‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 79 sur 389 · LAG · texte numérisé non relu

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ce que l'on se détournait des ladres de peur de la contagion.

— HlST. XVI* s. La lèpre ouladrerie, appellée des Grecs elephantiasis, paré, xxii, 7. Les âmes qui par stupidité ne vcoient les choses qu'à demi, jouissent de cet heur, que les nuisibles les blecent moins; c'est une ladrerie spirituelle qui a quelque air de santé, MONT, iv, ( B2.

— ÉTYM. Ladre; provenç. ladroHa.

LADY(lé-di),*.|' Titre donné, en Angleterre, aux

femmes des lords et des chevaliers, et, par courtoisie, aux filles des lords et des chevaliers baronnets, en y joignant le nom de baptême. Lady Marie. Lady Betty. Il Au plur. Des ladys. Quelques personnes donnent-au pluriel de ce mot la forme anglaise, ladies.

— ÉTYM. Anglo-saxon, hlasfdige, hlxfdie, blême radical que dans lord (voy. ce mot).

t LAEMMER-GEIER (lê-mmèr-ghè-ièr), s. m.

Vautour des Alpes (gypaète barbu ou phène ossifrage).

— ÉTYM. AUem. Lamm, agneau, et Geier, vautour.

t LiETARE (lé-ta-ré), s. m. Terme de liturgie. Nom du 4* dimanche de carême, dont l'introït commence par ce mot latin Ixtore, réjouis-toi, de tetari, se réjouir, de te(«s, joyeux (voy. lie, chère lie).

t LAGAN (la-gan), s. m. Terme féodal. Droit qui appartenait aux seigneurs sur les débris des vaisseaux naufragés.

— HlST. xiv* s. Les lagans venus par marée à Thormont, du cange, laganum.

— ÉTYM. Bas-lat. laganum, de laga maris, droit de la mer; du germanique : Scandinave, lag, loi; anglosax. lagh, lah; angl. law. Lagan, par l'idé» de choses apportées par la mer, avait passé au sens d'abondance : Celé année furent vin bon. Et blé si fu à grant lagan.... du cange, laganum; et par l'idée de naufrage, au sens de destruction : Qui fit ardoir gent et moustier. Qui ne deuist avoir meslier. Et mist le pais à lagan, ph. mouskes, ms. p. 672,

dans LACURNE.

I LAGAUUS (la-ga-rus"), ». m. Vers hexamètre dans l'intérieur duquel on trouve une syllabe brève à la place d'une longue comme dans l'Iliade, ii,

— ÉTYM. Aa^apôc vide.

t LAGÉMFOKME (la-jé-ni-for-m'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'une bouteille, d'une gourde.

— ÉTYM. Lat. lagena, bouteille, et forme.

+ LAGERSTRfiMIE DES IM)ES (la-jèr-stré-mie), t. f. Arbrisseau d'ornement, lagerslrœmia indica, L. (lythrariées), dédié par Linné à ilagnus Lagerstrœm, naturaliste suédois mort en (7&9.

I LAGIUE (la-ji-d'),*. m. Terme d'histoire. Membre d'une dynastie grecque régnant en Egypte, dont l'tolémée, fils de Lagus, et l'un des capitaines d'Alexandre, fut le fondateur.

t LAGOCÉPUALE (la-go-sé-fa-V), adj. Terme de zoologie. Poisson, cétacé lagocéphale, poisson, cctacé, dont la télé ressemble à celle d'un lièvre, parce que la lèvre supérieure est fendue en deux.

— ÉTYM. Aafwi;, lièvre, et y.nfxXi), tête.

t LAGOÉClE(la-go-é-sie), s. f. Nom d'une plante, la lagOGCie cumino'jide, ombcUifèrcs, dite vulgairement cumin bAtard.

t LAGO.MYS (la-go-mis'), t. m. Terme de zoologie. Petit mammifère d'un genre voisin du lièvre.

— ÉTYM. Aavùç, lièvre, et fj.'i);, rat.

t LAGON (la-gon), J. m. Espace de mer enfermé par des récifs. Les lagons de la Polynésie. || Petit lac ou étang voisin de la mer et dans lequel celle-ci pénètre dans les grandes marées ou par l'efi'et de grands vents.

— ÉTYM. Ital. lagone, dérivé de lago, lac.

t LAGOPE (la-go-p'), i. m. Espèce de trèfle dont l'épi de fleurs est velu, trifolium lagopus. L.

— ÉTYM. Aa^ù);, lièvre, et œoùç, pied.

t LAGOPÈDE (la-gopè-d") , s. m. Terme de zoologie. Oiseau du genre des tétras, et de l'ordre des gallinacés.

— ÉTYM. Aoyô);, lièvre, et le lat. pes, pedis, pied. LAGOPUTUALMIE (la-go-ftal-mie), s. f. Terme

de médecine. Disposition vicieuse de la paupière supérieure qui l'empêche de recouvrir le globe do l'œil.

— ÉTYM. AaYâ>?0a),|iO5, de ÀaYWî, lièvre (voy. ce mot), et o((!Oa"/|X'>(;, œil (voy. ophthalmie).

I LAGOSTOMË (la-go-stom'), s. m. Terme de chirurgie. Synonyme de bec de lièvre.

— ÉTYM. A^Yi»;, lièvre, cl <no[ia, bouche.

f LAGUE (la-gr'), s. f. Feuille de verro sur la-

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quelle les ouvriers étendent toutes les autres à mesure qu'elles sont fabriquées.

t LAGRIMOSO (la-gri-mô-zo) , adv. Terme de musique. Mot italien marquant un mouvement lent et une expression mélancolique et larmoyante.

— RTY.M. Ital. lagrimoso, plein de larmes; du lat. lacrymosus, de lacryma, larme.

t LAGUE (la-gli'J, s. f. Ancien terme de marine. L'endroit par où passe un vaisseau, desboches, 1687. En «756, le docteur Franklin, allant à Luisbourg avec une grande flotte, remarqua que la lague de deux vaisseaux était singulii'rement unie, tandis que celle des autres était agitée, batnal, Hist. phil. Xvii, 4 3.

— ÉTYM. La ague, ou aiguë, l'eau, d'après wi, (voy. eau).

t LAGUILMÈRE (la-ghi-llè-r", «mouillées),». /'. Sorte de filet de 200 brasses de long sur 6 de lar^iO (Marseille).

t LAGUIS (la-ghi) , s. m. Terme de marine. Cordage qui, muni d'un nœui agui, est employé pour serrer un corps qu'il entoure par le seul effet du poids de ce corps.

— ÉTYM. Le et agui, sorte de nœud fait à langui ou drosse de l'antenne de la galère, jal.

LAGUNE (la-gu-n'), s. f. \\ 1° Espace de mer peu profonde et entrecoupée par des hauts-fonds ou des îlots; passage de peu de profondeur entre deux Ilots ou hauts-fonds. Héraclée fut le premier siège de cette république [Venise] jusqu'à la mort de son troisième doge ; ce ne fut que vers la fin du neuvième siècle que ces insulaires, retirés plus awuit dans leurs lagunes, donnèrent à cet assemblage de petites îles qui formèrent une ville, le nom de Venise, volt. Mœurs, 43. À Venise, le fond de la mer Adriatique s'élève tous les jours, et il y a Uin;.'temps que les lagiinùs et la ville feraient partie du continent, si on n'avait pas un très-grand soin de nettoyer et vider les canaux, bufp. llist. nat. 2* dise. (Èuv. 1. 1, p. 4 52. Venise a peine à maintenir les lagunes qui la séparent du continent, et, malgré tous ses efforts, elle sera inévitablement un jour lice à la terre ferme, cuvier, Rév. 462. || 2° Espèce de petit lac ou de flaque d'eau dans des lieux marécageux. C'est toujours dans les lagunes et les mare; salées qu'ils jles flamants] placent leurs nids,

BUFF. OlJ. t. XVI, p. 314.

— ÉTYM. Ital. layuna; du lat. /acuno, fosSe, mare, petit lac.

1. LAI, LAIK (le, le), adj. La'ique. Un con.seiller lai. En France, il n'y avait pas alors de condamnation de dépens en cour laie, montesq. Esp. xxviii, S5. Il Frère lai, moine lai, frère servant qui n'est point destiné aux ordres sacrés. {[ On a dit aussi, sœur laie, pour sœur converse, qui est seul usité maintenant. || Autrefois, moine lai, se disait d'un laïque, ordinairement homme de guerre invaliile que le roi plaçait dans une abbaye de nominal. on royale pour y être entretenu. || S. m. pi. Les lais, les laïques. Les clercs et les lais.

— lllST. XII' s. Sainte iglise en dreit li [quanta lui] abaissier [il] ne lerra, Ne à laie justise les clcis no liverra. Th. le viart. 27. ||xiii' s. Or vous faites amer de gent letrce et laie, Bcrte, vin. Et aussi, quel que plet li lai voelent mouvoir contre clerc, la connoissance en apartient à sainte Eglise, beaum. XI, 7. Onques homme lay de nostre temps ne vesqui si saintement, joiNV. 4 91. L'omme lay, quant il ot[entenil) mestlire de la loy crestienno, ne doit pas la deffendre, ne mais [si ce n'est] de l'espéo, m. 198. Il XV' s. Jecongnoys que pauvres et riches. Sages et folz, prcbsties et laiz. Noble et vilain, larges et chiches. Petits et grans, et bcaulx et laiils... Mort saisit sans exception, villon , Grand testament, XXXIX. Il xvi* s. La bonne femme, ne sachant que vouloit dire un conseiller lai, entendit que ce dut estre un conseiller laid, dksper. Contes, xliv.

— ÉTYM. Forme ancienne et régulière représentant le lat. laictts, où l'accent est sur la.

2. LAI (le), s. m. Dans le moyen âge, sorte de petit poëme racontant en vers de huit syllabes une aventure merveilleuse prise dans les légendes. Jo fis jadis chansons et lais; Avecjoie alors je chantais; Aujouid'lmi mourant de regrets. C'est mon chant de mort que je fais, cbeusê ub lesser, la Table ronde, cli. xii; (d après un ancien l.ii rajeuni par M. do Tressan). || Il s'est dit, par extension, de toute espèce de petit poSme.Vcrs la lin de la fête, des troubadours chantaient des lais d'amour, chatkaub. Gén. IV, V, ♦.

— lllST. xi:* s. D'un dous lai d'amor De Blanchcllur, Compains, [je] vous clianteroie, Hnmanc. p. ca. Jamais par moi u'ert [ue sera] leiis vers ni

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lais, Couci, xxii. |1 xui* s. Issi [ainsi] avient, cum dit vjs ai; Li Bretun en firent un lai De Equitan, cum il fina, E la dame qui tant l'ama, marie, Equitan. Lais d'amors et sonnes coitois Chantoit cliascun en son palois, Li uns en haut, li autre en bas, la Rose, 707. {| xvi* s. Et au livre que je vous donne, Qui est plain de laiz et ballades, st-oel. <38.

— ETYM. Provenç. lais, lays; angl. iat/;du celtique : kymri, liais, son, mélodie; gaélique, laoith; comparez le bas-latin leudus, sorte de chant guerrier qui se trouve dans Fortunat, et l'allemand Lied, chanson.

LAÏC (la-ik) , voj. laïque.

LAICME né-ch"), s. f. Terme de botanique. Genre de la famille des cypéracées, genre carex.

— ÊTYM. Piémont, lesca; ital. lisca, fétu; de l'anc. haut-allem. lisca, fougère, roseau; allem. Liesch, Lieschgras.

t LAÏCISME (la-i-si-sm'), j. m. Nom d'une doctrine répandue au xvi* siècle en Angleterre , qui reconnaissait aux laïques le droit de gouverner l'Église.

LAID, AIDE (lé, lè-d'; le li se lie dans les cas rares où cet adjectif précède son substantif : un lè-t animal ; Chifflet, même en ce cas, dit que le d ne se prononce pas, Gramm. p. 213. Autrement, ilneselie pas, prononcez : le à faire peur; au pluriel, l's se lie : de lè-z animaux), adj. |] 1° Qui déplaît à la vue, pour quelque défectuosité dans la forme ou la couleur, en parlant du corps et de ses parties. Un visage laid. Elis a les mains laides, la gorge laide. Elle est laide à faire peur. Il est laid comme une chenille. M. Arnauld (le célèbre Arnauldl est un petit homme noir et laid, né à Paris, fils d'un savant avocat qui a autrefois plaidé vigoureusement contre les jésuites, GDI PATIN, Lettres, t. ii, p. 237. On ne saurait dire si Ésope eut sujet de remercier la nature, ou bien de se plaindre d'elle; car, en le douant d'un très-bel esprit, elle le fit naître difforme et laid de visage, LA FONT. Vie d'Ésope. Mlle d'Arpajon est fiancée aujourd'hui à Versailles avec M. le comte de Rouci; on veut qu'il ait dit à Mlle d'Arpajon : Mademoisell», encore que vous soyez laide, je ne laisserai pas de vous bien aimer, sév. 7 fév. (689. Guilleragues disait hier que Pellisson abusait de la permission qu'ont les hommes d'être laids, in. 5janv. • 674. Ne trouvez-vous pas qu'elle ressemble à Javotte (c'était une fille qui la servait, et qui en effet me ressemblait, mais en laid) ? mabiv. Uarianne, 5' part. Et si c'était un monstre? — Oh! tais-toi; tu m'excèdes; Les personnes d'esprit sontelles jamais laides? pibon , Uitromanie , ii, 8. J'ai souvent remarqué que, dans les villages où la pauvreté est moins grande que dans les autres villages voisins, les hommes y sont aussi mieux faits et les visages moins laids, bufp. Hist. nat. homme. Quoiqu'il [Cratcs] fût laid de visage et bossu, il inspira la passion la plus violente à Hipparchia, sœur du philosophe Méirocle, didef». Opin. des anc. phil. (cyniques). || Familièrement. Un laid magot, homme extrêmement laid ; un« laide guenon, femme extrêmement laide. || 11 se dit aussi des «nimaux. Un chien fort laid. || i' En général, désagréable à voir. Cette maison est laide. Le temps est bien laid aujourd'hui. Ils me firent laide grimace, SCABR0.N, Virg. m. Un magister, s'empressant d'étouffer Quelque rumeur parmi la populace, D'un coup dans l'œil se fit apostropher, Dont il tomba faisant laide grimace, J. B. rousseah, Épigr. I, 25. Il 3' Déshonnête , contraire à la bienséance, au devoir. Ce que vous dites là est bien laid. Il est bien laid i vous d'avoir manqué à votre promesse. || 4* S. tn. et f. Celui qui est laid, celle qui est laide. Fit le laidl Mlle de Noailles, sans exception, la plus aimable laide du monde, maintenon, Lett. au due de Noailles, 22 fév. i7i)a. Si une laide se fait aimer, ce na peut être qu'éperdument, L* brby. iv. || 6* S. m. Ce qui est laid, par opposition au beau. Des artistes ont préconisé le laid, il Ce qu'il y a de laid en quelque chose. Je vous ai dit te beau de l'aventure, mais voici le laid. Uais le premier [le début du plaidoyer], monsieur, c'est le beau. — C'est le laid, bac. Plaid, m, 3. Il Proverbe. Il n'y a point de belle prison n^ de laides amours, il n'y a point de prison qui plaise, ni de femme aimée qui ne plaise.

— HIST. XI' g. La première [eschele, escadron] est des Canelius les laiz, Ch. de Rol.ccxxxv. || xii's. Signor, dit l'apostoles, moult est cist hontes [du masculin] lais, Saz. xv. Il nous orcnt jugié à mort laide et vilaine, ib. xxx. Prendre mari est chose à remenant; N'est pas marchés qu'on laist quant [on] te repent; Tenir l'esteut [il faut le tenir], soit lait ou avenant, Romane, p. 73. Uembrer [souvenir]

VOUS doit que laide cruauté Fait qui ocist son lige homedemaine, Couct,xiv. Signor, se je vous di le voir [vrai]. D'un affaire tous certains sui ; Ferésm'en vous l3it[dumalJneanui?/,e!oid'i3noMr&. ||xiii*s.[Elle] Moût faisoit laide chère [figure] et moût ert [était] emplorée, Berle,xvi. Cil jour [il] fit moût lait temps et de froide manière, ib. xx. Si nous semble que des ores en avant nousaveriesmes nul lait [honte] dou rendre le castiel, Chr. de llains, 139. Quant aucuns est tenus en prison par lais dis ou por ce qu'il ne veut respondre en cort, beaum. xxx, 25. Lede estoit et sale et foulée Celé ymage, et megre et chetive, Et aussi vert cum une cive, la Rose, v. (9fl.... il ne fu onques nulz lais amans Ne laide amie ; ensi en est li dis [le dit]. Poésies franc. Vatic. f" 169, dans LACURNE. Il XVI* S. Disant qu'il trouvoit cela laid et mal séant à une personne d'honneur, que de tenser ses serviteurs, et quereller avec eulx pour son ventre, AMYOT, Caton, 44. Quant à sa personne, il n'estoit pas laid de son visage, m. Philop. S. La couleur en est belle, ressemblant au velours orangé; mais tant plus laide en est la senteur, puante, et qui pis est mal saine, o. de serres, 672. Le cas sera tenu et réputé pour laid et vilain, Nouv. coust. gén. t. H, p. 13.

— ÉTYM. Provenç. laid, laig, lait, lag, lai; ital. laido; du germanique : anglo-sax. ladh, odieux ; anc. haut-allem. leid, désagréable; suéd. kd. Laid a donc signifié haïssable, avant de signifier vilain. Le latin Ixdere, à cause du sens, ne peut entrer en ligne de compte; J.rsus n'aurait pu donner les sens que laid a dans l'historique, et que l'étymologie germanique justifie très-bien.

t LAIDEMENT (lè-de-man) , adv. D'une laide manière. Ce ne fut tout : car à grands coups de gaule Le pèlerin vous lui froisse une épaule, De horions laidement l'accoutra, la font. Coc.

— HIST. XI' s. Sur la vert herbe moût laidement [il] se culche, Ch. de Roi. i82. || xiii' s. Là me souvint des gens de maie guise Qui m'ont mis sus mensonge à escient, Que j'ai chanté des dames laidement, quesnes, Romane, p. 89. Car toute nostre gent s'enfuirent si laidement que il y en ot plusieurs qui de désespérance se notèrent en la mer, joinv. 271. || xiv' s. Aucuns jettent leurs armeures, ou se rendent, ou font aucunes autres choses laidement, OBESME, E(/i. 99. || xvi' s. Et [toi Minerve] prens en main les armes, sans enfler Si laidement tes joues à soutier, amyot, Comment refréner la colère, 1 2.

— ÊTYM. Laide, et le suffixe ment; provenç. latamen ,- ital. îaidamenle.

LAIDERON (lè-de-ron), s. f. Jeune fille ou jeun» femme laide. Je vous avertis que Mlle Corneille est une laideron extrêmement piquante, volt. Letl. Richelieu, 27 janv. 1762.

— REM. 1. Voltaire et Béranger ont écrit laidron. Est-il vrai que vous vous êtes opposé à la réception de la petite Duranci ? pourquoi ? il me semble qu'on en peut faire une très-jolie laidron de soubrette, VOLT. Lelt. d'Argental,i& juill. 1760. D'un laidron je deviens l'époux , Priant qu'il ne soit que volage, BÉRANO. Ange gard. \\ i. On voit aussi que Béranger l'a fait masculin. En effet quelques personnes, à cause de la finale, disent un laidron.

— HIST. ivi' s. La bonne laideron ressemble à la poule de qui la ^lume est méprisée, et la chair estimée, YVER, p. B62.

— f.TYM. Dérivé de laid.

LAIDEUR (lè-deur), s. f. État de ce qui est laid. La laideur du visage. L'or même à la laideur donne un teint de beauté ; Mais tout devient affreux avec la pauvreté, boil. Sot. vin. Vous n'avez point dédaigné la laideur, Vous méritez que la beauté vous aime, volt. Ce qui plait, etc. |{ Au sens moral. Quand ils [les pasteurs réfugiés) vous exhortent à rejeter les adoucissements du papisme pour en considérer sans cesse toutes les laideurs, boss. Lett. pastor. «ur la comm. pascale, 6. N'aimez point les spectacles du monde qui le font paraître beau et en couvrent la vanité et la laideur, m. Concupitc. 3t . Quand Dieu, malgré le péché et son énorme et infinie laideur, en tire le bien qu'il veut, iD.^2^t;a(.iurmyi(. xu, 10. 11 est impossible qu'elle [une âme mondaine] montre dans toute leur laideur des difformités quelle ne connaît pas et qu'elle aime encore, mass. Car. Laiare. On avoue que la comédie du Tartuffe, ce chef-d'œuvre qu'aucune nation n'a égalé, a fait beaucoup de bien aux hommes, en montrant l'hypocrisie dans toute sa laideur, volt. Mahom. Lelt. La sagesse est la beauté de l'âme, le vice en est la laideur, uiderot, Opin. des anc. pliilns. (locralig).

— HIST. xiil' *. Laidor ait ores mal debé [mau-

vaise fortune], Quant si guerroie chasteé [la chasteté]. Que delTendre et tenser [protéger] deUst, la Rose,W33. Ilxiv s. Garde surtout ta loyauté, Ne no soit laideurs ne biauté, Amours, ne faveur, ne haine, Ne chose en monde qui t'encline  faire riens de desloial, machaut, p. 4 07. || xvi' s. La vieillesse a de soy-mesmes assez d'autres laideurs ; n'y adjouste point encore celle qui procède de vice, amyot, Calon, *s. Par temps, maladie ou souci, Laydeur les tire en sa nasselle ; Mais rien ne peut enlaidir celle Que servir sans fin je prétends, ma-

— Ëtym. Laid. On disait aussi laidure et laidece. t LAIDIR (lè-dir), c. n. Devenir laid. Je crains

fort de vous voir comme un géant grandir, Et tout votre visage affreusement laidir, mol. l'Étourdi, 11,5.

— HIST. XII' S. Donc fu au rei nuncié cum hum le fist huer, Et que l'um le voleit et laidir [insulter] et tuer, Th. le mart. 46. || xiii* s. Vo marastre vous a et férue et laidite, Berle, uv. || xvi' s. La jalousie laidit et corrompt tout ce qu'elles [les femmes] ont de bel et de bon d'ailleurs, mont, m, 341.

— ÉTYM. Laid; provenç. laidir, outrager, laidextr, enlaidir ; iuil. laidire,laidare. Laidir voulait dire outrager.

t. LAIE (lé), *. f.La. femelle du sanglier. Voyezvous à nos pieds fouir incessamment Cette maudite laie et creuser une mine? C'est pour déraciner le chêne assurément, la font. Fabl. m, 0. La laie, qui ressemble à tous autres égards à la truie, ne porte qu'une fois l'an, buff. Quadrup. t. 1, p. 296.

— HIST. XIII' s. Bien i puet on les pors et les lées chasser, Et les cers et les biches berser etarchoier, Renaud de Montaubari. \\ xvi' s. Les truyes pleines, et les layes qui ont cochonné veulent avoir chacune son tect à part, o. te serbes, 333 (ici, laie veut dire la femelle du porc, quand elle a mis bas).

— ÉTYM. Origine inconnue. Bas-lat. lea, leha, lefa. D'après Borel, au mot lais, p. 2si6, dans la- CUBNE, la laie est ainsi dite, parce que les chasseurs la laissent pour faire des sangliers, ou parce qu'ells demeure parmi les arbrisseaux appelés lais ; une telle étymologie n'a rien de réel.

2. LAIE (le) , s. f. Terme d'eaux et forêts. Route étroite percée dans une forêt, dans une futaie. Une laie de trois pieds de large. Prenant un matin son chemin par une grande laie de la forest de Lafère, viLLEROY, Mém. t. v, p. 7», dans lacurse || Pour laie les forestiers disent aujourd'hui ligne. |i II s'est dit aussi d'une partie de bois et même d'une forêt.

— ETYM. Bas-latin, leia, lia, laia, leda, lada. Les formes avec d excluent l'allemand Loche qui a le même sens, et favorisent l'ancien Scandinave leid, anglo-sax. Idd. flamand leyde, passage, voie, conduit, que Diez indique. Du Cange au contraire y voit l'adjectif latin lata, via lala, voie large; mais le sens de passage vaut mieux pour désigner une voie que celui de largeur. On a dit laier des bois pour y tracer des allées; et St-Germainen Layc parait signifier st-Germain dans la forêt.

f *. LAIE (lé), (. f. Marteau du tailleur de pierre dont le tranchant est dentelé. || Traces formées sur la pierre par les dents du marteau.

t 4. LAIE (le), s. f. Espèce de boite, dans l'orgue, qui renferme les soupapes et le vent venant des soufflets par le gros porte-vent de bois.

— ÊTYM. Kadical de layette (voy. ce mot).

t B. LAIIî (le), ». f. Auge sur laquelle on place le marc de vin ou d'huile qu'on veut soumettre à une forte pression.

LAINAGE 0*-na-J')i *• "»• il *' Marchandise ds laine. La production française pour les lainages en gfnéral est évaluée à 860 millions de francs par an, Moniteur, 20 sopt, (866. || 2" Toison des moutons. Ce mouton , cette brebis a un beau lainage. Il 3* Façon qu'on donne aux draps et aux étoffes de laine, qui consiste, pour les garnir de duvet, de poils, à les faire passer sur un gros cylindre recouvert de chardons végétaux. || 4" 'I^rme d'ancienne coutume. Droit sur la tonte des bétes à laiue.

— ÉTYM. laine.

LAINE (lè-n'), t. f. ||1« Poil doux, épai» et long qui croit sur la peau des moutons et de quelques autres animaux. I aine de mouton, de mérinos, da vigogne. Et la laine et la soie en cent façons nouvelles Apprirent à quitter leurs couleurs naturelles, BOIL. ^p{(. IX. Les montagnes sont couvertes do troupeaux qui fournissent des laines fines recherchées de toutes les nations connues, fén. Tél. viil. L«s femmes filent cette belle laine, et en font des étoffes fines, m. ib. Dans les animaux, ta chaleur

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du climat change la laine en poil; on peut citer par eiemple les brebis du Sénégal, les bisons ou bn'ufs à bosso, qui sont couverts de laitio dans les contrées froides, et qui prennent du poil rude, comme celui de nos bœufs, dans les climats chauds, BUFF. Suppl. à Cllùt. nul. OEuv. t. xi, p. 3U8. L'influence du régime alimentaire était connue : on sait que mieux ujie béte est nourrie, plus elle donne de lame et plus le diamètre de celle-ci est fort, BEAUDOUIN, ^cad. des se. Comptes rendus, t. Lvi, p, 619. Ij Bètes à laine, béliers, moutons, brebis et agneaux. || Laver la laine sur pied, la laver sur la liote avant que de la tondre. || Fig. Des jambes de laine, des jambes qui s'affaissent comme la laine et ne peuvent porler le corps. Elle dort ou veut dormir trois heures après son dîner, et pendant ce temps ses jamiies sont de laine; elle ne se soutient que vers les quatre heures, sÉv. 25 sept. *687. || Se laisser m;inger la laine sur le dos, se dit du mouton qui laisse la pie, perchée sur son dos, lui arracher de la laine; et fig. souffrir tout, ne pas savoir se défendre. Mon père avait toujours quelque procès, c'était pour ne pas se laisser manger la laine sur le dos, p. l. cour. Lett. il, m. || Laine prime, c'est U laine la plus fine; on la nomme aussi mère laine; c'est celle de dessus le dos et du coI.savary, Vict. de commerce, laine. \\ Laine seconde, celle des flancs. || Laine tierce, celle de la gorge et du ventre. || Laine morte, celle qu'un prend sur l'animal après sa mort. || I-ainecrue, celle qui n'est point apprêtée. Il Laine haute, laine-cbaine, laine longue et grossière. i| 2" Tirer la laine, exercer de nuit, dans les rues, le vol des manteaux et en général de toutes sorte? de cho.ses. Hier au soir, au bout du l'ont- Neuf, fut arrêté prisonnier un moine augustin, qui filoutait et tirait la laine, gui patin, Lcll. t. il, p. U7. Prendre des anciens et faire son profit de ce qu'ils ont écrit, c'est comme praler au delà de la iigrie ; mais voler ceux de son siècle ens'appropriaiit leurs pensées et leurs productions, c'est tirer la laine au coin des rues, c'est voler les manteaux sur le pont Neuf, LAMOTnE-LEVATFR, lettre citée par baylf,, Dicl. article Éphore. Une boite de diamants que vous lui avez autrefois volée dans Paris, dans le temps que vous y liriez la laine, SCARR. iîom. com. ii, (5.||'rireursde laine, ceux qui cummettentcessortesde vols. Cesdeux loculionsont vieilli. || 8"X^ine de Moscovie, le duvet que l'on tire de la peau des castors, sans offenser le grand poil. || 4° Terme de tapisserie. Poil de mouton ou de drap tondu rendu propre à faiie les tentures et bordures veloutées. || 5" Laine se dit aussi des cheveux épais et crépus des nègres. Il 8° Terme do botanique. Duvet composé de imils longs, mous, couchés ou entre-croisés, qui couvre certaines plantes. || 7" Terme d'ancienne chimie. Laine de fer, oxyde de zinc qui se sublime pendant la fusion de certains minerais de fer. {| Laine philosophique, oxyde de zinc sublimé en flocons. Il 8" S. f. pi. Se dit, dans les carrières à plâtre des environs de Paris, d'un banc peu épais de sulfate de chaux en cristaux allongés. || 9° Demi-laine, fer mi-plat en bandes qui sert à ferrer les bornes et les seuils des portes.

— HI8T. xii's. |Dieu] chi dune neif fdonne neige], si cume laine, Liber psalm. p 22b. || xiii' s. X mol pasteur chie loi laine (le loup mange les brebis dont il rend la laine dans ses excréments], Fabliaux mss. p. 189. La chair [elle] avoit plus blanche que ne soit blanche laine, lierle, t. Car c'est la plus haïe qu'aine (onquej vestit drap de laine, ib. Lxxiv. Il xvi* s Demander la laine à un asne, cotskave.

— ÉTYlil. Provenç. lana; catal. i(ana, • espagn. et italien, lana; purtug- <d;du iatia <ana; comparez io/.-Ti, duvet.

LAlNË, fiK (lè-né, née), part, posté de laincr. Des draps laines.

I-AINEK (lè-né), ». o. Tirer le poil d'une étoffe rie laine du côté de l'endroit avec le chardon, de manière que la trame ne se voie nulle part. || .Sub- «iaiitivement. Le velouté de cette étiffe ou son lai- (iprneserait-'l i)OintefneuréTDinKB. Peinture en cire, Umv. t. XV, p. 388, dans pougens. || Lainer une tapisserie, couvrir de laine hachée et réduite en poussière l'ouvrage du peintre, svaut que le« couches en soient seche«.

— ÊTYM. /.aine.

LAINKRIK (lè-ne-rie) , ». f. Nom collectif désignant toute sorte de marchandises de laine. La laineric s'est bien vendue à cette foire. || Atelier où les draps se lainent. || Lieu où l'on tond les moutons. Il Lieu où l'on vend U laine. || Art de fabriquer les iiofTis de bine.

— ÉrYM. ioine.

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t LAIXETTE (lè-né-t'), *. f. Genre de mousses qu'on appelle aussi lasie, genre lasia, famille des

hypnées.

1 LALNEUK, EUSE (lè-neur, neû z'), s. m. et/'. Ouvrier, ouvrière qui laine le drap. |] S. f. Laineuse, machine qu'on a substituée aux télus de chardon, aux brosses et aux cardes, pour laiuer le drap.

— f.TYM. Laine.

LAINEUX, KUSE (lè-ueù, neù-z'), adj. || 1° Qui a beaucoup de laine. Les moulons sont ici plus laineux qu'ailleurs. || 2° Bien fourni de laine. Un drap bien laineux. || 3° Terme de botanique. Qui est garni de laine. Plante, tige laineuse. || 4" Qui a le caractère de la laine. Le poil du corps est laineux et parsemé d'autres grands poils raides, noirâtres, (|ui vont en augmentant sur les cuisses et vers l'épine du dos, qui est toute couverte de ces longs poils, BUFF. Quadrup. t. ix, p. »'i7. || 5° Qui a l'apparence de la laine, en parlant des cheveux de certaines races d'hommes. Cette espèce d'hommes noirs à tête laineuse semble se trouver dans toutes les îles et terres basses, entre l'équateur et le tropique dans la mi?r du sud, buff. Suppl. à Vltist. nat. Œuv. t. xi, p. 319. Dans l'espèce tiumaine, les cheveux ne deviennent laineux que sur les nègres, c'est-à-dire dans les contrées les plus chaudes de la terre, où tous les animaux perdent leur laine, lo. tb. t. xi, p. 3»a.

— HIST. XVI' s. Marcher avec les pieds laineux, [marcher leiitement|, cotorave.

— ÉTYM. Provenç. lanos ; calai, llanos; espagn. et ital. lannsn; du iat. lanosus, de lana, laine.

LALMER, IliKE (lè-niè, niè-r'), s.m.elf. || 1" Personne qui fait le commerce de laine. Une lainière. Un lainier. || Vieux en ce sens. || 2"' Ouvrier en laine. Il 3" il (jj. Bari|ue lainière, s'est dit de petits bâtiments français qui apportaient en contrebande des laines d'Angleterre.

— liiST. xvi" s. La draperie et ce qui en dépend, tant de tainturiers, foulions, tondeurs, lainiers que autrement, Coust. yénér. t. il, p. 958.

— ftrVM. iat ne.

LAÏQUE (la-i-k'), adj. || 1° Qui n'est ni ecclésiastique ni religieux. Ainsi ce qu'on gagna dans la réforme, en rejetant le pape ecclésiastique successeur de saint Pierre, fut de se donner un pape laïque, et do mettre entre les mains des magistrats l'autorité des apôtres, bo.ss. Var. v, g 8. || Kig. Nous sommes [Diderot et moi] des missioimaires laïques qui prêchons le culte de sainte Catherine, volt. Leit. Catherine U, i" mars < 773. || Substantivement. Un laïque. Une laïque. Ils [les Vaudois] voulaient que les laïques , gens de bien, eussent pouvoir de l'administrer [la confirmation] comme les autres sacrements, Boss. Var. xi,.§ I07. Les pasteurs qui ont fondé leurs Églises [des protestants] étaient presque tous desimides laïques, fi!n. t. II, p. 5. Il 2° Qui est propre aux personnes laïques. Condition laïque. Mme de Warens imagina du me faire instruire au séminaire pendan t quelque temps. . . il [l'évêque] permit que je restasse en habit laïque, jusqu'à ce qu'on pût juger, par un essai, du succès qu'on devait espérer, j. j. Bocss. Conf. m. || On écrit aussi laïc au masculin.

— HIST. XVI* s. Ils n'ont point estimé que leur droit fust aucunement amoindri, s'ils estoient sujects aux juges laïcs, quant aux causes civiles, calv. histit. 983. Le pape ne peut déroger ni prejudicier par provisions beneficiales, ou autrement, aux fondations laïcales, et dro t des patrons laïcs de ce royaume, p. pithou, 30.

— ÉTYM. Provenç. laïc, laye; Knc. catal. llaych; anc. espagn. laico; portug. leigo ; ital. laico ; du lat. laïcus, qui vient de Xolixo;, dérivé de Xào(, peuple.

t LAIRD (lèrd'), t. m. Propriétaire d'une terre et d'un manoir en Ecosse.

— ÉTYM. Autre forme de Jord.

LAIS (le), s. m. pi. Il 1" Terme d'eaux et forCts. Nom qu'on donne aux jeunes baliveaux qu'on laisse, en coupant un taillis, afin qu'ils crois.sent en haute futaie. Il 2" Terme de juns Tudence. Atterris.sement, alluvion, ce que la mer ou une rivière donne d'accroissement à un terrain. Le ministre des finances annonce de temps à autre qu'on doit procéder à l'aliénation de certains lais de mer. |{ On dit fort souvent, au lieu de lais simplement, les lais et relais de la mer.

— ET Y. M. Laisser.

t LAÏS (la-i:.'), s. f. Il 1° Courtisane grecque, célèbre par son esprit et sa beauté; elle fut la maîtresse d'Alcibiade. W 2" Kig. Femme galante dont la réputation fait grand bruit. Le» pré'sls... Nets

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de toute sale débauche. Et qui n'ont point eu des Lais, SCARR. Virg. vi. Aux temjis les plus fréquents en Phrynés et en Laïs, Plus d'uue Pénélope houoia son pays.BOiL.Sa/. x.

I . LAISSE (lô-s'), s. f. Il 1° Corde dont on se sert pour mener des chiens attachés. Des chiens de chasse qui vont en laisse. || Une laisse de lévriers, se dit de deux lévriers, attachés ou non. Quand la loup est détourné, on amène les lévriers qui doivent lo chas.ser, on les partage en deux ou trois laisses, on n'en garde qu'une pour le lancer, et on mène les autres en avant pour servir de relais, uiFF. Quadrup. t. ii, p. 199. || 2- Lai.sse se dit aussi du cordon avec lequel l'on conduit un chien seul. Son chien a un collier d'or, il est attaché à une laisse d'or et de soie, la bruy, x. Aux maîtres de cérémonies Plaise ordonner que, dès demain. Entrent sans laisse aux Tuileries Les chiens du faubourg St-Gennain, bérang. Hcquélc. \\ Kig. Mener quelqu'un en laisse, lui faire faire tout ce qu'on veut. Il 3° Laisse se dit aus^i d'autres animaux que l'on conduit comme les chiens. Il arriva menant le taureau blanc en laisse, volt. Taureau, «. \ notre tête paraissait le guide ou le postillon grec à cheval, tenant un autre cheval en laisse, ciiatf.aud. U\n. ("part. Il Par extension. Le Destin se mit en colère, lui donna [à son valet] queh]ues coups de plat d'épée, et, ayant lié ses mains du licol de son cheval, se servit de celui du cheval de Mlle de l'Étoile pour mener en laisse le criminel, scaiir. i(om. com. u, 13. Les revoilà sur l'onde [à la nage] ainsi qu'auparavant, La cassette en laisse suivant. Et le nageur poussé du vent De roc en roc portant la belle, la FONT Fianc. || 4° Espèce de cordon de chapeau, lait de crin, de fil ou de soie.

— HIST. xiii* s. Elle vous maint [mène] com chien en le.sse, j. de meung, Codïc. 35. || xV s. Laisses de poil pour tenir chiens, E. dkscii. Poésies mss. f" 452. Ijxvi' s. Les dieux mesmes disent qu'ils ont avesques un grand advisement coinpo.sé l'attelage de ceste laisse qu'on appelle le niasle et la femelle, afin qu'estant la couple telle.... i.aiioètie, ioo. II convient avoir aussi une lesse de bons lévriers, o. DE SERiiES, 994. Clievaux menez et conduits par les lesses, qui est à dire en main, iinANT. Dames ill. p. (8, dans LACUHNE. Nous voyions depuis, dicl Appion, Androclus conduisant ce lion k tout une petite lesse, se promenant par les tavernes à Rome , recevoir l'argent qu'on lui donnoit, mont, ii, (9i.

— ÉTYM. 'Wallon, lalie; namur. lâche; ital. lascio ; bas-lat. laxa ; de laxus, lâche, la laisse étant considérée comme une corde lâchement tenue. Cependant il faut prendre en considération le danois /we, le hollandais tetse, qui signifient attache, cordon. Grandgagnage rattache le wallon lahe à l'ano. haut-allemand lax, laxn, courroie. Diez admet que laisse de chirn vient de laxa, et que laisse de chapeau vient du germanique lisse, lelse, etc.

t 2. LAISSE (lê-s'l, s. f. Terres mêlées de sable et de vase que la mer dépose en forme de sillons sur la côte. || Sol que la marée couvre en montant et que le jusant laisse à découvert. |{ Débris de plantes que la mer porte et dépose au haut du rivage, lors des grandes marées. || Laisses de haute et basse mer, courbes horizontales de la mer le long de la côte à la haute et à la basse mer.

— ÉTYM. Laisser.

\3. LAISSE (lé-s'), s. f. Tour que l'horloger laisse à faire au ressort d'une montre ou d'une pendule, après que la chaîne a été remontée sur le barillet.

t 4. LAISSE (lê-s'), s. f. Terme de chasse. Se dit des lieux où les loups aiguisent leurs ongles.

t 5. LAISSE (lê-s'), *. f. Nom, dans les grands poèmes provençaux , des tirades qui les divisent. Il II se dit également des tirades monorimes des poèmes de langue d'oïl, qu'on nomme encore couplets.

LAISSÉ, ÉE (lê-sé, sée), part, passé de laisser. Il !• Dont on ne s'est pas séparé. Laissé en route par ses compagnons. || Demeuré sur la place. Les apôtre» laissés pour morts, Hoss. fli»«. il, (2. || Abandonné. L'homme fut laissé à lui-m^me, BOSs. Uist. ii, t . || Lô« gué. Voici lequatrièmeexemple que nous voyons rt'fîtats laissés par testament au peuple romain, rollin, Uist. anc. Œuv. t, ix, p. *il, dans pougen». Il 2° S. m. Terme de rubanerie. Tous les points blancs d'un patron qui désignent les hautes lisses. Il 8° Terme de commerce. Un laissé en compte, marchandises étrangères qui sont restées à la douane pour le règlement d'un compte.

LAIssfiKS (îé-sée), *. f. pi. Terme de cha.sse. La fiente des bétcs noires, telles que le loup, le blaireau, le renard.

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— HIST. xiv' S. Les fientes que les noires bestes font sont appelées layes, qui sont dites fumée» en la vénerie du cerf, Modus, f. xxxi.

— ÉTYM. Laiisé. layes dans l'exemple du xiv siècle vient sans Joute du vei'lie layer, laier, laisser.

LAISSER (lê-sé), v. a. Ce verbe, qui, comme on peut le voir à l'élymologie, vient de laxare, et signifie proprement lâcher, a deux significations principales qui dérivent de cette étyraologie : par l'une, il veut dire se séparer de ; par l'autre, ne pas ôter, conserver, garder en tenant comme en laisse. Il 1" Se séparer dune personne ou d'une chose qui reste dans l'endroit dont on s'éloigne. || 8° Abandonner. 113° Céder. || 4° Léguer, transmettre. || 5° Il sa dit de ce qui demeure après notre mort, personnesou choses II 6° 11 seditdel'opinion, des sentiments, etc. qui restent relativement à une personne, après sa mort ou son éloigneraent. 117° Il se dit des sensations ou impressions qui demeurent après quelque chose, des suites que produit quelque chose. Il 8° Confier, remettre. || 9" Ne pas ôter, ne pas retirer une personne ou une chose que l'on peut ôter, retirer. || 10" Ne pas changer l'état où se trouve une personne, jl 11° .\e pas prendre, ne pas enlever. Il lî° Ne pas emmener, ne pas emporter avec soi. Il 13° Laisser la bride. || 14° Laisser en blanc. Il 15° Pas.'ier sous silence, ne pas s'occuper de, écarter. Il 16° Laisser quelque chose à, renoncer à quelque chose comme ne valant pas la peine. || 17° Fig. Laissera, livrer à. || 18° Laisser beaucoup, quelque chose , peu , etc. avec à suivi d'un infinitif. Il 19° Laisser à quelqu'un à faire quelque chose, lui remettre le soin de faire une chose. || 20. Ne pas laisser de, ne pas cesser, ne pas s'abstenir, ne pas discontinuer de, ne pas manquer à.||îl° Laisser, suivi d'un infinitif, signifie iiermetlre, souffrir, ne pas empêcher. || 22° Laisser, avec le sens de souffrir, permettre, suivi d'un infinitif dont le régime est un pronom. || 23° Laisser, avec le sens de suuffrir, permettre, suivi d'un infinitif qui a un régime par à. Il 24° Lais-er courre. || 25° Laisser, en termes de manège. || 28° Laisser, en termes do marine. Il 27° Se laisser, avec un verbe actif qui a pour régime le pronom se précédant laisser, permettre que. Il 28° V. n. La mer laisse. ||29° V. réfl. Se laisser, être laissé. || 30° Se laisser, permettre qu'on soit.... Il Proverbes.

1° Se séparer d'une personne ou d'une chose qui reste dans l'endroit dont on s'éloigne. Je ne puis laisser ma lettre à un plus bel endroit, sévigné, 30 juill. (889. Paulin, qu'on vous laisse avec uioi, B*c. lUrénice, ii, i. Ariane, ma sœur, de quel amour blessée Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée I iD. Flùdre, i, 3. Eurybate, il suffit, vous pouvez nous laisser ; Le reste me regarde, et je vais y penser, ii). Iphig. i, 4. Laisse en entrant chez nous ta grandeur à la porte, destoucius, Glor. II, M. J'ai pleuré, quatorze printemps. Loin des bras qui m'ont repoutsée; Reviens, ma mère : je t'attends Sur la pierre où tu m'as laissée, A. BOUUKT, (a Pauvre fUl». || Laisser quelqu'un loin de soi, loin derrière soi, le devancer beaucoup. Un jeune Laccdémonien, nommé Cranter, laissait d'abord tous les autres derrière lui ; un Crétoi.t, nommé Polyclète, le suivait de près, fén. Tél. v. || Fig. Laisser derrière soi, l'emporter. Vos odes ont un air noble, galant et doux. Qui laisse de bien loin TOtre Horace après vous, mol. Femmes sav. m, 6. [Corneille] laissa bien loin derriire lui tout ce qu'il avait de rivaux, dont la plupart, désespérant de l'atteindre.... bac. Disc, de l'Acad. fr. || Laisser un chemin, une maison, etc. à droite, sur la droite, se diriger vers la gauche, en sorte que le chemin, la maison, etc. .soit .sur la droite ; le laisser sur la gauche, prendre à droite. || Laisser là un vêtement, s'en dépouiller. Laissez là cet habit, quittez ce vil métier, HAC. Àth. Il, 7 II Laisser là une chose, cesser de s'en occuper. Il a laissé là son projet, son entreprise. Prends-moi le bon parti, laisse là tous les livres, Boa. Sat. viii. Il se tourmente beaucoup pour éclaircir cette difficulté qu'il laisse enfin là, H.-.mi.T. Gramtn. ). il n'y avait peut-être pas de meilleur expédient pour me tirer d'affaire, que de pleurer et de laisser tout là, hari . Karianne, î* part. Il Laisser là quelqu'un, romiire avec quelqu'un. Laissez là cette femme, elle vous perdra. Il Laisser là, ne plus parler de. Laisse là Métrobate et songe à te défendre, corm. Nicom. iv, S. Traitezmoi de princesse, Jason, et laissez là l'encens et la déesse, in. Tois. d'or, ii, <. Abner : Reine, Dieu m'est témoin.... — Athalie : Laisse là ton Dieu, traître, Kt venge-moi, rac. Àth. v, 6, Luisi^ons là de

Joad l'audace téméraire, ID. ib. ii, *. Laissons là cet idolâtre qui fait de Dieu un stathouder, et qui nous présente des dieux subalternes comme des députés des Provinces-unies, volt. Princ. d'acl. ch. 2J. Il Laisser quelqu'un pour mort, s'en éloigner avec conviction qu'il est mort et qu'on l'a tué. Un homme que pour mort on laisse sur la place, COBN. letfent.iv, 3. || Familièrement. Laissez-le pour cequ'il est, n'ayez aucun égard aux injures, aux outrages d'un pareil homme, ou, en général, à ce qu'il dit, à ce qu'il fait. || Fi^. Laisser la vie, perdre la vie. Je vois de quel succès leur fureur fut suivie, Et que dans les tourments ils laissèrent la vie, RAC. Eslh. II, 3. Il Familièrement. Laisser ses os, ses bottes en quelque occasion, y mourir. || Laisser des poils, des plumes en quelque endroit, se dit d'un animal, d'un oiseau, dont il est resté des poils, des plumes, dans l'endroit par où il a passé. || Fig. et familièrement. Laisser des plumes, faire quelque perte, et, particulièrement, une perte d'argent. Il a laissé de ses plumes dans cette affaire. || Laisser des traces, des vestiges, se dit des marques qui demeurent de quelqu'un ou de quelque chose. Il a laissé des traces de son passage. Cet événement a laissé des traces dans la mémoire des hommes. || Les ennemis ont laissé tant de milliers d'hommes sur la place, ils ont eu tant d hommes tués ou blessés. || Terme de marine. Quand une ancre qui mordait la terre se détache du fond, elle le lai.<se. {| Laisser ses ancres, les abandonner au fond en partant du mouillage. Il 2° Abandonner. Cette rivière alaisséson ancien lit. Oui pouvait.... Faire à des peuples indomptés Laisser leurs haines obstinéss, malh.vi,3. Ô Dieu 1 ma force usée en ce besoin me laisse ! corn. Cid, i, 6. Puisje, laissant la feinte et les déguisements. Vous découvrir ici mes secrets sentiments'? bac. ililhr. i, 3. Pour l'intérêt public laissant mes intérêts, m. j. chP.n. Ch. IX, I, 3. Il Familièrement. Celte marchandise e«t à prendre ou à laisser, il faut en donner le prix demandé, ou on ne l'aura pas. || Il y a à prendre et à laisser dans ces marchandises, il s'y trouve du bon et du mauvais, et il faut savoir choisir. || J'ig. Dans le même sens, il y a à prendre et à laisser dans celte affaire, dans cette entreprise, dans ce que vous proposez. || Familièrement. Avoir le prendre et le laisser, avoir le choix. Trouvant sur les arbres un refuge, il a partout le prendre et le laisser dans la rencontre, j. j. bouss. Origines, <. || 3° Céder. Je lui en laisse l'honneur. Les ennemis furent contraints de nous laisser le champ de bataille. || Laisser une chose à un certain prix, consentir à la vendre pour un certain prix, etc. Je vous laisse ce cheval pour six cents francs. H Fig. Laisser le champ libre à quelqu'un, ne pas vouloir se mettre en concurrence avec quelqu'un, ou se retirer, abandonner ses prétentions. Il 4° Léguer, transmettre par des dispositions te.stamertaires ou autrement. 11 a laissé une somme considérable à l'hôpital de la ville. Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage Que nous ont laissé nos parents: Un trésor est caché dedans, la font FaH. V, ». Voilà une coutume bien impertinente qu'un mari ne puisse rien laisser à une femme dont il est aimé tendrement , mol. Mal. im. i, 9. Lui laissant tout mon bien, meubles, propres, acquêts, REONARD, Légat, iv, 6. Item, je laisse et lègue à Crispin.... m. ib. || Par extension, il se dit de ce qu'on transmet à la postérité. Les anciens les ont trouvées [les sciences] seulement ébauchées par ceux qui les ont précédés; et nous les laisserons à ceux qui viendront après nous en un état plus accompli que nous ne les avons reçues, PAsc. Fragm. d'un Traité du vide. |{ 6° Il se dit aussi de ce qui reste après notre mort, personnes ou choses. 11 laisse une femme et des enfants. Laisser de grands biens après sa mort. Il a laissé plusieurs ouvrages manuscrits. Il a laissé ses affairas en mauvais état. 11 n'y a plus que moi de cette tranche.... ainsi, mon cher cousin , je vous laisserai en co monde pour y soutenir mon nom, sév. d B'issy, 31 dec. )6»4. Je [Marc-Aurcle] lui [à Commode] ai laissé trop de puissance, pour lui laisser de la modération et de la vertu, fén. Dial. des morts anc. 47. Ah I c'est un beau spectacle, à ravir la pensée, Que l'Europe ainsi faite, et comme il l'a laissée, v. nuoc, llernani, iv, «. || 6° Il se dit de l'opinion, des sentiments, etc. qui restent relativement à une personne, après sa mort ou son ébigiiement. Il a laissé une bonne , une mauvaise réputation après lui. Elle est morte cette grande reine, et par sa mort elle a laissé un regret éternel à tous ceux qui ont eu l'honneur de la servir uu de la connaître, Boss. Reine d'Àngkt. Et, toujours de la gloire évitant le tentier, Ne laisser aucun notu et

mourir tout entier, «ac. Iphig. t, ». || T* Il se dit des sensations ou impressions qui demeurent après quelque chose , des suites que produit quelque chose. Cette liqueur laisse un bon goût, un mauvais goût. Ce voyage m'a laissé des souvenirs agréables. Celte maladie lui a laissé une incommodité fâcheuse. Il 8° Confier, remettre. Il a laissé tous ses papiers à son avocat. Je vous laisse cela en garde. Auprès de votre époux, ma fille, je vous laisse, rac. Iphig. III, 6. Il Laisser une chose au soin, à la discrétion, à la prudence, etc. de quelqu'un, la confier, l'abandonner au soin, à la discrétion, la remettre à la prudence de quelqu'un. || On dit dans le même sens : je vous en laisse le soin, la conduite, etc. Il Remettre quelque chose à quelqu'un pour qu'il le remette à un autre. Je ne l'ai point trouvé chez lui, j'ai laissé votre lettre à son domestique. || 9° Ne pas ôter, ne pas retirer une personne ou une chose que l'on peut ôter, retirer. Il laisse son enfant en nourrice. |{ Ne pas ôter une personne ou une chose de la place où elle est, de la situation où elle se trouve. laissez-moi auprès du feu. Laissez cela, n'y touchez point. Il le lais,sa à la porte. Belle cérémonie. Pour me laisser dehors ! MOL. Éc. des f. I, 2. Eh I laisse-moi, Clitidas, dans ma sombre mélancolie, id. Am. magn. v, <. || Fig. et familièrement. Laisser quelqu'un dans la nasse, l'abandonner dans une méchante affaire où on l'a engagé et dont on se tire soi-même. || Laisser quelqu'un dans l'embarras, dan» le danger, dans la misère, ne pas lui donner les secours qu'on pourrait lui donner. {| Laisser quelqu'un tranquille, ne pas le troubler, l'agiter, le fatiguer. || Laisser quelqu'un en paix, en repos, le laisser tranquille. || Laisser en paix, dédaigner. Crois-moi donc, laisse en paix, jeune homme au noble cœur, Ce Zoïle à l'œil faux, ce malheureux moqueur, v. Huoo, Voix intérieures, 13. Il Laisser se dit pour laisser tranquille, laisser en repos. Laissez-moi là. Laissez- moi donc. Laissez-moi. || Absolument. Laissez donc, finissez. Une bète est là dans vos cheveux. — Laisse, mol. les Fâcheux, ii, 3. Laissez, ma bru, laissez, ne venez pas plus loin : Ce sont toutes façons dont je n'ai pas be.soin, id. Tart. i, ). Laissez, mon fils : je fais ce qui m'est ordonné, Kkc. Àihal. iv, (.|| Familièrement. Laissez que, permettez, .souffrez que. Laissez que je vous réponde. || Familièrement. Laissez le monde comme il est, ne vous embarrassez pas de ce qui se passe dans le monde, ne prétendez pas le réformer. || Laisserquelqu'un en son particulier, le laisser seul. || Laisser quelqu'un maître d'une chose, la laisser entièrement à sa disposition. Ne croyez pas pourtant qu'éloigné de l'Asie, J'en laisse les Romains tranquilles possesseurs, rac. ilithr. m, t. Il Ljiisscr un ouvrier sans ouvrage, ne pas lui fournir de l'ouvrage. || 10° Ne pas changer l'état où sa trouva une personne. Les bains en remettent quelques-uns [des malades], et laissent les autres, srv. 45 sept. <887. En quel funeste état ces mots m'ontils laissée! rac. Iphig. ii, f>. Il était le plus grand géomètre de son siàcle, mais la géométrie laissa lesprit comme elle le trouve, volt, iouii ,17 F, 3|. Il Ne pas changer l'état où se trouve une chose. Laisser un champ en friche. Laisser un ouvrage imparfait. || Laisser une chose intacte, ne point l'endommager ou n'en rien prendre, eU;. || Laisser à labandon, ne prendre aucun soin de. Vous laissez ce jardin à l'abandon. || 11° Ne pas prendre, ne pas enlever. Les voleurs lui ont laissé son habit, lui put laissé la vie. Ses occupations ne lui laissent pas un moment de repos. Laisser de la marge. Laissez-mui un peu de place. J'ai voulu retourner sur ce triste chapitre pour ne vous pas laisser des erreurs, SÉv. t" août (88!i. On ne leur (aux peuples] laisse plus rien à ménager, quand on leur permet do se rendre maltiesde leur religion, Boss. Heine d'Amjl. Un homme [Cromwrell] s'est rencontré.... qui ne laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait lui ôter par conseil et par prévoyance, m. tb. 6 mort, cruelle mort, que ne lui laissais-tu plus longtemps le plaisir de voir le fruit de «c» travaux? hechier, Urne de Unnt. Laissez-moi mes secrets; je vous laisse les vôtres, th. cobneille. Comtesse d'Org. IV, 7. Vous ne changez ritn au fond de votre vie ; vous D'en voulez retrancher que le désordre ; les sources, les attraits, les routes qui y mènent, vous les laissez, m»ss. Carême, Pdques. Laissez-moi ma vertu, laissez-moi mes malheurs, volt. Ilrutus, iv, <.|{Ne laisser que les quatre murailles, tout emporter, tout enlever d'une maison pu d'un appaitement. Il Se laisser, ne pas enlever à soi. Heureux ceux qui pous.scnt ce désir jusqu'au dernier renoncement! mais q'i'i)* na ae laissent donc rien; qu'ili

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ne disent pas : e« peu à quoi Je m'attache encore n'est rien, boss. KMil. sur l'Évang. la Cène, «a* jour. Il li" Ne pas emmener, ne pas emporter avec ici. Il a laissé son fils avec son précepteur. Je vous laisse ma voiture. || Oublier de prenitre avec soi. 11 a laissé sa montre dans son cabinet. || 13* Terme de manège. Laisser la bride sur le cou à un cheval, lui rendre la main, le laisser aller de lui-même. Il Fig. et familièrement. Laisser la bride sur le cou à quelqu'un, l'abandonner à lui-même, à ses caprices, à ses volontés. || 14° Laisser en blanc, réserver dans un écrit, une place, un espace qu'on remplira plus tard. Laisser un nom en blanc. || 15° Passer sous silence, ne pas s'occuper de, écarter. Je laisse ces instructions si utiles et ces maximes si pures qu'elle lui [au dauphin dont elle était gouvernante] a depuis insinuées, fléch. Mme de Mont. Laissons de leur amour la recherche importune, uac. Bajai. IV, ♦. Idamé : On t'a dit à quel prix ce tyran daigne enfin Sauver tes tristes jours et ceux de l'orphelin ? — Zamti : Ne parlons pas des miens, laissons notre infortune, id. Orpbel. iv, «. || Laissons cela, ne parlons plus de cela. Hé t Messieurs, c'en est trop , laissez cela, de grâce, mol. Mis. i, 3. || Avec que. Je laisse à part que les louanges ne sont d'ordinaire agréables qu'à ceux qu'on loue , d'ablanc. Lucien, Comm. écr. l'hist. || 16° Fig. Laisser quelque chose à, renoncer à quelque chose comme ne valant pas la peine, avec une nuance de dédain. Je ne viens point ici renouveler dans vos esprits le triste souvenir d'une mort que vous avez déjà pleurée ; laissons aux infidèles ces longues et sensibles douleurs que la religion ne modère pas, fléch. Lamoignon. Evitons cet excès; laissons à l'Italie De tous ces faux brillants l'éclatante folie, boil. Art poétique, II, 43. Laissez les pleurs, Esther, à ces jeunes enfants, RACINE, Eslh. I, 3. Aux mœurs de l'Occident laissons cette bassesse , voltairb , Zaïre, m, 7. Il 17° Fig. laisser à, livrer à. Les Véïens furent laissés à leur propre défense, le p. catrou, dans DESFONTAINES. Ces étres insensibles et muets me laissent à mon ignorance et à mes conjectures, VOLT. Ph. igttor. < . Gardez de le laisser à sa propre fureur, id. Sémiram. v, 8. Ton épouse? tu crains une femme et des pleurs? Laisse-lui ses remords, laisse-lui ses terreurs, id. Catil. ii, i. || 18° Laisser beaucoup, quelque chose, peu, etc. avec à suivi d'un infinitif. Laisser beaucoup à penser, se dit d'une personne qui s'exprime mystérieusement ou avec finesse. || Cela laisse beaucoup à penser, cela donne matière i bien des réflexions. || Laisser quelque chose, laisser beaucoup à dire, à faire, ne pas épuiser une matière, une œuvre ; et dans le sens contraire, ne rien laisser à dire, à faire. || Laisser à désirer, n'être pas entièrement satisfaisant. Cet ouvrage a du mérite, cependant il laisse beaucoup à désirer. Il y a des endroits dans l'opéra qui laissent i en désirer d'autres, la brut. i. || 19° Laisser à quelqu'un à faire une chose, lui remettre le soin de faire une chose. Et d'ailleurs si le ciel vous choisit pour victime, Vous me devez laisser à punir ce grand crime, corn. Œdipe, iv, 3. Je vous laii^se k conduire cette petite afTaire selon mes désirs, sÉv. 8 fév. 1687. Laissons aux astronomes à mesurer la grandeur et le mouvement des astres, VALEBR. Entret. sur la métaph. x, 7. Va, ne me laisse point un héros i venger, volt. Triumvirat, v, se. dern. Toutes les choses qui se cachent à la vue avec cérémonie, laissant à l'imagination à grossir les objets, imposent infiniment davantage, Uist. des Vestales, dans desfontaines. Laissons au temps i calmer ses regrets, lemercier, Agamem. i, i. || En ce sens, Mme de Scvigné a dit aussi : laisser à.... de. Je crois que vous [Bussy] condamneriez des «entiments moins nobles que ceux-là; je laisse aux baigneurs (Bussy s'était logé chez un baigneur] d'en avoir de plus tendres et de plus faibles, sèv. à Bussy, 26 juin (655. || Je vous laisse à penser ce qui en arrivera ; je vous laisse à juger s'il profita de l'occasion, etc. c'est à vous de penser aux conséquences de cela; je vous donne à juger si, etc. Sur un tapis de Turquie Le couvert se trouva mis. Je laisse à penser la vie Que firent ces deux amis, LA FONT. Fabl. I, ». Voilà nos gens rejoints; et je laisse à juger De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines, lo. ib. ix, j. Je vous laisse à penser si, dans la nuit obscure, J'ai d'un trai trépassé su tenir la figure, mol. École des femmes v, 2. || lo° Ne pas laisser de, ne pas ces.-er, ne pas s'abstenir, ne pas discontinuer de, ne pas manquer à. Il faut se laisser aller i la destinée , et consentir à une chose qu'on ne laisserait pas de faire sans moi, MOL. Précieuses, préface. Ce n'est rien • ne lais-

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sons pas d'achever, m. Précieuses, <5. Je lui dis que vous n'y êtes pas, madame, et il ne veut pas laisser d'entrer, id. Critique, se. ♦. Cela n'importe, dit le père, on ne laisse pas d'obliger toujours les confesseuis à les [les pénitents] croire, tasc. Prov. X. Cette médecine [les représentations qu'on nous fait de nos défauts] ne laisse pas d'être amère à l'aroour-propre, in. Pens. Ii, éd. havf.t. Jo vous prie de ne pas laisser d'en faire mes remerciements, sèv. 251. Ne laissons pas de publier le miracle de nos jours [le coup porté à l'hérésie par la révocation de ledit de Nantes] , boss. le Tellier. Ne laissez pas de recevoir les grâces de Dieu, id. Lett. abb. (61. Il faut ne laisser pas de faire du bien aux hommes, fén. Kl. XXIV. Il Cette locution a souvent le sens de néanmoins. Elle [la pièce] n'a pas laissé de plaire, corn. Exam. d'Héracl. L'eau ne laissa pas d'agir et de mettre en évidence les figues toutes crues encore et toutes vermeilles, la font. Vie d'Ésope. 11 me semble que toutes les causes secondes sont autant de mains qui exécutent les volontés de Dieu ; nous ne laissons pas d'agir, nous voulons faire ce que nous faisons, sÉv. Lett. de date incertaine, n° 2, éd. RÉGNIER. On croit être dans un autre monde, mais on ne laisse pas de se souvenir de ses amies, ID. 20 juill. (694. <on orgueil [de Nabuchodonosor], quoique abattu par la main de Dieu, ne laissa pas de revivre dans ses successeurs, boss. Hist. m, 4. Les apôtres, tout sanctifiés et tout régénérés qu'ils avaient été par ce sacrement, ne laissaient pas d'être encore fort imparfaits, boubdal. Myst. Pentec. t. I, p. 4 63. Cette femme [une veuve] pleure.... san glote, et ne laisse pas de reprendre tous les détails de la maladie de son époux, la brut. xi. Quoique l'empreinte d'un cachet magique soit sur le bouchon, la bouteille ne laissera pas de se casser, LE sage, Diable boit. ch. i. Je ne laissai pas de compter avec plaisir l'argent que j'avais dans mes poches, ID. Cil Blas, ii, 6. On peut faire servir la vache à la charrue, et, quoiqu'elle ne soit pas aussi forte que le bœuf, elle ne laisse pas de le remplacer souvent, buff. Quadrvp. t. i, p. (88. || Cela ne laisse pas de, en somme, en définitive. On a des théâtres chez soi si on en manque à Genève, on fait bonne chère, on est le maître de son château, on ne paye de tribut à personne ; cela ne laisse pas de faire une position asse^ agréable, volt. Lett. Algarolti, (7 janv. (763. Il Impersonnellement. Celle |la fâcheuse nouvelle] qui m'a le plus vivement touché a été la maladie de Votre Altesse; et, bien que j'en aie aussi appris la guérison, il ne laisse pas d'en rester encore des marques de tristesse en mon esprit, desc. Lett. à laprinc. Palatine, 27 du (" vol. édit. de (724. Il On dit, bien que moins correctement : ne pas laisse»' que de. Il ne faut pas laisser que de s'écrire do temps en temps, sÉv. 3( déc. (684. La constance d'Alcibiade ne laissa pas que d'être ébranlée par ce coup , rollin, Hist. ane. CEuv. p. 630, dans pougens. || 21° Laisser, suivi d'un infinitif, signifie, permettre, soullrir, ne pas empêcher; dans cette construction le régime de laisser est direct, et le verbe à l'infinitif est neutre, ou a un régime direct. Laisse faire le temps, ta vaillance et ton roi, corn. Cid, v, 8. Ne vous figurez plus que ce soit le confondre Que de le laisser faire et ne lui point répondre, id. Nicom, v, 2. Il laissa le ducd'Enghien reprendre ses esprits, boss. Ix>uis de Bourbon. Contre mon ennemi laisse-moi m'assurer, rao. Andr. ii, 1. Mais non, retirez-vous, laissez faire Hermione, id. ib. v, 5. Comment, qu'on me laif;se dire? vraiment, je le prétends bien, et surtout qu'on me laisse faire, volt. Socrate, i, 7. Je laisse Hccquet faire de l'estomac un moulin, et Van Helmont un laboratoire de chimie, id. Dial. 25. Il laissait paraître ses talents et cachait ses vertus, BtiFF. Bép. à la Condamine, Œuv. t. x, p. .17, dans POUGENS. || Substantivement. Le laisser agir. On dit que les âmes de ce degré [mystique] laissent agir Dieu, et qu'elles demeurent en silence; on a déjà entendu ce que c'est que ce silence et ce laisser agir, BOss. Étals d'oraison, iv, 9. || Laisser faire, laisser dire, ne pas se soucier, ne pas se mettre en peinedecequc fait ou dit quelqu'un. Laissez dire les sots : le savoir a son prix, la font. Fabl. viii, (9. Poussez votre bidet, vous dis-je, et laissez faire, mol. l'Ét. l, ï. Il Laissez faire, laissez passer, dicton des partisans'de la liberté du commerce qui appartient aux économistes du xviii* siècle, et qu'on attribue particulièrement à Gonrnay. Il [Gournay] en conclut qu'il ne fallait jamais rançonner ni réglementer le commerce; il en tira cet ixiome : laissez faire et laissez passer, dlp. oenem. dans le Dict. de l'Écon.polit. de Guillaumin, art. laissez faire, || Lais-

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ser voir, montrer, découvrir. Cette fenêtre laisse voir la campagne. || Fig. Laisser voir sa pensée, parler, agir de manière à faire deviner sa pensée. Elle m'avait fait beaucoup de caresses, et me traitait sur un pied d'égalité qui m'ôtail le courage de lui laisser voir mon état, et de descendre du rôle de bonne compagnie à celui d'un malheureux mendiant, J. }. Rouss. Conf. :v. Il Laisser tout traîner, ne rien mettre à sa place, laisser tout en desordre. || Laisser aller tout sous soi, se dit d'un enfant ou dune personne infirme qui n'a pas la force de retenir ses excréments. Il Laisser aller les choses, le monde, prendre en patience les choses comme elles arrivent, ne rien faire pour les changer. On demande que, neutre en ces dissensions. Je laisse aller le sort de vos deux nations, corn. Snphon, i, 4. Il faut prendre le parti de laisser aller les choses et les hommes, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 8 nov. (77(. Laissons, laissons aller le monde Comme il lui plaît, comme il l'entend; Vivons caché, libre et content. Dans une retraite profonde, plorian. Épilogue mis à la fin de ses fables. \\ Laisser tout aller, négliger entièrement ses affaires. || S. m. Laisser aller, espèce de négligence qui n'est pas sans grâce, et aussi facilité trop grande à prendre les opinions d'autrui, à se laisser diriger. Croiriez-vous que je la trouve imposante malgré son naturel et le laisser aller de sa conversation, stael, Corinne, m, 3. || Le laisser aller veut dire aussi facilité de mœurs , avec tous les sens que cela comporte. || Familièrement. Je me suis laissé dire telle chose , j'ai ouï dire telle chose, mais sans y ajouter grand'foi. || 22° Quand laisser, avec le sens de souffrir, permettre, est suivi d'un infinitif, si le régime est un pronom, ce pronom peut appartenir non à laisser, mais au verbe à l'infinitif. On pourrait dire.... qu'ayant fait la matière, il [Dieu] la hisse mouvoir et arranger au gré rie quelque autre, BOss. libre arbitre, 3. Nourrissez votre cœur de l'espérance; laissez-le enflammer de la charité, fén. i. xviii, p. (86. Il 23° Laisser, avec le sens de souffrir, permettre, suivi d'un infinitif, peut avoir un régime par à. Affranchissons le Tage et laissons faire au Tibre, CORN. Sertor. iv, 2. Laissez donc faire au ciel, au temps, à la fortune, id. Agt'sil. iv, 6 Faites votre devoir, et laissez faire aux dieux, id. //or. il, 8. Et laissez à l'amour conserver par pitié De ce tout désuni la plus digne moitié, i». (M'idipe, i, 4. Laissons-lui [à l'Ecclésiaste] égaler le fol et le sage, et même, je ne craindrai pas de le dire hautement en cette chaire, laissons-lui confondre l'homme avec la bêle, boss. Duch. d'Orl. Fritigerne leur laissa assouvir leur première rage, fléch. Hist. de Théodose, I, 62. Et, laissant faire au sort, courons où la valeur Nous promet un destin aussi grand que le leur [des dieux], rac. Iphig. I, 2. Laissons aux Scythes inluiniains Mêler dans leurs banquets le meurtre et le carnage, J. B. ROUSS. Cantate ix. Laisse à ta Juliette apaiser tes douleurs, niicis, Roméo, III, 2. Il Dans une autre construction, mais dont le sens est analogue, ce n'est pas laisser, c'est l'infinitif qui le suit, qui est construit avec à, lequel dans ce cas signifie par (voy. au n° 27 la remarque pour l'explication de cette tournure). La plupart de ses auditeurs n'ont pas voulu voir les défauis de sa conduite [du Cid] et ont laissé enlever leurs suffrages au plaisir que leur a donné la représentation, corn. Examen du Cid. J'avancecette opinion; mais, parce qu'elle estnouvelle, je la laisse mûrirau tem[>s,PASC. Prov. VI. Laissez, laissez toucher à mes tremblantes mains Ces restes échappas à des dieux inhumains, VOLT. Oresie, m, 4. Laissons discuter ces questions à l'homme juste qui n'a point failli, j.j. rouss. Contr, soc. Il, 6. Il 24° Terme de chasse. Laisser courre les chiens, voy. courbe. || Substantivement. L^issurcourre, le lieu où l'on découple les chiens , voy. COURRE. Il On trouve aussi laissé-courre. 8 sept. (685, le roi courut le cerf dans sa calèche toutseul; Monseigneur et Madame l'avaient accompagné jusqu'au laissé-courre, et ensuite montèrent à cheval, DANGEAU, I, 2(8. || On dit d'un limier qu'il laisse aller les voies, lorsqu'il passe dessus sans s'en rabattre. Se dit pareillement d'un chien courant qui, en enveloppant un défaut, p«isse sur la voie sans la marquer. || Laisser suivre, donner au limier quelques longueurs de trait, soit pour s'assurer du rembûchement, soit pour lancer la bête. || 25» Terme do manège. Laisser aller son cheval, ne lui rien demander et le laisser aller i sa fantaisie ; ou bien ne le point retenir de la bride quand il marche ou qu'il galope ; ou bien lui rendre toute la main t» le faire allerde toute sa vitesse. || Laisser échapper son cheval de la main, ne pas le retenir. Il Laisser tomber les

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Jambes, les tenir dans une position naturelle et sans raideur.ll Ï6° Terme de marine. Laisser tomber l'ancre, mouiller. || Laisser arriver.manœuvrerpour produire un mouvement d'arrivée ; on dit aussi : laisser porter. i; 27° Se laisser avec un verbe actif qui a pour régime le pronom se précédant laisser, permettre d'être.... Il s'est laissé vaincre, il n'a pas fait tous ses efforts pour n'être pas vaincu. Ces émotions d'un jour qu'opèrent-elles? un dernier endurcissement, parce qu'à force d'être touché inutilement, on ne se laisse plus toucher d'aucun objet, boss. ilar. Thér. Après cela, chrétiens, laissez-vous séduire par les fausses maximes du siècle, bourdal. Purif. de la Vierge, myst. t. ii, p. 466. Ami, peux-tu penser que d'un zèle frivole Je me laisse aveugler pour une vaine idole? bac. Alh. ni. 3. Ajoutons lumières sur lumières, en réunissant les faits, en accumulant les preuves, et laissons-nous juger ensuite sans inquiétude et sans appel, bdpp. Prem. époq. natur. Œuv. t. XII, p. 76. On regard de Zaïre aura pu l'aveugler : Sans doute il est aisé de s'en laisser troubler, VOLT. Zaïre, iv, 7. || Dans cette locution, l'infinitif peut être suivi de la proposition à qui prend le sens de par (la tournure est latine d'après M. Havet, qui, Table des Ptnsées de Pascal, au mot lattser, dit que ce vers de Racine : Je me laissai conduire à [pari cet aimable guide, /p/i. il, t, représente le latin : permisi me juveni deducendam). Le zèle extrême que j'ai pour elle [Votre Altesse] est cause que je me suis laissé emporter à ce discours, desc. I.ett. à la Princ. Palatine, 28 du t. i" de l'éd. de «724. Elle [Sabine] ne sert pas davantage à l'action que l'infante à celle du Cid, et ne fait que se laisser toucher, comme elle, à la diversité des événements, CORS. Eiamen d'Hor. Il soupçonne aussitôt son manquement de foi, Et se laisse surprendre à quelque peu d'effroi, id. Pomp. Ii, 2. Se laissant conduire à leurs inclinations et à leurs plaisirs sans réflexion et sans inquiétude, pasc. Pens. ix, ». Avec quelle soumission se laisserait-il gouverner à la volonté qui... iD. ib. xxiv, 60 bis. Si son histoire [de Charles 1"] trouve des lecteurs dont le jugement ne se laisse pas maîtriser aux événements ni à la fortune, boss. Reine d'Ànglet. L'admirable Julie ne se laissa point éblouir à l'éclat des dignités du siècle, FLÉCH. Mme de Mont. K quels affreux desseins vous laissez-vous tenter? bac. Phèdre, i, ». Vous laissez-vous abattre aux rigueurs de la fortune? PKNEL. Fabl. 11. Pourquoi ne vous laisseriez-vous pas toucher i la bonté de Dieu? mass. Pet. carême, Drap. Ah! si le ciel enfin vous parle et vous éclaire. S'il vous donne en secret un remords salutaire, Ne le repoussez pas; laissez-vous pénétrer X la secrète voix qui vous daigne inspirer, VOLT. Oreste, i, 3. || Se laisser pénétrer, ne pas cacher avec assez de soin ses intentions, ses projets. Il Se laisser gouverner, conduire, mener, et, familièrement, se laisser mener par le nez, laisser prendre de l'empire sur soi, et n'aToir pas la force de s'y opposer. Il Familièrement. Se laisser faire, ne pas opposer de résistance, ne pas se défendre. Je vous avoue que je suis aussi en colère contre les philosophes qui se laissent faire que contre les marauds qui les oppriment, volt. Lell. d'Àlemb. )5 avr. <76o. || Se laisser faire signifie aussi ne pas résister à des caresses, i des offres, à quelque chose de tentant. Si on savait qu'il [le roi de Prusse] m'a baisé un jour la. main, toute maigre qu'elle est, pour me faire rester Chez lui, 00 me pardonnerait de m'âtre laissé faire, volt. Lett. Richelieu, tu octobre 1768. Ma foi, laissons-nous faire, et prenons ce qui s'offre, V.HUGO, Ru<j Blas. IV, 3. || Familièrement. Se lais.ser battre signifie quelquefois simplement être battu. Il Fig.et familièrement. Ce livre, cet ouvrage se laisse lire, c'est-à-dire on le lit sans fatigue, sans ennui. 11 faut avouer que cette petite histoire n'est point bien écrite du tout ; mais les événements se laissent fort bien lire, sf.v. 1 1 août I078. || Cela se laisse manger, c'est-à-dire on le mange avec plaisir. || 28" K.n. Terme de marine. Quand la mer se retire, au moment du reflux, on dit qu'elle laisse. || Il est plus usuel dédire qu'elle descend. || 29* Se laisser, v. réft. Ktre laLssé. Cela se prend et se laisse. || 30° Se laisser, permettre qu'on soit.... Ces enfants se sont laissés tomber. Se laisser aller à la paresse. Les autres [IcsGrccs], plutôt que de la perdre [Hélène], se laissèrent vieillir loin de leur patrie, p. l. coub. Éloge d'Hélène. \\ Se laisser aller iune chose, permettre que cette chose nous conduise, nous détermine, nous fasse agir. Lésâmes vulgaires se laissent alleràleurs passions, et ne sont heureuses ou malheureuses que selon que les choses qui leur surviennent sont agréables ou déplaisantes, vajii. Lett. à la Princ, Palatine, 28 du t, i" de

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l'éd. de (7J4. Il Se laisser aller, se relâcher, ne pas tenir ferme, suivre ses mouvements naturels, sans projet, sans réflexion. || Familièrement. Cette jeune fille s'est laissée aller, elle a cédé à la séduction. Il Familièrement. Se laisser mourir, mourir. Certes elle aurait tort de s« laisser mourir ; Aller en l'autre monde est très-grande sottise, Tant que dans celuici l'on peut êtie de mise, t»L. Sgan. 4. {| Proverbes. Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez, c'est-à-dire il faut souffrir un petit mal pour en éviter un plus grand. I| On a beau être las, on ne laisse nas 't'-jUer, c'est-à-dire il faut s'évertuer dans 'a nécessité. J|l\ faut bien faire et laisser dire.

—REM. l.Ne pas laisser de, ne pas laisser que de, sonttous les deux dansleDictionnaiie de l'Académie. Ne pns laisser que de n'y est qu'à partir de 1835 ; en ( 762 l'Académie n'autorisait encore que ne pas laisser de. Cependant le que s'introduisait. Cette petite supercherie ne laisse pas que d'en imposer aux sots, marmontel ; à quoi Génin réplique : Tant pis pour Marmontel, il faut ; Ne pas laisser de, Recréât, t. I, p. 423. ]1 y a de que des exemples plus anciens que Marmontel ; voy. ce qui est dit au n° 20 de laisskr. Il 3. Autrefois on disait , et aujourd'hui encore le peuple dit, je laiirai, pour je laisserai, je lairrais, pour je laisserais. Quelques matières qui ne lairraient pas de faire voir assez clairement ce que je puis ou ne puis pas dans les sciences, desc. Méth. vi, 9. || 3. Je me suis lais-sé dire que.... locution mauvaise et affectée, dit cail- LiÈREs, en <690. Cette locution, qui d'ailleurs est ancienne (voy. l'historique), s'est conservée, et elle est encore dans l'usage familier. || 4. Le participe passé présente des difficultés quand il est suivi d'un infinitif. Cette femme que j'ai laissée peindre, veut dire: à qui j'ai laissé le loisir de peindre; cette femme que j'ai (laissé peindre, veut dire : quej'ai permis que l'on peignît. En un mot, quand le pronom est régime du verbe laisser, il détermine l'accord du participe; si au contraire il est régime de l'infinitif qui suit, le participe reste invariable. Dans le premier cas, on dira : Cette femme que l'on a laissée faire; et dans le second: Les maux que l'on a laissé faire; Malheureuse, tu t'es laissé charmer. Il 5. Quand l'infinitif est un verbe actif employé avec un régime direct, alors, par cela même que cet infinitif a son régime après lui, celui qui précède le participe laissé appartient à ce participe, et le force à prendre l'accord : Nous les eussions laissés passer tranquillement leur hiver à Paris; Je les ai laissés chasser un chevreuil; Je les ai laissés courir les spectacles. Il 6. Si le verbe à l'infinitifest neutre, alors on suit la règle ordinaire des participes ; Les fautes que nous avons laissées échapper; Je votw ai laissés tout du long quereller, mol. Tart. n, 4; Quand Jugurtha eut enfermé une armée romaine et qu'il l'eut laissée aller sur la foi d'un traité , mon- TESQ. Rom. 6; 11 l'a laissée trop vivre après la la mort de l'empereur Maurice son mari, corn. Examen d'Héraelius. Cependant des grammairiens, Condillac entre autres, ont soutenu qu'il n'y avait pas lieu à un accord, que le participe laissé et le verbe à l'infinitif formaient une locution dans laquelle rien n'était à intercaler, et qu'il fallait dire : La faute quej'ai laissé échapper, et non laissée. De fait, cette manière de concevoir la locution a conduit plusieurs écrivains. Ainsi Racine a dit, en parlant de Junie : Je l'ai lais-é passer dans son appartement, Brit. II, 2. RoUin : Dix officiers romains qu'Annibal avait laissé sortir; et, dansGirtiult-Duvivier, Voltaire : Virgile fait voir les enfants que leurs parentsavaient laissé périr, Mœurs, myst. ; D'Alembert: Elles s'étaient laissé aller à la douceur de vivre. La règle d'accorder le participe en ces cas prévnut aujourd'hui; ceuendant il faut reconnaître qu'elle n'est pas absolue, et qu'il y a lieu, quand on veut, de voir dans la locution un gallicisme. || 7. Quand le verbe qui suit est transitif direct et a un complément, on met souvent le pronom complément de laissé au cas attributif, au lieu du cas objectif : Je lui ai laissé croire qu'il me servait; c'est-à-dire j'ai laissé croire à lui. Dans cette construction laissé reste toujours invariable. Ici, comme aveo le verbe (aire, si le verbe qui suit laisser peut recevoir un régime marqué pard, la phrase sera néces.sairement amphibologi(|iie. Ainsi : Je lui ai laissé enlever ses livres, signifie également qu'on a permis qu'il enlevât ses livres, et qu on a permisqu'onluienlevât ses livres. Il est facile d'éviter l'équivoque en reprenant la forme: je l'ai laissé : Je l'ai laissé enlever ses livres. Il 8. Dans le vert de Racine : Je me laissai conduire à cet aimable guide, à est amphibologique, pouvant

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signilîerpor et «eri.Il ne faut pas employer la tournure du n" 27 avec des verbes qui prêteraient à cett» ambiguïté. || 9. S'en laisser, ne pas faire une chose, s'en abstenir. Tu ne veux pas nous accompagner, Henri, eh bien! laisse-t-en. Locution populaire et qui n'est plus de bon usage. On en trouvera un exemple à l'historique. || 10. Laissez-moi ce saumon de vingt francs, expression vulgaire, mais qui n'est pas fautive ;caron dit bien : un saumon de vingt francs. On dit aussi et mieux: laissez-le-moi à vingt francs. Il 11. J.J. Rousseau a dit être laissé mourir: Il me faudrait quelque assurance raisonnable de n'y être pas oublié et laissé mourir de faim, Lett. à LaU liaud, 5 oct. 1765. Cette locution n'est pas usitée. Il 12. Le Dictionnaire de l'Académie écrit le laissercourre avec tiret, et le laisser aller sans tiret ; il y a inconséquence.

— msT. x* s. [Elle] volt [veut] lo seule [siècle] lazsier, si ruovet [le demande] Krist, Eulalie. Qued avuisset de nos Christus mercit Post la mort et à lui nos laist venir, ib. ||xi' s. Laissum les fols, as sages nus tenons, Ch. de Roi. xv. Et dist al rei : laisez ester vos Francs, ib. xix. X lui lais-je mes honurs et mes fiez, ib. xxiil. Je ne lerreie pur tut l'or queDeusfist Que nelidie.... ib. xxxiv. [Il] Ne lesserat que [il] nus [nous] nebeneïsse,t6.ciLt. |{ xii* s. Car onques [ils] ne laissèrent nos Francs à laidangier, Sax. IV. Ou [au] palais deTremoigne [il] a sa femme laissie, ib. vu. Tous li moins courrouciez s'estoit bien aatis [disposé, résolu] Qu'ains i lairoit la teste que il fust asservis, ib. xxvi. Comment que li plaii prenne, [je] ne lairrai [que je] ne l'ocie, ib. xxxii. Donc [il] laisse courre à plein frein estendu, Rone. 60. Et la reîne encorl'en prie. Et Kex lui dit qu'ele se lasse [laisse] De chose que rien ne lui vaut, la Charretle,\. 144. || xiii' s. Et les dames, qui courtoises estoient [jadis], Ont toutlaissié pouraprendre à bnurser,QUESNES,flo7nanc.p.87.Cestui veulent [les dames], et à cestui s'otroient, Cestui tiennent, cestui laissent aller, ib. Tant com li vent les atouchoient, Li dui enfant [les deux statues d'enfants] s'entrebaisoient; Et, quant illeissoitle venter [le venter cessait]. Donc se prennent à reposer. Romane, p. 69. Se j'ai esté longtemps hors du païs Où j'ai laissié la rien que plus [j'] amoie. Romane, p. <24. Elles ronces n'ont pas laissié sa robe entière, Berte, xl. Que du cors [je] me laissasse honnir ne vergonder [il s'agit d'une femme], ib. xliu. Lors [elle] se musse au buisson, si lait le temps passer, ib. xliu. Di,nt delà en avant m'en laissiez convenir [faire ce que je voudrai], ib. xiii. Dame, je lais ma fille dolent et pleine d'ire, ib. xiv. Or, vous lairons [ne parlerons plus] de Renier de Trit, si revenrons a l'empereour de Constantinoble, viLLEH. cxl. [Je] voel que, pour guerre que soit entre sarrasins et crestiens, on ne les [dettes] lest à paier [on ne s'abstienne de les payer], C'ir. de Raiiis, lio. Quant j'ol ce chasiiement. Je leponili iréement : Dame, je vous veil moult prier Que me laissiez à chaslier [que vous ce.ssiez ie me châtier], la Rose, 3086. L'en ne s'i doit pas lessier prendre, Mesvigueresement deffendre, ib. 6907. Mes li archiers, qui moult s'efforce De moi grever et moult se paine. Ne m'i lest mie aler sans paine, ib. 1 570. Quant les Turcs virent que nous ne lerions pas [ne quitterions pas] le poiicel, joinv. 228. Et je li respondi ; Dieu l'en lait fere sa volonté (que Dieu lui en laisse faire], id. 2«2. Vous estes lilz de vilain et de vilainne, et avez lessié l'abit vostre père et vostre mère, id. 19«. Aucuns de mes chevaliers me mandèrent que, se je ne me pourvcoie de deniers, il mu leroient, id. 2M.||xv« s. Seigneur, je suis me lessié d iro Que.... Mir. de Ste Geneviève. Délivrez-vous du faire ou du laisser, froiss. ii, m, 3». Lo roi repondit appertement etliement qu'il ne laisseroit nullement qu'il ne secourusl la dame et ses gens, id. i, i, 183. En après, pour mieux faire que laisser, convint que le dit duc... uonstrel. t. ii, p. (39, dans LACURNE. L'i sage dit ainsy : on scel bien que on laisse, mais on ne scet bien que un trouve, Perceforest, t. iv, f' 67. L'autre dit : il faut escorchier Un buef qui s'est laissé mourir, k. desch Miroir de mariage, p. 3». Par la mauvaistié d'ung ou de deux ne se doit laisser de faire plaisir à plusieurs, quant on a le temps et l'opportunité, comm. Il, 3. Se il eut ung petit laissé de la pas.sii.n qu'il avoit contre ceste maison de Bourgongne.... m. v, 14. Il xvi's. Dontjeperds cueur, etauilace me laisse, Crainte me tient, doute me mené en laisse, mabot, II 13. Car, quoique né de Paris je ne sois, Point je ne laisse à estre bon François, id. h, «76. Se laisser tumber, amyot, Philnp. 3». Hannibal premièrement se mit au plus honorable lieu : ce que Scipion endura patiemment, et ne laissa pas pour cela de s«

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promener, id. flamin. 4». Non seulement il ne se changea point en sa vie, ains, à l'opposite, il y laissa la vie pour ne se vouloir point changer, m. Vémosth. <». Ce nonobstant Dionysius ne laissa point p>ur cela i faire autant d'honneur à Dion comme il fdisoil auparavant, lu. Dion, 7. Il seroit eslrange que nous qui voulons estre tenus pour gens de bien laisissions porter par terre noVe vertu, et l'abandonnissions, id. De la mauvaise honte, 21. Je laisse à penser, s'ils se fussent attaquez, la sanglante folie que c'eust esté, langue, 26u. Les grâces naturelles ont laissé [cesséj d'estre pures à l'homme, après qu'il a esté poilu, calv. Instit. <9B. Plusieurs malaîles de ce mal n'ont laissé d'atteindre leur dernière vieillesse, pahr, v, 2b. Le malade se laissera iuer une heure dedans le lict, id. x, 2. Je me suis laissé dire que les Espagnols ont depuis ruiné et démoli son chasteau, ID. t. m, p. 732. Des raisins bastards parvenus en extrême maturité, vient du vin de pas.sable bonté et qui se laisse boire, o. de sf.hres, 207. Despuis n'y a eu nul changement, et est la compaignie au mpsme estât que lalaissastes, MARGiER.ie((. 10. Je ne vous feray longue lettre, car je lairay à ce seur messaige & vous faire des contes des saiges et des l'oulx de ce monde, id. tb. 4 23. Lai.sse-moy ceste cour et tout ce fard mondain, PONS. 2H0. Je lairray la coustume en ordonner, mont. I, 18. Laisser du tout l'usage des viandes, id. i, 20. Laisser son esprit en pleine oysil'veté, id. i, 32, Un des maistres de ce raeslier leur a laissé par escript qu'il s'est trouvé des.... lU. l, (00. Je ne vis jamais père, pour teigneux que fust son fils, qui laissast de l'avouer, ID. I, 164. Après qu'ils les ont bien laissés dire, ID. I, 4 89. Se laisser aller à toute sorte de conseils, iD. I, «98. Pour estre incontinent, je ne laisse d'advoiier la continence des aultres, id. i, 262. Seneque suyvit longtemps cet usage, et s'en lai.ssa, seulement pour n estre souspeçonné de.... id. iv, Î68. Hz nous firent à tous laisser noz aimes, et roguement nous inlerroguareiit, rab. Panl. v, 4 9. Laisser le jeu quand il est beau, coïgrave. Laisser le moustier où il est, lo. On ne doit pas laisser bonne terre pour mauvais seigneurs, id. Je ne vous lais»e point, je me laisse moy-mesme ; Laissant l'ame et le cœur, n'est-ce pas me laisser? despohtes, IHverseï amours, xl, Stances pour le due (t Anjou. On ne vous lairra pas, simples de si grand pris fies fleurs], Sans vous voir et flairer au céleste pourpris, c'aubignA, Tragiques, Feux. Nos pères estoienl francs ; nous qui sommes si braves. Nous lairrons des enfants qui seront nez esclaves, id. ib. Princes.

— ËTYM. Picard, taicher, laissier; provenç. laisêar, laisar; anc. catal. leixar; anc. ital. lassare; ital. mod. lasciare; du lai. tainre, Iflcher (voy. ce mot). Certains patois et la vieille langue ont une forme laier, qui veut dire laisser (wallon, lèii, laisser et léguer; lombard , lagà, laisser) , que Diez rapporte au latin lefiare plutôt qu'au germanique lateri, laisser.

t LAISSES (lè-s'), t. f. pi. Les bords d'une table de plomb que l'on coule. || On dit aussi lavures.

t LAISSK-TOUT-KAIRE ( lê-se-tou-fê-r' ) , s. m. Ancienne pièce de vêtement pour les femmes, à la mode sous Louis XIV. L'homme le plus grossier et l'esprit lo plus lourd Sait qu'un laisse-tout-laire est un lablior court, boi:rsault, ifots a la mode, se. ib.

LAIT (le ; le < ne se lie que dans le parler soutenu), «.m. iil" Liquide opaque, blanc, d'une pesanteur specilique un peu plus grande que celle de l'eau, d'une saveur douce, fourni par les glandes mammaires de la femme et des femelles des animaux mamraifî'res, pour la nourriture des petits. Sa nourrice avait peu de lait, celle-ci en a comme une vache, sÉv. 8 avr. (07i. En Hollmde, en Italie, en Turquie et en général dans tout le Levant, on ne donne aux onfants que le lait des mamelles pendant un an entier, uuff. Hist. nat. hom. (Jliuv. t. IV, p. 199. Le hon lait n'est ni trop épais ni trop clair; la consistance doit étie telle que, lorsqu'on en prend une petite goutte, elle conserve sa rondeur sans couler, id. Qnadrup. 1. 1, p. 2(4. || Jeune lait, lait d'une femme accouchée depuis peu. {| Lait d'un an, lait d'une femme accouchée depuis un an. Il Vieux lait, lait d'une femme accouchée depuis longtemps. Il Le lait monte, se dit du lait qui commence à venir à une nouvelle accouchée. || Fièvre de lait, fièvre causée par le lait qui commence à venir aux femmes dans les premiers jours qui suifcnt l'accouchement. Il [Jit répandu, prétenduedéviation du lait, à laquelle le vulgaire attribue la plupart des maladies qui surviennent après les couches, mais qui ne sont nullement dues à un lait répandu. || On dit vulgairement aussi : son lait lui • remoaté, en parlant d'une femme i qui il tur-

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vient quelque maladie dans le cours de ses couches ; fausse opinion populaire, car le lait ne remonte pas plus qu'il ne se répand. || Fig. On a troublé le lait à cette nourrice, elle est devenue grosse. || Frères de lait, sœurs de lait, l'enfant de la nourrice et le nourrisson qui a sucé le même lait. || Fig. Redoutez-le (ramourj pour mille causes, Bien qu'il vous soi tfière de lait, béhano. Anniv. \\ Dentsde lait, les premières dents qui viennent aux enfants et aux jeunes animaux. Cet enfant perd ses dents de lait. Cheval qui a encore ses dents delaitet qui esttropjeune pour travailler. Il Fig. Ce beau réduit par préférence est fait Pour les vieillards dont l'humeur paie et tendre Paraît encore avoir ses dents de lait, volt. Ép. x. Il Fig. Avoir une dent de lait contre quelqu'un, voy. DENT, n" 4. Il Vache i lait, voy. vache. || Veau de lait, cochon de lait, veau, cochon qui tette encore, ou qu'on ne nourrit que de lait. || i° Kig. Nourriture de l'âme, de l'esprit. X Dieu ne plaise que j'instruise si mal le peuple que le Saint-Esprit a commis à ma conduite, et que je donne aux enfants le poison mortel [une fausse doctrine], au lieu du laitque jeleurdois,DOSS.2'OferJ. ao.Le témoignage intérieur est l'appui dfis commençants; c'est le lait des âmes tendres et D3ssantes,FÉN. I. xviii,p.268.Les consolations : c'est un lait dont il nourrit notre faiblesse, MASS. Prof. rel. 2. Heureux qui, se livrant aux sages disciplines. Nourri du lait sacré des antiques doctrines, a. chén. Poésies dw. à U. de Pange. Il Sucer avec le lait une doctrine, une opinion, un sentiment, recevoir, dès l'enfance, une doctrine, une opinion, un sentiment. Cette haine des rois que depuis cinq cents ans Avec le premier lait sucent tous ses enfants [de Rome], cohn. Cinna, ii, t .N'es-tu pas dans ces lieux Où la haine des rois, avec le lait sucée. Par crainte ou par amour ne peut être efi'acée ? RAC. flfr^n. iv, 4. C'est peu qu'avec son lait une mère amazone M'ait fait sucer encor cet orgueil qui félonne, ID. Phèdre, i, t. Celui qui depuis vingt ans combat toutes les oppressions, qui parlait aux Français de liberté, de constitution, de résistance, lorsque ses vils calomniateurs suçaient le lait des cours et vivaient de tous les préjugés dominants, MiRAB. CoVection, t. m, p. 357. Lui qui des muses de l'école N'avait jamais sucé le lait, bérano. É)nt. Il On dit dans le même gens : il a sucé le lait de la doctrine évangclique, le lait des saines doctrines, etc. Il 3" Lait considéré comme aliment des personnes qui ne tettent plus. Penelte [qui avait un pot au lait sur sa tétej là-dessus saute aussi transportée; Le lait tombe ; adieu, veau, vache, cochon, couvée, LA FONT. Fabl. vu, 4 0. C'est une fille accoutumée i vivre de salade, de lait, de fromage et de pommes, mol. l'Avare, il, «. Peut-être que le lait vous est contraire; suivez votre expérience, sEv. 28 juin. 4677. Ils ne Savaient que conduire leurs brebis, les tondre, traire leur lait et faire des fromages, FÉN. Tél. n. Le lait de la femelle buffle n'est pas si bon que celui delà vache; elle en fournit cependant en plus grande quantité, blff. Quadrup. t. v, p. (4). I! Battre le lait, le remuer dans la baratte pour faire le beurre. Ces Scythes dont parle Hérodote, qui crevaient les yeux i leurs esclaves, afin que rien ne pût les distraire et les empêcher de battre leur lait, montesq. Hom. 22. || Pot au lait, voy. POT. Il Se mettre au lait, fo mettre au régime lacté , faire du lait sa principale nourriture. Maiilevrier fit le malade de la poitrine, se mit au lait, fit semblant d'avoir perdu la voix, sT-slM. 4 39, 38. Il m'arriva une fois à Compiègne d'être six semaines au lait pour mon plaisir et en pleine santé ; jamais mon àme n'a été plus calme, plus paisible que durant ce régime, mahmontkl, Mém. v. Il Lait coupé, lait dans lequel on a mis une portion d'un autre liquide. Lait coupé avec de l'eau, avec du bouillon. || Fig. et familièrement. Il avale cela doux comme lait, se dit d'un homme qui reçoit avidement toutes sortes de louanges, ou qui, par lâcheté, par dissimulation, passe doucement sur les choses qu'on lui dit pour le piquer. || Fig. Bouillir du lait à quelqu'un, voy. bouillir, n- 2. || Veiller à quelque chose comme au lait sur le feu. veiller sans se relâcher à quelque chose, locution qui vient de ce que le lait, quand il commence i bouillir, si on ne le retire pas à temps, déborde et tombe dans le feu. Il Soupe au lait, soupe de lait, voy. sol^pb. Il 4° Petit-lait ou lait cl.iir, la sérosité qui se sépare du lait lorsqu'il se caille. Une prise de petit-lait clarifié et dulcoré, pour adoucir, mol. ilal. im. i, 4. Il 8* Lait de beurre, espèce de pelit-lait qui reste dans la baratte, après qu'on a fait le beurre, et qui n'est que du petit-lait tenant en suspension des grumeaux de beurr*. || I' Uit ribot, uou du petit-lait

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