‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 64 sur 389 · JUP · texte numérisé non relu

JUP

JUR

jumeau, une jumelle. On dit à tort dans le peuple que, de deux jumeaux, celui qui vient au moMiie le dernier est l'aîné. Une femme de Charlestown, dans la Caroline méridionale, accoucha, en 4714, de deux jumeaux qui vinrent au monde tout de suite l'un après l'autre; il se trouva que l'un était un enfant nègre et l'autre un enfant blanc; ce qui surprit beaucoup les assistants, bliffon, Ilist. nat. homme, Œuvres, t. iv, p. 274. || 2" Kig. Il se dit de deux fruits joints ensemble.Une pomme jumelle. Des abricots jumeaux. |! Alambics jumeaux, alambics dont le bec de chacun entre dans le ventre de l'autre et qui servent ainsi à distiller par circulalion. Il 3° 11 se dit de deux objets qui se ressemblent et qui sont disposés semblablement. J'aime à la folie présentement les jardins à l'anglaise, les lignes courbes, les pentes douces, les étangs en forme de lacs, les archipels en terre ferme, et j'ai un profond mépris pour les lignes droites, les allées jumelles, volt. Lett. Catherine, H 2. Tantôt le jour naissant illumine leurs têtes jumelles [des tours de l'église gothique], CHATEAUBR. Génie, 111,1, S. \\ Lits jumeaux, deux lits de même forme placés parallèlement dans la même pièce. || 4" Terme d'anatomie. Musclesjumeaux, ou, substantivement, les jumeaux, nom de deux muscles qui concourent au mouvement de la jambe.

— HIST. xiii' s. [Je crois] Que çou [ce] soit Blanceflor la bele; Je cuit [pense] qu'ele est sa suer jumelé, FI. et Bl. i"27. Cist mastins li pent as mameles, Qu'el a tribles, non pas jumelés, la Rose, 20018. Si comme s'il avient que une feme a deus enfans masles jumiax, beaum. xxxix, 3(.

— ÉTYM. Le même que gémeau (voy. ce mot); wallon, qcrmal, au fém. germale.

JUMELÉ, ÉE (ju-me-lé, lée), adj. || 1° Fortifié par des jumelles. [| 2" S. f. pi. Terme de construction. Jumelées, assemblage de deux pièces de bois s'ajustantlongitudinalementl'unecontre l'autre. Il 3° Terme de blason. Pièce jumelée, pièce formée de deux jumelles.

— REM. L'Académie n'a jumelé que comme terme de blason.

t JUMELER (jii-me-Ié. La syllabe mel prend deux l quand la syllabe qui suit est muette : je jumelle, je jumellerai) , v. a. || 1° Accoupler deux objets semblables Jumeler deux sapines. || 2»Termede marine. Mettre une jumelle, des jumelles à un mai, à une vergue, à un bau qui a craqué.

— ÉTYM. Jumelles.

JUltfKLLES (ju-mè-l'), I. f. fil. Il !• Terme de

charperilerie ou de serrurerie. Nom de deux pièces de bois ou de métal qui sont semblables, et qui entrent dans la composition d'une machine ou d'un outil. Les jumelles d'une presse de bois, d'un étau, etc. || 2° Ter.Tie de métallurgie. Montants ou poteaux de bocard. || 3° Terme de blason. Espèce de fasces doubles dont on charge le milieu de î'écu. Il 4* Jumelles, es|ièce de double lorgnette dont on se sert principalement au spectacle, || 5" Nom de certaines voitures très-légères. || 6° Au sing. Terme de marine. Pièce de bois appliquée sur une autre pour la conserver ou pour la fortifier. || Espèce de traîneau dans les arsenaux. || 1' Au sing. Rangée de pavés formant la moitié d'un ruisseau et joignant la chaussée ; l'autre rangée se nomme contre-jumelle. Il vlusinff.Nomd'uneancienne pièce de canon qui avait deux bouches et une seule lumijre.

— ÉTYM. Jumeau.

JUMENT (jii-man), s. f. || l" La femelle du cheval. Lorsqu'un franc campagnard avec longue rapière, Montant superbement sa jument poulinière. Qu'il honorait du nom do sa b une jument, mol. Fdch. II, 7. Il Terme de haras. Jument vide, celle qui n'a pas été fécondée par l'étalon. || 2° Nom d'un instrument qui servait à faire la monnaie au moulin, avant l'invention du balancier; les faux monnajeurs s'en servent encore, c'est une espèce de 1er à gaufrer qui fait et marque en même temps la pièce. Il Proverbe. Jamais coupdepied de jumenlne fit mal à cheval, c'est-à-dire les hommes prennent en bien et comme des galanteries ce que les femmes peuvent faire contre eux, surtout les coups que les femmes leur donnent.

— IIIST. xir s. Cum parez est li huem [l'homme] as jumonz [bètes de sommej nun .savanz. Liber psalm. p. 64. [Il] N'ot pas destrier, ainz chevauche jument, Bat.d'Aleschans,v.t>9HH. \\ xiii's. Lesjumenz, ce est les grosses bestes d'eus [égyptiens]. Psautier, f 06. Et !>'en ala le cheval couvert de ses armes à nos ennemis, pource que le plus des Sarrazins estoicnt montez sur jumens ; et pour ce trait le cheval aus Sarrazins, joinville, 2(8. || xv s. Une bonne jument du prix do quatre livres tournois, delisle.

Agriculture normande, p. 138. Qui que saille nostre jument, le poulain est nostre, leroux de ungï, Prov. t. I, p. 178. Boirai-je simplement Ce que boit ma jument [de l'eau]? bassel. xxiv. || xvf s. Le gros beslail nous aide au port, au charroi, et au labourage, à telle cause dict jument, du mot latin juvare, et bien que ce titre soit particulièrement donné à la femelle du cheval, o. de serres, 259. Amprès que le duc d'Albe desassiegea [leva le siège de] Sanjao [Senthià], M. le maréchal Brissao ne fut pas plus heureux au siège de Coni : si bien que, si les François leur reprochoient Sanjac, ils nous reprochoient Coni : à beau jeu, beau retour, et ainsy ils se rendoient la jument, brant. le ilaréchal de Brissac, t. m, p. 73.

— ÉTYM. Berry, jement, jument, cheval, bête de somme; provenç. jumenJ; espagn. j'ummfa; poitug. jumento, jumenta; ital. giumento, giumenta; du lat. jumenlum, bote de somme, dont le nom s'est particularisé à signifier la cavale ; c'est ainsi qu'en grec moderne âXoYov, qui veut dire proprement l'animal sans raison, a pris le sens spécial de cheval. Jumentu:n est la contraction de jugmen- ' tum, action de lier, de joindre, de junjere, joindre, jugum, joug.

t JUMEMERIE (ju-man-te-rie), s. f. Haras oti l'on produit des étalons.

— ÉTYM. Jument.

t JUMENTEUX, EUSE (ju-man-teû, teil-z'), adj.

Terme de médecine. Urine jumenteuse, urine colorée, trouble et sédimenteuse, semblable à celle du cheval.

— ÉTYM. Jument. - t JUNCAGIN'ÉES (jon-ka-ji-née) , s. f. pi. Terme

de botanique. Tribu des alismacées, généralement regardée aujourd'hui comme une famille distincte.

— ÉTYM. Juncago, nom donné par Tournefort au troscart, triglochin, L. Juncago vient dejuncus, jonc.

f JUNGLE (jon-gl'), s. f. Dans les Indes orientales, plaine fourrée et couverte de roseaux. L'hippopotame au large ventre Habite aux jungles de Java, THÉOPHILE GAUTIER, V Hippopotame , Poésies. Il Fièvre des jungles, fièvre dangereuse, de nature paludéenne, à formo rémittente, que l'on gagne dans les jungles.

— KTYM. Mot indien, du sanscrit jonga/o, désert.

1 JUNIPÈNE (ju-ni-pè-n'), s. m. Terme de chimie. Nom donné par Dumas à l'essence de genièvre et de Sabine.

— ÉTYM. Dérivé de juntperus (voy. genièvre).

JUNON (ju-non), s. f. || 1° Une des principales divinités du ciel païen, épouse de Jupiter et reine des dieux. Il Oiseau de Junon, le paon. || 2" Terme d'astronomie. Planète qui est entre Vesta et Cérôs, et qui fait sa révolution autour du soleil en mille cinq cent quatre-vingt-onze jours (on met un grand J).

— ÉTYM. Vu, qui est pour ou, indique que Juno est pour Jovino, et le féminin de Jiivis.

JUNTE (jon-t'), *. f. Nom qu'on donne à dilTéreiits conseils, en Espagne et en Portugal. Les seigneurs avaient fait mettre Benevenio dans le testament pour entrer, comme grand d'Espagne, dans la junte qu'il établit pour gouverner en attendant le succes.seur, st-sim. 82, 6o.

— ÉTYM. Espagn. junta, mot à mot, assemblage; du latin juncta, venu de jungere (voy. joindre).

t JUNTES( jon-t'), s. m. pi. Famille et société de libraires qui, à Venise, publia do belles éditions. Les éditions des Juntos sont recherchées.

JUPE (ju-p'), s. f. Il 1" La partie de l'habillement des femmes i|ui descend depuis la ceinture jusqu'aux pieds. Venez donc, non pas habillées Comme on vous trouve quelquefois. En jupe dessous Un fouillées. Dansant au silence des bois; Venez en robes où l'on voie, Dessus les ouvrages de soie, Les rayons d'or étinceler, malh. m, 3. Je fus hier d^ner chez la princesse ; voici comme votre mère était habillée : une bonne robe de chambre bien chaude, que vous avez refusée, quoique fort jolie, et cette jupe violette, or et argent, i|ue j'appelais sottement un jupon, avec une belle coiffure de toutes cornettes de chamlire négligées; j'étais en vérité fort bien, sÊv. 29 nov. <084. Il 2° Dans le langage des tailleurs, partie de la redingote, du paletot, qui couvre les cuisses de l'homme.

—HIST. XIII* s. Je descendi en l'crboie; Si esgardai leurs delis [ébats| ; Jupes et grêles cretis I avo.t moult et de soie, if.ss. de poésies franc, avant (3uo, t. IV, p. <*80, dans lacurne. || xvi* s. i,e roi do Navarre, qui l'y menoit [à une attaque!, n'avoit qu'une jupe d'escarlato et un pannache blanc, sully, Mém. t. I, p. 4U6, dans lacurne. Sa jupe commence à hausser 'elle est enceinte], ouom, Curios. franc.

— ÉTYM. Provenç. jupa; catal. du xiii* siècle, aljnba; ital. giuhba, Giuppa; de l'arabe jubbel, pelisse courte et de dessous.

f JUPIN (ju-pin), s. m. Forme du nom de Jupiter dans l'ancien français. Épouse de Jupin, contente ma colère, ROTROU, 3/erc.mour. ii, 1. 1| Aujourd'hui, il ne se dit plus que dans le style familier. Sachez qu'hier, la panse ronde Et l'oeil obscurci par Bacchus, Jupin a cru dans notre monde Voir une couronne de plus, bérang. Couronne de bleuets. Heureux d'avoir su vous défendre. J'accours des célestes donjons ; Quanta Jupin, je viens d'apprendre Qu'il a foudroyé deux pigeons, id. t&.

— ÉTYM. Forme abrégée de Jupiter. On trouve dans le xvi" siècle juppin signifiant pohsson ; il est probable que c'est un dérivé du verbe juper, jupper, qui signifiait crier.

JUPITEU (ju-pi-tèr) , s. m. \\ 1° Nom du roi des dieux dans la mythologie gréco-latine. Ce ne fut jamais mon intention de vous entretenir des trente mille dieux d'Hésiode, ou des trois cents Jupiters de Varron, naudé, Rosecroix , ii, 4. {| Fig. Le duc d'Orléans n'avait plus rien à craindre; qu'aurait pu faire ce Jupiter mourant [Louis XIV]? st-sim. dans le Dict. de dochez. || 2° Terme d'astronomie. La plus grosse des planètes, dont l'orbite est entre celles de Pallas et de Saturne. Jupiter fait sa i-»tation en près de dix heures, et emploie environ douze ans à opérer sa révolution. L'un d'eux porte le sceptre, et l'autre la houlette; Jupiter le voulait ainsi ; Qu'est-ce que Jupiter ? un corps sans connaissance ; D'oti vient donc que son influence Agit différemment sur ces deux hommes-ci? la font. Fabl. VIII, <6. Un astrolabe en main, elle a dans sa gouttière X suivre Jupiter passé la nuit entière, boil. Sat. X. Parcourant an douze ans les célestes demeures. D'où vient que Jupiter a son jour de dix heures? volt. 4' discours. \\ Les satellites de Jupiter, petites planètes au nombre de quatre qui lui servent de lunes. || Fig. Us ne sont pas les satellites de Jupiter, je veux dire ceux qui pressent et qui entourent le prince.... La bbuy. viii. || 3° Dans l'ancienne chimie, nom de l'étain. || Sel de Jupiter , le chlorhydrate d'étain.

— HIST. xin* s. Et Jupiter li fist [à Argus] trenchier Le chef [la tète], por lo revenchier, la Rose, (4592. ||xvi' s. Si jeune savoit et vieil pouvoit, un Jupiter il seroit, leroux de lincy, Prov. t. i, p. 32. Et y a un vieil proverbe qui dist que Jupiter me.sme, quand il pleut, ne plaist pas à tous les mortels, Sat. mén. Harangue de M. dAubray.

— ÉTYM. Lat. Jupiter, de Ju (d'où le génitif Jot>is, le datif osque Djovetj, qui est le sanscrit dj/u,ciel, et pitor, père : le ciel-père.

t JUPITÉKIEN, lENNE (ju-pi-té-riin, riè-n'), adj. Néologisme. Qui a le caractère dominateur, impérieux de Jupiter. La contraction jupitérienne de ses sourcils, son regard de lion, de balzac, Histoire des treize, la Duchesse de Langeais.

JUPON (ju-pon), s. m. || 1° Jupe plus courte que les femmes mettent sous les robes. Et son petit jupon Laisse entrevoir sa jambe blanche et fine, volt. Ce qui plait, etc. Lâche guerrier, à qui je ferai porter le jupon d'écorce de la vieille femme, chateaub. Natch. ii. || 2° Il s'est dit aussi de la partie de l'habit de l'homme qui descend comme une jupe. Vous pourriez bien ici sur votre noir jupon, Monsieur l'huissier à verge, attirer le biton, MOL. jTort. v, 4.

HIST. XIV* s. Un bon gippon de soie en l'eure

[il] lui donna : Onques ne l'ot vestu, ne par dcdens entra, Cuescl. v. (6is, «617. Tous nus sont sur les champs et tous lor draps ostez. Armures, bacinés et jiippoiis bien ouvrez, ib. 6289. || xv* s. Ly un$ se vest court d'un jui)pon; Ly autres long jusqu'au talon, E. DESCHAMPS, Poésies mss f" 404.

— ÉTYM. Dérivé de jupe; bourg, gipon; norm. jupin, sorte de casaque; provenç. jupon, japio; espagn. ;iibon ; port, gil'ào ; ital. giu()ho)ie. On disait beaucoupdansl'ancienne IangURjupc(,ju;<eau.

)• JURAULE (ju-ra-bl'), adj. Terme de féodalité. Pour lequel ou devait le serment de fidélité. Fief jurablc.

— ÉTYM. Jurer.

JURANDE (ju-ran-d'), «. f.\\l' Nom d u n office annuel qui se donnait par élection dans les corps de métiers, et qui consistait à prendre soiu desaiïaiies du corps. Les jurandes ont été abolies. Il est bien clair que toutes ces maîtrises et toutes ces jurandes n'ont été inventées que pour tirer de fargent des pauvres ouvriers, pour enrichir des traitants, et pour écraser la nation, volt. Lett. Vaines, «" mars 1776. Il S* La temps pendant lequel oa eiorcailcolte

JUR

charge. ;| 8* Le corps des jurés, c'est-à-dire de ceux qui avalent prêté les serments convenables. La jurande était assemblée

— ET Y. M. Jurer.

t JCnASSIQCE (ju-ra-sl-k') , od;. Terme de géologie Terrain jurassique, terrain seconilaire dont le type est trè«-développé dans les montagnes du

JUUAT (ju-ra), ». m. Ancien titre d office municipal dans plusieurs villes du midi de la France. Les jurats de Bordeaux.

— ETYM. Forme méridionale ou languedocienne de juri; du lat. juratus, qui a prêté serment, de jxirare, jurer.

JlTUATOUlE (ju-ra-toi-r"), adj. Terme de jurisprudence, usité seulement dans cette locution : caution juraloire, serment que fait quelqu'un en justice de représenter sa personne, ou de rapporter quelque chose dont il est chargé. 11 a reçu l'usufruit des meubles sous sa caution juratoire.

— ÊTYM. Piovenç. jura'.ory ; da lat. juratorius, qui vient de jurare, jurer.

». JL'nÉ, ftE (ju-re,te),parr.paîs^dejurer.Piomis par serment. On verra d'un côté le fils d'un empereur Redemandant la foi jurée à sa famille, RAC. Brit. III, 3. Je réponds d'une paix jurée entre mes mains, ID. ib. v, 8. Oui, j'en crois cette haine jurée Entre tous les enfants de Tliyeste et d'Atrée, VOLT. Oreste, v, 3. || Ennemi juré, ennemi irréconciliable et déclaré. 11 importe à l'État qu'un ennemi juré.... noTR. Àntig. iv, l.

î. JURÉ, ÉE (ju-ré, rée), adj. || 1" Autrefois, qui dans les corporations avait fait les serments requis par la maîtrise. Juré vendeur de volaille. Écrivain juré. Jurée lingère || Chirurgiens jurés, titre que l'on donnait aux chirurgiens, à cause du .•>ermenl qu'ils prêtaient entre les mains du magisirat, || Médecins jurés, médecins qui étaient établis dans les villes pour faire en justice les rapports.|| Grammairiens jurés, nom donné par plaisanterie aux membres de l'Académie française. Eux seuls peuvent prétendre au rare privilège D'aller au Louvre en corps commenter l'alphabet, Grammairiens jurés, immortels par brevet, gilb. Le 18» s. Ci-glt maître Jobelin, Suppôt du pays latin. Juré piqueur de diphthongue, pmort, Eyiiaphe d'un graminamei\. Il 2° Dans les corps d'artisans, hommes préposés pour faire observer les statuts et règlements à ceux de leur métier. Les maîtres juiés. || Fig. Allons, que l'on détale de chez moi, maître juré filou, vrai gibier de potence, mol. Avare, \, 3. Maître juré filou, sortez de la maison, reonaiid, Joufwr, i, lo. || Substantivement. 11 était juré de sa communauté. Je ne sais quels écrits qui devant les jures du métier ne pa.ssent que pour.... halii. Leit. ii, n. {! 3° Écollorjurè, celui qui avait l'ail ses études de philosophie dans l'université, et qui en avait le certificat, pour être ensuite reçu maître es arts. || 4° S. m. Autrefois, échevin, membre du conseil de la commune. Il y avait dans notre compagnie un juté de la irille de Nuits, VARCHANOY, Tristan le voyageur, ch. lxxx. IIB" En Angleterre, chacun des citoyens appelés à déclarer si tel accusé est coupable du crime à lui imputé. Ce qui vient d'être expliqué repousse nos parlements à l'état de shérifs et de jurés, st-sim. 375,50. C'est lui (Alfied le Grand] qui fonda les Jurés, qui partagea l'Angleterre en shires ou comtés, et qui, le premier, encouragea ses sujets à commercer, volt, itfœuri, 211. J'aime mieux tout simplement l'ancienne méthode des jures qui s'est conservée en Angleterre ; ces jurés n'auraient jamais fait rouer Calas, id. Lell. Beawnont, 7 juin 477t. Il S" Aujourd'hui, en France, à l'imitation de l'Angleterre, chacun des douze citoyens appelés, dans les assises, è prononcer sur la culpabilité d'un accusé. La liste des jurés. ||Juré en matière d'expropriation, membre d'un jury chargé de fixer les indemnités dues aux propriétaires expropriés pour cause d'utilité publique. || Haut juré, juré qui faisait partie de la haute cour instituée par la constitution de <7Bt et par celle de 1848, || Juré militaire, membre du jury dont la décision devait précéder le jugement de la cour martiale, d'après la constitution de i79i.

— Hisr. XIII' g. S'il avient que li un sont, un an, majeur [maires] ou juré ou receteur.... beaum.l, 7. Et establi que en totes les cités et en toz les autres leus dou roiame, où il averoit juslise, eust visconte et jurés et court de borgesie por le peuple gouverner. Ait. de Jir. i, 24. Je vous loe et conseille que vous dcfTendcï à tous vostre conseil juré, que il ne preingnent de cculï qui auront à besoigner par devant Tous, ;oimv. p. 44o, éd. os v^ailly. || xv« ».

JUR

Si firent [lesToumaisiens] entre euiprevost et jurés selon leur usage ancien, froiss. i, i, 146. || xvi* s. Au rapport des jurés foi doit estre ajoutée, en ce qui est de leur art, loyskl, 80«. Par garenne jurée s'entend garenne défendue et là où on ne peut aller chasser sans danger de justice, Coust. gdnér. t. I, p. 87. C'est meslier juré, il n'en est pas qui

veut, COTGRAVE.

— ETYM. Juré t.

t JL'REE (ju-rée), s. f. Terme de féodalité. Impôt proportionnel que les communes de Champagne payaient à leurs seigneurs et qui leur assurait une certaine indépendance.

— ETYM. Juré 1.

JUREMENT (ju-re-man), j. m. || 1» Action de jurer, de faire un serment. On ne vous croira pas malgré tous vos jurements. Ils [les manichéens] croyaient tout jurement défendu, Boss. Var. ïi. Il Terme de droit coutumier. Serment fait en justice || 2° Blasphème, imprécation. Le roi a fait commandement à l'abbé Bois-Robert de sortir de Paris pour divers jurements qu'il avait proférés du nom de Dieu, apr(s avoir perdu son argent contre les nièces de son Eminence [Mazarin], gui patin, Lelt. t. II, p. 179. Des querelles, des clameurs, dont le bruit se joint aux roulements des tambours, aux jurements des charretiers, au bruit des caissons et des canons, séguh, Ilist. de Nap. iv, 7.

— lllST. xiii» s. Si dist li uns à l'autre : ci a bon jurement ; Graciés en soit Diex, à cui le mont apent, Ch d'Ant. VII, 646. || xvi* s. Mon ami, je vous convie, suivant vos juremens, à venir mourir avec votre affectionné, d'aud. Vie, xc. Jurement est une attestation de Dieu, pour confermor la vérité de nostre parole; car les blasphèmes manifestes, qui se font pour despiter Dieu, ne sont pas dignes qu'on les appelle juremens, CALV. Instit. 28». Moyenantles plus grands juremens etsermens du monde qu'il presta, amyot, Dion, 02.

— ETYM. Provenç. jurament; espagn. juramento; ital. giuramenlo; du lat. juramenlum, de jurare, jurer,

JURER (ju-ré), «. o. || 1° Prendre, par serment, Dieu, ou quelqu'un, ou quelque chose à témoin. Jurant même la mer et ses vagues profondes, HKGNiKn, Élég. V. Je jure les rayons du jour qui nous éclaire Que tu ne mourras point que de la main d'un pi^re, cobr. le Mtnt. v, 3. Moi, je jure des dieux la puissance suprême, Et, pour dire encor plus, je jure par vous-même, lu. Pomp. v, i. Le Dieu que j'ai juré connaît tout, entend tout, id. Théod. 11, 4. Et l'assembleur da nuages Jura le Styx, et promit De former d'autres orages, la font. Fabl. vin, 20. Je jure les puissances De l'Olympe et du Styx, il on sera parlé, id. Fabl. xi, 3. ...je vous jure mafoiqu'invoquersaint5....iD. Orai'î. Je jure le ciel que }e le défendrai ici contre qui que cesoil....et,pour adresser vos coups, il faudra que vous me perciez, MOL. Festin, m, 6. || Jurer ses grands dieux, affirmer de la façon la plus formelle. Temple assura qu'elle ne regardaitplus Rochester que comme un monstre de perfidie, et jura ses grands dieux qu'elle ne l'écouterait de sa vie, hamilt. Gramm. lO. || 2" Assurer, promettre quelque chose par serment. Jurer fidélité au souverain. Il a juré de dire la vérité. Us [les Vaudois] défendaient de jurer pour rendre témoignage à la vérité devant le magistrat ; et en même temps ils juraient tout ce qu'on voulait pour tenir leur secte et leur croyance cachées, boss. Yar. XI, {) 48. Avec nous tu juras une sainte alliance, RAC. Esth. I, 4, Va lui jurer la foi que tu m'avais jurée, id. Andr. iv, &. Idoménée et les autres rois jurent la paix, fén. Tél. xi. Viens au pied de l'autel Ma jurer à genoux un hommage éternel, VOLT. Uérope, v, 2. Correa terminait une guerre vive avec le roi de Pégu, et les deux partis devaient jurer l'observation du traité sur les livres de leurs religions; Correa jura sur un recueil de chan sons, et crut éluder un engagement par ce vil stratagème, bavnal, Uist. pitil. i, 2t. || 3" Promettre fortement et comme par une espèce de serment. Et jure à tous les deux de» respects immortels, CORN. Pomp. V, 6. Ma bouche mille fois lui jura le contraire, bac. Ilrit. u, 9. Hé quoil vous me jurez une éternelle ardeur. Et vous me la jurez avec cette froideur? id. Bévén. ii, 4. Un reste de honte de violer nos promesses, un moment après que nous venions de les jurer aux pieds des autels, nous a soutenus les premiers jours, mass. Carême, Pâques, i; Se jurer, jurer l'un à 1 autre. Conforme à cette amitié que vous vous êtes jurée, sév. 37. Il 4" Résoudre fermement une chose, et comme si OD «D avait fait la serment. Votie perte est jurée, |

JUR

COBN. llérael. m, l. Je sais bien qu Amurat a juré ma ruine, hac. Bajai. i, *. S'il est vrai qu'en ces lieux ma honte soit jurée, cbèbili.on, Electre, i, 6.

I 5° Blasphémer. 11 ne fait que jurer le nom de Dieu. Jurer Dieu. ||6° V. n. Faire serment. Il a juré faux. Quiconque jure par le temple et pjr celui qui y habite, saci. Bible, Év. St Math, xxiii, 2). )h craignaient Dieu, juraient en son nom, boss. Ilist 11,3. On jure par pins grand que soi, c'est-à-dire on jure par son souverain, par son juge..,, on jure par quelque chose d'immuable, lu. Polit, vu, v, (7. Ainsi que par César, on jure par sa mère, bac. Brit. 1, 2. Pour moi, qui le premier secondai vos desseins. Qui fis même jurer l'armée entre ses mains, m. t'd. m, 3. J'en jure par les ondes du Styx, fén. Tél. vu. Il [Amilcar] me fit jurer [à moi Annibal] sur les autels, à l'âge de neuf ans, que je .serais jusqu'à la mort ennemi des Homains, m. Dial. des morts atic. 37. Juiez donc avec moi, jurez sur celte épée. Par le sang de Caton, par celui de Pompée, volt. JlforI de Ces. Il, 4. Il II ne parierait pas, mais il en jurerait, locution qu'on attribue à ceux qui tiennent plus à l'argent qu'à un serment. Je ne le parierais pas, mais j'en jurerais, volt. ^cnsj. n, 3.||Sans complément. Le président [du bureau d'élection] nous donna des billets... mais il fallait jurer d'abord; nous jurâmes tous, nous levâmes la main de la meilleure grâce du monde et en gens exercés, p. L. COUB. Lett. partie. II. || Par extension. Un honnête homme qui dit oui ou non mérite d'être cru ; son caractère jure pour lui, donne créance à ses paroles, et lui attire toute sorte de confiance, La bruy. v. Il Ne jurer que par quelqu'un, le croire en tout. Vous étiez la coqueluche ou l'entêtement de certaines femmes qui ne juraient que par vous et sur votre parole, la bbuy. v. Dès ce moment on no jura plus dans l'hôtel de Son Excellence que par le seigneur Guzman, le sage, Guiman d'AIftir. ili, 9.

II Jurer sur la parole du maître, accepter aveuglément tout ce que le maître dit. jj On a dit en un sens analogue : jurer pour. 11 n'y a que la populace réfugiée et les ministres du tiers état, dont le nombre est vingt fois plus grand que celui des bonnes tèies et des savants, qui jurent pour lui [Jurieu], bayle, Lett. à Minuloli, 27 août I69i, || 7° Promettre fortement comme par une espèce de serment. Mon Dieu I ne jurer point, de peur d'être parjure, mol. Éc. des f. IV, 8. Comme s'il eût juré de me poursuivre partout, HAMILT. Gramm. 8 Les janissaires jurèrent sur leur barbe qu'ils n'attaqueraient point le roi, et qu'ils donneraient les trois jours qu'il demandait, VOLT. Charles XII, 6. || 8° Ai'Hrmer comme par une espèce de serment. Souvenez-vous..., Que c'est être à demi ce que l'on vient de dire, Que de vouloir jurer qu'on ne le sera pas, mol. Éc. des f. IV, 8. Quittez cette ingrate princesse Dont la haine a juré de nous troubler sans cesse, bac Alex, iv, 4. Il s'éleva un grand murmure ; Cicéron s'arrêta un moment ; et, renforçant sa voix noble et sonore, il dit pour toute harangue : je jure que j'ai sauvé la patrie ; l'assemblée enchantée s'éeria : nous jurons qu'il a dit la vérité, volt. Dict. phil. Cicéron. De fort savants esprits jurent sur leur salut Que vous êtes sur terre un fils de Dcizébut, ID. Loi nat. i' part. Il Je vous jure, c'est-à-dire je vous affirme, je vous proteste. Ce moi, plus tôt que moi, s'est au logis trouvé, El j'étais venu, je vous jure. Avant que je fusse arrivé, mol. Ampti. il, t. Ah! vous m'avez fait,je vousjure, Ettropde grâce et trop d'honneur. Quand vous dites.... voi.T. Lett. roi de Prusse, 2H août (742. Il Je ne jurerais pas, je ne vouilrais pis jurer, c'est-à-dire je n'affirmerais pas. Nous allons demain à Rennes; on fait de si grands préparatifs pour nous recevoir, que je ne voudrais pas jurer que nous ne fussions nommées dans le Mercure galant, SÉV. 446. Malgré tout cela, je ne voudrais jias jurer que ma discrète more n'eût point un troisième galant (le race roturière, le sage, Gusm. d'Aifar. i,4. || On jurerait, c'est-à-dire on afliimerait, on se persuaderait. On aurait juré que c'était une terre véritable, BF.RN. DE 81 -PIERRE, Woi'm. || Jurer de, assurer, affirmer fortement. Vous avez beau faire la garde, j'en ai juré, elle sera à nous, mol. Sicil. ». Et l'on ne doit jamais jurer, sur de tels cas. De ce qu'on pourra faire ou bien ne faire pas, id. Éc. des f. i, t.

Il 11 ne faut jurer de rien, il ne faut jamais répondre de ce qu'on fera, ni de ce qui peut arriver. Laisse faire le temps et ne jure de rien, th. corn. J',lmour d la mode, i, 6. || 9" Jurer, faire des serments sans nécessité, par emportement, par mauvaise habitude. On ne croit pas ceux qui jurent tant. || 10" Faire dos jurements, blasphémer. Jurer comme un païen, comme un charretier. Le voilà qui déteste et juie

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de son mieux, la font. Fabl. vi, 4 8. HorUeu! — vous jurez, monsieur, vous jurez, vous me faites trembler, dancoubt, Bourg, à la mode, iv, 5. Je jure très-joliment, et personne ne prononce mieux que moi un ventrebleu, un diable m'emporte, un la peste m'étouffe, eoissy, Franc, à Londres, se. (6. Monsieur jure aprfs nous; Mais i tout qu'il se fasse ; Du livre des époux II n'est qu'à la préface, BÉR. Soir des noces. \\ Il est quelquefois actif en ce sens. 11 jura un gros mot. || 11° Produire une discordance comparéeàun jurement, en parlant de choses dont l'union est choquante. Le vert jure avec le bleu. Comme des couleurs mal assorties, comme des paroles qui jurent etqui offensent l'oreille, la snuï. VI. Un mari qu'on aimel cela jure dans le grand inonde ; on ne sait ce que c'est, dallainval, bc. des bourg, i, n. || lî" Faire entendre un son aigre, désagréable, en parlant d'instruments de musique. ....Son aigre fausset Semble un violon faux qui jure sous l'archet, doil. Sat. m. La qualité d'avoir appris de son père à faire jurer une discordante guitare, monteso. Lelt. pers. 7». Hindfort, et vous Ginkel, vous dont le nom barbare Fait jurer de mos vers la cadence bizarre, volt. Lett. roi de Pr. 29 juin iHi. Il 13° 11 se dit d'un grondement sourd que fait entendre le chat lorsqu'il est irrité. || 14° Se jurer, V. rc'/l. Être assuré par serment. La paix se juia entre les deux adversaires. || Proverbes. S'il ne tient qu'à jurer, la vache est à nous, se dit d'un homme sans foi à qui un faux serment ne coilte rien. || On vous croit sans jurer, se dit à celui qui affirme une chose connue.

— HIST. IX* s. Si Lodhwigs sagrament quae son fradre jurât, conservât [garde le serment qu'il jure à son frère].... Serment. || xi* s. S'il nel pot truver, si jurrad que ... Lois de Guill. 4. Guenes 11 fels a nostre mort jurée, Ch. de Roi. cxi. [Olivier] Qui me jura corne sa pair [femme] à prendre, ib. cclxx. Il XII* s. Il vous estuet [vous faut] trestouz sur sainz jurer, Itonc. p. i57. Il jure Deu, qui tout a à garder, ib. tib. Et d'ambes parz [des deux côtés] très bien jurer et fiancier Que ne feront jamais guerre recommenclor, Soi. iv. En cel contemple ad fait li reis Henris jurer Henri son fil à rei, e sil fist coruner, Th. le mart. 08. E cil li jureront que il ne savoient oïl Judas estoit, Uachab. ii, 14. ||xiii' s. liien en poés estre asseUr; La rien que plus aim [je] vous en jur (j'en jure par celle que j'aime le plus], FI. et Bl. 2416. Et tant noua retrait li livres, que il ne furent, par devers la partie as François, que douze qui le serement jurassent, ne plus n'en porent avoir de [que] ces douze, villbh. lui. Et li Grieu [Grecs] li jurèrent la feauté qui mauvaisement fu tenue, m. cli. Je vouspri sur la foy que vous m'avez jurée, Derle, xvi. Tant i ot de croisiés, Bien près de deux cent mil, qui tout jurent lor chiés [par leurs tètes], Que, se Jhesus lor laisse outre lamer nagier, Chascuns se penera de Mahon laidengier [mettre à mal], Ch. d'Ant. i,884. Qui lors veïst le lion braire, Par mautalent ses crins detraire, Et jurer la vie et la mort.... Ren. 40i39. Et puis li rei se lievo et jure au patriarche un tel scirement.....^«i. de J^ruî. i, 2». Une chose soit ton affermer et ton jurer, bbun. la- TiNi, Trésor, p. 405. Je fus bien xxii ans en sa compaignie [de Louis IX], que onques Dieu ne 11 oy jurer ne sa mère, ne ses sains, joinv. 2B:i. Nous voulons et ealablissons que touz nosprevos et nos baillifs se liugnontde jurer parolequi tiengne au despk de Dieu, m. 296. || xiv* g. J'ay par mon ire esmeu plusieurs à jurer moult vilainement et de moult vilains sermons, If en ogier, i, 3. || xv's. Et les jurèrent [les trêves) le roi d'Angleterre et le duc de Normandie à tenir, froiss. i,i, 2h. Gautier de Passac avoit juré l'ame de son père que nuls n'en seroient pris à merci ne à rançon, id. ii, m, 23. || xvi* s. Il jura de s'en venger, hont. i, 22. Ennemy juréde.... id. 1, «0». Le secret que j'ay juré ne déceler à nul autre, ID. I, 2(7. Une assemblée notable seroit requise pour mieux delilierer de toutes choses, et jurer ce qui auroit esté arresté, langue, 4ou. Qui jure trop, il se damne, lehouz oe lincy, Proi'. t. ii, p. 394. Hé cors Dieu!... — Comment, dist Ponocrates, vous jurez, frère Jan? — Ce n'est, dist le moyne,que pour orner mon languaige ; ce sont couleurs de rhétorique ciccroniano, bab. ii, 38.

— f.TYM. Provenç.etespagn. jurar; ital.^iurare; du l.il. jurare, de jus, juris, le droit. Jus tient au radical yu, lier (voy. joindre, jol'g) ; jurare, pour }ti.ïore, en est le dénominatif; l'û dans jfis el jurare est pour le primitif jous, qui rcpré.sentc le gouna de Vu de yu; comparez dùccm, ducere.

JURBt'R (ju-reur) , i. m. \\ 1" Terme de droit cou- (umier. Celui qui prête serment. On le crut; car

qui ne croirait Un jureur qui si bien jurait? scabr. Yirg. vu. || Dans l'histoire de la révolution française. Prêtre qui prêtait serment à la constitution civile du clergé. ]| 2° Celui qui jure beaucoup par mauvaise habitude ou par emportement. Ln prince ne souffre pas les impies, tes blasphémateurs, les juieurs, les parjures, ni les devins, iioss. Polit, vu, v, (5.

— HIST. XII* s. Ij reis dist que dous cenz lais [gens laïques] li fera jurer, Chevaliers e proveires [prêtres] ; dune respundi li ber Qu'il li fereit assez des jureilrs trover, Th. le mart. («7. || xvi* s. J'avais un jour un valet de Gascogne... Pipeur. larron, jureur, blasphémateur, makot, Ép. au Roy. Dissolus en paroles, jureurs de Dieu, lanoue, tl8. Je ne crains pas tant un muletier jo\ieur que imbecille, ny un cuisiuier jureur qu'ignorant, mont, i, 218.

— ÉTYM. Jurer; provcnç. juraire. jurador; esp. jurador; ital. giuralore; du lat. juralorem, qui vient de jurare, jurer. Dans le provençal, ;uroîre est le nominatif du lat. jurdtnr, et jurador le régime du lat. juralorem; en français, jurere, jureor.

JUUl (ju-ri), s. m. Voy. jlry.

t JURIDICIlîR (ju-ri-di-si-é), t>. a. Rendre la justice. La juridiction ne se rend pas pour le juridiciant, mais pour le juridicié [phrase empruntée à Montaigne], pasc. Vrai bien, (2, éd. faugère.

— HIST. ivi* s. Un roy n'a rien proprement sien, il se doit soy mesme à autruy ; la jurisdiotion ne se donne point en faveur du juridiciant, c'est en faveur du juridicié, mont, iv, 8.

— ETYM. Mot que Montaigne paraît avoir fabriqué sur juridiction.

JURlliICTION (ju-ri-di-ksion; en vers, de cinq syllabes; on trouve souvent écrit, dans les éditions du XVII* siècle et du xviil*, jurisdiotion; mais Ménage remarque que 1'* ne se prononce pas), s. f. Il 1° Pouvoir du juge, de celui qui a droit de juger. Depuis qu'il [Hérode] eut attaqué cette assemblée (le sanhédrin], qui était comme le sénat fondé par Moïse et le conseil perpétuel de la nation où la suprême juridictioii était exercée, Boss. llist. ii, <0. Oui ne sait que l'Eglise était dans une espèce de servitude? la juridiction séculière ne laissait presque plus rien à faire à la spirituelle, id. le Tellicr. Quelles précautions M. le Tellier n'avail-il pas accoutumé de prendre dans les rémissions et les grâces qu'il accordait, craignant également de prodiguer ou de resserrer les bienfaits du prince, se souvenant du pouvoir de la juridiction, et n'oubliant pas les faiblesses de l'humanité? fléch. le Tellier. Elisabeth n'avait d'autre juridiction sur elle [Marie Sluart] que celle du puissant sur le faible et sur le malheureux, volt? lÙceiirs, 169. ||Fig. Il (un casuiste] ne se garantirait pas d'une censure (poi^r une galanterie ridicule], quoique, pour s'en défendre, il se servît de celte raison que la .Sorbonne n'a point de juridiction sur le Parnasse, et que les erreurs de ce pays-là ne sont sujettes ni aux censures ni à l'inquisition, PASC. Prov. XI. Il Degré de juridiction, chacun des tribunaux devant lesquels une même affaire peut être successivement portée. Cette affaire a passé par les deux degrés de juridiction. || 2° Le ressort, l'étendue du lieu où le juge a le pouvoir de juger. I.a juridiction de cette cour est fort étendue. Il Fig. Cela n'est point de votre juridiction, se dit à quelqu'un qui se mêle d'une chose qu'il n'entend pas. |I3° Corps de judicaturo, compagnie déjuges. Cette juridiction est bien, est mal composée.

— ll'iST. xiu* s. Hors du pooir de l'église et de le [la] juridiction, taii.liah, Recueil, p. 261. Et est resons que l'une justice ayde à l'autre; c'est à entendre : la justice de sainte Eglise à la laie [IViquel juridition, et la laie juridition à sainte Eglise, BEAUM. zi, i. Arbitre est manière de juge qui n'a point de juridiction, fors tcle que les parties lor douent par le [la] vertu du compromis, m. xli, 7. Il iiv* s. Avoir la cognoissanco ou jurisdicion de quelconques altercacions,ORESMB, Thèse de meunier.

— ETYM. Provenç. jun'idicao; esp. juriidiccion; ital. giurisd^iiione; du lat. jurisdiclionem, {voy. juri niQUE).

JURIDICTIONNEL, ELLE(ju-ri-di-ksio-ncl, nM'), adj. Qui est relatif à la juridiction. Droit, pouvoir juridictionnel.

— ÊTYM. Juridiction.

JURIDIQUE (ju-ri-di-k'), adj. Qui se fait en justice. En cela, nos rois n'ont rien fait que de juridique, pATKU, Plaidoyer 4, dans hichelet. On a continué ces massacres juridiques [delà reine Marie] chez nos voisins [les Français], volt, l'hil. l)éf. de mil. Bolingbr. 33. Les asaa.ssinats juridiques, lu. ih. I| Substantivement. Quand Aniyot fut dépouillé [de l4 grande aumônerie], la ligue était encore assez

puissante pour la soutenir et pour embarrasser Henri IV, s'il avait fallu du juridique, st-rim. 279, 2a.

— HIST. XVI* s. Solon, chef de l'eschole juridique,

— ETYM. Provenç. juridic; esp. juridico ; ital. giuridico; du lat. juridî'cw.?, qui vient de jus, juris, le droit, et dicere. dire.

JURIDIQUEMENT (ju-ri-di-ke-man), adv. D'une manière juridique. Déclarer juridiquement son sentiment : le pape seul le pouvait faire; Cyrille ni aucun autre patriarche n'avait le pouvoir de déposer Nestorius, boss. ilem. hist. Conciles, i, 3. X peine cette belle Ame [Socrate] fut-elle envolée vers ce Dieu qui l'avait formée, que les Athéniens, honteux de leur crime juridiquement commis, condamnèrent plus juridiquement les accusateurs de Socrate et lui élevèrent un temple, volt. Pol. et législ. Prix de la just. et de l'human. xi.

— HIST. xvi* s. Le bourreau refuse [de tuer des protestants] disant que ses mains ne travailloient que juridiquement, d'aub. Uist. II, 26. On ne les peut conveincre juridiquement, calv. Inst. 8(8.

— ÊTYM Juridique, et le suffixe ment; provenç. juridicament ; espagn. juridiiamente ; ital. giurir dicamenle.

JURISCONSULTE (ju-ri-sUon-sul-f), s. m. Celui qui fait profession de donner des avis sur des questions de droit. Avant M. le Tellier, pour obtenir les privilèges des jurisconsultes, il suffisait d'avoir da quoi les acheter, fléch. le Tellier. Rome a produit de savants jurisconsultes; Sparte n'avait que des soldats ignorants, fén. Dial. des morts anc. 12.

— SYN. juriste, jubisconsulte, légiste. Juriste, celui qui fait profession de la science du droit. Jurisconsulte , celui qui est consulté, donne des consultations sur le droit. Légiste, celui qui fait profession de la science des lois.

— HIST. XVI* s. Au théologien l'humilité, au jurisconsulte la justice, lanoue, 108.

— ETYii. Lat. jurisconsultus, de jus, juris, la droit, et consulere, consulter (voy. ce mot).

JURISPRUDENCE (ju-ri-spru-dan-s') , s. f.\\ 1° La science du droit ot des lois. Trois degrés d'élévation du pôle renversent toute la jurisprudence ; un méridien décide de la vérité... pasc. Pens. m, 8,édit. HAVET. La jurisprudence est la connaissance des lois, ROLLiN, Uist. anc. liv. xxvi, 2* part. ch. H, art. 2. Il Jurisprudence vétérinaire, la connaissance des lois etdesrèglementsqui concernant les animaux domestiques. Il 2° L'ensemble des principes de droit qu'on suitdans chaque pays ou dans chaque matière. La jurisprudence romaine. Il acquit une parfaite connaissance du droit humain et du droit divin.... savants et immenses recueils où il renferma la jurisprudence ancienne et nouvelle, vous pourriez ctra des témoins publics da ce que je dis, flêch. Lamoignon. La jurisprudence criminelle de France tend des pièges continuels aux accusés; il semble que Pussort et le chancelier Boucherai aient été les ennemis des hommes, volt. Louis XV, 42. ||3° La manière dont un tribunal juge habituellement tella ou telle question. La jurisprudence de la cour n'a jamais varié sur ce jioint. Cela fait jurisprudence. Il Fig. Cela fait jurisprudence en notre faveur; et la jurisprudencea force de loi, c'est un axiome, picab», Tracasseries, m, 7.

— ÉTYM. La.t. jurisprudentia, de jus, juris, lu droit, et prudenlia, connaissance.

JURISTE (ju-ri-st),î. m. Celui qui écrit sur les matières de droit. Un savant juiiste (voy. jurisconsulte).

— HIST. XIV* s. Et par ce appert il que le boa théologien et le bon juriste ne sont pas discordans, OBESME, Elh. <6.i. Il XV S. Et l'autre eut nom Thom.is, et le tint lo duc son père à l'escole à Asquosuffort [Oxford] et en lit un grant juriste et légiste,

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