DK SEHRES, 7»o
t PKOVIGNAGE (pro-v»-gna-j'), ». m. MarcotUge par le moyen de provins.
PROVIGNÉ, ÉE (pro-vi-gné, gnée), port passé de provigner. Kt les ceps provignés sont plus chers i Bacchus, delil. (liorg. ii.
PROVIGNEMENT (pro-vi-gné-man), ». m. Action de provigner.
— HIST. XVI' s. Des arbres n'est pas ainisi, pour la difficulté de les renouveller par provignement,
O. m SEBBhS, <BI.
— ErvM. Provigner.
PROVIGNER (pro-vi-gné), s. n. \\ 1° Multiplier par provin. Provigner une vigne. Si nous ne pouvions deviner qu'il eût été donné à l'animal [le polype| d'être provigné et gretlé comme la plante, BONNET, ConXempl. nat. Œuv t. vui, p. I84, dans roicENS. Il Absolument. La marcotta est un rejeton,
tICT. DK LA LANGUE VaAMCAISK-
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une branche de vigne qu'on coucné en terre, et qui prend racine quand on veut provteier, rollin, Hial. anc. Œuv. t. x, p. 4b2, dans poWns. || 8° V. n. Se multiplier par marcottes. Ce plant s>^gaucoup provigné. En taillant, le vigneron a soin ' ver tous les brins de ceps qui lui paraissen près à provigner, lorsqu'il a des vides à GENLis, Maison rust. t. m, p. «90, dans pougens [ Fig. Faire provigner la vigne du Seigneur, voy. VIGNE. Il 3' Par extension. Se propager, multiplier. Car ces oiseaux provignent fort, voit. Poésies, Œuv. t II, p. <79. C'est celui qui, sous Apollon, Prend soin des haras du Parnasse, Et qui fait provigner la race Des bidets du sacré vallon, J. B. BOUS s. Ép. III, 27. Selon Cumberland, la famille [de Noé] ne provigna que jusqu'à trois milliards trois cent trente millions en trois cent quarante ans; et selon Whiston, environ trois cents ans après le déluge, il n'y avait que soixante-cinq mille cinq cent trente-six habitants, volt. Dict. phil. Povulat. \\ Fig. L'hérésie a provigné en ce pays.
— HIST. XVI' S. Certes la nature poulse l'homme à aimer et rechercher ceste belle science [l'agriculture |, qui s'apprend en son eschole, est provignée par la nécessité, et embellie par le seul regard de son doux et profitable fruict, o. de sbbres, Préf. Sans donques s'amuser au provigner desarbres... lû. 4 91. Miracle! tout soudain fertile elle produit La vigne hérissée en feuilles et en fruit. Où ta main fit prougner une haute coutiere. Qui de ton nom Denys eut nom la Denysiere, bons. »i2. Provigner des procez, cotghave.
— ÊTYM. Proptn ;Berry, preugner, progner,pro. mmer; wallon, prot)in^; Bourg, proïmfr; provenç. propaginar, probajonar; espagn. propagar; ital. propagginare.
t PROVIGNEUR (pro-vi-gneur), ». m. Ceiui qui provigne.
— HIST. XVI' s. Provigneur, coToniv*.
PROVIN (pro-vin), s. m. Rejeton d'un cep de
vigne destiné au provignement. 11 y avait trois provins qui pous.saient peu à peu, premièrement des boutons, ensuite des fleurs, et à la fin des raisins mûrs, SAci, Bible, Genèse, XL, lo. J'ai compté jusqu'à sept grappes à un seul provin, BONNET, Hist. nat. ilém. Œuv. t. m, p. 239, dans pougens. 1 1 Fig. Seigneur, vous vous êtes fait une vigne... toute la terre, jusqu'au fleuve, jusqu'à la mer, en a été remplie, tant le provin en a été fécond et abondant, boss. «éd. sur VËv. 2' part. 6' jour.
— HIST. xiii* s. Le pueple d'Israël qui fu viz [vigne] et provainz de ta sainte vigne, Psautier, (' 98. Il XIV.' s. En la vigne de Dieu furent très biaux provains, Girart de Ross, v, 6983. || xvi' s. Je vous coucherais les pourvains, p. gringoibe. Farce à la suite du jeu du prince des sots. On laisse ces margottes, appelées aussi provins, ainsi accommodées jusques à trois ans, plus ou moins, comme l'on veut ; alors on les couppe de leur mere-souche, et sans séjourner on les porte planter en la nouvelle vigne, 0. de serres, («s.
— ÊTYM. Berry, prouin, perouin,prognis; prov. probaino; espagn. proieno; ital. propaggine ; du lat. propost'nem (voy. propager). Propdginem , avec l'accent sur pa, a donné protitn et mieux prorot'n, avec changement de genre.
PROVINCE (pro-vin-s'), s. /■. || 1" Terme de l'histoire romaine. Pays conquis hors de l'Italie, assujetti aux lois romaines et administré par un gouverneur romain. Toutes les Gaules, toutes les fopagnes... la Grèce, la Thrace, la Syrie, l'Egypte, tous les royaumes de l'Asie Mineure... n'ont été durant plusieurs siècles que des provinces romaines, boss. Hist. m, 6. Il 2° Certaine étendue de pays qui fait partie d'un État (ainsi dite en oubliant le sens de pays vaincu qui est atlacbè étymologiqueinent à province). Elle marche comme un général à la tête d'une armée royale, pour traverser des provinces que les rebelles tenaient presque toutes, floss. Reine d'Anglet. On verra, sous le nom du plus juste dos princes. Un perfide étranger désoler vos provinces, BAC. Eslh.i\l, 4. La même année, le connétable de Luynes mena Louis XIII de province en province, VOLT. Louis ITV, 38. Mes sujets sont heureux, mes provinces tranquilles, p. lehbun, Uarie St. w, 4. y Les habitants mêmes d'une province. Plusieurs provinces se soulevèrent. || 3° Anciennement, en France, unecertaine étendue de pays qui éUit gouvernée au nom du souverain par un gouverneur particulier. 11. de Chaulnes amène 40oo hommes à Hennés pour punir cette ville ; l'émotion y est grande et la haine incroyable dans toute la pro-
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vince contre le gouverneur, sêv. 224. La ruine de Rennes emporte celle de la province, lO. 227. Sache quelle province enrichit les traitants, Combien le sel au roi peut fournir tous les ans, BOiL. Sat. vin. !l Province rassemblée, les états d'une province. Je ne crois pas qu'il y ait une province rassemblée qui ait un si jjrand air que celle-ci [la Bretagne], 73. Il Les habitants d'une province. Je prends p'tiit à la tristesse et à la désolation de toute la provhjce , sÉv. 227. || 4' Par extension, contrée. Je tieMl'éloignement pire que le trépas; Et la terre n'a pointdç si douce province Où le jour m'agréftt loin des yeux de mon prince, corn. Clit. iv, 6.»
!; Petit Etat Ceci montre aux provinces Que,
tout compté, mieux vaut, en bonne foi. S'abandonner à quelque puissant toi. Que s'appuyer de plusieurs petits princes, la post. FabL viii, <8. L'enragé qu'il était [Alexandre], né roi d'une province Qu il pouvait-gouverner en bon et sage prince, boil. Sat. viii. Il B° Union des dix-sept Pro'vinces, union que lès provinces méridionales des Pays-Bas contractèrent avec les provinces septentrionales, au commencement de l'insurrection contre la domination espagnole. Il Les sept Provinces-Unies, se dit de la république que formèrent les sept provinces septentrionales des Pays-Bas, et qui fi.t reconnue par le traité de Westphalie. || 6° Au singulier, tout ce qui, en France, est hors de la capitale (souvent avec l'idée de ce qui est arriéré en fait de mode, de manières, de goût). Dois-je dans la province établir mon séjour? la font. Fabl. in, t. Cela est étrange, qu'on ne puisse avoir en province un laquais qui sache son monde,. UOL. Comtesse, 2. Pour Monsieur votre vicomte, quoique vicomte de province, c'est toujours un vicomte, iD. ib. < 1 . Mon pauvre mérite, tout médiocre qu'il est, n'est pas encore réduit à se sauver en province comme les mauvais comédiens, sÉv. 69. La province est l'endroit d'où la cour, comme dans son point de vue, paraît une chose admirable, LA BHUY. vui. Vous veuez de province; vous en avez rapporté un air de timidité qui ne sied pas à votre âge, mariv. Paysan parv. 4* part Elle n'était jamais sortie de Paris, et elle avait une horreur invincible pour la province, genlis, Yeill. du chat. t. i, p. 3, dans pougens. || 11 a encore un air dé province, se dit d'un homme qui, venu depuis peu de sa province, n'a pas encore le ton, le langage, les manières de la capitale. || On dit dans le même sens : accent de province, manières de province, cela sent la province. Elle avait de beaux yeux pour des yeux de province, obessbt, Méch. m, 9. Il 11 se dit quelquefois au pluriel dans le même sens. M. de Vaugel.is nous avertit dans cette remarque qu'il a fait un traité sur les fautes particulières de quelques provinces, vaugel, flfout). Rem. Observ. de H"* , p. «40. C'est une sorte de vie étrange que celle des provinces : on fait des atïaires dé tout, SÉV. H mars 467). Etait-elle éloignée de la cour, on eût dit qu'elle était née pour les provinces; sortait-elle des provinces, on voyait bien qu'elle était faite pour la cour, pléch. Duch. de Mantausi^r. Sais-tu pourquoi mes vers sont lus dans les provinces, Sont recherchés du peuple et reçus chez les princes? Ép. ix. [Molière, paraissant pour la première fois devant Louis XIV] ajouta que, puisque Sa Majesté avait bien voulu soulîrir leur manière de campagne, il la suppliait très-humblement d'avoir agréable qu'il lui donnât un de ces petits diveriissemeuls qui lui avaient acquis queUiue réputation et dont il régalait les provinces, ghimabest. Vie de Molière. On ne consulte plus le cœur que dans le fond des provinces, M-' de iuisif.ux, Ridic. à la mode, p. 52, dans pougens. || Les habitants de la province Toute la province en parle Je reconnais bien le style et le bavardage des provinces, sEv. 23». Les provinces sont peu iiistruites des devoirs du christianisme, id. »i déc. (672. On a fait trois éditions de ce petit ouvrage en province ; car la province pense depuis quelques années, volt. Lett. d'Alembert, 48 jailv. 47(19. || 7° Dans l'ancienne circonscription ecclésiastique de la France, provinc» ecclésiastique, toute l'étendue de la juridiction d'un métropolitain. Il y avait dix-huit provinces ecclesiasti'iues dans le royaume. || Absolument. La province de Lyon. La province de Reims. || 8° Nombre de couvents qui sont dans une ou plusieurs provinces de France, et qui sont gouvernés par un religieux dit provincial. Lesaugustins de la province d'Aquitaine.
HIST. xiu' S. Abhasie [Abyssinie] est unegrant
prevince, et sachiez qu'elle est la moienne Inde, MARC POL, p. 690. Il XV' S. Si devez sçavoir que uiig tel don "e ne oerderoye point pour tous lei II. — 172
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royaulmes de caste province.... Peneforést, t. m, f 4:1.
— RtYM. Prov. proenta, prohenta; espagn. et ital. prorincia; du lat. provincia, de prortncere, vaincra précédemment, de pro, et vineere, vaincre.
PROVINCIAL, ALE (pro-vin-si-al, a-l'), adj. !' t° Oui ïftpartient à une province. AssemMée provinciale. États provinciaux. {| Par moquerie. Qui est d(> la province et qui ignore les ctioses de la capi-
t;ile ou de la cour. Madame de Coulanges dit ■•
c'est donc MUs de Retz qui se marie fà Lauzun| ; point du tout, vous êtes bien provinciale, 8ÊV. 9. Il a° Il se dit de l'air, des manières, du langage, etc par opposition à l'air, aux manières, au
I iiig.ige de la capitale. En tout elle a des manitiros provinciales, genus, Tkédt d'édut. Dangers du monde, i, 9. On verra cUircmenl que vous avez plouré à la Iragidie , ce qui est un peu provincial, iD. Forai témir. t. m, p. 112, dans poogkns.
II 3° Lettres orovinciales, titre d'un livre de Pascal, dirigé contre les jésuites, ainsi dites parce que le vrai titre était : Lettres écrites i un pj-ovincial par un de ses amis. || On dit souvent absolument : les Provinaalps. I| 4* Substantivement. Personne de province. Le peintre reste avec madame Mis, Provinciale assez belle et bien faite, la font. Rémois. Nul ne dit courtisan que ceux qui ne le sont pas; pédant, qu'un pédant ; provincial, qu'un provincial, Tksc. Pent. ixv, 4SI, éd. havet. On dit qu'il faudrait que je vinsse i Paris.... vous savez comme on se moque, à la cour et à la ville, des vieux provinciaux qui viennent demander justice ou miséricorde, VOLT. Lett. Mme de Saint-Julien, 90 oct. I77S. Je suis un franc provincial qui croit qu'on peut s'occuper à Paris de ce qui se passe dans son village, id. Lett. d'Argental, Ï7. janv. 4786. Il II se dit souvent par dénigrement et en vue de l'ignorance où les gens de province sont des maniîires de la capitale ou de la cour. Obsédée de provinciaux, la plus incommode nation du monde, tous grands parleurs, quelques-uns très-impertinents, scarb. Rom. eom. 1, 8. Me prenez-vous pour une provinciale, madame? — Julie : Dieu m'en garde, madame,'MOL. Comtesse, 7. C'est une chose bien dangereuse qu'une provinciale de qualité, et qui a pris, h ce qu'elle croit, l'air de la coui', stv. 27 nov. l«75. Il 6° S. m. Provincial, supérieur qui ■ le gouvernement de toutes les maisons de son ordre dans une province. Le provincial jésuite [au Paraguay], assisté de son conseil, rédigeait les lois; et chaque recteur, aidé d'un autre conseil, les faisait observer, volt. Mœurs, 4 84. |] Ex-provincial, celui qui a rempli les fonctions de provincial dans une communauté religieuse.
— HIST. XVI* s. La sagesse.... desdaignant. .. ces petites règles feinctes, usuelles, provinciales, mont. m, 374.
— ÈTYM. Provenç. provincial; du lat. provineialit, de prwincxa, province.
PROVINCIALAT (pro-vin-si-a-k), ». m. Dignité de provincial d'un ordre religieux. || Durée de cette charge.
t PROVINCIALISME (pro-vin-si-a-H-sm'), t. m. Accent, idiotisme, particuliers à une province.
PROVISECR (pro-vi-zeur), s. m. \\ l' Anciennement, celui qui prenait un collège sous sa protection, et qui en réglait les alîaires les plus importantes. Il II se disait surtout en parlant de la Sorbonne. Le cardinal de Richelieu était provi.seur de Sorbonne. Il J* Aujourd'hui, chef d'un lycée, ou, sous la Restauration et le r^gne de Louis-Philippe, d'un collège royal, par opposition à principal, qui est le chef d'un collège communal.
— HIST. xiv s. Proviseurs sont ceux qui sont commis à garder et recevoir les biens aux pauvres publiques, et qui leur administrant les biens et aumosnes qui leur sont données ou délaissées, bod- TEU.LER, Somme rural, titre xvn, p. 'o, dans la-
CUBNE. '
— ÉTYM. lAt. prnrntorem (voy. frovision).
PROVISION (pro-vi-zion ; en vers, de quatre syllabes), «. f. Il 1" Terme de palais. Ce qui est adjugé préalablement à une partie en attendant le jugement rlélinitil. Sentence de provision. On lui a adjugé une provision de deux mille francs. Appius déclara qu'il n'y avait que le pi-rc seul qui pût réclamer la possession de celle qu'il prétendait être sa fille, et que, s'il était présent, il lui adjugerait la provision, veh- TOT, Rival, rom. v, ^4. || Provision alimentaire, somme allouée par la justice aux veuves ou aux femmes séparées sur les biens de leur» époux, aux pîsr^» ou aux mires sur les revenus de leurs enfants, etc. Il Kig, Lçs misères de ma vie n'étaient
que des provisions de dédommagements et de jouissances pour un meilleur état, J. J. Rouss. 4" dial. II J" Terrof de commerce et de banque. Fonds destinés par celui sur qui une lettre de change est tirée. 4 payer cette traite. Faire la provision d'une loure de change, jj Terme de commerce. Rctrilm- (ion due à un courtier, à un facteur ou à un commissionnaire du commerce, qui a été chargé d'une vente ou d'un achat. || 3° Terme ecclésiastique. Droit de pourvoir à un bénéfice. || L'acte du supérieur qui a donné le titre. Un faux exposé rend la provision nulle. Il 4" Au^vlur. Lettres par lesquelles un bénéfice o J un office est conféré à quelqu'un. Jamais Lauzun n'avait daigné me remercier du gouvernement de Berry; il n'en avait pas pris les provisions. Paroles de Louis XIV, dans sÉv. 406. Les amis de mon père le pressaient d'envoyer chercher ses provisions de grand écuyer, st-sim. 8, I03. Je ne doute pas que M. Sidrac ne soit celui qui doit m'expéilier les provisions (Je ma cure, volt. Oreilles, I. Le cardinal de Riclielieu n'eut les provisions de premier ministre qu'en (629, le 24 novembre; Louis XIII les signa seul de sa main, ID. Mél. hist. Test. pol. de Richelieu, 8. || 6° Amas, fait avec prévoyance, de différentes choses nécessaires. Provision de farine, de vin, de poudre. Provisions de guerre et de bouche. Aller à la provision. Faire provision de livres pour la campagne. Comme ce n'est pas assez, avant de commencer à rebâtir le logis où on demeure, que de l'abattre et de faire provision de matériaux et d'architectes, desc. Méth. III, 4. Ayant trouvé quelques provisions de bouche en se glissant à tiavers des décombres [dans Lisbonne renversée], ils réparèrent un peu leurs forces, VOLT. Cand. B. |l Avoir en provision, se dit de certaines denrées, beurre, café, etc. quand on ne les achète pas au fur et & mesure du besoin. || Par plaisanterie. Il a eu bonne provision de bois pour son hiver, se dit d'un homme qui a reçu des coups de bâton. Il Au plur. Provisions se dit surtout d objets de consommation pour le ménage. || Faire ses provisions, se pourvoir des choses nécessaires. || Provisions de carême, le beurre, l'huile, le poisson salé, les légumes, les fruits secs et tout ce que les catholiques mangent d'ordinaire dans le carême. {{ Terme de marine. Les provisions, les vivres consommés par le commandant et les olficiers. {| 8» Fig. Nombre, quantité amass«e avec prévoyance ou considérée comme une réserve. Puis donc qu'amour te fait d'amants provision, Régnier, Dial. Vous savez que, pour l'esprit, il n'en a pas, grâce à Dieu, grande provision, moi.. Fourft. 11, 7. Tâchez de ne vous point mettre dans le mauvais temps, et faites provision de forces pour un si long trajet, sév. 4BS. C'est une bonne provision, ma très-chère, que d'avoir un be! et bon esprit, m. 44 fév. 4«80. Quoiqu'il en soit, faites provision d'argent, hamilt. Gramm. 6. Apprendre cinq ou six mots d'une langue morte : dès qu'un homme a cette provision par devers lui, il ne doit pas s'embarrasser de sa fortune, moriesq. Leti. pers. 4 4 7. Cette provision d'idées doit être un des principaux objets de l'éducation, dumars. (Euv. t. i, p. ■i. Il En avoir sa provision, avoir de quelque chose tout ce .qu'il en faut, tout (56 qu'on en peut avoir. Ma foi, son cœur en a sa provision [d'amour], mol. Princ. d'Él. iv, «.. || En avoir assez pour sa provision, être suffisamment pourvu, muni de quelque chose. Je voudrais, comme M. Jourdain, avoir le fouet devant tout le monde, et savoir non pas le lalin, mais quelque peu de chicane, assez pour ma provision, p. l. cour. Lett. 11, 94. |l Faire des provisions, ama-iser les connaissances qui serviront un jour. La jeunesse n'est pas le temps de la récolte et des productions; c'est celui de semer et de faire des provisisns, dumars. Œuv. t. 1, p. 36. || Il n'a pas fait de provisions pour, il ne s'est pas préparé à. Il n'a guères fait de provisions jusqu'à présent pour soutenir un malheur comme le sien, sÉv. 437. il 7° Par provision, loc. adv. Provisoirement, préa- -iablement. Hél par provision, mon père, couchezvous, RAC. Plaid, i, 4. Le parlement rendit un arrêt par lequel, en remettant à délibérer plus amplement sur leur institut [des jésuites], il leur permettait d'en.seigner par provision la jeunesse, volt. Hist. pari. xxvi. Pendant qu'on fait le procès du maître, le valet de chambre est pendu par provision, dancourt, /'Opfra dem/l'ige, se. 4 1. Il Terme de jurisprudence. Jugement par provision, jugement exécutoire provisoirement, nonobstant le recours dirigécontrelui.ll Dans le langage général, en attendant et par pré.e<iulion. Afin que je ne demeurasse point irrésolu en mes actions, pendant que la raison m'o-
bligeait de l'être en mes jugements, je me formai une morale par provision qui ne consistait qu'en trois ou quatre maximes.... t>ESG. Méth. m, 4. Je me sentais un peu plus oppressée, je jugeai bien qu'il fallait me saigner avant que de partir, afin de mettre cette saignée par provision dans mes ballots, sév. (0 juillet 467B. || On a dit, dans un sens analogue, de provision. Si vous étiez ici ma chère fille, vous vous moijueriez de moi : j'écris de provision.... SÉV. 24. Ceci [cette lettre] est un peu de provision; car je ne vous écrirai que demain; mais je veux vous écrire présentement ce que je viens d'apprendre, m. 42 fév. 4 671. || Proverbe. Provision, destruction, ou provision, profusion , c'est-à-dire quand on a dans un ménage une provision, on con somme plus que si on achetait à mesure
— HIST. xiV s. Pierre fery [frappa] GuilLiume sur son chief en telle manière que, se n'eust esté la grâce de Dieu, avec la provision [prévoyance] duilit Guillaume, il eust esté mortel occis, du cakok, )>rorisio. Les gens dient aucunes bestes estre prudentes, pour ce que il ont une industrie naturele de faire leur provision, ores.me, Eth. 178. || xv s Voulentiers ceulx qui font les choses en craincte y donnent les bonnes provisions, comm. 11, 4. Il XVI' s. Ayant un peu d'eau et de pain à costé de son livre, [ce] qui estoit toute la provision de son re()as, mont, i, an. La première provision de quoy ils [les Romains] se servoient à brider la rébellion des peuples de nouvelle conqueste. c'estqjt leur osier armes et chevaux, id. i, 364. Il avoit du savoir en sa teste, mais non pas plus qu'il lui en falloit pour sa pourvision, despeh. Contes, cxvi. F.lle cacha en un petit coin son nouvel ami, et alla ou vrir la porte à l'ami de provision (de réserve, en titre], vver, p. 646. En compte n'y a point de provision [le juge n'alloue rien provisoirement au créancier], loysel, 205. Depuis, les puinés y ont pris [aux fiefs] quelques provisions et apanages, qui leur ont, quasi partout, esté enfin faits patrimoniaux, ID. 842. La commune ne faLsoit autre chose, que dire seulement qu'elle en estoit bien desplaisante, sans y donner autre provision, amtot, P. Mm. 52. Celle provision et munition d'engins se trouva lors tout à propos pour les Syracusains, id. Marcel. 62.
— ËTYM. Génev. porvision; provenç. provisio; espagn. provision ; ftal. provisione; du lat. provisionem, de provisum, supin de providere (voy. pourvoir).
t PROVISIONNÉ, ÉE (pro-vi-zi-o-né, née), adj. Pourvu, muni. D'esprit si provisionné, scarh. Poés. div. Œuv. t. VII, p. 26, dans pougens. || Inusité; on dit approvisionné.
— ÊTYM. Proviiion.
PROVISIONNEL, ELLB (pro-vi-xi-o-nèl, ne-i), adj. 111° Terme de jurisprudence. Qui se fait par provision. Tout autre partage ne sera considéré que comme provisionnel, Code Nap. art. 466. || 2° Dans le langage général, il s'est dit pour provisoire. 11 était important de peser mûrement le parti que j'avais à prendre; j'en pris un provisionnel pour me donner le loisir d'y réfléchir, j. j. bouss. Ém. V. Gouvernement provisionnel, id. Conir. soc. 111, (7. .Si le [leuple fait des lois, il peut les abroger , il peut les changer, et il semble ne faire jamais que des règlements provisionnels, coNuiL. Hist. anc. Lois, ch. 6.
— HIST. XVI' s Joint que tels dits ne sont que
provisionnels, et ne tiennent que tant qu'il plaira à Sa Majesté de les entretenir, d'aub. Hist. 11, 234. L'ediot de juillet n'estoit que provisional, castélnao, 74.
— ETYM. Provision.
PROVISIONNELLEMENT(pro-vi-zi-o-nè-le-man),
adv. H l" Par provision. J. Sigismond, électeur de Brandebourg, eut la Prusse et la prétention sur la succession de Clèves, Berg, Juliers, etc. qu'il partagea provlsionnellement avec le palatin de Neubourg, sT-siM. 84, 96. Il %' Il s'est dit pour provisoirement. Les citoyens de la campagne avaient le temps, entre les deux élections, de s'informer du mérite du candidat provlsionnellement nommé, afin de ne donner leurvoix qu'avec connaissance de cause, J. J. Rouss. Contr. sot. iv, 4.
— ETYM. Provisionnelle, et le suffixe men(. PROVISOIRE (pro-vi-ioi-r'), odj. 1 1 *• ferme de
procédure. Qui est rendu par provision. Jugement provisoire. || Mainlevée provisoire, mainlevée qui a été ordonnée en jugement par provision. || Matière provisoire, ce qui requiert célérité. Les aliments sont matière provisoire. || On dit dans un sens analogue : demanda provisoire. Il Exécution 'iruvisoire.
PRO
PRU
Cfclle qui a lieu nonobstant appel . || 2° Dans le langage général. Qui se Tait en attendant une autre chos Arrangement provisoire. || Gouvernement provi> re, celui qui s'installe pendant une révolution, en attendant la constitution d'un gouvernement définitif. || Dans les hôpitaux de Paris, interne provisoire, ou, substantivement, un provisoire, celui qui est nommé au concours après les internes définitifs, qui les supplée quand ils manquent, mais qui a besoin de concourir de nouveau pour être nommé interne en titre. || Terme de marine. Se dit des fonctionnaires qui n'exercent leurs fonctions que temporairement. || S" S. m. Ce qui est fait par provision. 11 a gagné le provisoire. Introduire un provisoire. || 4" Ce qui est provisoire, fait en attendant. Il est certain que, dans toute société, le provisoire subsiste tant que le définitif n'est pas déterminé. MiifAbEAU, CoUeclinn, t. m, p. 284.
— ÊTYM. Lat. provisorixu, de provisor (voy. proviseur).
PROVISOIREMENT (pro-vi-zoi-re-man) , adv.
Il 1° Terme de palais. Par provision. Cela n'a été jugé que provisoirement. || 2" Dans le langage général. En attendant. Je loge provisoirement dans ce cabinet. || Nommé provisoirement, se disait dans l'université, avant (849, d'une nomination qui pouvait être révoquée.
— ÊTYM. Provisoire, et le suffixe ment. PROVISORAT {pro-vi-zo-ra;le ( ne se prononce
pas et ne se lie pas), s. m. Dignité, qualité de proviseur. Il Durée des fonctions d'un proviseur.
— ÊTYM. Proviseur.
iPROVlSORERIE (pro-vi-zo-re-rie), s. f. Terme qui ne se dit plus qu'en parlant des anciens proviseurs. La provisorerie de Sorbonne.
t PROVOCANT, ANTE ([>ro-vo-kan, kan-t'), adj. Oui excite, agace, irrite. Regards provocants. Œillades provocantes. De provocants sourires. Toujours amère et provocante ! beaumarch. ifar. de Fig. I, ».
— REM. Il faut l'écrire par e et non par qu , comme les adjectifs en ani dérivés des verbes en çuer : confiscant, fabricant, suffocant, etc. fautes. Prrrco'juant est le participe.
PROVOCATEUR, TRICE (pro-vo-ka-teur, tri-s'), adj. Qui provoque. Paroles provocatrices. || Agent provocateur, nom que l'on donne, en poliiique, aux agents de police qui parlent comme les factieux et les eicitenl à parler devant eux. ChutI mes amis; il [un bon vin] fait jaser à table : C'est un agent provocateur, bérang. Ag. prov. \\ Substantivement. Celui, celle qui provoque. C'est lui qui a été le provocateur.
— HIST. ivi' s Que le droit estoit de sbn
costé; car il u'estoit aggcesseur ne provocateur en ceste guerre, m. du bell. 267. '■
— ÊTVM. Lat. provocatorem, de provocare, provoquer.
t PROVOCATIF, IVE (pro-vo-ka-tif, ti-v'), adj. Oui a la vertu de provoquer.
— HIST. XVI* s. Choses diurétiques, c'est à dire provocatives d'urine, pabE, xxiv, 32.
— ÉTYM. Prov. provocatiu ; espagn. et ital. provocalivo; du lat. provocatimis, de provocare, provoquer.
PROVOCATION (pro-vo-ka-sion ; en vers, de cinq syllabe.?), s. f. \] 1° Action de provoquer. Provocation à la révolte || Appel à un combat singulier, à un duel. Il 3" Ce qui provoque. Ce langage est une provocation || Use dit aussi des choses qui excitent à. Provocation au sommeil. Il a vomi sans aucune provocation.
— HIST. XIV* s. 11 font [par des corrosifs] provocation des humeurs, et font, par ce, ulcère, il. DR MONDEViLLE, f* «8. || xvi* S que pour son honneur il n'y pouvoit plus reculer,/attendu la provocation que luy en avoit faille le roy de France, H. DU BEtL. 266 11 faut que le chirurgien se gouverne sagement , tant à la provocation [des menstrues] que restriction, paré, xxiv, 46.
— ÉTYM. Prov. provocatio; espagn. provoeacion; ital. prouoeoitone,- du lat. provocationem, de provocare, provo<|uer.
PROVOOlJfi, ÉE (pro-vo-ké, kée), part, passé de provoquer. Provo.jué par des paroles outrageantes.
PROVOQUER (pro-vo-ké), «.a. Je provoquais, nous provoquions, vous provoquiez ; que je provoque, que nous provoquions, que vous provoquiez. IJl* Appeler à, exciter, inciter. Provoquer à boiri!. Provoquer au combat, both. Herc. mour. il, a. Ils m'ont provoqué à courroux.... et je le» provoquerai i jalousie [c'est Dieu qui parle].... paso. Pem. XXI, < , éd. havit. || U p«ut avoir, en ce mus
et pris absolument, un nom de chose i^^ -^^ Cela provoque au sommeil. || 2° ^^^ire T^y^.gj ce qui excite, irrite 11 a frappé; mais il ava^^^ piovoqué. Il II peut aussi, en ce sens, avoir sujet un nom de chose. Ce langage le provoq' Il 3" Causer, avec un nom de chose potu sujet. Les" bulbes ue plusieurs narcisses ayant en général la propriété de provoquer le vomissement, loiseleuh Instit. Uim. se. ph. et math. Sav. étr. t. il, p. 80&. Chagrins, vapeurs mélancoliques. Dégoût de tous les biens, abattement moral, Voilà ce que l'ennui provoque en général, c. delav. Princ. Aurél. m, 5. Il 4" Se provoquer, provoquer à soi, s'attirer. Personnes qui se provoquent la juste indignation de Dieu, pasc. Prov. viii. || B" Tenue de jurisprudence. Provoquer une action, une procédure, prendre l'initiative devant le juge, se porter demandeur pour quelque chose. Tout parent est recevable à provoquer l'interdiction de son parent, Cod. Nap. art. 490. Le mari peut, sans leconcoursde sa femme, provoquer le partage des objets meubles ou immeubles à elle échus, qui tombent dans la communauté, ib. art. 8)8. || 6° Se provoquer, v. réft. S'adresser l'un à l'autre des provocations. Tous deux, les bras levés d'un air audacieux. Se provoquent du geste et s'attaquent des yeux, delille. En. v.
— HIST. xii* s. Purvochat nostre. Seigneur li peccherre [le pécheur provoqua notre Seigneur], liber psalm. p. (0. K fist faire altels par tu/ les angles de Jérusalem k deable e par tûtes les citez do Juda, e forment [fortement] purvuchad à ire nostre Seignur. Rois, p. 3»o. || xiv* s. Et pour ce ceulz qui mettent et font ou publient les lois, il ont eslimacion que il convient appeller et provoquer les gens à venu en ceste matière, ohesmk, Eth. 326. 11 se print à provoquer chascun singulièrement, beb- CHEORE, 1° 3», recto. Il XVI* s. Ce que l'eunuque lui disoit malicieusement, non qu'il ne sceust bien la vérité, mais pour le provoquer à parler, amyot, Artax. 19. Icelle meslange provoque beaucoup la sueur, PARÉ, XXIV, 27.
— ÊTYM. Provenç. et esp. provocar ; ital. proDOc'ore; du lat. provocare, de pro, en avant, et vocare, appeler (voy. voix).
f PROXKNE (pro-ksè-n'), s. m. Terme d'antiquité. Celui qui, dans une cité grecque, est l'hôte et le mandataire de tous les citoyens de la république étrangère qui lui a confié cet office. Il existe une incontestable analogie entre les fonctions des proxènes et celles -de nos agents consulaires. Le proxène d'une ville en loge les députés, il les accompagne partout, et se sert de son crédit pour assurer le* succès de leurs négociations, babihél. Anach. cU. 34.
— ËTYM. npolEvoç, de irpè, pour, et ïévo; étranger.
PROXÉNÈTE (pro-ksé-nè-V), s. m. || !• Anciennement, Courtier, celui qui négocie un marché. Il 2° Aujourd'hui, en mauvaise part, entremetteur de certains marcliés honteux entre les doux se.\es. Dans toutes les cours, il y a plus de faveur à se promettre du métier de proxénète que des fonctions de grand ministre, didebot, Claude et Nér. i, «3.
— HIST. XVI* s. Proxenettes couratiers et autres commis à vendre marchandises à eux baillées, Cnust. qén. t. I, p. 899. Vous vous souviendrez [ vous, Henri IV] des peines et anxietez oii vous ont jeté le.s ruses, artifices, malices et cautelles de la Verneuil, ses semblables et leurs séquelles et proxénètes, SULLY, Mém, t viu, p. 416. Proxénètes aux voluptez, ID. ib. t. xii, p. 266.
— ÊTYM. Lat. proxeneta, de icpoÇevriTY)?, entremetteur, de np&Çivïiv, aider, secourir, qui vient de ■npo^Evo; {voy. PROXÉNE).
t PROXÉNÉTISME (pro-ksé-né-ti-sm') , ». B». Office de proxénfcte, d'entremetteur.
t PROXÉNIE (pro-ksè-nie), t. f. Fonction de proxène.
PROXIMITÉ (pro-ksi-mi-té), /. (. || 1* Voisinage d'une chose à l'égard d'une autre. Avoir une cho.se à sa proximité, à proximité Quand Jupiter et Saturne sont dans leur plus grande proximité, qui est de 150 millions do lieues, fonten. Hrwton. Ma mai.son est fort agréablement située, à la proximité des spectacles, des promenades et de la Bourse, pic»R», Prorinc. à Paris, l, 7. De tsos à 1826, la plus grande proximité de Jupiter à la comèt" n'a été... DAMOISEAU, Instit. Mdm. scienc. t. vin, p. 217. Il 2" Parenté. C'est un grand avantage pour exciter la comniisi: ration que la proximité du sang et les liaisons d'amour ou d'amitié entre le persécutant et le persécuté, le poursuivant «l le poursuivi, celui qui fait souffrir et celui qui souffre, coKM. i* due. Le prufflicr président de Provence ne
passe point pour neveu de M. Colbert; je ne sais oi vous avez pris cette proximité, sév. t3 nov. (673. On sait qu'une famille où l'on a pris naissance et à qui l'on appartient par une étroite proximité spère dans le monde, bourdai,. Pensées, U u,
XHi* s. Pour ce c'on puist demander te nt il esquiet [échoit] par proismeté, beaum. XIX, <."TWy. s. Cas de proximité que les clercs appellent cas ol^pait, selon les couslumes locaux, si est quand aucuïS|lpd héritage qui lui vient par succession, et auiSL ^g ses prochains du costé dont l'héritage vient, n^ut avoir pour tels deniers que vendu estoit, BOUtniLcg^ Somme rural, titre 70, p. 414, dans LACURNE. jTS; s. Le royaume de France, qui par droite successiorrSïproismeté devoit estre sien, FROiss. i, i, 62. ConsiBWe la proximité de lignaige en quoy nousattient icl^nostre cousin.... Lettre de Charles 711, Bulletin m^comité de la langue, t. m, p. 576. || xvi* s. Eu esglid à la proximité de l'ennemy, M. ou beliî. 664. H^moy, la proximité [la parente] n'allège pas les deS^jsj elle les aggrave plus tost, mont, iv, 96.
— ETYM. Lat. proiiniilûlem, de proittmu» periatif de prope (voy. proche). Proismeté est ' forme ancienne et française; proximité a été refait sur le latin.
t PROYEH (pro-ié) , *. m. Espèce de bruant, eml)Rrize niiliaire (oiseaux granivores) .
t PROZOÏQCE (pro-zo-i-k'), adj. Terme de zoologie. Oui est antérieur k l'apparition des êtres vivants.
— ÊTYM. np^ avant, et Cùiov, animal.
t PRRR. Sorte d'onomatopée, qui signifie : Je t'en
donne, vas-y voir. Elle croit bonnement que je l'épouserai, mais prrr, lesage, les Amours de Nanterre, p. 92.
t PRDCE ou PRUSSE (pru-s'), f . f. Nom donné, dans les pêcheries de Terre-Neuve, à une espèce de bière, faite avec les jeunes pousses du sapin.
— ÉTYM. Anglet. hemlock spnice, épinette blanche de la Nouvelle Angleterre, espèce de sapin. Richarilson tire l'anglais spruce du mot Prussi'o, la Prusse, c'est-à-dire sapin de Prusse.
PRCI)E(pru-d'), adj. f. |il" U se dit d'une femme dont la vertu est difficile et hautaine, ou mcme d'une femme qui n'en a que les apparences affectées. L'exemple est admirable, et cette dame est bonne,! 11 est vrai qu'elle vit en austère personne; Mais l'âge dans son âme a mis ce zèle ardent, Et l'on sait qu'elle est prude à son corps défendant, mol. Tart. i, K Un femme prude paye de maintien et de paroles; une femme sage paye de conduite, LA BRUY. III. Qu'il faut souffrir quand on veut être prude, Et que, sans craindre et sans affecter rien, Il vaudrait mieux être femme de bien I volt. Prude, III, to. Il S. f. Femme prude. Pour prude consommée en tous lieux elle passe, mol. Uis. tu, 3. Le métier de prude, iD. Tart. i,t. J'aime qu'avec douceur nous nous montrions sages. Et ne suis point du tout pour ces prudes sauvages Dont l'honneur est armé de griffes et de dents, El veut, au moindre mot, dévisager les gens, id. ib. iv, 3. Les prudes sont \a société la plus convenable aux jeunes personnes, MAINTBNON, Lett. à M. d'Aubigné, t. i, p. 167, dans POUGENS. Que tout homme qui prend une prude pour femme Devient un sot monsieur gouverné par madame, dupresnt, Mariage fait et rompu, I, «. Il Au masculin (qui n'est plus usité). Un jour, dans le cercle, un prude l'abordant lui fit un grand éloge de Mme de Guercheville, racan, Vie de Ualherbe. On y voyait une deiui-ilouzaine De prudes aspirants à la perfection. Qui formaient sans scandale un brelan flegmatique... llstâchaiml, disaient-ils, de gagner.... sainï-ulas. Contes (i«72) dans le Chasseur bibliographe, 2» année, n" 8. Il 2" Par extension, qui a une manière d'être comparée à celle de la femme prude. L'un et l'autre, à mon sens, ont le cerveau troublé, Képomlra, choz Kroiloc, ce marquis sage et prude, boil. Sat. iv. L'oiseau madré la connut à la mine, A sou œil prude, ouvert en tapinois, gressrt. Ver-vert, m. Suivant la coutume des oreilles prudes, uenlis, Iférc* riv. t. I, p. 230, (dans pougf.ns.
— HIST. xiii* s. Il n'Iy] a plus prude femme jusqu'à la mer salée, llerle, xvi Et les doit on mètre en la garde d'aucune prode feme du lignage, «eaum. XV, 31 . Il XV» 8. Celte (lame, .qui estoit moult humble et preude femme.... moiss i, i, 49.
— RTYM. Prude ou prode, féminin de l'adjectil preux (voy. ce mot); aussi n'a-l-il orlgiiiairemoni (ju'un sens favorable et est-il ffcminin.
PRCUEUiiiKMT (pru-da-man) , adv. Aveo fu-
PRtJ
dence. Que prudemment les dieux savent tout ordonner I CORN. Uédée, IV, 3. Evrard seul, dans un coin prudemment retiré, Se croyait à couvei t de l'insulie sacré, BoiL. Lutr. v. Ces sensibilités qui veulent choisir les misères, et qui, en nous rendant trop prudemment charitables, nous rende' pieusement cruels, mass. Or. fun. Villars.
- HlST.xiVs. El en ce il scet bien exposp:'^''*^* despens sagement et prudentementjOBESMR i'^-'*^-
— ÉTYM. Prudent, et le suffixe menl: ^^"l"' P"^ denlemertt. Prudemment ou pru^j :"**"' ®^* '* forme archaïque, alors que prudev '*'**'' *" f^™'" nin prudent ; pri ..<femm< est •"« 'o""™* P'"^ f*" cente venue quand prudem'^'- ^^ féminin prudente. C'est la foi me arcl*-"!"^ <î"' » prévalu.
PRL'OENCE (pru-dan-- ). «• f- ^^rtu qui fait connaître et pratiquer ce!"' convient dans la conduite lie la vie. Et c'est toujours prudence en un péi'il funeste D'offrir '^'^ moitié pour conserver le reste, COBN. Tois. d*"'> 'i *■ La sagesse est dans les vieillards et Imprudence est le fruit de la longue vie, sAci, B^ie, Job, xii, <2. J'en veux un peu à la pruda«ce humaine; je me souviens de quelques tuu/s qu'elle a faits, dignes de risée; la voilà décriée pour jamais, sÉv. 341, Ce que peut dans les maisons la prudence tempérée d'une femme sage.... Boss. Mar.-Thér. Nous mourons tous, disait cette femme dont l'Écriture a loué la prudence , lo. Duch. d'Orl. Alors, quand les malheurs nous ouvrent les yeux... .nous ne savons plus par où excuser cette prudence présomptueuse qui se croyait infail- IU)le, ID. Reine d'Anglet. Juste ciel I c'est ainsi qu'assurant ta vengeance, Tu romps tous les ressorts de ma vaine prudence , rac. Iphig. i , f>. Toutefois il [Joad] devrait ganler plus de prudence, lo. Àtbal. IV, 5. Où manque la prudence, trouvez la grandeur si vous le pouvez, la bruy.xii. Il y en aurait eu beaucoup [de traits hardis], si on n'avait été obligé, à quatre-vingt et un ans, de sacrifier à cette solte vertu qu'on appelle prudence , volt. Lttt. La Harpe, <>4 mars <776. Dans l'incertitude de la vie humaine, évitons surtout la fausse prudence d'immoler le présent à l'avenir, j j. bouss. Ém. v. Sa prudence était trop éclairée pour ressembler à la finesse, d'alemb. Éloges, Dangeau. || Terme de jurisprudence. S'en rapporter à la prudence, abandonner une décision à une autorité sans rien lui demander expressément. Il Dans te style de l'Ecriture, prudence mondaine, prudence de la chair, prudence du siècle, l'habileté dans les affaires du monde. Prudence chrétienne, celle qui apprend à discerner ce qui conduit à Dieu. || Avoir la prudence du serpent, être très-prudent (locution qui ne se dit que dans le style familier, et qui provient de la subtilité attribuée parla Bible au serpent). Que le ciel vous donne la force des lions et la prudence des serpents ! MOL. Bourg, gent. iv, 6. Les chers frères ont la force des lions quand ils écrivent; mais il faut qu'ils aient la prudence des serpents quand ils agissent, volt. Lett. Damilaville , )" juin 1764. Il Proverbe. Prudence est mère de silreté.
— HIST. xiii' s. Prudence est cil habiz par cui l'on puet conseiller à veraie raison entor les bones et les mauvaises choses de l'ome, bhun. latim, Trésor, p. 2B8. Vertus moral est devisée en quatre membres, ce sont prudence, atemprance, force et justise, ID. ib. p. 345. Il xvi' 8. Les sciences ne peuvent uup nous enseigner la prudence, la preud'hommie et la resolution, mont, i, <5t. Je n'ay gueres d'art.... pour dresser et conduire |>ar prudence les choses à mon poinct, in. m, 47. La mémoire des cho-ses passées est la prudence de ce qui est à advenir, pasquier, te«. t. Ui, p. «83. On donne les offices et promotions, et non prudence et discrétion,
LEROUX DE LINCT, PrOV. t. II, p. !160.
— ÊTYM. Provenç. et ital. prudenta ; du lat. pntéenlia, de prudens, prudent.
PRUDENT ENTK (pru-dan, dan-f) , adj. || f Qui a de la prudence. C'était la lemme prudente qui est donnée proprement par le Seigneur, boss. Mar.- Thér. Plus prudent dans les affaires du siècle que lu ministre de la pénitence, qui souvent ne les connaît pas, MASS. Carême, Confeu. Une femme prudente est la source des biens, dbstodch. Diu. v,
se dern. Maman, bonne, humaine heureuse
comme le .sont presque toujours les personnes prudent»». iiiuEu. Lett. à Mlle Yoland, 16 nov. ne» Il SuiisLaulivcmeiit. Ce sont de tels sages et de tels prudents & qui Jesus-Christ déclare que les secrets de toD royaume sont cachés, boss. Comédie, ». Il 1° <x>nrorme à |a prudence, eu parlant des choses, ("oikluite prudente. ^J'imite de Conrarl le «ilence prudent, boil. Êvit. i. Et vos «oins trop pnidenu
PRU
Les ont "*"* écartés [mesamisj ou séduits dès long-
temr ''*'^- ^^^^- '"' ^•
HIST. XVI* S. Prudent homme et sage maistre
.jiuinique, licencié es loix,... Coust. gén. t. ii,
. (049. Femme prudente et sage est l'ornement de
son mesnage, cotghave.
— ÊTYM. Lat, prudmtem, contracté de prbvidentem, prévoyant (voy. providence).
PRUDERIE (pru-de-rie), s. f. || 1° AffecUtion de réserve et de bienséance ; ne se dit que des femmes. Il est une saison pour la galanterie; Il en est une aussi propre à la pruderie ; On peut par politique en prendre le parti, Quand de nos jeunes ans l'éclat est amorti, mol. Jfts. m, 5. Il y a ....une fausse sagesse qui est pruderie, la brut. m. La pruderie est une imitation de la sagesse, id. ib. La pruderie contraint l'esprit, ne cache ui l'âge ni la laideur, ID. ib. Tout bien considéré, tranche coquetterie Est un vice moins grand que fausse pruderie, dufbenï, Mar. fait et rompu, m, ». Elle est trop intrigante; Sa pruderie est, dit-on , trop galante, volt. Prude , I, ). Il Familièrement, la pruderie, toutes les femmes prudes. Toute la pruderie de la cour en fut déchaînée, hamilt. Gramm. 9. || Au plur. Actes de prude. Je ne m'accommode guère bien de toutes les pruderies qui ne me sont pas naturelles; et, comme celle de ne plus aimer ces livres-là [les romans] ne m'est pas encore arrivée.... sfiv. 6 juill. 1671. Il 2° Fig. 11 se dit quelquefois de toute réserve excessive ou affectée. La pruderie du langage. La pruderie des partis. La science n'a point de pruderie.
— ÉTYM. Prude.
PRUD'HOMIE (pru-do-mie), s. f. Probité et sagesse Concluons que la plainte que nous faisons
à cette heure, que tout est en désordre, qu'il n'est point de prud'homie (preud'homie, ^dtt. de 1650), nos pères l'ont faite devant nous... malh. Traité de.t bienfaits de Sénèque, i, <o. M. de Borstel, dont vous connaissez la sagesse et la prud'homie, vous répondra de la vérité de mes paroles, balz. liv. vi, lett. f: Nos yeux n'ont pas de mauvais desseins, et votre cœur peut dormir en assurance sur leur prud'homie, Mot. Préc. iO. Il Fig. Me voilà prête à m'embarquer sur notre Loire.,., quoique votre Rhône soit terribilis, je voudrais être aussi près de me confier à sa prud'homie, sÉv. h sept 1675.
— REM. 1. On ne voit pas pourquoi, écrivant prud'homme avec deux m , l'Académie écrit prud'homie avec une seule. || 2. Th. Corneille l'a dit d'une femme; ce qui est un usage ancien : Venir de guet apens débouter une fille, Duper sa prud'homie à force de donner, le Baron d'Âlbik.
— HIST. XV* 8. Voulant essayer la prud'hommie de leurs dites femmes, Aresta amorum, p. *27, dans LACURNE. Il XVI' S. Les scieuces ne peuvent que nous enseigner la prudence, la preud'hommie et la resolution, MONT. I, IBl.
— ÉTYM. Prud'homme.
PRUD'HOMME (pru-do-m'), t. m. || 1* Homme probe et sage. Mais je ne m'aperçois que tranchant du prud'homme... r8gnier, Sal. iv. Quand ils [des madrigaux) sont bons, en ce cas, tout prud'homme Les prend au poids au lieu de les compter, la pont. Poésies mêlées, xvi. Le seigneiur nommait des prud'hommes pour faire la levée sur le paysan, montesq. Eip. ixvi, )5, Il Homme sage et vaillant. Sire chevalier, je vous tiens pour prud'homme et véritable fils de rois, chateaubr. Cern. Abenc. ||J* Homme expert et versé dans la connaissance de certaines choses. L'arrêt portait qu!on s'en remettrait au dire de prud'hommes et gens à ce connaissants. || Conseil de prud'hommes, conseil mi-parti de patrons et d'ouvriers élus par leurs pairs, qui juge les différends en matière d'arts et de métiers, entre les ouvriers et les maîtres, || Les prud'hommes, les membres de ce conseil. Depuis la Révolution, la juridiction des prud'hommes a été établie k Lyon par une loi du <8 mars (808, et à Paris par la loi du î7 décembre «844. Il En particulier, dans les ports de la Méditerranée, pêcheurs élus pour juger les contraventions relatives à la pêche maritime, || 8° Nom vulgaire d'une labiée, le salvia horminum.
— HIST. XI* s. Ce dist Rolanz : cist cop est de piodume, Ch. de Roi. xcvii. Grandoine fut et prozilom et vaillant, ib. cxxiii. || xii* s. Ansuys [ils] coroiit:rentàSt Denis mostier; Leax [loyal] fu etprodom; Duu [ilj ama et ot chier [cher], Sax. iv. Herupois sont prodome, orguilleus et gaillart, ib. xix. louant il i esicit pris, li produem lui roveit (demandait]
IOue mais n'i repairast... Th. le marU 3i.||xiii' s. St 11 vilains le dit «o reprovier : Ja, mavès bom
PRU
n'aura prodome chier (cherj, lbroux de unct, Prov. t. Il, p. 496. On dist que qui preudomme sert, Que son service pas ne pert, la Manekine, V. 6835. Il est establi par nostre roi Pbelippe, qu'en cascune bone vile, là ù on tient assize, a deus prodomes eslis por ulr les marci^s et les convenences dont on veut avoir letres de baillie, beaum. i, 40. iixiv s. Il n'est mie preudom qu'en traiteur se fie, Guescl. i8443. {| xv" s. Et prend grand plaisir de visiter les sainctes places, et les bons preudes hommes qui servent Dieu, Bouciq. iv, 3.
— ETYM. Prud (voy. pheux et prude), et homme; prdv. proxom; espagn. prohombre; ital. produomo Dans l'ancienne langue, proîhom ou prodhom au nominatif; prndhome au régime.
t PRUDOTERIË (pru-do-te-rie), ». f. Famille imaginaire dont descendent les femmes prudes. D'ell» descendent ceux de la Prudoterie, Antique et célèdre maison, la pont. Ifalr. d'Éph. L'avantage d'être allié à la maison de Sotenville et à celle de la Prudoterie dont j'ai l'honneur d'être issue, mol. G. Dandin, 1,4.
t PRUINE (pru-i-n'), *. f. Terme de botanique. Poussière glauque cireuse qui couvre certains fruits, pdrticulièrement les prunes, ainsi que le chapeau et les lames de certains agarics.
— ETYM. Lat. pruina , gelée blanche, par assimilation.
PRUNE (pru-n'), i. f. || 1* Fruit à noyau, à peau lisse et fleurie Prune de damas. Prune de damas rouge. Prune de damas noir. Prune de damas violet. Prune de damas blanc. Prune de mirabelle. Prune de Monsieur. Prune de reine-Claude. Prune de Brignoles. Prune de perdrigon. Prune de Sainte-Catherine. Prune Dauphine variété de reine- Claude. Prune impériale violette, dite aussi pruneœuf. Prune impériale blanche. || Populairement. Elle aura quinze ans viennent les prunes, c'est-àdire l'été prochain. || Populairement. Pour des prunes, pour peu de chose, locution qui se construit presque toujours avec la négation ou avec une interrogation valant la négative.' Si je suis affligé, ce n'est pas pour des prunes, mol. Sgan. i6. Franchement, les femmes qui vont au cabaret n'y vont pas pour des prunes, gherardi, Thédl. ital. Arlequin Jason, t. I, p. (78. Croira t-il, s'il lui reste un peu de jugement, que vous vous poignardez pour des prunes T id. Thédt. ital. le Phénix, t. il, p. u09. Il Ce ne sont pas des prunes, se dit de quelque horion. On grès de taille non petite, Dont on a par ses mains régalé ma visite, — Diantre I ce ne sont pas des prunes que cela ! mol. Éc. des f. m, 4. Il Populairement. Une balle de fusiL II a reçu une prune. || î" Prune des anses, prune de coco ou prune d'Icaque, noms divers du fruit de l'icaquier. Il Proverbe. Il aime mieux deux œufs qu'une prune, c'est-à-dire il n'est pas niais, il entend ses intérêts.
— REM. 1. L'Académie écrit prune de damas avec un d minuscule; on lui a reproché celte orthographe, disant qu'il s'agit de la ville de Damas, et qu'ailleurs elle écrit raisin de Damas. Mais le reproche porte à faux; il s'agit non d'une prune de la ville de Damas, mais d'une prune qui prend son nom du damas étoffe. î| 2. On dit : j'ai mangé des prunes de Monsieur, et non : j'ai mangé des Monsieurs ou des Messieurs.
— HIST. xiii* s. Vous ne valés pas une prune pourrie, Chr. de Rains, p. 6. Car lamis ne prise une prune Contre ami les biens de Fortune, 2a Rose, 8109. Il xiv* s. [Le loup ayant reçu la ruade du cheval] Se Isengrin lire ne seûst, Encor caste prune il n'eOst, Renart contrefait. || xv* s. Avaler me fautceste prune, ch. d'okl. Rond. Ilxvi's. Là et ailleurs, mesmes en Provence et Languedoc, plusieurs prunes se recueillent de diverses sortes, dont les principales sont, les trois perdigones, les impe- riales, les deux royales, les dattes, de Chipre, de Jérusalem, les deux briguons, gros et petit, des quatre dames, blanc, noir, violet, rouge, des trois cathelanes, vertes, blanches, violettes, des meilicinaliîs, des damaisines; par ces noms piesques cogueues partout, o. dk serres, 684.
— ÉTYM. Berry, preugne, preuue, peume; picard prone; wallon, preunn; prov. pruna; ital. prugno; du lat. prunum.
PRUNEAU (pru-nô),». m. Il 1° Prune séchée au four. 11 m'ordonne du potage... et le soir de petits pruneaux pour lâcher le ventre, mol Mal. imag. m, u. || Fig. et familièrement. C'est un petit pruneau, ou c'est un pruneau lelavé, se dit d'une fille ou d'une femme qui a le teint e«lrcm«uient brun. Il 2" Kig. et populairement. Œil. Ah! monsieur Hlaise, elle t deux pruneaux bien malins,
PRU
rnMtier de village, se. y, dans fr. micbel , Argot.
- HIST ivi' S. Tout ce roiaumefait cas des pruneaux de Bripnole, de Valebrique, de Tours, de Reims, de Saint-Antonin, de Privas, de Saint-Trufesmes , pour leurs précieuses qualités, o. DB serres, 683.
— ETYM. Diminutif de prune; Berry, peurniau. PRITNFXAIE (pru-ne-lê) , ». f. Plant de pruniers.
— ET Y. M. Prunelle t.
i PRDNELAS (pru-ne-lâ), ». m. Nom donné, dans le sud-ouest, à une espèce de raisin à gros grains, qui a la forme et la grosseur d'une petite prune.
1. PBU>'ELLE (pru-nè-1'), s. f.\\i° Prune sauvage, d'une extrême âpreté, fruit de l'épine noire ou prunellier. || Fig. et familièrement. Du jus de prunelle, vin fort mauvais et' fort âpre. || î° Genre de plantes labiées, où l'on distingue le prunella vuli/aris, L. dit par Tournefort brunelle, que Linné changea en prunelle (voy. bbdnelle). || 3° Sel de prunelle, nitrate de potasse impur, mêlé à du sulfate de potasse. || Pierre de prunelle, nitrate de potasse tabulaire.
— HIST. %!!' s. Ançois en iert [seraj mainte froide cervele. Et traïnans en iert mainte bouele [boyau], Que je loi lais vaillant une parnele , Raoul de C. 48. Il XV' s. Je croy que c'est vin de pruneles : Où a-il esté sy forgy ÎMtr. de Ste Genev. \\ xvi* s. Suc de prunelles, espine vinette, sumac, paré,
IVIII, 66.
— ÉTYM. Diminutif de prune; wallon, purnaJi, s. f. ; Berry, peumell, preunelle.
2. PRUNELLE (pru-nè-l'), t. f. jj 1" Pupille de l'oeil. Le feu sort à travers ses humides prunelles, BOlL. Éfilre IV II est nécessaire pour la perfection rie l'organe de la vue, que le trou de la prunelle diminue ou augmente à proportion que les objets sont plus ou moins éclairés, malebh. Rech. vér. Éclaire, sur l'opt. t. iv, p. 452, dans tougens. Il y avait trois ou quatre ans que je n'avais pleuré, et je comptais bien que mes vieilles prunelles ne connaîtraient plus cette faiblesse, jusqu'à ce qu'elles se fermassent pour jamais, volt. Lett. Mme Denis, » juill. 1763. Gonflez un peu trop certains muscles de ses joues [d'une belle femme], et la voilà colère ; fixez la prunelle, et la voilà bote; donnez du feu à cette prunelle fixe, et la voilà impudente, dideh. Lett. à Mlle Voland, i sept. «782. 1| a- 11 se dit pour regard. Voyant une femelle... il baissait la prunelle, la font. Berm. J'assénai une prunelle étincelante sur le premier président et le grand banc, st-sim. 5I5, 84. Ij Jouerde la prunelle,jeter des œillades, faire quelque signe des yeux, particulièrement entre homme et femme. Mon baladin muet se retranche en un coin. Pour mieux faire jouer la prunelle de loin, corn. la Veuve, i, 4. Vous n'avez toujours fait qu'avoir les jeux sur elle, Rouge, tout interdit, jouant de la prunelle, mol. VÉl. iv, 6. Tandis que le frère jouait (le la guitare, la sœur jouait de la prunelle, iiauilt. Gramm. s. || Un tourneur de prunelle, un homme qui joue de la prunelle. Oui, ce beau fils, ce tourneur de prunelle, la font. Je vousprertds sans vert, se. <■ Il 3° Fig. La prunelle de l'œil, chose très-précieuse. La cour, qui se sentit touchée à la prunelle de l'œil, obligea M. le duc d'Orléans d'aller au palais, KETZ, II, < 1 1 . Elle a une mère qui vous chérira comme la prunelle de ses yeux, vous et tous vos enfants, lesage, Guim. d'Alf. v, 5. jj Conserver une chose comme la prunelle de l'œil , comme la prunelle de ses yeux, la conserver soigneusement, précieusement. Si le Seigneur cesse un moment de veiller sur eu».. . de les garder comme la prunelle de son œil, ma?s. Carême, Fautes légères. Quelle grandeur! quelle générositél ô que nous sommes petits devant luil conserve ce précieux ami comme la prunelle de ton œil, i. :. rouss. Hél. i, «i.
— HIST. XI' s. Si alcuns crieve l'oil àl'altre et si la purnelle y est reniese [restée]... Lois de Guill. 21. Il XII* s. Les dous [deux] purneles de ses urz [yeux] [il] Ne gardout pas plus chèrement. Qu'il gardout lui [l'enfant] son escient, benoît, u, (2724. Qui vus het, e mei het e contre mei révèle; Qui vus fiert [frappe), o mei fiert en l'oil en la purnele; Cil qui mesfait as clers, Deus le het et querele, Th. le mon. 74. Il xiH' s. ue leuz (tels] qui ont ver toi orguel, M'agarde coni pinuele d'uel (prunelle d'œil], Psaumes en vers, dans Liber psalm. p. 27 1 . jj xvi' s. Nous voyons noz yeulx reluisans dedans les prunelles de ceulx de nos prochains, amïot, Comment ouir, 8. Encore qu'il fasse sa prunelle toute blanche en la tournant aux voûtes de l'église, Sal. Min. p. «88, I.e» ci>l'vre5 qui sont comme des ongueu», Miveut à U piuuaUe de* yeuii pahI, xxv, 34.
PRT
— ÉTYM. Prunelle, petite prune noire, par coi paraison ; Berry, preunelle.
3. PRUNELLE (pru-nè-l*), ». f. Espèce d'éto de laine ou de soie. Prunelle en soie ; prunelle en soie et laine en chaîne; prunelle en laine. Tableau annexé aux lett. pat. du iT juill, ^^80, Amiens.
— ÉTYM. Prunelle i ; à cause de la couleur noire de cette étoffe, qui servait d'ordinaire à faire des chaussons de femme.
PRUNELLIER (pru-nè-lié; l'r ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, 1'» se lie : des prunelliers épineux) , ». m. Nom vulgaire du prunier épineux.
— ÉTYM. Prunelle * ; Berry, preunellier , peurnellier.
PRUNIER (pru-nié ; l'r ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, 1'» se lie : des pru-nié-z en fleurs), s. m. Genre de rosacées, dans lequel on distingue: le prunier domestique , originaire de la Syrie et de la Dalmatie; le prunier épineux, dit prunellier, épine noire ; le prunier de Briançon , appelé dans les Alpes marmottier, et dont l'amande fournit l'huile de marmotte; le prunier de Chine, nommé mal à propos par les horticulteurs amandière i fleurs doubles; le prunier cérasifère, cultivé dans nos jardins sous le nom de prunier mirobolan, legoarant. || Familièrement. Sot comme un prunier, très-sot (locution qui a sans doute quelque rapport à la locution pour des prunes, sans résultat, sottement).
— HIST. XV' s. S'il se taisi [le vieillard] affin qu'il complaise. Il est tenu pour fol receu; S'il parle, on luy dit qu'il se taise Et qu'en son prunier n'a pas creu, villon, Bail, en vieux lang. || xvi' s. Le prunier reçoit aussi le greffe du cerisier et du guinier, et ce sans extravaguer, o. de serres, 683.
— ETYM. Bas-lat. prunantts (dans un texte du vin' siècle), du lat. prunum, prune.
PRURIGINEUX, EUSE (pru-ri-ji-neû, neû-z') , adj. Terme de médecine. Qui cause la démangeaison. Affection prurigineuse.
— Ktym. Lat. prurigmosus, de prurigo (voy. ce mot).
t PRURIGO (pru-ri-go), s. m. Terme de médecine. Éruption cutanée caractérisée par des papules peu saillantes, et à peu près de la même couleur que la peau, produisant une démangeaison très-vive et quelquefois intolérable.
— ETYM. Lat. prurigo, de prurire, démanger (voy. prurit).
PRURIT (pru-ri), s. m. Démangeaison vive. Il Prurit de dentition, sensation qui porte les enfants à se frotter constamment les mâchoires avec les doigts. Il il se dit quelquefois d'une démangeaison ou d'un chatouillement agréable.
— HIST. XVI' s. Toutes ces évacuations se font, ou par le prurit ou démangeaison... paré, Inlrod. 17.
— ÉTYM. Lat. prurilus , de prurire, déinanger, qui est le sanscrit prush, brûler. Prurire avait donné l'ancien verbe pruer.
t PRUSSIANISER (pru-ssi-a-ni-zé), v. a Hendre prussien; se dit des événements récents qui tendent à confondre l'Allea^ïgne dans la Prusse. L'Allemagne prussianisée.
t PRUSSIATE (pru-ssi-a-t') , ». m. Terme de chimie. Genre de sels produite par l'acide prussique.
— ÉTYM. Voy. PRUSSIOUE.
t PRUSSIENNE (pru-siè-n'), ». f. Cheminée à la prussienne, espèce de poêle simulant une cheminée, et ouvert de manière à laisser voir le feu.
t PRUSSIER (pru-sié), s. m. Nom vulgaire, dans le département du Finistère, du pin maritime, i|ue l'on croit y avoir été apporté de la Prusse ,
LEGOARANT (voy. PSUCe).
PRU.SSIQUE (pru-si-k'), adj. Terme de chimie. Acide prussique, acide dit actuellement acide cyanhydrique.
— ÉTYM. Ainsi dit parce qu'il entre comme élément dans le bleu do Prusse trouvé en (709 par Conrad Dippel, philosophe hermétique de Berlin.
t PRUSSITE (pru-ssi-f), ». m. Ancien nom du prussiate de fer. Le prussite versé sur la dissolution la colora fortement en bleu, Saussure, 2' voy. Alpes, t. VI, p. 26, dans pougens.
t PRUTÉNIQUES (pru té-ni-k'), adj. f. pi. Tables pruténiijues ou prussiennes, nom des tables astronomiques qui uni été calculées par Hheinold, pour trouver le mouvement des corps célestes, et dédiées au duc de Prusse.
PKVTANE (pn-ta-n'), ». m. Un de» premiers magistrats dans certaines républiques grecques. || A Athènes, oliacun der. cinquante sénateurs qui avaient alternativeuient la préséance dans le sénat, pendant trente-cinq oj ireote-aix iouts.
PSA
— HIST. XIV' B. Et autres .es nomment pritannes. aussi comme primiciers ou cheveciers ou st ou chantres, obesme, Thèse de meunier.
TYM. lIpuTavii;.
'E (pri-ta-née), ». m. 111° Terme danue. Édifice où s'assemblaient les prytanes,-W^ servait à différents usages civils et religieuflBLh^nes, les prytanes,de3 ambassadeurs revenus "^^ILion, des citoyens qui avaient ren.lu des services, l^l^jiéraux victoi^ieux étaient nourris dans le pryflK^yx f^ais de l'Êlat. Je me condamne [dit Socrat8«ï^g nourri le reste de mes jours dans le prytan^^j^pens je la republique, rollin, Htst. anc. liv. il%l^ 4^ g 7 || fig. La pensée qu'il (le cardinal de iH|gi'ieu) avait de vous faire directeurs de ce riche etpmpgujj prytanéa des belles-lettres, dans lequelj%^ y^ sentiment digne de l'immortalité dont il eH^j amoureux, il voulait placer l'Académie française'l^ius honorablement du monde, et donner un T^^nête et doux repos à toutes les personnes de ce ^^e qui l'auraient mérité pour leurs travaux, Hist. de l'Acad. u. || À Athènes, tribunal auqué déférait les cas où des objets inanimés avaiefl causé mort d'homme. || 2° En France, établissement d'éducation, fondé sous la République pour instruire, nourrir et entretenir gratuitement les fils de ceux qui avaient rendu des services à l'État, surtout des militaires. Le prytanée fut d'abord établi au collège Louis-le-Grand, puis transféré en i803 à Saint-Cyr, et plus tard à la Flèche, lorsque l'empereur Napoléon envoya à Saint-Cyr l'École militaire qui occupait une partie du château de Fontainebleau.
— ÉTYM. tlpuToveiov, de irputavk, prytane.
t PRVTANIE (pri-ta-nie), s. f. Durée des fonctions des prytanes. La tribu qui jouissait de cette présidence était appelée la tribu exerçant la prytanie; son nom était inscrit à la tète de tous les actes publics, lévesque, Instit. Mém. se. mor. et
pol.l. IV, p. t57.
— HIST. xiV s. Princey ou office appelé pritannie, obesme, Thhe de meunier.
PSALLETTE (psa-lè-f), s. f. Terme vieilli. Lieu où l'on exerce des enfants de chœur. || Réunion des enfants de chœur dont se compo.se une psallette. Il On dit aujourd'hui maîtrise.
— ÉTYM. Tà^Xsiv, pincer les cordes d'un instrument (voy. psaume).
t PSALMIQUE (psal-mi-k'), adj. Oui appartient aux psaumes. Une phrase psalmique. Le style psalmîque. ,
— ÉTYM. Lat. psalmus, psaume.
PSALMISTE (psal-mi-st'), ». m. Auteur oc psaumes. Je dirais à Votre Majesté avec le psalmiste David : Vous avez reçu la louange de la bouche même des enfants, d'alemr. Lett. au roi de Pr. 30 juillet 1781. Il Absolument et par excellence, le Psalmiste (avec un grand P), le roi David. C'est ce que les chrétiens avaient toujours prétendu ; c'est ce qu'enseignait VP.vangile, c'est ce que chantait le Psalmiste, ,.;.,. "ist. 11, 42.
— HIST. XII' ;j. liont 11 ^jC'lmistes dist : ^i cum ses tenebros, ensi et sa lumière, Jub, p. 464. || xvi* s. Isidore feit le? psalmistes et lecteurs divers, ordonnant les premiers à la (dtanterie, et les seconds à lire les Escriiures pour l'enseignement du peuple, CALV. Instit. 1179. Le Psalmiste dit que tout homme est menteur, mari;, Aiu». si.^
— ÉTYM. Provenç. psaiinista, saJmisto ; esp. et ital. salmista, du lat. psalmista, de 4'»).|J"''tï)i;, de ij/a'iiè;, psaume.
PSALMODIE (psal-mo-die), ». f. ij 1° Manière de chanter, de reciter des psaumes. Il y avait un démon appelé Titivillus le vétilleux, qui apportait tous les matins en enfer un plein sac des syllabes que les moines avaient passées dans leur psalmodie <le la nuit, 1.B CLERC, llist. litl. de la Fr. t. xxiv, p. 282. Il i' Kig. Manière monotone de déclamer, de réciter. Il Se dit du style même quand il est trop uniforme.
— HIST. XIII' s. En l'onneur du douz non sain 1 tisme [il] Dist cesie sainte salmodie, oauiier db comcT, p. 361.
— ÉTYM. Provenç. psalmodia ; espagn. et ital. salmodia; du lat. psalmodia, du grec «l'Œ^tiuSia, do i}ia)ii6:, psaume, et (JiSt], chant (voy. ode).
PSALMODIfi, ÉK (psal-mo-di-é, ée), port, passé de psalnio.lier Office psalmodié.
P.SALMOlilER (psal-mo-di-é), c. n. Je psalmodiais, nous psalmodiions, vous psalmodiiez; que je psalmodie, que nous psalmodiions, i|ue vous psalmodiiez. Il 1' Kécitor des psaumes, dans l'église, •ans inflexion de voix et toujounsur la mémo uot«.
PSA
Dans tel ordre, les religiMx oe chantent pas ne font que psalmodier. || Activement. Pour tO' plaisir Genève psalmodie Du bon David les antiqconcerts, volt. Guerre de Gen. i. || a» Fig Héces chanter dune manière monotone. On lit b sur auteurs nés pour nous ennuyer, Qui touil Acti-
vëment'T,'""" T"""'^'"^' """■ ^'' '«"""ye"'' l^Tn^àr '^"''T '^'"" ^"''It-rroquet non Psalmodier la cause mfortunée D'it jAvot nlus moms brillant qu'Enée, Non J, , ' ^ malheureux que lui, gress. Fiui^ lit et saumeie - HIST. XII' s. (111 Veille '' ' „„„!'
Oue Deus le metti à bon 'f"'/^''Tir"' i
llxni- s. Ainz ai mis ^'."'^«"'«"''«'«'en' En «e" e
«" esbatement, O^r^J^ '^X'I^n^^^oi Mumoier, hutfb ' " V , ^ . P^*'™°
dier a réélise •'"'sf "^s leçons de matines et de
vigiles. DÉspr,^»"!"' =^''^"- , . ÈTYM salmodie; provenç. salmeiar; espagn.
lalmear •'^^"diar ; iial. salmeggiare.
I pe-t-MODIQCE (psal-mo-di-k') , adj. Oui oon-
(jerp. la psalmodie ; qui appartient à la psalmodie.
, PSALMOGRAPHK (psal-mo-gra-f), s. m. Celui
4ui compose des psaumes. || Celui qui écrit sur les
psaumes.
— RTYM. Vannai, psaume, et fpApeiv, écrire.
t PSALH06RAPHIK (psal-mo-gra-fie) , ». f. Collection de psaumes. || Traité, commentaire sur les psaumes.
t PSALOlOE (psa-lo-i-d'), adj. Terme d'anatomie. Corps psaloSde, sjnonyme de lyre.
— HIST. XVI* s. Le psalloîde ou fornix n'est autre chose que le tect ou couverture du moyen ventricule, lequel représente une vouste située sur trois piliers, paré, ni, 7. •
— Etym. 'FoXi;, voûte, et dSo;, forme.
PSALTÉRION (psal-té-ri-on), s. m. || !• Chez les
anciens, instrument de musique à plusieurs cordes que l'on pinçait ou que l'on touchait avec le pleetre. Jehiel fut chargé de toucher l'orgue, le psallérion et la lyre, baci, Bible, ParaUp. i, xvi, 6. || 2" Chez les modernes, instrument triangulaire à treize rangs de cordes, les unes d'acier et les autres de laiton, (ju'on touche avec une petite verge de fer, ou un Ijâlon recourbé. {| 3° Dans un sens plus général, tout instrument à cordes pincées ou frappées. Pensez-vous alors qu'Agathon S'amusât à verser des larmes, i me peindre avec un crayon, X chanter sa perte et mes charmes Sur un petit psaltérion 1 VOLT. Les trois manières.
— HIST. xu* s. Encunteras les prophètes ki d'amunt vendrunt [viendront] à estrumenz, psalterie. tympans, freslels e harpe, flots, p. 33. || xiu* s. Psaltérion [il] prend et viele, Puis psalterionne et viele, la Rose, 24 306.
— RTYM. Provenç. psalteri, salleri , sauteri ; espagn. et ital. salterio; du lat. psalterium, grec ij/i).Tif|piov, de iVàXUt'», pincer les cordes.
t PSAMMITE (psa-mmi-t'), *. m. Terme de minéralogie. Roche appelée aussi grès des houillères.
— ÉTYM. M'oiipioi;, sable.
i FSAHHOSTÉB (p.sa-mmo-stée), *. t». Terme .l'histoire naturelle. Agglutination de sable représentant la forme des os.
— ETYM. "Fainio;, sable, et 6<rcéov, os.
f PSARES {psa-r'j, (. m. pt. Famille d'oiseaux qui renferme l'étourneau.
— ETYM. Vap, étourneau.
t PSATYRIE>S (psa-ti-riin), s. m. f>l. Nom donné, lUns le vi* siècle, à une secte d'ariens.
PSAUMK (psô-m'; d'après Richelet et Cliifnet, on prononçait saume, et d'après Vaugelas, Rem. t. ii, p. 694, dans pouoens, séaume, qu'on écrivait pseaume), s. m. Se dit des cantiques composés par David, ou qui lui sont attribués. Instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres par des psaumes, des hymnes et dos cantiques spirituels, sACi, Bible, St Paul, Ëptt. aux Colou. m, te. Il ne faut que lire le livre des psaumes où sont recueillis tant d'anciens canti(|ues du peuple de Dieu pour y voir, dans la plus divine poésie qui fut jamais, des monuments immortels de l'histoire de Moïse, de celle des juges, de celle des rois, imprimés par le chant et par la mesure dans la mémoire des hommes, Boss. Hi«l. Il, u. Il Psaumes d'alleluia, nom que saint Jérôme donne aux psaumes qui contiennent une l'<uange joyeuse de Dieu. i| Avec un P majuscule, les Psaumes de la pénitence ou les Psaumes péiiiteotiaux, et, vulg^iirement, les sept Psaumes, psaumes que l'Église a choisis pour servir de prière i ceux qui demandent pardon i Dieu de leurs péchés. Il Proverbe. Cent ^n bréviaire de Fécamp à trois leçons et i trois psaumes, et rien du tout qui n*
PSE
veut, se dit d'une chose aussi réduite que possible.
— HIST. xm« s. Et vos reprenez cel sautier. Si tornez à vostre mestier, X ces versez et à ces saumes, Ren. 2(303. Ceste sept-siaume |il) diroit plus, ib. 7999. Il XV* S. Et n'eussiez pas dit une sept-psaume, que nous ne trouvâmes rien de lui, LOtns xi, Nouv. XIX. Et cest advocat portatif, X trois leçons et à trois pseaumes, Patel. "70. || xvi* s. X quel usaige, dist Gargantua, dictes vous ces belles heures? — X l'usaige de Fecan, à trois pseaulmes et trois leçons, ou rien du tout qui ne veut, ras. Garg. i, *t.
— ËTYM. Berry,seoum«,- provenç. psa/m, p.voJme, salme; catal. salm ; espagn. et ital. saimo;Ju lat. psalmus, qui vient du grec iCa^M-ôî, de i)(à>X6i>, pincer les cordes d'un instrument. 'FâiXeiv tient à ij/àu, gratter, et se rattache au toucher des cordes avec le pleetre. Palsgrave, p. 21, remarque qu'on écrit psalme, et qu'on prononce salme. La prononciation .téaumt est une faute qui devint commune vers le xiv siècle et le xv, où l'on disait aussi heaume pour haumt.
PSAUTIER (psô-tié; l'r ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, Vs se lie : des psô-tié-z enluminés; Chiftlet dit qu'on prononçait sautier, Gramm. p. 233) , s. m. [| 1° Recueil des psaumes. Il Fig. Toi qui prends Boileau pour psautier. Du joug je te délie, bébang. Troubad. || 2" Espèce de voile dont quelques religieuses se couvrent la tête et les épaules. X certain voile aux nonnes familier. Nommé pour lors entre elles leur psautier, la font. Psautier. ||3° Grand chapelet monastique, inventé, dit-on, par saint Dominique, et nommé psautier parce qu'il contient autant de grains que David a composé de psaumes (t60j.
— HIST. xir s. Ço trovum el psaltier, Tft. le mart. 90. Il xm' s. En sa m?in un sautier tenoit [Papelardie] ; Et sachiés que moult se penoit De faire à Dieu prières faintes, la flose,- 423. [|xv* s. Et là chantoient un psaume du psaultier David qui dit ainsi.... PRoiss. n, m, «5. || xvi* s. Je vous envoyé ung saultier en françoys; je supplie celuy par l'esprit duquel tous les psalmes sont composés.... haro. Lett. (22
— ETYM. Provenç. psalteri, salteri, sauteri; espagn. et ital. salterio ; du lat. psalterium, psautier et psaltérion (voy. ce mot).
t PSELLISME (psèl-li-sm'), t. m. Nom générique sous leiiuel on comprend tous les défauts de prononciation.
— ETYM. Vt/.liav.6ç, de <|/eiXè;, bègue.
t PSÉPHITE (p.sé-ti -t') , t. f. Terme de minéralogie. Sorte de roche à texture grenue.
— ÉTYM. YilEOi;, caillou.
t PSEUDALCYONS (pseu-dal-si-on) , s. m. pi. Famille d'épongés, comprenant celles dont la substance est presque calcaire.
— ETYM. Pseudo..., et alcyon.
t PSEUDARTHROSE (pseu dar-trô-z"), S. f. Terme de cnirurgie Sjnonyme de fausse articulation.
— ÉTYM. Pseudo..., et àpttpov, articulation.
t PSEUDENCÉPHALE ( psei^dan-sé-fa-l'), adj. Terme de tératologie. Monstres pseudencéphales, et, substantivement, les pseudencéphales, monstres qui ont l'encéphale remplacé par une tumeur vasculaire, le crâne et le canal vertébral largement ouverts, et point de moelle épinièïe.
— ETYM. Pseudo..., et encéphale.
t PSEUDENCÉPHALIE (pseu-dan-sé-fa-lie), s. f. État des monstres pseudencéfihales.
t PSEtIDÉPIGRAPHIQUE (pseu-dé-pi-gra-fi-k'), adj. Qui porte une fausse épigraphe, un faux titre, un faux nom d'auteur. Des écrits pseudépigraphiques.
— ETYM. Pseudo..., et épigraphe.
t PSEUDÉRyTHRINB (pseu-dé-ri-tri-n') , s. f. Terme de chimie. Un des produits obtenus de l'orseille, et qu'on nomme aussi éther érylhrique.
— ETYM. Psmtdn..., et ipySoèç, rouge.
I PSEUDESTHÉSIE (pseu-dè-sté-zie) , s. f. Terme de médecine. Sensations fausses, nom commun sous lequel on réunit les illusions et les hallucinations.
— ETYM. Pseudo..., et oloftrioii;, sensation. PSKIIUO... Mot tiré du grec <J/eû6o;, mensonge,
et qui se met devant certains mots pour signifier que la qualité qu'ils expriment est fausse ou ne convient pas à la chose, à la jjersonne. Il s'écrit avec trait d'union toutes les fois que le second mot existe isolé dans la langue française. Il s'écrit sans trait d'union dans le cas contraire, ou encore quand la lettre o commence le second mot.
+ PSEUDO-AGATE (pseudo-a-ga-f), ». f. Variété du jaspe-agate. .
PSE
t PSEUDO-ALBATRE (pseu-do-al-bft-tr') , s. m Espèce de chaux sulfatée.
t PSEUDO-ALCOOL (pseu-do-al-ko-ol) , ^. m. Terme de chimie. Alcool qui a toutes les propriété» des alcools, mais à un degré très-affaibli, dégéhcrant promptement en hydrogène carboné.
t PSEUDO-AMÉTHYSTE (pseu-do-a-mé-ti-sf), f. f. Terme de minéralogie. Spath fluor violet.
t PSEDDO-ASBESTE (pseu-do-a-sbè-sf) , *. m. Terme de minéralogie. Asneste ligniforme et asbeste dur.
t PSEUDO-BASALTE (pseu-do-ba-zal-f), ». m. Terme de minéralogie. Roche argileuse.
t PSEUDO-BÉRYL (pseu-iiu-bé-ril), *. m. Terme de minéralogie. Quartz hyalin verdâtre.
t PSEVDOBLEPSIE (pseu-do-blè-psie) , t. f. Terme de médecine. Nom sous lequel on comprend les diverses perversions du sens de la vue.
— ETYM. Pseudo..., et p>éi|/iç, vue.
t PSEUDOCARPE {pseu-do-kar-p'), *. m. Terme de botanique. Nom donné au cône globuleux et bacciforme du genévrier.
— ETYM. Pseudo..., et xapïtè;, Iruit.
t PSEUDOCARPIEN , lENNE (pseu-do-kar-piin, piè-n'), adj. Terme de botanique. Se dit d'un fruit masqué par d'autres parties qui semblent le constituer, et des plantes qui portent de tels fruits.
t PSEUDO-CATHOLIQUE (pseu-do-ka to-li-k'), adj. Qui a un faux caractère de catholicisme.
— HIST. xvi* s. Pseudo-catholique, Sat. Uén.Dt l'ordre tenu pour les séances.
t PSEUDO-CURYSOLITHE {pseudo-kri-zo-li-t'), s. f. Terme de minéralogie. Péridot.
t PSEUDO-COBALT (pseu-do-ko-balf) , ». m. Terme de minéralogie Nickel arsenical.
t PSECDO-CONTINU , UE (pseu-do-kon-ti-nu, nue), adj. Terme de médecine. Qui prend le caractère des fièvres continues, en parlant des fièvres intermittentes et rémittentes.
t PSEUDO-CONTINUITÉ (pseu-do-kon-ti-nu-i;té), ». f. Caractère des fièvres pseudo-continues.
t PSEUDO -COTYLÉDON (pseu-do-ko-ti-lé-don) , t. m. Terme de botanique. Synonyme de proembryon.
t PSEUDO-CRISTAL (pseu-do-kri-stal), s. m. Terme de minéralogie. Forme cristalline appartenant â un autre minéral que celui qui l'offre accidentellement.
t PSEUDO-CROUP (pseu-do-kroup'), s. m. Terme de médecine. Maladie aiguë qui simule les principaux symptômes du croup, mais qui s'en distingue essentiellement, parce qu'elle n'a point de fausses membranes et qu'elle est peu dangereuse.
— ÉTYM. Pseudo..., et croup.
t PSEUDO-fiMERAUDE (pseu-do-é me-rô-d') ». f. Terme de minéralogie. Quartz hyalin vert.
t PSEUDO-GRENAT (pseu-do-gro-na),». m. Terme de minéralogie. Quartz hyalin orangé.
t PSEUDO-IRIS (pseu-do-i-ris') , ». m. Glaïeul jaune.
t PSEUDO -KINIQUE (pseu-do-ki-ni-k') , adj. Terme de chimie. Acide pseudo-kinique, acide particulier, découvert dans l'écorce du strychnos pseudo-kina, apocynées.
— ETYM. Pseudo..., et kinique.
t PSEUDO-MALACHITE ( pseu-do-ma-la-ki-t'), ». f. Terme de minéralogie. Cuivre phosphaté.
t PSEUDO-MARTYR (pseu-do-mai-tir) , ». m. Martyr pour une mauvaise cause.
— 6TYM. l'seudo... et martyr.
f PSEUDO-MÉDECIN (pseu-do-mé-de-sin), s. m. Médica^tre, charlatan. *
t PSEUDO-MEMBRANE (pseu-do-man-bra-n') , », f. Terme d'anatomie pathologique. Fausse membrane.
— ETYM. Pseudo..., et membrane.
\ PSEUDO-MEMBRANEUX, EUSE(pseu-do-manbra-nea,, neû-z'), adj. Oui a rapport aux fausses membranes.
t PSEUDOMORPHIQUE (pseu-do-mor-ft-k'), ad]. Qui a rapport au pseudomorphisme. En cas de pseudomorphisme, le minéral remplaçant est dit pseudomorphique.
t PSEUDOMORPHISME ( pseu-do-mor-fi-sm') , ». m. Terme de cristallographie. Substitution d'une substance h une autre, avec conserxation delà forme du minéral originaire.
t PSEUDOMORPHOSE (pseudo mor-fô-z'j, s. f. ||1' Terme de cristallographie. Résultat, effet du pseudomorphisme. || i' Terme de physiologie. Toute augmentation anomale des parties normale».
— ETYM. P«e«do..., ei (lop^Tj, forme.
t PSEUDOMORPHOSE, SE (pseu-do-mor-fft-ze,