‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 373 sur 389 · PR · texte numérisé non relu

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de m'investir de la dignité priorlssale du royaume ^M««preuve un st doux compliment, mol. le T)éf>

de Majorque, dkcoouchamp, Souvenirs de \a marquise 'te Crifquy, t. iv, ch. 4.

t PRIORISTE (pri-o-ri-st*), s. m. Nom donné par Saint-Simon (le philosophe) à ceux qui suivent la méthorie à priori. || On dit plutôt à-prioriste.

PRIORITÉ (pri-o- ri-té), j. f. Etat d'une chose qui est la première de plusieurs autres, ou qui est avaiil une autre. Priorité d'hypothèque. Priorité de nJture, d'origine. Ce n'est pas notre opinion qu'on doive donner ici [en philosophie] la priorité ilu mérite selon celle du temps, comme parmi les jurisconsultes, LAMOTHB LE VATEH, Tertu des païens, II, Avant-propos.

— msT. xrv» s. Geste priorité est selon nature et non pas selon temps, orf.sue, Thèse de meunier. Il XV* s. En matière d'amours n'a point de priorité ne de postériorité, ire^to amor. p 76, dans lacubne.

— ÉTYM. Prov. prioritat; espagn. prioridad; ital. prt'oriM; du lat. fictif prioritatem, de prior, qui est avant (voy. peieub).

t PRIRIT fpri-ri), s. m. Gobe-mouches d'Afrique. PRIS, ISE (prl, pri-z'), part, passé de prendre. Il 1° Saisi, retenu. Dans les lacs de la chèvre un cerf se trouva pris, la font. Fabl. i, 8. || Fig. Venez et ouvrez les yeux, et voyez les liens cachés dans lesquels votre cœur est pris, boss. Sermons, Impénit. l. Elle avait entrepris De l'arrêter au piège oïl son cœur était pris, bac. Alex, i, 3. i Pris dans le licou, se ilit d'un cheval enchevêtré dans le licou de manière à se blesser. || Terme de marine. On bâtiment qui vire de bord est dit pris lorsque ses voiles sont masquées et qu'il continue à lofer. Il Pris de calme, de mauvais temps, par les glaces, se dit d'un navire qui se trouve en mer, sous l'influence du calme, d'un mauvais temps, ou qui est enfermé par les glaces. || 2° Qu'on tient, qu'on occupe. Mais je trouve à mon tour la place déjà prise, TH. coBN. Engag. du hou. v, se. dern. Au repas qu'on leur sert, là-bas, ma place est prise, c. DELAV. Filie du Cid, ii, 8. jj 3° 11 se dit des aliments, des boissons. Un repas pris à la hâte Un peu de vin pris modérément est un remède pour l'ime et pour le corps, volt. Memnon. \\ i° Considéré. Prise dans toute son étendue, celte région est bornée, à l'occident, parla mer Caspienne et la Perse, batnal, Hisl. phil.v, I7. ||Pris ensemble, .«e dit d'objets que l'on considère simultanément. [Chez un singel la queue aussi longue que la tSte et le corps pris ensemble, buff. Quadrup. t. vu, p. l«8. Il 6° Surpris. Plusieurs brigades, prises de la nuit, couchèrent en colonne comme elles se trouvaient, sT-siM. )2, (44.116° Emprunté, tiré de. La double reconnaissance qui finit le cinquième acte est prise du roman de D. Pelage; elle eut d'ahord grand éclat sur le théâtre, corn. D. Sanche, Examen. Quoique la maxime soit admirable et prise même du Seigneur, de dire qu'à chaque jour suffit son mal, sËv. juin. 1690. [Chez Milton| on se bat dans le ciel à coups de canon ; encore cette imagination est-elle prise de l'Arioste, volt. Dict. phil. Épopée. Il 7» Filé, arrêté, déterminé. Et l'heure est prise enfin pour nousdonnerles mains, rotb. Vencesl. IV, 6. Le dessein en est pris ; je le veux achever, VL\c. Andr. m, (. Le jour fatal est pris pour tant d'assassinats, iD. EîC). i, 3. Sur cette idée assez légèrement prise, mon départ fut résolu, j. i. bouss. Conf. IV. Il Parti pris, voy. parti 3, n" 37. || 8 Affecté de, en parlant de quelque maladie. Pris de la fièvre. Il Pris de vin, ivre. Des Allemands déboutonnés, plus en désordre, plus pris de vin et plus barbouillés de tabac que des petits-maîtres français, LESAOE , Diable boit. i. || Terme d'hippiatrique. Pris de chaleur, se dit d'un cheval auquel survient une congestion pulmonaire. || Pris de la fumée, se dit d'un cheval qui éprouve un commencement d'asphyx.e. || 9* Séduit. [Judith] ayant paru devant- Holoferne, il fut aussitôt pris par les yeux, tha , Bible, Judith, x, 1 7. Julien fut pris par ces apparences, boss. Hist. ii, i ï. || Qui éprouve le sentiment de l'amour. Lorsque le coeur est pris, on n'écoute plus rien, hauteboche, Espr. follet, i, 7. Tu es prise, pauvre cousine, tu ne peux plus t'en dédire, j. j. Eouss. Hél. v, (3. Ah la pauvre petite I comme elle tremble en chantant I elle est prise, monseigneur, Beaumarchais, Barb. de Sév. i, 6. Il Préoccupé. J'étais toute prise de cette pensée en écrivant à madame de Vins, sév. «34. Corbinelli a été charmé de la peinture au naturel de votre savantas ... cet homme pris et possédé de son savoir, qui ne se donne pas le temps de respirer ni aux autre».... ID. M janv. )68». Il 10° Trompé. Mais vous •eriez bien pri», ^ quelque événement Allait mettre

En fin jamais portrait ne ressemblera mieux; Tout autre y serait pris, th. cobn. Calant doublé, III, 3. Il 11" Interprété. Ces propositions pouvaient être prises au sens de la grâce efficace, pasc. Pror. xvii. Voilà, monseigneur, de ces avis que je vous donnerai, afin que vous sachiez cnmraent les choses sont prises ici, maintenon , Lett. au card. de Noaitles, lo nov. I695. ||Bien pris, mal pris, dont on se fait une bonne, une mauvaise opinion. L'opinion île l'immortalité de l'âme, mal prise, a engagé les amis à se tuer, montesq. Esp. xxiv, I9. Il Pascal a employé pris au sens de conçu. S'ils y pensaient sérieusement, ils verraient quecela [l'incrédulité] est si mal \ ris, si contraire au bon sens, si opposé à l'honnêteté, pasc. Pens. ix, l, édit. havet. I; 12° Une personne bien prise dans sa taille, une personne bien faite, bien prop rtionnée. La comtesse partout emportera le prix ; Dans sa petite taille elle a l'air si bien pris, th. cobn. Comt. d'Orgueil, IV, 7. J'étais bien pris dans ma petite taille, J. J. BODSS. Conf. n. \\ On dit dans le même sens : avoir la taille bien prise, être de taille bien prise. Covielle : Pour sa taille, elle n'est pas grande. — Cléonte : Non, mais elle est aisée et bien prise, MOL. le Bourg, m, 9. Il ajoute que le teint des homme", et des femmes [à Siam] est basané, que leur taille n'est pas avantageuse, mais qu'elle est bien prise et dégagée, buff. Hisl. nal. Uom. Œnv. t. v, p. 36. Il Ce cheval est bien pris, il a le corsage bien fait. || Pris des épaules, se dit d'un cheval dont les mouvements des membres antérieurs sont peu libres. || 13° Gelé. Toutes nos rivières sont prises : le Rhône, ce Rhône si furieux n'y résiste pas, sév. 3 fév. 1895. Dans le fond des grandes rivières, qui sont celles qui charrient le plus de glaçons (car les petites sont assez promptement prises en entier), on ne trouve jamais de glaçons, bhisson, Traité de phys. t. II, p. 208. Il 11 se dit des objets saisis par les glaces. Un navire pris dans les glaces. On trouva son corps [de Charles le Téméraire] couvert de boue et pris dans la glace, duclos, Œuv. t. m, p. i28. Il li° Coagulé. Dès que le lait est suffisamment pris, GENLis, Maison nist. t. ii, p. 67, dans pougens.

15 Au jeu de lansquenet, il est pris, sa carte est prise. Il Premier pris, le coupeur, lorsque sa carte est amenée la première par celui qui tient la main; ce qui est un coup très-malheureux. || Un premier pris, un homme qui a éprouvé au lansquenet ce coup malheureux. Le voici I ses malheurs sur son front sont écrits : 11 a tout le visage et l'air d'un premier pris, reonabd, le Joueur, iv, )3. || Fig. Un premier pris, un homrue de contenance triste et embarrassée (locution qui vieillit). || Proverbes. À parti pris point de conseil. || C'est autant de pris sur l'ennemi, c'est obtenir un avantage là où l'on n'en espérait plus, c'est tirer quelque parti d'une mauvaise affaire. |i Aussitôt pris, aussitôt pendu, se dit des personnes ou de» choses sur lesquelles on prend une prompte décision, qu'on emploie aussitôt qu'elles se présentent.

t PRISARLE (pri-za-bl'J, adj. Estimable, digne d'être prisé.

— HIST. XVI* s. Le sçavoir est moins prisable que le jugement, mont, i, (48.

— ÉTYM. Priser i .

t PRISCILLIAMSME (pri-ssil-li-a-ni-sm'), s. m. Hérésie de Priscillianu:, Espagnol du iv* siècle, qui professait que l'âme de l'homme venue du ciel tombait dans les mains du principe du mal, et que ce principe l'adjoignait au corps ; il condamnait l'usage des viandes et du mariage, et confondait le Père avec le Saint-Esprit.

t PRISCILLIANISTE (pri-ssil-li-a-ni-sf), s. m. Ailbérent du priscillianisme.

PRISE (pri-z"), «. /■. Il 1° Action de prendre, de s'emparer. On poursuit maintenant l'auteur de l'entreprise, Et nous serons tous deux satisfaits par sa prise, du rteb, Scévole, iv, 4. La prise des deux rois de Perse et de Médie De cette guerre enfin ferme la tragédie, botbou, Bélis. i, e. Dinan n'est pas de difficile prise; mais il ne laisse pas d'être import.int, pkllisson, iMt. hist. t. ii, p. 265. C'est le tracas qui nous divertit; raison pourquoi on aime mieux la chasse que la prise, pasc. Pens. IV, 2, éd. HAVET. Que dites-vous de la prise de Gand? il y avait longtemps, mon cousin, qu'on y avait vu un roi de France, sEv. à Bussy, (8 mars • 678. Moquez-vous des nouvelles de la place des Prêcheurs [place d'Aix] : l'enlèvement de la princesse d'Orange et la prise de son mari sont à faire rire, id. 3l janv. t68». Tant les veneurs ont tous en tête D'être à la prise de la bête, Perrault, Chasse,

dans RicnELBT. || Lâcher prise, lâcher, abandonne! ce qu'on tenait. La mort fit lâcher prise au géant pourfendu, la font. Fianc. On voit dans l'Inde de» millions d'hommes et de femmes.... qui font un bruit prodigieux avec des instruments de toute espèce pour faire lâcher prise au dragon [que l'on croit dévorer la lune pendant une éclipse], VOLT. Fragm. sur l'Inde, vu. || Fig. Lâcher prise, cesser une poursuite, une dispute, un combat, etc. Notre féal , vous lâchez trop tôt prise, la font. }îagn. Il y a des gens acharnés contre les préjugés ; on ne leur fera pas lâcher prise : chaque secte a ses fanatiques, volt. Lett. d'Argentai, 22 oct. (766. Il Lâcher prise, signifie aussi rendre malgré soi ce qu'on a pris. Il s'était emparé du bien d'autrui; mais on lui a fait lâcher prise. || On dit de même: quitter prise. Cette fièvre a bientôt quitté prise, mol. Tart. m, .1. |{ 2° Action de prendre un navire; navire capturé. Amener une prise dans le port. Le code des pris.s. Je fus obligé de faire brûler toutes mes prises marchandes, Rapport de JeanBart, (696, dans jal. Le roi, voyant que, dans toutes les prises qui ont été faites par les capitaines de ses vaisseaux pendant le cours de l'année dernière, il y a eu tant de malversations de leur part.... Ordre du roi, («7", dans jal. Le hasard fit rencontrer à Caillières dans les rues un marchand hollandais venu à Paris pour des affaires de prises et de négoce, st-sim. 42, 242. || De bonne prise, se dit des navires appartenant à l'ennemi ou chargés de contrebande. L'on dit que ce serait une question pour l'amirauté s'il [un vaisseau hollandais] était de bonne pri.se ou non, pellisson, lett. hist. t. i, p. 86. Vous savez, monseigneur, qu'il est dit dans le traité [avec Tunis] que les bâtiments français seront obligés d'avoir patente du roi ou de l'amiral de France, sans quoi ils seront de bonne prise, Dwquesne à Seignelay, i68i , dans jal. || Far extension, dans le langage général. Une chose de bonne prise, chose qui peut être ou qui est prise avec justice Forçant un château, tout est de bonne prise,

RÉGNIER, Sat. IX. Il Fig. 11 peut se dire d'heureux emprunts que fait un écrivain. Il a tiré cette scène d'un auteur oublié, cela était de bonne prise, Dict. de l'Acad. || Part de prise, la somme d'argent qui revieut à chaque marin d'un navire qui en a pris un autre, après la vente du navire et de la cargaison, et après le procès qui a décidé de la validité de la prise. I^e roi n'aura pas de part à cette prise, parce qu'elle a été faite par les Anglais seuls, et que notre traité avec eux porte qu'ils profileront seuls de ce qu'ils prendront seuls, pellisson, Lett. hist. t. n, p. 30. Il Conseil des prises, commission extraordinaire établie autrefois en temps de guerre, pour juger les prises de navires capturés sur l'ennemi. Forlis, mon ami, mon avocat, qui, dans le temps, m'a fait gagner plus d'un procès au conseil des prises, picard, Copit. Belronde, i, 8. || 3° Se dit à i'hombre, du fonds que chaque joueur est obligé de faire ou d'avoir devant lui, avant de commencer le jeu. Il 4° Facilité de prendre, de .saisir. Avoir, trouver prise. Il n'y a point de prise pour saisir ce ballot. Le moins qu'on peut laisser de prise aux dents d'autrui, C'est le mieux.... la font. Fabl. x, ». Sa queue [d'un singe] est toujours accrochée, et il ne reste que malgré lui dans une place où elle ne peut avoir de prise, buff. Quadr. t. xii, p. (49. Il Fig. Je ne vous dirai rien de fort secret des p.ays que vous savez [la cour]; ce sont de certaines petites choses qui n'ont point de prise, et qui n'ont pas quasi la force d'être transportées, sÉv. 28 août 1677. Il [Dieu] veut qu'on anéantisse [en soi] tout ce qui n'est pas lui ; et, pour ce qui est de luimême, il se cache cependant, et ne donne presque point de prise sur lui-même , BOSS. 2* sermon, Assomption, i. || Cette chose est en prise, elle est exposée à être prise. || Cette chose est hors de prise, on ne peut la dérober, on ne saurait y toucher, y atteindre. || Fig. Tel abandonne son père qui est connu, et dont on cite le greffe ou la boutique, pour se retrancher sur son aïeul, qui, mort depuis longtemps, est inconnu et hors de prise, la ubuy. xiv. Il Au jeu d'échecs, il se dit d'une pièce qu'une autre pièce peut prendre. Mettre une piôce en prise. Votre dame est en prise. || Au billard, il se dit d'une bille exposée à être blousée. || S'ôter de prise, se mettre à l'abri d'èire pris. En lieu de sûreté le babil est de mi.se; Mais ici ne songeons qu'à nous ôter de prise, COKN. VUlus. com. iv, 9. || 5° Fig. Capacité à saisir, i comprendre. Quelque terme où nous pensions nous attacher et nous affermir, il branle et nous quitte; et, si nous le suivons, il échappe à nos prises, nous glisse et fuit d'une fuite éter-

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nelle, pasc. Pem. i, *, éd. havet. Voyons si elle [l'intelligencel a quelques forces et quelques prises capables de saisir la vérité, id. dans cousin. |i Possibilité d'exercer une action intellectuelle ou morale. Ni les honneurs perdus, ni la richesse acquise N'auront sur leur esprit ni puissance ni prise, RÉGNIER, Sal. XVI. Une épouse de Jésus-Christ, qui, en se dépouillant de tout, ôle à l'ennemi | le démon] toutes les prises qu'il pouvait avoir sur elle, mass. Prof, relig. Serm. 2. Il est bien difficile que des faits, et même des raisonnements isolés tiennent longtemps dans la mémoire, quand on manque de prise pour les y ramener, J. j. Rouss. Emile, m. Il Possibilité d'attaquer, de nuire. Ainsi, mon père, j'échappe à toutes vos prises, pasc. Prov. xvii. Il Avoir de la prise sur, modifier les sentiments. C'est cela sur quoi la résignation n'a pas assez de prise, sÉv. 664. La douleur n'a de prise sur moi que lorsqu'elle est absolument intolérable, genlis, Mme de Maintenon, t. i, p. 4 11, dans poigens. Il Avoir prise, trouver prise sur quelqu'un, avoir sujet de le reprendre, etc. Elle fChinièneJ avoue que c'est la seule prise que la médisance aura sur elle, CORN. Cid, Examen.... S'il faut que sur vous on ait la moindre prise. Gare qu'aux carrefours on ne vous tympanise, mol. Éc. des f. i, (. Afin d'ôter toute prise et tout moyen d'y répondre, pasc. Prov. xv. Il n'y point de prise à cette accusation, sÉv. (Snov. <873. Il Avoir prise sur quelqu'un, pouvoir l'arrêter, lui faire sentir de la peine ou du plaisir. Mon cœur tenait encore à des attachements par lesquels mes ennemis avaient sur moi mille prises, i. i. ROuss. Confess. x. || Donner prise sur soi, ou, simplement, donner prise, s'eiposer à être repris. Et que, si vous vouliez, tous vos déportements Pourraient moins donner prise aux mauvais jugements, mol. Mit. m, ♦. Jamais d'autres n'ont donné si belle prise que vous, PASC Prov. VI 11 Id'Alembert] est hardi, mais il n'est point téméraire; il est né pour faire trembler les hypocrites, sans leur donner prise sur lui, VOLT. Lett. Thiriot, i9 nov. )78o. || Donner prise à la critique, s'exposer à être critiqué. || Donner prise, permettre de saisir afin de profiter contre.... Les écrits de l'un ne donnent aucune prise aux desseins des autres, PASC. Prov. m. Plus une chose est réunie en elle-même, plus elle approche de l'immutabilité; l'unité ne donne point de prise sur elle, elle s'entretient également partout, boss. 5' sermon, Vêture, 2. Il 6' Dispute, querelle. N'avez-vous pas eu prise avecque votre frère? rotr. Yencesl. iv, *. Vauban et du Melz ont eu aujourd'hui quel'iue prise ensemble devant le roi, pbllisson, ie«. hist. t. m, p. 236. Richelieu venait au secours de mon père sur des avis qu'on lui avait donnés, ou sur des prises qu'il avait eues avec le roi, st-sim. 6, 86. || Familièrement. Prise de bec, querelle en paroles. || En venir, en être aux prises, se saisir, se combattre. Les deux armées, les deux combattants en sont aux prises. Deux chiens qui sont aux prises. Les voilà aux prises, pieils contre pieds, mains contre mains, fén. féi. xvi.|| Par plaisanterie, en venir aux prises, attaquer un bon dîner. Je brûle d'en venir aux prises. Et jamais je n'eus tant de faim, MOL. Àmph. m, «. Il Fig. Être aux prises, en être aux prises, se dit de personnes qui disputent les unes contre les autres. Souvent nous en étions aux prises; Et vous ne croiriez point de combien de sottises.... mol. Femm. sav. iv, 2. Voilà le gendre et le beau-père aux prises, dancoubt. Vend. Surine, se. *6. Il [Marœontel] répondra sûrement à Votre Majesté avec plus de satisfaction qu'il ne fera à la Sorbonne sur son Bélisaire; le pauvre garçon est actuellement aux prises aiec elle, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 10 avr. (767. || On dit de même: je les ai mis aux prises, je les ai laissés aitx prises. Soit pour s'amuser, seit pour corriger deux misanthropes l'un par l'autre, M. de Laval voulut les mettre aux prises ; il envoya prier Alceste à dîner, MAHMONTEL, Contet mor. Mis. corr. || Être aux prises, en être aux prises, se dit aiMsi de personnes qui jouent les unes contre les autres. Nos joueurs en sont aux pris'-g, sont aux prises. || Fig. Être aux prises avec soi-même, être dans un déchirement intérieur. Une âme réprouvée aux prises, si j'ose me servir de cette expression, avec Dieu et avec elle-même, bouhdal. Jugement dem. l" avenl, p. &8. Tout décèle .ses secrètes agitations; et, si je feins de m'y tromper, c'est pour le laisser au» prises avec lui-même, et occuper ainsi une partie des forces de son âme à réprimer l'effet de l'autre, J. J. BOL'ss. Hél. 11,2. Il Fig. Être aux prises avec la mort, être en itrand danger de mourir, être à l'agonie. Si je vous fais voir eucore une fois Ua-

dame aux prîses avec la mort, boss. Duch. d'Orl. Il Fig. Être aux prises avec la mauvaise fortune, être dans l'adversité. Il faudra que je lutte contre l'adversité, il y a longtemps que je la connais et que je suis aux prises avec elle, marmontel, Mém. m. Il 7° Terme de musique. Prise du sujet, l'instant où une partie s'empare du sujet dn la fugue pour faire son entrée. Il 8' Terme de vétérinaire. Prise de longe, voy. longe. Il 9° Prise d'essai, morceau de monnaie pour essayer. HIO" Ancien terme de jurisprudence criminelle. Prise de corps, action d'arrêter un homme en vertu d'un acte du juge. Ne décernez point de prise de corps contre ce coupable qui a une armée pour se défendre de vos sergents, balz. 6' dise, sur la cour. Voici bien d'autres nouvelles, dit-il : des huissiers déménagent la maison de Monsieur et de Madame ; tout est saisi par des créanciers; on parle de prise de corps, volt. Jeannot et Colin. Il La sentence elle-même qui ordonne la prise de corps. J'appris que M. de Nevers avait eu une assignation pour être ouï, et que son capitaine des gardes et son intendant avaient eu des prises de corps pour avoir maltraité, à Nevers, un huissier du parlement, dangeau, i, t26, 24 févr. 16»5. Il 11° Terme de procédure. Prise à partie, le recours qu'exercent les plaideurs contre leurs juges, dans les cas prévus par la loi. (La locution signifie: prise iii juge comme partie, comme adversaire du plaideur.) || 11* Terme de droit. Prise de possession, acte solennel par lequel on se met en possession d'une charge, d'un emploi, d'une contrée. La première découverte bien constatée fut une prise de possession légitime, ratnal, Hist. phil viii, i. Il 13' Prise d'habit, cérémonie, dite aussi vêture, qui se pratique quand on entre dans un ordre religieux. Je veux bien (|ue vous veniez à cette prise d'habit, boss. Lett. Corn. BO. || 14* Prise d'eau, action de détourner d'une rivière, d'un étang, une certaine quantité d'eau pour un certain usage, i mesure qu'on peut alimenter un canal dans ses parties inférieures par de nouvelles prises d'eau, GIRARD, IntiU. Mém. scienc. I82« et )82ï, t. v, p. 45. Il Concession qui donne ce droit. || L'eau ellemême qui est détournée. || Prise d'air, action de percer une ouverture pour faire entrer l'air dans un endroit clos, et, particulièrement, dans un calorifère. Il Prise de vapeur, appareil servant à conduire la vapeur de la chaudière d'une machine dans le cylindre. |{ 16* Prise d'armes, action de prendre les armes, et de se réunir pour un service, jj Fig. Soulèvement, insurrection. 11 ne lui reste [à Jurieu] , pour soutenir la prise d'armes de ses pères, ni autorité ni exemple, boss. 6' avert. su. || 16" Dose d'un médicament pour prendre en une fois. Une dose de quinquina en poudre divisée en six prises. Une demiprise. J'ai pris hier de la poudre du bonhomme ....je crois que cette dernière prise achèvera de me guérir, SÉV. (5 mars (676. 1117" Prise de tabac, pincée de tabac. Il Absolument. Prise de tabac. Donnez-moi une prise. Il 18° Dans les fabriques de soieries, nombre de cordes réunies qui composent une partie de fleurs ou de feuilles du dessin. || 19° Action d'une substance qui se solidifie, qui se coagule. La prise des ciments, FHEMY, Acad. des se. Complet rendus, t. lxvii, p. 1206. Des pouzzolanes à prises lentes ou à prises rapides, id. t6. p. no». || Faire prise, se dit d'une substance coagulable qui commence à se coaguler. Quand le collodion fait prise. || On dit aussi en ce sens : prise de consistance. La prise de consistance des gueuses à la tête et à la queue, BUFP. Hist. min. inlrod. part. exp. (Euv. t. viii, p. 4». Il 80" Prise , ensemble des bassins d'évaporalion compris dans une même enceinte de digues. Enquête sur les sels, 1868, t. i, p. &n.

— HIST. xtu" s. Tout autressi est d'une prise [proposition] qui peut estre ferme et estiible sanz nul confermement, en ceste manière : se li hom veult estre sages, il le doit estudier en philosophie, BBUN. LATiNi, Trésor, p. 547. lit de tout che dont il ne porront rendre bon conte, il doivent estre contraint à rendre sans délai, par le [la] prise de lor cors et de lor Liens, bbaum. l, 7. Et si en toine aucune lois li blasmes sorle bailli, tout soit ce que tix prises [telles prises] n'entrent pas en se [sa] bourse, ID. 1, 9. Il XIV" s. Je te veil [veux] prouver et conter Que ta prise [avoir été pris et emprl.sonnéj est pour ton millour, Ton bien, ton pourfil et t'onnour, maciiAUT, p. 100. Lidit religieux par leur gent ont la prise, la detencion, la cognois.sance et le jugement en touz cas crimiuelz, uu cange, priiia. \\ xv" ». Autres ïouloienl sa prinse rondement sans cerymonle,coMU. Il, V. Il XVI" s. Quand la nature est aux priâtes avicques la maladie, homt. i, tsi. Vaine

image qui n'a ny corps ny prinse, id. i, ho. Voyant deux grands hommes aux prinses de paroles contre Lapodius, id. i, 400. Le voylà aussi fier de sa prinse [un lièvre] comme.... id. ii, 358. Prise de corps ne se suranné point, loysel, 8»b. Ne plus ne moins que fait le ruzé champion de lucte, qui cherche tout moyen d'avoir prise sur son adversaire pour luy donner le bond, amvot, Fab. tl, Faliius entra dedans Itome en triumphe pour la seconde fois à cause de ceste prise [de Tarenle], id. t6. 47. Il devint viste à courir, roide à lucter, et si ferme à la prise, qu'il ne se trouvoit homme qui le peust forcer, id. Cor. 3. 11 en devint amoureux sn un festin où il la veit, et la trouva belle à son gré et de bonne prise, id. Alex. 8I. De laquelle potion le malade prendra trois onces pour chaque prise au matin, paré, xvi, 35. La première œuvre sera la remarque du lieu de la prinse de l'eau, pour la faire le plus près que pourrés, 0. dk serres, 764. C'est une bonne prise que d'un jeune loup, coxonAVE.

— ÊTYM. Prov. presa, prisa, ■prea; espagn. et ital. presa; du lat. prensus, pris, de prehendere (voy. prendre).

PRISÉ, ÉE (pri-zé, zée), part, passé de priser <. " 1° Dont on a fait l'estimation. Car mieux vaut, tout prisé. Cornes gagner que perdre ses oreilles, LA font. Faiseur. \\ i" Dont on fait cas. Comme la marchandise n'était pas fort prisée dans son pays, il le quitta, montesq. lett. pers. <42.

PRISÉE (pri-zée), s. f. Action de priser, de mettre un prix aux choses qui doivent être vendues i l'eachère. On fil un inventaire, une prisée de tous les effets mobiliers de Monseigneur, st-sim. 307, 23. Il Cela est demeuré pour la prisée, cela a été vendu aux taux de la prisée. || Fig. Elle est demeurée pour la prisée, se dit il'une fille qui, ayant refusé de bons partis, a vieilli sans être mariée.

— HIST. XVI" s. Â eulx [les censeurs] appartenoit de faire la prisée et l'estimation des biens de chasque citoyen, amïot, Caton, 32.

— ÉTWl. Priser, t.

t. PRISER (pri-zé), V. a. ||1" Mettre le prix i une chose qui doit être vendue, en faire l'estimation. Il Fig. Il prise trop sa marchandise, se dit d'un homme qui fait trop valoir ce qu'il a ou ce qu'il est. !| 2° Estimer, apprécier. Ce que prise un bon père est prisé de son fils ; Ils ont mêmes amis et mêmes ennemis, rotr. Antig. iv, 6. Je prise auprès des tiens si peu mes intérêts Que.... corn. Suiv. n, 42. Les parents de la belle Surent priser son mérite et son zèle [de l'amant], la font. Rem. On ne peut assez priser un tel avantage, pasc. Prou. v. |1 3° Louer. Tandis que mon faquin qui se voyait priser. Bon.. Sat. m. Et je gagerais bien que, chez le commandeur, Villandri priserait sa sève et sa verdeur [d'ut vin], ID. ib. Il 4° Se priser, v. réfl. S'estimer. Nous ne nous prisons pas, tout petits que nous sommes, D'un grain moins que les éléphants, la font, fabl VIII, IB. Peut-être que César ne se prisait pas moins de ses commentaires que de ses victoires, dider. Sur Térence.

— HIST. XI" S. Tant nel vous sai ne preiser ne louer.... Ch. de Roi. xxxix. ||xn"8. Perdu [il] i out maint chevalier prisé, Rone. p. 69. Sire, ce dist Sébile, ihoult [vous] faites à proisier, Sax. vi. [Us] Ne prisent vos menaces le pris d'une chastaine, ib. XXX. Il XIII" s. Li rois, qui estoit de grant cuer, ne prisa riens la plaie, ne le con.seig des mires [médecins], Chr de Rains, p. »0. L'en ne porroit pas prisier L'avoir que les pierres valoient, Qui en l'or assises estoient , la Rose, tfoo. Et quant ce chat [sorle de machinede guerre] fu fait, le merrien [bois de charpente] fu prisé à dix milles livres et plus, joiNv. 223. Pour ce que en [on] prise si pou les excommuniements hui et tous les jours.... id. 200. Il XV" s. Et à ce temps là les Escots aimoient et prisoient assez peu les Anglois, et encore font-ils à présent, froiss. i, 1, 34. Tant vaut l'homme comme on le prise, vill. Bail. || xvi" s. C'est.... elle seule [la majesté divine] qui peult estimer de soy quelque chose, et à qui nous desrobbons ce que nous nous comptons et ce que nous nous prisons, mont. Il, 150. Cho.se accoutumée, rarement prisée, LEROUX

DE LINCV, Prov. t. Il, p. 27(.

— ÊTYM. Wallon, préM, priM; provenç. prezar, calai, presar; ital. prenaret du lai. pretiare, de pretiuvi, prix (voy. prix).

f 2. PRISER (pri-zé), ». n. Aspirer Jiar le nei de la poudre de tabac. Avoir l'habitude de priser.

— ÊTYM. Prise.

t. PRISEUR(pri-zeur),«.m.Celuiqui l'aitla prisée, l'estimation. Il Huissier-priseur, et, aujourd'hui, commissaire-priseur, commisiaire qui, aidé d'un

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expert pour mettre le prix aux objets, reçoit les enchères et adjuge. Un commissaire-priseur-vendeur. ;| Au fém. l'riseuse (qui n'est pas dans le Dictionnaire de l'Académie). La priseuse de ces objets les a portés trop haut.

— HlST. iiii' s. Nus ne nule ne puet ne ne doit dire viionie i nul des priseurs devant diz, pour la reson de son service, Liv. du met. 267.

— ÊTYM, Priser 4.

t a. PRISEUR, EUSE (pri-zeur, zeû-z'), s. m. et f. Se dit d'une personne qui prend du tabac. Amurath IV faisait piler les priseurs dans un mortier ; le shah de Perse Abbas se contentait de leur faire couper le nez ; Innocent X les vouait aux peines éternelles, et Jacques I" d'Angleterre écrivait contre eux des livres pleins de sages sentences, maxime du CAMP, Rev. des Deux-Mondes, 1868, <•' août, p. 709.

— ET Y. M. Priser 2.

PRISMATIOCE {pri-sma-ti-k'), ad;. || 1° Qui a la forme d'un prisme. On trouve des basaltes prismatiques au pied du Vésuve, a. brongniabt, Traité de min. t. i, p. «68, dans polgrns. |{ Couleurs prismatiques, couleurs nalurelles vues à travers un prisme. i| 2° Qui offre des angles longitudinaux séparés par autant de facettes. Calice prismatique.

— ÉTYM. Prisme.

t PRISMATISATION (pri-sma-ti-za-sion) , s. f. Disposition, arrangement en prisme. De toutes ces nuances d'effets observés dans les couches de plâtre, relaiivement au volume et à la régularité des prismes, je ne prétends pas déduire une règle générale applicable à toutes les masses susceptibles de prismatisation, desmarest, Instil. Kém. scienc.

t. IV, p. 227.

t PRISMATISÉ, ÊE (pri-sma-ti-zé, zée), adj. Disposé, arrangé en prisme. Au-dessus de ce lit non prismatisé. desmahest, [nstit. Mém. scienc. t. v, p. 23.

t PRISMATOÏDE (prl-sma-to-i-d'J, adj. Terme de minéralogie. Oui dérive d'un prisme.

— ÊTVM. npio(ioToei89|i;, de jtp(ff|ia, prisme, et eîSo;, forme.

PRISME (pri-sm"), i. m. || l" Terme de géométrie. Polyèdre ayant pour hases deux polygones égaux et parallèles, dont les côtés homologues sont unis par des parallélogrammes. Cet étalon (une mesure], comme celui de Turin, est un prisme à cinq pans de bois dur, chargé, sur chacune de ses faces, de caractères hiéroglyphiques, Gérard, Instit. Mém. icienc. t. ii, p. 604. || Prisme triangulaire, quadrangulaire, pentagonal, etc. prisme dont les bases sont deux triangles, deux quadrilatères, deux pentagones, etc. Il 2° Terme de (ihysique. Prisme triangulaire de cristal, do verre ou de toute autre substance transparente. On ne sépirerait jamais les rayons primitifs et colorés, s'ils n'étaient de leur nature tels qu'en passant par le même lieu, par le même prisme de verre,- ils se rompent sous différents angles, et par là se démêlent quand ils sont reçus à des distances convenables, fontin. Newton. La lumière suit trois chemins différents en entrant dans un prisme : ses trois routes dans l'air, dans le prisme et au sortir du prisme sont différentes, volt. Phil. Newt ii, <. Quand Newton eut montré la lumière décomposée en sept rayons par son prisme, sennebieb, Ess. art d'observ. t. i, p. 323. Il En ce sens, on l'emploie souvent absolument. Le prisme décompose la lumière blanclie, et sépare les rayons rouges, orangés, jaunes, verts, bleus, indigo et violets. Les effets du prisme. Et du prisme magique, armant sa main savante. Développe d'Iris l'écbnrpe éblouissante, delille. Trait rig. I. Il Nom donné abusivement à des instruments d'une forme quelconque destinés à produire ou à observer la réfraction des rayons lumineux; ainsi on l'a étendu à des rhomboèdres, etc. Il Prisme de Nichol, parallélépipède rectangulaire constitué par un cristal très-grand de spath d'Islande, et servant à l'élude de la lumière polarisée. || Poétiquement. Des cascades i'écume errante Faisait autour de toi, sur un tapis de Heurs, De son prisme liquide ondoyer les couleurs, lamart. Uarnld, Did. || Kig. VoilA l'image de la gloire : D'abord un prisme éblouissant, Puis un miroir expiatoire Où la pourpre paraît du sang I v. huoo. Odes, ui, "• Il •'^B- Voir dan» un prisme, regarder à travers un prisme, considérer les choses suivant ses passions, ses désirs, ii On dit de même : le prisme de l'amour-propre, le prisme de l'espérance. Une révolutton est un prisme dans lequel tout se décompose, KETBAUD, Jér. Palurol, m, 2.

— REM. Comme c'est k l'aide d'un prisme triangulaire de verre ou de cristal que Newton a décomposé la lumière, lorsque le mot prisme est pris au

figuré, c'est toujours de couleurs ou de décomposition qu'il s'agit.

— ÉTYM. np((T(j.a, prisme, proprement chose sciée, de itpiÇeiv, scier.

\ PRISME, ÊE (pri-smé, mée), adj. Terme de minéralogie. Oui a pris la forme d'un prisme.

t PRISMOÏDE (pri-smo-i-d'), adj. Dont la forme approche de celle du prisme.

— ÉTYM. HpiotiotiS^î, de itpî(r(j.a, prisme et elSoi;, forme.

PRISON (pri-zon), t.f. || 1° Logis où l'on enferme ceux qu'on veut détenir. Quel charme, quel désordre, 011 quelle raillerie Des prisons de Lyon fait votre hôtellerie? corn. Suite du Ment. i,l. Vos' pères [jésuites] le firent mettre en prison (un domestique], PASC. Prov. VI. (Elle] Hante les hôpitaux, visite les prisons, boil. Sat. x. J'ai vu ce matin M. de Meaux, bien convaincu qu'il faut laisser Mme Guyon en prison, haintenon, Lett. au card. de Noailles, 2) mai t70i. Il vous tiendrait en prison, FÉN. Tél. in. Lorsque les vents, méditant le ravage. Pour forcer leur prison réunissent leur rage, L. RAC. dans girault-ddvivieb. D'une prison sur moi les murs pèsent en vain ; J'ai les ailes de l'espérance, a. chén. Jeune captive. Hélas 1 dans la prison, triste sœur de la tombe. Ta main vient soutenir le malheur qui succombe, delille, Pit. u. ....Convient-il qu'au fond d'une prison Je contemple le deuil de ma propre maison T p. lebrun, Marie St. ii, 4. |{ Fig. Ma cour fut ta prison, mes faveurs tes liens, corn. Cinna, v, i. Et ne savezvous pas que de cette maison Pour Omille et pour moi l'on fait une prison? id. Hor. m, a. || Fig. Cette "laison est une vraie prison, elle est sombre et trist» Il Aimable, gracieux comme une porte de prison, se dit de quelqu'un dur et brutal. || Fig. La prison de Saint-Crépin, soulier étroit qui blesse le pied (saint Crépin est le patron des cordonniers). 1| 2° Emprisonnement. Il a été condamné à deux ans de prison. De là vient [du besoin de distraction] que la prison est un supplice si horrible, PASC. Pens. IV, 2, éd. havet. Il disait, en parlant de cette prison malheureuse, qu'il y était entré le plus innocent de tous les hommes, et qu'il en était sorti le plus coupable, boss. Louis de Bourbon. La prison, sans aucun commerce avec les hommes, est un supplice inventé parles tyrans, volt. Mœurs, U6. ||8° Captivité. Ce fut dans ce voyage et durant sa prison Qu'il étreignit le nœud de celte trahison, mair. Soliman, ii, 7. Contraint de racheter sa liberté après une longue prison, durant les guerres d'Allemagne, fléch. Duc de Mont. ||4° Fig. Ce qui renferme, enclôt. Vastes cieux, prisons éclatantes. Oui renfermez les airs, et la terre et les eaux, coRN. Trad. du ps. U8. Dans sa verte prison la figue recueillie, chénedollé, dans giraultorjviviER. Par quel rapide essor la sublime pensée Des prisons du cerveau tout à coup élancée, Suitelle dans leurs cours ces vastes tourbillons? liiBhun, dans girault-duvivier. Et toi, lampe nocturne, ....ô toi qui jusqu'au jour De ta prison de verre éclairais nos tendresses, a. ciiénikr, Élégies, 37. Viens donc, viens détacher mes cliaî nés corporelles, Viens, ouvre ma prison, viens, préte-moi tes ailes, lamart. Médit. V. || Borne, limite. Maudit soit le premier dont la verve insensée Dans les bornes d'un vers renferma sa pensée, Et, donnant à ses mots une étroite prison. Voulut avec la rime enchaîner la raisoni boil. 5of. ii. Celui qui, franchissant l'étroite prison de l'intérêt personnel et des petites passions terresti es, j.j. Rouss. î'dial. \\ S" Dans le langage de la galanterie, service amoureux auprès d'une dame. Je voulus être sien; j'entrai dans sa prison. Et de tout mon pouvoir essayai de lui plaire, Tant que lua servitude espéra du salaire, MALH. VI, î2. Ils ne savent jamais que se charger de chaînes. Que bénir leur martyre, adorer leur prison, BOIL. Art p. ii. 118" Terme d'alchimie. Prison des sages, fourneau philosophique. || Proverbes. Le corps est la prison de l'âme. || Il n'y a point de belle prison ni de laides amours.

— HIST. XI' s. E Bramidone qu'il mené en sa prisun, Ch. de Roi. cclxix. || xii* s. Debonaire prison Avez doné (à] mon fin cuer qui vous prie, Coui;i, ii. Kt jà de sa prison [de ma dame] [je] Ne quier issir, se mors ou amés non, ib. ix. Al jugement en vunt la maisnie Nerun, Lu r père esperital jugent comme bricun. Que Ii reis le presist e mesist en prisun. Th. le mart. «4. || xiii* s. En lele manière que dedens les quinze jors il paiast ou il revenist en le [la'i prison, sor paine de prison brisie, beauh xxx, 26. Il IV* ». Et enconvenança [promit] sur sa loyauté de venir dedans trois jours tenir prison k Valen-

clennes, proiss. i, i, ho. Si fut enclos de ses ennemis par trop demeurer derrière, et fiança prison, et aussi deux escuyers, id. i, i, i38. Si fut messire Jehan Bucq mis en prison courtoise à Londres; il pouvoit aller et venir parmy la ville; mais dès sou; leil couchant il couvenoit qu'il fust à l'hostel) iD. liv. m, p. (67, dans iacuhne. ||xvi* s. Cassar, ayant une fois esté surpris par les coursaires en Asie, et estant par eulx détenu prisonnier, s'escria tout hault : quel plaisir tu auras, Crassus, quand tu entendras ma prison I amyot, Craisut, (2. Et se l'appelleur donne bons pièges, qui le prennent en garde et le rendent au jour qui est assigné, ou mort ou vif, il leur pourra bien estre baillié à garder; et ce appelle l'en vive prison au duc de Normendie, on canoe, pri.'ionia.

— ÉTYM. Wallon, prihon; prov. pretsô; espagn. prision; ital. prt'jione ; dulat. prehensionem, prise, de prehendere (voy. prendre). X côté de prison, féminin, il y avait aussi prison, masculin, signifiant prisonnier.

PRISONNIER, lËRE (pri-zo-niè, niè-r'),s. m. et f. Il 1" Celui, celle qui est privée de sa liberté. Le destin, que dans tes fers je brave. M'a fait ta prisonnière et non pas ton esclave, cobn. Pomp. m, 5. Lorsque, dans son vaisseau [d'Achille], prisonnière timide. Vous voyiez devant vous ce vainqueur homicide, hac. /p/i. ii, i.jIFig. Être pri.-onnier en quelque lieu, y être retenu malgré sa volonté. Je vous assure que je suis fort afflgée d'être prisonnière à Lambesc; mais le moyen de deviner des pluies qu'on n'a point vues dans ce pays depuis un siècle, sév. (69 || 2° Celui, celle qui est arrêtée pour être mise en prison, ou qui y est détenue. Si l'on vient pour me voir, je vais aux prisonniers Des aumônes que j'ai partager les deniers, mol. Tart. m, 2. lin pri.sonnier sans argent est un oise.iu à qui on a coupé les ailes, lesage, Gil Hl. i, 12. Il Pain des prisonniers, le pain que l'Ëtat fournit tous les jours aux prisonniers. || 3° Prisonnier d'État, celui qui est arrêté ou enfermé pour un acte qui pouvait mettre en péril la 'flreté de l'État. Duroo et Daru, encore dans sa chambre [de Napoléon], se livraient, à voix basse, aux plus sinistres conjectures, croyant leur chef endormi ; mais lui les écoutait, et le mot de prisonnier d'État venant à frapper son oreille : Comment, s'écria-t-il, vous croyez qu'ils l'oseraient! ségur, Hist. de Nap. xi, t. Il 4° Prisonnier de guerre, ou, simplement, prisonnier, celui qui a été pris à la guerre. Pour l'ordinaire [à Rome], on ne comptait plus les prisonniers parmi les citoyens, boss. Hist. m, e. Ce fut surtout alors qu'on regarda comme un droit de la guerre de faire pendre, de noyer ou d'égorger les prisonniers faits dans les batailles, et de tuer les vieillards, les enfants et les femmes dans les villes conquise», volt. Mœurs, 94. Environ sept mille prisonniers (faits par Cromwell à la bataille de Saveme gagnée sur Charles H] furent menés à Londres, et vendus pour aller travailler aux plantations anglaises en Amérique, id. ib. 181. Le sort des prisonniers de guerre a suivi les différents âges de la raison : les nations les plus policées les rançonnent, les échangent ou les restituent; les peuples à demi barbares se les approprientet les réduisent en esclavage; les sauvages ordinaires les massacrent sans les tourmenter; les plus sauvages des hommes les tourmentent, les égorgent, les mangent, raynal, Hist. phil. IX, 6. Il Faire prisonnier, prendre à la guerre. Les conditions furent que le roi rendrait aux Romains sans rançon ce qu'il avait fait sur eux de prisonniers, et qu'il leur payerait cent talents d'argent, bollin, Hist. anc. Œuv. t. x, p. H, dans pou- GKNS. On lui amena un domestique de Jacques de Grassay, que les Anglais avaient fait prisonnier, et qu'ils renvoyaient, suivant l'usage de ces temps-là [xv* siècle], où il paraît qu'on rendait la liberté au premier prisonnier qu'on faisait, dvclos, Œuv. t. m, p. 70. Il On dit aussi quelquefois prendre prisonnier. Romain Diogène ayant voulu les arrêter [les Turcs], ils le prirent prisonnier, montesq. Rom. 23. Il Prisonnier sur parole, prisonnier qu'on laisse libre, sur l'assurance qu'il donne de ne pas sortir du lieu qui lui est désigné. 116° T.rme de serrurerie. Tourillon qui réunit deux pièces articulées ensemble, et autour duquel s'effectuent leurs mouvements. Il 6° S. f. Prisonnière, s'est dit autrefois d'une étoffe très-légère. Feront des toiles de soie, gaze, étamines, crapaudaille, prisonnières, et généralement toutes autres semblables étoffes, qui seront tant en chaîne qu'en trame, de lionne et pure soie, Statuts des march. de draps dor, 9 juill. 1667, art. 67. Il 7* Adjectivement. Ci.l : U est prisonuiert

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— Fanés: Lui!... son corps est prisonnier; Son Srae est libre, c. delav. Fillf. du Cid, i, 9. Dans leur marche vers l'intérieur de !a Russie, nos soldats prisonniers ne furent pas traités plus humainement [que les Russes qui étaient prisonniers dans l'armée française en retraite] ; et là pourtant l'impérieuse nécessité n'était point une excuse, ségub, Bitt. de JVap ix, 8. || Fig. L'impétueuse ardeur d« ces transports nouveaux X son sang prisonnier ouvre tous les canaux, corn. Au. v, 6. !| Terme de serrurerie. Rivure prisonnière, celle dont un des bouts, au lieu d'être rivé sur une barre, l'est dans un trou qu'on tient plus large par le fond^u'à l'entrée.

— HIST. XV* s. Nul de quelque condition, ou de son sang ou d'autre, n'ose parler ne converser avecques luy, fors ceux qui le gardent, ainsi qu'il est accouslumé de faire à un prisonnier hosneste, MONSTREL. I. I, ch. 106, p. 473, dansLACuRNE. .Sire roy, ce veu est vostre, vous serez prisonnier ens au tournoy; car celluy est prisonnier qui ne va pas li où il veult, Perceforest, t. i, f° 133. || xvrs. En sa maison il n'y avoil rien plus froid que l'atre, et tous les prisonniers s'en esloient fuis de sa bourse, DESPER. Conles, cxvin. Nous vous faisons prisonnier par le roy, marot, ii, 87. Le Vidasme de Chartres prisonnier si eslroiltem»tit qu'on ne luy permettoit pas la prison de sa femme, u'aub. Hist. i, 08.

— ETYM. Prison; wallon, prihair; provenç. pretîonier; espagn. prisionero; ital. prigioniere. L'ancienne langue disait prison, s. m.

t *■ PRIVABLE (pri-va-bl'), adj. Qui peut être privé, dépouillé.

— HIST. XVI' s. Le marit chassant sa femme pour retenir une concubine se rend privable de son douaire, fousl. gén. t. n, p. )060.

— ÉTYM. Priver i .

t 2. PRIVADLE (pri-va-W), adj. Que l'on peut apprivoiser. Animal, oiseau privable.

— ÉTYM. Priver a.

t PRIVANCE (pri-van-s'), t. f. Familiarité particulière (terme vieilli). Le duc de Chevreuse, le duc de Beauvilliers, son beau-frère, et leurs épouses avaient alors les plus intimes privances avec le roi etavec Mme de Maintenon, st-sim t6, 492. Mme de Lude avait une vieille amie qui était de l'ancienne connaissance de Nanon [la domestique de confiance de Mme de Mamtenon], et qu'elle voyait quelquefois en privance, id. S9, 49t.

— HIST. xur s. Trestoutes mes privances par lor conseil ferai, Berte, vu.

— ÉTYM. Privé 4.

PRIVATIF, IVE (pri-va-tif, ti-v'), adj. || !• Qui indique privation. Ces expressions privatives ne peuvent représenter aucune idée réelle et positive, BCFF. De l homme. Les idées privalives sont comme la couleur noire, qui n'a besoin d'aucune clarté, MARMONTEL, Œuv. t. X, p. 52». || 2° Terme de grammaire. Se dit des particules qui marquent privation, /n est une particule privative au commencement de certains mots français, comme infidiile, incorrigble. || En grec, alpha privatif, particule qui, placée devant un nom, indique la privation de la qualité. Il S. m. Particule privative. Un traité des privatifs. || 8° Terme de législation. Qui exclut entièrement, qui accorde une chose exclusivement à telle personne. Disposition privative. 11 fut convenu que les évêques abandonneraient la prétention aussi nouvelle que monstrueuse d'avoir l'autorité privative à toute autre de permettre l'impression des livres concernant la religion, st-sih. 4 44, î46.

— ÉTYM. Priver 4.

PRIVATION (pri-va-sion ; en Ter», de quatre syllabes), t. f. Il 1" Action de priver d'un avantage, d'un bien qu'on avait ou qu'on devait avoir. La privation de la vue. La privation des droits civils. A combien de choses n'est-on pas obligé de renoncer? l'âge amène chaque jour une privation, volt. Lett. Chauvelin, 9 oct. i "64. jl J° Action de se priver volontairement de quelque chose dont on pourrait jouir. Privation volontaire. || Au pluriel, il se dit de la privation soit volontaire, soit infligée par les circonstances. Les petites privations s'endurent sans peine, quand le cœur est mieux traité que le corps, J. 1. BODss. 9* prom. Assez de fortunes ont été amoncelées par l'avarice, en échangeant des privations pour des richesses, Mirabeau, Collectton, t. v, p. *4 4. Chacun alla s'emparer d'une maison commode ou d'un palais somptueux [dans Moscou abandonné], pensant y trouver un bien-être acheté par de si longues et de si excessives privations, sêgur, Uiti. de Nap. viii, «. || Vivre de privations, manquer des chose» nécessaires. || 8* Absence de quelque chose qui muiqu*. La privation dei rudessea

me tiendrait bien lieu d'amitié en un besoin, sév. 6 nov. 1880. Il faut remarquer que la douleur est un mal réel et véritable, et qu'elle n'est pas plus la privation du plaisir que le plaisir n'est la privation de la douleur, malebr. Rech.vér. v, 3. La privation des peines vaut bien l'usage des plaisirs, bufp. Quadr. t. II, p. 4 67. Il Ancien terme de philosophie aristotélique. Aristote remarque qu'un être, avant d'avoir ses qualités actuelles, en avait d'autres qui constituaient un état privatif de l'étal présent; ainsi du plomb fondu se refroidit et passe à l'état solide-, il ne peut le faire sans perdre l'état liquide qu'il avait d'abor I ; c'est-à-dire que la privation de la liquidité est la condition absolue de la solidité.

— HIST. XIV" s. Celle privation [il s'agit de tribuns militaires qu'on priva d'une partie de leur temps de magistrature] ne leur fut pas faite par manière de punission, bercheure, I* 400, verso. Ainsi donc privation, forme, Et matière dont je m'informe. Sont mes principes ordonnez Qui d'en hault me furent donnez, Nat. à l'alch. err. 493. ||xvf s. Nostre bien estre, ce n'est que la privation d'estre mal MONT, n, 245.

— ÉTYM. Provenç. privacio; espagn. privacion; ital. privaiione ; du lat. privatiortem , de privare

(voy. PBIVRB 4).

PRIVATIVEMENT (pri-va-ti-ve-man), adv. Exclusivement, préférablemcnt. Ii semble que la juridiction laie [laïque] ne se fût gardé, privativement à l'autre, que le jugement des matières féodales,

MONTESQ. Esp. XXVIU, 40.

— HIST. XVI* s. Les juges royaux seuls, privativement à tous autres juges, connoissent des matières possessoires beneficiales, loïsel, 4 2.

— ÉTYM. l'rivatire, et le suffixe ment. PRIVAUTÊ (pri-vO-té), s. f. Grande familiarité.

Vous comprenez bien que, par ces amies, elle [Mme de Coulanges] se trouve naturellement dans li privante [de la Dauphine|,sÉv. 44 9. En entretenant avec elle des liaisons, dont la privante pervertirait un ange, s'il avait des sens, bourdal. Uyst. Pentecôte,l. I, p. 460. Jeannot et Colin avaient ensemble de petites privautés dont on se ressouvient avec agrément, VOLT. Jeannot. || Douces privautés, tendres privautés, caresses que se font les amants. Garde-toi de troubler leurs douces privautés. Si tu ne veux qu'il ne punisse L'excès de tes témérités, kol. Amph. m, 2. Ces chef» d'accusation ne roulaient que sur de tendres privautés, hamilt. Gramm. 8. || Prendre, se permettre des privautés, prendre de grandes libertés dans ses manières. Vous avez pris céans certaines privautés Oui ne me plaisent point, je vous le dis, ma mie, mol. Tari, n, 2. || Prendre des privautés, se dit souvenbdes libertés prises avec des femmes.

— HIST. xui* s. Et doit celer les privautés [choses secrètes] que celui ou celle à qui conseill il est, li dira, Ass. de J. i, 33. || xv s. Grand privaullé engendre vilité, coQuiLL. Bal. d'Echo. Arrière, siie chevalier, vous n'estes pas bien courtois, qui venez sur ces deux jeunes pucelles qui sont icy à leur privaulté [elles étaient dans le bain], Perceforest, t. iv, P 4 25. Plusieurs femmes d'estal dont il avait eu grant privaulté et grant accointance, comm. m, 7. Il xvt* s. Je n'aime point ce vent qui, folastre, se joue Parmy ses beaux cheveux et luy baise sa joue; Si grande privante ne me peut contenter, UES- PORTES, Diane, il, 23. Ouclques occasions qu'elles [les maîtresses) m'en ayant donné, je n'ay jamais rompu jusques au rnespris et à la haine; car telles

privautez encore» m'obligent elles à quelque

bienviieiUance, mont, m, .176.

— ÉTYM. I^l. fictif, privalitatem, de privalis, dérivé de privus (voy. pbivB 4). Il j avait aussi priveté, Bois, p. 434.

4. PRIVE, ÉB (privé, v6e), adj. ||1* Oui vit sans rang et sans emploi qui l'engage dans les affaires publiques. Non plus en empereur, mais en homme privé, TRISTAN, U. de Chrispe, m, 2. Le malheur de ses afTaires [la reine Henriette d'Angleterre] la faisant plutôt vivre en personne privée qu'en souveraine, LA FAY. Ilist. Henr. d'Anglet. Ceux qui gouvernent font plus de fautes que les liomums privés, VAUVEN. Uax. cxxvi. Il 1' Il se dit des choses, par opposition k public. C'est par cette raison , ou publique ou privée.... hairet, Sophon. v, 2. Rien n'est privé dans leur vie [des grands), tout appartient au public, MASS. Petit carême, Kiemples. La vie la plus privée ne le vit jamais un moment oublier la gravité et les bienséances de la dignité royale, id. Ix)uis le Grand. C'est l'histoire privée de Christine et non l'histoire de son royaume que j'ai pour objet dans cet écrit, o'aleub. Mém. Christ. Mais un luxe privé qui dégrade le» mœur».... m, j. CHiN. Gracquet, »,

3. La vie privée me console de la vie publique, al. duval, Jeun, de Henri V , i, 5. || La vie privée doit être murée, il n'est pas permis de chercher et de faire connaître ce qui se passe dans la maison d'un particulier. || Vie privée, titre de certains ouvrages où l'on raconte les actions privées d'un personnage public. La Vie privée de Louis XV. I! En son propre et privé nom, pour soi-même, de son chef. Je combats pour la nation [en faisant le procès à Shakspeare]; je ressemblée M. Roux, de Marseille, qui fit la guerre aux Anglais, en 1756, en son propre et privé nom, volt. Lett. d'Alembert, (O août I776. Il Parler, agir en son propre et privé nom. parler, agir de son chef, sans commission de personne. Il Autorité privée, se dit par opposition à aulorité publique, ou à autorité légitime. Ce jeune homme a fait cela de son autorité privée, sans l'aveu de son père. Il est certain que l'évêque de Castres fit enfermer la fille Sirven, de son autorité privée, VOLT. Lett. Beaumont,22 avr. 4765. || Fig. L'ennui, de son autorité privée, ne laisserait pas de sortir au fonddu cœur. .. pasc. Pens.iv, 2, éd. havet. || 8" Prison privée, ou, dans le style des anciennes ordonnances, chartre privée, se dit par opposition à prison publique. || 4" Conseil d'Ëtat privé ou conseil privé, le conseil où présidait le chancelier, et où se jugeaient les affaires des particuliers dans lesquelles le roi n'avait point d'intérêt ; dit aussi conseil des parties. || Aujourd'hui, conseil particulier qui ne s'assemble que d'après une convocation expresse ordonnée par le souverain. [| 5° Acte sons .seing privé, acte fait sans l'intervention de l'officier public. Il 6° S. m. Intimité. Mme de St-Géran était mangeuse, aimant la bonne chère, et bonne en privé comme Mme de Chartres, st-sim. 42, -247.

— REM. Le mur de la vie privéel... J'ai cru d'ahord, comme bien des gens, que c'était Royer- Cullard [qui avait erré cette expression].... Depuis quelque temps j'ai desdoutes : ils me viennent d'une lettre de Stendhal, écrite à l'époque où le mot ne faisait que commencer à courir et n'avait pas encore perdu, par le frdttement et l'usage, sa mar([ue d'origine.... La lettre est du 34 oct. 1823, et en voici le curieux passage : « Dîné à Troyes le 49, aiec un marquis... Cet homme, durant un petit dîner de trois quarts d'heure, trouva le secret de nous conter toute l'histoire de sa vie; je pourrais écrire lix pages : Dès l'âge de treize ans, il servait dans l'Inde, il est marquis, il a un fils, il a une sœur, etc. Je n'ose continuer de peur d'entreprendre sur la vie privée d'un citoyen, qui, comme l'a si bien dit M. de Talleyrand, doit être murée, ÉD. FOORNIEB, Feuilleton de la Pairie, m juill. 4868.

— HIST. xii* s. Quant li jugcmenz 'fu e faiz e recordez, Dous [deux] i ad envciez li reis de ses privez. Th. le mart. 44.||xiii's. Devant lui sont venu si plus privé ami, Brrte, cviii. A privée maisnie [ils] issenl de la cité, tb. cxxv. Et se poés à ce venir Qu'à privé les puissiés tenir.... Lors devés la rose cueillir, la liose, 7708. Servise de voie à cimetière est de droit privé, et por ce le puet l'en chalongier [exiger] au segnor cui la leneùre est, Liv. dejusl. p. 137. || xiv" s. Mais on dist : de privé iaron Se puet nus [nul ne se peut] à painos gaitier, Renart le nouvel, v. 1840. || xV s. El especialemeiil devers le roi et son plus privé conseil, kroiss. I, I, 40. Et eust communication bien privée avec ledit chambellan en sa chamlire à Londres seul à seul, coMM. VI, 2. Il xvi* s C'est une oho.se perverse, qu'un privé entreprenne d'administrer ne le baptesme ne la cène, calv. Imtil. 1062. S'estoil absenté de toutes compagnies, et vivoil en son privé, RAB. IV, Ane. prol. Ils disent qu'il en provenoit des fruicls très utiles au privé el au public, mont. I, ill. Le besoin publicque ou privé, li). l, 207.

— ÉTYM. Provenç. prirat ; ospagn. privadn; ital. pri4)alo; du lat. privatus , particulier, dérivé de privux, propre, spécial.

•i PRIVE (pri-vé), j. m. Lieux d'aisances. J'ai parcouru la Critique des sept volumes de l'Encyclopédie ; je voudrais bien savoir qui sont les gadouards qui se sont efforcé» de vider le privé d'un vaste palais dans lequel ils ne peuvent être reçus, VOLT. Lett. Damilavilie, i5ocl i764.||Kig. Voyezvous, leur dit l'ange, cette pclite planète gr.inde comme rien , qui est i quelque soixante millions de lieues d'ici? c'est là le privé de l'univers, volt. Dict. phil. Bien, tout est bien.

— lllST. xiir s. Miex vosisse estre sor un ai» D'une privée où me geOsse... Wen. t7i77. || xvi* s. Aisances de privez ou puits contre un moitoyen, il doit faire contremur d'uo pied d'espoisieur, Couit. gén. t. i, p. **.

PRÎ

PRI

PRI

— IsTYM. Prive <; provciiç. et espagn. privada; ilal. prirain, féminin, comme l'ancien privée.

3. PRIVÉ, ÉE (pri-vé , vée) , part, passé de priver t. X qui on a été, qui ne possède pas. Tant de sapes, tant rie conquérants, tant de graves législateurs, tant d'excellents citoyens, un Socrate, un Marc-Aurèle, un Scipion , un César, un Alexandre , tous prives de la connaissance de Dieu et exclus de son royaume éternel, boss. Louis de Bourbon. Poisje oublier Hector privé de sépulture T rac. Andr m, 8. Privé d'une pierre pour y poser sa tête et d'un asile on il pût respirer, i. J. rouss. i" dial.

4. PRIVÉ, ÉE (pri-vé, vée), part, passé de priver s. Il 1* Qui est à l'étal d'animal domestique. Dès que l'oiseau privé prend son essor et va dans la forêt, les autres s'assemblent d'abord pour l'admirer, et bientôt ils le maltraitent et le poursuivent, comme s'il était d'une espèce ennemie, bdfp. Ois. t. XI, p. 100, dans pouoens. || Familièrement. C'est un canard privé, c'est un homme dont on se sert pour faire tomber dans le piège ceux qui se fient à lui (locution qui vieillit). || 2° Familier (sens qui vieillit). Ce domestique se renà un peu trop privé avec ses maîtres.

t PRtVÉMENT (pri-vé-man) , adv. F.n personne privée C'est [prier les saints, disent les prolestantsj renverser la médiation de Jésus-Christ, qui nous commande de nous retirer privément en son nom vers son Père, boss. Exp. docir. cath. Averliss. Ainsi je me renferme à vivre privément, j. b. ROUSs. Flatt. II, 2.

— HIST, XIII' s. Li dus leur dit en la fin qu'il avoit parlé à son grant conseil privéement, viu.eh. xiii. Il XIV* s. Tant publiquement comme privéement, BEHCHF.L'RE, f" 20, recto. 1| XV* S. Nostre roy [louis XI] parloit fort privéement... et aymoit à parler en l'oreille, comm. iv, 7. || xvi" s. Vous en usez [lie l'accent aigu] en diverses sortes , comme en ces mots nommémenl, privément, obstinément, dont les syllabes sont longues, i. pelletier, dans UVET, la Grammaire franc, p. 168.

— ÊTYM. Privée (voy. prive i), et le suffixe ment; provenç. privadamen; espagn. privadamenle; liai. prtra(omCTi(e.

2. PRIVÉMENT (pri-vé-man) , adv. En familiarité. Ils ont toujours vécu fort privément ensemble. Il II a vieilli.

— ETYM. Prii-^ f, et le suffixe ment.

>. PRIVER (pri-vé), V. a. ]\ 1° ôter à quelqu'un ce qu'il a, l'empêcher de jouir de quelque chose. Je te prive, pendard, de ma succession, Et te donne de plus ma malédiction , mol. Tart. m, 6. Notre siècle a vu un roi se servir de ces deux grands hommes [Condé et Turenne] , et , après qu'il en a été privé par la mort de l'un et les maladies de l'autre, exécuter de plus grandes choses.... boss. Louis de Bourbon. D'un spectacle s» doux ne privez point mes yeux, h.\c. Iphig. us, i. ô superstition I tes rigueurs inflexibles Privent d'humanité les cœurs les plus sensibles, volt. Fanât. I, 2. Il %° Se priver, v. réfl. S'ôter à soi-même un avantage, un bien. Quoi ! ne vaut-il pas mieux, puisqu'il faut m'en priver, La céder [Monime] à ce fils que je veux conserver? rac. tlilhr. iv, 6. 11 y a des hommes.... qui se privent eux-mêmes de la société des hommes, et passent leurs jours dans la solitude, la brut. xi. || Uenoncer à l'usage de quelque jouissance. Il ne faut ni vigueur, ni Jeunesse, ni santé pour être avare.... il faut laisser seulement son bien dans ses coffres et se priver de tout , LA BRUT. XI. les avares qui se privent du nécessaire sont abandonnés à Piaule et à Molière, VOLT. Dict. phil. Avarice. || Par antiphrase, renoncer à quelque chose de douloureux. 11 fallait bien souvent me priver de mes larmes, rac. Phèdre, IV, 4.

— SYN. 1. PMTBR, frustbeb. On peut priver légitimement quelqu'un de quelque chose, et par un acte d'autorité; l'idée de trahison ou d'injustice entre toujours dans celle de frustrer. Un pcre mécontent prive son fils de son héritage ; un frère intrigant et fourbe frustre son frère des droits qu'il avait à la succession paternelle, r. guizot. || 3. se PRivgR, s'ABSTRNin. S'abstenir n'exprime qu'une action, se priver exprime aussi fe sentiment qui l'accompagne. On peut s'abstenir d'une chose indifférente ; on ne se prive que d'une jouissance.

— HiST. xiv* s. Et avecques ce il est privé par la mort des tr^s grans biens que il a de pre.scnl, OHESME, Eth. 90 Et pour ce disoit bien Agalhon le philosophe que Dieu est privé d'une seule chose, resl assavoir que il ne peut faire que les choses qui sont tkites ût aient esté faites, id. ib. »7«.

Il XVI* s, On va jusques à se priver vllatnement <fe la jouissance de ses propres biens, mont, l, 316.

— ETYM. Provenç. et espagn. privar; ital. prirare , du lat. pn'rare, priver.

2. PRIVER (pri-vé), I). o. |l 1° Rendre privé, en parlant d'un animal. Les oiseaux de proie sont les plus 'lifficiles de tous à priver. || 2* Se priver, v. réfl. Devenir privé, le loup pris jeune se prive, mais ne s'attache point ; la nature est plus forte que l'éducation , bupf. Quadrup. t. ii, p. 188. Gesner observe que le martin-pêcheur ne peut se priver, et qu'il demeure toujours également sauvage,

ID. Ois. t. XII!, p. 2fi0.

— HIST. XIII* s. Ce dist li rois : merveilles [je] voi ; Ci lens [ce loup] est ci vennsà moi; Or sachiés bien qu'il est privés. Lai de Melion. ]|xvi* s Avec le temps, il la rendit [sa biche] si privée et si familière, qu'elle venoit i luy quand il l'appeloit, AMYOT, Sert. is.

— ÉTYM. Privé I.

PRIVILÈGE (pri-vi-15-j'; on prononce avec \'è ouvert, bien que l'Académie conserve l'accent aigu), s. m. || 1* Avantage accordé à un seul ou à plusieurs, et dont on jouit à l'exclusion des autres, contre le droit commun. Los raisons qui s'élèvent contre les privilèges, raynal, Hist. phil. v, 36. Les privilèges exclusifs sont les ennemis des arts et du commerce, que la concurrence seule peut encourager, ID. ib. X, 19. Il Privilège du roi, autorisation d'imprimer que I" gouvernementdonnait, après que l'ouvraRe avait passé à la censure, et qui était accompagnée de la défense à tous autres d'imprimer ledit ouvrage. La lettre de M. de Saint-Cyran, Pela Vocalion, imprimée sans approbation ni privilège, PASC. l.elt. à Ifme Perier, <*' avril IC48. 11 (Boileau] a, pour ses satires et pour son Lutrin, un privilège signé en commandement et prononcé par la bouche sacrée de Sa Majesté, nonobstant l'opposition des principaux de l'Académie, qui étaient fort maltraités dans ces ouvrages, pubetiêre, 3' faclum, t. 1, p. 321. Point de privilège, s'il vous plaît [pour le Si'cle de Louis XIV]; on se moquerait de moi, un privilège n'est qu'une permission de flatter, scellée en cire jaune, volt. Lett. Mme Denis, 24 déc. (7Bt. Il [d'Aguesseauj ne voulait point donner de privilèges pour les romans ; et il ne consentit à laisser imprimer Cleveland qu'à condition que le héros changerait de religion, id. Vie de Volt.\\l' Acte qui contient la concession d'un privilège. Enregistrer un privilège. Produire son privilège, || 3* Droit, avantage attaché à certaines conditions ou emplois. Il n'y a rien à perdre à être noble : franchises, immunités, exemptions, privilèges, que manque^t-il à ceux qui ont un litre? la bruy. xiv. Les privilèges accordés aux maîtrises et aux communautés sont des droits iniques qui ne paraissent dans l'ordre que parce que nous les trouvons établis, condil. Comm. jour, il, 7. || 4" Terme de jurisprudence. Droit d'un créancier, établi par la loi, de se faire payer sur certains objets préféiablement à tous autres créanciers, i causerie la qualité de sa dette. L'hypothèque peut être conventionnelle et eiùste sur les immeubles seulement; le privilège est purement légal et s'étend aux meubles. Être payé par privilège et préférence sur le prix d'un immeuble. Le privilège est un droit que la qualité de la créance donne à un créancier d'être préféré aux autres créanciers, même hypothécaires, Code f/ap. art. 20»5. Les privilèges sont ou généraux ou particuliers sur certains meubles, t'b. art. 2) uo. 115° Fig. Droit, prérogative, distinction quelconque. Quand le crime d'État se mêle au sacrilège, Le sang ni l'amitié n'ont plus de privilège, corn. Poly. m, 3. Pour comble de malheur, les dieux, toutes les nuits. Vengeant de leurs autels le sanglant privilège, Me venaient reprocher ma pitié sacrilège, rac. Iph. i, I. Quand la vertu n'aurait encore que le privilège de diminuer nos douleurs en diminuant dos attachements.... HASS. Carême, Dégoûts. Je sais mieux que personne quels privilèges d'attention méritent les infortunés, j. j. rouss. Lett. à Sautlersheim, 21 juin (764. Il En mauvai.>-e part. Il a le privilège de me déplaire. Le privilège que vous avez de mentir, pasc. Prov. xv. Et croit que devant Dieu ses fréquents .lacriléges .'^ont, pour entrer au ciel, d'assurés privilèges, boil. Sal. x. C'est le privilège de l'erreur de donner son nom à une secte; si Platon avait trouvé des vérités, il n'y aurait point eu de platoniciens, volt. Éloge de Unie de Chdtelel. Il 6* Se dit aussi des dons naturels soit du corps soit de l'esprit. La beauté est un heureux privilège. Il 7°Cerlaine liberté dans les relations. La vieillesse donne des privilèges.

— HIST. XII* s. [ô roi] Tes privilèges as e leis e poesté. Th. le mart. 73. || xiii* s. Si fais cheoir dedans mes pièges Le monde par mes privilèges, la Hose, • 1264. Que se un seignor done à un home un fié, et li en fait un prevelige, et dit el prevelige : je tel iloin à tel et à tes heirs.... Ass. de J. i, 2)8 Et ai renoiicié en ce Tel à toute ayde de droit, à tm privilieges de croiz prise ou à prendre, beaum. XXXV, 20. Il XIV* s. Cellui est digne de perdre son privilège qui mesuse de la puissance qui lui a esté donnée, Minagier, i, 9. || xv* s. On dit que ses ans il [le buveur] abbrege; Ainçois il a grant privilège: .. .U ne craint pas que la pépie.... Le fasse mouri' à l'instant, basselin , xxxviii.

— ETYM. Lat. privilegium, loi exceptionnelle faite au sujet d'un particulier, et, plus tard, privilège, faveur, de privus, privé (voy. privé i), et lex, loi.

t PRIVILÉGIAIUE (pri-vi-léji-ê-r'), adj. Qui a le caractère du privilège. Si vous ne réformez pas cette hérédité privilégiaire.... mirab. Collect. t. v, p. 98.

— ETYM . Lat. privilegiarius , de privilegium, privilège.

PRIVILÉGIÉ, ÉE (pri-vi-lèji-é, ée) , part, passé de privilégier. Il 1° Qui a un privilège, qui jouit d'un privilège. Une classe priviléj;iée. On jugea d'ahord un jeune homme qui avait fait (]uelques sottises, à ce qu'il paraissait du moins, ayant perdu tout son argent dans une maison privilégiée du gouvemementj p. L. COL'R. Procès. Il Fig. Si l'emploi de la comédie est de corriger les vices des hotnmes, je ne vois pas par quelle raison il y en aura de privilégiés, mol. Tart. Prc/- Il Substantivement. Celui qui jouit d'un privilège. La classe des privilégiés. || 2° Terme de jurisprudence. Créancier privilégié, celui qui a droit d'être payé préfèrablement aux autres. Les créanciers privilégiés sur les immeubles sont le vendeur, sur l'immeuble vendu, pour le payement lia prix; s'il y a plusieurs ventes successives dont le prix soit dû en tout ou en partie, le premier vendeur est préfère au second, le deuxième au troisième, et ainsi de suite. Code Nap art. 2io3, Il On dit de même : créance privilégiée. Les créances privilégiées surcertiiins meubles sont: i* les loyers et fei mages des immeubles, sur les fruits de la récolte de l'année, et sur le prix de tout ce qui garnit la maison louée ou la ferme, et de tout ce qui sert à l'exploitation de la ferme.... ib. art. 2102. Il 3* Cas privilégiés ou cas royaux, crimes dont les juges royaux pouvaient seuls connaître, quelle que fût la condition de l'accusé. La fausse monnaie, le duel étaient des cas privilégies, ]| En droit canon, cas privilégiés se disait des délits des ecclésiastiques et des moines contre l'ordre civil, parce que, l'official étant de droit le seul juge des clercs, le droit canonique a qualifié de privilège ce qui appartient de droit commun aux tribunaux laïques. Il Autel privilégié, autel où l'on peut dire la messe des morts le jour que l'on ne peut la dire à d'autres autels. Il 4* Lieu privilège, lieu qui n'était pas soumis à la police générale. || Jour privilégié, celui où l'on ne peut arrêter pour dette. Le dimanche est un jour privilégié. || B" Terme de pêche. Il y a des poissons qu'on nomme privilégiés, parce que, suivant la coutume, il est défendu de les prendre, pour aucunes redevances : tels sont les turbots, les saumons, les esturgeons, les marsouins, baudrillart. Il 6* Un mal privilégié, s'e-t dit de la syphilis. Et tel vous soupçonnait de quelque guérison D'un mal privilégié dont je tairai le nom, coBN. Suite du Ment. 1, 1. || 7" Fig. Qui a reçu de la nature quelque don particulier. L'homme est une créature privilégiée. Un génie privilégié. Raphaël, ce peintre privilégié. Il 8° Familièrement. Qui s'attribue ou à qui l'on accorde certains privilèges dans la société. Il peut tout dire, il est privilégié.

— REM. I . L'Académie, n'ayant pas le verbe pri'uth'gier, n'a privilégié q\xe comme adjectif. || 2 Privilégié doit être de cinq jyllabes, et Corneille le fait de quatre, volt. Comm. Corn. Bem. Suite du Ment . 1, 1.

t PRIVILÉGIER (pri-vi-li-jié), je privilégiais, nous privilégiions, vous privilégiiez; que je privilégie, que nous privilégiions, que vous privilégiiez, V. a. Accorder un privilège. Ainsi a-t-il plu au Seigneur, qui d'ailleurs, dans l'ordre de la grâce, avait assez privilégié le pauvre au-dessus du riche, nouRiuL. 8* dim. après la Pentecôte, Dominic. t. m, p. 127. De nouvelles manufactures méritent d'être privilégiées, c'est-à-dire multipliées; et plus elles peuvent être utiles, plus il faut récompenser ceux à qui on les doit, condil. Comm. gouv. 11, 7.

— HIST. xiii* s. Sires, nous sommes en vostre garde et devons iestre, et bien en .sommes cliaitrel et privilegiet, Chr. de Rains, p. 239. En deman-

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dant nus n'est oïs par procureur, se ne sont persones privilégies, si comme egliseè, beauu. iv, 3. |ixv' s. [Les Flamands excommuniés par le pape se plaignirent à Edouard III leur alljé, qui leur manda] que de ce ils ne fussent néant effrayés ; car la première fois qu'il repasseroit la mer, il leur meneroit des prestres de son pays, qui leur chanteroient des messes, voulust le pape ou non, car il est bien privilégié de ce faire, froiss. i, i, i08. Il XVI' s. Nature a bien voulu honorer et privilégier l'homme inférieur en force corporelle aux besles, de cecy.... paré, ix, Préf. Les aultres il privilegea du tillre de noblesse à perpétuité, carl. m, 3, Il n'est supportable qu'aux grandes âmes et illustres de se privilégier au dessus de la coustumc, mont. 1, 406. Celui qui est privilégié du droit d'aisnesse, LANODE, 44. Et quand il a baillé son ordonnance à quelqu'un, après qu'il aille où il voudra, tousjours sera il payé; car telles dettes sont merveilleusement privilégiées, id. 302.

— ÉTVM. Privilège.

PRIX (prl ; \'x se lie : un pri-z excessif), s. m. Il 1* Estimation, valeur d'une chose ; ce qu'on la vend, ce qu'on l'acliète. le prix c'est la valeur exprimée en numéraire Ne les vantez point tant, et dites-nous le prix, cohn. Galerie du Pal. i, «. Cléante : Le prix? — Le libraire : Chacun le sait; Autant de quarts d'écus, c'est un marché tout fait, ID. t'b. IV, 14. Mettez un prix à la pauvre captive, Je le payerai.... la font. Cal. Les huit ou les dix mille hommes sont au souverain comme une monnaie dont il achète une place ou une victoire : s'il fait qu'il lui an coûte moins, s'il épargne les hommes, il ressemble à celui qui marchande, et qui connaît mieux qu'un autre le prix de l'argent, la BRUY. X. Le prix n'est que la valeur estimée d'une chose par rapport à la valeur estimée d'une autre, CONDIL. Comm. gouv. i, 2. Le prix suppose la valeur; c'est pourquoi on est si fort porté à confondre ces deux mots, m. ib. || X prix d'argent, pour une certaine somme. Ce n'est qu'à prix d'argent qu'on dort en cette ville [Paris], boil. Sol. vi. Les rois et les hauts barons avaient affranchi plusieurs de leurs bourgeois à prix d'argent, dès le' temps des premières croisades, pour subvenir aux frais de ces voyages insensés, volt. Ilisl. pari. ii. Le père de Boucharilon chercha à syi fils, à prix d'argent, les plus parfaits modèles qu'il put tiouver, niOER. Observ. sur la sctilpt. Œuv. t. xv, p. 3i3, dans fougens. Il X prix d'or, très-cher. || Acheter à bon prix, acheter à bon marché. || Terme de commerce. Vendre à non-prix, vendre moins que la chose ne coûte, vendre à perte Elle (la veuve de J. ChartierJ sera bientôt obligée d'en faire meilleur marché [de labiblioihcque de son mari], ou autrement les créanciers feront tout vendre à non-prix, gui patin, Lett. t. n, p. 171. Il Relever les prix, faire hausser les prix qui avaient baissé. || Juste prix, prix modéré, prix convenable. Il Bas prix, vil prix, prix au-dessous de la valeur. C'est une situation admirable.... mais il ne faut pas le vendre [un domaine] à vil prix, comme on vend aujourd'hui toutes les terres, sKv, 303. || Fig. En l'abondance de toutes choses i|ue son empire [du sultan] produit, rien n'est jamais à si bas prix que la vie des hommes, balz. liv. ii, lett. 5. || X haut prix, à grand prix, tiès-cher, pour une grosse somme d'argent. J'aurais pu te montrer nos duchesses fameuses Tantôt d'un histrion amantes scandaleuses, Fières de ses soupirs obtenus à grand prix, gilb. Le (8« t. Il Fig. Vous mettez à trop haut prix.... les petits services que je vous ai rendus, sÉv. 30 mars 1689. Il Une chose hors de prix, une chose excessivement chère. Les vaches ne se vendent pas, les filles étaient chères à l'assemblée de Véretz, les garçons hors de prix, P. L. cour. Coi. du village, a' *. Il Une chose qui n'a point de prix, qui est sans prix, une chose de très-grande valeur et dont le prix n'est point réglé. Ils présentent alors i nos regards surpris Des chefs-d'œuvre il'orgueil sans mesure et sans prix, volt. Scylhes, i, (.||Fig. Ces poèmes sans prix Rendront de leurs beautés votre oreille idolâtre, botb. St-Gen. i, 7. C'est cela [des tendresses] qui n'a point de prix, et que je sens fort tendrement, stv. 484. || Fig. Cet homme est sans prix, il est d'un rare mérite. || En un sens opposé, Les effets publics sont sans prix, perso/ine ne demande à en acheter. || De prix, qui vaut beaucoup. Corps piqué d'nr, garnitures de prix, la FONT. Court. Il ne brisera pas un meuble de prix, 1. }. roi ss. Em. I. Il Mettre un prix à queb)ue chose, en donner un certain prix. Mets un prix à la p.iix, mets un prix à Palmire, volt, fartât, i, 4. || Mettre Il Wte d'un homme k prix, promettre une certaine

somme i qui le tuera. Il [Sylla] inventa les proscriptions, et mita prix la tête de ceux qui n'étaient pas de son parti, montesq. Rom. H . || Mettre à prix, vendre pour un certain prix. Judas aima l'argent avant de mettre à prix son mailre, maSS. Carême, Tiéd. i. || i'ar extension, mettre à prix, accorder quelijue chose moyennant une certaine concession. On y ajoutera peut-êtie encore de mettre à prix le retour du parlement à Bennes, SÉv. 227. Il Fig. Si vous étiez un bien qui se pût mettre à prij, ma seule fidélité pourrait vous acquérir, scarr. Jtom. com. Il, 14. Il Etre à prix, être l'objet d'un trafic. La louange est à prix, le hasard la débite, hégnif.r,So(. xv. Il Cola vaut toujours son prix, se dit d'une chose' qui conserve sa valeur, dont le prix ne baisse pas. Il 2" Prix fixe, prix fixé d'avance par le marchand et <luquel il n'y a rien à rabattre. Vendre à prix fixe. il Prix-fixe (avec un trait d'union), maison de commerce où l'on vend les marchandises k un prix déterminé et écrit sur les objets à vendre Les prix-fixes se sont fort multipliés à Paris. || On dit aussi : magasin, boutique à prix fixe. || Prix fait, le prix commun ou le prix convenu d'une chose. || Marché à prix fait, ou, simplement, prix fait, marché à forfait. Un édifice construit à prix fait. {{ Kn termes de banque. Les prix des chai ges sont certains et incertains ; dans toutes les négociations de lettres de change tirées sur des places étrangères, il y a toujours une place qui donne le prix certain ou incertain, et une qui.... p. giraudeau, la Banque rendue facile, p. 5. Il Prix courant, le prix qui a cours sur le marché à un moment donné. || Prix courant, feuille publique qui donne les prix courants. On en peut voir le détail dans le prix courant qu'on imprime à Amsterdam, p. gibaudbac, la Banque rendue facile, p. 387. Il 3' Fig. Valeur morale d'une personne ou d'une chose. Il met à même prix les sages et les sots, réonier, Sat. v Le temps de chaque chose ordonne et fait le prix, corn. Pomp. i, 3. Notre humeur met le prix à tout ce qui nous vient de la fortune, la bochefouc. Réflex. 47. Enfin, qu'on doit tenir notre art en quelque prix, la font. Fahl. I, 14. Que l'homme s'estime son prix, pasc. Pens. I, 8, éd. havet. Je trouve que le prix de la plupart des choses dépend de l'état où nous sommes, quand nous les recevons, sÉv. (3 oct. (673. La reine [l'Espagne] la veut voir incognito [Mme de Villars] ; elle se fait prier, pour se donner un nouveau prix, 10. & janv. (680. Que ce tombeau nous convainque de notre néant, pourvu que cet autel, où l'on offre tous les jours une victime d'un si grand prix, nous apprenne en même temps notre dignité, Boss. liuch. dprl. Une nolile pudeur à tout ce que vous faites Donne un prix que n'ont point ni la pourpre ni l'or, bac. tsth. m, 4. Le rang qui lui donne du prix devant les hommes, mass. Carême, Prosp. Il y a une grande différence entre le prix que l'opinion donne aux choses, et celui quelles ont réellement, j. i. Rouss. Ilél. v, 2. Je connais mieux que vous le prix de la vie, scribe, Hisl. et prov. Le prix de la vie. || Relever le prix, donner une plus grande valeur morale. Sa modestie relive le prix de ses autres vertus. || Chacun vaut son prix, c'est-à-dire il ne faut pas déprécier celui-ci pour exalter celui-là, et aussi il n'est personne qui n'ait quelque bonne qualité. Encore que chacun vaille ici-bas son prix, Régnier, Sat xii. J'ai vu ici.... Mme de Montjeu, que je trouve fort aimable; Mme de l'oulongeon vaut son prix aussi, sRv à Bussy, (3 avril 1689. Il Valoir son prix, en parlant de choses, n'être pas sans importance, sans intérêt. Pensezvous que celte nouvelle ne valût pas son prix dans la gazette de Hollande? sÉv. 362. || On dit de même : avoir son prix. Pourtant un tel spectacle a bien son prix, l. t. RO -ss. Dédie. \\i' Fig. Ce qu'il en coûte pour obtenir quelque avantage. Et veulent acheter crédit et dignités À prix de faux clins d'yeux et d'élans affectés, mol. Tart. I, 8. lisent résolu de l'en retrancher [Arnauld, de l'Êgli.seJ, à .[uelque prix t|ue soit , pasc. Prov. ni. Dieu met la vie éti'inelle à ce prix, BOSs. Ilist. il, 6. Et diton à quel prix Roxane lui pardonne? rac. Uajaz. m , 2. Je voulais votre fille et ne pars qu'à ce prix, ID. Iph. IV, 6. Si j'avais mis ta vie à cet indigne prix, Parle, aurais-tu quitté le dieu do ton pays? VOLT. Ali. V, 6. Nous avons mis peut-être cette qualité |la délicatesse] à plus haut prix qu'aucun autre peuple de la terre , vauven. Délicatesse. 116" Fig. Mérite d'une personne. Tous ceux qui lui étaient bons [k Mme de Lafayette) avec M. de la Rochefoucauld, perdent leur prix auprès d'elle [lui mort], sRv. 41». On croirait à vous voir, dans vos libres caprices, Décider du mérite et du prix des

auteurs..., boil. Sat. ix. || L'excellence d'une chose. Certain Mogol vit en songe un vizir Aux champs Élysiens possesseur d'un plaisir Aussi pur qu'infini tant en prix qu'en durée, la font. Fabl. xi , 4. X propos de comédie, voilà Bajazet; si je pouvais vous envoyer la Champmeslé , vous trouveriez la pièce bonne; mais sans elle elle perd la moitié de son prix, sÉv. (26. Dieu aime qu'on sente tout le prix des grâces qu'il nous fait , mass. Âvent, Conc. Il 6" Fig Récompense. Et lui seul a des prix dignes de ma victoire , botr. Bélis. iv, 6. Cruelle, est-ce là donc ce que vos injustices Ont réservé de prix à de si longs services? corn. Illus. com. il, 3. Cette dignité sacrée [le souverain sacerdoce chez les Juifs] fut le prix de la flatterie , boss. Hist. n, 5. ô dieux!... Si vous donnez les prix comme vous punissez, rac. Tliéb. m. 3. Le prix est sans doute inouï ... Mais plus la récompense est grande et glorieuse.... iD. Esth. n, 6. Je vais au roi des rois demander aujourd'hui Le prix de tous les maux que j'ai soufferts pour lui, volt, ^a'tre, ii, 3. || Le prix de, suivi d'un infinitif. C'est ce qu'il n'est plus temps de vous dissimuler. Seigneur, et c'est le prix de m'avoir fait parler, corn. Sur. r,, 2. Il Pour prix de, en récompense de. Pour prix d'avoir si bien secondé vos souhaits, rac Uilhr. i, a. Callierine fut reconnue czarine, pour prix d'avoir sauvé son époux et son armée, volt. Russie, il , 3. Il Salaire. Ceux qui tuent- sans en recevoir aucun prix, PASC Prou. vi. || 1- Quelquefois, par antiphrase , punition, expiation. Où Photin a recule prix de son audace, cobn. Pomp. v, 3. .'^ous les Assyriens, leur triste servitude [des Hébreux) Devint le juste prix de leur ingratitude, rac. Esth. m, 4. Me préserve le ciel de soupçonner jamais Que d'un prix si cruel vous payez mes bienfaits I lu. Hithr. m, 3. Il La mort fut le prix de sa sincérité, c'està-dire il fut mis à mort pour avoir été sincère. Il 8° Récompense promise à celui qui réussira le mieux dans quelque exercice de corps ou d'esprit. Du plus habile chantre un bouc était le prix , boil. Art p. m. Le fils d'Ulysse, qui était venu pour remporter le prix, fén. Tél. v. Je viens ici pour tâcher de gagner le prix, lancourt. Prix de l'arquebuse, se. 7, Les marches d'Alexandre sont si rapides que vous croyez voir l'empire de l'univers . plutôt le prix de la course, comme dans les jeux de la Grèce, que le prix de la victoire, montesq. Esp. X, M. Après avoir remporté vingt-huit fois le prix de l'art, d'autres disent seulement treize fois, Eschyle , vaincu par Sophocle.... lévesqub, Instit. Jfc'm. liïl. et beaux-arts , t. i, p. 3i6. (| Partager le prix, donner le prix à deux concurrents dont le mérite a été jugé égal et qui se partagent la récompense proposée. || Partager le prix, se dit aussi de deux concurrents qui obtiennent le prix ei entre lesquels on le partage. || Il a manqué le prix de peu de voix, il s'en est fallu peu de voix qu'il ne l'ait obtenu. || Fig. Remporter le prix, surpiis^er les autres en quelque chose. C'est par là que Molière, illustrant ses écrits. Peut-être de son art eût remporté le prix. Si.... boil. Art p. m. || Dans le même sens. 11 vous donne le prix de la beauté, le prix d" l'esprit, le prix de la vertu, maintenon, Lett. à Mme de Pommereuil, 10 juillet 4665. || Il se dit au sens d'honneur dans les luttes où un prix est disputé. El si de t'agréer je n'emporte le prix. J'aurai du moins l'honneur de l'avoir entrepris, la font. Dédie, des fables au Dauphin. [Dans les tournois] l'on crie : L'amour dos dames, la mort des héros, louange et prix aux chevaliers, chateaubr. Génie, IV, V, 4. Il Prix décennaux, prix fondés par le premier empire, et décernés aux plus belles œuvres littéraires, aux plus belles découvertes scientifiques faites dans l'inlerviille de dix ans. Je ne croyais pas qu'il put être au monde un poète plus en sûreté que moi contre les prix décennaux.... faire appartenir mon Hauilet aux prix décennaux, ce serait vouloir que le passé devint le présent, pour me ramener malgré moi sous les récompenses d'aujourd'hui, DUCIR, Corresp. 27 nov. )8io. || 9° I'ar-" ticulièrcment. Dans les écoles, collèges et lycées, récompense en livres aux élèves qui ont fait les meilleures compositions. Le premier prix. Le second prix. Prix des nouveaux. Prix des vétérans. Afin que cette distribution de prix fasse tout .son effet, elle doit se faire avec une grande équité, sans que jamais la faveur y ait aucune part, rollin, Traité des Et. VI, 2' part. I, 2. L'usage d'encourager la jeunesse au travail par des di.stributions solennelle» de prix |>aratl avoir été ignoré dans ce temps [l'antiquitéj; du moins aucun monument n'en rappelle l'existence, naudet, Imtit. Àcad. intcr. t. ii, p. 440.

PRl

Il 10* Encouragements offerts aux propriétaires ou possesseurs d'animaux qui dans un concours ou une épreuve ont atteint un but déterminé. On accorde une prime au bœuf le plus gras, au mouton à laine superfine, etc. mais on donne un prix au cheval qui est arrivé le premier et dans un temps fixé, dans use course. || 11° Terme d'eaux et forêts. Prix de la feuille, indemnité que l'adjudicataire en retard d'exploiter est tenu de payer à l'État ou aux communes Il 1J° k tout prix, loc. adv. X un prix quelconque. Le perron antique Où sans cesse, étalant bons et mauvais écrits , Barhin vend aux passants des auteurs à tout prix, boil. Lutr. v. || Fig. Où des beautés du jour la nation galante.... Promenant ses appas par la vogue encliéris, Vient en corps afficher des crimes à tout prix, gilb. Hon ap(ÀOffie. Il Vendre à tout prix, vendre une chose à quoique prix que ce soit. || Fig. X tout prix, malgré tout. il ne faut pas vouloir ainsi son propre bonheur à tout prix, STAF.L, Corinne, xvii, 7. || 13° Prix pour prix, loc. adr. Toute compensation faite. Compare prix pour prix Les étrennes d'un juge et celles d'un marquis, BAC. Plaid, i, 4. Il Fig. En parlant des personnes. Ces deux hommes-là.«e valent, prix pour prix. Il 14' Au prix de, loc. prépos. Eu comparaison de. Anciennes cites, si mal compas! ées au prix de ces places régulières qu'un ingénieur trace à sa fantaisie dans une plaine , desc. Uéth. ii, i. Ce peu d'années au prix de l'éternité ne sera considéré que comme une goutte d'eau de la mer, ou un grain de sable, SACi, Bible, Ecclésiastiq. xvm, 8. La mort aux rais, les souricières N'étaient que jeux au prix ds lui [un chat!, la font. FaU. m, i8. Que l'homme, revenu à soi , considiVe ce qu'il est au prix de ce qui est , pasc. Pens. i, i , édit. havet. Le bois le plus funeste et le moins fréquenté Est au prix de Paris un lieu de sûreté, boil, Sal. vi. Il [le roij marche vers Tholus, et tes flots [les flots du Rhin) en courroux Au prix de sa fureur sont tranquilles et doux, in. Ép. IV. Oui n'accepterait avec joie Le génie au prix du malheur? v. hugo, Odes, iv, 6. || Absolument. Alcyone n'était au prix que médiocrement affligée, BALZ. liv. vu, lett. 6. Il n'était ambre, il n'était fleur Oui ne fût ail au prix, la font. Fabl. vu, 7. F.t quant aux merveilles Dont votre divin chant [de l'âne] vient frapper les oreilles, Philomèle est, au prix, novice dans cet art, m. ib. xi, 5.

— HIST. Xii* s. [Ils] Ne prisent vos menaces le pris d'une chastaine [châtaigne | , Sot. xix. Evésques et baruns e chevaliers de pris. Th. le mart. 65. Chevaus de pris, flonc. p. 7. || xiu* s. Et là doiton faire chevalerie, Où on conquiert paradis et honor Et pris et los et l'amor de s'amie, quesnes. Romancero , p. 93. Que Alleman estoient chevalier de haut pris, Berte, v. Il secoru son seigneur, si qu'il en ot moult grant pris [honneur], villeh. lxxii. Li venderes prent blés, aveines ou vins, à plus quior [cher] pris qu'il ne valent, beaum. xliv, w. Li pris des deniers de vente si est tex [tel] que ne croist ne n'apetice, in. xxvii, 17. || iv s. 11 les acheta et en eut bon prix [bon marché), LOuis xi, Nouv. xcix. Ha, gentil cheval, qui ton prix d'or vaulx, or as trouvé ton ipaistre, Pcrceforest, t. ii, f° 46, || xvi' s. Et voyez combien, au prix (en comparaison], il [< ésar] va se serrant où il parle.... ho.\t i. 67. [Une troupe] achetant une honteuse fuyle au mesme prix qu'elle eust eu d'une glorieuse victoire, ID. i , u^i. Je me recognois.au prix de ces genis là, si f<iiblc et si chestif.... ID. I, (66, Revenir de la paulme ou du bal avecques le |irix de cet exercice, lo. i , «78. Acquérir une chose au prix de sa vie, id. u, 243. Les nouvelles ne sont pas comme les marchandises, on les donne pour le prix qu'elles couslent, des- PEB. Contes, 1. Le prix de l'homicide qui tuoit un des proseripts estoit deux talents, amyot, Sylla, •8, Au pris qu'ilz approchoient, les Paithes s'en fuyoient, id. Crassus, 46. Ils vouloient donner bataille, à quelque prix que ce fust, d'aub. Uist. i, 177. En baillant à coupper et lier les bleds à tasclie ou à prix fait; c'est à dire, sçavoir que donner en blol pour ce faire, o. de serres, 6». Quand nous lisons dans nos vieux litres et enseignemens quel-, ques maisons et liedlages, tant en !a ville qu'es champs, vendus à non prix, tant s'en faut que ce' soit un argument de la félicité de ce temps là, qu'au contraire c'est une démonstration très certaine du malheur qui estoit lors en règne, par la longue suite des troubles; la richesse d'un pays cause l'abondance du peuple, qui fait que toutes choses y sont cbcres ; le peu de peuple au contre fait le non prix, pasouieb, LeU. t. i, p. 6M.

— ETVM. Bourguig. prey. provenç prett; esp. Vrti, vrecio; porlug. preço; ital. préixo , du latin

PRO

pretiuin, que Curtius rappioche de itpC«|iai, acheter, Tii7tpâax(i>, vendre.

t PRO (pro), s. m, Voy. pkao.

PROBABILIS.MK (pro-ba-bi li-sm") , s. m Terme de casuistique. Doctrine suivant laquelle, dans le concoura de deux opinions, dont i'une est pUi« probable et favorable à la morale et à la loi, l'autre moins probable et favorable à la cupidité et i la passion, il est permis de suivre celle-ci dans la pratique, pourvu qu'elle soit approuvée par un auteur considérable. Je ne citerai qu'une seule loi de Zoroastre.... qui est justement le contraire du fameux probabilisme des jésuites : quand tu seras en doute si une action est bonne ou mauvaise, abstiens- loi de la faire, volt. Dial. xxiv, lo. Il se peut que ?ingt apparences contre lui [l'accusé) soient balancées par une seule en sa faveur ; c'est là le cas et le seul cas de la doctrine du prob.iLilisine, id, Po/. et lég. Sur les prohahililés en justice. \\ Par extension. On semble s'être fait au barreau un système de probabilisme, tout à fait commode pour la mauvaise foi des plaideurs, marmontel, Œmv. t, v, p. 322,

— ÉTYM, Lat, probabilis, qu'on peut approuver,

t PRttBABII.lSTE (pro-ba-bi-ll-sf], s. m. Partisan du probabilisme,

PROBABILITfi (pro-ba-bi-li-té), s. f.\\i° Apparence de vérité. Il faut qu'ils [les faits d'une accusation] soient aussi certains que le sera le supplice auquel vous condamnerez le coupable; car, si vous n'avez, par exemple, que vingt probabilités, ces vingt probabilités ne peuvent équivaloir à la certitude de sa mort, volt. Oicl. phil. Vérité. Presque toute la vie humaine roule sur des probabilités, id, Pol. et lég. Sur les probabilités en justice. Combien je dois être persuadé de la probabilité de mon hypothèse sur la formation des planètes, buff. fhcor. ter. Part. hyp. Œuv. t. ix, p. 299. Nous errons dans les ténèbres, ou nous marchons avec perplexité entre des préjugés et des probabilités, ID. Quadr. t. i, p. 256. On peut accroître la probabilité d'une théorie, soit en diminuant le nombre des hypothèses sur lesquelles on l'appuie, soit en augmentant le nombre des phénomènes qu'elle explique, la place. Expos, iv, (4.|j 2° Terme de mathématique. Doctrine, théorie, analyse, calcul des probabilités , l'ensemble des règles par lesquelles on peut calculer le nombre de chances qu'a un événement de se produire. La suite de ces idées a conduit M. Bernoulli à cette question : si, le nombre des cas inconnus diminuant toujours, la probabilité du parti qu'on doit prendre en augmente nécessairement, de sorte qu'elle vienne à la fin à tel degré de certitude qu'on voudra, fonten. Bernoulli. Le calcul des probabilités est appuyé sur cette supposition, que toutes les combinaisons différentes d'un même effet sont également possibles, d'alemb. Quest. cale. Probab. Œuv. t. iv, p. 291, dans pouGENS. Dans le calcul des probabilités, on désigne la certitude par l'unité, c'est-à-dire que l'on suppose égal à un le nombre des combinaisons possibles qui renferment l'événement dont on cherche la probabilité, ou dans lesquelles cet événement n'entre point; la probabilité de l'événement, représentée alors dans une fraction, est le nombre des combinaisons dans lesquelles l'événement a lieu, Àvert. des éditeurs, dans volt. Pol. et lég. Sur les probabilités en justice. L'analyse est le seul instrument dont on se soit servi jusqu'à ce jour dans la science des probabilités, pour déterminer et fixer les rapports du hasard, buff. Ess. aritli. mor. Œuv. t, X, p. 139. Dans tous les jeux, les paris, les risques, les hasards, dans tous les cas, en un mot, où la probabilité est plus petite que un dix-millième, elle doit être et elle est en effet pour nous absolument nulle, ID, ib. t, x, p. 85. La probabilité d'un événement se mesure par une fraction dont le numérateur est le nombre des cas favorables, et le dénominateur le nombre de tous les cas possibles, favorables ou contraires, pinel, In^tit. Uém. se. (807, ("sera. p. (72, Il Probabilité simple, celle d'un événement qui ne peut dépendre que de l'action simple d'un certain nombre de causes du même ordre, {j Probabilité composée, celle dans laquelle on doit considérer simultanément plusieurs pruba-" bilités simples ou l'action de différents genres de causes. |{ Probabilités de la vie, durée probable de la vie qu'a un individu à chaque âge. La connaissance des probabilités de la durée de ta vie est une des choses les plus intéressantes dans l'histoire naturelle d<3 rnomme, bupp. Prob. de la vie, Œuv. t. x, p. 117. 113* Terme de casuistique. La doctrine des opinions probables, Otez la probabilité, on ne peut plus plaire au monde ; mettez U probabilité.

PRO

on ne peut lui déplaire, pasc, Pens. xxiv, M, éd. havf.t. Les trois marques de la religion : la perpétuité, la bonne vie, les miracles ; ils (les jésuites] détruisent la perpétuité par la probabilité, la l)onn« vie par leur morale, les miracles en détruisant ou leur vérité ou leur conséquence, in tb, xxiii, 28. Mon révérend père, lui dis-je, que le monde est heureux de vous avoir pour maîtres! que ces probabilités sont utiles! id. Pro». vi. Voilà comment les opinions s'élèvent peu à peu jusqu'au comble de la probabilité, ID. ib. xiii.

— MIST, xiv s. Bien est voir [vrai] que cest dit a aucune probabilité, oresme, Wft. vu , (3. ||xvi*s. Nonobstant que telle raison ait quelque apparence de probabilité, paré, x, 9,

— ÉTYM. Lat. probabilitatem, de probabilis, probable.

PROBABLE (pro-ba-bl'), adj. \\ 1» Qui a une apparence de vérité. Il n'est pas probable qu'il ait dit cela. Toute question n'est pas susceptible de démonstration ; mais il faut examiner ce qui est le plus probable, non pas pour le croire fermement, mais pour croire au moins qu'il est probable, volt. Uél. litt. au P. Tournemine. || 2" Qu'il est raisonnable de .supposer. Cela est bien peu probable. Cela est plus que probable, || 3° Terme de casuistique. Opinion probable, celle (|ui'est fondée sur des raisons de quelque considération, soutenues par un auteur grave. Voilà de quelle manière ils [les jésuites] se sont répandus par toute la terre à la faveur de la doctrine des opinions probables, qui est la source et la base de tout ce dérèglement, pasc. Proi'. V, Il S. m. Le probable, ce qui est probable. Est-ce que le P. Bauny et Basile Ponce ne peuvent pas rendre leur opinion probable? Je ne me contente pas du probable, lui dis-je, je cherche le sûr, PASC. Prov. v.

— HIST. XIV s. Les astrologiens ont aulcune cognoissance prouvable des meurs et des condicions des gens en gcntral, le Songe du vergier, 1, I7(. Il XVI" s. En forme probable [probante] et authentique,carl. vin, 33,

— ËTYM. Lat. probabilis, de probare, prouver. PROBABLEMENT (pro-ba-ble-man), adv. D'une

façon probable. Notre opinion [que les juges peuvent prendre de l'argent des parties] est probable; le contraire est probable aussi. — Kn vérité, mon père, on trouve que M. le piemier président a plus que probablement bien fait [en défondant aux greffiers de recevoir de l'argent], pasc, Prov. nu. Je sais certainement qu'il [la Blettorie] veut être de l'Académie, et probablement il en sera, volt. LeU. d'Alembert, 3( déc. ("68,

— lllST. xiv s. L'en peut bien parler en science certainement si comme en mathématiques, et es autres non, mais tant seulement prob.iblement et vraysemblablement, oresme, Eth. 36,

— f.TYM, Probable, et le suffixe nioif. PROBANT, ANTE (pro-ban, ban-1'), adj. Terme

de palais. Qui prouve. Pièce probante. Il y a nullité de forme dans un acte (;uand il y manque (|uelque chose pour le rendre probant et authentique, legoa- RANT. Il lin forme probante, en forme authentique.

— HIST. xvi° S. Le tout en forme probante, cabl. X, 2.

— ÉTYM, Lat, probantem, de prnbare, prouver. PROHATION (pro-lia-sion ; en . vers, de quat'e

syllabes), s. f. || 1° Dans quelques ordres religieux, le noviciat, parce qu'on y met comme à l'épreuve les novices. (| i' Il se dit aussi du temps d'épreuve qui précède le noviciat. S'enfermer dans le cloître et recevoir, pendant une année de prohation, tant de leçons, bourdal. Pensées, t, u, p. 440. (| Fig. Vous n'avez pas eu besoin de probation pour être parfaitement honnête homme, iialz. liv, v, lett. 5.

— HIST. xiv* s. Et ce appert à tous sans autre probacion, obesme, Eth. (4 5, || xvi* s. La probation est dure, mais nos pères en ont eu d'aussi pressantes, et sont demeurés constants, calv. Lettres à Jacques de Bourgogne, p. (26. Je di.spute du fait, et dis, puisqu'il n'y a nulle probation légitime, qu'il faut tenir tout cela pour fable, id. Inst. (57.

— CTYM. Provenç. proaio, probotto ; espagn. probacion; ital, proba%iorie ; du lat. probationem, de probare, prouver,

PROBATIQUE (pro-ba-ti-k'), adj. Terme d'ant quité judaïque, A Jérusalem, piscine probatique, piscine du bétail, réservoir (l'eau, près du templ do .Salomon, où étaient lavés les animaux qui do valent servir aux sacrifices.

— f.TYM, Lat. probaticut, de iipoSaTixi;, qui vient de itooSoTov, menu bétail.

PROBATOIRE (pro-ba-toi-r'), adj. Se ait aua

PRO

PRO

PRO

acte constatant la capacité d'un étudiant. Acte probatoire. Ces élèves sont appelés, à la fin de la troisième année d'étude, à subir les examens probatoires pour le titre de pharmacien de première classe, Moniteur univ. 2.1 mai <867, p. 613, 2* col.

— ÉTYM. Lat. probatorius, de probare, prouver. PROBE (pjo-b') , adj. Qui a de la probité. C'étaient

les plus probes et les plus disciplinés qui parlaient ainsi [demandant qu'on leur livrât les restes de Moscou briilé], et l'on n'avait rien à leur répondre, sÉGUR, Hist. de Nap. viii, 8.

— REM. Probe ne se trouve dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1835. Il n'est pas non plus dans Richelet.

— ÉTYM. Lat. probus.

PROBITÉ (pro-bi-té), s. f. Exacte régularité à remplir tous les devoirs de la vie civile. Une probité passionnée, indocile, impétueuse, qui suit plutôt 1.1 fougue de la nature que la discipline de la raison, qui a plus de courage que d'adresse, balz. De la cour, «• dise. La probité sévère est digne qu'on l'estime ; Elle a tout ce qui fiit un grand homme de bien, cobn. Olhon, u, i. Examinez hardiment et sévèrement ; bas toute tendresse ! car j'ose bien vous dire que, sur le fait d'une probité trèsexacte et d'une fidélité sincère, je ne crains ni le roi, ni vous, ni tout le genre humain ensemble, Lettre de Vauban à Louvois , Revue des Deux- Mondes , I" février, 4862, p. 632. Celui qui dit incessamment qu'il a de l'honneur et de la probité, qu'il ne nuit à personne, qu'il consent que le mal qu'il fait aux autres lui arrive, et qui jure pour le faire croire, ne sait pas même contrefaire l'homme de bien, la bhut. v. Us sont hommes de probité, femmes régulières, mass. Carême , Mauvais riche. La fidélité aux lois, aux mœurs et à la conscience fait l'exacte probité, duclos, Consid. mœurs, iv. La probité est la vertu des pauvres ; la vertu doit être la probité des riches, ID. ib. Le jour où le ministre se vanta d'avoir dans son portefeuille le tarif de toutes les probités de l'Angleterre , RATNAL, Hist. phil. XIX, 2 || C'est la probité même, c'est un homme plein de probité.

— SYN. PROBITÉ, iNTÉGHiTÉ. La probité est uniquement relative aux devoirs envers autrui et aux devoirs de la vie civile, i intégrité s'attache l'idée particulière d'une pureté qui ne se laisse entamer ni corrompre.

— HIST. xvi* 8. La probité, qui n'est accompagnée de l'heur, est toujours mesprisée, d'adb. Conf. II, ». Sa probité [de Jeanne Gray], sa doctrine aux langues grecque et hébraïque et sa constance renrlirent sa mort efficacieuse, id. Hist. i, 78.

, — KTYM. Lat probitatem, de probus, probe.

PROBLÉMATIOCE (pro-blé-ma-ti-k'),ad>.l| 1° Qui a le caractère du problème. U me rebuta rudement, et me dit que ce n'était pas là le point ; qu'il y en avait de ceux de son cfité qui tenaient que la grâce n'est pas donnée à tous; que les examinateurs mémps avaient dit en pleine Sorbonne que celte opinion est problématique.... pasc. Prov. l. U est avantageux aux grands que toutes les matières soient problématiques pour la flatterie; quoi qu'ils fa-.s(?nt, ils ne f euvent manquer d'être loués, fon- TEN. Dial. 1", Auguste, Aréttn. 1| Jugement problématique , se dit, dans le kantisme, des jugements dans les(|uels le rapport de l'attribut au sujet n'est conçu que comme simplement possible. On l'oppose à jugement assertorique ou apodictique. ||2* Dont on pput douter. Nouvelle problématique. Au président de Maisons, dont la probité était moins que problématique, betz, Mém. t. ii, liv. m, p. t6i, dans PouoENS. Le mariage de Louis XIV et de Mme de Haintenon fut toujours problématique à la cmir, yoLT. louis JIY, 27. ||8' Équivoque. Conduite problématique.

— HIST. xvr s. Question problématique, à sçairoir, qui est cause de surdité, paré, xvi, 4o.

— ETYM. npo6Xr)naTixoi;, de i:pé6XTi(i«, problème.

PROBLÉMATIQUEMENT(pro-blé-ma-li-ke-man), ait. D'une manière problématique. Il trouva dans son disciple de si heureuses dispositions, qu'il lui fit soutenir problématiquemtnt une thèse de logique à l'Sge de neuf ans et demi, fonten. Tauvry.

— ETYM. Problématique, et le suflixe ment. PKOBI.CMB (pro-blè-m') , ». m. || 1- Terme de

maihéuiaiic)ue. Toute question où l'on indique le résultat qu'on veut obtenir, et où l'on demande les moyens d'y parvenir; ou bien l'on indique les moyens et l'on demande le résultat. Problème d'algèbre, de géométrie. Il On dit de même problème ï'astrnnnmie. de physique, etc. )| Fi g. Tout procès

OiCl. 0£ LA LA.NUUE rHA.N^,AUIt

est un problème.... la mort est un problème aussi, je le résoudrai bientôt, volt. Lett. Delisle, 25 mars I77B. Il %' Proposition douteuse qui peut recevoir plusieurs solutions. Problème de métaphysique, de morale. Il devrait vous paraître affreux que votre salut fût devenu un problème, mass. Carême, Salut. Il 3° En général, tout ce qui est difficile à expliquer, à concevoir. L'homme est dans ses écarts un étrange problème, andbisux , Meunier de Sans- Souci. Il Cet homme est un problème, sa conduite est un vrai problème, il est difficile de définir son caractère, d'expliquer sa conduite. || On dit de même : Cette affaire est un problème

— ÉTYM. npog>r)[ia, de TcpoÊàXXtiv, jeter en avant, de npo, en avant, et piXXeiv, jeter.

t PROBOLE (pro-bo-1'), s. f. Terme de théologie. Génération du Fils par l'extension de la substance du Père. Origène, grand platonicien, rejeta la prohble comme indigne de la majesté divine, bonnet, Œuvr. mil. t. xvui, p. <)7 dans pougens.

— ÉTYM. npo6oX9i, extension, de upè, en avant, et pâ»Eiv, jeter.

PROBOSCIDE (pro-bo-ssi-d'), t. f. \\ l' La trompe d'un éléphant. || Peu usité excepté dans le blason. Il 8° Organe oral ou trompe des insectes diptères. Ces petits éléphants ailés, pourvus de proboscides, s'acharnèrent sur ce corps nu, scarr. Rom. com.

Il, 18.

— ÉTYM. Lat. proboscis, de itpoCooxli;, de itpi, en avant, et pôuxtiv, paître.

t PROBOSCIDE, ÊE (pro-bo-ssi-dé, dée), adj. Terme de zoologie. Qui est muni d'une trompe.

t PROBOSCIDIEN, lENNE (pro-bo-ssi-diin, diè-n'), adj. Terme de zoblogie. Qui a le nez prolongé en une trompe, lis. m. pi. Les proboscidiens, famille de mammifères pachydermes à trompe , éléphant, tapir.

t PROBOSCIROSTRE (probo-ssi-ro-str') , ». m. Terme de zoologie. Saillie en forme de trompe que forme la tête de certains insectes.

— ÉTYM. Proboieide, et le lat. rostrum, bec.

t PROBRAQUE (pro-bra-k'), s. m. Terme de métrique ancienne. Pied composé d'une brève suivie de quatre longues.

— ÉTYM. HpôSpavu;, de Ttpà, en avant, et ^pax^^i bref.

i PROCATARCTIQUE (pro-ka-tar-kti-V), adj.

Terme de médecine. Synonyme de prédisposant. Cause procatarctique.

— HIST. ivi* s. L'externe [cause de maladie], dicte procatarctique ou primitive, est hors de nostre corps, PARÉ, Introd. 1».

— - ETYM. npoxaTocpxTix6î, do npà, avant, xaxà, et à(iy i], commencement.

1. PROCÈDE. ÉE (pro-sé-dé, dée), part, passé de procéder. Terme de palais. Bien jugé, mal procédé, c'est-à-dire l'afTaire a été bien jugée au fond, mais on n') a pas gardé toutes les formalités requises. Il Dans le langage général, tant a été procédé, lant fut procédé, c'est-à-dire on fit si bien. Cavoie était cruel [envers Mlle de Coëtlogon] ; tant fut procédé, que le roi et même la reine le lui reprochèrent, et qu'ils exigèrent de lui qu'il fût plus humai,n, st-sim. 34, Ml. Tant fut procédé, que la tête du bon curé se brouilla, et bientôt il s'assoupit, nucLos, (Eut), t. VI, p. )6B.

2. PROCÉDÉ (pro-sé-dé), *. n». || 1" Manière d'agir d'une personne envers une autre. Pour témoigner à tous qu'à regret je permets Un sangl.mt procédé [un combat singulier) qui ne me plut jamais, coiin. Cid, IV, B. Il est difficile de juger si un procédé net, sincère et honnête est un effet de probité ou d'habileté, LA RociiEFOuc. dans RICHELET. Cela n'est pas le procédé d'un sot, sRv. 23». Mon âme vous remercie de la bonne opinion que vous avez d'elle, de croire qu'elle ait horreur des vilains procédés : vous ne vous êtes lias trompée, in. <«). Je ne vous parle guère de Mme de la Troche; c'est que les flots de la mer ne sont pas plus agités que son procédé avec moi, m.

15 avr. 4872. Si vous avez jamais vu le procédé des acadérnistes qui ont campos, vous trouverez que cette querelle y ressemble fort [de d'Haroourt et de la Keuillade, qui se jetèrent des assiettes et des couteaux à la tête], lu. d Bussy, 2B nov. 4655. Après l'indigne éclat d'un procédé si noir, th. cobn. Ariane, v, e. C'est une vengeance douce à un homme de faire, par tout son procédé, d'une personne ingrate, une très-ingrate, la bbuy. iv. Le public n'est juge que des procédés, qui sont fort différents des procédures, volt. Lett. Damilaville,

16 sept. 4786. Klle aimerait mieux cent fois avoir un mauvais procédé que de manquer de poliiesse, GENL18, Ad. et Th. t. m, p «■=» dan.» pouoen». Les

mauvais procédés, cela se pardonne; mais les mauvais propos, cela ne s'oublie pas, picard, Vieux coméd. se. 4. || Fig. Nous avons chaud, nous autres; il n'y a plus qu'en Provence où l'on ait froid ; je suis persuadée que notre châsse [de sainte Geneviève] a fait ce chargement; car sans elle nous apercevions, comme vous, que le procédé du soleil et des saisons était changé, sév. 24 juill. 4 875. || i'Au plur. Il se dit des bons procédés. C'est un homme qui ne connaît pas les procédés. C'est un homme à procédés. Manquer de procédés. Pour couvrir d'un vernis de procédés la laideur du vice, 1. 1. Rouss. Lett. à d'Alemb. || Cet homme a des procédés avec tout le monde, il se conduit avec tout le monde d'une manière honnête. || 3° Manière de faire une opération, soit chimique, soit pharmaceutique, soit chirurgicale. Un procédé nouveau. On y donie un procédé pour convertir le mercure en or.... bufp. Min. t. V, p. 348. || 4" Anciennement. Préliminaire de duel entre gens d'épée. Je ne comprends pas que vous parliez si bien d'un procédé; pour moi, je crois que vous avez eu quelque affaire en Bretagne, qui vous a appris cette langue, bussy, à Mme de Sévigné, danssÈv. 7 sept. 1668. Il [le fils de Mme de Sévigné] a été spectateur des deux armées rangées si longtemps en bataille; voilà la seconde fois qu'il n'y manque rien que la petite circonstance de se battre; mais, comme deux procédés valent un combat, je crois que deux fois à la portée du mousquet valent une bataille, sév. 28 mai 1876. Je trouve qu'au commencement de la troisième race, la jurisprudence était toute en procédés ; tout fut gouverné par le point d'honneur, «onthsq. JBspr. xxviii, 4 9. Il Fig. On ne demande qu'à tourner tout en plainte» et en procédés contre moi, boss. Lett. quiét. 4 25. Il 5° Petit rond de cuir que l'on applique au bout d'upe queue de billard. Queue à procédé, {j Manière de se servir de la queue à procédé.

— ETYM. Procédé (.

PROCÉDER (pro-sé-dé. La syllabe ce prend u« accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je procède, excepté au futur et au condilionnel : je procéderai, je procéderais), «. n. jj i° Proprement, s'avancer vers, d'où se mettre à une besogne. Procédons par ordre. Voulez-vous que nous procédions au testamentT mol. Mal. imag. l, ». Je vous défends de la part de la médecine de procéder au mariage que vous avez conclu, ID. Pourc. n, a. De quelque manière que l'on procède à cette préparation de l'or et de l'argent, qui, dans la nature, ne sont le plus souvent qu'une masse commune, bdpf. Min. t. iv, p. 28O. Nous procédons toujours lentement, d'idée sensible en idée sensible, j. J. ROUSS. Ém. m. || Cet ouvrage procède bien, il est bien conduit, jj Cet orateur procède par périodes, il ne fait que des phrases périodiques. Il Ce poète procède par distiques, ses vers marchent deux à deux. || 2° Agir en quelque affaire que ce soit, de telle ou telle manière. On ne peut procéder avec trop de mesure, mairet, Soliman, m, 7. Voilà un homme qui procède par la connaissance de la nature du corps, boss. iVou». mysl. 6. Je le prie seulement [Turgot] qu'on fasse une liasse de toutes nos requêtes ; après quoi, il examinera un jour à loisir ce qu'il voudra accorder ou refuser; cette manière de procéder a,vecle ministère me paraît la moins gênante et la plus honnête, volt, lett. Vaines, 26 avr. 4 776. jj Substantivement. Mais si ce procéder encore t'est nouveau, régnieb, Dial. Il 3° Terme de palais. Agir en justice. On procéda contre les Macédoniens qui niaient la divinité du Saint-Esprit, fléch. Hist. de Théodose, n, 46. 11 n'y a pas deux cents ans qu'en France on procédait contre les rats avec les mêmes formalités que contre les hommes, saih.t-poix. Est. Paris, Œuv. t. v, p. 368, dans POUOENS. On n'avait point procédé contre Jean sans Peur quand il a.ssassina le duc d'Orléans, volt. Maiurs, 85. Lo parlement devait procéder contre moi avec la dernière rigueur, j. j, rouss. Conf. xi. Il Procéder criminellement contre quelqu'un, le poursuivre en justice comme criminel. || Procéder militairement, procéder contre quelqu'un sans observer les formes de la justice. ||4° Terme de théologie. Être engendré (le sens de venir en avant ayant passé au sens de production). Il ne suffit pas pour le salut de savoir que le Saint Esprit est la troisième personne de l'adorable Trinité, qu'il est consulistantiel au l'ère et au Fils, qu'il procède éternellement de l'un et de l'autre, bouroal. Myst. Pentecôte, t. i, p. 431. Cène fut que vers le neuvième siècle que l'Iîgliscj latine statua par degrés que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils, VOLT. Dict. phil. Christia7iitme. |{ 5° Par une dériu. — 167

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vation du sens théologique, tirer origine. C'est de Glycère que procèdent Tous les ennuis qui me posièdenl, malh. v, io. Si la gricft vous vient d'où l'affronl tous procède, rotroo, Bélis. iv, i. Celui, dit l'Écriture, qui protège, qui sauve, qui vivifie, et d'où procède toute grâce, bourdal. Purif. de la Vierge, Hyst. t. ii, p. <99. Albert : Vous voyez donc, monsieur, d'où procède son mal? — Crispin : Je le Tois aussi net qu'à travers un cristal, regnard, Fol. amnur. m, 7. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— lllST. XIV* s. Avfcene en l'anathomie, Thederic en la cure des plaies, Lanfranc en la cure des ulcérations et des autres maladies procédèrent très bien selonc mon jugement, H. be mondeviLLK, I* 4. Elle, proredens de crime à crime et de forfait à forfait, bkrcheiibe, f» 22, rer»o. Contre le menu plèbe procedoient il cruelment, ID. f° 82, cerso. Mais te) sçavoir et grant science Procède de la sapience De Dieu qui veult qu'ainsi soit faict, l'Alchim. à nat. 3n. ||xv s. Et s'a mon dict gcez labourer, Seurenient y peux procéder, la Font. 6J4. Le roy vouloit tousjours procéder en grant solennité, pourquoy fist tenir les trois eslatz à Tours, COMM. m, t. Il XVI" s. Il luy feit response que il ne luy conseilloyt point de procéder oultre, rab. Garg. I, 20. De la racine procède png tige unicque, m. Pant. in, 49. Un parler sans règle, et un procéder sans définition, mont, m, 37. Les sçavants n'advouent aultre procéder en nos esprits que celuy de l'érudition, iD. m, «6. D'iceux s«nt procédez les massacres, assassinats.... lanoue, »3, Ainsi que l'on procedoit à ceste élection, il tonna à bon esciant, AMYOT, Marcel, n. Faultes et erreurs précédées ou de quelque passion humaine, ou.... mechancetez expresses procedentes de vice formé, ID. Cimon, B. Longuement procéder est à l'advocat vendenger,

COTGBAVE.

— ÉTYM. ProT. procéder, procedir, procezir; cat. procei'r; espagn. procéder; ital. procedere; du lat. procedere, de pro, en avant, et cedere, aller (voy. céder).

PROCÉDURE (pro-sé-du-r'). i. f. || 1° Manière de procéder en justice. Procédure commerciale, civile, criminelle. Il me semble que les rédacteurs de notre proeédure criminelle ont beaucoup plus songé à trouver des coupables qu'à trouver des innocents, VOLT. Lett. Servan, (3 janv. )768. ||Code de procédure civile, titre d'un de nos codes. || Au sens de procédure criminelle, on a d't aussi procédure extraordinaire. Il 2° Instruction judiciaire d'unprocès. La procédure est régulière, irrégulière. L'arrêt qui en fut rendu le as février se justifie pleinement, outre que celui qui s'était engagé témérairement dans cette injuste procédure fut désavoué par ses collègues, PASC. Prov. xvi. Dans la procédure qu'on tint contre eux, ils remarquent.... boss. Far. xi. Je crois que vous rendez un vrai service i la nation, en vous élevant contre le secret des procédures, VOLT. Lett. Dodin, <2 juill. «775. Je sais qu'on juge sans appel et .sommairement; mais cette procédure rapide [coaimi.ssion militaire] n'exclut pas J'équité, CHATEAUBR. Naicti. 2' part, ("moitié. || Fig. Et dans une embrassade on leur a, pour conclure, Fait vite envelopper toute la procédure [un accommodement devant le tribunal des maréchaux), mol. Kis. iv,i. Cette lâche et molle procédure que nous observons à notre égard dans la pénitence, n'est point celle que Dieu suivra dans son jugement, bourdal. Sévérité de la pénit. ♦• avent, p. 200. |{ 3° Les actes mêmes qui ont été faits dans une instance civile ou criminelle. Toute la procédure a été brûlée..

— HlST. xiv's. Si default vigueur de nature, Tousjours robant sa procédure, Œuvrant en cachette de nous. Par quoy la secourirez-vousT Traité d'alch. «62. Il xvr s. Leur but et leurs procédures [actions, moyens] estoient détestables, langue, «2. On me manda qu'ils fies huguenots] avoient dit que, puis que je faisois justice sans procédure, ils me feroient à moy-mesmes le procès après l'avoir faict aux autres, MOUTLUC, ¥^inoireî, v.

— ÊTVM. Pmréder.

t PROCÉDURIER, iftRE (pro-sé-du-rié, riè-r'), adj. Terme de pratique. Oui entend la procédure. Il .Se dit aussi de ce qui allonge les procédures. Formalités procédurières. || S. m. et f. Celui, celle qui aime la procédure, la chicane. Un procédurier.

t PROCÉLEDSMATIOUE (pro-sé-leu-sma-ti-k') , adj. Terme de métrique ancienne. Se dit d'un pied composé de quatre brèves , comme ânlmala. || Vers composé de trois procéleusmatiques suivis d'un tribraque, patexample : Animula miserula proueriter abi.t

— ÉTYM. npoxeXËUaiiaTixoi;, de itpo, et xéX6W<T|i.o, appel, ordre.

t PKOCELLAIRE (pro-sèl-lê-r') , s. f. Il 1" Nom donné au lare marin (palmipèdes), qui est la mouette au manteau noir de certains auteurs. Il 2° S. f. Procellaire, et mieux procellarie, nom moderne du genre pétrel (palmipèdes), dans lequel on distingue la procellaire pélagique de Linné, qui est l'espèce la plus commune et s'appelle aussi oiseau des tempêtes, legoarant.

— ÉTYM. Lat. procella, tempête, à cause que cet oiseau se phiît aux grands vents.

t PROCKLI.ARIE (pro-sèl-lâ-rie), t. f. Voy. procellaire.

t PROCÉRITÉ (pro-séri-té), ï. f. Haute taille du corps.

— HtST. xvr s. Les Ethiopes et les Indiens, élisants leurs roys et magistrats, avoient esgard à la beauté et procerité des personnes, mont, m, 41.

— ETYM. Lat. procen7o/em, lie f)roccruj,de haute taille.

PROCÈS (pro-sê; l's se lie : un pro-s6-z important), s. m. Il 1* Dans le langage anatomique, il se dit de certains prolongements qui se rattachent à une partie principale ( ce qui est un des sens propres du latin proceïîiw). Les procès ciliaires. Il 2" Dans le langage scientifique, marche, développement, progrès (fort employé en ce sens dans l'ancienne tangue). Le procès de l'évolution iutellectuelle. Le procès de la formation embryonnaire. Il 3° Instance devant un juge, sur un différend entre deux ou plusieurs parties (ainsi dite à cause de la marche, du développement que suit une affaire devant un tribunal). Lors du mien et du tien naquirent les procès, X qui l'argent départ bon ou mauvais succès, REGNIER, Sat. VI. Pour le franc scélérat avec qui j'ai procès, mol. Mil. i, *. C'est être damné dès ce monde que d'avoir à plaider; et la seule pensée d'un procès serait capable de me faire fuir jusqu'aux Indes, ro. Scapin, 11, 8. Le procès en fut rapporté au Cliâlelet, pasc. Prov. vi. Le maréchal d'Albret a gagné un procès de quarapte mille livres de rente en fonds de terre, sév. 27 mars t67i 11 jugea le fameux procès que les Samaritains firent aux Juifs, HOS8. kist. 1, 9. Ce n'est point tous ses droits; c'est le procès qu'elle aime; Pour elle un bout d'arpent qu'il faudra disputer Vaut mieux qu'un fief entier acquis sans contester, boil. Sat. x. Et le mien et le tien , deux frères pointilleux, Par son erdre amenant les procès et la guerre, id. ib. XI. J'ai vu que les procès ne donnaient point de peine; Six écus en gagnaient une demi -douzaine, RAi:. Plaid, i, 6. Mémoire pour diminuer le nombre des procès , Titre d^un ouvrage de l'aobé de Saint- Pierre. Tout procès est un problème; il faut avoir l'esprit un peu géométrique pour le résoudre, volt. Letl. Delisle , 2S mars 1775. Vous savez que tous les procès s'instruisaient publiquement chez les Romains, nos premiers législateurs ; cette noble jurisprudence est en usage en Angleterre, m. Lptt. Dodin, (2 juill. <77*. || Fig. Et contre mes défauts que j'intente un procès, Régnier, Sat. xv. Tout confesser, afin que Dieu pardonne, et qu'il n'entre pas en procès avec nous, boss. Sermons, Péché d'habitude, 3. || Mettre les parties hors de cour et de procf'S, renvoyer les parties, parce que le juge trouve qu'il n'y a plus lieu de prononcer. Il Le procès est pendant à tel tribunal, le procès y est commencé. || Laisser dormir un procès, réveiller un procès, suspendre les poursuites, les reprendre. Il Familièrement. Pendre un procès au croc, cesser de poursuivre. Il Fig. Vous avez gagné, vous avez perdu votre procès, vous avez obtenu ou manqué ce que vous vouliez, vous avez bien ou mal réussi dans telle affaire ; se dit surtout quand on a démandé quelque chose à quelqu'un ou qu'on s'est eflorc* de démontrer quelque chose à quelqu'un, et qu'on a obtenu gain de cause ou qu'on a échoué. i Fig. Faire ub procès, bâtir un procès sur la pointe d'une aiguille, élever une contestation sur des motifs futiles. Qu'on ne s'étonne pas de voir sortir du sein de l'Église des esprits contentieux qui sauraient lui faire des procès sur rien, boss. 2" inslr. pasi. i*. Il 4" Faire le procès à quçlqu'un, le poursuivre en justice comme criminel. Tous les B.... font quelque semblant dé vouloir empêcher qu'on Défasse le procès à leur sang, sév. 534. Poursuivie par les ennemis implacables qui avaient eu l'audace de lui faire son procès, boss. Heine d'Angl. Il I Érostratej ne douta point qu'on ne lui fit son procès sur l'embrasement du temple d'Épbèse, avec toutp la rigueur qu'il méritait, KONr. Jugement de Pluton. Il Faire le procès à la mémoire de quel-

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qu'un , agir en justice afin de le faire condamnei aprissa mort. Nos lois n'autorisent plus à faire le procès à la mémoire d'un homme, Dict. de l'Acad. • Fig. Faire le procès à quelqu'un, l'accuser, le Condamner sur ce qu'il a dit ou fait. Lui-même est criminel, s'il censure le prince. — Faites donc le procès à toute la province, botr. Antig. iv, 6. Et sur son méchant gol5t lui faisant son procès, mol. Femm. lav. iv, 3. Tous ces gens, éperdus au seul nom de satire, Font d'abord le procès à quiconque ose rire, boil. Disc, au roi. Quand je sens réveiller en moi l'intérêt, la volupté, la sensibilité pour une vaine réputation parmi les sots et les méchants, je ine trouve presque semblable à eux, je me fais mon procès, je m'abhorre, et je ne puis me supporter, fén. Dial. des morts anc. n. Gros-Jean fait le procès au Dieu de ses ancêtres, iielille, Pit. i. Fig. Faire le procès, se dit d'un homme caustique toujours prêt à critiquer. C'est un misanthrope qui fait le procès au genre humain. || Fig. Faire le procès, s'élever comme juge. C'est ici que ces innocents [les apôtres persécutés] font le procès à leurs propres juges, qu'ils effrayent ceux qu| les menacent.... Boss. 2» sermon, Pen/ec. i.|| Faire le procès à une chose, la condamner, soutenir (]u'elle est mauvaise. Après cela il n'y a plus rien à dire; voilà son procès fait [de l'École des femmes], mol. Critique, «. Le plus sage est celui qui ne pense point l'être, Qui.... Se regarde soi-même en sévère censeur.... Et fait, sans se flatter, le procès à son vice, BOIL. Sat. iv. Le Tasse, dira-l-on, l'a fait avec succès ; Je ne veux point ici lui faire son procès : Mais.... m. Art p. m. || 6° Sans forme de procès, sans procédure, sans formalités. Cet espion fut pendu sans forme de procès. |{ On dit de même : sans autre forme de procès. Honorius lui fit trancher la tète [à Stilicon] sans autre forme de procès, volt. Mœurs, Intr. Conquêtes des Rom. || Fig. Sans autre forme de procès, sans autre façon. Le loup l'emporte, et puis le mange Sans autre forme de procès, la font. Fabl. I, 40. M. de Boufflers, gendre de Mme Duplessis, est mort en passant d'une chambre à l'autre, sans autre forme de procès, sév. < 20. M. de la Rochefoucauld que voilà vous embrasse sans autre forme de proci^s, id. 17 avr. t«7i. || 6° Anciennement, procès par écrit, procès appointé et distribué à un des conseillers des enquêtes. || 7° Toutes les pièces produites. Le procès est sur le bureau. || Distribuer un procès, commettre un juge pour examiner les pièces. Il On dit plus ordinairement les pièces. Il 8° Procès-verbal, voy. verbal. || Proverlies. Gagne assez qui sort de procès || Un mauvais arrangement vaut mieux que le meilleur procès.

— SYN. FAIRE UN PROCÈS ï QUELQU'UN, FAIRE Lli

PROCÈS À QUKLQu'UN. Ces deux locutions ne sont nullement synonymes. Faire le procès à quelqu'un, c'est le poursuivre comme criminel. Faire un procès à quelqu'un, c'est porterdevant le juge une instance contre lui.

— HlST. xiu* s. Se par lonch proches de tanj avient que.... BU cange , processus. Les enquestes e les aprises e tout le proçais fait surceu [ce], Bibl. des chartes, 4* série, t. iv, p. 79. Lors regarde mesire Vilains tout le prociès, très qu'en la fin, et dist.... Chr. de iJatm-, 240. || xiv s. Pour ce que procès de temps, longue expérience et longue estude y sont requises quant à engin de homme..., ORESMÉ, Eth. X, 16. (Uagobeit ayant fait de grandes concessions de franchises à l'église Saint-Dcuys] pour ce qu'il vouloit que celle chose fuiit faite par grant franchise, il fit un procès [titre, charte] qui fut scelé de son anel, Chr. de St Denis, t. i, f" bt , dans lacurnr. || xV s. Or dit le texte de mon procès, sur lequel je vueil procéder, qu'en celle saison nouvelles s'espandirent que.... froiss. m, iv, (3. El depuis l'aybien gardé jusques à présent que je le mets et baille en vos mains, pour luy faire son procez le plus diligemment que faire le pourrez, jkan de troyes, Chron. 1475. Je n'en puis parler que par l'avoir ouy dire aux principaux, et ne tiens point volontiers long procez des choses où je n'ay point esté présent, comm. viii, «. || xvi* s. Misère est compaigiie de procez, rab. Garg. 1, 20. Ainsi fut gouverné Gargantua, et continuoyl ce procez [procédé] de jour en jour, id. ib. i, 24. Je les laisse aux faiseurs de contrats et aux intenleurs de procès, nEs- PBR. Cont. t . Les nerfz et procez mamillaires, pahé, m, i. ■Les procès pendre au clou, j3énin. Récréât. t. II, p. '^43.

— ÉTYM. P'oïenç. proceî, avancement et procès; espgn. proceso; ital. processo; du lut. procissus, action de s'avancer, apophyse, progrès, avancement, de processum, supin de procedere. urocéder

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PROCESSrF, rVE (prosè-sif, si-T*), adj- Qui aime I intenter, à prolonger des procès. Mme de Mainlenon consultait le trigaud et processif abbé Gobelin, VOLT. l'Hom. aiix 40 écus, Préambule ^\\ Se dit iiissi des choses qui ont rapport aux procès. Formes Iiiocessives.

— HIST. XVI* s. Proces.sif, cotghavk.

— ÈTYM. Prncès.

PROCESSION (pro-sè-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. || 1» Marche solennelle du clergé et du peuple qui se fait dans l'intérieur de l'église ou au dehors, en chantant des hymnes, des psaumes ou des litanies. Le diantre aux yeux du chœur étale son audace. Chante les orémus, fait des processions, Et répand à grands flots les bénédictions, BOii,. Lulr. I. On permet aux chrétiens de faire leurs jirocessions dans le vaste quartier qu'ils ont îl Conslantinople, et on voit quatre janissaires précéder ces processions dans les rues, volt. If fleurs, 182. La procession de la Ligue, où douze cents moines armés firent la revue dans Paris, ayant Guillaume Rose, évêque de Senlis, à leur tèle, ID. Heur, iv, notes. {| Procession du recteur, cérémonie que le recteur de l'université de Paris faisait tous les trois mois, dans une église, accompagné des quatre facultés. || 2° Il se dit aussi de cérémonies païennes analogues aux processions des chrétiens. Cette procession [d'Athènes à Eleusis | était très-nombreuse, et il s'y trouvait ordinairement jusqu'à trente mille personnes, hollin, m.it. anc. Œur. t. v, p. 22, dans pouokns. Les édiles ornaient d'étoffes précieuses, de statues, de tableaux, toutes les rues et toutes les places par oi^ devait passer une procession solennelle qui précédait toujours la célébration des jeux, cordil. Hi>l. anc. XI, ).||3" Familièrement. Une longue suite de personnes qui marchent comme à la file l'une de l'autre. C'est une procession continuelle. On vend toujours ici la bibliothèque de ce rouge tyran [Mazarin] ; seize mille volumes en sont déjà sortis ; il n'en reste plus que vingt-quatre mille; tout Paris y va comme à la procession, gui patin, dans le Dicl. de DOCHF.z. Il Faire comme la procession, aller par un chemin et revenir par un autre. || Il se dit aussi de choses qu'on transporte, qu'on déménage. Nous con^mençons à porter les in-quarto [dans le déménagement d'une bibliothèque], auxquels succéderont les in-octavo, et ainsi de suite jusqu'à la fin de la procession, qui durera encore un mois, gui patin, Lett. t. II, p. 67. Il 4° Terme de théologie. La procession du Saint-Esprit, la production éternelle du Saint-Esprit qui procède du Père et du Fils. || Proverbe. On ne peut pas sonner et aller à la procession, c'est-à-dire on ne peut pas faire deux choses qui s'empêchent ou se contredisent réciproquement, occuper deux places incompatibles.

— HIST. XII' s. Li muine [les moines] e la gent l'unt receû à grant gré ; X grant processiun sunt contre lui aie, Th. le mart. 4 2«. ||xili' s. Après la grant joie del couronemenl en fii li empereres menés à grant oneur et à grant pourcession el riche palais de Bouche de Lion, villeh. cxiii. || xiv' s. En pluiseurs rues où li pourcession devoit passer, CAFFIAHX, Régence d'Aubert de Bavière, p. 5». Il firent assembler mainte religion [maint couvent], Oui receurentles princes faisant procession, Giiencl. 21)76,11 XV' s. Elle trouva le gentil escolier qui faisoit la procession [se promenait] tout autour de la maison, i.oois xi, Nnuv. xciii. {[ xvi* s. On en fait aussi peu de cas que d'une proce»»ion en chemise blanche, PRouMENTEAU, Financei, liv. m, p. 395.

— ETYM. Prov. prncessio; espagn. procesion; ital. jyroeesiinne ; du lat. procestinnem, de prncesrum, supin de prncedere, procéder.

t PROCESSIONNAIRE (pro-sc-sin-nè-r'), adj. f. Terme de zoologie. Chenilles processionnaires, ou, sub'-tantivement, les processionnaires, chcnillG» qui vivent en société, et qui forment une longue procession en sortant de leur nid. Lorsque nos processionnaires revenaient au nid, c'était par la iiii''me route qu'elles avaient suivie en s'éloignant, boniiet, Observ. .tiriiimi», Inteclet.

PROCKSSIOXNAL (pro-sè-sio-nal), s. m. Livre d'église où sont écrites et notée» les prières qu'on chante aux, processions. Ce libraire a vendu beaucoup de processionnaux. || Quelques-uns disent processionnel.

— f.TYM. Procession.

I'ROCKSSIONNELI,KMKNT(pro-8f;-sio-nè-le-man),

adj. Kn procession. Je fus mené processionnellement à l'église métropolitaine de Saint Jean pour y faire une abjuration solennelle, j. J. Houss. Con(. il. Les nabitants gaulois et le clergé veuaient pro-

cessionnellement à sa rencontre [de Sigisbert], ado. THiEHRY, liée, des temps mérov. 2' récit.

— ÈTYM. Processionnelle, et le suffixe merU.

t PROCESSDS (pro-sè-ssus') , s. m. || 1' Mot latin employé dans quelques locutions anatomiques.'ll Processus cérébelleux, prolongement du cervelet, gagnant les corps quadrijunieaux postérieurs. || Processus inflammatoires, vaisseaux gorgés de sang sur le cadavre, se présentant sous furrae de traînées. Il 8' il se dit quelquefois dans le sens de développement, progrès.

— HIST. ivi* s. Le priocessus ou voye du péritoine dedans le ventre, paré, i, 29.

— ÉTYM. Voy. PROCÈS.

PROCÈS-'VERBAL, s. m. Voy. verbal.

PROCHAIN, AINE (pro-chin, chè-n'). adj. || 1° Qui

est dans le voisinage. Les meurtriers sortirent de la ville par la porte qui se trouva la plus prochaine, MALH. dans MÉNAGB. À ces mots, l'ours s'en va dans la forêt prochaine, la font. Pabl. v, 20. Furieuse, elle vole, et sur l'autel prochain.... rac. Iph. v, 8. De son appartement cette porte est prochaine, lo. Iférén. i, <. Je viens de le laisser dans la chambre prochaine, montfleury, Femme juqe et part, iv, i. : Fig. Ne confiez plus votre cher argent à ceux qui vivent aux dépens d'autrui; car, pour ces genslà, rien n'est plus prochain que l'argent, volt. Lett. d'Albertas, (765 (sans autre date). || Ce n'est pas â ces prochaines maisons, se dit pour exprimer une distance assez grande. |{ 2° Il se dit du temps et des choses qui sont près d'arriver. Reçois le consulat pour la prochaine année, corn. Cinna, V, .i. Que Hhinberg et Wesel, tei;rassés en deux jours. D'un joug déjà prochain menacent tout son cours [du Rhin], boil. Ép. iv. J'ai lu dans ses regards sa prochaine vengeance, rac. Mithr. iv, 2. Et qui de ma faveur se voudrait honorer, Si mon hymen prochain ne peut vous assurer î id. Ipkig. v, 2. Il II se dit avec à. Et que pour retarder une heure seulement La nuit déjà prochaine à ta courte journée, malh. i, 4. || 3° Terme de philosophie. Cause prochaine, celle qui est immédiate. Il est très-vraisemblable que, si Cé.sar n'ordonna pas la mort de Pompée, il fut au moins la cause très-prochaine de cette mort, volt. Triumi\ notes. Les historiens n'indiquent ordinairement que les cau.ses prochaines de la prospérité ou de l'adversité des États, coNiiiL. Ëtud. iHtt. i, s. Il Terme de dévotion. Oocasion prochaine, occasion de pécher qui est pré.sente, ou occasion qui peut porter facilement au péché. || Terme de théologie. Pouvoir prochain, pouvoir d'agir conformément à la volonté de Dieu, moyennant la grâce nécessaire pour lui obéir. Je le suppliai de mê dire ce que c'était qu'avoir le pouvoir prochain de faire quelque chose ; cela est aisé, me dit-il : c'est avoir tout ce qui est nécessaire pour la faire, de telle sorte qu'il ne manque rien pour agir, pasc. Ptoik i. Ainsi, lui dis-JB, avoir le pouvoir prochain de passer une rivière, c'est avoir un bateau, des bateliers, des rames et le reste, en sorte que rien ne manque. Fort bien, me dit-il, to.ib. ||4° S. m. Chaque homme en particulier, ou tous les hommes ensemble. Je m'acquitte parfaitement à votre égard du précepte d'aimer mon prochain comme moi-même, sév. S28. Nous rions un peu de notre prochain^ il est plaisant ici le prochain, particulièrement quand on a dîné, m. 75. Les Juifs, qui voulaient bien avouer qu'ils devaient de l'amour à leurs prochains, mais qui ne pouvaient demeurer d'accord qu'ils dussent rien à leurs ennemis, boss. Sermons, Charité frat. i. On respectait bien la seule présence de saint Augustin, jusqu'à n'oser à sa table prononcer une parole qui pût offenser le prochain, BounnAL. 6' dim. aprh la Pentecôte, Dominic. t. m, p. 40. Chacun juge de son prochain avec liberté, pléch. Duchesse de Mont. Tout ce qui m'est extérieur, m'est étranger désormais ; je n'ai plus en ce monde ni prochain, ni semblables, ni frères, j. J. bouss. t" prom. La crainte [chez les hramesj de nuire à leur prochain, c'est-à-dire à tous les animaux, à tous les hommes, les occupe continuellement, raynal, llist. phil. v, 34 Il L'académie dit qu'il ne s'emploie qu'au singulier; on volt que Bossuet s'est .servi aussi du pluriel.

— REM.»Le peuple dit abusivement : c'est mon plus prochain voisin; mais il faut dire: c'est mon plus proche voisin, vauoel. Rem. t. i, p. i47, dans

POUGBNS.

— HIST. xn' s. Il vous ont desfié de [à] guerre moult prochaine, Sax. xxx. Si melomes un terme prochain, ne demeurt guère [qu'il n'y ait pas de retard], ib. xxxi. Deus me conseillera, qui tuz diz m'est procbiens, Qui l'orguillus abat, le poure oste

des fiens [fumiersj, Ï7i. le mart. »7. {| xili' s. Quand oiendroit [elle] lui est si prochaine voisine. Perte, Lvi. Jou cuit [je pense] qu'il soit prochain parant; Car à merveille sont sanlant, FI. el Bl. I73i. 11 n'avoit nul illec qui n'eust de ses prochains amis en la prison, joinv. 26S. || xiV s. Qui se vouldroit atendre à ses parents et as proceins et amis.... ORESME, Eth. viii, (4. Il xv' s. Et sembloit audit duc que te fille de son germain frère devoit estre par raison plus prochaine d'avoir la duché de Bretaigne après son décès, froiss. i, i, i47. Le mardi prochain après le jour Saint-Michel, m. i, i, 306. Il XVI' s. Faictes dresser la collation en ceste prochaine hostellerye, rab. Pant. iv, 4. L'hyver prochain [dernier], estant menacé par la fièvre quarte de partir de ce monde, d'autant plus que la maladie me pressoit, je me suis d'autant moins espargné, CALv. Instit. Épit. Toutes calomnies et detractions qui nuisent à nos prochains, id. ib. a08, 11 n'y a rien plus contraire à la foy , que conjecture ou autre sentiment prochain à doute et ambiguïté, m. ib. 4 53. Que le royaume de France s'en va peu à peu versant, et est prochain de faire une lourde cheute, i ANOUE, i. La légèreté dont plusieurs usent à détester leurs prochains, à cause du différent de la religion, m. 67. Le mot de prochain s'eslend indifféremment à tous les hommes.... il suffit donc, à ce quequelqu'un soit nostie prochain, qu'il soit homme, ID. 72. Selon mourut l'année prochain? d'après, amyot, Solon, 67. JOseph engagé en un si apparent dangier el si prochain, mont, il, 30. Souvent .se plaint qui injurie son prochain) génin. Récriât. , t. II, p. 249.

— RTYM. Proche. Le provençal prosman et l'italien prostimano suppose le latin fictif proximanus, allongement de proximus qui avait donné l'ancien français proisme, prisme.

PROCHAINEMENT (pro-chè-ne-man), od». Bientôt, dans peu de temps.

— HIST. XIII' s. Et chascun regardoit ses armes teles come il les avoit ; car bien savoient que prochainement en auroient mestier [besoin , villeh. LXli. Ele m'ara [m'aurai piocainement En camp flori où el m'atent, FI. et Bl. 791.

— ÊTYM. Prochaine, et le suffixe ment; provfuic. prochannment.

t PROCHAINETÉ (pro-chè-ne-té) , t. f. État d« ce qui est prochain.

— HIST. xiV s. Prochaineté de lignage, du caNge, proxitni«. Il XV* s. De femme nuit prochienneté [accointance], e. desch. Poésies mss. f° 532.

PROCHE(pro-ch'), prf'p. Il 1° Dans le voisinage de. Proche les bornes de Manassé, Ephraim aura son partage, depuis la région orientale jusqu'à la région de la mer, saci , Bible, Ézéchiel, XLViii, 5. Carihage, colonie des Phéniciens, futhâtie surles côtes d'Afrique, proche l'endroit où se trouve à présent la, ville de Tunis, vertot, Révol. viii, 272. || Proche de, même sens. Ils mirent le feu aux maisons qui étaient le plus proche de la muraille, d'ablawjouht, Arrien, i, 7. Il n'y a point d'autre nation, quelque puissante qu'elle soit, qui ait des dieux aussi proche d'elle, comme notre Dieu est proche de nous, et présent à toutes nos prières, saci, B»ble, Deutéron. iv, 7. Pendant qu':l était dans ce doute, llégésippe arriva si proche de lui, qu'il ne put s'empêcher de le reconnaître et de l'embrasser, ?f.ri. Tél. XIV. Le caprice est dans les femmes tout proche de la beauté pour être son contre-poison, LA BntiY. III. Il Proche de, se dit du voisinage dans le temps l'roche qu'elle est de choir dans l'infamie, COHN. Théod. m, 5. Quand ils sont proche de mourir, pasc. Pens. xxv, 8, éd. havrt. L'empire d'Honorius semblait proche de sa ruine, boss llist. I, tl. ||a' ;4di). Dans le voisinage. Il demeure ici proche. N'allez pas avancer, monsieur, il est tout proche, haiitp.roche, Fsp. foll. m, 9. || De proche en proche, loc. adv. En allant d'un lieu à un lieu voisin; d'un terme à un autre. La terre sepeupi" de proche en proche, boss. HAÏ. i, a. Toute l'Eglise chrétienne remonte à Jésus-christ de proche en proche et sans interruption, in. 1'* Instr. paslor-

28. Comme les choses vom .oujours de proche en proche, et qu'une loi politique a toujours du rapport à une autre loi politique, montrso. Esp. xxxi,

29. Les arts se communiquent de proche en proche, volt. Mrrurs, (78. || Fig. Peu à peu et par degrés. De proche en proche, il est parvenu à une grande fortune. Il 3° Ad) Qui est près. Son plus proche voisin. Sun voisin le plus proche. Albin l'a rencontré dans la proche campagne, cobn. Poly. i, 4. Les armées étaient si proches à s'entrechoquer, que la mousqueterie avait dèjf commencé à jouer son jeu,

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HAunÉ, If Hcueurat, m-»" p. «o», dans oonEFHOT, Lex. de Corn. Le renard étant proche : or ça, lui dit !e sire, Que sens-tu T la pont. Fabl. vu, 7. L'expérience apprend que la lune parait d'autant plus grande qu'elle est plus proche de l'horizon, MAi.EBR. Reeh. vér. Rép. à Régis, ch. iv. || Fig. Regardez, Sire, lequel des deux vous est le plus proche, ou votre État ou votre personne, balz. De la cour, »• dise. Traduire selon le sens plus proche de la diction grecque, la brut. Disc, sur TMophr. \\ 4" En parlant du temps, qui est pris d'arriver. Il semblait nous parler de son proche hyménée, corn. Hor. v, i. C'est donc trop peu pour moi que des malheurs «i proches, iD. Àndrom. ii, 8. Non dans les temps proches de sa naissance, mais dans ceux qui en sont les plus éloignés, PASC. Fragm. sur le vide. M. le duc deChaulnes.... nous donne une espérance assez proche de le voir bientât à Grignan, sév. <" déc. (690. Peu s'en faut qu'elle ne s'emporte jusqu'à la dérision [de la religion].... et qu'elle ne se trouve parmi ces moqueurs dont le jugement est si proche, selon la parole du Sage, boss. Anne de Gonz Le jour fatal est proche, et vient comme un voleur, BOiL. Épitre m. |{ 11 se dit aussi des personnes qui sont près de.... Couriji et proche du tombeau, fén. Tél. iv. Rendre l'homme raisonnable et plus proche de devenir chrétien, la bruv. Disc, à VAcad. franc. Préface. Plus proche de sortir de la vie que de.... iD. ii. || S' Lié par la parenté. Je ne trouve rien de si proche que d'être d'une même maison, sév. à Bussy, I6 févr. (67). Je lui ai fait dire en l'air que nous étions bien proches par vous, et que j'avais pour lui une estime aussi particulière que son mérite, m. 28 jnill. (682. Le sang de France et d'Angleterre, que vous avez uni par votre heureux mariage [Monsieur et Madame], vous doit inspirer le désir de travailler sans cesse à l'union de deux rois qui vous sont si proches, boss. Reine d'Anglet. Une loi de Selon, qui, pour perpétuer les biens dans les familles, avait réglé que les filles uniques épouseraient leurs plus proches parents, barthBl. Anach. ch. 7. || 6° S. m. pi. Parents. Proches pour parents, presque tout le monde le dit, comme : je suis abandonné de mes proches, tous mes proches y consentent; mais quelques-uns font difficulté d'en user, vaugel. Rem. t. i, p. (48, dans pouGENS. Dans ces actions tragiques qui se passent entre proche," corn. ï" dite. Triste condition de l'homme et qui dégoûte de la vie : il faut suer, veiller, fléchir, dépendre oour avoir un peu de fortune, ou la devoir i l'agonie de nos proches, la BBuy. Vf. Hélas? on n'est jamais trahi que par ses proches, REONARn, Ménechm. I, i. Rougir de ses proches est un grand malheur, oenlis. Hères riv. t. u, p. 176, dans pougens. ||7* Terme de peinture. Il s'oppose à lointain. Les proches d'un tableau, les objets qui sont sur le devant (pernety, <757).

— SYN. PROCHE, PROCHAIN. Proche annonce une proximité quelconque, ou de lieu ou de temps, et même un moindre éloignement; prochain, une grande proximité ou de temps ou de lieu, une proximité très-grande ou relativement grande. De plus, on ne dit guère prochain de ; avec de c'est

\ proche qu'où emploie (roubadd).

— HIST. xii* S. Pruef est li sire à tuz apelans lui. Liber psalm.. p. 12&. K ciL... Qui plus esteient de |ji prof, BENOIT, t. ui, p. 76. Car par tute la terre est proef [presque] manifesté Que.... Th. le mart. 80. Par tuz les champs qui prof esteient, Rou, ï. 8893. Il iiii" s. Puis si le sieut [il le suit] de preu en preu, Ren. 7882. || m' s. Haineuse volonté envers le proche, mont, i, si. Rien dez lors ne nous feut si proche que l'un à l'aultre, id. i, 2<3. Ceux qui estoyent proches des pais maintenant exposez an proye, langue, 387. Leurs plus proches parents, AMTOT, Fab. ♦». On roy son voisin et son allié si proche, ID. LucuU. 26. Quoy que je ne fusse si proche Du defTunct comme estoit Martin, Sat. Uén. l'Ane ligueur.

— f.TVM. Berry, preuche. Les forme? prof, preu viennent du lat. prope, proche; la forme proche vient de propius, comparatif de propis ou prope.

PKOCHKONISHE (pro-ltro-ni-sm"), s f. Erreur de date, qui consiste à placer un événement dans un temps antérieur à celui où il est arrivé réellement.

— P.TYM. Ilpo, avant, et XPO'Ot,! temps.

t PROCIDKNCE (pro-si-dan-s') , t. f. Terme de médecine. Chute d'une partie, comme de l'iris, du rectum , de la matrice.

— HiST. xvir s. Prosidence ou relaxation du fondement, pai^6, i, 28.

— ETYM. Lat. procidentio, de proeidere, de pro, eo avant, et cadere, tomber (voy. cbom).

f PROCILI.ON (pro-si-Uon , Il mouillées) , i. m. Terme familier. Petit procès. Il achetait sons main de petits procillons, Qu'il savait élever, nourrir de procédures; Il les empâtait bien, et de ces nourritures, Il en tirait debonsetgros procès du Mans, DDFBÊNY, Réconcil. norm. iv, 4.

— ÉTYM. Diminutif irrégulier de procès.

t PROCLAMATEUR (pro-kla-ma-teur) , ». m.

Celui qui proclame.

— HIST. xvi* s. Il [l'évêque] baille au diacre un texte d'évangile, tSn qu'il s'en cognoisse estre proclamateur, CALv. Instit. use.

— ÊTYM. Lat. proclamatorem, de proclamare, proclamer.

PROCLAMATION (pro-kla-ma-sion ; en vers, de cinq syllabes),»./'. 111» Action de proclamer. La proclamation d'un empereur. {| Publication solennelle. La proclamation d'une loi. |{ 2° Écrit qui contient ce que l'on veut publier, proclamer. Rédiger une proclamation. Proclamation au peuple, à l'armée. Quelques-uns voient clans' ces proclamations [de Napoléon et d'Alexandre] la différence de* deux peuples, celle des deux souverains et de leur position mutuelle, sêgur, Hisl.de Sap. iv, (.118° Chez les bernardins et les feuillants, confession publique en présence de la communauté. |{ Commandement que fait un supérieur à son religieux de se prosterner à terre, hichelet.

— HlST. xiv* s. Criées ou proclamations à voix de trompe, Ordonn. des rois de Fr. t. v, p. 309. {| xv s. Et fit faire défenses par cris et proclamations, que plus ne usassent de telles manières de faire, juv. Charles TI, <380. ||xvi« s. Et qui plus est, l'effect respondoit aux paroles de la proclamation, amyot, Flamin. 22.

— ÉTYM. Prov. proclamation: esp. proelamaeion; du lat, proctamationem ; de proclamare, proclamer.

t PROCLAME (pro-kla-m'), s. f. Nom donné, dans quelques ordres, à la confession publique que les bernardins et les feuillants appelaient proclamation.

PROCLAME, ÉE (pro-kla-mé, mée), part, passé de proclamer. El Perpenna par eux proclamé général, CORS. Sertor. v, 3.

PROCLAMER (pro-kla-mé), v. a.\\t' Publiera haute voix et avec solennité. Proclamer une loi. Quinze ou vingt révoltés au milieu de la place Viennent de proclamer (Jthon pour empereur, corn. Oihon,iv, 7. Oui, sire, c'est le choix de la nation qui mit d'abord le sceptre entre les mains de vos ancêtres ; c'est elle qui les éleva sur le boucfler militaire, et les proclama souverains, mass. Pet. carême, ^cuetls. Il 2° Divulguer, publier. Proclamer les hauts faits, les belles actions. Je proclame Que je suis bon chrétien, c. delav. Une famille au temps de Luther, u. Je sais vos noms, Louis, François, George, Alexandre, Guillaume 1 et les proclame afin que l'avenir Pour la honte ou la gloire en garde souvenir, p. lebrun, Voy. de Grèce, vu, 6. Il 3° Commander à un religieux de se jeter à terre devant son prieur pour entendre les fautes que le prieur lui doit reprocher. H*" Se proclamer, ». réfl. Se dire hautement. En vain des animaux se prodiamant le roi, DBLiLLE, rroiï règ. viu. || Absolument. Voulez-vous, fl mortels, que ce Dieu se proclame? LAMART. Harm. ii, 8.

— HIST. xvi* s. De sorte qu'il fallut que le herault recomrnenceast une autre fois à proclamer, aiitot, Flamtn. 1».

— Etym. Lat. proclamare, de pro, en avant, et clamare, crier (voy. clameur).

t PROCLITIQUE (prokli-ti-k'), ad]. Terme de grammaire. Les mots proclitiques, et, substantivement, les proclitiques, mots qui donnent leur accent au mot suivant. On a nommé ces mots (les mots privés d'accent] proclitiques, parce qu'ils se penchent, pour ainsi dire, en avant, et s'appuient sur le mot qui les suit; c'est cette combinaison de proclitiques et de mots accentués qui rend si harmonieux ce vers de Racine, quoique tout composé de monosyllabes : Le joUr n'est pas plus pur que le fond de mon cœur, burnodf, Gramm. grecq. § 405 (les proclitiques sont les mots en caractères italiques). .,

— Etym. npoxXirixè; , mot formé par le grammairien allemand Hermann , sur le modèle de ifxXiuxèi; , et qui est tiré de itpoxXîveiv, incliner en avant, de itpô, en avant, et xXivetv, pencher (voy. clinique).

t PROCUVE (pro-kli-v'),odj. Terme didactique. Oui se dirige en avant. || Terme de zoologie. Se dit des dents qui se dirigent i peu près dans le sens de

l'axe de la mâchoire. Les Néo-(3ilédoniens ont.... It nez épaté, les pommettes saillantes , les dents blanches et fortes mais proclives, bourgarel, A Cad. des se. Comptes rendus, t. li, p. I007.

— HIST. XVI* s. Il est toujours proclive aux femmes de disconvenir à leurs maris, mont, u, 81 .

— EtyJi. Lat. proclivis, de pro, en avant, et clivus, pente.

t PROCLIVITÉ (pro-kli-vi-té), ». f. Terme didactique. Ëtat de ce qui est proclive.

— Etym. Lat. proclivitatem, de proclivit, proclive.

t PROCOMBANT, ANTE (pro-kon-ban, ban-t'), adj. Terme de botanique. Se dit d'une plante qui reste couchée sur la terre, sans y jeter de racines.

— ÉTYM. Lat. procumbentem , de pro, en avant, et eumbere, cubare, être couché,

t PROCOMPTE (pro-kon-f), s. m. Compte provisoire. Il y a une ancienne dette de ses termes passés [d'un fermier], dont je vous envoie le procompte, SÉV. à d'Hérigoyen, 20 juillet <686. Pour ce qui est du procompte fait à Nantes, id. 4 janv. 1687.

t PROCONDYLE (pro-kon-di-l'), s. m. Terme d'anatomie. Éminence située au devant d'un condyle.

— ÉTYM Lat. pro, en avant, et condyle. PROCONSCL (pro-kon-sul), s. m. || 1- Ancien

consul qui, en sortant de charge , recevait le commandement d'une province ou d'une armée. ||Sous l'empire romain, on nomma proconsuls les gouverneurs des provinces du sénat ou du peuple. Socrale, historien ecclésiasti(|ue , raconte que Constance, ayant supprimé l'office de proconsul, établit Honorât préfet ou gouverneur de Constant inople, bOl'chaud, Instit. Mém. scienc. mor. et pol. t. m, p. 2)3. Il 2" Fig. Se dit d'un gouverneur de province qui agit avec arbitraire et violence. D'avides proconsuls dévorent nos provinces, c. delavigne, Messéniennes. || S'est dit, par dénigrement, des commissaires que la Convention envoyait dans le: départements insurgés, dans les pays conquis ou auprès des armées. L'épée brisée du guerrier [de Napoléon après Waterloo], le sceptre du conquérant et Su distributeur de couronnes, furent un moment remplacées [aux Tuileries] non par la hache, mais par la marotte du proconsul jacobin [Fouché], parle masque nouveau de l'ancien régicide intriguant pour la royauté, villemain. Souvenirs contemporains, les Cent-JouTS, ch. xvu.

— ÉTYM. Lat. proconsul, de pro pour, et consul. PROCONSULAIRE (pro-kon-su-lê-r') adj. Qui a

rapport au proconsul. Le pouvoir proconsulaire. il Province proconsulaire, province gouvernée par un proconsul.

— ÉTYM. Lat. proeonsularis, de proconsul.

PROCONSIILAT (pro-kon-su-la ; le i ne se prononce pas et ne se lie pas), s. m. Dignité de proconsul. Il Durée des fonctions d'un proconsul.

— ETYM. Lat. proconsulatus, de proconsul.

t PROCRÉATEUR, TRICE (pro-kré-a-teur, tri-s'), adj. Qui procrée. Cette vertu procréatrice qui s'exerce perpétuellement sans se détruire jamais, BUFF. Hist. anim. l.

— ÉTYM. Lat. procreatorem, de procreare, procréer.

PROCRÉATION (pro-kré-a-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Génération. La procréation des enfants.

HIST. xiv s. Et pour ce que procreacioii de

lignée ou generacion est plus commune as be-tes... ORESME, Eth. 2M. ||xvi' s. Faudra user de ce médicament jusques à la procréation de la chair, paré, vni, 4B.

— ÉTYM.' Lat. procreottonem, de procreore, procréer.

PROCRÉÉ, ÉE (pro-kré-é, ée) , port, passé de procréer. Les enfants procréés en légitime mariage. Les hoirs procréés de son corps. U se dit surtout en termes de palais et de chancellerie. || Substantivement. Cette société doit durer pour la conservation des procréés, j. J. rousseau. Orig. Notes.

PROCRÉER (pro-kré-é), je procréais, nous procréions, vous procréiez ; que je procrée, que nous procréions, que vous procréiez, v. o. Engendrer. Il est du tempérament qu'il faut pour procréer des enfants bien conditionnés, mol. Mal. jmag. ii , 6. Dans Homère, ils [les dieux] font l'amour, procréent des enfants, se querellent et se battent entre eux, LÉvESQUE./nsfit. Jf^m. »ctenc. mor. eJ po(. t. Il, p.44. Il Absolument. Est-ce donc un crime de procréer, à l'exemple de la terre notre mère commune?

RAYNAL, Hist. phil. XVII, 21.

— iilST. XIV" s. Métaux, pierres, sels, atratfeiu Je procrée des elemeos, Nat. à l'alch. «4.

PRO

PRO

PRO

— ÉTYM. Lat. proereare, de pro, et creare, créer.

t PROCRIS (pro-kris'), ï. Y- Terme de mythologie. L'amante de Céphale, qui la tua involontairement. Il Le chien de Procris, nom donné à la constellation dite aussi ('anicule.

t PROCTALGIE (pro-klal-jie), s. f. Terme de médecine. Douleur à l'anus sans phénomènes inflammatoires.

— ÉTYM. npwxtèç, anus, et âX^yoi;.

t PROCTITE (pro-kti-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation de l'anus.

— ÉTYM. IIowxTi;, anus, et la finale médicale ite. t PROCTOCÈLE (pro-kto-sè-r), s. f. Terme de

chirurgie. Hernie ou chute du rectum.

— ÉTYM. IlowxTà;, anus, et utiXti, hernie.

t PROCTOPTOSE (pro-kto-ptô-z'), s. f. Synonyme de proclocèle.

— ÉTYM. npMXTOî, anus, et ■Ktâxni, chute.

t PROCTORRUAGIE (pro-kto-rra-jie) , ». f. Terme de médecine. Hémorrhagie anale.

— ÉTYM. ITpwxTo;, anus, et (laytîy, faire éruption. PROCCRATEUR (pro-ku-ra-teur), s. m. i|l° Dans

l'empire romain, titre de certains magistrats envoyés par l'empereur, pour le représenter dans les provinces. Nous voyons, sous Tibère et ses successeurs, de ces procurateurs à la tête de l'administration de la Palestine, boochaud, [nsiit. Mém. scienc. mot. et pol. t. v, p. 371. Il 2° Titre d'un des principaux magistrats dans quelques républiques d'Italie, telles que Venise et Gênes. Le procurateur vénitien avait l'administration des biens des orphelins et de ceui qui mouraient intestats sans laisser d'enfants. La république de Venise a nommé pour la médiation de la paix le procurateur Nani, le même dont nous avons une histoire célèbre, pelusson, Lett. hist. t. ni, p. 2. Il 3" Grands procurateurs de la nation, se disait, sous la première république, de deux membres du corps législatif, chargés de soutenir les accusations criminelles devant la haute cour nationale.

— HIST. XIII' s. Procurators est cil qui aministre autrui besoigne par le coumandement à celi cui eles sont, Taner. li ordinaires, f' te.

— ETYM. Lat. procuratorem, de procurare, procurer.

t PROCURATIE (pro-ku-ra-sie), s. f. X Venise, pendant la république, charge, juridictio'n des procurateurs. Il Palais des procurateurs.

PROCURATION (pro-ku-ra-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. /. Il 1° Pouvoir donné par quelqu'un à un autre d'agir en son nom. Elle [la femme du prince d'Orange] a donné procuration à son mari, pour prendre possession du royaume d'Angleterre [après la déchéance de Jacques IIJ , SÉV. 47». Un, homme qui révoque sans aucune raison la procuration qu'il m'a donnée, fén. t. u, p. 33. Tout mandataire est tenu de rendre compte de sa gestion, et de faire raison au mandant de tout ce qu'il a reçu en vertu dé sa procuration, Code Nap. art. 4 993. Il 2° L'acte qui fait foi de celte délégation. J'ai vu M. Revol, qui m'a conseillé de vous envoyer ma procuration pour agir pour ma siireté, sév. à dllérigoyen, Jo juil. 1688. || 8° Anciennement. Droit de procuration, frais d'entretien fournis par les curés lors des visites de l'archidiacre.

— HIST. xiii* s. Et por ce parlerons des procureurs et de cex qui sont estabii à pledier por autrui, et queles procurations doivent estre fêtes, bkaum. IV, ♦. Il XV* 8. Ceux de Bergerac lui jurèrent fcaulé et hommage [au comte Derby], et le reconnurent à seigneur au nom du roi d'Angleterre, par vertu de la procuration qu'il en portoit, fboiss. i, i, '22>. Il xvi' s. Le droict de ces visitations appellées procurations, PASQ. Rech. m, p. S2b, dans lacubne.

— ÉTYM. Prov. procuration ; espagn. pror.uracion; ital. procuraxiont ; du lat. procuralionem, de procurare, procurer.

t PROCURATORIAL, ALE (pro-ku-ra-lo-n-al, a-l'), adj- Qui a rapport au procurateur. I| Particulièrement, qui a rapport au procureur impérial. Il n'est pas bon pour l'admini.stration que, du haut de son siège procura to'ial, le premier magistrat du parquet soit contraint de blâmer les tendances fiscales, et d'inviter solennellement la cour à rappeler l'administration de l'enregistrement à la pratique discrète et modérée de son droit, garniks, Répprt. pérind. de l'enregjutr. i^nv. ) «88, art. aïKB.

PROCDRATRICE (pro-ku-ra-lri-s ), t. f. Voy. P»0- CUBKU», n" I.

t PROCDRE (pro-ku-r*), ». f. Office de procureur dans une maison religieuse. 11 brigua la procure. Il logement particulier où le procun ur fait les .idaires de la communauté. Nous nous vîmes il la procure.

— HIST. xin' s. Je cuit [pense] estre certain qu'il [frères mineursl ont bones pastures, Et qu'il ont, en maint Heu, du leur mis en procures. Qui leur valent assez sans autres aventures, j. de meuno, Test. to74.

— ÉTYM. Voy. PROCUBEB.

PROCURÉ, ÉE (pro-ku-ré, rée) , part, po»»^ de

procurer.

PROCURER (pro-ku-ré),». a. || 1" Obtenir par des soins, par des efforts. La loi qui nous oblige à procurer autant qu'il est en nous le bien général de tous les hommes, desc. Méth. vi, 2. Non point en flattant le peuple, mais en procurant son bien, Boss. Hist. m, :!. L'Êslise eut horreur de la conduite de l'évêque Ithace, qui procura la mort de l'hérésiarque Priscillien, fleubï. Sœurs des chrét. IV, 7. Il Procurer que..., avec le verbe au subjonctif. Le prince doit procurer que le peuple soit instruit de la. loi de Dieu, boss. Polit, vu, III, )4. Ijî" Faire obtenir quelque avantage. Sans commettre l'autorité du roi son seigneur, elle employait son crédit à procurer un peu de repos aux catholiques accablés, boss. Reine d'Anglet. || En mauvaise part. Pour ceux qui m'ont causé quelques désavantages, Procuré quelque perte, ou fait quelques outrages, corn. Imit. iv, 9. || 3° Simplement, faire en sorte qu'une personne ait une chose. On eut beaucoup de peine à me procurer des chevaux. Il 4° Se procurer, procurer à soi. Elles se sont procuré des bijoux. Je me procurerai tous mes besoins; et, pourvu que je les aie, je ne me soucie point que tous les autres Troglodytes soient misérables, mon- TESQ. Lett. pers. m. || En mauvaise part. Je me procure un mal pour en éviter mille, corn, la Pi. Roy. I, 4. Je serais ravie de savoir... par quels chemins vous avez été conduit à ce qui vous paraissait un bien ; car ce n'est jamais que sous ce nom que nous nous procurons des maux, SÊV. d du Plessis, 20 août )690. ||5" Être la cause de, en parlant de choses. Cette potion lui a procuré du sommeil. Cette affaire lui a procuré des désagréments. Si j'estime en quelque chose les deux lettres que vous avez louées, c'est pour m'avoir procuré l'honneur d'en recevoir une des vôtres, voit. Lett. 47. .lamais Epaminondas n'avait déployé plus de talents que dans cette circonst.-ince [à Mantinée] ; il suivit, dans son ordre de bataille, les principes qui lui avaient procuré la victoire de Leuctres, barthél. Anach. ch. «3.

— HIST. XIII* s. Quelconques biens que. Dieu procurant, vous poés avoir par manières raisonnables au temps à venir, tailliar. Recueil, p. BOi. Tenir e fermement garder, e procurer à tenir e à (Tarder quant que le dit Hues chevalier fera, Bibl.

des Charte»-, 4* série, t. iv, p. 79 procurer,

....Que bonne pes [paixj entre eus eûst, la Rose, 9039.11 xiv S. Par foi, ce dit Turquanl, je viens de procurer Comment vous et vos biens porrez très bien garder ; Je vien du roi Henry pour vous parlementer, Ùuescl. 949». Puis le tist le roi mener en son propre palais et ses gens, et moult le fit noblement procurer de diverses manières de viandes, Chr. de St-Denis, t. ii, f° 28, dans lacubne. || xV s. Tant alla et tant procura la bonne dame entre ce> seigneurs avec l'aide et le conseil d'un gentil chevalier et sage, que.... froiss. i, i, U3. Ce fort vice et péché d'orgueil qui procure bayne envers toute personne, cobm. i, ». Aujourd'hui li tems est félons; Car par me!:tir chascun procure Or et argent ; c'est chose dure, k. descii. Poésies mss. f" 24B. Il xvi* s. Ma vieillesse ne rcqueroyl doresnavant que repous, et toute nia vie n'ay rien tant procuré que paix, bab. Garg. i, 2». Il ne .se peut faire qu'une ame fidèle, estant touchée de l'horreur du jugement de Dieu, ne procure à se punir soy mesme, CALv. Inst. 4"2. Les chrestiens doivent procurer cela, de plustost tousjours quitter leur droit, que de commencer procez, ID. xb. <20«. Ses ennemis furent bien aises de ces propos, estimans que la corçmune incontinent jugcroit, que luy mesme se seroit procuré les maulx qu'ils pretendoieut luy lai 10 souffrir, amtot. Marcel. 3i.

— ÉTYM. Uerry, pré curer ; provenç. et espagn. jirocurar ; ital. procurare; du lat. procurare; de pro, pour, et curare, avoir soin (voy. curikux).

PROCUREUR (pro-ku-reur), ». m. || 1* Celui, celle qui a pouvoir d'agir pour un autre. Procureur fondé; en ce sens le féminin est procuratricc. Ma fermière est ma procuratrice en cette affaire. Couche-toi le dernier et vois fermer ta porte, Et, si quelque affaire t'importe. Ne la fais pas par procureur, la font. Fabl. xi, 3. Charles II était déjà paisible po.ssessour de l'Angleterre, que Louis XIV n'était pas encore marié par procureu^r, volt. Louis XiY , «. 11 (Henri IVJ obtint

avec bien de la peine, qu'il ne serait fouetté que par procureur et de la propre main d'Aldobrandin, m. Dict. phil. Prétentioits. || Fig. Car et vous et vos vers vivez par procureur [après la mort du poète), RÉGNIER, Sat. v |)8* Procureur, nom qu'on donnait autrefois à l'officier public nommé aujourd'hui avoué: en ce sens, Iç féminin est procureuse. Souvent au Châtelet un même procureur Est pour le demandeur et potir le défendeur, boursault, Merc. galant, v,7. Quand avons-nous manqué d'aboyer au larron? Témoin, trois procureurs, dont icelui Citron A déchiré la robe, on en verra les pièces, hac. Plaid. lU, 3. || Procureur ad lites [pour les procès] ou procureur postulant, se d Isa/ quelquefois par opposition à procureur ad negotii [pour les affaires] ou procureur fondé. || Procureuse. la femme d'un procureur. Une garniture de quinz' cent livres, que veut revendre une procureuse, le sage, Turc. IV, <2. ||3° Autrefois, procureur général ou procureur du roi, officier chargé des intr-rêt» du roi et du public dans tout le ressort du parlement; c'était la première personne de la jusiice après le chancelier et le premier président; un de ses droits était d'entrer chez le roi sans être annoncé. Dieu nous donne beaucoup de procureurs généraux qui aient, s'il est possible, votre éloquence et votre philosophie! volt. Lett. laChalotais, 3 nov. <7B2. J'apprends pour comble de malheur et d'humiliation, que le procureur du roi auquel il |Desfontaines dénonçant quelque ouvrage de Voltaire] s'est adressé est mon ennemi déclaré, et cherche partout de quoi me perdre, id. Lett. d'Argenlal, <2 fév. (739. Il Procureur fiscal, officier qui exerçait le ministère public auprès des justices seigneuriales. || 4° Aujourd'hui, procureur général, magistrat qui exerce en chef les fonctions du ministère public près d'une cour supérieure. || Sous la royauté, procureur du roi, sous l'Empire, procureur impérial, magistrat qui remplit les mêmes fonctions auprès d'un tribunal de première instance. || Procureuse générale, la femme d'un procureur général. || Procureuse du roi, la femme du procureur du roi. Il 5» Dans les ordres religieux, procureur général, le religieux chargé des intérêts de tout l'ordre. Il Dans chaque maison religieuse, procureur, le religieux chargé des intérêts temporels de la maison. Il 6° Dans l'ancienne université, procureur d'une nation, assesseur du tribunal du recteur, qui était le chef de sa nation et qui en réglait les asserablijes. ||7° Procureur de la foi, celui qui faisait les fonctions de partie civile devant le tribunal de l'in- ([uisition. Il 8" Procureur de meunier, pivert. 119* instrument de fer à l'usage du fabricant de glaces. j Proverbe. Celui qui fait ses affaires par procureur va en personne à l'hôpital

— '■ HIST. xiii* s. Il poent laissier procureur por aus [eux], BEAOM. m, 7. Pierres qui esloit premiers procureres.... id. iv, 27. Procureurs et avocats, Escrivain, gent de clergie, Qui de rien faire estes cras, Renart vers vous s'humelie, Queue de renart. Saichent tous, que ge mestre Henri de Charlons proculierres et receiverres des rentes iiostre segnor le roy de Jeru.salem, nu cange, procurator. || xv s. Les serfs anglois se départirent et passèrent la rivière.... et toujours tenant leur opinion d'abattre i dextre et à senestre devant eux maisons et hostels d'avocats et de procureurs, fboiss. ii, ii , lO'j. Pour laquelle réparation estre faite, madite dame et ses enfans prendroient volontiers conclusion crimineuse.... mais lesdites con'Blusions appartiennent au procureur du roi selon la coustumo de Fiance, mon- STBKL. i, 48. [Ixvi's. La raison pounjuoy oi\dit que les procureurs sont voleurs, c'esi qu'ils n'ont qu'une plume, et si pourtant ils volent mieux que pas un oyseau qui soit en l'air, Caquets de l'accouchée, p" 180, dans lacubne. Que la qualité de procureur fi.scal appartient aux procureurs en la juridiction des barons chastellains et autres seigneurs hauts justiciers, Coust. gén. t. il, p. 490. Femme ne sera tutrice, curatrice, procuratrice, ne s'entremettra de sollicitation ou autre faict de justice, si ce n'esioit pourclle, pour son mary.... ib. t. ii, p. 784 II y eut aussi un peu do garbouil entre Mmes de Belin et Bussy, à l'occasion que, l'une ayant lasolié quelque mauvais vent pseudo-catholique, Mme dç Belin dit tout haut à la Iiussy : Allons, procureuse, la queue vous fuma, Sat. Mén. De l'ordre tenu pour les stances. — ÉTYM. Provenç. procuraire , pracurador, procurm'rilï ; espagn. /irocurodor; ital. procuralore; du lat. procuratorem, de proeurare, procurer. L'ancien français procurere et le provenç. procuraire est le nominatif, du latin procuriilnr: procureur et procurador, le régime, du latin procuratorem.

PRO

PROCPRKrSE, t. f. Voy. PROcuREi'a, n« l. t PROCrSTK (pro-ki.-sf). «. m. Terme de mythologie. Bnpan.l que tua Thi'sée, et qui, élendant les voyageurs sur un lit trop court, leur coupait la partie qui liépassail le lit. || Fig. Lit de Procu.ite, r. gle mesquine et tyrannique.

— ErvM. Lat. Procustes ou Procrustes, du grec npoxpoûffTKii;, nom d'un brigand de la contrée d'Eleusis, que Pausanias nomme Polypémon (i, 38 6) et Plutarque. Damastès (T/iM^e, 6) : proprement qu. se jetie sur, de «pi, en avant, et xpoûeiv, lancer! t PROCYON (pro-si-on), ». m. Étoile de la première grandeur, qui se trouve dans la constellation du Petit Chien, et qui se montre onze jours avant la Canicule.

— ÈTTM. IIpoxO«*v,de 7tp4, avant, et xûmv, chien, t PRO DEO (pro dé-o), mots latins qui signifient pour Dieu, et qui s'emploient diins le langage familier au sens de gratuitement, gratis. Je gage nue j'en reviens aussi chargé damour que si on le donnait pro Dec. BOORSAULT, LeU.-now. t. m, p. 32 dans potiGENs. '

t PRODIAGNOSE (pro-di-agh-nô-z'), s.f. Terme de médecine. Pronostic d'une maladie à venir- découverte des signes à l'aide desquels on peut reconnaître d'avance, même en pleine santé, la prédisposition à telle ou telle maladie.

— tTYM. LaL pro, avant, et diagnose.

t.PBODICTATEUR (pro-di-kta-teur), *. m Titre

d'un magistrat qui avait l'autorité dictatoriale et que l'on fit créer une fois à Ro.'ne, faute de pouvoir faire désigner un dictateur régulier par les consuls qui étaient absents (Tite Live, xxii, 8). '

— KTYM. UL prodictatorem, de pro, pour, et dielatar , dictateur.

t PRODIGALEMENT (pro-di-ga-le-mw) , adv Avec prodigalité. Kt donne prodigalement Ce qu'il faut pour la nourriture Et l'entretien de la nature

MAITRE ADAM BILLAUT, (Euv. p. t4o,dans POUGENs'

lai.t de .sang chrétien prodigalement répandu en ces dermers siècles, par tout l'univers, villeroy Hém. t. v, p 246, dans lacurne. Les gens qui dé^ pensent leur bien prodigalement marquent du dérèglement d'esprit, Dict. de l'icad. t8»6.

A~ "iîf/' .V.' ^- ^P'^^ '* '""'■' "* ['es héritiers d un défunt) dépensent prodigalement ce qu'il a assemblé par grands labeurs, langue, Il 3.

— KTVM. Voy. PBoniGALiTÉ.

PROniGALITÉ (pro-di-ga-li-té), s. f. || 1- Caractère du prodigue. La prodigalité est l'opposé de l'avarice |2" Action de prodiguer. Son immense prodigalité [d Alexandre) pour les grandes choses, monteso Etp. X, t4. J'aime cette prodigalité des richesses errestrespourune autre vie, STAËL, Corinne, x 6 I fig. Tant ils se confiaient ilans la prodigalité de !a nature, ,r>. ,1 „, ..1|3» Au plj. pX.L^ On lui pardonne [a Colbert] une fortune immense et le faste de sa maison de Sceaux en les comparant à la fortune scandaleuse d'Emeri, aux prodigalités de Fouque. et aux richesses des traitants de la guerre de succession, volt. Henr. vu Notes

- HIST. ini- s Urgesce est le mileu entre avarice et prodigalité, brun, latini, Tr^ror, p 272 Hél bon roi Loeys, en vostre charité Navoil ypocrisie ne prodigalité, lienreu de la mort de St Louis II x i-s Pour s en eslo.gner [de l'avarice), on ne doit pas a 1er s'enlacer dans les filez de prodigalité, lanoue <72. Ce peuple qui avmt... en l'esprit la souvenance de ses prodigalités (deJules César], la boètie Servit, volont. "un m,

- ÊTVM. Prov. prodigalitat; espas. prodioalidad ■ lUlprodioaUlà; du lat. prôd,/a/ùalm Tpro: ti'ius, prodigue. '^

PRODIGE (pro-di-j^,,. m.\\ l- Ce qui frappe comme J lelque chose de merveilleux, d'étonnant. oS chimère est-ce donc que l'homme? quelle nûu- «•r..uié quel monstre, quel chaos, quel sujet de cntradiclion quel prodige! pasc. Pe^s. vinféd RAVKT. te Romains firent des prodiges pour leu; Mierté, Boss. Iliu. i, h. L'égarement du'^rni^iistre va jusqu'au prodige, m. Lelt. .68. Le maître du château, ayant vu d'une fenêtre les ,,r?d ges d"

Ou. als^it a dix ans des prodiges sur le clave: cm, , 1 Rousâ. if m. II. Je suis las de raconter d.s prodiges: les polype, à bras en ont un au re

.. ... Dieu faisait <U^;;^,^ZC<^':C

PRO

t, «. Faut il, Abner, faut-il vous rappeler le cours Des prodiges fameux accomplis de nos jours? bac Ath I, ). Un homme du peuple, à force d'assurer MU 11 a vu un prodige, se persuade faussement qu'il a vu un prodige, la BRuyÈRK, xiv. i mesure que 1 mi est plus Ignorant, et que l'on a moins d'expérieiice, on voit plus de prodiges; les premiers hommes en virent beaucoup, font. Orig. fabl t m ^rtiZ'' f"l .''°™™s. Quand Dieu a permis aux démons de faire des prodiges, il les a en même

Oracle, i 5. Il n'y eut plus de prodiges dès que la nature fut mieux connue; on l'étndia dans ses production.s. VOLT. Louis XI F, 3,. 1)3" Par exagération personne qui excelle. Cet amant fortuné, ce prodige en bonheur, tsistan, Panihée, v, i. c'est 'une dame qui avait perdu sa fille) un prodige de douleur et d arniction, disant des choses qui font fendre le cœur SÉV. 29 nov. I6«8. M. du Maine est un prodige d esprit; aucun ion et aucune fines>e ne lui ^,?rV '"• ' «°"' <"«• Scipion l'Africain.... qui était un prodige de sagesse et de vertu telle qu on la pouvait trouver parmi des païens ' hol- UN fl»«. anc Œuvr. t. ix, p. 350. Véritablement, j avais plus d'intelligence et de raisonnement qu on n en a ordinairement à cet âgn ; cela se peut dire sans vanité, puisqu'on voit des enfants qui ont passe pour des prodiges d'esprit devenir des prodiges de sottise, staal, llém. t. i, p. 7. Après bien des soins perdus à gâter dans les enfants les vrais dons de la nature... tous ces petits prodiges deviennent des esprits sans force et des hommes sans mente, uniquement remarquables par leur faiblesse et parleur inutilité, j. i. bousssau, Hél. v, 3 Despréaux fut dans ses premières années le contraire de CCS petits prodiges de l'enfance, qui souvent dans 1 âge mOr sont à peine des hommes ordinaires dalkmb. mnges, Despr. Ces prodiges prématurés d esprit, qui deviennent, après quelques années des prodiges de bêtise, condil. Traité anim. 11, 9' )| Le prodige de quelqu'un, personne que quelqu'un regarde comme un prodige. 11 [Corbinelli] vous adore de vouloir apprendre ; vous êtes toujours son prodige, sév. à U"" de Grignan , 24 nov. 1679 ))llse dit quelquefois en mauvaise part. Néron fut un prodige de cruauté. )| Il se dit aussi des choses Celte machine est un prodige de l'art.

— HiST. xivs. Prodigesestoientappellées aucunes merveilleuses aventures qui avenoient contre le cours (le nature pour signifier aucune grande besongne qui estoit à avenir, bercheube, f- n \\ xvi« s Monstres sont choses qui apparoissent outre le cours de nature. — Prodiges, ce sont choses qui viennent du tout contre nature, park, xix, Préf.

— ÉTYM. Lat. prodii/ium, mot à mot chose mise enavaiil, de prodigere, mettre en avant de prod pour pro (par euphonie), et O5ere,pousser(ïov. agir)

PRODIGIEUSEMENT (pro-di-ji-eû-zo-man) adv D'une manière prodigieuse. )Dans la chaire') On parlait latin, et longtemjis, devant des femmes et des marguilliers; on a parlé grec : il fallait savoir prodigieusement pour prêcher si mal, la druy xv Il est vrai que son Alcine (de l'Arioste) est prorli-' gieusement supérieure à la Circé de l'Odyssée- mais enfin Homère est le premier... .volt. Comm Corn Rem. Médce, 11, 2. Cela vous amuse donc? Prodigieusement; vous ne sauriez croire combien je trouve de piquant à cette petite guerre, ch de BERNARD, ta Chasse aux amants, § 2.)) En trèsgrande quantité; et en ce sens on peut l'employer comme infiniment, avec de et un substantif. Paris est fort bon pour ceux qui ont beaucoup d'ambition de grandes passions et prodigieusement d'argent' volt. Leu. lime de Florian, l" mars «769. '

— ETVM. Prodigieuse, et le siifflie ment. PRODIGIEUX, EDSE (pro-d,-ji-eÛ, eû-z'), adj I) 1" Qui tient du prodige, qui paraît surnaturel Accident prodigieux, mairet, Sophon. 1, 4 l) 2" Qui étonne, qui surprend. Que vous savez bien ménager pour vous l'excès prodigieux De ce fatal amour né de vos traîtres yeux! mol. Mis. iv 3 1. homme est à lui-même le plus prodigieux objet de la nature, pasc. Pens. 1, l, éd. iiavet. Oui siit SI, étant revenue de ses erreurs prodigieuses touchant la royauté, elle (l'Angleterre) ne poussera pas plus oin ses réflexions? bo.ss. Heine dAnqlet. telle pente prodigieuse que nous avons au péché m. Hnl. II, 7. Jamais la Fontaine n'avait été impie par principes; mais il avait vCcu dans une prodigieuse indolence sur la religion . comme sur le ■este, D'OLIVET, //ù, Acad. t. 1, , p. 343 dans

ZlTr'^^M <=°"f J*^''.»« de .elles aventur'es, la force pr,di^euie du roi August» et les voyages du

PRO

czar on croirait être au temps des Hercule et des Th sée, VOLT. Charles m, 2. Magellan, qm e itr"

cZn ni r T '"" '""■■ '^" »'"''«• «'Sébastien Cano qu, acheva le premier ce prodigieux. voNa^e

I49L II 3 Dont la taille est énorme. De la terré étoihnee enfant prodigieux, helille. En. vi. Il i" Dont e génie est extraordinaire. Ce prince prodigieux [CharlemagneJ était extrêmement modéré mon!

TESQ. Esp.XXXl, 18.

— HIST. XVI* s. Causes qui rendent la créature non seulement monstrueuse, mais prodigieuse c'est à dire qui est du tout abhorrente et contre na ture, PABé, XIX, 3. Quelle prodigieuse conscience se peult donner repos, nourrissanf en mesme Ifs^

rRnmr'rp';^''''^'^";'?*' '''' r>rodigium, prodige-.

PBODIGUE (pro-di-gh' , adj. || 1» Qui fait nlus de dépenses qu'il ne faudrait, i^es periinnes prodigues Vivent comme si elles avaient peu de temps à vivre, et les personnes avares comme si elles ne de-

vfrVfl'^""'""''' «^'"'*S.N,dans OIRAULT-DUVI-

v.KR. Elle devint avare pour elle-même, afin d'être prodigue pour Jésus-Christ, fléch. Duchesse d'AifuMon Lui-même [un homme économe) le sentit Iquil dépensait trop], reconnut son pèche, Se confessa prodigue, et, plein de repentance.... boil. Sat. X. Il Prodigue à. La marquise de Créqui était la femme la plus prodigue aux pauvres, et la plus avare pour elle-même st-s,m. dans lapa ve, .Sj/no». Prodigue. (| Il se dit des choses Des mains prodigues. Sa prodigue amitié ne se réserve rien rac Brui (. Il 2' Enfant prodigue, personnage d'une parabole de I Evangile, qui demande sa paît la dissipe, puis misérable, revient dans la maison paternelle,oùil est bien reçu. || Fig. Enfant prodigue jeune homme de famille qui, après des absence^ e de I inconduite, regagne la maison paternelle L enfant prodigue est enlin de retour, c. delav' Une famille au temps de Luther, .se. (O || Substantivement. Lepro.ligue, l'enfant prodigue. Quand 00 y ht Idans IRvangile] cet heureux retour du prodigue retrouvé, et ce transport d'un père attendri qui mu en joie toute sa famille, boss. Mar -Thér Il 3- Fig. Prodigue de.... se dit des paroles et dé ce qui consiste en paroles. Il est prodigue de louanges de compliments. Un menteur 'est toujours prodigue de serments, corn, le Ment, m 6 || 4" Fig En bonne part, qui répand avec libérali'té.' Vers ce temple fameux, si cher a tes désirs, Où le ciel fut pour toi SI prodigue en miracles, boil Lutr vi Prodigue de ses biens, un père plein d'amour' L. BAC. Rehg m Soit que, jeune, on craigne moins la mort par 1 instinct de son éloignement ou qu'à cet âge, riche de jours et prodigue .le tout, on prodigue sa vie comme les riches leur fortune SÉGUB, Hist. deNap. ix, 2. || Être prodigue de son sang, ne pas le ménager. Mais ces mêmes héros prodigues de leur vie, Ne la rachetaient pas par une perfidie, bac, B07. 11, 3. || En mauvaise part Et prodigue surtout du sang des misérables, bac. Alhal. m, 3. || Etre prodigue de soi-même, faire de grands sacrifices pour.... Que, pour sauver l'Ëiat H soit prodigue de soi-même, cet homme du roi balz Des ministres et du ministère. || 5" Substantivement Un prodigue, une personne prodigue. |( Au sens juridique, le prodigue est celui qui dissipe son patrimoine en dépenses inutiles et folles. Il peut être défendu aux prodigues de plaider, de transiger d emprunter.... .sans l'assistance d'un conseil qui leur est nommé jiar le tribunal. Code Nap. art. 61 :i — SYN. PBODIGUE, DISSIPATEUR. Le prodiguo pèche par rapport à la quantité : il est trop libéral il ne sait pas se retenir. Le dissipateur pèche par rapport à la manière : il est désordonné, extravagant I.e prodigue dépense trop ; le dissipateur dépense mal- 1 un fait rie grandes dépenses, l'autre fait de folles dépenses. Dissipateur ne se dit qu'en mauvaise partprodigue, suivant l'application qu'on en fait, né présente pas ce caractère ; on dit, en forme de louange, prodigue de ses soins et de ses services de sa vie, etc. '

-lllST. xu's. Prodigues est cil qui se desmesure en doner et faut en reçoivre, brun, latini. Très p. 284 II XIV s. Prodige, c'est fol large, orksme, y/ie^edeMEONiEii. Ilxv s. Le» convia et les banquetz plus grans et plus prodigues que en nul autre ' lieu, coM. I, 2. Il xvi- s. Mosme un prodigue en plusieurs années ne pouvoit quasi despendre soq bien, LANODE, 467. Puis SB combaltoienl à tout* outrance de poignées de roses, dont se faisoit un» espaisse et prodigue jonchée, ïveh, p. 523 En tou)

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ceci »y-je est* si prodigue de moymesme, de mon labeur et de mes facultés, que.... paré, Dédie.

— ÉTYM . Lat. prodigus, de prodigere, mettre en îvant, dépenser (voy. pr6dige).

PRODIGUÉ, ÉE (pro-di--hé, ghée), part, passé de prodiguer. Donné en profusion. Des trésors prodigués pour le soulagement des malheureux. || Fig. Us m'ont fermé leur temple, et ces peuples barbares De mon sang prodigué sont devenus avares, RAC. Àndr. Il, 2.

t PRODIGDEMENT (pro-di-ghe-man), adv. D'une façon prodigue. À vous en qui le ciel prodigiiement assemble Les plus riches trésors.... une mine céleste, .... un esprit sans pareil, sckun. Jodelet duelliste, n, 7.

— HIST. XVI' s. Les hommes tumbent en poverté, les aulcuns par larrons.... et les aulcuns par prodiguementdespendre, palsob. p. 361. Nature en vous prodiguement féconde. Vous a donné tout son plus et son mieux, du bellay, v, 44, verso.

PRODIGUER (pro-di-ghé) , je prodiguais, nous prodiguions, vous prodiguiez ; que je prodigue, que nous prodiguions, que vous prodiguiez, v. a. Il 1° Donner avec profusion. Dans les occasions essentielles, c'est ménager l'argent que de le prodiguer. Rome, sur les autels prodiguant les victimes, Fussent-ils innocents [les hommes condamnés par Néron], leur trouvera des crimes, rac. Brit. iv, 4. Aux malheureux chrétiens prodiguez mes largesses, VOLT. Zaïre, v, )0. {| 2" Fig. Donner sans mesure comme fait le prodigue. Il fallait bien qu'il y eût quelque puissance ennemie de ce nom sacré [de Dieu] qui. ayant entrepris de le ravilir, poussât les hommes i l'employer dans des choses si méprisables, et même à le prodiguer à des sujets si indignes, Boss. Hist. ii, 5. Vous lui pourrez bientôt prodiguer vos bontés, rac. Àndr. iv, (. Il a prodigué le sang des hommes par une brutale vanité, fên. Tél. xi. Meurs, et que l'avenir prodigue à ta mémoire ....La haine et le mépris que tu m'as inspirés, volt. Adélnide, iv, 4. || Perdre comme lait le prodigue. Davoust finU en disant qu'ainsi périrait toute la cavalerie; qu'au re.ste Murât était le maître d'en disposer, mais que, pour l'infanterie du premier corps, tant qu'il la commanderait, il ne la' lais.serait pas ainsi prodiguer, ségur, Hist. de Nap. vu, 2. || Exposer au péril. Je ne prodigue point ma santé, je mange sagement.... sÉv. s jujn <8S8. Il prodigua son sang pour assurer au roi cette province, fléch. Duc de MorUaus. Pour notre liberté va prodiguer ta vie, volt. Brutus , iv, 6. Il 3' Fig. Faire connaître, montrer avec un empressement excessif. C'est à vous de choisir des confidents discrets. Seigneur, et de ne pas prodiguer vos secrets, RAC. Brit, i, 4. Il excelle à conduire un char dans la c^irrière.... X venir prodiguer sa voix sur un théâtre, m. ib. jv, 4. || Donner en vain. On lui représenta [à la duchesse du Maine) que ce serait prodiguer son ressentiment que d'en avoir contre un tel homme, staal, Uém. t. n, p. 26». ii4" Se

prodiguer, v. réfl. Être prodigué Chez toi se

prodigue et le rouge et le fard, boil. Sat. x. || 6* Fig. Se montrer avec quelque excès dans le monde. Je me figure qu'elle [la duchesse de Choiseul] a une âme égale et constante, sans ostentation, qu'elle n'aime pas à se prodiguer dans le monde, volt. Lett. Mme du Deffant, 26 mai <770.

— Etym. Prodigue. On trouve au ivi* siècle prodigaliser.

t PKODIGrEDR(pro-di-pheur), ». m. Néologisme. Celui qui prodigue. Dans ces temps d'orage, où nous autres prodigueurs de vie, nous voyons couler si vte et finir si brusquement nos jours usés par le travail et les passions, mirabead, Fragment da.m Uém. publiés par LUCAS MONTIGNT, t. VII, p. 2)4.

PRODITOIRE.MENT (pro-di-loi-re-man) , ode.

Ancien terme de palais. En trahison. Lorsque l'amiral de Châtillon fut tué cruellement et proditoircment, le 24 août, fête de la Saint-Barthélemy, oui OATIN, Letl. t. II, p. 353.

— HIST. ivi* s. Et dévoient confesser l'avoir inhumainement, prodiloirement et meschamment t'jé, CARL. m, it.

— 6TVM. Adj. fictif prodKot're, du lat. proditor, celui qui trahit, de prodere, proprement donner en avant, de pro et dare.

PRODROME (pro-dro-m'), «. m. || 1* Sorte de préface, d'introduction à quelque étude , surtout à certains traités d'hi.stoire naturelle. || Il se dit aussi d'un livre contenant un essai de description des plantes. Le Prodrome de Candollc. || 2° Terme de ioédecine. Etat d'indisposition, de malaise, qui e<:t l'avaut-coureur d'une maladie. 118" Petit balteaient

sur la cloche qui se fait entendre quelques minutes avant que l'heure sonne, et que donnent quelques horloges. || 4° Fig. Précurseur. Les scribes et les pharisiens, qui ne valaient rien et qui n'ont jamais été que les prodromes de ceux-ci [les jésuites] . gui PATIN, Lettres, t. :i, p. 440.

— ÊTVM. llpôSpoitoç, précurseur, de itpô, en avant, et Soéfioi, course.

tPRODROMIÇUE (pro-dro-mi-k') , adj. Terme de médecine. Qui a rapport aux prodromes d'une maladie.

PRODUCTEUR, TRICE ( pro-du-kteur , tri-s') , adj. Il 1° Oui produit, qui engendre. Vous et votre ami, vous pouvez avoir été convaincus par ma dernière lettre, combien je suis éloigné de quelques philosophes modernes qui osent nier une intelligence suprême, productrice de tous ces mondes, VOLTAIRE, Lettr. Mme du Dejfant, 27 janv. i"66. Concevoir la matière productrice du mouvement, c'est clairement concevoir un effet sans cause, j. j. RODSS. Ém. !V. Il 2° S. m. Ternie d'économie politique. Celui qui crée les produits agricoles ou industriels, par opposition au consommateur. C'est le surabondant qui est dans le commerce, soit que les colons fassent par eux-mêmes leurs échanges, et alors le commerce se fait immédiatement entre les producteurs et les consommateurs; soit que... CONDIL. Comm. gouv. i, 29. \\Z' Il s'est dit, parplaisanterie, pour auteur d'une œuvre littéraire. M. le F'raiic de Pompignan... s'exprime ainsi : o II faut que tout l'univers sache que le roi s'est occupé de mon discours... comme d'une production digne de l'attention des souverains. » Quel producteur que ce Pompignan' quelle modestie I volt, le Russe à Paris, note m.

— ETYM. Lat. productorem, celui qui conduit en avant, de producerc fvoy. prodiire).

t PRODI'CTIRILITÊ (|iro-du-kti-bi li-té) , s. f. Qualité de ce qui est productible. || Mot d'autant plus admissible que le Dictionnaire de l'Académie a reproductibilité et reproductible.

I PRODUCTIBLE (pro-du-kti-bl'), adj. Qui est susceptible d'être produit.

— ETYM. Voy. production.

PRODUCTIF, IVE (pro-du-ktif, kli-v'). adj. Oui est capable de produire. Les terres, productives de tout, valent bien les métaux qu'elles produisent, MIRABEAU, Collection, t. IV, p. <26. [ID'un bon rapport. Une terre productive. Commerce productif.

— ÊTVM. Voy. PRODUCTION ; prov. productiu: espag. produetivo; ital. piod«(fiVo.

PRODUCTION (pro-du-ksion ; en vers, de quatre syllabes), J. f. Il 1° Action de produire, de mettre en avant, de faire voir. Jésus-Christ, sans bien et sans aucune production au dehors de science, est dans son ordre de sainteté, pasc. Pens. xvii, ), éd. HA VET. Il Particulièrement, en termes de procédure, action de produire des titres et des écritures dans un procès. Nos productions n'étaient pas faites; rien n'était donc en état, ST-sii». I7, 202. Quelle horreur qu'un jugement secret.... pour moi, je persiîte â ne vouloir autre chose que la production publique de cette procédure [dans l'affiire Calas], VOLT. Lett. d'Argental, 5 juill. 4762. || Les titres et écritures mêmes qil'on produit. || 2" Action de produire, de donner naissance. On ne peut pas feindre que peut-être plusieurs causes ont ensemble concouru en partie à ma production, oesc. Médit, m, 22. Leur production [des perles] paraît être accidentelle; la plupart sont composées découches concentriques autour d'un très-petit noyau qui leur sort (le centre, bukp. Min. t. vu, p. (68. || 8" Terme de physiologie. Apparition d'un produit morbide, d'un blastème. Il Productions accidentelles, tissus accidentellement développés dans une partie quelconque aux dépens de quelque tissu naturel du corps II Productions plastiques, celles des productions accidentelles dont l'inllammation de certains tissus amène l'apparition, telles sont particulièrement les néomembranas des séreuses, etc. || 4" Ce qui est produit par la nature, l'art ou l'esprit. Monseigneur, à propos de productions d'esprit, ma fable lie Léandre et de Héro vous a-t-elle plu? sc«Hn. Lett. Œuv. t. I, p. 22», dans poucens. Le défaut des auteurs, dans leurs productions, C'est d'en ty-' ranniser les conversations, mol. I-'emm. tav. m, 6. Il y a des esprits, si j'ose le dire, inférieurs et subalternes qui ne semblent faits que pour être le recueil, le registre ou le magasin de toutes les productions des autres génies, la rruï. \. Une partie des revenus du Orand Seigneur consiste, non en arirent monnayé comme dans les gouverncnienU cbrétieut, mais dans les productions da tous les

pays qui lut sont soumis, volt. Mœurs, <6». La liberté est le vœu'de tous les hommes; ei le droit naturel de tout propriétaire est de vendre à qui il veut et le plus qu'il peut, les productions de son sol, RAYNAL, Hist. phtl. XHi, 29. Toutes les productions humaines peuvent être comprises sous trois chefs principaux : les sciences, les arts libéraux et les arts mécaniques, marmontel, Œuv. t. vi, p. 223.115" Absolument et au singulier, en termes d'économie politique, ce que le sol, l'industrie produisent. La production est du travail créant de l'utilité, LEVASSKUR, Cours d'écon. rurale, p. 3tj 48r.8. Il 6° Terme d'anatomie. Prolongement. Le méseatère est une production du péritoine, le médiastm une production de la plèvre. || 7° Terme de prosodie latine. Synonyme d'ectase.

— HIST. xm's. S'il n'a loiel ensoine [exemption], par lequel on li doinst seconde production, beaum. Lxvii, 19. Il XV* s. Chetif, mais tu ne sces pas pourtant dont est nostre production, ne de quel lieu nous sommes venus, G. chastel. Exp. sur vérité mal prise. || xvi* s. X la vérité ne faut point appeller cela trou [du péritoine], mais apophyse et production, PAR6, I, t2.

— ETYM. Prov. produxio; cat. producciô; esp. produccion ; ital. produxione; du lat. productione^n, de produclum , supin de producere, produire.

t PRODUCTIVITÉ (pro-du-kti-vi-té), s. f. Faculté de produire.

— ETYM. Productif.

PRODUIRE (pro-dui-r'), je produis; je produisais; je produisis; je produirai, je produirais ; produis, produisons; que je produise, que nous produisions; que je produisisse; produisant, produit, V. a. Il 1" Pousser en avant. C'est l'amour du monde qui nous [gens d'Église] produit, nous dissipe, nous rend inutiles et scandalise, mass. Confér. Fuite du monde. || 2° Faire voir, mettre sous les yeux. Je me trouve sur le théâtre, quand je pense être dans le cabinet; ils [les libraires] me produisent quand je veux nie retirer, balz. liv. v, lett. t. D'aujourd'hui seulement je produis mon visage, corn, le Ment, n, 10. En vain je l'ai produite [ma comédie] sous le titre de l'Imposteur, MOL. Tart. 'X'placet. Le ciel versa dans son esprit et dans son cœur ces principes d'honneur et d'équité, qui font qu'on produit, sans rougir, ses sentiments et ses pensées, Flêch. Duc de Mont. Il [Socrate] avait coutume de dire qu'il exerçait la fonction d'accoucheur à l'égard des esprits, en leur faisant produire au dehors toutes leurs pensées, HOLLiN, Hist. anc. Œuvr, t. iv,' p. 348, dans pouoENS. Après les attentats que ce jour a produits, VOLT. Tancr. m, 3. Voiler la raison; quand on est obligé de la produire, avec autant de soin que U pudeur en exigeait autrefois, quand il s'agissait d'ex primer quehjue idée libre, duclos, Constd. mœurs, 8. Il 3° Introduire, faire connaître. Voici l'hoijime qui meurt du désir de vous voir; En vous le produisant, je ne crains point le blâme D'avoir admis chez vous un profane, madame, mol. Femm. sav. m, 6. M. de Grignan.... le plus souhaitable mari.... je ne sais pas ce que j'aurais fait d'un jobeliu (|iil eût sorti de l'académie.... qu'il faudrait produira et expliquer partout.... sÉv. à fiusiy, 4 juin 4 66*, .le prétends vous mener partout faire visite. — Volontiers, c'est le mieux d'être produit par vous, th. coBN. 1). César d'Avalos, i, 4. Vous avez grand tort, Dorante, de produire ici des gens de ce caractère, DAt»couRT, Désolât, des joueuses, se. <3. || 4* Livrer à l'examen, soumettre à la connaissance. Produire dos titres, des pièces. En mathématiques, en physique, le plus sûr est d'entrer d'abord en possession, en produisant ses titres au public, dider. /nlerpr^t. de la nat, n* 39. || Produire des témoins, les faire entendre on justice. Les deux accusateurs que luimême a pi'oiiuits, CORN. A'ù'om. m, s. Us produisirent contre lui de Tiiix témoins, qui disaient : cet homme ns cesse point de parler contre le lieu saint et contre la loi, SACi, Bible, Acl. det apitres, vi, <3. fl Fig. Produire de» autoriirs, des raisons, les alléguer. Si on leur reproche | aux jésuites] leur extrême relâchement, ils produisent incontinent au public leurs directeurs austères, pasc. Proi). v. Il ne reste pas de difficulté, et il serait inutile de produire les autres auteurs.... boss. Passages édaircit, <o. Il Absolument. En termes de procédure, dinner par i?crit les moyens qu'on a de soutenir sa cause. Le délai pour produire. Produire au grelTe. || Le» parties ont été appointées à écrire, produire et contredire, l'afTaire n'ayant pu être jugi^e à l'audienco, on a ordonné aux parties de produire leuni raisons par écrit et leurs pièces. || 6° Engrnorui. donner naissance, en parlant dos êtres vivante uul

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se |it;i|M'liienl. Cliarpie .iniinal produit son soriihlalll^^ Apprenez <i elle cnlin quel sans vous a protluil, l'riiices.... i;on.\. iléracl. v, 8. || Absolument. Nous i^rnoions si le zèlirc ne profinirait pas avec le cheval ou l'âne, BUFF. (Juadrup. I. i, p. 208. La brebis produit avec le bouc aussi bien qu'avec le bélier, et pn.duit toujours des agneaux, des individus de son espc'ce; le bélier, au contraire, ne produit point avec la chèvre, ID. ib. t. v, p. 287. || 6° Il se dit, en un sens analogue, de la terre, d'un pays, d'un arbre, etc. Ne semez en un champ que ce qu'il peut produire. Ce pays produit de l'or. Ces arbres produisent de beaux fruits. Gouvernez cette rive (l'Amérique] en malheurs si féconde, Oui produit les trésors et les crimes du monde, volt. Ali. i, <. Il Absolument. Cet arbre commence à produire. Il FiR. Ce pays, ce siècle a produit beaucoup de grands hommes, beaucoup de grands hommes sont nés dans ce pays, dans ce siècle Chaque climat produit des favoris de Mars, boil. Ê%>U. i. C'est assez pour moi, Traître, qu'elle (nia famille] ait produit un monstre tel que toi, bac. Andr. v, 3. Ce même pays, qui n'a Jamais produit un grand peintre, un grand statuaire, un bon musicien, l'Angleterre, a produit d'excellents poêles, mahmontel, (Eut), t. ix, p. 362. Plusieurs villes se glorifient d'avoir donné le jour à Homère ; aucune ne dispute à Paros l'honneur ou la honte d'avoir produit Archiloque, bah- THÉL. Anach. ch. 76. || 7* Il se dit en parlant de ragiic\ilture et de l'industrie. Cette manufacture produit des objets d'une grande utilité. || Absolument. Les moyens de produire comparés avec la consommation. Il 8° En parlant des ouvrages de l'esprit et de l'art, faire, créer. Je tiens cette comédie une des plus plaisantes que l'auteur ait produites, mol. Cril. 3. Que produira l'auteur après tous ces grands cris? La montagne en travail enfante une souris, boil. Art p. m. || Absolument, Qu'il y a loin des paroles à la chose, et que ce n'est pas tout un de produire que de concevoir, d'exécuter que de discourir ! balz. De la cour, 4* dise. Le génie qui produit restera toujours aussi supérieur au copiste qui ne fait qu'imiter, que la nature est au dessus de l'art, d'alemb. Éloges, d'OUvet. A mesure qu'il |P. L. Courie.'-J produit, on peut remarquer son allure plus dégagée, plus libre; sa manière se séparant de plus en plus de celle des écrivains auxquels on a pu d'abord le comparer, a. cabbel, Œuv. t v, p. 2)2, Il II se dit aussi de Dieu. L'homme qui n'est produit ()ue pour l'infinité, pasc. Fragm. surlevide. Le choc actuel est cause naturelle ou occasionnelle de la communication actuelle des mouvements, par laquelle Dieu, sans changer de conduite, produit une infinité d'ouvrages admirables, malebr. Rech. Éclaire, liv. vi, t. iv, p, 279, dans polgens. Il 9" Donner du profit. Sa charge lui produit tant par ar\. À quoi bon vous tourmenter? qu'est-ce que ceU vous produira? Que t'ont produit tes dieux? quel bien t'ont-ils pu faire? volt. Fanât, n, 5. Il 10° Causer, procurer, avec un nom de chose pour sujet. Son amour pour le diw-inl produit votre haine, «OTR. Vencei. i, ), Quoique cet esprit d'iniocilité et d'indépendance soit également répandu dans toutes les hérésies de ces derniers siècles, il n'a pas produit universellemen* les mêmes effets, bossuit, neine d'Angl. Et la sévérité produit l'obéissance, YOLT. Alx. I, 4 , Il Avec un nom de personne pour sujet. Tout inconnu qu'il m'est, il produit ma misère, CORN, la Suiv. V, 2. Certainement, mes pères, TOUS seriez capables de produire par là beaucoup de maux, si Dieu n'avait permis que vous ayez fourni vous-mêmes les moyens de les empêcher, pasc. Prov. XVI, Ce témoignage de l'impression qu'il avait produite sur Corinne le pénétra de la plus douce émotion, stael, Corinrte, ii, s. || 11° Se produire, e. réfl. Se faire voir. Quoi 1 vous osez, dit-elle, à mes yeux vous produire? la font. Fabl. Ii, 5. Le théâtre,,. Chez nous pour se produire est un champ périlleux, boil Art p. m. Les femmes qui avaient été affranchies et qui s'étaient produites sur le théâtre, MONTESQ. Esp. ixv, 21. || Se faire connaître. Quelques modernes qui commençaient à se produire, COHN. Mélite, F.xamen. Dans le fracas, confus, embarrassé. Ver-vert gardait un silence force ; Triste, timide, il n'osait se produire. Et ne savait que penser et que dire, orrsset. Ver-vert, m, || Se produire par la bouche d'autrui, se faire enten- «•re par ia bouche d'autrui. J'ai la plume féconde <j> la bouche stérile. Bon galant au théâtre et fort mauvais en ville ; Et l'on peut rarement m'écouter sans ennui. Que quand je me produis par la bouche d'autrui, copN, Billet à PellxiS(m.\\Y.n parlant de« choses être produit. L'amitié modéra leurs feux

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sans les détruire, fit par des traits d'amour sut encor se produire, la fom. Phil. et Hauc. Celte opinion [»ue opinion probable, chez les casuisles] se produit en si\reté sous le nom de spéculation, l'ASC. Pioi\ iiii. Il .Se l'aire eonuaitre, être à soimême son introducteur dans le monde, dans la société. Vous êtes toujours ce modeste Virgile qui eut tant de peine à se produire à la cour d'Auguste, FÊN. t. XIX, p. 330. Quoique M. Amontons n'entendit nullement l'art de se produire dans le monde, il était déjà connu des plus grands princes à force de mérite, fonten, Amontons. Il y a deux extrémités à éviter, quand on a quelque talent : l'empressement de se produire et l'affeotation de se cacher, COMTE nE CAYLUS, Acod. de CCS dames et de ces messieurs, Œuv. t. XII, p. 104, dans pougens. Il pouvait, comme un autre, apprendre en étudiant ; mais bien vite il vit que cela ne le menait à rien, et il aima mieux se produire que s'instruire, p. l. coun. Lctt. à MM de l'Académie.

— (iiST XV' S. Jà pieça dame nature et beauté, pour montrer l'excellence de leur ouvraige, produirent et formèrent un corps de femme le plus beau i|ue l'on pourroit gueres choisir [voir], Aresta amorum, p, 298, dans lacubne. || xvi« s. Les femmes protjuisent bien toutes seules des moles, mont, l, 3t . Surena, ayant fait assembler le sénat de Seleucie, leur produisit les livres impudiques d'Aristides qui sont intitulez les Milésiaques, amïot, Crass. 7t. La fortune a matière assez plantureuse et ample pour produire des effectsqui s'entre-ressemblent, ID. Sertor. t. Les grandes natures, ainsi comme elles produisent de grandes vertus, aussi produisentelles de grands vices, m. Démélr. 2.

— ÊTYM. Berry, préduire; prov. produire; cat. produir; espag. prnducir ; ital. producere, du lat. producere, de pro, avant, et ducere, mener (voy. duiee).

( . PRODUIT, ITE (pro-dui, dui-t') , part, passé de produire. || 1° Exposé à la vue. Les lettres produites contre moi. Quoi I deux Amphitryons ici nous sont produitsi mol. Amph. m, 5. Si ce fils tant pleuré dans Messène est produit... volt. Mérope, i, ♦. Il 2° Mis en avant. 0 réplique subtile et produite à propos I TRISTAN, PonlWe, iv, i. Ces passages de saint Chrysostome déjà tant de fois produits, Boss. Passages éctaircis, 6.(18° Introduit. Chamillard, produit à la cour pour faire la partie du roi au billard, oucLos, Œuvr. t. v, p. 20.

2. PRODUIT (pro-dui) , s. m. |( 1° Terme de procédure. Acte de produit, acte signifié pour déclarer qu'on a mis sa production au grefl'e. || 2° Ce que rapporte une terre, une maison, une charge, etc. Il vit du produit de sa terre, de sa plume, de son travail, etc. Le produit de ses ouvrages [de Voltaire], dont il ne tirait rien pour lui-même, volt. Guerre de Gen. Avert.- des éditeurs. \\ Produit net, ce que rapporte un bien, après qu'on a déduit les frais et les charges. |1 8° Particulièrement. Productions de l'agriculture et de l'industrie (en ce sens il s'emploie souvent au pluriel). Les produits agricoles, manufacturiers. Ces produits, ainsi que tous ceux de Java, sont portés à Batavia, ratnal, Uist. phil. u, 1 9. Il 4° L'être qui résulte de l'accouplement des animaux. Le produit de deux animaux dont les défauts se compenseraient exactement, buff. Quadrup. t. I, p. 76. Il 6° Terme de chimie. Résultat d'une opération artificielle ou naturelle. Le produit d'une cristallisation. Les produits volcaniques. || Produits chimiques, nom donné dans les arts et l'industrie aux* corps simples ou composés, inorganiques ou organiques, à l'état de/pureté, qui sont préparés dans les laboratoires, par des procédés chimiques, et livrés ensuite au commerce. || 6°Terme de lihysiologie. Parties qui, dans l'organisme, sont accessoires quant & la masse, et qui, quant à l'action , ne font que favoriser et perfectionner les actes des autres parties qui sont dites constituantes. La salive, la bile, la synovie sont des produits. Il 7° Terme d'arithmétique et d'algèbre. Résultat d'une multiplication. Huit est le produit de deux multiplié par quatre. || Faux produit, opération subsidiaire employée dans les multiplications où entrent des nombres complexes.

-- ETYM. Produit ».

t PROÈDRE (pro-ê^t'), ». m. Terme d'antiquité. Nom donné aux présidents des sénats grecs.

— f.TYM. Ilpoeôpo^, de Ttpo, avant, et î6pa, siège, t PROÉGUMÈNE (pro-é-gu-mè-n'), adj. Terme

de médecine. Synonyme peu usité de prédisposant.

— ETYM. tlpoTiYoù(Uvo;, de npo, en avant, et VlYoii(wt, conduire.

■t PROEMBRYON (pro-aii-bri-onj, i. m. Terme I de botanique. Organe de forme très-variée qui ré-

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suite immédiatement de la germination de la spore asexuée des fougères et d"s équisétacées, ainsi (|u« de celle de la spore sexuée des marsiléacées. || Ce mot est aussi appliqué en zoologie à certaines phases de la reproduction des vers cestoïdes.

— ÉT'YM. ripo. auparavant, et embryon.

t PROEMBHYONNAIRE, (pro-an-bri-o-nê-r'), adj. Qui appartient au proembryon. Phase proembryonnaire.

t PROÊME (pro-ê-m'), s. m. Terme didactique. Préface, entrée en matière, exorde.

— HIST. XV* s. Regarder nous convient, comment nous emplirons le convenant promis en nostre proesme, chr. de pisan, Charles ¥, i, (4. || xvi* s. Appius Clodius, plaidant une cause, au proëme de son plaidoyer dit.... amyot, Cic. 34.

— ETYM. Lat. pfooemium, de jtpooi(nov, qui vient de irpà, avant, et oîp.o;, chemin.

PROÉMINENCE (pro-é-mi-nan-s') , s. f \\ 1° État de ce ciui est proéminent. La proéminence du globe de l'oeil. 1| 2° Partie proéminente. Communément les brebis n'ont pas de cornes ; mais elles ont, sur la tête, des proéminences osseuses aux mêmes endroits où naissent les cornes des béliers, bufp. Quadrup. t, I, p. 234.

— HIST. XVI* S, Aucuns ont une ou plusieurs prominences ou esleveures en rondeur au crâne, outre le naturel, paré, m, 4.

— ETYM. Proéminent; provenç. proeminencia. PROÉMINENT, ENTE (pro-é-mit-nan, nan-t'),

adj. Qui est plus en relief que ce qui l'entoure. Elles (les Hottentotes] regardent un nez proéminent comme une difformité, bdff. Hist. nat. Homme, Œuv. t, v, p. 4B6, Il Se dit d'un organe qjui fait saillie au-dessus d'un autre. Le filet est proéminent quand il dépasse l'anthère. || La septième vertèbre cervicale est appelée proéminente, à cause du développement de son apophyse épineuse.

— HIST. XVI* s. Réduire.... l'œil estant prominent hors de son orbite, paré, Inirod. 2. Montre et déclaration proéminente, mont, m, 369.

— ETYM. Lat. proe»nin«n(em, de pro, en avant, et eminére (voy. éminent).

fPROEMPTÔSE (pro-an-ptO-z'), s.f. Terme d'astronomie. Se dit de ce qui a lieu quand la nouvelle lune arrive un jour plus tôt qu'elle ne devrait d'après le cycle des épactes. On dit aussi équation lunaire.

— ETYM. ITpà, avant, J(«cx<o(tiç, action de tomber dans, de ^v, en . et utiIxjiç, chute.

t PROENCÊPHALE (pro-an-sé-l'a-l'), adj. Terme de tératologie. Monstres proencéphales, eC substantivement, les proencéphales, monstres qui ont l'encéphale situé en très-grande partie hors de la boite cérébrale, et en avant du crâne.

— ÉTYM. Lat. pro, en avant, et encéphale. PROFANATEUR, TRICE (pro-fa-iia-teur, tri-s'),

i. m. et/'. Celui, celle qui profane les choses saintes. Le zèle qu'il (Jésus] eut pour le temple, dont il chassa les profanateurs, démontra la sainteté de cette maison, jusqu'à la veille de sa ruine, BOSs. 2* instr. past. 2B. |] Fig. Nul autre que vous au monde n'a vu la prédiction [que Richelieu prendrait Mahonj; si vous l'avez fait lire à quelque profanateur de ces mystères, il n'y a pas grand mal, volt. Lett. Hichelieu, )4 juin il&e.\\Adj. Ainsi le glaive fidèle De l'ange exterminateur Plongea dan» l'ombre éternelle Un peuple profanateur, j. b. rouss. Odes, III, 10.

— HIST. xvi* s. Profanateur, oddin, Dict.

— ÉTYM, Lat, profanatorem, de profanare, profaner.

PROFANATION (pro-fa-na-sfon; en vers, de cinq syllabes), s. f.\\l" Action de profaner les choses saintes. La profanation des églises, des vases sacrés. Nous les voyons [les jésuites] autoriser opiniâtrement... toutes les passions de la nature corrompue, la profanation des sacrements.... pasc. Second factum pour les curés de Paris. Je mets au rang des profanations Leurs tables, leurs festins et leurs libations, bac, Esth. 1,4, Il 2° Fig, Abus des choses rares et précieuses. Ces œuvres sont des profanations de l'art. Mme de Dangeau me propose de coucher dans le lit de M. l'évêque de Chartres : il ne s'en servirait de sa vie après une telle profanation, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, t" avril 17(8.

— SYN. PROFANATION, SACRILÈGE. La profanation est une irrévérence commise envers' les choses consacrées par la religion. Le sacrilège est un crime commis envers la divinité même.

— HIST. XVI' s. Profanation, cotgrave.

— ETYM. Lat. profanationem, de profanare, profaner.

t PROFANATOIRE (pro-fa-na-toi-r"), o^;. Qui

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PRO

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touche , qui se rapporte à la profanation. Les trlpotaRes, ou, si l'on veut, les intrigues politiques du Palais-Royal n'étaient pas étrangères à ces jongleries profanatoires [dfs jansénistes et des convulsionnniresl, nEcouncHAMP, Snuvenirs de la marq. de Créiniy t. iv, ch. 4.

— ÉTYM. Mot formé du lat. profanare, comme eipintnire (Vexpiare.

PROFAPTK (pro-fan'), adj. || l" Oui n'appartient pas à la religion. Les auteurs profanes. Les histoires profanes. J'entendis un homme chanter un de nos airs profanes, sÈv. 243. Mais, dans une profane et rinnte peinture, De n'oser de la fable employer la figure.... boil. Art p. m. Tout profane exercice est l).iiini de son temple, bac. A th. ii, 7. || Poétiquement et dans le sens ancien, qui n'est pas sanctifié. Le monarque lui dit : Chétif hflte des bois.... Nons n'appliquerons point sur les membres profanes Mos sacrés ongles, la font. Fabl. vni, 14. Ces accents dont Brama daigne emprunter l'organe. N'iront ils point frapper une oreille profane ? c. de- LAV. le Paria, il, î. || Substantivement. Le profane, les choses profanes. Mêler le sacré au profane. 11,2'' Oui est contre le respect qu'on doit aux choses sacrées. Une conduite, une vie profane. Aux feux inanimés dont se parent les cieux II rend de profanes hommages, bac. Esth. ii, 9. Toute disposition qui nous conduit au péril est profane et criminelle, MASS. Carême, Pâques. \\ 3° Substantivement. Celui qui n'appartient pas à l'ordre religieux. C'est des ministres saints la demeure sacrée; Les lois à tout profane en défendent l'entrée, bac. Ath. \u, 2. X mesure que j'entrais dans les pays de ces profanes (les cbrétieins aux yeux, d'un musulman], il me semblait ' que je devenais profane moi-même, MONTESQ. Leil. pers. «. || Chez les anciens, celui qui n'était pas initié à des mystères. Éloignez les profanes! Il Fig. Celui qui n'est pas initié aux mystères de quelque science, des lettres, des arts. Il ne comprend rien en peinture, c'est un profane. Ce sera un sujet de scandale ou plutôt de joie pour les profanes, que des géomètres se partagent, fontkn. Jlenau. Un jour que je le rencontrais ainsi dans une de ces cours de l'Institut que les profanes traversent irrévérencieusement pour raccourcir leur chemin , SAINTE-BEUVE, PoTtraitt, Charles Nodier. || Familièrement. Personne qu'on ne veut point admettre dans une société. || 4° Celui qui manque de respect pour les choses de la religion. Quelques-uns vous diront au besoin Quels dieux du haut en bas renversent les profanes, corn. Nicom. m, 2. Si vous entrez partout, ainsi font les profanes, la font. Fabl. iv, 3.

— HIST. XIV* s. La maison ainsi baillée par ledit religieux à nostre receveur sera et demoiirra propliane [séculière], et non admortie, nn cange, prophaneilat. || xvi» s. Je dédaigne et laisse icy tout ce qu'en peut dire le commun, comme prophane, et trop indigne pourestreouy en telle chose, CHAKBON, la Sagesse, Préf. de la 2' édit.

— ÉTYM. Lat. prof anus, de pro, en avant, et fanum, temple (voy. fanatique) : quod pro fano est, ce qui est devant le temple, en dehors, livré au public, et de là profane.

PBOFANfi, EE {pro-fa-né, née), part, passé àa profaner. || !• Qui a élé traité avec irrévérence, en parlant des choses sacrées. Un calice profané. Un caractère [celui d'ambassadeur] si cruellement profané [parle meurtre de Patkul] volt. Russ. i, <9. (I 2° Dégradé. J'aime fort la beauté qui n'est point profaaée, Et ne veux point brûler pour une abandonnée, MOL. l'Ét. III, 3. La Profession de foi du vicaire .savoyard, ouvrage indignement prostitué et profané dans la génération présente, mais qui peut faire un jour révolution parmi les hommes, si jamais il y renaît du bon sens et de la bonne foi, j. j. Bouss. 3' prom. || 3" Dont on a fait mauvais usage (sens vieilli). Mandez-moi si vous n'entrevoyez point le temps où il [M. Trouvé] pourrait retourner dans votre chapitre, au lieu d'être ici méconnu et profané par le peu de justice '(u'on a rendu jusques ici à son mérite, sf.v. à Ouitaut, h mai «883.

1 1. PROFANBMENT (pro-fa-ne-man), adv. D'une manière profane. Le froid petit Racine a beau faire; cei enfant dénaturé n'enipècliera pas, profanement pailant, que son père ne soit un meilleur poète que D.ivid, volt, facéties, Pot-pourri.

— HIST. XVI* s. Profanement, cotohatb.

t 2. PROFANEMENT (pro-fa-ne-man), ». m. Action de profaner.

— HIST. xvr s. Profanement, cotohave.

— ET YM.I t. pro/'anam«n(o; depro/onore, profaner.

PROFANER (pro-fa-né), v. a. || 1* Traiter avec

irrévérence les choses de la religion. Puisque, en

tant que créatures, ils [les baptisés] doivent se ' tenir dans l'ordre des créature» et ne pM profaner le lieu qu'ils remplissent, et qu'en tant que chrétiens.... PAsc. Lett. à Kme Perier, i" avr. *648 On verra de David l'héritier détestable Abolir tes hpnneurs, profaner ton autel, bac. Ath. v, 8. Va profaner des dieux la majesté sacrée, m. Andr. iv, 5. Il Cette église a été profanée, il s'y est commis un meurtre, un assassinat, une action criminelle.

I Par extension. La royauté a été profanée , et les princes sont foulés aux pieds, Boss. Reine d'Anglet. Le fruit de l'adultère Profane insolemment le trône d'Angleterre, p. lebbon, Marie St. m, 4. || 2° Il signifie quel(|uerois rendre un objet sacré à un usage profane. Pour pouvoir réparer les vases sacrés, il faut d'abord ks profaner. Le premier coup de marteau profane un caHce. {| 8° Fig. Dégrader, avilir une chose rare et précieuse. Mais l'amitié demande un peu. plus de mystère; Et c'est assurément en profaner le nom Que de vouloir le mettre en toute occasion , mol. Mis. i, 2. Et ne profanez pas des transports si charmants, bac. Phèdre, m, 4. Il 4° Fig. et dans le discours ordinaire , faire un mauvais usage (emploi qui vieillit). Il ne faudrait point d'autre recommandation, et c'est profaner le pouvoir que vous avez sur moi l'un et l'autre, que de vous mettre en jeu, quand il est question de protégei une pareille probité, sÉv. à M. et Mme de Guitaut, 4 août l«79. Belle Rochebonne, grondez-h pour moi [Mme de Grignan]; j'aimerais mieux qu'elle enquêtât avec M. de Vardes, comme vous me le mandez, que de profaner une santé qui fait notre vie à tous, m. 20 oct. 1677. Il 6° Se profaner, ti. réfl. Faire un mauvais usage de soi-même (emploi qui vieillit). Retenez cette plume qui va si vite et si facilement.... ne vous amusez pointa répondre sur des nouvelles; ne vous profanez point, SÉV. à Mme de Grignan, 17 mars 1680.

— HIST. XVI* s. Ou sinon, contre toy je tourneray mes armes. Profanant ma valeur sur tes fresles gendarmes, desportes, Rodomont.

— ÉTYM. Lat. profanare, de profanus, profane. PROFECTIF, IVE (pro-fè-ktif, kti-v'), adj. Terme

de jurisprudence. Biens profectifs, biens qui viennent à quelqu'un des successions de ses père, mère ou autres ascendants.

— ÉTYM. Lat. profectus (voy. pbofit).

t PROFECTION (pro-fè-ksion', î. f. Terme d'astrologie. Se dit d'un certain calcul par lequel les astrologues prétendaient faire parcourir un signe tous les ans à chaque planète.

— 6TYM. Lut. profeciionem, avancement.

PROFÉRÉ, EE (pro-f*-ré, rée), port, passé de

proférer.

PROFÉR"eR (pro-fé-ré. La syllabe fi prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est niuolte : je profère ; excepté au futur et au conditionnel : je proférerai), v. a. Prononcer à haute et inielligible voix. Madame votre mère fait une action digne de son ordinaire bonté de ne vouloir pas soufl'rir que l'on profère une si grande méchanceté sur ses terres, voit. Lett. 68 (d Mlle de Rambouillet). Des termes dont un jour vous vous repentirez Avec plus de rai.son qu'ils ne sont proférés, maibet, Soliman, IV, 4. Il est dit expre.ssément qu'elle (la mère de Samuel) ne parlait que dans le cœur ; ses lèvres allaient sans proférer aucun mot, soss. États d'orais. v, » 2.

II .Se proférer, v. réfl. Etre proféré. Toutes les prostitutions [flatteries] oui seoeuvent proférer, st-sim. 73, «»3.

— SYN. PROFÈRES , ARTICULER, PRONONCE». Proférer c'est prononcer des paroles à haute et intelligible voix. Articuler c'est prononcer distinctement ou marquer les syllabes en les liant ensemble. Prononcer c'est exprimer ou faire entendre par le moyen de la voix, ROUBAon.

— HIST. XIII* s. Jà soit ce que ti dit [tes dits] ne .soient biau ne gaires poli, se tu les profères gentilment et de bêle manière et de biau déport, si seront

il loé, BRON. LATINI, TrésOT, p. 363. || XVl* S. Le tOUl

fcut par icelluy proféré avecques gestes tant propres, que.... RAB. Garg. i, i&. Nous disons sans apostrophes le harem, la haulteur....et, si ces mots se profèrent sans grande a.sjiiration, la faulte est énorme, ET. dolet, dans livkt, la Gramm. franc, p. 1(2.

— KTYM. Prov. proferre; cat. proferir; it. profj'errire ; du lat. proferre, depro, en avant, et ferre, porter.

PROFIîS, BSSE (pro-fê, fès'), adj. || 1" Qui a fait les vœux par lesquels on s'engage dans un ordre religieux, après le noviciat expiré. Religieux profcs. Religieuse professe. || Maison professe, inai.son dans laquelle résident lesprofès Ce inanu.scrit (du P. Sicard, sur l'Egypte], déposé à la maison professe des

jésuites, ftit dérobé, chateadbr. Génie, iv, fv, i . || II se dit, dans un sens analogue, des ordres de chevalerie. L'on commença dès le vendredi, comme je vous l'ai dit; ces premiers pa moitié des chevaliers] étaient profès avec de beaux habits et leurs colliers, SÉV. 50->. Il i'S. m. et f. Un jeune profès. Une jeune professe. || Par plaisanterie. Et qui s'est dit profès dans l'ordre des coteaux [association de gnurmets], BOiL. .Sot. m. Il Par extension. Il n'y avait alors aucun culte qui n'eût ses mystères, ses associations, ses catéchumènes, ses initiés, ses profès, volt. Dict. phil. Baptême. || Fig. En voilà assez pour des faussetés si vaines; ce ne sont là que des coups d'essai de vos novices, et non pas les coups d'importance de vos grands profès, pasc. Prov. xvi. [Les ducs de Chevreuse et de Beauvilliers] à marches si compassées, .si difficiles, curieux profès d'indifférence ei d'impuissance, mais qui se souven.iient parfois qu'ils n'en avaient pas fait les vœux, st-sim. t. viii, p. 228, éd. cHERUEL. 11 démentit les célèbres maximes Où nous lisons qu'on ne vient aux grands crimes Que par ilegrés : il fut un scélérat Profès d'abord et sans noviciat, gbesset. Ver-vert, m.

— HIST. xiu* s Heloïs fu abeesse. Qui devant

iert [était] nonain professe, la Rose, 8844. Cil qui sunt en religion et y* ont esté de tel tans qu'il soient prophès, beaim. lvi, i. || xvi* s. Celte vertu suprême, ennemie professe et irréconciliable d'aigreur... KONT. I, 176. Il y avoit d'autres mystères plus secrets, pour estre montrez .seulement à ceuli qui en estoient profez, m. rv, i5i.

— f.TYM. Provenç. profès ; espagn. profeso ; ital. professa, du lat. professus, qui a fait profession, de profiteri, déclarer, de pro, en avant, et fateri, avouer; de même radical que çarèç, dit, de çâvai, dire (comparez fable).

PROFESSÉ, ÉE (pro-fft-,sé, séel,parl. passé.

PROFESSER (pro-fè-sé], 17. o. || 1° Avouer publiquement, reconnaître hautement. Ce roi ne professait qu'en apparence la religion judaïque, boss. Hist. II, 5. Voilà bien du mal ()ue j'ai dit de Théocrite et de Virgile, tout anciens qu'ils sont; et je ne doute pas que je ne paraisse bien impie à ceux qui professent cette religion que l'on s'est f.iite d'adorer l'antiquité, font, Disc, sur l'Églog. Œuv. t. IV, p. 168, dans pouGENS. Il Professer de. Ils professent de connaître Dieu, et ils le ruinent par leurs œuvres, boss. Sermons, Haine pour la vérité, I. Il 2° Exercer. Professer un art, un métier. || 3' Enseigner publiquement. Libanius passa les trentecinq dernières années de sa vie à Antioche, depuis l'an 354 jusque vers 390, et y professa la rhétorique avec un grand succès, rollin, Hist. anc. (Euv. t. XI, 2* part. p. 78t. Il Fig. Mon cher et aimable professeur, qui ne professerez jamais que la vrrllé et le noble mépris des impostures et des imposteurs, volt. Lett. à Mallet du Pan, 24 avr. mi Il Absolument. Il professe dans l'Université. Il ne sait pas professer. || 4° Se professer, v. réfl. Être enseigné publiquement. Ces doctrines hardies se professent depuis quelque temps.

— ÊTYM. Provenç. pro^es.<ar; espagn. profesar; ital. professare; du Ut. orofessus, qui a déclaré

(voy. PROFÈS).

PROFESSEUR (pro-fè-seur), s. m. || 1* Celui qui enseigne les lettres, une science, un art. Professeur en droit. Professeur de chant. Il [Arniinius] trouva un terrible adversaire en la personne de François Gomar, professeur en théologie dans l'Académie de Leyde, rigoureux calviniste, s'il en fut jamais, BOSS. Variai xiv, <8. Budé, TurnMie, Ramus, Lambin, Muret, Buchanan, Passerai, Casaubon, tous professeurs dans l'Université ou au Collège royal, ROLLIN, Traité des Et. vi, 2* part, il, 3. On sépare un livre de son auteur; mais on ne peut séparer un professeur de ses leçons, condobckt, Rucquet. Il II se dit aussi des femmes. Mlle Agnésl fut une mathématicienne célèbre, et professeur à Bologne, LEGOABANT. |l Par dénigrement, on a fait le féminin professeuse. Tite Live ne dit pas assurément qu'elles [des empoi.sonneuses] réduisirent cet art en préceptes.... il ne parle point de cent soixante-dix professeuses en sublimé corrosif i-u en vert-de-gris, volt. Dict. phil. Empoisonnemenli. || C'est un temps de chien et de professeur, c'est un très-mauvais temps, , à cause que les professeur.* sont obligés d'aller donner des leçons quelque temps qu'il lasse. || 2* Fig. Il se dit d'un homme, en parlant des doctrines qu'il affecte. Le monde n'a jamais manqué de charlatans: Cette science, de tout temps. Fut en professeurs très-fertile, la font. Fabl. vi, 19. Ceux qui, voulant à tout prix être chefs de faction plui'^t que professeurs d'opinioni, aviiient fondé leur succèi

PRO

sur l'intrigue et I» calomnie.... mibabead, Collection, t. m, p 36(. Il 3" FIg. Il se dit de celui qui exerce un art et en fait profession, par opposition au .simple amateur. Ce n'est pas un simple amateur de niu-iiciiie, c'est un professeur, Dirt. de fÀcad.

— liF.M. Le féminin professeuse, bien que employé par Voltaire, ne paraît pas devoir réussir. Aujourd'hui , on s'accoutume à dire professeur au féminin, comme on dit une femme auteur.

— HISTS xiv s. Cestui livre n'est pas tant seulement pour les professeurs de cest art ^chirurgie],

mais pour.... LANFHANO, f" 3».

— RTYM. Lat. profesiorem, de profesrus, qui a déclaré, eiposé (voy. PROPès).

PROFESSION (profè-sion; en vers, de quatre syllabes), s. ^. || l" Déclaration publique d'un sentiment habituel, d'une manière d'être habituelle. Ils reconnurent le Dieu véritable qu'ils faisaient profession de ne pas connaître, saci. Bible, Sagesse, III, '27. Eui qui faisaient profession d'une sagesse si austère, moi.. Tan. Préfate. Moi, votre ami ! rayez cela de vos papiers; J'ai fait jusques ici profession de l'être; Mais.... id. Jfi>. i, i. L'Église ne pput subsister sans la profession de la vérité, Boss. »• avert. t9. La profession du christianisme suffit pour faire partie du corps de l'Église, ce qu'il [Jurieu] avance contre M. Claude, qui ne compose le corps de l'Église que de véritables fidèles, id. 3» avert. 2. Vivre comme des impies sans aucune profession de culte, mass. Avent, Noël. Ils [les sociniens] sont encore en grand nombre en Pologne, quoiqu'ils aient perdu la liberté de faire une profession ouverte de leurs sentiments, volt. Mauri, )8». Il Faire profession d'une religion, l'exercer ouvertement. Il On dit de même : faire profession d'une doctrine. || Familièrement. Faire profession d'une chose, s'en piquer particulièrement. Que s'il [celui qui ne s'inquiète pas d'une autre vie] est avec cela tranquille, qu'il en fasse profession, qu'il en fasse vanité, paso. Pens. ix, 1, édit. havet. La Providence, dont je devrais adorer tous les arrangements, faisant profession, comme je fais, d'être sa très-humble servante, sÉv. 27 janv. (««2. Il faut finir avec le même honneur et la même probité dont on a fait profession toute sa vie, m. (5 nov. 1684. On avait déclaré les épicuriens incapables d'être initiés aux mystères, parce que c'étaient des gens qui faisaient profession de s'en moquer, fonteh. Oracles, 1, 3. || Profession de foi, formule qui contient les principes de religion auxquels on est attaché. 11 [M. de Voltaire] donna à cet abbé Gaultier, qui la lui demanda, une profession de foi écrite tout entière de sa propre main, et par laquelle il déclare qu'il veut mourir dans la religion catholique où il est né, d'alehb. Lett. au roi de Pr. t" juill. 1778. {| Profession de foi du vicaire .savoyard, profession de déisme que fait Rousseau dans son Emile, et qu'il met dans la bouche d'un vicaire savoyard. || Par extension, profession de foi, écrit qui renferme les opinions politiques et sociales d'un candidat à la députation ou de tout autre. Profession de foi, ou, simplement, profession monarchique, républicaine, etc. || 2" État, emploi, condition. La profession d'avocat, de médecin. Un père et un frère qui ont fait profession des mathématiques, Desc. Diopir. t. Le voilà reçu dans la profession qu'il doit faire, sÊv. 470. Je né suis ni lettré ni un homme de finances, et j'aurais mauvaise grâce lie chercher de la gloire et des avantages par 'des choses qui ne sont pas de ma profession, VAUB. Dtvie, p. 2. Son père eut sur lui les vues communes des pères : il le fit étudier pour le mettre dans sa profession, fonten. Harlsoeker. L'Europe serait aujourd'hui aussi ignorante, ou même elle serait à peine sortie de la barbarie, si les professions avaient continué d'être héréditaires et exclusives, coHDiL. Hist. onc. m, »7. Tout homme a plus ou moins les vices de sa profession ; La Mettrie, dont vous me parler., n'avait point ceux de la sienne; car en vérité il n'était pas du tout médecin; il cherchait seulement à être athée : c'était un fou, et sa profession était d'être fou ; mais ceux qui vous ont dit qu'il était mort repentant, sont de la profession des menteurs, vou Lett. Bertrand, 4 sept. 1 76». 11 n'y a point de profe.ssion qui n'exige un homme tout entier, uuclos, Contid. moeurs, 12. || De profession, par la profession qu'on exerce. Tailleur de profession. Érudil lie profession. Les poètes romains fai- ■aient mettre les monologues en musique par des musiciens de profession, condil. Conn. hum. 11, 1, s. Il Fig. De profession, qui a l'habitude invétérée de. Et (le profession je ne suis point galant, mol. Ée. des «nor. 1, ». Rien n'e^t trop hardi pour des calomnia-

PRO

leurs de profession, pascal, Prov. xvi. Je ne com- 1 prends pas bien l'amour de profession, s6v. 202. Des chrétiens de profession, mais qui, n'en ayant que le nom et que l'apparence, raisonnent sur l'autre vie comme des épicuriens, boubd. (b Dim. après la Pentecôte, Dominii;. t. m, p. 449. Il était Suisse de nation, empoisonneur de profession, iiAMii.T. Gramm. s. || 3» Acte qui consiste à faire solennellement les trois vœux de religion, qui sont pauvreté, obéissance et chasteté ; il suit le noviciat, et alors on est profis. Marie-Angélique Arnauld, par un usage qui n'était que trop commun en ces temps-là, en fut faite abbesse, n'ayant pas encore onze ans accomplis ; elle n'en avait que huit lorsqu'elle prit l'habit, et elle fit profession & neuf ans, BAC. Hist. Port-Royal, dans pougens. || 4" Anciennement. Action de professer, professorat. M. Grevius a reçu ses patentes d'historiographe du roi d'Angleterre, et, ayant demandé une diminution de travail académique.... on lui a donné un adjoint dans la profession des belles-lettres, qui fera la moitié des leçons de M. Grevius, bayle, Lelt. à M. ***, 7 mars I697.

— HlST. XII* s. Sovenir vos devreit de la professiun Qu'offristes sur l'autel à vostre enunctiun. Th. le •mart. 80. || un* s. Une dame prist robe de religion, ne n'i entra pas, ne ne fist profession, et puis geta l'abist et se maria, Liv. de jost. <93. || xvi* s. Il renonce en ses œuvres le Seigneur, lequel il confesse de bouche, et par ainsi n'est ciirestien que de titre et profession, calvin, Instil. «03. Un homme de ma profession [condition], mont, i, (7. César parle des offices de sa profession, de la vaillance et conduicte de sa milice, id. i, 57. La religion de quoy vous faictes profession, id. 1, 4 28.

— ÉTYM. Prov. professio; espag. profession; ital. professione; du lat. professionem, qui vient de professus, qui a exposé, déclaré (voy. profès).

t PROFESSIONNEL, ELLE (pro- fè-sio-nèl, nè-1'), adj. Néologisme. Oui concerne une profession, qui tient à une profession. Des préjugés professionnels. Il Enseignement professionnel, cours, établissements où l'on prépare aux différents métiers. || On dit de même : cours professionnels, écoles professionnelles pour les jeunes filles.

PROFESSO (EX) (èks-pro-fè-sso), loc. adv. En homme qui connaît son sujet, qui professe la chose. Passages où saint Thomas parlait ex professe de l'amour de charité, Bosa. Rép. à quatre lett. de M. de Cambrai, t*.

— ÉTYM. Lat. ex, de, et pro/'essuj, déclaré, exposé (voy. pBOPÈs), mot à mot : d'après ce qui est publié, connu.

"PROFESSORAL, ALE (pro-lè-so-ral, ra-l'), adi. Qui appartient à un |irofesseur. Un ton professoral. Les devoirs professoraux.

— ËTYM. Lat. professer, professeur.

PROFESSORAT (pro-fè-so-ra; le t ne se prononce

pas et ne se Ue pas), t. m. Emploi de professeur. Il Durée des fonctions de professeur.

— ÉTYM. Lat. professor, professeur.

t PROFESSORIAL , ALE (pro-fè-so-ri-al, a-l') , adj. S'est dit quelquefois au lieu de professoral. L'auteur supprima, dans la dernière édition, toutes les théories hypothétiques qu'un reste d'esprit professoria! (ce sont les termes) avait laissées dans les précédentes, condorcet. Lieutaud.

t PROFITAT (pro-fi-si-af), s. m. Ancien terme. Bon succès. Je vous soutiaîte un bon (noficiat, pui.ssiez-vous réussir dans votre entreprise! || Proflciat! s'est dit quelquefois par exclamation, lorsqu'une personne éternue ou pendant qu'elle boit. || Droit que les évêques levaient sur les ecclésiastiques, et qui faisait partie des louables coutumes.

— HIST. xvi* s. Du masque de ces louables coustumes prirent leur source les décimes, les annales de la cour de Rome, les depors des archidiacres,les proficiats et calhedratiques que les evesques prenoient pour leurs bienvenues, pasquier, Bech. m, p. 262, dans LACURRE. L'on fait au.ssi des lettres missives de proficiat ou de congratulation quant aucun de nos amis a obtenu quelque office ou bénéfice... FABRi, Art. de rhét. i, f° mo, dans lagurnr.

— ÉTYM. Lat. proficiat, fasse profit, de proficere

(voy. PROFIT).

PROFIL (pro-lil), s. m. || 1» Terme de peinture. Trait, délinéation du visage d'une personne vu par un de ses côtés. Une tête de profil. Ne puis-je point de face ou du moins de profil Vous guigner un moment, • 6 charmante Isabelle? scabr. Jndelel riv. 11, 7. Je ne crois pas qu'on voulût accorder à l'histoire le même privilège qu'à la peinture, qui a inventé l'art du profil pour représenter de côté un prince qui avait perdu un œil, RoruN, Uist. anc. (Kuv. t. ni, p. <e, dans

PRO

POttOBNS. Un M. Laliaud de Nîmes, lequel m'écrivit de Paris, pour me prier de lui envoyer mon profil à la silhouette, dont il avait, disait-il, besoin pour mon buste de marbre, J. J. bouss. Confess. xu. L'on eût dit qu'il [Hubeitde Genève] avait des yeux au bout des doigts; les mains derrière le doS, il découiialt en profil un portrait aussi ressemblant, et plus ressemblant même qu'il ne l'aurait fait au crayon, marmontel, Wém. vu. || Terme de beauxarts. Profil perdu, celui qui e.st légèrement tourné en arrière, de manière à montrer un peu plus du derri're de la tête et un pqu moins de la face. Il Fig. J'ai caché le côté difforme en me peignant de profil, J. }. BOUSs. Prom. 4. L'éloquence n'en use pas autrement ; elle ne peint jamais que le profil, d'alemh. Apnlog. de l'étude, Œuv. t. iv, p. ai, dans poL'GF.Ns || 2° II se dit des linéaments d'un visage vu de côté. Il m'honore de son attention, parce qu'il me trouve le profil de l'impéiatrice Poppée, MARMONTEL, Coiites mor. Connaiss. Des profils sévères, avec de grands nez à la romaine, genlis. Ad. et Théod. t. m, p. <60. dans pougens. || 11 se dit d'un animal comme d'une personne. Le profil d'un lion. Ce chat est vu de profil. Beaucoup de leurs profils de quadrupèdes [chez les Egyptiens] n'offrent qu'une jambe devant et une derrière, cov. Riivol. p. 88. Il 3° Aspect, représentation d'un objet vu d'un des côtés seulement, par opposition à plan. Le prolil de l'hôtel de ville. |1 Représentation d'une ville, vue d'un côté; locution qu'admet l'Académie, mais que Legoarant dit abusive, attendu que toute vue d'une ville est prise de côté , à moins qu'on n'annonce qu'elle est un panorama. || 4° En architecture, le plan d'un édifice, dessin qui le fait paraître tel qu'il serait s'il élait coupé perpendiculairement du sommet jusqu'au fondement. || Particulièrement. Contour d'un membre d'architecture. Les cinq ordres diffèrent beaucoup dans leurs profils. || Terme de menuisier. Se dit d'une ou de plusieurs moulures dont on orne les diverses parties de l'ouvrage. || 8" En fortification et artillerie, le profil d'un épaulement, d'une batterie, est leur intersection par un plan vertical perpendiculaire à la projection horizontale d^ la crête intérieure. |1 6° En géologie, la coupe d'un terrain laissant à découvert les pentes du sol, la nature des matières qu'il renferme, sa situation intérieure, les différentes couches de terrains qu'il pré.sente, etc.

— f.TYM. Espagn. perfilo; ital prolfiln; du lat. pro, pour, et filum, fil, trait, contour. Au commencement du xvii* siècle on disait aussi por/ii(RÉGNrEfi, Sat. X). Cette forme s'est maintenue dans le peuple.

PROFILÉ, ÉE (pro-fl-lé, lée), porl. pas.fé de profiler. Terme de serrurier. Se dit de toutes les pièces qui portent des moulures. Fers profilés.

PROFILER (pro-fi-lé), v. a. || l" Terme de dessin. Représenter en profil. || Peu usité en ce sens. 112" Terme d'architecture. Profiler une corniche, un entablement, etc. dessiner la coupe d'une corniche, d'un entablement. || farliculièrement. Donner aux contours d'un ouvrage d'architecture le caractère qui leur convient. L'architecture de ce monument n'a pas été achevée; les corniches des entablements, les chapiteaux, les bases et les autres parties qui devraient être profilées sont restés en masse, peïre, Inslît. Mém. lill. et beaux-arts, t. 11, p. 554. Il Terhie de menuisier. Tracer des profils ou les e.\écuter dans le bois. {{ Fig. Plus les coupes des monuments sont franches et décidées, et mieux la blancheur de la lumière profile les lignes de l'ombre, CHATEAUBR. Mont Blanc. || 9' V. n. Ternie de menuisier. Se dit de deux membres de moulures ou de profils qui se rencontrent parfaitement à l'endroit de leur joint. || 4° Se profiler, v. réfl. Présenter ses contours. L'aspect de la terre présente des collines.... qui se profilent avec majesté sur la voûte des cieux, bern. de st-p. Etude v. En quelques points [d'une région antarctique], le» rochers perçaient la neige, et les pics se profilaient les uns derrière les autres, atteignant la hauteur de 2500 à 30U0 mètres. Presse scientif. I86i, t. 111, p. ♦«!.

— H!ST. XVI' s. Profilé, COTGRAVE.

— ÉTYM. Profil ; espagn. perfUare; ital. proffilare. PROFIT (pro-fl ; le ( ne se prononce pas et ne

se lie pas; au pluriel, l's se lie : des pro-fi-z excessifs), s. m. \\i' Bénéfice, gain qu'on retire de quel(|ue chose. En faisant de beaux et licites profits, PASC. Prot!. VIII. M. Corneille demeurait à Rouen, et ne venait à Paris que pour faire jouer ses pièces, dont il tirait un profit qui ne répondait point ilu tout à leur gloire et à l'utilité dont elles étaient aux comédiens, volt. Comm. Corn. Rem. Hor. lipit. dédie. Je trouve mon profit, je le prends, ciiAMPFORT, March. de Smyrne, se. ». || C'est un d«

PRO

ces niais rte bologne qui se trompent toujours i leur profit. Il Terme de commerce. Profits et pertes, sommes que l'on gagne ou que l'on perd par des circonstances éventuelles. Cela est passé au compte de profits et pertes. |! Terme de commerce maritime. Profit aventureux, l'intérêt de l'argent qu'on a prêté »ur un vaisseau marchand, sans être garanti des risques de la guerre et de la mer. || C'est un profit tout clair, c'est tout profit, se dit d'un profit évident. Il Fig. Je ne suis point allé au spectacle, et j'ai employé ma soirée à travailler ; c'est un profit tout clair. Il Au profit de, pour le bénéfice de. Cette obligation est passée au profit d'un tel. H Fig. Entre deux personnes qui s'aiment, ce sont là de ces simplicités de sentiment que peut-être l'esprit remarquerait bien un-peu, s'il voulait, mais qu'il laisse bonnement passer au profit du cœur, Marivaux, Marianne, part. II. Il X profit, à profit de ménage, utilement, de manière à être utile au ménage. Voilà. un habit fait à profit. C'était la veille et le jour de Saint-Jean ; il y avait plus de trente fagots.... mais c'étaient des feux à profit de ménage, nous nous y chauffions tous [le temps était très-froid], sév. 26 juin 1680. Cette Heudicourt.... avec un gros bâton dont elle se soutient à profit, ne pouvant encore se soutenir, relevant d'une maladie, lo. <7 juill. 1680. || Usé à profit, extrêmement usé, de manière à prouver qu'on a tiré de la chose tout le profit possible. || Faire du profit, se dit, dans le ménage, des choses qui ne se consommentpas vite, qui ne s'usent pas vite, ou qui, relativement à leur prix, produisent une grande utilité. Le pain tendre ne fait pas de profit. Un morceau de bœuf fait plus de profit en ménage qu'un poulei de même valeur. || Mettre à profit, employer de manière à gagner. Mettre son argent, son temps à profit. Il Fig. Employer utilemont. Une nuit que chacun s'occupait au sommeil. Et mettait à profit l'absence du soleil, tA FONT. Fabl. viii. II. Je tâchais d'avoir de la patience, et je voulais mettre à profit une si bonne pénitence, sÉv. 259. C'est là, cher Lamoignon, que mon esprit tranquille Met à profit les jours que la Parque me file, boil. ÉpUre vi. Thucydide mit sa disgrâce à profit, et la fit servir à la préparation et à re.Técution du grand dessein qu'il avait formé de composer l'histoire de cette guerre [du Péloponnèse], rollin, Hisl. anc. xxv, chap. ii, i, 2. Il Faire profit, retirer m. oénéfice. Faites profit de tout et même de vos pertes, régnieh, Sat. xui. Le héron en [du brochet et de la carpe] eût fait aisément son profit. LA FONT. Fabl. vu, 4. || Faites-en votre profit, se dit d'une chose qu'on abamlonne à

quelqu'un Mon lopin me suffit, Faites votre

profit du reste, la font. Fabl. vni, 7. || Fig. Ne sois point dans ma maison, planté tout droit comme un piquet, à observer ce qui se passe, et faire ton profit de tout, mol l'Av. i, 3. Voici un trait d'ingratitude qui ne vous déplaira pas, et dont je veux faire mon profit, quand je ferai mon livre surleb grandes ingratitudes, sRv. I4. Ces belles nuances d'automne dont les peintres font si bien leur profit, id. 383. IIFaites-en votre profil, se dit d'un avis qu'on donne. Or faites-en votre profit, la font. Court. Il J" Absolument et au pluriel. Petites gratifications que reçoivent les domestiques. Il a tant, sans compter les profits. Et vos profits, que deviendront-ils? MAHiv. le Legs, se. 23. || Fig L'amour-propre de l'abbé Têtu, qui ne néglige pas les petits profils, SÉV. I" oct, (684. Il 3° Terme de jurisprudence. Profit du di'faut, le gain de cause accordé par le juge à la partie qui comparaît contre celle qui ne comparaît pas. On dit dans les jugements : Le tribunal donne défaut contre N, et, pour le profit, le conilanine envers A. Le profit joint (le profit du défaut sera joint, dit l<^ Codr de pnic. ar(. 10.1), c'est quand, de deux défendeurs assignés ensemble, I un cuniparaft et l'autre fait défaut. Alors le juge, donnant iléfaut coulre le dernier, n'en aljuge pas imni<:d -iirmcnt- le profit au demandeur, mais joint l'afliire à celle du défendeur coinpjrant, pour qu' • les soient di'cilées ensemble ; en ce cis le profit du demandeur n'est que dans cette jonotion, et la formufe est la suivante : Le tribunal donne défnut contre N, et, pour le profit, joint la cause k celle de M, pour être statué sur lo tout par un seul et même jugement. Do celte formule : et pour le profit joint..., les praticiens ont tiré le terme assez barbare de : défaut profit joint. On poursuivit lentement le procès contre le connétable [de Bourbonl; il fallait trois défauts de comparaître, pour qu'on jugeât, comme on disait alors, en profit de défaut, VOLT, irisi. pari. xvii. || Terme de jurisprudence fi'cdale. Profits de fiefs, les droit» de quint, requint, nltcfs, loda, Tentes, qui reveuoieut au teigneur i

raison des mutations de vassaux ou de censitaires. lit- Fig. Utilité intellectuelle ou morale. Lire avec profit. C'est le propre d'une personne avisée de tirer profit de ses fautes passées, la motub le vayer, Dial. d'Or. Tub. t. ii, p. «99, dans pougrns. Il y a une personne qui me disait l'autre jour qu'avec toute la tendre amitié que vous avez pour moi, vous n'en faites point le profit que vous auriez pu en faire, sÉv. 366 Après cela, quelque partie de l'histoire ancienne que vous lisiez, tout vous tournera à profit, boss. hist. Dessein ginér. Saint Paul.... nous découvre.... le profit que nous tirons de leur chute [des Juifs], ID. Hist. II, 7. Il 5" Progrès qu'on fait dans les études (peu usité en ce sens). Il a fait beaucoup de profit sous ce maître.

— HIST. xiii* s. Jhesus Cristj qm est lumière deu monde, nasqui au profit de ceus qui seront sauf. Psautier, S' H7. Il vivent de bestaus et du prou fit de la terre, marc pol, p. 427. Uzages qui est fes [fait] contre le commun porfit, ne doit pas valoir que le [la] coze ne soit ramenée à son ancien estât, BEAOM. xxv, 2 y; XV' s. Mais avoit le roi saisi toute la terre de Cotentin, «t en fesoit lever les profits, FROlss. I, I, 248. Les damoiselles ou autres femmes voulant faire par le bas en leurs robes un rebours [bordure] nommé profit, duclos, Preuves de Louis XI, p. 269, dans lacurne. Hz ne firent riens de leur prouffit [dans cette sortie], et perdirent deux ou trois gentilzhommes, if. m, lo. Il XVI* s. On fait un supérieur, non pour son proufit, ains pour le proufit de l'inférieur, mont, iv, 8. Sans les profits de mer [le butin], lanoue, 678. Bastir à profit [d'une façon durable qui compense les grands frais que l'on fait], o. de serres, p. 766. De tous les autres biens escheants aux enfants hors de succession de père et de mère, lesquels l'on appelle biens de profit,^-le père ny la mère n'en aura point la retenue, JVouv. coust. gén. t. i, p. 89o. Profit sans vertu ne vaut un festu, cOtgrave.

— ÉTYM. Berry, proufii ; avoir tout à point et à profit, ne manquer de rien; provenç. profieg, profieyt; catal. profit; espagn. provecho: ital. profitlo; du lat. profectus, avantage, qui vient de profeclum, supin de pro/îcere, gagner, de pro, su avant, et facere, faire.

PROFITABLE (pro-fi-ta-bl'), adj. Dont on peut tirer profit. Madame, je vous crois l'àme tryp raisonnable Pour ne pas prendre bien cet avis prolitable, MOL. Jfi's m, 6. Le témoignage des gens de bien qui l'ont trouvée [la comédie de Tartufe] profitable, tout cela n'a de rien servi, id. Tart. Prif.

— HIST. xir s. Vers tei il n'ad mesfait, mais bones sunt ses ovres, e à tei honurables e prophitables, Unis' 73. ||xni* s. Quant l'en veaut [veut] establir noveles choses, l'en doit veoir s'eles sont profetables, 7.tv, dejost. p. ». || xiv" s. As boins et as max [méchants] profitable Sont provierbe et li jnot notable, I. DE CONDÉ, t. II, p. 166. Il XV S Les haulz

bois profitables [qui donnentdu profit] Du noble parc puet l'en veoir branler, e. descii. le Bois de Vmceti' net Hz Ides drajis] sont passables. — Hz sont, parbleu, bien prouffitables[de bon usage]; C'est proprement ce qu'il vous faut. Recueil de farces, p. i43. Il XVI* s. Hz n'employoient ces dons de nature à nulle chose honnesie ny profitable, amyot, Thùée, «

— ÉTYM. Profiter; provenç. profechable, profichable, prnfeitable; ital. profiUabile.

t PROFITABLEMENT (pro-fi-t»-ble-man), adv. D'une manière profitable.

— HIST XIII* s. Bone coze est, et le [la] coustume le veut, que tuil héritage qui viennent en partie, soient parti [partages] au plus porfitablement, bea'jm. xlvii, 5. || xiv* s. Lors est faitte la digestion moins hastivement et plus profitablement pour tout le corps, oresme. Thèse de meunier.

t PROFITANT, ANTE (pro-fi-Wn, lan-t'), adj. Oui profite, qui est de bon usagr». Ce drap est profitant.

-' HIST. xiii* s Dont di ge d'euv itant. Que

mieux vaut la plus profitant, la Hose, 662i.

PROFITER (pro-fi-t(';), ». n. || 1* Tirer un gain. II profile à ce marché. Je veux profiter à ce nouvel arrentement, ou en le fai^ant ou en ne le faisant pas, M"* DE ORIGNAN, danS SÉV. t. X, p. U9, é<lit. R^GNigR. Ils* Tirer de l'avantage de quelcjue chose que ce soit. J'ai .su eilrêmeuient profiter de la maladie que l'on vous aura dil que j'ai eue, voit. Leit. i>. Profitez des avis qu'on voiisilonne, corn. Sertor. iv, l. Je vous avoue, madiinie, <|u'il y a merveilleusement i profiler de tout ce (jue vous dite», MOL. Com(«iï«, H. A<Heu, ma <:hèrR enfant ; s'il faut, pour profiler des eaux, ne K"èie aimer sa fille, j'y renonce, siv. 'iHi. Klle-mAme a su profiter de M» uialheurt et de sei disgiices plus qu'elle

n'avait fait de^ toute sa gloire, boss. Reine d'Anglet. Que dirons-nous, chrétiens, de ces deux reines? par l'une, Dieu nous a appris comment il faut profiter du temps ; et l'autre. ., ID. Uar.- Thér. Les sots ne profitent de rien, lamutte, Fabl. v, », J'aurais été peiné de blesser une des grandes maximes de ma murale, en profitant de quelque chose à la mort de quelqu'un qui m'avait été cher, J. J. Rouss. Confess. xii || 8° En parlant des choses, rapporter du profit, procurer du gain. Faire profiter son argent. Ce commerce lui a bien profité.

I Son argent ne lui profite pas, il le garde chei lui. Il 4* Servir, être utile, avec un nom de chose pour sujet. Tout le soin que j'y prends ne profite de rien; Leur esprit aveuglé n'estime que le bien, RACAN, Aleidor^\, i. Mais le dessein suffit, si l'efl'et ne profite, eotr. Àntig. m, b. La Rancune, conservant son jugement dans le péril, se servait de son adresse aussi bien que de sa force, ménageait ses coups, et il les faisait profiter le plus qu'il pouvait, SCARR. Rom. com. ii, 7. De quoi m'ont profité mes inutiles soins? rac. P/ièdre,ii, 5. La légitimation peut avoir lieu, même en faveur des enfants décédés qui ont laissé des descendants ; et dans ce cas elle profite à ces descendants, Code Nap. art. 332. || Il prend aussi en ce sens un nom de personne pour sujet. Afin de ne perdre aucune occasion de profiter au public, si j'en suis capable, desc. Mélh. vi, ♦. Ainsi devons-nous profiter aux impies qui vivent avec nous, et profiter des impies avec qui nous vivons par la nécessité de notre état, bourdal. 5* dim. après l'Epiphanie,' Dominie. t. i, p. 250. I] Se profiter, être utile à soi. Les arts ne se profitent pas à eux-mêmes, mais à ceux auxquels ils président, boss. Pensées chréi. et mor 35. || S" Faire des progrès. Je ne laissais pas de profiter en la connaissance de la vérité, desc. Héth. m, e. J'ai profité dans Voiture; Et Marot, par sa lecture. M'a fort aidé, j'en conviens, la font. Lettres, xix. H y a bien à profiter auprès de M. le docteur, pasc. Prov. vi. Aimez donc ses écrits [d'Homère], maisd'un amour sincère; C'est avoir profité que de savoir s'y plaire, doiL. Art p. m. Je maintiendrai toujours qu'il y a plus à profiter dans douze vers d'Homère et de Virgile que dans toutes les critiques qu'on a faites de ce» deux grands hommes, volt. Mél. litt. Trag. angl.

II 6° Il se dit de la nourriture dont le corps lire avantage. Les gens de naturel peureux Sont, disaitil, bien malheureux : Ils ne sauraient manger morceau qui leur profite, la font. Fabl. ii, I4. Non, non, me dit-elle, déjeunez en repos, afin que cela vous profite, MARIVAUX, Pays. parv. part. i.||H se dit des personnes et des animaux dont le corps prend de l'accroissement, de l'embonpoint. Les bestiaux ne profitent pas dans ce patinage. Son petit prince est plus joli qu'on jie vous le peut exprimer; il profite à vue d'oeil, pour ainsi dire, et eu toutes choses, pellisson, Utt. hist. t. i, p. I6. 11 faut leur servir [aux nourrices] les meilleurs morceaux de dessus la table, si l'on veut que les nourrissons profitent, legrand, Métamorph. amour, se. < i . || Il se (lit aussi des arbres et des plantes qui viennent bien. Les arbres profitent dans une terre nouvpllement défoncée. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— REM. Au commencement du xvii* siècle, on employait activement profiter : Vous pouvez profiter les bons exemples que vous avez remarqués de là les monts, BALZ. liv. v, lett. 12 ; Ces dévots indiscrets ... Perdent ce qu'en commun dan» la règle on profite, X force de vivre à l'écart, corn. Imil. m, <3.

— HIST. xili* s. Plus profite petiz guainz par leauté que granz trésors par tricherie. Psautier, f* 45. Il XIV* s. Celui qui est iUiberal ne profeite à nul, non pas à lui meismes, obeshe, Eth. lo». Il XV* s. Depuis, en bien peu de temps, il gagni tant et acquit et profita par rançons, par prises de villes et de chaste,iux, qu'il devint si riche que.... FR0IS3. I, i, S25, Elle ne povoit riens prouffticr [cette armée] que de brusler ung petit nombre de malsons, comm. V, (7. Il XVI* s. Ainsi croissoyt Pantagruel de jour en jour, et prouffictoyt à voue d'oeil, rab. Pant. Il, 5. Ce que les honnestes hommes proufitent au public en se faisant imiter, je le proufileray à nie faire éviter, mont, iv, 8:i. La lecture qui profite simplement, sans faire aimer le profit quelle apporte, sembla un peu trop austère, amvot, Préf. I, 25. Kome n'a elle pas tousjours esté en avant, et profité de bien en mieulx au faict des armes? ">. I.yc. et Nuina, >0. Quand je me mis à escrire ces vies, ce fut au commencement pour profiler au> autres; mais depuis je y ay puiseveré pour profiter à moy mesme , m. P. 4im i. Il avuil sui.vante et dix miucs d'argent, que Crilun lu;

PRO

raisoit profiter, etluy en payoit usure. iD. itmf. ï. Et ne mesnagerés que bien de profiler [utiliser] ces eaux en les assemblant avec celle de vostre canal,

O. DE SERRES, "67, etC.

— ETYM. Profit; provenç. profechar, profichar, profeitar ; ital. prnfiuare.

t PROFITEROLE (profi-te-ro-1'), t. f. Pâte cuite sous la cendre ; petit pain sans 'mie. Il est peu apparent que le petit bonhomme [l'élève de l'abbé] se trouve un jour réduit, dans les bois ou ailleurs, à des ragoûts de truffes ou à des profiteroles au cbocolat pour toute nourriture, i. i. rooss. Lett. à tabbi Jf. M mars <770.

PROFOND, ONDE (pro-fon, fon-d"; le i du masculin se lie et se prononce comme un t : un profon-t archéologue; au pluriel, Ys se lie: de pro-fon- z archéologues), adj. |) !• Dont le fond est très-éloigiié de l'ouverture, du bord. Puits profond. Cherchez des antres profonds, cachez-vous dans les ouvertures de la terre, devant la face du Seigneur, bossuet, Marie- Thiirèse. Moi-même il m'enferma dans des cavernes sombres, Lieux profonds et voisins de l'empire des ombres, rac. Phèd. m, 5. Heureuse solitude, Seule béatitude, Que votre charme est doux I De tous les biens du monde Dans ma grotte profonde Je ne veux plus que vous, Ducis, Poéties diverses. Il Fig. C'estdans cet abtme profond [l'incrédiilitél que la princesse palatine allait se perdre, boss. Anne de Gonz. Il 2° Oui pénètre fort avant. Blessure profonde. jl Racines profondes, racines qui plongent très-avant dans la terre. || Fig. Je le sais, les discours, l'exemple de nos pères, Impriment dans nos cœurs de profonds caractères, bernis, Relig. veng. m. {| 3" Il se dit d'une eau qui coule dans un lieu profond. Rivière profonde. Si l'onde Kst rapide autant que profonde, LA FONT. Fabl. X, < ♦ . Il 4° Terme d'analomie. Muscles profonds , certains muscles situés plus loin sous la peau que leurs congénères. || Terme de médecine. Pouls profond, pouls dont les battements se font sentir comme si l'artère était très-enfoncée sous la peau. Il 6° Il se dit, en certains cas, de ce qui présente une grande longueur perpendiculairement à la façade. Cette maison n'a guère de face, mais elle est profonde. Ouel art a pu former ces enceintes profondes? volt. Simiram. i, i. ||Termede lactique. L'ordre profond par opposition à l'ordre mince, disposition d'une troupe sur une grande profondeur. D'un pas ferme et pressé, d'un front toujours égal S'avance vers nos rangs la profonde colonne [ des Anglais ] , volt. Fontenoi. \\6' Fig. Difficile à pénétrer, i connaître Sciences profondes. De profonds mystères. Je vous demande un profond secret. En cela, comme en tout, le ciel qui nous conduit. Racine, fait briller sa protonde sagesse, boilead, Épilre vu. X son cœur égaré vous imputez peut-être Des desseins plus profonds que l'amour n'en fait naître, volt. Olymp. I, 5. HT" Fig. Qui pénètre fort avant dans la connaissance des choses. Une profonde érudition. Et si dans une profonde doctrine vous n'aviez une plus profonde humilité, balz. liv. xii, lett. )6. Quiconque voit bien l'homme, et, d'un esprit profond, De tant de cœurs cachés a pénétré le fond... BOlL. Art pnét. m. Un homme d'un esprit profond, PÈN. Tél. xiii. Des livres profonds ne donneront point de cours à une langue ; on les traduira, on apprendra la philosophie de Newton; mais on n'apprendra pas l'anglais pour l'entendre, VOLT. Dict. phil. Langues. H. de Villoison , que son profond savoir a fait recevoir à l'Académie des belles-lettres de Paris avant l'âge de vingt ans , d'alkmb. Lett. au roi de Pr. S5 avril 477*. Après la plus profonde discussion, ratnal, Hist. phil. iv, 32. Il Kn parlant des personnes. Un profond politique. Très-instruit dans l'histoire , profond dans la jurisprudence, et, ce qui est plus rare, éloquent, volt. Louit XIV, écrivains, cCAguesseau. Montrant dans toutes ces études un esprit juste et de la facilité, mais s'y livrant avec trop peu de suite et de constance pour mériter, dans aucun genre, le titre d'homme vraiment profond, titre qui ne s'acquiert jamais que par un travail continu et opiniâtre, coniohcet, Courtanvau*. Paraître profond quand on n'est, comme on dit, que vide et creux, bKAUMARCii. Ifor. de Figaro, m, 6. Pour paraître profond aux yeux des gens du monde, il faut être ennuyeux , OKNLis, Veill. du chdt. t. m, p. 3) dans poooïns. Il Un profond scélérat, un scélérat consommé. Il 8* Dont l'âme ressent fort avant. Profonde dans vos nemiments et légère dans vos goûts, stael, Corinne, l, 3. || Il se dit des sentiments en un sens analogue. Il me semble que la retraite rend les passions plus vives et plus profondes, volt. J>t». lÊinr iu Deffant, 1) déc. «■'74 ||9° Grand, extrême

dans son genre. Dans un profond ennui ce lièvre se plongeait, la font. Fabl. a, u. Tant de mémorables circonstances, la colère de Dieu si marquée.... le [Titus] tenaient dans un profond étonnement, boss. Hist. n, 8. Le calme profond de nos jours devait-il être précédé par de tels orages ? id. inné de Gom. L'empire jouissait d'une paix profonde depuis la défaite de Maxime, fléch. Hist. de Viéod. iv, l. C'est un homme d'honneur, de piété profonde, Et qui veut rendre à Dieu ce qu'il a pris au monde, boil. Sat. IX. Sa douleur profonde M'ordonne toutefois d'écarter tout le monde, bac. Phèd. i, 2. Qu'en un profond oubli Cet horrible secret demeure enseveli ! 10. ib. H, 6. C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit, m. Ath. ii, 5. On était à Varsovie dans une tranquillité profonde, et Stanislas comptait en partir dans peu de jours... volt. Charles XII, 3. Telle était la profonde ignorance dans laquelle Charles II avait été élevé qua, quand les Français assiégèrent Mons, il crut que cette place appartenait au roi d'Angleterre, m. Louis XIV, (7. Je sais le profond respect que la prose doit à la poésie, id. Lett. St-Lambert, 7 mars 1769. Il [le renard] a le sommeil profond; on l'approche "aisément sans l'éveiller, buff. Quadrup.t. n, p. 2M. Ma tète fatiguée et presque épuisée par quarante ans de méditations profondes, d'alemb. Tomb. L'Espin || Profonde révérence, profonde inclination, révérence, inclination' faite en se courbant extrêmement bas. Il Solitude profonde, retraite profonde, solitude, retraite éloignée de la société des hommes, iln rat.... Dans un fromage de Hollande Se retira loin du tracas; La solitude était profonde, la font. Fabl. vu, 3. 1 10° Il se dit de la couleur noire dont la nuance est foncée. Leur couleur [des nègres de Gorée] , qui est d'un noir d'ébène profond et éclatant, buff. Hist. nat. hom. Œuv. t. v, p. (33. || 11" S. m. Le fond, la profondeur. Mais à quoi bon ici du profond desenfers... Rappeler Arius,Valentin et Pelage ?BoiL. Sat. XII. Du profond d'une nue, Un fantôme éclatant se présente i sa vue [de Henri IV], volt. Henr. vi.

— HIST. XI' s. Li val parfunt et les ewes [eaux] courant, Ch. de liol. cxxxvi. || xii' s. Del quer [cœur] parfynt suspire, e des oilz [yeux] del chief plure, Th. le mart. 4Q7. ||xiii* s. Quant ce voit la rolne, au parfont bois [elle] .s'enfuit, Berte, xxxvi. Ne nus [nulz] bons n'i puet consel mettre. Tant ait leû parfond en lettre, la Rose, 6872. Ce est 11 oisiaus [le corbeau] qui ne revint pas à l'arche Noé, ou por ce que il trova grans charoignes, ou porce que il morut es aiguës profondes, BRUN, latini, Très. p. 2(0. Il XV* s.' k la tierce marée ils tirèrent Ids voiles à mont et prirent le parfont; et nagèrent tant par mer qu'ils virent Flandre. .."pboiss. i, i, 68. || xvi' s. Il sondoyt le parfond, plongeoyt es abysmes, rab. Garg. i, 23. Guignant de l'œil dextre avecques profunde depr6,-sion de la sourcille et paulpiere, id. Pant. ii, ( ». Un grand son et profund, comme s'il venoyt de la superficie du diaphragme, m. tb. ii, ( u. Gymnaste feit unegrandeet profunde révérence, m. ib. iv, 4i. Une profunde contemplation, id. i&. v, 3(. Tant de gros ruisseaux et tant de profondes rivières, amyot, P. Mm. 22. Ceux qui minent soubs terre, quand ilz ont cave bien profond, rencontrent souventefois des rivières courantes, m. ib. 23. Il s'en alla coucher et dormir de fort profond sommeil jusques au matin, ID. Cat. aVtiq. 38. Il n'y avoit bataillon de gens de pied si profond, i)u'il peust soustenir le choc d'une si grosse trouppe de chevalerie, id. César, 58. Gentilhomme de profondissime sçavoir, carl. i, 46. Comme un nageur venant du profond dp son plonge, d'adb. Tragiques, édit. lalanne, p. .12). L'axillaire se divise en axillaire profonde et axillaire superficielle, PARÉ, XIV, 22. L'esprit humain a un sentiment de divinité engravé si profond qu'il ne se peut effacer, calv. Instit. 8 Cette profonde nonchalance des sinistre» accidents futurs, mont, iv, 215. Au plus profond des bois, m. iv, 209.

— ÊTYM. Norm. et Berry, parfond; prov. preon, prion, preion; cat. pregon; esp. profundb; ital. profondo; du lat. profundus, de pro, en avant, et [undus (voy. FONn).

PROFONDÉMENT (pro-fon-dé-man), ad». || l">Bien avant. Un arbre profondément enraciné. X mesure que l'on descend plus profondément, bupp. Jfi'r». t. ii, p. 22«. Un manoir dans les bois I Trouvez-le-moi bien sombre.... Dans le silence et l'ombre Caché profondément , v. HUGO, Odes, IV, 25. Il Fig. Les caractères [d'un livre] en sont assez grands et visibles... on a employé le fer et la violence, pour les graver profondément sur 'i corps de Jésus-Christ crucifié, bobs. 2* sermon, PatsioH, l.||l*Pig. O'uua manière

profonde. La grêle tombera sur la forêt, et la vill» sera profondément humiliée , saci , Bible, hait,

XXXII, (9 les Anglais pensent profondément;

Leur esprit, en cela, suit leur tempérament, la font. Fabl. XII, 23. Il dormait à la manière d'un dieu, c'est-à-dire profondément, penché nonchalamment sur un oreiller, un bras sur la tête, l'autre bras tombant sur le bord du lit, id. Psyché, i, p. 85. La vie passe si vite, que je ne sais comme on peut se désespérer si profondément des affaires de ce monde, sÊv. 27 oct. (<î76. C'est un homme qui ferait les Géorgiques de Virgile, si elles n'étaient déjà faites, tant il sait profondément le ménage de la campagne, id. 8 mai 4 680. C'est par une telle foi que le nom de Dieu est gravé profondément dans nos cœurs, boss. Mar.-Thêr. Cet homme intrigant et profondément artificieux, gknlis. Mères rivales, t. III, p. (29, dans PODGENS. L'élévation et la dignité du caractère agissaient profondément sur elle, STAËL, Corinne, IV. (. Je m'entretenais un jour.... avec un terrible répétiteur piéraontais, sans goût, ni grâce, ni linge blanc, mais du reste profondément instruit, j. de maistre, Corre.'jp. à H. de Bonald, (6 nov. (8(7. |{ 3" En rendant plus foncée la couleur noire. On peut faire de l'encre avec cette pierre ; car elle noircit profondément la décoction de noix de galle, buff. Min. t. vu, p. (38.

— HIST. II* s. Li reis paiens parfundement l'incline [s'incline devant lui] , Ch. de Roi. lxxv. Il XIII* s. Or n'ai-je pas quanque je vueil : Ainz sui dolenz et si me dueil Parfondement, ruteb. (4. Il XVI* s. 11 demoura longuement pensif en luy mesme bien profondement sans mot dire, amyot, P. Mm. 45. Alexandre le grand, le jour assigné à cette furieuse bataille contre Darius, dormit si profondement.... mont. I, 33». L'appréhension, je l'ay lente et embrouillée; mais ce qu'elle tient une fois, elle le tient bien, et l'embrasse bien universellement, estroictement et profondément, id. ib m, 58.

— ËTVM. Profonde, et le suffixe menf; prov. preondamens, profondamcns ; anc. cat. pregonamen; espagn. pro/Mndomen(e;ital. profondamente .

PROFONDEUR (pro-fon-deur), s. f. )| 1° L'étendue d'une chose considérée depuis la superficie ou l'entrée jusqu'au fond. Laprofondeur d'un puits. Avec grand bruit et grand fracas Un torrent tombait des montagnes.... Ce n'était que menace et bruit sans profondeur, LA font. Fabl. VIII, 23. Elle vit périr ses vaisseaux.... l'amiral oii elle était, conduit par la main de ce\ui qui domine sur la profondeur de la mer.... boss. Betne d'Anglet. Les plus hautes montagnes n'ont guère qu'une lieue de hauteur, et les plus grandes profondeurs de la mer n'ont peut-être pas une lieue, buff. Hist. nat. Preuv. théor. terre, Œuv. t. I, p. 239. Cette profondeur de l'Océan est fort différente, même à de grandes distances des terres; on prétend qu'il y a des endroits qui ont jusi|u'à une lieue de profondeur; mais cela est rare, et les profondeurs les plus ordinaires sont depuis 60 jusqu'à (50 brasses, id. ib. t. ii, p. 2. Jusqu'en ses profondeurs le Gapge s'est troublé, c. dr- LAV. Paria, m, 7. 0 vastes cieux ! 6 profondeurs sacrées I Morne sérénité des voûtes azurées I v. nuGO, les Burçjravet, li, 3. || Fig. Ils [certains liommesj n'ont pas, si j'ose le (lire, deux pouces de profundeur; si vous les enfoncez, vous rencontrez le tuf, LA BBUY. vili. Il a* Profondeur se dit pour longueur, en considérant l'entrée et l'autre bout. Cette cour a tant de profondeur. Surtout donne de la profondeur à ta scène; que tes figures ne soient pas, à mes yeux, des cartons découpés, oider. So(on de (767, (Eur. t. XV, pf (33, dans pouoens. Le petit golfe de Cambaie, qui n'a guères que 60 à oo lieues de profondeur, buff. Hist. nat. Preuv. théor. terre, Œuv. t. Il, p. (22.11 3* La partie d'un pays c|ui est loin des côtes. Les chasseurs disent que ces animaux [les bubales] ne se trouvent qu'à une grande profondeur dans les terres du Cap, buff. Quadrup. t. X, p. 44(. S'ils s'enfonçaient dans les profondeurs de l'Inde, ravnal, Hist. philos, v, 34. Il 4* Terme de géométrie. La dimension d'un corps considéré de haut en bas. Les trois dimensions, longueur, largeur et profondeur. {[ Terme de marine. Profondeur de la carène, synonyme de tirant d'eau. 115° Terme de tactique. Manière de ranger les "hommes sur plusieurs files, dite aussi épaisseur ou hauteur. 11 les sépara par petits corps, auxquels il donna plus de profondeur que de front, rollin, Hist. anc. Œuv. t. v, p. 2iii. On laisse le-ennemis passer la Doire ; ils avancent sur huit colonnes de vingt-cinq hommes de profondeur, volt. Louis XIV, 20.116° Fig. 11 se dit des choses difficiles à pénétrer, i comprendre. Dieu i qui uot

PRO

PRO

PRO

profondeurs sont ouvertes, Boss. t" sermon, Pentecôte, 2. Entrant dans les profondeurs des conseils de Dieu, id. Hist. n, 7. Qu'est-ce que l'homme, 0 mon Dieul et qui comprendra la profondeur de ses Toies et l'éternelle contradiction de ses égarements? MASS. Avent, Bonh. detj. Il faut d'un œil sévère Sonder la profondeur de ce triste mystère, VOLT. Œdipe, [, 3. Il est temps que mon cœur De ses derniers replis t'ouvre la profondeur, id. Fanât, u, 4. [Guise] Nul ne sut mieux cacher, sous des dehors trompeurs, Des plus vastes desseins les sombres profondeurs, id. llenr. in. Peutêtre dans les profondeurs du respeclable arien Clarke y a-t-il quelques obscurités, quelcjues vessies, ID. ienni, 8 S'il est vrai que notre âme s'étende avec nos idées, et s'assimile en quelque façon aux objets dont elle se pénître, combien l'homme doitil s'enorgueillir d'avoir percé ces profondeurs inconcevables [les problèmes astronomiques] 1 bar- THRL. Anach. ch. 30. || 7° Qualité de l'esprit qui pousse les pensées, les calculs, les connaissances jus(iu'aux dernières conséquences des choses. La profondeur de son savoir, de son érudition, de ses écrits. Un homme jCromwell] s'est rencontré d'une profondeur d'esprit incroyable.... boss. Reine d'Anglet. Il 11 se dit aussi des sentiments. La finesse des idées et la profondeur des sentiments, stael, Corinne, m, I . Il En mauvaise part. Quelle profondeur de scélératesse ! volt. Amabed, 4« lett.

— ' HIST. ivi* s. La profondeur des admirables secrets qui sont semez par tout l'univers, langue, 457. Dans la profondeur de la terre, ID. 490. Profondeur de sentences, amyot, Fab. 3.

— ÊTYM. Profond ; Berry, parfondeur. On trouve aussi prnfnndesse et profondité,

t PROFCS, CSE {pro-fû, fu-z'), adj. Terme didactique. Qui se répand avec abondance. Une sueur profuse.

— HIST. XVI» 8. 11 se rendit mal agreaoîe au conseil d'Espagne, pour sa profuse libéralité, d'abb. Hist. m, 84.

— ÊTYM. Lat. prnfusus, répandu abondamment, de pro, en avant, et fundere, verser (voy. fondre).

PROFCSÉME.\T (pro-fu-zé-man), ad;. Avec profusion. Il donne profusément.

— HIST. XVI* s. Et ces dons là profusément jettes Sont convenans à hautes majestés, st-gel. 36.

— ÉTYM. Profuse, et le suffixe ment.

PROFUSION (pro-fu-zion ; en vers, de quatre

syllaibes), t. f. Action de répandre sans modération les libéralités, les dépenses. Je suis tombé pour toi dans la profusion, corn. Cinna, v, i. le suppose que vous savez qu'on croit qu'il y a cent mille écus répandus pour faciliter toutes choses; l'innocence ne fait guère de telles profusions, sév. 299. Ce marôchal (de Saint-André] était bien aise aussi d" faire paraître aux yeux de Mme de Clèves cette dépense éclatante qui allait jusqu'à la profusion, lA PAT. Princ. Clèves, Œuv. t. ii, p. 61, dans POUGENS. Que de pauvres, que de malheureux, que de familles ruinées pour lacausede la foi ont subsisté pendant tout le cours de sa vie, par l'immense profusion des ses aumônes I BOSS. Èeine d'Anglel. Us [les pauvres] naissent pour soufTrir, pour porter le poids du jour et de la chaleur, pour fournir de leurs peines et de leurs sueurs à vos plaisirs et à vos profusions.... MASS. Pet. car. Be.5p. que les gr. doivent à la relig. C'était une profusion de liqueurs rafraîchissantes supérieures aux meilleurs vins, volt. Princ. de Babyl. 4. L'économie est plus éclairée que la profusion, d'alemb. Essai sur la soc. des gens de If lires, Œuv. t. m, p. loo, dans pouoens. || Fig. Elle [la fortune] fait des profusions et ne paye pas ses dettes, balz. De la cour, i' dise. A quoi bon des compliments si étuiliés et une si grande profusion de belles paroles, id. liv. i, lett. ». Je crois toujours qu'il y a plus de profusion que d'économie dans la nature, volt. Lett. Kônig, juin 1753. J'ai lu les Quatre Saisons du cardinal de Bernis; c'est une terrible profusion de fleurs; j'aurais voulu que les bouquets eussent été arrangés avec plus de soin, id. Lett. Mme d'Argental, )3août<7«3. || Fig. Donner des Inuangesà profusion, avec profiision, les prodiguer. — HIST. ivi' s. L'enfance et la décrépitude se rencontrent en imbécillité de cerveau; l'avarice et la profusion, en pareil désir d'attirer et d'acquérir,

MOWT. 1, 389.

— ETYM. Lat. profusionem (voy. I'Rofu»).

t PUOGALLINSECTK (pro-gal-iin-sè-kt'i, s. m. Sorte de faux gallinsectes, qu'on distingue des vrais par les incisions annulaires qu'ils retiennent toujours, et qui s'effacent entièrement dans les gallinwctei proprement dits, bunnet (qui fait ce mot

du féminin, à tort), Consid. corps organ. Œuv. t. VI, p. 20», dan» pougens.

— f.TVM. Lat. pro, pour, en placede, eigallinsecte. t PROGASTRIQUE (pro-ga-stri-k'), adj. Terme

de zoologie. Qui a les nageoires ventrales insérées sous l'abdomen.

— ÉTYM. ITsi, en avant , et gastrique.

PROGÉNITCRB (pro-jé-ni-tu-r), s. f. Terme familier. Il se dit des enfants et des petits animaux. Dans les chevaux, le mâle influe plus que la femelle sur la progéniture, buff. Quadrup. t. i, p. 60. Il 11 se dit, en plaisantant, des enfants d'une famille. Un tel et sa progéniture. J'y mènerai ma progéniture.

— ÊTYM. Lat. fictif, progenitura, de progenitum, supin <\e prof/ignere, qui vient de pro, et gignere, engendrer (voy. génération).

t PROGI.OSSE (pro-glo-s'), adj. Terme de zoologie. Qui a une langue très-longue et susceptible de sortir de la bouche.

— ETYM. IIpo, en avant, et yy&aaa, langue.

t PROGNATHE (progh-na-f), adj. Terme d'anthropologie. Qui a les mâchoires allongées ou proéminentes; se dit de certaines races de l'Africiuc et de l'Australie, dont le type du crâne est inférieur. Races prognathes.

— ËTYM. ripo, en avant, et Yviôoç, mâchoire.

t PROGNATHISME (pi;ûgh-na-ti-sm'), s. m. Disposition de la face qui porte la mâchoire en avant. Prognathisme dentaire.

t PROGNÉ (pro-gné), s. f. Fille de ranrtion, roi d'Athènes, et sœur de Philomèle; elles furent changées, l'une en hirondelle, l'autre en rossignol. Il Nom poétique de l'hirondelle. Autrefois Progné, l'hirondelle, De sa demeure s'écarta, la font. Fabl. III, 16. Progné me vient enlever les morceaux, Caracolant, frisant l'air et les eaux; Elle méprend mes mouches à ma porte, id. ib. x, 7.

— ÉTYM. npôxvT).

■j- PROGNOSE (progh-nô-z") , s. f. Terme de médecine. Doctrine hippocratique des maladies fébriles aiguës, en tant qu'il s'agit de leur marche et des signes qui indiquent les accidents, les crises et les solutions. '

— ETYM. IIpÔYvaxTi;, de itçti, avant, et yvùiiit;, connaissance (voy. gnose).

PROGNOSTIC (progh-no-stik) , s. m. Voy. pronostic, qu'on dit seul aujourd'hui.

PROGNOSTIQCE (progh-no-stl-k') , adj. Terme de médecine. Qui fournit le pronostic. Signes prognostiques.

— ÉTYM. npwfvoffTtxài; (vOy. PROGNOSF.).

PROGRASfME (pro-gra-m'), t. m. || 1° Écrit qu'on

affiche et qu'on distrilm» pour "exposer le détail d'une fête publique, les conditions d'un concours, etc. Il II se dit aussi de l'annonce qui contient le sommaire d'un cours. || Fig. Tenir, remplir son programme, tenir exactement ce qu'on a promis. Il i° Fig. Indication générale d'une politique, d'une doctrine. L'édifice dont le programme est dans les cœurs de tous les ardents amis de l'humanité, «k-. BŒUF, Pièces, II, 67.

— ÉTYM. tlpôrpaiiua, de repè, avant, et ypiçeiv, écrire (voy. ghaphiouf).

PROGRÈS (pro-grê; Vs se lie : un pro-grê-z incessant), s. m. Il 1° Mouvement en avant. Le progrès du soleil dans l'écliptique. Les progrès d'un incendie. Le Rhin, tranquille et fier du progrés de ses eaux, BOiL.'^p. iv. || 2» Il se dit de ce qui avance dans le temps, de ce qui se développe. Tout ce qui se perfectionne par progrès périt aussi par progrès, PASC. Pcti*. XXIV, 9« bis, édit. havkt. II [l'homme], est dans l'ignorance au premier Age de sa vie; mais il s'instruit sans cesse dans son progrès, id. h'ragm. sur le tide. Dieu a voulu faire et marquer l'ébauche de son ouvrage.... et, après avoir lait il'.ibord comme le fond du monde, il en a voulu faire l'ornement avec six différents progrès, qu'il a voulu appeler six jours, BOSS. lUéxat. nirmijst. m, 5. Dans le progrès de l'âge, lu. Déf. tradil. commun, ii, 3i. Le poème tragique vous serre le cœur dès son commencement, vous laisse à peine dans tout son progrès la liberté de respirer, et le temps de vous remettre, LA BRiiY. l. Heureux progrès des ans! Que son port est plus fier, ses traits plus imposants! c. DELAv. Paria, m, 4. || 3" Terme de philosophie. Progrès àl'infini, opinion deceiix qui considèrent lus causes comme formant une série indéfinie, sans arriver à une cause dernière et suprême. Et il est trèsmanifeste qu'en cela [la cause quiaproiluit l'homme être pensant] il ne peut y avoir de progrès à l'in- Sni, vu qu'il ne s'agit pas tant ici de la cause qui m'a produit autrefoii conm« de celle qui mt con-

serve présentement, desc. If^di*. m, 21. Supposer un progrés de causes à l'infini, c'est n'en point supposer du tout, 1. 1. Rouss ^m. IV. || 4" Suite de succès militaires et autres. Sans faire passer les choses pour autres qu'elles ne sont, les seuls progrès que nous avons faits cette année, nous sont venus par votre moyen, voit. Lett. 82. 11 ne faut point douter que des commencements si merveilleux ne soient soutenus par des progrès encore plus étonnants, CORN. Poly. à la reine régente. L'éclat d'une fortune et le cours d'une vie Par qui l'Empire fait de si fameux progrès, rotr. Bélis. m, 6. Cromwell signa un traité avec les Espagnols, cjui, assistés de .ses forces et profitant de nos désordres, prirent la même année Graveline et Dunkerque, et firent plusieurs autres progrès , pellisson, Hist. de Louis XI V, 1, (664. Lui seul peut arrêter les progrès d'Alexandre, RAC. Alex. I, < . Il B° Toute sorte d'augmentation, , d'avancement en bien. Il fait des progrès dans ses études. Ce parfait et divin amour Les avançait de jour en jour En ces progrès d'esprit où la vertu s'excite, corn. Imit. 1, (s. Le grand progrès spirituel N'est pas un goût continuel Des sensibles attraits dont elle [la grâce] te con.sole, iD. 16. m, 7. Non-seulement chacun des hommes s'avance de jour en jour dans les sciences, mais tous les hommes ensemble y sont en continuel progrès, à mesure (lue l'univers vieillit, pasc. FragtH. sur le vide. Je suis charme des progrès qu'un petit nombre d'auteurs a nonnes à notre poésie, frn. t. xxt, p. 278. Si des intelligences supérieures à l'homme ont aussi un progrès de conudissances, elles volent tandis que nous rampons, fonten. Newton. Une des plus agréables histoires, et sans doute la plus philosophique, est celle des progrès de l'esprit humain, ID. Gallois. C'est déjà avoir fait un grand progiès que de souhaiter d'en faire, rolun, Traité des Et. VI, chap. I, f" part. 1, 6. Conséquences du progrès nécessaire et indéfini de la raison humaine, malgré les interruptions des guerres, l'abué de saint-pierre, Œuv. t. xv, p. 100. La raison a fait plus de progrès en vingt années que le fanatisme n'en avait fait en quinze cents ans, volt. Lett. due de Bouillon, 22 déc. (767. Les progrès [de la civilisation], quoique nécessaires, sont entremêlés de décadences fréquentes par les événements et les révolutions qui viennent les interrompre, tubgot, Ébauche du 2* dise, progrès de l'esprit humain, p. 266. Souvent une chose qui demande moins de génie qu'une autre, exige plus de progrès dans la masse totale des hommes, id. ib. p. 275. Je dirais volontiers du Pergolèse comme Ciccron disait d'Homère, que c'est avoir déjà fait beaucoup de progrès dans l'art que de se plaire à sa lecture, j. t. rouss. Lett. sur la mu.^. franc. Les philosophes auraient suppléé à l'impuissance où nous sommes, pour la plupart, de nous étudier nous-mêmes, s'ils nous avaient laissé l'histoire des progrès de leur esprit, CONDILL. Art de penser, 11, 3. L'invention et les progrès des sciences sont de la même nature; ces progrès ne sont que l'invention renouvelée, hailly, Hist. astr. anc. p. ( i). || 6° Il se dit en mauvaise part, de ce qui s'aggrave, de ce qui empire. Les progrès continuels de la maladie. Un si grand mal faisait des progrès étranges, boss. Hist. 11, 2. Il [Dieul détermine dans sa sagesse profonde les limites qu'il veut donner aux malheureux progrès de l'erreur et aux souffrances de son Église, id. ReiT\e d'Atiglet. Ce progrès en mal dont parle l'apôtre, lu. Bép. aux préjugés, 5. || 7° Absolument. Se dit du mouvement progressif rie la civilisation, des institutions politiques. Nier le progrès. Être partisan du progrès. 118° Avancement dans la faveur, dans l'afTeclion. Les progrès d'un favori dans les bonnes grâces du prince. Vous avez dans son cteur fait de si grands progrès.... COBN. Hicom. m, 3. Est-ce donc là, madame, Tout le progrès qu'Achille avait fait dans votre âme ? rac. Iph. m, «. Passion qui avait fait dans son cœur beaucoup de progrès, hamilt. Cromm.'9. || 9°Terme de musique. Progrès de la fugue, la suite de la fugue, à partir du point où toutes les parties ont fait chacune leur entrée, et où tous les fils du discours musical sont liés ensemble.

— HIST. XVI" 8. Ouoyque je ne me contente gue res du progrez que j'y ay faict [dans l'étude de moimême], MuNT. 11, 60. Nous appelions sauvages les fruicts que nature de soy et de .son progrez ordinaire a proiluicts, id. i, 2:14, Et ainsi des aulreS; comme nous dirons au progrès [par la suite] de ce traité, PAHÉ, XX, 4,

— ÉTYM. Ijit. proi/ressus, marche, de progredi. marcher en avant, de pro, en avant, et gradi, marcher (voy. cradS^.

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t PROGRESSER (pro-grè-sé), t». «i. Néologisme. Faire des progrès.

PROGRKS.SIF, IVE ( progrè-sif, si-v'), adj. Il l" Qui cliange de place en avant. Le mouveniiBiit progressif de la lune. Ce mouvement que nous appelons animal est le même qu'on nomme progressif, comme avancer, reculer, marcher de côtA et d'autre, Boss. Conn. il, t. Les désirs sont à l'âme ce que le mouvement progressif est au corps, m. ib. m. II. Il est vrai que nous ne connaissons aucun végétal qui ait le mouvement progressif, bufs. Compar. dfs anim. et det iégét. || Terme de botanique. Racine progressive, racine vivace qui s'allonge en avant et se détniit en arrière, de sorte que la plante qu'elle porte avance lentement : exemple l'anémone. || 2" Par eitension, qui chemine, qui se développe. En exprimant ces vers de Virgile : « Illa vel intact» segetis... », le peintre représentera Camille élancée sur la pointe des épis, mais immobile dans cette attitude, au lieu qu'en poésie l'imitation est progressive et aussi rapide que l'action même, MAHMONTEL, (Eut), t. tx, p. 408. || 8' Qui s'opèfe peu à peu. Il (le prédicateur en Angleterre] raisonne et ne peint pas; il n'essayerait pas, comme Bossuet, de décrire avec un effrayant détail le travail progressif du tombeau, viixemain, Litt. franc. xviii* siècle, i' part. 2'leç. || Terme de médecine. Paralysie progressive, paralysie qui envahit successivement les différentes parties du corps. 114" Fig. Oui avance, qui fait des progrès. Après l'établissement des barbares sur le sol romain, les événements et les hommes ont tourné longtemps dans le même cercle, en proie à un mouvement plus violent que progressif, guizot, Ilitt. de la civil, en France, 8* leç. .Sous ce règne brillant[deLouisXIVl, la science des festins obéit i l'impulsion progressive qui fit avancer toutes les autres sciences, buillat- SAVARiN, Physiol. du goût. Médit. 27. || 5° Qui suit une progression. Impôt progressif. || Krais progressifs, frais qui vont en augmentant, dans une exploitation; ainsi, dans un journal, le papier et le tirage constituent des frais progressifs. || Terme de minéralogie. Cristal progressif, celui dont le signe a des expo.sants qui forment un commencement de progression arithmétique. || 6" Terme de logique. Sorite progressif, celui qui descend des principes aux conséquences, par opposition au sorite régressif, qui remonte des conséquences aux principes.

— HIST. xvi* s. La faculté motive est divisée en progressive ou ambulative, et apprehensive, paré,

— ÊTYM. Voy. PROGRESSION.

PROGRESSION (pro-grè-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. || 1° Action de marcher; faculté que la plupart des animaux possèdent de se déplacer et de »e transporter d'un lieu dans un autre, à l'aide d'organes particuliers. Mouvement de progression. L.a progression des animaux. || 2* Fig. Suite non inlerromp le, marche. Il y a dans cet ouvrage une progression d'intérêt bien soutenue. On verrait finir cette circulation de richesses et cette progression de revenus qui vient de la dépendance où sont les arts les uns des autres; chaque particulier vivrait de sa terre.... uonte^q. Lelt. pers. loo. Admettraije une progression d'effets à l'infini sans une première cause T condil. Traité anim. ii, t. Elles [nos connaissances sur la chaîne des êtres] suffisent pour nous donner le-i plus hautes idées de cette magnifique progression et de la variété qui règne dans l'univers, bonnft, Contempl. nat. ii, 9. Dans cette vaste revue qtie j'essaye avec vous, l'ordre naturel pour moi, c'ist la variété, et ma seule progression, c'est le changement du sujet, villehain, Litt. franc. 18" siècle, 3» leçon. \\ 8" Terme de mathématique. Suite de nombres ou de quantités dérivant successivement les unes des autres, selon une même loi. || Progression arithmétique, ou progression par ëifférence, celle où la difTérence de ibaque terme au terme précédent est constante. ,1 Progression géométrique ou progression par quotient, celle où le rapport de chaque terme au terme précédent est constant. La baron Neper, Écossais, montra des routes plus faciles [par l'invention des logarithmes].... son moyen est bien simple, c'est l'union d'une progression arithmétique avec une progression géométrique, BAILLT, Uist. asir. mod. t. il, p. 108. Il Progression croissante, celle dont les termes vont en augmentant: Progression décroistante, celle dont les termes vont en diminuant Il 4' Terme de musique. Mouvements réguliers d'harmonie dans une forme déterminée et prolongée, KÉTis. la iffi\i'i<ie, liict.

— «ST. «vr s. l'ai cesiedoulce et philosophique

progression de poinct eu poinct, il luy monstra et prouva que tout son leoroche et sa maledicence n'estoit autre chose que l'abboy d'un chien, amyot. De la tranq. d'dme, lo. Progression est certaine oriloniiance de nombre par laquelle le premier est surmonté du second d'autant que le second est surmonté du tiers, de LA boche, Arismetique, f 3.

— ÉTYM. Lat. progressiowm, de progredi (voy. progrès).

t PROGRESSISTE (pro-grè-si-sf), adj. Néologisme. Oui partage les idées de progrès ; qui est consacré au progrès politique et social.

PROGRHSSIVEMENT (pro-grè-si-ve-man), adv.

D'une manière progressive. || Avec le mouvement de progression. Les animaux qui ont la faculté de se mouvoir progressivement, comme de marcher, de voler, de nager, hvrt. Animaux, système sur la génération.

— KTYM. Progressive, et le suffixe ment. PROHIRÉ, ÉE (pro-i-bé, bée), part, passé de

prohiber. Commerce prohibé. Livres prohibés. Les emballeurs, chargeurs et déchargeurs sous corde, pour faire toutes sortes de balles, ballots.... et pour gagner.... emballent et déchargent toutes sortes de marchandises prohibées et défendues. Arrêt du Cons. d'État, I5 oct. I622. || Terme de droit. Degré prohibé, ilegré de parenté oii la loi défend de se marier. || Armes prohibées, armes dont la police interdit le port et l'usage. || Temps prohibé, temps où il est interdit de faire quelque chose. La chasse en temps prohibé.

PROHIBER (pro-i-bé), «. o. Terme de législation et de [lalais. Défendre, interdire. Prohiber la vente d'une denrée, d'un livre.

— HIST. XVI' s. Ne veult elle pas (notre volonté] souvent ce que nous luy prohibons de vouloir, et à nostie évident dommage? mont, i, 99. La coustume a faict le parler de soi vicieux, et le prohibe obstinéement, en hayne de la vantance, m. ii, 60.

— ÊTYM. Prov. prohibir; ital. proibire; du lat. prohibere, de pro, avant , loin, et habere, avoir (voy. ce mot) : mot à mot tenir loin.

t PROHIBEUR (pro-i-beur), s. m. Celui qui prohibe.

— HIST. XV* s. Prohibeur, cotSRAVg.

PROHIBITIF , IVE ( pro-i-bi-tif, ti-v' ) , adj.

Il !• Oui interdit, qui restreint, qui empêche. Qu'il (Socrate] était averti par une vertu prohibitive seulement [de son démon], lamothe lkvater. Vertu des paiens, ii, Spcrate. La tradition constante des conciles... est d interpréter ce verset [St Luc, vi, 35, sur l'intérêt] comme prohibitif du profit qu'on tire du prêt, Boss. 2* instr. sur les passages, iT pass. Ce n'est point par des lois prohibitives que l'on tiendra dans une sorte d'équilibre les fortunes des particuliers: il faut, autant qu'il est possible, introduire parmi eux l'esprit de désintéressement, barthél. inach. ch. «i. i| 2° Qui a rapport à la prohibition. Régime prohibitif. Système prohibitif. Ces mots réveillèrent l'antipathie de Turgot pour le système des lois prohibitives, il répondit que sur cet objet son opinion était invariable, marmontel, Uém. xii. Il 8" l'erme de grammaire. La particule prohibitive, la particule ne. J'avoue que cette particule prohibitive paraît redondante en notre langue; mais elle y est de temps immémorial, d'ouvet. Rem. Racine, §73.

— ÊTYM. Prov. prohibitiu; espagn. prohibitito; ital. proibttttif) ; du lat. prohibitum, supin de pcohibere, prohiber. Le xvi* siècle disait prohibitoire.

PROHIHITION (pro-i-bi-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Défense, interdiction. Prohibition du port d'armes. Il [Pythagore] leur enjoignait [à ses disciples] de ne porter jamais la figure des dieux gravée sur des anneaux, ce qu'on a toujours pris pour une prohibition de révéler ce qu'il leur avait enseigné de la nature divine, la hothe le VAïER, Vertu des paiens, ii, Pythagore. J'envoyai aux galères de bonnes familles, pour s'être amusées à l'astrologie judiciaire après ma prohibition, j. BRUSLÉ, Lucien en belle humeur, t. i, p. 210, danspouGENS. Toute prohibition d'aliéner faite avec cause et en faveur do quelqu'un emporte fidéicommis, PATRU, Plaid, xii, dans richklet. (|2* Défense de faire entrer dans un pays une marchandise étrangère. Ce commerce n'entraîne pas une permission pour les colonies, qui restent en état de prohibition, MONTESQ. Rsp. xxi, 21. C'est dans l'espérance d'acheter à bon marché et de vendre cher qu'on a imaginé ces prohibitions; les nations ont voulu sa nuire mutuellement, et elles se sont oui ch.icune à ellp.8-mfmes, coNpii.. Comm. gauv. i, 21.

— HIST. xvr ». Ciceron luy respondit, que son élection au tribunal, ayant este faute directement

contre l'expresse prohibition de* loii, «stoit nulle, AMTOT, C. d'Utig. 53.

— ÊTYM. Prov. pro/iibilion ; espagn . prohibicinn; ital. prot'biii'one ; du lat. prohibitionem, de prohibitum, supin de prohibere, prohiber.

t PROHIBITIVEMENT ( pro-i-bi-ti-ve-man), adn. Par prohibition, d'une manière prohibitive.

PROIE (proi), s. ^. (1 1" Ce que les animaux carnassiers ravissent pour leur nourriture. L'âne sauvage est la proie du lion dans le désert; ainsi les pauvres sont la proie des riches, SACi, Bible, Ecclésiast. XIII, 23. Nous sommes quatre & partager la proie, LA FONT. Fabl. i, t. Ni loups, ni renards n'épiaient La douce et l'innocente proie, lo. ib. vil, I. Comme un lion qui tient sa proie dans ses ongles, tout prêt à la mettre en pièces, boss. Anrie de Goni. Le corps de mon frère aurait été la proie des vautours, FéN. Tél. xvii. Tout animal qui se nourrit d'autres animaux vivants, quoique très-pelits, est un animal de proie, bupf. Ois. t. v, p. 279. ■ Lorsqu'il [le lion] sauta sur sa proie, il fait un bond de douze ou quinze pieds, tombe dessus, la saisit avec les pattes de devant, la déchire avec ses ongles, et ensuite la dévore avec les dents, m. (luadnip. t. III, 124. Il Oiseau de proie, oiseau qui (lonne la chasse au gibier et qui s'en nourrit. Dans chaque grande division de l'espèce animale, elle [la nature] a choisi un certain nombre d'animaux qu'elle a chargés de dévorer les autres; ainsi il y a des insectes de proie, des reptiles de proie, des oiseaux de proie, des poissons de proie et des quadrupèdes de proie, j. de maistre, Soirées de St-Pétershourg, T entretien. || Fig. Un oiseau de proie, un homme qui vit, qui s'enrichit de rapines et de fraudes. || Terme de fauconnerie. Être Apre à la proie, se dit en parlant d'un oiseau qui se sert courageusement de son bec et de ses ongles. || Fig. Et l'avare Achéron ne lâche pas sa proie, bac. Phèdre, u, 6. C'est Vénus tout entière à sa.proie attachée, 10. ib. 1, S. Jette encore une proie aux bourreaux de mon pèrel c. delav. Louis II, m, n. || 2* Butin fait à la guerre. Lorsqu'aux pieds des murs fumants de Troie Les vainqueurs tout. sanglants partagèrent leur proie, rac. Andr. I, 2. || Par extension, tout ce qu'on prend par la guerre. Tu céderas, ou tu tomberas sous ce vaini|ueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté; tu disais en ton cœur avare : Je tiens la mer sous mes lois, et les nations sont ma proie, boss. Uar.-Thér. Ils "(les indiscrets] ressemblent, dit le sage, à une ville sans murailles, qui est ouverte de toutes part», et qui devient la proie du premier venu, in. Puch. d'Ori. Il En proie à. devenu la conquête. Ce roi [saint Louis] qui deux fois Donna Sidon en proie à ses peuples françois, Régnier, Sat. xv. Nos ennemis communs attendent avec joie Qu'un des partis défait leur donne l'autre en proie, coBN.tfor. i, 4. Poussé de tous côtés, il faut qu'il [Merci] laisse en proie au duc d'Enghien non-.seulement son canon et son bagawe, mais encore tous les environs du Rhin, boss. iouii de Bourbon. Ainsi fut livrée en proie aux Mèdes cotte superbe Babylone, ID. Uist. Il, i. Elle [Home] est en proie aux barbares, ID. ib. m, t. Il Fig. En proie à, expo.se à, tourmenté par. Il s'abandonne en proie aux soucis plus cuisants, Régnier, Sot. vi. Aux accès insolents d'une bouffonne joie La sagesse, l'esprit, l'honneur furent en proie, boil. Art p. m. Aux conseils des méclwnts ton roi n'est plus en proie, bac. Esth. m , 7. Pendant que Pygmalion était en proie à la défiance, FÉN. Tél. viii. L'Allemagne était en proie à six armées formidables, qui la dévoraient en même temps, volt. Louis IV, 32. Je plains cette douleur où votre âme est en proie, volt. Adél. du Guescl. i, l. Quinault, avec tout son mérite, resta donc en proie aux injures de Boileau et à la protection de LuUi, ip. Vict. phil. Art dramatique. Regardez cet avare en proie & sa richesse. Et d'un gros revenu puni par sa tristesse, delille, Camiers. ii, Proiogue. (| Absolument. En proie, exposé, livré comme une proie. Tout ce que la religion a de plus saint a été en proie; l'Angleterre a tant changé, qu'elle ne sait plus elle-même à quoi s'en tenir, »oss. Reine d'Anglet. Il (le prince de Condé] part & ce premier mouvement Jde l'armée ennemic'l; déjà l'armée hollandaise avec ses superbes étendards ne lui échappera pas; tout nnge dans le sang; toute.st en proie, id. ioutj de linurb. Il 8° Toute chose dont on s'empare avec violence, avec une sorte de rapaciiè. Sa fortune devint la proie d'avides héritiers. I.e chien mit bas la proie Pour la défendre mieux, n'en étant plus chargé, la FONT. Fabl. vin, 7. X ce nouveau venu la voilà [une femme] donc en pr-iio, m. ''iinc Pemn ado sj»

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rm obtenu le pardon, Et la scène française est en pvoie à Pradon, boil. Épitre viii. Et j'espérais ma ]iarl d'une si riche proie, iD.y4t/io/. m, :!. Ilsontperdu leur force en disputant leur proie, volt. Tancr.i, <■ Il 4°Fig. Use dit dés personnes dont on s'empare. Je pourrai bien tantôt \u\ souffler cette proie, mol. l'hU. in, 6. Quelle joie D'enlever àl'Epire une si belle proio [Hermione] ! rac. Andr. ii, 3. yS" Celui qui esi persécuté par un autre, qui en devient la viciime. Je ne sais si ce tigre a reconnu sa proie, bac. Esth. m, 3. Il Être la proie de, être exposé à. La fin de tant d'ennuis dont noiis fûmes la proie, malh. ii, t. Pour sortir des tourments dont mon âme e»t la proie, BAC. Bérén. v, 6. Il y a longtemps que mon cœur est la proie de vos yeux, hamilt. Gramm. T. ■^émoin les collecteurs dont nous sommes la proie, «. DELAV. Lnuis XI, m, f. Il 6° Il se dit des choses qui ravagent, détruisent. Cette maison a été la proie des flammes. Le pays était en proie il la disette. Il 7° Il sJest dit pour bétail. Défenses sont faites à toutes personnes habitant la censive de Testmilon, de faire aucunes proies ou troupeaux à part, ni de les mener pâturer à garde séparée, même le long des chemins. Arrêt du pari. (4 aod(4787.

— HIST. XIII* s. En son païs porte li cuens [le comte] sa proie [la dame enlevée], audefr. le BAST. Romancero, p. 34. Or sont à sejor [en repos] Dame et seignor , Et larron vont en proie , ib. p. 66. Chascuns devient oisel de proie ; Nus [nul] ne vit mes se il ne proie [pradatur], ruteb. 2)8. Il xv s. La garnison trop se defendroit; mais j'ai vu, dit l'espie, issir la proie [le bétail] hors de la ville, et y a bien sept ou huit cents grosses bestes, et sont par dessous la ville es prés, proiss. i, i, ï54. Il XVI' s. Ils ont appelé les armes estrangeres ; qui e.«t à dire en bon langage mettre en proye ce royaume, condé, Mémoires, p. 670. Aujourd'hui ce royaume de France est en proye, montluc, Méin. liv. VI. Ils ne font pas moins de ravage dans leur propre pays, que si c'estoit en celui des ennemis, où toutes cnoses sont en proye, langue, <3. Oui dénie l'instruction et la correction à son enfant , le laisse en proye du vice, qui après le traine en perdition, iD. )i6. Tant pour sauver ma vie et à ma femme et enfants , qui seroient en péril et danger indubitable, et nos biens en proie, que pour

tascher Protestation de Brisson, dans /oum. de

VEstoile. t. I, p. 387. Le peuple romain qui s'etoit donné toute nation en proie, et. pasquieb. Recherches, 1, 7.

— ÏTYM. Provenç. et ital. preda ; du latin pra"da que les étymologistes regardent comme étant pour prje-hida (comparez prxbeo pour prœhibeo), représentant la forme non nasalisée deprehendere, prendre; pour l'absence de nasalisation comparez êyaîov aor. 2 de ya-^iiwtù, hendere.

t PEOJECTIF, IVB (prô-jè-ktif, kti-v') , adj. Il l" Terme didactique. Qui a la force de projeter, lancer. JLa dissociation de cinq litres d'eau [décomposition] consomme la force projective qui lancerait une tonne métrique à 9000 mètres, c'est-à-dire beaucoup plus haut que jamais aéronautes ne sont parvenus, fouvielir, Presse scientifique, *863, i. i, p. 45t. Il 2° Oui est relatif à la projection en perspective. Les propriétés projectives des sections coniques, les propriétés relatives aux cordes communes, aux points de concours des tangentes communes, etc.

— KTYM. Voy. PRpjECTION.

PROJECTILE (pro-jè-kti-l').||l».<d;. Qui lance, qui produit la projection. Mouvement projeclile. Tous les corps jetés ou lanciJs hors de la perpendiculaire à l'horizon se meuvent d'un mouvement composé de deux forces : savoir la force de la pesanteur, et la force qui les lance, qu'on nomme ordinairement force projectile, bhisson. Traité de phys. t. I, p. 225. Il 2' S. m. En mécanique, tout corps solide et pesant susceptible d'être lancé par une force quelconque, et de continuer sa course seul et abandonné à lui-même. La courbe décrile par un projectile se nomme une trajectoire, et ch gérait une parabole si le mouvement avait lieu dans le vide. La difficulté de concevoir les mouvements relatifs des projectiles au-dessus de la terre emportée par un double mouvement de rotation sur elle-même, e*. de révolution autour du soleil, laplace. Expos. m, 2. Il Mouvement de projectile, mouvement d'un corps lancé. La comète ayant, par un seul coup, communiqué un mouvement de projeclile à une quantité de matière.... bufp. Uist. nat. Pieuv. théor. terre, (Eue. t. i, p. 20». || 8' Terme d'artillerie. Corps (le nature quelconque lancé par une îirme de jet. C» mot s'emploie spécialement pour désigner les

corps lancés par les bouches k feu. Projectile plein, creux. Projectile sphérique, oblong, cylindro-ogival. Pour mesurer la force des projectiles, il emploie un pendule contre lequel ces projectiles viennent frapper; et la grandeur des arcs décrits par ce pendule donne les forces cherchées, condobcet, d'Arci. L'effet qu'on pouvait attendre des projectiles creux, lorsqu'ils agiraient par explosion dans des matières d'une grande ténacité, andbéossï, \nstit. Mém. scienc. t. vu, p. <79. La force destructive des projectiles varie comme le carré de la vite.sse et comme la simple puissance de la masse. Presse scientifique, <863, t. i, p. 206.

— ËTYM. Lat. fictif, projectilis (voy. projection). PROJECTION (pro-jc-ksion ; en vers, de quatre

syllabes), i. f.\\i° Action de jeter, de lancer un corps pesant. Dans notre hypothèse, le soleil était une masse de matière en fusion, même avant la projection des planètes, bufp. ('• épog. nat. Œuv. t. xu, p. 73. Il est infiniment peu probable que la projection primitive des planètes, des satellîtcs et des comètes a passé exactement par leurs centres de gravité; tous ces corps doivent donc tourner sur eux-mêmes, laplace. Expos, m, 5. Il est évident qu'il n'y a que les gaz déreloppés, pour ainsi dire, instantanément [dans l'inflammation de la poudre] qui contribuent à la projection, thenaku. Traité de chim. t. Il, p. 498, dans poigens. || 2° Terme de chimie. Action de jeter par cuillerées, dans un creuset posé sur des charbons ardents, une matière en poudre qu'on veut calciner. || Poudre de projection, poudre à laquelle lesalchimistes attribuaient la vertu de changer les métaux inférieurs en or ou en argent. Est-il plus possible que du sel soit changé en soufre que de faire de l'or avec de la poudre de projection 1 volt. Newt. i, 8. || 3° Terme de fondei ie. Jet de métal en sable ou autrement. || 4* Terme do perspective. Représentation ou apparence d'un objet sur un plan. Quand nous regardons un cube, par exemple, il est certain que tous les côtés que nous en voyons ne font presque jamais de projection ou d'image d'égale grandeur, malebr. Itech. vér. i, 7. Les premiers astronomes s'aperçurent, par la projection de l'ombre de la terre dans les éclipses de lune, que la terre est ronde, volt, ffeiet. m, 9. Il 5* Terme de géographie. Nom donné aux divers modes de représentation à plat sur le papier de notre globe ou de quelqu'une de ses parties. Ptolémée a rendu de grands services à la géographie en rassemblant toutes les déterminations de longitude et de latitude des lieux et en jetant les fondements de la méthode des projections pour la construction des cartes géographiques, laplace. Expos. v, 3. Il y a dans l'astronomie et la géographie descriptives trois espèces principales de projections : celle de Ptolémée, qui a ensuite pris le nom de Gemma Frisius, c'est la projection stéréographique ; la deuxième espèce est celle de Bogas, qu'on nomme projection orthogonale ou orlhographi(iue...; enfin la troisième espèce de projection est celle de Lahire; elle remédie à quelques imperfections des deux premières, LEVÊQUE, Instit. Mém. scienc. t. iv, p. 486. Il Projection polaire, représentation de la terre ou du ciel, projetée sur le plan de l'un des cercles polaires. || Projection polyconique, projection dans laquelle chaque petite zone terrestre est remplacée par la petite zone conique correspondante. |( Terme de géographie. Projection cylindiique, projection obtenue par l'assimilation de la portion de surface terrestre considérée à celle d'un cylindre inscrit ou circonscrit, dont l'axe coïncide avec celui du globe. Il Projection isocylindriqi#e, projection cylindrique qui, au lieu de conserver lesanj-'lfs comme la précédente, conserve les surfaces. || 6' ferme de géométrie descriptive. Projection d'un point sur un plan, le pied de la perpendiculaire abaissée de ce point sur ce plan. || Projection d'une ligne sur un plan, lieu géométrique des pieds des perpendiculaires abaissées de tous les points de cette ligne sur le plan. Il Plan de projection, celui sur lequel on projette un point ou une ligne. || Projection horizontale ou verticale d'un point, d'une ligne, projection de ce point, de cette ligne sur un plan horizontal ou sur un plan vertical.

— HIST. XIV* s. Pollution e-st projection de.... H. DR MONnEviLLE, f* a<.||xvi* S. Ils ont en leurs livres lai.ssé par escrit plusieurs belles instructions touchant la pierre phiinsophalc, ou poudre de projection, qui est d'une vertu si admirable, lanoue, 459.

— HIST. Lat. projeciionem, de projeclum, supin de projicere, de pro, en avant, et jacere, jeter (voy. jeteb).

PROJECTURB (pro-jè-ktu-r'), ». f. || 1* Terme dar-

chitecture. Saillie ou avance horizontale des diveri membres d'architecture. Il 2* ferme de botanique. Nom donné à de petites côtes saillantes qui, partant de l'origine d'une feuille, se prolongent de haut en bas sur la tige, comme dans les légumineuses.

— F.TYM, Lat projectura, de projicere (voy. projection).

PROJET (pro-jè ; le < ne se lie pas; au pluriel, I'» se lie : des pro-jè-z insensés; projets rime avec traits, succès, faix, etc.), s. m. || l°Ce que l'on a l'intention de faire dans un avenir plus ou moins éloigné. Lorsqu'on fait des projets d'une telle importance, CORN. Sertor, l, l. On n'evécute pas tout ce qui se propose; Et le chemin est long du projet à la chose, MOL. Tart. m, t. Le sot projet qu'il [Montaigne] a de se peindre I pasc. Pens. vi, 33, éd. havet. Cessez, princes et potentats, de troubler par vos prétentions le projet de ce mariage, BOSs. Har.-Thér. L'orgueil, qui monte toujours.... donne témérairement dans des projets insensés, m. 16. Sa famille, trop empressée à exécuter ce pieux projet [l'entrée au couvent], le rbmpit, in. Ann. de Gonz. J'ai vu tous mes projets tant de fois démentis! rac Bérén. v, 2. ... Mais, pour être approuvé». De semblables projets veulent être achevés, ID. Milhrid. m, I. Tous ses projuls semblaient l'un l'autre se détruire, ID. Athai. III, 3, À quelque grand projet votre époux le destine, id. ib. m, 4. Il y a des projets d'un si grand éclat et d'une conséquence si vaste.... que toute la gloire ettoutela fortune d'un homme y sontcomraises, la bruy.xii. Vous avez vécu irrésolu, faisant sans cesse des projets de pénitence et ne les exécutant jamais, mass. Carême. Impén. fin. Nous tromper dans nos entreprises. C'est â quoi nous sommes sujets ; Le matin je fais des projets, Et le long du jour des sottises, volt. Memnon. Memnon conçut un jour le projet .insensé d'être parfaitement sage ; il n'y a guère d'homme à qui cette folie n'ait quelquefois passé par la tête, id. ib. X cinquante-cinq ans la fortune est établie.... les projets avortés ou mllris, la plupart des passions calmées.... BUFF. Suppl. à l'hist nat. Œuvr. t. 11, p. (47. Il arriva alors ce qui est souvent arrivé depuis : le projet fut examiné, approuvé et même admis, et resta sans exécution, duclos, Œuvr. t. m, p. 47. Il fit exécuter un grand nombre d'instruments qui peut-être fussent restés longtemps de simples projets, condobcet, Courlanvaux. || Homme à projets, homme qui s'occupe incessamment d'inventions, d'entreprises. || 2° Action de projeter. Qui l'eût cru, mes frères, qu'un disciple élevé par le choix même de Jésus-Christ à la sublime dignité de l'apostolat... parût à la tête de ses bourreaux et conduisît lui-même tout le projet de sa mort? mass. Carfmi-, Passion, i.||3° Dans le langage de la conversation, manière dont on se propose d'employer une journée. Allez voir ce que lait mon fils, et informez-vous de ses projets [lour la journée, genlis , Thédt. d'iduc. les Faux ami.s, i, 2. || 4° Projet sur, projet d'obtenir le cœur, la main d'une femme. Vous avez donc des projets sur la nièce? desmahis, l'Impert. se. 2. Il 6" La première pensée, la première rédaction de quelque acte, de quelque écrit. Que je n'eii.sse auparavant employé assez de temps à faire le projet de l'ouvrage que j'entreprenais, de.sc. Méth. 11, s. De votre esprit que nul autre n'égale. Prince, ma muse tient tout entier ce projet : Vous m'avez donné le sujet, Ledi.ilogueet la morale, la font Fabl. xii, 9. Je traiterai ensuite des autres passions suivant le projet.cjue j'en ai lait, la bruy. Théophr. Avant-pr. Il Projet d'acte, la rédaction préparatoire d'un acte sur papier libre, non timbré. ||0n dit de même, projet de loi. || 6° Ebauche du plan d'un édifice à construire, avec ses coupes et ses élévations. Un projet bien étudié. || Il se dit, dans le même sens, des études qu'on fait pour la conslruclicjn d'un chemin de fer, d'un canal. |1 1° Il s'est dit pour sujet, manière, objet. Ne le dégoûte point surtout des paraboles. Quel qu'en soit le projet, Kt ne les prend» jamais pour des contes frivoles Qu'on forme sans sujet, CORN. Imit. I, 5.

— SYN proji'T, dessein. Le projet n'est que l'intention de faire quelque chose. Le dessein joint i oetic idée celle de plan, de comliinaison, de chose dessinée, suivant l'étyniologio d» dessein.

— ETYM. Lat. projecttis, action de jeter en avant, de prnjirere (voy. projkction).

I PROJETANT, ANTE (pro-je-tan, tan-t') adj. Qui forme des projets. Maman, toujours projetante et toujours agissante, ne nous laissait guère oisifs ni l'un ni l'autre, J. J. Bousseau, Confess. v.

PHOJETf:, ÊE (pro-je-té, tée), part, passé d* projeter. Lancé au loin Plusieurs observateur».

«sa

PRO

PRO

PRO

témoins oculaires des éruptions des volcans, ont irèsbien reconnu les cendres projetées, et quelquefois em[H.rlpe<: fort loin par les vents, bufp. Min. t. m, p. M3.

PBOJKTER (pro-je-té), v. a. I! se conjilgue comme jeter. Il !• Jeter, dirigerenavant.il [Théopompe) nous dit qu'un homme qui , malgré la défense des dieux, peut entrer dans un temple de Jupiter en Arcadie, jouit, pendant toute sa vie, d'un privilège singulier: son corps, frappé des rayons du soleil, ne projette plus d'ombre, BAHTHh'L. Annch. ch «s. On voit quelquefois les satellites passer sur le clisque de Jupiter et y projeter leur ombre qui décnt alors une corde de ce disque, laplace , Expos. I, 7. Il II se dit quelquefois simplement pour jelpr. Qu'un homme vienne vous dire que, projetant au hasard unemultitude de caractères d'imprimerie, il a vu l'Enéide tout arrangée résultat de ce jet, j. j. Houss. à Jf"', Corresp. t. m, p. 2«2, dans POUGENS. Sa force centrifuge [de Saturne] a projeté des parties de sa masse à plus du double de la distance à laquelle la force centrifuge de Jupiter a projeté celles qui forment son satellite le plus éloigné, Bt'PF Théor. terr. Part, hypoth. Œurr. t. ix, p. i94.||2° Tracer, figurer sur un plan, sur une surface, un corps quelconque suivant certaines règles géométriques. La perspective, qui, comme on sait, projette les cercles en forme d'ovale, lorsqu'ils sont vus obliquement, baillt, Hist. astr. mod. 1. 1, p. 410. Il Terme de géométrie descriptive. Projeter un point, une ligne sur un plan, en déterminer la projection sur ce plan. 118° Entretenir l'intention de faire quelque chose dans un avenir plus ou moins prochain. Faites-lui souvenir, quoi qu'il craigne ou projette. Que je suis son amie et non pas sa sujette, COH.N. Tit. et liérén. v, 4. Dans le même temps le roi [Henri III] projetait de faire mourir Guise, et Guise de faire détrôner le roi, volt. Ess. guerr. civ. de France. Avec quel regret nous nous séparâmes I avec quel plaisir nous projetâmes de nous revoir! 1. 1. RODSSEAU, Confess. IV. Où commence le mal à votre avis? dans les lieux où on le projette, ou dans ceux où on l'accomplit? id. Ém. v. || Absolument. On s'intrigue, on projette. || 4* Se projeter, v. réfl. Paraître en avant. Cette figure se projette dans le tableau. Le soir venait, et l'ombre des arbres se projetait au loin.

— HIST. xvi* s. Pantagruel demandoyt à quel propous... il [Mardi gras] avoyt tant de moustarde en terre projectce, rab. Panl. iv, 42. De meiniere que pour Geste opulence elle en avoit la teste droitte et le cueur élevé, et si ne projettoit rien de petit, amyot. Colon, 53. Que les ambassadeurs des princes et potentats chrestiens préalablement projectassent les points et articles dont il seroit traitté audit concile, M. DU BELL. 487. Les bastimens mal projettes sont communément de plus grande despense en leur fabrique, que les autres, o. de serbes, 19.

— f.TYM. Projet.

t PROJETKDR, ECSE (pro-je-teur, tefl-z'),î. m. et ^. Celui, celle qui fait des projets. Si M. le cardinal I Richelieu! avait vu le reste [d'une narration de l'abbé de Bourzeis], il n'aurait pas eu grande opinion de la capacité de ce projeteur, volt. Uéi. hist. Doutes sur le test. Rtchelieu, Cimclusion. Cela Iqi fit du bien à elle-même [Mme de Warens], en faisant diversion aux projets, et tenant écartés les projeteurs, J. J. ROrsSEAii, Conf. v.

t PROJETTEMENT (pro-jè-te-man), i. m. Action de faire des projets.

— HIST. xvi* s. Projetlement, monet, Dict.

t PROLAPSUS (pro-la-psus") s. m. Terme de chirurgie. Relâchement d'une partie quelconciue, comme de la luette, de la matrice, etc.

— Etvm. Lat. prolapsus, de pro, en avant, et labi, tomber.

t PROLATION (pi o-la-sion), s. ^Tertpe de grammaire. Action de prolérer. La prolalion d'un alexandrin est plus majestueuse que celle d'un octosyllabe. Il Terme de musique. Prolongation de son par la voix, soit dans les roulements, soit (lans les cadences. Une syncope, uneprolation, une inversion forcée altèrent en nous l'impression de la musique la plus touchante, marmontk.l, (Euv. t. v, p. <09.

— IlIST. xvi* s. A propos de l'ambiguité des mots qui gist en la prolation, les François prononcent usez doucement, et, en la plupart de leurs parolles, on n'entend point la dernière lettre; dont bien souvent les mots se prendraient les uns pour les autres, si ce n'estoit qu'ils s'entendent par la signification des autres qui sont pariiiy, pk.sper. Contes, xlv Oiieb|ue« fois on met deux f ensemble pour en former la prolation et prolonger la précédente syllabe.

comme alumette, rob. est. Gramm. franc, p. 40,

dans LACUBNE.

— if.TYHf. Lat. prnlationem, de pro, en avant, et latin, action déporter.

PROLftGOMÈNES (prolé-go-mî'-n') , s. m. pi. r.onfruo et ample préface, avant-propos. Elle [la logique] entra dans sa tête (d'un docteur] par la brèche, et la renversa du premier effort et de ses simples prolégomènes, bal7.. le Barbon.

— ÉTYM. rTpoiEféjjieva, les choses dites avant, de Tip4, et Jeyetv, dire (voy. lexique).

t PROLEMME fpro-lè-m'), s. m. Terme de logique. Ce qui est avant le lemme. Le lemme, le prolemmeet l'épiphore sont les trois parties de l'argument, niPEROT, Opin. des anc. phil. {stoïcisme).

— ETYM. np6).Ti(i[ia, de Ttpi, avant, et Xf||j.|j.a, lemme.

PROLEPSE (pro-lè-ps'), s. f. Figure de rhétorique, dite aussi anticipation, qui consiste à prévenir les objections en se les faisant à soi-même et les détruisant d'avance || Il s'e.st dit quelquefois de cette faute qui consiste à attribuer à ses personnages des idées ou des habitudes qui ne sont pas du temps où ils vivaient. /

— ÉTYM. ripôXtuj/i;, action de prendre auparavant, de wpà, et XrjJ/i;, prise.

PROLEPTIonE (pro-lè-pti-k'), adj. Terme de médecine. Se dit des fièvres dont chaque accès anticipe sur le précédent. Fièvre proleptique.

— RTYM. rfpoXTiitTtxèi;, de itp6XT,(|<i; (voy. prolepse).

PROLÉTAIRE (prolé-tê-r'), s. m.\\ 1" Chez les anciens Romains, citoyen pauvre, appartenant à la sixième et dernière classe du peuple, et ne pouvant être utile à l'État que par sa famille. Le vêtement de tous les ordres de l'État [à Rome], de toutes les classes de la société, du prolétaire et du patricien, du soldat et du général, du laboureur et du consul, était de laine, pastobet, Instit. Mém. inscr. et belleslett. t. v, p. 96. Il 2" Chez les modernes, membre de la classe la plus indigente. Tel n'eût été qu'un malheureux prolétaire à la ville, qui, laboureur aux champs, devint un citoyen respecté, j. j. Rouss. Contr. soc. iv, 4. Considérant que, par le décret du 20 juin 4 806 et par l'avis du 20 juillet 4 807, on est revenu au seul mode équitable de partage en matière d'affouage, puisqu'il proportionne les distributions aux vrais besoins des familles sans favoriser exclusivement ou les plus gros propriétaires ou les prolétaires.... Avis du Cons. d'État du 26 avril 1 808, inséré au Bulletin des lois. \\ 3° Adjectivement. La classe prolétaire. One famille prolétaire.

— ÉTYM. Lat. protetarius, de proies, rice, lignée, qui est formée de pro, et alere, nourrir (voy. aliment).

t PROLÉTARIAT (pro-lé-ta-ri-a) , s. m. Classe des prolétaires; état de prolétaire. Le prolétariat moderne.

t PROLIFÉRATION (pro-li-fé-ra-sion), «. f. Terme de physiologie. Production par une sorte d'engendreraent. La prolifération des cellules épîthéliales. La prolifération tuberculeuse.

— RTVJl. Prolifère. ,

PROLIFÈRE (pro-li-fè-r'), adj. Terme de botanique Se dit de tout organe qui donne naissance à un autre organe qu'il n'a pas coutume de porter, ou qui en produit un semblable à lui-même. || Terme de zoologie. Antennes prolifères, antennes en massue courte, dont un des articles de la base offre une grande dilatation, et forme une espèce d'oreillette qui s'avance au delà des autres.

— ETYM. Lat. prolifer, de proies, race, lignée, et ferre, porter.

t PROLIFICATION (pro-U-fi-ka-sion), s. f. Monstruosité végétale qui consiste en la multiplication d'individus élémentaitos.

PROLIFIQUE (pro-li-fi-k'), adj. Qui a la faculté d'engendrer. Poussière prolifique, le pollen. Il possède en un degré louable la vertu prolifique, mol. Mal. imag. ii, 6. De cette table on peut conclure que les mariages sont plus prolifiques en province qu'à Paris, trois mariages donnant ici plus de dix-huit enfants, au lieu qu'à Paris trois mariages n'en donnent que douze, bukf. Pro6. de la vie, fliuv. t. X, p. M 9. Il Remèdes prolifiques, remèdes auxquels on attribuait la propriété d'augmenter les forces génératrices Une pilule prolifique pour un vieil avocat qui doit se marier demain, lesage. Diable boit. ch. 3 Sous prétexte d'aller respirer un air prolifique, elle ne manquait jamais de mettre sens dessus dessous toutes les cellules des moines, ;. ;. Rou.ss. la Reine Fantasque.

— HIST ivi* s. Prolifique, ouoin, Diet.

— ÉTYM. Lat. proli/icus, de proies, lignée, nt facere, faire.

t PROLIGtîRE (pro-li-jè-r'), adj. Qui porte de» germes. Disque proligère.

— ETYM. Lat. proies, lignée, et gerere, porter.

t PROLIMNÊKN, ENNE (pro-li-m"né-in, è-n'), adj. Terme de géologie. Se dit de terrains qui ont été produits par les eaux douces, avant la principale formation marine.

— ÉTYM. Ilpà, avant, et Xi|iivif|, marais. PROLIXE (pro-li-ks'), adj. \\ 1° Trop long, e7i

parlant ou en écrivant. Or ai-je été prolixe sur ce cas,jjLA FONT. F^r. Le prolixe et argumentant Bourdaloue, le premier qui ait mis les apparences de la raison dans ses sermons, volt. Dial. xxiv, 4 4. I Substantivement. Le prolixe ne fait que se traîner pesamment.... et fatigue notre pensée en l'assujettissant à une pénililf lenteur, mabmontel, (Euv. t. vil, p. 6. Il 2° Il se dit aussi des choses. Discours prolixe. Sa tête est aussi dérangée que ses lettres sont prolixes , volt. Lett. Richelieu,

15 août 1770.

— HIST. XIV* s. Pour ce que la manière d'ouvrer 0 [avec] la roisne [rugine] [dans les lésions du crâne] est prolixe et ennuie moult le pacient, H. de MONDEviLLE, f° 56. || XVI* S. Et dit plusieurs autres choses qu'ilz seroient prolixes à escripre, Bibl. des chartes, f série, t. v, p. 376.

— ÉTYM. Provenç. prolix; esp.ign. prolijo; ital. prolisso; du lat. prolixus, allonsé, de pro, en avant, et lixus pour laxus, relâché, étendu (voy. lâche).

PROLIXEMENT (pro-li-kse-man), adti. D'une manière prolixe. Je vous écris aussi prolixement que j'écris laconiquement aux autres, sÉv. 408.

— HIST. xiii* s. Car maintes fois cis [celui] qui preesche, Quant briefment ne se despeesche, En fait les auditeurs aler. Par trop prolixement parler, la Rose, 4 9676. Il XV* s. Non mie tost ne bastivement, mais prolixement et en long temps, Bouciq. m, 4.

— ETYM. Prolixe, et le suflixe ment : ital. prolissamente.

PROLIXITÉ (pro-li-ksi-té), s. f. Délaut de celui qui est prolixe, decequi est prolixe. Vite, vile. ...dépêchons, évitons la prolixité, mol. Jalous. du Barbouillé, 6. Je ne sais comme j'écris aujourd'hui ; je suis dans une prolixité qui m'ennuie moi-même, SÉv. 4 8oct. 4 679. Un de ses brefs [du pape Jean XXII] contre Louis de Bavière a été retrouvé de notre temps; le style en est diffus, quoiqu'on y dise avec raison que la prolixité est mère de l'oubli, le clebc, Hist. lilt. de la France, t. xiiv, p. 4 6,

— HIST. xiii* s. Li pluseurs s'esjoïssent de briefté orendroit. Et la prolixité ennuie en tout endroit, J. de mbung. Test. 2l58.||iiv* s. Ou s'il [certains détails] peussent eslre es livres, la prolixité d'aus [eux] engenderroil ennui et despit, H. de mondeville, f° 33 , verso. Il xvi* s. [Les Muses] M'ont donné cueur, esvitant pour un poinct Prolixité, dire ce qui me poinct, mabot, ii, 222.

— ËTYM. Provenç. prolixitat; espagn. prolijidad; ital. prolissilà, du latin prolixilatem, de prolixus, prolixe.

PROLOGUE (pro-lo-gh'), s. m. || 1° Dans le théâtre grec, la première partie de l'action avant le premier chant du chœur ; partie qui, appartenant au tout chez Eschyle et Sophocle, fut transformée par Euripide en un monologue destiné à expli(iuer aux spectateurs cequi a précédé l'action; tel fut aussi le prologue dans le théâtre latin, dutre les parties (|ui constituent l'essence d'un drame, et qui sont la fable, les mœurs, la diction, les pensées, la musique et le spectacle, il faut considérer encore celles qui le partagent dans son étendue; et telles sont le prologue, l'épisode, l'exode et le climur, barthêl. .4 nach. ch. 70. || Dans Térence, le prologue est une sorte de préface littéraire, ou une explication du poète sur ses propres affaires, sur les attaques de ses ennemis. || 2* Ouvrage qui sert de prélude à une pièce dramatique. Notre siècle a inventé une autre espèce de prologue pour les pièces de machines, qui ne touche point au sujet, et n'est qu'une louange ailroite du prince devant qui les poèmes doivent être représentés, corn. 4" d«c. Ce qui l'obligea [Racine] . de faire pour moi le prologue de la pièce [Esther], M-* de catlus, Souvenirs, p. 209, dans pougens. Paul Pellisson, homme célèbre dans les lettres, composa le prologue en vers [des Kâcheux| à laloiian);o (lu roi; ce prologue fut très-applandi de toute la cour, et plut beaucoup à Louis XIV; mais celui qui donna la fête [Kouquet] et l'auteur du prologue furent tous deux mis en prison peu de temps apics, volt. Vie de Molière, les FAtheux «S ,TToiogue de

PRO

PRO

PRO

la Nuit et de Mercure dans l'Amphitryon de Molière réussit autant que la pièce même; mais c'est qu'il est plein d'esprit, de grices et de bonne plaisanterie, m. Comm. Corn. Rem. sur le (" discours. Il 3° Terme de musique. Sorte de petit opéra qui précède le grand, l'annonce, et lui sert d'introduction. Il 4° Avant-propos. Le prologue de la loi salique. L'autre, en style pompeux habillant une églogue, De tes rares vertus le fait un long prologue. Bon.. Disc, au roi.

— SYN. PROLOGUE, PRÉFACE. Le prologue est destiné à être récité ou joué, tandis que la préface n'a pas cette destination ; mais, au sens de préambule, prologue et préface ne diffèrent pas.

— HlST. iif s. De ci dirons le conte, e si avons dit del prologe tant solement, Hachab. ii, a. Iceo est le prologe, puis comence la vie Del primerain Richart le duc de Normandie, benoît, t. i, p. 6i8. Il xiW s. Ne vuel pas long prologue faire, Ains vuel à l'estoire venir, g. ne cambrai, Barl. et Josaphat, p. I. Il XV s. Pouvons traire à propos un petit prologue de vaillance chevalereuse, Bouciq. u, 4.

— ÉTYM. Provenç. prologue, prologre; espagn. et ital. prologo; du latin prologus, qui est le grec np6)oYOc, de icpè, avant, et ).6-]foi;, discours.

PROLONGATION (pro-lon-ga-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action de prolonger, d'accorder un surcroît de temps, de durée; le résultat de cette action. Tout le royaume faisait des vœux pour la prolongation de ses jours, Boss. le Tellier. ôtez la justice éternelle et la prolongation de mon être après cette vie, je ne vois plus dans la vertu qu'une folie à qui l'on donne un beau nom, J. J. Bouss. Lett. à M. l'A. de ***, Corresp. t. i, p. »i, dans pougens. Louis XI, ayant fait son traité avec Edouard, signa avec le roi d'Aragon une prolongation de trêve, nu- CLOS, Œuv. t. m, p. 82. Il Terme de musique. Position d'une note qui, faisant partie d'un accord, se continue sur un ou plusieurs des accords suivants.

— SYN. PROLONGATION, PBOLONGEMEST. CesdeuX

mots ne dillèrent que par la finale ; mais l'usage actuel leur assigne des emplois différents: prolongation se dit du temps; prolongement, de l'espace. Autrefois cette distinction n'existait pas; prolongement et prolongation se confondaient. Il '[Maraldi] travailla sous M. Cassini, en (7oo, à la prolongation de la fameuse méridienne jusqu'à l'extrémité méridionale du royaume, ponten. Maraldi. Quelques feuilles sèches qu'on remarquait autour du nœud indiquaient qu'elles tenaient auparavant à cette enveloppe, qu'elles n'en étaient qu'une prolongation, BONNET, Us. feuill. plant. 5* mém.

HlST. XIV* s. Les utilités de la prolongation

[prolongement] et de l'involucion des boiaus sont... H. DE MOND. f* a6, verso. i tels ezcusans respondrayje Briefment, sans prolongation , j. bruyant, dans Uénagier , t. ii, p. <5.||xvi* s. La superstitieuse prolongation et répétition des prières nous est défendue de nostre Seigneur, calv. Inslit. 708. Entendant que le conseil ne luy vouloit pas ottroyer la prolongation de son gouvernement au'il demandoit... AMYOT, Pcrr.p. 1X

— ETYM. Prolonger ; pruv. prolongacio; espagn. prolunyation; ital. prolongazione.

PROLONGE (pro-lon-j'), s. f. || l» Terme d'artillerie. Cordage à l'aide duquel on peut, dans le tir, réunir une bouche à feu à son avant-train. Tir à la prolonge. Ce tir s'effectuait très-souvent autrefois; il est exceptionnel aujourd'hui, la légèreté du matériel iiclU'îl ayant rendu très-facile et très-rapide l'action de mettre une pièce en batterie et de la remettre sur son avant-train. || 2* Chariot à munitions. - ÊTYM. Prolonger.

PROLONGÉ, ÉE (pro-lon-j é,jée), part, passé de prolonger. De parents et d'amis un groupe tout en larmes D'un adieu prolongé goûte les tristes charmes, DKLILLE, Imag. iv.

PROLONGEMENT (pro-Ion-je-man), t. m. Continuation d'une portion d'étendue. Le prolongement d'un mur, d'une rue, d'un cbemm. Ces prolongements de la roche intérieure du globe, bupp. i'époq. nul. (Euvr. i. x\i, p. <<o. || Terme de botanique, l'rdlongemenis médullaires nom donné aux rayons méduilaiies, parce qu'ils semblent être des appendices de la moelle. i| Terme d'an;itomie. Prolongement rachidien, la moelle épinièrc.

— HlST. XIII' s. Sanz pruloingnement [sang relard], Hen. 18275. || xvi' s. Ce mois expiré, la Cliastre traite, obtient un prolongement pour les places qui estoient sous .son commandement, et puis compose pour elles et pour lui, b'aub. Hisl. ni. 330.

— ÉTYM. Prolonger; pruv. perlongamen, prolon- Hament; espagn. prolong amiento, prolungamento.

oicT. oa LA LAHaai rniNCAUS.

PROLONGER (pro-lon-jé. Le g prend ue« devant a et 0 .- prolongeant, prolongeons), v. a. || 1° Faire durer plus longtemps. J'ai prolongé de douze ans la durée de l'empire de Phocas.... corn. Héracl. Examen. Je cherche à prolonger le péril que je fuis, BAC. Mithr. il, 8. Et cette guerre, Arcas, selon toute apparence. Aurait dû plus longtemps prolonger son absence [d'Achille] , ID. Iphig. i, t . Et ne prolongez point de dangereux adieux, id. Bajal. u, 6. C'est prolonger la vie des grands hommes que de poursuivre dignement leurs entreprises, FONTEN. Leibnitl. Aussitôt qu'il [Louis XI] aperçut François de Paule, il courut au-devant de lui, et se jeta à ses pieds, en le suppliant de lui prolonger la vie, Ducxos, Œuv. t. m, p. 33i . Ne croyant point que des jours oii son esprit ne pourrait penser, où son cœur aurait perdu ses affections, méritassent d'être prolongés, condorcet, Bucquet. Et dans l'être qu'il aime il p-.-aîongti son être, delille, Imag. vi. Il î° Diffw'y, ajourner. Il [saint Grégoire de Nazianîe] repond à ceux qui prenaient occasion de différer leur baptême à cause que Jésus-Christ n'a été baptisé qu'à trente ans, qu'il a été libre de prolonger son baptême à celui qui, étant la pureté même, n'avait rien à purifier, boss. Déf. de la trad. et des saints Pères, viii, 32. || 3° Rendre plus long en étendue. Prolonger un mur, une galerie. Newton [voyant tomber un fruit d'un arbre].... se laissa aller à une médilaiion profonde sur la cause qui entraîne ainsi tous les corps vers une ligne qui, si elle était prolongée, passerait à peu .près par le centre de la terre, volt. Phil. Neiot. m, 3. Aux rives du Silare , où des forêts d'yeuses Prolongent dans les champs leurs ombres ténébreuses, delil. Géorg. iij. Si le soleil prolonge un rayon lumineux, sa substance n'est pas séparée, mais étendue, cHa- TEAUBR. Génie, i, i, s. || 4" Terme de marine. Prolonger une côte, aller le long d'une côte. Je continuai à prolonger la côte à une lieue de distance.... la PÉHOU.SE, Yoy. t. Il, p. 227, dans pougens. jj Prolonger un navire, se ranger le long d'un navire pour l'aborder. || Prolonger une bordée, pousser la bordée que l'on court plus loin qu'on n'avait d'abord intention de le faire. || 5" Se prolonger, r. réft. Recevoir plus de durée. Plus les affaires se prolongent, et plus elles donnent le temps au public de revenir à la raison, volt. Lelt. Richelieu, 3 mars 1777. Aux plaisirs de la table se mêlaient ceux de la danse, de la musique, et de plusieurs autres exercice», qui se prolongèrent bien avant dans la nuit, barthél. Anach. cli. 35. || Avec ellipse du pronom se. C'est à regret que je vois prolonger le temps qui doit nous rapprocher, j. i. rouss. à Vernes, 2» mars (768. || 6° Recevoir plus d'espace, plus d'étendue. Si de la mer du Sud nous passons dans celle du Nord, nous trouverons que l'empire espagnol s'y prolonge depuis le Mississipi jusqu'à rOrénoque, raïnal, Ilist. phil. vili, 35. Le chemin [des Thermopyles] n'offre d'abord que la largeur nécessaire pour le passage d'un chariot; il se prolonge ensuite entre des marais que forment les eaux de la mer et des rochers presque inaccessibles.... barthSl. Anach. Introd. part, ii, sect. 2. Vois-tu cet horizon qui se prolonge immense? p. lebrun, ilarie St. m, <.|| Terme militaire. Se prolonger, étendre ses troupes. Le maréchal [Ney] s'était prolongé le <8 avril jusqu'à Weimar, d'où sa cavalerie avait chassé un parti de cavalerie prussienne, charras, Hist. de la guerre de 18)S, p. no.

— HIST. XIII' S. Cil est enemi» de soi raeisme, qui prolongue la vie à ses ennemis, brun, latini, Trésor, p. 399. Commence, car se tu prolongues (remets] les nevres de bien faire.... lo. ib. p. 389. || xiv s. Jà soit ce que la cure se prolongue, ne cesse pas de ceste cure, lanfranc, f° 12. || xv* s. Cils qui prolongeoient tant qu'ils pouvoient, disoient : Commencez ailleurs et puis vous retournerez par ici, pRoiss. lu, IV, 4). Il XVI' s. Si [Jugurtha] vescut encore là six jours combatant contre la faim, et désirant tousjours prolonger sa misérable vie jusques à la dernière heure, amyot, Uarius, 21. Pensant qu'il estoit plus expédient de prolonger le temps, et tirer cesle guerre en longueur, lo. LucuU. <5.

— ETYM. Wallon, prolongi; provenç. perlongar , perlonjar, pro^onjuor; espagn. perlongar, prolongar; ital. prolungare; du \U. prokmgare, qui vient de prn, en avant, et longus, long (voy. long).

PROMENADE (pro-me-na-d'), «. f. || 1' Action de se promener. Faire une promenade. Je m'en vais vous écrire les aventures de ma promenade d'hier, HALZ. liv. Il, lelt. 5. On auteur qui, pressé d'un besoin importun, Le soir eiiiend crier ses entrailles à jeun. Goûte peu d'Uélicon le* douces prome-

nades, boil. .irt p. IV. L'ayant prié qu'ils pussent faire un tour de promenade ensemble, hamilt. Gramm. 8. Il [Platon] regardait la piomenade comme plus utile à la santé que les exercices violents du gymnase, barthél. Anach. ch. 7. || Faim lièiement. Ce n'est qu'une promenade, il n'y a pas loin. De Paris à Versailles, ce n'est qu'une promenade. Il La prommade est belle aujourd'hui, le temps est favorable pour se promener aujourd'hui. ||J" Promenade militaire, marche de quelques heures qu'on fait faire à un régiment, autour du lieu de sa résidence, afin d'exercer les sold ats. || Fig. Cette expédition ne fut qu'une promenade. || 3° Il s'est dit d'un homme qu'on faisait passer par les verges. Il se détermina à passer par la baguette, il essuya deux promenades, volt. Cand. 2. || 4° Lieu où l'on se promène. Une promenade plantée de beaux arbres. Vous avez eu raison, Cléonte, de préférer aujourd'hui la promenade des Tuileries à tout autre plaisir, m"* de scudért, Je» Conversa^ lions. Dialogue. Cette ville [Paris] lui devait [à Marie de Médicis] le palais du Luxembourg, ces aqueducs dignes de Rome [Arcueil], et If iromenade publique qui porte encore le nom de la r<iine [Cours la Reine], volt. Ifœurs, 176.

— ÉTYM. Promener; wallon, pormindd, porminaûd. •

PROMENÉ, ÉE {pro-me-né, née), part, passé de promener. Un malade promené en voiture. || Fig. Peut-être avant que l'heure en cercle promenée Ait posé sur l'émail brillant Dans les soixante pas où sa course est bornée Son pied sonore et vigilant, ANDRÉ CHÉNiEH, lambes, *.

t PROMÈNEMENT (pro-mè-ne-man), t. m. Action de promener, de se promener.

— HlST. XVI' s. Il estoit exquis et diligent au soing de sa personne, jusques à user de frottemens et de tours de promenemens en nombre certain, amyot, Cicér. 1 0.

PROMENER (pro-me-né; du temps de Chifflel, Gramm. p. 98, on disait également pourmener et promener. La syllabe me prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je promènerai) , f . o. Il 1' Mener, faire aller en différents lieux. Thespis fut le premier qui, barbouillé de lie, Promena par les bourgs cette heureuse folie [la comédie naissante], BoiL. Art p. m. Le diable enfin qui toujours me promène Me fit partir; le diable me ramène, volt. Hnf. prod. ni, 3. Ne le promenez point dans les cercles, dans les brillantes assemblées, i. ]. rouss, Ém. IV. Après avoir vécu familièrement avec le maréchal de Noailles, qui l'appelait son philosophe, il |Dumarsais] avaitété longtemps promené sous ce titre dans plusieurs sociétés distinguées, duclos, Œuv. t. X, p. 69. Il Fig. C'est promener la main d'une femme, et dire aux gens : la voulez-vous? uariv. Sec. surpr. de l'am. 11, ♦. || 2' Particulièrement, faire aller quelqu'un d'un endroit i un autre comme amusement ou comme exercice. Promener un enfant, un vieillard. Quatre bœufs attelés, d'un pas tranquille et lent, Promenaient dans Paris le monarque indolent, boil. Lutr. 11. || Promener des étrangers par la ville, dans la ville, la leur l'aire parcourir pour la satisfaction de leur curiosité. Il 3° Promener un cheval, le faire marcher doucement, soit en le tenant par la bride, soit en le montant. Il est au bout de la rue qui promène mon cheval, hamilt. Gramm. ».|| On dit de même ; promener un chien. || Promener un cheval en main, le promener sans être monté dessus. {| Promener un cheval dans la main et dans les talons, le gouverner avec la bride et l'éperon. |{ Promener un cheval entre les deux talons, le mener au pas en le menant droit entre las deux talons. ||4' Fig. Faire aller çà et là. Premener ses pas, son regard , sa pensée Mes lieutenants cnt cncor depuis peu Promené dans son camp et le fer et le feu, haibet, Soliman, 1, ». Ceux qui caxessooi également tout le monde, qui promènent leurs civilités à droite et à gauche, et courent à tous ceux qu'ils voient avec les mêmes embrassades et les mètres protestations d'amitié, mol. Impromptu, 3. Pour peu qu'un père de famille ait été absent de chez lui, il doit promener .son esprit sur tous les fâcheux accidents que son retour peut rencontrer, m. Fourber. II, 8. Et promenait sur lui d'étincclants regards, DESHOUL. Poés. t. II, p. 38. Au milieu de Paris il promène sa vue, boil. Sat. vin. Rions, chantons, dit celto troupe impie; De lleuis en Heurs, de plaisirs en plaisirs, Promenons nos désirs, 9.KC Ath. Il, V. Celui-ci [Caracallaj allait promener sa fureur dans tout l'univers, MONTESQ. Rom. I6. Qu'il est beau de le voir de dlnés en dtnés, Officieux lecteur de ses

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fers nouveau-nés, Promener chez les grands sa muse bien nourrie! oi^B. te JK///' S. Je promène mes jours Du loisir au travail, du repos à l'étude, drulle, Dilhyr. sur Vimmnrt. de l'dme. || 5° Faire aller çà et là l'idée d'un autre. Ce romancier promène ses lecteurs dans toutes les parties du monde, Dict. de l'Àcad. Il me promène aprt-sde terrasse enterrasse, BoiL. Art p. I. Il promène l'attention sur de curieuses antimites, hamilt. Gramm. l. Nouveau Mentor d'un nouveau Telémaque, Toi qui, le promenant par les siècles passés [lui enseijfnant l'histoire].... LAMOTTB, dans DESFoniAiNKS. Il 6° Être cause d'une promenade, en parlant d'une chose. Faites-moi cette commission, cela vous promènera. || 7" Il se dit des choses qui font aller çà et là d'autres choses. Insensible témoin des crimes de la terre, Dieu laisse au gré des vents promener son tonnerre, BEBNis, Relig. veng. vi. Biillez ces poupes et ces mâts Oui promènent vosmaui de climats en climats, DELiLLE, Enéide, v. L'Eurotas promenait son cours tortueux dans cette riante soiilude, château <R. Mart. XIV. i| Fig. Ma jalousie, à tout propos. Me promène sur ma disgrâce, Et plus mon esprit y repasse. Moins j'en puis débrouiller le funeste chaos, mol. Amphit. III, I. Chacun suit dans le monde une roule incertaine, Selon que son erreur le joue et le promène, boil. Sat. iv. US" Familièrement et fig. Promener quelqu'un, l'abuser, le lasser par des promesses vaines. Il m'a promené deux ans avant de me payer. || 9° Se promener, v. réft. Marcher, aller à pied ou à cheval, etc. pour faire de l'exercice ou pour se distraire. Je mande à mon fils que je n'ai que faire de lui, que je me promène, et qu'avec cela je l'envoie promener, sÉv. 25 février «685. Les sauvages ne savent ce que c'est que de se promener; et rien ne les étonne plus dans nos manières que de nous voir aller en droite ligne, et revenir ensuite sur nos pas plusieurs fois de suite, bupf. hist. nat. Œuvr. t. IV, p. 332. Il Avec le verbe (aùjeret ellipse du pronom personnel. Qu'on me laisse ici promener toute seule, mol. Am. magn. i, 6. || Terme de dépit et d'humeur. Allez vous promener, se dit à une personne dont on est mécontent, dont on veut se débarrasser. Allez vous promener, madame la comtesse, de me venir proposer de ne vous point écrire; apprenez qiie c'est ma joie et le plus grand pbiisir que j'aie ici, sÉv. 28t. Là (à la cour] on se trouve toujours placé entre les grand merci et les va te promener, al. dbvai., Princ. des Ursins, m , 7. Il On dit de même : qu'il aille se promener, qu'il se promène. Va, va, je fais état de lui comme de toi, Dis-lui qu'il se promène, mol. le Dép. iv, j. Lui dire, sans tenir d'inutiles propos, Ou'il s'aille promener, et vous laisse en repos, destooch. Phil. marié, m, ». || Envoyer promener, phrase peu polie par laquelle on dit qu'on s'est débarrassé de quelqu'un. Si j'avais été en votre place, je l'aurais envoyé promener, molière , FesHn, iv, 7. On dit qu'il a permission d'aller se promener dans ses abbayes ; on aurait dû l'envoyer promener quatre ans plutôt, n'ALEHB. Lelt. à Volt. 48 oct. I76u. Furia se fâcha, je m'emportai , et l'envoyai promener en termes qui ne se peuvent écrire, j>. L. couB. Letl. Reiwuard. || Fig. Va te promener, la honte! je veux rire ei pleurer en même temps; on ce sent pas deux fois ce que j'éprouve, beaumarch. Mar. de Fig. m, 18. Il 10° Fig. II se dit des choses qui errent, chemiaent. J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle ixène, Dans un pré plein de fleurs lentement se promène Qu'un tnnent.... boil. Art p. i. Notre raison se promène par tous les ouvrages de Dieu, boss. Conn. de Dieu, v, «. Dans le vague avenir ma raison se promène, ducis, Oscar, iv, t.

— REM. Dans le sens de marcher, c'est un verbe réfléchi, et l'on doit dire : allons nous promener et non pas : allons promener. C'est maintenant l'usage, et parler aulrement est une faute commise par i. I. Rousseau, dajis cette phrase : J'ai toutes les peines du mond» à obtenir cinq ou six fois l'année qu'elle [Thérèse] veuille bien venir promener avec moi, Uu. à Mme de Créqui, sept. (77o. Mais Vaugehis considérait encore promener comme un verbe neutre, ainsi qu'avait fait le xvi» siècle.

— HIST. xv's. (Les Homainsj prirent le prudom qui bien avoitcent ans, et le menèrent et le pourmenerent parmi Rome, fhoiss. ii, ii, lio. Et qu'il y avoit largement gens qui se pourmenoient par les rues, COMM. i, 6. Ilxvi" s. Madame est en parfaite santé, ayant du tout recouvert le manger, dormir et proumener, mabg. Lelt. xxxi. Si ne veux le pas pour ceste heure debatre ccste question tant pourmenée, wsvavoir si.... la boètik, vni. Ceux qui abondent Kl caste passion fia haine], trouveront assez de

champs spacieux pour la promener, voire pour la lasser, lanoiie, 76. Dès la poincte du jour il se levoit, et, en j-e promenant devant son logis ou se tenant debout, recueilloit gracieusement tous ceulx qui le venoient saluer et visiter, amyot, Cicéron, 45. Il sortit de son logis, et s'en alla sur la place promener avec ses amis, id. Aratus, 7. Si des montaignes on a la veue longue, les yeux s'y promenans à l'aise, leur difficile accès donne beaucoup de peine aux pieds, 0. DE serres, )7.

— Rtym. Berry, pourmener ; wallon, porminé ; du lat. prominare, de prt>. et minore (voy. mener).

PROMENEUR,' EDSE (pro-me-neur, neù-z'), s. m. et f. Il l" Celui, celle qui promène quelqu'un. Elle est la promeneuse de cet enfant. ||2° Celui, celle qui sç promène, qui aime à se promener. Il n'est pas promeneur. Des palmiers, triste aspect I rien de civilisé ; Ni promeneurs assis comme aux Champs-Elysées, Ni messieurs à cheval, ni dames aux croisées, p. lebrun, Ép. Roi de Grèce. \\ 3" Fig. et familièrement. Celui, celle qui abuse,, qui lasse quelqu'un par des délais, par des promesses vaines. Vous n'êtes qu'un promeneur.

— f.TYM. Promener.

PROMENOIR (pro-me-noir) , *. m. Partie d'un édifice libre et couverte ou d'un jardin destinée à la promenade. Madame la princesse, après avoir admiré cette magnificence, voulut aller voir les promenoirs, en attendant l'heure du souper, voit. Lett. 10. Tout était grand dans ces édifices: les salles, les vestibules, les galeries, les promenoirs, le trône du roi et le tribunal où il rendait la justice, Boss. Hist. 11,4. L'on entendra parler d'une capitale d'un grand royaume [Paris], où il n'y avait ni places publiques, ni bains, ni fontaines, ni amphithéâtres, ni galeries, ni portiques, ni promenoirs, qui était pourtant une ville merveilleuse, LA BflUY. Dùsc. sur Théiiphr. \\ Fig. Il fait ses galeries et ses promenoirs de Paris en -Guyenne ou en Dauphiné, balz. le Prince, ch. I4.

— HIST. xvi* s. Et si j'ay quelque chose à despescher parla ville, je prens cela pour mon pourmenoir et pour mon exercice, lanoue, 20(. L'importunité des fanges rabat du plaisir des longs promenoirs de la plaine, o. de serres, I7. Tout lieu retiré requiert un promenoir, mont, m, 289.

— ÊTVM. Promener.

PROMESSE (pro-mè-s'), s. {. || 1* Action de promettre. Dites-moi seulement s'il a sauvé mon frère, S'il m'a tenu promesse, corn. Pomp. v, a. Ceux qui font ce^ promesses les tiennent, pasc. Prov. x. Leurs discours [des prophètes] expriment très-clairement la promesse de biens temporels, et ils disent néanmoins que leurs discours sont obscurs, id. Pens. XVI, 5, éd. havet. Saint Thomas, traitant de la nature du voeu, établit cette différence entre le commandement et la promesse, que le commandement règle et détermine ce que les autres doivent faire à notre égard ; et la promesse, au contraire, ce que nous devons faire à l'égard des autres, boss. Sermons, Soumission à la parole, 3. On ne m'abuse point par des promesses vaines, RAC. Iphig. IV, e. Enfin, prince, je viens dégager ma promesse, iD. Bifrén. v, 3. Aux promesses du ciel pourquoi renoncez-vous? ID. Ath. i, «. Essayez dès ce jour l'effet de mes promesses, id. «6. ii, 7. II a violé toutes ses promesses à l'égard de ses voisins, FÉN. Tél. X. Borgia ne partit de Romo qu'après être assuré du duché de Valentinois... et d'une pension de vingt mille livres que lui donnait Louis XII, avec promesse de faire épouser à cet archevêque la sœur du roi de Navarre, volt. Mœurs, no. Ta promesse suffit, et je la crois plus pure Que les autels des dieux entourés du parjure, ID. Uort de César, i, <. || Avoir promesse, se dit de celui à qui une promesse a été faite. Ils étaient toujours flattés, et ils avaient promesse que les Rochelois ne traiteraient pas saiis eux, anquet. Ligue, II, 84. Il Donner promesse que, promettre que. S'il osait y manquer, je te donne promesse Qu'il pourrait bien ailleurs chercher une maltresse, CORN. Gai. du Pal. i, h. || Promesses du baptême, celles que l'Église exige des catéchumènes avtrt de leur conférer le baptême, et que font les parrains et les marraines. || Fig. N'espérons plus; mon âme, aux promesses du monde, halh. i, 3. La moisson de nos champs lassera les faucilles ; Et les fruits passeront la promesse des fleurs, m. ii, i.JIFig. Se ruiner en promesses, promettre beaucoup, et ne rien tenir. |{ i' Promesse de mariage, écrit par lequel on s'engage à épouser une personne. Apprenez, monsieur, que, pour mon malheur, j'aime ce perfide, que j'ai de lui une promesse de mariage,

hauteroche, le Cocher, se. 23. || 3° Billet sous ^eing privé par lequel on s'eiigage à payer une somme d'argent. Signer, déchirer une promesse. Je le priai de me prêter quatre cents pistoles, dont je lui fis ma promesse, et que je lui ai remlues depuis, RETZ, Mém. t. III, liv. iv, p. 179, d.ins pougens. !l 4" Les enfants de la promesse, les élus. Dieu ne doit que suivant ses promesses ; il a prorais d'accorder la justice aux prières ; jamais il n'a promis les prières qu'aux enfants de la promesse, pasc. Pens. XXV, 55, bis.

— HIST. xnr s. Promesse sans don ne vaut paires, la Rose, 4I08. Et se m'»mor vous prometoic, Jà voir promesse n'en tendPCie, ib. 7252. Et Jehan n'a pas assés por paier les detes et les promesses c'on li demande, beaum. ri, 34. || xiv" s. Ne pensés pas à tel folie.... La proume.sse fallir ne poet, J. de CONDÉ, t. II, p. 238. Promesse est vent; honneur n'a gloire. Et amours dort, c'est chose voire, machaut, p. 53. (I XV* s. Ceux de dedans duremertt oppressés et requis par plusieurs fois par le connestable qu'ils se rendissent, ou tous seroient morts, s'ils estoient prins par force; c'estoient les promesses que le connestable promettoit par coustume, fhoiss. liv. i, p. <58.

— ÊTVM. Prov. promessa; espagn. promesa; ital. promessa; du lat. promissus, promis (voy. promettre).

t PROMÉTHÊE (pro-mé-tée), s. m. || 1° Terme de la mythologie. Titan , fils de Japet ; il déroba le feu du ciel et le donna aux hommes ; pour cela, Jupiter le fit enchaîner sur le Caucase, où un vautour lui ronge le foie. |1 Fig. X l'aide d'un exciUUeur garni d'un tube de verre, le hardi Prométhée [le physicien Romas] changeait à son gré la direction de ces lames effrayantes [jets de flamme soutirés d'un nuage électrique], bonnet, Contempl. nat. v, - (3. Vous êtes bien mon Prométhée; votre feu réveille les étincelles d'une âme affaiblie par tant de langueurs et de maux , volt. Lett. au pr. roy. de Pr. Bruxelles, <739. Malheur à lui [le génie]! l'impure envie S'acharne sur sa noble vie, Semblable au vautour éternel, El, de son triomphe irritée. Punit ce nouveau Prométhée D'avoir ravi le feu du ciel, V. HUGO, Odes, IV, 6. Il 2° Nom donné anciennement à la constellation d'Hercule.

— ÊTYM. Sanscr. prnmàthyus, celui qui allume le feu à l'aide du pramantha, lequel est le bâton qu'on frotte dans un trou pratiqué à une bûche pour obtenir du feu. C'est ainsi que Prométhée est le donneur du feu.

PROMETTECR, EUSE (pro-mè-teur, teû-z'), s. m. et /■. Personne qui promet légèrement, ou sans intention de tenir. L'endroit parut suspect aux voleurs; de façon Qu'à notre prometteur l'un dit: mon camarade. Tu te moques de nous... la font. Fabl. IX, 13. Les Muses sont de grandes prometteuses, MOL. Rem. ou roi. Vous êtes un franc hâbleur, un grand prometteur de riens; vous annoncez toujours des gens qui ne viennent jamais, m"' Roland, Lett. à Bosc, p. 369, éd. dauban.

— HIST. XII' s. E cist [ce\ix-ci] qui estoient prometeor lie victoire, lfa<;ha&. ii, <o. || xiii' s. Et s'il vient aucuns prometieres. Soit loiaus homs, ou boquelieres [marchandeur]. Qui la vueille d'amor prier. Et par promesse à soi lier, la Rose, (3851. Il XV* s. Ha amours, prometteres--e de biofi, Perceforest, t. m, f* <3). || xvi' s. Les poètes comiques introduisent de tels prometteurs en leurs comédies, amyot, Com. discern. le flatt. .18.

— ÊTYM. Promettre ; prov. prometeire, prometedor; espagn. promeledor ; ital. promettilore. L'ancien français prom«(ter« et le provençal prnmcteire sont 'le nominatif; prometeor et promelcdor sont le régime.

PROMEITRE (pro-mè-tr") , v. a. Se conjugue comme mettre. || 1* S'engager verbalement ou par écrit à quelque chose. Je promettais beaucoup et j'exécutiis peu, corn. Rodog. i, «. Il [Richelieu] n'était pas libéral, mais il donnait plus qu'il ne promettait.... il [Mazarin] promit tout, parce qu'il ne voulait rien tenir, ketz, Mém. ii. Je les rappellera: [les Hébreux] dans la terre que j'ai promise avec serment à Abraham, à Isaac et à Jacob, saci, Bible, Baruch,u, 34. Jevousai promis ma nièce, et je vous la promets, iiauter. Je Coch. se. 2. Je me figure un auteur Qui dit ; Je chanterai la guerre Que firent les Titans au maître du tonnerre; C'est promettre beaucoup; mais qu'en sort-il souvent? Du vent, la font. Fabl. V, lo. Que ne lui promit-on pas alors? iioss. Anne de Gont. Celui qui promet quelque chose s'est déjà, en quelque sorte, dessaisi lui-même, en s'ôtant la liberté d'en disposer d'une autre manière, id. Sermons, Soumittion à la paroit, ». J»

ne révocp» rien de ce que j'ai promis, hac. Brit. m. it. Avez-vous bien promis de me haïr toujours? ID. Bèrén. v, 5. Je promets d'observer ce que la loi m'ordonne, ID. Athal. iv, 3. |{ Promettant., obligeant... renonçant... formule que les notaires emploient par abréviation à la fin de quelques actes. Il Absolument. Nous promettons selon nos espé' rances, et nous tenons selon nos craintes, la ro- CHEFOUC. Vax. 38. Le plus lent à promettre est toujours le plus fidèle à tenir, j. j. rouss. Emile, IV. Il Promettre monts et merveillps, faire toutes sortes de promesses avantageuses. || Promettre plus de beurre que de pain, promettre plus qu'on ne veut ou peut tenir. || Par plaisanterie. Promettre d'excellentes choses. Je te jure par Mahomet Que le ciel ici te promet Tant de bien qu'on ne le peut dire, J tes enfants un grand empire. Et plus de beurre que de pain Au valeureux peuple romain, scAR. Virg. vui. || Promettre quelqu'un, promettre sa visite, sa sociétéi II a un ami qui n'a pas d'autre fonction sur la terre que de le promettre longtemps à un certain monde, et de le présenter enfin dans les maisons comme homme rare et d'une exquise conversation, la brut. v. || i' Familièrement. Assurer qu'une chose sera. Je vous promets qu'il sera puni. Je vous promets que je ne saunis les donner à moins [des fagots], mol. Méd. malgré lui, i, 8. Il 3° Annoncer, prédire, avec un nom de personne pour sujet. Je vous promets du. beau temps pour demain. Je ne lui promets pas [à un fils d'Henri IV] ce qu'il doit espérer, Si je ne lui promets la conquête du monde, malh. v, 2. Aux plus savants auteurs comme aux plus grands guerriers Apollon ne promet qu'un nom et des lauriers, BOiL. Arl p. IV. Il Faire espérer. Toutes deux fAnne d'Autriche et Marie -Thérèse] d'une si heureuse constitution qu'elles semblaient nous promettre le bonheur de les posséder un siècle entier, Boss.jtfar.- Thér. Il Annoncer, avec un nom de chose pour sujet. C'est une pljysionomie qui promet une longue vie, sÉv. «01. On apporta dans des corbeilles tous les fruits que le printemps promet et que l'automne répand sur la terre, fén. Tél. l. Le vent qui endait nos voiles nous promettait une heure'i.se navigation, ID. ib. VI. Je crus trouver ici le repos de mon cœur; Il n'est point dans l'éclat dont le sort m'environne ; La gloire le promet, l'amour, dit-on, le donne, VOLT. Orph. », 8. Il 4° Se promettre, c'est-à-dire promettre à soi, espérer. Que peut-on se promettre d'une populace émue, conjurée, furieuse? bouhdal. Exhort. fur le jugem. du peuple contre J. C. t. ii, p. 44. Quel fruit te promets-tu de ta coupable audace ? RAC. Milhr. V, l. La jeunesse se promet tout d'elle-même, fén. Tél. i. Qui peut se promettre d'éviter, dans la société des hommes, la rencontre de certains esprits vains, légers... la brot. v. Promettez-vous, si vous voulez, de conserver jusqu'au dernier soupir la raison aussi saine et aussi entière que vous l'avez aujourd'hui, mass. Carême, Impén. Il Se promettre signifie aussi prendre une ferme ré^ solution. Il se promet de profiter de vos sages avis. Vous vous promettez plus que vous ne voudrez faire, Et vous n'en croirez pas toute cette colère, corn. Tois. d'or, IV, 3. Vous qui ne sauriez vous promettre d'être fidèle, MASS. Panégyr. St BenoU. |i 5* F. n. Faire espérer, donner des espérances, en parlant de choses. Les blés, les vignes promettent. Cette inclination invincible pour la guerre promettait beaucoup, et elle tint tout ce qu'elle promettait, fonten. Besxons. Il II se dit aussi des personnes. Us promettaient beaucoup dans l'exercice, ils ont plié d'abord dans le combat, boss. Sermons, Par. de Dieu, i. On n'y doit admettre (à la pratique dos arts] que des jeunes gens d'un génie qui promette beaucoup, fên. Tél. XII. Pompone le cadet, qui promettait, fut tué de bonne heure à la tête d'un régiment de dragons, ST-SIM.7I, <«9. 116° Se promettre, r. réfl. Promettre sa propre persoime. Je vous dirai au reste que ce n'a été qu'après m'être promise à M. de Serco-M-, que j'ai su que vous étiez son neveu, mariv. Iforianne, »" part. || Proverbes. Au riche ne promets rien, et au pauvre ne lui manque pas, se dit parce que l'uivjiourra te contraindre et que tu fais tort à l'autre. || Promettre et tenir sont deux. Promettre et ne tenir mène les gens bien loin , mariv. Marianne, part. I. Il Ce n'est pas tout de promettre, il faut tenir. || Il se ruine k promettre, et s'acquitte & ne rien tenir, ou s'enrichit à ne rien tenir, c'est- 4-dire il promet beaucoup et ne tient rien.

— HIST. XI' s. Pramis nous est, fin prendrons à itant [nous mourrons ici], Ci. de Kol. cxiv. Communément [tous en'^emlile] [ils] li prametent lur fciz (foi], ib. cczLvui. Il XII* s. Pramise [il] lui avoit

PRO

fia chose], si lui tint bien oovant [convention], Sax. XII. [La belle Hélissant] Que j'avoie pramise [à] Berart de Montdidier, ib. xvi. || xiii' s. Ciiz qui promet et il ne soit [paye]. Le cuer |oreur] de son. ami se toit [s'enlève], guignard. Statuts de l'Hôtel- Dieu à Troyes, p. 31. Uns dragons ert [était] là jus aval, Ki molt li prometoit grant mal, Geule baée, famillous, gui db camb. Barl. et Jos. p. 70. Cil nuist en sa vérité, qui ne tient ce que il promet, Psautier, f° 108. Et se gabentainsinc [ainsi] des dames, Et lor promettent cors et âmes, la Rose, 44io. Il xiv» s. Qui proumait, il se met en debte, j. de coNnÉ, t. Il, p. 205. Il xv« s. C'est un très bon drap de Rouen, Je vous prometz, et bien drapé, Patelin. Il XVI' s. Me promis-lu en ma chambre parée, Quand te promis suivre jour et serée. De me laisser en ce bois en dormant? marot, ii, 5. Le jurement par lequel le gendarme se promet et s'oblige à son capitaine, calv. /mJt». (036. Quand sera-ce que quelqu'un s'osera promettre qu'il aura fait ce qui estoit en lui? id. ib. h40. A vingt ans nos âmes promettent tout ce qu'elles pourront, mont, i, 407. Je vous promets que je l'ay veu en telle extrémité de maladie et si bas, que je vous puis dire que tout le monde, fors moy seulement, estoit désespéré de sa vie, MARG. Lett. 47. L'abbé, estant au fort de sa maladie, lui promettoit chiens et oiseaux (monts et merveilles|,DESPEH. Contes, cvi.Antigonus, surnommé Doson, c'est-à-dire qui donnera, pour ce qu'il promettoit tousjours et jamais ne donnoit , amyot , Cor. *6. Il estoit de petite stature, et promettoit bien peudesov à le vedir, m. Agésil. 2. Promettre est veille de donner, leroux de lincv, Proe. t. ii, p. 376. Promettre sans donner est fol reconforter, COTGRAVE. Entre promettre et donner doit-on la fille marier, in.

— ÉTYM. Bourg, t le premô,j$ te promets; wall. prometli prov. prometre ; espagn. prometer ; ital. prnmettere; dulat. promittere, de pro, en avant, et mittere (voy. mettre).

PROMINENCE (pro-mi-nan-s'), ». f. Terme vieilli. Etat de ce qui est prominent.

— ÉTYM. Prominent.

PROMINENT, ENTE (pro-mi-nan, nan-t'), adj. Terme vieilli. Qui s'élève au-dessus de ce qui l'environne. Rocher prominent.

PROMINER (pro-mi-né), ». n. Terme vieilli. S'élever au-dessus.

— ÊTYM. Lat. prominere, de pro, en avant, et minere, faire saillie.

t PR0.M1NCLE (pro-mi-nu-r), adj. Terme didactique. Qui fait une très-légère saillie. || Cristal prominule, cristal ayant à sa surface des arêtes qui forment une très-légère saillie.

ÉTYM. Lat. prominulus, de prominere, prominer.

PROMIS, ISE (pro-ml, mi-z'), part, pa^si de promettre. || l" Qu'on s'est engagé à donner, à faire, etc. Il me représenta l'honneur et la patrie, F-l l'empire d'Asie à la Grèce promis, rac. Iph. i, t. Il Fig. La nation entière est promise aux vautours, ID. Ksth. II, I. Il Substantivement. Fiancé, fiancée. Le promis, la promise, les promis. ||i° Terre promise, la terre de Chanaan que Dieu avait promise aux Hébreux. Ce grand homme [Moïse] n'eut pas même la consolation d'entrer dans la terre promise : il la vit seulement du haut d'une montagne, BOSs. //iït. II, ». llFig. Un pays fertile, délicieux. Le ciel est notre jialrie; c'est la terre promise, fén. t. xviii, p- 184. Il Proverbe. Chose promise, chose due, c'est-à-dire on est obligé de remplir exactement ses promesses.

PROMISCCITÉ (pro-mi-sku-i-té), s. f. Mélange confus et désordonné, en parlant des personnes. Je parle de cette promiscuité civile qui confond les deux sexes, J. J. itouss. Êm. v. |{ La promiscuité des femmes, la communauté des femmes. La promiscuité des femmes que le .sage Platon conseille dans sa République, ravnai., Wisl. phil. xix, <4.

ÉTYM. Lat. promi.icuiiatem, de promiscuus,

confus, qui vientde promiMer«, de pro, et miscere, mêler (voy. mixtion).

PROMISSION (pro-mi-sion ; en vers, de quatre syll;il)'!.s) , I. f. Il 1" Usitô seulement en cette locution : Terre de promission, la terre promise. Le mont Abarim, d'où Moïse, avant de mourir, aperçut la terre de promission, chateaub. Itin. part. S. |i Fig. Pays fertile. || i° Dans l'ancienne république de Venise, promissions ducales, contrai fait à chaque mutation de doge entre la répul)liquo et le personnage élu pour la représenter.

— HIST. xil' s. Josué, ki le pople Deu en terre de promissiun conduist et guiad, floiï, p. 2.||xiv' s.

PRO

J'iroie pourchasser à force et abandon Le trésor dont j'ai fait à vous promission, Guescl. 42520. || xV s. Et me semble que pour lors les terres du duc de Bourgogne se povoient mieulx dire terres de promission que nulles autres.... comm. i, 2.

— ÉTYM. Provenç. promessio, promissio ; espag. promision; ital. protnissiotie; du lat. promtsst'o. nem, qui vient de promissus, promis (voy. pbomis)

t PROMISSOIRK (pro-mi-ssoi-r'), adj. Ancien terme de jurisprudence. Le serment se divisait en assertoire et en proiidssoire : le premier se faisait pour assurer une chose présente ou passée ; le second, pour garantir une promesse. || Terme de théologie casuistique. Serment promissoire, serment qui ne doit être observé qu'en tant qu'il ne compromet pas la conscience de la personne qui l'a prêté et que l'observation n'en apporte de préjudice à personne.

— ÉTYM. Lat. promissor, prometteur, de promissus, promis.

PROMONTOIRE (pro-mon-toi-r'), ».n». || 1° Terme de géographie. Ancien synonyme de cap. Non loin de Terracine est le promontoire choisi par les poètes comme la demeure deCircé, stael, Corinne, XI, I. Cicéron a perdu la vie près du promontoire de Gaëte, qui s'offre à nos regards, m. «6. xin, 4. Il Fig. Un brin d'herbe dans l'eau par elle [la colombe] étant jeté, Ce fut un promontoire où la fourmi arrive, la pont. Fabl. n, V2. \\ 2» En un sens plus étroit, masse de terre élevée ou montagne formant saillie au-dessus des eaux, par opposition à cap, qui désigne tout ce qui s'avance dans la mer, élevé ou non. On voit de là la ville de Monaco bâtie sur un promontoire élevé en forme de table et escarpé de tous côtés, Saussure, Voy. Alpes, t. v, p. 316, dans POUGENS. || 3" Terme d'anatomie. Petite saillie de la paroi interne du tympan.

— HIST. xvi» s. Au promontoire du cap de Bonne Espérance, PARÉ, Licorne, 4.

— ÉTYM. Lat. promonfon'um, de pro, en avant, et mons, mont.

PROMOTEUR (pro-mo-teur), ». »n. || 1» Celui qui prend le soin principal d'une affaire. Le promoteur d'un établissement. || 2° Celui qui est cause principale, qui donne la principale impulsion. M. Law, par une ignorance égale de la conslicition républicaine et de la monarchique, fut un des plus grands promoteurs du despotisme que l'on eût encore vus en Europe, monte.so. Esp. n, 4. Le cardinal de Guise, le compagnon de ses ambitieux desseins [du duc de Guise], et le plus hardi promoteur de la Ligue, volt. Ess. guer. ci». On 's'est obstinu à voir un promoteur de bouleversements et de troubles dans l'homme du monde qui porte un plus vrai respect aux lois et aux constitutions nationales, J. J. ROUSS. 3' dial. || 3° Homme d'Église qui dans la juridiction ecclésiastique fait ce que le procureur du roi fait dans la juridiction laïque. J'ai découvert qu'il y a une ordonnance du roi, de 4627 , qui défend, à l'arlicle 44, à tout curé d'être promoteur ou officiai, volt. Lett. Amoult, 4S juin I76i.il 4° Adj. (qui n'est pas dans le Dictionnaire de l'Académie). Promoteur, promotrice, qui excite. Cause promotrice.

— HIST. XV' s. Pour vaillance, honneur et sçavoir N'est aucuns sans promoteur trait, e. hesch. Poés. mss. f'444. Il xvi' s. L'université de Paris a esté jusques à cy très soigneuse promotrice et conservatrice de ces droits, p. pithou, 6. Stolo, autheur et promoteur de toute ceste sédition, amyot, Cam. 87. Toute imbécillité, selon Aristote, est promotrice de l'avarice, mont, ii, 72.

— ÊTYM. Lat. fict promotorem, de promntum, supin de promo»pre, promouvoir. On trouve aussi prowoufeur.

PROMOTION (pro-mo-sion ; en vers, de quatre syllabes), ». f. \\ 1° Acte par lequel on élève plusieurs peisonncs à un même grade, à une même dignité. Il est de la dernière promotion. Nous sommes de la même promotion. Des actes de protestation et de nullité contre la future promotion des cardinaux, si elle n'était pour les couroimes, pellisson, Utt.hist. t. ii, p. 236. Le nouveau pape fera la première promolion pour ses créatures, et [lUis pour les couronnes, et dans les couronnes, ii n'est i)as assuré que la Pologne en .soit, SÈv. 3ot». l janvier (686. On a fait dans la marine une promotion d'enseigne» de vaisseaux, mais il n'y a eu ni capitaine, ni lieuliMiants de faits, dangeau, i, 276. Il II se dit, en parlant des écoles du gouvernement, de l'ensemble des élèves d'une même année. Nous sommes de la même promotion de l'école normale, de l'école polytechnique. Camarades de promotion. || %' Nomlbatiou d'une ou de pluitieuii

PRO

personnes à un grade, à un emploi supérieur. Parlons de M. le cardinal de Forbin; le courrier, qui a porté la nouvelle de sa promotion, est arrivé en sept fours, sÊv. 28 févr. <690. (Napoléon I", dans les galeries du Louvre, à une réunion de fête, en <8<b] se promeirant à travers la foule, parlant paix et commerce aux négociants, gloire et promotions aux militaires.... villemaib , Sou», contemp. les Cent- Jours, X. Il Fig. Sa promotion [d'Esculape] au rang des dieux doit être postérieure au temps d'Homère, qui n'en parle que comme d'un simple particulier, BARTHÉL. Anach. cb. 63.

— HIST. XV' s. Par la promocion (exhortation] des quatre dessus nommez, e. desch. Poés. mss. f» 492. Ils vouloient destruire le vaillant chevalier, par l'envie qu'ilz avoient sur sa promotion, Percefnrestyt. iv, f" 4B. ||xvi« s. X la promotion de certii.'o office de grande autorité, mont, i, 338,

— ÉTYM. Provenç. promolio; espagn. promocion; Ital. promoxione; dulat. promotionem, qui vientde promotum, supin de promovere (voy. pbomoiivoib).

PROMOUVOIR (pro-mou-voir),». o. Se conjugue comme mouvoir. || 1° Élever à une dignité. Le pape rejetterait pour toujours la pensée de promouvoir un sujet de tous points indigne [Albéroni], ST-siM. 448, «6. Si j'avais conté à quelque bon Parisien mon aventure et le service que j'avais rendu (en négociant pour la France avec le roi de Prusse], il n'eût pas douté que je ne fusse promu à quelque beau poste; voici quelle fut ma récompense.... volt. Mémoires svr sa vie. || 2° Procurer. Ces fidèles, destinés à être la victime de ses dieux [de Rome], ne laissaient pas de combattre sous ses étendards, et de promouvoir de toute leur Inrce la victoire dont leur mort devait être le fruit, uoss. 6» aven. <7.

— HIST. xu*s. Quand sainz Paiiles enstruioit son chier disciple del establissemant deTÉglise, que ilnuluinepromovist desordinéeoieui as-^aintesordenes... /o6, p. BH. ||xv's. Grégoire XI avoit promis à Dieu que, si en son vivant il estoit jà promu si haut.... à son loyal pouvoir, il ne tendroit son siège ailleurs que là où saint Pierre l'avoit tenu, fboiss. ii, ii, 20. Il xvi' s. Laelius alla tousjours promouvant et secondant la grandeur et gloire de Scipion, mont, i, S22. Celui qui est promeu [à un office], id. ii, 336.

— ÉTYM. Provenç. promover, promovre; catal. promourer; espagn. promover; ital. promuovere; du lat. promovere, de pro, en avant, et movere (voy. mouvoir).

PROMPT, OMPTE (pron,pron-t'; au masculin, le t selle : pron-t à...), ad;. ||1* Qui ne tarde pas, soudain. Leur abord fut bien prompt, leur fuite encor plus prompte, corn. Cid, iv, «. Par un prompt désespoir souvent on se marie, Qu'on s'en repent après tout le temps de sa vie, mol. Femm. sav. v, \. Que d'années elle [la mort] va ravir à cette jeunesse!... d'ailleurs peut-elle venir ou plus prompte ou plus cruelle? Boss. Diuh. d'Orl. Puisque la mort, qui égale tout, les domine [les princes] de tous côtés avec tant d'empire, et que, d'une main si prompte et si souveraine, elle renverse les têtes les plus respeclées, id. ib. J'arrêtai do sa mort [de Claude] la nouvelle trop prompte, bac. Brit. iv, 2. Leur prompte servitude [des Romains] a fatigué Tibère, ID. ib. IV, 4. Il a* Qui va vite. Cet homme est prompt à la course. Une course prompte. Un coursier aussi prompt que les vents. Iris, la prompte messagbre des dieux, FÉN. Tél. xn. La prompte renommée en répand la nouvelle, volt. Tancr. v, 4. || Fig. En parlant (les choses. Et le fer est moins prompt pour trancher une vie, rac. Brit. iv, 4. || 8* Qui se passe vite, en un moment. Sa joie fut prompte. Mais plus prompt que l'éclair, le passé nous échappe, rac. EstU. ii, s. Il Vin prompt à boire, vin qui demande à être bu promptement. || 4" Prompt à, en parlant des personnes qui agissent vite. Ne soyez point prompt à parler , et en même temps lâche et négligent dans vos œuvres, saci. Bible, Ecdtsiastiq. iv, 34. Ces rois et ces princes anéantis, parmi lesquels à peine peut-on les placer [dans les caveaux de Saint-Denis] ; tant les rangs y sont pressés, tant la mort est prompte à remplir ces places I boss. buch. d'Orl. C'est une chose qui m'étonne toujours, que les Français, qui sont aujourd'hui si peu capables de commettre de grands crimes, soient si prompts à le» croire, volt. Fragm. sur l'hist. ixviii. Je prie ces juges si prompts i la censure, de considérer que ce qu'ils disent là, je le sais tout aussi hion qu'eux, j. j. aouss. Ém. iv. |' 6" Qui éprouve, ressent vite. Certes, je ne sais pas quelle chaleur vous monte; Hais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte, uou,. Tart. ni, 2. Un jeune homme, toujours bouillant dans sei capriceg. Est prompt à

PRO

recevoir l'impression des vices, boil. Art p. m. || Il se dit des choses dans un sens analogue. Ma jeunesse revit en cette ardeur si prompte, corn. Cid, i , 5. Iphigénie en vain s'offre à me protéger. Et me tend une main prompte à me soulager, rac. Ipb- II, «. Il Absolument. Actif, diligent. Qui est plus prompte que Mme de Brinon et moi? maintenon, l.ett. à Urne du Peron, 25 oct. 4686. || Avoir l'esprit prompt, la conception vive et prompte, concevoir aisément. || 6° Qui s'emporte aisément. S'il est prompt et bouillant, le roi ne l'est pas moins, corn. Nicom. I, b. Si j'étais aussi prompt que vous. Nous ferions de belles affaires, mol. Amph. i, 2. Qui savent ajuster leur zèle avec leurs vices, Sont prompts, vindicatifs, sans foi, pleins d'artifices, id. Tart. i, 6. Théodose était d'un tempérament prompt et ardent, et se laissait aisément emporter à la colère centre ceux qui l'avaient offensé, fléch. Hist. de Theodose, iv . 3. Achille déplairait moins bouillant et moins prompt, boil. Art p. m. Il [Philoctète] était prompt, et, si peu qu'on excitât sa vivacité, on lui faisait dire ce qu'il avait résolu de taire, FÉN. Tél. XVI. Il Avoir la main prompte, être vif, emporté, au point de frapper pour le moindre sujet. Je l'avoue entre nous, quand je lui fis l'afl'ront. J'eus le sang un peu chaud et le bras un peu prompt, COBN. Cid, ii, i. \] Fig. Quelques gens trop prompts à la main i juger mal de leur prochain, LE p. DD cerceau, dans despontaines.

— REM. On a dit au commencement du xvii» siècle prompt de.... Et si le souvenir, trop prompt de m'outrager.... eégnier, Élég. iv.

— lllST. XIV s. En deniers prompts et comptans, BODTEiLLiER, Somme rural, titre lxx, p. 41 B, dans lacurne. Il xvi' s. Le François est prompt à apprendre les arts et les sciences, lanoue, 130. La noblesse ayant tousjours esté prompte de sacrifier sa vie pour son service [du roi], id. 132. Et pourquoy les reprouvez-vous ainsi ? à cause, disent-ils , qu'ils tiennent une religion contraire à la nostre. Vrayement caste promptitude est trop prompte, id. 70. Il n'estoit point de mauvaise nature, sinon qu'il estoit un peu prompt à la main et cholere, amvot, Lyc. (6. Et tousjours depuis se monstra prompt à Sylla et affectionné en toutes ses affaires, lo. Crass. )0. Prince nai avec un esprit vif, prompt à tout.... d'adb. Hist. II, 129. Je n'avois jamais faict babiller à mes vers Que les folles ardeurs d'une prompte jeunesse, ID. Tragiques, édit. lalanne, p. 76. La plus prompte courtoisie, c'est la meilleure, cotgrave.

— ÉTYM. Ital. pronto, prêt; du lat. promptus, prompt, au propre tiré, âepromere, tirer: mis au dehors, tout prêt à l'action.

t PROMPTE (pron-t'), s. f. Droit de prompte, droit qu'on paye pour obtenir promptement une grosse de jugement. La partie, pressée d'obtenir la gross^[d'un jugement], parvient à l'avoir en payant au greffier une gratification qui n'est pas prévue par le tarif, et qui, dans le langage spécial à ce greffe [de Paris], est connue au palais sous le nom de droit de prompte, suin, Rapp. au sénat, Monit. du 24 mors 1867, p. 3B(, 3- col.

PROMPTEMENT (pron-te-man), adj. Avec promptitude. Enfin, que faisait-il ? achevez promptement, corn. Rodog. v, 4. La vanité des choses humaines.... ne se montre que trop d'elle-même.... dans une si haute majesté si promptement dissipée, boss. Mar.- Thér.

— HIST. XV* S. Promptement que le roy.... i. lefevre de st-remï, Hist. de Charles Yl, p. 6a, dans lacurne. Là où le sang des couleuvres les avoit attains [les glaives], ilz «stoient tout vermaulx, comme s'ils eussent esté promptement [récemmi nt] ensanglantez, Perceforest, t. vi, f° 3). || xvi* s. C'est pourquoy il est bon, promptement qu'on est bruslé, d'approcher la partie du feu, paré, x, 9. Ce mouchoir empoisonné.... inspire son venin si promptement.... MONT, m, 169.

— KTYM. Prompte, et le suffixe men .

PROMPTITUDE (pron-ti-tu-d"), s. f. || !• Qualité

qui fait qu'on ne met aucun délai à commencer ou à exécuter. Comme en un grand dessein et qui veut promptitude. On ne's'explique pas avec la multitude, corn. Sertor. v, 6. Honteuse de n'envoyer que cent mille livres au roi et à la reine de Pologne, elle les envoie du moins avec une incroyable promptitude, BOSS. Anne de Gonz. La promptitude de son action ne donnait pas le loisir de la traverser; c'est là le caractère des conquérants, id. iouis de Bourbon. Il 2* La promptitude de l'esprit, la facilité à concevoir. On savait qu'avec un grand but il ne formait jamais qu'un plan vague, n'aimant i prendre conseil que de l'occasion, ce qui convenait â la

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promptitude de son génie, séavn, Hist. de Nap. V, 2. Il La promptitude à croire une chose, la facilité avec laquelle on la croit La promptitude à croire le mal sans l'avoir assez examiné est un effet de la paresse et de l'orgueil, la rocbefouc. Mim. dans RicHELET. Il 3° Trop grande vivacité d'humeur, disposition à se mettre en colère. Mais pardonne à ma promptitude. C'est le vice de ma maison, scar- RON, Virg. VI. Ce sera.... par elle [l'espérance de vous revoir] que je tâcherai d'apaiser une partie de mon impatience et de ma promptitude naturelle, sÉv. à Mme de Grignan, 22 avr. I67i. || Mouvement de passion ou de colère subit et passager. Ses promptitudes sont insupportables. Mais votre promptitude [injures dites] est de mauvaise grâce, mol. l'Ét. I, 10. Idoménée déjà revenu de sa première promptitude, fén. Tél. xii. Excusez un terme un peu trop rude; Je me reconnais mal à cette promptitude, DESTOUCHRS, Homm. sing. iv, 2.

— SYN. PROMPTITUDE, DILIGENCE. La brièveté, le peu de temps mis à commencer ou à exécuter est ce qui prédomine dans promptitude. C'est la vigilance, la précaution , la prudence qui, vu l'étymologie, prédomine dans diligence.

— HIST. XVI' s. Il ne s'en trouve quasi pas un, lequel n'ait quelque promptitude [aptitude] à y profiter [aux arts], calv. Inslit. <93. J'ay perdu par desaccoutumance la promptitude de m'en pouvoir servir [du latin] à parler, mont, m, 39. Et une infinité d'autres oubliances ou promptitudes [légèretés, étourderies] ausquelles un chef d'armée est sujet par trop croire à quelqu'un ou à soy-mesme, carl. i, 34. Ils avoient usé de telle promptitude, qu'au troisième jour ils eurent comparé [remparé] plus de cent pas, m. du bellay, 448.

— KTYM. Lat. promptitudinem (quichebat , Addenda), de promptus, prompt.

t PROMPTUAIRE (pron-ptu-ê-r'), s. m. Sorte de manuel. Un promptuaire de droit. Ces illuminés frères de la rosecroix...être comme ils se vantent... le magasin des plus rares merveilles et le promptuaire de toutes sortes de miracles, naudé. Rosecroix, VIII, 3.

— HIST. xvi* s. Quand il eust eu un calepin, un vocabulaire, un dictionnaire, un promptuaire, un trésor d'injures, il n'eust pas eu la dernière de cette diablesse, desper. Contes, lxv.

— ÉTYM. Lat. promp(uorium, buffet, office, de promptus, qui est sous la main (voy. prompt).

PROMU, UE (pro-mu, mue), part, passé de promouvoir. Élevé à un grade, à une dignité. [11 connaît] Tous les Romains promus au grand pontificat, Au rang d'édile, au tribunal, delille, Convers.i. [Pontécoulant] promu au sénat en isos par une reconnaissance quelque peu tardive de l'empereur Napoléon, villemain. Souvenirs contemp. les Cent- Jours, ch. XV. Il Substantivement. Personne promue. Les promus allèrent remercier le ministre.

t PROMULGATEUR (pro-mul-ga-teur), s. m. Celui qui promulgue. Les principes de liberté et d'égalité dont .'^olon fut le promulgateur, ëmile burnouf, Rev. des Deux-Mondes, C'oct. 1866, p. 743.

PROMULGATION (pro-mul-ga-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Publication solennelle des lois, suivant les formes requises. Les lois sont exécutoires dans tout le territoire français en vertu de la promulgation qui en est faite par l'empereur, Cod. Aop. art. I. Depuis 4818, il y a promulgation par la seule insertion au Bulletin des lois; un jour après, la loi est exécutoire à P'aris; quant aux autres départements, elle y est exécutoire après le même délai, augmenté d'autant de jours qu'il y a de fois dix myriamètres entre Paris et le chef-lieu du département, legoarant.

— HIST. xiv* s. Loy est une promulgacion ou publicacion.... oresme, Thèse de meunier.

— ETYM. Lat. promuigolt'onem, de promulgare, promulguer.

PRO.MULGUÉ , ÉE (pro-mul-ghé , ghée) , part, passé de promulguer.

PROMULGUER (pro-mul-ghé) , je promulguais, nous promulguions, vous promulguiez ; que je promulgue, que nous promulguions, que vous promulguiez, v. o. l'ublier une loi avec les formalités requises. Paul III promulgua leur bulle d'institution [des jésuites]; avec la clause expresse que leur nombre ne passerait jamais soixante; cependant Ignace, avant de mourir, eut plus de mille jésuites sous ses ordres, volt. Moeurs, <39. Tous les actes dans l'empire furent promulgués au nom de Charles-Quint jusqu'à l'année de sa mort; fait aussi important que véritable et qu'aucun historien n'a rapporté, ID. Ann. Emp. Charles-Quint, ibBt.

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Le roi seul sanctionne et promulgue les lois , Charte de t830, art. )8.

— HIST. XIV' s. Loy promulguée, oresme, Thèse

de MEUNIER.

— ETYM. Lat. promutgare.

PRONAOS (pro-na-os'), s. m. Terme d'architecture. Partie antérieure des temples anciens. Le pronaos était une partie séparée du vestibule; il formait souvent un assez grand emplacement carré, circonscrit de droite et de gauche par les murs avancés de la cella, quatremèhe de quinct, Insl. Hém. hist. et litt. anc. t. m, p. 4 96.

— ÊTYM. ripôvoo:, de itpô, avant, et vaô;, temple. PRONATEUR (pro-na-teur), od;. m. Terme d'ana-

tomie. Qui fait exécuter le mouvement de pronation. Les muscles pronateurs, et, substantivement, les pronateurs.

— HIST. XVI* s. Les muscles qui tournent la main vers la terre, nommés pronateurs, paré, i, 8.

— ÊTYM. Lat. pronaYe, incliner en avant , de pronus, penché en avant.

PRONATION (pro-na-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Terme de physiologie. Mouvement par lequel on tourne 1^ main, de manière que la paume regarde la terre, l'extrémité inférieure du radius se portant au-devant du cubitus. |{ Ëtat de la main dans cette situation. Le peintre a placé en pronation la main de son personnage. || Terme de pathologie. La position d'un malade couché sur le ventre, par opposition à supination.

— ÊTYM. Voy. PHONATEUR.

PRÔNE (prfl-n"), s. m. Instruction chrétienne faite chaque dimanche à la messe paroissiale. Bien que du Moulin [ministre protestant] en son livre Semble n'avoir rien ignoré, Le meilleur est toujours de suivre Le prône de notre curé. Vers mis par Racan sur un exemplaire du livre ae du Moulin contre le cardinal du Perron. Je me plais à servir mon prochain, et c'est ce qu'on nous recommande au prône, mariv. Pays. paru. part. i. On ne sait quel est cet homme [saint Paul] qui, dans une espèce de prône commun, dit familièrement des mots sublimes, chateaubb. Génie, ii.vi, 2. || Recomman der quelqu'un au prône, le recommander aux fidèles lorsqu'on fait le prône; et fig se plaindre de lui à ses supérieurs, pour lui attirer quelque châtiment. Vous avez fait une action de bon citoyen de recommander au prône d'un avocat général les infamies de la Beaumelle , volt. Lett. en vers et en prose, <46. Dans votre beau discours du trône, Méchant, vous m'avez désigné ; C'est me recommander au prône, bérang. Mes jours gras. ||Fig. et familièrement. Remontrances, observations. C'est depuis quatre jours que le roi s'est expliqué là-dessus [l'obligation de donner le monseigneur aux maréchaux], et que les prônes du maréchal de Gramont ont soutenu l'affaire, sÉv. i9 août I676. M. de Laurens vous porte un petit paquet que je vous donne.... si vous pensez me venir faire des prônes et des discours et des refus, vous me fâcherez et vous me décontenancerez au dernier point, ID. 20 juin

<672 je vois, surcedébutde prône. Quêta bouche

déjà s'ouvre large d'une aune, boil. Ép. xi. Quand aura-t-il fini son prône Au nom de l'autel et du trône? Car il est d'un ennui monnl Au nom du trône et de l'autel, Épigr. contre un député qui sous la Restaur. parlait toujours du trône et de l'autel.

— HIST. xii* S. Home qu'an [on] ne puet [peut] chastier [corriger], Devroit an au mostier lier, Corne desvé, devant les prônes, crestien de troies, Chev. an lyon, v. 625. ||xili* s. El adont le [la] justice doit fere dire au prosne et en plain marcié, que tix coze [telle chose] a esté trovée, beaum. xxiv, 20. Il XV» s. Il monta en son prone, et dit les mots qui s'ensuivent: —ainsi descendit de son prone, et s'en alla à sa maison, louis xi, Nouv. lxxxix. Lors entre en l'église, et, ainsi qu'il fut à genouillons, il regarde à dextre partie, et voit unes prônes [grille] d'argent moult bien faites.... Lancelot du lac, t. Ii, f" 32, dans lacurne. || xvi* s. Faire déclarer au prosne de l'église, mont, ii, U.

— ETYM. lat. prxcnnium, publication, de pr.vco, crieur public, qui paraît être de même origine que prxcia, crieur public, lequel vient de prx et ct'o.

PRÔNÉ, f)E (prô-né, née), part, passé île prôner. La vertu dt vieux Caton, Chez les Romains tant prônée, Êtoit souvent, nous dit-on. De Faleme enluminée, J. B. Roiiss, Odes, II, 2.

+ PRÔNE-MISfiRE (prô-ne-mi-zè-r'), t. m. Celui qui se plaint toujours. C'était un franc avare, un Trai prône-misère, bauteroche, le Deuil, se. 29. Il Au plur. Des prône-misère.

PRÔNER (prôné), v. a. || 1" Faire le prône. Le

vicaire bous a prônés en l'absence du curé. |{ Abso lument. Après avoir prôné, chanté, confessé, communié, baptisé, enterré, consolé des malades... volt. Dict. phil. Curé de campagne. \\ Fig. Cependant cet oiseau qui prône les merveilles [la Renommée], BoiL. LulT. 11. Il a- Vanter, louer avec excès. Il nous la prôna comme une héroïne.... betz, Mém. t. Il, liv. III, p. 60, dans pougens. Qui d'une sainte vie embrasse l'innocence Ne doit point tant prôner son nom et sa naissance, mol. Tart. ii, 2. D'abord comme un prodige on le prône partout, GiiB. Le XY 111' siècle. Mais qu'on m'ose prôner des sophistes pesants, Apostats effrontés du goût et du bon sens, ID. ib. Il [Dorât] lit dans les sociétés une comédie intitulée les Preneurs ; c'est la satire de ceux qui ne l'ont pas prôné, la harpe, Correspond, t. I, p. 203. jj 3° Présenter sous forme de remontrances, d'observations. Que nous prônezvous là? Quoi qu'en ses beaux discours Saint-Évremont nous prône, boil. Sat. xi. || Neutralement. Il ne fait que prôner. |] 4° Se prôner, v. réfl. Faire son propre éloge. || Se louer mutuellement.

— HIST. xvi* s. Il ne pronoit autre chose à son retour, que le roi de France estoit un ange et ses ministres des diables, d'aub. Vie, Lxxiii.

— ÉTYM. Prône.

t PRÔNERIE (prô-ne-rie), ». f. Action de prôner, de se prôner. Comme le cardinal de Richelieu s'était trouvé autrefois honoré , en quelque façon, de son aUiance [du maréchal de Brézé], et qu'il craignait même ses emportements et ses prôneries auprès du roi qui avait quelque sorte d'inclination pour lui, RETZ, Mém. i, <o.

PRÔNEUR (prô-neur), s. m. || 1° Celui qui fait un prône (peu usité en ce sens). Notre curé est un excellent prôneur. || 2° Fig. Prôneur, prôneuse, celui, celle qui loue avec e.xcès. Quelle horrible peine à un homme qui est sans prôneurset sans cabale.... de se faire jour à travers l'obscurité où il se trouve, et de venir au niveau d'un fat qui est en crédit! LA brut. II. S'il ne tient qu'à cela, madame, de bon cœur ; Du choix que vous ferez je serai le prôneur, DANCOURT, Mme Artus, m, 5. Rameau, dont elle est la prôneuse en titre, et qui ne veut souffrir aucun concurrent, J. J. Bouss Conf. vu. Vous n'aurez point d'amis. — Les ennemis honorent. — Point de prôneurs. — J'aurai mes écrits pour prôneurs, gilb. Mon apol. Il [Racine] s'assurait par là d'un prôneur [Bdileau] dont la voix était comptée pour beaucoup, DDCLOS, Œuv. t. X, p. 82. On reproche au prince de Beauvau de s'être annoncé pour un des partisans de M. Necker, de s'en être rendu le prôneur, bachaumont, Mém. secrets, t. xxxv, p. (94. Il Fig. F.t n'ayant pour prôneurs que ses muets ouvrages, Il veut par ses talents enlever les suffrages, GILB. Le XVlll' siècle. 113° Grand parleur qui aime à faire des remontrances. || Petit faiseur et grand prôneur, se dit d'un homme qui parle beaucoup et fait peu de chose.

— f.TYM. Prôner.

PRONOM (pro-non), s. m. ||1* Terme de grammaire. Dans le sens ancien et encore aujourd'hui très-commun, mot qui tient la place d'un nom. Pronom relatif. Tous ces pronoms personnels sont de vrais substantifs, ni plus ni moins que les noms mêmes à laplacedesquelsils sont mis.D'onvET, Ess. gramm. m, i. Vaugelas nous a suffisamment avertis que le plus grand de tous les vices contre la netteté du style, ce sont les équivoques, dont la plupart, dit-il, se forment par les pronoms, lo. ib. m, 3. Toutes les fois que l'on emploie un pronom dans une phrase, il se rapporte au dernier nom substantif, volt. Coinm. Corn. Rem. Nie. t, 2. || Dans le sens grammatical précis, mot qui désigne les êtres par l'idée d'une relation à l'acte de la parole, par opposition aux noms qui désignent les êtres par l'idée de leur nature. Dans ce dernier sens, il n'y a devrai pronom que les pronoms personnels, je, tu, il, se, et les pronoms démonstratifs, celui, celle. Il 2° Abusivement. Pronom démonstratif, pronom possessif, nom donné aux adjectifs démoristralil's, comme ce, c«t, etc. et aux adjectifs pos.se3>ifs, comme mon, ton.

— REM. 1. Le pronom de la 3* personne se rapporte mal à un nom pris sans article; par exemple, on évitera de dire : Il vous a rendu justice ; elle est rare chez unadvcrsaire ; dites: la justice est rare... Le pronom est comme une chose fixe et adhérente, et le nom sans article eu avec un article indéfini est comme une chose vague et en l'air, où rien ne se peut attacher, vaugel. Rem. t. ii, p. 662, dans POUOENS. ||2. Les pronoms possessifs (c'est-à-dire ion, sa, set qui sont des adjectifs), se rapportant à

un nom de chose, sont inélégants en construction de sujet ou de régime direct. J'ai lu ce livre, son style est fatigant; dites: le style en est fatigant. En parlant d'une chû.se inanimée ou de quelque bête, sans qu'il y ait rien qui la personnifie, on doit remplacer le pronom possessif par les particules destinées à «ela, en ou J/, ([ui sont mises elles-mêmes au rang des pronoms ; témoin ce proverbe : Quand on parle du loup, on en voit la queue, d'ouvkt, Ess. gramm. m, 2.

— HIST. xvr s. Pronoms est une sorte de mots qui servent pour supplier [suppléer] le nom tant propre qu'appellatif, sans aucune signification ou déclaration de temps, dénotant toujours quelque certaine personne, rob. est. Gramm. franc, dans LIVET, la Gramm. franc, et les gramm. p. tio.

— ÉTYM. Provenç. pronom; espagn. pronomb'^e ; ital. pronome; du latin pronomen, de pro, au lieu de, et nomen, nom.

PRONOMINAL, ALE (pro-no-mi-nal, na-I'), adj. Qui appartient au pronom, qui est de la nature du pronom. || Verbe pronominal , verbe qui sa conjugue avec le pronom personnel de la même personne que le sujet : Je me loue, ils se disent des injures. Parmi les verbes qui se conjuguent avec le pronom personnel se, et qu'il [l'abbé de Dangeau] appelle pronominaux, il en distingue de quatre sortes, d'alemb. Éloges, Pangeau, notes. Verbe pronominal pour verbe réfléchi, dénomination due à Dangeau et souvent employée, mais défectueuse ; car pronominal veut dire qui est de la nature du pronom, comme verbal qui est de la nature du verbe ; il faudrait dire verbe pronominé (voy. ce mot), JULLIEN. Il Adjectifs pronominaux, ceux qui se forment des pronoms ou qui s'y rapportent par leur signification. Les adjectifs pronominaux qualifient par un attribut de désignation individuelle, c'est-àdire par une qualité qui, ne tenant ni de l'espèce ni de l'action, ni de l'arrangement, n'est, qu'une pure indication de certains individus; ces adjectifs sont ou une qualification du rapport personnel, comme mon, ma, ton, notre, votre, son, leur, mien, tien, sien, ou une qualification de quotité vague et non déterminée, tels que quelque, un, plusieurs, tout, nui, DUMABs. <Eut!. t. IV, p. <09. Il Racines pronominales, voy. racine.

— ÉTYM. Lat. pronominalis, du lat. pronomen, pronom.

PRONOMINALEMENT ( pro-no-mi-na-le-man ), adv. X la façon du pronom. Mot employé pronominalement.

— ÉTYM. Pronominale, et le suffixe mrnt.

t PRONOMINÇ, ÉE (pro-no-mi-né, née), adj. Terme de grammaire. Qui porte avec soi un pronom. Verbe pronominé, nom générique de tout verbe qui se conjugue avec un pronom régime, comprenant les verbes réfiéchis, comme je me rase, les verbes réciproques, comme Pierre et Jean se déchirent, les verbes d'état comme je m'ennuie, je me repens, et certains verbes à sens passif comme ce livre se vend bien. La pensée [de l'abbé de Dangeau] aurait été mieux rendue, s'il les avait appelés [les verbes précédés d'un pronom régime] verbes pronominés, comme l'abbé d'Olivet avait nommé régime particule le régime accompagné d'une particule, beaiizée, Ê'nci/ci. Afi/J/i. Pronominal,

t PRONONÇA RLE (pro-non-sa-bl' ) , adj. Qui peut être prononcé. Cette accumulation de lettres n'est pas prononçable.

— HIST. XVI* s. Prononçable, cotgbavb.

PRONONCIÎ,ftE (pro-non-sé, sée), part.pas.ié de

prononcer. |{ 1° Déclaré avec autorité, en vertu d'une autorité. L'arrêt de mort était prononcé contre le Kils de Dieu, et toutes choses étaient proparées pour l'exécution, bouroal. Exhort. sur J C. portant sa croix, t. II, p. 136. Il .V. m. Le prononcé du jugement, etc. la décision prononcée par le tribunal. Le prononcé [de l'arrêt contre le jésuite la Valette] fut reçu du public avec des applaudissements et des lattements de mains incroyables, voi.T. Hist. pari. Lxviii. Il 2° Débité, récité. On croit assez communément que, ji*i(ju'au temps de Cicéron, il n'y eut point d'é!oges prononcés en l'honneur dos vivants, et presque pas en l'honneur des morts, MABM0N1E1., Œuvr. t. VI, p. 7. || 3° Dont on exprime, fait entendre les sons. Des mots bien prononcés. Ii Absolument. Il s'est dit quelquefois pour articulé avec soin. Harlay, toujours en robe, mais étriiiiié, une parole lente, posée, prononci'e, st-sim. 173, 47. Il 4* Terme de peinture. On dit (|ue les partie» d'un tableau sont bien prononcées, pour direquelles sont distinguées avec beaucoup de force ci de netteté. Muscles trop prononcés, muscles trop forte-

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ment, trop durement marqués. || B° Qui a un« eipression forte et très-marquée. Des traits prononcés. Voilà ce que sait faire un grand poète ; les mœurs, soit bonnes, soit mauvaises, de ses principaux personnages sont si marquées, et, pour me servir d'un terme de peinture dans notre langue, si prononcées, qu'elles nous préparent à ce qui doit «rriver, L. racine, Traité de la poés. dram. x, 2. Ce caractère aimable et volage est si prononcé chez ce peuple (les SiminolesJ qu'il peut à peine prendre un maintien digne dans les assemblées politiques, CHATEAUBR. Amer, les Mtiscogulges. Je ne vous recommande point de ne pas faire étalage d'opinions trop prononcées, th. leclercq, Prov. t. I, p. 362, dans pouoENS.

t PRONONCEMENT (pro-non-se-man), s. m. Action de prononcer.

— HIST. xm* s. Cascuns enteni le prononcement des arbitres diversement, beauman. xxxix, 7.

— ÉTYM. Prononcer; provenç. prononcxamen; espagn. pronuriciamento ; ital. pronumiamento.

PRONONCER (pro-non-sé. Le c prend une cédille devant a et o • prononçant, prononçons), v. a. Il i° Déclarer avec autorité, en vertu de son autorité (ce qui est le sens latin). Achab crut éluder la rigueur de cette juste sentence [mort violente], en faisant unequerelle particulièreà Elie, qui avait eu ordre de la lui prononcer, Boss. PoJt'I. viil, il, 3. Pourquoi chercher des preuves d'une vérité que le Saint-Esprit a prononcée par une sentence manifeste? Dieu même menace les peuples qui altèrent sa religion... m. Reine ifAnglet. Et ne me pique point du scrupule insensé De bénir mon trépas quand ils [les sultans] l'ont prononcé, rac. Baj.i,t. Le public, qui sait si bien faire entendre son jugement sans le prononcer 'en forme , ne souscrivit pas à celui des commissaires^ impériaux, fonten. Marsigli. Frédéric gouvernait l'Église aussi despotiquement que l'État; c'était lui qui prononçait les divorces , quand un mari et une femme voulaiertt se marier ailleurs, VOLT. Comment, hist. Prononcez votre arrêt et ne redoute'z rien, id. Olymp. v, 8. || Fig. Le destin, le sort a prononcé l'arrêt. || Particulièrement. Déclarer, en parlant de celui qui préside une juridiction, une assemblée, ce qui a été décidé à la pluralité des voix. Il Absolument. Ce président prononce bien, il fait entendre avec ordre et netteté le.s différents chefs d'un jugement. || Le greffier a prononcé au criminel son arrêt, sa sentence, il lui a lu le jugement rendu contre lui. || Fig. Prononcer sa propre condamnation, prononcer sa sentence, se condamner par ses propres aveux, par ses propres paroles. Je veux encore vous faire prononce'' cet arrêta vous-mêmes contre vous-mêmes, pasc. Prov. xvi. Il J° Réciter , débiter. Vous donc qu'elle assistait avec tant de joie.... quel admirable panégyrique prononceriez-vous par vos gémissements à la gloire de cette princesse, s'il m'était permis de vous introduire dans cette auguste assemblée! Boss. Mar. ■ Thér. Quel supplice que celui d'entendre déclamer pompeusement un froid discours, ou prononcer de médiocres vers avec toute l'emphase d'un mauvais poète I la brut. i. La cour a chargé ce prélat éloquent de faire l'éloge funèbre d'une princesse, et il doit le prononcer dans deux jours, LE6AGE, Diable boit. ch.<6. Là [près démon tombeau] quelquefois encore daignez vous rassembler ; LA prononcez l'adieu, H. j. chén. la Promen. Il Absolument. Prononcer lentement, distinctement. Il Fig. Déjà mêmeje crois entendre la réponse Qu'en secret contre moi votre haine prononce, rac. Andr. H, 2. Il 3" Articuler les lettres, les syllabe?, les mots, en exprimer les sons. Vous ne leur prononcez mon nom qu'avec horreur, rac. Athal. ii, 7. Il passait des heures entières sans prononcer aucune parole, fën. Tél. xzi. Il y a des peuples qui ne sauraient prononcer certaines lettres; les Chinois ne connaissent ni le b, ni le d, ni l'r, dmuars. Œuv. t. iv, p. S78. La rivière que nous apjielons Veronise [en Russie], nom très-doux à prononcer, est appelée dans les mémoires Woronestch ; et dans les observations on me dit que vous prononcez Voronège, VOLT. Uu. Sehouialof, m juin <7ai. Ces mœurs sont vos devoirs... Sachez que le premier est... de n'oser jamais Me prononcer le nom d'un rival que je bais, ID. Ali. IV, 2. || AI>.solunient. Une chose assez singulière tl qui peut-être ne se trouve que dans notre langue, c'est que nous avons deux manières de prononcer: l'une pour la conversation, l'autre pour la déclamation ; celle-ci donne la force et du poids aux paroles, et laisse à chaque syllabe l'étendue qu'elle peut comporter ; au liey que celle là, pour 6tre coulante et légère, adoucit certaines

diphthongues , et supprime des lettres finales , d'oliv. Hem. Racine, § xi. La première règle, et la seule raisonnable, est d'écrire comme on prononce: les Italiens nous en donnent l'exemple, et nous devrions le suivre, d'alkmb. Lett. à Voltaire, 2« oct. (770.114" 11 se dit des articulations d'une langue. 11 ne prononce pas bien l'anglais. La manière dont les Romains prononçaient le latin était, en plusieurs choses , très-différente de celle dont bous le prononçons aujourd'hui, rollin. Traité des Et. i, 3. Il 6° Terme de peinture. Bien indiquer les parties d'une figure, par comparaison avec l'articulation de la voix. Prononcer un bras, les muscles. Le nu que la sculpture est plus jalouse encore de prononcer que la peinture, djder. Salon de 4765, Œuv. t. XIII, p. 323, danspooGENs. Il 6" V. n. Déclarer ce qui a été décidé, jugé. L'Église a prononcé. Le ciel prononcera. Les empereurs qui avaient osé prononcer sur les questions de la foi, boss. Hist.i, tt. Du sénat la volonté suprême Est que sur votre fils vous prononciez vous-même, voltaire, Brutus, v, 5. Il 7° Dans le langage ordinaire. Déclarer son sentiment, décider. Que je hais ta vaine science et ta mauvaise subtilité , âme téméraire, qui prononces si hardiment : Ce péché que je commets sans crainte est véniel I boss. Mar. -Thér. Hé bien donc, prononcez; que voulez-vous qu'on fasse? bac. Brt(. IV, 2. Gardez-vous de réduire un peuple furieux. Seigneur, à prononcer entre vous et les dieux, id. [phig. I, S. Si... il prononce d'un mets qu'il est friand, le maître et les convié»-, qui en mangeaient sans réflexion, le trouvent friand, la brut. v. Il reste à savoir s'il est permis d'amener une grande beauté par de grands défauts; et c'est sur quoi je n'ose prononcer, volt. Comm. Corn. Rem. Rodng. m, 4. Leibnitz n'a pas hésité à prononcer que le globe terrestre devait sa forme à l'élément du feu, buff. Théor. terr. Part. hyp. Œuv. t. ix, p. 320. J'ai prononcé là-dessus autrefois un peu légèrement , DIDER. Salonde 4767, Œuv. t. xiv,p. 3)6. C'est aux hommes de juger les femmes, et aux femmes de prononcer sur les hommes, al. duval, Jerin. de Richelieu, m, 8. Il 8* Se prononcer, v. réfl. Être prononcé. La consonne d se prononce en donnant du bout de la langue au-dessus des dents d'en haut, MOL. Bourg, gent. Ii, 6.||9° Faire voir, manifester son intention, sa pensée. Je ne crois pas encor devoir me prononcer, c. pelav. la Popularité, iv, 2.

— HIST. xir s. Purnuncera ma langue le tuen parlement. Liber psalm. p. I97. Je espant en l'esguardement de lui la meie oreisun, e la meie tribulaciun devant lui medesme [lui-même] purnunz, tb.p. 220. Il xiii*s. Il [un malade] avoitestéjusques à celé heure par un jour et demi que il n'avoit parlé ne n'avoit prononcié nule parole. Miracles .S'I Loys, p. 4 74. I,i baillis n'est pas tenus d'estre au jugement fere, ne au prononcler le jugement, beaum. i, i3. Il XV' s. Sire, g'i vois [j'y vais] sans remanoir Voslre naissance anuncier: Auls pastoreaux vas prononcler, Comment estes nez de Marie, la Nativ. de S. S. J. C. Il xvi* s. D'autre costé, j'oy la bise arriver, Oui en soufflant me prononce l'hyver, marot, i, 223. [Prendre pour modèle le langage] des plus savants en nostre langue, qui ont tout le temps de leur vie hanté es cours de France tint du roi que de son parlement à Paris, aussi sa chancellerie et chambre des comptes; esquels lieux le langage s'escrit et ie prononce en plus grande pureté qu'en tous autres, rob. est. Préf. de la Gramm. fr.

— ÉTYM. Prov. et espagn. pronttnctor; ital. pronumiare: du lat. pronunctare, de pro, et nunciare, annoncer (voy. nonce).

t PRONONCECR (pro-non-seur), t. m. Celui qui prononce.

— HIST. XV* s. Le principal malfaiteur et prononceur des dictes paroUes fut condampné à faire amende honorable, j. de troves, Chron. 1466.

PRONONCIATION (pro-non-si-a-sion; en vers, de six syllabes), *. f.\\ 1° Action de prononcer un jugement, un discours. La prononciation du jugement. Us [mes ennemis] partirent pour la cour le lendemain de la prononciation de ma harangue, la brut. Disc, à VAcad. franc. Préface. Ceux qui, avant de m'entendre, avaient rendu périlleuse la prononciation même de mon discours.... mirabeau, Collrction, t. ut, p. -tM. Il 8" Manière de prononcer, de faire entendre les lettres, les syllabes, les mots. L'écriture ne représente pas toujours parfaitement la prononciation ; car, comme la peinture, qui représente les corps, ne peut pas peindre les mouvements des corps, de même l'écriture, qui peint a sa manière le corps de ta parole, ne saurait poindre entièrement la prononciation, qui est le mouvement de la

parole, Dict. de l'Acad. Préface, >'• édit. 4«98. La déclamation demande dans la prose presque les mêmes prononciations que dans les vers, Opusc. lang. franc, p. 2C2, dans pougeks. Plus la prononciation est lente, plus la prosodie devient sensible, d'oi.ivbt, Prosod. franc, art. v. J'écris en français; ne dois-je pas me conformer [dans la transcription des noms russes] à la douceur de la prononciation française? volt. Lett. Schouvalof, 4 4 juin 4 7«T; Plus un mot est manié , plus la prononciation en devient faible, duclos, Œuv. t. ix, p. ». On prononce assez généralement bien au théâtre ; mais il ne laisse pas- de s'y trouver quelques prononciations vicieuses que certains acteurs tiennent de leur province ou d'une mauvaise tradition, id. ib. t. ix, p. 7. Un léger défaut de prononciation prêtait à ses paroles [d'Alcibiade] les grâces naïves de l'enfance; et quoiqu'il hésitât quelquefois pour trouver le mot propre, il fut regardé comme un des plus grands orateurs d'Athènes, barthél. Anach. Introd. part. 2, sect. 3. Il 3" La manière de prononcer, par rapport à l'accentuation, à la prosodie. La prononciation des Normands, des gens du Midi. Une prononciation vicieuse. La bonne prononciation. Claude Boyer et Michel le Clerc | membres de l'Académie ] .sont deux Albigeois qui, étant venus ici apprendre la langue, dont ils ne savent pas encore la prononciation, veulent l'enseigner aux autres, puretièrk, 2' ^oclum, t.i,p. 4 74. Il 4° Manière de dire, de débiter. Si l'écriture est le corps visible du langage, la prononciation en est l'âme, on. nodier. {| 5° Dans la rhétorique ancienne, la cinquième et dernière partie de cette science qui comprenait l'invention, la disposition, l'éloculion, la mémoire et la prononciation. Ces deux dernières parties ne regardaient que l'orateur parlant et pouvaient se réunir sous le nom d'action.

— HIST. J£vi' s. Et si y avoit ouUre cela grand plaisir au son de sa voix seulement et à sa prononci.ition amyot, Anton. 32. Puisque les letres ne sont qu'images de voix, l'escrittire devra estre . d'autant de lettres que la prononciation requiert de voix; si elle se trouve autre, elle est faulse, abusiveetdaninable,MEiGRET, dans LIVET, io Gramm. franc, p. 52. Je monstreray comme nostre langage, pour rendre sa prononciation plus douce, a trouvé moyen d'éviter la rencontre des voyelles en vocables contigus, H. EST. Précell. édit. feugêre, p. 71.

— Ktym. Provenç. pronunciatio ; espagn. pronunci'ociim; ital. pronMniîaîione; du lat. pronwncialionem. de prnnunciare , prononcer.

PRONOSTIC (pro-no-stik), s. m. || 1* Conjecture sur ce qui doit arriver. Les politiques se trompent souvent dans leurs pronostics. || 2° En parlant des choses, ce qui sert de pronostic. Ce revers fut le pronostic de sa chute. || 3» Jugement que le médecin f:tit de l'issue d'une maladie. Comme il avait la pronostic fort sur, il en désespéra dans un temps même otl elle se croyait hors de danger, fonten. Morin. \\ L'Académie remarque qu'en ce sens on dit aussi prognostic; cette prononciation a vieilli parmi les médecins. |{ 4* Terme d'astrologie. Jugement tiré de l'inspection des astres. Il n'y a rien de plus faible ni de plus timide que ceux qui se tient aux pronostics : trompés dans leurs vains présages, ils perdent cœur et demeurent sans défense, boss. Politique, v, m, 4.

— HIST. XIV* s. Toutes lesdites condicions met Ypocras en la partie des pronostiques, H. de mondeville, f» 80. Il XVI* s. Je vous veux, icy coucher une liste de quelques pronostics des tempestes et orages qui se monstrent tant par le soleil que par la lune, cholières. Contes, t. il, après-dinée k. Si j'oyois parler ou des esprits qui reviennent, ou du prognoslique des choses futures ... mont, i, 200.

— ÉTYM. Voy PROGNOSB.

\ PRONOSTICATEUR (pro-no-sti-ka-teur), s. m. Celui qui pronostique.

— HIST. XVI* s. Tels supersticieux et reprouvables pronosticateurs, m. du bellay, 44 6.

t PRONOSTICATION (pro-no-sti-ka-sion) , s. f. Action de pronostiquer. Les pronostications météorologiques.

— HIST. iiv* s. Aussi fu l'estoile cornée (comoCi, chevelue] En semblance de feu couée, Qui de feu et d'oooision Kaisoit pronostication, machaut, p. «8.

— ETYM. Pronostiquer; provenç. pronosticacio ; espagn. pronosticacion ; ital. pronoîticosione.

t PRONOSTIQUE (pro-no-sti-k'), adj. Qui a rapport au pronostic. || Signes pronostiques, ceux d après lesquels le médecin établit son pronostic sur une maladie.

— ETYM. Protwttie.

PRO

PRO

PRO

PRONOSTIQUÉ, ÉE (pro-no-sti-ké, kée), part, passé de pronostiquer. Une tempête pronostiquée.

PRONOSTIQCER (pro-no-sti-ké), je pronostiquais, nous pronostiquions, vous n pronostiquiez ; que je pronostique, que nous pronostiquions, que vous pronostiquiez, v. a. Faire un pronostic. 1. J. Rousseau avait pronostiqué la révolution française. || Il se dit aussi de ce qui sert de présage. La mort prochaine que mon âge me pronostique, Boss. Lett. quiét. 340. Halitherse déclara que les aigles pronostiquaient ie retour prochain d'Ulysse, fén. t. ixi, p. 347.

— HiST. xiv* s. Un perpétuel ofice qui regardoitet pronosticoitde leurs aventures par la science des oiseaux, bercheure, f° 4, «erso. Ceulx qui pronostiquent les choses à venir, le Songe du lergier, i, 477. Il xv S. Dont leur prophète Merlin Pronostica la douloureuse Kn Quand il escripst: vie perdrez et terre, e. desch. Bail. Proph. de Scrl. ||xvi" s. Nul ne prognostiquoit que je deusse devenir mauvais, mais inutile, mont, i, (97.

— ÉTYM. Pronostic; provenç. et espagn. pronosticar; ital. pronosticare.

PRONOSTIODECR (pro-no-sti-keur), s. m. Terme familier. Celui qui pronostique. Un pronostiqueur d'aventures, Fort savant aux choses futures, scarr. Virg. vu. Les savants ont à défendre leur dignité ; ils doivent se défendre de toute ressemblance avec les pronostiqueurs, a. boillot, Moniteur universel,

8 juin. 4867, p. 898, 6' COL

— HIST. xvi* s. Ceulxqui vous content des fables, comme alchymistes, pronosticqueurs, judiciaires, chiromantiens, médecins, mont, i, 247.

— ËTYM. Pronostiquer.

f PRONCNCIAMENTO (pro-non-si -a-min-to) , t. m. Mot que les Espagnols emploient pour exprimer l'acte par lequel une ville, une, troupe se prononce contre le gouvernement et commence une révolution.

— ÉTYM. Voy. PBONONCEMENT.

t PROODE (pro-o-d'), s. f. Terme de métrique ancienne. Petit vers placé devant un plus grand dans les poèmes lyriques. C'est le contraire de l'épode.

— ÉTYM. npo((>8ô;, de «po, avant, et ^59|, chant, t PROODIQUE (pro-o-di-k'), adj. Qui tient de la

proode. Dans les distiques composés d'un hexamètre et d'un pentamètre, le premier est un vers (Hoodique, et le second est ce qu'on nomme l'épode. PROPAGANDE (pro-pa-gan-d'), s. f. || 1» Congrégation établie à Rome pour propager la foi. Dès que les Européens eurent franchi le cap de Bonne- Espérance, la Propagande se flatta de subjuguer tous les peuples voisins des mers orientales et de les convertir, volt. Dict. phil. Japon. \\ Fête de la PropaganiJe, séance solennelle que la Propa^'ande de Romf; tient à l'Epiphanie, et dans laquelle chaque élève de l'institution lit une pièce de vers composée dans sa langue natale. |j Imprimerie de la Propagande, imprimerie de Rome, célèbre par la variété des caractères qu'elle possède. || 2° En général, toute institution qui a pour but la propagation d'une croyance religieuse. || 3" Par extension, toutft association dont le but est de propager certaines opinions. II y a dans la puissance des Français, i'. y a dans leur caractère, il y a dans leur langue surtout une certaine force prosélytique qui passe l'imagination; la nation entière n'est qu'une vaste propagande, j. de maistbe, Corresp. 4 3 déc. I84B. Il Faire de la propagande, tenter de propager une opinion, un système politique, social, religieux.

— ÉTYM. Lat. de propaganda jide, de la foi devant être propagée (voy. propager).

t PROPAGANDISME (pro-pa-gan-di-sm'}, s. m. Néologisme. En mauvaise part, manie de propager une nouvelle doctrine, surtout une doctrine politique révolutionnaire.

t PROPAGANl>iSTE (pro-pa-gan-di-sf), ». r». i;l' Membre de la propagande. ||2' Par extension, celui qui (ait de la propagande, surtout en matière jolitique. Ce caractère, peut-être trop ardent, que je mets à poursuivre les propagandistes, et à ac-' cuser.... Papiers saisis à Itareuth, p. 474.

PROPAGATEUR, TRICE (pro-pa-ga-teur, tri-s'). |il° Adj. Qui propage la race, la lignée. Du sang Iroyen propagateur, scarr. Yirg. vin. L'instinct oropagateur de leur race amoureuse Sans cesse reproduit leur fnule populeuse, delille. Trois régnes, ïiii. Il L'adjectif n'est pas dans le Dictionnaire de l'Académie. Il %° S. m. Fig. Celui qui propage quelque opinion. Il lui faut [à l'Église] des défenseurs, des propagateurs, et c'est ce qu'elle vous demande, BOURDAL. ExhoTt. char. env. un sémiu. t. i, p. 4 68. Rtvanu dam h patrie, Suipice Sévère y écrivit la

vie de saint Martin, le premier propagateur ne la vie cénobitique en Gaule, montalembert, les Moines d'Occident, t. ii, p. 378. || Adj. Zèle propagateur.

— ËTYM. Lat. propasaforem, de propagare, propager.

PROPAGATION (pro-pa-ga-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Action de propager, de multiplier par génération. Pour ce qui est des qualités requises pour le mariage et la propagation, je vous assure que, selon les règles de nos docteurs, il est tel qu'on le peut souhaiter, mol. Mal. imag. ii, 6. Les conjonctions illicites contribuent peu à la propagation de l'espèce, hontesq. Esp. xxui, 2. Dans l'espèce humaine, quelle différence entre la chétive propagation des sauvages et l'immense population des nations civilisées et bien gouvernées I bufp. Quadr. t. VIII, p. 35. Je crois que Nature.... est toute à deux fins, la conservation de l'individu et la propagation de l'espèce, dider. Lett. à Mlle Voland, 34 juill. 4762. Il Fig. Cet état [l'état relièieux], par une heureuse et sainte propagation, se perpétue de jour en jour, ou d'âge en âge.... bourdal. Pensées, t. II, p. 44 7. Il î' Fig. Extension, progrès. La propagation de la vaccine. La propagation du choléra. La propagation des lumières. Par cette foi des peuples il a formé une Église nombreuse ; par la propagation de cette Église, il a eu le témoignage de la tradition et de l'antiquité, bourdal. Dominic. Sur kscand. de la croix. || Œuvre de la propagation de la foi , œuvre qui a pour objet de secourir les Églises catholiques dans les pays protestants ou schismatiques, et d'aider les missionnaires par la prière et des aumônes. || 3° Terme de physique. Manière dont la lumière, la chaleur, le son se propagent. La propagation de la lumière se fait toujours en ligne droite, buff. Hist. nat. Uom. (Muvr. t. IV, p. 487.

— HlST. XV* S. Julius César, qui esloit souverain de l'ost des Rommains, non pour la grant propagation [extraction] dont il fust venu, mais pour la haulte proesse qui estoit en luy, Perceforest, t. iv, f» 82. Il XVI' s. Une amorce et allechement dédié à la conservation et propagation de leur race, pahr, I, Préf.

— ÉTYM. Lat propagationem, de propagare. PROPAGÉ, ÉE (pro-pa-jé, jée), part, .passé de

propager. De faux bruits propagés par la malveillance.

PROPAGER (pro-pa-jé. Le g prend un e devant a eto; propageant, propageons),», a. || i' Multiplier par voie de reproduction. Assez de monde concourt A propager noire espèce, bérang. Chapons. || Absolument. L'homme de nature n'a rien fait que vivre et propager, dider. Lett. à Mlle Voland, 2 sept. 4 762. N'a-t-on pas vu des cloportes et des salamandres aquatiques vivre et propager beaucoup dans le corps humain? bonnet, Consid. corps org. Œuv. t. V, p. 243, dans pougens. || 3' Fig. Répandre, étendre, faire croître. Propager la vérité, les lumières. On n'examine guère ce qu'on croit bien savoir; et c'est ainsi qu'après avoir propagé les erreurs, les témoignages, qui retardent l'observation, en prolongent encore la durée, raynal, Hist. phil. VI, 48. Il 3* Se propager, v. réfl. Se multiplier par voie de reproduction. On trouve en Sibérie.... des squelettes d'éléphants, d'hippo[>otames et de rhinocéros en assez grande quantité pour être assuré que les espèces de ces animaux, qui ne peuvent se propager aujourd'hui que dans les terres du midi, existaient et se propageaient autrefois dans les terres du nord, bukf. Époq. nat. Œuvr. t. xii, p. 23. Il Fig. Être répandu, disséminé. Les fables qu'on croira prépareront à croire celles qu'on ne croit pas encore.... c'est par cette analogie que les mêmes erreurs se propageront, s'accommoderont de tous les climats, se transplanteront, se grefferont, pour ainsi dire, sur les tiges que chacun produit, condil. Hist. anc. m, 2. || 4" Cheminer de proche en proche. I.a lumière de certaines étoiles doit mettre des milliers d'années à se propager jusqu'à nous. Le coup électrique, qui se propage subitement et aussi loin que s'étendent les corps qui peuvent lui servir de conducteurs, bbfp. Min. t. ix, p. 4i.

— ETYM. Lat. propagare, de pro, en avant, et pagure, dérivé de pagere ou pangere, fixer, consolider (voy. PAGE, *. /.). Le sens primitif de propagare est replanter; de là, planter des rejetons et multiplier.

t PROPAtilNK (pro-pa-ji-n'), f. f. Voy. pbopa-

GULE.

— ÉTYM. Lat. propago, propaginis.

t PROPAGULAIKE (pro-pa-gulé-r'), adj. Se dit de la reproduction qui a lieu par des propagulea.

t PROPAGtJlE (pro-pa-gu-r), s. m. Terme de botanique. Gemme simple pouvant reproduire un végétal. Il Drageon pourvu de bourgeons et susceptible de prendre racine.

— ÉTYM. Propager.

t PROPAROXYTON (pro-pa-ro-ksi-ton), s. m. Terme de grammaire. Mot qui a l'accent sur l'antépénultième syllabe : âv6pwico; est proparoxyton.

— ÉTYM. lipoirapoÇOTovoi;, de npè, avant, et poroxyton.

t PROPASSION (pro-pa-sion), s.,f. Terme de r»ligiOD. Nom qui a été donné par certains théologiens aux angoisses de Jésus-Christ avant la passion.

— HIST. XVI* s. Jesus-Christ a craint.... jusques à pleurer, blesmir.... bien qu'en luy ces mouvemeiils n'ont pas esté des passions pareilles aux nosues; dont le grand saint Hierosme, et, après lui, l'escole, ne les a pas osé nommer du nom de passion, pour la révérence de la personne en laquelle ils estoienl, mais du nom respectueux de propassions, st franc. DE SALES, Amour de Dieu, i, 3.

— ÉTYM. Lat. pro, avant, et passion.

t PROPATHIE (pro-pa-tie), s. f. Terme de médecine. Synonyme de prodrome.

— ÉTYM. ITpo, avant, et iti6oç, maladie. PROPENSION (pro-pan-sion ; en vers, de quatre

syllabes), s. f. \\ i' Tendance naturelle d'un corps vers un autre. Tous les corps pesants ont une propension naturelle à descendre. i| i' Fig. Penchant, inclination. Propension au bien, au mal.

— HIST. XVI* s. Si il est difficile de forcer les propensions naturelles, mont, i, iB9. J'ay, de ma part, le goust estrangement mousse à ces propensions qui sont produictes en nous sans l'ordonnance et.entremise de nostre jugement, id. ii, 7o.

— ÉTYM. Lat. propensionem, de propensus, enclin, de pro, en avant, et pendere, suspendre.

t PROPÉRISPOMftNE (pro-pé-ri-spo-mè-n'), s. m. Terme de grammaire grecque. Mot qui a l'accent circonflexe sur la pénultième ; aG)\>.a est pro[iérispomène.

— ÉTYM. Ilpà, avant, et itepiffitwijiEvoc , marqué d'un accent circonflexe, de nepi, marquant contour, et (jîtàw, tirer.

t PROPET, ETTE (pro-pè, pè-t'), adj. Voy. propret.

PROPHËTE (pro-fè-f), s. m. || 1° Celui qui, chez les Hébreux, inspiré de Dieu , prédisait l'avenir. Il ne s'éleva plus dans Israël de prophète semblable à Moïse, à qui le .Seigneur parlftt comme à lui face à face, SACI, Bible, Deutéron.xxxiv, lo. Pour montrer que l'Ancien Testament n'est que figuratif, et que les prophètes entendaient par les biens temporels d'autres biens.... pasc. Pens. xvi, 6, éd. havet. On n'entend les prophètes que quand on voit les choses arrivées, ID. ib. XXV, 437. Dieu a suscité des prophètes duranl seize cents ans ; et, pendant quatre cents ans après, il adispersé toutes ces prophéties, avec tous les Juifs qui les portaient, dans tous les lieux du monde ; voilà quelle a été la préparation à la naissance de Jésus-Christ, in. ib. xvni, 4. I.e propliète [Isaiej y prédit la conversion des -gentils par ces paroles : Ceux d'Occident craindront le nom du Seigneur, et ceux d'Orient verront sa gloire, boss. Hist. ii, 7. Les prophètes, au moins quelques-uns, ne laissaient pas d'être mariés ; et cette veuve dont Êlie multiplia l'huile, était la veuve d'un prophète, FLEURT, Moeurs des Israël, tit. xxi, a* part. p. 265, dans POUGENS. Une autre espèce de religieux, et bien plus considérable, étaient les prophètes ; il y en avait un grand nombre dès te temps de Samuel, la. ib. p. 262. Il Le prophète-roi, le roi-prophète, le prophète royal , David. C'est ce qu'avait si bien compris le prophète royal, bourdal. Serin. 20' dim. après la Pentec. Domin. t. iv, p. 226. || Les quatre grands prophètes, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel, ainsi dits parce qu'ils ont laissé un plu» grand nombre d'écrits. || Les douze petits prophètes, les autres douze prophètes dont on a des prophéties dans l'Ancien Testament. || Les faux prophètes, ceux qui se disaient prophètes, sans avoir l'inspiration divine. Le temps approchait où la vengeance divine devait éclater sur les Juifs impénitents : le désordre se met parmi eux ; un faux zèle les aveugle et les rend odieux à tous les hommes ; leurs faux prophètes les enchantent par les promesses d'un ligne imaginaire, BOSs. Hitt. ii, 7. || Fig. Voici la loi et les prophètes, se dit d'une autorité qui décide sans réplique (locution qui vient de ce que saint Jérôme et les autres Pères de l'Église donnent le nom de loi aux cinq livres de Moïse, et de prophètes aux livres des prophètes). || On dit de mènM : Ca que

PRO

je TOUS dis, c'est la loi el les prophètes. On veut parier que la princesse d'Harcourt ne sera pas dévote dans un an, à cette heure qu'elle est dame du palais, et qu'elle remettra du rouge; car ce rouge c'est la loi et les prophètes; c'est sur ce rouge que roule tout le christianisme, sÉv. ISi. || î°Che7. les gentils, ceruins personnages inspirés par les dieux. Rlie fit mourir les prophètes de Baal. Des prophètes menteurs la troupe confondue, bac. Atfuil. i, i.\\ Faux prophètes, se dit aussi pour prophètes de Baal. Celle Iraillerie] dont elle [l'Écriture] se servit dans cette fameuse épreuve de l'impuissance des faux dieux d'Achab, en disant aux faux prophètes : Criez plus fort, car votre dieu est peut-être en chemin, PURETIÈRK, i'factum, t. I, p. 320. || Les Grecs aussi avaient des prophètes. Les prophètes exercent un ministère plus relevé : ils se tiennent auprès de la Pythie, recueillent ses réponses, les arrangent, les interprètent, et quelquefois les confient à d'autres ministres qui les mettent en vers, bapthél. Anach. ch. 22. Viens, prophète éloquent, aveugle harmonieux [Homère], a. chên. l'Aveugle. || 3* Titre donné à Mahomet par les musulmans. Mahomet s'érigea en prophète, Boss. llist. i, H. Et tandis qu'elle montre au peuple épouvanté Du prophète divin l'étendard redouté.... rac. Bai. "i> «. Le saint propljète ne savait ni lire ni écrire; de là la haine des premiers musulmans contre toute espèce de connaissance, dideb. Opin. des anc. philos. (Sarrasins). ||4° Fig. Celui qui agit comme un des prophètes de l'ancien temps. Leur subtil cond'jcteur [Cromwell], qui.... en faisant le docteur et le prophète, aussi bien que le soldat et le capitaine.... Boss. Reine d'Anglet. Le prophète Jurieu fut sifflé ; les prophètes des Cévennes furent pendus ou roués; les prophètes qui vinrent du Languedoc et du Daupliiné à Londres furent mis au pilori.... TOLT. Dict. phil. Prophète»-, il B" Fig. et familièrement Celui qui annonce ce qui doit arriver, qui devine. Il y en a une [prophétie] dans le Dante encore plus circonstanciée et plus clairement exprimée, c'est touchant la découverte des étoiles du pôle antarctique ; il suffirait de ces deux exemples pour prouver que les poètes méritent en effet le nom de prophète, VOLT. Comm. Corn. Item. Médée, v, 3. Tout ce que j'ai prédit est arrivé; au premier coup de fusil qui fut tiré, je dis ; En voilà pour sept ans.... c'est parce que je ne suis plus dans mon pays que je suis prophète, ID. Lett. d'Argental, 28 sept. tiet. J'ai été prophète sans le savoir, comme l'étaient tous les anciens prophètes, m. ib. 24 janv. 4 768. Si le préopinant ne m'avait pas interrompu, il saurait déjà qu'il est plus simple d'écouter que de deviner, et qu'en général ce n'est pas un métier sûr que celui de prophète, Mirabeau, Collection, t. m, p. 92. Il Familièrement. Un prophète de malheur, un homme qui n'annonce que de mauvaises choses. Il Faux prophète, homme qui se trompe dans ses prédictions. || Chapeau de proohète, chapeau pointu, ainsi dit parce que les deyins sont souvent coiffés d'un tel chapeau. || Proverbes. Nul n'est prophète en son pays, on a moins d'influence, de crédit en son pays qu'ailleurs. Je vous assure, ajouta-t-il [Jésus], qu'aucun prophète n'est bien reçu en son- pays, SACi, Bible, Êvang. saint lue, iv, 24. Il va à Vais, parce qu'il esta Paris; et M. d'Arles va à Forges; tant il est vrai que jusqu'à ces pauvres fontaines, nul n'est prophète en son pays, sév. 34 aoilt 468». C'est un vieux licencié galicien , qui, dès sa première jeunesse, a quitté sa patrie, où il ne serait jamais devenu prophète, lesage, Estev. Gonx. 4 0. Ce divin Dante fut, dit-on, un homme assez mallieureui ; ne croyez pas qu'il fût divin de son temps, ni qu'il fût prophète chez lui, volt. Dict. phil. Dante.

~ HIST. XI* s. Dès les apostres ne fut hom tel prophète, Ch. de hol. clxiv. || xu' s. Deus nostre sires dit : les meies leis [mes lois] guardez. Li prophète» redit : wai vus [malheur à vous] ijui estorez Les leis de felunie.... Th. le mari. so.^David reis e prophètes purvit altrui muillier [vit la femme d'un autre], ib. 7«. || xvi* s. Ce bon prophète [ce bon apôtre] le cardinal de Lyon, qui twite sa vie a esté ennemy morteldes François, Hist. du chev. Bayard, p. 374, dansLACURNE. Esprit tout divin et prophète, DES ACCORDS, Ut Touches , p. 2, dans lacubne.

— RTYM. Prov. propheia; espagii. et iul. profeta; du latin priipheta; grec, npo^iifiTrii;, de itpo, avant, et pi<a, )i> (lis (comparez fable, fatal).

PROPlIfiTKSSElpro-fé-tè-s'), ». f. Celle qui prédit par inspiration. Marie prophétesse, sœur d'Aaron, prit un tambour à la main, saci, Bible, Exode, «V, 20. L'Êglis« « vu, dèi ion origine, des femmes

fRO

qui se disaient prophétesses , et les apôtres n'ont pas dédaigné de les noter, BOSs. États d'oraison, i, 4 4. Sous les juges, il n'y eut proprement que la prophétesse Débora, quoique les Juifs aient donné le nom de prophète à plusieurs juges qui avaient rendu de grands services à la nation , condil. llist. anc. Consid. sur Juifs, chap. 2. || Par extension. Une femme [Mme Guyon] dont les lumières étaient si courtes, les illusions si palpables, et qui fait ici la prophétesse, Boss. Relal. sur le quiétisme, a, 29.

— HIST. xvi* s. La prophetisse Pythia en donna des responses terribles, amyot, Démoslh. 28.

— ÉTYM. Provenç. profelissa; espagn. profelisa; ital. profetessa ; du lat. prophetissa, de propheta. On trouve la prophète dans s. desch. Poésies mss.

PROPHÉTIE (pro-fé-sie),j. f. ||1* Prédiction faite par inspiration de Dieu. Pour prouver tout d'un coup les deux Testaments, il ne faut que voir si les prophéties de l'un sont accomplies en l'autre ; pour examiner les prophéties, il faut les entendre ; car, si on croit qu'elles n'ont qu'un sens, il est sûr que le Messie ne sera pas venu; mais, si elles ont deux sens, il est sûr qu'il sera venu en Jésus Christ, pasc. Pens. XVI, 4, édit. havet. Sous le règne d'Ozias, les saints prophètes, dont les principaux en ce temps furent Osée et Isaïe, commencèrent à publier leurs prophéties par écrit, et dans des livres particuliers, dont ils déposaient les originaux dans le temple, pour servir de monument à la postérité, boss. Hist. I, 6. Quand vous lisez si souvent dans leurs écrits [des prophètes] que les rois entreront en foule dans l'Église.... comme les rois vos ancêtres [le Dauphin fils de Louis XIV] se sont signalés plus que tous les autres en protégeant et en étendant l'Église de Dieu, je ne craindrai point de vous assurer que c'est eux qui de tous les rois sont prédits le plus clairement dans ces illustres prophéties, iD. tb. m, 4. Le temps, fidèle interprète des prophéties, m. Variai, xi,, 203. Il Prophétie d'isaïe, prophétie d'Ézéchiel, etc. le recueil des prophéties faites par Isale, par Ézéchiel, etc. || 2* Il se dit aussi des oracles chez les païens. Prophéties : le grand Pan est mort, pasc. Pens. XXV, 4 64, édit. havet. Cette compilation informe de prophéties différentes (oracles sibyllins] fut imprimée pour la première fois l'an 4 545 sur des manuscrits.... voi.t. Dict. phil. Sibylle. Â Delphes, ce fut à une fille qu'on accorda le privilège exclusif de monter sur le trépied; et on fit ce ciioix parce qu'il semble, dit Diodore de Sicile, que le don de prophétie ait été de tout temps un attribut des vierges, condil. Hist. anc. m, 9. 113° Par extension, prédiction faite par des gens qui prétendent lire dans l'avenir. Les prophéties de Nostradamus. Il 4° Fig. Annonce d'un événement futur faite par conjecture. En ce cas-là, madame, je suis persuadé qu'il y a bien plus de prophéties à faire que de conseils à donner : dites vos prophéties, repartit la reine, retz, Mém. 1. 11, liv. m, p. 422, dans pougens. Vous souvient-il de tous les raisonnements qu'on faisait sur la guerre, et cofnme il devait y avoir bien des gens tués? c'est une prophétie qu'on peut toujours faire sûrement, sév. 234. En vérité, ma fille, je suis fort aise que, pour votre amusement et pour l'honneur "de ma prophétie, Pauline soit devenue aimable et douce, et comme vous la souhaitiez, iD. 28 sept. 468». Entendez-vous ces paroles : et que ceux qui demeureront se dévorent les uns les autres? ô prophétie trop réelle et trop véritablement accomplie I boss. Reine d'Anglet. Les sages le prévirent [qu'en ébranlant la religion en Angleterre, on ébranlerait la royauté]; mais les sages sont-ils crus en ces temps d'emportoment, et ne se rit-on pas de leurs prophéties? id. ib. C'est dans la Médée de Sénèque qu'on trouve cette fameuse prophétie qu'un jour l'Amérique sera découverte, volt. Comm. Corn. Rem. Médée, v, s.

— HIST. xiii* s. Prophétie est en quatre manières: ou en faiz, ou en diz, ou en visions, ou en songe, bhdn. LATim, Trésor, p. 54. Hois, la prophecie Qu'on dit ne ment mie : Que femme seult [a coutume] cest grever Oui ses barons sot amer [que son mari sut aimer], hues be la ferté. Romancero, p. 4»2. Et puis est avenu que la croiserie fu de petit esploit, selonc la prophecie de mon preslre , joinv. 29». Il XVI' s. Et chamoit on publiquement ceste ancienne prophète des sibylles..., ahyot, Démosthène, 26.

— BTYM. Provenç. prophecia ; espagn, profecia; ital. profezia, de npoçnTEÎo (voy. prophète).

PROPHÉTIQUE (pro-fé-ti-k'),ad;. || l" Qui tient du prophète. J'ai déduit dans un ordre historique toutes les preuves d« fait qui démontrent que las ficrïtures

PRO

de l'Ancien et du Nouveau Testament sont vraiment un livre prophétique, principalement en ce qui regarde la venue actuelle du Christ, boss. Explic. de la proph. d'Isaït, t" lett. L'inspiration et impression prophétique, m. États d'orait. v, 8. Si, durant cinq cents ans, le peuple de Dieu fut sans prophète, tout l'état de ces temps était prophétique, id. Hist

II, B. Il Par extension. Mme Guyon continue à se donner un air prophétique dans son explication sur l'Apocalyse, boss. Relat. sur le quiétisme, 11, 44. Il 2° Qui lit dans l'avenir. Une céleste flamme D'un rayon prophétique illumine mon âme, corn. Cinna, v, 3. Dès qu'elle (la prêtresse d'Apollon, à Argos] a goûté du sang de la victime [une brebis] , elle est saisie de l'esprit prophétique, barthEl, Anach. ch. 53. i

— ÉTYM. Lat, propheticuf, de propheta, prophète.

PROPHÉTIQUEMENT ( pro-fé-ti-ke-man ), adv. En prophète. Il a prophétiquement parié,

— ÉTYM. Prophétique, et le suffixe ment. PROPHÉTISÉ, ÉE(pro-fé-ti-zé, zée), pari, passé

de prophétiser. Pourquoi Jésus-Christ prophétisé en son premier avènement; pourquoi prophétisé obscurément en la manière, pasc. Pens. xxv, 4 44, édit. HAVET.

PROPHÉTISER (pro-fé-ti-zé), v. a. || !• Prédire l'avenir par inspiration divine. Je hais cet hommelà, parce qu'il ne me prophétise jamais rien de bon, et qu'il ne me prédit que du mal, saci. Bible, Rois,

III, XXII, 8. Il Absolument. L'esprit de Dieu sétant saisi de lui [Balaam], il commença à prophétiser, SACI, Bible, Nombr. xxiv, 11, 3. Je souhaite que vous ayez tous le don des langues, mais encore plus celui de prophétiser, id. ib. St Paul, I" épU. aux Corinth.xw, 6. Prophétiser, c'est parler de Dieu, non par preuves du dehors, mais par sentiment intérieur et immédiat, pasc. Pens. xxv, 460, édit, havet. Il 2° Parler comme faisaient les anciens prophètes, Luther prophétisait contre lui [Georges de Saxe] de toute sa force, sans considérer qu'il était de la famille de ses maîtres, boss. Variât. 11, 44. Le président [Maupertuis]..., démontra à l'assemblée qu'il était aussi aisé à l'âme de voir l'avenir que le passé : et alors il se frotta les lèvres avec la langue, remua longtemps la tête, exalta son imagination, et prophétisa, volt. Facéties, Diatr. du docteur Akakia. \\ 3" Fig. Prévoir par conjecture et dire d'avance ce qui doit arriver. Il prophétisait vrai, LA FONT. Fabl. m, 48. Il Absolument. Je prophétise avec audace ; L'avenir me sourit de loin, béhano. Pet. coin.

— HIST. XII* S. E li seinz esperiz te durrad [donnera] la grâce, et erranment [aussitôt] prophetizeras. Rois, p. 33. || xm' s, Biax fils, li astrenomiien Proplietisierent de toi bien, Ke jà nul bien ne me ' feroies, Moi et mon règne destruiroies, gui de cambrai, Barl. et Jos. p. 454, Chou [ce] qu'à venir de lui estoit. Sa figure prophetisoit, id, ib. p. 4i. Et de lonctens estoit proplietisié, que il auroit un empereour en Constantinoble qui seroit gietés contreval celé colombe [colonne], villeh. cxxvii. || xv* s. Et ainsi nature prophetisoit en lui ce que puis advint, Bouciq. 1. ||xvr s. Touchant lequel propos Platon mesme luy escrivit quelquefois, comme prophétisant ce qui lui estoit à advenir, amyot, Dion,

4 4 , Si ma prudence ne les a peu pénétrer et profetiser [les conditions muettes des hommes], mont, m, 289,

— ÉTYM. Proy. prophetisar ; espagn. profelisar; ital. profetiiiare ; du lat. prophetiiare, de propheta, prophète.

t PROPHÉTISME (pro-fé-ti-sm'), t. m. Ensemble des idées et de la manière des prophètes dans l'Ancien Testament.

t PROPHRAGME (pro-fra-gm'), t. m. Terme de zoologie. Cloison membraneuse du thorax des insectes.

— ÉTYM. Ilpè, avant, et çpâyijia, cloison.

t PROPHYLACTËRE (pro-fi-la-ktè-r"), s. m. Relique portée sur soi dans le dessein de se préserver 'de quelque malheur.

— ÉTYM. np4, et phylactère.

PROPHYLACTIQUE (pro-filakti-k'), adj. Terme

de médecine. Synonyme de préservatif || S.f. La prophylactique, synonyme de prophylaxie,

— ÉTYM. HpofuXaxTixô;, de itpcifuWaaeiv, préserver, de Ttpè, en avant, et (fuXiaatn, garder (voy. phylactère).

t PROPHYLAXIE (pro-fi-la-ksie), «. f. Terme de médecine. La partie de la médecine qui a pour objet les précautions propres à préserver de telle ou telle maladie.

~ Él'YN. Voy. rBOFBTliCTIOUar

PRO

PRO

PRO

PROPICE (pro-pi-s") , adj. \\ 1" Oui donne faveur, en parlant de la divinité ou de toute puissance de qui notre sort dépend. Et nous verrons après, par d'autres sacrifices, Si les dieux voudront être à nos vœux plus propices, corn. Rodog. v, 4. S'il est des dieux cruels, il est des dieux propices, volt. Guêtres, IV, 6. Il est dans ce saint temple un sénat vénérable Propice k l'innocence, au crime redoutable, m. henr. iv. || 2° En parlant des choses, favorable. Un vent propice. Car en quelque façon les malheurs sont propices, Régnier, Sat. ii. Le destin, aux grands cœurs si souvent mal propice, cobn. Poly. i, 4. Prenons l'occasion, tandis qu'elle est propice, iD. Cinna, i. 3. Je voudrais que la cour, par un regard propice, X ce que vous valez rendît^plus de justice, *0L. Mis. III, 7. Il 8° i la propice, loc. adv. Au gre de (locution vieillie). Géronle : Quel est ce Richard? — Hector : Moi, fort à votre service; Ce nom n'étant I oint lait du tout à la propice D'un valet de joueur, je me suis de nouveau Donné celui d'Hector, du valet de carreau , regnard, le Joueur, m, 4.

— HIST. XII* s. Respundi Naboth : Deu me seit propice, que ço ne face que ne duinse [je ne donne] ne despende le héritage de mes anceseurs. Rois, p. 330. Il iiv* s. La chaleur du soleil est propice à toute la nature, Uodus, f* iv, verso. |{ xv* s. RateauLx propices à porter cheyaulx, comm. iv, 5. Par les dessus ditsluy lurent faictes tant de remonstrances qu'il se accorda, et leur donna par propices oreilles à entendre touchant son escbappement [évasion], Bibl. des charl. 4' série, t. i, p. 267. || xvi' s. Amour.... Tens l'oreille à la mienne [voix], et te montre propice, desportes. Amours d'Ilippol. xxxiv.

— KrVM. Lai. propitius, pro-pil-ius. de pro, et petere, aller en volant, voler, d'après Ascoli, Zeittchrtft fur vergleich. Sprachforsch. t. .^vi, p. 2ii ; le sens serait : dont le vol est d'un auguVe heureux.

t PROPICEMENT (pro-pi-se-man), adv. D'une manière propice.

— HiST. XV s. Auquel temps on pourroit faire le voyage plus propicement, froiss. liv. in, p. (5i.

t PROPIED (pro-pié) , s. m. Terme de zoologie. Organe en forme de pied, qui s'observe chez certaines larves d'in ectes.

— ÉTYM. Lat. pro, pour, et pied.

t PROPIONATE (pro-pi-o-na-f), *. m. Sel formé par l'acide propionique.

t PROPIONE (pro-pi-o-n'), ». m. Corps obtenu du propioiiate de baryte par la distillation sèche.

t PROPIONIQUE (pro-pi-o-ni-k), adj. Acide propionique, acide qui se forme pendant la décomposition d'un grand nombre de ' substances végétales.

t PROPrriATECR (pro-pi-si-a-teur), s. m. Celui qui rend propice, l.e voyant [Jésus-Christ] par la foi présent sur l'autel ; nous le présentons à Dieu comme notre unique propitiateur pat son sang, Boss. Projet de réunion, Expt. de diff. points de conlrov. Vous ai-je ofl'ensé [vous, Seigneur]? voilà votre Fils, mon grand propitiateur, lu. Élevât, sur mysl. XVIII, ».

— Hlsf . ivi* s. Jesus-Christ se nomme vie, en tant qu'il est propiciateur pour appaiser son Père envers nous, calv. Instit. 2B0.

— ETYM. Lat. propitiatorem, de propitiare, de propitius. proiice.

PROPITIATION (pro-pi-si-a-sion; en vers, de six syllabes) , s. f. Action do rendre propice. Vous ne ferez aucune œuvre servile dans tout ce jour, parce que c'est un jour de propitiatioii. saci, Uvit. xxiii, 28. Ne résistez fum à liieu. .. qui vous ouvre en ce temps de propitialion tant de moyens de salut, MASS. Carême, Mot. de cariv. || Sacrifice de propitiation, victime de propitiation, sacrilice, victime offerte à Dieu pour le rendre propice. Nous avons pour avocat envers le Père Jésus-Chiist, qui est juste; car c'est lui qui est la victime de propitii.' tion pour nos péchés, saci, Bible, StJean, t" épi,, a, 1.

— HIST. xvi* 8. Dieu a envoyé son fils propiciation pour nos péchez.... et ce nom de propiciaticn ou appointement emporte beaucoup, calv Instit. 407. Amurat, en la prinse de l'Istlime, immola six cents jeunes hommes grecs à l'aine de son père, à fin que ce sang servis! de propitiation à l'expiation des péchez du trespassé, mont. i. 32».

— ETYM. i'rovenç. propiciacto; espagn. propiciaeion; iial. propiiiazùine ; du lat. propitialio-

tem, de ])roj)ilius, propice.

PROIMriAroiIlE (pro pi-si-a-toi-r"), adj. || !• Qui a la vertu de rendre propice. Un saorilice propitiatoire pour les vivants et les morts, boss. 8* arert. 4i. Il 2° S. m. Tabla d'or très-pur qui était posée

DICT. DE Lia lanoub fhancaiss.

au-dessus cfe i arche. Vous ferez le propitiatoire d'un or très-pur ; il aura deux coudées et demie de long, et une coudée et demie de large, saci, Bible, Exode, xxv, il.

— HIST. XII* s. Là fud l'arche, là fud li propiciatories, Rois, p. s. || xvi* s. Jésus Christ a esté nostre prix et rençon, rédempteur et propiciatoire, calv. Inst. 3»2. ,

- ÊTYM. Provenç. propitialori ; ital. propiciatorio; du lat propitiatorius , de propitiare, qui vient de propitius, propice.

t PROPITIER (pro-pi-si-é), V. a. Rendre propice.

— r HIST. XVI* s. Les deux Decius, pour propitier la faveur des dieux envers les affaires romaines....

— ËTYM. Lat. propt'lt'are, de prnpieius, propice. PHOPOLIS fpro-po-lis'), s. f. Matière résineuse,

rougeàlre et odorante, dont les abeilles se servent principalement pour clore leurs ruches. Ce grnnd observateur ignorait le lieu où les abeilles recueillent la propolis ; vous nous apprenez que c'est sur les pins et sur les sapins, bonnet, 3* mém. abeilles. H Fourcroy le faisait masculin : Le propolis n'est pas de la cire proprement dite, et parait un mélange résineux qu'on n'a point encore examiné, Connaiss. chim. t. X, p. 342.

— HIST. XVI* s. Un emplastre d'ammoniac, euphorbe, térébenthine, propolis.... paré, xxi, 28.

— ÊTYM. Lat. propolis, de itpéitoii;, résine d'abeille, proprement bâtisse en avant, de npo, et nôlti, ville (voy. politique:).

PROPORTION (pro por-sion ; en vers, de quatre syllabes), .?. f. || i° Kapport des parties entre elles et avec leur tout. Quelle proportion de mes pieds à ma tête ! Disait-il [le cerf] en voyant leur ombre avec douleur, la f int. Fabl. vi, 9. Les pieds soutiennent le tout; et, quoiqu'ils paraissent petits en comparaison de tout le corps, les proportions en sont si bien prises, ju'ils portent sans peine un si grand fanleau, BOS-. fonnai.'is. u, 2. Je m'étais un peu éloigné pour regarder de plus près les proportions que les Tyriens avaient gardées dans la construction d'un vaisseau presque neuf, qui était, disait-on . par cette proportion si exacte de toutes ses parties, le meilleur voilier qu'on eût jamais vu dans le port, fén. léU m. Un monstre dont la tête est d'une grosseur énorme, et dont tout le corps exténué et privé de nourriture n'a aucune proportion avec celle tête, in. ib. xxii. Il (CrouzasJ définit la (iroportion, l'unité a.ssaisonnée de variété, de régulante et d'ordre dans chaque partie, dioer. Rech. philos, sur te beau, Œuv. t. ii, p. 4i3, dans pot:GENS. Il Cette colonne et son piédesial ne sont pas en proportion, celte colonne n'est pas en proportion avec son piédestal, la grandeur de lune n'est pas en concordance avec la grandeur de l'autre, d'après les règles. || 2* Convenance et rapport des [larties du corps entre elles. C'est la tète qui dans l'homme et le cheval, sert d'unité de propuition : les peintres et les statuaires comptant sept têles ou sept têtes et demie pour la hauteur de l'homme; chez le cheval, deux l'ois et demie la longueur de la tête doivent donner la hauteur du corps prise au sommet du garrot, et la longueur de l'angle scapulnhuméral à celui de la fesse. || 3° Au plur. Dimensions. Cela sort des proportions ordinaires. Un ouvrage fait dans de grandes proportions, dans de petites proportions. {| Il se dit aussi en ce sens au singulier. Tout ce qui est au delà d'une certaine proportion cause à l'homme, à la créature bornée, un invincible effroi, stael, Corinne, iv, 3, || Terme de beaux-arts. L'usage autorise à dire figure de (letite proportion pour figure moins grande i|ue nature, ll 4° Fig. Convenance que les choses ont entre elles. Les honnêtes gens doivent approuver sans préventi'in ce qui méiile d'être approuvé, suivre ce qui mérite d'être .suivi, ol ne se piquer de rien ; mais il y faut une grande proportion et une «rande justesse, la bochekouc. Réfl. div. p. i»i. Manque d'avoir contemplé ces infinis (en grandeur et en petitesse], les hommes se sont portés témérairement à la recherche de la nature, comme s'ils avaient quelque proportion avec elle, paBO. Pens. i, I, éd. ravet. L'usage où ils [les princes de l'Urientj sont de f^ire mourir tous ceux qui leur déplaisent, au moindre signe qu'ils font, renverse la proportion qui doit ètrn entre les fautes et les peines, qui est comme l'âme des Etats et l'harmonie des empires, monif.so. l.elt.pers. (02. ||6° Terme de mathématique. Rapport de c|uantités entre elles. La proportion de l'or à l'argent a fort varié dans tous les temps; on peut s'en tenir à celle de dix à un pour l'antiquiù; ainsi un talent d'argent vaut

trois mille livres, un talent d'or trente mille livres ROLLiN, Traité des Et. t. iv, p. 304,dans pougens. Il n'en était pas de même dans les anciennes républiques ; car cette proportfon des soldats au reste du peuple, qui est aujourd'hui comme d'un à cent, y pouvait être aisément comme d'un à huit, MONTESQ Rom. 3. Il Particulièrement. Égalité de deux rapports par quotient; ce qui se nomme proportion géométrique. Quand un homme serait persuadé que les proportions des nombres sont des vérités immatérielles, éternelles, et dépendantes d'une première vérité en qui elles subsistent et qu'on appelle Dieu, pasc. Pens. x, f>, éd. havet. Il Règle de proportion, ou règle de trois, règle par laquelle on cherche un nombre qui fasse une proportion géométrique continue avec trois .lutres nombres donnés. {| Proportion arithmétique, celle où il y a égalité de deux ou de plusieurs différences. Il Compas de proportion, voy. compas, a° 3. Il 6° Terme de chimie. Loi des proportions multiples, loi due à Dalton, suivant laquelle, quand un corps forme avec un autie plusieurs combinaisons, le poids de l'un étant considéré comme constant, les poids de l'autre varient suivant des rapports numériques très-simples. Il 7° Â proportion, en proportion, par proportion, loc. prép. Par rapport, eu égard à. Elles [les maladies] nous gâtent le jugement et le sens; et, si les grandes l'altèrent sensiblement, je ne doute point que les petites n'y fassent impression à leur proportion, pasc. Imag. Puissancis trompeuses, 4, édit. faugère. Il n'étend ses désirs qu'à proportion de ses besoins, fléch. Tur. Je me suis toujours attaché aux gens moins en proportion du bien qu'ils m'ont fait que de celui qu'ils m'ont voulu, j. j. Rouss. Conf. m. || Absolument. U y aura pour mille écus de jonquilles; jugez à proportion, sÉv. 43. Une salle ....était soutenue de six -vingts colonnes de six brassées de grosseur, grandes à proportion, boss. Hist. m, 3. ||i proportion que, avec l'indicatif, selon que. 11 [un scandale) ne se forme dans nous qu'à proportion qu« nos mœurs se pervertissent, bocrdal. Dominic. Sur le scand. de la croix, 349. L'avarice et l'ambition, sources funestes de tous les loaux, s'accrurent à proportion que la puissance de Rome prit de nombreux accroissements, hollin. Traité des Et. III, 2. 118° Proportion gardée, toute proportion gardée, loc. adv. En tenant compte de la différence relative des personnes, des choses. Proportion gardée, il y a peut-être dix fois plus d'oiseaux dans ces climats chauds que dans les nôtres, buff. Ois. t. vin, p. 261.

— HIST. XIII* s. Cist doi triangle [ces deux triangles] sont establi sor une meisme ligne dont il ont une meisme proportion entre als [eux], Comput, f* <(i.||xiv* s. Lequel treU [tribut] fut levé egalmeiit selon la proporcion des richeces, bercheure, f° 2», verso. Es oignemens la porporcion des poudres, de l'uile et de la cire, lanpranc, f° H9. Il a tele proporcion de huit à quatre comme de quatre à deux, ohesme, Eth. (46. || xvi" s. Corps monstrueux, sans certaine ligure, n'ayants ordre, suitte, ni proportion que fortuite, mont, i, 205. Des ossements, à la proportion desquels la stature des hommes revenoit à 20 paulmcs de hauteur, ID. IV, 25.

— ÊTYM. Prov. proportio ; espagn. proporcion ; ital. proporït'onc ; du lat. proportionem , de pro, pour, solon, elportio, portion.

PROPORTIONNALITÉ (pro-por-sio-na-li-té), s. f. Terme didactique. (Condition des quantités qui sont proportionnelles entre elles. Cette diversité d'effets provenant tous d'une même cause, peut servir, pour le dire en passant, à montrer le peu de justesse de l'axiome prétendu, si souvent mis en usage, sur la proportionnalité des causes à leurs effets, d'alrmb. Traité de dynam. Œuv. t. xiv, p. 2a5. II [Ktpler) transporta dans la route elliptique la loi qu'il avait démontrée pour le cercle, de la proportionnalité des aires au temps, uailly, Hist. astr. mod. t. II, p. 73. La proportionnalité de la force alliactive aux masses est démontrée sur la terre par les expériences du pendule, laplace. Expos.

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