‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 5 sur 389 · LOIX, IV · texte numérisé non relu

LOIX, IV

— ETYM. Provenç. et ital. idoîa; espagn. et portug. idolo ; du lat. idolum ; qui vient du grec eîîw- Xov, image, statue, idole; de même radical queelSo;, forme, iSÉa, idée (voy. idée). Dans idolum, l'accent est sur do, et la forme régulière est, en français, idole; cependant, en de très-anciens textes, on trouve idlf; il faut donc admettre qu'il y a eu, dans la latinité, du moins à l'époque de formation des langues romanes, une prononciation avec accent sur t conforme à l'accentuation grecque ; comparez encre, qui offre un cas pai-eil.

+ IDOXÉITÉ (i-do-né-i-té); s. f. Terme didactique. Oualité d'idoine ; aptitude à quelque chose.

— HIST. xvi* s. L'idoneité dudit suppliant attestée par lesdits prevosts, jurez et consaux [conseillers], Coust 'jénér. t. ii, p. 937.

— ÉTYM. Lat. idoneitatem, ù'idoneits, idoine.

t IDOSCOPIQUE (i-do-slto-pi-k'), adj. Terme de zoologie. Yeux idoscopiques , chez les invertébrés, yeux fournissant des images, par opposition à yeux photoscopiques, Jourdain, Àcad. àet se. Comptes rendus, t. lx, p. <03.

— KTYM. EÎ5oi;, image, et axoitaw, voir.

■} IDRIALLXE (i-dn-a-li-n'), s. f. Substance retirée des minerais de mercure des mines d'Idria.

t IDRYLK (i-dri-l'), s. m. Corps obtenu par distillation des minerais bitumineux mercurifèrcs des mines d'Idria.

IDYLLE (i-di-1'), t. f. Petit poème dont le sujet est ordinairement pastoral ou relatif à des objets champêtres, et qui tient de l'églogue. Les idylles de Théocrite, de Bion, de Mosohus. Telle aimable en son air, mais humble dans son style. Doit éclater sans pompe une élégante idylle ; Son tour simple et naïf n'a rien de fastueux. Et n'aime point l'orgueil d'un vers présomptueux, bou,. Art p. ii. Il II se dit de petites pièces en prose de même genre. Les idylles de Gessner. || Il se dit même de romans. La Mare au Diable, la Petite Fadette sont de charmantes idylles. || Fig. Ce sujet, ce tableau Mt une idylle, il ofl're des objets qui pourraient être mis en idjl'.e.

— REM. Dans l'édition de 4 698, l'Académie dit idylle masculin, ajoutant que quelques-uns le font féminin; et, inversement, dans l'édition de t740, elle dit idylle féminin, ajoutant que quelques-uns le font masculin. Aujourd'hui idylle est féminin, la terminaison féminine l'ayant emporté, pour décider le genre, sur l'étymologie.

— ETYM. Lat. idyllium, de elôûXJ.iov, diminutif de eïSo;, forme, et signifiant par conséquent petite Jorme, petite pièce.

t IDYLLIQUE (i-dil-li-k'), adj. Qui appartient à Vidylle.

f ....lÈME, suffixe qui, appartenant aux noms de nombre ordinaux, représente la finale latine esimus.

IF (if), s. m. Il 1° Arbre toujours vert, qui a la feuille étroite et un peu longue et qui porte un petit fruit rouge et rond, famille des conifères, genre taxui'; if commun, taxus baccala, L. Les feuilles de l'if sont un poison pour plusieurs animaux, les chevaux en particulier. Une palissade d'ifs. Antoine, gouverneur de mon jardin d'Auteuil, Oui diriges chez moi l'if et le chèvrefeuil, boil. Épit. XI. Il n'en coûte pas plus pour planter un jardin bien entendu que pour tailler ridiculement des ifs, et en faire des représentations grossières d'animaux, volt. Dial. 4. 112° Espèce de charpenterie, de fo^me triangulaire, employée dans les illuminations, et destinée à porter plusieurs lampions dont l'assemblage imite un if taillé en pyramide. Los lampions de cet if sont presque tous éteints. || 3° Coquille du genre cérite.

— HIST. XI' s. En Saragoce descendent sous un if, Ch. de Roi. xxi. || xn' s. Arbres i out et un grant if, Où li venz mené grant estrif, benoît, v. 26036.

— ÉTYM. Bas-lat. ippxts ; norm. t .- un bel i ; espagn. et portug. iva; de l'anc. h. allem. iwa; allem. mod. Eibe; ou du celtique qui ici se confond avec l'allemand: kimry, yw ; bas-bret. iKtn; cornouaille du ix* siècle, hivin; angl. yeto.

t IFFLE (i-fl'), s. f. Terme de métallurgie. Réunion de feuilles de tôle destinées à la ferblanterie, et qui viennent d'être ébarbées.

t IFINE (i-fi-n'), *. f. Terme de chimie. Principe vénéneux de l'if.

— ÉTYM. If.

t IGASURATE (i-ga-zu-ra-f), ». m. Genre de sels formés par la combinaison de l'acide igasurique avec les bases.

+ IGASUniQUE (i-pa-zu-ri-k') , adj. Terme de chimie. Acide igasurique, acido avec lequel la strychnine est combinée dans la noix vomique.

— fiTYM. Igasur, nom malais de la fève de St- Ignace.

t IGNACIEN (i-gna-siin), s. î». Nçm donné par dénigrement aux jésuites qui ont pour fondateur saint Ignace. Les ignaciens sont les janissaires du pape, GUI PATIN, Lett.t. ii, p. 23(.

IGNAME (i-gna-m') , t. f. Nom vulgaire de la dioscorée cultivée et de la dioscorée ailée qui, originaire de l'Inde et de l'Afrique, a été transportée aux Antilles. La racin» de l'igname, qui pèse quelquefois jusqu'à trente livres, est farineuse et alimentaire. La tig» de l'ignime est grimpante, herbacée, garnie de feuilles opposées ou alternes , taillées en cœur, qui laissent échapper de leur aisselle des épis de fleurs, mâles sur un pied, femelles sur un autre, ratnal, Hist. phtl. xi, 2S.

— ÉTY'M. Espagn. nàir.e; angl. yoni; du portug. inhàme. Ce sont les Portugais qui ont vu les p'emiers Vigname comme objet de culture, d'abord à la côte d'Afrique, puis dans l'Inde et la Malaisie, et qui lui ont donné son nom ; mais on ne sait à quelle langue ce nom a été pris. L'isnom* n'existait pas en Amérique et y a été importée.

IGNARE (i-gna-r'), adj. Oui n'a point étudié, qui n'a point de lettres. Gens ignares et non lettrés. Vous êtes.... un hommo ignare de toute bonne discipline, MOL. Mar. fore. e. || Substantivement. C'est un ignare. Irais-je par de vains accents, Chatouiller l'oreille engourdie Do cent ignares importants? GREâsET, Chartreuse.

— HIST. xiv s. Prens le fruict des quatre elcmens Soubr une espèce transmuable. Qui est matière très notable Par philosophes desguisée Et des ignares peu prisée, Nat. àl'akh. err. io«4.||7vi' s. C'estoit jadis chose bien rare Que de voir un abbé ignare, marot, iv, 168. Nul, s'il n'est vrayement du tout ignare, voire privé de sens commun..., du BELLAY, lUustr. de la langue franc, ii, 6.

— ÉTYM. Lat. ignariis, de i pour in privatif, et gnarus, qui sait.

I IGNATIE (i-gna-sic), s. f. Terme de botanique Arlîre qui fournit la fève de Saint-Ignace, ignatia amara, L. fils, famille des loganiacées.

IGNÉ, ÉE (igh-né, née), adj. || 1° Terme didactique. Oui est de feu, qui a les qualités du feu. L'influence de l'océan igné sur les tremblements de terre et sur les éruptions volcaniques. L'existence de cette matière ignée, si douteuse et si peu établie, PASC. Lett. à le Pailleur. L'interroger [un chimiste] si le phosphore de Boyle, si le phosphore igné s'allument dans le vide, volt. Lett. Koussinol, mai 4 737. Le fameux archevêque Navarrete dit que, selon tous les interprètes des livres sacrés de la Ghine^ l'àme est une partie aérée, ignée, qui, en se

séparant du corps, se réunit à la substance du ciel, II). Moeurs, 2. Il faut une livre de matière ignée pour donner à 6uo livres de toute autre matière l'état d'incandescence jusqu'au rouge de couleur de feu, BUFF. Uist. min. Introd. part. eip. Œuv. t. viii, p. 28. Il Fusion ignée, fusion qui a lieu par le calorique seul. || Matière ignée s'est dit quelquefois pour calorique. || 2° Qui est produit par l'action du feu. Couche de formation ignée, par opposition à couche de formation aqueuse.

— REM. Pour Bufîon, igné (qu'A ecnvs.it ignée: ce fut l'orthographe primitive de ces mots tirés ou forgés du latin, momentanée, instantanée, etc. depuis on les a soumis à la règle générale) était un mot dont la prononciation était incertaine : « Le mot ignée, quoique bon, n'est point encore d'usage ; ainsi je ne puis pas vous dire comment on doit le prononcer; si l'on suit le génie de la langue, il faut le prononcer inniée, et c'est ainsi qu'on le prononcera s'il devient usité; mais, comme il ne l'est point encore, et qu'il vient du latin igneus, je crois qu'on doit conserver sa prononciation latine, et faire sentir le g; comme aussi je crois qu'il faut le souligner en l'écrivant ou en l'imprimant». Correspond, de Buffon, Lett. lxi, 4 760, au président de Ruffey, 1. 1", p. 76. Le mot est beaucoup plus ancien. On le trouve chez Pascal et dans le xvi' siècle.

— HIST. xvi* s. Avec grande chaleur ignée et peu de tumeur, paré, xxi, 9.

— ÉTYM. Provenç. iffne; espagn. et ital. igneo; du latin igneus, de ignis, feu ; slavon, ogn, feu ; sanscrit, agnis, le feu et le dieu du feu.

t IGNÉALE (igh-né-a-l'), adj. f. Terme de médecine. Éphélides ignéales, voy. éphéliijE.

— ÉTYM. Vov. ionê.

t IGNESCENCE (igh-nè-ssan-s*), s. f. Terme didactique. État d'un corps ignescent.

t IGNE.SCENT, ENTE (igh-nè-ssan, ssan-t'), adj. Terme didactique. Oui est en feu; qui s'enflamme.

— ETYM Lat. ignesceie, de ignis (voy. igné) . IGNICOLE (igh-ni-ko-l'), adj. Oui adore le feu. Il

resta un grand nombre de familles guèbres ouignicoles à Ispahan jusqu'au temps de Sha-Abbas, qui les bannit, comme Isabelle chassa les ^ifs d'Espagne, VOLT. Mœurs, 6. || Substantivement. C'est à lui [Hyde] surtout que nous devons les cent portes du Sadder, qui contiennent tous les principaux préceptes des pieux ignicoles, volt. Dict. phil. Zoroastre.

— ÉTYM. Lat. ignis, feu (voy. igké) , eiculere, adorer.

IGNITION (igh-ni-sion; en vers, de quatre syllabes), s. ^ Il 1* Terme de chimie. £tat des corps en combustion. Les corps en état d'ignition sont à la fois chauds et lumineux. 1| 2* Application du feu aux métaux, jusqu'à ce qu'ils deviennent rouges, sans se fondre. L'etain et le plomb ne peuvent souiïrir l'ignition, parce qu'ils ont trop de facilité à fondre.

— HIST. XVI' s. Ignition, cotgiiav'e.

— ÉTYM. Provenç. ignicio; du lat. ignis, feu

(voy. IGNÉ).

t IGNI'VOME (igh-ni-vo-m'), adj. Terme didactique. Qui vomit du feu. Se dit des volcans.

— ET Y»:. Lat. ignis, fou (voy. igné), et vomere, vomir.

+ IGNIVORE (igh-ni-vo-r') , adj. Terme didactique. Qui dévore ou feint de dévorer des matières enflammées. Charlatan ignivore.

— ÉTYM. Lat. ignis, fou (voy. igné), et vorare, dévorer.

-|- 4 . IGNOBILITÉ (i-gno-bi-li-té), *. f. Qualité de ce qui est ignoble.

— ETYM. Ignoble.

t 2. IfrSOBILiTÉ (igh-no-bi-li-té), s. f. Dana l'histoire romaine, condition de celui qui n'était pas noble ; condition plébéienne.

— ÉTYM. Lat. ignobilHatem , de ignobilis, non noble.

IGNOBLE (i-gno-bl'), adj. \\i' Qui est sans noblesse, sans distinction. Des sentiments ignobles. Une diction ignoble. Leur port [des goélands et des mouettes] ignoble, leurs cris importuns, leur bec tranchant et crochu, présentent les images désagréables d'oiseaux sanguinaires et bassement cruels, buff. Ois. t. XVI, p. 473. Il défend tant qu'il peut, en mémoire du vieux âge, les ronces, les broussailles, les landes féodales que d'ignobles guérets chaque jour envahissent, p. l. cour. Lett. v.|| Dans un sens analogue. Il se cacha dans un réduit ignoble. i|2" Terme de fauconnerie. Oiseaux ignobles, oiseaux de proie qui refusent .de se laisser dresser. || 3° Terme d» minéralogie. Filons ignobles, filons métalliques trop peu riches pour mériter qu'on les exploite.

— HIST. XVI' s. Le noble a davantage d'obligation que l'ignoble à se porter vertueusement, la-

IGN

IGN

IGN

NOCE, 1RS. Les playes se font les unes es parties nobles, les autres es ignobles, paré, ix, ( .

— ÉTYM. Lat. ignobilis, de t pour in privatif, et gnobilis ou, par aphérèse, nobilis, noble.

IGN'OBLKMENT (i-gno-ble-man), adv. D'une manière ignoble. Il s'est conduit ignoblement dans Jette allaire.

— ÉTYM. Ignoble, et le suffixe ment.

IGNO.MINIE (i-gno-mi-nie), s. f. Grand déshonneur. Je me cache à moi-même un excès de malheur Où notre ignominie égale ma douleur, cohn. Jlodog. II, 4. Allons à lui [le Seigneur], en portant l'ignominie de sa croix, saci. Bible, Ép. aux Ilébr. xiii, <3. Sa pauvreté [de Jésus-Christ], ses ignominies et sa croix le rendent un objet horrible à nos lens, Boss. llisl ii, < ) . Et ce sont ces périls et ce soin de ma vie Qui d'un servile hymen feraient l'ignominie, RAG. Baj. II, 3. Je n'ai point de leur joug [des Romains] »ubi l'ignominie, ID. Mithr. v, 5. Et Phèdre, tôt ou tard de son crime punie, N'en saurait éviter la juste ignominie, id. Phèd. v, i. Quel est cet honneur, mes frères, qu'on ne peut acheter qu'au prix de son âme et de son salut éternel? et que l'on est à plaindre, si l'on ne peut se sauver de l'ignominie que par un crime I mass. Car. Pardon. Ce vieux rimeur couvert d'ignominies, Organe impur de tant de calomnies, volt. Èip. xxxv.

— HIST. XVI' s. Et pour cette desfaitte les Ephesiens avoient dressé un trophée de bronze à la honte et ignominie des Athéniens, amyot, Aie. 69.

— ÊTYM. Lat. ignominia, de i pour m privatif, et gnomen, par aphérèse, nomcn, nom.

IGXOMIXIEUSKMENT (i-gno-mi-ni-eû-ze-man) , adv. Avec ignominie. Philippe IV fut ignominieusement proscrit [par les Portugais], et le duc de Bragance placé sur le trône de ses pères, baïnal, Hist. phil. IX, < 0.

— iilST. XVI* S. Ayant esté ignominieusement-M.tlainct et convaincu pour aucuns villains actes qu'il commist, amyot, Péric. 43.

— ÉTYM. Ignominieuse, et le suffixe ment. IGNOMINIEUX. EUSE (i-gno-mi-ni-eû, eû-z'),

adj. Qui porte ignominie, qui cause de l'ignominie. Le pécheur y renouvelle [dans une communion indigne] le spectacle de la croix avec des circonstances mille fois plus ignominieuses à Jésus- Christ que celles du Calvaire, mass. Car. Comm. indigne. Une raison née avec quelque élévation aimerait encore mieux se tromper en se faisant honneur qu'en se déclarant pour un parti [la mortaliié de l'âme] si ignominieux à son être, m. Car. Icrité d'un avenir. Cent héros de la véritable Rome, qui préférèrent une mort volontaire à une vie qu'ils croyaient ignominieuse, volt. Dict. phil. talon et suicide.

— HlST. XVI* S. Platon ordonne une sépulture ignominieuse à celui qui..., mont, h, 28.

— ÉTYM. Lat. ignominwsus, de ignominia, ignominie.

t IGNORABLE (i-gno-ra-bl') , adj. Que l'on peut ignorer, qu'il est permis d'ignorer.

— lilST. xiv* s. Ignorable [qui ignore] et descognoissable des batailles de mer, Clir. fr. mss. de Nangis, an (283, dans lacurne.

— ÉTYM. Ignorer.

IGNORAMMENT ( i-gno-ra-man) , adv. Avec

ignorance S'allèrent jeter ignoramment dans les

ennemis, (|u'ils prenaient piur être de leurs gens,

MALH. le XXXII l' livre de T. Live, chap. 15 Ce

destin sévère Qu'une sotte coutume ignoramment révère, Théophile, Sat. i. 11 no sait assurément ce qu'il veut dire, et confond ignoramment le vrai et le faux, BOSS. Var. i" avert. g 38. Ils [les Arminiens] ne feront pas difficulté d'avouer que. Pelage ayant été ignoramment condamné, c'est une marque de saine doctrine que d'embrasser la sienne, BAYLE, lett. à l'Enfanl, 2t juin (686.

— IllST. XIII" s. Tout ce qui fu fet ignoramment doit estre rapelé, et doivent cumencier novel plait, BEAUM. xxxix, 20. || XV" S. Lcs ungs peut estre l'attribuant à Dieu, les autres ignoramment à une .souveraineté incogneiie depuis appellée f'ortune, CHASTELAIN, C/ir. du duc Philippe, Proesme. || xvi* s. Tenant pour cxsecrable s'il se trouve chose dicte par moy ignoramment ou inadvertamment contre les sainctes prescriptions de l'Eglise catholique, apûstolii|ue et romaine, mont, i, 394.

— ETYM. Ignorant, et le suffixe ment; ital. ignoranrniiente.

IG.\(JRANCE (i-gno-ran-s'), s. f. \\ 1° État de celui qui Ignore une chose, qui ne la connaît pas. Ceux (;u; oe se sont pas mis en peine d'acquérir la sagesse, uon-soulement sont tombés dans l'ignorance du

bien, mais encore..., saci, Bible, Sagesse, x, 8. Nous sommes dans une grande ignorance de toutes les afi'aires publiques, SÉV. 25 juin icou. Il [Dieu] connaît la sagesse humaine, toujours courte par quelque endroit; il l'éclairé, il étend ses vues, et puis il l'abandonne à ses ignorances, boss. Uist. m, 7. J'ai vécu, depuis deux mois, dans une ignorance totale des plaisirs et des sottises de votre grande ville, volt. teH. d'Argental, oct. 1735. Je ne la propose donc que comme un doute et comme une ignorance, m. Dict. phil. Feu. Ces nomenclatures [des mots scientifiques] qui sont autant de langues particulières, changent de fond en comble par le progrès dos sciences, et n'offriraient souvent aujourd'hui que la date inutile d'une erreur détruite ou d'une ignorance qu'on n'a plu», villemain, Dtct. de (Acad. franc. Préface. \\ Terme de pratique. Prétendre cause d'ignorance, alléguer son ignorance pour e.vcuse. || Dans le langage familier. Prétendre cause d'ignorance, faire semblant d'ignorer une chose que, de fait, on n'ignore pas. || 2» Défaut de connaissance, manque de savoir. Un péché qu'il déclare avoir commis par ignorance, pasg. Prov. 4. Le momie juge bien des choses, car il est dans l'ignorance naturelle, qui est le vrai siège de l'homme ; les sciences ont deux extrémités qui se touchent : la première est la pure ignorance naturelle où se trouvent tous les hommes en naissant ; l'autre extrémité est celle où arrivent les grandes Ames, qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu'ils ne savent rien, et se rencontrent en cette même ignorance d'où ils étaient partis; mais c'est une ignorance savante qui se connaît, iD. Pens. art m, <8, édit. havet. Qu'ont-ils vu ces rares génies [les esprits forts], qu'ont-ils vu plus que les autres? quelle ignorance est la leurl et qu'il serait aisé de les confondre...! BOSS. Anne de Gont. Laissez-moi, disait-elle, mon heureuse ignorance, et ne m'ôtoz pas le mérite et la tranquillité de ma foi, fléch. Dauph. L'ignorance toujours est prête à s'admirer, boil. Art p I. L'ignorance vaut mieux qu'un savoir affecté, in. Ép. IX. Comme l'ignorance est un état paisible et qui ne coûte aucune peine, l'on s'y range en foule, LA BRUY. XII. Ce même peuple [russe] était souverainement fier, plein de mépris pour tout ce qu'il ne connaissait pas: c'est le comble de l'ignorance que d'être orgueilleux, FONTEN. Czar Pierre. La Moscovie ou Bussi» était encore [à l'avènement de Pierre 1") dans une ignorance et dans une grossièreté presque pareilles à celles qui accompagnent toujours les premiers âges des nations, id. ib. Tant il faut que la science ait des mi^nagements pour l'ignorance, qui est son aînée et qu'elle trouve toujours en possession! id. Lahire. Il y a bien des espèces d'ignorance, la pire de toutes est celle des critiques, volt. Dict. phil. Ignorance. L'ig:norance est moins éloignée de la vérité que le préjugé, di- DER. Lett. sur les sourds et muets. L'ignorance et l'innocence sont deux choses très-différentes et que l'on confond presque toujours, genlis, Ad. et Théod. t. II, p. 457, dans pougens. || 3° Faute qui marque ignorance. Nous avons ce saint sacrifice, rafraîchissement de nos peines, expiation de nos ignorances et des restes de nos péchés, boss. Mar. Thér. Que le nom de M. de Meaux va être flétri dans les écrits du ministre [Jurieu] I déjà on ne trouve dans sa dixième lettre que les ignorances de ce prélat, ses vaines déclamations..., iD. 6» averliss. (. Que serait-ce donc si j'allais lui faire voir.... ses ignorances sur Platon ? boil. Réfl. sur Longin, Concl. des neuf premières réflex. Dieu a permis qu'il soit tombé dans des ignorances si grossières qu'elles lui ont attiré la risée de tous les gens de lettres, id. ib.

— HlST. xn* s. Les mesfaiz de la meie juvcnte [de ma jeunesse] e mes ignorances ne remembrer [ne te souviens pas de....]. Liber psalm. p. 29. Il XIV* s. On ne doit mies trop reprendre Aucun fol, s'on 11 voit emprendre Par ynnorance aucunne cose, J. DE coNDRT, p. <89. Sur les petiz [il] fist la rcstinction [économie], Qui monte à pou; vez ci large ignorance : Es grans cas chiet la bonne pourvoiance : Plus despent loups que brebis neoustarde, E. DEscH. Adm. de l'hôtel du prince. Il xvi* s. L'ignorance qui se sçait, qui se juge et qui se condamne, ce n'est pas une entière ignorance; pour l'estre, il fault qu'elle s'ignore soy mesme , mont, h , a30.

— ÉTYM. Provenç. ignoransa, ignorantia; esp. ignorancia; ital. ignornnsia; du lat. ignorantia, de ignorare, ignorer. Palsgrave, p. 63, au xvr .siècle, dit (|u'on prononce inorance.

IGNORANT, ANfE (i-giio-ran, ran-t'), adj.

Il 1° Qui e.st sans lettres, sans études, qui n'a point de savoir. Enfin, quoique ignorante à vingt et trois carats, Elle passait pour un oracle, la font. Fabl. VII, 15. Il affecte quelquefois de paraître ignorant, tient sa science renfermée, mol. lUéd. malgré lui, I, B. Puisque vous n'en êtes pas plus grasse pour être ignorante, sfiv. 432. N'esi-ce pas une chose plaisante.... que l'ignorant Mahomet ait donné une religion à l'Asie et à l'Afrique, et que MM. Newton, Clarke, Locke, Leclerc, les plus grands philosophes de leur temps, aient pu à peine venir à bout d'établir un petit troupeau? volt. Dict. phil. Sociniens. \\ Frères ignorants, nom que l'on donnait en Italie aux capucins. || 2° Qui n'est pas instruit de certaines choses. Ignorant en histoire. Il est ignorant sur les matières dont vous lui parlez. Ce sont gens de difficultés [les avocats] et qui sont ignorants des détours de la conscience, mol. Mat. imag. I, 9. Ô vanité! 6 néant! ô mortels ignorants de leurs destinées! boss. Duch. d'Orl. La paix, la conscience ignorante du crime, La simplicité chaste aux regards caressants, a. ciién. Élég. xxx. || En termes de palais, être ignorant du fait. || Familièrement. J'en suis aussi ignorant que l'enfant qui est à naître, qui vient de naître, c'est-à-dire j'ignore absolument la chose dont il est question. Il Un médecin ignorant, un magistrat ignorant, etc. médecin, magistrat, etc. qui n'ont pas les connaissances, les lumières exigées par leur profession. D'un magistrat ignorant C'est la robe qu'on salue, la FONT. Fabl. v, 14. Il 3° En parlant des choses, qui a le caractère de l'ignorance. Leurs ignorantes et iniques décisions. Choqué de l'ignorante audace avec laquelle il [Perrault] y décide de tout ce qu'il y a de plus révéré dans les lettres, boil. IWf!. sur Longin, Conclusion des neuf premières réflex. Il 4* Substantivement. Un ignorant. Une ignorante. Mon ami, l'ignorante ignore son devoir, Et peut s'en écarter sans s'en apercevoir , destouches , Homme sing. i, 2. Un homme d'esprit et de bon srns disait un jour d'un grave docteur : Il faut que cet homme-là soit un grand ignorant, car il répond à tout ce qu'on lui demande, volt. Dict. phil. Annales. Une bonne femme m'a guéri à peu près d'un mal d'yeux.... c'était à M. Tronchin à m'enseigner ce qu'il fallait faire, et c'est une vieifie ignorante qui m'a rendu le jour, m. Lett. Mme du Deffant, 22 avr. <764. L'ignorant est un orphelin, dider. Opin. des anc. phil. (Sarrasins). || Faire l'ignorant, faire semblant de ne pas savoir. En iaveur de mon fils vous faites l'ignorant, corn. Ment, v, <.

— REM. Ignorant de, signifie qui ignore, qui ne connaît pas ceci ou cela : l'homme ignorant do sa destinée; on dit aussi en ce sens ignorant sur. Ignorant en, dans, signifie qui n'a pas d'instruction, de connaissances en ceci ou en cela : ignorant en jurisprudence, dans la jurisprudence.

— IIIST. XIV* s. Celle multitude ignorant et rude, bercheure, f» (3. Il n'estoit pas ignorant de leurs emprises, id. f" M. || xvi* s. Nous savons bien quels nous sommes aujourd'hui, mais nous sommes ignorans quels nous serons demain, calv. Instit. 780. Tout meschant est ignorant, cotorave.

— ÊTY.M. Provenc. ignorans; esp. et ital. ignorante; du lat. ignorantem (voy. ignorer).

t lONORANTIFIER (i-gno-ran-ti-fi-é), f. a. Terme forgé par Molière pour le mettre ilans la bouche d'un philosophe aristotélicien. Rendre ignorant par l'infusion de la forme d'ignorance, suivant la physique d'Aristote où la matière devenait telle ou telle par l'adjonction d'une forme ou i.ualité. Tu es un ignorant, ignorantissime, ignorantifiant, ignorantifié, mol. Mar. forcé, e.

— ÉTYM. Ignorant, et le suffixe.... fier, faire. IGNORANTIN (i-gno-ran-tin), adj. m. Les frère»

ignorantins, et, substantivement, les ignorantins, nom donné aux membies d'un ordre religieux fondé en (495 par saint Jean-de-Dieu, Portugais, et introduit en France par Maiie de Médicis; destiné d'abord à servir et à secourir les. pauvres malades, il s'occupa plus tard de l'éducation dos enfants du peuple. Dans le faubourg St-Germain-des-Prés se sont établis les Frati ignoranti, autrement dits de Saint-Jean, lesquels sont très-savants es remèiles do toutes maladies; ils s'appellent ainsi par une façon de modestie, et ne cherchent pas les disputes de paroles, palma cayet, Chrori. sept, anno teo4, cité dans l'Intermédiaire du 25 juillet i804. Il Par confusion, et quelquefois par moquerie, on donne ce nom aux frères des écoles chrétiennes.

— ÉTYM. Diminutif d'ignorant.

flGXORANTIS.ME (i-gno-ran-ti-sm'), «. m. Néologisme, Système de ceux qui prônent lesavantr.gos

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