‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 105 sur 462 · RANT · texte numérisé non relu

RANT

— ÉTYM. .<//■.

AIRAIN (è nul,!, m. [| 1" A i uivre et d'é-

tain, plus sonore et plus fusible que le cuivre. Statue , vase d'airain. Le fer et l'airain, n'étant plus pi les Cyclopes, commençaient à se rouiller, FÉN. Tel. n. Aussitôt on assembla des ouvriers pour travailler sur le fer, sur l'acier, sur l'airain, id. ib. xn. Tandis que l'ennemi, par ma fuite trompé, Tenait après son char un vain peuple occupé, Et, gravant en airain ses frêles avantages. De mes Etats conquis enchaînait les images.... bac. Mithr. in, t. La campagne autour est couverte d'hommes qui taillent el qui coupent, qui roulent et qui charient le bois du Liban, l'airain et le porphyre, LA brut. 6. || 2 Un ciel d'airain, sécheresse excessive. Les cieux par lui fermés et devenus d'airain, rao. Âthal. i, t. Le ciel est d'airain sur sa tête,BOSS. Pass. i,3. L'Egypte, ce climat si fertile sous un ciel d'airain, j. j. rouss. Sciences. |]8° L'n front d'airain .un front sans pudeur qui ne rougit jamais. Ce sont des monstres [ces femmes] qui ont un front d'airain, sév. 452. Pour le nier il faut avoir un front d'airain, boss. Aiert. I. S'étant fait un front d'airain, il fit semblant de ne pas le reconnaitre, iiamilt. Gramm. il. \\ Un front d'airain signifie aussi une attitude inébranlable. À ces adversités oppose un front d'airain; Reçois d'un visage serein La nouvelle de ta défaite, chaul. La vie champ. Il 4° Avoir un cœur d'airain, être impitoyable. || 5° En termes de mythologie, le siècle d'airain, le siècle intermédiaire entre le siècle d'argent et le siècle de fer. || Un siècle d'airain, un temps de calamité. || 6° Un mur d'airain, une barrière infranchissable. || 7° Fig. et poétiquement , canon. J'entends l'airain tonnant de ce peuple barbare, volt. Ah. il, 6. || 8° Cloche. Les pontifes saints autour de mon cercueil, Appelés aux accents de l'airain lent et sombre, a. ciién. 90. Ou l'airain gémissant, dont les sons éperdus Annoncent aux mortels qu'un malheureux n'est plus, lamart. tiédit. I, 5. Écoutez.... l'airain sonne, il m'appelle, il vous crie Que l'instant est venu de sauver la patrie, delav Vêpr. Sicil. iv, 4. || 9' Dans le langage de l'Écriture, l'airain sonnant, un vain bruit. Les vérités les plus terribles ne sont pour eux qu'un airain sonnant et une cymbale retentissante, mass. Parole. Mous ne sommes plus pour vous qu'un airain sonnant, id. Car. Inconst. || 10° En termes d'antiquité, airain de Corinthe. C'était un composé d'or ou d'argent et de cuivre, dont on coulait des statuettes et des vases fort recherchés. || Proverbe. Les injures s'é- CFivent sur l'airain et les bienfaits sur le sable; on

se souvient des unes, et on oublie facilement les

— hist. xn* s. Sonent bui n d train etde meta] R ■ p "s i treim de rant maniei

de dous citez Ada h, Rois. 1 17.

I| xiii0 s. Ne keuvres [cuivre] , ne arains, néestains, ne fiers, tailliar. Recueil, p. 25. Axains, el toul autre manière de métal hors mis or el ar gent, monneé el à monoii i Fès j home,

soitpetis soil grans, doil obole de rivage, Liv. des Met. 304. Par devers destre [il y] a un oisel; Onqu ne fu

veus tes [tel . Fl. et RI. 1080 . || xi rissaùs ' le maréchal] he fail acordé ;

Il a un cor d'arain grailloi l:

, 748. || xvi* s Œil d'airein, quand l œil esl rous, fier et estincelant comme un lion . ainsi les ont les ladri ■ v,

— ÉTYM. P ovenç. aram, eram ; portug. muni'';

. Il il. 1,1 III:

œramen, airain, de xs, airain , cuivre Ci mp. 1 allem.

fer; angl. iron ; goth. eisarn; celt. t'ai sanscr. ayas, fer.

AIRE (ê r'), s. f. 1 Surface unieel dure où l'on bal les blés i re d'une grange. | 2 i plane. L'aire d'un l 'aire d'un bassin, le

i peut , partie sur laquelle on marche. Aire d'une maison, espace compris entre les murs. 11 eût fallu commencer p toyer l'aire : tous les

j. j. roiss. Oriij. -i. h 3" En termes de gée face terminée par des lieues, eu égard surtout à l'évaluation de sa superficie. L'aire d'un cane, l'aire d'un triangle. Appliquant l'attention de mon es renferment, desc. Médit 6. || 4 En astronomie, l'espace parcouru dans un temps donné parle rayon vecteur d'un astre. Toute planète décrit des aires égales en temps égaux, volt. Veto*.. m, 2. Quels sont . dans les révolutions des planètes, les rapports des aires parcoi s ? j. j.

rouss. Sciences. 2. || 5° Terme de marine. Aire de vent, direction du vent. On distingue trenti deux airesde venl principales. Quelle aire de venl di nous tenir ?chateadb. Itin. n, »i . Plusieurs marins font ce mot du masculin et 1 1 1 rivenl air; c'est une faute (voy. air). || 6° Nid, c'est-à-dire surface plane de rocher où l'aigle fait son nid, et, par exten sion, nid inds oiseaux de proie. C'esl un ai

glon qui retombe dans son aire, j. j. nouss. Em. il. || 7° Le plus pi carrés d'un ma-

rais salant. || 8" Dessus d'une grosse enclume.

9 Terme d'eaux et forêts. Couper les bois à tire et à aire, les couper entre les lisières marqui ne laissant que les arbres de réserve et sans choisir cà et là. || 10° On trouve aussi, en termes de marine, aire pour vitesse, sillage d'un vaisseau; ce nai de luire (voy. erre).

— HIST. xn° s. Les aires des salines [areas salinarum], Mâchai, i, ch. 2. Il est venus à l'aire [place] où celé est qui ses bons Est preste d'asseuir

[suivre sa volonté] aueef. le bast. Roman

p. 34. Salomons de Bretaigne fu en pié en mi l'aire [le lieu de l'assemblée], Sax. xxxr. Quant il vindrent al aire Nachor, Oza estendid sa main vers l'arche, 'Rois, 140. I'ist l'emperere el paleiz faire Banc à siège envirun l'aire, wace , Rou, 8275. || xiii' s. S'il s'enfuioit, le edefises de se [sa] maison seroit abattus; et li meuble et li aire seront l'eveske, tailliar, Recueil, p. 5 h. À terre l'estut sommeillier; S'ele dormi, ce ne fu gaires; N'ot pas toz jors geïi en aires, ruteb. n, tiu. Quant h ostoirs [autour] se fu assis, Ses oiseaux [ses petits] laidist et blasma, Par maltalent leur reprova , Que vingt ans ot aire tenue. Unques si grant desconvenue Si oisel ne li firent mes, marie, fable 80.

Se tu veus trouver l'aire du triangle equilatere

Comput , f" IG. Et certaine chose est, se la meson ardet, l'en ne doit pas loage ne de l'aire ne des pareiz, Liv. de Just. 134. || xive s. Chacun sextier dou meilleur, qui es aires dou dit Pont sera vendu, du cange, aéra. Nidos seu ayres avium de rapina, nu cange, area. Desoresnavantà tous jours li ditreligieusse souffreront de clore et de bailier àprez, à aires ouà autre vvaingnage [pâturage] plus que clos et baillié en ont, id. ib. Au trait' d'un arc de leur dit aire [des éperviers] , Ménagier, m, 2. || xve s. Une aire de bois contenant environ demi arpent , id. ib. Aire de marais salant , id. ib. Aires où se font les lins, id. ib. Icelui Bustor dit qu'il estoit bon maronier [marinier] et qu'il savoit bien en quel are de vent la lune et le soleil esloient, id. ib. || xvi" s. Le vaultour est chose bien rare, ei niai aijée à veoir', et ne treuve l'on facile-

DJCT. PE h\ LANGUE FRANÇAISE,

ment leurs aires, AMYOT, Rom. t4. Afin quo ladite ' m soit bien préparée et eschatiffée auparavant qu'elle loil une ledans les aires salans, palissy,

,; l1,1 ' ' pren donc d cœur avecque ceste

paire De ramiei i que |e I offre, ils sont venus de ce gentil ramier déni je t'avo ; parlé, iions. un. En cependant que les rides ne font Cresper encor l'aire de notre front.... id. ti7. Ores en un aire environné Du bien de Cerès engrainé, car- P'ori le, n.

— ÉTYM. Area. Aire est tantôt féminin et tantôt masculin, comme at're dans le sens de façon, ma-

Dan >le ba latin, on trouveai ra.

n -I . ai ra . place ;, battre le blé . ai rea . ar a] aeria, emplacement non cifltivé , étable à porcs. Aim • i s.f. Quantité de gerbes qu'on met

en une fois sur l'aire d'une grange . — HIST. xiv" s. Le quel Pierre avoit perdu deux sel/ en une arée ou place où l'on bat le blé, du area.

— êtym. lire.

AIRELLE (è rè-1'), s. f. Terme de botanique. Sou ■ irbr i tu (va< i iniujn i porl ml des baies dites ■ aussi airelles, grosses comme la merise, noires, êi , aigrelette

— r.n m. Portug. airella.

AIRER (è-ré), i . :■ I i re on nid, en parlant des

oiseaux de proie. L'ai ;le at I aire sur un rocher

i. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ÉTYM. Aire.

f AIRUBE (è-ru-r'), s.f. Terme de minéralogie. eine de charbon de terre, qui finit mincissant.

— ÉTYM. Air,'.

aïs (ê),s. m. || i° Planche de bois. Il se trouve e un long ais de menuiserie que porto un ouïr. I I . L'un me heurte d'un ais di ni |e suis tout froissé, boil. Sat. vi. Sur Fais qui le soud'tin Avicenne Deux des plus forts mortels L'ébi I â peine, m. Lutrin, v. Aces

1 saisit un vieil infortiat, Inutile ramas de gothique écriture, Dont quatre ais mal unis formaient la couverture, id. ib. Ses ais [du lutrin] demi-pourri . qu l'âge a relâchés, Sont à coups de maillet unis et rapprochés, m. ib. m. La table où l'on servit le champêtre repa Fui d'ais non façonnés à L'aide du compas, la font. Philém. Six douves de poinçon servaient d ais e1 de barre, RÉGNIER, Satire n. On mange sur un ais dans le carrosse, sév. 425. Ce fut bien pis quand l'homme de Mayence [Gutenberg] eut imaginé de serrer entre deux aisla feuille qu'un autre fit de chiffons réduits en pâte, p. l. cour. I, 2to. || 2° Au jeu de paume, un coupd'ais, le coupquela baille donne de volée dans un ais qui est du côté du service . || 3" Sorte de planchette à l'usage des relieurs. || 4° Établi sur lequel le boucher débite la viande. || 5° Outil du fondeur en sable.

— hist. xiiic s. Me fet crever le cuer ou ventre Li ors vens del pertuis punais ; Miex vosisse estresorun ais D'une privée [latrines] où me geùsse,flew. t7ivc. Lorsveïst on celés et ceus Qui en la chambre erent adès, Hurtez as parois et as es Lor chies [têtes]. . . . L'escoufle. Nous entendons decerteinque touslesesde vostre nef sont tous eslochez, joinv. 283. || xvc s. Et là le [le pont] trouverent-ils fort pourvu de Flamands qui le defaisoient ce qu'ils pouvoient; et quand ils en avoient osté un ais , ils le couvraient de fiens, froiss. n, n, 1 75. Le dessus du pont estoit couvert d'aiz seulleinent pourlapluye, comm. iv, 9. Il se força tant, qu'il arracha l'ais percé du retrait et le repporta à son col, louis xi, Nouv. lxxii. Deux charges de aes ou assennes, du cange, acs. Jehan, qui avoit sur son espaulle ung aes, id. ib. || xvi" s. Il rompit un ais qui estoit entre la chambre de sa maistresse et celle où il couchoit , marg. Nouv. I. Je ne sçay s'il le demande [relié] en aix de bois, ou en aix de papier [carton], desper. Cymbal. 74. Ung infini nombre d'aisses semées de poinctes ... pour la deffence d'une bresche, carl. v, 32.

— ÉTYM. Berry , ais, prononcé aisse ; espagn. exe ; portug. eixe; ital. asse; de assis, planche.

AISANCE (è-zan-s'), s. ' f. || 1° Absence de peine, facilité. Porter avec aisance un fardeau. || 2° Liberté de corps ou d'esprit. 11 fait toute chose avec aisance. L'aisance de ses manières. La liberté et l'aisance doivent régner dans les conversations. || 3° État de fortune qui permet de se procurer les commodités de la vie. 11 est dans l'aisance ; il jouit d'une honnête aisance. Ces gâteaux étaient les seuls présents que Virginie pût faire ùo l'aisance de l'habitation, bern. de st. p. Paul el Virg. || 4° Au plur. Lieux , cabinet, fosse d'aisances; latrines.

AIS

Il 5» Terme de jurisprudence. Servitude, commodité , service qu'un voisin retire d'un autre en vertu de convention ou de prescription.

— HEM. « Plusieurs personnes entendent par là, un air aisé et dégagé. Il y a pourtant des gens délicats qui ne peuvent souffrir ce mot, à cause de la signification qu'il a au pluriel , » bouhoubs , Votiv. Hem. Heureusement cette puérilité n'a pas prévalu; et aisance est resté dans le bon usage.

— HIST. xvic s. Ils s'abstenoyent tant qu'il estoit possible de tout ce qui appartenoit à l'aisance et soulagement du corps, c.vlvin, Jnstit. -1013. Cette aysance que les bons esprits ont de rendre ce qu'ils veulent vraysemblable , mont, ii, 329. L'aysance qu'il a trouvé à desgosiller un passant, id. i, 402. Si aucun a jardin ou terre labourable, estable, cheminée ou aisances contre un mur metoien, il y doit faire contre mur, loysel, 291. Il avoit à faire bien long chemin sans trouver aisance d'eau quelconque, amyot, Ponip. 53. Et estoit une belle assiette pour loger un camp à seureté, ayant commodité et aisance de toutes choses, id. Marins, 38.

— ÉTYM. Aise. On trouve dans les contrats de vente de la fin du xve s. : Maison, court, puits, lieux, aisances et appartenances, ainsi qu'elle se comporte. De là, selon M. Léon de Laborde, lieux d'aisance (par abus). .

+ AISCEAU (è-sô) , s. m. Terme de tonnellerie. Instrument recourbé qui sert à polir le bois.

AISE (ê-z') , s. f. || 1° Sentiment de bien-être et de contentement.'lls avaient toute l'aise que la situation comportait. L'aise est vive et peut se manifester par des mouvements du corps. Tressaillir d'aise. Saint Jean l'entend etil saute d'aise , boss. ii, Visit. 4 .Ce pêcheur d'aise tout transporté , corn. D. Sanc.Y , 8. Vous le pardonnerez àl'aise de vous voir, id. le Ment, i, 5. L'aise de voir la terre à son pouvoir soumise . id. Pomp. m. 1. Ne dois-je point encore en témoigner de l'aise? id. Médée, i, &. En l'aise de la victoire Rien n'est si doux que la gloire, malh. ii, 2. Aime.... maintenant l'aise de nos yeux, id. ii, 8. Sans jamais en son aise un mal-aise éprouver, id. i, 4. Prince, l'aise et l'amour des âmes et des yeux, racan, Sonnet. || 2° État commode et agréable, liberté. Il est à son aise partout, comme s'il était chez lui. J'étais là bien à mon aise pour mentir, chateaub. llin. 209. Je me trouve fort à mon aise toute seule, sév. 222'. 11 est bien à son aise quand il est avec elle, id. 580. Que j'en ai de vous voir belle et bien à votre aise, nÉGNiER,Sa«.xin. Voilà les ecclésiastiques bien à leur aise, pasc. Prov. 6. || À votre aise, elliptiquement, à votre commodité, quand vous voudrez. || Être mal àson aise, être indisposé. J'étais malàmon aise, s2v. 359. Quand l'enfant pleure, il est mal à son aise, j. j. rouss. Ém. i. || Être mal à son aise , être embarrassé. Devant lui il était mal à son aise. || 3° Mettre quelqu'un à son aise, l'encourager, dissiper sa timidité. Le prêtre l'écoutait, le mettait à son aise, J. j. rouss. Ém. iv. || Se mettre à son aise, pousser la familiarité jusqu'à l'oubli des convenances. Il se met à son aise partout, et nulle considération ne le gêne. || 4° Familièrement. N'en prendre qu'à son aise, travailler en son temps, ne faire que ce qui plaît. || 5° En parler àson aise , discourir de sang-froid des choses au succès desquelles on n'est pas intéressé. Vous en parlez bien à votre aise , pasc. Prov. 2. Vous en parlez bien à l'aise, mol. Fem. sav. ii, 9. A votre aise vousen parlez, id. Prol. Amph. Ce missionnaire fait son métier, il en parle bien à son aise,FLECH. Scrrn. n, 208. Elle lui dit qu'il en parlait fort à son aise, hamilt. Gramm. 4 0. || 6° Être, vivre à son aise , être dans une situation de fortune modeste , mais heureuse. Des louanges toutes pures ne mettent pas un homme à son aise , mol. le Bourg. G. i , 4 . On ne vaut et l'on n'est heureux qu'autant qu'on se voit à son aise et bien pourvu, bourd. Exhort. t.i, p. 465. L'argent est rare, c'est pour cela que les paysans sont à leur aise, j. j. houss. Hél. i, 23. Celui qui travaille est aussi à son aise que celui qui a cent écus de revenu sans travailler, montesq. Esp. xxin, 29. Voilà un homme bien riche, bien à son aise, sév. G08. Ceux qui sont mal à leur aise, pasc. Prov. 8. || Il n'est malade que de trop d'aise, se dit d'un homme riche qui a de fréquentes incommodités. || 7° Paix et aise, doucement, commodément. Il n'a pas un grand bien, mais il vit chez lui paix et aise (vieux dans cette construction). Je ne demande que paix et aise. || 8" S. f. plur. Les commodités de la vie. Dieu se contente de vous priver d'une partie de vos aises, fléch. Serm. ri, 203. Les petites règles qu'il s'est faites et qui tendent toutes aux aises de sa personne, la bru y. n, 45. Elle nous prive du com-

AIS

mode, c'est-à-dire des aises de la vie qui, quoique absolument permises, ne laissent pas de fomenter la rébellion de la chair , bourd. Carême, t. i, p. 8G. || 9° A l'aise, loc. adv. Commodément, librement. Qu'on est assis à l'aise aux sermons de Cottin, boil. Sat. ix. Celui qui n'a de partage avec ses frères que pour vivre à l'aise bon patricien, veut être officier, la bruy. g. || Mettre à l'aise , donner de l'espace. Les spectateurs étaient fort serrés; on les mit à l'aise avec des bancs qu'on apporta. || Fig. L'expédient pour rendre intelligible un auteur si concis et étroitement enveloppé dans son style , c'est de mettre ses pensées plus à l'aise dans' une juste étendue de discours. || A son bel aise, loc. adv. A son aise. X son bel aise aura lieu de s'instruire, la font. Mazet. La Fontaine a fait ici aise du masculin ; aise en effet a été longtemps d'un genre indécis; mais aujourd'hui il est fixé au féminin ; et il ne faudrait pas employer cette locution de La Fontaine.

— REM. Locution vicieuse : On ne peut pas avoir tous ses aises ; dites : on ne peut pas avoir toutes ses aises.

— SYN. aises, commodités. Les aises disent quelque chose de voluptueux et qui tient de la mollesse. Les commodités expriment quelque chose qui facilite les opérations ou la satisfaction des besoins, et qui tient de l'opulence. Les gens délicats et valétudinaires aiment leurs aises. Les personnes de goût, et qui s'occupent , recherchent leurs commodités, guizot.

— HIST. xiic s. Car qui a à la gloire celestial partir,I.i covient estre el cors à les eises fuïr, Ensi cum sainz Polz dict.... Th. le Mart. 79. Jamais [nous] n'aurons tel aise [facilité] de nos hontes vengier, Sax. vi. || xmc s. Lors furent li nostre moût à aise et moût riche , villeh. cxxxii. || xv° s. L'aise que j'ay, dire je ne sauroye, en. d'orl. Bal. 38. En ce mortel monde ne faut y prendre ses aises ni constituer sa fin , al. chart. Consolation des trois vertus. Et ainsi qu'ils venoient [les Écossais] , ils se logeoient à l'usage de leur pays, et n'avoient pas tous leurs aises, froiss. ii, il, 235. C'est un mol chevalier qui ne veut autre chose que ses aises, de boire et de manger et de aloer le sien follement, id. ii, m, 12. Je le remercie grandement des beaux presens qu'il m'a présentés; mais ce n'est mie l'aise ni la paix du roi d'Angleterre, monseigneur, que je les retienne, id, i, i, 300. Pour avoir l'aise de eux et de leurs chevaux, id. ii, ii, 3. Le roy d'Angleterre lequel aymoit fort ses aises et ses plaisirs, comm. iv, 3. Et prièrent le dit Anthoine qu'il se parteist de leur escot et les laissast à leur privé et faire leur aise , du cange , aisamenta. || xvr s. Ne pleurons plus si ce n'est de grand'aise, Puis qu'envers nous l'ire de Dieu s'appaise, Tant nous aymant, que de mortel mesaise Tire le roy, marot, ii , 272. Et de ma part, tant pour vostre aise que pour la nostre, il vous en prie autant que luy est possible, marg. Lett. 4. Je sens vostre aise tel pour avoir Mme la Mareschale avecques vous, qu'il ne vous souvient de vos amys, id. ib. 2. Là, assis à nos aises, chacun dira quelque histoire, marg. Nouv. Préface. Vous en parlez bien à votre aise; mais.... id. Nouv. 48. Elle vequit longtemps, par sa finesse fort à son aise ; — c'est un aise bien malheureux, dit Oisille, quand il est fondé sur le péché, id. ib. xxxix. Se mettre à son ayse, mont, i, 8. L'ame doibt faire luire jusques au dehors son repos et son aise, id. i, 175. Les sœurs de Pernette estoient jalouses de son aise, et de ce qu'elle marchait la première, desper. Contes, cxxlx. Puis l'ayant prié de prendre son aise [de s'asseoir] , commencèrent à deviser de diverses choses, yver, p. 638. Le reste de l'armée eut tout loisir de marcher à son aise jusques là, amyot, Fab. 4 7. Ceste nouvelle joye survenue par dessus l'aise de la victoire.... id. Marius, 38.

— ÉTYM. Bressan, éso ; franc-comtois, a:<;;bourguign. ose; wallon, âhe; namurois, auje; provenç. ais; anc. ital. asio; ital. mod. agio ; anc. catal. aise; portug. aso ; &ng\.ease; anglo-sax. âdhe, eadhe, facile; vieux sax. ôdhi, ôthi, facile; gaél. dthais.adhais, aise; corn, aizia, mettre à l'aise ;bas-bret. cas, es, aisé. Mot d'origine incertaine. On l'a rattaché au gothique asêts, aisé. Quant au basque, aisia,aisina, il paraît venir du*provençal et non en être l'origine. En somme, il y a dans l'allemand et dans le celtique une racine adh, as, ais, qui est sans doute la source du mot roman.

AISE (ê-z'), adj. y 1° Qui a de l'aise, qui est content. Combien il sera aise, en apprenant cette nouvelle! Je suis aise que vous ayez réussi. Cela me rend fort aise. On peut juger si Camille était aise , la font. Court. Elle était aise de parler à quelqu'un, sév. 4 2.

AIS

Elle ne pouvait rien promettre qui me fit si aise, voit. Let. 56. Ce que vous me dites me fait aise, mol. Fest. n, 2. Votre lettre me trouvera bien sain et me fera bien aise, r. l. cour. Lett. 1, 27. Elle en sort plus aise de s'être acquittée d'un devoir onéreux où elle n'a trouvé rien de plus consolant que le plaisir tte le voir finir, mass. Car. Chute, Tiédeur. Cette joie d'un père toujours aise de voir ses enfants, id. Conf. Zèle pour les âmes. Aussi aise d'être employé aux ministères les plus obscurs qu'aux plus éclatants, id. Conf. Vices. Je suis bien aise d'apprendre cela, mol. Scapiu, n, 5. Je suis bien aise de cette rencontre, id. Mar.f. 2. J'ai voulu vous parler en secret d'une affaire, Et suis bien aise ici qu'aucun ne nous éclaire, id. Tort. 111, 3. Mais vous seriez pour lui fort aise d'obéir, corn. Agésil. 11, 7. Je serai fort aise de vous dépeindre cepays,FÉN. Tél. vm. Vous serez bien aise de recevoir Nestor, id. ib. xxi. On fut aise de le visiter, avant que la cour y vienne , sév. 295. y Je suis aise que, veut le subjonctif: 11 est bien aise que vous lui ayez écrit.

—SYN. aise, content. On donne aussi ravi comme synonyme; mais ravi est un terme, d'une bien plus grande énergie et sur lequel personne ne peut se tromper. Aise et content expriment tous deux un état qui affecte l'âme agréablement ; mais on aura une idée de la nuance qui les sépare en comparant ces deux exemples : Je suis content de mon sort; je suis aise de mon sort ; le premier signifie que mon sort me satisfait et que je ne désire rien de plus; le second signifie que mon sort me cause un sentiment de bien-être qui dépasse Je contentement. Là est la distinction entreles deux termes, qui se manifeste aussi dans cette phrase : Je suis aise que vous soyez content de moi.

— HIST. xiiic s. Or est ele mont aise , mais tost sera dolente, Berte, x. Je ne sui pas si aise com le poisson qui noe [nage] , ib. xxxin. Et mais [elle] ne sera aise de ci qu'aura seu Se c'est Berte sa fille, ib. cxxiii. Je vous di que soies tout aese, que vostre estât plet miex à nostre seigneur en ce cas que ne fait le mien, joinv. 4 98. || xve s. Comment ils pourraient faire pont pour passer cette rivière et les crolieres [fondrières] plus aise et plus seurement , froiss. i, i. 4 33. Et la tint toute aise selon son estât [le sire d'Aubrecicourt qui reçut la reine Isabelle] , id. i, i, 42. Et si en mourray plus aise [si vous accomplissez mon vœu], id. i, i, 47. Un souper est tantost passé, vous serez demain plus aise [mieux traité], louis xi. Nouv. xcix. Il xvie s. Des tristes tristeur destournoit, Et l'homme aise en aise tenoit, marot, mi, 232. La bonne comtesse a esté très-aise de veoir que le roy se porte bien, marg. Lett. 38. Je suis bien aise que vous estes de mon opinion, id. Nouv. isx. Auguste fut bien ayse d'avoir trouvé un.... mont. 1, 4 2 9. Ceux là sontpleins et ayses [riches] qui peuvent non pas seulement entretenir leur maison, mais encores la combler de reserves, la boëtie, 4 99. Les uns bien aises de son malheur, amyot, Timol. 20.

— ÉTYM. Provenç. ois (voy. aise, s. f.).

AISÉ, ÉE (è-zé, zée), adj. || 1° Qui se fait ou qui est sans peine. Tout deviendra aisé. 11 est aisé de prouver. Il était aisé à la reine de faire sentir une grandeur qui lui était naturelle, boss. Reine d'Angl. 11 était encore plus aisé au roi de lever des soldats que de les armer, m.ib. Ce beau feu dont pour vous ce cœur est embrasé, Trouvera tout possible et l'impossible aisé, rotr. Vencesl. v, 2. Il n'est pas bien aisé de m'obtenir de moi , corn, ttodog. m, 4. Que vous êtes heureuse ! et qu'un peu de soupirs Fait un aisé remède à tous vos déplaisirs! id. Poly. u, 2. Sans doute il est aisé de s'en laisser troubler, volt. Zaïre, iv, 7. Il est aisé de juger à quels mouvements et à quelles contentions tout cela engage, bourd. Pensées , t. 1 , p. 259. De grands pécheurs ouvrent les yeux, écoutent les remontrances qu'on leur fait, reviennent de leurs égarements ; et plus même ils sont grands pécheurs, plus il est quelquefois aisé de les émouvoir, id. ib. p. 20s. Sous ce terme nous comprenons tout ce qu'il y a dans le monde qui peu: éblouir les yeux, charmer les sens, piquer la curiosité, nourrir l'amour-propre, rendre la vie aisée, commode , agréable , molle et délicieuse , id. ib. p. 224. Votre profession et tous les engagements, bien loin d'être encore pour vous un fardeau aussi pesant qu'ils l'étaient ou qu'ils vous le semblaient , vous deviendront aisés , et vous porterez le joug du Seigneur avec une sainte allégresse, m. ib. t. n, p. 396. Il y a des places , des rangs, des professions, où la réputation est beaucoup plus précieuse, plus délicate, plus aisée à blesser que dans les autres, id. ib. t. m, p. 4G4. Gloire aisée, rac. l'hèd. 11, 4. Vous avez trouvé toutes choses si aisées qu'elles se pouvaient

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— HIST. xni'' s. De quoi je sui certein que se il eussenl est< en le ir cloistre , il m

ie il sont avec le roj L un des

de la loj H iquantun homme se fait

pour faire le comm

en plus aisié cors qu'elle n

■ s. Et Vil te plaist, menu les briseras . Aussi ai ê comme un vaisseau de terre, marot, iv, 228. Au demeurant vous m'avez I en un ie tanl aisée à vivre, que je n'aj

une seule parole que une seur ne deust dire à l'autre, marg. Lett. xcvni. Enfin, Cinna, je t'ai rendu accommodé et si aysé [à son aise, riche' que.... mont, i, 129. Us sont plus aysez à concevoir qu'un conte de Boccace, id. i, 180. A mesure ,|n | lus molle, il esl plus aisé à y empreindre quelque chose , id. i, «99. Je sui aysé que les tesmoings nous sont plus à main où nous en avons plus affaire, id. i, aoo. J'avais prins un cheval bien aysé, id. i, 52. Un uiesme pas de cheval me semble tantost rude, tantost aysé. id. ii. 3-ji. Ceulx qui estoient plus aysez desfrayoient les plus nécessiteux, in. i. 175. L'aysé et le malaysé lui sont un, m. ii. 151. Sa voix ostnitdoulce, sa langue diserte et sa parole aisée, amyot, Pêric. il . Il n'est pas aisé de dire quelle raison l'en détourna, id Fab. 34. Entendement aisé [vif, pénétranl , id. Marcel. 27. Son père luy faillit en l'aage de sept ans , et le laissa assez aisé, car son bien ne valoit gueres moins de quinze talents, id. Démosth. g. Quant à Marius, qui estoit pesant et mal aisé de sa personne, amyot, Marius,' G7.

— ÉTYM. Participe de l'anc. franc, aiser, aisier, faciliter; picard , aisié ; provenç. aisado ; angl. easy (voy. aise).

AISEMENT (ê-ze-man), s. m. Commodité. A son point et aisément, à ses bons points et aisements, à son aise, à son loisir. I| Vieux.

— hist. xnr s. Si ferai je certainement, Se j'en puis avoir l'aisement, la Rose, 2)638. Je ne dis pas qu'en doigne [donne] quan qu'en a requesté. Mais selon l'aisement que Diex t'ara preste, j. de meung, Test. 370. Aisemens d'hostel, c'est, assavoir vaissel où

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