‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 80 sur 389 · T.AI · texte numérisé non relu

T.AI

en Bretagne, ainsi nommé parce qu'il se produit quand on r»6o(« le bourre, voy. riboter. || Gros lait, nom donné en Bretagne au lait caillé. || 7." Lait artificiel, solution de ca.séine dans les carbonates alcalins, voy. lactolink. 118° Sucre de lait, voy. LACTiNK. Il 9° Liqueur hlanclie qui est dans les œufs frais, quand ils sont cuits à point pour être mangés à la coque. Cet œuf est bien cuit, il fait le lait. Il 10" Suc blanc qui sort de quelques plantes et de quelques fruits. Lait de figuier. Lait de coco. Il 11° Nom (le certaines liqueurs artificielles qui ont une ressemblance de couleur avec le lait. || Lait d'amandes, émulsion d'amandes douces ou amères, ayant beaucoup de ressemblance avec le lait. || Lail virginal, cosmétique dans lequel on faisait entrer autrefois le baume du Pérou, le storax, l'ambie et la civette ; on le préfiare aujourd'hui en versant goutte à goutte de la teinture alcûolii|ue de benjoin dans de l'eau commune, jusqu'à ce que la liqueur soit parfaitement blanche. Lo lait virginal est ainsi dit parce qu'il est employé pour entretenir la fraîcheurdu teint. Je ne vois parlout que blancs d'œufs, lait virginal, et mille autres brimborions que je ne connais point, mol. Préc. *. || Lait île poule, sorte d'émulsion qu'on prépare en battant un jaune d'œuf avec de l'eau chaude et du sucre, et aromatisant avec de l'eau de fleur d'orange. || Terme d'alchimie. Lait virginal ou lait de la vierge, mercure hermétique qui, projeté sur quelque métal, le cbange en une liqueur blanche. || 12° Laitde chaux, solution aqueuse, tenant de l'hydrate de chaux en suspension. Blanchir une muraille avec du lait de cliaui. Il IS" Lait de cire, composition qui sert à luslier les meubles. |j Lait de soufre, liqueur laiteuse qui résulte de la précipi talion d'un sulfhydrato par un acide. || 14° Voie de lait, voy. lactée (voie). N'étaientils pas excusables [les anciens] dans la pensée qu'ils ont eue pour la voie de lait, quand, la faiblesse de leurs yeux n'ayant pas encore reçu le secours de l'artifice, ils ont attribué cette couleur à une plus grande solidité en celte partie du ciel, qui renvoie la lumière avec plus de force? pasc. Fragm. d'un traité sur le Btd«. || 16° Nom de diverses plantes. Lait battu, la fumeterre. i| Lait de couleuvre, le réveil- matin ou euphorbia cyparissias , L. |{ Lait doré, l'agaric délicieux. || Lait d'oiseau, l'ornilhogale blanc. Il Lait de Sainte-Marie, le chardon- Marie. Il Lait d'âne, laiteron. || 16° Nom de certaines substances minérales. Lait de roche, chaux caibonatée spongieuse. || Lait de montagne, variété terreuse de carbonate de chaux. |{ Proverbe». Le vin est le lait des vieillards , il souiient leurs forces, il II sait connaître mouches en lait, c'est-âdire il n'est pas niais, il sait l'air du monde. || Si on lui tordait le nez, il en sortirait du lait, voy. tordre.

— HIST. xiii' s. Le lait d'amandes au lait dolz, BARBAZAN, FabUaux, t. IV, p. 00. Il vivent du let de leur bestes, joitsY. 23o. || xiV s. Lait d'amandes: pourboulez et pelez vos amandes.... Uénagier, ii, 6. Qu'elle ne le vous baille point [le lait] s'elle y a mis eaue, car moult souvent elles agrandissent leur lait, ib. Il, 6. Il XV' s. Le comte de Flandre qui eut des nouvelles des laits.... qui alloient àGand.... si y mit remède, froiss. ji, ii, 4 4h. Bien ne eongnois; si fais, mouches en laict; L'ung est blanc, l'autre est noir, c'est la distance [din'érence],viLLON, Débat du cœuret du corps, Dallade. Je eongnois bien mouches en laict ; Je eongnois à la robe l'homme, in. Ballade des menus propos. Doit-il présumer [le mari] n'enquester Qui est Michaut ne Michelet, S'il congnoistra mouches en laict? coquillakt, Droits noutieaui. Il XVI' s. 0 gentil joli vin clairet, Oui sert aux vieilles gens de lait, Tu sois bien venu.... J. lb HOUX, Vau de Vire, 38. Nous avons toujours quelques bardes perdues que nous leur faisons payer; nous demandons du lait de truye à l'hostesse; l'un fait le mauvais, l'autre le Judas, et tout vient en partage avec les com|iagnons, d'aub. Fisn. m, 4, Sur ce point voilà la mer calme comme du lait, ID. llisl. Il, HU. Le lait de titbyinal, PAxt, v, 2i. Laict clair ou petit laict, id. xvi, 22. Vin sur laict est souhait; laict sur vin est venin, h.est. 7'ri'cf//.du lang. fr. 470. Avalant cela doux comme laict, Nuit* de Siraparole, t. 11, p. 20, dans lacurne.

— f.TVM. Bourguig. laissea; wallon. Usât; namur, lasia ; llainaut, lachau, tassau; bre.s.san, Jnssiiy ; piovenç. tach, Ing, lait, layt; oatal. llet; es- |ugn. /fc/ic; porlug. ifife; ital. /a/(<? ; du lat. /arfcin, accusatif archaïque de /ne. Coinp. le celtique: kyuiri, llaeth; irland. lachi; has-bret. irai. Les patois laissea, lésai, etc. viennent d'un diminutif iactellum.

LAITAtiB (lè-ta-j'), s. m. Le lait considéré coll4»ctiTemcQt ; l'cpsemble de ce qui se fait avec la

lAl

LAI

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'ait, tel que oeiirre, fromage, etc. Allez couper vos joncs et presser vos laitafies, boil. l^pU. iv.

— HIST. XVI' s. Légumes, formages, laiclages, PARÉ, XV, 38.

— F.TYM. Lait.

LAITANCK (Ic-tan-s'), ». f. |{ l" Organe des poissons mâles qui contient le sperme, qui est l'analogue des testicules chez les autres animaux, et qui présente une substance molle et blanche ressemblant à du lait caillé. Prenez, pour six personnes, deux laitances de carpes bien lavées, que vous ferez blanchir en les plongeant pendant cinq minutes dans l'eau déjà bouillante et légèrement salée, BRiLLAT-s.WABi.N, Préparation de l'ometette au thon, dans la Phijsiologie du goût. || On dit aussi laite. Il J° Terme de construction. Se dit quelquefois pour lait de chaux.

— HiST. xiv s. Flaons ont saveur de frommage, quant l'on les fait de laittenoesde lus [brochets], de carpes.... Mcnagier, il, 5. Prenez les leitenches de carpes ou de luiz, Èibl.des ch. 5' série, 1. 1, p. 223.

— ÉTYM Laite.

f LAITAR (lè-ta; l'r ne se fait pas sentir), *. m. Nom, dans le département de la Drôme, d'une préparation de laitage qui sert surtout de nourriture aux bergers et qui se fait en versant, dans du petit lait bouillant, du la;t de brebis froid; le tout s'ép;iissil comme une crème.

LAITK (lè-f), s. f. Voy. laitanck. Peut-on dire que les machines actives que M. Needham a trouvées dans la laite du c:ilmar, soient des animaux? BUFF. Hist. anim. ch 8. Suétone dit que Vitellius, rassemblant les délices de toutes les parties du monde, fai.sait servir à la fois dans ses festins les foies de scares, les laites de murènes, les cervelles de faisans, et les langues de phénicoptères, ID. Ois. t. xvi, p. 321.

— ÉTYM. Lat. lactés, laitance.

(.LAITE, ÉE (lè-té, tée), adj. Qui a du lait. Usité seulementdans cette locution : Poule laitée, homme faible et s;ins vigueur. Leur ton de poule laitée, uol. Avare, n, o.

— ÉTYiM. Lait.

i. LAITE, ÊE (lè-té, tée), adj. Qui a de la laite. Harengs laites. Ils [les docteurs) en mangèrent [des brochets] soit œuvés, soit laites, vclt. Dial. xv, 4.

— HIST. XIV* s. Des brochets, le laictié vault mieux que l'ouvé, ilcnagier, ii, 4.

— ÉTYM. Laite.

I I^ITEAU (lè-tô),«. m.Nom qu'à l'embouchure de la Loire on donne au mâle de la feinte, poisson.

■( LAITEUOL (lè-le-rol), s. m. Face de devant des creusets dans lesquels on affine la fonte.

LAITERIE (lè-te-rie), s (. || 1° Lieu où l'on conserve le lait, oii l'on fait la crème, le beurre; partie de l'exploitation agricole relative à la manipulation du lait et de ses produits. Vous dites avec très-grande raison qu'une cabane ne peift pas être le logement d'un agriculteur assez considérable ; qu'il lui faut des écuries commodes, des élables faites avec soin, des granges vastes et solide», des laiteries voûtées et fraîches, voLr. ild. litt. Lett. Dupont. (| 2" Lieu oii l'on vend du lait ; on dit plus souvent crémerie. || 3' Terme d'architecture. Petit pavillon d'agrément que l'on construit quelquefois dans les parcs des châteaux, eu imitation d'une vraie laiterie rustique.

— ÉTYM. Laitier.

LAITERO.V (lè-te-ron), ». m. Terme de botanique. Genre de plantes lactescentss qui se rapprochent de la liitue, dont elles ont en partie les propriétés, genre sonchui, famille de.s composées liguiinores. Le laiteron commun, sonchu.': oleraceus, L.

— HIST. XVI' s. Décoction faite» de fueilles de mentes, de mcllisse, de latteron, de racines de glaieul..., o. de sebres, 003.

— ÉTYM, Dérivé irrégulier de lait; norm. laeeron; picard, tâcheron.

LAITEUX, EU.SE (lè-teû, teû-z"), adj. || 1' Qui a •apiwrt au lait. || Maladies laiteuses, diverses affections qui surviennent à la suite des couches. || 2" Oui a un suc semblable au lait. Plantes laiteuses. || Qui ressemble au lait. On trouve dans toutes les parties de l'arbre (le mancenillier], et principalement entre le tronc et l'écorce, un suc laiteux, regardé comme un poison très-subtil qui rend l'exploitation •t même l'approche de cet arbre très-dangereuses, liAYNAi., Hist. phil. XII, B. Il 3' Oui a une couleur, un reflet de lait. 11 y a des opales à reflets faiblement colorés, oii sur un fond laiteux noltcnt à peine quelques légères nuances de bleu, BUti'. Jfm. t VI, p. <84.

— iiiST. zvi* s. Us fout quclqucfoia les luiaea

laiteuses et sanieuses avec du poil, p»ré, xv, 37. Jettant ses urines lactueuses, et, à la fia de l'urine, du pus, 10. XV, 60.

— ÉTYM. Lat. lactosus, de tac, lait.

t LAITIAT (lè-ti-a), ». m. Nom, dans le Jura, (l'un petit-lait aigre, dans lequel on a fait macérer divers fruits sauvages et qy'on emploie comme boisson rafraîchissante.

t. LAITIER, 1ÈRE (lè-tié, tiè-r'), ». m. et f. Il 1° Celui, celle qui vend du lait. Notre laitière ainsi troussée Comptait déjà dans sa pensée Tout le prix de son lait, la font. Fab. vu, lo. || 2» S. f. Laitière, femelle qui donne du lait. Bonne laitière, se dit d'une vache qui donne beaucoup de lait. || Familièrement. Cette nourrice est une bonne laitière, elle a beaucoup de lait, || 3° Adj. Vache laitière, vache nourrie uniquement pour donner du lait. Nicolas Lejay, marchand de vaches laitières. Arrêt du parlement,6 mai 1671. Il 4° S. m. Laitier, champignon qui, lorsqu'on le casse, laisse échapper un suc blanc.

— HIST. xiv s. Arnoul le vachier et Jehanneton la laictiere, qu'ils pensent des vaches, genices et veaulx, Uénagier, il, 8.

— ÉTYM. Lait.

S. LAITIER (lè-tié ; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l'î se lie : des lai-tié-z incandescents), t. m. Il 1° Terme de fonderie. Sorte de verre opaque ou de silicate tris-complexe qui se forme dans le travail métallurgique de plusieurs métaux, et qu'on nomme aus.si scorie. Ou a soin de laisser couler, et même de tirer cette matière superflue, qui n'est que du verre impur, auquel on a donné le nom de laitier, et qui ne contient aucune partie de métal lorsque la fusion de la mine se fait bien, suff. ilin. t. IV, p. H8. Il On dit aussi litier, Dict. des arts et met. Forges. || 2° Terme de serrurerie. Partie hétérogène qui se trouve interposée entre les parties du fer fondu lorsqu'il est mis en loupes. || 3° Laitier des volcans, lave vitreuse. Toutes ces matières volcaniques, basaltes, laves et laitiers, étant en gran 'e partie d'une essence vitreuse, se décomposent par l'impression des éléments humides, buff. àlin. t. vui, p. ui.

— ÉTYM. Sans doute latt, à cause do l'apparence de cette substance. Cependant la forme litier ferait penser à lit, couche.

LAITON (lè-ton), ». m. Alliage de cuivre (68 à70 pour 100) et de zinc (30 à 34 pour (00), qui est jaune. Le laiton se nomme souvent cuivre jaune. Tiens tes ciseaux avec ta chaîne de laiton, mol. le Dip. IV, 4.

— I1I.ST. xm* s Un bacin De laton bon etcler

et fin, Ren. 3286. Sotiman sone un timbre qui estoit de laiton, Arrière se sont trait Persant et Esclavon, Ch. d'Ant. 1,408. Il puet estre serruriers de laiton à boites, à escrins et à henapiers, à tables et à cofres qui veut, pour tant qu'il sache fere le mestier, et il ait de quoy, Liv. des met. 63. |1 xiv s. Et emblé maint joiel à tort et sans raison. Calices de moustier, argent, cuivre, laiton, Guesd. v. 7623. || xV s. Et là le trouverez [Gaston de Moncade], et verrez comme il fut grand de corps et comme pui.ssant de membres il fut ; car, en son vivant, en beau letton il se fit former et tailler, froiss. ii, m, <2. Ung l'Vre couvert de veloux gris, à fermoucr delctou, Bibl. des ch. 6* série, t. i, p. 319.

— ÉTYM. Genev, loton; provenç. lato; catal, llauto; espagn. io/on; portug. /(if(îo; ital. o<(onf; angl. latlen. D'après Diez, laiton, lato vient de latte, et c'est la forme, non la matière qui a déterminé la dénomination. Schelerse demande iilato n'a rien de commun avec l'anglais lead, plomb, et si l'italien lottone (mutilé dans la suite en oKone) n'a pas du rapport à l'allemand ioih, plomb. D'après M. Rossignol (ai(on, loton, etc. vient de luteum, xm luteum, cuivre jaune.

t LAITONNÉ, ÉB (lè-to-né, née), adj. Garni de fil de laiton. Tulle laitonné au bord pour la forma d'un chapeau de femme.

LAITUE (lè-tue), «, f.\\i' Herbe potagère du genre des plantes laiteuses et de la famille des composées, genre lactuca, composées ligulillores. La laitue cultivée, lactjœa saliva, L., a deux variétés alimentaires : la romaine dite aussi cliicon, et la laitue pommée. Il avait de plant vif fermé cette étendue; Là croissait à plaisir l'oseille et la laitue, LA PONT. Fahlrs, iv, 2. || Uituo sauvage ou scariolc, lactuca scariola, L. || Laitue vireuse, lactuca virosa, L. Il a* Nom de diverses plantes. || Laitue de brebis, les mâches ou valerianelles, || Laitue de chien, le chiendent, le pissenlit, || Laitue de chouette, «crontco beccabunga, L. || Laitue de cochon ou de pore, le <.rtpit [uiida. || Laitue de liàvre, le iaiteroa. jj Laitue

marine, Vuhia lacluca, L. || Laitue de muraille, le sisymbrium trio, L. || 3° Nom vulgaire d'une coquille univalve, le murex saxatiiis. || Laitue de mer, espèce de madrépore.

— HIST. xm' s. Ne laira Alixandre ki vaille une laitue, Itom. d'Aleiandre,^. 62,

— ÉTYM. Provenç, lachuga, laytuoa; cat.il, llatuga, lletuga; espagn. lechuga; ital. laHuga; du lat. lactuca, de lac, lait; à cause du suc laiteux de celte plante.

LAIZE (lê-z'),s.^. Il l'Terme de manufacture. Largeur d'une étoffe entre deux lisières. Ce châle cinq quarts a bien sa laize, || 2° Différence, ordinairement petite, entre la largeur réelle d'une étoffe et sa largeur convenue. Grande laize, différence en plus. Petite laize, différence en moins. || 3" Terme de marine. Bande. Cette voile secompo.sode tant de laizes.

— HIST. xii* s. E une aune [le vase] out de laise ausom [au haut], et quatre au milieu, et une et demie au fonz. Mois, p, 285. || xvi" s, Â la grande laize, COTGRAVE, Le journal en terre arable,.,, contiendra vingt cordes de long en quarré de laize, chacune corde de vingt quatre pieds de roy, Coust. gêner. t. 11, p. 770,

— ÉTYM, Lat, latus, large (voy. le), par l'intermédiaire d'une forme fictive latia.

t LAK (Ink), s. m. Voy. lacs.

t LAKISTE (lé-ki-st'), adj. Les poètes lakistes, ou, substantivement , les lakistes, poètes anglais modernes dont la tendance est une profonde sympathie pour la nature, et un spiritualisme très-raffiné; ce sont des poètes descriptifs. Ce serait une assez neuve et utile manière de caractériser Lamartine, et de renouveler l'étude tant de fois faite do sa poésie, que de la comparer d'un peu près avec ces deux grands lakistes (Wordsworth et Coleridge), SAiNTE-BKi.vE, Critiques, t. iv, éd. 1841, p. 31.

— ÉTYM. Angl. lake, lac, à cause que la plupart de ces poêles habitaient ou fréquentaient les lacs du nord de l'Angleterre,

f LALLATION (lal-la-sion), s. f. Vice de prononciation qui consiste à appuyer sur les I mal à propos, comme si chacune de ces lettres était double, ou à les mouiller indûment, ou à les substituer à la lettre r. On dit aussi et plus souvent lambdaci.sme.

4. LAMA (la-ma), s. m. Nom des prêtres do Bouddha au Thibet et chez les Mongols, Les lamas avouent eux-mêmes qu'ils ne sont pas des dieux ; mais ils prétendent représenter la divinité, raynal, Ilist. phil. V, 17. Il Grand lama, ou dalaï-lama, chef de la religion au Thibet et chez les Mongols. Le mort saisit le vif, et le bon peuple qui ne voit ni les derniers momentsdu défunt, ni l'installation du successeur, croit toujours que son grand lama est immortel, infaillible et impeccable, volt. Lett. C/îin. lett. H . Il On a dit dans 1' Occident que la chaise percéedu grand-lama était distribuée ccmmo relique. Plus loin, du grand lama les reliques musquées, ID, Ép. au roi de la Chine.

— ÉTYM, Thibetain, blamn, prononcé lama, littéralement le supérieur, de bla, au dessus, et le suffixe mo.

2. LAMA (la-ma) ou LLAMA (lla-ma, U mouillées), s. m. Quadrupède ruminant du Pérou, voisin du chameau. L'animal dont Gesner parle, sous le nom (Vallocamelus, et dont il donne la figure, est un lama, qui fut amené vivant du Pérou en Hollande en 1658; c'est le même dontMatthiole fait mention sous le nom d'elaphocamelus, bi:ff. Quadrup. t. VI, p. 51. Parmi les lamas, il y a une espèce sauvage qu'on nomme guanucos, plus forts, plus vifs et plus légers que les lamas domestiques, courant comme le cerf, raynal, Hist. phil. vu, 29.

— KTYM. Nom péruvien qui s'appliquait à tous les animaux couverts d'une toison.

t LAMAÏQUE(la-m,a-i-k'),od;. Conforme à la doctrine des laniaites. || Qui appartient aux lamaïtes.

— ÉTYM. Lama i.

t LAMAÏ.sME(la-ma-i-»m'), «.m. Nom du bouddhisme thibélain.

t LAMAÏSTE (la-ma-i-st") ou LAMAÏTB (la-mai-t'), ». m. .Secialeur du lamaïsme.

LAMANAGE (la-ma-na-j'), s. m. Terme de marine. Profession, travail des [niotes lamaneurs. Na seront aussi tenus (les assureurs) dos pilotages, touagps, lamanages, des droits de congé, visite, etc. Ofdoim. aoiU (68i.

LAMANEUR (la-ma-neur), ». m. Terme de marine. Pilote qui connaît particulièrement l'entrés d'un port, d'une baie, d'une rade, d'une rivière, ft qui guide les bâtiments à l'entrée et à la sortie. Le lamaneur est commissionné. |l On dit aussi pilote la,maucur. J'ai trouvé un peu forte la dépense de 878

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livres faite pour les pilotes lamaneurs qui ont fait enlrcr et sortir les vaisseaux du roi au Havre île Grâce.... comme le roi a résolu d'entretenir plusieurs pilotes audit port, il faut que vous fassiez en sorte que dans ce nombre il y en ait de lamaneurs, et par ce moyen cette dépense ne sera plus nécessaire, Lett. à Desclozeaux, 29 janv. <679, dans jal.

HIST. XVI* s. Si un lamaneur a marchandé et

entrepris mettre un navire hors ou dedans le havre, luy est défendu de l'abandonner qu'il ne soit ancré «u kay, ou que, sortant, il nesoiten pleine mer, Ordonn. de Henri III, 1584, art. 80, dans jal.

— ÊTYil. Ane. fraiiç. laman, qui représente le (amand lotman, homme du plomb, de lot, plomb, et mon, homme, parce que les lamaneurs se servent d'ordinaire de sondes de plomb pour reconnaître la profondeur de la mer.

LAMANTIN (la-man-tin), t. m. Espèce de cétacé herbivore (manate américain), qui est encore dé- «igné parfois sous les noms de femme marine et poisson femme, surtout la femelle, dite aussi vache marine, tandis que le mSle est appelé bœuf marin et poisson boeuf. On trouve, dans le Voyage aux lies de l'Amérique, Paris 1722, une assez bonne description du lamantin et de la manière dont on le harponne, buff. Quadrup. t. vi, p. 346. ||Le grand lamantin du Nord (r/iyîiria borealis seu Stelleri), découvert et décrit par Sleller, mais détruit jiar leî hommes il y a déjà plus d'un siècle. || On écrit aussi lamentin, ce qui, d'après l'étymologie, parait être une moins bonne orthographe.

— ÊTYM. Mot corrompu probablementde manate ou manatin, qui est conservé dans l'espagnol et qui est un mot galibi. legoarant.

t LAMASERIE (la-ma-ze-rie) , t. f. Confrérie de lamas ou prêtres de Bouddha , auxquels le célibat est imposé comme aux prêtres catholiques. Il y a dans le Thibet beaucoup de grandes lamaseries.

— ETYM. Lama ».

t LAMBDA (lan-bda), s. m. La onzième lettre de l'alphabet grec, de l'ordre des liquides ; c'est notre I.

t LAMBDACISMB (lanbda-si-sm'), s. m. Vice de prononciation, de bégayement de la lettre l (voy. lallation). On dit aussi labdacisme.

— ÊTYM. Lambda.

t LAMBDOÏDE (lan-bdo-i-d'), adj. Terme d'anatomie. Suture lambdoïde, suture occipito-pariétale du crâne, qui ressemble à la lettre X des Grecs.

— ETYM. Lambda, et cl5o;, forme.

LAMBEAU (lan-bô), s. m. || 1° Partie détachée et

déchirée. On eût dit, à les voir [les martyrs], qu'à mesure qu'on leur enlevait quelque lambeau de leur chair, leur âme s'en serait trouvée beaucoup allégée, comme si on les eilt déchargés d'un pesant fardeau, boss. Panég. St Gorgon, 2. Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux Oue des chiens dévorants se disput.iient entre eux, bac. Athal. II, 5. Il Terme de chirurgie. Amputation à un seul lambeau, à deux lambeaux, amputation dans laquelle on fait un ou deux lambeaux pour recouvrir la plaie, par opposition à amputation circulaire. || Il se dit, en particulier, de morceaux d'étolTes déchirées. 11 n'étîit point couvert de ces tristes lambeaux Qu'une ombre désolée emporte des tombeau», corn. Poly. i, 3. Je l'ai trouvé couvert d'une affreuse poussière. Revêtu de lambeaux, tout pâle.... FAC. Ésth. II, 1. Caché sous les lanjbeaux de l'obscure indigence, legouvé, Épich. et Nér. v, ». Il Des pauvres en lambeaux, des pauvres qui n'ont que des vêtements en pièces. || 2° Fig, Partie considérée comme arrachée, déchirée d'un tout. Verrais-je d'un œil sec déchirer par lambeaux Une succession qui doit, par parenthèse, Vous rendre un jour heureux et nous mettre à notre aise ? rb- GNARD, Légat, i, 2. Les membres de la Convention n'ont offert que des talents tronqués et des lambeaux d'éloquence, chateaub. Génie, m, iv, i. Quand la censure à son rocher funeste De ton génie a promis les lambeaux, bérang. Censeur. \\ Fragments d'auteurs incomplètement cités. Que les faiseurs de lettres pastorales [les ministres réfugiés], qui se parent des lambeaux de saint Cyprien, boss. I«K. paslor. tur la comm. paire. ♦. Nous n'avons point les règlements de police de Lacédémone ; nous n'en avons l'idée que par quelques lambeaux de Plutarque, qui vivait longtemps après Lycurgue, VOLT. Polil. et législ. Comm. Esprit des lois, xvi! Vous m'avez parlé de cet ancien poème, fait il y a vingt-cinq ans, dont il court des lambeaux trèsinformes et très-falsifiés, ID. Lett. Thiriot, 9 mai 176». Il 8* Terme de vénerie. Peau velue qui couvre le 'Dois du cerf et qui ('en détache à une «rtaine époque de l'anné*.

LAM

— fflST. rv* s. Couverts de grandes couvertures De drap d'or, traynant à lambeaulx, Vigiles de Charles VII, t. ii, p. 4 2r.,dans lacurne. Lambeauli de salin jaune. Petit Jehan de Saintré, p. ts»,

dans LACURNE.

— ÉTYM. Voy. LAMBEL.

LAMBEL (lan-bèl), s. m. Terme de blason. Nom d'une brisure la plus noble de toutes qui se forme par un filet qui doit être large de la neuvième partie du chef. Composa tous ces mots de cimier et d'écart. De pal, de contrepal, de lambel et de fasce, boil. Sot v. || Particulièrement. Brisure qui se place dans les armoiries pour indiquer les branches cadettes. Avez-vous oublié qui je suis, et ce rang que je tiens dans la familL;? ah! vraiment, petit cousin, je vous en ferai bien ressouvenir; si vous me fâchez, je vous réduirai au lambel, sÉv. à Bussxj [qui était de la branche cadette], <B mars (648. L'autre prend un lambel, en cadet important. Dont on a vu l'aïeul gentilhomme exploitant, BOUBSAULT, Fables d'Ésope, m, 4.

— HIST. XIII' s. X cinq labiaus de gueule l'ainsnés fils le porta [porta l'écu], Berte, cxxxi. Le label au mainsné d'argent l'on besanta, «b. || xv* s. Kt faisoit porter devant lui son pennon.... à trois labiaux d'argent, froiss. ll, m, 68. Entra Jaques de Lalain, armé de toutes armes, le bacinet.en teste, la visière levée, et estoit paré de sa cotte d'armes (qui furent les armes de Lalain), et portoit les lambeaux comme fils aisné de la maison, cl. de la marche, Mém. i,

p. 265, dans LACURNE.

— ÉTY'M. Lambel est le même que lambeau. Quatre étymologies sont en présence : 1° le latin lamberare, déchirer; mais la forme ancienne paraît être label, et dès lors l'absence do la nasale fait dilficulté; 2" l'allemand Lappen, lambeau; ce qui est fortifié par lampel, du dialecte de Côme; 3° le latin labellum, petite lèvre, bord, lisière, de labrum, lèvre; 4» limbus, d'après du Cange, bandeau. Il est difficile de se prononcer.

t LAMBERT (SAINT-) (sin-lan-bêr). C'est aujourd'hui la Saint-Lambert, Qui quitte sa place la perd; locution qui vient, dit-on, de ce que la ville de Troyes, prise le jour de la Saint-Lambert en 1590, fut reprise presque aussitôt après. 11 est aujourd'hui Saint-Lambert; Qui sort de sa place il la perl, OUDIN, Curios. franc. 11 serait possible que dans ce dicton la prise de Troyes ne fût pour rien, et qu'il n'y eût là qu'un jeu de rime ; ce qui porto à le croire, c'est que, tjuand on peut reprendre sa place, on dit : C'est aujourd'hui la Saint-Laurent, Qui perd sa place la reprend.

LAMBIN, INE(lan-bin,bi-n'),ï.m. et^. HfTerme familier. Celui, celle qui lambine. Mon lambin de secrétaire ne finit point, st-sim. 299, H3. || Adjectivement. Mes divins anges, puisque vous êtes assez lambins pour ne pas renvoyer le premier acte à M. Marcel, il vous en envoie cinq, volt. Lett. d'Argental, 1 1 fév. 4 764. || 2° Aï ou paresseux.

— HIST. xvi* s. Il me semble que la paille te conviendroit mieux, estant un vray lambin ayant la paille au cu1,bouchet, Serves, i, p. < 23, dans lacurne.

— ÊTYM. Voy. lambiner.

LAMBINER (lan-bi-né), o. n. Agir lentement. Il ne fait que lambiner. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xvi* S. Lambiner, oudin, Dict. Lambeliner, m. ib.

— ÊTYM. D'après Mercier. Lambin, célèbre commentateur de Lucrèce, de Cicéron, de Plaute, etc. ennuya même les savants par le soin minutieu.x qu'il a constammentde rai>porter avec la plus scrupuleuse exactitude les diverses leçons des auteurs qu'il commente; et fit naître le mot lambiner, dont on se sert encore quebiuefois. M. Scheler élève quelques doutes contre cette étymologie, se demandant si lambijier et lambeau ne seraient pas le même radical, faisant remarquer qu'en allemand trôdeln signifie également lambiner et faire le fripier, et que cette langue, qui a Lappen, lambeau, a aussi verlappen, verldppem, dépenser son temps à des vétilles.

t LAMBIS (lam-bl) , s. m. Nom que les marins donnent à un coquillage univalve du genre des strombes; c'est un gros cornet très-sinueux dont les marins se servent quelquefois pour corner. || Nom marchand de plusieurs belles espèces de grandes coquilles.

I. LAMBOURDE (lan-bour-d'), s. f. || 1° Terme de charpente. Nom d'une petite pièce de bois qui sert pour attacher le parquet sur un plancher. Il 2° Petites pièces qu'on met aux entailles des poutres poui poser les solires. U 3* En maçonnerie,

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espèce de pierre tendre et calcaire. Lambourde d'Arcueil, de Saint-Maur, etc. || Dernier lit d'une carrière (environs de Paris).

— ÉTYM. M. Scheler croit que lambourde tient à lambeau, m;iis sans preuves à l'appui.

t 2. LAMBOURDE (lan-bour-d'), s. f. Terme de jardinage. Petit dard arrivé à son complet développement, c'est-à-dire ayant un bouton à fruit au bout et l'écorce lisse. || Petit rameau couvert d'yeux noirâtres et rapprochés, produit par le vieux bois et ne donnant du fruit qu'au bout de plusieurs années.

— ÉTYM. C'est probablement lambourde t, au sens de morceau de bois.

LAMBREQUINS (lan-bre-kin),x.m.pi. || !• Terme de blason. Nom rie l'ancienne couverture des casques. Il Aujourd'hui les lambrequins sont des volets (1 étoffe découpés qui descendent du casque et qui embrassent l'écu pour lui servir d'ornement. U y avait derrière ces casques, au lieu de crinières, des draperies découpées en feuillage et autres ornements de drap voltigeant qu'on appelait lambrequins, MARCHANGï, Tristan le voyageur, ch. Lxxxii. || ilu sing. Chaque branche principale des lambrequins. Le lamtirequin de droite, de gauche. || i' Terme de tapissier. Découpures d'étoffe, de bois ou de tôle imitant le coutil, qui couronnent un pavillon, une tente, un store, etc. || 3* Au xvii* siècle, nom des bandes d'étoffe qui pendaient au bas de la cuirasse, dans l'imitation théâtrale du costume antique.

— ÉTYM. Wallon, lamekène, basque, pan d'habit, forme féminine, dit Grandgagnage, de lambequin ou lambrequin, mot qui, selon le roi René (Œuv. choisies, ii, p. (O), était employé « en Flandres et « en Brabant et en ces haulx pays où les tournoys a se usent communément. » La terminaison accuse, en effet, un diminutif flamand : on indique lampert ou lamfers, voile ténu, que Scheler rattache conjecturalemenl à l'allemand Lappen, lambeau.

LAMBRIS (lan-brî ; Vs se lie : un lan-bri-z enrichi de sculptures), s. m. || 1* Revêtement de menuiserie, de marbre, de stuc, etc. sur les murailles d'une salle, d'une chambre, etc. Les panneaux d'un lambris. Ce lambris est de marbre de diverses couleurs. Lambris de stuc. Le chaume devient or, tout brille en ce pourpris ; Tous ces événements sont peints sur le lambris, la font. Phil. et B. Ella [Mme de Montespan] avait des cochons et des chèvres dans des lambris peints et dorés, maintenon, Lett. à time de Caylus, 24 janv. I7(8. Sous ces lambris fumants ces femmes écrasées, volt. Mérope, I, I. Et mon œil voit partout leurs attentats écrits Sur l'or ensanglanté qui couvre ces lambris, m. j. CHÉN. Charles IX, iv, <. || Fig. Voilà en partie les causes de notre pauvreté [nous Français] ; nous la caclions sous des lambris vernis et par l'artifice des marchandes do modes ; nous sommes pauvres avec goilt, VOLT. l'Homme aux 40 écus, préambule. Il Lorsque les murs sont revêtus de lambris depuis le haut jusqu'en bas, c'est un lambris de revêtement. Si le lambris n'a qu'environ trois pieds de hauteur, c'est un lambris d'appui. || Lambris feint, lambris de couleur fait par compartiment , qui imite un véritable lambris. || 2° 11 se dit aussi d'un enduit de plâtre fait au dedans d'un grenier, d'un galetas, sur des lattes jointives clouées aux chevrons. Il 3' Il se dit encore de ce que les Latins nommaient lacunar, la menuiserie ou la maçonnerie qui est au-dessus de la télé dans un appartement. Il On dit dans le même sens : lambris de plafond. Il 4° Par extension et dans le style relevé et poétique. La décoration intérieure d'une maison vaste et magnifique. Je ne dormirai point sous de riches lambris ; Mais voit-on que le somme en perde de son prix? LA FONT. Fabl. xi, 4. Et pouvons-nous, de nos lambris dorés, dont nous ne sommes presque jamais sortis, voir d'un coup d'œil juste le terrain sur lequel on a combattu ? volt. Mél. litt. Éloge /un. offic. Il Fig. en poésie, le céleste ou les célestes lambris, le ciel. De ce palais roulant le lambris étoile, ROTR. St Geneit, m, 8. Lorsque Vénus du haut des célestes lambris.... a. ciiênieb, l'Amour et le berger. || Lambris de verdure, berceau formé

par des arbres ou arbvBtes Sous le toit solitaire

De cent berceaux, sous le simple lambris Des myrtes verts et des rosiers fleuris Entrelacés par la mnin du mystère, L'Amour conduit les enfants de Cypris, malfil. Narcisse, i.

— HIST. XIII* s. Tout li arvol et tout li lambre Et li portiers ki l'uis tient près Et ki le garde tout adics, Atorné sont 4 tout mal faire, oui de cambrai, Barl. et Jos. p. 293. || xiV s. Le millier de lambrus [lattes] quatre dénie: s, du ca.nge, lainbroissare. Il vit par un pertuis qui estoit au lambru d'iceli*

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chambrn, ID. ib. Jehan de Vendosme, désirant de tout son cœur savoir la vérité du cas, fist mettre et tapir secrètement sur le lambroiz de sa chambre un de ses variés, iD. ib. || xiv* s. Il fit dresser un autel diversifié d'un lambris d'ebene, jaspe, jayet et porphyre, ïveh, p. 547. Contempler le lambriz ou la ïoulte qui sera ingénieusement ouvrée, amyot, Lyc. ».

— ETYM. Il y a un ancien mot lambre qui paraît bien être le radical de lambris. Diez le tire du latin lamina, lame, comme marbre, de marmor; il faut alors admettre un changement de genre, car lam-

• bre est du masculin. Du Cange, au contraire, voit , dans lambre ou lambris le latin ambrUes,de même sens; mais alors il faut admettre que l'article s'y est agglutiné. Malgré cette difficulté, qui est grande pour le XIII* siècle, on doit incliner à l'avis de Du Cange; ambrices avec l'accent sur o;:», a donné ambre, d'où, si l'on admet l'agglutination, lambre. Lambrois et lambris sont des dérivés réguliers de lambre; lambru en est un dérivé barbare.

LAMBRISSAGE (lan-bri-sa-j'), s. m. Ouvrage en lambris. || Action de lambris.ser.

— HIST. XVI* s. Lambrissage, oudin, Dict. LAMBRISSÉ, ÉE (lan-bri-sé, sée), part, passé

de lambrisser. Pièces lambrissées. |{ Chambre lambrissée, chambre sous le toit, dont l'intérieur est revêtu d'un enduit de plâtre. || S. m. Un lambrissé, synonyme de mansarde au xvu* siècle.

t LA.MBBISSEMENT (lan-bri-se-man), s. m. Action de lambrisser ; état de ce qui est lambrissé.

— HIST. XVI* s. Lambrissement, cotgrave.

LAMBRISSER (lan-bri-sé), v. a. Kevêtir de lambris. Lambrisser un appartement de bois, de marbre, de stuc. On lambrisse de bois le salon et la chambre à coucher; de marbre ou de stuc la salle à manger; de plâtre, un galetas. Il [Salomon] lambrissa d'ais de cèdre le dedans des murailles du temple, saci. Bible, Rois, iil,vi, 15. || Couvrir de plâtre, sur un lattis, le dessous d'un comble.

— IIIST. XIV* s. Pour avoir lembroissié de neuf le comble de la chappelle où il a employé iij' Lxxv pièces de borl d'YUande de vj piez de long chacune, qui lui a esté livré fendu et dolé, aux hais dudit seigneur [le duc d'Orléans], de labobde. Émaux, p. 166. Le suppliant se tint dessus la chambre où gisoitson père, qui est lambruchée, du cange, lambroissare.W xvi* s . II accompare l'estendue des cieux à un pavillon royal, disant que Dieu l'a lambrissé d'eaux.... calv. Instit. )3. La maison de Phocion estoit lambrissée de lames de cuyvre, mais au domourant fort simple, amyot, Phocion. 2T.

— ÊTVM. Lambris.

t LA.MBKOT (lan-bro),». m. Autre nom de la lambrusque.

LAMBKCCUE (lan-bru-ch') ou LAMBRUSQUE (lan-bru-sk'), s. ^ || 1* Nom vulgaire donné, dans quelques cantons du midi de la France, à des ceps de vigne croissant spontanément et sauvages. || Se dit aussi du fruit de la lambrusque. || 2* Espèce de vigne de l'Amérique septentrionale.

— iilST. XVI* s. Laissant ceste vigne sans la façonner à la serpe, de franche que la désirés, par son importune charge se rendroit sauvage, et ne produiroit que lambrusches, o. de serres, <oO. ....Oui d'infertile rend un terrain plantureux, Qui change la lambrusque en un cep plus heureux, du BELLAY, Viii, 46, verso. Tu es vestu jusqu'au bas Des longs bras D'une lambrunche sauvage, bons. 4 98.

— ÊTYM. Beiry, lambreuche, lambrunche; provenç. et espagn. labrusca; catal. llambrusca; ital. lambrusca; du lat. labrusca, vigne sauvage.

LAME (la-m'J, s. f. {{ 1° Uorceau de métal plat, de peu d'épaisseur. Il [Salomon] fit lambrisser la partie la plus grande du temple de bois de sapin, et fit appliquer sur tout le lambris des lames de l'or le plus pur, SAU, Bible, Paralip. u, m, 5. Dans un temps de famine, Clovis II, pour nourrir les pauvres, avait fait enlever les lames d'or et d'argent qui couvraient les tombeaux de saint Denis et de ses compagnons; c'était une action charitable et digne d'un grand roi, ST-roix, Es». Paris, Œuv. t. :ii, p. 3i8, dans podgens. || Lame d'or de Malte, lame d'or trouvée à Malte, en io9», sur laquelle sont représentées des divinités égyptiennes. || Terme demonnayeur. Jeter en lames,vorser les matières d'or ou d'argent en bain dans les châssis où elles s'étendent en plaques. |{ Terme de plombier. Lames d'étain, plusieurs éclats d'étain que les ouvriers laissent tomber sur les tables qu'ils veulent blanchir, pour disposer leur étain à fondre plus aisément. || Terme de serri;-rerie. Lame de fiche, la partie de la fiche qui entre dans le bois au moyen d'une mortaise, et qui est fixée par des pointes. || Terme de maçon. Lame, morceau de |

DICT. DE LA LANGUE rKAN^AIïg.

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plomb mince qu'on met à sec entre les tambours d'une colonne pour l'empêcher de s'éclater. |{ 2° Particulièrement. Or ou argent trait, battu, ou aplati entre deux cylindres, qui enlre daiis la fabrication de quelques étoffes, de quelques broderies, de quelques galons. Mousseline brodée de lames. Robe couverte de lames. |{ 3» Terme d'histoire naturelle. Partie mince et plate. Les lames qui garnissent le chapeau des agarics. Une pierre qui peut aisément se partager en lames. Dans les minéraux, chaque petite lame infiniment mince n'étant travaillée que dans deux dimensions par un plus ou moins grand nombre d'éléments organiques, elle ne peut recevoir qu'autour de sa surface une figuration plus ou moins régulière, buff. Min. t. I, p. <3. |{ Terme de botanique. Partie évasée de chaque pétale, jusqu'à l'onglet exclusivement, en parlant des corolles polypétales. Il 4* Tranche. Si l'on enlève une lame d'écorce qui n'ait que peu d'épaisseur, ce qui se reproduira à la place ne sera que de l'éoorce, bonnet, Consid. corps org. Œuv. t. v, p. 387, dans pougens. || Terme de confiseur. Une lame d'écorce de citron, une tranche mince de cette écorce. || 5° Au trictrac, ancien synonyme de flèche. || 6° Terme de menuisier. Lames de persienne, les petites traverses de bois mince assemblées à recouvrement l'une sur l'autre dans les montants ou battants. || Lames de jalousie, les lattes qui les composent. || 7* Fer de dillérents instruments propres à tailler, couper, percer, raser, gratter. Lame de sabre, de couteau, de canif, de grattoir, de lancette. Déjà trois fois, hors de l'étui. Sous vos doigts, à demi-tirées Les lames des poignards ont lui, v. hugo. Orient, xi. || 8° Particulièrement. Fer d'une épée. Une bonne lame. Lame de bonne trempe. La lame se faussa. Lame de Tolède. llFig. et familièrement. Une bonne lame, un homme qui manie bien l'épée. Dablanville : Homme du monde. — Favel : Instruit. — Dablanville: Une excellente lame, picard. Entrée dans le monde, m, l. Il Fig. Une fine lame, une bonne lame, femme fine et

rusce Sœur Agnès qui n'était de ce lieu La moins

sensée, au reste bonne lame, la font. Àbb. mal. Il 9° Lame à deux tranchants, espèce de marteau de couvreur pour tailler l'ardoise. || Largeur du clou à ferror les chevaux. || Terme d'horloger. Lame de ressort, chacun des tours que le ressort décrit quand il est enfermé dans le barillet. || 10° Terme de marine. Élévation momentanée d'une certaine partie de la mer qui, sous l'influence du vent, soulevée comme une espèce de lame, grandit, écume et déferle à son sommet, jal. Il [le bécasseau] ramasse le menu frai de poisson et les Termisseaux sur le sable, que tour à tour la lame d'eau couvre et découvre, bufp. Ois. t. iiv, p. 334. Si vous aimez à voir les étoiles éclore, Ou la lune onduler dans la lame des mers, lamart. Ilarm. i, )i. || La lame est courte, se dit lorsque les lames se suivent de près les unes les autres; dans le cas contraire la lame est longue. || Être bout à lame, se dit quand la lame vient de l'avant. || La lamevientdu large,lalame prend parle lravers,c'està-dire les vagues donnent contre le côté du vaisseau. Il Lame sourde, lame qui, surgissant inopinément, s'élève sans bruit. || Lame de tempête, la masse d'eau, de plus ou moins de diamètre, selon la violence et la grandeur du météore (trombe ou autre), qui s'élève au-dessus du niveau ordinaire do la mer, par suite de la diminution de la pression atmo.sphérique au centre et qui chemine avec lui dans toute son étendue, Presse îcicnti/ique, t. u, p.42l.|| Fausse lame, celle que la \3.r\l^ik des vents pousse dans diverses directions. || Au ^ens du langage de mer, lame ne semble s'être introduit qu'au commencement du xvu'siècle; il se trouve pour la premièrefois dans le Dict. franc, etesp. d'Oudin, «660 (jal). || ll"'rerme d'hydraulique. Lame d'eau , jet aplati tel c^u'en vomissent les animaux qui accompagnent les fontaines, et surtout les jets qui tombent par des chutes disposées en escaliers, comme à la fontaine des Innocents à Paris. || Tarme d'exploitation. Nappe d'eau qui se rencontre ciuelquefois à une certaine profondeur dans le sein de la terre. || 12° Les tisserands appellent lame une partie du métier qui sert à hausser et baisser une pièce pour faire courir la navette. Il 13* Nom, dans laTouraine, de la grappe de raisin qui commence à se former. Jamais tant de lame ne s'est vue au cep ni si bien préparée, p. L. couB. Gai. du village, iv. ||13° Pierre sépulcrale, sens qui vient de l'ancienne langue, et qui s'est dit encore dans le xvu* siècle. Ci-gtt, sous la lame... || On a as.sayé de le rajeunir. Je l'ensevelirai ; je clouerai sous ta lame Ce corps flétri, mais cher, ce reste de mon âme, sainte-beuvb , Poésies , les Rayons jaunes. || Proverbe. La lame use le fourreau, se dit

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des personnes qu'une grande activité d'âme ou d'esprit fatigue, épuise.

— HIST. xiii* s. Rois de France, rois d'Angleterre, Qu'en jonesce deveiz conquerre L'oneur dou cors, le preu de l'ame, Ainz que li cors soit soz la lamo. Sans espargnier corset avoir, HUTEB. H3. ||xv* s. Je me suis mis à parler tout au long de la vie d'Aimerigot Marcel et de remontrer tous ses faits; la cause a esté pour embellir sa lame et sépulture, froiss. 111, IV, 4 5. Lequel, courant contre un Anglois, de fei de lance fut féru par entre deux lames travers le ventre, dont à la fin en mourut, konstrel. t. i, ch. (45, p. 226, dans lacurne. ||xvi* s. Il feit border leurs pavois tout alentour d'une lame de cuivre, AMYOT, Cam. (8. Et ainsi faulsoient leurs espées qui avoient les lames forttenuesetsubtiles,iD.i6.70. î dire vrai, je deviens vieille lame, marot, ii, si. Ceux qui sont mis sous sepulchres et lames Ont à leurs maux trouvé allégement, st-gelais, < 77. Pourquoy en vous moquant me faites-vous ce tort De m'appeler squelette et lame de la mort? rons. 658. Le temps s'en va, le temps s'en va, ma dame ; LasI non, le temps, mais nous, nous en allons. Et tost serons estendus sous la lame, id. Poésies diverses. N'admirons le fourreau pour mespriser la lame, coigrave. Une bonne lame [un habile coquin], ouoin, Via.

— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. lamina; et aussi provenç. lama, laima ; ital. lama ; du lat. lamina, qui a l'accent sur la. Oi) trouve déjà dans Horace, Odes, II, 2, la contraction lamna pour lamina.

LAMÉ, ÉE (la-mé, mée), adj. Garni de lames d'or ou d'argent, en parlant d'étoffes. Drap broché et lamé d'or et d'argent.

— ÉTYM. Lame.

t LAMELLAIRE (la-mèl-lê-r"), ad}. Terme didactique. Cassure lamellaire, cassure présentant dos facettes brillantes en forme d'assemblage confus de lamelles.

— ÉTYM. Lamelle.

t LAMELLATION (la-mèl-la-sion), s. f. Partaga en lamelles. La lamellation régulière de la masse d'un glacier est analogue à celle de certaines carrières d'ardoises, Foucou, Presse scientifique, isoi,

t. III, p. 626.

— ÊTYM. Lamelle.

t LAMELLE (la-mè-l'), s. f. Terme didactique. Petite lame. Les lamelles ou les particules qui composent la surface des corps sont autant de petits prismes, différemment inclinés, qui rompent la lumière et réfléchissent différentes couleurs, bonnet, Contempl.nat. v, il. jj U se dit aussi de tout organe mince des végétaux et des animaux, quand il a une certaine consistance.

— ÉTYM. Diminvit.'f Je lame; Berry, lamelle, lur melle, lame de coui«ê.i.

LAMELLE, ÉE (la-mèMé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui ^'j! garni de lamelles, ou qui se laisse diviser en lamelius. L'on ne doit pas confondre le feld-spath avec les autres spaths, auxquels il no ressemble que par sa cassure lamellée, tandis que, par toutes ses autres propriétés, il en est essentiellement différent, bcff. Ain. t. i, p. «7. || Antennes lamellées, celles dont les articles sont distincts et peuvent s'éfianouir ou se fermer.

— ÉTYM. Lamelle.

LAMELLEUX, KV&K (la-mèl-leû, leû-z'), adi. Qui est plein de lamelles. La texture de la topaze de Saxe est lamelleuse, buff. Min. t. vi, p. m. Il Coquille lamelleuse, coquille bivalve, dont la surface offre des sillons relevés en lames à leur base.

— ETYM. Lamelle.

t LAMELLIBRANCUE (la-mèl-li-bran-ch'), adj. Terme do zoologie. Dont les branchies ont la forma de lames demi-circulaires. || S. m. pi. Les lamellibranches, famille de mollusques acéphales.

— KTVM. Lamelle, et branchie.

f LAMKLLICORNB (la-mèl-li-kor-n'), adj. Terme de zoologie. Dont les antennes sont terminées par une massa feuilletée. || 5. m. pi. Les lamellicornes, famille de coléoptères.

— ÊTYM. Lamelle, et corne.

t LAMELLIFÈRE (la-mèl-li-fè-r'), adj. Terme de zoologie. Qui porte des lamelles. || S. m. pi. Les lamellifèros, famille de polypiers.

— ÉTYM. Lamelle, et le lat. ferre, porter.

t LAMELLIFORME (la-mèl-li-for-m') , adj. Qui a la forme d'une lamelle.

— ÉTYM. Lamelle, et forme.

t LAMELLIPÈUB (la-mèl-li-pè-d'), ad;. Terme do zoologie. Qui a le pied aplati en forme de lamelle. Il S. m. pi. Les lauiellipèdes, famille de mollusques.

— ÊTYM. Lamelle, et le lat. pes, pedis, pied.

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t IjiMELLlROSTUE(la-mèl-li-ro-str'), ad;. Terme de zoologie. Dont le bec est garni de lamelles sur les bords. Il S. m. p(. Les lamellirostres, famille d'oiseaux palmipèdes, dont le canard est le type.

— ETYM lamelle, et le lat. rostrum, bec.

t LA.MKLLOSODENTÉ, ÉE (la-mèl-lo-zo-dan-té, tée) ad;. Terme de zoologie. Dont le bec est garni, »ur îe bord, de petites dents en forme de lamelles.

ETYM. Lat. fictif lamellosus, lamelleux, et dénié.

■f LAMENTABILB, Ua-min-ta-bi-lé), ad;. Terme de musique. Mot italien qui indique un mouvement grave et une expression tendre et mélancolique. Adagio lamenlabile. Largo lamentabile. || Substantivement. Un lamenubile, passage, morceau qui offre ce caractère.

— RTYM. Ital. lamentabile, lamentable.

LAMENTABLE (la-man-ta-W), adj. || 1° Om fait

naître des lamentations. Destin lamentable, maihet, il. d'Asdrubal, v, *. Sort lamentable, trist. if. de Chrispe. Des fureurs de ces temps exemple lamentable, VOLT. Uenr. vin. [Les gens de Lisbonne lors du tremblement] Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours, Dans l'horreur des tourments, leurs lamentables jours, id. Désastre de Lisb. || 2" Qui a le caractère de la lamentation. Je n'entends plus en l'air que des voix lamentables qui diront : le grand Car est mort [on disait que l'Académie voulait iupprimer comme vieillile motcor],voiT. LeU. B8. Ce vieillard vénérable A jeté dans mes bras un cri si lamentable, volt. Fanât, iv, 4. Vous criez : tout est bien, d'une voix lamentable, ID. Désast. Lisb.

— SYN. LAMENTABLE, DÉPLORABLE. Ce qui est lamentable excite des lamentations; ce qui est déplorable excite des pleurs. 11 n'y a pas d'autre distinction, quand on dit : La situation de ces personnes est déplorable ou lamentable. De plus, lamentable a le sens actif et passif : une voix lamentable, c'est-à-dire une voix qui lamente, et un destin lamentable, c'est-à-dire digne d'être lamenté, tandis que déplorable n'a que le sens passif.

— HIST. xv s. Jà soit ce que le cas de la douloureuse, lamentable et inhumaine mort de votre seul fiere germain soit en vostre mémoire infichée, MONSTBEL. I, 77. || ivf ». Veux-jo me plaindre une autre fois . Et, par mes accents lamentables, Taschor à rendre pitoyables Les monts, les rochers et les bois? DESPOBTES, CEuvres chrest. xviii, Ode. Gémissements et voix lamentables d'un homme mourant en angoisse, hont. ii, Ht.

— ËTYH. Ital. lamentabile ; du lat. lamentabilis, de lamentari, lamenter.

LAMENTABLEMENT (la-man-ta-ble-man), adv.

D'un ton lamentable. Après avoir lamentablement conté ses malheurs.

— ÊTYM. Lamentable, et le sufâxe ment.

LAMENTATION (la-man-ta-sion ; en vers, de cinq

syllabes), s. f. \\ 1° Plainte accompagnée de gémissements et de cris. On n'entendait que lamentations. Il i° Expression de douleur et de regret. Mme du Plessis le vint voir [Brisacier] de Fresnes, pour faire les lamentations de la rupture de son marché, sÉv.7oct. 4676. Il 3°Les lamentations de Jérémie, sorte de poëme que ce prophète a fait sur la ruine de Jérusalem. Jérémie lui-même, qui seul semble être capable d'égaler les lamentations aux calamités, ne suffirait pas à de tels regrets, boss. Reine d'Angl.

— SVN. LAMENTATION, PLAINTE. La plainte peut

n'Être qu'un seul gémissement ; un malade qui souffre fait parfois entendre des plaintes sans rien articuler. Au contraire, dans la lamentation, il y a outre les gémissements, des paroles exprimant la douleur. De plus la plainte se rapporte aussi bien à des souffrances physiques qu'à des souffrances morales; la lamentation ne se rapporte guère qu'à des souffrances morales : la douleur physique arrache des plaintes non des lamentations.

— HIST. XIV' s. Et puis il s'en fui au riche roi Pieron; De sa femme lui flst tel lamentation [plainte]. Dont on la fist mourir ainsi que vous diron, Guesd. T. 6890. Il XV* ». Un livre couvert de veloux noir, nommé les lamentations monseigneur sainct Bernard, Bibl. des ch. 6* série, t. i, p. 363. || xvj* s. Ils disoient en leurs cris et lamentations.... mont, i, t*. Ut envoyèrent faire leurs doléances et lamentations aux Laccdemoniens, amyot, Péricl. 6«.

— ÉTYM. Provenç. lamentation, cAial. llamentaeiô; esp. lament(xcion; ital. lamentaiione ; du lat. lamentatinnem, de lamentari, lamenter.

LAMf:NTÉ, ÉE (la-man-té, tée), port, passé de lamenter. La mort de Germanicus lamentée par tout le peuple romain.

LAME.\TEK (la-man-té). |1 !• F. o. Plaindre par lamentations. Le chantre désolé lamentant son mal-

LAM

heur, BOiL. Lutr. iv. Pendant que tout le reste do la Syrie pleurait et lamenlait la perte de l'armée, oCi il y avait peu de familles qui n'eussent quelque proche parent, bollin, Ilist. anc. Œuv. t.ii, p. 36«, dans pouGENS. Lamenter ses douleurs, ducis. Oscar, i, 2. Il Prononcer comme en lamentation. Lamentant tristement une chanson bachique, boil. Sat, m. Il 2° Y. n. Vous avez beau pleurer et lamenter. Bien n'est plus ennuyeux que d'entendre lamenter un enfant, J. J. Rouss. Nouv. Hél. dans girault-duvivier. (I 3° Se lamenter, v. réfl. Pousser des lamentations. Ces femmes se sont lamentées tout le jour. La nuit était noire, on la passa à se lamenter, voi.T. Blanc et noir. || Par exagération. Se plaindre beaucoup. Vous vous lamentez, dans votre lettre du 20 septembre, de n'être point brigadier des armées du roi, tandis que vousrêtes,voLT.ieit. la Houlière, 22 cet. 1 770. Vous êtes bien bon de vous lamenter pour des hommes qui vous verraient brûler en riant, n'ALEMB. LeU. à Voltaire, <2 mai t767.

— HIST. XII* s. N'i a celui ne plurte sei lement, Ch. de Roi. cxxxvi. || xiii* s. En la maison Symon chascune s'en gamente, Berte, xlviii. || xv's. Quand le noble roi Charles de France eut oui sa sœur ainsi lamenter, froiss. i, i, 8. Et qui n'a vaillant un navet. Triste, dolent se doit clamer, Et son temps perdu lagmenter, e. desch. Poésies mss. f° 4 90. il XVI* s. Car vous lamenterez et pleurerez, bèze, StLuc, VI, 25. L'homme est guary qui puet se lamenter, BONS. 630. Le herault trouva plusieurs en la ville, qui lamentoient la mort du roy, amyot. Thés. 26. Ses amis pleurants et lamentants autour de luy, mont, i, 6.

— ÉTYM. Wallon, se lammenter; norm. guermenter; Berry, se guementer; du lat. lamentari. U a donné dans les patois et l'ancien français gamenter, guementer,pM le changement de \'l eng (comparez vomtr et garnir, lièvre eiyueuvre); puis guermenter , garmenter, avec l'épentbèse d'une r, comme arme pour âme, hurler pour uller, etc. Lamentari est le verbe dénominatif de lamentum, qui représente clamentuTOiparune chute ducqui n'est pas sans exemiile en latin ; clamentum tient à clamare (voy . clameur)

LAMENTIN (la-man-tin), voy. lamantin.

+ LAMETTE (la-mè-f), s. f. Petite lame. |1 Pièce de fer qui est une des parties des soulfleis de forge Il Petite lame de bois qui soutient les carreaux des lices d'un métier.

— ÉTYM. Diminutif de lame.

LAMIE (la-mie), s. f. || 1° Terme d'antiquité. Être

fabuleux qui passait pour dévorer les enfants, et qu'on représentait ordinairement avec une tête de femme et un corps de serpent. ...On sent en vous des goules, des lamies , D'affreux êtres sortis des cercueils soulevés, v. hugo. Légende des siècles, Eviradnus. || 2" Terme de zoologie. Nom d'un genre de poissons sélaciens, dans lequel on diS' tingue la lamie cornubique, qui est le squale long' nez de certains auteurs, et dont quelques individus peuvent peser trois milliers, legoarant. || 3° Genre d'insectes coléoptères.

— HIST. XVI* s. 11 dit s'estre trouvé des chiens tous entiers dans l'estomach do la dite lamie, pabë. Monstres, app. i.

— ÉTYM. Lat. lamio; grec, Xa|i.(a, sorte de vampire. fi. LAMIER (la-mié), s. m. Ouvrier qui prépare

les lames d'or et d'argent pour les étoffes.

f 2. LAMIEK |la-mié), s. m. Genre de plantes labiées dont la. plus commune est connue sous le nom d'ortie blanche, lamium album, L.

LAMINAGE (la-mi-na-j'), A m. Action de laminer. Il Résultat de cette action. || Manière de réduire les métaux en lames.

— ÉTYM. Laminer.

t LAMINAIRE (la-mi-nê-r"). || 1* Adj. Terme de minéralogie. Qui est composé de lames parallèles. Il Cassure laminaire, cassure qui offre des lainollos. \\i°S.f. La laminaire, plantedela classe des algues fucocées, à fronde aplatie et largement rubanée.

— ÉTYM. Lat. lamina, lame.

t LAMINE (la-mi-n') ,s. f. Petite lame. Qu'un morceau de fer soit conçu partagé en millelaminés élastiques, volt, feu, 32. Il Inusité; c'est la traduction pcdantesque du latin fami'na, lame. On dit lamelle.

— HIST. XVI* s. La lamine de plomb, frottée de vif argent, paré, v, 20.

LAMlNË, ËB (la-mi-né, née) , part, passé de laminer. Fer larainc.

LAMINER (la-mi-né), v. a. Réduire un métal en lame. || Réduire le fer en barres en le faisant passer par des cylindres. || Se laminer, v. réfl. Être laminé. Le fer se lamine.

— ÊTYM. Lat. lamina, lame.

tA.M

t LAMINERIE (la-mi-ne-rie), s. f. Atelier oii on lamine les métau.t.

— ÊTYM. Laminer.

t LA.MINEUR (la-mi-neur), ». m. Ouvrier qui lamine les méiaux.

t LAMINEUX, EUSE 0a-mi-neû, neû-z'), adj. Terme d'hisioire naturelle. Qui est formé de lames. Il Terme d'anatomie. Tissu lamineux, nom donné autrefois au tissu cellulaire.

— ÉTYM. Lat. laminosus (quichebat. Addenda), de lamina, lame.

LAMINOIR (la-mi-noir), s. m. Machine à l'aide de laquelle on étire en lames ou en feuilles les métaux malléables. Passer au laminoir. Rompra et démolir incessamment les presses, fourneaux, moulins, laminoirs, coupoirs.... fondre les flans, matières destinées pour lesdits doubles. Arrêt du conseil, 6 aotlt 1643. Il Fig. et familièrement. Passer au laminoir, être soumis à de dures épreuves.

— ÉTYM. Laminer.

t LAMIQCE (la-mi-k'), adj. Qui appartient aux lamas. La religion lamique fît de bonne heure dos progrès considérables, haynal, Hist. phil. v, il. Il On dit plutôt lamaîque (voy. ce mot).

t LAMISTE (la-mi-st'), s. m. et f. Sectateur do la religion des lamas. Enfin n'étant ni mahométans, ni brames, ni lamistes, ils n^ reconnaissaient qu'un seul Dieu sans aucun mélange, volt. Polit, et législ. Fragm. hist. sur Vlnde, xxxvi. || On dit plutôt lamalste (voy. ce mot).

LAMPADAIRE (lan-pa-dê-r'), s. m. ||1° Terme d'histoire ancienne. Officier de l'Église de Constantinople qui avait soin du luminaire, et qui portait un bougeoir élevé devant l'empereur et l'impératrice, pendant qu'ils assistaient au service divin. || 2" Espèce de lustre ou de candélabre propre à soutenir des lampes. Partout [dans les églises] se présentaient.... des stalles sculptées par les Charpentier et les Dugoulon, et des lampadaires arrondis par les Bail in, CHATEAUBR. Génie, IV, I, 2. Il Espèce de pied ou support, le plus souvent d'après un modèle antique, servant à porter une lampe. || 3° Réunion de mèches de lampes, dont l'effet est de multiplier les lumières.

— ÉTYM. Lat. lampadarius, de lampas, lampe.

LAMPADISTE (lan-pa-di-sf) , s. m. Terme d'antiquité grecque. Celui qui s'exerçait à la course des flambeaux.

— ÉTYM. Aa|j,7ta5iCTTT|i;, de Xo[ji.Jtà;, flambeau (voy. lampe).

LAMPADOPUORE (lan-pa-do-fo-r') , s. m. Terme d'antiquité grecque. Nom de ceux qui portaient les lumiôres dans les cérémonies religieuses. |{ Synonyme de lampadiste.

— ÉTYM. AaiiTtaSoipôpo;, de >»(«tà{, lampe, et çopiç, qui porte.

t LAMPANT, ANTE (lan-pan,pan-t'), od;. Terme de commerce. Huile lampante, huile bien claire et bien purifiée.

t. LAMPAS (lan-pâs'), s. m. Étoffe de soie de la Chine à grands dessins d'une couleur différente de celle du fond. Ils déroulèrent de magnifiques étoffes de soie de la Chine, des lampas découpés à jour, BERN. de st-pierre, Paul et Virg. {] On le trouve aussi écrit lampasse.

— ÉTYM. Origine inconnue.

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