‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 378 sur 389 · PUA · texte numérisé non relu

PUA

d'anatomie. Qui a la forme d'iune aile. Nom donné i deux apophyses situées sur la face gutturale de l'os sphénoïde, une de chaque côté de la ligne médiane.

t PTÊRYGOÏniEN , lENNE (pté-ri-go-i-'liin diè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport à l'apophyse ptérygoîde. || Os ptérygoïdien, petit os bien distinct dans les animaux, et considéré chez l'homme comme une apophyse du sphénoïde. Il Substantivement. Nom de deux muscles, le ptérygoïdien grand ou interne, et le ptérygo'idien petit ou externe, qui appartiennent aux apophyses ptérygoldes.

— ÊTYM. Hréoui, aile, et tlSoç, forme.

t PTfiRYGO-HYOÏDIEN, lENNE (pté-ri-go-i u idiin, diè-n'), adj. ferme d'anatomie. Qui appartient à l'apophyse ptérygoîde et à l'hyoïde. || Lig;iineni ptérygo-hyoïdien ligament fibreux partant de l'apophyse ptérygoîde et s'étendant en éventail sur la face externe du muscle ptérypo-pharyngien.

t PTÉRYGO-PAI^TIN, INE (pté-ri-go-pal;i-tin, ti-n'), adj. Terme d'anatomie. Oui apparlienl à lapophyse ptérygo'îde et au palais. || Conduit plerygopalatin, petit canal formé sur les côtés de la face gutturale du sphénoïde par une petite goutliére longitudinale que recouvre une apophyse de l'os du palais.

t PTÉRYGO-PHARYNGIEN, ENNB(pte-ri-go-farin-jiin, jiè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport à l'apophyse ptérygoîde et au pharynx.

t PTILOSE (pti-lô-z'), ». f. Chute des cils par irritation chronique du bord libre des paupières.

— ÉTYM. riTatûOt;.

t PTISANE (pti-za-n'), s. f. Nom, chez les Grecs, de l'orge pilée, avec laquelle on faisait une décoction qu'on administrait aux malades soit non passée et avec le grain, soit passée. On a trouvé dans ses papiers plusieurs mémoires qui avaient rapport. à l'histoire de la médecine, par exemple sur la diète des anciens, sur leur boisson, et leui ptisane, pont. i)odar<. || Aujourd'hui on dit tisane; et notre tisane n'est pas la ptisane des Grecs.

— ÉTYM. IlTiaâvn, orge broyée, avec laquelle on faisait une décoction, de nxiaau), broyer ; lat. pinsere, sanscr. pish, d'où le lat. pisum, pois.

t PTOLÉMAÏTE (pto-lé-ma-i-l'J, s. m. Sectateur d'un certain Ptolémée, l'un des chefs des gnosliques. Dans la loi de Moïse, il distinguait des choseï de trois espèces, les unes venant de Dieu, les autres de Moïse, les autres de pures traditions des anciens docteurs.

t PTOLÉMÉEN, ENNE (pto-lé-mé-in, è-n'), adj. Qui appartient à Claude Ptolémée de Péluse, astronome et géographe. || Système ptoléméen, système qui plaçait la terreau centre du monde; se dit par opposition à système de Copernic.

t PTYALAGOGUE (pti-a-la-go-gh') , odj. Terme de médecine. Synonyme de sialagogue.

— ÉTYM. rixûaXov, crachat, salive, et à.yia'^àç, qui amène.

t PTYALINE (pti-a-U-n') , t. f. Terme de chimie. Substance organique propre à la salive parotidienne

— ÉTYM. llTÛaXov, crachat, siilive, et la finale chimique ine.

PTYALISME (pti-a-li-sm'), s. m. Terme de médecine. Sécrétion surabondante de la salive et du fluide muqueux buccal.

— ÉTYM. nTuoi)iop.6;, de itxûaXov, cracliat.

i. PU, UE (pu, pue), part, passé du verbp paître 2. PU, UE, part, passé du verbe pouvoir. PUAMMENT (pu-a-man) , adr. D'une manière puante. || Fig Mentir puamment, mentir avec impudence. J en ferai peu d'usage [du conseil de régence], répondit-il ; il mentit bien puamment, car il vint au premier conseil de régence, et n'en manqua plus aucun, st-sim. 480, aie.

— ÉTYM. Pttant, et le suffixe ment.

PUANT, ANTE (pu-an, an-f), adj. \\ 1° Qui pue. Je vous parais peut-être dégoûtante, Un peu ridée et même un peu puante; Cela n'est rien pour des héros bien nés; Fermez les yeux et bouchez- vous le nez, volt. Ce quiplatt. ||Le gaz puant, se dit principalement du gaz hydrogène sulfuré. || Terme de chasse. Bêtes puantes, les renards, les blaireaux, etc. Il Fig. U me semble qu'il faudrait faire une battue contre ces bêtes puantes [les ennemis de la philosophie]; mais les philosophes ne sont presque jamais réunis, volt. Lett. Thiriol, 6 déc. <760 Il 2° Fig. Mensonge puant, menteur puant, mensonge menteur impudent. Le comble de l'extravaganct. était, que les missionnaires qui venaient tous enseigner la vérité [en ChineJ... s'accusassent réciproquement des plus puants mensonges, volt. Mél. lin. Lett. chin. «. 118° S. m. Terme populaire Per-

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fonne vaniteuse. C'est un puant, un vilain puant. Il 4° Nom d'un animal. Le puant d'Amérique est un animal différent, et l'espèce du putois parait être confinée en Europe , depuis l'Italie jusqu'à la Pologne, BOFF. Qiiadr. t. ii, p. 250. || On appelle aussi puant la mouffette, et, parmi les oiseaux, la huppe •t le martin-pécheur.

— HIST. xui* s. Or atent m'ame nostre sire. Qui •n'a jeté de cest martire, De cest puant siècle où j'<stoie, Ren. 672». || xv* s. Voire, dit le maire.... gars puant, parles tu ainsi en la présence du roi î froiss. II. II. 116. ||xvi« 8. Je fuys l'air puant et poisant, MONT. 1, 393. Ilsavoient l'haleine puante à l'ail, et l'estomach musqué de bonne conscience, m. ii, 223. Un puant [un glorieux], oudin, Dict. Débonnaire mire fait playe puante [le chirurgien qui n'est pas rigoureux fait que les plaies empirent] ,

COTGBAVE.

PUANTEUR (pu-an-teur), ». f. Mauvaise odeur. J'ai fait monter à vos narines la puanteur des corps Oiorts de votre armée, saci, Bible, Amos, iv, ^o. Le sang corrompu répandait une puanteur capable de suffoquer, fén. Tél. xv.

. — HIST. XIV" s. Pour la puanteur de ton soulfre, Nal. àl'alch. etr. 26.||xvi* s. Toute bonne odeur et sérénité d'air n'en promet pas la santé, ny toute espesseur et puanteur, l'infection, en temps pestilent, MONT, IV, 224.

— ÈTYM. Puant. La forme la plus ancienne était puor, du lat. pulorem.

t PUANTISE (pu-an-ti-z'), j. f. Chose puante.

— HIST. xvi« s. Pour la puantise des besles que l'on tuoit en l'ost... froiss. liv. u, p. 2»o, dans

LACUBNE.

— ÊTYM. Puant.

■PBBÈRE :pu-bè-r'), adj. Qui a atteint l'âge de puberté. On trouva que le nombre des citoyens pubères faisait à Rome le quart de ses habitants, MONTESQ. Rom. 3. Dans les climats les plus chauds de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique, la plupart des filles sont pubères à dix et même à neuf ans, BUFF. Hist. nat. hom. ÇEuv. t. iv, p. 239. Déjà pubère et sensible, je pensais quelquefois à mes folies ; mais je ne voyais rien au delà, j. j. houss. Conf. 1. |||En termes de jurisprudence, qui a alteini l'âge où la loi permet qu'on se marie.

— KTYM. Lat. puber (voy. pubis).

PUBERTÉ (pu-bèr-tc), s. f. Âge où les individus deviennent aptes à se repro'iuire. La puberté accompagne l'adolescence et précède la jeunesse, buff. Hisl. nat. Œuv. t. iv, p. 221. L'âge de la puberté est le printemps de la nature, la saison des plaisirs ; pourrons-nous écrire l'histoire de cet âge avec assez de circonspection pour ne réveiller dans l'imagination que des idées philosophiques? m. ib. p. 22, L'homme est celui de tous les êtres vivants connus, dont la puberté peut être le plus accélérée par les excitations vicieuses, cab*nis. Inslit. Mém. scienc. mor. et pol. t. I, p. H7. Il Âge de puberté, l'âge auquel la loi permet qu'on se marie. L'âge de puberté légale est chez nous à quinze ans pour les filles, à diihuit ans pour les garçons. || Dans le langage physiologique, série des phénomènes d'accroissement qui accompagnent la première maturation et chute d'un ovule chez les filles, et la première production des spermatozoïdes chez les garçons.

— SYN. PUBERTÉ, NCBii.iTÉ. Il faut distinguer la puberté de lanubilité: celle-là arrive avant celle-ci; on est pubère quelques années avant d'être nubile, c'est-à-dire avant d'avoir le corjs suffisamment développé pour le mariage.

— HIST. XVI' s. On lient la puberté de la fille à douze ans. et on recule les masles jusques à quatorze, CHOLiÈREs, Contes, i. I, jfatin. IV, p. (10, dans

POUGF.NS.

— ÉTYM. Provenç. pubertat; espagn. puberdod; ital. pulertà ; du lat. pubertalem , de puber , pubère.

t PCBESCENCF ( pu bè-ssan-s'), s. f. Terme d'histoire naturelle. Etat d'une surface pubescente.

PUBESCENT, ENTE (pu-bc-ssan, s.san-t'), adj. Terme d'histoire naturelle. Garni de poils fins et courts. Bractées membraneuses, droites, pubescentes, ventenat, Instit. Uém.tcienc. t. iv, p. (5.

— ÈTYM. Lat. pubescere, se couvrir de poil follet, de pubes (voy. pubis).

PUBIEN, ENNE (pu-biln, biè-n'), adj. Terme d'anitoraie. Qui appartient ou a rapport au pubis. ijSyinpiiyse puliienne, articulation des deux puliis par leur bord iiilorne.

t PUBlO-FÈ.MOKAL , ALE (pu-bi-o-fé-mo-ral , ra-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au pubis et au fémur. || Ligament pubio-fémoral, gros

DICT. DS LA LAAaUE rRANe*l'tI.

PUB

cordon ligamenteux émanant du tendon commun des muscles de l'abdomen, et se portant dans la cavité cotyloïde, où il s'insère à l'échancruro rugueuse de la tête du fémur.

PUBIS (pu-bis'), s. m || 1" Terme d'anatomie. La partie médiane inférieure de la région hypogastrique. || 2° Partie inférieure et antérieure de l'os co.xal. Il On dit aussi arijectivement : l'os pubis.

— HIST. XVI* s. L'epigastre est le demeurant du tronc du corps contenu entre le diaphragme et l'os pubis, PARÉ, I, 1.

— ÉTYM. Lat. pubis ou pubes, pubis, proprement poil Collet, que l'on rapporte à une racine pu, engendrer, nourrir, avec le suffixe bes, le même que bus, l'imparfait bam, le futur ho, rattachés à fuo.

PUBLIC, IQUE (pu-blik, bli-k'), adj. || l'-Qui appartient à tout un peuple, qui concerne tout un peuple. Le péril dont Rodrigue a su nous retirer, Et le salut public que vous rendent ses armes, CORN. Cid, IV, 2. Le bien public, n. Nicom. m, 2. Quoil sur l'illusion d'une terreur panique Trahir vos intérêts et la cause publique I id. Cinna, i, *. Le prince est un bien public que chacun doit être jaloux de se conserver, boss. Polit, vi, i, ♦. Si le prince n'est ponctuellement obéi, l'ordre public est renversé, et il n'y a plus d'unité, par conséquent plus de concours ni de paix dans un Etat, m. ib. VI, n, *. L'espérance publique frustrée tout à coup par la mort de cette princesse, m. Dueh. d'Orl. Il est temps de nous jomdre aux prières publiques, BAC. Athal. n, I. Et ne suffit-il pas, seigneur, à vos souhaits Que le bonheur public soit un de vos bienfaits? ID. Brit. IV, 3. De la reine et de moi que dit la voix publique? id. Bérén. u, 2. Le cardinal [Mazarin]... accablé de soins et de maladies, comblé de trésors dont il ne savait que faire, et raisonnablement chargé delà haine publique, hamilt. Gramm. 5. Leurs mœurs [des grands] forment bientôt les mœurs publiques, mass. Pet. carême. Exemples des gr. Il me sem'ule que la voix publique donne la préférence à ses fables sur ses contes [de la Fontaine), VOLT. Mél. hist. Lett. de la Visclède. \\0n peut quelquefois le mettre avant son substantif, mais surtout en poésie et dans le style élevé. Lui seul [un médecin] y fit longtemps la publique misère, BOiL. Art p. IV. Et mes malheurs encor font la publique joie, vom. Mérope, iv, 6 Que m'importe à présent ce peuple et son outrage. . , fit la publique voix que je n'entendrai pas? id. Taner. v, 3. Les publiques rumeurs Souvent aux souverains annonçant leur? malheurs, id. Snphon. m, i . Dans la publique paix, c'est le .seul ennemi, id. Zadig, 4. || 2» Morale publique, l'ensemble des préceptes que doivent observer les hommes à l'égard de leurs semblables. Où trouver la moindre apparence, le moindre soupçon d'offense à la morale publique, dans un écrit dont le public non-seulement approuve la morale, mais la juge même trop rigide pour le train ordinaire du monde? p. L. cour. Procht. || Pudeur publique, sentiment de retenue qui affecte la masse des individus comme si elle ne faisait qu'un seul homme. |i 3° Puissance publique, la puissance du peuple, de la nation. || Autorité publique, l'ensemble des fonctionnaires et des magistrats chargés de l'administration publique. || La chose publique, l'État. Bien qu'un tel refus soit un acte héro'ique, Il vous rend inutile à la chose publique, c. delav. la Popular. 1 8. Il 4" Personnes publiques, personnes revêtues de l'autorité publique. On voit, dans le monde, des personnes publiques, des familles d'un grand nom.... MASS. Carême , Pardon. Si vous êtes homme public, l'usage injuste de votre autorité, tous les maux que vous faites et tous les biens que

vous ne faites pas id. Carême, Vocat. Je

voudrais que tout homme public, quand il est près de faire une grosse sottise, se dit toujours à lui-même : l'Europe te regarde, volt. Lett. d'Alemb. 28août f76B. n On dit dans un sens analogue : professions publiques. Ce n'est pas qu'il faille.... négliger ces professions publiques qui fournissent aux besoins de la société, mass. Carême, Vocat. Il 'Vie publique, actions d'un homme revêtu de quelque autorité publique, par opposition à vie privée. |l 6' Charges publiques, impositions que tout le monde doit payer pour subvenir aux dépenses de l'Ëlat. || Services publics, les diverses branches de l'administration des affaires de l'État. Il 6' Ministère public, magistrature établie près de chaque tribunal, pour y requérir l'exécution et l'application des lois. Il La partie publique, le magistral qui, dans les causes civile» ou criminelles, porte la parole et requiert au nom de la société. Il D'y avait point alors [chez les anciens] de partie pu-

PUB^' n77

blique, d'accusateur public/ de vindicte publique, LÉVESQUE, Instit. Mém. s^nc. mor. el pol. l. nr,

p. «75. Il Oflicier public, qui exerce quelque chi par la société. || Droit naître la constitution di 1 7° Commun, à l'usage Et lui-même marchan Criât à haute voix dal Mortels, prosternez-vous, rac. EsOi qpi lui plaît le rencontre irtoul

nctionnaire public, celui

ou fonction déléguée

ilic, science qui fait con-

Ëtats, leurs droits, etc.

us. La voie publique.

lu-bits magnifiques

les es publiques:

;. B. La femme

jardins

publics... c. DELAV. Éc. a vieiil. u . || Édifices publics, édifices employés du;; diffèrei 's services publics. Il Terme de pratique, .'.i rdiaiide publique, femme qui tient boutique ouve.;., et qui, 'i de son commerce, peut s'obliger san- l'aulor de son mari. La femme ne peut este: in jui sans le consentement de son mari, quand elle serait marchande publique , Cad art. 215, Il 8° Femmes publiques, fille; ques , les prostituées. || 9° Qui est dans la bou de tout le monde. Je voudrais que vous nous entendissiez quelquefois mêler notre critique aux admirations publiques du P. Bourdaloue, sÉv. 9 avr. i683. Il 10° Qui est manifeste, connu de tout le monde, répandu de toutes parts. Cette nouvelle est déjà publique. Un bruit [lublic. Paraissez donc, 6 vérité sainte, faites la censure publique des mauvaises mœurs, boss. Sermons, Prédication, Préambule. Il est public que Mme de Jouarre a donné un placet, ID. Lett. abb. (38. Trop heureux, si, par sa douleur et par sa confusion publique, elle peut obtenir la grâce qu'elle lui demande! fléch. i, 213. Mais avec qui daignez-vous aujourd'hui me recevoir, après qui vous fais-jece public remerclment? la bruy. Disc, à l'Acad.fr. U était public dans Rome que les Espagnols pressaient le pape de réaggraver ses excommunications contre le roi de France, anqijet. Ugue, m, su. Ce que je dis ici, partout je le dirai, C'est que l'honneur, monsieur, vous fut toujours sacré,- Et qu'en le proclamant par un public hommage Je venge la vertu dans sa plus noble image, c. delav. la Popular. v, 6. || 11° Qui a lieu en présence de tout le monde. Cours public. Débats publics. Je ma suis un peu arrêttj sur Boindin, parce que c'est le seul de l'Académie des belles-lettres dont on n'ait point parlé .à la séance publique qui suivit sa mort, DUCLOS, (Euv. t. X, p. 60. jl 12° S. m. Le peuple pris en général. Mais le bien du public est une faible loi Que l'on respecte peu quand chacun craint pour soi, DU RYER, Scér.ole, i, 3. Vivez pour le public, comme je meurs pour lui, corn. Œdipe, n, 4. Ils étaient de ceux-là qui vivent Sur le public, et, craignent peu les coups, la font. Fabl. viu, 7. 0 vousl dont le public emporte tous les soins. Magistrats , princes et ministres , m. ib. xii, 27. Le public paraît content, c'est beaucoup : car on est si sot que c'est quasi sur cela qu'on se règle, sÉv. à Bussy, 4 déc. <688. Après tout, mon ami le public fait toujours bien: il loue quand on fait bien; et, comme il a bon nez, il n'est pas longtemps la dupe, et blâme quand ou faitmal, id. (9juill. 167(. Quand je me vis donnée au public et répandue dans les provinces [il s'agit du portrait satirique de Mme de Sévigné par Bussy], je vous avoue que je fus au désespoir, ID. à Buxsy, 28 août <668. Je rends au public ce qu'il m'a prêté: j'ai emprunté de lui la matière de cet ouvrage, il est juste que... je lui en fasse la restitution, la bruv. les Caractères. Où il s'agit de l'intérêt et des commodités de tout le public, le iiarticulier est-il compté? ID. x. M son génie ni l'habitude de réussir ne lui avaient inspiré de confiance, et il n'avait jamais cessé de craindre ce même public qui avait tant de vénération pour lui, FONT. Bernoalli. Que dites-vous, en tout genre, de ce monstre énorme qu'on appelle le public, et qui a tant d'oreilles et ce langues, étant privé des yeux? VOLT. Letl. Hme du Di'lfant, (Osepl. 177». ... Être né dans un .siècle dégoûté qui ne veut plus que des drames et des doubles croches... le public est à table depuis quatre-vingts ans; il boit enfin d« mauvaise eau-de-vie sur la fin du repas, id. Lett. Condorcet, <8 juill. <774. Qui du public s'est fait le serviteur Peut se vanter d'avoir un méchant maître, ID. Guerre Gen. iv. Qu'on se figure cinq cents miroirs se renvoyant l'un à l'autre la lumièrequ'ils réfiécliissent, ou cinq cents échos le même son; c'est l'image d'un public ému par le ridicule ou par le palbéti(|ue, mahbontel, Œuv. t. ix, p. <7b. Le public? combien faut-il de sots pour faire un public? CHAMFOHT . Càruclères et anecdotes. Le monde ne s'abuse point, et les sentences des magistrats ne sont ilétrissantes qu'autant que le publia

PUB

les a confirmées, F. l. èo^R- Pjoeii. ||18« Nombre plus ou moins considé.aWe de personnes réunies mur assister à un spec>cle, a une cérémonie, a une réunion , etc. Je connais mon public. Il n'y a personne qui l'»" «O" P"blic , c est-àdire une porUon de U 5"ciété commune dont on fait soi-même parUe; To'la le public dont on doit attendre le jugement, sans le prévenir ni même le solliciter, DUCLos, Co««.d- ">»"«- '6- Tel [comédien! que le public applaudit comme homme de talent nous l'estimons comme honnête homme, c nELAV. les Coméd. Prologue . Toi, prépare, Laurent les vers et la couronne Que le public charmé doit'jeter de »« ™a'n * l'acteur de Paris qui paraîtra deiua'". ID- «ft- h «• Il Se donner au public, assister »«* réunions, cérémonies, etc. Je comprends le plaisir que vous faites à ce cordon bleu [M. de GriR"»"] ^^ 'O"** donner au public de si bonne atiee... il craignait ici que vous ne fussiez toujours ^chée et chagrine, SÉv. à Urne de Grignan, 25 févr. <«89. Il 14° Le public, l'intérêt public, la chose puj blique (vieilli en ce sens). Le peuple laissera entre

• les mains de ses supérieurs la liberté, la religion

et le public, balz. liv. viii, lett. 45. j| 1B° En public, / loe. tidv. En présence de tout le monde, à la vue de

tout le monde. Prenons part en public aux victoires publiques, CORN. Hor. iv, 7. Eschyle.... Sur les ais d'un théâtre en public exhaussé Fit paraître l'acleur d'un brodequin chaussé, boil. Art p. m. En public, en secret, contre vous déclarée, J'ai voulu par des mers en être séparée, rac. Phèdre, ii, 6. On sait que, chez les Athéniens, les auteurs jouaient souvent dans leurs pièces, et qu'ils ^étaient point déshonorés pour parler avec grâce en public devant leurs concitoyens, volt. Yiede Molière. \\ En demipublic, en ne se montrant et ne se cachant qu'à moitié. Les visites journelles en demi-public du roi à son ancienne maîtresse [Mme de Montespan] faisaient un contraste fort ridicule avec son assiduité chez celle qui l'avait servie, st-sim. 4I3, (S8.

— HIST. XV* s. De toutes ces paroles, ces dons, ees desheritances et heritances, on fit instruments publics et authentiques, fboiss. ii, h, bo Les combattre [les Anglais] en bataille publique [rangée], BONSTREL. t. I, ch. M7, daus LACi'RNE. Le bieo publicque, comm. i, î. ||xvi* s. Faire montre d'une chose en public, mont, i, «19. Renverser la paix publicque, iD. i, 122. Un debvoir publicque, ID. I, 167. Il en provenoit des fruicts tr^'s utiles au privé et au public, ID. i, 2H. Qu'une femme ne puisse porter robbe enrichie de broderies, si elle n'est publicque et putain, id. i, 337. Es gouvernemens des choses publiques (républiques], amyot, Agésil. 1 1 .

— ÉTVM. Provenç. public ; anc. cat. public; espagn. publico; ital. pubblico; du lat. pùblicus, de populus, peuple (voy. peiiplk). L'ancienne forme est poublicom dans les monuments, pais poblice; Vo ou l'u long indique luie contraction : pùblicus pour populicus.

PUBLICAIN (pu-bli-kin), f . m. |j !• Chez les anciens Romains, fermier des deniers publics. Scévola fit justice des publicains, et fit mener en prison ceux qui y traînaient les autres, montesq. Espr. xi, 18. Il Nom donné chez les Juifs aux percepteurs d'impôts, qui, comme on le voit dans les Évangiles, étaient fort hais. Plusieurs Juifs se faisaient publicains, c'est-à-dire fermiers des tributs et des impositions, PLEURY, Mœurs des Israél. lit. xxxii, 3' part, p. 398 et s»», dans pougens. || 2° Par dénigrement, ■ traitant, financier, homme d'affaires. Lacroix, receveur général de Paris, était fort honnête homme et modeste pour un publicain qui a de tels accfts [chez la Choin], st-sim. ï95, si. N'avez-vous pas été frappé de l'énergie avec laquelle l'Antifinancier peint la misère du peuple et les vexations des publicainsT volt. Lett. d'Argental, 8 janv. (764. Déplorant le sort de ces belles contrées, à qui la nature n'a prodigué ses dons que pour en faire la proie lies barbares publicains, j. j. rouss. Conf. iv.

— ÊTVM. Provenç. publican; cat. publica; 'espagn. publicatw; ital. pubblicano ; du lat. publicanug, de pùblicus (voy. public). L'ancienne langue

n avait fait un terme d'injure sous la forme de poplican.

t PCBLICATEUH (pu-bli-ka-teur), s. m. NéolonUme Celui qui publie, qui fait une publication.

— ÊTYM. Lat. publicatorem, de publieare, publier.

PUBLICATION (pu-bli-ka-sion; en Ters, de cinq fiyllabe.s), i. f;|| l'Action de publier. La publication d'une ordonnance. Que tous les gentils se pouvaient «uvtr devant la publication de l'Evangile, en obier-

PUB

vant les seuls préceptes du droit naturel, la Uothb le vater, Vertu des païens, i. État de la loi.ie vous envoie, mon cher ami, la publication de votre bonheur [mariage], faite bien authentiquement en présence des hommes et des anges, volt. Lett. Florian, 19 sept. 4774. Avant la célébration du mariage, l'officier de l'état civil fera deux publications à huit jours d'intervalle.... devant la porte de la maison commune; ces publications de l'acte qui en sera dressé énonceront... Cod. Nap. art. «3. H 2° Ordonnance publiée. Ces publications sont pour le peuple, pour les laquais, pour la canaille, à qui l'on fait bien de défendre certains jeux qui ne sont faits que pour les gens de qualité, dancouiit, la Désolation des joueuses, se. 7. || 8° Action de faire paraître un livre. J'ai vu, monsieur, un petit poôme sur votre Pomone [où l'on reprochait à Santeuil ses locutions païennes] ; j'ai empêché la publication du poème, boss. Lett. I60. Je voulus lui marquer ma confiance, en lui envoyant la profession de foi du vicaire savoyard avant la publication, j. }. Houss. Conf. XI. Il On dit de même : la publication d'un journal, d'un écrit périodique. || L'ouvrage même qui a (laru. Une publication intéressante. PubUcations illustrées. Les nouvelles publications.

— HIST. XVI* s. Tisaphernes ne adjousta plus de créance à cette seconde publication, amyot. Agés. «6.

— ÉTYM. Provenç. publication ; espagn. publieacion; ital pubblicaiione ; du lat. publicationem, de publieare. publier.

PUBLICISTE (pu-bli-si-sf), ». m. || 1° Celui qui écrit sur le droit public, qui est versé dans celte science. Un savant publiciste. Un publiciste allemand trouverait là de quoi faire un gros volume, et le sage d'assez courtes, mais d'assez tristes réflexions, d'alemb Dest. des jésuit. Œuv. t. v, p. 238, dans POUGENS. Il 2° Écrivain politique.

— REM. Publiciste n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de <762.

— ÉTYM. Public.

PUBLICITÉ (pu-bli-si-té), s. f. \] 1* Notoriété publique. La publicité d'un crime. || 2° Qualité de ce qui est rendu public. La publicité des débats parlementaires, d'une audience. Pierre mit dans toutes ses démarches une publicité qui montrait la persuasion intime de sa justice, volt. Russie, il, 40. Ces inventions guerrières qui, en devenant bientôt communes à tous les peuples, perdent par cette publicité même, sinon leur mérite, au moins leurs avantages, d'alemb. Éloges, CailUres. .Songez.... Que la publicité.... — Je vais la rendre immense, c. DKLAv. la Popular. m, 7.(13° État de ce qui appartient au public, de ce qui est d'un usage public. Lorsqu'un cbemin, tracé sur le territoire d'une commune, est affecté à l'usage public, il est naturel de penser qu'il appartient au domaine municipal ; la publicité fait naturellement supposer la communauté, BAYLR-MOuiLLARn, Projet de Code rural, Session 4 868 duCorps législatif, p. 28. Les chemins ruraux sont prescriptibles malgré leur publicité, ID. ib. p. 33.

— ÉTYM. Publie.

PUBLIÉ, ÊE(pu-bli-é,ée), part, passé de publier. Il 1° Rendu public, notoire. Une ordonnance publiée. Sans le secours des vers, leurs noms [des anciens héros] tant publiés Seraient depuis mille ans avec eux oubliés, boil. Ép. 1. 112" Edité, mis au jour, en parlant d'un livre. Hippocrale publié par Foes.

PUBLIER (pu-bli-é), v.a. Je publiais, nous publiions, vous publiiez; que je publie, que nous publiions, que vous publiiez. || 1° Rendre public et notoire. Publier une loi, un manifeste. Publier une nouvelle. Afin d'avoir cette douleur D'ouïr démentir ses victoires. Et nier ce que les histoires Ont publié de sa valeur! MALH. vi, 8. Et faisons publier par toute riUilie : La liberté de Rome est l'œuvre d'Emilie, COHN. Cinna, i, 2. Et que vos conjurés entendent publier Qu'Auguste a tout appris, et veut tout oublier, ID. ib. v, 3. Quoiqu'on publie tous les ans à Rome la bulle In cœna Domini, personne ne croit en France qu elle lie nos consciences; on a même souvent défendu de la publier, dumahs. Lib. Églis. gallic. ii, Max. (6. Il est très-vrai que le pape Léon X publia une bulle en faveur de l'Orlando furioso, VOLT. Dict phil Épopée. || Fig. Tout ce qu'il fait [le Seigneur] publie ses louanges et sa grandeur ; et sa justice demeure dans tous les siècles, saci, mble, Psaum. ex, 3. || 2° Dire partout. Que ne publieront point l'envie et l'imposture? corw. Cid, (II, 4. Mais quoique notre siècle à sa gloire [du Tasse] publie, BOIL. Art p. m. Le sénat chaque jour et le peuple irrités Publiaieot ju'eu mourant Claude avec

PUB

sa puissance M'avait encor laissé sa simple obéissance, RAC Brit. IV, 2. Les dieux vont s'apaiser: du moins Calchas publie Qu'avec eux, dans une heure, il nous réconcilie, id. Iphig. m, 3. || Familièrement. Publier quelque chose sur les toits, le divulguer avec éclat. Il 3° Déclarer hautement. Un enfant courageux publie Que Dieu lui seul est éternel, bac Athal. 11, 9. Il 4* Vanter. J'entends de tous côtés Publier vos vertus; seigneur, et ses beautés [de Bérénice], rac. Bérén. ii, 2. Est-ce là toute cette science que les hommes publient, et qui vous fait révér»r de toute la terre? la bbuy. xi. || 6° Publier pour, avec un adjectif pour complément, déclarer que tel est... Et ne sera jour de ma vie que je ne vous publie pour la plus ingrate et plus trompeu.se femme qui soit sous le ciel, d'uhfê, l'Astrée, i, 6. Et que direz-vous de la marquise Araininte qui la publie partout [cette comédie] pour épouvantable T MOL. Critique, 6. ]] On le dit avec la même signification sans pour. Et je l'entends partout publier hautement Aussi brave guerrier que malheureux amant, corn. Ctd, iv, 2. || 6° Éditer , faire paraître. Les écrits qu'il publia contre saint Cyrille, BOSS. Hist. I, H . Ce pauvre Bernard était bien sage de ne pas publier son poème [l'Art d'aimer]; c'était un mélange de sable et de brins de paille avec quelques diamants très-joliment taillés, voi.t. Lett. St-Lambert, ("sept. 1773. || 7° Se publier, ». réfl. Se vanter en qualité de. Le vaudois ne croit pas comme l'albigeois; mais, comme l'albigeois, il hait l'Eglise, et se publie le seul saint, le seul ministre des sacrements, BOSS. Tar. xi, 206. || 8° Être publié, Cette ordonnance se publiera demain. || Être édité, mi"s au jour II s'est publié beaucoup de livres cet hiver.

— HIST. xiii* s. Li édifice des maisons ki pour omecide seront abatues, seront publié [vendus à l'encan], tailliar, Recueil, p. 5io. Il advint que Ii troi eslurent le meor [maire] de Saint-Liz, et mistrent leur requeste en la volenté le roi; et la puplierent au commun, Liv. de just. 39. || xv* s. Mes frères Jehans de Primai Les ot tous deux [ouvrages] à exemplaire, Ce dist-il, por son roman faire.... Mais n'est mie moult publié, Ains est comme tout oublié, G. GDIART, Royaux lignages, v. 342. C'est une chose qui par les anciens a jà esté escripte et publiée, bercheure, f 7. Ceulz qui meltent et font ou publient les lois, okfsme, Eth. 326, || xvi* s. La honte [des infortunes conjugales] s'en augmente et se publie principalement par la jalousie, mont, m, 347. Il [la Boétie] écrivit une satire latine excellente, qui est publiée.... ro. i, 21 3, Si Plutarque... dict sçavoir de certaine science que, du temps de Domilian, la nouvelle de la battaille perdue par Antoniiis en Allemaigne à plusieurs journées de là, feut publiée à Rome le mesme jour qu'elle avoit esté perdue, m. i, 203.

— ftTYM. Provenç. publicar, publiar; espagn. publicor; ital. pubblicare; du lat. publieare, de publieus, public.

t PUBLIEUB (pu-bli-eur),*. m. Celui qui publie.

— HIST. XV* s. Mon disciple sainct Pol, herault et publieur de mes commandemens , al. cbaut. Œuv. p. 280. ]| XVI* s. Publieur, cotgbave.

PCBLIQCEMENT (pu-bli-ke-man), adv. D'une manière publique, avec publicité, au su et au vu de tout le monde. C'est par mes seuls conseils qu'il veut publiquement Du prince Héraclius faire le châtiment, corn. Héracl. iv, 6. Elle s'en est vantée assez publiquement, rac. Brit. iv, 4. En 1670, M Leibnitz, âgé de vingt-quatre ans, se déclara publiquement philosophe dans un livre dont voici l'histoire... fonten. Leibniti. On [hommes et femmes] se prend, on se quitte assez publiquement, GRESSET, Méch. II, 7. Ce prince (Louis XI] est le premier de nos rois qui ait introduit, ou du moins fait étendre l'usage de manger publiquement avec ses sujets, duclos, Œuv. t. m, p. 34o.

— HIST. XIII* s. Cil leu (ces lieux] sont seint, qui sont publiaument desdié en cité, Liv. de just. 66. Il XIV* s. Publiquement il demandoient la resiitucion des dessus dites choses; secrètement il... bercheure, f 28, verso Soient mis au pilory, ou en

l'eschielle, sans nulleremission,publieinpnt et notoirement, Ordonn. des rois de Fr. t. 1, p. 537. || xv*». Que un roy ne doit croyre personne du monde qui lui die publiquement ou en .secret d'aulruy absent aucun mal, Bibl. des ch. 6* série, t. 11, p. 15I. Il XVI* s. Quand il leur mesadvient (à certains Indiens] en quelque rencontre ou battaille , ils en demandent publicquement pardon au soleil, qui est leur dieu, comme d'une action injuste, mont. i. À*»

PUC

— ÉTYM, Puhlique, et le suffixe ment; proTenç. publicamen ; catal. publicament; espagn. publicamente; ital. pnbbltcamente.

i PCCCINIE (pu-ksi-nie), t. f. Voy. noir des céréales, n° 23.

PCCE (pu s'), s. ril*° Terme d'histoire naturelle. Genre d'insectes de l'ordre des aphaniptères. Il Insecte qui se nourrit du sang de l'homme et de quelques animaux. Un sot par une puce eut l'épaule mordue, la font. Fabl. viii, B. Pour tuer une puce il voulait obliger Ces dieux à lui prêter leur foudre et leur massue, ID. ib. Jusque-là qu'il se vint l'autre jour accuser D'avoir pris une puce en faisant sa prière, Et de l'avoir tuée avec trop de colère, mol. Tart. i, 6. Il y a certainement du divin dans une puce ; elle saute cinquante fois sa hauteur ; elle ne s'est pas donné cet avantage, VOLT. Dial. xxiv, (7. || Fig. Avoir la puce à roreille, être inquiet, agité. Si les catholiques d'Aiigsbourg ont la puce à l'oreille contre les luthériens, GUI PATIN, Nouv. Lett. t. I, p. 140, dans pouGRNs. Jeanne, la puce à l'oreille, Bat sa chatte que réveille La tendresse des matous , bérang. hrogne. || Mettre à quelqu'un la puce à l'oreille, lui inspirer des inquiétudes. || On te secouera les puces, se dit à quelqu'un qu'on menace de battre ou de traiter sévèrement. || Populairement. N'avoir pas le temps de chercher ses puces, se dit d'une femme trés-occupée. |i 2° Puce de mer, petit insecte aquatique. Des espèces de puces de mer sont lumineuses, et communiquent leur éclat aux eaux, BONNET, Conlempl. nat. Œuv. t. vni, p. 378, dans POUGENS. Il La puce aquatique , daphnie puce. Il 8" Puce maligne ou puce de Bourgogne , la pustule maligne, ainsi dite parce que d'abord la pustule ressemble à une morsure de puce. || Les puces, nom donné par les hommes qui travaillent dans l'air comprimé, à un prurit pénible, brûlant, quelquefois intolérable, qui survient quand la pression est grande. || 4° Herbe aux puces, nom vulgaire du psyllion. ||5° Adj. invar. Oui est d'un brun semblable à celui de la puce. Etoffe puce. Ruban puce. Des habits puce. Les acides rougissent les couleurs noires, fauves, violettes, puce.... chaptal, Insiit. Mém. scienc. t. vi, p. 488. || Proverbes. Oui se couche avec les chiens se lève avec des puces. Il  te Sainte-Luce du saut d'une puce, phrase elliptique qui signifie que, du 23 décembre, fête de sainte Luce dans l'ancien calendrier, les jours croissent d'une quantité imperceptible. Il s'ensuit que ce proverbe a près de trois siècles; car depuis 1582 la Sainte-Luce se trouve le 13 décemlire, époque après laquelle les jours diminuent encore sensiblement, LEGOAHANT.  peine le soleil remonte du saut d'une puce.... sÉv. I6 janv. (690.

— iilST. XII' s. Cil ki tu pursieus [poursuis] est curae unschlenz mors u fou] une pulce, Bois, p. 96. Il XIV* s. (Un discours| Ne laissa que ni li mesist [à une dame] Pluisoursfois la puche à l'oreille, j. de CONDÉ, t. II, p. 9. Charles en fist tel joie, ne fist mais laparoiUe ; Mais encore en aura telle pucern l'oroiUe, Dont il aura peour de perdre corps et terre, Cirart de Rossillon, v. 2267. En esté, gardez que en vostre chambre ne en vostre lit n'ait nulles puces. Menagier, i, 7. || xv* s. f^lle estoit amoureuse d'un gros chanoine, qui avoit plus d'argent qu'un chien n'a de puces, louis xi, JVoui . xcii.jjxvi* s. Dames qui ont tant la puce en l'oreille, Ou'il ne les fault appeler n'esveiller, G. crétin, Po^. p. 7», dans pougens. Psyllion, seu pulicaris, herbe à puces, in Ruellium, De slirpibus. Puce e» l'oreille l'homme reveille, LRHOUX DR LINCY, Prov. t. I, p. «98. Nul Sang blanc, nulle puce blanche, ib. t. ii, p. 358. Qui bien dort pulce ne sent, ib. p. 384. Comment Panurge avoyt la pulce en l'aureille, rab. Pant. m, 7. Ceux qui ont charmé les puces [qui ont bu avec excès, au point de n'être pas réveillés par les puces], cho- LiÈRES, Contes, f" 269, dans lacurne (on a dit dans le même sens, brider les puces).

— ÉTYM. Wallon, poust; picard, piuke; provenç. piute, piutii calai. p«s,îO; espagn. pulga; itaî. pulce; du lat. puUcem, que les étymologistes rapprdchentdu grec i]fliX)a, et de l'ail. FUth, qui signifient puce. La racine est le sanscr. sjihur, sauter, sautiller; le grec fait métathèse, et le latin laisse tomber l's initial.

PCCEAU (pu-sô) , !. m. Terme libre. || !• Jeune garçon vierge. || i° Àdj. Puceau, pucelle. Je la tiens pijcelle sans faute, Etsi pucelle qu'il n'est rien De plus puceau que cette belle, la font. Joe. Elle affermit de ses pucclles mains Des fleurs de lis la tige gallicane, volt. Pue. i.

— HIST. XIII* e. LI cors de li. ki puceus fu. Ne

PUC

puet [peut] mort estre corrompu, Édouardle Conf. v. 3982. Li uns est tout nouviaus Ameres [amant] et tout puciaus. Ane. poli. fr. Vat. n°i499, f" i70, dans LACURNE. Il XVI* s. Par manière de gausserie on appelle puceaux ceux qui au soufde de leur haleine rallument une chandelle esteinte, pasquier, tieeh. liv. vm, p. 692, dans lacurne. Garder soigneusement son ame pucelle et nette de la contagion et corruption du monde, charron, Sagesse, p. 522 , dans lacurne.

— ÉTYM. Vov. PUCELLE.

PUCELAGE "(pu-se-la-j') , s. m. || 1° Terme familier et libre. Se dit d'un homme qui n'a pas connu de femme, d'une femme qui n'a pas connu d'homme. Avoir son pucelage. Perdre son pucelage. Et combien la Neveu.... A de fois au public vendu son pucelage, BoiL. Sat. IV. Mme de Beauvais ne s'était pas mise moins bien avec le roi, dont elle passait pour avoir eu le pucelage, st-simon, 14, 169. J'en avais rapporté non ma virginité, mais mon pucelage, j. I. Rouss. Conf. III. Il Fig. et familièrement. Je n'ai jamais dit monseigneur à M. le duc d'Orléans, et jusqu'à présent encore je me suis conservé ce pucelage, st-simon, 227, 48. Moi.... qui osai me vanter d'avoir jusqu'à ce moment conservé chèrement toute une vie mon pucelage entier sur les bassesses, ID. t. xvin, p. I46, éd. in-8», I820. Il 2° Terme d'histoire naturelle. Espèce de petit coquillage univalve du genre des porcelaines.

— SYN. pucelage, VIRGINIT8. Voy. l'exftmple du XV' siècle, à l'historique.

— HIST. XIII* s. Se une feme , el tans de sa veveté ou el tans de son pucelage.... beaum. ii, se. Il XV* s. Virginité et pucellage ne sont pas une mesme chose ne une mesme vertu.... pucellaige est une vertu que .tous ceulx et toutes celles ont, qui n'ont attouchement de charnelle compaignie; mais virginité est trop plus haulte chose et plus merveilleuse,' car nul ne la peut avoir, soit homme ou femme, qu'il ait volunté de charnel attouchement, lancelot du lac, t. m, f" i04, dans lacurne.

— ÉTYM. Pueelle; provenç. piucfiofge ; ital. puJeelaqgio.

I. PUCELLE (pu-sè-l'), s. f. Il 1" Terme familier. Vierge. S' [si] elle a force ducats, elle est toute pucelle, RÉGNIER, Sat. III. Votre petit Allemand.... est beau comme un ange, et doux et honnête comme une pucelle, sév. 7 oct. i676. Je découvre enfin deux pucelles, ou, pour mieux dire, deux filles de cinquante ans, lesage, Diable boit. lO. Si les neuf Muses sont pucelles. Les trois Grflces ne le sont pas, VOLT. Éplt 29. Il La Pucelle d'Orléans, Jeanne d'Arc qui délivra la France (en cet emploi, pucelle n'est pas dustyl» iamilier). || Dans la poésie badine, les doctes pucelles, les neuf Muses. || 2° Il se dit quelquefois simplement pour jeune fille. Le coton pris en leurs rives, Oue leurs pucelles captives En nos maisons fileront, malh. vi, 28. On choisit cent pucelles. Toutes sachant broder, aussi sages que belles, la FONT. Filles de Minée. \\ 3° Espèce de poire, dite aussi chat-brûlé, et intermédiaire entre le messire Jean et le martin sec.

— HIST. X* s. Buona pulcella l'ut Eulalia, Eulalie. Il XI* 8. Et des pulceles et des gentilz oixurs [femmes], Ch. de Roi. lxiii. {| xii* s. Si l'amad tant forment [fortement] qu'il enmaladid; kar grevuse chose lui semblad à mustrer à la pulcele nule descunvenue, Rois, i62. ||xiii* s. Or à mari autre que vous n'aurai; Pucele ainçois tousjours ainsi vivrai, Romaneero , p. 72. Encor [je] te commant et encharge. Que tenir te faces por large [généreux] Â la pucele [servante] de l'ostel, la Rose, 2671. || xv* s. Tous chevaliers doivent aider, à leur loyal pouvoir, toutes dames et puceUes dechassées et deconfortées, à leur besoin, m^ smement quand ils en sont requis, FROiss. I, 1, (8. || xvi* s. Les lits se font : les trois pucelles de MaroUes [qui n'étaient plus pucelles] se couchent, et les maris après, despeh. Contes, V.

— ÉTYM. Prov. piucela, pieueela; anc. espagn. puncella; ital. pulcella, puhella; du bas-latin pullicella, diminutif de pulla (qui avait donné pnlle, jeune fille, dans le Chant d'Eulalie), du lat. puilus, jeune enfant, jeune animal (voy. poule). Le masculin pullicellus a donné puceau.

2. PUCELLE (pu-sè-l'), s. f. Un des noms vulgaires de la feinte , poisson qui ressemble à l'alose.

PUCERON (pu-se-ron), t. m. Genre d'insectes hémiptères qui s'attachent aux feuilles et aux rameaux des plantes, dont le mode de génération, longtemps inexpliqué, est up cas de métagen'se. Nous avons dans nos pucerons un genre d'insectes

PUD

qui, à la propriété de se multiplier sans accouplement, joint encore celle d'être à la fois vivipare et ovipare, bonnet, Obseni. pucerons. Un puceron pris au moment de sa nai.ssance et renfernié à l'instant dans la plus parfaite solitude y mit ail jour, sous mes yeux, quatre-vingt-quinze petits, m. Cnnsid. Cori'S organ. Œuv. t. vi, p. 168, dans podgens. Un des exemples les plus remarquables et les plus heureux de patience offert dans l'observation de la nature, c'est celui de Bonnet, qui vit et éleva la neuvième génération d'un puceron né sans accouplement, SENNEBIER, Kss. art d'observ. t. i , p. 240, dans pougens. Les pucerons, quoique très-petits, sont aussi nuisibles ; ils causent des altérations aux plantes, et font souffrir la végétation de cell» qui sont délicates, oenlis, Maison rust. t. i, p. :«», dans pougens.

— ÉTYM. Diminutif irrégulier de puce, analogue à forgeron, fumeron; Berry, piôsoru, au pluriel. On trouve aussi au xvi* siècle pulçon et ptilçot, qui sont des formations régulières.

[ PUCERONNE (pu-se-io-n'), s. f. Femelle du puceron. Un puceron de cette espèce mis au jour sous mes yeux par une puceronne ailée, bonnet, 06serv. pucerons.

t PUCHER (pu-chè) ou PCCHIER (pu-chié), V. a. Puiser avec le pucheux.

— ÉTYM. Autre forme de puiser, usitée en Normandie.

t PUCHETTE (pu-chè-f), s. f. Espèce de dragu» à l'usage du tourbier.

— ÉTYM. Pucher.

t PUCHEUX (pu-cheû), s. m. Espèce de cuiller à pot à l'aide de laquelle le fabricant de sucre verse le sirop du rafrnîchisseur dans le bec de corbin-, on dit aussi puisoir. On agite le sirop avec une grande spatule, en raclant les parois pour en détacher les cristaux.... puis on verse immédiatement le sirop dans les former, à l'aide du pucheux ou de bassins à anses, Mémoire annexé à la circul. n° i S8

du 18 antît 1838, p 7

— ÉTYM. Pucher.

t PUCHOIR (pu-choir), s. m. Petit baril emmanché servant de cuiller à puiser, dans les salines.

— ÉTYM. Pucher.

t PUCHOT (pu-clio), s. m. Nom, sur le Niger, d'un tourbillon de vent qui, en tournant avec violence, entraîne tout ce qu'il rencontre, labat, Noux). rel. de l'Afrique, t. m, p. l86,dans]AL.

— ÉTYM. Pucher, parce que ce tourbillon puche, puise l'eau.

t PUDDING (pou dingh), s. m. Voy. poudingue.

t PUDDLAGE (pu-dia-j'), s. m. Terme de métallurgie. Action de puddier. Depuis plusieurs années, on cherchait à fabriquer de l'acier par le procédé du puddlage, c'est-à-dire au moyen de l'affinage de la fonte par la houille dans un fourneau à réverbère, procédé jusqu'alors réservé exclusivement i la production du fer, a. gu^bhard. Moniteur, 27 août

1867, p. H 47, f col.

t PUDDLEU (pu-dlé), v. a. Affiner la fonte à la la houille par un traitement spécial qui consiste à placer la fonte dans un four à réverbère, et à la porter à une haute température, qui, jointe à l'action des gaz provenant de la combustion du charbon [coke] mis sur une grille en tête du four, enlève le carbone de la fonte.

— ÉTYM. Anglais, to puddle, rendre troublw, corrover.

t PUDDLEUR (pu-dleur), s. m. Ouvrier employé au pu<ldlage. L'administration des forges prévient MM. les ouvriers puildleurs, chauffeurs lamineurs.... Avis des maîtres de forges aux on vriers de Nantes, Moniteur, i3 mai I8«8, p. 647, 6* col.

PUDEUR (pu-deur), t. f. |] 1* Honte honnête causée par l'appréhension de ce qui peut blesser la décence. Pudeur, dont on ne s'est servi que depuis M. Desportes, qui en a usé le premier, à ce que j'ai entendu dire, vauoel. Rem. t. ii, p. »79, dans pougens. Elle tombe, et, tombant, range ses vêtements; Dernier trait de pudeur même aux derniers moments, la font. Filles de Minée. La nature a mis en nous la pudeur, c'est-à-dire la honte de nos imperfections, montesq. Esp. xvi, (2. Mais je vois la pudeur s'avancer sur sa trace; Ahiqui peut séparer la pudeur de la grâce? delille, Imag. m. Et la pudeur enfin est la grâce de l'àme, m. ib. || Fig. Tous mes écrits, enfants d'une chaste candeur, N'ont jamais fait rougir le front de la pudeur, Gu.iiERT, Mon apologie. \\ 2° Honte honnête causée par l'appréhension de ce qui peut blesser la modestie, l'honnêteté. La femme sainte et pleine de

PUD

pudeur est une g. s. t! qui passe toute grîce, saci, Bihie, Ecclésiastique, ïivi, 4». La vraie chasteté de l'âme, la vniie pudeur chrétienne est de rougir du péché, Boss. Mar.Thér. Je veux dans la satire un esprit de candeur, Et fuis un effronté qui prêche la pudeur, boil. Art p. ii. Une nol)Ie pudeur à tout ce que vous faites Donne un prix que n'ont point ni la pourpre ni l'or, bac. Eslh. m, *. Quelle aimable pudeur sur leur visage est peinte I ID. ib. I, 2. Les hommes corrompus n'ont aucune pudeur, et ils sont toujours prêts à toutes sortes de bassesses, FÈN. Tél. XIV. Ainsi que l'honneurj La générosité, madame, a sa pudeur, dufbény, Réconc. nnrm. iv, 4. {| Homme sans pudeur, homme qui ne rougit de rien. || 3* Chasteté, en parlant d'une femme. Mais la pudeur peut tout sur l'esprit d'une fille, CORN. Théod. ii, 7. Vous qu'il prit à témoins d'une immortelle ardeur. Quand, par un faux ser- *ment, il vainquit ma pudeur, m. Médée, i, *. De l'austère pudeur les bornes sont passées, BAC.P/ièd. jii. (. Il 4* Sorte de discrétion, de retenue, de modestieiqui empêche de dire, d'entendre ou de faire certaines choses sans embarras. Il [l'ami] cherche vos besoins au fond de votre cœur ; Il vous épargne la pudeur De les lui découvrir vous-même, la pont. Fabl. vui, n. Vous.... Qui ne pûtes jamais écouter sans pudeur La louange la plus permise, id. ib. X, IB. Si toujours dans leur âme [des ministres protestants] une pudeur rebelle, Près d'embrasser

l'Êflise, au prêche les rappelle, boil. Ép. m

Votre fils me défend de poursiiivre ; Je l'affligerais trop si j'osais achever; J'imite sa pudeur et fuis votre présence, bac. Phèd. v, 3. Moi-même, je l'avoue avec quelque pudeur.... Ce nom de roi des rois et de chef de la Grèce Chatouillait de mon cœur l'orgueilleuse faiblesse , id. Iph. i, ( . Il n'accepte la place qu'en faisant bien sentir la noble pudeur qu'il avait de succéder à un des premiers géomètres de l'Europe, lui qui ne s'était nullement tourné de ce côtélà, FONTEN. Dangeau. || La pudeur des lois, le respect que les lois inspirent L'autorité établie pour maintenir l'ordre et la pudeur des lois, méritée par les excès qui les violent [remise entre les mains de ceux qui les violent en récompense de leurs excJs] , MASS. Petit car. Exemples.

— HIST. ivi* s. Utile décence de nostre virginale pudeur, si elle pouvoit interdire ceste descouverle,

HONT. III, 5.

— ÉTYM. Lat. pudorem. Pudeur, d'après Vaugelas (voy. ci-dessus au n° <) a été employé pour la première fois par Desportes.

PCDIBONI», ONDE (pu-di-bon, bond'), adj.

Terme familier qui ne se dit guère que par plaisanterie. Qui est plein de pudeur. Un air pudibond. Cette pudibonde demoiselle, volt. Lelt. Florian, 22janv. <776. Il Rougeur pudibonde, rougeur du visage produite par la timidité, par la pudeur

— HIST. XVI* s. Hippociates ne veut qu'aux autres parties on ouvre trop subit les apostemes, excepté aux parties pudibondes, paeé, v, to.

— ÉTYH. Lat. pudibuTidus, de pudere, avoir pudeur.

\ PDDIBONDAGE (pu-di-bon-da-j'), i. m. Terme familier qui ne s'emploie guère que par moquerie pour l'affectation d'une pudeur excessive. Sa conduite passée [d'un mari], comparée aux sapes ci pieuses habitudes de Marthe [sa femme], l'avait jeté dans un accès de pudiboni1a)<e sans pareil, ch. de brhnabu, Un acte de vertu, § v.

PnniCITÉ (pu-di-si-lc), s. f. Pureté du corps et dp \'!\me par rapport aux plaisirs illicites. Dans ces refuges où la pudicilé est à couvert des tentations du désespoir et do l'indigence, pléch. Panéy. ii, p. 321. IJn usurier avait voulu corrompre la pudidicité d'un jeune homme, montksq. Etp. xii, 2i. Les lois de la pudicité sont du droit naturel, et doivent être senties par toutes les nations du monde, id. ib. XV, I 2.

— HIST. XVI' s. Nous voyons que le poète attribue la cause de continence et de pudicité à la sagesse, ÀinroT, Comm. lire, «». Solon feiil le premier en la Grocfl, dict-on, qui par ses lois donna liberté aux femmes, aux despeusde leur pudicité, de pourveoir au be.sding de leur vie, mont, iu, S48.

— f.TVM. Lat. pudicitslem, de pudicus, pudique.

Pt'UlOUE (pu-di-k'), adj. Il !• Qui a de la pudicité. Vous aviez reçu en naissant une Smc si pudique, MASS. Carême, Prod. Kt les Muses toujours pudiques Chassent les poètes cyniques De qui le vin est l'Apollon, lamottr. Odes, t. i, p. JflO, dans POTOKHS. L'on peut dire que l'honneur d'une femme nu'li'iuo est sous la protection spéciale de tous les Kcq: de bi«n, i. t. ^rouss. Uil. m, 48. || S> il se dit

PUÈ

des choses. Si l'absolu pouvoir d'une pudique flamme.... COBN. llor. IV, i. Je défie à la lois tous vos vers, vos romans, Vos lellres, billets doux, toute votre science, De valoir cette honnête et pudi(iue ignorance, mol. ^c. des fem. l, B. Les grâces pudiques de la reine Esther, boss. Jiet'ne d'Angl. || Il est du style .soutenu. \\3° Terme de botanique. Se dit de plantes qui, au moindre choc, abaissent leurs feuilles et leurs branches.

— HIST. xvi" s. Au paravant Clitsemnestre pudique.... AMYOT. Comm. Hreles poètes, 48. La philosophie se mesle et parle librement de toutes choses pour en trouver les causes, les juger etreigler; si faict bien la théologie, qui est encore plus pudique et retenue, chabbon, Sagesse, i, 23.

— ÉTYM. Lat. pudicus, de pudere, avoir pudeur.

PUDIQUEMENT (pu-di-ke-man), adr. D'une manière pudique. Vivre pudiquement. S'exprimer pudiquement

— HIST. XVI* s. Pudiquement, cotgrave.

— ETYM. Pudique, et le suffixe ment.

PUER (pu-é), ti. n. Je puais, nous puions, vous

puiez; que je pue, que nous puions, que vous puiez; d'après l'Académie, ce verbe n'a 1 1 ue le présent je pue, l'imparfait je puais, le futur je puerai, le conditionnel je puerais, et il manque des autres temps; mais on ne voit pas pourquoi on ne se servirait pas du prétérit défini je puai, de l'imparfait du subjonctif que je puasse et des temps composés. || 1° Exhaler une odeur fétide. Viande qui commence à puer. Ces charognes puèrent longtemps. || 11 pue comme un rat mort, comme un bouc, comme une charogne, comme la peste, se dit d'un homme qui sent très-mauvais. H Fig. et populairement. Cela lui pue, lui pue au nez, il en est dégoûté, rebuté. Les bancs, le séminaire, l'apprentis-sage de l'épiscopat, toutes ces choses lui puaient horriblement [à l'abbé de Polignac],ST-siM. iB.f, 240. || Fig. et familièrement. Il fait tellement parade de son savoir qu'il en plie. Il 2° Activement. Puer l'ail, exhaler une odeur d'ail. Retirez-vous ; vous puez le vin à pleine bouche, MOL. G. Dandin, ni, I2. || Cela pue le mu.sc, l'ambre, la civette, se dit d'une odeur forte et incommode de musc, d'ambre, de civette. || Fig. ....Ah! sollicitude à mon oreille est rude; Il pue étrangement son ancienneté, mol. Femm. sav. 11, 7. 11 se trouve dans les mémoires de Villars des traits dont la hardiesse pue la fausseté, st-sih. hi, 204. Il Proverbe. Paroles ne puent point, ou parole ne pue point, se dit par excuse quand on est obligé de nommer quelque chose de sale. Pour Di«u, daignez m'envoyer (paroles ne puent pas) la feuille de l'infâme Frcron contre M. le Brun, volt. Lelt. Urne d'Argental, (4 janv. (76).

— RF.M. Autrefois on disait puer ou puiY; Richelet et Furetière les admettent dans leurs dictionnaires, en disant que ce .sont deux verbes défectueux; que putr n'est point usité à l'infinitif, mais seulement puer, et qu'au présent on conjugue j> pus, tu put, il put. Malherbe a dit : Phlègie qui les reçut Iles géants], put encore la foudre Dont ils furent touchés, 11, 12; Dancourt : La bourgeoisie me put horriblement à l'heure qu'il est, Cur. de Comp. se. 9; Lesage ; Tant mieux, s'écria-t-il, l'esprit me put, et je le regarde 11 l'heure qu'il est comme le présent le plus funeste que le ciel puisse faire à l'homme, Gil Bl. 11, 7. Aujourd'hui^ puir étant tombé dans l'oubli, cette conjugaison anomale a disparu, et l'on conjugue je pue, tu pues, il pue.

— HIST. xiil* s La grâce dechiet D'aucun dit,

que trop est en cours ; 11 est si viens en toutes cours. Qu'il semble à chascun ([ueil pue. Si est sa grâce corrumpue, Baudouin de condé, 1. 1, p. 2:î4. Et moult en trouvèrent par les rues qui estoicnt mort de maladie tout puant, Chr. de Bains, 39. Li fcmiers [fumiers], Qui de puir est cousiumiers, la Base, 89B0. Car tant cum avarice put X Dieu qui de ses biens reput Le monde... ib. 6201. || xv* s. Il samble voir qu'argens me pue ; Dalès moi ne peut arrester, froiss. le Dit dou florin. || xvi* s. Puants au dedans toute sorte de vices, mont, ii, 223,

— ÉTYM. Provenç. pudir ; ital. piUire ; du lat. pulere, puer; grec, TtOetv, itû6eiv, pourrir; sanscr. put/, pourrir, puer.

t PUÉRICULTURE (pu-é-ri-kul-tu-r'), s. f. L'art d'élever les enfants au physique et au moral.

— ÉTYM. Lat. puer, enfant, et culture.

PUÉRIL. ILE (pu é-ril, ri-l'), adj. \\ 1° Qui appartient à l'enfance. Age puéril. L'instruction puérile. Il la Civilité puérile, titre d'un vieux livre fait pour apprendre la civilité aux enfants. || Fig. et familife-

I rement. Il n'a pas lu la Civilité puérile, il manque

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