‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 47 sur 389 · GALLON · texte numérisé non relu

GALLON

JALET (ja-lè), ». m. Terme vieilli. Caillou rond qu'on lançait avec une arbalète. || Arbalète à jalet, ou arc à jalet, arbalète avec laquelle ou lanjait des cailloux ou des balles.

— HIST. XVI* s. Un arc, une fronde ou arc à jallet jettent loin une pierre, une flèche, un jallet, sans aucun air fvent], paré, ix, 2* duc.

— ÉTYM. Ce semble être une autre forme de galet.

t JALECSE (ja-leû-z'), s. f. Nom, avant la Révolution , des quarante femmes chargées de mesurer les grains et farines vendus à Paris.

— KTYM. Jale.

t JALLOT (ja-lo), ». m. Baquet dans lequel on coule le suif fomlu et clarifié par l'acide sulfurique.

— ÉTYM. Jalc.

JALO.V (ja-lon),s. m. || 1* Perche qu'on fiche en terre pour prendre des alignements. On voyait les signaux du porte-étendard qui plantait le jalon des lignes, ciiATEAUBR. Harl. vi.jj Terme militaire. Poteaux que les armées laissent sur les routes pour diriger les troupes qui marchent après elles. 112° Fig. Indications préliminaires ou principales. Il a posé les jalons de son travail. Ces époques sont des jalons i l'aide desquelf on se dirige dans l'étude de l'histoire.

— ÉTYM. Origine inconnue. On a conjecturé le basbreton gwalen, verge, ou le gothique valus, bâton. Faut-il voir le même mot dansja/oui sienifiant une sorte de roseau T Est-il chose au monde plus récréative que la belle verdure des prez bien floris, que les arbres fueillus et couverts de leurs vertes rames, que les jaloux etarundes d'entour des ruisseaux et fontaines? Sicile, Blason des couleurs, î' ta, rcclo.

JALONNÉ, ÉK (ja-lo-né, née), par», passé de jaj^lcnner. Un terrain jalonné.

t JALONNEMENT (ja-lo-ne-man), ». m. Action [de jalonner. || Terme militaire. Action de placer des Ijalonneurs pour déterminer un alignement.

JALONNER (ja-lo-né). || f K. n. Planter des ja- 't ^ns. On a jalonné toute la journée d'hier. ||2° Y. a. I Jalonner une allée, y planter des jalons pour la dresf »er. En termes militaires, jalonner une ligne, ou, [limpltment, jalonner, placer des jalonneurs, ou se [placer en jalonneur, pourdéterminer une direction, un alignement. || Fig. Uoimer des directions. Les sa-

vants ne font d'ftge en âge que jalonner la route â ceux qui suivront.

— ÊTYM. Ja/on.

JALONN'ECR (ja-lo-neur) , ».m. || 1" Homme cnargé de jalonner, c'est-à-dire de placer les jalons destinés, soit à un alignement, so»t à la détermination des différents points d'un plan. Les jalonneurs chargés de tracer un alignement. || 2°Terme de théorie militaire. Homme qu'on place, ou qui se place, en guise de jalon, pour déterminer d'avance une direction, un alignement.

— ÉTYM. Jalonner.

JALOUSÉ, ÉE (ja-lou-zé, zée), part, passé de jalouser.Jalousé [Albéroni] dans son élévation, haï pour l'abus de son pouvoir, ce que les Italiens expriment par la prcpotenia, duclos, Mém. Réy. Œuv. t. v, p. 437, dans pouoENS.

t JALOUSEMENT (ja-lùu-ze-man), adv. Avec jalousie, par jalousie.

— HIST. xm* s. Fait loiautés amer jalousement, Et faintis est cil qui aima autrement, Bibl. des chartes, 4* série, t. v, p. S46. || xvi* s. Ce grand Montmorency que l'impiteuse guerre Nous a jalousement ravy de cette terre, pasquier, Œuv. mcslées, p. 621 , dans laciirne.

JALOUSER (ja-lou-zé), v. a. || 1* Avoir de la jalousie contre quelqu'un. On ne jalouse que ses supérieurs, duclos, Consid. sur les mœurs, ch. i. Il i" Se jalouser, v. réfl. Avoir de la jalousie l'un pour l'autre. Les gens de même métier se jalousent souvent entre eux.

— HIST. XV* ». Cela, dit-il, notre dame, vous n'avez cause en rien de vous en jalouser [d'en devenir jalouse], LOUIS xi, Nouv. viii. || xvi* s. Je luy appris encor à dire souvent.... symboliser, jalouser, ambitionner, un esprit poly, et mille autres termes en cette façon, à quoy on connoit aujourduy une belle ame, d'aub. Conf. ii, t.

— ÉTYM. Jaloux. Montaigne a d'il enjalouser : On faict courroucer, craindre, i'uyr les dieux, s'enjalouser, se douloir.... iv, 3|.

JALOUSIE (ja-lou-zie) , ». f. || 1° Attachement pour, zèle pour. Un père [Philippe l'y d'Espagne] qui sut conserver avec une grâce comme avec une jalousie particulière ce qu'on appelle en Espagne les coutumes de qualité et les bienséances du palais, Boss. ifor, Thér. || i° Mauvais sentiment qu'on éprouve quand on n'obtient pas ou ne possède pas les avantages obtenus ou possédés par un autre. Plus un pareil mérite aux grandeurs nous appelle. Et plus la jalousie aux grands est naturelle, COBN. Pulch. Il, 2. On voudrait, à quelque prix que ce soit, ternir la beauté de son action [la retraite du cardinal de Retz] ; mais j'en défie la plus fine jalousie, sÉv. 21 août <676. Là était l'idole de la jalousie; ambition, c'est toi qui l'élevés; autant que tu vois de concurrents, ce sont autant de victimes que tu voudrais immoler à cette idole, BOss. 3' sermon, Pâques, 3. Voua trouvez partout [à la cour] des intérêts cachés, dos jalousies délicates qui causent une extrême sensibilité, id. Anne de Gonx. La jalousie se mit entre les deux ordres, id. Uist. III, 6, Le tranquille ministre, qui connaissait les dangereuses jalousies des f.ours et les sages tempéraments des conseils des rois, id. le Telticr. Et, dédaignant les trônes qui peuvent être usurpés, elle attacha son affection au loyanme où l'on no craint point d'avoir des égaux, et où l'on voit sans jalousie ses concurrents, id. Reine d'Anglet. Accommodant les différends que la discorde, la jalousie ou le mauvais conseil font naître parmi les habitants de la campagne, FLÉca. Lamoign. I! est trèsdifficile de guérir la jalousie d'une communauté, MAiNTENON, Lell. à Mmede laYicfvUle, 23 fév. (709. Fuyez surtout,fuyez ces basses jalousies, Des vulgai res esprits mahgnes frénésies, boil. Art p. iv. La perfide intérêt, l'aveugle jalousie S'unissent contre toi pour l'affreuse hérésie, bac. Esih. Prologue. La jalousie est comme un aveu contraint du mérite, la bruy. XI. Il comprit qu'il ne lui serait pas difficile do me mettre en défiance et en jalousie contre un homme qui.... p8n. Tél. xiii. Les hommes sont si réels et si vrais dans leurs plaisirs.... dans leurs animosités, dans leurs jalousies, mass. Carême, Véritable culte. Dans la jalousie, l'envie, la malice, les sourcils descendent et se froncent, les paupières s'élèvent et les prunelles s'abaissent, buff. Ilist. nat. hom. ŒCuv. t. IV, p. 302. Jamais la jalousie du talent n'avait inspiré plus de haine qu'à la belle Gaussin pour la jeune Clairon, marmontel, Mém. m. {[ Faire la jalousie, exciter la jalousie, être envié. Ce Genlis gagna l'amitié de M. de Noailles jusqu'à faire la jalousie de toute sa f ctito armée, st-sim. m, 37,

Aldobrandi fit [en Espagne] la jalousie des ministres étrangers par les distinctions qu'il y reçut, lu. 489, 1 93. Il Une noble jalousie, synonyme d'émulation. Il est certain que ces deux prix mettent parmi nos jeunes écrivains une noble jalousie, qui sert infiniment à perfectionner leurs talents, olivet, Ilist. Acad. t. ii, p. (5, dans pougens. || 11 se dit aussi des animaux. Ce chien témoigne de la jalousie quand il en voit caresser un autre. || 3° Sentiment qui Lait dans l'amour et qui est produit par la crainte que la personne aimée ne prél'ère quelque autre. Comme les bruits confus accompagnent le jour. Toujours la jalousie accompagne l'amour, TRISTAN, Panthée, iv, <. La jalousie est le plus grand de tous les maux, et celui qui fait le moins de pitié aux personnes qui le causent, larociiefouc. Réflex. mor. 603. Ô triste jalousie, 6 passion amère, LA FONT. Filles de ilinée. Partout la jalousie est un monstre odieux, mol. D. Gare, i, i . La jalousie a des impressions Dont bien souvent la force nous entraîne, ID. Amph. II, 6. Afin.... que vous perdiez aujourd'hui toute la jalousie que vous pourriez avoir conçue de monsieur votre mari, id. Bourg, gent. v, 7. Tels deux fougueux taureaux, de jalousie épris, Auprès d'une génisse au front large et superbe.... BOiL. Art p. v. Le tempérament a beaucoup de part à la jalousie, la bruy. iv. La jalousie étouffe toutes les sages réflexions ; c'est une maladie que la raison seule ne guérit point, eollin, Uist. anc. Ql^iv. t. vu, p. 662, dans polgens. (L'eunuque du harem] qui se vante de cinquante ans de vie dans ce poste indigne,où, chargé de la jalousie de son maître, il a exercé toute sa bassesse, montesq. Lett. pers. 34. La jalousie a beau s'imputer à l'amour, c'est toujours un manque d'eslime, lachaussÉE, Retour imprévu. II, 8. Suzanne : Pourquoi tant de jalousie? — La comtesse : Comme tous les maris, ma chère, uniquement par orgueil , bkau- MARCU. llar. de Figaro, li, 4. La jalousie, Êiaste, est le sel de l'amour, pois-sv, Sage étourdi, m, 6. Rien ne fatigue plus que la jilousie d'une ancienne maîtresse, genlis, Bmede kamtenon, 1. 1, p. 248, dans pougens. Qui peut avec excès aimer sans jalousie? c. DELAV. Vép. sicil. I, 3. Il Par extension. L'âme, se souvenant des tristes jalousies du monde, s'abandonne sans réserve aux douces jalousies d'un Dieu bienfai ant qui ne veut avoir les cœurs que pour les remplir des douceurs célestes, boss. la Vallière. || Lunettes de jalousie, lunettes qui consistent à avoir un miroir exposé obliquement dans une boîte percée à jour qui tient par des vis à l'extrémité de l'objectif ; par son moyen on voit directement les objets que l'on semble regarder de cOté. Il Terme d'antiquité judaïque. Eau de jalousie, eau consacrée, dans laquelle on avait laissé infuser certaines herbes, et qu'on faisait boire, en prononvant do-i paroles de malédiction, à une femme soupçonnée d'infidélité envers son mari. L'eau de jalousie devait causer la mort de l'infidèle. || 4* Ombrage qu'un État, un prince donne à d'autres par sa puissance, par ses forces. Par lui, j'ai jeté RomofiU haute jalousie, cobn. JVi'com. i, 6. Que mfmc votie Rome en a pris jalousie, id. Nicom. iv, 2. Us entrèrent en jalousie contre les Carthaginois, boss. Ilist. 1,8. Les progrès d'Annibal leur donnèrent de la jalousie, ID. Uist 1, 8. La chute de Charles et son alw senc» réveillèrent les intérêts et les jalousies de tous ces princfis, assoupies longtemps par des traites et par l'impuissance de les rompre, volt Charles XII, 6. On sait que la jalousie de commerce n'est qu'une jalousie de puissance, baïnal, Uist phil. xix, a. L'empire lent mais irrésistible de la raison l'emporte à la longue sur les jalousies nationales et sur tous les obstacles qui s'opposent au bien d'une utilité généralement sentie, la place, Eip. i, U. Il 5° Terme militaire. Inquiétudes que l'on fait naître chez l'ennemi , en menaçant certains points. J'envoyai ordre qu'on masquât le p,assage d'Aschaffenbourg, et que l'on s'en rendit maître, dans l'instant que les ennemis l'auraient évacué, afin d'être en état de leur donner de la jalousie pour leurs derrières (1743), Corresp. de Louis XV et de Noailles, t. i, p. <io. Le prince Charles, en donnant de la jalousie en plusieurs endroits, et faisant à la fois plus d'une tentative, avait enfin réussi du cfité où était posté le comte do Sockendorf, volt. LouisIV, 4t. Il Tenir un pays on jalousie, l'environner do sujétions et d'alarmes. || 6" Treillis de bois et de fer qui permet de voir à travers, sans que l'on soit vu. Anne ne craignait rien, des saules la couvraient, Comme eût fait une jalousie, la funt. Cas de consc. Un amant ne s'expliciuait pas autrement sous les fenêtres de sa maîtresse, qui ouvrai

JAI

en ce moment-là ces petites grilles de bois nommée» jalousies, tenant lieu de vitres, pour lui répondre dans la même langue, volt. Mœurs, (77. Ceci doit TOUS apprendre à ne jamais ouvrir de jalousies sur la rue, BKAUMABCH. Barb. de Sév. l, 4. Nous avons la clef de la jalousie, et nous serons ici à minuit id. ib M, (S. Il Espèce de contrevent formé de planchettes minces assemblées parallèlement, de manière qu'on peut les remonter et les baisser à volonté au moyen d'un cordon. || Petits treillis de bois pour boucher des ouvertures dans une porte de confessionnal et autres. || 7' Fleur de jalousie, ou, simplement, jalousie, Heur que Ton cultive dans les jardins, dite aussi amarante tricolore. || Jalousie désigne aussi l'œillet barbu, dit encore bouquet parfait, et œillet de poSte. || Excellente poire d'automne. Il 8° Ancienne espèce de contredanse.

— lllST. III' s. E [il] defist l'autier [l'autel], e oui gelosie [zèle] de sa loi, Machab. l, a. || xiii* s. Ains se doit on bien garder D'enquerre par jalousie Ce qu'on n'y voudroit trover. Romane, p. 4 26. Li rois entra en jalousie. Crient qu'aucuns gise o s'amie, FI. et Bl. 280S. De jalousie trestous art [il brûle], Car por voir [pour vrai] il ne cuidoit mie Que nus [nul] osast amer s'amie, ib. 26U || xiv s. Trop esl cnieux li maulz de jalousie, Et trop greveux qui en est entrepris, machault, p. 68. || xv s. De grant jalousie de sçavoir qui estoient les chevaliers incongneuz, ils endurèrent trop chault et trop froid.... Perceforest, t. vi, f> 96. |{ xvi* s. Telles amours sont licites, et jamaisces belles vierges (les vertus] n'entrent en jalousie, langue, <98. L'Espagnol ayant tourné diverses testes aux villes frontières, pour donner jalousie à toutes, prit parti d'assiéger Saint- Quentin, d'aub. Uist. i, 26. La mesme jalousie que nos femmes ont pour nous empêcher de l'amitié d'aultres femmes, mont, i, 246. Elle [la guerre] n'a aultre fondement parmy eulx que la seule jalousie de la vertu, id. i, 24). Siffler toute la nuit par une

jalousie, DU BELLAY, VI, 27.

— ÉTYM. Jalnnx; provenç. gelosia, gilosia; portug. et ital. gelosia.

JALOUX, OUSE (ja-Ioû,loû-z'), aij. \\ V Qui est zélé pour, qui tient beaucoup à, qui est fort attaché à quelque chose (sens étymologique et le premier de tous, le mot venant du latin xelosus). N'attendons pas leur ordre et montrons-nous jaloux De l'honneur qu'ils auraient à disposer de nous, cobn. Nicom. v, 9. Vous n'avez qu'à choisir, car chacun est jaloux De l'honneur d'être votre époux, la font. l'abl. IX, 7. Combien les Romains furent jaloux de la liberté, Boss. Hist. m, 6. Toujours vive pour ce grand prince [Louis XIV], toujours jalouse de sa gloire, m. Uar.-TMr. Soit que son cœur, jaloux d'une austère fierté, Enviftt à nos yeux sa naissante beauté.... RAC. Brit. ii, a. Comment pouvez-vous croire Que je sois moins que vous jalouse de ma gloire? ID. èaj. n, 3. Et mon père est jaloux de son autorité, id. Iphig. m, 7. Dona Béatrix, fort jalouse du l'ouvoir de ses charmes, conçut un dépit mortel de n'avoir pas eu la préférence, le sage. Diable boit. ch. 9, dans pouqens. Je ne suis pas jaloux d'un si triste avantage, lachaussëe, Mélanide, i, 4. Il Jaloux contre, zélé contre. Vous tiouverez des âmes recueillies, simples, mortes à elles-mêmes, qui sont jalouses contre leur amour-propre, pour donner tout à l'amour de Dieu, fénel. t. ii,p. 4 87. || Qui a à cœur, qui est très-désireux de. Je suis jaloux d'acquérir votre estime. Du droit do commander je ne suis point jaloux, corn. Sertor. m, 2. Mon esprit peu jaloux de vivre en la mémoire, volt. if. de Cet. m, 2. Qu'il [le flatteur] serve dons les grands, les flatte, les ménage.... De ses honteux trésors je ie suis point jaloux. Une pauvreté libre est un trésor si doux I a. CHÉNiER, ÉUgies, xvi. Jaloux do donner à ma belle Le duplicata de mes traits. Je demande quel est l'Apelle Le plus connu par ses portraits, dêsaugiers, VAtelier du peintre. || 2° Qui est peiné de ne pas obtenir ou posséder ce qu'un autre obtient ou possède. Les dieux devinrent jaloux des bergers, fén. Tél. ii. Ne soyez point jaloux du succès des autres, id. ib. m. Nos ennemis, si jaloux autrefois de nos prospérités, peuvent à peine se persuader nos malheurs et nos pertes, mass. Carême, Uot. de conv. Condé était jaloux en héros, et Louvois en ministre, volt. Louis XIV, 9. Il Jaloux sur une chose, qui la dispute par jalousie. De tels princes ne savent que se défier de tout le monde également; ils sont jaloux sur les moindres choses, fën. Tél. xxiv. || II se dit des choses, dans le même sens. Certain fat qu'à sa mine discrète Et son maintien jaloux j'ai reconnu poète, uc:l. .^a(. m. Mais pouvaient-ils tromper tant

.IâL

de jaloux regards T bac. Bojaz. l, 4 . Rome vous voit. Madame, avec des yeux jaloux, m. Bérén. i, 6.j| Il s'emploie dans ce sens comme substantif. L'éclat de son grand nom lui fait peu do jaloux, corn. //or. II, 3. Tout mort qu'il paraissait, il fit mille jaloux, iD. Poly. I, 4. C est un bien qui me doit faire mille jaloux, MOL. le Dép. m, 9. Nous faisions des jaloux, ID. Femmes sav. u, 2. Ce garçon-là fera bien dos jaloux, SÉV. 4 02. Les jaloux de la France n'auront pas éternellement à lui reprocher les libertés de l'Eglise toujours employées contre elle-même, boss. le Tellier. Les jaloux du crédit et des grandes richesses de Clausus tournèient à mal les intelligences qu'il avait prises avec Rome, le p. CATKOu,dans DESFONTAiNES. Tous les jaloux de la France y donnant les mains et le souhaitant, d'argenson, ift'/n. t. II, p. 390, 4860.11 3° Particulièrement. Tourmenté par la crainte de l'infidélité, jaloux par amour. Pour juste aux yeux de tous qu'en puisse être la cause, Une femme jalouse à cent mépris s'expose, corn. Sophon. Il, 4. Un amour si tranquille excite mon courroux; C'est aimer froidement que n'être point jaloux, MOL. Fâcheux, ii, 4. Si Titus est jaloux, Titus est amoureux, bac. Bcrén. ii, 6. Moi jaloux I qu'à ce point ma fierté s'avilissel volt. Zaire, i, 5. Libertin par ennui, jaloux par vanité, beaumarch. Mar. de Fig. i, 4. || H se dit aussi des sentiments. ....C'est ton humeur mutine, Et trop jalouse et déplaisante à Dieu, Qui te retient pour mille ans en ce lieu [purgatoire], la font. /■Vrondc. Je ne viens point ici, pardejalouseslarmes, Vousenvieruncœurqui se rendà vos charmes, rag. jlndr.iii,4.Demille soins jaloux jusqu'alors agitée, id. Bajax. ii, 5. Tu sais combien de fois ses jalouses tendresses Ont pris soin d'assurer la mort de ses maîtresses, id. Mith. I, 4. De ce soupçon jaloux écoutez-vous l'erreur? VOLT. Zaire, l, 6. De mes transports jaloux l'injurieuse offense, id. ib. iv, 3. Conçois-tu bien l'excès de mes fureurs jalouses? id. Fanât, ii, 4.|| Substantivement. Un jaloux. Une jalouse. Ma jalouse en fureur n'est pas femme à souffrir.... corn. lf^d^«, ii, 6. Où fuyez-vous? — Où vous ne serez point, trop

odieux jaloux, mol. D. Gare, ii, 6 Tu ne seras

pas de ces jaloux affreux, Habiles à se rendre inquiets, malheureux, Qui, tandis qu'une épouse à leurs yeux se désole, Pensent toujours qu'une autre en secret la console, boil. Sat. x. Elle y vint enfin avec son jaloux, qui visita d'abord , selon sa coutume, tous les appartements, les caves et les greniers, LESAGE, Ùiabl. boit. ch. », dans pougens. Quoi I TOUS joignez encore à cet ardent courroux La fureur des soupçons, ce tourment des jaloux? volt. Ali. IV, 4. Il est de faux jaloux, j'en trouve chaque jour ; Et l'amour-propre fait peut-être Autant de tyrans que l'amour, iubert, Jaloux sans amour, I, 4. Il i' Dans l'Écriture sainte, le^ Dieu jaloux, c'està-dire le Dieu qui veut être adoré seul. Je suis le Seigneur votre Dieu, un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent, saci, Bible, Deutér.v, 9. Comme il [Dieu] est beaucoup plus jaloux de nos allectioiis que de nos respects, il est visible qu'il n'y a point de crime qui lui soit plus injurieux ni plus détestable que d'aimer souverainement les créatures, quoiqu'elles le représentent, pasc. Lett. 4" avril 4648. C'est du cœur qu'il [Dieu] est jaloux, et, pour ne le point irriter, on ne doit non plus partager son culte que son amour, boss. a* inslr. past. § 130. Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux, Frémissez, peuples de la terre. Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux Est le seul qui commande aux cieux, rac. Esth. i, 5. Croyonsnous que Dieu, qui s'appelle un Dieu jaloux, soit moins sensible et moins délicat que l'homme? MASS. Carême, Vérit. cuUc.\\ 6° Fig. et poétiquement. Qui fait obstacle, qui envie. Un voile jaloux dérobait ses charmes à tous les yeux. Mais depuis le moment que cette frénésie De ses noires vapeurs troubla ma faaitaisie. Et qu'un démon jaloux de mon contentement M'inspira le dessein d'écrire poliment, BOiL. Sat. II. J'accuserai les vents et cette mer jalouse, Qui retient, qui peut-être a ravi Lapeyrouse, a. ciiénieb, Fragm. d'un poëme sur l'Amérique. Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse, Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,S'envolentloin de nous delà môme vitesse Que les jours de malheur? lamart. Méd. i, 13. Il 6° Terme militaire. Qui est en jalousie, exposé aux attaques. Place jalouse, place exposée, et dont on peut facilement s'emparer. || Par extension, périlleux. Lauzun se divertit à s'arrêter dans les endroits les plus jaloux, dès qu'il s'aperçut de la conduite de ces messieurs avec lui, st-sim. 149, 474.

JAM

Il 7* Tenue de marine, sur la Méditerranée. Qui souffre des vagues de la mer, qui roule beaucoup en parlant d'un petit bâtiment, d'une barque, etc. dont l'agitation est comparée à celle d'un jaloux. Cette barque est jalouse. Il n'y a point de bâtiments plus jaloux. Il II se dit également des berlines et autres voitures semblables, quand elles sont sujettes à pencher d'un côté ou de l'autre. || Proverbes. Il ne dort non plus qu'un jaloux, c'est-à-dire il ne saurait dormir. || Il en est jaloux comme un gueux de sa besace. |{ Sans les jaloux on vivrait, c'est-à-dire que, quelque chose que l'on fasse, on trouve toujours des compétiteurs et des antagonistes.

— HlsT. xiii* s. Dont [donc] ne morurent vostre ancestre? Signor, oïl, si ferés vous; Par coi estes dont si jalons De cest siècle qu'est si malvais? oui DE cambrai, Barl. et Jos. p. 248. PleUst à Diu qua chacune de nous Tenist la piau de son mari jalous, cité dans coussemaker, l'Art harmonique, p. 21 6. Jalous n'a pais ne soir ne matinée, Biblioth. des chartes, 4* série, t. v, p. 24. Atant es-vous sa maistre [duègne] de tost aler jalouse, Isnelement couranttouteune voieherbouse....LE bast.aud. liomanc. p. ■44. Or [elle] se prend à sa chamberiere. Dont aucune fois est jalouse. Contenance des femmes. Trop se sont cruelment vengiô Li jalous; mais ne mangerons. En tel guise nous vengerons, £o» d'Ignaurès. Il IV* s. L'on dit, grant temps a, que celluy n'ayme guère par amours qui de femme n'est jaloux, Fer^ ceforest, t. vi, f° 4 06. || xvi" s. Que pouvois-je moins faire que d'estre jaloux [soigneux] de leur réputation? mont, i, 4 38. Et lui feroit, la jaleusel Une farce scandaleuse.... bonsard, dans jauberï, Ghssaire. Les jaloux desespoirs, le mespris, la rigueui N'effaceront jamais vos beautés de mon cœur, des- PORTES, Élégies, u, 6, Pyromance.

— ÊTYM. Bourguig. jauUou, jailou; Beriy, joleux; provenç. gelos,gilos; espagn. xeloso; portug. cioso ; ital. geloso ; du lat. xelosut (quicherat. Addenda] , qui vient de xelus, zèle.

•)■ JAMAÏCINE (ja-ma-i-si-n'), s. f. Terme de chimie. Alcaloïde azoté tiré de Vandira inermts.

JAMAIS (ja-mô; 1'» se lie : jamê-z on n'a vu...), adv. de temps. \\ 1° En un temps quelconque. Elle m'est plus chère que jamais. Porte en d'autres climats ton insolent courroux.... Et tout ce qui jamais a fait Jason coupable, corn. IHidée, a, 2. Y a-t-il homme de trente ans qui paraisse plus frais et plus vigoureux que vous me voyez ? n'aije pas tous les mouvements de mon corps aussi bons que jamais? mol. ilar. forcé, 2. Comme si j'étais femme à violer la foi que j'ai donnée à un mari et m'éloigner jamais de la vertu que mes parents m'ont enseignée! id. G. Dand. 11, 10. Son beau-frère qui est janséniste s'il y en eut jamais, pasc. Prov. i. Viton jamais en deux hommes [Condé et Turenne] les mêmes vertus avec des caractères si différents, pour ne pas dire si contraires? boss. Louis de Bourbon. Parmi les difficultés que ses intérêts [du prince de Condé] apportaient au traité des Pyrénées, écoutez quels furent ses ordres, et voyez si jamais un particulier traita si noblement ses intérêts, id. Louis de Bourbon. Si jamais l'on peut dire que la voie du chrétien est étroite, c'est, messieurs, durant les persécutions, id. Reine d'Anglet. S'il y eut jamais une conjoncture où il fallut montrer de la prudence, ce fut lorsque.... id. te Tellier. Si jamais il parut un homme extraordinaire..., c'est dans ces rapides moments d'où dépendent les victoires, id. Louis de Bourbon. T'ai-je jamais caché mon cœur et mes désirs? kac. Andr. l, i. Toutes les sectes qui ont jamais paru sur la terre, mass. Carême, l'ard. des off. Ah! quel cœur sait jamais s'il est juste ou coupable? VOLT. Fanât, iv, 4. ||2° Avec la négation, en nul temps. Jamais contre un tyran entreprise conçue Ne permit d'espérer une si belle issue, corn. Cinna, 1, 3. De pareilles eireurs Ne produisent jamais que d'illustres malheurs, la font. Fabl. x, (O. Jamais juste n'attendit la grâce de Dieu avec une plus ferme confiance; jamais pécheur ne demanda un pardon plus humble, ni ne s'en crut plus indigne, boss. le Tellier. Jamais les vanités de la terre n'ont été si clairement découvertes ni si hautemenl confondues, lo. Duch. d'Orl. Grande reine, je satisfais à vos plus tendres désirs quand je célèbre ce monarque [Charles I"] ; et ce cœur qui n'a jamais vécu que pour lui, se réveille, tout poudre qu'il est.... id. Reine d'Anglet. Anne la magnanime, la pieuse, que nous ne nommerons jamais sans regret, id. ib. Jamais on ne vaincra les Romains que dans Rome, rac. Mithr. m. 4. Jamais la société n'a été plus aimable et plus remjilie de sentiments d'honneur, janiais les belles letties n'ont plus

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Influé sur les mœurs, volt. Facéties, Au révérend père Jean de Beauvais, note b. \\ Suis.... jamais {sans est dans cet emploi une sorte de négation). Celui-là [Turenne] d'un air plus froid, sans jamais rien avoir de lent, Boss. Louis de Bourbon. || Ne.... comme jamais, pour ainsi dire en aucun temps. Les ministres n'osaient approcher de Monseigneur, qui aussi ne se commettait comme jamais à ne leur rien demander, ST-sm. 294,7. On dit plus souvent: presque jamais. {| 3° Jamais, même sans négation, par ellipse d'une négation impliquée dans ce qui précède, en nul temps. C'est le cas ou jamais. Avez-vous été à Rome? jamais. Vous avez toujours été orateur et jamais philosophe, fénel. Dial. des morts, 33. Croyez donc votre cœur et jamais votre esprit, destouches, P/iii. mar. ii, 2. Le mot jamais, ou toujours, me parait bien hasardé avec tout public français, MIRABEAU, ii!(tre d if. de Comps, (789 (citée dans les Mémoires de Mirabeau, par iM. Lucas Montignï). Il Dans ces constructions, l'ellipse est facilement fournie par le sens du membre de phrase qui précède. Il Enfin l'ellipse s'étend jusqu'à des cas où rien dans ce qui précède ne fournit l'idée d'une négation, et où la pensée seule de celui qui parle imprime au mot jamais le sens négatif. Ces jeûnes sévères et presque jamais interrompus, uass. Panég. St Benoit. Les grands toujours loués et jamais instruits, ID. Panég. SI Louis. Mme de St -Vallery était une femme grande à qui la douceur et une vertu jamais démentie tenaient lieu de tout le reste, st-sim. *, 63. Il avait fait à la France mille promesses, jamais suivies de résultat, tiuers. Histoire du Cons. ix. Il Comme jamais par lui-même n'est pas négatif, et exige la négation ne devant le verbe, cette tournure, certainement incorrecte , est condamnée par plusieurs grammairiens; mais elle a pour elle l'usage ; et, si on en use, on ne méconnaîtra pas le défaut qui y est inhérent. || 4° À jamais, dans tout le te.i.ps à venir. La mort les a réunis à jamais. Depuis trois mois je n'ai pas un moment à moi; mon cœur sera à jamais à vous, VOLT. Lelt. d'Àrgental, juin )7&3. || X tout jamais, même sens. Puissent àtoutjamaislesplaines Elysées Verser en vos gosiers le nectar gracieux I GABNiER,Porci>,il. || S* Pour jamais.pour toujouTS. Je souhaite devons dire adieu pour jamais, sév. 37«. La mort qui.... égale pour jamais toutes les conditions différentes, Boss. Gornay. Pour jamais ! ah seigneur I songez- vous en vous-même Combien ce mot cruel est affreux quand ou aime?HAC. B^r^n. iv, 5. || Pour tout jamais, même sens. Adieu donc pour deux jours. — Adieu pour tout jamais, corn. 5er(or. m, 4. Il 6° Au grand jamais, avec une négation, en nul temps. Jamais, au grand jamais je ne ferai cela. Au grand jamais je n'y vais toute seule, genlis, Théâtre d'éduc. la March. de modes, se. 2. || 7° Jamais plus avec la négation, de la vie. Jamais plus je ne me rembarquerai. X condition que je n'entende jamais plus parler de lui. || Proverbe. La semaine des trois jeudis, trois jours après jamais, se dit pour signifierque quelquechose ne se fera jamais.On ditaussi : Je ferai cela en mil huit cent jamais.

— lîEM. 1. Jamais peut occuper différentes places dans la phrase : Jamais je ne le verrai, je ne le verrai jamais; jamais je ne l'ai vu, je ne l'ai jamais vu. Il 8. Jamais construit avec une préposition, avec un adjectif, joue le rôle d'un substantif ; ce qu'il doit à mais qui est l'équivalent de plus.

— HlsT. XI* s. [Il] N'aurat talent [désir] que jamais vous guerreit, Ch. de Roi. xui. || xii* s. Il ne feront jamais guerre recommencier, Sax. iv. Que, se jamais contre lui [elle] [je] me defent, Couci, v. Li fel est tuz dis fel, ne jamais n'iert [sera] senez. Th. le mart. 3i . || xui* s. Car tos jors li [au Seigneur] betioïrai jbénira] Li secle qui jamai durrai [durera], Psaumes en vers, dans Liber psalm, p. 274. Dieux morut une fois, mes jà mes ne morra, Or face desormi^s chascuns ce qu'il verra [voudra], i. de meung, Test.tb9. Il xv'g. Laderniereparolei)u'il prononça jamais en devisant en santé..., comm.viii, <8. ||xvi* s. Ains que [avant que] l'arlilierio tirast jamais dix coups.... J. MAROT, v, <20.Car j'ai le cœurau!<si bon que jamais, id. v, 233. Mon cœur avez, et le vostre retien X tout jamais, id. v, 248. Puis temps perdu n'est recouvré jamais, m. v, 258. Plus que jamais, non obstant ton refus. Je t'aimerai, id. v, 270. Persuadant aux jeunes gens d'abandonner leur païs, lorsque l'ennemy, qui toujours avoit esté victorieux, et non jamais vaincu, estoit à leurs portes, amtot, Fab. Bi. Ces jeux se célébreront annuellement au jour de son trespas, à toujours et à jamais, id. Timol. 63. Marius à son de trompe offrit publiquement la liberté aux serfs et esclaves qui voudroient prendre les arucs pour luy, mais il n'y en eut jamais que trois

DICT. DU Ljk I^MQUE rRANfAlSI

qui se présentassent, m. Marius, 73. X tout jamais, MONT. I, (S. On reçoit ces advis comme adressez au peuple, non jamais à soy, id. i, (18. Elle y perd son aiguillon et sa force pour jamais, id. ii, 45. St Nicolas, à ceste fois, et jamais plus, hab. Pant. iv, (9. Et sur ce mot, je vous dis adieu, et c'est pour jamais ! MARG. kouv. X. Qu'il lui feroit une telle peur que jamais il luy en souviendroit, id. ib. un. El n'y fut jamais tué que deux pionniers, carl. vu, 12. Jamais, au grand jamais, on ne verra changer.... DESPORTES, Diane, ii, 65.

— ÊTYM. Jà, et mais dans le sens de plus; comme qui dirait: jà plus. Bourg, jaimoi; nivern. jaimas; provenç. jamais; cat. jamay; espagn. jama*; portug. jamais; ital. giammai.

JAilBAGE (jan-ba-j'), s. m. \\ 1° Terme de vénerie. Partie d'une peau qui couvrait les pattes de l'animal. Il i° Jambages d'un tour, pièces de bois dans lesquelles sont emboîtées les jumelles. 113" Chaîne de pierres de taille, de moellons, de briques, qui soutient l'édifice, et sur laquelle on pose les grosses poutres. Une poutre posée sur un jambage de briques. I! Jambage de cheminée, assises de pierre qui soutiennent le manteau d'une cheminée. || On dit de même le jambage d'une porte || i" En termes d'écriture, lignes droites de l'm, de l'n et de Vu. Les jambages de cette lettre sont mal formés. || 5° Terme de féodalité. Droit de jambage, droit que possédaient quelques seigneurs de poser leur jambe dans le lit d'une nouvelle mariée qui était leur vassale. Il Droit du seigneur. Un seigneur dit : je m'en empare ; Le droit de jambage est à moi, bérano. if. de Charlem.

— HIST. xvr s. Jambages de cheminées, croisées, corniches, palissy, 294.

— ÉTYM. Jambe.

JAMBE (jan-b'), ». f. || 1° Partie du corps humain, ou, dans le langage anatomique, partie du membre abdominal qui s'étend depuis le genou jusqu'au pied. La jambe est formée de deux os : l'un, plus gros, le tibia; l'autre, plus grêle, le péroné, placé au côté externe du précédent. Avoir les jambes grosses, menues, courtes, tortues, cagneuses. Avoir la jambe bien faite, la jambe fine. Se tenir sur une jambe. Que voyons-nous que des Titans, De bras et de jambes luttants Contre les pouvoirs légitimes? MALH. VI, 16. Je te suivrai partout pour savoir ce mystère. — Oui? sus donc, préparez vos jambes à bien faire, mol. l'Ét. u, H. ie sais si faible, que j'ai toutes les peines du monde à me tenir sur mes jambes, dancourt. Eaux de Bourbon, se. 2. Entre-t-il quelque part, il se précipite dans un fauteuil une jambe sur l'autre, boissy. Français à Londres, se. * 5. De là chez le glacier pour demander son compte; Enfin chez le broileur, courez vite.... ahl de là.... Mes jambes me font mal quand j'entends ce mot-là, c. delav. A'c. desvieill. 1, 3. Il Être haut des jambes ou sur jambes, avoir les jambes fort longues. || Jambe deci, jambe delà, à califourchon. || A mi-jambe, Jusqu'à la moitié de la jambe. L'eau lui venait à mi-jambe. [Moi] qui ai vaincu deux rois si grands que, du temps du déluge, l'eau ne leur venait qu'à mi-jambe, volt. Philos. Déf. de Bolingbr. xxv. || Populairement. Tout d'une venue comme la jambe d'un chien, se dit 0 une jambe où le mollet n'est pas marqué. Ce jeune homme a la jambe tout d'une venue, comme la jambe d'un chien, ou, simplement, il a la jambe tout d'une venue. || En termes de manège, l'accord de la main et des jambes. L'habileté du cavalier consiste dans l'accord de la main et des jambes. Ce cheval sent très-bien les jambes. || Par menace et par exagération. Je lui romprai bras et jambes, je le maltraiterai, je le rouerai de coups. Albert parle aussi de faire pour sa fille Rouer jambes et bras à votre Ma.scarille, kol. le Dép. v, 3. J'y consens, rompez-moi les jambes et les bras. Si.... id. t6. i, 4. Il Aller, courir à toutes jambcg, aller, courir vite, soit à pied, soit à cheval. Un certain Pythagore qui, après avoir gagné le prix de la course aux jeux olympiques, vint à toutes jambes trouver Numa, pour lui enseigner la philosophie, hamilt. Gramm. t. Il [son cheval] partit à toutes jambes, id. ib. <o. Je double le pas, j'entends battre la caisse, je cours à toutes jambes, j. t. bouss. Conf.i. || Kaire la belle jambe, marcher de manière à faire remarquer qu'on a une belle jambe, et aussi faire le beau. Un homme qui marche et qui fait la belle j.imbe, est faux et maniéré, didebot. Salon de <7ii7. Œuvres, t. xv, p. <48, dans pduokns. || Passer la jambe à quelqu'un, lui donner un croe-en-jamhe; et fig. obtenir sur lui un avantage, lede3servir,etc. Il Friser la jambe, battre des entrechats. J'ai vu

trotter d'un air ingambe De grand» aemons à cheveui bruns ; J'ai vu des morts friser la jambe. Comme s'ils n'étaient pas défunts, panard, Description de l'Opéra. || Jouer des jambes, s'enfuir. Il Jouer de l'épée à deux jambes, s'enfuir au lieu de se défendre. || Fig. et familièrement. Couper bra« et jambes à quelqu'un, lui retrancher beaucoup du ses prétentions, de ce qu'il regarde comme ses droits. Cet arrêt nous a coupé bras et jambes. || Plus ordinairement, ôter à quelqu'un le moyen d'agir, d'arriver a ses fins. Cet événement nous a coupé bras et jambes. || Couper bras et jambes, signifie encore frapper d'étonnement, de stupeur, de découragement. Cette nouvelle me coupa bras et jambes. Il Fig. et populairement. Prendre ses jambes à son cou, partir sur l'heure, s'enfuir. Alors, se voyant dans la basse-cour, il a pria ses jambes à son cou, et ne savait où donner de la tête, genlis, Thédt. d'éduc. la Cloison, se. M. Et, prenant sans taider mes jambes à mon cou. J'arrive tout en nage et plus d'à moitié fou, desporgks, Tom John à Londres, m, s. Il Fig. Jeter un chat aux jambes à quelqu'un ou de quelqu'un,rejeterlafautesur lui, ou lui suscitermalîgnement des embarras. || Fig. Jouer quelqu'un pardessous jambe ou par-dessous la jambe, obtenir sans peine l'avantage sur quelqu'un. Je voudrais bien que l'onm'eùt donné autrefoisnos vieillards àduper ; je les aurais joués tous deux par-dessous la jambe, MOL. Fourb. 1, 2. Maisons comptait le jouer [Canillac] sous jambe, et gouverner le duc de Noailles, st-siu. 393, 82. Il "Traiter quelqu'un par-dessous la jambe, le traiter comme une personne de peu de conséquence. Mais par elle il [l'amour] est souvent Traité par-dessous la jambe, bérang. Margot. || Fig. et populairement. Faire jambes de vin, boire un coup pour se donner des forces. || De même : Vous no pouvez vous en aller avec une seule jambe, se dit à quelqu'un à qui on a fait boire un coup, et que l'on presse d'en boire un second avant de s'en aller. Il N'aller que d'une jambe, se dit d'une affaire qu' fait peu de progrès, qui va mal, par comparaison à unhommequi n'a plusqu'une jambe, et qui marche mal. Cette affaire ne va que d'une jambe. Il %' Fig. Les jambes, la faculté de marcher. Conserrons no» jambes tant que nous pourrons ; elles sont difficile» à apaiser quand une fois elles soni fâchées, s&v. 7 fév. 4685. || Avoir de bonnes jambes, les jambes bonnes, être en état de bien marcher, de marcher longtemps. Ils deviendraient comme un homme qui a de bonnes jambes, et qui, perdant l'habitude de marcher, s'accoutume enfin au besoin d'être toujours porté comme un malade, fén . Tél. VIII. Pour courir les enfant» sont toujours prêts, et celui-ci a de bonnes jambes, t. j. bouss. Em. ui. Il N'avoir plus de jambes, n'avoir plus la force de marcher. II est vrai pourtant que je n'ai plus do jambes que par bienséance, balzac, lir. ii, lett. 7. Mais devenir coureur quand on n'a plus de jambes ! C. delav. Éc. des vieill. i, 2. || Familièrement. Avoir ses jambes de quinze ans, se dit d'une personne âgée qui est encore ferme sur ses jambes. || Renouveler de jambes, recommencer à marcher avec de nouvelles forces; et fig. reprendre une nouvelle ardeur dans l'affaire, dan» l'entreprise dont on s'occupe. Il Terme d'escrimo. Avoir des jambes, être toujours prêt à partir, être stable et ferme sur la pied gauche qui ne doit pas bouger. || 3* Membres de certains animaux qui, comme les jambes de l'hoiBme, soutiennent le corps. Les jambes d'un chien, d'un bœuf, d'un cheval. Un cerf se mirant autrefois Louait la beauté de «on bois, Kt ne pouvait qu'avecque peine Souffrir ses jambe» de fuseaux, la pont. Fabl. vi, 9. || Fig. Il a des jambes de cerf, c'est un excellent marcheur. Il |Maximilien] était chasseur avant tout, et secondairement empereur; il eut la ja.mbe du cerf , et la cervelle aussi ; toute »a vie fut une course, un hallali perpétuel, mciiKLET, Renaissance, p. H6. ||4" Chez le cheval, la région comprise entre le jarret et le sabot. Ce cheval a les jambes arquées, foulées, usées. Il Terme de manège. La jambe de dedans ou la jambe du montoir, la jambe gauche de devant ou de derrière; la jambe de dehors ou la jambe du hors montoir, la jambe droite de devant ou de derrière. Retenir la jambe de dedans du cheval ou celle de dehors, changerla direction de telle ou telle jambe de l'animal par l'action oblique et croisée de l'une ou de l'autre rêne. Saisir avec précision le temps des jambes du cheval. || Ce cheval n'a point de jambes, il a les jambes de devant ruinées. || Chercher sa cinquième jambe, se dit de l'action d'un cheval fatigué qui s'appuie sur sa bride. || 5° On appelle jambe chez le cerf, et en général chez toutes les

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bêtes buves ou noires, les deux o» qui sont en bas de la partie postérieure et qui font trace sur la terre avec le pied. Quand il y a beaucoup de distance d'un 03 à l'autre, on dit que c'est une jambe large ; et quand il n'y en a pas, on dit que c'est une jambe serrée ou rétrécie. Jambe ravalée, se dit quand les os sont fort rabaissés vers le talon. || 6* Dans les crustacés, la jambe est la quatrième pièce des pattes simples, et dans les insectes, le troisième article principal. || V Jambe de bois, morceau de bois taillé pour tenir lieu de jambe. || Familièrement. Une Jambe de bois, un invalide qui a une jambe de bois. Il Jamiw artificielle, appareil destiné à remplaiier une jambe amputée. || 8* Par analogie. Nom donné aux deux branches d'un compas, aux deux règles mobiles d'un compas de proportion, etc. Il On dit de même les jambes d'un siphon pour les branches. Un siphon dont chaque jambe trempe dans un vaisseau plein d'eau, PASC.Peîonf. de Vair, ii. Il 9* Jambe de force, pièce de bois verticale ou peu inclinée, posant sur une poutre pour soutenir le tirant d'une ferme, ou sur ce tirant pour le liera l'arbalétrier. Apprends à poser un faîte, à l'affermir de jambes de force, j.i. Bonss. Ém. ni. || 10" Terme de construction. Jambe souspoutr8,lachaIne de pierres de taille mise dans un mur pour porter la poutre. Il Jambe boutisse, pilier en pierres de taille dont les queues font boutisses ou s'engagent dans un mur de refend. Il Jambe étrière, jambe boutisse dont les faces latérales font tableau. || Jambe d'encoignure, pilier à l'angle d'un mur. || 11* Terme de métallurgie. Jambe d'ordon, charpente qui supporte les tourillons des hurasses. || 18* Terme de marine. Jambe de hune, dit aussi gambe de hune, cordage accroché par sa tête à la queue de fer d'un cap de mouton placé sur le bord d'une hune et fixé par son extrémité inférieure à un des haubans du bas mât, jal. Il avait donné chasse à trois autres auxquels il aurait parlé , sans que son mât de hune d'avant rompit en pièces, le fer des jambes de hune ne valant rien et ayant aussi rompu, du quesne, À Seignelay, 6 juill. 46«i, dans lAL. Il Sorte de nœud qu'on fait sur un cordage pour le raccourcir.|| Jambe de chien, nom que l'on donnait autrefois i des montants verticaux placés sous la poulaine des bâtiments, il Terme de pêche. Jambe d'une maille, le fil qui forme un des côtés de la maille. || Jambe de filet, aile qu'on i^out* '^r le cfité des filets â manche. Il Proverbes. Cela ne lui rend pas la jambe bii'n faite, mieux faite, ou, par ironie, cela lui fait une belle jambe, cela ne lui apporte aucun avantiige, est ■ans utilité pour lui. Oui, ma foi, cela vous rendrait la jambe bien mieux faite, mol. Bourg, gent. m, 3. En auriez-vous eu la jambe mieux faite? hamilt. Cramm. M.||Au sens contraire : Cela rend-il la jambe moins lielle, c'est-i-dire quel tort cela fait-il? Quel mal cela fait-il T la jambe en devient-elle Plus tortue après tout, et la taille moins belle 1 isoL.Sgan. 47. Il Lalit est récharpedelajambe,c'est-à-dire le lit est pour la jambe malade ou blessée ce que l'étliarpe est pour le bras cassé ; il ne faut point marcher tant qu'on a mal à la jambe.

— HF.M. Prendre ses jambes à son cou, locution singulière. On a dit au zv* siècle : ployer ses jambes et s'en aller. Ne serait-ce pas là l'origine de la locution T l'homme qui s'en va, qui s'enfuit, ploie ses jambes, comme le porte-baUe qui s'en va ploie ses marchandises, et les met à son cou (le porte-balle se nommait souvent un porte à cou).

— HIST. XI* s. [Le cheval] Pieds a copiez et les gamhos a plates, Ch. de Uol. cziu. || m' s. [Il] Hist jambe à terre del bon destrier courant, Roncisv. 462. Il nii* s. Il l'en [lui en] voudrent [voulurent] le pié et la jambe biiser, Berte, cxxiz. Si lor trenche les testes et les bras et les pis. Les gambes et les pies, les frons et les cervis [les nuques], Ch. d'Ànt. iv, ti5H. i la terre entre deus eschames [escabeaux] S'isiet, sa qeue entre ses james ; Or est Renart bien ■venu, iten. «962. Or est Renart dedans sa tour; Si lil lui font moult grant atour; Bien li ont les genlios torchies, ib. et». Jusqu'au jarrez de la jame, i/Tltn, f* 6î, reclo. || xiv* s. Amis sont prochains eo nme jambe et genouil, oresme, Eth. 278. || xv s. VA sur ce le galant, qui a ung pou de delay, desplée •es jambesets'enva, ^f <6yov«< de mariage, f. i22. U- gallant ployé ses jambes et s'en va, ib. p. 4 60. Il fut à toute jambe leur donner cestc triste nouvelle, Uém. lur du Guetel. 9 . || zvi* s. Appercevans le glaive jà desgamé les menacer, ils résolurent de se sauver plustost avec les bras qu'avec les jambes, lanoue, SU. Il battitla jambe d'un portai qui suustenoit une tour de brique fort haute, d'aub. llisl. ii, 268. Clievau-lcgers estruuiés, caiiunniers jambes de bois, etc.

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iD. Conf. I, 2. Jambe de compas, pab4, viii, 20. C'est une herbe nouée et creuse comme une jambe de seigle, faite en façon de roseau, pai.issy, ( 9. Il n'est loisible à un voisin mettre ou faire mettre et asseoir les poutres de sa mai.son dedans li mur mqitoyen d'entre luy et son voisin sans y faire ou faire faire jambes, parpeigne ou dosseresse, chesnes et corbeaux suffisans de pierre do taille, Coustum. génér. t. i, p. 289. Selon la jambe le bas, oudin, Dict. Il est bon garçon, il a la jambe jusqu'au talon, m. Curios. fr. Cela me fait la jambe belle, lu. ib. Qui n'a cœur ait jambes, cotcrave. Puis me torchay de saulge, de fenoil, de aneth.... le tout me fit grand bien à ma jambe, rab. Garg. i, 43.

— ÊTYM. Wallon et picard, gambe; provenç. camba ,- catal. et ital. ^amba; du lat. gamba, qui est dans Végèce avec le sens de jarret, et qui vient du grec xapLTt^i, flexion, courbure.

JAHBË, £G(jan-bc,bée),a(i;. Qui ala jambe faite d'une certaine façon. Il est bien jambe, mal jambe.

— ÉTYM. Jambe.

JAMBETTE (jan-bè-t'J, ». f. \\ !• Petite jambe. Il Donner la jambette à quelqu'un, lui donner un croc-cn-jambe. || 8* Terme de charpente. Nom donné à de petits poteaux qui servent à soutenirdiverses pièces. Il Petite pièce de bois debout dans la charpente d'un comble, pour soutenir la jambe de force ou les chevrons. || Jambette d'échiffre, le poteau qui, au bas d'un escalier, joint le noyau, reçoit le tenon du patin et supporte le limon. {[ S" Petit couteau pliant qui se porte dans la poche, ainsi dit de sa forme. Je lui demandai en riant s'il voulait manger du citron, et, en disant cela, je l'ouvris par lamoitié avec une jambette, et lui fis voir les écus, Francion, 1. m, p. 4 34.

— HIST. XVI' s. Jambette, sorte de couteau, oudin, Dict. Les petites ruses que font les pastourelles quand elles font tomber ceux qui passent devant elles, leur donnant par derrière la jambette [croc-en-jambe], Débal de folie et d'amour, p. 4 44, dans lacurne.

— ÉTYM. Diminutif de ;am6e,

JAMBIER, 1ÈRE (jan-bié, biè-r'), adj. || 1° Terme d'anatomie. Oui appartient ou qui a rapport à la jambe. || Aponévrose jambière, aponévrose qui enveloppe les muscles de lajambe. |{ Les muscles jambiers, ou, substantivement, les jambiers, nom de muscles qui appartiennent à la jambe. Le jambier antérieur. Le jambier postérieur. Le jambier grêle, dit ordinairement plantaire grêle. || 2° S. m. Chacune des deux parties de l'élrier de cuir que le couvreur et le peintre à la corde s'attachent aux jambes pour monter le long de la corde à nœuds. Il 3* Morceau de bois courbe qui sert à maintenir écartées les jambes de derrière d'une bête abattue, tandis que le boucher l'habille. || 4° Jambier blanc, espèce de champignon du genre des agarics (environs de Paris). ||6° S. f. Jambière, partie de l'ancienne armure qui couvrait les jambes. || Aujourd'hui, e.spcce de guêtre dont on s'enveloppe les jambes. Les cantonniers, quand ils cassent les pierres, ont des jambières en bois.

— hlST, XIII* s. Son escu et s'autre armeare, Chausces et jambières bien fêtes, Que il a en ses jambes traites. Tien. I4D83. || xvi" ». Le jambier antérieur descend selon l'os dit spécialement l'os de la jambe, paré, iv, 39.

— ÉTYM. Jambe.

JAMBON (jan-bon), ». m. jj 1* La cuisse ou l'épaule d'un cochon ou d'un sanglier, qui a été salée. Jambon fumé. Jambon de devant. Jambon de derrière. Jambon de Mayence, de Bayonne, etc. D'un jambon que j'allai déterrer. Je coupai bravement deux tranches succulentes. Dont je sus fort bien me bourrer, mol. Amph. i, 2. Je me suis aperçue, disait la reine Frédégonde, qu'on a volé dans nos celliers plusieurs jambons; une bourgeoise, aujourd'hui, éclaterait de rire en apprenant qu'une reine allait dans ses celliers, et savait le compte de ses jambons, SAiNT-Fqix, Est. l'aris, OT.uvr. t. iv, p. Ï79, dans PouoENS. Vous ne trouvez le laurier bon Que pour la sauce et le jambon, bérang. Gourm. Il Jambon se dit aussi en parlant d'autres animaux. Jambon d'ours. || 2' Terme de botanique. Jambondes jardiniers, jambon de Saint-Antoine,voy. œnothère.

— HIST. XIV* s. Prens le dextre jambon [du sanglier] devant, et encize le cuir tout entour de ton coustel, Modus, f. xxivi, verso. Tous les quatre membres [des bêtes noires] sont appelés jambons, comme d'un porc, Minagier, ii, 5. Eschinées et jamlK)ns salés aux pois, ib. ii, 5. || xvi* s. Bernard lui promit de lui donner le meilleur jambon de Basque [Bayonne] qu'il mangea jamais, UARG.Nouv.xxyin. Que fera il, si on le presse de la subtilité sophistique de quelrjue syllogisme : le jambon faict boire, le

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