‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 91 sur 389 · TI · texte numérisé non relu

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dis le commencement, et n'ouWia pas dans sa sentence de prendre la qualité de légat du saintsiége, selon la coutume des archevêques de Cantorbéry, Boss. Yar. vu, § ii. Les papes s'étaient mis en possession d'envoyer dans toute la chrétienté des légats à latere qui exerçaient une juridiction sur toutes les Ég'ises, en exigeaient des décimes, donnaient des bénéfices, exerçaient et élendaient le pouvoir pontifical, autant que les conjonctures et les intérêts des rois le permettaient, volt. Mœurs, 41. 114° Légat-né du saint-siége, qualité que prennent quelques prélats. La qualité de légat-né est une dignité haîiituelle attribuée à certains sièges, tels que celui d'Arles et de Reims. || 5° Vicaire apostolique ou ecclésiastique délégué par commission temporaire pour rassembler les synodes chargés de maintenir la discipline de l'Ëglisa. || Proverbe. 11 a plus d'affaires que le légat, se dit d'un homme fort occupé. Il B» Pascal l'a pris au sens propre d'envoyé : Je ne sais pas, comme homme ou comme légat [c'est-à-dire que, quand Jésus-Clirist dit qu'il ne sait pas quand viendra la dernière heure, il parla comme homme ou comme simple envoyé], Pens.

IXV, (88, éd. HAVET.

— HIST. xu* s. E après son enterrement [du pape] Ne demora pas longement Que tuit li légat s'asemblerent E le romain clergé mandèrent, Grégoire le Grand, p. 98. || ivi* s. Le pape n'envoie point en France légats a latere avec faculté de reformer.... p. PITHOU, 41.

— ÉTYM. Provenç. légat; catal. llegat; espagn. Icgado ; it3.l. legato'; du lat. legatus, envoyé, de legare (voy. lègues).

LÉGATAIRE (lé-ga-tê-r') , s. m. et f. Terme de jurisprudence. Celui ou celle à qui on fait un legs. Être légataire de quelqu'un. Dites-moi ce que c'est que des mémoires qui ont paru sur mademoiselle Lenclos, je m'y intéresse en qualité de légataire [elle avait laissé un legs à Voltaire], volt. Lett. d'Àrgental, 29 maH75i.Dans plusieurs cas on peut être à la fois héritier et légataire, par exemple : légataire de la portion disponible, et héritier pour sa part naturelle dans la succession, legoarant. || Légataire universel, celui à qui tout est légué. Je fais mon légataire unique, universel, Ëraste mon neveu, REGNARD, Légat. V, 7. Il Légataire particulier, celui à qui l'on ne fait qu'un certain legs déterminé.

— lilST. xvi* s. Les légataires doivent estre saisis par l'héritier ou par les exécuteurs testamentaires, quand les legs sont mobiliaires, lotsel, 3 ) 2. Légataires universels sont tenus pour héritiers, id. 3i3. Puisque les légataires ont eu délivrance de leurs legs, Nouv. coust. génér. t. 11, p. 608.

— ÉTYM. Lat. legalarius, de legare, léguer. LÉGATION (lé-ga-sion ; en vers, de quatre sylU-

tes), s. f. Il 1° Mission. 11 attend maître Gille, et le trouve un peu lent X lui présenter sa créance ; Maitre Gille enfin en passant Va saluer Son Excellence; L'autre était préparé sur la légation : Mais pas un mot.... la font. Fabl. xil, 2». Saint Ambroise envoya d'abord un courrier à Valentinien, pour lui rendre compte du mauvais succès de sa légation [auprès de Maxime], fléch. Hist. de Théodose, III , 7.1. Warburton, dans son très-étrange livre de la divine légation de Moïse, prétend.... volt. Philos. Déf. de Jiolingbr. xil. \\ 2" Fonction de légat. Les légats à latere ne pouvaient exercer leur légation en France sans permission du roi, et sans avoir fait vérifier au parlement leurs lettres de légation, Dict. de VAcad. 11 quitta l'habit de cardinal et toutes les marques de la légation, FLËcu. Vie de Commendon, dans bichelet. || Nom do six divisions administratives des Etats de l'Église. Il Particulièrement. Nom qui était donné au Boulonais et au Ferrarais. || 3* Le temps que durent les fonctions d'un légat. Cela se passa pendant sa légation. || 4° Terme de diplomatie. Commission que quelques puissances donnent i une ou plusieurs personnes, pour aller auprès d'une puissance étrangère. 11 y a des conseillers et des secrétaire» de légation. Lorsque l'envoyé d'un prince parait revêtu de l'autorité du prince qui l'envoie, et qu'il fait les fonctions de sa légation, mass. Confér. Cond. des clercs dans le monde. || Collectivement. Non-seulement l'ambassadeur, l'envoyé ou le ministre plénipotentiaire, mais encore les conseillers, les secrétaires employés sous lui et payés par le gouvernement. La légation anglaise. La légation do Russie. Il L'hôtel que ces personnes habitent. Jesui» allé à la légation de Suède.

— HIST XII* s. Sor si faite ovre desleiée [perfide, sans loi] E sur iteu légation, U [où] li dos n'entent (S Lien non, Fu il deceiiz.... benoît, u, 42(37.

Il XIV* s. Ceste légation fut mesprisée de tous, ne n'i ot ville ne cité qui à ce se acordast, bercheure, f (0. 1) XV* s. Le pape devoit envoyer deux cardinaux en légation en la cité d'Arras, froiss. i, i, U4. Cependant que ledit herault estoit allé faire sa légation, monstbel. t. m, p. )2, dans lacurne. Il XVI* s. L'université s'opposa à la vérification des bulles de la légation du cardinal d'Amboise, p. Pl- THou, 6. Légations pieuses [legs pieux] , Nouv. coust. génér. t. 11, p. 69.

— ÉTYM. Provenç, legacio, leguation ; espagn. legacion; ital. legaxione; du lat. legationem, de legare, léguer.

t LEGATO (lé-ga-to), adj. Terme de musique, qui, mis en tête d'un passage, indique qu'il faut en lier les notes.

— ÉTYM. Ital. legato, lié, de legare, lier (voy. ce mot).

LËGATOIRE {lé-ga-toi-r'), adj. Terme d'histoire ancienne, usité seulement dans cette locution : province légatoire, province gouvernée par un légat, sous la république romaine ou les empereurs.

— ÉTYM. Lat. legatoria {provincia), de legatus, lieutenant (voy. légat).

LÈGE (lè-j'), adj. de deux genres. Terme de marine. Oui n'a pas son lest, son chargement. || Bâtiment qui fait son retour lège, bâtiment qui revient sans charge, à vide. Si le navire est arrêté pendant sa route, ou au lieu de sa décharge, par le fait du marchand affréteur, ou si, le vaisseau ayant été affrété allant et venant, il est contraint de faire son retour lège; l'intérêt du retardement et le fret entier seront dus au maître, Ordonn. marine, août 4 681.

— ÉTYM. Hollandais, Jeeg, vide.

LÉGENDAIRE (lé-jan-dê-r'), s. m. \\l' Auteur de

légendes. Autrefois on n'aurait pas manqué de légendaires qui auraient affirmé l'accomplissement du prodige, VOLT. Mœurs, Miracle. || 2° Recueil de légendes. Il 3° Adj. Qui concerne les légendes, qui a le caractère des légendes. Récit légendaire. Épopée légendaire. || On le dit aussi des personnes. Personnage légendaire, celui auquel l'opinion populaire attribue des actions qu'il n'a jamais faites ni pu faire. X côté des véritables héros, les masses se forment presque toujours des héros légendaires dont on raconte des actes imaginaires ou grossis, mais qui frappent l'imagination et sont retenus dans la mémoire des peuples.

— HlST. xvi* s. Les livres nécessaires à faire dire et célébrer es dites églises parochiales le saint service divin selon la nécessité, c'est à sçavcir le grec, le messel,1e manuel, l'epistolier, l'antiphonier, le legendier et le psautier, Coust. génér. t. i,p. 37 1.

— ÉTYM. Bas-lat. legendarius, de legenda, légende. LÉGENDE (lé-jan-d'), s. f. \\ 1° Livre contenant les

actes des saints pour toute l'année, et ainsi appelé parce qu'à certains jours on désignait la portion qui devait être lue. || Légende dorée, compilation des vies des saints composée dans le xiii* siècle. Jacques de Voragine l'auteur de la légende dorée. || Proverbes. Ce saint ne fut jamais dans la légende , c'est-à-dire c'est un homme qui n'a pas les qualités qu'on lui attribue. || On lui garde une place dans la légende, c'est-à-dire il sera de la confrérie de.... || 2* Récit merveilleux et populaire de quelque événement du moyen âge. L'histoire de Charlemagne, dans leschansons de geste, est devenue une véritable légende. Innombrables sont les légendes qui nous montrent les bêtesfauves obéissant à la voix desmoines, réduites à une sorte de domesticité par les hommes de Dieu, obligées de les servir et de les suivre, montalembert, les Moines d» l'Occident, t. 11, p. 384. || Par extension, tout récit mythique et traditionnel. Les Levantins en leur légende Disent qu'un certain rat, las des soins d'ici-bas, Dans un fromage de Hollande Se retira loin du tracas, la font, f obi. vu, 2. 11 n'y a pas jusqu'aux légendes qui ne puissent nous apprendre à connaître les mœurs de nos nations, volt. Mœurs, 4 0. Voilà le début d'Hécatée [ancien historien grec]; et il continuait de ce ton, assorti d'ailleurs au sujet ; ce n'étaient guère que des légendes fabuleuses de leurs anciens héros ; peu de faits noyés dans des contes à dormir debout, P. L. coim. Hérodote, Préface du traducteur. || Particulièrement, dans le langage de l'histoire des mythologies, l'intuition d'une idée dans un fait et à l'aide d'un fait historiiiue. || 3° Écrit long et ennuyeux par ses détails, énumération interminable. Il nous a rapporté une légende des actions de ses ancêtres. Il poursuit nonobstant d'une fureur plus grande, Et ne cessa jamais qu'il n'eût fait sa légende, Régnier, Sat. viii. Voyous le total, je n'aurais jamais fait : ou doue est-il? la légende est longue, damcouht.

la Femme d'intrigues, v, 9. A cette légende de titres que vous trouvâtes si comiques, il vient d'en ajouter un qui donne du lustre à tous les autres, p. L. COUR. Lett. II, 280. Il 4° Inscription gravée circulairement près des bords et quelquefois sur la tranche d'une pièce de monnaie, d'une médaille, d'un jeton. Dieu protège la France, est la légende de nos pièces de monnaie. || 5° Légende ou âme d'une devise, ce qu'on y peut lire. On avait donné à Louis XIV la devise du soleil avec cette légende : Nec pluribus impar, volt. Louis XIV, 9. || 6° Titre que porte sur un plan d'archi tecture, sur une carte topographique, etc. la liste explicative des lettres, des signes, des couleurs par lesquels on en indique les difi'éren tes parties ou les endroits remarquables. Vous avez omis dans la légende les deux sabres en croix qui désignent les lieux où 11 s'est livré des batailles, legoarant.

— SYN. légende, mythe, traditio.v, conte. Tradition : histoires ou récits transmis oralement, non par écrit ni par documents authentiques. Mythe : récit composé d'éléments purement divins, sans fond historique, au moins pour le principal. Légende : récit populaire reposant sur un fond historique plus ou moins altéré, ou du moins prétendu historique. Conte : nul fond historique. Cependant il y a des légenaes , en grand nombre, où le fond est purement imaginaire ; mais on le croit historique et on le donne comme tel.

— HIST. XII* s. Et qui diroit encontre la chançon Aucune chose qui ne fust de reson. En sa légende [de Guillaume] ses faz [faits] trouveroit on, la Paix d'Orange, dans Guillaume d'Orange, jongkbloet, t. II, p. 77. Il XV* s. Mais on feroit bien une grant légende Du long parler, de la chiere très grande Qu'on nous ot fait.... christ, oefisat^, Ditd^ Pvissy. Plusieurs jeunes compaignons qui, ou mois de juil« let, jouèrent la vie et mistere saint Jame en personnages selon la légende, Bibl. des ch. 5* série, t. v, p. 435. Il XVI* s. Les peintres et les imagers s'accommodans toujours au simple peuple; comme pour montrer sans légende que St Sebastien a esté mattirisé avec des flèches, il est peint ayant des traits par tout son corps, bouchet, Serées, liv. m, p. 403, dans lacurne. Une légende de qualitez et

tiltres, MONT. I, 293.

— ÉTYM. Provenç. legenda, legcnsa, ligenda; catal. llegenda; portug. lenda; ital. leggenda; du lat. ip(/e/idui,part.passiflutur, devant être lu, de légère, lire.

LÉGER, ÈRE (lé-jé, jè-r' ; au masculin, l'r ne se Ho pas : un lé-jé avantage; au pluriel, Vs se lie : de lé-jé-z avantages. Dangeau, Gramm. p. 6, au xvii* siècle, dit qu'on prononçait l'r dans %cr, comme dans amer, enfer, fier), adj. || 1° Qui ne pèse guère. || 2° Qui n'a pas le poids qu'il doit avoir. || 3" Terre légère, terre meuble. || 4° Qui n'accable pas par un poids moral. || 5° Qui est de peu de poids, peu important. Il 6* Sommeil léger. || 7* Facile à digérer. || 8" Qui a peu de force, en parlant des boissons. || 9" Dispos, agile. Il 10* Qui a le vol facile. || 11° Troupes légères. Il 12* Vaisseau léger. || 13* Cheval léger. || 14° Qui n'est chargé d'aucun attirail. || 15* Avoir la voix légère. || 16° Avoir la main légère. || 17° Délicat, par opposition à grossier, opaque. || 18° Qui porte un cachet de délicatoôse et d'élégance. || 19° Ouvrage léger, en termes d'architecture. || 20" Qui a peu de profondeur, qui effleure, superficiel. || 21° Qui change facilement de sentiments, d'opinions, d'affections. Il 22° Inconsidéré. || 23° X la légère. || 24° Do léger. Il 26° S. m. Ce qui est léger, la légèreté. Il 26° Léger de main. || 27° Au plur. menus ouvrages do plâtre.

1° Qui ne pose guère. Un corps léger. Un habit léger. Une étoffe légère. Une voiture légère. U paraît que Saturne est principalement composa d'une matière légère semblable à la pierre ponce, buff. Théor. terr. part. hyp. Œuv. t. ix, p. 347, dans POUGENS. Un air plus vif et plus léger que celui de nos plus hautes montagnes, id. Quadrup. t. VI, p. 49. Il Que la terre soit légère, formule qui se met souvent sur les pierres sépulcrales. Que la terre te soit légère, 6 épouse digne de retourner à la vie et de recouvrer un jour le bien que tu as perdu, LAFONT./nscripltonttrte de Z/otisard. || Termo de marine. Brise légère, état du vent entre lecalnio et la petite brise. || 2° Qui n'a pas le poids qu'il doit avoir. Pièce légère. Dos espèces légères. Ce napoléon est léger d'un grain, de deux grains. || Fig. Élra léger d'un grain, être un peu fou. ||8* Terre légère, terre meuble, qu'on remue aisément. || 4° Fig. Qui n'accable pas par un poids moral. Sachez, dit- il [Jésus-Christ], que mon joug est doux et léger ; il

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n'est léger qu'à lui et à sa force divine, pasc. Lett. a mu de Roannti, 8. Allant chercher ailleurs des destin» plus légers, m. j. chén. Gracques, n , 3. Il 8* Fig. Oui est de peu de poids, peu important, peu considérable. Et (BrutusJ n'eût jamais souffert qu'un intérêt léger.... l'eût remise en question [la liberté de Rome], cobn. Cintta, lU, a. Ma (lerte est supportable et mon mal est léger, id. Rodog. il, 2. Et sous le nom d'un fils toute faute est légère, id. Nicom. Ii, ». Elle ne connut plus d'autres ennemis que ses péchés; aucun ne lui sembla léger, boss. Reine d'Anglrt. Cette divine nourriture (la manne cachée] parait mince et légère i ceux qui n'ont pas la foi, et à qui rien ne parait solide que ce qui est palpable, sensible et corporel, id. ÉUvat. sur v\yst. u, 6 . Est-ce donc une légfre offense De m'avoir si longtemps caché votre présence? rac. Brit. u, 3. Pouvez-vous refuser cette grâce légère Aux larmes d'une sœur, aux soupirs d'une mère? id. Théb. ii, 3. Sans doute, ce chagrin qui vient de m'alarmer N'est qu'un léger soupçon facile à désarmer, lo. Bérén. u, 5. Qu'il ne se borne pas à des peines lésères, id. Phèdre, IV , 6. Tous les biens d'ici-bas sont faux et passagers, Leur possession trouble, et leur perte est légère, «KONARD, U Joueur, IV, <3. De légères austérités, quelques retranchements.... suffiraient peut-être aujourd'hui pour vous acquitter envers votre juge, MASS. Carême, Fausse conf. Si de légères rigueurs TOUS paraissent si insupportables, id. ib. Tout ce que vous vous permettez de léger contre quelque précepte, id. Carême, F. légères. Si la chose se fait, Unt mieux; sinon, il faudra se consoler comme de toutes les choses de ce monde; et assurément le malheur est léger, volt. Lett. d'Argental, » février <763. Ma blessure est légère, elle m'est insensible, ID. Àdél. du Guescl. m, i. Jusqu'à l'événement de ce léger combat, id. Tancr. m, 6. 11 [Charles IVJ donne pour des sommes très-légères le titre de villes Impériales i Mayence, à 'Worms, à Spire, et même àCenève.iD. Ânn. Emp. Charles lY, 4358. Il me semble que c'est multiplier mal à propos les espèces que de les établir par des différences aussi légères, Borr. Oiseaux, t. xv, p. ui . Un don léger fait à ce jeune homme par Votre Majesté pour l'encourager dans ses études, serait digne du grand roi qui honore et protège les lettres d'un bout de l'Europe à l'autie, d'alehb. Lett. au roi de Prusse, 30 juill. I78i. N'ajantguère quodeui joursde la semaine à donner tu léger travail de ma place, haruontel, ifém. v. Il 6" Sommeil léger , sommeil qui n'est pas pesant, qui se dissipe aisément. Le coucher dessus la dure, la psalmodie de la nuit et le travail de la journée attirent le sommeil à ce corps si tendre, sommeil léger qui n'appesantit pas l'esprit, et qui n'interrompt presque point ses actions, boss. la Yallière. Dis qu'un léger sommeil suspendait mes ennuis, bac. Iphig. 1, 4. Il Avoir le sommeil léger, se réveiller au moindre bruit. || 7* En parlant des aliments, facile à digérer. Des viandes légères. Des poissons légers. {| Qui nourrit peu. Vers les neuf heures, son matlra d'hôtel et un valet de chambre apportaient son couvert, un potage et quelque chose de léger, st-sim. 4U, 496. || Prendre un léger repas, un repas léger, prendre un repas frugal où l'on mange peu. ||8* En parlant des boiston», qui a peu de force. Un vin léger. Une infusion légère. Du thé fort léger. || 9* Dont le corps, les membres ont de la légèreté , dispos, agile. Marcher d'un pied léger. Les Brutiens sont légers à la course, TÉn. Tél. X. Rien n'est si beau, ni si rare, ni si léger i la course que les ines de cette espèce, volt. Le blanc et le noir. \\ Familièrement. Je suis allé là do mon pied léger, j'y suis allé i pied. || U se dit aussi du pas, de la course. Il marchait d'un pas léger. Une course légère. || 10* Qui a le vol facile. Un oileau léger. || Terme de fauconnerie. Se dit d'un oiseau qui se soutient en l'air longtemps. || Fig. Jesuis chose légère et vole à tout sujet, Je vais de fleur en fleur •t d'o^et en objet, la font. Poésies mêlées, lxii. I *** Troupes légères, troupes qu'on emploie bor» de ligne pour reconnaître, harceler, poursuivre l'ennemi. Il Infanterie légère, le corps des cha.sseurs àpied. Il Cavalerie légère, »e dit par opposition à U grosse cavalerie ou cavalerie pesamment armée. Il Artillerie légère, celle dont les canonniers •ont i cheval. || »• Dan» la marine, vaisseau léger, vaisseau dont la marche est rapide. Quelques vaisseaui léger» sont venu» nous l'apprendre, «AC. Jftlhr. I, 4. Il Léger de voiles, de rames, se dit d'un littiment qui marche bien à la voile d'un canot qui va bien à l'aviron. || Escadre lé.^ gère, corp» dit de réserve ou d'observation, qui peut n'être compote que de frégate». || Bitimenls lé-

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gers, se dit aussi de bâtiments d'un faible tirant (l'eau. Après avoir surmonté le» difficultés, il faut qu'ils s'arrêtent à trois lieues de la" ville, qu'ils débarqueut leurs marchandises dans des bâtiments légers.... raynal, Hist. phil. viii, 40. H 13° Terme de manège. Cheval léger, cheval vif et bien portant. Il Cavalier léger, celui qui se tient ferme sans s'appesantir sur son cheval. || Ce cheval est léger à la main, il ne s'appuie pas sur le mors. |j Léger de (levant, se dit du cheval qui, en maniant, maintient son train de devant relevé et plus haut que les hanches. Il 14° Qui n'est chargé d'aucun attiraiL Légère et court vêtue, elle allait à grands pas. Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile, Cotillon simple et souliers plats, LA FONT. Fabl. vu, l O. La Garde m'a dit qu'il vous avait conseillé d'amener le moins de gens que vous pourrez.... il faut se rendre léger, sÉv. 26janv. 4674. Mon pauvre monsieur..., ma fille s'en va demain.... ils font leur compte qu'ils seront lundi à dîner à Rouvroy ; et c'est là où vous devez les venir voir, et leur pardonner de ne point aller à Ëpoisse dans l'embarras où ils sont; il viendra quelque autre année où ils seront pins légers, id. Lett. à Guitaut, 4 2 sept 4 679. Il Fig. Se sentir léger, s'être déchargé de quelque chose qui pesait sur le coeur, sur l'esprit. Oui, depuis que j'ai pris ce généreux dessein. Je me sens de moitié plus léger et plus sain, REGNARD, Légat, u, 40. Il Être léger d'argent, n'en être pas embarrassé, appesanti, n'en avoir guère. Abîmé dedetteset léger d'argent, BEAUMARCH.Barb. de Set), i, 2. Il Par extension. Être léger d'une chose, ne pas l'avoir. Et de nos courtisans les plus légers d'étude Elle [la fresque| a pour queUjue temps fixé l'inquiétude, mol. Gloire du Yal de Grâce. Ce fut le troisième qui refusa l'ordre [Fabert et l'archevêque de Sens avant lui] ; combien d'autres auraient dû faire de même, sans parler des légers [de preuves de noblesse] 1 st-sim. 4 43, 82. || 15» Avoir la voix légère, chanter aisément et avec agrément les roulades, les fioritures, les traits et les passades difficiles et surtout rapides. || 16° Avoir la main légère, se dit de tout homme qui, dans un art, opère facilement et adroitement. Ce chirurgien a la main légère. || Avoir la main légère, mettre de la liberté et de la rapidité dans son écriture. || Avoir la main légère, se dit d'un cavalier qui se sert bien des aides de la main. || U se dit aussi d'un filou qui dérobe adroitement. || Fig. Avoir la main légère, user de son pouvoir, de son autorité avec modération. || Par extension et familièrement. Avoir la main légère, ou être léger de la main, être prêt à frapper, pour peu qu'on nous choque. Sa main est à frapper, non à donner, légère, REGNARD , le JoutuT, III, B. || 17* Délicat, par opposition à grossier, à opaque. Une vapeur légère. Cette flamme légère brûle les écorces des arbres, mais sans attaquer le corps, raynal, llist. phil. XVII, 6. Il Terme de peinture. Couleur légère, couleur aérienne et transparente. Le tictic étant d'une couleur cendrée mêlée d'im bleu foncé sur le dessus du corps, au lieu que l'autre est sur les mêmes parties d'un bleu céleste léger, BUFP. Ois. t. XIII, p. 336. Il 18° Qui porte un caractère de délicatesse et d'élégance. Une taille légère. Il y avait en Transylvanie et en Valachie des chevaux à tête légère, à grands crins pendants jusqu'à terre, et à queue touffue, bupf. Quadrup. t. 1, p. 4 19. Il Qui porte un caractère de délicatesse et de facilité, en parlant de l'esprit. Conversation légère. Esprit léger. || Il se dit aussi en ce sens des ouvrages des arts et des lettres. Tableau léger de touche, de pinceau. Ornements légers. Draperie légère. Cette broderie est légère, est d'un dessin léger. Cet auteur a le style léger. La prose plus souvent vient subir d'autres lois. Et se transforme, et fuit mes poétiques doigts; De rimes couronnée, et légère, et dansante. En nombres mesurés elle t'agite et chante, a. chénier, Ép. iv. || Ouvrages légers, ouvrages dont le sujet est peu important et dont le principal mérite est la facilité et l'agrément. Il [Fontenelle] fît beaucoup d'ouvrages légers, dans lesquels on remarquait déjà cette finesse et cette profondeur qui décèlent un homme supérieur à ses ouvrages mêmes, volt. Louis XIV, Écrivains, Fontenelle. \\ Poésie légère, la poésie qui a le caractère de facilité et d'agrément. || ^iu plur. Poésies légères, pièce» de vers qui appartiennent à ce genre de poésie, et qui sont d'ailleurs assez courtes. On a réuni en un volume toutes ses poésies légères. || 19" Terme d'architecture. Ouvrage léger, ouvrage beaucoup percé et dont le peu de matière fait la beauté. || Terme de maçonnerie. Se dit de tou» les ouvrage» où l'on emploie le plâtre seul, ou le plâtre avec U latte. || 80° Fig. Qui a peu de pro-

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fondeur, qui effleure, superficiel. Prendre une légère teinture d'une science. N'avoir qu'une légère notion de quelque chose. Pour vous en donner une légère idée. || 21° Fig. Qui change facilement de sentiments, d'opinions, d'affections. Et toi, crédule amant, que charme l'apparence. Et dont l'esprit léger s'attache avidement Aux attraits captieux de mon déguisement, cobn. Rodog. iv, B. Elle n'est point parjure, elle n'est point légère, id. Poly. u, 4. Quoi!. ...tu m'aurais fait changer? J'aurais pour cette honte un cœur assez léger? id. llcracl. v, 3. Lf'S femmes accusent les hommes d'être volages, et les hommes disent qu'elles sont légères, la bhuy. IV. Les hommes en un sens ne sont point légers, ou ne le sont que dans les petites choses; ils changent leurs habits, leur langage, les dehors.... ilt gardent leurs mœurs toujours mauvaises , ferme» et constants dans le mal, id. xi. Le peuple athénien était naturellement aussi bon que léger; dans quel état despotique a-t-on jamais pleuré ainsi l'injustice de ses arrêts précipités'/' volt. Dict. phil. Démocratie. Qu'est-ce que l'homme léger? c'est un oiseau que vous ne tenez que par l'aile; au premier instant il vous échappera, et ne vous laissera dans la main qu'une plume , DiDEn. Claude et Nér. ii, 8. Quel dommage qu'un caractère si séduisant fût si léger, et qu'avec tant de sincérité, de fidélité même dans ses amours, elle n'eût pas plus de constance I marmontel, ilém. m. Mme de Montespan était si légère que la gaieté de toutes ces religieuses effaça presque entièrement de son esprit les impressions qu'elle avait remues dans la cellule de Mme de la Vallière, genlis, Mme de Maintenon, t. i, p. 260, dans pougens. Le Français léger ne fait cas que des lourds volumes; le gros Anglais veut mettre tout en feuilles volantes : contraste singulier, bizarrerie de nature 1 p. L. colr. Pamphlet des pamphlets. || Cet homme a la tête légère, le cerveau léger, l'esprit léger, c'est une tête légère, c'est-à-dire il est peu sage, peu sensé. Il 22° Fig. Inconsidéré. Les amants sont toujours de légère croyance : S'ils pouvaient conserver un rayon de prudence! la font. Filles de Minée. Cet odieux chrétien, l'élève de la France, Est jeune, impatient, léger, présomptueux, volt. Zaïre, iv, 7. La comtesse de la Suze, légère dans sa conduite et plaintive dans ses poésies, genlis, Mme de Maintenon,, t. I, p. 4 04, dans POUGENS. {| 23° Â la légère, loc. adv. D'une façon peu pesante. Être vêtu à la légère. Il Armé à la légère, se disait, dans l'antiquité, des soldats qui ne portaient pas l'armure pesante des hoplites ou infanterie qui combattait en ligne. Antigone plaça sa cavalerie sur les deux ailes, son infanterie au centre, les éléphants sur une première ligne tout le long du front de la bataille, et remplit de soldats armés à la légère les vides qui se trouvaient entre les éléphants, rollin, Hist. anc. OEuvr. t. vu, p. 4B0, dans POUGENS. || D'une façon peu copieuse. Se» repas [de l'aigle] ne sont point repas à la légère, la font. Fabl. V, 4 8. Du reste, nos repas ne sont point repas à la légère, sÉv. 66. || Fig. Inconsidérément, sans beaucoup de réflexion. Tu n'aurais pas, à la légère. Descendu dans ce puits, la font. Fabl. m, 6. Vous décidez cela bien à la légère ; en savez-vous plus que moi? MARIVAUX, Stirpr. de l'amour, m, 4.||24° De léger, loc. adv. Sans une due réflexion. Moi-même qui ne crois de léger aux merveilles, régnieh, Sat. iiii. Ah! Climène, j'ai cru vos yeux trop de léger, LA font. Poésies mêlées, xxxvii. Orgon : Non, rien de plus méchant n'est sorti de l'enfer. — Elmire : Mon Dieu 1 l'on ne doit point croire trop de léger, MOL. Tart. IV, 6. Mon cher lecteur, je vous ai déjà prié de ne rien croire de léger, volt. Vict. phil. Empoisonnements. || 25° 5. m. Ce qui est léger, la légèreté. Corneille, Racine, Molière, la Bruyère, Bossuet, Fénelon, ont eu beau faire : le faux, le petit, le léger sont le caractère dominant, volt, dan» le Dict. de dochez. Où avait-il puisé les idées du grand, du simple, du noble, du lourd, du léger, du svelte, du grave, de l'élégant, du gracieux? iuderot, dans le Dtct. de beschebellb. || 26° S. m. Léger de main, tour de passe-passe. L'ange Gabriel, par un léger de main, glisse le charbon à la place de la pierre précieuse, V(jlt. Philos. Déf. Bolingbr. xxiv. || 27° S. m. pi. Terme de construction. Les légers, menu» ouvrages de plâtre, tels qu'une cloison hourdée et ravalée des deux côtés.

— HIST. XI* s. Et escremissent [font des armes] cil bachelier léger, Ch. de Roi. viii. || xu' s. Prist un escu fort et graiit et legier, Ronc. p. BO. Bal» [hardi] fu et preus, et le cors ot legier, ib. p. 83. Mais tou» lor serremens [ils] faussèrent de legier, Sax. iv. Dame, nul mal que j'aie, [je] Ne tieng fors à legier,

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Couci, VIII. Grans fu ma joie, et ma peine legiere, «b. iviii. Il xm' !\X toute la puissance du Soudan se logèrent sur le lleuve de Rexi d'autre part, devant noslre ost, pour nous deffendre le passage ; laquelle chose estoit legicrc, joiNV. 220. || xiv s. Et un jour advint qu'ilz allèrent ensemble en la rue où les lepieres femmes [de mauvaise vie] sontestabiies, C/iron. de Si-Denis, t. i, f° 18. || .xv s. Or avint un jour & ces Flamands, qu'ils s'ea vinrent environ trois mille, tous légers et habiles compagnons, froiss. i, i, UI. Et firent tant qu'ils vinrent devant les barrières de Bergerac, qui n'étoient mie légères à prendre, car une partie de la rivière de Garonne les environne, iD. I, I, 217. Et essaycroit de trouver quelque chose de legier à vaincre où ils peussent estre les maistrcs, pour leur laire revenir le cueur, comm. 11, 2. Vallero recite non seulement les haults faits des vaillans et vertueux hommes, mais aussi ceulx des jongleurs et des gens de légère vie, Uisl. de la Toison d'or, t. Il, f" B2, dans LACUBNE. Lancelot estoit en legiere prison; cai- l'en le mettoit tous les jours hors de la tour, Lancelot du lac, t. 11, f* <6, dans lacurne, Il xvi' s. Il envoya ceuh de ses gens qui estoient armez à la légère pour harceler les barbares, amïot, Cam. 69. Une navire légère à la voile, id. Péricl. 51. Bien vaillant homme de sa personne, mais au jemourant estourdy et léger, id. Pétop. 26. Uses hardiment des noms pour les adverbes, comme ils combatent obstinez, pour obstineement, il vole léger, pour légèrement, dubeixay, i, 32, verso.... Quand d'un pied léger elle presse Le dos des cerfs léger courans, iD. 11, 61, recto. Â vous [les vents], troppe légère, Qui d'aile passagère Par le monde volez, ID. VII, 6, verso. Léger à croire, recueillir et ramasser toutes nouvelles, surtout les fascheuses, tenant tous rapports pour véritables et asseurés, ciiARROn, Sagesse, i, 64. Quanta ce que m'honorez tant par vos lettres, je ne le veux ni puis recognoistre; je n'ay pas si peu vescu avec moy, que je ne me sente léger de plus de grains que ne dites; mais c'est l'amitié que me portez qui vous aveugle, pas- QuiER, Lettres, t. i, p. 578. Le trop et le peu, le long et le court, le legier et le poisant, le prez et le loing, MONT. IV, 107. Si la douleur est violente, elle est courte; si elle est longue, elle est legiere, id. 1, 30*. Oubli, nouveau plaisir, course du temps léger N'ont pouvoir d'ébranler mes pensers immuables, DESPORTES, Diane, 11, 76, stances. Jamais plus beauté >i légère Sur moi tant de pouvoir n'aura; Nous Terrons, volage bergère. Qui premier s'en repentira, ID. Bergeries, vi, Villanelle.

— ÉTYM. Bourguig. ligei; Berry, Mgex, ou ligère des deux genres; wallon, ligir ; namur. ièg(!r;provenç. leugier; catal. Ueujer ; espagn. Jtgero; portug. ligeiro; ital. kggiere ; d'une forme latine fictive leviarius, dérivée de levis, léger. Le provençal avait le simple, leu, et l'italien avait lieve. Levis est pour kgris; sanscr. laghu, léger.

LÉCÈKK-MENT (lé-jè-re-man) , adv. || 1* D'une manière légère, non pesante. Il s'avance seul légèrement armé, couvert d'un casque d'acier garni d'or, ombragé de trois queues de cheval blanches comme la neige, volt. Princ. Uabyl. 1 . || 2' Avec agilité. Marcher, courir légèrement. Pour moi, je ne crois pa3 que sans enchantement On puisse aller plusloinetplus légèrement, maibet, Sophon. iv, 6. Kst-il rien qui aille plus vite ni qui s'écoule, s'échappe et vole plus légèrement que le temps passé [larmi les délices? boss. Pancg. Ste Thér. 3. || Fig. Vous passez légèrement sur des endroits difficiles, sf.v. 6u3. Pour sortir du monde plus légèrement, il [le chrétien] s'est déjà déchargé lui-même d'une partie de son corps , comme d'un empêchement importun à l'âme, uoss. Dourgoing. |{ 3" Terme do musique. Se met quelquefois sur les partitions pour Sndi(|ucr, dans certains passages, un mouvement analogue à celui de l'allégro vivace et joué de la pointe de l'archet, ou sans forcer le souffle si ce sont des instruments à veut. || 4° D'une fai.ou peu copieuse. Vous avez soupe hier si légèrement que vous serez malaile, si vous ne prenez rien ce matin, hariv. Double incotist. 1, *.\\ 6° D'une façon peu considérable, peu grave. Nous nous plaignons quelquefois légèrement de nos amis, pour justifier par avance notre légèreté, labochefouc. Reflux, mor. 17». 11 |le Saint-Esprit] no descend pas sur la terre pour pa.sser légèrement sur les cœurs ; il vient établir sa demeure dans la sainte société des fidèles, Boss. 2' sermon , Pentec. Préambule. Les grâces.... ne feront plus alors que vous émouvoir légéromoDt, MASS. Carême, Fausse conf. Je ne connais que légèrement Helvétius; mais je ne puis m'cmpécber d'itre indigqé de la barbarie avec la-

CICT. DZ LA LANGUE FIUNÇAISS.

quelle on le traite, d'alemb. Lett. à Voltaire, 6 mai 1760. Blessé légèrement, M. J. ciién. Œdipe roi, m, 4. p Par antiphrase, légèrement est quelquefois pris aujourd'hui pour fortement, gravement, très-fort. 11 dîne ici pour la première fois, et, comme' vous le savez peut-être, on le dit légèrement pointilleux et moraliste, CH. de BERNARD, le Gentilhomme campagnard, 1, 13. Il 6° Avec délicatesse et agrément. Ce tableau est légèrement touché. Ce dessin est légèrement fait. Il 7° D'une façon inconsidérée. Croire légèrement. Qu'ils ne se seraient pas engagés légèrement au siège d'une place sur laquelle toute la chrétienté avait les yeux, voit. Lett. 74. Vous en prenez [des alarmes] sans doute un peu légèrement, botr. Yenceslas, IV, 1. Il vous dira ses ennuis; il m'en a dit assez pour me faire voir qu'il a été trompé; c'est dommage ; mais il ne faut pas se marier si légèrement, SÉV. 7 déc. 1689. Si le roi n'avait pas révoqué la permission qu'il avait donnée trop légèrement, M"* DK CATLUS, Souvenirs, p. 226, dans POUGENS. Quelques faits que j'ai trop légèrement affirmés sur la foi des premiers voyageurs, buff. Suppl à l'hist.nal. OEuv. t. xi, p. 209, dans pougens. Il 8° Sans égards suffisants. Et que, pour vos projets, il fallait sans scrupule Traiter légèrement un vieillard ridicule, gresset. Méchant, 11, 7. Lorsque Saint-Êvremond s'expliquait si légèrement surSénèque, il ne l'avait pa3lu,DiDER. Claude et Nér. 11, 37.

— S'y». Xla légère, légèrement. Croire à la légère ou légèrement, s'engager à la légère ou légèrement sont des phrases tout à fait synonymes. En effet légèrement signifie d'une façon légère ; à la légère signifie à la manière des personnes légères. La nuance est imperceptible.

— HlST. xn* s. Legierement [facilement] aurez les nos [nôtres] vengez, Roncisv. p. 79. || xm* s. Et distrent que moût firent grant folie, qui tel gent avoient chasciés [poursuivis] qui tant estoient armés legierement, villeh. cxui. Memore d'omme retient plus legeremen t poi [peu] de paroles que moût, BEAUM. v, 1 1 . Il xiv s. Quant il porte legierement pluseurs et grans infortunes, ohesme, Eth. 36. || xv* s. Se déjeunèrent légèrement et puis se couchèrent, Louisxi,iïour.Liii.|| xvi's. Une fautpas croire légèrement à tout ce qu'escrit Oppius, amïot, J'ompée, 6. Combien l'heur des mortels s'enfuit légèrement! DESPORTES, Élégies, 11, 6, Advanture première.

— ETYM. Légère, et le suffixe ment; provenç. leugieramen ; esp. ligeramente j ital. leggieramente, leggiermente.

LÉGÈRETÉ (lé-jè-re-té), s. f. || l' Qualjté de ce qui est léger, peu pesant. La légèreté de cette substance. La légèreté de l'air. || 2° Agilité, vitesse. Marcher, courir avec légèreté. La légèreté à la course. La légèreté d'un danseur. Je voudrais que vous eussiez vu l'air de M. de Lomaria et de quelle manière il ôte et remet son chapeau ; quelle légèreté, quelle justesse! SÉV. 75. || 3° Légèreté de main, se dit d'un homme qui opère, écrit, joue, etc. avec aisance et célérité. {| Légèreté de pinceau, se dit d'un peintre dont la touche est légère. || Légèreté dans la voix, se dit d'un chanteur qui fait aisément les passages difficiles. Il 4° Inconstance, instabilité. Tu tournes tes regards du côté d'Angélique ; Est-elle donc l'objet de tes légèretés? corn, la Place roy. 11, 8. Vous attendez de lui trop de légèreté, id. Poly. m, 3. Et le roi, plus piqué contre vous que contre elle.... Blâmera vos frayeurs et nos légèretés, m. Rodog. m, 2. Le sort donne aux plus grands, par d'infinis exemples. De sa légèreté dos marques assez amples, hoir. Relis. 11, 9. Et si de mon amour ce tendre sacrifice De ta légèreté ne rompt point l'injustice, tu. corn. Ariarie, m, 4. Péric)ès, qui connaissait la légèreté et l'inconstance des Athéniens, ROLLiN, Traité des Études, liv. v, 3" part, ch. 2. L'inconstance et la légèreté est do tous les caractères le moins propre au royaume de Dieu, MASS. Carême, Inconst. Il résulte que cette légèreté particulière aux Français a, dans tous les temps, pr'iduit des catastrophes bien funestes, volt. Dict. phil. Sxipplices. La légèreté française danse sur le tombeau des malheureux; pour moi, je n'ai jamais mis ma légèreté à oublier ce qui fait frémir la nature, id. Lett. Mme du Deffant, l" juin 1771. I 6° Défaut do réflexion. Sur la légèreté d'une croyance si peu raisonnable, il renonce à une affection dont il était assuré et qui ét-iit prête d'avoir son elTet, cor». Examen de Uélite. \\ Insouciance. Ce jeune homme [duc de Richelieu] se crut un personnage en se voyant traiter en criminel d'État, et prit sa prison avec la légèreté qu'il a toujours montrée en amour, en alToires et à la guerre.

DOCLOs, Mém. rég. OEuv. t. v, p. 388, dans pougens. Il Imprudence. La légèreté de sa conduite, do ses discours. || 6° Faute commise par légèreté, par défaut de réflexion. Ils [les juges d'Abbeville] condamnèrent deux enfants innocents à une mort aussi cruelle que celle de Ravaillac et de Damiens, pour une légèreté qui ne méritait pas huit jours de prison, VOLT. Mél. litt. Comm. hist. sur œuv. aut. Henr. Plusieurs circonstances peuvent faire pardonner une légèreté, genlis, Théât. d'éduc. les Dangers du monde, m, 9. ||7° Délicatesse et agrément, en parlant de style et de conversation. La légèreté de sot style. Il a de la légèreté dans la conversation. Ck n'est que légèreté, qu'élégance, que beau natui^ et que délicatesse dans ses ouvrages [de la Fon laine, par opposition à ses manières lourdes dar». le monde], la bruy. xii. Ce serait ici le lieu da parler de ces aventures [de jeu, entre Grammoiitet Mazarin] ; maisqui peut les conteravecassez d'agrément et de légèreté, pour remplir l'attente de ceux qui en auraient déjà entendu parler? hamilt. Gramm. 6.

— HIST. xiv s. Comme si, en lacité, y avoir plus de légèreté et de licence fust y avoir plus de pover

(pouvoir], BEBCHEURE, f" 68, «"eclO.

— ÊTYM. Léger. On disait jadis legerie bien plus que légèreté : Franceis sont mort par vostre legerie, Ch. de Roi. cxxix.

t LÉGIFÉRER (lé-ji-fé-ré. La syllabe fé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je légifère , excepté au futur et au conditionnel : je légiférerai, je légiférerais), v. n. Néologisme. Faire des lois. Ils ont tous la manie de légiférer.

— ÉTYM. Lat. legifer, qui donne des lois, de le*, legis, loi, et ferre, porter.

LÉGION (lé-ji-on), t. f. || 1° Terme d'antiquité romaine. Corps de gens de guerre, composé d'infanterie et de cavalerie. Tu sais que, quand l'aigle romaine Vit choir ses légions aux bords du Trasimène, CORN Nicom. i, 6. Vous dont j'ai pu laisser vieillir l'ambition Dans les honneurs obscurs da quelque légion, rac. Rrit. l, 2. Les Romains ne levaient jamais que quatre légions dont chacune était environ de quatre mille hommes et de trois cents chevaux, v.oi.Liv,Hist. anc.OEuv. t. i,p. 431, dans poDGE Ns. La légion se divisait en trois corps, qui étaient hastati, les hastaires; principes, les princes; triarii, les triaires, m. t'b. 1" part. p. 333. Polybe, avec son bon sens ordinaire, compare l'ordonnance des Romains avec celle des Macédoniens.... il fait voir les avantages et les inconvénients de la phalange et de la légion; il donne la préférence à l'ordonnance romaine; et il y a apparence qu'il a raison , si l'on en juge par tous les événenents de ces temps-là, montesq. Rom. 5. Les officiers [de l'armée républicaine anglaise] voulaient l'égalité et la liberté, avec la fortune, les honneurs et le pouvoir absolu ; c'est ainsi que sous latente, depuis les légions romaines jusqu'aux mamelouks, on a toujours compris la république, CUAteaubr. Stuarts, lia République. || 2° En France, sous François I", nom de certains corps d'infanterie. Il 3" Dans les premiers temps de la Restauration, nom des régiments de ligne. Cha(|ue légion portait le nom d'un des départements de la France. || 4" Il se dit des régiments de la garde nationale et da ceux de la gendarmerie. La première, la seconde, la troisième légion. || 6° Au plur. Légions se dit, dans le style relevé et poétique, des armées. Déjà ses légions traversaient les Alpes. [M. de Termes, du haut du ciel] ....Voit comme fourmis marcher nos légions Dans ce petit amas do poussière et de boue. Dont notre vanité fait tant de régions, BACAN, Consolation. \\ 6° Légion d'honneur, ordre institué par Napoléon I" pour récompenser les services, les vertus, les talents distingués, les actions d'éclat de toute nature. Chevalier, membre de la Légion d'honneur. La décoration de la Légion d'honneur. || 7* Fig. et familièrement. Un grand nombre de personnes. Ils étaient une légion. Tant ([u'une légion de pédants novateurs Imprimera l'ennui pour le vendre aux lecteurs, Gilbert, Jfon apologie. \\i' Dans le style de l'Écriture. Des légions d'anges, dos légions do démons, des multitudes d'anges, de démons. Jésus lui demanda : quel est ton nomî il lui dit : je m'appelle Légion, parce que plusieurs démons étaient eutiés dans cet homme, saci. Bible, Évang. St Luc, viii, 30. Un solitaire paresseux et sans emploi se trouvait souvent, comme ce misérable de l'Évangile, possédé d'une légion entière, bourdal. Dim. de laSeptuag. dominic. t. I, p. 36». || S'appeler légion, expression figurée par laquelle on indique qu'un individu en représente un grand nombre, jj Fig. C'est uno légion

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do diables enrermés dans un seul pourpoint, bead- MARCH. Ifi're coup. Il, 21. ,, . . „ .

— liiST. xji' s. Li pcrmanables jugieres fie jugo éteruel) aparrat paQrosement, et les légions des angelei seront presens à cest spectacle, Job, p . 4 9 1 . Dont filj prist une aultrc légion De nobles hommes, de \'assaulx, Heaumes laciés, à bons chevaulx, Brut, P 94, dans LACURNE. Il xiii* s. Cent [il] apparaille an grant estour, Ki jà sunt assemblé mult tost; Si en font il mullplentif ost ; Set Icgiuns i sunl numbrées, Ben de cumbatre aparaillées, Edouard h confesseur, v. 42ïO. || xvi* s. Ces trouppes furent appellécs légions, pour autant qu'elles estoient composées d'hommes esleuz et choisis entre les autres pour combattre, amyot, Rom. io. Le grand roy François, désirant fortiflier et asseurer son royaume lar tous moyens praticables, s'avisa d'establir des -cgions pour avoir toujours des gens prests, quand le besoin surviendroit, sans estre contraint d'aller mendier l'aide des estrangers, langue, 326.

— tTVM. l'rovenç. legio; espagn. icjto»; ital./epione;du hl.legioncvi,àe ie(?(Te, choisir, lever (voy. urk). Legio veut dire primitivement levée militaire.

LÉGiONN.4IRE(!é-ji-o-nê-r'),J. m. Il 1° Soldat dans une légion romaine. L'armement des légionnaires. Il i' Membre de la Légion d'honneur. || Simple Légionnaire, chevalier de la légion d'honneur. || 3° Adj. Oui appartient à la légion. Soldatlégioiinairo. || Epées légionnaires, épées qui étaient à l'usage des légions romaines, et dont on a quelques échantillons dans les collections d'antiquités. || Terme de zoologie. Fourmis légionnaires, fourmis qui , vivant de rapine, se réunissent en troupes pour aller attaquer les espèces qu'elles veulent dépouiller et asservir.

— HlST. XVI" s. Vois-tu ces beaux légionnaires romains, que tu preschois tant estre gens invincibles, les vois-tu maintenant fuir? AMYOT, Lxuul. 6i. Au premier remument de guerre, le roy François dressa les légionnaires qui fust une très belle invention, si e'ie eustesté bien suivie; car c'est le vray moyen d'avoir toujours une bonne armée sur pied, montluc, J/em. t. I, p. 66.

— ÊTVU. Lat. legionarius, de legio, légion. LÉGISLATEUR, TRICE (lé-ji-sla-teur, tri-s'), s.

m. et f. Il 1° Celui, celle qui donne des lois à un peuple. Lycurgue a été le législateur de Lacédémone, Solon celui d'Athènes. Certainement, s'il [l'homme] la connaissait [la justice].... les législateurs n'auraient pas pris pour modèle, au lieu de cette justice constante, les fantaisies et csprices des Perses et Allemands, pasc. Pens. m, 8, édit. HAVET. Commander des armées et remporter des victoires, n'est rien en comparaison de la gloire d'un législateur, f£s. Dial. morls anc. <2. Dans l'état populaire, on divise le peuple en certaines classes; c'est dans la manière de faire cette division que les grands législateurs se sont signalés, et c'est de là qu'ont toujours dépendu la durée de la démocratie et sa prospérité, montesq. Esp. ii, 2. Ce que je crois très-vraisemblable et très- vrai, c'est que les premiers législateurs étaient des hommes d'un graiidsens, volt. Uél. hist.Déf. de mon oncle, ch. xxi. Une femme a été meilleure législatrice que l'Isis des Égyptiens et la Cérès; des Grecs, ID. Princ. Bahyl. 6. La généralité comme législatrice ou souveraine, J. i. Bouss. Contrat social, m, i. || Par extension, celui qui sert de modèle eu législation. Nous étions vainement, dans une paix profonde. Et les législateurs et l'exemple du monde, volt. Orph. i, 2. Il Adj. Un roi législateur. Le préambule de ces édits était que la puissance législatrice et exécutrice est née, de droit divin, copropriétaire de ma terre, et Que je lui dois au moins la moitié de ce que je mange, volt. l'A. aux quarante écus, désastre. Il î* 11 se dit en parlant des lois religieuses. Mahomet, le lûgislaleur des musulmans. Le législateur des Juifs, qui n'était pas un homme ordinaire, ayant fort bien conçu la grandeur et la puissance de Dieu, DoiL. Longin, Sublime, 7. || 3° Par extension, celui, celle qui fait comme des lois dans le domaine intellectuel et moral. Boilcau est le législateur du Parnasse. Dans l'éloquence, dans la poésie, dans la littérature, dans les livres de morale et d'agrément, les Français [au xvii' siècle] furent les législateurs de l'Europe, volt, iout'j IIV , 32. || Le divin lég'tslateur, en parlant de Jésus-Christ. || Par extension et plaisanterie. Les perruquiers français décident en législateurs sur U forme des periuques étrangères, montesq. Lett. pert. loo. ||4° Absolument, le pouvoir qui fait les lois. C'est au législateur qu'il appartient d'expliquer la loi ||ytu plur. Ceux qui font lei lois. Si les rhéteurs parlent }iour vingt-quatre heures, les législateurs parlcut

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pour le temps, mihadeau. Collection, t. m, p. 35. Il Nom dos membres du corps législatif établi par la constitution de l'an vni.

— IlIST.xiv's. Legislatcurouordeneurde policie, onESME, Thèse de meunier. || xvi* s. Il a voulu estre législateur en commandant cela, et non point un conseiller comme ils songent, calv. Instit. 3I6.

— ÉTYM. Lat. legislatorem, de lex, legis, loi, et lator, celui qui porte, de latwn, supin d'un verbe dont la forme complète est tlatum, le même que le grec T).âw, supporter, d'un même radical que l'inusité latin tulo (d'où tuli) et que (olcrare (voy. tolérer).

LÉGISLATIF, lVE(lé-ji-sla-tif, ti-v'), adj. || l-Qui fait des lois. Les grands feudataires de la couronne exerçaient avec le roi le pouvoir législatif et constitutif pour les grandes sanctions de l'État, st-sim. 373, 200. Il y eut des cas [les plébiscites à Rome] où les patriciens n'eurent point de part à la puissance législative d'un autre corps de l'Etat, monti;sq. Esp. XI, 16. Le corps législatif ne doit point s'assembler lui-même; car un corps n'est censé avoir de volontés que lorsqu'il est assemblé, id. Esp. xi, c. || Assemblée législative, et, substantivement, la législative, l'assemblée qui a succédé à la constiluanlo [1 791 ]. On dit aussi législative en parlant de l'assemblée qui, dans la seconde république, a succédé, en 184», à l'assemblée constituante. || Particulièrement, corps législatif, nom donné, dans la constitution de l'an VIII et dans celle du second empire, à l'assemblée formée des députés des départements. || 2° Qui est de la nature des lois, qui porte le caractère des lois. Mesures, dispositions législatives. || 3° Terme de philosophie, dans le système de Kant. Facultés législatives, facultés de l'esprit qui font la loi aux autres. Lejugeraent, la raison sont des facultés législatives.

— HIST. xiv s. La législative, c'est à dire la science du législateur, oresme. Thèse de meunier.

— f.TYJl. Voy. législateur.

LÉGISLATION (lé-ji-sla-sion; en vers, de cinq

syllabes), s. f. || 1° Droit de faire les lois. Ils [Les censeurs à Rome] exerçaient la législation sur le corps même qui avait la puissance législative, montesq. Esp. XI, id. Les grands d'un côté, et les représentants des villes de l'autre partagent la législation avec le monarque [en Angleterre], volt. Princ. de Babyl. 8. || 2° Le corps même des lois. Réformer la législation. Les lacunes de la législation. || Pailiculicrement. L'ensemble des lois qui règlent une matière. || 3° Science, connaissance des lois. Ur cours de législation. Il Législation comparée, étude, pour les comparer, des lois de différents pays. || 4" Terme de philosophie, dans le système de Kant. Influence exercée par une faculté de l'esprit surd'autres facultés.

— HIST. XIV" s. Nuisible à bonne législation, ORESME, Thèse de meunier.

— ETYM. Lat. legislaiionem (voy. législateur).

t LÉGISLATIVEJIENT (léji-sla-ti-ve-man), adv. En suivant la marche législative.

LÉGISLATURE {lé-ii-sla-tu-r'),s. f. || 1" L'ensemble des pouvoirs qui font les lois. La législature vient do décider une grande question. {{ 2° Assemblée législative. Une législature nombreuse, complète. Il 3° Période de temps qui s'écoule depuis l'installation d'une assemblée législative, jusqu'à l'expiration de ses pouvoirs.

— ÊTYM. Voy. LÉGISLATEUR.

LÉGISTE (lé-ji-st'), s. m. Celui qui connaît on qui étu<lie les lois. Un habile légiste. L'influence des légistes. De leur application aux lois dont ils se firent un métier,ils furent appelés légistes,sT-siM. 373, 201.

— HIST. 3UI1* s. Lors aras bons légistes et les bons prescheours. Et bons fisiciens et bon conseilleours, J. DE MEUNO, Test. CI7. Parleconseil de ses legistres Mist en escumuniement Le duc et tout son tenement, nu CANGE, legista. ||xv' s. Si fut adfisé que certains docteurs en théologie parleroient à ellefJcanne d'Arc]. et l'exainineroient, et aussi avec eux des canonistes et des légistes, et ainsi fut fait, Uist. de la pue. d'Orl. p. 600, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. et esp. {e^ùla; bas-latin, legista, do lex, legis, loi.

LÉGITIMAIRE (lé-ji-ti-mê-r"), adj. Terme de jurisprudence. Qui appartient à la légitime. Droits légitimaires. Portion légitimaire.

— ÊTYM. légitime.

LÉGITIMATION (lé-ji ti-ma-sion; en vers, àe six syllabes), s. f. || 1" Action de légitimer un enfant naturel. Harlay, consulté sur la légitimation d'enfant sans nommer la mère, avait donné la planche du chevalier de I.ongueville, qui fut mise en avant, sur le succès duquel ceux du roi passèrent, st-sim. 17, (C8. ||2° Reconnaissance authentique et juridique des pouvoirs d'un envoyé, d'un député, etc.

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Après la légitimation de ses pouvoirs auprès de la diète, il est entré en fonctions.

— HIST. XIV" s. Par ceste légitimation, Je Songe duvcrgicr, 1, 107. ||xvi" s. Ce roi misérable, se volant ainsi defavorizé, eut recours au pape, pour le prier d'estre juge de sa légitimation, d'aub. Uist. XI, 397.

— ÉTYM. Légitimer.

1. LÉGITIME (lé-ji- ti-m'), adj. \\ 1» Qui a un caractère de loi. L'autorité légitime. Les pouvoirs légitimes. Il Use dit des personnes. Qui 110 voit donc qu'il faut dire nécessairement que David était le roi légitime de tout Israël et qu'on n'avait pu reconnaître Isboseth que par attentat ou par erreur, Doss. Var. b'avert. § 39. Les mots changent d'acception : un peuple qui combat pour ses souverains légitimoj est un peuple rebelle, ciiATEAUBR. Buonaparte et les Bourbons. \\ Particulièrement. Une dynastie légitime, dynastie qui règne en vertu d'un droit traditionnel, par opposition aux princes qui régnent par des coups d'Etat ou par la volonté nationale. || Par extension. Je converse avec moi-même comme avec le plus légitime censeur de ma vie, Boss. Pensées clirc'l. et mor. .12. || 2° Qui a les conditions, les qualités requises par la loi. Mariage légitime. Ou me pourra toutefois objecter qu'il y a trois circonstances à cette action [la Saint-Barthélémy] qui la rendent extrêmement odieuse à la postérité : la première que le procédé n'en a pas été légitime.... mais je répondrai.... qu'il faut entendre là-dessus nos théologiens, lorsqu'ils traitent de fide hxreticis scr- Kandaf g. naudé. Considérations politiques sur les coups d'État, p. <72. Voyez si nos liens ont été légitimes, volt. Olymp. v, 6. La fortune toujours du parti des grands crimes. Les forfaits couronnés devenus légitimes, LkUkRT. tiédit, l, 7.||Par extension. Ils [les renards] refusèrent constamment toutes les chiennes; mais, dès qu'on leur présenta leur femelle légitime, ils la couvrirent quoiqu'enchaînés, et elle produisit quatre petits, buff. Quadrup. t. u, p. 2)6. Il Enfantlégitime,enrantné durant le nnriage, ou après la mort du père, dans le délai que fixe la loi et par conséquent avec les conditions qui établissent ses droits à l'hérédité. || Intérêt légitime, intérêt de l'argent au taux fixé par la loi. On dit plus souvent intérêt légal. 1| 3° Il se dit en général des choses fondées sur un droit ou une raison qu'on ne pourrait violer sans injustice ou déraison. Contre nous ta poursuite est-elle légitime ? CORN. Cid, IV, 2. Je crains.... qu'il.... ne conçoive mal qu'il n'est fourbe ni crime Qu'un trône acquis par li ne rende légitime, ID. A'tcom. i, 6. Que sa prétention fût ou non légitime, rotr. Antig. iv, ). La mort seule.... peut.... Faire au poids du bon sens poser tous ses écrits [d'un homme de génie]. Et donner à ses vers leur légitime pri.x, boileau, ip. 7. Je sais qu'un noble esprit peut, sans honte et sans crime. Tirer de son travail un tribut légitime, id. Art p. IV. Daignez m'ouvrir au trône un chemin légitime, RAC. Bajai. n,i. Quiconi|ue a pu franchir les bornes légitimes Peut violer enfin les droits les plus sacrés, id. Phèdre, iv, 2. Je ne condamne plus un courroux légitime, id. Andr. 11, 4. Quand je conçus pour elle un amour légitime, iD. Slillir. i, i . Je suis loin de blimer le soin très-légitime De plaire àses égaux et d'être en leur estime, volt, la Vanité. Il 4° Terme de médecine. Maladies légitimes, celles qui suivent une marche régulière.

— REM. Corneille l'a employé dans le sens do plausible, naturel; ce qui ne semble pas bon : Si ses yeux l'ont trompé, l'erreur est légitime, TWod.iv, 6.

— HIST. XVI" s. Le sciirhe vray et légitime est une tumeur dure sans douleur.... paré, v, 22. Toutes intentions légitimes et équitables sont d'ellesmesmes equables et tempérées, mont. 111, 239. Il donna un arrcst et prononça légitime Don Antonio de Portugal, d'aub. Uist. 11, 397.

— ÉTYM. Provenç. /egrtim; cata!. llegitim; esp. légitima; ital. legittimo; du lat. legitimus, de lex, legis, loi.

2. LÉGITIIME (Ic-ji-ti-m'), s. f. Terme do jurisprudence. Portion assurée par la loi à certains héritiers sur la part héréditaire qu'ils auraient eue en entier, si le défunt n'avait pas disposé autrement do cette part(c'est un terme d'ancien droit; l'institution du droit nouveau, analogue sans être tout à fait jiareille, se dit réserve). La légitime des enfants, des a.scendants. Un testament 011 il réduit son fils à la légitime, la bruy. iv. Il faut opter, mon petit cavalier; voyez donc si, vous en tenant à l'Église, vous voulez posséder de grands biens et ne rien faire, ou, avec une petite légitime, vous faire casser bras et jambes, pour parvenir, sui' la fin de vos jours,

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