‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 92 sur 389 · LEM · texte numérisé non relu

LEM

•lii

â la dignité de maréchal de camp arec un œil de verre et une jiimbe de bois, iumilt. Gratnm. 3.

— msT.xvi" s. Douaire propre aux enl'antsestuna légitime coutumiere prise sur les biens de leur père, par le moyen et bénéfice de leur mère, loysel, (58. J'excuse plustost un cadet de mettre sa légitime au vent, que.... mont, m, 49. J'en cognois tel [avocat] qui ne donneroit pas sa librairie pour loooo escus ; ah messieurs, vais je dire qu'ils en retirent bien leur légitime, Contes de Cholières, i'232, dansLACURNE.

— ÉTYM. Légitime < ; proyenç. et espaga. légitima ; ital. legittima.

LÉGITI.MÉ, ÉE (lé-ji-ti-raé, mip),part. pnsst' de légitimer. Il 1° Rendu légitime. Le roi, qui pensait toujoursjuste,aurait désiré que les princes légitimés ne se fussent jamais mariés. M"' DEÇA YLUS,So!ti'ent'rs, p. 61, dans POUGENS. Sa tendresse [de Louis XI V] qui redoublait pour le duc du Maine et pour le comte de Toulouse ses fils légitimés, le portai les déclarer héritiers de la couronne, eux et leurs descendants, au défaut des princes du sang, volt. Louis XIV, 28. il Substantivement. On n'omettait rien pour préparer le public à l'élévation des légitimés, duclos. Règne de Louis XIV, OEuvr.t.v,p. 102, dans pougens. Il 2° Justifié. Une action légitimée par les circonstances.

LÉGITIIIEMENT (lé-ji-ti-me-man) , adv. D'une manière légitime. Cette somme lui est due légitimement. Il i bon droit, avec raison. Ceux à qui Dieu a donné la religion par sentiment du cœur sont bien heureux et bien légitimement persuadés, pasc. Pensées, t 1, p. 296, édit. LAHDHE. Un homme de quatre-vingts ans, qui ne doit espérer que trois ans et sept mois de vie, peut encore espérer tout aussi légitimement troisans lorsqu'il a atteint quatre-vingtcinq ans, BUFF. Prob. de la vie, OEuvr, t. x,p. 248, dans POUGENS. || D'une façon excusable. Afin que je sois légitimement ingrat, étant infiniment obligé, ne me laissez pas même des paroles avec lesquelles je puisse vous remercier, balz. t. i, p. t2l. édit. (605.

— HIST. XV s. Helas I son fils et ses parens [de Charles VI, qu'on enterrait] ne pouvoient estre à l'accompagner, de quoi ils estoient légitimement excusez, JUV. DES UBStNS, 1422.

— ÉTYM. Légitime, et le suffixe ment ; provenç. hgitimamen; espagn. legitimamente ; ital. legittimamerite.

LÉGITIMER (lé-ji-ti-mé), c.o. Il !• Rendre légitime. Légilimer un enfant naturel. Vous saurez que le père avait longtemps devant Cette fille légitimée, LA FONT. Coupe. Ils n'oHt plus de rempart que l'abri de l'autel Où Dieu légitima leur lien mutuel, LEMEHC. Frédég. et Br. i, 1. 1| Faire reconnaître son pojvoir, son titre pour authentique. 11 a fait légitimer sa commission. || 2° Justifier, excuser. Bien ne peut légitimer une aussi mauvaise action. Par lo bonheur public légitimer sa gloire, briffaut, Ninus II, II, 4. Il 3° Se légitimer, v. réfl. Etre légitimé, justifie. Des actes qui se légitiment par la nécessité.

— HIST. xiv s. Bernard, gloseur des decretales, dit que le pape peut légitimer, quant aux honneurs teculiers, ceux qui sont de sa juridiction temporelle, le Songe du vergier, i, fo7. ||xvi' s. Là l'ercusson, se reprenant, bourgeonne et prnduitdes vergetons, dont l'arbre se façonne, se légitime, se fertilie selon vostre intention, o. de serres, 667. Le pape ne peut légitimer bastards et illégitimes pour les rendre capables de succéder ou leur estre succédé, P. pithou, 2).

— ETYM. Ugitime t.

I LfiGITIMlS-ME Oé-ji-''-™'-sinl, »• m. Opinion des légitimistes.

t LÉGITLMISTE (lé-ji-ti-mi-sf), î. m. et f. Celui, celle qui est partisan des princes dits légitimes, et, en particulier,dela branche aînée des liourbons, entant que possédant un droit à régner sur la France. || Adj. Le parti légitimiste. Les opinions légitimistes.

LÉGITIMITÉ (lé-ji-ti-mi-té), s. f. || 1° Çuallté de ce qui est légitime. On attaqua la légitimité de son mariage. Il L'état, la qualité d'un enfant légitime. On lui dispute sa légitimité. |1 2" Droit des princes que l'on appelle spécialement légitimes. Il [iM. de Talleyrandj s'était dit qu'après avoir représenté le génie' tout-pui.ssant, représenter le droit (ce qu'il avait défini par un mot heureux, et qui avait obtenu un immense succ's, celui de légitimité), représenter le droit était un rôle très-digne, trùs-convenable, et qui pourrait bien n'être pas inférieur à celui qu'il avait eu jadis, TiiiP.ris, Consul, et Emp. t. XVIII, p. 445. Combien d'agents illégitimes Servent la légitimité? bébang. JMalk. llruneau. \\ En ce sens on a dit la quasi-légitimité, en parlant do la branche cadette des Bourbons, parce qu'elle était montée

sur lo trône par une révolution, tout en appartc nant à l'ancienne famille royale. || 3° Qualité de ce qui est fondé en éijuité, en raison. La légitimité d'une action, d'une prétention.

— ÉTYM. légitime ).

LEGS (le; le g ne se prononce pas, et il ne faut

pas dire, comme quelques-uns, lègh; l's se lie : un lè-z exorbitant, des lè-z exorbitants), i. m. Ce qui est légué par testament ou par un autre acte de dernière volonté. 11 mourut, et son testament N'était plein que de legs qui l'auraient consolée. Si les biens réparaient la perte d'un mari Amoureux autant que chéri, LA FONT. Matrone. Il savait qu'une charité tardive, selon les PJres de l'Église, avait plus d'avarice que de piété, qu'il faut exécuter soi-même son testament et ses legs pieux... flécu. Due de Mont. Il Legs par a.ssignat, legs d'une somme ou d'une renie à prendre sur un fonds déterminé. || Legs pénal, legs mis à la charge d'un héritier, pour le cas oïl il méconnaîtrait les dernicresvolonlés du testateur. Il Le legs universel est la disposition testamentaire par laquelle le testateur donne à une ou plusieurs personnes l'universalité des biens qu'il laissera à son décès, Code Nap. U)03. Le legs à litre universel est celui par lequel le testateur lègue une quote-part des biens dont la loi lui permet de disposer, telle qu'une moitié, un tiers, ou tous ses immeubles, ou tout son mobilier, ou une quotité fixe de tous ses immeubles ou de tout son mobilier, ib. toio. ||Legs particulier, celui qui donne droit à un objet déterminé. || Fig. Que reste-t-il aujourd'hui de toutes ces douleurs en Angleterre [les expiations pour la mort de Charles I"]?... les siècles n'adoptent point ces legs de deuil; ils ont assez de maux à pleurer, sans se charger de verser encore des larmes héréditaires, ciiateaub. Stuarts, la République.

— HIST. xiii" S. Car il lui fist faire tex [tels] lais Dont s'ame fu en vraie pais, Bl. et Jehan. 2(j66. Se le [la] feme fesoit tix [tels] lais en se [sa] plaine santé à son segneur, par force ou par maneces.... cis lais seroit de nule valeur, beaum. xvi, 4. || xv* s. Voiant sa maladie engregier [augmenter] et ses jours décliner, receut bien et dévotement ses sacremens, et fit ses derrenieres ordonnances et leez tels que bon luy sembla, a. chartier, llist. de Charte VI et K//, p.249. Il XVI" s. Parlay testamentaire, ahyot, Scrior. 30. Les legs et dons faits in génère, Nouv. coust. génér. t. 11, p. 6t8.

— ÉTYM. Provenç. légat; catal. llegat ; espag. legado; ital. legato. Le français est un subslanlif abstrait formé du verbe léguer (voy. léguer), et qui s'est écrit au nominatif legs, les ou lais, et leg au régime; la forme legs e^l une orthographe où l'ancienne s du nominatif s'est conservée.

LÉGUÉ, ÉE (ié-ghé, gliée), part, passade léguer.

LÉGUF.R (lé-ghé. La syllabe lé prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est mue ite: je lègue, excepté au futur et au conditionnel : je léguerai, je léguerais. Je léguais, nous léguions, voui léguiez; que je lègue, que nous léguions, que vous léguiezj.u.a. Il 1° Donner par testament ou par un autre acte de dernière volonté. Quoi ! moi j'aurais ]( gué sans auctme raison Quinze cents francs deren'e à ce maître fripon! RF.GNARD, Légat, v, 7. Kile [Nie on] me légua doux mille francs pour acheter des liires; sa mort suivit de près ma visite et son testament, volt. J/ci. liit. sur Mlle de l'Enclos. || Absolument. Telle est la manie de léguera ri';glise, qu'au Pérou tous les biensfonds appartiennent au sacerdoce ou lui doivent des redevances, raynal, llist. phil. vu, 3i . |i 2° Fig. Transmettre. Le dernier siècle a légué au nôtre plusieurs découvertes précieuses. Je léguerai la France à ma race durable, lemerc. Frédég, et Brun, i, 4. Il Charger, après soi, de faire une chose. Je vous lègue à défendre et ma cause et ma gloire, d'avrigny, Jeanne d'Arc, v, 2. || 3° Se léguer, v. réfl. Être légué. Dos haines héréditaires qui selègucntdepcre en fils.

— ETYM. I.at. legare, léguer. Legare est le dénominatif de legrm, loi, et il s'est dit, pour les personnes, des nominations d'envoyés par une l<ii, et, pour les choses, des transmissions testamentaires, lesquelles originairement, en droit romain, avaient aussi lieu par une loi {testamentum calatis comiliis).

t LÉGUMAGE (lé-gu-ma-j'), t. m. Terme collectif. L'ensemble des légumes.

— HIST. XIV" s. Leû mages et choses generatives de sanc moiste, 11. de mondeville, f° 45. |{ xvi" a. De bledz, de vins, de fruictaiges et Icgumaiges, on n'en veid oncfpies tant, si les souhayctz dos panures gens sont ouyz, rab. Pant. iv, J'rogn. Qu'il s'abstienne de choux et de tout legumage,rARi».,viii,H. — ETYM. Légume,

LÉGUME rié-gu-m'), s. m. || 1° La partie que l'on cueille sur une plante potagère et qui est destinée, à l'alimentation; c'est le fruit dans les haricots, les pois; c'est la racine dans les navets, les carottes; c'est la feuille dans les laitues, les chicorées; c'est la fieurdans le chou-fleur, etc. Un augusiin vêtu simplement, ne se nourrissant que de simples légumes, et n'accordant qu'à l'hospitalité.... une nourriture plus délicate, c'est-à-dire l'usage de la viande, mass. Car. Us. des rev. ecclés. Le corps d'un homme réduit en poussière, répandu dans l'air et retombant sur la surface de la terre, devient légume ou froment, volt. Dict. phil. Résurrection. L'homme réduit au pain et aux légumes traînerait à peine une vie faible et languissante, biffon, Quadrup. t. 11, p. 175. Avant 1744, les Philippines ne voyaient croître dans leur seiii fécond aucun de nos légumes, RAYNAL, llist. phil. v, 16. || Légumcs verts, les asperges, les petits pois, les haricots verts, etc. Légumes secs, les haricots secs, les lentilles, etc. ij 2" Terme de botanique. Gousse. Le fruit de cette plante est un légume.

— HIST. XII" s. Cil alad pur herbes querre e leûms. Bois, dans raynouard, Gloss. \\ xiii" s. Et saciés, sour tous leilns, lentilles sont plus malvaises, alebrant, f° 51. Se ele [l'eau] cuit tost les leilns, BRUN. lat. Très. p. 179. || xvi" s. Quant aux légumes, ce sont bleds qui abondent en plus d'espèces que nuls autres.... fèves, pois, fazols.... o. db SERBES, I H.

— ETYM. Provenc. legum. Hume; catal. llegum; espagn. legumbre; ital. légume ; du Ut. leglimcn, de légère, cueillir et lire (voy. lire) : récolte, chose cueillie, le suffixe men étant participial et passif. Légume est refait sur le latin ; l'ancienne foriue est leiin, avec chute, comme c'est l'ordinaire, de la consonne médiane.

t LÉGUMIER, lËRE (lé-gu-mié, miè-r'), adj. Qui contient des légumes. Jardin légumier. !l Qui appartient aux légumes. La primeur est ou une phiiito légumière ou un fruit obtenus par une culture forcée avant l'époque naturelle. || Fruits légumiers,

voy. FRUITS.

— ÉTYM. Légume.

t LÉGUMINAIUE (lé-gu-mi-nê-r'), adj. Tcrinp de botanique. Qui a du rapport avec le légume ou gousse. Déhiscence léguminaire.

— ÉTYM. Lat. leguminarius, qui signifie marchlîid de légumes, de legumen, légume.

t LÉGUMINE (lé-gu-rai-n'), s. f. Terme de chi mie. Principe contenu dans les semences de la plu part des plantes légumineuses.

— ETYM. Légume, et la finale chimique ine. LftGU.MI\EilX, EUSE (lé-gu-rai-neô, mù-z),adj

Il 1° Terme de botanique. Qui a une gousse pour fruit, comme le pois, la fève, le haricot, l'acacia, le genêt, etc. Il S. f. Les légumineuses, grande famille végétale caractérisée par la fructification en gousses oulégumes. Le tiède est une légumineuse. La famille des légumineuses comprend un grand nombre de genres. || 2° S. m. pi. Les légumineux, les alinienis composés de légumes.

— ETYM. Lat. leguminosus, de legumen, Uf(vimc. t LÉGUMISTE (lé-gu-mi-sf), s. m. || 1" Jardiniei

qui cultive les légumes. || 2" Nom d'une secte an glaise qui s'astreint à ne manger que des légumesy et s'absiient de tout ce qui a vie.

f LEllM (lôm'), s. m. Terme de géologie. Sorte de terrain de sédiment.

— ÉTYM. Allem. Lehm, limon.

t LFIHMTZIAMS.ME (lè-bni-tsi-a-ni-sm'), s. m. Philosophie idéaliste de Loibnitz, caractérisée surtout par les monades (voy. monade), et par l'harmonie préétablie (voy. HARMONIE, u" 2). Voltaire avait connu Kœnig chez Mme du Chfttelet, à laquelle il était venu donner des leçons de leibnitzianisuic, CONDORCET, Vie de Volt.

— REM. On a trouvé, dans ces derniers temps, qu'on doit écrire Leibniz sans (.

t LEIBNITZIEN, lEIV.NE (lè-bni-tsiin, tsio-n'), adj. Qui appartient au leibnilzianisme. || S. m. Par tisan de ce système. Je suis trés-mortifié, monsieur, que vous soyez assez leilmitzien pour imaginer que vous avez une raison suffisante d'Ctre en colère contre moi, volt. Lett. Maupertuis, ("juillet (74i,

f LEIO.... préfixe qui doit être lio, du grec Xeïo;, la diphthongue ti se rendant en latin et, par suite, on français, par t (voy. Lie....).

t LÉMANIQUK (lé-ma-ni-k'), adj. Qui a rapport au lac Léman.

t LÉMANITE (lé-na-ni-f), t. f. Pierre ainsi dite du Léman ou lac de Genève; c'est la sau.ssurito.

t LEMMATiyUE (Itm-ma-ti-k'; , ad) Terme d9

LEN

mathématique. Oui a rapport au lemme, qut a le earacti're du lemme.

LEHHE (lè-m'), s. m. || 1* Dans la dialectique grectiue, proposition mise en avant. Le lemme, le prolemme et répiphore sont les trois parties de l'argument, dideb. Opi'n. des ane. phil. {stoicisme). Il f Terme de mathématique. Proposition qui prépare la démonstration d'une autre. La marche de Spinosa est plus géométrique que celle de tous les philosophes de l'antiquité, c'est le premier athée qui ait procédé par lemmes et théorèmes, volt. let Systèmes, note k.

— ÉTYM. A^!i|ia, prise, et, par suite, proposition que l'on prend d'avance, de >a[i6âvEiv, Xaësîv.

f LEMMING (lfem-mingh'),ï. m. Sorte de rongeur dit lapin de Norvège. Les migrations du lemming dans les contrées septentrionales.

t LEMNACÉES (lè-mna-sée), s. f. pi. Famille de plantes monocotjlédones, vivant à la surface des eaux douces stagnantes, sur lesquelles elles flottent librement.

— ÉTYM. Lemne.

t LEMNE (lè-mn"), *. f. Terme de botanique. Nom moderne du genre lenticule, type de la famille des lemnacées, dans lequel on distingue la lemne bossue dite vulgaireme:^ canillée, herbe au canard, lenticule, lentille d'eau et lentille de marais, LKGOARANT.

— ÉTYM. As'uiva , que l'on croit être la lentille d'eau, t LEMXIEti, lENNE (le-mniin, mnic-n'), adj.Qui

esit de nie de Lemnos. || Terre lemnienne, terre de l'ile de Lemnos, à laquelle on attribuait diverses qualités médicinales, et qui entre dans la composition de la thériaque.

t LEMXISCATE (lè-mni-ska-f), t. f. Terme de géométrie. Courbe du quatrième degré, qui a la forme du chiffre 8.

— ÉTYM. Lat. lemniseatus, orné de lemnisques, de lemniscxis, lemnisque.

f LEMNISQL'E (lé-mni-sk'), s. m. || !• Terme d'antiquité. Nom de rubans attachés aux couronnes, aux palmcsdes vainqueurs et des suppliants. || Ligne horizontale, ponctuée en dessus et en dessous-f, ou surmontée de deux points.!-î-.Sousla première forme,le lemnisque indique, dans les manuscrits, les passages traduits de l'Ecriture sainte, mais non littéralement ; sous la deuxième, il signale les transpositions. Il i" Terme de diplomatique. Attache de soie, de corde, de cuir, etc. au moyen de laquelle les sceaux pendants sont fixés aux chartes ou diplômes. Il 8" Terme de zoologie. Couleuvre dont le corps est annelé de blanc et do noir.

— ÉTYM. Lat. lemniscus, du grec XTiiivlmto;, dérivé de ).îiv<3<, laine (voy. laine).

LÉMDRES (l^-mu-r'), *. m. pi. Terme d'antiquité romaine. Nom que les Romains donnaient aux Tantômes des morts, qui, suivant l'opinion populaire, se faisaient voir quelquefois la nuit. Les lémures étaient fêtés à Rome au mois de mai.

— REM. L'Académie fait lémures du féminin ; mais, en latin, lémures est du masculin, et il n'y a aucune raison pour en changer le genre en français.

— ÊTYM. Lat. lémures.

j Lft-ML'RIENS (lé-mu-riin), t. m. pi. Terme de ïoologie. Famille de l'ordre des quadrumanes, renfermant ceux de ces animaux dont les formes générale» se rapprochent des formes des quadrupèdes proprement dits. Le genre maki est le type de cette famille.

— ÊTYM. Umures, i cause de l'apparence de ces animaux.

+ LËMURTES Oé-mu-ric), t. f. pi. Terme d'antiquité romaine. Fête en l'honneur des lémures.

— f.TYM. Lat. lemuria, de lémures, lémures.

\ LENCORNET (lan-kor-né), s. m. Mot fautif qu'on trouve dans ciiateaubr. Amer. Pêches. Il faut encornet (voy. ce mot).

LENDEMAIN (lan-de-min), s. m. Le jour qui suit celui dont on parle. Sans inquiétude, sans ■uuei pour le lendemain, iiass. Prof. rel. 3. Le lendemain mêmes enchantements. Mêmes festins, pareille sérénade ; Et le plaisir fut un peu moins piquant ; Le lendemain lui parut un peu fado ; Le lendemain fut triste et fatiguant ; Le lendemain lui fut insupportable, volt. Bégueule. Cet enfant que la vie elTaçait de son livre, El qui n'avait pas même un lendemain à vivre, v. huoo. Feuilles d'automne, i.

LL» '.endemain que, le lendemain du jour où. Le ndemain que j'eus reçu votre lettre, sév. toi. Il Du jour au lendemain , très-promptement. Les plus durables fortunes Passent du jour au lendemain, malh. vi, s. Il Proverbe. Il n'y a pas de bonnes ffttes sans lcnd*<nain, se dit lorsque, après

LEN

s'Ctre diverti un jour, on propose de se divertir encore le jour suivant.

— HIST. xu' s L'andeniain par som l'aube

csclarie [au point du jour], Roncisv. 16-2. ||xni* s. De ce pristrent li message jour de r^ondre à l'endemain,viLLEH. xv. L'endemain à maiin droit après l'ajournée, Berte, ixviii. Et chis [ce] jor d'avisement doit estre du jor à l'endemain, beahm. ix, I2. Il XIV* s. Li rois out [eut] Besançon tout droit le lendemain, Girart de Boss. v. <920 (partout ailleurs il y a l'endemain dans le poëme). Le bien que tu peus faire au matin, n'attens pas le soir ne l'endemain, Ménagier, i, 9. || xv' s. L'endemain ils se desancrerent, FROiss. i, i, I8. Et quant la ditte dame eust esté demye journée avec le roy, elle s'en vouUoit retourner ; mais le roy ne voulut jusques au lendemain, Bibl. des chartes, *' série, t. i, p. 4)2. Le lendemain du premier jour de may, en. n'oRL. Bail. p. 7). Lendemain que la ville fu prinse, comm. n, t. ||xvi' s. Estant arrivée à Limoges le lendemain, Longueval me bailla une lectre de vous, MARG. Lett. c. L'homme ne sauroit cognoistre Si un lendemain doit estre, bons. 499. Hé 1 iju'en rapportez-vous, sinon la barbe grise Pour toute recompense, ou quelque mal soudain Qui vous fait trespasser du jour au lendemain ? ID. 707. Un jour devant il ne fit que pleuvoir, Et l'endemain claire fut la journée, marot, m, 22. Pere éternel qui nous ordonnes N'avoir souci du lendemain, >d. IV, 344. Le lendemain qu'il fut party, Timoleon se alla présenter en bataille devant la ville, amyot, Timol. 30. On les rameine bien l'andemein à la charge, mont, i, 63. 11 manda au lendemain le conseil de ses afflis, m. i, 128.

— ÉTYM. Le, en, préposition, et demain : le jour en demain. Le mot est endemain, puis, avec l'article, l'endemain. Mais l'article s'y est agglutiné; et, cette agglutination faite, on l'a méconnue, et on a mis un autre article : le l'endemain. Cette méprise n'existe point dans les anciens textes ; le premier exemple, et encore est-il douteux, s'en trouve dans le XIV* siècle; mais, à partir du xV, la faute devient très-fréquente; dans ce siècle et dans le xvi", la forme correcte et la forme fautive luttent ensemble : lutte qui se termina dans le xvii', où tout souvenir de l'origine a disparu et où l'on ne connaît plus lendemain que comme un seul mot.

■f LENDIT (lan-di), s. m. Foire qui se tenait depuis l'an (444 dans la ville de Saint-Denis, mais auparavant dans un lieu dit champ du lendit, entre cette ville et la Chapelle ; on l'ouvrait le mercredi avant la Saint-Bamabé (H juin); elle durait plusieurs jours. Il Champ du lendit, nom donné autrefois à la partie de la plaine de Saint-Denis où se tenait le lendit. || Congé qu'avaient les écoliers de l'université le jour du lendit. Le temps de la ligue qui survint, et l'inutilité d'aller acheter des parchemins, depuis que le papier était devenu commun, contribuèrent beaucoup à l'abolissement du lendit; le nom cependant en est resté, et l'on appelle ainsi le congé que prend encore l'Université le lundi après la Saint-Barnabe, saint-foix, Ess. Paris, OEuv. t. m, p. 342, dans pougens. || Honoraire que les écoliers étaient dans l'usage de donner aux maîtres à l'époque du lendit. Vous me direz qu'à ce compte-là vous ne devez rien, ni à votre médecin qui a eu sa pièce d'argent quand il vous est venu voir, ni à votre précepteur, à qui vous avez payé son lendit.... MALn.ie Traira des bi'm.f.deSénèque,yi, <!..

— HIST. XIII* s. Qui achètera un seul van à son user, ne doit noients se il n'est foire du lendit ; et se il est lendi , si en doit obole , liv. des met. 285.

— ÉTYM. Bas-lat. indictum, foire, du lat. tndîctus, fixé, déterminé, de in, en, et di'ccri^, dire. On voit que lendit est produit par l'agglutination de l'article avec endit.

LENnORE (lan-do-r"), ». m. et f. Personne lente et paresseuse qui semble toujours assoupie. Le voilà enfin à Paris [le jeune Grignan] ; il est vrai qu'il a été un peu lendore sur son départ de cette garnison, sÉv. *•' fév. <690. J'en dis un mot |d'un mariage] en badinant à Mlle de Blois, et elle me répondit d'une façon qui me surprit, avec son ton de lendore : je ne me soucie pas qu'il m'aime, je me soucie qu'il m'épouse, caylus. Souvenirs, p. 24 1 , dans pouoENS.

— HIST. ivi* s. Les oultragearent grandement, lesappclans.... landores,malauctruz....BAB. Garg. 1, 2s. 11 y a force grands [hommes de grande taille] qui sont grands landores, tant malbastis et adioiLs que c'est pitié, brant. Cap. franc, t. 11, p. 401.

— ÉTYM. Berry, lendord, endormi, sans énergie; wall. landrfiie, paresseuse, souillon ; norm. lendo-

LEN

rer, faire le lendore; landreux, dans le dict. d'Oudin ; champen. tendras, endormi, paresseux, (andfr, landiner, fainéanter; bas-bret. Janrfar, paresseux, landrea, être paresseux. D'après Diez, lendore no tient qu'en apparence à l'endormi; ce que montrent les diverses formes; il le rattache au f1.imand len~ teren, être lent, nonchalant. Cette étymologie n'est pas bien assurée; car pourquoi le d et non le t? 11 est vrai que ceux qui disent lendore comprennent l'endort, de endormir; mais, si telle était l'étymologie, comment, au xvi* siècle (on n'a pas d'exemple plus ancien), a-t-on écrit par un e final lendore?

LIÎNIFIÉ, ÉE (lé-ni-(i-é,ée),par(.pa.îj^de lénifier.

LÉNIFIF.U (lé-ni-fi-é), je lénifiais, nous lénifiions, vous lénifiiez; que je lénifie, que nous lénifiions, que vous lénifiiez, v. a. 'Terme de médecine. Adoucir au moyen d'un lénitif. Une prise de petit lait clarifié et (iulcoré pour adoucir, lénifier, tempérer et rafraîchir le sang de monsieur, moi,. Mal. imag. i, 4. || Par extension. Par la douceur exhilarante de l'harmonie, adoucissons, lénifions et accoisons l'aigreur de ses esprits, mol. Pourc. i, 1 1.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. lenificar; ital. lenificcre; du lat. lenis, doux, et le suffixe ficare, dérivé de facere, faire. Dans le xvr siècle, on disait lenir, du lat. lenire : Choses qui lonisscnt, adoucissent et relaxent, paré, xv, 39. Len-is est allié à len-tus (voy. lent).

LÉNITIF, IVE (lé-ni-tif, ti-v'), orfj. [j 1° Terme de médecine. Oui calme et adoucit. Remède lénitif. Il Fig. [Robert] Remercia du décret lénitif, Prit congé d'elle et partit tout pensif, volt. CequiplaU aur dames. || Substantivement. Le miel est un bon lénitif. S'il lui fallait.... dans un péril extrême, Le moindre lénitif ou le moindre apozème, reonard, Ugat. II, < I . Il 2°S. m. Fig. Adoucissement, soulagement, consolation. Je viens pour charmer vos douleurs [du prince de Condé en prison].... Je viens avec ce lénitif Très-propre à guérir un captif; Et pour commencer une histoire.... Courrier burlesque de la guerre de. Pari,';. Votre plaie invétérée n'est pas en état d'être guérie par des lénitifs, il est temps d'appliquer le fer et le fou, boss. Sermons, Haine des hommes pour la r&ité, 3. Je vous amène encore un lénitif de bourse, Une usurière, regnard, Je Joueur, n, 43. Voilà tous bons billets que j'ai trouvés sur lui.— Souffrez que je partage avec vous votre ennui; Ce petit lénitif, en altend.int le reste. Pourra nous consoler d'un coup aussi funeste, m. Légat, iv, i. Cette nouvelle fut un doux lénitif à mon affliction, lfsage. Ester. Gonz. ch. 40.

— HIST. xvr s. Medicamens anodins, lenitifs et relaxans, parE, v, b.

— ÉTYM. Provenç. lenitiu; espagn. et ital. lenitivo ; du lat. lenitivus, de lenire, adoucir.

LENT, ENTE (lan, lan-t'), adj. || l" Proprement, souple, flexible, sens qui est un latinisme rarement usité et seulement en poésie. X moins qu'avec adresse un de ses pieds lié Sous un cuir souple et lent ne demeure plié, A. ciiEr Idylles, Fille du vieut pasteur. Que son cou faible et lent ne soutient plus sa tête, II). Fraim. de l'art d'aimer. Il 2" Par un passage du sens de flexible à mou, faible, qui n'agit pas avec promptitude, qui tarde, en parlant des personnes. Il est lent dans tout ce qu'il fait, à tout ce qu'il fait. C'est un esprit lent. [Antiochus] Un pou trop lent peut-être à servir ma colère, corn. Rodog. iv, 3. Mangez-le vite [l'agneau pascal], car c'est la victime du p.issage du Seigneur ; il ne doit y avoir rien de lent ni de paresseux dans ceux qui se nourrissent do la vimde que Jésus nous a donnée, Boss. Élérat. sur vtysl. iV, 4. Je le trouvais troplent àtraverser l'Asie, rac. Alex. I, 2. Mais que l'horbas est lent pour mon impatience! volt. OKdipe, 11, B. Autant la nature nous a paru vive, agissante, exaltée dans les singes, autant elle est lente, contrainte et resserrée chez ces paresseux, buff. l'Vnan. \\ 3° Oui manque rie promptitude, d'activité, qui tarde, en parlant des choses. Un poison lent. Une mort lente. L'état de mes affaires ne demande pas ries remèdes lents, vadgel. Q. C. liv. m, dans riciiei.et. [Une femme] le matin dans un repos lent et plein de mollesse, et le soir dans un soin frivole de ses ajustements et de ses parures, boubdal. Dim. de la Se.Tag. I)o:ninic. t. i, p. 423. Ouatre bœufs attelés, d'un pa.s tranquille et lent. Promenaient dans Paris le monarque indolent, boil. Lutr. 11. J'irais attendre ailleurs une lente vengeance? bac Andr. iv, 3. Cette même Agrippinc Ouo mon pèi» épousa jadis pour ma ruine, Et qui, si je t'en crois, a de ses derniers jours, Trop lents pour ses dessein^ précipité le cours? id. Brit. 1, 4. Moments trop ri

LEN

poureux, Que tous paraissez lents & mes rapides vœui ! RAC. Bérén. iv, < . Échauffez mes transports trop lents, trop retenus, ID. Phèdre, iv, 4. Le bras de la justice, Quoique lent à frapper, se tient toujours levé, J. B. Rouss. Odes, l, 12. Que ces moments, grand Dieu, sont lents pour ma fureur! volt. Zaire, v, «. Les conseils des rois sont un sanctuaire, dont le temps seul ouvre le voile d'une main lente, ratnal, llisl. phil. i, ie. Elle n'a rien de la vivacité italienne; tous ses mouvements sont lents, GF.Ni.is, Ad. et Th(od. t. ii, p. 32. La vengeance est boiteuse, elle vient à pas lents, Mais elle vient, V. Hi'GO, Ilernani, u, 3. || Terme de marine. Se dit d'un navire qui n'obéit pas assez vivement à l'action du gouvernail. || 4" Terme de médecine. Fiè\Te lente, fièvre continue, peu intense dans ses symptômes, et qui suit une marche chronique. Souvent le mot fièvre lente est synonyme de fiivre hectique. || l'ouls lent, pou's dont les battements sont en nombre moindre que dans l'état normal. On le dit aussi quand la systole est plus prompte que la diastole.

— REM. Lent veut à avec les verbes et dans avec les noms : lent à choisir, lent dans son choix. L'ancienne langue disait avec un verbe aussi bien lent do que lent à.

— HIST. XI* s. Dist Oliviers : dehait [mal] ait li plus lenz, Ch. de Uol. cxlii. || xir s. Virge [viergej es et virge concevras; Ne seies pas à croire lente, ■WACE, Vierge Marie, p. 43. Sur un cheval qui de courre n'est lent, Roncisv. 4 35. Mais trop Tient lent, dame, vostre secours, Couci, vu. Il XIII' s. Si que ne put mangier, tant fu et floi- Ijle et lente, Série, xlviii. Repenties somes trop lent |nous nous sommes repenties trop tard], iai du trot. Ne soit l'ung d'aidier l'autre lent, la Rose, 4709. Soies lens à ire, et isnés [prompt] à miséricorde, BRUN. LATiNi, Trcsor, p. 380. Et dame Mahaus |Mathilde],cui fu lentQue ele ait l'avoir des escrins. Fabliaux mss. p. <36, dans lacurne. ||xv« s. ...Tel doit cstre régent, Lent de punir, aux bons non faire ennui, e. desch. Des vertus nécess. au prince. \\ ivi* s. II mounit en défaillant petit à petit, tant pour sa vieillesse que pour une maladie lente qui lui survint, amyot, Numa, 34. L'autre, lent et consideratif comme un Fabius, opina hazardeuzemcnt, lAtJouE, «61. Humeurs froids, lents [tenaces], gros et glueux, PARé, v, 2.

— ÊTYM. Wallon, léne, lente (au féminin seulement) ; provenç. lent; espagn. et ital. lento; du lat. lenlus, flexible, visqueux, lent.

Page 1