‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 76 sur 389 · T.AC · texte numérisé non relu

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obliquement et revenant sur lui-même à un point plus élevé, comme fait le lacet d'un corset. |{ On dit dans le même sens : Ce cliemin fait le lacet. || On dit qu'un chemin de fer a un mouvement de lacet, qtiand il éprouve en marchant un mouvement latéral de va-et-vient ou de roulis, causé par un manque d'adaptation et d'ajustement entre les roues et la largeur des rails.

— HIST. XVI' s. Elle vous avoit un corset D'un fin

bleu, lassé d'un lasset, marot, ii, 2(H Scellé du

grand sce!, à lassets de soye et de cire verte, car- '.OII, ix, 21.

— ÉTYM. Diminutif de lacs ; lomgwg. laissa; wallon, tèsèle ; namur. lasète; provenç. lassol.

t LACKUR (la-seur), s. m. Ouvrier qui fait des filets pour la pèche ou la chasse.

— f.TVM. Lacer.

tl.ACHAGB (lâ-cha-j'), s. m. Terme de navigation fluviale. Action de faire descendre un lialeau. I.e tarif... fixait ainsi qu'il suit le montant de ces rétributions [aux pilotes spéciaux pour la traversée de Paris], pour la descente ou le lâchage d'un bateau chargé et pour le remontage d'un bateau à vide, E. Gn\nGE.z,Voies navigables dt! France, p. <m.

— KTVM. Lâcher.

LÂCHE (lâ-ch'), adj. Il 1° Qui n'est pas tendu, qui n'est pas serré. La corde de cet arc est lâche. Ces coques [des vers à soie].... sont d'une soie l'ort serrée, mais elles sont couvertes d'un certain duvet fort léger et fort lilche, fonten. les Mondes, i" soir. D'autres [fakirs] dansaient sur los mains, d'autres voltigeaient sur la corde lilche, volt. Babahec. 11 fallait couper des bois sur les hauteurs, où le froid et l'air rendent les arbres plus durs en resserrant leurs fU)res ; on les prit corsiamiiient dans les marais ou sur le bord des rivières, où l'humidité leur donne un tissu gras et Iftche, r»ynal, Ilist. phil. ivi, (7. Dès les premiers pas, leurs rangs desserrés [des régiments] s'allongeaient en files lâcheset interrompues, SF.GUR, Ilist. de A'op. vi, 6. Il Toile, drap, étoffe lâche, c'est-à-dire dont la trame n'est pas assez battue ou la chaîne assez serrée. || Terme de botanique. Il se dit de quelijues organes composés dont les diverses paities sont écartées les unes dos autres. Épi lâche. Ombelle lâche, p 2" Ventre lâche, ventre trop libre. Le raisin 'ient, rend le ventre lâche. || 3° Temps lâche, temps mou. || 4' Terme de marine. Bâtiment lâche, bâtiment qui no tient pa« bien lèvent, qui ne reste pas au plus prèi du vent. || B" Fig. Style lâche, style qui manque ('.'énergie et de concision. Toutes ces expressions i'npropres, hasardées, lâches, ni-gligées, employées feulement ]iour la rime, doivent être soigiieu.'ieme' t bannies, volt. Comtn. Corn. Rem. Itodog. I, 7 La composition du Moïse [de St-Amand] est I.in'/uissante , le vers lâche et pro.saï(|ue , CHATE/L'B. Génie, ii. i, 4. || 6° Kig. Qui manque de vigueur et d'activité. Cet ouvrier est lâche au travail. Il Substantivement et familièrement. C'est un grand lâche, c'est un homme très-mou, très-paroseoux. Il II se dit des choses. Souvenons-nous de tant de communions lâches, c'est-à-dire de tant de communions faites avec nrgligeiice et sans préparation, BooiiuAL. Insir. pour t'oct. du St-Sacrem. Exhort. t. II , p. 28.'). Sa retraite ne fut ni lâche ni oisive, FLÉCH. le Tellier. Longtemps vil ouvrier, le rabot à la main, Ses beaux jours sont perdus dans ce lâche exercice, volt. Pour et contre. || 7° Kig. Oui- manque de courage. Tu m'estimes bien lâche, imprudente rivale, corn. Ilodog. ii, t. Quoi qu'on t'ose imputer, je ne te crois point lâche, ID. Nicom. iv, 3. Qu'elle nous parut au-dessus de ces lâches chrétiens qui s'imaginent avancer leur mort c|uaiid ils préparent leur confession! Boss. Duch. d'Orl. Peuple lâche en effet et né pour l'usclavago. Hardi contre Dieu seul I rac. Àlhal. m, 7. J'aiiiicraij mieux périr encore une fois de la main du lâche Paris, fén. Vial. des morts anc. Achille, Chiro«. || Substantivement. Le lâchel il vous flattait lorsqu'il tremblait dans l'âme, CORN. Ilcracl. », 6. Ahl poltron! dont j'enrage, Lâche, vrai cœur de poule! mol. Sgan. 21. Qu'est-ce qu'une année? c'est un corps animé d'une infinité de passions différentes.... c'est un assemlilage confus de libertjns qu'il faut assujettir à l'obéls-ance, de lâches qu il faut mener au combat, de téméraires qu'il faut retenir ki.bch. Turenne. Et nous pardonnerions à ce lâche d'Octavcl volt. Triumv. iv, i. Le lâche fuit en vain; la mort vole à sa suite; C'est en la défiant i|ue le brave l'évite, id. ib. iv, 7. || 8' Qui n'a que des sentiments vils et miprisables. Mon cœur, mon lâche co(>ur s'intéresse pour lui, kac. Andr. v, l Ah lâchnl fais l'.-imoiir et renonce à l'empire, in. hérén iv, «.IjOui indique ba.^isosse de coeur. Votre «ang eut trop lion, n'en craignez rien

de lâche, corn. Ilor. n, 6. Morbleu, c'est une chose indigne, lâche, infâme. De s'abaLsser ainsi jusqu'à trahir son âme, mol. Jfi's. i, ( . On lui dit mille fois que la franchise n'était pas une vertu de la cour.... ces conseils lui parurent lâches, fléch. Due de Uont. De mes lâches bontés mon courage est confus, bac. Andr. iv, 3. Je vous avoue que ce procédé lâche m'est plus sensible que celui de Desfontaines, volt. Lett. d'Argental, b fév. 173».

— SïN LACHE, poltron. Lâche indique une disposition faible et misérable qui ne peut résister à aucun péril; aucune espèce de courage ne reste; une idée de mépris y est jointe. Poltron est beaucoup moins profond, le courage peut n'être que masqué par la poltronnerie ; et l'idée de mépris n'y est pas nécessairement attaché. Aussi dit-on quelquefois de soi-même qu'on est poltron, mais on ne dira pas qu'on est lâche. Un enfant qui n'ose demeurer sans lumière ou descendre à la cave, est un enfant poltron ; mais cela ne veut pas dire qu'il soit lâche.

— IllST. XII" s. Hé poures rois, lasches et assolez. Je te cuidai maintenir et tenser [défendre] Envers ton ceus de la cresticnté, Li coronemens Looys, v. 2'-'40. Il xiii* 8. El s'elos (les dames] font, par mal conseil, folage, X lasches gens et mauvais le feront, OUESNES, Romanc.p. 89. si est tex [tel] lasches [de faible complexion] et petis. Qui en tous biens est aatis [doué], Fabliaux mss. deSl-G. f° 63, dans lacubne. Il xvi' k. Son ventre sera tousjours lasche, et, s'il ne l'est naturellement, lésera par art, paré, v, <4. J'avois lesprit lent, l'invention lasche, mont, i, 195. Estre lasche à la besogne, B. est. Conform. du fr. avec le grec, t03.

— ÉTYM. Provenç. lax, lasc ; espagn. et portug. laxo; ital. lasco ; du lat. laxus, large, lâche. Laxus est un participe de languere, languir, comme taxus de tangere, car taxare montre que, outre (uctui , taxus est aussi dans tangere.

LÂCUfi, ÉE(là-ché,chée), part, passade lâcher. !| 1° Rendu moins tendu. L'ne corde lâchée. |j 2° Qu'on a laissé aller. Le prisonnier lâché. || Par extension. Adieu; ce motlâché me faitrougirdehonte, corn. Cid, v, t. Une parole lâchée sans attention, nass. Carême, médis. Il 3° Terme de beaux-arts. Qui a le caractère d'une certaine négligence, soit voulue et cherchée, soit provenant d'un manque de talent. Ce tableau a l'air d'une ébauche , le dessin y est lâché. Celtest trop lâché.

1. LÂCHEMENT (lâ-che-man) , adv.\\l' D'une manière qui n'e.st pas tendue, serrée. Un paquet lié trop lâchement. || 2° D'une manière lâche, sans force. Ceux qui ne veulent et ne désirent que lâchement, iiALz.Jiv. VI, lett. 3. Qui fuit, croit lâchement, et n'a qu'une foi morte, corn. Foly. ii, o. 11 [Montaigne] no pense qu'à mourir lâchement et mollement par tout son livre, pasc. Pens. xxiv, 24, éd.HAVET. Il Écrire lâchement, écrire sans force, sans précision. Dans des vers métaphysiques traduits lâchement, VOLT. Lett. d'Argental, 7 janv. (73». 113° Honteusement, avec bassesse. Et d'une indigne ardeur lâchement embrasé, corn. Nicom. v, t. Non que, par les yeux seuls lâchement enchantée. J'aime en lui sa beauté, sa grâce tant vantée, rac. Plièdre, II, 4. Vous qu'on ne voit assis dans le sanctuaire du Dieu vivant que pour avoir été toujours debout dans les antichambres des grands, et qui n'auriez jamais été placé sur la tête des hommes, pour parler avec David, si vous n'aviez été mille fois lâchement à leurs pieds , mass. Orais. Villeroy. L'autre a fui lâchement, tel qu'un vil assassin, VOLT. Mérope, ii, 2. Le roi [Henri lllj, dont il |le duc de Guise] ravit l'autorité suprême. Le souffrit lâchement et s'en veng('ademéme,iu. //e/tr. m.

— illsT. xiv s. Entortilliez en guise d'andouille, puis liez de fil laschement, Ménagier, ii, 5. || xvi- s. Et feit on la guerre plus froidement et plus laschement, AMY0T, AU. 52.

— ÉTYM. liche, et le suffixe ment.

t 2. LÂCHEMENT (lâ-che-man), *. m. Action de lâcher.

— MlST. XVI' s. La garnison ne leur pardonna pas le laschement do pied, o'alb. Ilist. i, 346,

— KTYM. Lâcher.

LÂCUEK (là-ché), v. o. || 1° Faire qu'une chose soit li';he, moins tendue. Celte corde est trop tendue, lâchcz-la un peu. || 2 • Cet aliment lâche le ventre, il rend le ventre libre. Et le soir, de petits pruneaux pour lâcher le ventre, mol. Kal. im. m, (4. Il AbsoUminnt. Les pruneaux lâchent. || 3° 'ferme de manège. Lâcher la bride, voy uridk, n" 2 et 3. l! lAclier la main, voy. main. || Lâcher la gourmette, raccrocher au seond maillon, quand, étant accrochée au premier, elle serre trop lo lueiiton du

cheval (voy. gourmette). 114" Lâcher pied, lâclict le pied , voy. pied. |{ Terme d'escrime. Lâcher la mesure, reculer devant son adversaire. || Absolument. Ces misérables sur qui j'allongeais à tout instant et à bras raccourci des bottes qu'ils ne parer rent qu'en lâchant, mariv. Pays. parv. f>' part. Il 5" Laisser aller, en parlant des personnes ou des animaux que l'on tient, ou que l'on a près de soi, sous sa main. Donnez-nous seulement six pistoles pour boire; Nous allons vous lâcher, mol. ilal. im. t" interm. se. 8. Je ne laisserais pas de l'avoir [Pauline] auprès de moi ; elle ne saurait être mieux, et je ne vois rien qui mérite que vous la lâchiez et l'envoyiez au grenier, sév. 27 déc. 1088. S'ils [les faisans] se sont multipliés en Saxe, ce n'a été que parles soins du duc Erédério, qui en lâcha deux cents dans le pays, avec défense de les prendre ou de les tuer, buff. Ois. t. iv, p. «4, dans pûugen.s il 6° 11 se dit quand on laisse aller une personne ou des animaux pour qu'ils attaquent quelqu'un ou quelque chose, pour qu'ils aillent quelque part. Lâcher les eliiens. Lâcher une laisse de lévriers. Un vieillard sur son âne aperçut en passant Un pré plein d'herbe et florissant. Il y lâche sa bête.... la font. Fabl. VI, 8. Si un loup avide paraît, il lâche son chien qui le met en fuite, la uaiiy. x. On me mena dans la carrière, on me lâcha un lion, montesq. Lys. H regardait le peuple comme une bête féroce, qu'il fallait lâcher sur leurs voisins, de peur qu'elle ne dévorât ses maîtres, volt. Dict. phil. Parlement d'Anglet. || Terme de fauconnerie. Lâcher l'autour, lâcher l'épervier, etc. le laisser partir. Lâcher de rebat, laisser partir l'autour, après l'aviiir retenu en son premier essor. || Fig et familièrement. Lâcher une personne après une autre, la mettre à sa poursuite, pour l'inquiéter, la tourmenter, ou l'amener à faire ce qu'on désire. Ils aiment les lettres, ils aiment et disent la vérité, ils sont courageux comme de petits lions ; lâchez-les sur les sots, VOLT. Lett. d'Argental, H mars t752. || Lâcher les huissiers après un débiteur, leur donner charge de faire contre lui les poursuites nécessaires. || 7° Laisser échapper un objetquel'on tient. Petitpoisson deviendra grand. Pourvu que Dieu lui prête vie ; Mais le lâcberen attendant,Je tiens pour moi que c'est folie: Car de le rattraper il n'est pas trop certain, la font. Fabl.v, 3. Lâcher ce qu'on a dans la main Sou.s espoir de grosse aventure Est imprudence toute pure, id, »6. IX, 1 0. Et l'avare Achéron ne lâche point sa proie, RAC. Phèdre, ii, 5. Ces deux femmes tiennent la lettre, sans que je puisse deviner celle qui la lâchera, BiuEROT, Salon de (767, Œuv. t. xiv, p. 3:0, dans pouGKNS. Il jeta sur la table cet écu qu'il avait eu tant de peine à lâcher, mahmontei., Mém. iv. Il Lâcher prise, voy. prise. || Lâchez tout! figiial pour laisser aller les cordes qui retiennent un ballon, un bateau, etc. || X certains jeux de cartes, lâcher lamain,lalaisseraller à un autre, quoiqu'on ail de quoi la lever. || Au jeu de la paume, lâcher la balle, ne la point toucher, la laisser passer. Il 8° Lâcher la bonde d'un étang, lâcher une écluse, lever la bonde d'un étang, lever la vanne d'une éclu.se. Il On dit aussi dans le même sens : lâcher les eaux. || Lâcher le robinet d'une fontaine, le tourner de manière que l'eau s'échappe. ]] 9° Ce malade lâche tout sous lui, il ne peut retenir ses excréments. |{ Familièrement. Lâcher do l'eau, uriner. Il Lâcher un vent, laisser échapper un vent par en bas. || 10° Lâcher un coup de fusil, un coup de pistolet, un coup de canon, faire partir ces armes, en tirer un coup. Enfin l'un des deux vaisseaux lâcha à l'autre une bordée si bas et si juste qu'il coula à fond, VOLT. Candide, 20. Ce cavalier lâche un coup de pistolet à un autre qui a le sabre levé sur lui, DiuER. Salon de 1705, Œuv. t. xm, p. (»», danspouGENS. || Dans le même sens: lâcher un trait. Venez voir, cher Hémon, si le ciel en courroux Peut lâcher quelque trait qu'il n'ait lâché sur vous, ROTR Antig. m, 2. || Populairement. Lâcher un coup, donner un coup. Turnus, sitôt qu'il l'approcha, Un grand coupde poing lui lâcha, scaru. iiig. va. L'autre, qui s'en doutait, lui lâche une ruade, LA FONT. Fabl. v, 8. Il Fig. Faire partir quelque chose que l'on compare à un coup de fusil, à un trait. Lâcher un pamphlet dans le public. Ensuite il fait ôter ce présent de ses yeux.... Lâche deux ou trois mots contre celte insolence, corn. Pomp m, t. Avoi-voiis à lâcher encore (|uelqiie trait? mol. Femmes sav. n, 8. ICt que souvent parmi des choses très-bien prises. Qui sont du meilleur goût , on lâche des sottises, hauterociie, Hourg. de gualilé, II, 4. 11 [Jésus-Christ] n'a pas plus tôt lâché lo mot à saint Jean pour lui dire que Marie est sa mère.

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qu'incontinent ce disciple se sent possédé de toutes les affections d'un bon fils, boss. 2- sermon, ComjMUt. de la Ste Vierge, a. Vous le voyez, il [Jurieu] a peine à lâcher le mot [imputation de friponnerie contre Bossuet) , tant les injures lui coûtent à prononcer; mais, après qu'il a surmonté cette répugnance, il répète plus aisément la seconde fois ; la friponnerie de l'évêque de Meaux, id. 6' avert. <uo. Tu es homme à lâcher quelque mauvaise plaisanterie pour l'inquiéter, hamilt. Grumm. 3. On m'asfiire que la Sorbonne lâchera toujours son décret contre Bélisaire [de Marmontel], volt. Lett. Damilaville, 22 juill. (767. Mais, mes divins anges, quand un livre est lâché dans l'Europe, il n'y a plus de remède, ID. Lett. d'Argental, 8 mai tici. Ils lui envoyèrent quelques brochures qu'ils avaient lâchées charitablement contre leur ancien concitoyen, id. Quest. miracles, lett. U. Je crois que vous me lâchez des épigrammes, l'amour, beau- KARcn. Barb. de Sév. ii, t3. Sitôt qu'il lâche une parole, [il] Veut lire dans vos yeux l'effet de son discours, delille, Corners, ii. || Lâcher une parole, lâcher un mot, dire inconsidérément quelque chose qui peut nuire ou déplaire. Vous devez la punir [Clcopatre], si vous la condamnez.... Le mot on est lâché, COBN. Rodog. m, 4. Je n'ai point sans sujet lâché cette parole, rotr. Vencesl. i, ( . Gardez-vous de lâcher le moindre mot qui puisse faire connaître au bon d'HacqueviUe que je vous ai envoyé sa lettre, EÉv. 242. Il Lâcher un mot, lAcher une parole signifie aussi : dire quelque chose avec dessein. Il lâcha un mot qui fit impression. Un prince si habile n'avait pas lâché cette parole sans dessein, boss. Var. VI, § 5. Il Lâcher la parole, lâcher le mot, dire le dernier prix qu'on veut avoir ou donner, quand on discute un marché, ou donnersonconsenlement après avoir fait des difficultés. Le mot est lâché, vous ne pouvez vous en dédire. || Prononcer une parole qui coûte à dire, faire un avou, une concession qui coûte. Tant on avait de peine à lâcher le mot, que le corps et le sang (de Jésus-Christj ne fussent donnés que spirituellement, et d'insérer dans une confession de foi une chose si nouvelle aux chrétiens I boss. Yar. in. || Lâcher que dire, proférer. Voilà.... sur quoi

[l'aversion de Mme de Grignan] roulent toutes ses pensées [de Retz] ; sur cela je crois avoir dit et ménagé tout ce que l'amitié que j'ai pour vous.... pouvait m'inspirer.... ne lâchant jamais que vous eussiez de l'horreur pour lui, soutenant que vous aviez un fonds d'estime, d'amitié, sÉv. (078, n° 7(3, édil. RÉGNIER. Il 11° Y. n. Etre détendu. Cette corde lâche trop. |{ S'échapper, manquer. Prenez garde que ce crampon ne lâche. || 12° Se lâcher, v. réft. Se détendre, se débander. Un ressort qui se lâche. || Partir, en parlant d'une arme à feu. Un pistolet qui se lâcha malheureusement, regnahd, Voy. de Fland. Il Fig. Tenir des propos indiscrets. [M. de Chaulnes] le mettait [M. deChevreuse] à bout par ses railleries, auxquelles il se lâchait avec moins de ménagements qu'il ne l'aurait fait avec des étrangers, st-sim. 19, 228. Gardez-vous bien de vous lâcher contre ce tribunal, LE SAGE, Diabl. boit. ch. vu, dans pougens. Ce secrétaire Walpole s'étant lâché très-inconsidérement sur le compte de ma nation, je ne crus pas devoirlesoufyrir,DiDER.JoPrinc./)asc/i/co//". || 13°Dans un langage bas, se lâcher, ne pouvoir retenir un vent. Votre Majesté, je crois, s'est lâchée, Couplet ajouté à la chanson du roi Dagoberl.

— HIST. XI* s. Son cheval [il] broche, si li lasche ta resne, Ch. de Jlol. xcviii. || xui" s. Fuis laska les bras, et li rois cheï sour le pavement si rudement que à poi que li cuers ne li parti, Chr. de Hains, p. 40. Il xv° s. Et ne demoura gueres que sa maladie luy lascha, tant que comme à Dieu pleust qu'il s'endormist; si en furent ses gens moult joyeulx quand ilz le virent reposer, Lancelot du lac, t. l, f' (30, dans LACUBNE. ||xvi' s. En nous remettant ta coulpe, il nous lasche aussi toute la punition que nous avions méritée, CM-v.lnslit. 5(2. 11 charge un pistolet et le lasche, mont, i, (09. La peur trouble le ventre et le lasche, id. lu, 49. Sans lascher une parole ds foiblesse, id. m, (oo. Liischer un oiseau, 10. m, 44. L'un roidit et tendit les chordes qui estoient trop lasches à Sparte, et l'autre lascha celles qui estoient trop tendues à Rome, amïot, Muin. et l.yc. comp. (. L'autre se semant ainsi mordre iasclia incontinent sa prise, id. Aie. 3. 11 faisoit lascher des lévriers d'attache sur eulx qui les deschiroient en pièces, id. Pélop. 63. Le régiment lascha le pied devant ces troupes, d'aub. ]lisl. u, («o.

— EtYM. Berry, Idcher, cesser ; il ne Idche pas de farler ; provenç. laxar, Uuchar; espagn. et

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portug. laxar; ital. la.iciare; du lat. laxare, rendre lâche, détendu, qui vient de laxxis, lâche.

LÂCHETÉ (li-che-lé),.i./'. || l°État de celuiqui est lâche. Puisque ta lâcheté n'ose me mériter,cOHN. Cinna, m, 4. Avec quel noble dépit reprit-elle les chaînes frentra-l e le dans le monde après avoir voulu se faire religieuse) qu'elle croyait avoir quittées? combien de fois accusa-t-elle de lâcheté son obéissance quoique forcée! fléch. Aiguilion. Nous sommes bien heureux, mes anges, d'avoir des philosophes qui n'ont pas la prudente lâcheté de Fontenelle, VOLT. Lett. d'Argental, a juin (700. || lise dit aussi des choses. La lâcheté de sa conduite. || 2° Action basse,indisne.I.'honiiour d'un si beau choix serait trop acheté, Si l'on nous soupçonnait de quelque lâcheté, CORN. //or. II, s. C'est une lâcheté.... De battre un ennemi qui ne peut se défendre, mairet. Mort d'Asdruh. i, 3. Tu permis, Scipion, les lâchetés d'un prince, id. ib. v, 3.'routesceslrTmes,tousces soupirs, tous ces hommages, tous ces respects sont des embûches qu'on tend à notre cœur, et qui souvent l'engagent à commettre des lâchetés, mol. Princ. d'Él. II, (. Ce reste malheureux [de vie] serait trop acheté S'il faut le conserver par une lâcheté, bac. Bajas. Il, 3. Car il est des chasseurs qui font la lâcheté De tirer sur un aigle ivre d'immensité.... th. Gautier, Prologue d'ouverture de l'Odéon.

— HIST. XII' s Secorez, [que] Par coardise [je]

ne face lascheté, Li coronemens Looys, v. 785. Vostre lignages n'ot onques lascheté, ib. v. (503. Il XIII" s. Et re<pondi dans Pieres ; C'est par vo lasqueté, Ch. d'Antioche, v, 9. || xiv* s. En jieu a un repos et une lâcheté de courage, oresme, Elh. 210. S'ainsi sons [si nous sommes ainsi] pris au broi [piège], s'ert [ce sera] de grand lachetay, Girart de Hoss. v. 3270. Lascheté ou foiblesse des voines et des aiteres, lanfranc, f° u.||xv* s. 0 Dieu! hélas ! que m'est-il advenu? Orgueil mesuist, lascheté, villenie, e. desch. Compl. de la France. || xvi* s. J'ay une merveilleuse lascheté vers la miséricorde, mont. I, 2. Pour lascheté de cœur un soldat ne peut estre condamné à mort, id. i, 54 . La violence des tyrans et lascheté des peuples, id. i, 2(2.

— ÉTVM. Provenç. laxelal; esp. laxitad; ital. laschità; du lat. laxitalem, de laxtis (voy. lAche).

t LACUEUR (lâ-cheur), s. m. Hl" Celui qui conduit un train de bois flottant sur la rivière. || 2° Fig. et néologisme. Un lâcheur, celui qui lâche, abandonne aisément ses amis.

— ÉTVM. Lâcher.

t LÂCHUKE (lâ-chu-r'), s. /. Synonyme d'éclusée. Avant l'établissement de ces barrages, les mariniers étaient obligés, pendant la durée des basses eaux, d'aller réclamer, (les usiniers supérieurs, des flots ou làchures qui ne leur étaient accordés qu'à grand'peine et à un prix fort élevé : un grand flot ne coiitait pas moins de 600 francs, e. gbangez, Yoies navigables delà France, p. 365. On facilite la navigation [de l'Oise] au moyen de làchures à Chauny et Sempigny; les lâchurus faites à ce dernier point, pour le passage des trains, se paient dix francs pour chacun d'eux, id. ib. p. 476.

— ÊTYM. Lâcher.

t LACIER (la-sié), s. m. ou LACIÈBE (la-siè-r'), s. f. Espèce de filet à manche pour la pêche. || Se dit aussi d'un filet qui sert à prendre les loups.

— ÊTY.M. Lacer.

t LACIKRE (la-siè-r'), s. f. Voy. lacier.

LACIMÉ, ÉE, (la-si-ni-é, ée) adj. Terme de botanique. Qui est (iécoupé inégalement en lanières de forme irrégulière. Feuilles laciniées.

— ÉTYM. Lat. laciniatus, de iactnia,morceau,lambeau; grec, Xuxt;, segment, Xaxeîv, diviser (voy. lac).

+ LACINIFOLIÉ, ÉE (la-si-ni-fo-li-é, ée), adj. Terme de I)otanique. Dont les feuilles sont laciniées.

— ÉTYM. Ijicinii, et le lat. folium, feuille.

t LACINIIIRE (la-si-ni-u-r'), s. f. Terme de boUnique. Découpure longue, étroite et irrégulière.

— ÉTYJl. Lacinié.

LACIS (la-si; Vs se lie : un la-si-z élégant), s. m. Il 1° Espèce de réseau de fil ou de soie. Concevez sa superficie [du cerveau, du côté des ventricules], comme un reseuil [réseau] ou lacis assez épais, desc. l'Homme. || 2° Terme d'anatomie. Sorte de réseau formé par un entrelacement de vaisseaux ou de nerfs.

— HIST. xii" s. Et riche ovre i ont desure de malegranatcs,de lilie et de laceiz,i?où,p. 25». || xvi* s.Ces bergères y travaillent sanscesse,runcaprèslelabeur industrieux de quelque gentil ouvrage de broderie, l'autre après un lassis de fil retors ou de fil de soyede couleur,H.BELLEAU,Bcrgcri>i,t, i,p.4o,dansLACUHNE.

— ÉTYM. Lacer, la finale u, eis représentant la finale latine aciut, itiut.

LAC

t LACK (lak), s. m. Nom de nombre usité dans l'Inde, lequel, joint à roupie, signifie cent mil.e ((00 000 roupies d'argent valent, au pair, 253 238 francs, pihan). On lui assigna, pour sa solde annuelle, trois lacks de roupies, ou 720 ooo livres, RAYNAL, llist. phil. m, 20. Il On écrit aussi lac.

— ÊTYM. Persan, /ai,dusansoril/a/i's/ia, cent mille, t LAC-LAQUE (lak-la-k'), s f. Terme de chimie.

Précipité formé par l'alun dans une dissolution alcaline do résine laque, et employé dans l'Inde pour la teinture.

t LACONICOX (la-ko-ni-lcon) , s. m. Terme d'antiquité. Sorte d'étuve en usage chez les anciens : c'était une pièce voûtée qu'on échauffait à l'aide de fourneaux placés sous la pièce, et qui provoquait la sueur à l'aide d'une chaleur sèche.

— ÉTYM. Lat. laconicum (balneum) : le bain à la laconienne, ainsi dit de ce que cette sorte de bain était fort en usage parmi les Laconiens.

t LACONIEN, lENNE (la-ko-niin, niè-n'), *. m. et/". Habitant de la Laconie, contrée du Péloponnèse, ayant Sparte pour capitale. || À la laconienne, aussi brièvement que les Lacédémoniens. Tranchez-moi votre discours d'un apophthegme à la laconienne, MOL. Uar. forcé, se. 8.

LACO.MQUE (la-ko-ni-k'), adj. || 1° Qui est propre à la Laonie, à Sparte. Il [Cléomène] tourna tous ses soins du côté de l'éducation des enfants, et travailla à rétablir la discipline ;ippelée laconique, noLLiN, Ilist. anc. CEuv. t. vu, p. 557, dans pougens. Il 2° Brefen paroles, à la manière des habitants de la Laconie, des Lacédémoniens. On les accoutumait [les jeunes Lacédémoniens] de bonne heure au style laconique, c'est-à-dire à un style concis et serré, bollin. Traité des Et. liv. v, 3* part. ch. 2. Ils se dirent encore quelques mots d'une manière assez laconique, quoique bienveillante, stael, Corinne, VI, 4. Il 11 se dit aussi du style, de la manière d'écrire. Mais surtout certain Grec renchérit et se piijue D'une élégance laconique, la font. Fabl. VI, ( . Il faut que vous supportiez mes défauts ; chacun a son style; le mien, comme vous voyez, n'est pas laconique, sév. à Bussy, (9 juill. (855.

— SYN. laconique, concis. Laconique se dit plus souvent du langage parlé; concis se dit du langage écrit : une réponse laconique, un compliment laconique ; mais un ouvrage concis ; le style concis. Quand laconique se dit du style, il implique une recherche de brièveté que concis n'implique pas.

— ÉTYM. Aaxwvixo;, de Aâxuv, Lacédémonien. LACONIQUEMENT (la-ko-ni-ke-man), odv. D'une

manière laconique. Allons, plaidez, ma soeur, exposez laconiquement le fait en peu de paroles, dan* court, le Prix de l'arquebuse, se. 4 5.

— ÉTYM. Laconique, et le suffixe ment.

LACONISME (la-ko-ni-sm'), s. m. || 1° Manière de

parler en peu de paroles. J'évite par là.... d'essuyer sa gravité, son ris amer, et son laconisme, la bruï. IX. Il 2" Manière courte, vive et sentencieuse d'exprimer une pensée. Si nous lui avons ôlé quelque chose [à Sénèque], c'est son laconisme et son énergie, et l'on imagine bien que c'est malgré nous, diuer. Claude et Nér. i, 91.

— ÉTYM. Aax<.>vi<T(i.o;, de ioxwviÇEiv, parler à la laconienne, qui vient de AâxMv, Lacédémonien.

I LACHE (la-kr'), s. f. Ancien nom d'une sorte de cire à cacheter. Lacre ou cire à cacheter le cent pesant payera 6 livres. Tarif du (8 sept. (084.

— ÉTYM. Laque; port, lacre, composition de cire et de lie de laque qui sert pour cacheter.

t LACRYMA-CHBISri (la-kri-ma-kri-sti) , t. m. Vin sucré très-recherché que l'on récolte au pied du Vésuve.

— ÉTYM. Lat. iacryma, larme, Christi, du Christ. LACRYMAL, ALE (la-kri-mal, ma-l'), adj.

Il 1° Terme d'anatomie. Qui a rapport aux larmes. Il Glande lacrymale, petite glande située entre l'apophyse orbitaire et le globe de l'œil, qui sécrète les larmes. || Caroncule lacrymale, petit tubercule situé à l'angle nasal de l'œil et portant à sa surface quelques poils courts et fins qui arrêtent les corpuscules étrangers mêlés aux larmes. || Points lacrymaux, petits pores, au nombre de deux, distingués en supérieur et en inférieur, suivant la paupière à laquelle ils appartiennent, qui sont les orifices toujours béants des conduits lacrymaux. || Conduits lacrymaux, nom de deux canaux qui font suite aux points lacrymaux. || Sac lacrymal, petite poche membraneuse, oblongue,qui se termine supérieurement en cul-de-sac et se continue inférieurement avec le canal nasal, lequel va s'ouvrir dans le nez. || Appareil lacrymal, ensemble des organes destinés à sécréter et excréter les larmes, [[a* Terme de chirur-

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