PRIME I
t PRIMA-MENSIS (pri-ma-min-sis'), ». f. Nom
PRI
latin qu'on donnait à une assemblée de docteurs de la Faculté de théologie de Paris, qui se réunissait le premier de chaque mois, pour conférer d«s affaires de celte Faculté.
— ÉTYM Lat. prima, sous-entendu dies, le premier jour, et mertsis, du mois.
PRIMAT (pri-ma; le t ne se prononce pas et ne se lie pas, au pluriel, 1'^ se lie : les pri-ma-z espagnols), s. m. 111" Nom donné à quehiues archevêques qui, par d'anciens droits, ont une sorte de supériorité sur tous les évêques et archevèiucs d'une région. Saint Cyprien et l'évêque d'Afrique, dont il était le primat^ boss. Déf. tradit. commun. u, 30. On dit communément : après un tel, qui sera chancelier? qui sera primat des Gaules? qui sera pape? la bruy. xii. Un curé de nos provinces est jugé en matière purement ecclés'astique par l'offioialité de son évêque ; il en. appelle au métropolitain, du métropolitain au primat, n'est-ce pas assez? volt. Pol. et lég. Le cri des nations, Juges délégués. Ce Thomas Becqiiet. avocat élevé par le roi Henri If à la dignité de chancelier, et enfin à celle d'archevêque de Cantorbéry, primat d'Angleterre et légat du pape, devint l'ennemi de la première personne de l'État dès qu'il fut la seconde, ID. Mœurs, 60. || Il y avait trois primats en France : l'archevêque de Lyon se disait primat des Gaules ; celui de Bourges, primat d'Aquitaine; et celui de Rouen, primat de Normandie. Le premier et le dernier subsistent encore aujourd'hui. || Adj. Archevêque primat. Prince primat. || Depuis la nouvelle législation ecclésiastique, le titre de primat est purement honorifique en France. || 2° En parlant de la Grèce moderne, les primats, les principaux d'une ville, d'un lieu. Il 3° Primat de Pologne, chef du sénat, qui gouvernait dans les interrègnes.
— HIST. XII* s Là fils] durent les persones [les ecclésiastiques] e eslire e doner : N'i voldrent [voulurent] arcevesque ne primat apeler, Th te mart. (27. ||xiir s. Parce qu'il est primat des arcevesques dou roiaume, Ass. deJ. i, 29.
— RTYM. Provenç. primat ; espagn. primado, primai; ital. primate; du lat. primatem, dérivé de primus (voy. prime t).
t PRIMATES (pri-ma-f), s. m. pi. Terme de zoologie Famille de mammifères qui renferme l'homme.
— ÉTYM. Lat. primates, ceux qui occupent le premier rang, dérivé de primus (voy. prime i).
PRIMATIAL. ALE (pri-ma-si-al, a-l'), ad;'. Qui appartient au primat. Juridiction primatiale. Sièges primatiaux.
— HIST. XVI* s. Les sieurs primats, doyens, chanoines et chapitre de l'insigne église de Notre- Dame de Nancy, primatiale de Lorraine, Pfouv. coust gén. l ii, p. t066.
— f.TYM. Primat.
PRIMATIE (pri-ma-sie), s. f. \\ 1° Dignité de primat. Quelques-uns, pour étendre leur renommée, entassent sur leurs personnes des pairies, des colliers d'ordre, des primafies, la pourpre, la bri'Y. u. Il Étendue et siège de la juridiction du primat. La primatie de Lyon s'étendait sur les provinces de Paris, de Sens et de Tours. Colberl, archevêque de Rouen, prétendit soustraire sa métropole à la primatie de Lyon, st-sim. (08, 161. Il Siège de la juridiction du primat. || Maison, palais du primat. {| 2° Prééminence d'un siège épiscopal sur un autre. Le grand point de la division entre Rome et Constantinople était la primatie, volt. Mœurs, 31. L'archevêque de Lyon déclare dans sa réponse., qu'il ne peut assister à l'assemblée de Chartres, parce que l'archevêque de Sens persiste à ne vouloir pas reconnaître la primatie de l'Église de Lyon, brial, In.H. Mém. hist. et litt. anc. t. iv, p. fii6.
— ÊTYM. Primat.
PRIMAUTÉ (pri-mô-té), ». ^.111° Prééminence, premier rang. Dieu traite les rois avec les mêmei rigueurs.... nous avons vu que la primauté de leur état leur attire une primauté dans les supplices, Boss. Politique, iv, ii, i. La tribu de Juda n'a plui de primauté, rollin, Hitt. anc. Œuv. t. ix, p. 479, dans POUGENS. || Fig. Celui qui, dans l'ordre civil, veut conserver la primauté des sentiments de la nature, ne sait ce qu'il veut, J. j. rouss. Ém. i. Il 2" Puissance qu'a le pape, do droit divin, de faire exécuter les canons de l'Église et de les faire recevoir et observer. Le Fils de Dieu, ayant voulu qui son Église fût une et .solidement bitiesur l'unité, a établi et institué la primauté de saint Pierre, pour l'entretenir et la cimenter, boss. Expo<.de la doct. cath. 21. Il Par extension, il se dit de l'autorité spirituelle attribuée à quelques princes protestaMs.
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Tes évêques catholiques.... furent déposés pour avoir constamment refusé de souscrire à la primauté de la reine [Elisabetii] , Boss. For. i, 12. |1 3° Terme de jeu. Droit et avantage de jouer le premier. Tirer i qui aura la primauté. || Fig. Gagner quelqu'un de primauté, le devancer, le prévenir. Vous cessez lie m'aimer, vous me croyez quitté; Mais j'ai ilepuis longtemps gagné la primauté, gresset, Héchaiil, v, 7.
— HIST. XVI* s. Les patriarches assembloyent le concile de tous les evesques respondans à leur primauté, salv. insti(. 859. Jeneleurpermettray point d'inférer de là qu'il [l'évêque de Rome] ait primauté par dessus les autres, ID. l'b. S8B. Ce prince ne mascha point à ce vieillard que c'estoit à luy à cedder de dignité aux Guisards, leur déférer la charge des armées et la primauté du conseil, d'alb. HisL i, 87.
— ÊTYM. Lat. fictif, primalitatem, dérivé depri-
mUS (VOÏ. PRIME I).
I. PRIME (pri m'), adj. Mot ancien qui signifiait premier, et qui n'est plus usité seul; on s'en sert encore dans les locutions suivantes. || 1° De prime abord, en premier lieu De primç abord sont par la bonne dame Expédiés tous les péchés menus, la PONT. Mnri conf. Vous figurez-vous que, de prime abord, j'aille lui reprocher, comme un gouverneur, ses fredaines? M"' d'épinay, J/cm. t. i, p. 3u3, dans pouGENS. Il i° De prime face, à la première vue. Les peuples croyaient de prime face que.... g. naudé, Apologie, p. 72. Restait sans plus d'y disposer la femme : De prime face elle crut qu'on riait, la font. Mandrag. || 9° De prime saut, loc. adv. Subitement, tout d'un coup. Il 4° En aigt hre, petit signe qui désigne le premier degré d'une lettre prise à plusieurs degrés : a', a', a'", se lisent : a prime, a seconde, a tierce. || 5' Terme de pêche. Sardines de prime, sardines prises au coucher du soleil. || On dit par opposition : sardines d'aube. || Morues de prime, celles qui arrivent les premières en Europe après la pêche annuelle. || Voyiige de prime, le premier voyage de l'année, fait par les pêcheurs au banc de Terre-Neuve, et qui fournit une pêche plus abondante que le second. Il 6' Oige de prime, escourgeon.
— HIST. XIV" s. Si coma il semble de prime face, ORESME, Eth. tsi. Il XV' s. De prime face fut advisé que tout se mettroit à pied.... comm. i, a. De prime saut, i.ouis XI, A^our. xiv. || ivi* s. Du prinsault [du saut de terrej, il a laissé en mémoire de petits miracles [à propos de l'agilité de son pcrel, mont, l, <7. Estre le premier de la Grèce, c'est facilement estre te prime du monde, ID. m, (94. Les passions ne nous saultent pas tousjours au collet de prinsault, ID. IV, 246. Lorsque le cors dort, l'ame receoypt participation insigne de sa prime et divine origine, BAB. Pant. III, 13. De la prime cuvée, id. ib. m, 38. De prime arrivée ilz nous feirent quasy paour, ID. ib. v, 4 9. Aristoteles, prime homme et paragon de toute philosophye, m. ib. On les eust prins à la prime [au premier abord] pour de petits anges, tveu, p 673. C'est une prime fleur encore toute tendre : Espoux, garde toy bien brusquement de la prendre, aoNS. 737.
— ÊTVM. J'rovenç. prim; espagn. et ital. primo; du lat. primm; qui paraît être un superl.itif comparable au grec Tipûto;, et au sanscr. pratama. L'ancienne langue avait aussi un adverbe primes, fait comm-; certes, et signifiant d'abord.
2. PRLMK (pri-m'), s. f. ||1° Terme de liturgie catholique. La premirre des heures canoniales; elle commence à six heures du matin. Chanter prime. Dire prime. Assister à prime. || 2» Terme de vénerie. De haute prime, sur-le-cham[i. US" Terme d'astronomie ancienne. La première apparition d'un astre. Il La lune est en prime, son croissant commence à te montrer.
— HIST. XIII* s. As uns Liut [ôte] et as autres done; Sept fois mue entre prime et none, FI, et Bl. 2509. Il XIV* S. Helas ! que tu dis de paroles à prime, dont il ne te souvient à tierce, K^nngicr, I, 3. Il XV* s. Et le roi d'Anglolcrre s'en estoit parti à petite prime, proiss. i, i, n». ||xvi's. Beaulx jambons, et force souppes de prime, rab Carg. i, 21.
— ÈTVM. Lat. prima, sous-entendu hora, la première heure (voy. i-rime i)-
3. PRLMK (pri-m'), ». f. Terme d'escrime. La première garde ou position, qui est celle où le corps «6 rencontre en achevant de tirer l'c'pée.
— ÉTVM. Ainsi dite parce que c'est la prime ^voy. ritiHE <) position.
4. PRIME (pri-m'], t. f. La laine la plus fine. Prime dn Ségovie.
— ËTYM. Ainsi dite parce que c'est la prime (voy. PUMK I) laine.
t 6. PRIME (pri-m'), t. f. Dans la division du
mrirc ffti' ri'nt, la vingt-quatrième partie d'un grain. 6. PRIME (pri-m'), s. (. Il 1° Somme donnée pour prix d'une assurance. La prime, ou coût de l'assurance, sera payée en son entier lors de la signature de la police, OnUmn. août t68l. || 2° Somme accordée à titre d'encouragement à l'agriculture et à l'industrie; par exemple aux propri-taires ou fermiers qui ont produit les plus beaux chevaux, les laines les plus fines, engraissé avec le plus de succès des b>=:'fs, des moulons, perfectionné la cj''Hre, etc. On -iv-me également des primes aux pos^es^furs d'étalon» ou de juments approuvés, autorisés. Les primes sont distribuées par le gouvernement, lessociéiés savantes, les comices agricoles, les associations spéciales, etc. En tG4(, on équipa des busses dont le port fut limilé à «o tonneaux ; on leur accorda des primes d'encouragements, NOËL, Instit. Ilém. scienc. phys. et math. Snv. étrang. t. I, p. 336. (| Il est également accordé des primes pour la destruction des animaux lïfelfaisants. ||Sedit des encouragements que le gouvernement accorde pour différentes pêches, telles que celles de la baleine, du cachalot, de la morue. Il 3* Ouvrages ou objets que les journaux donnent pour encourager aux abonnements |1 4° Terme de bourse. Â la bourse de Paris, on cote les actions et les obligations d'après le pair; quand le prix est supérieur au pair, l'excédant prend le nom de prime. L'or était à prime, et la banque de France n'avait que de l'argent, d'eichthal, Enquête sur la banque, i8fi7, p. I70. || L'indemnité donnée au vendeur par l'acheteur quand ce dernier annule le marché. Ainsi, le 2 janvier, X.... achète à Z.... 30(10 fr. de rente 3 p. 400 à 7t, dont un franc de prime fin janvier. Si, à l'échéance, X.... résilie le marché, droit qu'il a grâce à la prime et que n'a pas le vendeur, il paye à Z.... 4000 fr. pour la prime sur 3000 fr. de rente. || Réponse des primes, résolution que prend l'acheteur à l'échéance. Elle se fait sur les cours de la dernière bourbe du mois au coup de cloche de une heure et demie pour les Hquidations mensuelles, et le 4 5 pour les liquidations de quinzaine. || Prime à recevoir, marché libre ou à prime de Londres, dans lecjuel c'est le vendeur et non l'acheteur qui a droit d'annuler l'afi'aire, moyennant l'abandon, au profit de l'acheteur, de la prime convenue. || Prime contre ferme, vente à prime et achat ferme. || l'rirne contre prime, achat et vente à prime, mais avec des diflérences dans le taux de la prime. || B" Prime se dit, au théStre, d'une somme d'argent qu'un directeur qui demande une pièce à un auteur en renom, donne à cet auteur indépendamment des droits d'auteur.
— ÉTYM. Angl. premium (prononcé primium), prime d'encouragement, prime de bourse; c'e.st le latin premium, récompense.
7. PRIME (pri-m'), s. f. Jeu oii l'on ne donne que quatre cartes, ainsi dit de c« que celui dont les quatre cartes sont des quatre couleurs gagne la prime. Je plains la pauvre Mongoberl; mandezm'en toujours des nouvelles et de votre jeu : il me semble que je vous vois, avec vos petits doigts, tirer des primes; tous ces temps sont derrière nous, sÉv. 238. Il Avoir prime, avoir ses quatre cartes de couleur différente. || Il y avait deux sortes de jpu de prime, la grande et la petite, qui riifléraient l'une de l'autre par le nombre de points dont elles se composaient. C'est brûler à petit feu que de savourer ainsi dix ou douze jours une violente inquiétude; c'est tirer son jeu à petite prime, sÉv. M août 4670. Il ne joue ni à grande ni à petite prime, la nRUY. xii.
— HIST. xvi* s. Le roy, le pape et le prince germain Jouent un jeu de primo assez jolie: D'arme est leur vade, et l'envy l'iialie; Et le roy tient le grand poinct en sa main, st-gel. 06. J'ay ouy dire que le plus grand sujet que le roy [d'Espagne] prit de l'aimer [Ituy Goinez] fut qu'en jouant un jour en Flai.dres à la prime avec deux autres, un grand reste y allant du tout, qui montoit à vingt mille escus; ce roy d'f'.spagne, allant d'alfection a la prime, la vint à rencontrer, dont il fut très aise; car qui que ce soit, et mesme un grand seigneur et libéral, est avare au jeu; soudain s'escriant qu'il avoit prime, Ruy Gornez avoit cinquante cinq, le quel, pour n'empeischer la joye que le roy son niaislre avoit il'avoir rencontré prime, en monslrant son jeu au tiers et au quart, il jette ses cartes, et les me.sle parmy les autres, disant seulement : je le quitte, brant. Cap. étrang. t. u, p. 147, dans LACUBNK. Jeanne de Sicile, qui fit mourir son mari Andréas qui vouloit la faire mourir, gaigna le devant
et gaigna i la prime, ainsi que le droit de nature le permet, iD. Dames ill. p. 363, dans Lacurnk.
— ÊTVM. D'ajirès la définition du jeu, il semble que prime est équivalent à prime 6.
8. PRIME (pri-m'), s. f. Terme de lapidaire. Cristal de roche coloré qui prend le nom de la pierre fine dont il se rapproche le plus par sa nuance. Les grands vases ou morceaux d'emeraude que l'on montre encore aujourd'hui dans quelques endroits, tels que la grande jatte du trésor de Gênes, la pierre verte pesant vingt-neuf livres, donnée par Cha'-Iemagne au couvent de Reichenau, ne sont que des primes ou des prases ou même des verres factices, bufp. Jft'n. t. vi, p. 205. La pierre que je viens de décrire a reçu différents noms; queUiues auteurs l'ont nommée prime d'éineraude,; M. de Born l'a appelée schoil feuilleté verdâtre en grandes lames; M. Blumenbach, smara;,'dspath, SAUSsi'RE, Voy. Alpes, t v, p. 200, dans pougens.
— HIST. xiv* s. Uns tableaux de j)re.sme d'esmeraude, de laborde, Émaux, p. 474. || xv* s. Une grant prasrae d'esmeraude, lu. t6.
— ÉTViM. Le même que pnsme.
4. PRIMlî, ÉE (pri-mé, mée), part, passé de primer t. Sur qui on a l'avantage. Ainsi de tous côtés primé par un rival, « orn. Veuvf, il, 5.
[2. PRI.MIÎ, ÉE (primé, mée), part, passé de primer 2. Oui a reçu "une prime. Un cheval primé par le comice.
PRIME ABORD (DE) (pri-ma-bor) , ioc. odt;. Voy.
PRl.ME 1.
PRI.ME FACE (DE) (pri-me-fa-s'), Joe. adv. Voy.
PBIME I.
4. PRIMER (primé), v. n. || 1* Terme de jeu de paume. Tenir la première place, c'est-à-dire d'un côté, être celui qui reçoit le service, et, de l'autre côté, tenir la droite. Il prime fort bien. || 8° Fig. Avoir l'avantage sur les autres. Dans les révolutions qui sont assez grandes pour tenir tous les esprits dans l'inquiétude, ceux qui priment sont toujours applaudis, retz, Uém. t. m, liv. iv, p. 37», dan» POUGENS. On ne prime point avec les grands: ils se défendent par leur grandeur ; ni avec les petits : ils vous repoussent par le qui-vive, la bruy. v. Eschyle eut une si grande douleur de voir un jeune poète venir lui enlever la gloire de primer sur le théâtre dont il était depuis longtemps en possession, ROLLIN, Hist. anc. xxv, i, art. 4", § 2, Que de choses sont comprises dans l'amour du monde ! le libertinage, le désir de plaire, l'envie de primer, VAUVEN. Œuvr. compl. l. i, p. 52, dans pougfns. Je me disais : Quiconque prime en quelque chose, est toujours sûr d'être recherché, J. j. rouss. Cor^ fess. VI] Il Aimer à primer, aimer à paraître plus que les autres, à dominer sur eux. La comtesse est une femme brusque qui aime à primer, à gouverner, à être la maîtresse, mariv. le Legs, se. 1. 1| U se dit aussi des choses qui l'emportent. J'entendais quelquefois sa voix primer sur celles des autres, MARIV. Pays. parv. 2* part. Si cet amour peut être assez vif par lui-même pour primer sur toutes nos passions.... j. J. Rou.ss. Utt. à U. d'0(freviUe, 4 oct. 4671. Il 3° Devancer, anticiper. Le changement de mousson, qui arrive ordinairement en octobre, peut primer comme il peut retarder d'un mois, bou-
O.MNVILLE, Kol/. t. II, p. 376 , dans POUGENS. || Avolf
l'avance. Comme c'est une femme de grande prévoyance [Mme d'Elbeuf], elle a bien jugé qu'il [son mari] lui donnerait sujet de plainte quelque jour; elle n'a pas attendu qu'il primât ; et, entre nous, je crois que M. d'Elbeuf est sur la défensive, busst, dans SÉV. n" 26, édit. bêgnieh. || 4" Y. a. L'emporter sur. Il prime tous ses rivaux. || Terme de jurisprudence. Primer quelqu'un en hypothèque, avoir une hypothèque antérieure à la sienne. 1| On dit de même : qu'une créance en prime une autre. Je n'ai pas lapremière hypothèque, mais ma créance prime la vôtre. || 5" Terme de marine. Primer la marée, partir ou faire une opération quelconque, (|ue'que peu de temps avant une marée favorable, afin de profiter entièrement do cette marée. || Primer un navire en telle manœuvre, le devancer.
— HIST. XVI* s. Le roi de Navarre délibéra de primer [prendre les devants], et se servir en cela da deux de la ville qui.... d'aub. llisl. u, 424.
— f.TYM. Prime t; provenç. primar.
f 2. PRIMER (pri-mé), V. a. Doter d'une primn. Le comice primera le loixjureur le plus habile
— ETYM Prime ».
t PRIMEKOLE (pri-me-ro-r),x.^. Laprimevèr», en quelques provinces (en Normandie, pomerole).
— HIST. xiii's. Ou donnés roses vermeilletes, Pri« meroles ou violetes, la Rose, 8264.
'Itl
f VRIMEROSK (pri-me-rô-i') , t. f. Se dit pour ^asse-rose.
— f.TYM. Prime i, et rote.
PRIME SAUT (pri-me-sô) , loc. adv. Voy. pbime ) .
PRIME-SAUTIER, lËltE (pri-me-sô-tié, liè-r), adj. Oui prend sa résolution du premier mouvement, fins délibération. Des esprits prime-sautiers. Il y a l.inglemps que je vous ai entendu dire que vous étiez prime-sautier, VOLT. Lett. Itichelieu, 3 mai (756.
— HIST. xiii* s. A! Renoars, com estes prinsaulier; Devant tous hommes vos volés essauchier, Koniage Reriouart , ms. de Boulogne-sur-Mer, f' 200 II XVI' s. Prompt, primsaultier, rab. Panl. ni, 36. J ai un esprit primsaultier; ce que je ne veois de la première charge, je le veois moins en m'y obstinant, mont, h, loo.
— ËTYi». Prime saut.
PRIMEUR (pri-meur), $. f. \\ 1' Premiî^re saison, saison des fruits, des légumes. Il prit envie à M. Verrat, qui n'avait pas beaucoup d'argent, de voter à sa mère des asperges dans leur primeur, j, j. Rouss. Confest. iv. || Fig. Richelieu, dans la primeur de son règne, voulut flatter celle [la reine) par qui il régnait, st-eiu. 9, (07. Les nouveaux contes que je faisais alors, et dont ces dames .avaient la primeur, étaient, avant ou après le souper, une lecture amusante pour elles, marmontf.l, Mém. VI. Il i° Plante légumière ou fruit obtenus par une culture forcée ou par la culture dans un climat plus hâtif, avant l'époque ordinaire. Pas la moindre primeur, pas la moindre ressource; Eh ! le moyen de mettre un morceau sous la dent! i.a CHAUSSÉE, Retour imprévu, i, 3. Rien n'est plus insipide que les primeurs, j. i. rouss. Ém. iv. || Fig. Toutes les primeurs plaisent, et surtout celle du cœur, BERN. DE ST-p. t'/ioum. ind. Préambule. Sa Hautesse aime les primeurs [il s'agit d'une jeune captive chrétienne]. Nous vous ferons mahométane, T. HUGO, Orient. 8. || En ce sens, l'Académie dit que le pluriel seul est usité; elle se trompe; le singulier l'est aussi. || 3° Primeur se dit en parlant du vin. Certains vins sont bons dans !a primeur, ils ■ont bons à boire aussitôt après la vendange.
— HIST. XVI' s. Telle primeur [raffinement], bien qu'utile, n'est pourtant nécessaire : ne laissans les arbres de bien profiter, quand, pour les ranger droitement en la fosse, l'on est contraint de n'avoir esgard à telle observation, o. de serres, 046. Ainsi vous, bonnes ménagères, Oui tenez les heures bien cherps En la primeur de vostre ver [printemps], BAlF, Œuvres, p. 260, dans laciirne.
— ETYM. Prime i.
PRIMEVÈRE (pri-me-vè-r'), *. m. || l* Printemps. Il Vieilli en ce sens. || 2" S. f. Genre de la famille des primulacées, d nt une esppce fleurit dès les premiers jours du printemps {primula tem, L.). On boit à Hambourg une espèce de vin léger et Tnuus.sâux qui ressemble au vin de Cliampagne, et qui est fait avec des primevères, genlis, Maison rujf. t. m, p. S'i.l, dans pouoens. || Saint-Lambert l'a fait du masculin , confondant le primevère et la primevère : Ici le primevère élève sur la plaine Ses grappes d'un or pâle, et sa tige incertaine, Sais. i. En tous cas, on ne voit pas pourquoi l'Académie a admis deux genres; anciennement il n'y en avait qu'un.
— HIST. xiii' s. Tant con gemme sormonte voirre [le verre], Or et argent la primevoire.... Pirame et Tysbé, ms. de St-Germ. f° 98, dans lacurne. Il XIV* s. Origan, primevoire, sauge et semblables, H. DE MONDEVILLE, f" 66, verso. || XVI' 8. Lorsqu'on voit retourner la douice primevère, Qui apporte la pluye.... DU BELLAY, IV, 77, verso.
— ÊTYM. Provenç. primver, primavera ; espagn. primavera; du lat. primus, premier (voy. prime i), et ver, printemps.
PRlMICftHIAT (pri-mi-sé-ri-a), *. m. Dignité, ofiice do primicier.
— É TY.M. Primicier.
PRIMICIER (pri-mi-sié; l'rne se prononce pas et ne se lie pas), «.m. Celui qui a la première dignité dans certains chapitres. || On dit aussi princier.
— ÉTYM. Lat. primicerius, le chef d'un corps, de prtmMjt, premier (voy. prime i), et cera, cire : celui qui est inscrit le premier sur la cire, sur les tablettes.
PRIMini (pri-mi-di), t. m. Premier jour de la décade dans le calendrier républicain.
— ETYM. Lat. pri'mut , premier, et die», jour (voy. diurne).
t PRIMINE (pri-mi-n'), ». f. Terme de botanique. U plus externe membrane de l'ovule végétal,
— f.TYM. Lat. primu», premier.
i PRIMIPARK (ori-mi-pa-r"),». f. Termedemé-
PRI
decinc. Femme qui accouche pour la première fols. Il II se dil aussi de toute femelle. Cette brebis est une primipare. || Adjectivement. Une femme primipare.
— ÊTYM. Lat. primipara, de prtnuM, premier (voy. PRIME I), et parère, enfanter.
PRIMIPILAIRE (pri-mi-pi-lê-r') ou PRIMIPII.E (pri-mi-pi I"), s. m. Le premier centurion che. les Romains, c'est-à-dire celui qui commandait la première compagnie de chaque cohorte.
— ÉTYM. Lat. primtpiîaris, priori pilut, de primus, premier, et pilum, javelo'
PRIMITIP, IVE (pri-mi-M , li-v'), ad< ,, l° Oui est en premier lieu, qui précède. VaL^r primitive d'une monnaie. Ce qui (l'âme] doit retourner à Dieu, qui est la grandeur primitive et essentielle, n'est- il pas grand et élevé ? boss, Uuch. d'Orl. On ne le trouve [le chameau] nulle part dans sa condition primitive d'indépendance et de liberté, buff. Quadrup. t. V, p. 26, Il L'état primitif d'une chose, le premier état dans lequel on sait ou l'on conjecture qu'elle était. !| On dit de même : la forme primitive. j! Fig, et familièrement. Cela est bien primitif, cela dénote une trop grande simplicité. || 2° La primitive Église, rKglise considérée dans sa naissance et comme au berceau. Il y avait quelque danger d'idolâtrie à paraître devant les tribunaux d -s païens, ne fiit-ce qu'à cause des serments; c'est pourquoi, dans la primitive Église, les évêques ont été les arbitres des différends qui s'élevaient parmi les fidèles, coNDiL, Hist. anc. xv, b. || On dit de même : Le christianisme primitif, volt. Philos. Ilomél. du past. Boum. || L'innocence primitive, l'état de l'âme avant le péché, || L'homme primitif, Adam, || 3' U se dit, en histoire naturelle, de ce qui a une existence supposée première Que diriez-vous d'un homme qui voudrait rechercher quel a été le cri primitif de tous les animaux? volt. Dicl. phil. A B c. On voit la chaîne des collines primitives d'Hyères passer au nord de cette montagne, Saussure, 3' eoy. aux Alpes, t. v, p. 460,danspOLGENS. Il Terrains primitifs, ceux qui ne contiennent pas de vestiges de corps organisés. || Le monde primitif, le monle tel qu'il était dans les temps les plus anciens. Il Le feu primitif, la chaleur propre au globe terrestre. Toute mine de fer, soit qu'elle ait été produite par le feu primitif.... buff. Min t. iv, p. 32. Il En minéralogie, forme primitive, celle qui offre naturellement la foime du noyau qu'on obtient par la division mécanique. || 4° Terme de grammaire. Langue primitive, absolument, la langue dont l'on suppose que toutes les autres sont dérivées ; relativement, langue qui est à l'état le plus simple et dont une ou plusieurs autres sont dérivées : l'indo-européen primilif. Le langage d'un enfant est l'image de la langue primitive, qui, dans son origine, a du être grossière et très-bornée,... condil. Gramm. l, 2. il Temps primitifs, ceux dont les autres se forment par le changement des désinences. |j Mots primitifs, mois radicaux d'où dérivent d'autres mots. Termes primitifs, soldat, arbre, cheval, par rapport à soldatesque, arbuste, chevalerie, qui en dérivent, u'olivET, Ess. gramm. i, 2. || Substantivement, Elle [l'Académie] n'a dû faire entrer dans son ouvrage ni les termes.... ni les vieux mots, à moins que ce ne soient les primitifs de quelques autres conservés par l'usage, d'olivet, Hist. Acad. t. ii, p. 62, dans lou- GENs. Il 6° Terme de physique. Couleurs primitives, les sept couleurs principales dans lesquelles la lumière se décompose. Ce sont le rouge, l'orangé, le jaune, le vert, le bleu, l'Indigo et le violet. ||Chez les peintres, couleurs primitives, le rouge, le jaune, le bleu, le blanc et le noir. |{ 6° En botanique, plantes primitives, celles qui sont d'origine première, qui ne proviennent point du croisement d'esp'ces voisines, et qui conservent le type de leur race. Il En entomologie, dans l'aile des insectes, nervures primitives, deux grosses nervures parallèles et rapprochées qui tirent leur origine du thorax, et qu'on divise en interne et externe. || 7° En mai ière ecclésiastique, curé primitif, celui qui est originairement curé et qui a un vicaire perpétuel qu'on appelle curé. 1] 8" S. m. pi. Les primitifs, les quakers, ainsi dits parce qu'ils pretemlaient reproduire l'Église primitive. Il fau<lra convenir que ces primiiifs sont les plus respectables des hommes, volt. Mœurs. ib3.
— SYN. PREMIER, PRIMITIF, PRIMORDIAL. Premier indique ce qui est avant le reste : la première langue. Primitif contient premier et y ajoute l'idée d'état premier: la langue primitive, celle qui est dans la forme la plus simple. Primordial contient premier, et y ajoute l'idée d'ourdir, de commencer : la langue primordiale serait, simple ou non, celle
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dont les autres proviendraient. Hais primitif et primordial se confondent souvent.
— HIST. xiv s. Car l'ung avec l'autre réside Soubz uue essence primitive, Nat. à l'alch. errant, 358, Il XVI' s. Ou'ez nations où les lois de la bienséance sont plus rares et lasches, les lois primitifves et communes sont mieiilx observées, mont, m, 374.
— ÉTYM. Provenç primitiu; espagn. et ital. primilivo; du lat. primitiius, de primus, premier.
PRIMITIVEMENT (pri-mi-li-ve-man), adv. En condition primitive. Suivant 'es principes de la religion , cette soustraction de grâces ne vient pas de Dieu primitivement, pour m'expiimer de la sort», mais de nous-mêmes, pourdal. Pensées, 1. 1, p na. Puisque les éléphants «it les autres animaux quadrupèdes de l'Afrique et des grandes Indes ont primitivement occupé les terres du nord dans lesdi-uj continents, buff. Ois. t, xi, p. H4.
— ÉTYM Primitive, et le suffixe ment.
t PBIMITIVITÉ (pri-mi-t-vi-té), ». ^, État de ce qu', est primitif.
PRIMO (primo), ode. Premièrement.
— ÉTYM. Ablalif du lat primus: primo, sousentendu toco, en premier lieu.
PRIMOGÉMTURE (pri-mo-jé-ni-tu-r') , s. f. Il 1° Terme de jurisprudence. Aînesse. Il suivit de la perpétuité des flefs que le droit d'aînes.se et de primogéniture s'établit parmi les Français, mon- TESQ, Esp. XXXI, J-i. Comme les czars se mariaient sans avoir égard i la naissance, ils pouvaient aussi choisir, du moins alors', un successeur sans avoir égard à la primogéniture, volt. Russie, i, 3. Nous abhor>''ins le droit absurde de primogéniture, qui transfè.e le patrimoine entier d'une maison à uii aîné qi- i. corrompt, raynal, Hist. phil. xiii, B3. Il 2° Ail lennement, apanage attaché à une primogéniture. L'un des deux principaux partages de cette maison qu'on appelle primogénitures, vint à son mari M. d'Osnabruck, évêque luthérien, pelusson, Leit. hist. t. m, p. 43.
— HIST, xvi' s, Primogéniture, cotgrave,
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital primogenilura, du lat. primus, premier, et genitura, engendreraent (voy. géniture).
PRIMORDIAL, ALE (pri-mor-di-al, al'), adj. Oui est à l'origine, qui sert d'origine au reste. Une chose peut être dans une autre ... comme l'épi dans le grain.... tous les ouvrages dont l'univers est composé, dans leurs principes primordiaux, Bossuet, 6' arert. i, 6. S'il [Jurieu] avait trouvé ce contrat primordial du roi et du peuple qu'on prétend que le roi d'Angleterre a violé, id. b« otier<. B3, Il n'y a de parfaitement durs que de petits corps primordiaux et inaltérables, éb' monts de tous les autres, FONTEN, Newton. Le titre primordial de la monarchie est le maintien de l'ordre et le soin du bien public, ROLLiN, Hist. anc. Œur. t. ii, p. 88. Toutes les couleurs nous viennent du mélange des sept couleurs primordiales que l'arc-en-ciel et le prisme nous font voir distinctement, volt. Newt. ii, (o. || Terme de géologie. Terrains primordiaux, formation composée de roches plutoniques. On a constaté ijue les agents volcaniques résident sous des terrains primordiaux, coRDiER, Instit. Mém. se. t. vu, p. 475. Il Terme de botanique. Feuilles primordiales , les premières feuilles de la plante, celles qui compusent la gemmule. || Se dit quelquefois des branches et ries racines principales.
— ÉTYM. Provenç. et esp. primordiai; ital. primordiafe; du lat, primordia/i.5, de primus, première, et ordium, commencement, de ordiri (voy. ourdir).
PRIMORDIAI,EMENT(pri-mor-di-a-le-man), ai/!!. D'une façon primordiale.
t PRIMOKOIAI.ITE; ( pri-mor-di-a-ll-té ) , s. f. Qualité, élat ilc ce qui est |)rimordial.
t PIîl.MULACf.KS, s. /. pi. Famille de phintos dont le type est la primevère, primula veris , L.
t PRIMUHiVE (pri-mu-li-n'), s. f. Terme de chimie. Principe retiré des racines de la primevère, primula reris, L. —
PRINCE (prin-s'), ». m. || 1» Celui qui possède une souveraineté, ou qui est d'une maison souveraine. Auprès des princes il est aussi dangereux et presque aussi criminel de pouvoir le bien que de vouloir le mal, RETZ, Hém. t. i, liv. ii, p. (87, dans podge.ns. Un prince sera la fable de toute l'Europe, et lui .seid n'en saura rien. ...ceux qui vivent avec les princes aiment mieux leurs intérêts que celui du prince qu'ils servent, et ainsi ils n'ont garde de lui procurer un avantage en se nujsant ù eux-mêmes, pasc. Pens. u, 8, éd. 11AVET. Soit qu'il [Dieu] éb've les trônes, soit qu'il los abaisse, soit qu'il communique sa puis, sauce ma princes, soit qu'il la retire à lui-même «t
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n« leur laisse que leur propre faiblesse, BOSS. Reine d'Àngfet. Quelque haut qu'on puisse rpmonter pour rechercher dans les histoires les exemples des grandes mutations, on trouve que jusqu'ici elles sont causées ou par la mollesse ou par la violence des »»>-inces. ID. ib. Quelle cruauté que la guerre I et pourquoi tous ces princes se persécutent-ils les uns les autres, et font-ils périr tant d'hommes? maintsnon, Leit. à Vme des Ursins, I8 juill. 1706. Je n'aurais jamais cru qu'on pût être prince et sensible, ro. Lett. au duc. de Noail. H déc. noo. i.es aises de la vie, l'abondance, le calme d'une grande prospérité font que les princes ont de la joie de reste pour rire il un nain, d'un singe, d'un imbécile et d'un mauvais conte, LA BRUY. IX. Les princes ressemblent aux hommes: ils songent à eux-mêmes, suivent leur goût, leurs passions, leur commodité, cela est naturel, ID. IX. On garde le souvenir des mauvais princes, comme on se souvient des incendies et des pestes, VOLT. Charles XII, Discours. Les princes sont les administrateurs et non pas les maîtres des nations; voilà ce que dit la philosophie, et cette vérité a même échappé à des empereurs despotiques, condil. Hij<. m, 5. Il Très-haut, très-puissant et très-excellent prince, formule dont on se servait dans les actes publics en parlant du roi. || On disait : très-haut et très-puissant prince, en parlant des princes qui n'étaient pas rois. || Princes du sang, ceux qui sont sortis de la maison royale ou impériale par la branche masculine. || Princes étrangers, ceux qui viennent d'une maison souveraine étrangère, ou qui en ont le rang. i| Absolument. Les princes, les enfants, les frères ou les oncles du souverain. || Préséance des princes du sang, prérogative qui fut débattue pour la première fois, en (683, entre le cardinal de Guise et Charles rie Bourbon. || Princes possessionnés, se dit des princes du sang qui jouissaient d'un droit de souveraineté dans quelques provinces. Il Monsieur le Prince, se disait, absolument, du premier prince du sang, à la cour de France. || Le Prince Noir, surnom donné à Edouard, prince de Galles, fils d'Edouard (II; il gagna la bataille de Poitiers. || Vivre en prince, tenir un état de prince, avoir un équipage de prince, être vêtu en prince, vivre splendidement, avoir un grand équipage, être magnifiquement vêtu. || Familièrement. Comme un prince, très-bien. 11 est habillé comme un prince, et bon garçon au dernier point, sÊv. 3(6. On me donna une belle chambre où il y avait un bon lit, et l'on me servit comme un prince, LE sagk, Guzm. d'Alf. ii, 6. || Ironiquement, t'ami du prince, l'agent des plaisirs secrets d'un prince ou de quelque personnage puissant. || Un bon prince, un prince qui gouverne bien. Le troupeau est-il fait pour le berger, ou le berger pour le troupeau? image naïve des peuples et du prince qui les gouverne, s'il est bon prince, la bruy. i. || Fig. et familièrement. Il est bon prince, se dit d'un homme d'un caractère facile, qui ne se fâche pas. M. des Soupirs est bon prince, il entend raillerie autant qu'homme du monde, dancoubt, Été des coquettes, se. 7. Il 2' Absolument, avec l'article défini. Le sou- Terain du pays dont on parle. Je définis la cour un pays où les gens, Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents, Sont ce qu'il plaît au prince, la pont. Fabl. vjii, 14. La monarchie se perd, lorsque le prince, rapportant tout uniquement à lui, yipelle l'État à sa capitale, la capitale à sa cour, et la cour à sa personne, m()nte.sq. [(sp. viii, 6. Si le prince savait, dit le peuple; ces paroles sont une espèce d'invocation, et une preuve de la confiance qu'on a en lui, ID. ib. xir, 23. || 8° Le prince se dit quelquefois du gouvernement dans les Etats républicains. Le corps entier considéré par les hommes qui le composent s'appelle prince, et, considéré par son action, il s'appelle gouvernement,j.j.ROUSs. l^m.v. Il Le Prince, titre d'un ouvrage de Machiavel. Il On appelle, en droit, xrinco, le gouvernement quel qu'il soit. Fait du pffnce, un acte -de gouvernement qui fait fonction de force majeure, et auquel on ne peut résister. || 4° Les princes de la terre, les hommes du rang le plus élevé. Telle est la destinée des rois et des princes de la terre d'être établis pour la perte comme pour le salut du reste des hommes, MASS. Petit car. Purif. || 5° Le prince des ténèbres, le démon. || On dit dans la même sens : Le prince de ce monde, pasc. Pent. xxiil, 3«, éd. iiavet. (I 6' Celui qui, sans être de maison sf)iiveraine, possède des terres ayant le titre de principauté, ou celui Aqui un souverain a donné ce titre. Un prince d'Allemagne. Monsieur le prince un tel. Tout petit prince a 'f»s ambassadeurs. Tout marquis veut avoir des Va«e», LA FONT. fabl. u '• Il 1' Prince* de l'Ëalisa.
les cardinaux, tes évêques. Les évêques se laissent appeler princes de l'Église (au lieu de révérends pères en Dieu) par ceux qui leur di dient des llièses, DE CAiLLiÈRES, <690. ||Le prince des apôtres, saint Pierre, || Les princes des apôtres, saint Pierre et saint Paul || 8* Il se dit de ceux qui ont une domination, un empire. En se rendant ainsi les facteurs et les néf,'ociants de tous les peuples, ils (les Phéniciens] lofaient devenus les princes de la mer, ROLLiN, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 210, dans pougens. !l 9° Fig. Le premier en mérite, en talent. Vous imitez l'humeur de Cicéron, ce prince des orateurs, cosTAR, Apologie de Voiture. N'espérez donc plus rien, mon père, de ce prince des philosophes [Aristolel, et ne résistez plus au prince des théologiens [sain' Augustin], qui décide ainsi ce point.... pasc. Prof '-' ro« nouveaux antagonistes d'Homère ne pouvaien! «apporter l'idée qu'un homme fût réputé pendant vingt-six siècles le prince des poètes, qua- TBKMÈRE DE ouiNCY, Itist. Ùém hist. et litt. anc. t. IV, p. t02. Il Prince des médecin», surnom qui fut donné à Avicenne, vers la fin du x* siècle. || Par antiphrase, le prince des fous, des sots, l'homme le plus foa, le plus sot. Un accident fâcheux que je lui voulais dire Se pouvait éviter sans ce prince des fous, SCARRON, D. Japhet, iv, 2. || 10" Terme d'histoire romaine. Le prince du sénat, le sénateur que le censeur nommait le premier en lisant la liste des sénateurs. || Prince de la jeunesse ou de l'ordre équestre, sous la république, celui que le censeur nommait le premier, en faisant le dénombrement de cet ordre de citoyens. || Plus tard, le princodela jeunesse, le jeune prince de la famille impériale que l'empereur mettait à la tête des fils de sénateurs pour la célébration de jeux troyens. || Dans l'armée, les princes, jeunes soldats qui, originairement, formaient la première ligne de bataille de la légion ; dans la suite ils furent placés au second rang. || 11° Chez les Hébreux, les princes du peupie, ceux qui étaient à la tête des tribus. Il [Moïse] les établit princes du peuple, pourcommanderles uns mille hommes, les autres cent, les autres cinquante, et les autres dix, saci, Bible, Eiode,xvm, 26. Nahasson, fils d'Aminabad, sera le prince de sa tribu, id. ib. Nomb. II, 3. Il Princes de la captivité, nom donné à ceux d'entre les Juifs qui, pendant la captivité, gouvernaient le peuple. || Princes de la synagogue, nom de ceux qui présidaient les assemblées populaires ou religieuses. || Prince des prèires, le grand prêtre en exercice. || 12° Dans le moyen âge, titre du chef de différentes confréries joyeuses. Prince des sots. Il Titre qu'on mettait en tête des ballades, parce qu'on les adressait à celvi qui avait eu le prix lan d'avapt, et qui était dit roi des poètes. Il 13° Terme de métallurgie. Une des principales pièces de l'ordon d'un marteau. || Proverbes. Ce sont jeux de prince, qui ne plaisent qu'à ceux qui les font; ou c'est jeu de prince qui ne plaît qu'à celui qui le fait; ou, absolument, ce sont jeux de prince, amusements ou jeux dans lesquels on se met peu eu peine du mal qui peut en résulter pour les autres. Le bon homme disait : ce sont là jeux de prince, Mais on le laissait dire, la font. Fabl. iv, *. Une chose assez plaisante et dont la reine [Christine de Suède visitant l'Académie française] se mit à rire toute la première, ce fut que, le secrétaire voulant lui montrer un essai du Dictionnaire qui occupait dès lors la compagnie, il ouvrit par hasard son portefeuille au mot;cit, où se trouva cette phra.se : jeux de prince qui ne [ilaisent qu'à ceux qui les font, pour signifier des jeux qui vont à fâcher ou à blesser quelqu'un, d'olivet, Hist.de l'Acad franc. Suivant un autre récit, plus authentique, là reine de Suède.... rougit et parut émue.... le Dictionnaire venait de lui rappeler ce que, trois mois auparavant, elle avait fait à Fontainebleau, et quel sanglant jeu de prince elle y laissa sur son passage, viLLEMAiN, Préface du dict, dt l'Académie, (836. .... Ce sont là jeux de prince ; On respecte un mou lin, on vole une province, andrievx, Meunier Sans- Souci. Il Les princes ont les mains longues, leur pouvoir s'étend loin.
— HIST. xii' s. Li religius prince, qui volt bonté amer, Deit noveles igli.ses drescier e alever, Th. le mart. 73. || xiii* s. Mains grans princes ce jour de sirvir |à table) se (iresente, Berte, x. Car cil qui va délit [le plaisir] queiant, Ses-tu qu'il se fail'i' il se rent, Comme sers et clietis et nices. Au prince de trestous les vices, la Hose, 4444. {| xiv* s. Et est possible que aucuns faceiit bones ouvres, qui ne sont pas princes de terre ne de mer, orrsme, Eth. 32) . Lienorz, qui ot esté li uns des princes le roi Chilperic, du camok, princepi. || xv* s. Ceulz qui
avoient et ont accoustumé de faire en ceste musqué naturelle serventois de nostre dame, chançons royaux, pastourelles, ballades et rondeaulx, portoient chascun ce que fait avoit devant le prince du puy, et le recordoit par cuer; et ce recort estoit appelle en disant après qu'ils avoient chanté leur chançon devant le prince, e. desch. Poésies mss. f° 396. Il XVI' s. Ainsi gouverne-t-on les princes dès leur première enfance, de cette façon que, commettans aucune faute, l'on chastie en leur présence, pour la faute par eulx commise, leurs pages et serviteurs, les accoustumans dès lors à faire les péchez dont leurs subjets portent puis après la pénitence, PASQUIEH, liech. p. 889, dans lacurne. Haine dé prince signifie mort d'homme, leroux de limcy, Prov. t. II, p. 91.
— Rtym. Provenç. princep, prince, prinsi; esp. et ital. prmc/pe; du lat. principem, de primus, premier, et eapere, prendre.
PRINCEP.S (prin-sèps'), adj. Édition prinreps, la première édition d'un auteur ancien.
— ÉTïM. Lat. princeps, premier .(voy. prince).
t «. PRINCERIE (piin-se-rie), s. f. Terme familier. État, qualité, manières de prince. Le cardinal de Rohan avait une facilité de parler admirable et un désinvolte merveilleux pour conserver tous le» avantages qu'il pouvait tirer de sa princerie et de sa pourpre, st-sim. 246, 32.
— ETYM. Princier t.
i. PRINCERIE (prin-serie),*.^. Dignité de princier ou primicier.
— ÈTYM. Princier ».
PRINCESSE (prin-sè-s'), s. f. j| 1° Fille ou femme de prince Dans le brillant commerce il se mêle sans cesse. Et ne cite jamais que duc, prince et princesse, moi;. Mis. ii, 5. Elle viendra cette heure dernière, elle approche, nous y touchons, la voilà venue; il faut dire avec Anne de Gonzague : il n'y a plus ni princesse ni palatine, ces grands noms dont on s'étourdit ne subsistent plus, boss. Anne de Goni. La sage et religieuse princesse qui fait le sujet de ce discours, id. Reine dAnglet. L'amour ne règle pas le sort d'une princesse ; La gloire d'obéiest tout ce qu'on nous laisse , rac. Andr. m, '.i. Il Princesse royale, femme de l'héritier présomptif de la couronne, et, dans quelques pays, héritière présomptive de la couronne. || Familièrement. Faire la prince'-se, prendre des airs de princesse, affecter de grands airs, être fière et exigeante. || Familièrement. Être traitée en princesse, être très-bien traitée. Vous vous accoutumerez à vivre ici avec no» messieurs qui sont d'honnêtes gens ; vous serez mieux traitée qu'une princesse, lesage, Cil Bios, i, 10.11 Fig. et familièrement. Bonne princesse se dit quelquefois d'une femme bonne et commode à vivre, comme bon prince d'un homme. Une chatte fut la figure Que prit la reine des amours; Et, comme elle est bonne princesse. Pour éviter l'oisiveté, Elle contenta la tendresse D'un jeune chat épris de sa beauté, deshoil. Poésies, t. ii, p. I70. Je suis bonne princesse, et je puis dire sans vanité, que j'ai fait mon apprentissage chez une des plus habiles coquettes qui fût au monde, dancourt, Impr. de garnison, se. < . || 2° Femme souveraine d'un État. Elisabeth, reine d'Angleterre, fut une grande princesse, Dict. de l'Acad. || 3° Fig. Amante. Je le sais, ma princesse, et qu'il vous fait la cour, corn. Nicom. I, ). Il En ce sens, il ne se dit plus que dans le style familier. || 4° Terme familier et quelquefois de mépris qui se dit avec des femmes d'une condition inférieure ou d'une conduite équivoque. Oui, ma princesse. Ce sont des princesses à qui il ne faut pas se fier. Adieu donc, mes princesses, Choisissez mieux vos gens pour placer vos tendresses, rkunard, ifi^nfc/i. 11,6. Après quoi je m'approchai d'elle d'un air très-familier, et je lui dis: Ma princesse, vou.i voyez un seigneur qui en a dans l'aile, lesage, Gil Blas, III, 6. J'ai reçu, dans ma vie, deux coupa d'épée pour des princesses qui n'auraient pas été dignes de lacer ton corset, en. de Bernard, la Peau du lion, x. I| 5° Coquille univalve, le sabot marbré. )f 6* Espèce de haricot dont la cosse est fort allongée. || Adjectivement. Des haricots princesses. Il Amandes princesses, les amandes dont le boi» est tendre et facile à briser.
— HIST. XV' s. En ce jour.... retournoit de Cantorliie la mère au roi d'Angleterre, la princepce de Galles, et venoit de pèlerinage, riioiss. ii, il, 108. Et parcoque en diverses seigneuries sont demourans plusieurs puissans dames, si comme baroiinesse» et grands terriennes, qui pourtant ne sont pas appellécs princesses, lequel nom de priLcesse n'affierl e»tre dit que des emperiercs, des rcyues et des du-
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ehesses, si ce n'est aux femmes de ceulx qui, à cause de leurs terres, sont appeliez par le droit nom du lieu, si comme il a en Italie, christ, de pisan, dans DD CANOË, princeps. Dame d'orgueil et de tout mal princesse, e. desch. Poésies mss. ^ 345,
— ÉTYM. Prince; prov. princessa; espagn. princesa; ital. principessa,
(. PRINCIER, 1ÈRE (prin-sié, siè-r'), adj. De prince ou de princesse, qui y a rapport. Titre princier. Terre princière. Famille princière, famille dont le chef a le titre de prince. Habitation princière, habitation magnifique, digne d'un prince. Il Droits princiers, les droits appartenant à un prince. |{ Hg. Avoir une maison princière, faire de l'étalage. {| Abbaye princière, s'estdit d'abbayes d'Allemagne oii l'on ne reçoit que des filles de princes.
— ÊTYM. Prince. Dans l'ancienne langue, princier e.«t substantif et signifie haut seigneur.
2. PRINCIER (prin-sié), s. m. Le même que primiciei, dont il est la contraction.
t PRINCILLON (prin-si-llon, iJ mouillées) , s. m. Terme de plaisanterie. Pitit prince, dont les États sont peu étendus, ou qui est fort pauvre.
— KTYM. Diminutif de prince.
». PRINCIPAL, ALE (prin-si-pal, pa-l'), àdj. Il 1° Oui est le plus considérable , en parlant de personnes. Les principaux magistrats. Quand on bâtit une maison, quoique les maçons, les charpentiers, les plombiers, les menuisiers travaillent bien, le gros de l'ouvrage va mal, s'il n'y a pas un homme principal qui les dirige, pén. t. xxii, p. 499. Tous les principaux citoyens des cent villes [de Crète] sont assemblés ici,iD. Tél. v. || Principal locatair», celui qui loue une maison pour la sous-louer. {| Le principal obligé, le principal débiteur, pour le distinguer de la caution. {| S. m. pi. Les principaux, les personnes principales. Dans la première [division par centuries], les patriciens, les principaux, les riches, le sénat, ce qui était à peu près la même chose, avaient presque toute l'autorité.... montesq. Esp. XI, M. Les principaux de la nation, volt. Philos. Ex. mil. Bolingbr. x. || i' Le plus considérab e, le plus remarquable en son genre, en parlant de choses. Vous aurez du tyran la principale force, CORN. Sertor. i, 3. Ceux qui semblent vouloir irriter le saint-siége contre un royaume [la France] qui en a toujours été le principal soutien sur la terre, boss. Var.-Thér. Dans toutes [les provinces de France] , la principale occupation est l'amour, la seconde de médire, et la troisième de dire des sottises, volt. Cand. 2i. L'abbé Testu, dans les sociétés oii il vivait, chercliait à jouer un rôle distingué, et à se rendre l'objet principal ; ce défaut a été celui de plus d'un homme d'esprit, qui par cette raison aimait mieux vivre avec des sols qu'avec ses pareils, d'alemb. Éloges, Teslu. Il Fig. C'est la principale pièce du sac, c'est ce qui est le plus nécessaire dans une affaire. || Terme de jurisprudence. Conclusions principales, se dit par opposition aux conclusions subsidiaires. || Demande principale, se dit par opposition à une demande accessoire ou reconventionnelle. || Somme principale, se dit du capital, par opposition aux intérêts. Il Le sort principal d'une rente, le fonds, la somme oui a été placée en rente (locution vieillie). Il Terme féodal. Principal manoir, château destiné à l'habitation du seigneur du fief. || 3* Qui domine. Il Terme de grammaire. Proposition principale, celle qui n'en détermine aucune autre; elle est opposée à proposition secondaire ou subordonnée, qui en détermine une autre. Dans j'apprends qu'il e>J arrivé , j'apprends est la principale, et qu'il est arrivé la secondaire. || Terme de peinture. Figure, action principale, celle qui fait le sujet d'un tableau. Il Terme de perspective. Point principal, le point de vue. Rayon principal, ligne qui va de l'œil du spectateur au point de vue. Ligne principale, ligne menée du pied du spectateur au bas du tableau, parallèlement au rayon principal. || Terme de géométrie. Axe principal d'une ellipse, d'une hyperbole, axe qui passe par les foyers de ces courbes. || Terme de musique. Se iit de la partie récitante d'une symphonie. Violon principal. Clarinette principale. Il 4' S. m. Le principal, la chose principale. Nestor n'aura pas oublié les marques de tendresse qu'il donna à Télémaque ; mais le principal est de guérir sa défiance, fén. Tél. x. Le moral, qui, dans le principe, n'est que l'accessoire des passions, devient le principal entre les mains de l'homme, coNPiLL. Traité anim. ii, 8. || 6« Terme de palais. Ce qui forme le fond d une affaire. Évoquer le principal et y faire droit. || 6* La somme, le capital d'une deiu». J* vo)4s paierai, lui dit-elle, Avant Tout, foi
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d'animal, Intérfit et principal, la pont. Fabl. i, < . Le | roi réunit la ferme de tabac à ses autres droits en créant et aliénant, au profit de la compagnie, 9 000 000 de livres de rente perpétuelle, au principal de (80 000 000 de livres, ratnal, Hist. phil iv, 26. On voit des particuliers tirer de leur argent plus de seize pour cent par mois ; et d'autres, surtout parmi le peuple, exiger tous les jours le quart du principal, BARTHÉL. Ànach. ch. 65. Il 7° S'est dit du présent que, par testament, on laissait à l'église où l'on se faisait enterrer.
— REM. Saint-Simon a dit le plus principal, si principal ; c'est un archaïsme. Mon père me présenta au roiel ensuite à ce qu'il y avaitde plusprincipal à la cour, 2b,33 ; Mme Frémont vint à bout de mon mariage à travers les difficultés .jii. iraversent toujours ces affaires si prin ;',^o.ies ae la vie, 28, 6S.
— HIST. XI' s. 11 fiert [frappe] Naymonen l'elme principal [de prince], Ch. de Roi. cgl. ||xiii' s. Un palais i a principel, Kn lot le siècle n'en a tel, Partonop. 965. Et por cou ara [pour cela il y aura] en ceste œvre deus principals parlies, alebrant, f° 2. [Rapine, usure, orgueil....] Qui sont li vice principal Oui au siècle font moult de mal, Baudouin de condé, t. I, p. 470. Li principaus est paies, BKAUM. XLi, 24. Il doit estre premiers contrains à plier le principal et après les damaces, id. xxxv, )5. Que les rues soient pavées Et de pailes encortinées. Et de tires et de cenJaux, Et de garnimens principaux,BJoncanrfin, v. 3983, ||xiv' s. Les biens de l'ame sont les biens très principalx, ORESME, Bth. t7. Il xv S. l.es plus principaux villes, LBFEVHE DE ST-REMï, Hisl. de Charles VI, p. 82, dans LACURNE. Il XVI' s. Les principales parties que mon père cherchoil à ceulx à qui il donnoit charge de moy, mont, i, (97. (Mesures] justifiées contre les principales [étalons] estans vers les eschevins duilit Mons, Coust. gén. t. i, p. 832.
— ÊTYM. Provenc. principal ; ital. principale ; du lat. principalit, de princeps (voy. prince).
î. PRINCIPAL (prin-si-pal), t. m. || !• Celui qui a la direction d'un collège. Le principal de Navarre. Le père principal. {| Aujourd'hui chef d'un collège communal ; le chef d'un lycée, ou ancien collège royal, prend le litre de proviseur. M. le principal. Les principanx de ces collèges.
— HIST. xvf S. Andréas Goveanus, nostre principal [au collège de Guyenne], mont, i, 198.
— f.TYM. Principal i.
t PRINCIPALAT (prin-si-pa-la), ». m. Fonctions de principal, dans l'administration universitaire.
PRINCIPALEMENT ( prin-si-pa-le-man ) , adv. D'une façon principale, par-dessus tout. Il [Dieu] a ordonné dans les nations les familles particulières dont elles sont composées, mais principalement celles qui devaient gouverner ces nations, boss. ilar.-Thér.
— HEM. Caumartin proche parent et ami particulier de Pontchartrain qui s'en servit très-principalement dans l'administration des finances, st-si-
MON, 43, 256. Voy. la REM. à PRINCIPAL <.
— HIST. xiii* 8. Dui règne furent en terre principaument [dans le commencement], brun, latini. Très. p. 26. Il xiv s. Les passions qui res^ardent principaument la vie humaine, oresme, Eth. 46. ilxv s. Et la cause pourquoi principalement ils [Jean Lyon et Maliieu] s'enlreheoienl, je le vous dirai, khoiss. ii, ii, 52. ]|xvi' s. Ce que nous disons craindre principalraent en la mort, c'est la douleur son avantcoureuse coustumiere, mont, i, 3u2.
— ÉTY.M. Principale, et le suffixe ment; provenç. principalmen ; ital. principalmente.
PRINCIPALITE (prin-si-pa-li té) , s. f. Terme vieilli. Office de principal dans un collège.
— HIST. xvi* s. Les plaies qui sont es membres principaux, de quelque principalilé que il soient...
H. DE MONDEVILLE, f° 62, versO.
— ÉTYM. Dans l'ancienne langue, principauté signifiait la qualité de ce qui est principal, dominant.
t PRINCIPAT (prin-si-pa), s. m. |{ 1° Dignité de prince. || 2° Dans la Rome ancienne, dignité du prince du sénat ou du prince de la jeunesse. || Il se dit aussi de la dignité impériale, parce que l'empereur portait le titre de princeps.
— HIST. xvi* s. De ceux qui par voyes vicieuses sont parvenus au principal, ie Prince de MacUiarel,
p. 58, dans LACURNE.
— ÉTYM. Provenç. prmcipoJ; espagn. principado; ital. principato, du lat. principatus (qui avait donné dans l'ancienne langue priticé), de princeps , prioca (voy, pumck).
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PRINCIPAUTÉ (prin-si-pô-té), s. f.\\l' Dignité de prince. Je l'ai trouvé un peu impertinent, n'en déplaise à sa principauté, mol. Prine. d'Él. m, 3. Il Fig. M. Bright, qui partage avec M. Gladstone la principauté de l'éloquence, john lemoinne, Journ. des déb. « déc. 4 868. |1 2° Terre qui donne le titre de prince. La principauté de la ville d'Orange était un ancien fief du royaume d'Arles, devenu indépendant, volt. Mœurs, 464. || Petit État indépendant et immédiat dont le chef a la qualité de prince. || 3° Au plur. Le troisième chœur des anges. Les Principautés (avec un grand P).
— HIST. XIV' s. Oi'.ulz qui ont le? grans richeces et obtienent les principautés et les grans puissances, ORESME, Eth. 228. || XV' S. Avoit le roi d'Angleterre saisi toute la prinçauté de Galles, froiss. II , II , 30. Il xvi* s. Pource que Dieu exerce par les anges sou empire par tout le monde, selon ceste raison ils sont nommez maintenant principautez, maintenant puissances, maintenant seigneuries, CALv. Inst. (05. S'il [un prince] est en cholere, sa principaulté le garde elle de rougir, de paslir...? MONT. I, 330. Les indications prinses de la partie sont tirées de la température d'icelle, de sa principauté et noblesse, de sa forme... paré, Introd. 22.
- ÉTYM. Provenç. principalitat ; du lat. prineipalitatem, de principalis, principal.
PRINCIPE (prin-si-p'), s. m. || 1' Origine, cause première. J'ai tâché de trouver en général les principes ou premières causes de tout ce qui est ou qui peut être dans le monde , sans rien considérer pour cet effet que Dieu seul qui l'a créé , ni les tirer d'ailleurs que de certaines semences de vérités qui sont naturellement en nos âmes , desc. Ift!(h. VI, 3. Ces titres si ordinaires : des Principes des choses, des Principes de la philosophie, et titres semblables aussi fastueux en effet, quoique non en apparence, que cet autre qui crève les yeux : De omni re scibili, pasc. Pens. 1,1, édit. havet. Tan4. que nous regarderons l'homme par les yeux du corps, sans y démêler par l'intelligence ce secret principe de toutes nos actions qui , étant capable de s'unir à Dieu, doit nécessairement y retourner , boss. Duchesse d'Orléans. Comme il est nécessaire que chaque chose soit réunie à son principe, m. ib. Non-seulement le principe de ma pensée m'est inconnu, mais le principe de mes mouvements m'est également caché, voi.T. Hist. d'un bon bror min. Je dirai que nos sens sont le principe de no» connaissances, parce que c'est aux sens qu'elles commencent, et je dirai une chose qui s'entend, CONDIL. Log. II, 6. Il Dès le principe, dès le commencement. Il Dans le principe, dans le commencement. Il 2° En un sens plus restreint, ce qui produit, opère comme un principe. Nous avons un autre principe d'erreur, les maladies; elles nous gâtent le jugement et le sens, pasc. Peiis. m, 3, édit. havet. Examinons donc, je vous prie, de quel principe part ce mouvement (une certaine déclaration des jésuites], id. Prov. xin. Il jetait dans les esprits le principe de cette licence , boss. Hisl. m , 7. Comme la matière que je traite me fournit un exemple manifeste et unique dans tous les siècles de ces extrémités furieuses [les révolutions], il est de la nécessité de mon sujet de remonter jusqu'au principe, BOSS, Reine d'Anglet.ii vois de tes froideurs le principe odieux, rac. Phèdre, iv, 2. Vous êtes, madame, le premier principe de tant de faveurs, VOLT. Lett. Mme de Choiseul, 26 mars 1770. || 3" Les deux principes, les deux causes suprêmes du bien et du mal, suivant la religion des Perses el suivant les manichéens. La secte impie des marcionites et des manichéens qui enseignaient deux principes , et attribuaient au mauvais la création de l'univers, boss. Var. xi, 2ot. Les mages admettaient deux principes : l'un du bien et de la lumière, Oromaze ; l'autre du mal et des ténèbres, Arimane, condil. Hist. anc. m, 6. || 4' Terme de physique. Ce qui constHue, compose les choses maténelles. Selon quelques philosophes, les atomes sont les principes de tous les corps , Dict. de l'Acad. Il Terme de chimie. Synonyme d'élément. Il Principes actifs , certains corps qui agissent sui les autres, et principes passifs, corps qui sont le sujet de cette action (cette locution ne se dit plus guère). Il En chimie organique, principes immédiats, ceux qui sont tout formés dans les êtres vivants, et qu'on en sépare au moyen des réactifs ou des dissolvants. Il Principes nutrilifs, ou, ahsolumenl, principes, ce qui , dans les substances alimentaires, sert à la uutrilion. Ce lait [de la jument], quoique moins séreux que celui d'ânesse, n'est cependant pas aussi riche en principes. quec»<ui
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des ruminants, genus, ifaison rust. t. n, p 39, dans poucENS |{ 5° 11 se dit de toutes les causes natuielles, de toutes celles par lesquelles les corps se meuvent, agissent, vivem. Le principe de la chaleur. 11 ne s'agit pas de savoir ce que c'est que la gravitation; je crois qu'il est impussible de connaître jamais aucun premier principe, volt, ilvl Ult. Au père Tonmemine. Cette gaieté annonce en elle (Votre Majesté] un principe de vie encore tivsïnimé, n'ALEMB. Lett. au roi de Prusse, 26 oct. i78i. Le principe de la vie est précisément le prlncipo de la mort; et ce qui nous fait vivre est réellement ce qui nous fait mourir, bonnet, Paling. xxii, 6. Allant demander au soleil quelques principes de vie pour lutter contre mes maux, stael, Corinne, i, 2. Il Le livre des Principes de Newton, ouvrage contenant la théorie du système du monde. || Principe vital, la cause, quelle qu'elle soit , des phénomènes que manifestent les êtres organisés, ji Principe se dit aussi de ce qui fait la vie d'un État. Le gouvernement est flippé dans son principe, montesq. Esp. XI II, 20. Lorsque les principes du gouvernement soni une fois corrompus, les meilleuies lois deviennent mauvaises, etsetournent contre l'État; lorsque les principes en sont sains , les mauvaises ont l'effet des bonnes; la force du princiiie entraîne tout, lu. ib. VIII, n.JI 6° Les premiers préceptes d'un art, d'une science. Les principes de la géométrie , de la physique , de la chimie. Benedetto Lutti donna les premiers principes de l'art à Jean etCharies Vanloo, DinEii. Salon de I766, Œuvret , t. xiii, p. 39, dans pouGENS. Il S'emploie , au pluriel, dans le titre de plusieurs ouvrages didactiques élémentaires : Principes de calcul, de chimie, etc. || Principes de dessin, principes d'architecture , recueils d'exemples à l'usage de l'enseignement primaire. On dit seiiiblatlement : Principes d'écriture, de musique, etc. Il 7° Terme de philosophie. Opinion, proposition que l'esprit admet comme point de départ. Elles [les sciences) sont infinies dans la multitude et la délicatesse de leurs principes; car qui ne voit que ceux qu'on propose pour les derniers ne se soutiennent pas d'eux-mêmes et qu'ils sont appuyés sur d'autres qui , en ayant d'autres pour appui, ne souffrent jamais de dernier' pasc. Pens. i, <, édit. BAVET. L'omission d'un principe mène à l'erreur, ID. ib. vu, -i bis. Ceux qui sont accoutumés à raisonner par principes ne comprennent rien aux choses de sentiment, y cherchant des principes, et ne (ouvant voir d'une vue, ID t'b.vii, 33. Un principe jeté dans un bon esprit produit, iD. ib. xxv, 65. Les principes généraux sont bientôt saisis, quand ils peuvent l'être, ponten. Lahire. Plus on diminue le nombre des principes d'une science, plus on leur donne d'étendue, puisque, l'cbjet d'une science étant nécessairement détermine , les principes appliqués à cet objet seront d'autant plus féconds qu'ils seront en plus petit nombre, d'alemb. Disc. Encycl Qi'M». 1. 1, p. 202, dans pougens. Les vérités 7ue, dans chaque science, on appelle principes et qu'on regarde comme la hase des vérités de détail, ne sont peut-être elles-mêmes que des conséquences fort éloignées d'autres principes plus généraux que leur sublimité dérobe à nos regards, id. Mélanges, etc. t. v, § m. Cette maxime singulière, qu'il ne faut pas mettre les principes en question, maxime d'un abus d':uilant plus grand qu'il n'y a point d'erreur oii elle ne puisse entraîner, condill. Traité detsyst. ch. 3. Principe et maxime sont deux mots synonymes ; ils signifient tou^ deux une vérité qui est le précis de plusieurs autres; mais celui-là s'applique plus particulièrement aux connaissances théoriques, et celui-ci aux connaissances pratiques, m. Art d'écr. ii , ». || Principe d'Archimède, principe d'hydrostatique d'après lequel tout corps plongé dans un litjulde perd de son poids une partie égale au poids du volume de liquide qu'il déplace. Il Premiers principes, vérités ou propositions primitives. Il 8* Maxime, règle de conduite, précepte de morale. De bons, de mauvais principes. Un faux principe d'honneur. Qu'est-ce que nos principes naturels, sinon nos principes accoutumés? PASC. Pem. m, 43, édit. havet. Je ne suis ni i Dieu ni au diable.... on n'est point au diable, parce qu'on craint Dieu et qu'au fond on a un principe de religion; on n'e.st point i Dieu.... s6v. (O juin )G"i. Klle [la mère de Montausier] employa ses premiers soins à lui apprendre les principes d'une fau>se religion [le protestantisme', pléch. Due de Mont. Ceux qui ont des principes pour le gouveim.'ment, FÈN. Tél. ixii. Il faut avoir des princijics certains de justice, id. ib. xxiv. Vous n'avez que oes vertus naturelles j elle a des i)rincipe3 solides
et invariables, oenlis, Veill. du chdt. t. i, p. 288, dans pougens. || Se dit, dans la logique de Kant, d'un jugement à priori immédiatement certain. Il 9° Absolument, au pluriel, il se dit de bons principes de morale, de religion. La plupart des femmes n'ont guère de principes; elles se conduisent par le cœur, et dépendent, pour leurs mœurs, de ceux qu'elles aiment, la bruy. m. J'entends par des |)rincipes des idées justes sur ce qui est mal, genl. Ad. et Théod. t. i , p.-2i*, dans pougens. C'est un homme sans principes, et on m'en a conté des traits abominables, id. Mèret riv. t. i, p. 3), dans
POUGENS
— HIST. xrv* s. De chascun des premiers principes, puisqu'il est le premier et commencement, il ne fault plus en oultre enquérir, orpsme, Éth. xi, 17. Il convient que les prémisses de aucun siDogisme soient principes, et que elles ne soient pas monstrées ou prouvées par autre sillogisme, m. ib. 173. Comment oses-tu m'oultrageant , Sans congnoistre mon vif argent, Qu'est mon principe vivifique, Tenter l'euvre philosophique? iVo». à l'alch. 103. Il XVI' s. Les principes de géométrie, mont, i, 180. Les principes d'Aristote ne luy soient principes, non plus que cauli des stoïciens ou épicuriens, id. i, 162. Or estant M. de Chastillon colonnel, pour son principe [son début] il fut devant Boulogne, brant. Cap. franc, t. iv, p. 223, dans lacubne.
— F.TYM. Lat. principium, du même radical que princeps (voy. prince).
t PRINCIPICCLE (prin-si-pi-ku-P), î. m. Néologisme. Prince peu puissant. Jl Petit prince encore au berceau, ou sous la conluited'un gouverneur.
— ÉTYM. Lat. fictif, principiculus, diminutif de princeps, prince.
PRINCIPION (prin-si-pi-on), s. m. Terme de dérision. Le prince d'un petit État. H y a beaucoup de principions en Allemagne.
— HlST. xvi* s. Principion, cotghave.
— EtyM. Diminutif de prince.
fPUlNCISER (prin-si-zé), V. a. Élever au rang
de prince. Pour l'amour de Mme de Soubise, le roi avait princisé les Rohan, st-sim. 34 2, 228.
— ÉTYM. Prince.
t PRINFILÉ (prin-fi-lé), i. m. Filage le plus fin
qui puisse se faire avec des feuilles de tabac sans corde.
— KTYM. Prin ou prime, premier (voy. prime t), et filé.
j PRINOS (pri-nos'), s. m. Genre de plantes d'Amérique (ilicinées), où l'on distingue le prinos crassifolié, dit vulgairement citronnier bâtard, et le prinos verticillé, vulgairement apalanche vert.
— F.TYM. Hpîvo;, nom du quercus ilex.
PRINTAMER, 1ÈRE (prin-ta-nié, niè-r'), adj.
Qui e.st du printemps, qui naît au printemps. Une pourtant [alouette] Avait laissé passer la moitié d'un printemps Sans goûter le plaisir des amours printanières, la font: Fabl. iv, 22. Ils partent : des zéphyrs l'haleine printanière Souffle, et vient se jouer dans leur riche bannière, delille, Pit. iv. L'incarnat des roses printanières, millev. Épigr. Les premiers feux d'un soleil printanier, de st-angh, dans girault-duvivier. Il Pig. Anselme : Elle eut vingt et trois ans à la Saint-Jean dernière. — Géraste : La fille, à mon avb, n'est pas fort printanière, hauteroche, l'Am. qui ne flatte point, i, ». L'État volé paya ses amours printanières [de jeunesse]; l'État jusqu'à sa mort paîra ses adultères, gilb. ifor apol. \\ Potage printanier, voy. potage. || Étoffe printanière, et, substantivement, une printanière, étoffe légère qu'on porte au printemps et en été. Un pantalon, une robe de printanière.
— HIST. XVI' s Les semences des bleds printaniers viennent après la seconde façon de nos terres de relais, o. de sekres, 93
— ETYM. Printemps. On trouve aussi au xvr siècle printannal et printannin.
PRINTEMPS (priri-tan), s. m. |ll°Au sens astronomique, la première des saisons de l'année, qui commence du dix-neuf au vingt et un mars. Le printemps est l'intervalle compris entre l'équinoxe du printemps et le solsticn d'été, laplace, Exp. i, 2. Il i° Au sens vulgaire et météorologique, sai.son qui commence vers février, et qui consiste dans l'adoucissement de la température. Comme au printemps naissent les roses, Dans la paix naissent les plaisirs, malh. m, 2. Nous avons un fort aimable temps, plus d'hiver, une espérance de printemps qui vaut mieux que le printemps, sév. 26 févr. (690. Que du Seigneur la voix se fasse entendre. Et qu'à nos cœurs son oracle divin Soit ce qu'à l'herbe tendre Est^ au printemps, la fraîcheur du matin, b4C.
Athal. ni, 7. Pour nos climats, le printemps est moins une saison distincte qu'une lutte entre l'hiver et l'été, dont les chances décident en partie du sort de l'année, ramond, Inst. Mém. scierie. I»t3, (8(4, I8IB, p. (54. Triste février, tout pluvieux et tout neigeux que tu es, toujours sens-tu le printemps, FAURiEL, Chants populaires de la Gtècé moderne, t. ii, p. 267. Deux «oims règlent toutes choses. Pour qui sait rivre en s'amusant : Au printemps nous devins les roses, À l'automne un jus bienfaisant, pï:rang. Printemps etaut. || Par extension. Il [le riche] peut dans son jardin tout peuplé d'arbres verts Receler le printemps au milieu des hivers, boil. Sat. vi. || 8° Poétiquement. Année, mais seulement en parlant des années de lajeunesse. J'ai vécu quatorze printemps Loin des bras qui m'ont repoussée, soumet, la Pauvre fille. {[ 4° Fig. La jeunesse. Aux pages l'on réveille une adresse guerrière.... afin qu'en passe-temps Un labeur vertueux anime leur printemps, r«gnier, Sat. i. Il va traverser toute la Bretagne,, comme si on était au printemps, et lui au printemps de sa vie, sêv. 609. Le printemps dans sa fleur sur son visage est peint, BOiL. Sat. X. Mlle de Saint-Germain dans le premier printemps de son ftge, hamii.t. Gramm. 4. ô jours de mon printemps, jours couronnés de rose, Â votre fuite en vain un long regret s'oppose, a. CHÉN. Élég. XVI. Je ne suis qu'au printemps, je veux voir la moisson. Et, comme le soleil, de saison en saison. Je veux achever mon année, m. la Jeune captive. Que ma saison dernière Soit encore un printemps, bf.rang. Rog. B. \\ 5° Printemps d'hôtellerie, mauvais tableau représentant les quatre saisons, qu'on trouvait souvent dans les hStelleries. Les coiffures hurluberlu m'ont fort divertie; il yen a qu'on voudrait souffleter ; la Choiseul ressemblait, comme dit Ninon, à un printemps d'hôtellerie, comme deux gouttes d'eau; la comparaison est excellente, sèv. <•' avril (67(. Il Proverbes. Jamais pluie dans li printemps ne passa pour un mauvais temps. |{ Une hirondelle ne fait pas le printemps. Chios nous demeure infidèle. Mais l'absence d'une hirondelle Ne fait pas manquer le printemps, p. lbbrun, Voy. de Grèce, vin, t.
— HIST. xm' s. Une sole arondele qui vieigne n« uns scus [seul] jors atemprés ne donent certaine enseigne dou printens, brun. LATiNi, Trésor, p. 26(. Il XV* s. En la saison et ou [au] printemps d'esté. Ou [au] gentil mai, qui est si noble mois, s. descr. le Bois de Vine. || xvi' s. Une fleur ne fait pas le printemps, pasqoier, Lett. t. m, p. 4 69.
— ÉTYM. Berry, pruntemps ; de prim ou prime, premier (voy. prime <), et temps : le premier temps de l'année. Le sens étymologique se trouve, à l'historique, dans l'exemple d'.E. Deschamps.
t PRIOCERE (pii-o-sè-r'), adj. Terme de zoologie. Qui a les antennes dentelées en scie.
— ÉTYM. IlpCetv, scier, et lUpa;, corne, antenne. \ PRIODONTE (pri-o-don-f), s. m. Genre d'éden-
tés formé aux dépens de l'ancien genre tatou, et contenant une seule espèce, le priodonle gigantesque, qui habite le Paraguay ; c'était le dasype giganté de G. Cuvier.
— ÉTYM. JloUii, scier, et i8où«, dent.
t PRIONODERME (pri-o-no-dèr-m'), s. m. Ver qui vit principalement dans les fosses nasales du cheval et du chien, et chez les reptiles ; dit aussi linguatule et pentastome.
— ËTYM. Ilpiiuv, scie, et Sépiia, peau.
f PRIONOPHORE (pri-o-no-fo-r'), t. m. Genre de coléoptères.
-— ÉTYM. npiuyv, scie, et çopàç, qui porte.
PRIORI (A) (d-pri-o-ri), loe. adv. Terme de logique. D'après un principe antérieur admis comme évident. La nature de la force motrice étant inconnue, il est impossible desavoir à priori si cette force doit se conserver, laplace, Exp. m, 2. || Avec un sens défavorable, d'après des raisonnements non suffisamment appuyés sur les faits. Il veut se jeter après lui [l'anabaptiste Jacques| dans la mer, le philosophe Pangloss l'en empêche en lui prouvant que la rade de Lisbonne avait été formée exprès pour que cet anabaptiste s'y noyât; pendant qu'il le prouvait i priori, le vaisseau s'entr'ouvre, VOLT. Cand. 6 Kaisonner ce qu'on appelle à prinri est une chose fort belle ; mais elle n'est pas de la compétence des humains, m. Lett. Pr. roy. dePr. 8 mars (738. || S. m. Un k priori, un raisonneiueat à priori. Des à priori.
— ETYM. Lat. a, de, et priori, qui est avant.
t PRIOBISSALE (pri-0-ri-s.sa-r), adj. f. Qui tient à la dignité de prieur, dans l'ordre de Malte. Votre éminentissime grand maître [de Malte] eut la bonté