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médecins, dont la secte prit naissance en Italie vers le milieu du xvii' siècle, ont aussi reçu le nom de mécaniciens.
— ÉTYM. 'laT'-è;, médecin, et mathématicien.
f lATROMATlIÉMATlQUE (i-a-tro-ma-té ma-tik'), adj. Oui apiilique les mathématiques à l'explication des phénomènes de l'économie vivan e. La secte iatroTratliéinatique.
t lATROMÉCAMQUE (i-a-tro-mé-ka-ni-k'), adj. Synonyme de iatromathématique.
— f.TYM. 'latpè;, médecin, et mécanique.
t lATROPUYSIQUE (i-a-tro-fi-zi-k'), adj. Terme didactique. Qui appartient à la physique envisagée dans ses rapports avec la médecing. |j S. f. L'iatropliysique, la physique dans ses applications à la médecine, la physique médicale.
— ÉTYM. 'laTfà;, médecin, et physique.
■j- IBA (i-ba) , s. m. Nom du fruit de l'oba, arbre du Gabon, en Afrique ; c'est une drupe jaune, de la grosseur d'un œuf de cygne, comestible pour les naturels.
t IBÊRIDE (i-bé-ri-d'), s. f. Terme de botanique. Genre de crucifères. Ibéride ombellifère, le thlaspi des jardiniers, iberis umbellata, L.
t IlîÉRlOUE {i-bé-ri-k'), adj. Qui appartient à ribé<-ie ou Espagne.
IRIDEM (i-bi-dèm'), mot latin dont on se sert, dans les citations, pour rappeler, sans le répéter, le nom de l'auteur, le titre d'un ouvrage. || On écrit souvent, par abréviation, ibid. ou ib. || Substantivement. Un ibidem. Des ibidem.
— ÉTYM. Lat. ibi, ici , là, et idem, même (voy. idem). t IBIOCÉPHALE (i-bi-o-sé-fa-r) , adj. Terme
d'histoire naturelle. Oui a une tète d'ibis.
— ÉTYM. Ibis, et xE^a/.ïi, tête.
IBIS (i-bis'), *. m. Terme de zoologie. Oiseau échassier longirostre, vivant d'insectes, de mollusques et de plantes fluviatiles tendres, ibis religiosa, Cuvier. Dans l'ancienne Egypte l'ibis était un oiseau sacré. Hérodote avait très-bien caractérisé l'ibis, en disant qu'il a le bec fort arqué et ia jambe haute comme la grue; il en distingue deux espèces, buff. Ois. t. xv, p. ». || On a dit à tort que l'ibis vivait de serpents et qu'il cassait les œufs des crocodiles. |1 Fig. Il n'y a que la philosophie qui puisse triompher du fanatisme; c'est l'ibis qui vient casser les œufs du crocodile, volt. Lelt. Marmontel, 2B mars (705.
— HIST. xiii' s. En la rivière du Nil naissent oisiau qui sont resemblable as cigoignes, lesquels on apele ibes, qui ne quierent se petit poisson non, ou oes [œufs] de serpens et autres bestes morticines qui soient entor la rivière, brun. lat. Très. p. 212. Il xvi* s. L'ibis, semblable à la cicongne, neus a montré l'usage des clysteres, pabé, Animaux, <.
— ETYM. Kgypt. phib, écrit parfois çiSi;, d'où îêts. flBLIS (i-blis'), s. 7n. Voy. éklis.
I IBYCTER (i-bi-ktèr), s. m. Terme de zoologie. Genre de rapaces formé du seul ibycter leucogastcr (petit aigle d'Amérique de Buffon), appelé roncanco, à la Guiane, d'après son cri.
t ICAQUE (i-ka-k'), ». f. Prune d'icaque, dite aussi prune des anses, prune de coton ou prune de coco, fruit qui vient dans les Antilles et autres colonies d'Amérique.
flCAQUIEU (i-ka-kié), t. m. Terme de botanique. Arbrisseau de la famille des rosacées, qui produit la prune d'icaque, chrysobalanus icaco, L.
t ICARE {i-ka-r'), t. m. Fils de Dédale; négligeant les avis de son père, il s'éleva trop haut dans les airs ; la chaleur du soleil fondit la cire qui attachait ses ailes; l'imprudent tomba et périt dans la mer. || Fig. Il se dit de ceux à qui de trop hautes prétentions sont funestes. Heureux le poêle insensible! Son luth n'est point baigné de pleurs; Son enthousiasme paisible N'a point ces tragiques fureurs.... Et ce pusillanime Icare, Trahi par laile do Pindare, Ne re'ombe jamais du ciel, Lamart. Méd. 1, 41.
f ICARIE (i-ka-rie), s. f. Nom donné par Cabet à l'espèce d'eldorado qu'il avait rêvé en Amérique pour y transporter les sectateurs de ses idées, qui sont des idées communistes.
— ÉTYM. Icaria, nom ancien d'une lie de la mer Egée, située dans la partie de cotte mer qui fut ainsi nommée, d'après Icare, qui y tomba.
+ ....ICE, ....ISSE, ....IS, suffixe qui représente le suffixe latin itius, icius, lequel parait être une forme fréquentative du participe passif.
ICELUI (i-se-lui), ICELLE (i-sè-l'), pron. démonstratif. Vieux mot employé quelquefois encore dans le style de pratique et dans le langage familier. Exposer à vos yeux l'idée universelle De ma cause, et des faits énoncés en icelle, bac. Plaid, m, i. Une érection est la remise d'un fief que le vassal pos-
sède, entre les mains du roi ; le roi, après l'avoir repris, le lui rend avec une dignité dont ill'investit par l'érection aux conditions portées par icelle, STsiM. 299, (03. Comment Candide fut élevé dans un beau château et comme.nt il fut chassé d'icelui, volt. Candide, l. Lorsque Charles IX fit, en <57u, le plan d'une pareille société, il prit, dans les lettres jiatentes, le titre de protecteur et premier auditeur d'icelle, DccLos, Uist. Acad. fr. Œuv. t. ix, p. 308, dans POUGENS.
— REM. On regrette, et avec raison, beaucoup de termes qu'il a plu à l'usage de proscrire ; icelui était d'une commodité infinie, Opusc. lang. franc, p. 2G6, dans POUGENS. On ne peut que se joindre à ce regret.
— HIST. XI* s. Icil en vait au rei Marsilion, Ch. de Roi. ïLVii. Il XII* s. Icil feront as cristiens dolor, Ronds, p. 44. Et tous iceulz que vous devez mener, 16. p. 4 17. Icel jour flst moul chaut, et li ciel fu serin, ib. p. 494. jj xiii* s. Â iceles enceignes qu'er soir [il] ot m'aumosniere, Berte, xii. || xiv* s. Et sont ces vices contraires, c'est assavoir prodigalité et illiberalité, et chescun d'iceui superhabunde et deffault, ORESME, Eth. 48. Il ïv* s. Toules ces villes s'allyerent ensemble avec iceuli Suysscs [dont on vient de parler], comm. v, 4. || xvi' s. Ayant prins la ville de Regge, et en icelle le capitaine Phyton, mont, i, 3. Iceluy, icelle, desquels les courtisans n'usent pas communément , meigret, dans livet, la Gramm. franc, p. 8).
— ÉTYM. Icelui est la forme complète dont celui n'offre qu'une apocope, i! représente par conséquent ecce ille, ecce illius (voy. celui). Diez recommande de ne pas se laisser égarer par les formules de Marculfe où ipsi lui est pris comme équivalant à icelui; la preuve, dit-il, que le c français ne cache pas une s latine, c'est que la forme picarde est ichelui, chelui.
ICUNEUMON (i-kneu-mon), s. m. || 1* Quadrupède, dit aussi rat de Pharaon et mangouste, de la taille d'un chat et de la forme d'une martre, que les Égyptiens révéraient parce qu'il détruit les serpents et les jeunes crocodiles, viterra ir.hneumnn, L. ordre des carnassiers, famille des civettes. Ses œufs [du crocodile], de la grosseur de ceux d'une oie et au nombre de cinquante ou soixante, multiplieraient trop la race redoutable de cet énorme amphibie, si l'ichneumon, qui est tiès-friand de CCS œufs, n'en détruisait un grand nombre, bonnet, Contcmpl. nat. zi, 6, note 4.||2° Nom d'un genre d'insectes hyménoptères, qui sont pourvus d'un aiguillon comme les abeilles, et qui déposent leurs œufs dans le corps dos chenilles. Notre guêpe-ichneumon creuse dans un sable bien dur un trou d'environ deux pouces de profondeur; son travail ne se borne point à excaver ce trou, à lui donner une forme cylindrique, à en polir les parois, à transporter au dehors le sable qu'elle en t.re, ID. ib. xii, 44. || Bonnet a dit, au féminin, une ichneumone, et, adjectivement, une mouche ichnoumone. Je renfermai ces coques dans une Ijolte, et, vers la mi-mai, il en sortit de petites ichneumones, semblables à celles dont M. de Réaumur a donné la description, m. Observ. 7*, Insect. Dans quelques chardons que j'avais ouverts suivant leur longueur, je trouvai une mouche ichneumone, longue d'environ quatre lignes..., m. Observ. ^ 9, Insectes.
— ÉTYM. 'IxvsOiiwv, de txveOo), fureter, suivre la piste, de î/^o;, piste.
t ICIINÔGRAPHE (i-kno-gra-f), t. m. Terme didactique. Ingénieur, celui qui trace le plan d'une machine.
— f.TYM. 'Ixvo;, trace, etycà-mi, décrire. ICHNOGaiVPIIIE (i-kno-gra-fie), s. f. Terme
d'architecture. Plan horizontal et géométral d'un édifice. Il Plan de la coujie parallèle d'un fort un peu au-dessus du rez-de-chaussée, et plan des dimensions horizontales d'une forteresse.
— ÉTYM. Ichnographe.
ICIINOGRAPUIQUE (i-kno-gra-fi-k'), adj. Qui
appartient à l'ichnographie. Plan, dessin ichnographique.
t ICHNOGRAPHIQUEMENT(i-kno-gra-li-ke-man) , adv. D'une manière ichnographique.
t ICHOR (i-kor), s. m. || 1° Terme de mythologie. Dans Homère, le liquide qui coule dans les veines des dieux et leur tient lieu de sang. || 2" Terme de médecine. Liquide purulent et putride que fournissent certaines plaies de mauvais caractère.
— HIST. xvi* s. Une sanie séreuse, subtile et virulente qu'on nomme ichor, PARÉ, viii, 39. Ichor et sautes ne sont en rien différents, sinon que ichor est un mot grec et sanies est latin, id. xi, 2,
— ÉTYM. 'Ixiop.
ICUORUtJX, EUSE (i-ko-reù, roû-z'), adj. Terme de médecine. Qui contient de l'ichor, qui est de la nature de l'ichor. Pus ichoreux.
— HIST. xvr s. Jettant une sanie ichoreuse, séreuse et très puante, paré, v, 27.
— ÉTYM. Ichor.
t ICIIÏirYIQUE (i-kti-i-k'), ad). De poisson, qui consiste en poisson. Régime ichthyique. || Brillât- Savarin a dit ichthyaque, qui est barbare.
— ÉTYM. l/j)'jî/.ô;, de ly.Où;, poisson.
t ICIITII'VO.... préfixe qui signifie poisson, et qui vient du grec l/60ç.
t ICHÏIIYOCOLLE (i-kti-o-ko-1'), s. f. Colle de poisson. Gélatine obtenue de diverses espèces de poissons, et, particulièrement, ds la vessie natatoire du grand esturgeon {acipenser huso).
— ÉTYM. 'IxfiyoxoUa, de Ix^ùç, poisson, et x6).)flt, colle.
t ICHTHYODONTE (i-kti-o-don-f), s. m. Synonyme de glossopètre.
— ÉTYM. Ichthyo....^ et 65où;, dent.
t ICUTUYODORYLITHE (i-kti-o-do-ri-li-f) , s. m. Grosse épine osseuse fossile, qui paraît a\'oir appartenu à la nageoire dorsale de certains poissons.
— ÉTYM. 'I^Ôù;, poisson, Sôpu, lance, et ),iOo;, pierre.
t ICHTHYOGRAPUE (i-kti-o-gra-f), s. m. Auteur qui écrit sur les poissons.
t ICHTIIYOGRAPUIE (i-ktio-gra-fie), s. f. Description des poissons.
— ÉTYM. Ichthyo...., et ypâotiv, décrire.
t ICHTUYOÏPE (i-kti-o-i-d'), adj. Terme de zoologie. Qui ressemble à un poisson.
— ÉTYM. Ichthyo...., et eîooi;, forme.
ICHTHYOLITHE (i-kti-o-li-f) , s. m. Poisson pétrifié, ou pierre qui porte l'empreinte d'un poisson.
— ÉTYM. 'I/.6u6>.i6o;, de i/.6ù;, poisson, et XWc/;, pierre.
t ICnTIIYOLITUOLOGIE (i-kti o-li-to-lo-jie), «./■. Histoire des poissons fossiles.
— ÉTYM. Ichthyolithe, et Jôyo;, traité.
ICnTIIYOLOGIE (i-kti-0-lo-jie), s. f. Partie de la
zoologie qui traite des poissons. Le jeune naturaliste y répondit avec empressement [à l'invitation da Linné]; et il en résulta bientôt une ichthyologie méditerranéenne presque complète, au sujet de laquelle la reine [de Suède] le combla de félicitations et de présents, cap, l'hilibcrt Commerson.
— ÉTYM. 'Iy6uo),oYia, de lyfi\i-,, poisçon, et )6ioi, traité.
ICIirnyO LOGIQUE (i-kti-o-Io-gi-k'), adj. Oui appartient, qui a rapport à l'ichthyologie ou aux poissons.
ICHTirVOLOGISTE (i-kti-o-lo-ji-sf), s. m. Celui qui étudie, qui connaît l'histoire des poissons. Un savant ichthvologiste.
I ICHTIIYOSIORPUE (i-kti-o-mor-f), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un poisson.
— ÉTYM. Ichthyo.... , et fiopyr, forme.
ICUTUY'OPHAGE ( i-kli-o-fa-j') , adj. Qui se
nourrit de poisson. Un peuple, une peuplade ichthyophage. || Substantivement. Los iclilliyophages. Chasseur, ichthyophage, frugivore, pasteur, laboureur, selon l'abondance ou la stérilité de la terre,
RAYNAL, IliSl. phil. I, 8.
— ÉTYM. 'I/(Juoj(XYOç, de Ix^ù?, poisson, et ça- Y«îv, manger.
t ICHTHYOPHAGIE (i-kti-o-fa-jie), s. f. Habitude de se nourrir de poisson.
t ICUTUYOPUAGIQUE (i-kti-0-fa-ji-k'), od;. Qui se rapporte à l'ichthvophagie.
t ICHTUYOPHILÊ (i-kti-o-fî-1'), adj. Terme didactique. Qui aime le poisson.
— ÉTYM. Ichtyo...., et tpî),o;, ami.
t ICIITIIYOPSOPUOSE (i-kti-o-pso-fô-z'), s. f. Bruits produits par les poissons, dits voix des poissons, et qui paraissent dus à la vibration des muscles de la vessie pneumatique.
— ÉTY^I. Ichthyo...., et ij/oço;, bruit.
t ICHTUYOSAURE (i-kti-o-sô-r) ou ICIITIIVO SAURUS (i-kti-o-sô-rus'), s. m. Genre de reptilca appartenant aux époques antédiluviennes.
— ÉTYM. Ichthyo...., et aaùpo;, lézard.
t ICHTUYOSAURIEN, lENSE ( i-kti-o-s6-riin, riè-n') , adj. Qui ressemble à un iclithyosaure.
•f ICHTUYOSE (i-kti-ô-z') , s. f. Terme de médecine. Maladie de la peau caractérisée par des écailles épidermiques plus ou moins épaisses et comme imbriquées.
— ÉTYM. 'Ix^ùç, poisson, et la finale médicale ose, qui s'applique surtout aux maladies chroniques.
t ICUTUYOSPONDYLE (i-kti-o-spon-di-1'), s. f. Vertèbre fossile de poisson.
— ÉTYM, Ichthyo.,.,, et oiiôv5u),o;, vertèbre.
■f-ICHTUYS (i-ktis'), ï- "»■ Terme d'archéologie chrétienne. Mot que l'on trouve sur quelques monuments chrétiens, et qui est fait des premières lettres de 'Itictoûî Xp'.<iTo;, OeoO Tià;, ïtiïrip, Jésus- Clirist, fils de Dieu, Sauveur. Les chrétiens se désignaient très-souvent sous l'emblème et le nom de poisson, !x6ù;, par une espèce de jeu de mots.
ICI (i-si), adv. de lieu. || 1" En ce lieu ; il est souvent opposé à l'adverbe là. Venez ici. Hors d'ici. Ici et là. Voici Climène, madame, qui vient ici pour vous voir, HOL. Critique, 2. Ce n'est pas un ouvrage humain que je médite; je ne suis pas ici un historien qui doit vous développer le secret des cabjnets..., Boss. Heine d'Ànglet. C'est partout des forts élevés et dos forêts abattues.... ici donc, durant huit jours et à quatre attaques différentes, on vit tout ce qu'on peut soutenir et entreprendre à la guerre, ID. Louis de Bourbon. Vous savez quel sujet conduit ici leurs pas, rac. Iphig. ii, 7. Mais pour ici, c'est un miracle quand une fille écoute sur un autre ton que celui du sacrement, hamilt. Gramm. t. Si tout doit finir avec nous.... et que ce soit ici notre patrie, notre origine et la seule félicité, MASS. Carême, Avenir. C'est ici le palais qu'ont bâti vos aieux, volt. Zaïre, ii, 3. Où loge-t-il? n'est-ce pas ici vis-à-vis? dallainval, Éc. des bourg, ii, s. || Elliptiquement et très-familièrement. Ici, en appelant quelqu'un, c'est-à-dire venez ici. Vous ne vous tairez point? est-il temps que l'on cause ? Valère, ici ; laissez cette fille ; et pour cause, DESTOUCHES, Ùlor.v, 5. |{ Cela se dit aussi et surtout en appelant un chien : Ici, Azor. '| D'ici, de ce lieu-ci. Hors d'ici. D'ici on aperçoit la rivière. D'ici là nous comptons douze lieues. || D'ici, signifie quelquefois de ce pays-ci, de ce canton-ci, de cette maison-ci. Je ne suis pas d'ici; mais, madame, je crois Qu'il va bientôtvenir...,PH. POISSON, Procur. arb.sc )3. Tous les honnêtes gens d'ici sont des fripons, regnabd, Démocr. m, 2. |{ Par ici, par cet endroit-ci. M. d'Hamilton lui dit [à Turenne] : Monsieur, venez par ici, on tirera par où vous allez, sÉv. 2H. || Elliptiquement. Par ici, se dit à quelqu'un que l'on engage à passer par un lieu où l'on est. Charles, par ici ; c'est le plus court. || 2° 11 se dit du lieu même où est la personne qui parle, mais en y comprenant une certaine étendue qui varie. C'est l'usage dans votre pays, à Londres, à Rome, mais ici on fait autrement. Et ce n'est pas Calchas que vous cherchez ici [dans le camp des Grecs], bac. Jph. 11, *. Loin de laisser ici [en Angleterre] l'argent que vous y avez apporté, vous l'avez doublé, triplé..., hauil- TON, Gramm. 6. || Il est ici, se dit pour : dans une maison, dans une ville, par exemple à Paris. Mais on ne dira pas tl est ici pour dire dans le département de la Seine. Il 3° Ici, en corrélation avec là ou avec un mot équivalent, et placé souvent en tête d'un membre de phrase , marque la différence des lieux, sans qu'on ait égard au plus ou moins d'éioignement. Ici il y a une forêt, là une montafrne. Ici nos gens se campèrent; Et l'espace que voilà. Nos ennemis l'occupèrent, mol. Amph. 1, *. Ailleurs on nous envie, ici nous gémissons, VOLT. Srmiram. i, 1. C'est ici la montagne où, lavant nos forfaits. Il fie Christ] voulut expirersous les coups de l'impie ; C'est là que de sa tombe il rappela sa vie, iD. Zaire, 11, 3. || Il s'emploie aussi de la même manière dans l'énumération pour marquer les circonstances. Ici il pardonne , là il punit. Il 4° Ici signifie quelquefois un passage qu'on désigne dans un discours, dans une narration, dans un livre, etc. Ici Bossuet commence à parler des guerres d'Alexandre. Jusqu'ici j'ai parlé des Romains. Mais, si vous êtes las, beau sire. Ce pourrait être de trop lire. Et je le suis d'écrire aussi. C'est pourquoi je finis ici, voiture, Œuv. t. 11, p. 48:i. Je serais bien aise de |ioursuivre et de faire voir ici toute la chaîne des autres vérités que j'ai déduites do ces preuiiéi-es, desc. Ili'th. v, i. Il fallait montrer partout et à l'Allemagne comme à la Flandre le défenseur intrépide que Dieu nous donnait; arrêtez ici vos regards; il se pré[)are contre le prince quelque chose de plus formidable..., boss. Louis de Bourbon. C'uelques gens croient que, si l'on ne s'en tient plus à l'horreur du vide, si l'on sait que l'air est pesant, si l'on se sert de lunettes d'approche, on en a l'obligation à Newton; il est ici l'Hercule do la Fable à qui les ignorants attribuaient tous les faits des autres héros, volt. Dict. phil. Newton et Descartes. \\S° Ici appliqué au temps, signifie en ce temps-ci. Cela ne s'était pas vu jusqu'ici. || D'ici là, depuis le moment présent jusqu'à un autre moment. Revenez demain, d'ici là j'aurai arrangé votre affaire. || Kig. D'ici à demain, pendant une
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longue suite. Il y aurait des histoires tragiques à vous conter d'ici à demain, sÉv. 4 3 nov. (075. Il 6° Ici-bas, ioc. adi'. Dans ce bas monde, sur la terre. Les Levantins en leur légende Disent qu'un certain rat, las des soin» d'ici-bas, la font. Fabl. VII, 3. Mes amis, dit le solitaire. Les choses d'ici-bas ne me regardent plus, id. ib. \\ 7° Ici se joint aussi à d'autres adverbes. J'ai crainte, ici dessous, de quelque manigance, mol. l'Ét. i, 4. Vite, venez nous tendre ici dedans le conseiller des grâces, id. Prée. 7. Depuis quelque temps il y a des voleurs ici autour, ID. D. Juan, III, î.
— REM. 1. C'est ici que.... et non c'est ici où.... du moins telle est la règle actuelle. Autrefois ce pléonasme, car c'est un pléonasme, était admis. C'est ici où l'on connaîtra le danger des charges publiques, mass. Avent, Jugem. C'est ici où je pourrais appeler le monde en témoignage, id. Car. Dégoût*. Il 2, X un substantif on joint ci, non ici: ce lieu-ci, et non ce lieu ici. Mais autrefois ici s'employait comme nous employons ci ; Et prie Dieu qu'il nous garde en ce bas monde ici, bégnier. Soi. VIII. Je me résolus de laisser tout ce monde ici à leurs disputes, desc. Mélh. v, 2. Le long temps qu'il y a que vous n'avez reçu de nouvelles de ces quartiers ici, pascal. Lettre à Mme Pirier, 3( janv. 1643. Sa charité n'est point perdue, même en ce monde ici, SÉv. juin itiflo.
— SYN. ICI, Li. Ici est le lieu même où est la personne qui parte ; là est un lieu différent. Ici marque un endroit déterminé; là est plus vague : Venez ici, allez là. L'un est plus prè», l'autre plus éloigné.
— HlST. XI' S. E [il] mettrad [le bétail en litige] en uele [égale] main, d'issi là que il seit derained [jugé], Lois de Guill. 26. Jel (je le] vous pardoin ici et devant Deu, Ch. de Roi. iiix. Plus près d'ici pourrez trouver les Francs , ib. cxcii. || xii* s. Doze mil homes, que vous ici veez, Roncisv. p. 3. Ici de Guiteclin lo lairomes ester, Sax. xiii. || xui' s. Cis homs qui orendroit s'en est aie d'ici, Berte, cxviii. L'en dit que l'élection soit quas'ée, pour ce que li borgois de deus jornées d'ici ne furent pas semons, Liv. de joslice, 43. C'est la fontaine périlleuse, Tant amere et tant venimeuse, Qu'e\ tua le bel Narcissus Quant Use miroit iqui sus, la Rose, 206)2. || xiv s. Mes nous n'en parlerons plus ici endroit, oresme, Eth. VI, (0. ||xv' s. Quej'ay nommées icy devant [plus haut], COMM. v, 7. Il xvi" s. Icy chanter, là pleurer je la vy, Icy sourire, et là je fu ravy De ses discours par lesquels je desvie, ronsard, 85. D'ici à cent ans, mont, i, 84. Ces maistres icy sont de touts les hommes ceulz qui.... id. i, <4l.
— ËTYM. Bourg, iquy, icin; pic. ichi, iki ; Berry, ici, écit; norm. ichin; prov. aici, aissi; du lat. ecce hic, d'où eccic, d'après Diez, qui remarque que, dans des textes du vin* siècle, on avait, par un juste sentiment de l'élymologie, exprimé ici par ecce : parentes ecce habco multos, j'ai ici beaucoup de parents. Ce qui assure celte ctymologie, c'est qu'elle s'applique à ça, à icel, à iceste, et à toutes les formes congénères des langues sœurs.
f ICICANE (i-si-ka-n'), s. f. Terme de chimie. Corps cristallisable retiré de la résine de Vicica aracouchini, Aubl., arbuste de Cayenne, de la famille des térébinthacées.
ICOGLAN (i-ko-glan), s. m. Page du Grand Seigneur. Au fond d'un sérail inutile. Que fait parmi ces icoglans Le vieux successeur imbécile Des Bajazets et des Orcans? volt. Ode (fi".
— ÈTYM. Corruption de ilch-oghlan, mots turcs qui signifient : itch, intérieur, et oghlân, jeune page.
+ lOONIQUE (i-ko-ni-k'), od/. Terme d'antiquité grecque. Statue iconique, statue de grandeur naturelle qu'on érigeait à celui qui avait été trois fois vainqueur dans les jeux sacres.
— ETYM. Eîv;ovixô;, de £t/wv, image, forme renforcée du radical ix, laquelle est puro dans lxe),oç, semblable.
t ICONOCLASME (i-ko-no-kla-sm'), *. m. Doctrine des iconoclastes.
— ÉTYM. Voy. iconoclaste.
ICONOCLASTE (i-ko-no-kla-sf) , s. m. \\ 1° Briseur d'images, nom d'une secte d'hérétiques du VIII* siècle qui firent la guerre aux saintes images. Le pape y envoya ses légats [au concile do 787]; le concile des iconoclastes fut condamné; ils sont détestés comme gens qui, à l'exemple des Sarrasins, accusaient les chrétiens d'idolâtrie, boss. Hist. 1, n.WAdj.Ln persécution iconoclaste. || 2° Par extension, il se dit de tous ceux qui sont ennemis de la représentation des personnes divines. Cette race [les Juifs] est en horreur aux Russes, peutêtre parce qu'elle est presque iconoclaste, tandis
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que les Moscovites poussent l'adoration des images jusqu'à l'idolâtrie, sëgur, Uist. de Nap, vi, ). WAdj. La fureur iconoclaste des huguenots.
— ËTYM. EtxovoxXâoni;, de tlxùv, image, et xXàû), briser.
ICONOGRAPHE (i-ko-no-gra-r) , s. m. Celui qui est savant en iconographie, qui s'occupe d'iconographie.
— ETYM. EîxovoYpifOî, de ilxùv, image, et ypdçeiv, écrire.
ICONOGRAPHIE (i-ko-no-gra-fie) , s. f. || 1° Co» naissance et description des figures et des représentations divines et humaines. || Particulièrement. Connaissance des monuments antiques, tels que les bustes, les peintures, etc. ||2° Collection de portraits d'hommes célèbres.
— ÉTYM. EinovOYpaçia (voy. ICONOGRAPHE).
ICONOGRAPHIQUE (i-ko-no-gra-fi-k'), adj. Qui
appartient à l'iconographie.
1C0N0LA.TRE (i-ko-no-lâ-tr') , s. m. Adorateur d'images, nom que les iconoclastes donnaient aux catholiques, qu'ils accusaient d'adorer les images.
— ÉTYM. Etxùv, image, et XaipsOeiv, adorer (voy. latrie).
t ICONOLATRIE (i-ko-no-lâ-trie), t. f. Adoration des images.
t ICONOLATRIQPE {i-ko-no-lâ-tri-k'), adj. Qui a rapport aux iconolâtres ou à l'iconolàtrie.
ICONOLOGIE (i-ko-no-lo-jie),x. [. Explication des images, des monuments antiques. || Explication des figures allégoriques et de leurs attributs (| Terme de peinture. L'art de représenter les êtres de raison par des emblèmes, par des figures allégoriques.
— ÉTYM. EixovoXoyîa, de eixùv, image, et ),6yo;, discours.
t ICONOLOGIQUE (i-ko-no-lo-ji-k'), adj. Qui a rapport à l'iconologie. Dictionnaire iconologique.
t ICONOLOGISTE ( i-ko-no-lo-ji-st') ou ICO.XO- LOGUE (i-ko-no-lo-gh'), t. m. Auteur d'une iconologie.
tICONOMANIE (i-ko-no-ma-nie), s. f. Passion pour les tableaux, les images.
— ÉTYM. Eixùv, image, et manie. ICONOMAQCE (i-ko-no-ma-k'J , t. m. Celui qui
combat le culte des images.
— ÉTYM. Eîxovopiâxoi, de eixùv, image, et p.!i- Xeo6ai, combattre.
t ICONOPHILE (i-ko-no-fi-l'), s. m. Terme didactique. Ce'.ui qui aime les images, qui se connaît en fait d'estampes.
— ETYM. E'ixi)v, image, et qji'Xos, ami.
t ICONOSTA.'JE (i-ko-no-sta-z') , s. f. Dans les églises grecques, sorte de grand écran chargé d'images de saints, à trois portes ; ces portes se ferment quand le prêtre accomplit quelqu'un des mystères.
— ÉTYM. Eîxùv, image, et OTÔm?, action de poser, t ICONOSTROPHE (i-ko-no-stro-f), s. m. Terme
de physique. Instrument d'optique qui, renversant les objets à la vue, sert aux graveurs pour copier leur modèle.
— ETYM. Etxùv, image, et o-rpÉçttv, tourner.
ICOSAÈDRE (i-ko-za-è-dr'), s. m. Terme de géométrie. Corps solide qui a vingt faces. La surface de l'icosaèdre régulier est composée de vingt triangles équilatéraux.
— ETYM. EixoaoteSpo; , de eîxoffi , vingt (voy. vingt), et ISpa, face.
t ICOSANDRE (i-ko-zan-dr'), adj. Terme de botanique. Qui a vingt étamines ou plus insérées sur le calice. ||S. f. Genre de sapotacées où l'on distingue l'icosandre gutte ; elle croît à Bornéo, et fournit la gutta-percha qui nous vient de Singapore, legoarant.
— ÉTYM. Etxoat, vingt, et àv^ip, mâle, étamine. ICOSANDRIE (i-ko-zan-drie) , s. f. Terme de
botanique. Nom donné dans le système de Linné à une classe et à deux ordres renfermant des plantes qui ont vingt étamines ou plus insérées sur la paroi interne du calice , tandis que dans la polyandrie elles sont insérées sur le réceptacle.
t ICOSANDRIQUE (i-ko-zan-dri-k'j, adj. Qui appartient à l'icosandrie.
t ICOSIGONE (i-ko-zi-go-n'), adj. Terme didactique. Qui a vingt angles. || .S. m. Polygone d« vingt cfltés.
— ÉTYM. EIxoCTi, vingt, et yûvo;, angle. ICTBre (i-ktè-r'j, s. m. Terme de médecne.
Maladie caractérisée par la couleur jaune que pren' nont les téguments, la conjonctive et l'urine. || Ictère grave, maladie aiguë, caractérisée par la coloration jaune, la fièvre, des symptômes cérébraux et la destruction dos cellules hépatiques. || Ictère bleu, synonyme impropre de cyanose.
— ETYM. 'IxTepoç, jaunisse; origine inconnue.
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IDE
IDE
f ICTÉRICIE (i-kté-ri-sie), s. f. Synonyme peu usité d'ictère.
— IIIST. XVI» s. Quelques fois, après avoir esté puaris, les malades tombent en ictericie, dite jaunisse, PAR4, VI, )2.
— ÉTVM. Ictérique.
ICTÉRIQUE (i-l<té-ri-k') , adj. || 1° Terme de médecine. Qui tient de l'ictère. Affection ictérique. Il 2° Qui est affecté d'ictère. S'il est ictérique et qu'il voie tout jaune, comment s'empccheia-t-il de jeter sur sa composition le même voile jaune que son organe vicié jette sur les objets de la nature? DiDER. Essai sur la peint, ch. ii. || Substantivement. Un ictérique, un liomme affecté d'ictère.
— HIST. XVI' s. Le goust et savourer naturel est mué es icteriques, auxquels toutes choses semblent ameres, pape, Introd. 21.
— ÉTYM. Ictère.
t ICTÉKOCfiPUALE (i-kté-ro-sé-fa-l'), adj. Terme de zoologie. Dont la tête est de couleur jaune.
— ÉTYM. Ictère, et xsooù.i], tête.
t ICTÉUODE (i-kté-ro-d'), adj. Terme de médecine. Fièvre ictérode, typhus ictérode, noms donnés par quelques auteurs à la fiivre jaune.
— ÉTYM. 'IxTeptiôn.-, qui tient de l'ictère.
t ICTÉROPODE (i-kté-ro-po-d'), adj. Terme de .joologie. Qui a les pattes jaunes.
— ÉTYM. Ictère, et tcoû;, pied.
■f ICTUS (i-ktus'), s. m. ||1° Terme d'ancienne métrique. Coup frappé en marquant la mesure d'un pied. Il 2"' L'accentuation forte d'un mot.
—ÉTYM. Lat. tc(us,coup,part. passif d'tcere, frapper.
IDE (i-d'), s. m. Terme de jeu. Il se dit, au p4^ quet à écrire, de chacun des deux coups que l'on joue pour la décision d'un pari.
— ETYM. Origine inconnue.
t ....IDE, suffixe qui signifie en forme de, et qui vient de elSo;, forme (voy. idée), par ex. sphéroïde, qui ressemble à une sphère; cuboide, qui ressemble à un cube ; il indique aussi la descendance : 'HpaO.E'STi;, Héraclide. || ....IDE, autre suffixe, représente le latin idus (par exemple, dans candide, candidus], formé, suivant Corssen, d'un t thématique, et de dus, venant de dà, donner, ou dhd, poser, faire : cand-i-dus, qui fait blanc.
IDËAL, ALE (i-dé-al, a-l') , adj. || 1- Qui n'a d'existence que dans l'idée, dans l'esprit. Des êtres idéaux. Plus une philosophie est subtile et idéale, plus elle est vaine et inutile pour expliquer des choses qui ne demandent qu'un sens droit pour être connues, la bhuy. xvi. Ne voyant rien d'existant qui fût digne de mon délire, je le nourris dans un monde idéal que mon imagination eut bientôt peuplé d'êtres selon mon cœur, j. i. rouss. Confess. ix. L'hypothèse de Ptolémée cesse alors d'être purement idéale et propre uniquement à représenter à l'imagination les mouvements célestes, LA PLACE, Expos. i,U. Le langage idéal de la musique, STAËL, Corinne, xv, 4. || Chimérique. Richesses idéales. || 2° Par extension, qui réunit toutes les perfections que l'esprit peut concevoir, indépendamment de la réalité. Cet état idéal d'innocence, de haute tempérance, d'abstinence entière de la chair, de tranquillité parfaite, de paix profonde a-t-il jamais existé? bi'ff. Quadrup. t. 11, p. iee. Malheur à qui du fond de l'exil de la vie Entendit ces concerts d'un monde qu'il envie! Du nectar idéal sitôt qu'elle a goûté, La nature répugne à la réalité, lamart. Méd. 1, 2. Là je m'enivrerais en la source oîi j'aspire; Là je retrouverais et l'espoir et l'amour, Et ce bien idéal que toute àme désire. Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour, ID. ib. I, < . Ce qu'il sait, ce qu'il voit des choses de la vie, Tout le porte, l'entraîne à son but idéal, a. DE MUSSET, La coupe et les lèvres, iv, <. || 3° S. m. Assemblage abstrait de perfections dont l'âme se forme l'idée, mais sans pouvoir y atteindre complètement. Des traits qui portent l'empreinte des passions, mais ne retracent point l'idéal de la beauté, STAËL, Corinne, xviii , 3. Il règne ici [dernière scène d'Alzire] un idéal de vérité au-dessus de tout idéal poétique, chateaube. Génie, 11, 11, 7. [| Le modèle intérieur du poète , de l'artiste. Lo sujet ■ia ce tableau n'est pas clair; l'idéal n'en est pas Assez caractéristique, eider. Salon de (765, ÛEuf. t. XIII, p. 4 08, dans pougens. Scène froide et mauvaise, où la misère de l'idéal n'est point rachetée par le faire, id. Salon de 4767, t. xiv, p. 364. II y a entre le mérite du faire et le mérite de l'idéal la différence de ce qui attache les yeux et de ce qui attache l'âme, id. ib. p. m. Quel que soitlc faire, point de vraie beauté sans l'idéal, id. ib. p. 421. Le beau. celuLt même qu'on appelle idéal, en sculpture.
comme en peinture, doit être un résumé du beau réel de la nature, F XhConET, lié (l ex. sur la sculpture, t. ïil, p. 6. Il Au plur. Faut-il dire des idéals, comme on dit des chorals, ou des idéaux? L'usage n'a pas prononcé. L'adjectif fait iWoui au pluriel. Le substantif peut le suivre; cependant il semble que les idéals conserve mieux le sens du mot et a une forme moins lourde; en traduisant la pièce de Schiller intitulée die Idéale, ne vaudrait-il pas mieux dire les Idéals que les Idéaux?
— SYN. IDÉAL, chimère, utopie. GardoDs-nous de confondre l'idéal et la chimère; la chimère est une fantaisie, une imagination sans raison, une conception contre nature ; les anciens en donnaient bien l'idée quand ils formaient leurs chimères de parties qui ne peuvent aller ensemble, le corps d'une chèvre, la tête d'un lion et la queue d'un dragon ; l'idéal n'est point cela : il n'est rien de monstrueux ; c'est proprement une chose existante prise dans sa perfection ; sans doute cette perfection n'est pas actuellement réalisée, mais la réalité y tend, c'est sa destinée, sa règle, l'ordre le meilleur où elle puisse être, et où elle s'efforce de se placer, c'est, dans la vie privée, la sainteté, dans la vie publique, la justice et la fraternité la plus complète, c'est-à-dire la perfection ; et il est également sûr que l'homme y tend et qu'il n'y arrivera jamais. On reconnaît ici quelle ligne délicate sépare l'idéal et l'utopie : il s'agit de décider à quel point de perfection il est permis d'atteindre, et de ne pas passer au delà; or il n'est pas aisé de marquer ce point, car l'homme et la société ont causé et réservent encore plus d'une surprise à ceux qui prétendent les borner, e.bersot,/. Wboto du 22 OCt. 1864.
— HIST. XVI* s. Leur forme idéale [des beaux pensers], desportes, Cléonice, xx.
^ ÉTYM. Lat. idealis, de idea, idée.
t IDÉALISATION (i-dé-a-li-za-sion), ». f. Action d'idéaliser; la chose idéalisée.
t IDÉALISER (i-dé-a-li-zé), v. a. Néologisme. Donner aux choses ou aux personnes un caractère idéal. La beauté idéalisée dans les peintures de Raphaël. Il S'idéaliser, v. réfl. Devenir idéalisé.
— ÉTYM. Idéal.
f IDÉALISME (i-dé-a-li-sm'), s. m. \\ i° Terme de philosophie. Nom commun des doctrines philosophiques qui considèrent l'idée soit comme principe de la connaissance, soit comme principe de la connaissance et de l'être tout à la fois. Se lassant de cette doctrine trop étroite de la sensation, il [Hume] se jette dans un idéalis.-ne illimité, qui, pourhii, n'est qu'un scepticisme plus complet; il arrive à la négation des effets extérieurs et à la négation delà cause, viLLEMAlN, l.ittér. fr. I8« siècle, 2« part. 3« leçon. Il Système dans lequel, ne rega.'dant comme certaines que les idées du moi, on regarde l'existence du monde corporel comme une pure apparence. Je faisais ici allusion à l'ingénieux système de l'idéalisme du profond et pieux Berkley, que je n'entreprenais pas de combattre, bonnet, Ess. analyl. dme. ch. i, note *. Quand le pur idéalisme serait rigoureusement démontré, rien ne cliangerait encore dans l'ordre de nos idées sensibles et dans les jugements que nous portons sur ces idées, id. Paling. xviii, 6. || Idéalisme subjectif, idéalisme de Kant, celui où l'on considère que la connaissance de l'essence et do la raison dernière des choses n'est possible que par les idées. || Idéalisme absolu, système que Fichte tira du criticisme de Kant, en considérant toutes les réalités comme les créations du moi. Il Idéalisme absolu, se dit aussi de l'idéalisme de Hegsl, celui où l'on admet l'identité entre le sujet et l'objet. Il 2° Terme de littérature et de beauxarts. Tendance vers l'idéal, recherche de l'idéal. La mélancolie fut une sorte d'idéalisme tourné en religion, exaltant l'âme sans la guider, lui donnant des émotions si prolongées, qu'elles devenaient monotones et semblaient bientôt factices, villem. Litt. fr.iS' siècle, 2" partie, 2' leçon.
— ÉTYM. Idéaliser.
f IDÉALISTE (i-dé-a-Ii-sf), s. m. Terme de pniloiophie. Partisan de l'idéalisme. On appelle idéalistes ces philosophes qui, n'ayant conscience que de leur existence et des sensations qui se succèdent au dedans d'eux-mêmes, n'admettent pas autre chose, DiDER. Lett. sur les aveugles, |1 Adjectivement. La philosophie idéaliste.
— ÉTYM. Idéaliser.
t IDÉALISTIQUE (i-dé-a-li-sti-k'), aaj. Terme de philo.sophie. Qui a rapport à l'idéalisme, qui est propre à la doctrine idéaliste.
— ÉTYM. Idéaliste.
t IDÉALITÉ (i-dé-a-li-té), i. f. || 1" Qualité de ce
qui est idéal. L'idéalité est opposée à la réalité. il 2° Disposition do l'esprit à dOTmer aux choses un caractère idéal. || Au plur. Rêveries, imaginations. Se perdre dans les idéalités.
— ÉTYM. Idéal.
IDÉE (i-dée), s. ^.|| 1° Représentation qui se fait ds quelque chose dans l'esprit, soit que cette chose existe au dehors, ou qu'elle soit purement intellectuelle. Quelle idée attachez-vous à ce mot? Tant de choses en font concevoir une haute idée c|ue..., pAsc. Prov. (. Il me donnait une grande idée de l'excellence de cet ouvrage, id. 16. 5. L'étrange idée qu'on leur a donnée de la dévotion I in. ib. 9. Il est aisé de concevoir quelle idée l'Eglise a de l'homicide, id. ib. 4 4. Ce que nous concevons par une bêle, est un certain animal qui pense, mais qui pense peu, qui n'a que des idées confuses et grossières, et qui n'est capable de concevoir qu'un fort petit nombre d'objets, nicolle, Ess. mor. 4" traité, ch. 4 0. Je m'en fais une jolie idée, sÉv. 32fi. Il a une grande idée de toute votre personne, ID. 49. Nous avons des idées très-claires nonseulement de notre liberté, mais encore de toutes les choses qui la doivent suivre , boss. Lib. arb. 2. L'idée de celui qui nous a créés est empreinte profondément en nous, m. la Vatlière. L'histoire nous donne l'idée de l'empire suprême de Dieu, ID. Ilist. Il, 4. Les idées qu'elle [la nation juive] avait conçues de son Christ, id, ib. 11, 40. Tout ce qui pouvait donner aux peuples une grande idée de leur patrie, id. ib. m, e. Quelque idée que je me fusse faite de votre procédé, il va encore plus loin, MAiNiENON, Iclt. à de Villetle, 6 avril 4 682. 11 me serait difficile de te faire sentir ce que c'est ; car nous n'en avons point précisément d'idée, mon- TESQ. Lett. pers. 90. On dit que ces brigands aux meurtres acharnés.... Ont d'un Dieu cependant conservé quelque idée, volt. Orph. i, 4. Je ne puis douter que Dieu n'ait accordé des sensations, de la mémoire, et, par conséquent, des idées à la matière organisée dans les animaux, id. Philos, ignor. quest. 29*. L'idée seule de cette aventure fait frétoir, id. Lett. Tabareau, juill. 4 770. Voulez-vous prendre une idée de l'éducation publique? j. j. ROUSS. Ém. i. Le goût des plaisirs faisait perdre aux Romains cette idée de liberté si chère à leurs ancêtres, duclos, Mém. jeux scéniques, Œuv. t. i, p. 347, dans pougens. Je crois que nous avons plus d'idées que de mots ; combien de choses senties et qui ne sont pas nommées! dider. Pensées de la peinture, Œuv. t. xv, p. i7o. || Demi-idée, idée incomplète. J'ai quelquefois des demi-idées, comme quand je vois des objets de loin confusément, volt. bial. VIII, I. Il Familièrement. Le pays des idées, région imaginaire où l'on relègue ce qui n'existe pas réellement. [| Donner une idée d'une chose, la faire concevoir en gros. Il ne sera pas hors de propos de donner une idée de la cour d'Angleterre, iiAMiLT. Gramm. 6. Sa figure donnait une idée de l'aurore, iD. th. 9. On aurait désiré que le rédacteur eût imité le cardinal de Retz, qui commence ses mémoires par donner une idée des personnages qu'il va faire paraître sur la scène, volt. Observ. sur les ilém. de Noailles. Voilà une idée générale de ce qu'il expose en détail dans ses sommaires et plus amplement dans ses dialogues, diderot, Opin. des anc. phil. [Jordanus Brunus).\\ ksoir une idée, se représenter. Si vous y joignez deux chèvres.... et un gros chien... vous aurez une idée de tout le revenu et de tout le domestique de ces deux petites métairies, bern. de st-p. Paul et Virg. || Familièrement. Avoir idée, penser, s'imaginer. Rosine : Bon! c'est la lettre de mon cousin l'officier qui était tombée de ma poche. — Bartholo : J'ai idée, moi, qu'il l'a tirùe de la sienne, beaumarch. Barb. de Sév. 11, 4 6. || N'avoir pas la première idée d'une chose, y être tout à fait ignorant. La marine de la compagnie est commandée par des officiers qui ont tous commencé par être matelots ou mousses; ils sont pilotes, ils- sont manoeuvriers, mais ils n'ont pas la première idée des évolutions navales, bayn.il, Uist. phil. it, 25. Il Familièrement. Avoir peu d'idées d'une chose, n'avoir pas assez d'intelligence, d'esprit pour y songer. Mme de Beuzenval était une très-bonne femme, mais bornée, et trop pleine de son illustre noblesse polonaise : elle avait peu «^'idées des égards qu'on doit aux talents, j. j. nouss. Conf. vu. || Familièrement. Ne pas se faire d'idée, ne pouvoir comprendre. Je ne me faisais pas d'idée de l'ennui d'un semblable esclavage, gen lis, Thédt. d'éduc.la Bonne mère, l, 3. || Par exagération et familièrement. On n'a pas d'idée de cela, se dit- de ce qui parait ex-
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traordinaire, excessif, offensant, etc. Vous n'avez pas d'idcc (le cette situation, id. ib. la Curimtc, m, <. Il 2° Dans le langage psychologique. Fait intellectuel qui répond dans notre esprit aux objets dont nous avons pris connaissance. L'origine, la génération des idées. Parle nom d'idée j'en tends cette forme de chacune de nos pensées par la perception immédiate de laquelle nous avons connaissance de ces mêmes pensées, desc. Rép. aux secondes obj. 58. Ou'esl-ce qu'une idée, qu'est-ce qu'une sensation, une volonté ? c'est moi apercevant, moi sentant, moi voulant, VOLT. Dict. phil. Idée. Il n'a pas dépendu de moi ni do recevoir dans ma cervelle ni de rejeter toutes les idées qui sont venues y combattre les unes contre les autres.... quand elles se sont bien battues, je n'ai recueilli de leurs dépouilles que l'incertitude; il est bien triste d'avoir tant d'idées et de ne savoir pas au juste la nature des idées, id. ib. Ou'est-ce qu'une idée? c'est une image qui se peint dans mon cerveau , ii). ib. Malebranclie a prouvé trèsbien que nous n'avons aucune idée par nous-mêmes, et que les objets sont incapables de nous en donner; de là il conclut que nousvojons tout en Dieu; c'est au fond la même chose que de faire Dieu l'auteur de toutes nos idées, id. Dict. phil. Ame. . Los idées ne sont que des sensations comparées, ou, pour mieux dire, des associations de sensations, BUPF. Disc. nat. anim. Œuv. t. Lvi, p. 296. Une idée est un mode de l'âme, et, comme nous ne savons pas ce que l'âma est en elle-même, nous ne savons point non plus ce qu'un mode de l'âme est en lui-même, bonnet, Ess. analyt. Ame, ch. 8. Il Idées innées, voy. inné. || Idées générales, les idées les plus étendues auxquelles les idées particulières sont subordonnées , et que l'on obtient par différents procédés intellectuels. Toutes les idées générales renferment des idées diiïérentes qui approchent ou qui dilTèrent plus ou moins les unes des autres, buff. Animaux, ch. viii. Il Terme de philosophie de Kant. Idées pures et nécessaires, concepts rationnels dont l'objet ne peut être fourni par l'expérience. Idées formelles ou subjectives , idées considérées relativement à leur forme dans l'esprit. Idées objectives, idées considérées relativement à leur matière ou à leur objet. Il 3° Terme de philosophie. Type, modèle éternel des choses. Les idées de toutes choses sont en Dieu. Il Les idées de Platon, les archétypes qui, suivant ce philosophe, sont les modèles des choses terrestres. Il Fig. Dans les idées de Platon, c'est-à-dire ce qui est dans les nuages, ce qui est ajourné indéfiniment. Croyez, ma fille, que ce n'est pas sans une douleur profonde que je vois votre retour dans ces idées de Platon, sEv. 27 mars -1672. || Fig. Modèle, type, idéal. Et f la reine ], ternissant le souvenir Des reines qui l'ont préc-idée, Devient une éternelle idée De celles qui sont à venir, malii. m, 3. Il [Brancas] est mon idée sur la perfection de l'amour, sév. i" sept. (cso. Ce goût que j'ai pour vous ne m'a point pi^ssé, vous êtes mon idée plus que jamais, m. d Mme de Guitaut, 29 octob. (692. Ce n'est point là une idée de perfection que j'imagine, KLÉcii. Xt'ff. Il 4'' Souvenir. En ma présence même en caresser l'idée, cobn. Sophon. i, 4. Ce songe, Hydaspe, est donc sorti de son idée, rac. Esth. II, 4. J'ai quelque idée de ce visage-là, et une idée récente, iesage , Turcaret , i , 3. Sachez Que le premier devoir est d'étouffer l'idée Dont votre âme à mes yeux est encor possédée, volt. Ali. iv, 2. Des affronts attachés à mon humble fortune, C'est le seul dont jo garde une idée importune, ID. Orphel. de la Chine, ii, 6. Que cette idée encor m'accable et m'humilie! lo. Tancr.iv, 2. || 5° Image. J'en puis voir sa fenêtre; et de sa chère idée .Mon âme à cet aspect sera mieux possédée, cobn. Ment, iv, t. lîempli de votre idée, il m'ad.-esse pour vous Ces mots, où l'amitié règne sur le courroux, id. Rodog. V, 4. Je m'en Tais avec le bon abbé et mes livres, et votte idée dont je recevrai tous mes biens et tous mes maux, sév. 422. Ne me rappelez point une trop chère idée, rac. Bérén. v, B. Mais do ce souvenumon âme possédée A deux fois en dormant revu la même idée, ]d. Athal. ii, 5. Elle ne se le représente [Dieu] plus alors.... sous l'idée d'un juge terrible, MASS. Avent, Mort du pe'ch. || 6° Vision chimérique. Ce ne sont pas des idées creuses. Il se repaît d'idées. Il Opinion non fondée. Vous croyez qu'il ne viendra pas, quelle idée! || Fantaisie. Sortir par un temps pareil, quelle idée !|| Vaine apparence, sans réalité ni effet. Le roi n'est qu'une idée et n'a de son pouvoir Que ce que par pitié vous lui laissez avoir, CORN. Nicom. m, 2. Ce ne sont plus rien que des dccs ou des fantômes, des façons de chevaux, kol.
l'Av. m, 5, Il Fig. et familièrement. Petite quantité. Je ne veux qu'y goûter, ne m'en donnez iju'une idée. Il 7" Pensée, conception, opinion. Suivre le fil de ses idi':es. Cela brouille toutes mes idées. Idée sublime. Noble idée. Mon trouble, il est bien vrai, m'a si fort possédi'e. Que de le démentir jo n'ai point eu l'idée, MOL. Tart IV, 6. Selon que notre idée est plus ou moins obscure. L'expression la suit ou moins nette ou plus pure, boil. Art p. i. Crois-tu.... Que.... D'une si douce erreur si longtemps possédée. Je puisse désormais souffrir une autre idée? bac. Dajaz. Il, 4. Corneille nous assujettit à ses caractères et à ses idées ; Racine se conforme aux nôtres, la eruy. i. Moi qui, de tant de feux justement possédée, N'avais d'autre bonheur, d'autre soin, d'autre idée Que de l'entretenir, d'écouter ton amour? volt. Zaïre, m, B. Peut-elle réparer les malheurs qu'elle a faits? En a-t-elle la force? en a-t-elle l'idée ?id. Oresle, v, 2. Rassemblons des faits pour nous donner des idées. BL'FF.' Animaux, Beproducfton. || Avoir une grande idée de..., penser magnifiquement, orgueilleuseraentde.... Vous avez unesi grande idée de votre rang, mass. Petit car. Vices et vert. || Par opposition. Avoir, se faire une triste idée, une pauvre idée, penser peu de bien d'une chose. || Idée fixe, celle qui nous domine, qui nous occupe exclusivement. Il En médecine, idée fixe, forme de monomanio intellectuelle ou délire partiel et chronique, dont il y a autant de variétés que de malades, et dans laquelle le patient demeure obsédé par une idée déraisonnable ou criminelle qui infiue sur toutes ses actions. ||8° Il se dit quelquefois pour système philosophique. Les idées d'Aristote ont dominé le moyen âge. H Les idées nouvelles, les opinions qui tendent à renouveler la société. Partisan, adversaire des idées nouvelles. || L'idée fouriériste, l'idée saint-simonienne, le système de Fourier, de Saint- Simon, ou du moins le principe de ces systèmes. !| 9" Première conception d'où se développe une œuvre d'art ou de littérature. L'idée de ce tableau est gracieuse. Il a pris l'idée de sa pièce dans tel roman. C'est une idée qui m'avait passé une fois par la tête et que j'ai laissée là comme une bagatelle, une badinerie qui peut-être n'aurait pas fait rire, mol. Impr. i. || Terme de musique. Idée musicale, trait de cirant qui se présente à l'esprit du compositeur avec tous les accessoires qu'il comporte. Il Absolument, et souvent au pluriel, les idées, les conceptions qui inventent, qui donnent de l'originalité. Cet auteur a des idées. Il n'y a point d'idées dans ce livre, chez cet artiste. Faute d'idée, il allait faire'une ode, bérang. Vin de Chypre. || Familièrement. Avoir de l'idée, avoir de l'intelligence, un esprit fécond en expédients. || Absolument, au singulier, et dans un emploi néologique. L'ensemble idéal des aspirations du génie et de l'époque. Les penseurs sont les serviteurs de l'idée. La forme n'est rien; l'idée est tout. La forme, ô grand sculpteur, c'est tout et ce n'i^st rien; Ce n'est rien sans l'esprit, c'est tout avec l'idée, victor hugo. Rayons et ombres, xx. [Paris] Mamelle sans cesse inondée, Où, pour se nourrir de l'idée. Viennent les générations, ID. Voix intérieures, iv.\\ 10' Invention; sens peu usité aujourd'hui. L'autre femme est une pure idée de mon esprit, cobn. Sertor. Au lecteur. || 11° Esquisse, ébauche. Il en a jeté l'idée sur le papier. ||Ën mauvaise part. Ce n'est qu'une première idée, qu'une idée informe, se dit d'un ouvrage qui est trop peu achevé. || 12° Esprit, imagination. En ce sens il ne s'emploie qu'avec les prépositions en, dans, à, de, etc. Il me revient à l'idée, en idée que.... On ne peut lui ôter cela de l'idée. J'ai dans l'idée qu'il ne viendra pas. Il s'est mis dans l'idée de faire cela, qu'il devait aller à Rome. Et n'avait rien que Pinuceen l'idée, la pont. Berc. Personne n'aspire à l'égalité; cela ne vient pas même dans l'idée, MONTESQ. Esp. v, 4. |{ En idée, c'est-à-dire en esprit. Va, triomphe en idée avec ta Rodogune, corn. Uodng. iv, 6. De pareils lieutenants n'ont de chefs qu'en idée, ID. Sertor. m, 2. Général en idée et monarque en peinture, id. Agés, m, 4. Les projets frivoles d'un vainqueur en idée, flécii. Tur. Le monde semble respecter la vertu en idée, mass. Carême, Injust. Lo pape Jean XXII déposa en idée Louis de Bavière par une de ces bulles, volt. Mœurs, 68.
— SVN. idée, pensée. L'idée est proprement la représentition d'un objet dans l'esprit; la pensée est la considération de cet objet dans l'esprit. L'idée est l'élément; la pensée est la combinaison de ces éléments,
— HIST. xiii" s Et lor promet, en ses idées, Des œuvres qu'il auront ovrées, Sauvement ou dampnacion, la Hase, 4 7C85. || xvi° s. Sur la plus belle idée au ciel vous fustos faite, Voulant nature un jour
monstrer tout son pouvoir; Depuis vous lui servez de forme et do miroir, desportes, Diane, ii, 67.
— f.TYM. Latin, idea; du grec îSéa, image, idée, de EÎôtiv, voir, lequel est le même que le latin t'îdere, voir; de sorte que c'est le fait de la vision qui a fourni, par figure, la dénomination au fait intellectuel.
IDEM (i-dèm'), adv. Mot latin, qui signifie le même, et qu'on emploie pour éviter de répéter ce qui vient d'être dit ou écrit. Il est principalement en usage dans les comptes, les inventaires, les tables, les citations, etc. Table en sapin, 40 francs; idem en chêne, 25 francs. || Familièrement. Vous partez pour la campagne, et moi idem, c'est-à-dire et moi aussi. Il Idem numéro, s'est dit pour même numéro. La même rivière qui coule là est idem numéro que celle qui court en même temps à la Chine, pasc. Relig. chrét. 36, édit. faugère. || Par abréviation, on écrit souvent id.
— ËTYM. Lat. idem, de is, ce, et la particule dem, qui, suivant Corssen , est pour diem, jour : do sorte que idem signifierait ce jour, et, par suite, alors, au moment même, le même. Comparez pridem, la veille, de pri, et dem, jour, tandem, enfin , de tam, tant, et dem, jour.
t IDEMISTE {i-dé-mi-st'), adj. On appelait docteurs idémistes ceux qui, dans les assemblées, sa contentaient d'opiner du bonnet et de dire idem, sans apporter de raison.
— ÉTVM. Idem.
+ IDENTIFICATIO;* (i-dan-ti-fi-ka-sion), s. f. Terme didactique. Action d'identifier, de s'identifier. Cette troisième personne [le Saint-Esprit] vientelle par infusion, par identification, ou par spiration? volt. Jenni, 3.
— ÉTVM. Identifier.
IDENTIFIÉ, ÉE (i-Jan-ti-fi-é, fi-ée), pari fasse d'identifier. || 1° Rendu identique. La définition doit toujours être identifiée avec le défini. ||2° Fig. En parlant des personnes, qui se pénètre complètement de.... Un acteur identifié avec son rôle.
IDENTIFIER (i-dan-ti-fi-é), j'identifiais , nous identifiions, vous identifiiez; que j'identifie, que nous identifiions , que vous identifiiez , v. a. Il 1° Rendre identique. Identifier les noms anciens des localités gauloises avec leurs noms modernes. Il 2° S'identifier, v. réfl. Être identifié. La définition doit s'identifier avec le défini. Adam s'idenkifia avec ses descendants, volt. Philosophie, Exam. de milord BoUngbr. ch. 20. || Fig. En parlant des personnes, se pénétrer de. L'auteur dramatique doit s'identifier avec les personnages qu'il fait agir et parler. Mon cœur, errant d'objet en objet, s'unit, s'identifie à ceux qui le fiattent, j j. rouss. Conf. iv.
— ÉTYM. Identique, et le suffixe ... fier, faire. IDENTIQUE (i-dan-ti-k'), adj. Qui est le mêma
qu'un autre, qui ne fait qu'un avec un autre. Ces deux articles de loi sont identiques. || Il se construit avec la préposition avec et avec la préposition à. Deux et deux sont identiques avec quatre. Ces propositions sont identiques l'une à l'autre. || Terme de mathématique. Équation identique, équation dont les deux membres sont exactement les mômes. Il Substantivement, au masc. l'identique. Le principe des identiques, savoir que A=:A, est, suivant certains philosophes, le fondement de la logique.
— ÉTYM. Voy. identité.
IDENTIQUEMENT (i-dan-ti-ke-man), adv. D'une
manière identique. Deux objets identiquement semblables.
— ÉTYM. Identique, et le suffixe ment.
IDENTITÉ (i-dan-li-té), s. f. || 1° Qualité qui fait
qu'une chose est la même qu'une autre, que deux, ou plusieurs choses ne sont qu'une. Identité de numéro au regard du même teuqis exige l'identité de la matière, PASC. lielig. chrét. 36. édit. fau- GÈBE. Voilà la Feuillade général d'une armée .sur laquelle toute l'Europe fixe les yeux : troupes d'élite, officiers choisis, trésors d'argent, en un mot, désir et exécution, identité de choses [c'est-à-dire que le désir et l'exéculion n'étaient qu'un], st-sim. 15S, 79. Identité; ce terme scientifique ne signifie que même chose : il pourrait être rendu en français par mcineté, volt. Dict. phil. Identité. Il a fallu sans doute une longue suite d'observations pour reconnaître l'identité de doux astres que l'on voyait lo matin et le soir s'éloigner et se rapprocher alternativement, LA PLACE, Exp. 1, B. Il Terme de métaiihysiquo. Identité absolue, doctrine philo.sophique qui confond toutes les existences en une seule, le sujet et l'objet. || 2" Terme de jurisprudence. Reconnaissance d'une personne en état d'arrestation, d'un prisonnier évadé, d'un mort, etc
IDE
IDI
fDI
Établir l'idontité d'un condamné. [| Terme de médecine légale. Questions d'identité, celles dans lesquelles on se propose de déterminer : )° si un individu est bien celui qu'il prétend être, comme lorsqu'un absent reparaît et réclame ses droits de famille; 2° s'il est celui que l'on présume reconnaître et auquel s'adresse une question judiciaire; 3° si le cadavre ou le squelette soumis à l'examen est celui de tel individu présumé victime d'un assassinat ou d'un empoisonnement. || 3" Terme de grammaire. Rapport d'identité, celui de doux ou de plusieurs mots qui représentent le même être, comme : le temps est beau, oii ces quatre mots ne signifient que le temps avec ses qualités; c'est le rapport d'identité qui sert de fondement à la concordance des mots. || 4''Terme d'algèbre. Espèce d'équation ou d'égalité dont les deux membres sont identiquement les mêmes. US" Conscience qu'une personne a d'elle-même. Il [Locke] est le premier, ce me semble, qui ait montré qu'on ne connaît aucun axiome avant d'avoir connu les vérités particulières; il est le premier qui ait fait voir ce que cîfist que l'identité et ce que c'est que d'être la nlême personne, le même soi , volt. Loi natur. noie n. C'est la mémoire qui fait votre identité; si vous avez perdu la mémoire, comment serez-vous le même homme ? id. Dict. phil. Résurrection. La mémoire étend le sentiment de l'identité sur tous les moments de son existence [de l'individu], j. j. Rouss. Ém. II. ]| Identité personnelle, persistance de la conscience de soi qu'a un individu.
— IIIST. xiv s. La identité ou unité que il ont à leur parens, les fait estre ensemble corne uns meisme, oresme, Eth. 25 1.
— ÉTYM. Lat. identitatem, nom abstrait formé de idem, le même.
flOÉOGÉNIE (i-dé-o-jé-nie), s. f. Terme de philosophie. Science qui traite de l'origine des idées.
— ÊTYM. Idée...., et le suffixe génie.
t IDÉOGÉNIQUB (i-dé-o-jé-ni-k') , adj. Qui se rapporte à l'idcogônie.
t IDÉOGRAMME (i-dé-o-gra-m') , s. m. Nom donné aux signes qui n'expriment m une lettre ni un son quelconque, mais une idée, abstraction faite du son par lequel cette idée est rendue dans telle ou telle langue. Les chiffres sont des idéngrainmes. ]] Dans les écritures hiéroglyphiques, signes présentant des images d'idées et de choses.
— ÉTYM. Idée,el Ypajiixa, chose écrite.
t IDÉOGRAPllIE (i-dé-o-gra-fie), t. f. Terme de philcsophie. Peinture des idées par des signes qui sont l'image figurée de l'objet.
— ÉTYM. Idée et Ypi(f£iv, écrire.
+ IDÉOGRAPHIQUE (i-dé-o-gra-fi-k'), adj. Qui a rapport à l'idéograpliie. |] Dans l'écriture hiéroglyphique des anciens Égyptiens, signes idéographiques, synonyme d'idéogrammes. || Dans l'écriture assyrienne cunéiforme, signes idéographiques, signes exprimant, comme nos chiffres ou comme les figures conventionnelles de nos épliémérides astronomiques, une idée ou une notion complète tout à lait indejiendante de la prononciation. || En général, écriture idéographique, signe idéographique, ge dit par opposition à phonétique.
IDÉOLOGIE (i-dé-o-lo-jie), s. f. || 1° Science des idées considérées en elles-mêmes, c'est-à-dire comme phénomènes de l'esprit humain. Leibnitz, qui trouvait Locke si faible en idéologie, chateaub. Génie, m, ii, 2. || 2" En un sens plus restreint, science qui traite de la formation des idées, puis système philosophi(]ue d'après lequel la sensation est la source unique de nos connaissances et le principe unique de n s facultés. Il 3° Théorie des idées, suivant Platon.
— fiTY.M. Idée, et Xoyo;, traité.
IDÉOLOGIQUE (i-dé-o-lo-ji-k'), adj. Qui a rapport, qui appartient à l'idéologie. Connaissances, vérités idéologiques.
— ÉiYM. Idéologie. '^ IDÉOLOGISTE (i-dé-o-lo-ji-sf), s. m. Synonyme
d'idéologue. Nos idéologistes modernes sont tombés dans l'athéisme, behn. de st-p. Harm v 6
IDÉOLOGUE (i-dé-o-lo-gh'), s. m. \\ 1° Celui qui s'occupe d'idéologie. Un profond idéologue. Tel ou tel écrivain sera un subtil idéologue, chateaub. Gén.m, II, 2. Il Particulièrement. Celui qui est de l'école de CondiUac. || En général, métaphysicien. || 2- En un sens défavorable. Rêveur philosophique et politique.
— ÉTYM. Voy. IDÉOLOGIE.
IDES (i-d'), s. f. plur. Le quinzième jourdes mois de mars, de mai, de juillet et d'octobre, et le treizième des autres mois, dans le calendrier des anciens Romains (voy. calendes et nones). Les Etrusques, dont les mois étaient divisés en nones, avaient
aussi des ides, qu'ils appelaient t(ù ou itus ; les Sabins disaient eidus; les explications que Macrobe tire des mots videre, idulis , iduare, se détruisent les unes par les autres ; il est certain que les Romains entendaient par les ides le jour de la pleine lune, LACROIX, De la religion des Romains, p. 32. Il Les Romains marquaient un certain nombre de quantièmes du mois à l'aide des ides, comptant, en rétrogradant, huit jours des ides, de la sorte: la veille ou le second jour des ides, le jour qui précède les ides, le troisième jourdes ides, le deuxiènie jour avant les ides, et ainsi de suite jusqu'au huitièmejour des ides, qui était le lendemain des nones.
— HIST. xiir s. Li treizismes u 11 quinzismes jorsdu mois est apelés ydes, et tout li jor qui sont des nones jusques as ydes sont denomé des ydes, Comput, f° 2.
— ÉTYM. Lat. idus, et, dans les plus anciennes inscriptions, eidus. Suivant Macrobe, le mot est étrusque et vient de iduare, signifiant diviser; c'est en effet la moitié du mois lunaire. Suivant Corssen, idus ou eidus vient du sanscrit iddha , clair, et signifie les jours clairs de la pleine lune. Mais, si le mot est étrusque, a-t-on aucune garantie qu'il appartienne au sanscrit?
f IDIO.... préfixe qui signifie propre, spécial, et qui vient du grec ïîioi.
+ IDIO-ÉLECTRICITÊ (i-di-o-é-lè-ktri-si-té), «. f. Qualité de ce qui est idio-électrique.
t IDIO-ÉLECTRIQUE (i-di-o-é-lc-ktri-k') , adj. Terme de physique. Qui est susceptible d'acquérir les propriétés électriques par le frottement. Les corps idio-électriques sont mauvais conducteurs de l'électricité.
— ÉTYM. Idio...., et électrique.
t IDIOGYNE (i-di-o-ji-n'), adj. Terme de botanique. Plantes idiogynes, plantes dont lesétamines ne sont pas placées dans la même fieur que le pistil.
— ÉTYiM. Idio...., et Yuv:o, femelle, pistil.
+ IDIOGYNIE (i-di-o-ji-nie), i. f. État des plantes dont les étamines sont idiogynes.
t IDIOMATIQUE (i-di-o-ma-li-k'), adj. Qui appartient aux idiomes.
IDIOME (i-di-6-m'), *. m. || 1° Caractère propre; sens étymologique qui n'est conservé qu'en termes de théologie : ce qui est propre à une des natures de Jésus-Christ. Communication d'idiomes dans Jésus-Christ. Il 2° Ce qui est particulier à une langue, sens du latin idioma, et qui est tombé en désuétude. Les peuples les traduisaient [les noms des rois d'Orient] ou les prononçaient difl"éremment, selon l»s divers idiomes de chaque langue, boss. Hist. i, 7. |l 3° Langue d'un peuple considérée dans ses caractères spéciaux. L'idiome français. L'idiome allemand. De quelle langue voulez-vous vous serviravecmoi.... je vous dis, de quel idiome , de quel langage? mol. Jlfor. forcé, c. Serait-il vrai que ce déclin des idiomes, certainement inévitable, soit toujours également rapide, que rien ne puisse retarder la décadence, et qu'elle n'ait pas des stations et des retours ? villemain, Dict. de l'Acad. préface,^. X. || Dans l'ancienne Eglise, les trois idiomes par excellence, celui des Juifs, celui des Grecs et celui des Latins, parce qu'ils figuraient seuls sur l'écriteau de la croix. || Par extension. Le langage particulier d'une province. L'idiome bourguignon. L'idiome picard.
— HIST. xv° s. Je crois aussi que la liberté à chascun de dissiper une parole si religieuse et importante [celle des Saintes Écritures] à tant de sortes d'idiomes a beaucoup pius de dangier que
d'utilité, MONT. I, 399.
— ÉTYM. Lat. idioma, de iSiwixa, chose propre, spéciale , do ïStoç, propre, spécial.
t IDIO-MÉTALLIQUE (i-di-o-mé-tal-li-k'), adj. Terme de physique. Phénomènes idio-métalliques, phénomènes électriques qui se manifestent d'euxmêmes au contact de deux métaux.
— ETYM. Idio...., et métallique.
t IDIOMOGRAPUIE (i-di-o-mo-gra-fie) , ». f. Science qui a pour objet la description et la classification des idiomes.
— ÉTYM. Idiome, et YpdtçEiv, décrire.
t IDIO-MOGRAPIIIQUE (i-di-o-mo-gra-fi-k'), adj. Qui a rapport à l'idiomographie.
flDIOMORPHES (i-di-o-mor-f), s. m. pî. Nom générique donné aux corps fossiles provenant des animaux ou des végétaux.
— ÈTY.M. Idio...., et ii'.'Pîri, forme : qui a sa forme propre.
IDIOPATHIE (i-di-o-pa-tie) , s. f. || 1° Terme de médecine. Maladie qui existe par elle-même, et ne dépend pas d'une autre affection. || 2° Terme de morale. Inclination particulière qu'on a pour une chose.
— ÉTYM. Idio...., etitâôoi;, maladie, affection.
IDIOPATOIQUE (i-di-o-pa-ti-k'), adj. Terme ds médecine. Qui a le caractère de l'idiopathie. Cette migraine n'est point idiopathique; elle n'est qu'un symptôme du dérangement de l'estomac.
t IDIOSYNCRASIE (i-di-o-sin-kra-zie) , s. f. Terme de médecine. Disposition qui fait que chaque individu res.sent d'une façon qui lui est propre les influences des divers agents.
— ÉTYM. Idio...., et oÛYxpoiiri;, mélange, tempérament, de (TÙv, avec, et xpâcç, crase.
+ IDIOSYNCRASIQUE (i-di-o-sin-kra-zi-k'), adj. Qui a rapport à l'idiosyncrasie.
IDIOT, OTE (i-di-o, o-t'), adj. || l" Dépourvu d'intelligence. Ils rejetèrent cette friponnerie sur Ésope, ne croyant pas qu'il se pût jamais justifier, tant il était bègue et paraissait idiot! la font. Vie d'Ésop''. Ce n'est point du tout pour faire une mauvaise plaisanterie qu'on a remarqué qu'idiot signifiait autrefois isolé, retiré du monde, et ne signifie aujourd'hui que sot, volt. Quelq. niais, ch. XXI. Il Se dit aussi en parlant des choses. Les lois des Wisigoths .sont puériles, gauches, idiotes, montesq. Espr. xxviii, ). Quand je dirai que parmi les chrétiens il y a eu plus de cent mille victimes de cette jurisprudence idiote et barbare [les procès faits aux prétendus sorciers], et que la plupart étaient des femmes et des filles innocentes, je ne dirai pas encore assez , volt. Polit, et législat. Avis au publie. Exemples de fanatisme. Le dévouement doit toujours être un peu idiot; cela plaît bien plus à un maître que ces gens qui tranchent du capable, p. l. cour. Livret i, n° 3. Il 2° Substantivement. Celui, celle qui manque d'intelligence. Pauvres gens! idiots! couple ignorant et rustre, la font. Fabl. m, t. Cet idiot, qui, de sa vie, n'a fait à propos une démçirche pour lui, donnait les meilleurs conseils du monde, olivet, Ilist. Àcad. t. II, p. 333. C'est un vieux idiot, un homme qui végète. Qui ne sait ce que c'est que de rien refuser. Et dont, comme il lui plaît, elle peut disposer, destolches, Diss. v, 9. Taisez-vous, idiote, lui dit Mme Dutoux, qui vit que j'étais fâchée, mahiv. Uarianne, i" part.|| En médecine, celui qui est affecté d'idiotie. || .S. m. pi. Nom que l'on donnait aux frères convers qui ne savaient pas lire.
— HIST. xiii* s. [Le moine] Qui tous est soz et ydiotcs, G.DE coiNsi, Du cierge, j] xiv" s. Et pour ce nul ne peut ignorer, se il n'est insensible ou ydiot, que universellement touz habiz [habitudes] sont faiz et causez par ouvrer, oresme, Eth. 77. Ydiot et non advenable en gouvernement du royaume, Chr.de St Denis, t. ii, f"60, dansLACURNE. || xvi's. Il n'y a rien en quoy tant les savans que les idiots soyent plus discordans, calv. Instit. 23.
— ÉTYM. Lat. idtoto, ignorant, sans instruction, dérivé de ISiÛTT);, qui, signifiant particulier, par opposition à magistrat, a fini par signifier homme du peuple, homme ignorant, et vient de tSio;, particulier.
t IDIOTUALA.ME { i-di-o-ta-la-m') , adj. Terme de botanique. Lichens idiothalames, lichens dont les conceptacles difl'èrent du thalle par leur nature et leur couleur.
— ÉTYM. Idio...., et thalame.
f IDIOTIE (i-di-o-sie), s. f. Terme de médecine. Synonyme d'idiotisme 2.
t (."iDIOTIQUE (i-di-o-ti k'), adj. Qui renferme un idiotisme. "Tournure idiotique.
— ÉTYM. Voy. IDIOTISME I.
t 2. IDIOTIQUE (i-di-0-ti-k'), adj. Terme de médecine. Qui appartient à l'idiot. État idiotique.
— ÉTYM. Voy. IDIOTISME 2; lat. idioticus , ignorant, de îSiwTixô;.
t. IDIOTISME (i-di-o-ti-sm') , s. m. Terme de grammaire. Construction, locution propre et particulière à une langue. Chaque langue a ses idiotismes. Il y a est un idiotisme en français.
— HIST. xvi' s. Idiotisme, cotgrave.
— ÉTYM. Lat. idiotismus, langage familier, de îSiwTioiiô:, qui vient de lôtroTÎCeiv, ÎS-oùv, rendre particulier, de ïôio;, particulier (voy. idio....).
2. IDIOTISME (i-di-o-ti-sm'), i. m. || l» État d'un idiot, d'une personne dépourvue d'intelligence. Il pense que l'idiotisme est l'état d'un idiot, commo le pédantisme est l'état d'un pédant, volt. I.ett. Le jeune de la Croix, 28 juin <773. || 2° Terme de médecine. Absence congénitale de Tmlelligence, presque toujours concomitante d'un défaut de développement du cerveau.
— ÉTYM. Idiot.
t IDIOTROPHO.SPERME (idi-o-tro-fo-spèr-m'), adj. Terme de botanique. Qui a un trophosperma latéral monosperme.
— ÉTYM. Idio et trophosperme
mo
tnô
t IDOCUASE (i-do-krâ-z'), s. (■ Terme de minéralogie. Sorte de pierre précieuse, silicate alumineiix douille anhydre, espèce de grenat.
IDOI.VE (i-doi-n'), adj. Propre à quoique chose. Cet orateur s'appelle Boismont, et non pas Beaumont, et n'a de prêtre que ce qu'il en faut pour être apte et idoine à posséder des bénéfices, d'alemb. Lttt. au roi de Prusse, 30 juill. <78l. |1 11 est vieux.
— rilST. XIV" s. Matière ainsi par pourriture Et Idoine corruption, i\'a<. à i'aZc/i.err. 4 73. || xv* s. Et aussi messagers sages et avisés et bien idoines et taillés de faire ce message, froiss. i, i, H. Moy couchant avec luy [Commines et le roy Louis XI] , combien que n'en fusse point digne et qu'il en avoit assez d'autres plus ydoines, comm. vi, B. Il XVI' s. La guerre leur esloit repos des travaux que les hommes ordinairement endurent pour se rendre idoines à la guerre, amyot, Lyc. 46.
— ETVM. Génev. idoine, idiot, hébété (par antiphrase) ; du latin idoneus.
IDOLÂTRE (i-do-là-tr'), ad;. || 1' Qui adore les idoles, qui rend un culte divin à des créatures. Peuple idolâtre, roibou, SI Genest, v, 2. On devient idolâtre fdisent les protestants] en faisant paraître par quelque posture de respect le sentiment de vénération vraiment sainte qu'on a dans le cœur, Boss. Var. xiv, § <04. ||Fig. Comme un joug importun les règles rejetées. Le Parnasse idolâtre adorant de faux dieux, Gilbert, (8' siècle. \\ Il se dit également du culte même. Rendre un culte idolâtre. Jusque sur notre autel votre injuste marâtre Veut offrir à Baal un encens idolâtre, HAC. Athal. i, 2. Il Substantivement. Un idolâtre, une idolâtre. Oue je SOIS tout ensemble idolâtre et chrétien, cobn. Poly. IV, 3. Mon père, en ce jour solennel, De l'idolâtre impur fuit l'aspect criminel, hag. Athal. m, 2. Il 2° Fig. Oui ressent un amour passionné ou servile pour une personne ou pour des cl.oses. Le voilà donc [le prince] engagé dans l'agrandissement du sujet qu'il aime [un favori].... le voilà idolâtre sans y penser; il adore ce qu'il a fait..., balzag, De la cour, T dise. Et cette vieille erreur, que Cinna veut abattrs, Est une heureuse erreur dont il [le peuple romain] est idolâtre, corn. Cinna, u, f. X faire, aux nouveautés dont jesuis idolâtre, Figure de savant sur les bancs du théâtre, mol. iîis. 11], ). Cette femme, idolâtre d'ellc-mOme et toute occupée des vanités du siècle, a pris le parti de la retraite, boubdal. Dim. de la Sexagés. Dominic. t. I, p. 440, Un avare, idolâtre et fou de son argent, BoiL. .Sat. IV, Je ne prends pas pour juge une cour idolâtre, bac. Bérén. n, 2. Pour bannir l'ennemi dont j'étais idolâtre, ID. Phèdre, i, 3. Pouvezvous être idolâtre d'une chair qui...? mass. Carême, Jeûne. Un peuple opiniâtre, De ses liens sacrés imbécile idolâtre, volt. Œd. m, 6. Périsse le cœur dur, de soi-même idolâtre, id. Mérope, i, », Jamais peut-être aucune nation ne fut idolâtre de ses préjugés au point où l'étaient alors, où le sont peutêtre encore aujourd'hui les Espagnols, raynal, Uist. phil. VI, 9. Il Qui a pour (jnelqu'un un respect outré, qu'on peut comparer à l'idolâtrie. Les grands pour la plupart sont masques de théâtre, Leur apparence impose au vulgaire idolâtre, la font, l'abl. iv, 4.
— HIST. xiii* s. Tuit cil de la province du Catay Bont tretouz ydolatres, marc pol, p. 360. Orguilleus est [l'homme], murdriers, et lerres [voleur]. Et inconstans et folojables, Idolastres, désagréables, ia Uose, <8432. Diex hait avers [les avares] les vilainastres. Et les dampne comme idolastres, ib. r>268. Il xv s. Doulx Diex, ce m'est le cuer grevant Qu» les gens de ce païs voy Vivre ydolatres sans ta foy Tenir ne croire en toy, doulx Diex, ilyst. de Barl. et Josaphat, dans otJi de cambrai, p. 37o. || xvi' s. Un dieu le plus puissant s'estimeroit heureux D'estra de vos beaux yeux idolâtre amoureux, honsard, Klég. 7. Ainsi dites vous idolâtre pour idululatre,
BABKL. IV, 40,
— ÉïYJI. Lat. idololatra, idolnlatret, de tU(o>o- >âTprii; (voy, idolatiue), Marc Pol a dit aussi ydle et ydre (p. ii>o) par confusion enti-e idole et idolâtre.
IDOLÂTRE, ÉE {i-do-lâ-tré, trée) , part, passé d'idoiâtrer. Aimé passionnément. Un enfant idolâtré par sa mère. Voilà ce dieu vengeur, idolâtré par vous, volt. II. de César, m, 8.
t IDOLÂTREMKXT (i-do-la-tre-man), adv. D'une manit-re idolâtre. Aimer idolâtrement.
— HIST. XVI' 8. L'ayse enivroit mon ame, et m'estimois heureux D'estre idolâtrement de vos yeux amoureux, des portes, Élégies, i, 7.
IDOLÂTRER (i-do-lâ-tré), || 1° Y. n. Adorer les idoles. Idolâtrer est rendre à la créature les honoeurs divins, boss. Avert. tur le reproche (Ttifoltt-
trie, 8. Quelle erreur donc [à Jurieu] de vouloir excuser [du culte des saints et des reliques] les Pères et les chrétiens du quatrième et du cinquième siècle, sous prétexte qu'ils n'idolâtraient qu'en particulier I m. Var. 3' avert. || 2° V. a. Fig. Aimer avec trop do passion. Pourquoi perdez-vous la parole, Aussitôt que vous rencontrez Celle que vous idolâtrez? régnier, Amour, transi. Mais, hélas! j'idolâtre Emilie, corn. Cinna, m, 2. J'aime, que dis-je, aimer? j'idolâtre Junie, rac. flrtt. ii, 2. De tous les favoris qu'idolâtrait Valois, Joyeuse.,.. D'une faveur si haute était le moins indigne, volt. Ilcnr. m. \\ Il se dit aussi des choses. Mon travail sans appui monte sur le théâtre ; Chacun en liberté l'y blâme ou l'idolâtre, corn. Excuses à Ariste. 11 [Néron] excelle..,, A venir prodiguer sa voix sur un théâtre, A réciter des chants qu'il veut qu'on idolâtre, RAC. Brit. IV, 4. U meurt à son corps qu'il avait toujours idolâtré, mass. Myst. Assomption. Il 3° S'idolâtrer, v. réft. Être idolâtre de soi-même. Ce jeune fat s'idolâtre. Il S'aimer passionnément l'un l'autre. Ces amants s'idolâtrent.
— HIST. XV' s. Chascun les quiort, baise et acole [l'or et l'argent] En ydolatrant, e. desc. Poésies mss. î° 433. Balade que on ne doit mettre es églises nulz images entailliez fors le crucifis et la vierge, pour doutite d'ydolatrier, id. ib. f" 453. || xvi' s. Oui, mesprisant de son Dieu les louanges, Idolatroit après les dieux estranges, du bellay, m, 93, verso. Ils Iles paysans] n'ont point de dames gentes et parées que nous idolâtrons, marg. Nouv. xxix. Cet idolâtre idolâtra des veaux, rons. 837.
— ÉTYBL idolâtre; provenç. et ospagn. idolatrar; ital, idolatrare.
IDOLÂTRIE (i-do-lâ-trl), s. f. Adoration des idoles; culte rendu aux créatures. Réduite à balancer son esprit agité Entre l'idolâtrie et rimpudicité, CORN, Théod. III, i. Après, on voit le voyage [des Israélites] continué dans le désert, les révoltes, les idolâtries, les châtiments, les consolations du peuple de Dieu, que ce législateur tout-puissant forme peu à lieu par ce moyen, BOSs. Uist. I, 4. Il [Salomon] s'abandonne à l'amour des femmes, son esprit baisse, son cœur s'aflaiblit, et sa piété dégénère en idolâtrie, m. «6. i, a. I.e sens humain, abruti, ne pouvait plus s'élever aux choses intelleciuelles; et, les hommes ne voulant plus adorer que ce qu'ils voyaient, l'idolàtne se répandait par tout l'univers, in. ib. II, 2, Il y a des erreurs où nous tombons en r?if;ornant; car l'homme s'embroiiiUe souvent à force de raisonner; mais l'idolâtrie était venue par l'extrémité opposée: c'était en éteignant tout raisonnement et en laissant dominer les sens qui voulaient tout revêtir des qualités dont ils sont touchés, iD. ib. II, u. Lapins ancienne et la plus générale idolâtrie a été celle qui a eu le soleil et la lune pour objet, rollin, Uist. anc. ÙCuv. t, ii, p. 438, dans potiGENS. Il y a mille témoignages que les sages abhorraient non-seulement l'idolâtrio, mais encore le polythéisme, volt. Dict. phil. Idolâtrie. Il Acte d'idolâtrie. Si l'Église est vivante malgré les idolâtriesdont on l'accuse, ces idolâtries n'empêchent pas que la foi et la charité ne s'y trouvent, ni par conséquent qu'on ne s'y sauve, boss. 3* oiert. 4. Il J' Fig. Amour excessif. Aimer nos ennemis avec idolâtrie, corn. Ilor. v, î. Ainsi nous ferons voir l'amour de la patrie. Pour qui vont les grands cœurs jusqu'à l'idolâtrie, id. Sert, m, 2. Des femmes en qui le démon habite, qui font à de misérables liommes mille plaies mortelles; et des hommes qui percent le cœur de ces femmes par leurs criminelles idolâtries, Nicole, Ess. mor. 3' traité, ch. 3. Antoine, qui l'aima jusqu'à l'idolâtrie, bac. Bérén. ii, 2. Cher Corasmin, je l'aime avec idolâtrie, volt. Zaïre, i, 6, On peut juger avec quelle idolâtrie il [Pierre le Grand) fut reçu par un peuple de commerçants et de gens de mer dont il avait été le compagnon, iD. Russie, u, 7, D'un peuple adulateur l'ardente idolâtrie, c. dklav. Paria, l, ^.
— REM. L'Académie écrit latrie sans accent ; on lui a reproché cela comme une inconséquence; mais elle n'a voulu sans doute que noter la prononciation, qui diffère en effet dans latrie et idolâtrie.
— HIST. XII' s. E le altel ki fiid en Bcthel, e la ydolatrie que Jéroboam out faite. Rois, p, "128. i| XIII' 3. Idolalrio vault autant com mcscroance, C'est cil qui en avoir met toute sa créance, Oui tant le croit et aime qu'ailleurs n'a sa beance uiésir], j. db MEUNO, Test. <747. 1] XVI' S. Et nous chantons la vanité de l'idolâtrie ancienne, do bellay. iii, 89, verso.
— ÊTYSt, Provcnç. yâolatria; espajn. et itnl.
iclolatria, du lat. idololatria, qui vient de niuiroi.a- Tpeîa, de e'îôwXov , idole, et Xaipeioi, latrie. La forme complète serait idololatrie ; mais depuis longtemps les langues romanes ont raccourci ce moi.
+ IDOLÂTRIOUE (i-do-lâ-tri-k'), adj. Qui a le caractère de l'idolâtrie. Les uns les soutenaient [les cérémonies de Confucius] purement civiles; les autres, qu'elles étaient superstitieuses et idolâtriques,
ST-SlM. 78, 8.
— RTYM, Idolâtrie..
IDOLE (i-do-l'}, s. f. Il 1» Figure, statue représentant une divinité et cxDosée à l'adoration. Une idole de pierre, de bois. Les prêtrpn «ies idoles. Si nous ne courbons les genoux Dev-int une muette idole, rac, Eslh. 11, 9. Si personij'i t^t sait quand les hommes commencèrent à r-» îiire des idoles, on .^ait qu'elles sont de l'antionitfe la plus haute, volt. Dict. phil. Idolâtrie. \\ Fig Ces pasteurs cruels.... qui font servir les trésors ùy^ sanctuaire à des décorations profanes, qui érigeiit des idoles des débris de l'autel..., MASS. Or. {un. Villars. \\ La divinité mcine que l'idole représente. Jusques à quand, trompeuse idole [Fortune], D'un culte honteux et frivole Honorerons-nous tes autels? i. b. rouss. Ode à la Fortune. Il Fig. Fléchir le genou devant l'idole, se courber devant une personne riche, puissante, etc. On crut que tout fléchirait devant cette idole do la cour, PATRU, Plaid. )3, dans richelet. On ne sait pas combien il reste de bonnes gens qui n'ont pas fléchi le genou devant l'idole, i. 3. bouss. Ém. v. Il Dans le style élevé. Idole d'iniquité, l'iniquité considérée comme une idole que l'on sert. Elle renonce à cette idole d'iniquité qu'elle s'est faite dans sa colère,PATRU, Plaid. 2, dans richelet. || 2" Fig. Personne à qui on prodigue les honneurs, les louanges. Il y a toujours eu, dans les cours, des idoles et des idolâtres, balz. le Prince, 6. Au premier imposteur.... Qui.,.. Voudra servir d'idole à son ïèle charmé, coaN. Héracl. i, i. Quelle erreur à une chrétienne, et encore à un» chrétienne pénitente, d'orner ce qui n'est digne que de son mépris, de peindre et de parer l'idole du monde, de retenir comme par force et avec raille artifices autant indignes qu'inutiles, ces grâces qui s'envolent avec le temps? boss. jinne de Gom. Quelle créature fut jamais piu» propre à être l'idole du monde? mais ces idoles que le monde adore, à combien de tentations délicates ne sont-elles pas exposées? id, Duch. d'Orl. Ces petites délicatesses qu'on remarque en la plupart des grands, auprès de qui un simple oubli est un crime qu'à peine mille soins et de longues assiduités peuvent «.xpier; vaines idoles qu on ne peut ahoider qu'en rampiiit..., MASS. Villars. U n'est point de prince ni de grand, m.ilgré la bassesse et le dérèglement de ses mœurs et de ses penchants, à qui de vaines adulations ne promettent la gloire..., il est vrai que le monde, qui avait élevé ces idoles de boue, les renverse lui même le lendemain, id. Petit carême. Gloire. Il L'idole du jour, do la veille, personne qui excite l'enthousiasme, l'adniration auourd'hui, qui l'excitait hier. || 3° Personne qui est l'objet d'une alTection excessive. Que je faisais de vous une idole dans mon cœur, sEv. 48. Le prince [le duc du Maine I est l'idole du roi; plus sa tendresse pour le fils augmente, plus il semble que son amour pour la mère [Mme de Montespan]dim!nue, maintenon, l.ett. àUme de St Géran. m oct. io79. Te voilà seul avec toi-même qui étais ton idole, fRn. Tél. xviii. Quand je fus de retour auprès de ma mère, j'avais tellement l'air de la cour et du monde qu'elle eut du respect pour moi, au lieu de me gronder de mon enttueiiient pour les armes; j'étais son idole, UaMilt. Grainm. 9. Le cœur.... se lasse de ses propres idoles, mass. Carême, Pécheresse. Le duc de Guise était l'idole des troupes et du parti catholique, st-sim. 374, 3 Gustave Vasa, le héros et l'iuolo de la suède, volt. Mœurs, *i». Blanca de Sivar était l'idole de son père. ciuTEAUB. Dern. Abenc. || 4° Ce qui fait le sujet de l'affection, de la passion de quelqu'un. Cet honneur a toujours été l'idole des hommes, pasc. Prou. (4, Je veux me faire une idole de la réputation et de l'amitié, ïén, t. xvni, p. 36. U y a longtemps que les hommes, toujours vains, font leur idole de la gloire, mass. Petit car. Gloire. \\ 5° Il se dit d'un homme qui se tient à ne rien faire. Il est là comme une idole. D'abord nous n'avons su non plus eue d'une idole Lui tirer de la bouche une seule parole MAIHET, Suiiman, m. 8. Et de n'entrevoir point de plaisirs plus touchants Qu'une idole d'éiioux et des marmots d'cnlants, mol. Femmes sav. I, *. Lysimon : Le second de mes fils n'est qu'une franche idole; Vous le savez. — Pyrante : Eh bien?— Lysi-
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mon : J'en ai fait un abbé, destouches, Irrésolu, I, 1.\\ Une idole, en parlant d'une femme, celle qui n'a guère d'esprit et qui paraît insensible comme une statue. Elle est belle, mais c'est une idole, une vraie idole. Poppée est bien [dans son bustej la jolie idole que devait élever puis briser un caprice de Néron, ampère, Uist. rom. à Rome, Introd. p. LV. Il 6° Idole des Maures, poisson de la mer des Indes. Il Idole des nègres, boa devin, jj Coquille univalve.
— REM. Le genre de ce mot a varié ; idole est masculin dans Corneille, dans la Fontaine : Et Pison ne sera qu'un idole sacré Qu'ils tiendront sur l'autel pour répondre à leur gré, corn. Othon, m, ^. Jamais idole, quel qu'il fût, N'avait eu cuisine si grasse, LA FONT. Fabl. IV, 8. Chifflet disait qu'idole était mieux au masculin, Gramm. p. 249. Il est féminin dans Malherbe : Telle qu'une plaintive idole, m, K C'est ce genre qui a prévalu. Ceux qui faisaient idole masculin obéissaient à l'étymologie (latin idolum); ceux qui le faisaient féminin obéissaient & la terminaison, qui est féminine.
— HIST. XI* s. Touz les yd les que il seult adorer, Ch. de Roi. clxxxv. [Ils] Froissent ymages et toutes ks ydeles, ib. cclxvhi. || xn' s. Li pecchiez de ydle aOrcT i^adorer], i?où, p. 66. ||xiii* s. Ne ne revoildire, Siau prestre, Oîi tex [telles} ydoles ont lor estre, la Rose, 4 8460. Et dès ce commencement les gens aorerent les ydles, brun. lat. Très. p. 3) . || xvi* s. Si un homme se pouvoit nourrir d'or, o que ce seroit un bel idole! palissy, 226. Ore en mes bras, ore devant mes yeux, Tu fais errer l'idole [l'image] de ma dame, rons. <7. Brisant les idoles feints De tes mains, De leurs dieux tu seras maistre, id. 443. Masques de rois, idoles animées. Et non pasteurs ny princes des armées, m. 652. Embrassant pour le vrai l'idole du mensonge, id. 266. Igiiorez-vous que, quand cette idole de M. l'eschevin aura donné le mot, qu'ils ne le changent pas entre eux? car-