VI
PROSTATE (pro-ste-f), s. f. Terme d'anatomie. Glande située sur la ligne médiane, à la partie inférieure du col vésicâl.
— HIST. xvi* s. Deux corps glanduleux nommés prostates ou assistans, situés au commencement du col de la vessie, paré, i, 29.
— ÉTYM. n^ooTOTri;, de itpè, en avant, et axâo>, se tenir.
t PROSTATIQUE (pro-sta-ti-k') , adj. Qui a rapport à la prostate. || Concrétions prosiaiiques, calculs de la prostate.
t PROSTATITE (pro-sta-t, t') , s. f. Terme de médecine. Inflammation de la , rostale
— ÉTYM. Prostate, et la finale médicale i(e indiquant inflammation.
t PROSTATOCÈLE (pro-sta-to-sè-1') , t. f. Terme de médecine. Tumeur prostatique.
— ÉTYM. Prostate, et xiâ>r,, tumeur.
t paOSTATOLlTIIE (pro-sta-to-li-f), s. f. Terme de pathologie. Calcul de la prostate.
— ÉTYM. Prostate, et Xî6oç, pierre.
t PROSTATO-PÉRITONÉAL , ALE (pro-sU-topé-rito-né-al, a-l'), od;. Terme d'anatomie. Qui a rapport à la prostate et au péritoine. Aponévrose prostato-péri tonéale.
,t PROSTATORRUÉE(pro-sta-to-rrée),ï. /■ Terme de médecine. Ecoulement morbide du liquide prostatique.
— ÉTYM. Prostate, et f eiv, couler.
PROSTERNATION (pro-stèr-na-sion; en vers, de
cinq syllabes), s. f. Action de se prosterner. Un souverain est-il payé de ses peines par le plaisir (lue jemble donner une puissance absolue, par toutes les prosternations des courtisans? la bbuv. x.
— ETYM. Prosterner.
PROSTERNÉ, ÉE (pro-stèr-né, née), part, passé de prosterner. Qui s'est couché à terre en signe d'adoration ou de respect. X ces mots il se couche; et chacun étonné Admire le grand cœur, le bon sens, l'éloquence Du sauvage ainsi prosterné, la FOÇT. f'obJ. XI, 7. Les rois des nations, devant toi prosternés, De tes pieds baisent la poussière, bac. Ath. III, 7. Le moment de l'élévation de l'hostie fut celui qu'on prit pour le meurtre, afin que le peuple attentif et prosterné ne pût en empêcher l'exécution, VOLT. Mœurs, 406. || Fig. Imaginez-vous toute la nature humaine prosternée devant la majesté de Dieu, demandant miséricorde, boss. Exercice de la sainte messe. Vous voyez l'univers prosterné devant vous, bac. Esth. n, 1. 1| Substantivement. Ce pénitent veut être réconcilié. ... il a été postulant, auditeur, prosterné; faites-le remonter au rang des élus,
CHATEAtIBB. Mart. XXI.
PROSTERNEMENT (pro-stèr-ne-man), s. m. Action de se prosterner; état de celui qui est prosterné. Les cilices, les prostememeiits, les gémissements et le pain des larmes, le renoncement à tous les plaisirs même les plus innùcf;nt3, étaient l'exercice des saints pénitents, boss. 4' serm. Circoncision, 4 . 11 n'y a plus que le prosternement et le visage contre terre qui puissent 6ire leur posture [des parlements], si-siM. 376, 68. Nourri à l'ombre du trône parmi les soumissions et les proslernemeiits des gens de cour, koluh, Uist. ane (Auv.
PRO
PRO
PRO
t. IV, p. 79, dans podgens. Ces sultan» que le peuple n'ose regarder et qu'on n'aborde qu'avec des prostemements qui semblent tenir de l'adoration, VOLT, ^œurs, »3.
— HlST. XVI' s. Prosternement, cotorave.
— EtyM. Prosterner.
^BOSTEllNER (pro-stèr-né), v. a. || 1* Coucher à terre en signe d'adoration ou de respect. Oui, tandis que le roi va lui-même en personne Jusqu'au! pieds de César prosterner sa couronne, cobn. Pomp. III, t. Exauce cette indigne et vile créature Que prosterne à tes pieds un humble repentir, id. /mil. IV, ». Entrez; à ses genoux prosternez vos douleurs, a. chrn. Élég. u, «a. || Fig. Une fausse science fait les athées ; une vraie science prosM me l'homme devant la divinité, volt. Mél. liti. Lettre au prince de '*', iv. Th. Chubb. || Représenter prosterné. L'artiste a prosterné les deux sœurs aux pieds du Christ, diderot, Sa(on de nés, dans go- DFFROT, Lex. d» Comeitie. Il 2* Dans le sens latin, renverser, xter bas. Les âmes faibles que prosterne le ton hardi de la confiance, l'abbé houtteville, dans DESTONTAiNES. Grégoire de Tours dit que Dieu prosternait tous les jours ses ennemis [de Clovis] , MONTKSQ. Etp. XXX, îl. Ces arbres ne dépassent pas la hauteur d'un homme, le vent océanique les prosterne i l'instar des fougères, chateaubb Uém. d'outre-tontbe, t. ii, p: <«9. || 3" Se prosterner, e. réll. S'abaisser jusqu'à terre en posture de suppliant ou d'adorant. Moïse et Aaron, ayant entendu ceci, se prosternèrent en terre à la vue de toute la multitude des enfants d'Israël, SACi, Bible, Nomb. XIV, B. Je, me suis souvenue de la manière d'enterrer des feuillantines; toutes ces saintes filles se prosternèrent trois fois avant que de jeter ma pauvre cousine dans sa fosse, sév. m. S'il [Alexandre] voulait qu'étant le vainqueur et le maître des Perses, on le saluât à la persane, qu'on se prosternât devant lui dans certaines occasions.... volt. Dicl. phil. Alexandre. |f Avec l'ellipse du pronom personnel. Il (le comte de Toulouse] parut devant le légat.... à la porte de l'église de Samt.Gilles -, là le diacre lui mit une corde au cou, et un autre diacre le fouetta.... après quoi on fit prosterner le prince à la porte de cette église pendant le dîner du légat, volt. Mceurt, «2. || Fig. On se moque de temps en temps de l'idole de bone devant laquelle on se prosterne; mais on se prosterne, didbrot. Claude et Nér. Il, 28. Il Familièrement et fig. Se prosterner di'vant quelqu'un, reconnaître, avouer sa supériorité. J'ai juré, dit le vent, d'abattre le superbe Qui me résiste ainsi que toi; Et je laùsse en paix le brin d'herbe Qui se prosterne devant moi. Tâche de désarmer ma haine. Ou j'achève à l'instant de te déraciner. — Je puis tomber, reprit le cliêne; Je ne saurais me prosterner, le Chêne el le Vent, fable attribuée à boisard, et que l'on prétend se rapporter au refus de Louis XVIII sollicité par Bonaparte de renoncer pour lui et sa famille au trâne de France.
— REM. L'Académie ne donne prosterner que comme verbe réfléchi ; mais les meilleurs auteurs l'ont, comme on voit, employé activement.
— HlST. xv s. Elle [une grande inondation] prosterna plusieurs gros villages et maisons, juven. DES uRSiNS, llist. de Charles Yl, p. «72, dans lacuRNE. Il xvi* 8. Après que la force et puissance de l'ame estoit toute prosterm'e, amtot, Vdméir. 62. U feit continuellement prières pour elle i Juno, en se prosternant à terre devant son image, ID. Arlax. 33. Lesquels [parents] encore qu'ils soient riches et aisez, et qu'iU airnt moien de les nourrir [leurs enlarits] et entretenir, néanmoins ils les prosternent, ahanrlonnent.... du cangb, prosternari.
— ETYlH. Ut. prosternere, de pro, en avant, el sternere, étendre (voy. strate). f
t PHO.srilfoOUE (pro-stR-k'), ». f. Terme de loologie. Portion des mandibules de certains Insectes.
— ÉTVM. ITpoiTftqxT), appendice, de itpè«, et SrjxTi , loKP, de Tteriiii, TéOrixa, poser.
PBOSTIlfi'^E (pro-stè-z'), t. (. Il i« Terme de grammaire Fjpèce de métaplasme qui consiste dans l'addition d'une lettre ou d'une syllabe au commencement d'un mot, sans en changer la valeur. C'est par une prosthèse que la lanp;uo françaiso a fait espérer du latin sperare. || 8' Terme de chirurgie. Ilcmplacement d'une partie perdue, par des pièces artificielle». || On <lit plutôt prothèse.
— ETYM. IIpo/j9«ii;, de irpis, *, et Maiç, action de mettre (voy. thèsb).
t PHO.STIBULK (prosti-bu-l*), t. m. Lieu de prastiiuliou. L'auteur de l'histoire du roi Vamba ap-
pel'e ces provinces [la Gaule méridionalej le prostibule des Juifs ^à cause que les Juifs y étaient puissants], MONTESQ. Esp. XXVIU, 7.
— ÉTVM. Lat. prostibulum, rie pro, et stabulum (voy. étable). C'est un mot que Montesquieu a francisé pour la circonstance.
PRO.STITUÉ, ÊE, (pro-sti-tu-é, ée), part, passé de, prostituer. || 1" Livré à l'impudicité. Une [emme prostituée. Il Substantivement. Une prostituée, une femme de mauvaises moeurs. Les lèvres de la prostituée sont comme le rayon d'où coule le miel; et son gosier est plus doux (|ue l'huile, saci, Bible, Prov. de Salomon, v, 3. || Fig. Vous me demandez ce qui a fait celte solution de continuité entre la Fare et Mme de la Sablière; c'est la bassetle.... c'est pour cotte prostituée de bassette qu'il a quitté cette religieuse adoration, sÈv. (4 juill. 1880. || Dans l'Apocalypse, Babylone la grande prosiituée, Rome païenne. || La prostituée de Baliylone, nom de dénigrement donné par les protestants à Rome catholique. Ce dernier [le prestiytérien] affecte une démarche grave.... prêche du nez, et donne le nom de prostituée de Babylone à toutes les Eglises oii quelques ecclésiastiques sont assez heureux pour avoir cinquante mille livres de rente, volt. Ditt. phil. Presbylér. \\ 2' Fig. Livré à quelque déshonneur auquel on s'abandonne comme par prostitution. Ces âmes prostituées à l'ambition , boss. le Tellier. || Homme prostitué à la faveur, homme dévoué aux volontés des gens puissants. || Une plume prostituée, auteur vendu aux intérêts de ceux qui le font écrire. {| Il se dit des choses dans un sens analogue. Non, non, il n'est point d'âme un peu bien situce Oui veuille d'une estime ainsi prostituée, MOL. Misanth. i, t.
PROSTITUER (pro-sti-tu-Ô), v. a. je prostituais, nous prostituions, vous prostituiez; que je prostitue, que nous prostituions, que vous prostituiez. || 1* Livrer à l'impudicité. Dis-lui qu'à tout le peuple on va l'abandonner; Tranche le mot enfin, que je la prostitue, cobn. Théod. ii, 7. || Pro.stiluer son honneur, en parlant d'une femme, se livrer à l'impudicité.<[{ 2° Fig. Mettre dans un avilissement comparé à la prostitution, déshonorer par un indigne usage. Un juge accessible à la corruption prostitue sa dignité. Nous ne faisons jamais de serments, pas même en justice : nous pensons que le nom du Très-Haut ne doit pas être pro.stitué dans les débats des hommes, volt. Dict. phil. Quakers, i. Ceux qui.... Ont prostitué l'âme aux vils baisers du corps, LAMABT. 5ocr. S5f. || 3' Se prostituer, v. réft. Se livrer à l'impudicité. Votre femme se prostituera dans la ville, vos fils et vos filles périront par l'épée, SACI, Bible, Àmos, vu, I7. Justmien ava^ pris sur le théâtre une femme qui s'y était longtemps prostituée; elle gouverna avec un empire qui n'a point d'exemple dans les histoires, montesq. iiom. xx. On sait que dans l'Assyrie il y avait des temples de Vénus où les femmes allaient se prostituer par dévotion, baillt, Hisl. aslr. anc. p. 604. || 4° Fig. Se mettre dans un avilissement comparé à la prostitution. Cet homme se prostitue i la faveur, à la fortune, il est bassement dévoué aux volontés des hommes puissants. || Cet écrivain se prostitue, il écrit, mentant à Sa conscienc«, selon ce qui convient aux gens puissants, à leurs intérêts, à leurs passions.
— HlST. xiv s. Aucuns par grande ahusion prostituent et deshonorent moult do dignes choses, oi>e.<-ME, Thèse de meunier. {| ivi* s. Si un prince commaiidoit à un sien sujet de lui prostituer sa femme , lanodb, 2(8. Ceux qui sont en sujettion doyvent eslre advertis do ne prostituer pas leur obéissance à des commandemens^manifestemenl iniques, ID. 226. Depuis que ce prince [Henri III] s'estoil prostitué à l'amour contre nature.... d'aub. Uitt. II, 43».. (Los hommes de guerre] s'exposent et proslituent à l'épreuve d'un canon ou artillerie qui n'espargne ni grands ni petits, est. pasq. Heiherehei, II, <«.
— ETVM. Lat. prostituere, prostituer, proprement exposer, de pro, en avant, et slatuere, placer (voy.
STATL'E).
t PR09TITUTEUR (pro-stl-tu-teur), s. m. Celui qui prostitue. Et comme il jugea que l'usage du vin était la source de ces abominables excès, il défi'nilit d'en vendre sous de si'vèips peine», en exécution desquelles on vit empaler de ces prostitiitnurs de garçons, CHAnnm, Votj. en Perse, etc. (84(, t. II, p. 2l«. Il Fig. Ces docteurs licencieux, indignes prosiituteurs de leur intégrité, boss. Cornet.
— ETYM. Lat. prostilutorem, de prostituere, prostituer.
PBOSTlTU'l'ION (pro-sti-tu-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1' Abandonnement à l'impuiliciti-. Vous leur immolez donc l'honneur de Théodore, X ces dieux dont enfin la plus sainte action N'est qu'inceste, adultère et prostitution? corn. Théod. m, 4. On ne peut lire sans élonnement les honneurs qu'il fallait à Vénus, et les prostitutions qui étaient établies pour l'adorer, boss. Hist. u, 5. La prostitution publique des femmes i Babylone, nonseulement autorisée par les lois, mais commandée par la religion même dans une certaine fête, rolljn, Hisl anc. Œuv. t. ii, p. 46» , dans pougens. || Lieu de prostitution, maison de débauche. On alarme sa pudeur [d'Agnès] en la traînant dans un lieu de prostitution et de honte, hass. Panég. Agnès. Il 2' Fig. Vil abandon qu'on fait des choses morales. La prostitution de la justice, des lois. Une ISche prostitution de la conscience, boss. Déf. Var. i" dise. 60. Le duc de Gesvres avait ajouté, sur son compte, toutes les prostitutions tjui se peuvent proférer, ST-siM. 73, <»3. Il 3* Terme de l'Écriture. Abandonnement à l'idolâtrie.
— HLST. xvi' s. Me desplaist [dans les compliments] d'en dire gueres oultre ce que j'en crois; c'est bien loing de l'usage présent; car il ne feiit jamais si abjecte et servile prostitution de présentations, uont. I, 292.
— ETYM. Lat. proslUulionern , de prostituere, prostituer.
t PROSTOMIDB (pro-sto-mi-d'), adj. Terme de zoologie. Se dit de poissons qui ont la bouche à l'extrémité du museau. (| Substantivement, les prostomides.
— ETYM. Ilpo, en avant, et (T-towa, rouche. PROSTRATION (pro-stra-sion ; en vers, de quatre
syllabes), s. (.\\ 1° Synonyme <le prosternation. Il J" Terme de médecine. Anéantissement des forces musculaires qui accompagne certaines maladies^ aiguës, et particulièrement les fièvres typhoïdes. La prostration des forces, portal, Instit. Mém. scient.
482) et <822, t. V, p. 84.
— HIST. XVI' S. Prostration, oumN, Diel.
— ETYM. Lat. prostrationem, de pro/,»ra«uî (voy. PEOSTnê).
t PROSTRÉ, fiE (pro-stré, strée), adj. Terme de médecine. Abattu, comme dans Ie8 fièvres graves.
— ÉTYM. Lat. prostratus, part, passif de prosternere (voy. prosterner).
PROS'rVLE (pro-sti-l'), I. m. Terme d'architecture ancienne. Sorte de portique soutenu par des colonnes. Sous Démétrius de Phalère, l'architecte Philon éleva un péristyle en colonnes au front du temple, et en fit un prostyle, quatuemère dequincy, Instit. Mén\. hist. et lilt. anc. t. m, p. 26u. || Adj. Temple prostyle.
— ÉTVM. IlpÔCTTuXo;, de irp4, en avant, et orû- Xo;, coloune.
i PROSYLLOGISME (pro-sil-lo-ji-sm') , s. m. Conclusion que, dans une série pblysyllogistique, on prend pour prémisse d'un raisonnement subséquent.
— ETYM. npoouXioYio(tèt, de itpè, et ouXXoyi- <i[i*:, syllogisme.
t PROSYLLOGISTIOnB (prMil-Io-ji-sti-k'), adj. Qui a rapport au prosyilogisme.
t PROTAGON (pro-ta-gon), ». m. Substa.mv. nr. ganique, cristallisaÈle, définie, renfermant du plio». phore et de l'azote au nombre de ses éléments; on la trouve lansle cerveau.
PROTAGONISTE (pro-ta-go-ni-sf), i. m. Terme didactique. Celui qui joue dans une pièce le principal rôle Ce qui mettrait le gouvernement français, s'il pouvait être de mauvaise foi, dans la situation d'un protagoniste de théâtre qui voudrait commencer tout seul une pièce, où nul ne consentirait à lui donner la réplique, l'Indépendance belge,
H aofit 1888.
— ÉTYM. flpfâ)TaTf<i)vi«fnP);, de irpÛT»;, premier, et àfwvin-ti^;, acteur, de èftovCCeiv, combattre (voy.
AGOmE).
PROTASE (pro-ta-z'), s. f. Il 1* Terme de littérature. Pro[ir»,ment, partie d'un poëme dramatique dans laquelle l'action se complique de plus en plus. Il Particulièrement. Exposition du sujet de la pièce. Pour ouvrir son sujet, il [Téronce] a introduit une nouvelle sorte de per.sonnages qu'on a appelés protatiqiios, parce qu'ils ne paraissent que dans la protase, où se doit faire la proposition et l'ouverture du suji't, corn. *" dise. || V Terme do grammaire. La preniii're partie d'une période; la seconde s'appelle apodose.
— ËTYH. UpitasK , de «pè, avant, etvàai^, ac-
PRO
PRO
PRO
lion d'élcndre, de telveiv, tendre (voy. ikndrb, «. a.).
PROTATIOCE (pro-la-ti-k'), adj. Qui a rapport à l'exposition d'une pi'ce dramatique. {| Personnage protalique, personnage qui ne paraît qu'au commencement d'une pièce pour en faire l'exposition. J'avoue qu'elle (la narration de Laodicej est sans artifice, et qu'on la fait de sang-froid à un personnage ) rotalique, COBN. Uodog. lixamen.
— ÊTYM. npoTOTixoç, de itpÔTautc, protase.
PROTE (pro-f), s. m. Il i' Celui qui, dans une imprimerie, est cliargé de diriger tous les travaux et de payer les ouvriers. || 2° Abusivement, il se dit de ceui qiii lisent et corrigent les épreuves. || Par extension. Il sait graver, et les planches d'un livre font foi qu'il est bon prote entaille-douce, p. l. cour. UU. à itM. de l'Acad.
— Rtvm. IIpûToc, premier, ainsi dit d'un nom grec dans les imprimeries où l'on commença à imprimer le grec.
t PROTÉACfiES (pro-té-a-sée), s. {. pi. Famille de (liantes dicotylédones, exotiques, à laquelle le genre protea a donné son nom.
— 6TYM. Protée, nom donné par Linné à cause de la diversité d'aspect des espèces.
PROTKCTEDR, TRICE (pro-tè-kteur, ktri-s') s. m. et ^. Il 1* Celui, celle qui protège, soutient le faible, le pauvre, l'opprimé. Les calboliques d'Angleterre dont elle a été la fidèle protectrice, boss. fieiru! d'Anglet. Elle [Esther] gagna le cœur du roi son mari, et fit d'un prince infidJle un illustre protecteur du peuple de Dieu, id. Reine d'Anglel. Vous qui l'avez vue si souvent gémir devant les autels de son unique protecteur, id. ib. Il 2° (!elui, celle qui protège une chose, la soutient, la favorise. Un ministre protecteur des lettres, des sciences. Il [le prince] est le protec- ,leur du repos public, qui est appuyé sur la religion, BOss. Polit. VII, m, 10. Dieu n'a pas laissé d'être le vengeur des faux serments entre les infidèles, parce qu'encore que les serments par les faux dieux soient en abomination devant lui, il n'en est pas moins le protecteur de la bonne foi qu'on veut établir par ce moyen, m. ib. vu, ii, 3. Il S* Celui, celle qui prend soin des intérêts d'une personne. Son crédit fut toujours une ressource publique; nous trouvions tous en elle une protectrice assurée, mass. Or. fun. Madame. S'il f Thiriot] avait su qu'un ami vaut mieux que vingt protecteurs auxquels on se donne successivement, volt. Lett. Damilaville, ai juillet (764. Des protégés si bas! des protecteurs si bêtesl gresset, kéch. ii, 3. Kt qu'en attenoei-YOusî — Des protecteurs, lui dis-je, et quelques moyens de fortune. — Des protecteurs I ah! si vou» saviez comme tous ces gens-là protègent! MARMONTEL, Kém. IV. jj Dans le langage de la galanterie, l'amant d'une jeune fille entretenue. C'est une femme qui a des vues sérieuses.... et qui, pour préserver sa nièce du danger des passions, lui cherche un protecteur, scribe, Judith ou la Loge d'opéra, § 2, dans Historiettes et proverbes. || Protecteur du genre humain, celui qui promet banaleme.it sa protection à tout le monde. Un jour que l'abbé de Saint-Pierre dînait chez elle [Mme de Vauvrayj avec M. de Fontenelle, ils raisonnaient sur ma situation et sur les moyens de m'en procurer une avantageuse; cet abbé, protecteur du genre tiumain, imagina.... staal, âf^m. t. i, p. <73. Il 4' Il se dit d'un titre, d'une dignité, d'une fonction. Ceux qui s'unirent avec le prince de Condé pour la défense du roi [François Il|, qu'ils prétendaient prisonnier entre les mains de ceux de Guise, donnèrent au prince le titre de protecteur et défenseur légitime du roi et du royaume, noss. Variât, x, 44. Vous le perdîtes, il y a quelques annéi'S, ce grand prolecteur [le chancelier Séyuier] ; vous jetâtes la vue autour de vous... mais le sentiment de votre perte fut tel, que... vous osâtes penser à celui qui seul [le roi] pouvait vous la faire oublier, la bhoy. Disc, dt l'Âràdém. frartç. Homme équitable, savant, aimant les ger.s ài^ lettres, [il Sèguier, chancelier] fut le protecteur du l'Académie française, avant que ce corps libre... fiit en état de n'avoir jamais d'autre protecteur que le roi, volt. Lnuts lir, Chancel Nous avions demandé au roi notre protecteur uou livres par an pour augmenter nos prix, et exciter l'émulation des jeunes gens; le roi nous à refusé cette somme, d'alemb Lett. à Voltaire, i" octobre 1878. || Lord protecteur de la couronne d'Angleterre , titre qui fui porté au commencement de la querelle des deux roses par Richar.l duc d'York. I^ duc d'York, son vainqueur, M cfmduisit en triomphe i Londres, et, lui lais-
sant le titre de roi, il prit pour lui-même celui de protecteur, titre déjà connu aux Anglais, volt. AfofHr.v, 115. Il ProtecleiT de la république d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, titre sous lequel Olivier Cromwell gouvçrna l'Anfilelerre. Cromwell, cet usurpateur digne de régner, avait pris le nom de protecteur, volt. Louis XIV, 6. || Protecteur de la confédération du Rhin, titre soiis lequel Napoléon domina une partie de l'Allemagne. Il 5° Particulièrement, cardinal chargé à Rome du soin des affaires consistoriales de certains royaumes, ou ries intérêts de certains ordres religieux. Ce cardinal est protecteur des affaires de France. || Par ellipse, protecteur de Franco, d'Espagne, des dominicains, || 6" Feuille métallique app!ic|uée à la surface extérieure d'un navire. |i 7° Adj. Oui sert de jirotection, de défense. Lorsque nous partîmes de Syracuse, dit-il, et que l'ennemi nous poursuivait vivement , dans cette funeste extrémité j'eus recours à Proserpine et à Cércs, divinités proteclrices delà Sicilej roi lin, Hist. anc. OiHtT. t. i, p. 286, dans pouoiîNS. Vous, sire, que la main de Dieu, protectrice de cette monarchie, a comme retiré du milieu des niirres et des débris de la maison royale, mass. Petit car. Exemples. Sous l'abri protecteur d'un énorme rocher, dp.lille, Parad. perdu, vu. Il avait ces soins protecteurs qui sont le plus doux lien de l'homme avec la femme, stael, Corirme, vm, t. Oui, je reviens à toi, berceau de mon enfance , Embrasser pour jamais tes foyers protecteurs, lamaht. Uéd ii, < 5. ||l'erme de botanique. Feuilles protectrices, celles qui, pendant la nuit, s'abaissent de manière à former un abri aux fleurs situées au-dessous. || Terme d'économie politique. Système, régime protecteur, système par lequel on grève de droits de douane élevés les produits étrangers qui feraient concurrence aux produits nationaux. || Droits protecteurs, droits de douane qui ont pour but d'élever le prix du produit étranger, et de permettre ainsi au produit national de lui faire une concurrence victorieuse, ou tout au moins de ne pas se vendre plus cher. || 8 Oui appartient aux protecteurs. Un ton, un air protecteur. Leurs souris dédaigneux, leurs coups d'oeil protecteurs, ST-LAMBEKT, Suis. 11. Quels dédains protecteurs! quelle Arange indolence! c. delà vigne, les Comédierts, ii, ».
— HIST. XYi' S. Cassius et Bnitus achevèrent de perdre les reliques de la romaine liberté, delaquelle ilsestoient protecteurs, mont, ii, S(.
— ÉTYM. Prov. et espagn. proteclor ; ital. prolettore; On lat. protectorem, de protegere, protéger.
PROTECTION (pro-tè-ksion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. \\ l' Action de protéger, de préserver de mal. La demoiselle que vous connaissez, laquelle, ayant juré ma ruine, est fâchée de voir que je suis en la protfction d'un des plus braves hommes du monde, v(/IT. Lett. i«. Sa mort me laissera, pour ma protection, La splendeur de son ombre et l'éclat de son nom, cobn. Sertor. il, r Et vous, prince.... continuez votre protection et vos soins à tout ce qui lui fut cher, boss. Anne de Gong. Il [Cromwell] était regardé de toute l'armée comme un chef envoyé de Dieu pour la protection de l'indépendance [les sectaires dits indépendants], id. Reine d'Anglet. La protection éclatante que Mécène accorda aux gens de lettres. ... a rendu son nom immortel, rollin. Traité des Et. 4' part. ch. i. || Prendre en sa protection, proléger. Il vous importe de haïr l'injustice, et de prendre ceux qu'on opprime en votre protection, VOIT. Lett. 9. Dieu prend en sa protection tous les gouvernements légitimes, en quelque forme qu'ils soient établis, boss. Polit, ii, i, la. || On dit aussi: prendre sous sa protection, j] Prendre la protection de quelqu'un, prendre sa défense. Quand même il aurait quelque raison de se plaindre, vous n'en auriez pas pour cela de prendre sa protection contre moi, VOIT. Lett. 60. Quand cela paraîtra, je ne doute point qu'il ne donne matière aux critiques; prenez un peu ma protection, corn. Lett. à l'abbé de Pure, 2B août 1660. || 2° Action de prendre soin de la fortune, des intérêts, de l'avancement de quelqu'un. Mon protégé n'honora pas ma protection ; il fit tout du pis qu'il put... staal, Mém. 1. 1, p 293. Je pourrais offrir ma nrotection en Sibérie et au Kamshalka; mais, en France, j'ai besoin de la protection de bien des gens, et même de celle du roi, VOLT. Lett. Mme du De [faut, 42 juill. <770. Sans aucun égard aux talents et aux facultés, la protection devint alors la mesure unique des distributions, RATNAL, Uisl. phil. XIII, 50. || Un air, un ton do protection, l'air, le ton qu'a celui qui protège à l'égard de celui qui est protégé. Jeanuol
tendant la main à Colin avec un air de protection assez noble, volt. Jeannnt. || 3° Action de favoriser le maintien, l'avancement de quelque chose. Ce prince prit sous sa protection les lettres. Une protection mal entendue est une véritable guerre qu'on fait aux talents, d'alemb. Ess. sur la Soc. des g. de lett. Œuv. t. ni, p. <02, dans pougens. || Terme d'économie politique. Système de protection, système relatif à l'admission des marchandises étrangères dans un pays, d'après lequel on impose plus ou moins les marchandises à l'entrée, pour protéger le commerce intérieur contre une concurrence qu'il ne pourrait scmtenir sans cela. || 4° Il se dit des personnes qui servent de protecteur, d'appui à quelqu'un. Cet homme a de puissantes protections. Il B° Emploi de protecteur à Rome. Le roi donna la protection de France à tel cardinal.
— HIST. xiir s. Et pour ce, chier fils en notre Seigneur, nous, par gracieux assentement, vous et vo lieu rechevons en le [la] protection St-Pierre et le [la] nostre, tailliab. Recueil, p. 50< . En ploranl, douce rlame. Par vraie entencion. Met je mon cors et m'ame En ta protection, dans hutkb. ii, 3S(i.
— KTYM. Prov. protectio; espagn. proteccion ; ital. prolezione ; du lat.' prolfcitonem, de protegere , protéger.
t PROTECTIONNISME (pro-tè-ksio-ni-sm'), s. m. Terme d'économie politique. Système de protection commerciale.
t PROTECTIONNISTE (pro-tè-ksio-ni-st') , s. n. Terme d'économie politique. l'artisan du protectionnisme.
t PROTECTORAL, ALK (pro-tè-kto-ral , ra-l') , adj. Qui a rapport au protecteur, au protectorat.
— HIST. xvi« s. Ce qu'ils nommoient la tyrannie protectorale, d'aub. Hist. m, 133.
PROTECTORAT (pro-tè-kto-ra; le «ne se Le pas), s. m. Il 1° Dignité de protecteur. Après sa démission du protectorat, il [Richard Cromwell] voyagea en France, volt. LouisXlV, 6. || 2° Situation d'un gouvernement à l'égaid d'un autre gouvernement moins puissant auquel il prête son appui.
— ÉTYM. Protecteur.
t PROTECTORERIE (pro-tè-kto-re-rie), s. f. Dignité de cardinal protecteur, à la cour de Rome.
PROTÉE (pro-tée ) , s. m. || l" ferme du polythéisme. Divinité de la mer qui, lorsqu'on la saisissait endormie pour lui faire prédire l'avenir, se changeait en toute sorle de formes effrayantes ; c'était le pasteur des animaux marins ( lYotée avec une majuscule). Tel que le vieiix pasteur des troupeaux de Neptune, Protée, à qui le ciel, père de la fortune. Ne cache aucuns secrets. Sous diverse figure, arbre, flamme, fontaine, S'efforce d'échapper à la vue incertaine Des mortels indiscrets, J. B. Rouss. Ode au comte de Luc. Ce Prêtée dont la fable raconte tant de merveilles n'était qu'un de leurs danseurs qui, par la rapidité de ses pas et la force de son expression, ."iemblait à chaque instant changer de forme , cahbsac, Dans. anc. et mod. i, m, a. ||2° Fig. Homme qui joue toutes sortes de personnages (protée avec une minuscule). Vous [Alcibiade] êtes un protée, qui prene? indifféremment toutes les formes les plus contraires, parce que vous ne tenez à aucune, FKN. Dial. des morts anc. xvii. Le ministre ou le plénipotentiaire est un caméléon, est un protée, LA BRUY. X. On prétend qu'il ]Mélanchthon] changea quatorze fois de sentiment sur !e péché originel et sur la prédestina tiuu; on l'appelait, dit-on, le protée (le l'Allemagne, volt. Mél. litt. Leit. au prince de ***, VI. Il 8° Fig. Il se dit des choses qui se présentent sous des formes diverses. Je conviens qu'il y a dans la substance une première détermination essentielle; mais c'est là un protée qui prend plaisir à se présenter à moi so,;s mille formes différentes, et qui me défie de le saisir sous aucune, coNiiiL. Traité des syst. <o. {| Terme d'alchimie. Protée des philosophes, le mercure, ainsi dit à cause de sa fluidité merveilleuse et de ses différentes préparations. 114" Terme de zoologie. Genre de reptiles batraciens. Il Genre d'animalcules infusoirès, dit aujourd'hui genre amibe. || 6' S. f. Terme de botanique. Genre de plantes, type de la famille des protéacées, et dans lequel on distingue la protée argentée, dite arbre d'argent, bois d'argent, parce que ses jeunes pousses ont des feuilles blanches et comme argentées.
— HIST. XVI* s. La marine est plus arrestée [qu'une dame infidèle], Et du ciel les hauts mouvements ; Bref, tout ce qu'on lit de Protée Ne s'égale à ses changemens, dbsportes, Amours diverses, xxix, Chanson.
PRO
PRO
— ÊTTM. nptoTeu;, de itptîTo;, proprement le premier-né, le vieux de la mer ; comparez n()«>T(î>, nom d'une néréide.
1 PROTÉEN, E\NE (pro-té-in, è-n'), adj. Qui Tarie, qui change de formes, comme Proiée. Variétés flouantes et protéennes.
PROTÉGÉ ÉE (pro-té-jé, jée), part, passé de protéger. Un homme dont la fortune protégée du ciel ne connaît pas les disgrâces, boss. le Tellier. Athène par mon père accrue et protégée, bac. Phèd. II, ï. Il Substantivement. Comme il ne voulait que des protégés et des adulateurs, il n'attirait chez lui que des gens faits pour l'être, marhontel, Cont. mor. Cnnnaiss.
PROTÉGER (pro-té-jé. La syllabe lé garde l'accent aigu partout : je protège, etc.; mais l'é se prononce ouvert, et l'on dit protège; le g prend un e devant o et o : protégeant, protégeons),», o. Il 1" Prendre la défense de quelqu'uo, de (,uclque chose ; prêter secours et .appui. Protéger hautement les vertus malheureuses. C'est le moindre devoir des âmes généreuses, cobn. Sertor. m, 2. Elle ne se servit plus de son pouvoir que pour protéger la foi catholique, boss. Reine d'Ànglet. Mais souvent sur ses vers un auteur intraitable X les protéger tous se croit intéressé, boil. Art p. I. Le ciel protège Troie; et par trop de présages Son courroux nous défend d'en chercher les passages, bac. Iphig: i, 2. Et comptez-vous • pour rien Dieu qui combat pour nous, Dieu qui de l'orphelin protège l'innocence? ID. Ath. i, 2. Vous dites des bons mots, et moi je fais de mauvais contes; mais votre imagination doit avoir de l'indulgence pour la mienne, attendu que les grands doivent protéger les petits , volt. Mme du Drffant, 7 mars 4764. Le duc de Lorraine avait eu vain tenté de conserver une communication de sa petite armée avec la ville [Vienne assiégée par les Turcs] ; il n'avait pu que protéger la retraite de l'empereur, id. Ann. Emp. IJ.opold, <683. || 2° Prendre soin des intérêts, de la fortune d'une personne. Rorné à la société peu nombreuse de ses amis et, p»r conséquent, de ses égaux, il n'essuya ni la hauteur des hommes puissants ni le triste honneur d'en être protégé, d'alemb. Éloges, la Chaussée. On est protégé par ses supérieurs, on peut être défendu et soutenu par ses égaux ; on est protégé par les autres, on peut se défendre et se soutenir par soi-même, id. Synon. Œuv. t. m, p. .'loo, dans pouGENS. Il [un acteur] est assez mauvais pour que je le protège, c. delav. les Comédiens, ii, ». || Absolument. Je ne connais ni M. de Solignac ni ses protecteurs ; je fais, par ma nature, fort peu de cas et de qui protège et de qui se laisse protéger, Mirabeau, Colleclion, t. v, p. »9l.||3" Veiller au maintien, au progrès d'une chose. On dit défendre une cause, soutenir une entreprise, protéger les sciences et les arts, d'alemb. Synon. Œuv. t. m, p. 300. Il 4° Mettre k l'abri d'une incommodité, d'im danger. Ces arbres nous protégeront de leur ombre. Il B° Se protéger, v. réfl. Être protégé. Il faut, comme un soMat, qu'un prince ait une épée.... Que son fier palais se protège D'un camp au front étincelant, v. hugo. Odes, n, 7.
— ÊTYM. Lat. prolegere, de pro, et légère, cou- Trir (voy. toit).
t PROTÉIKORME (pro-té-i-for-m'), adj. Terme didactique. Oui change à chaque instant de forme.
— ÊTYM. Prêtée, et forme.
t PROTÉIXE (pro-té-i-n'), s. f. SubsUi.ce qu'on supposait être le radical des substances organiiiues azotées; l'expérience n'a pas confirmé cette hypothèse.
— ÊTYM. ripiâto;, premier, et la finale chimique ine.
t PROTÉRAtnrHE(pro-té-ran-t') ou PROTfîRAN- THÉ, ÉE (pro-té-ran-lé, tée), adj. Terme de botanique. Dont les fleurs paraissent avant les feuilles; par exemple l'arbre de Judée.
— ETYM. ripÔTepov, auparavant, et iv9o{, (leur, t PROTERIE (pro-te-rie), *. f. Emploi de Drate.
Il CabiiiPt où le prote travaille.
— f.rY.M. Proie.
t. PROTE.STANT, ANTE (pro-tè-stan , stan-t'). Il t" S. m. et f. Nom donné d'abord aux luthériens, puis aux calvinistes et aux anglicans. SI les proicstants savaient à fond comment s'est formée letir religion, avec combien de variations et arec quelle inconstance leurs confessions de foi ont àtè dressées.... BOSS. Far. Préface. Ceque lesvaudois enseignaient en secret, il j Wiclef] l'enseignait en public; et, à peu de chose près, sa doctrine était celle des prutesiauls, qui parurent plus d'i;n siècle «près lui,
VOLT. Mœurs, 73. PermetB'moi de vous demander s'il ne serait pas possible as remettre en vigueur et même d'étendre l'arrêt du conseil signé par Louis XIV lui-même, le 15 septembie i685, par lequel les protestants pouvaient se marier devant un officier de justice? VOLT. Lett. Richelieu, )« sept. <772. Nos évêques viennent de demander au roi que les enfants des protestants soient déclarés bâtards, et que les vœux monastiques puissent se faire à seize ans, d'alemb. Lett. aurai de Pr. (5 déo. «776. || i°Adj. La religion protestante. Les pays protestants. Déjà un très-grand nombre de ministres protestants n'a plus d'autre croyance qu'un déisme tempéré et mitigé, qui ne diffère du pur déisme que par le respect qu'Us afîeotent encore de conserver pour le Christ et pour la Bible, d'alemb. Éloges, Uassillon, note lo.
— ETYM. Ce nom vient de ce que la Saxe, la Hesse, le Lunebourg, Anhalt, quatorze villes impériales protestèrent, en <52», contre un décret de la diète de Spire.
t 2. PROTESTANT (pro-tè-stan), s. m. Celui qui fait sa cour à une femme (terme vieilli). Le protestant de madame Clitie N'eut du crédit qu'autant qu'il eut du fonds, la pont. Faucon. 11 n'est pas sans mérite, et doit être écouté: Par lui-même, ou du moins par l'ancienneté; De tous mes protestants c'est le premier.... th. cobn. tlnconnu, ni, i. Je viens donc vous jurer que vous avez en moi Un protestant tout prêt à vous donner sa foi, des- TOucHEs, Irrésolu, m, ♦.
— ETYM. Protester : celui qui proteste de son amour.
PROTESTANTISME (pro-tè-stan-ti-sm'), s. m Il t" Croyance des Eglises protestantes. Abjurer le protestantisme. || 2° En.semble des nations protestantes. Louvoîs, qui frémissait de devenir inutile, s'il n'entretenait, comme un feu sacré, celui de la guerre, espérait enflammer tout le protestantisme de l'Europe, uuclos, Œuv. t. v, p. 185.
— ETYM. Protestant t.
PROTESTATION (pro-tè-sta-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Déclaration publique que l'on fait de sa volonté. Faire une protestation de sa fidélité aux lois. Il 2° Promesse, assur.-ince positive Et je ne hais rien tant que les contorsions De tous ces grands faiseurs de protestations, mol. Mis. i, <. Des expressions douces, de la pitié, des protestations compatissantes, c'est là tout ceque j'obtiendrai d'elle, STAFL, Delph. v, o, || 8" Acte en forme par lequel on proteste contre quelque chose. Les articles furent signés lundi, mais avec protestation que, si on ce réformait un article dans le contrat, le mariage éljit rompu, SÉV. 9 mars 4889. Les seigneurs [les lords], qui ont élu par force le prince d'Orange, ont fait leur protestation de la violence de la chambre basse, id. 28 fèv. i«89. || Fig. La raison fait sa protestation que les choses devraient aller autrement qu'elles ne vont, fonter. Dial. Fern. Cort. Montée. || Écrit qui contient la protestation. Déposer sa protestation. || Se dit particulièrement de l'acte par lequel les principaux partisans de la doctrine de Luther protestèrent, en 1529, contre un décret de la diète de Spire.
— HIST. XIII* l.Ge fais bien prolestacion. Conques ne fu m'entoncion De parler contre homme vivant, la Rose, (5463. Retenue, que il apelent protestation, et comme 11 poent trouver reson l'une partie contre l'autre, beaum. vi, 4. ||xv*s. Le dit evesque faisoit protestation que toute la manière du traité et de l'accord fait entre lui et mon seigneur Hervey de Léon son neveu seroient nuls, froiss. i, i, I5i. Il XVI' t. Le tribun Ateius se moit au devant d'eulx, et à haulte voix défendit à Crassus, qu'il n'eust à bouger de la ville, "avec grandes protestations s'il faisoit au contraire, amyot, Crass. 3i.
— ÈTYM. Provcnç. i>rolcsiatian; espagn. prolestacion; '\la.\ proteslatione; du latin prolettationem, de protestari, protester.
t PROTESTATOIRE (pro-tè-sta-loiro), adj. Qui a le caractère d'une protestation. C'est lorsque je venais d'apprendre au public, que sur ma demamli' d'une copie des pièces protestatniies... mibaiieau, Collection, t. i, p. 4o6.
PROTESTÉ, EE (pro-lèsté, stée), part, passé de protester. Oui a été l'objet d'un pruiêt. Il n'y a nen do payé, monsieur Trapolin; tout est protesté, DaNcoiRT, les Agiot. m, 2. Le prince de Conti ne fut pas seulement reçu à Duntzick; les lettres de change y furent protesiées, volt. Louis XIV , 47.
PROTESTER (pro-tè-sté), v. a. \\ 1" Promettre fortement, assurer positivement, publiquement. Il est forcé d'être obscur, parce que l'étendue de la matière fut telle qu'on ne la peut toute expliquer, comme il
nous l'a déjà protesté , pelliss. Mém. p. hs gens de lettres, p. 98. Quand il [Abner] veut lui protester & [AthalieJ son ignorance, l. racine, Rem. sur Ath. v, 5. Cet intérèl vrai ou simulé que les hommes protestent aux femmes, les rend plus vifs, plus ingénieux, plus attentifs, plus gais, dider. lett. à Mlle Vnland, 34 juin. 1762. Il Absolument. J'aurai beau protester; mon dire et mes raisons Iront aux Petites-Maisons, LA font. Fabl. V, 4. || Il se construit avec de et l'infinitif. Moi que vous protestez d'aimer plus que vous-même, corn. Sophon. i, 4. Je proteste de n» prétendre rien à tous vos biens, pourvu que vous me laissiez celui que j'ai, mol. l'Av. v, 3. || Il se construit avec que. De ma part je proteste en ces divines mains, ()u'au moins je forcerais tous obstacles humains, rotr. Antig. i, 4. Gorlz se justifia, comme il put, auprès du roi de Danemark, en protestant que tout avait été fait malgré lui, voltaire, Russie, II, 4. Il 2° Terme de commerce. Faire un protêt. Je laisserai protester cette lettre de change, dancoort, les Agiot. ii, f. || Il se dit aussi des personnes. Ce négociant a été protesté plusieurs fois. !| 3° F. n. Déclarer solennellement. Mais comme enfin le mort était votre rival, Et que le prisonnier proteste d'innocence, corn. Suite du Ment, i, 4. Je crois pouvoir protester contre tout chagrin, toute plainte, toute maligne interprétation, la bhuy. les Caractère). II [Calas roué] a protesté de son innocence sous les coups de barre; il a cité le parlement au jugement de Dieu, volt. Lelt. d'.ilemb. 29 mars 4762. || 4° Particulièrement, déclarer en forme qu'on tient une chose pour illégale, qu'on no l'accepte pas. Protester contre une résolution, contre une élection. Il Terme de palais. Protester de violence, déclarer que c'est par violence que.... Il devait donc aller tout aussitôt protester de violence chez un notaire, mol. Scoptn, i, e. || Protester de nullité, d'incompétence, déclarer que l'on regarde une procédure comme nulle, un juge comme incompétent.
— HIST. XIV* s. Il protestoit à chascun que, se il lessoient le pont passer, il verroient les aneniis assez tost enCapitole, bergheurEj^" si, recto. \\ xv* s. Et en cas ae reffus il protestoit dos maulx qui en ensuyvrcient.... comm. iv, 5. ||xvi* s. Le baptesme n'est autre chose qu'une marque et enseigne par laquelle nous protestons devant les hommes nostre religion, calv. Instit. 4049. Appius Clodius leur prédit et protesta qu'ils ruineroicnt l'aulboritê du sénat, amyot. Cor. 20. Elle protesta tout hault, de ne faire sortir de son royaume hommes ny argent pour qui que ce soit, carl. vni, 32. 11 lui demande s'il estoit son serviteur, l'autre ayant protesté : Allez, dit-il, pour moi, et revenez sans parler, n'AUB. Fxn. II, 4 8. Je proteste que, comme j'ay esté baptizé, ay vescu, ainsi que je veulx mourir, soubs la foy et religion.... Paroles de la Boéiie mourant, dans MONT. Lett. 5.
— ÊTYM. l'rovenç. et espagn. protester; itiL' protestare; du lat. pro(es(ori, de pro, en avant, et lestari, attester (voy. tester).
PROTÊT (pro-tê), s. m. Terme de banque et de commerce. Acte par lequel, faute d'acceiitation ou de payement d'une lettre de change, d'un billet à ordre ou de tout autre efict de commerce, on déclare que celui qui devait payer sera responsable de tous frais et préjudices. Si on fait la moindre difficulté, allez trouver mon huissier, dites-lui qu'il date le protêt d'hier, et qu'il donne assignation à deux heures de relevée, dancourt, les Agiot 11, 7. L'acte de protêt contient : la transcription Uitérale de la lettre de change...; la sommation de payer le montant...; il énonce la présence ou l'absence de celui qui doit payer; les motifs du refus de payer, et l'impuissance ou le refus de signer. Code de comm. art. t7i.
— ETYM. Protester.
tPROTÉVANGILE(pro-té-van-ji-l'),«.m. || l*Nom
donné à la première promesse que Dieu a faite de la rédemption future du genre humain, et qui est renfermée dans les p.iroles que Dieu prononça contre le serpent après la chute d'Adam. || 2° Protèvangile lU: saint Jacques, évangile apocryphe mis sous le iHim de saint Jacques; l'auteur y raconte les événements qui ont précédé la naissance de Jésus-Christ. Il 3° Évangile que quelques critiquas supposent avoii servi de source aux trois Évangiles synoptiques.
— ETYM. Prolo..., et tOoYYé)^iov, évangile.
f PROTH,\I.LUJM(pro-tal-li-om'), s. m. Terme de t)otaniqun. Voy. l'HOEMRRYON.
— ETYM. Pro, avant, et SôXXoj, branche. PROTIlftSE (pro-lè-z'j, t. f. || 1* Terme de chirurgie. Partie de la thérapeutique chirurgicale qui
PRO
â pour objet de remplacer par une préparation artificielle un organe qui & été enlevé en tolalité ou en partie, ou de cacher «ne difformité. Prothèse dentaire. Il a- Chez les Grecs, autel de prothèse, petit autel sur lequel ils prép;irent tout ce qui est nécos.<aire [lour le saint sacrifice.
- ÉTYM. IlpoOsai;, de npo , et Béuii;, action de mettre (vov. thèse) : substitution, exposition.
t PROTHÉTIOCE (pro-té-ti-k'), adj. Qui a rapport à la prothèse chirurgicale. Appareils prothétiques, ceux qu'on emploie pour remplacer les parties du corps qui manquent, tels sont les jambes, pieds, bras et mâchoires artificiels.
t PROTHORAX (pro-to-ra-ks*), t. m. Terme de zoologie. Premier segment du thorax des insectes.
— ETYM. ripo, en avant, et thorax.
t PROTIODURE (pro-ti-o-du-r'), s. m. Terme de chimie. Le même que protoiodure.
t PROTO.... Mot dérivé du grec irpûToç, et qui s'emploie en composition pour signifier premier (de irpô, en avant , et un suffixe de superlatif, nporoToç, d'où TcpwToçjcomparatifitpoTepo;). || En chimie, mot qu'on place devant les noms composés binaires inorganiques (oiydes, chlorures, sulfures, iodures, etc.), pour en indiquer le rang relativement aux composés de même nature.
t PROTOBROMURE (pro-to-bro-mu-r'), s. m.
Terme de chimie. Premier degré de combinaison d'un corps simple avec le brorae.
PROTOCANONIQCE (pro-to-ka-no-ni-k') , adj. Il se dit des livres de l'Écriture sainte, qui étaient reconnus pour canoniques, avant même qu'on eilt fait des canons. On divise les livres de la Bihie en jrotocanoniques , deutérocanoniques et apocryphes.
ETYM. Protn..., et canonique.
f PROTOC.AUBO.'>(É (pro-tokar-bo-né), adj. m. Terme de chimie Se dit du gaz hydrogène, quand il conlioiit la première des proportions de carbone qu'il peut absorber.
t PROTOCARBCRE (pro-to-kar-bu-r') , s. m. Terme lie chimie. Premier degré de combinaison d'un corps simple avec le carbone. || Protocarbure d'hydrogène, hydrogène carboné ou feu grisou.
I PKOTOCARBORÉ, ÉE (pro-to-kar-bu-ré, rée), jdj. Terme de cbmie. Oui est à l'état de protoarbure.
t PROTOCHLORCRE (pro-to-klo-ru-r'), *. m. Terme de chimie. Premier degré de combinaison d'un corps simple avec le chlore.
t PROTOCHLORDRÉ, ÊE (pro-to-klo-ru-ré, rée), adj. Terme de chimie. Qui est à l'état de protochlorure.
PROTOCOLE (pro-to-ko-F), ». m. || 1* Dans le latin du moyen âge, registre collé où l'on reporte les actes publics. || Terme de droit romain. Nom que l'on donnait à la marque imprimée ou écrite sur le papier destiné à recevoir les actes publics. || 8° Formulaire pour dresser des actes publics. Le protocole des huissiers et des notaires, lesagb. Diable boit, l. Albano : Nous, régent du trésor.... — Aurélie : Passons le protocole. Expliquez le projet, c. delav. la Princ. AurH. iv, t. || Terme de jurisprudence. Protocole des actes, style communément adopté pour l'intitulé et la clôture des actes et procès-verbaux. Il Première partie du rapport fait en médecine légale qui contient l'indication des nom, prénoms, lieu, jour et heure. || 3' Formulaire contenant la manière dont les rois, les grands princes et les chefs d'administration traitent dans leurs lettres ceux à qui ils écrivent. || Formulaire indiquant la manière d'écrire à différentes personnes suivant jeur rang. || Fig. Malheur à l'homme de génie qui foule aux pieds le protocole et ses formules ! dioer. Éloge de Hichardson. \\ 4° Terme de diplomatie. Registre où l'on inscrit les délibrrations d'un congrès, d'une diète. || Procès-verbal dune conférence .diplomatique. || La résolution elle-même prise dans la conférence. Les limites de ce pays ont été fixées par le protocole de tel jour, jj 6" Familièrement, l'réamhule. Passons le protocole et expliquons l'affaire. Fig. Il Le contre-coup de ces dernières menaces de la tribune anglaise, et, pour ainsi dire, ce protocole de la guerre déjà commencée [en (815J ne retentit en France qu'avec la nouvelle des désastres militaires, villehain, Souvenir$ contemp. let Cent- Joum, ch. I.
— HKM. Au commencement du xvii* siècle, il s'est prononcé et écrit prolecolle, et s'est dit pour celui qui suggère, qui souffle : Ses proteiwiies étaient à ses pieds, qui lui fournissaient des vers à mesure qu'il en demandait, mai.ii, £;>{( de Sénèque,ixvn. Ce sens se trouve dans le xvi* siècle ; c'est le protocols, formule, pris figurement.
PRO
— HIST. XV S. Tous notaires et tabellions feront bons et suffisans registre.^ et protocolles, do cange, protocollum. Si vous voulez suyvre l'escolle De ceulx qui vivent franchement. Lisez en cestuy prothecoUe, vn.LON, Hrp. de Montf. || xvi' s. Il me faudroit un protocolle, comme Darius, pour n'oublier l'offense qu'il avoit receue des Athéniens, faisnit qu'un page.... mont, i, 3b. Il estoit défendu à ceiilx qui briguoient quelques estats de la chose publique, qu'ilz n'eussent es assemblées aucuns protecolles pour leur soiifner aux oreilles les noms des particuliers citoyens, AMïOT, C. d'Utiq. M.
— ÊTYM. Provenç. prothcotle; espagn. protocolo; ital. protocollo; du bas-lat. protocollum, qui vient de tip<i)T6xo),Xov, le premier collé, la première feuille du livre, de npMTo;, premier, et x6).).a, colle. Protocollum est latin aussi ; du Cange le cite de la 4o« novelle de Justinien , où il signilie la marque authentique mise au papier sur lequel les actes publics devaient être écrits.
+ PROTOCTISTES (pro-to-kti-sf) , s. m. pi. Hérétiques origénistes qui soutenaient que les âtiies avaient été créées avant les corps.
— tTYM. IlporcixTKiToî, de ttpûxos, premier, et xtUciv, créer.
t PROTOCYANURE (pro-to-si-a-nu-r'), ». m. Terme de chimie. Premier degré de combinaison d'un ciirps simple avec le cyanogène.
t PROTO-DORIODE (pro-to-do-ri-k'), adj. Ordre proto-dorique, voy. ordre, n° 22.
t PROTOFL0ORCRE (pro-to-nu-o-ru-r), s. m. Terme de chimie. Premier degré de combinaison d'un corps simple avec le fluor.
t PROTOGALA (pro-to-ga-la), s. fn. Terme de physiologie. Synonyme de colostrum.
— ÉTYM. Proto..., et Ya><x, lait.
t PROTOGftNES (pro-to-jè-n'j, s. m. pi. Classe du règne an'mal, comprenant les infusoires et les polypes mous.
— ÊTYM. Proto..., et Y'^^î, engendré.
f PROTOGYNE (pro-to-ji-n'), t. m. Roche granitoïde qui forme le sommet du Mont-Blanc, et qui se compose de quartz, feldspath et talc; décrite d'abord par Saussure sous le nom de granitelle.
t PROTOHYDRIODURE (pro-to-i-dri-o-du-r'), s. m. Terme de chimie. Premier degré de combinaison de l'iodure d'hydrogène avec un corps simple.
t PROTOIODURE (pro-to-i-o-du-r') , ». m. Premier degré de combinaison d'un corps simple avec l'iode. ,
t PROTOMARTYR (pro-to-roar-tir), ». m. Nom qu'on donne à saint Etienne, regardé comme le plus ancien des martyrs.
— ÊTYM. npuTopiâpTvip, de icpûTo;, premier, et (iipTUp, témoin, martyr.
t PROTO-MÉDECIN (pro-to-mé-de-sin), ». m. Premier njédecin d'un roi, d'un prince, d'une ville. La retraite du proto-médecin Grossi â Cbambcri, après la mort du roi Victor, J. t. booss. Confets. V.
— ÊTYM. Proto..., et médecin.
t PROTO-MÊDICAT (pro-to-mé-di-ka), ». m.
Charge de premier médecin.
] PROTONÉMA (pro-lo-né-ma) , » m. Terme de botanique. Nom donné à l'organe filamenteux qui, chez les mousses, sort de la spore.
— ÊTYM. Proto..., et vtjijia, fil.
PROTONOTAIRE (pro-to-no-tê-r'), *. m. || !• Officiers de la cour de Rome qui expédient, dans les grandes causes, les actes que les simples notaires apostoliques expédient daiis les petites; ils sont au nombre de douze, porti'Ut le violet et le rocliet, et on les compte au rang des prélats. || i° D.iils l'Église de France, titre sans fonctions que l'on olilenaitpar un rescrit du pape. || 3° Dans l'Église grecque, titre d'un des grands officiers du patriarche, qui lui sert comme de secrétaire. || 4° Il s'est dit, sous les Carlovingiens, pour grand chancelier; sens auquel fait une vague allusion l'épigramme suivante : Ci-gît le fameux Chamillard, De son roi le protonotaire : Il fut un héros au billard. Un zéro dans le ministère, Épigr. sur Chamillard.
— HIST. xv S. En l'année nso passèrent la mer d'Angleterre pour venir en Fiance par devers le roy.... ung prothonotaire et aultres ambassadeurs anglois, j. de troyes, Chron. <480.
— ÊTYM. Prolonotarxu$, de proto..., et notanus, notaire.
t PROTONOTARIAT (pro-to-no-U-ri-a), ». m. Char(,'c de protonoiaire.
I t PROTOPASCHITES (pro-to-pa-ski-f), ». m. pi. |Nom donné i ceux qui célébraient la p&que avec
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les Juifs, et qui usaient, comme eta, de pain sans levain, ainsi dits parce qu'ils faisaient cette fête le quatorzième jour de la lune de mars, par conséquent avant les orthodoxes.
— ÊTYM. Proto..., et Ttitr^a, pâque.
t PROTOPATriIH (pro-to-pa-tie), ». f. Terme de médecine. Maladie première, celle qui n'est ni précédée ni produite par une autre.
— ÊTYM. Proto... et niôoi;, maladie.
t PROTOPA'rUIQUE (pro-to-pa-ti-k), ad). Oui A rapport à une piotopathie. || Lésion protopatbique, celle qui est productrice de toutes les lésions consécutives.
t PROTOPHOSPHCHE (pro-to-fo-sfu-r'), ». m. Terme de chimie. Premier degré de combinaison du phosphore avec un corps simple.
— r.TYM. Proto..., et phosphure.
t PROTOPHYLLE (pro-to-fi-l'), ». f. Terme da botanique. Feuilles séminales; elles sont formées par les cotylédons épigés.
— ÉTYM Proto..., et çOUov, feuUle.
t PROrOl'IlYTE (pro-to-fi-t'), ». m. Terme de botanique. Les végétaux unicellulaires, en général.
— ÉTYM. Prolo .., et çviTov, végétal.
t PROTOI'HYTOGËNE (pro-to-fi-to-jè-n"), s. m. Mot créé par M. Ch. Fermond pour exprimer le centre de développement primitif de la vie vé-
— ÉTYM. Proto..., çuTov, plante, et ytvfi^. engendré.
t PROTOPLASMA (pro-to-pla-sma), ». m. Synonyme de plasma, employé surtout pour désigner le liquide contenu dans la cavité des cellules végétales, ou ilans les cellules embryonnaires lorsque l'embryon n'a pas encore de sang.
— ÉTYM. Pioto..., et nXiafia, formation.
t PROTOPLASMIQUE ( proto- pla-smi-k' ) , adj. Terme rie liotaiiique. Utricule prolopla.smique, utricule primordial.
t PROTOPLASTE (pro-to-pla-sf) , adj. Terme didai:tiqiie. Oui a été formé d'abord. || .S. m. Se dit quelquelois du premier homme.
— CTVM. rifwcÔTtXaaTo;, de itpûxo;, premier, et ic),»(TTo;, formi'.
t PROTOPOPE (pro-to-po-p'), ». m. Nom du curé dans l'Égliso grecque. Le morceau mythologique que nous allou.s citer a été traduit du kalmouk en russe par le protopope ou cuié de Stavropol, li- VESQUE, Inst. Hém. seienc. mor. et pol. t. n, p. H.
— ÉTYM. Prolo..., et pope.
t PROTOSEI. (pro-to-sèl), ». m. Terme de clumie. Sol d'un protoxyde.
— ÉTYM. Proto..., et sel.
t PROTOSÉLÉNIURE (pro-to-sé-lé-ni-u-r'), ». m. Terme de chimie. Premier degré de combinaison du sélénium avec un corps simple.
t PROTOSULFIIRE (pro-to-sul-fu-r'), s. m. Terme de chimie. Premier degré de combinaison du soufre avec un corps simple.
PROTOSYNCKLLE (pro-to-sin-sè-l'), ». m. Nom des vicaires près du patriarche et des évêques de l'Église grecque.
— ÊTYM. Prolo..., et syncelle (voy. syncelik).
t PROrOTHHONE (|pro-lo-trô-n'), s. m. Nom donné jadis, dans rEgli.se grecque, au premier évêque d'une province ecclésiastique, ou à celui qui tenait la première place Sbit après le patriarche, soit après le méliopolitain.
— ÉTYM. llpMTobpovo;, de TtpûTOî, premier, et 6p6vo;, trône.
PROTOTYPE (pro-to-ti-p'), s. m. \\ i' Premier type, modèle. Elle [l'Église catholique] défend expressément de croire aucune divinité ou vertu dans les images.... et veut que tout l'honneur se rapporte aux prototypes qu'elles représentent, Boss. Projet de réunion. Culte des saints. Il y a dans la nature un prototype général dans chaque espèce, sur lequel chaque individu est modelé, BUFF. Quadrup. t. i, p. 70. Nous regardons la plante qui produit le blé comme le prototype des graminées, BERN. DE sr-p. Ilarm. liv. 1, Tabl. gén&. Il Fig. Les scribes et les pharisiens qui n'ont jamais été que les prototypes de ceux-ci [les jésuites], GUI PATjN, Lett. t. Il, p. 440. Il 2° Fig. et par plaisanterie. Cet homme est un prototype de sagesse. [GensJ qui, sans savoir, sans règles, sans principes. Du bel esprit se font les prototypes, j. B. pouss. Èpit. II, 2. Dom Grillandus, le prototype de l'inquisition, voi.T. /en.ni, 3. || 3° Outil de fondeur qui sert à régler la force de corps d'un caractère.
— HIST. XVI" 6. (Le roi d'Angleterre parlant d'Henri IV à M. de Rosny lui dill avoir résolu la
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]« prendre poîii modèle et prototipe, car il usa de ce mot . SULLY, Hem. t. vi, p. 252.
— ÉTYM. npwtÔTUTtoç, de itpûTo;, premier, et tOuo; . type.
t PROTOTYPIOCE (pro-to-ti-pi-k'), adj. Oui appartient à un prototype.
PROTOXYDE (pro-to-ksi-d'), s. m. Terme de chimie. L'oxyde le moins oxygéné, ou le premier degré d'oxydation d'un corps simple. Quand on veut exprimer les proportions de l'oiygène uni au corps simple, on dit oxyde, sesquioxyde, bioxyde, trioxyde.
— RTYM. Prolo..., et oxyde.
t PROTOXYDE, ÉE (pro-to-ksi-dé, dée), adj. Ternie de cbimie. Oui est converti à l'état de protoxyde.
t PROTOZOAIRE (pro-to-zo-ê-r'), adj. Terme de roologie. Se dit des animaux dont la conformation est la plus simple.
- KTYM. Proto..., et Ciflipiov, animalcule.
f PROTOZOÏDE{pro-to-zo-i-d'), t. m. Nom donné aux spermatozoïdes par quelques-uns des auteurs qui les considèrent comme de? cellules simples.
— ÉTYM. Proto..., Çwov, anima], et etSo;, forme.
t PROTRACTION (pro-tra-ksion), s. f. Terme didactique. Traction en avant, action de tirer en avant. La protraction de la lauisue. Un mouvement de protraction.
— ÉTYM Lat. protractionem, de pro, en avant, et trahere, tirer.
t PROTRITSION (pro-tru-zion), s. f. Terme didactique. État d'un organe qui est poussé en avant d'une manière anomale. La protrusion du globe de l'œil par une tumeur développée au fond de l'orbite.
— ÉTYM. Lat. protrudere, pousser en ayant, de , pro. en avant, et trudere, pousser.
PROTUBÉRANCE (pro-tu-bé-ran-s'; , f . f. || 1° Éminence, saillie. La précession des équinoxes, qui vipnt, sans difficulté, de la protubérance de la terre i l'équateur, volt. Lelt. ou pr. roy. de Pr. août «738. Cette protubérance de la terre à l'équateur est comme une ceinture dont elle est enveloppée, BAiLLY, Hist. attr. mod. t. ii, p. 5)9. Pour l'incrédule, les montagnes sont des protubérances de pierres, chateaubr. Génie, m, iv, 5. I| Terme d'anatomie. Les protubérances du crftne, saillies que l'on observe à la surftce dos os du crSne. Protubérances occipitales interne et externe. || Dans le sysii'me de la phrénologie, protubérances du crâne qui indiquent des développements du cerveau, et qui sont en rapport avec des facultés spéciales. C'est le crâne qui [dans le système des phrénologuesj nous fait courageux, aimables, bons, moraux, incorruptibles; si la vertu descendait sur la terre, elle prendrait son siège dans les protubérances, reybaUD, Jérôme Palurot, i, M. Il Protubérance cérébrale, le pont de Varole. || 3' Terme d'astronomie. Protubérance solaire, vaste élévation gazeuse ^l enflammée qui apparaît en certains points du globe du soleil. J'ai pu m'assurer par moi-même de la réalité de la découverte de MM. Janssen et Lockyer sur les raies lumineuses des protubérances solaires en plein soleil, ce matin, Lett. du I'. Secchi, Monit. universel, 27 nov.
«868, p. «62(, 2' col.
— ÊTYM. Protubérant.
t PROTUBÉRANT, ANTE (pro-tu-bé-ran, ran-t'), adj. Oui lait saillie. Il a le front protubérant. L'œil |du crabier] est protubérant, buff. Ois. t. xiv,
— HIST. XVI* 8. Ils ont les espaules protubérantes en forme d'ailes, parb, xxii, lo.
— ÉTYM. Lat. protuberare, de pro, en avant, et Iu6er, bosse, grosseur (voy. tubehcule).
t PROTUBÉRANTIEL, ELLE (pro-tu-bé-ransifcl, siè-l'), adj. Oui a le caractère de protubérance. Il Particulièrement, qui a ra])port aux protubérances solaires. X 9 heures BO minutes, l'eiploration du soleil indiquait un amas de matière protubérantielle dans la partie inférieure du di.sque, Rapport de Janssen sur l'éclipsé de soleil du 4 8 août, Konit. umrersel, 2 dcc, I8«8, p. iB3u, 6* col. || Haies protubérantielles, raies que donnent par le spectroscope les protubérances solaires. Pendant l'obscurité totale, je fus extrêmement frappe du vif éclat des raies protubérantielles, in. t6. 6' col.
PROTUTEUR (pro-tu-leur), s. m. Celui qui, sans avoir été nommé tuteur, est néanmoins fondé à gérer les affaires d un mineur. Celui qui épouse une tutrice devient protuteur. || Celui qui est nommé pour gérer les affaires d'un mineur domicilié en Krance et ayant des biens dans le» colonies. Quand le miusur. domicilié eu KrauM, potsédera
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des biens dans les colonies, dKCi-éclproquement, l'administration spéciale do ses mens sera donnée à un protuteur; en ce cas, le tuteur et le protuteur seront indépendants, Code Nap. art. 417.
— ÉTYM. Lat. protutorem, de pro, pour, et (ulor, tuteur.
t PROTYPOGRAPHIQUE ( pro-ti-po-gra-fl-V ) , adj. Se dit des livres avant l'invention de l'imprimerie. Bibliothèque protypographique.
— ÉTYM. }'ro, avant, et typographique.
PROU (prou), odt'. Terme familier. Assez, beaucoup. Les petits intérêts du Mazarin, qui veut gagner peu ou prou, oui patin, Vout;. lelt. 1. 1, p. 340, dans pouGENS. Prou est un vieux mot français pour dire assez, dont plusieurs usent encore en parlant; mais il ne vaut rien à écrire, vaugel. Souv. Rem. p. 467, dans pooGENS. Prou de panions il avait rapporté [de P.ome], De vertus peu: chose assez ordinaire, la font. Coe. J'ai prou de ma fraveur en cette conjoncture, mol. l'Èt. ii, 5. Il faut nécessairement que j'en reçoive [de votre écriture] peu ou prou, comme on dit, sÉv. à Urne de Grignan, 29 nov. «884. Il Ni peu ni prou, ni peu ni beaucoup, en aucune façon. L'un jura foi de roi, l'autre foi de hibou. Qu'ils ne se goberaient leurs petits peu ni prou, LA FONT. Fabl. v, «8. || Substantivement. lion prou, locution vieillie qui signifie bon profit. Buvez : bon prou vous fasse, la font. Pays.
— HlST. II* s. Oui tant ne sait, ne l'a prod entendul, Ch. de Bol. clhi. || xii* s. Respundi Berzellaï: Sire, sire, vielz hum sui de quatre vinz anz; ne me aperceif pru [je ne m'aperçois pas beaucoup] que est dulz e que amer, flot*, p. i95. Mult est périlleux et greva ns Li uns et li autres passages.... Je ne sai preu lequel je praigne, la Charrette, 690. Il XVI' s. Prou de gens ont. pensé que.... MONT. l, 55. Les princes me donnent prou s'ils ne m'ostent rien, lo. m, 9. Une grande eau va en can.ll peu ou prou pendant; une petite ne peut découler que par chemin aiant raisonnable pente, 0. DE SERRES, 765. Qui a suffi'=ance, il a prou de bien, LE Boux de lincy, Prov. t. ii, p. 290. Et y a prou de sujet pour exercer les beaux esprits, tST. PASQ. Lellres, xvi, a.
— ÉTYM. Prdvenç pro, prou ; catal. prou; anc. ital. pr6. Diez le tire du latin probe, bien. À côté de l'adverbe prou, l'ancienne langue a un substantif prod, preut, preu, qui signifie avantage, profit, et que Die?, tire du latin pro, pour (avec une influence de prodesse, suivant Burguy, Gramm. II, 320), de même que le latin contra a donné con- Iro à l'italien dans le sens de dé.savantage.
PROUE (proue), s. f. L'avant d'un vaisseau. Chez les Romains, la couronne rostrale qu'on donnait aux généraux vainqueurs dans une bataille navale, était ornée de proues de navires armées du rostre ou éperon. La proue était ornée pour l'ordinaire [chez les anciens] de peintures et de différentes images de dieux, d'hommes ou d'animaux, rollin, Hist. anc. Œuv. t. iv, p. 56», dans pougkns. Beau soir! calme de l'airl à peine sous la proue La mer roule le bruit d'un paisible ruisseau, p. lebrun, Voy. de Grèce, tu, 8.
— HlST. XT* s. Proe qui fend lesondes, b. nESCH, dans le Dict. de lochez.
— ÉTYM. Prov. espagn. et port, proo; ital.pruo; du lat. prora , qui vient du grec irpûpa. L'r, dont la suppression est rare, aura disparu par euphonie. D'un aulre cûté l'italien dit aussi proda, qui paraît se rattacher à l'ancien haut-allemand prot, proue.
PROUESSE (prou-è-s'j, s. f. || 1» Action de preux, vaillance. Lo lion, terreur des forêts. Chargé d'ans et pleurant son antique prouesse, la font. Fabl. m, 14. Et déjà dans le port Tout retentit de nos prouesses, mol. Amph. 1, <. Dans une nation guerrière où la force , le courage et la prouesse sont en honneur, montesq. Esp. xxviii, I7. Ces pleurs vont enfanter d'incroyables prouesses, c. delav. ta fille du Cid, II, 8. || %<■ hamilièrcment, il se dit de choses comparées à des prSue.sses. Le comédien Destin fit des -prouesses à coups de poing, dont on parle encore dans la ville du Mans, scarr. Rom. corn. 1,3. Ces dragons de vertu, ces honnêtes diablesses. Se retranchant toujours sur leurs sages prouesses, mol. lie. des f. iv, 8. Mais bientôt, rappelant son antique prouesse, Il |le prélat] tire du manteau sa dextre vengeresse, boil. Lutr. v. || Conter ses prouesses, raconter ce qu'on a fait de vaillant soil à la guerre, soit ailleurs. Cu mot est vieux, et n'entre plus dans le beau style qu'en raillerie, comme, par exemple, si jadis: sa vanité est insupportable, il ne c«Me de parler du >ei pruueasus, vaubil
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Rem. t. u, p. «80. Il était occupé i conter ses prouesses à quelques dames qui s'étaient approchées des comédiennes, scahron^ Kom. corn, i, 2). || Ironiquement. Voilà une belle prouesse, se dit de quelque action blâmable ou ridicule. Nous avons fait, Lisette, une belle prouesse, fagan, Rendesvinis, se M. Il 3° Certains excès de débauches. Leurs prouesses sont d'avoir bu d'autant , le p. sim. MARS. Hysl. du roy. de Dieu, p. «58, dans pougens. Le duc de Lauzun fit le lendemain [de ses noces] trophée de ses prouesses, st-sim. 28, 7«.
— SYN. PROUESSE, EXPLOIT. La prouesse n'est plus proprement que l'action d'un chevalier, d'un paladin; l'exploit est d'un grand capitaine, d'un général. On dit les prouesses d'Amadis; les exploit» d'Alexandre.
— HlST. XI' s. Oui de son cors fcist tante» proecces. Ch. de Roi. cxx. || xii' s. [il] Ne fud pas de la pruesce as trcis premiers [ci-dessus nommés], Botî, p. 2«4. Il xiii''8. Tout ainsi com la nois [neige] remest [se fond) Quant li rais du soleil l'ataint, Tout ainsi remest et eslaini Kl Cucr de l'home la proesche. Si tost qu'avarice l'estcche, llist. lilt. de la Fr. t. xxm, p. 270. Et quant aucuns à honor monte Par .son sens ou par sa proece. C'est la chose ijui plus la blece [l'enviei, la Rose, 210. Apres, te garde de retraire Chose des gens qui face à taire : N'est pas proesce de mesilirc, t6. 2099. || xiv s. Celle vertu que l'enseulten françoys appeller proesce, oiiesme, Eth. 79. Il XV' s. Et me sambloit, à voir enquerre [à chercher le vrai], Grant proece à leur grasce acquerre , fboiss. Espin. amour. || xvr s. La singulière prouesse des habitants à se bien deffeudre,
— ÉTYM. Preux; prov. proexa; cat. proesa; espagn. proeia ; ital. prodezza.
t PROCSTITE (prou-sti-t'), s. f. L'arsénio-sulfure d'argent, qui a été étudié par Proust.
t PROUVABLE (prou-va-bl'), adj. Qui peut être prouvé.
— HIST. xiti* s. N'est-ce donc chose bien provable. Que sa roe |de fortune] n'est pas tenable ? la Rose, 6647. || xiv S. Les disciples Pitagcras, ce semble, disoient de ce bien souverain chose mieulx prouvable et plus entendible, ohesme, Eth. vi (11).
PROUVÉ, ÉE (prou-vé, vée),part. passé de prouver. Il est bien mieux prouvé que tout homme est né avec le droit naturel de choisir une patrie, qu'il n'est prouvé qu'un prince a le droit d'assassiner ses sujets, VOLT, Ann.Emp. Charles Quint, «54«.
PROUVER (prou-vé), V. a. || l' Etablir la vérité d'une chose par des raisonnements convaincants, par des témoignages incontestables ou par des pièces justificatives. Voyons donc comment -vous prouvez ce que vous dites, et vous verrez ensuite comment je prouve ce que je dis, pasc. Prov. xiii. tes exemples qu'on prend pour prouver d'autres choses, si on voulait prouver les exemples, on prendrait les autres choses pour en être les exemples ; car, comme on croit toi jours que la diflicullé est à ce qu'on veut prouver, on trouve les exemples plus clairs et aidant à le montrer, id. Pens. vu, 3, éd. HAVBT. Je n'entreprendrai pas ici de prouver par des raisons naturelles ou l'existence de Dieu, ou la Trinité, ou l'immortalité de l'âme.... m. ib. x, 5. Qu'ils viennent donc sur moi prouver leur zèle impie, RAC. Iphig. v, 3. La colonne rostrale, érigée dans Uome par les contemporains do Duilius, est sans doute une preuve de la victoire navale de Duilius; mais la statue de l'augure Naevius, qui coupait un caillou avec un rasoir, prouvait-elle que Nsvius avait opéré ce prodige? volt. Dict. phil. Histoire. Sauttern n'a pas besoin que je lui prouve ma confiance; mais le public a besoin que je lui prouve que je la sais bien placer, i. i. rouss. Conf. xir. Il Être prouvé ceci ou Qela, se dit d'une personne que l'on prouve être ceci ou cela. Le cardinal de Bouillon fut prouvé l'inventeur^t celui qui avait mis de Bar en besogne de cette fabrication [d'un cartulairej, st-siu.3S4, 486. || Absolument. Nous avons une impuissance de prouver invincible à tout le dogmatisme ; nous avons une idée de la vérité invincible à tout le pyrrhonisme, pasc. Pens. viii, 9. Il J° Par extension, montrer, marquer, donner lieu de connaître, avec un nom de chose pour sujet. Celte action prouve beaucoup de bonté. || 3" .Se prouver, 1'. réfl. Être prouvé. Tout ce qu'ont dit les anciens, soit bon, soit mauvais, est sujet à être bien répété; et ce qu'ils n'ont pu eux-mêmes prouver sur des raisons suffisantes, se prouve à présont par leur autorité seule, fonten. Oracles, \, Préambule. Il Proverbe. Qui prouve trop ne prouve rien, c'e^tà-dira sauvant à force de vouloir persuader m;«
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chose, on la rend moins croyable. Ces deux personnages n'ont pas réussi : qui prouve trop ne prouve rien, dit je ne sais qui, S6v. H7. N'y ayant rien de plus assuré que cette règle de dialectique : qui prouve trop ne prouve rien, Boss. 5' avert. 27.
— HIST. XI' s. Se i! ne pot prover sor saintz qse melz [mieux] ne sot [il ne sut] juger.... Lois de GuUl. 16. f|xii's. Sur les chevaus provez [éprouvés! et asaiez, Ronc. p. 57. Sire compeing, c'est veritoz provée, ib. p. 90. E li sainz coraença mot à mot à prover, U li reis par ces leis voleit tendre e aler, Th. le mart. 67 || xin* s. Se bien ne vous prouvez [si vous ne vous comportez bien], de la dolor [je] mourrai, Berle, vu. Et je suis prest que je le te preuve de mon cors contre le tien, Àis. de Jér. 1 1 9. n sanlleroit qu'il en fust subornés, et il meisme se proveroit ,'f parjures, beaum. xi., 38. Por ces raisons proverent li sage, que la lune emprunte dou soleil la lumière resplendissant qui vient jusqu'à nos, BRUN. LATiNi, Trésor, p. 139. Il XVI» s. Ils nient la vraye pieté pouvoir consister, si toutes ces choses ne sont crues, combien qu'ils n'en prouvent rien par la parole de Dieu, calv. Instit. Dédie. Qui mieux abreuve [ses témoins], mieux preuve, lotsel, 77»
— ÉTYM. Berry, preuier; bourg, prôvai; picard, prorcr ; prov. proar; espagn. probar ; port, provar; ital. prohare; du lat. probare, qui a même radical que prohits (voy. probe). Au xvii' siècle, prouver et preuver étaient tous deux en usage (marg. buffet, Observ. p. 77).
PUOVftDITEUK (pro-vé-di-teur), s. m. Nom de certains officiers publics dans l'ancienne république de Venise, qui avaient quelque commandement, ou qui étaient chargés d'une inspcctiou particulière.
— HIST. XV 8. Il escriroit aux deux providateurs vénitiens,... qui sont offices députez pour conseiller leurs capitaines, comu, vui, 9, j| xvi* s. Or avoit ledit roy Loys, par accord fait avec les Vénitiens, renvoyé messire Gritty leur providadour pris à Brese, M. du beh, «4,
— ÉTYM. Ital, provveditore , de provvedere (voy. poLTivoiR) . L'ancienne langue avait un mot de formation analogue : proveeur.
PROVENANCE (pro-ve-nan-s'), i. f.\\l' Tarmo dp commerce et de douane. Tout ce qui, provenai t d'un pays, est transporté de ce pays dan.s un autre. Les provenances du midi. Des marchandises de provenance étrangère. |: Il s'emploie surtout au pluriel. Il 2° Fig. Source, origine. Un mot dont on ignore la provenance,
— ÉTYM, Provenant.
PROVENANT, ANTE (pro-ve-nan, nan-t'), wlj. Qui provient, Lss biens provenants de la succession.
t PROVENÇAL, ALE (pro-van-sal, sa-l'), adj. Langue provençale, ou, substantivement, le provençal, synonyme de langue d'oc; aujourd'hui, parler populaire de la I^roM-nco, qui est jn dérivé de l'ancien provençal, || Terme de cuisine, À la provençale, se dit d'une espî!ce de sauce piquante. Il S. ^ Nom spécifique d'une couleuvre.
— ÊTYM. Provence, du lat, provincia, province, nom que cette contrée portait sous la domination des Romains.
t PROVENCIALISEB (pro-van-si-a-li-ïé) , v. n. Avoir l'accent provençal, en parlant. Les dames de Forbin [Provençales] qui parlaient toutes à la fois, et provencialisaient avec un air d'assurance et de sécurité merveilleuse iihcourchamp, Souv. d". SI me de Créijwj. i, II, p. 404.
PROVKNDE (pro-van-d"), », f || 1» Terme familier. Provision de vivres. Il avait vu sortir gibier de toute sorte ,.. Régiments de dindons, enfin bonne provende, la font. Fabl. iv, 16, Ils [les Talleyrandj av.iient en guise de maître d'hôtel une sorte de maître Jacques qui s'en allait tous les jours chercher leur provende à la desserte des tables royales, DEcouRciiAMP, Souv. de la marquise de Créquy, t. I, ch. vin. Il l' Terme d'économie rurale. Mélange do divers aliments trfts-nutritifs, propre, à engraisser les bestiaux. >
— HIST. xn* s. X tuz ces chevals truverent furre [paille] e provende, ù ke fust li reis. Rois, p. ao. Cil me don», et Diez li rende, X Baiex une provende, wACB, dans du cangf., prxbeyida, \\ xiii* s. Oui ar- L'eiit porte à Rome, assés tôt provende a ; On ne !•!.? donne mie si corn Diex commenda, ruteB. 234. 'I XIV* s. Ainsi furent loue temps en la cité de pris, .Sans yssir de leans n» sans estre assaillis; lit ainsi leur p.-ovende apetissoil tousdis, Guescl. I24i , »orianie. |l xvi» g. Pour distribuer la provende aux pi-
geons à leurs m«iilleures heures, ce sera le matin et le soir, o. nn skrhes, 398,
— ÉTYM. Picard, preuvenne. quantité de grain nécessaire à un cheval. Les exemples de Wace et de Rulebeuf prouvent que provende et prébende sont le même mot (voy. prébende),
PROVENIR (pro-ve-nir), v. n. Il se conjugue comme venir. Venir de, naître de. Les enfants qui proviendront de ce mariage. U n'est chose aucune Oui, provenant de vous, me puisse être importune, MAiRET, Solim. II, 2, D'où provient ce tumulte? m. Sophon. II, 4. Les terres des pays vaincus, ou le prix' qui proviendrait de leur vente, koss. Hist. m, 7. D'oii provient sur ton front cette pâleur mortelle? Ducis, Oscar, i, 3. || Il se conjugue avec l'auxiliaire être.
— HIST. XVI" s, Indie seulle pourte le noir ebene; en Sabée provient le bon encens, rab, Panl. iv, 64, L'argent provenu des amendes, amyot, Thém. 66, Qu'il en proveijoil [de l'amour] des fruicts très utiles au privé et au public, mont, i, 2< i,
— ÊTYM. Lat. provenire, de pro, et rentre, venir. PROVE.NU, UE (pro-ve-nu, nue) , pari, passé de
provenir. Les enfants provenus de ce mariage. Une maladie provenue de fatigues excessives,
PROVERBE (pro-vèr-b'), s. m. \\ 1" Sentence, maxime exprimée en peu de mots, et devenue commune et vulpaire. Il y a un proverbe garant de tous les autres qui dit que les proverbes ne mentent point, GARASSE, Rech. des rech. p. 833, dans lacurke. Ne t'attends qu'à toi seul; c'est un commun proverbe, la fort. Fabl. IV, 22, De proverbes traînés dans les ruisseaux des halles, mol. Femmes sav. u, 7. [Des vers] Par le prompt effet d'un sel réjouissant Devenir quel luefois proverbes en naissant, boil. Ép. X. Le peuple dit que Paris n'a pas été blti en un jour; le peuple a souvent raison dans ses proverbes, VOLT. Dict. phil. Credo. Ah! \oilà notre imbécile avec ses vieux proverbes! hé bien I pédant, que dit la sagesse des nations''... beai'mahch, llar. de Fig. I, <(. Ils [les Banians] répondaient, en secouant la tête, par un de leurs proverbes qui signifie que, si l'on approche le beurre trop-^ près du feu, il est bien difficile de l'empêcher de fondre, baynal, Hitt. phil. iv, 8. On cite d'autres traits de barbarie non moins exécrables, et qui ont donné lieu à ce proverbe : À Soiirte, la liberté est sans bornes, ainsi que l'esclavage, barthél, Anach. ch. a. || Fig. 11 faut se défier de ces axiomes absolus, de ces proverbes de physique quêtant de gens ont mal à propos employés comme principes, BUFp. Hist. anim. n. Comme le peuple a des proverbes, ces prétendus principes sont les proverbes des philosophes, ils ne sontquecela, condil. Trotta des syst. ch. 1 2. || Faire des proverbes, donner lieu à des proverbes. Le plus grand honneur qui puisse arriver à une comédie, c'est de faire des proverbes, FONTEN. Hist. théâtre franc. Œuv. t. ui, p. 4», dans pouGBNS. |{ Faire proverbe, se dit d'un vers, d'une phrase d'un ouvrage qui devient proverbe. Plusieurs de ses bons mots [de Pascal] ont même fait proverbe dans la langue; et les Lettres provinciales seront éternellement regardées comme un mod'.'le de goût et de style, d'alemb. Éloges, Bossuet, Kole 14, Il Fig, Passer en proverbe, faire proverbe, se dit de quelque chose que l'on citecommunément comme un modèle, comme un type. Leur amitié passait en proverbe, la bruy. m. Votre fraternité Fit proyerbe autrefois dans l'univeriité, c. helav. Éc. des vieill. i, 4, || Jouer aux proverlcs, se dit d'un jeu de société où l'on s'amuse à des applications de [iroverbes. Voiture vous aurait dit que vous avez l'air à la danse; mais je ne suis pas aussi familier que lui avec les grands hommes et avec les rois; et il ne m'appartient pas de jouer aux proverb s avec eux, volt. Lett. ou rot de Pt. h mai 1742. Il 8' Les Proverbes, ouvrage de Salomon, qui contient un grand nombre d'instructions pour la conduite de la vie, ainsi dits parce qu'ils sont écrits en forme de sentences, ji 3° Petite comédie qui est le développement d'un proverbe. Il est vrai que M. de Floriîin, qui a une charmante petite maison dans Ferney, donna il y a quelque temps un grand souper à Mme de Suchet, où elle joua une ou deux scèrifs de proverbes, volt. Lett. d'Arj/enlal, 3 avr, 1776, Il Terme de musique. Proverbe musical (voy. proverbial).
— syn, proverbe, AnAGF-, Le proverbe peut être et est souvent une sentence revêtue d'une métaphore ou leprésentant une petite parabole. L'adage est une sentence directe qui n'implique ni métaphore ni parabole,
— HIST. XIV* 8. Et pour ce disoiu uous maiai*-
PRO
foies en proverbe que justice est la plus très noble de toutes vertus, oresme, Eth. (42, U a en France un tel proverbe ; de bon tourneeur (homme de tournoi] couart guerrier, ID. ib. 79, {[ xv s. On dit en un commun proverbe,,., que oncques envie ne mourut, FROiss. II, II, 206. Il XVI* s. La connoissance tant des mots que des proverbes nous apporte le plus du temps certaine connoissance de l'histoire, pasquier, Reeh. liv, viii, p, 672, dans lacurnk.
— ÉTYM. Bourguig. provarbe; provenç. proverbi; espagn. et ital. proverbio; du lat. proverbium, d» pro, en avant, et ticrbum, mot, parole (voy, verbe)
PROVERBIAL, ALE (pio-vèr-bi-al, a-l'), adj. Il 1° Oui tient du proverbe. Des dictons proverbiaux. Lamotte a fait, à mon avis, une étrange méprise, en employant à tout propos, pour avoir l'air naturel, des expressions populaires et proverbiales, marmon- TEL , Œuv. t. VII, p. 381, Il 2° Oui a passé on proverbe. Ces hommes [les bénédictins de Saint-MaurJ dont le savoir est devenu proverbial, ciiateaubh, fiente, iv, vi, b. || 3" Terme de musique .Se dit des airs ou des fragments d'airs qui rappellent les paroles jointes à leur mélodie,
— ÉTYM, Lat. proverbialis, de proverbium, proverbe.
PROVERBIALEMENT ( pro-vèr-bi-a-le-man ) , adv. D'une manière proverbiale. On dit proverbialement que le mien et le tien sont pères de la discorde, DUMARS. Œuv. t. IV, p. 211.
— ÉTYM. Proverbiale, et le suffixe ment.
f PROVIDE (pro-vi-d'), adj. Qui prévoit, qui a le caractère de la prévoyance. Nobles, généreux, provides et honorables messieurs les nobles, les citoyens et les bourgeois... Pièce du pays de Vaud de 17(2, dans veroeil, Hist. du canton de Vaud, t, n, j), 665, Pour moi, je bénirai la provide nature Qui cacha ma patrie à ces brigands pervers, masson, Helvél. u. Le père donne en partant les provides leçons, vieille inscription, citée dans Helv. p. 267,
— MIST, XVI' s. Le duc de Somerset qui est un prince fort provide, carl. ii, 3. Un bon et provide ménager, tahubead, Dialogiies, p. 75, dansLACURNï, au mot praticien.
— ÉTYM. Lat. providus (voy. provibence). PROVIDENCE (pro-vi-dan-s'), j. f. \\ 1° Suprême
sagesse par laquelle Dieu conduit tout. Que toutes les créatures ne sont pas la première cause des accidents que nous appelons maux ; mais que, la providence de Dieu en étant l'unique et véritable cause, l'arbitre et la souveraine.... pasc. Lett. sur la mort de son père. Tout le monde savait que les dieux que les épicuriens admettaient, sans soin des choses humaines, sans puissance et .sans providence, ne faisaient aucun bien et n'appuyaient ■ en aucune sorte la foi publique, boss. Polit, vu, II, 4. La providence particulière, tant célébrée dans l'Écriture, et poussée par Jésus-Christ même jusqu'au moindre de nos cheveux, id. i*'arert. (5. Délaissée de toute la terre dès ma naissance, je fus comme jetée entre les bras de sa providence paternelle [de Dieu], ID. Duch. d'Orl. Je crois la providence générale, ma chère sœur, celle dont est émanée de toute éternité la loi qui règle toute chose.... mais je ne crois point qu'une providence particulière change l'économie du monde pour votre moineau ou pour votre chat, volt. Dict. phil. Providence. Il Fig. Être la providence de quelqu'un, pourvoir à tous ses besoins, veiller à son bonheur, à ses intérêts. Vous êtes, pour ainsi dire, leur providence visible, MASS. Pet. carême. Hum. des gr. Cette chambre on ma mère, avec sa douce main, Pansait leurs pieds meurtris et leur coupait le pain, Us l'ont brûlée; ils ont chassé leur providence, lamast. Joc. II, 68. Il Être une ressource, en parlant des choses. U est vrai que le Comtat d'Avignon est une providence, sÉv. 29 juin i689. || i" Dieii luimême considéré dans sa providence (avec un p majuscule). Concluons que la Providence .Sait ce qu il nous faut mieux que nous, la font, Fabl. vi, 4. Elle [la paix née de la vue de la volonté divine | fait au* l'homme se laisse amoureusement emporter au torrent de la Providrnce, sans se mettre en peine d'autre chose que de s'acquitter fidèlement des devoirs particuliers qui lui sont prescrits à chaque moment par la loi de Dieu, micole, Ess. de mor. 2" traité, ch. 6. Enfin il en faut revenir à la Providence, dont M. de Pompone est adorateur el disciple; et le moyen de vivre sans cette divine doctrine? il faudrait se pendre vingt fois le jour; et encore avec tout cela on a bien de la peine à s'en empêcher, sËv. 388. Qui m'Oterait la vue de la Providence m'ôterait mon unique bien ; et, si je croyais qu'il fût en uous de ranger de déranger.
PRO
de Taire, da ne faire pas, de vouloir une chose oui une autre, je ne penserais pas à trouver un mo-' ment de repos, id. 423. Oh bien ! Providence, faites donc comme vous l'entendrez : vous êtes la maitresse ; vous disposez de tout comme il vous plaît, et vous êtes tellement au-dessus de nous, qu'il faut encore vous adorer, quoi que tous puissiez faire ID. Leil. à Bussy, 22 sept. <«88. Si l'on examine les raisons et la fin de toutes ces choses, on y trouvera tant d'ordre et de sagesse, qu'une attention un peu sérieuse sera capable de convaincre les personnes les plus attachées à Épicure et à Lucrèce qu'il y a une Providence qui régit le monde, MiLEBH. Rech. vér. ii, i, 4. I-a volonté qui a créé et qui conserve est la Providence, bon.net. Causes pretn. II, 5. Il 3° 11 s'est employé au sens latin de prévoyance. On lui demande [au roi de France, en le sacrant] s'il veut défendre les saintes églises de Dieu et leurs pasteurs et tout le peuple qui lui est soumis, justement et religieusement, par une royale providence, selon les coutumes de ses pères, boss. Podt. vu, V, ( 8. N'avons-nous pas pour nos intérêts propres une certaine providence de politique? fén. t. XVII, p. 384. Il 4" Société de la Providence, maison de la Providence, etc. divers établissements de bienfaisance. Il Filles de la Providence, religieuses établies dans plusieurs villes de France. Il S" La Providence, divinité qu'on représentait sous la figure d'une jeune dame romaine, avec un sceptre à la main, dont elle montrait un globe qui éuit à ses pieds, pour faire entendre qu'elle gouvernait le monde.
— HIST. xui* s.... li bon» Karles, Contes d'Anjou et de Provance, Qui par devine porveance Est ores [présentement] de Sesile rois.... la Rose, eo66. Il uv s. Clément par la divine pourveance apostole de l'église de Rome, no cange, apostoUcut. Il XV' s. Dirons que art, providence, entendement, science et sapience sont les suppoz do parfaicte sagece, chbist. de pisan, Charles V, m, a. Le hault maistre des euvres, dont la providence ne fait riens en vain, al. chartier, (Euv. p. 280. |i xvr s. C'est par son juste décret et prouvoyance fde Dieu] que tout ce que nos ennemis attentent contre nous est permis, calv. Instit. )62. L'ordre fut si bien observé par la providence des capitaines que.... cabl. IV, (».
— fiTYM. Provenç. prwndenlia ; espagn. provideneia ; lui. providenza; du lat. providenlia, de providere, prévoir et pourvoir, de pro, pour, et videre, voir. Proridentia a donné, dans l'ancienne langue, pourveance ou proureance, avec les sens de providence, prévoyance et provision, comme providere a donné pourvoir. Providence a été refait sur le latin.
t PROVIOENT, ENTK (pro-vl-dan, dan-t'), adj. Terme de philosophie. Oui est doué de l'attribut
appelé providence Et soient bénis les dieux,
Dont le soin provident me ramène en ces lieux I BOTitou, Sosies, 11, 3.
— HIST. XVI* s. Provident et bien advisé, charbon. Sagesse, p. 3)8, dans lacuhne.
ETYM. Lat. providentem (voy. providence).
t PROVIDENTIEL, ELLE (pro-vi dan-si-èl, è-1'), adj. Néologisme. De la Providence. Coup, hasard providentiel. La nature, toujours avare pour notre curiosité, et toujours prodigue pour nos besoins, semble avoir traité ces deux poètes, Virgile et Lucrèce, avec une partialité providentielle, oblille, Trois règn. Disc, prél.
t PROVIDENTIELLEMENT (pro-vi -dan-si-è-leman), adv. Néologisme. D'une façon providentielle.
t PROVIGNABLE (pro-vi-gna-bl') , adj. Qui peut être provigné.
— HIST. xvi* s. Provignez les arbres provignables,