme, joinv. 276. || xiv* 8. Trestou7. les romanciers qui ont lonc temps musez En ce qu'ont reconté les faiz des proudes hommes, Girart. de Hoss. Prol. Disl li dus Ile ducj : preu neveu, n'otreions ta rnqueste ; Qu'elle n'est droituriere, suffisant ne honeste, ib. v. 2945. Homme, en quelque estât qu'il soit, ne peut avoir meilleur trésor que de preude femme et saige, Minagier,
I, 4. Je oroy que, quand deux bonnes preudes gens sont mariés, toutes autres amours sont reculées, ib.
I, 6. Li rois de Chypre, qui est et proub et sage, BONiFAZio DEOLl UBERTi , Dittamondo , IV, SI. Ali Dieux ! dient François, Bertran . est tous ravis, Ne se sait reposer ne de jour ne de nuis ; Au nombre des neuf preuz deveroit estre mis, Guescl. I8603. Lequel Bonvâllet, qui a esté continuellement preux et haitiez environ six semaines depuis ladite mellée, du canoë, probus. {| xvi* s. 0 vous nymphes, muses, sybilles preuses, j. ma rot, v, 3 ta.
— ÊTYM. Provenç. pros ; itaj. pro, proda. Mot très-difficile. En français le nominatif est pros, le régime est prou, preu, et quelquefois prode; le pluriel nominatif est pros et prou; le régime pluriel est pros, et aussi prodes; au féminin, le nominatif est preus, prux et aussi prode. Le provençal dit au masculin et féminin proi, sans distinction de cas. D'après la règle de l'ancien français, ces formes supposeraient un adjectif latin qui serait le même pour le masculin et le féminin, par exemple prodis; mais prodis n'esiste pas dans la latinité. Diez hésite entre une dérivation de la préposition pro, pour, et l'adjectif pro&HS, Raynouard se déclare pourprobus. Le fait est que le bas-latin rend constamment preux pSiT probus, et prouesse par proWfos; sens qui, étant étrangers à la latinité, peuvent avoir été attribués à ces mots à cause d'un vague sentiment d'une communauté entre preui et proftuj. Dans cet état de choses, il n'est pas impossible queprobus, qui avait un adverbe probiler, se soit changé en prohis, et de là en prodis; on a des exemples de cette mutation : la préposition od pour ob, représentant de apud, et en italien bue brado, jeune bœuf non dressé, au lieu de bue bravo. .Mais jusqu'à présent cela ne dépasse pas la valeur d'une conjecture. Malgré quelques coïncidences de seni, ce qui empêche de tirer preux, prode, de prudens, prudentem, c'est que le régime sérail dans l'ancienne langue proent.
t PRÊVALENCE (pré-va-lan-s') , s. f. Qualité d'une chose qui prévaut.
— HIST. xvi* s. Prevalence, cotgbave.
— ÉTVM. Prévaloir.
PRÉVALOIR (pré- va-loir) , v. n. U se conjugue comme valoir, e.\cepté au présent du subjonctif oii il fait : que je prévale, que tu prévales, qu'il prévale, que nous prévalions, que vous prévaliez, qu'ils prévalent. Il 1° Remporter l'avantage, en parlant des personnes. Il fut donné à celui-ci [Cromwell] de tromper les peuples et de prévaloir contre les rois, boss. Reine d'Angle! Celui-ci [Philoclès] était sans empressement, et laissait l'autre [Protésilas] prévaloir, FÉN. Tél. xiii Bientôt j'aperçus que vous prévaudriez sur la ligue, et votre courage me donna lionne opinion de vous, ID. Dial. des morts mod. [Henri IV, Sixte V) Il ^Philippe II] étendait sa domination au bout de l'Amérique, et ne pouvait prévaloir contre la Hollande, volt. Mœurs, I66. Pour empêcher la maison d'Autriche de trop prévaloir, id. touiï XIV, 7. Il II se dit aussi des choses. Si l'amour du pays doit ici prévaloir, corn. Cinna, 11, 4. Les paroles des méchants ont prévalu contre nous, saci. Bible, Psaum. mv, 4. L'Église contre qui l'enler ne peut prévaloir, boss. Hist. 11, 3. L'erreur prévalait partout, m. ib. II, 5. Le vice n'a pas encore prévalu jusqu'à pouvoir obtenir du momie, que le monde l'approuvât, BOURDAL. Pénitence, 2" avent, p. 494. Que les abus autorisés souvent par le plus grand nombre des ministres ne préva'ent j.Tmais auprès de vous contre les règles saintes qui les condamnent I MASS. Confér. Sécess. du bon exemple. \\ 2" Prévaloir à, se trouve souvent dans le xvii' siècle. Si la mollesse de leurs conseils ne prévaut pas toujours à la vigueur et aux bonnes inclinations de leur maîlre, BAiz. De ta cour, 6* dise. Pourquoi son sentiment prévaudra-t-il au nôtre T boss. 6" oeer(. 111, 55. Les apôtres ont prévalu à tous les empereurs, id. Ilisl.
II, It. Ce sont des occasions particulières lesquelles ne doivent point prévaloir à la maxime générale, BOURDAL. Pensées, t. i, p. 337. L'esprit de pique et de jalousie prévaut chez eux à l'intérêt de l'honneur.... LA BRUY. XII. Il 8" Se prévaloir, v. réft. Tirer avantage Ils se sont prévalus, elle s'est prévalue de ces avantages. Qu^nd il se prévaudra de ce nom déjà pris, COBN. Iléracl. 11, a vous faites sonner terriblement votre âge; Ce que de plus que vous on en pourrait avoir. N'est pas un si grand cas pour s'en tant prévaloir, mol. Mis. m, 6. N'auraient-ils pas pu [les premiers chrétiens] se prévaloir de tant de guerres civiles et étrangères dont l'empire romain était agité? boss. &• avert. tt. C'est le peuple du monde [les Anglais] qui a le mieux su se prévaloir
à la fois de ces trois grandes choses, la religion, le commerce et la liberté, montesq. Esp. xx, 7. || Absolument Allons!... ce que j'en dis n'est pas pour me vanter.... Je ne me prévaux point, mais je vous félicite, collin d'harleville, Vieux célib. 1, a. 114" Tirer parti, user (archaïsme qui n'est plus guère usité). Ainsi se conserve le corps humain, en y maintenant une bonne constitution, en se prévalant des secours dont la faiblesse des choses humaines veut être appuyée, boss. Polit, vu, i, t. Je chercherai, si vous y consentez, à me prévaloir sur vous des trois cents francs de Mlle Levasseur, J. J. Rouss. Lett. à Michel Bey, août (786. Les dix louis dont vous craignez de vous prévaloir, ID. Lett. à Sauttersheim, 2) juin t764.
— aEM. 1. Dans se prévaloir, le pronom personnel est construit avec un verbe neutre comme dans s'enfuir, s'écrier, et anciennement se dormir; ce qui lui donne un sens refléchi (voy. se). Il %. « Quoique ceux qui s'attachent à l'exactitude de la grammaire soutiennent que c'est ainsi qu'il faut parler [prévaille]; on dit à la cour prévale et non pas prétaille; et c'est la cour qui nous doit servir de règle. » th. corn. Prévale est devenu le subjonctif usité.
— SYN. SE PRÉVALOIR, SE TARGUER. Dans Se prévaloir il y a une idée d'avantage, de prépondérance qui n'est pas dans se targuer, qui exprime seulement le désir qu'on a d'humilier les autres.
— HIST. xvi* s. Se prévaloir [tirer parti] de la ' sottise ou de la lascheté des ennemis, mont, i, 28. i Ils abandonnèrent la ville d'Annonay, après avoir
gasté les grains et vivres qui resioient en icelle, de ' peur que les ennemis ne s'en pussent prévaloir ! [servir], casteln. M8. Il se voulut élever [fâcher], se prévalant de sa maistresse, et se deffendre par plusieurs raisons, id. t»3. N'en congnoissant aujourd'hui autre [chevalier] qui le prevalust, n. Flores de Grèce, f° cxtiv, dans lacurne.
— ÉTYM. Lat. prmvalere, d&prse, avant, et valere, valoir.
PRÉVARICATEUR (pié-va-ri-ka-teur) , s. m.
Il !• Celui qui prévarique. J'ai regardé comme des prévaricateurs tous les pécheurs de la terre, saci, Bible, Psaumes, cxviii, 119. Ce fut de la sorte que Mcnelaûs, prévaricateur de la loi, mourut sans que son corps fût mis en terre, m. Machab. u, xiii, 7. ;î Fig. Jamais on ne me verra, prévaricateur de la
I vérité, plier dans mes ég:irements mes maximes à
I ma conduite, j. j. rouss. I.elt. à M' R. n janv.
! 1770.112° Adj. Un juge prévaricateur. Une loi....
j qui réduisait les plus ziMés citoyens à l'aUernative ou de se perdre eux-mêmes par un conseil lidèle et courageux, ou de laisser périr leur patrie par un silence timide et prévaricateur, rollin, llist. anc. (Euvr. t. VI, p. 68, dans pougens. || Il se dit aussi au féminin (non donné par l'Académie). Tu engendreras dans la douleur, dit Dieu à la femme prévaricatrice, DinER. iVouD. pens. phil. 37.
— HIST. XIV* s. Juge prévaricateur, oresme. Thèse de meunier.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. prevaricador ; ital. preraricatore ; du lat. prxvaricatorem {\0}/. phbvariquer).
PRÉVARICATION (pré-va-ri-ka-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. Action de prévariquer. Les lois laissaient un libre cours aux prévarications, parce qu'elles ne prescrivaient ni les formes ni les principes qu'on devait suivre invariablement dans les jugements, condill. Hist. anc. xi, 4.
HIST xii' s. Li oil [les yeux] ki estoient male-
ment enlumineit en la prévarication, st bern. 569, Il xvi« s. Or avoit-il promis [Du Perron] de faire une prévarication subtile, do laquolle estant sur le poinct.... d'aub. Hist. m, 3fl5. J'oserois croire qu'il [Socrate] s'y presta aulcunoment lui mesnio |à sa condamnation], par prévarication, à desseing, ayant de si prez à souffrir l'engourdissement des riches allures de son esprit, mont, m, 274.
— ÊTYM. Lat. prxvaricationem (voyez prévariquer).
PRÉVARIQUER (pré-va-ri-ké), je prévariq lais nous prévariquions, vous prcvariquiez; que je prévarique, que nous prévariquions, que vous piévariquiez, V. n || i' Trahir les intérêts qu'on est oblige à soutenir. Si vous aviez donné un gouvcniornent à quelqu'un de vos sujets, et qu'il eiit prévarique.... ROLLIN, llist. anc. (liuv. t, 11, p. too, dans pouokns. 112" Manquer à son devoir, à ses obligations. Dès que les chefs destrihus furent entrés dans les tentes des filles de Madian,lout Juda prévafiqua, et il s'en trouva peu qui se conservassent purs de l'ini'iuité commune, hass. Petit carême, Vie. et vert, des
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