Et ut qu'il eut dit le mot api
sieur, allées et venues.... m. II. '■ rousjou allées et venues des François auj t aussi
des Angloisaux François, juvén. Charles l/. 1389. Et fut appelée celle ail ag i de l'i
Douciq. t.ch. 13. Il xvt« ?. Elle estoit aussi eni
m di son mari cm'e li avi l esti de marc,. Nouv. m. Quand il fut au bout de l'allée
irdin], où nul ne les pouvoii i
rtes, amyot. Cimon, 24.
i i\m. Allé ; bourguig. aullée. Du Gange a dit, et après lui on a répété que l'allée, anciennement : une faute de prononciation peur la lée ,/,.•,. signifiail uni voie dans une forêtl , faute qui s'est impatronisée dans le langage : mais cela n'est pas admissible. Allée dans le sens de chemin se trouve déjà dans des textes du xin" et du xiv siècle, époques auxquelles une pareille confusion ne se conçoit pas encore. On a dit allée pour action de cheminer, comme on dit sortie peur action de sortir; de la, par une métonymie, le lieu où l'on chemine, l'allée.
ALLÉGATION (al-lé-ga-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || i° Citation d'une autorité, d'un passage, d'un fait. L'allégation des passages de Cicéron qui prouvent que.... || 2° Proposition avancée, assertion. Détruire, prouver, réfuter une allégation.
— HIST. xiiic s. Nous renonçons à toutes autres exceptions, allégations et barres, Bib. des Chartes, i' série, t. u. p. H67. ||xiv* s. Constitucions, allegacions, proposicions par lesquelles il pourroit estre sur ce empeschiez, ib. i' série, t. ni, p. 426. Doncques par les raisons dessus dites et par autres raisons et allégations, il sembleroit à aucuns que... oresme, Eth. «62. |I xvi« s. Cette allégation n'est point du tout fausse, calv. Inst. 767. Et qu'ils ne pensent me battre d'authorité, de multitude d'allégations d'autrui.... charron, Sagesse, Préface.
— ÉTYM. Allegationem, de allegare (voy. alléguer}.
ALLÈGE (a-lè-j'. Bien que l'Académie mette un accent aigu sur ce mot, on le prononce comme s'il y avait un accent grave), s. f. || 1° Embarcation qui suit un bâtiment pour le décharger ou le charger. Il se trouva 198 vaisseaux de guerre en comptant les
VOI P. LOUIS \ IV, 29. jl 2" En termes d'ar
chitecture, mur d'appui d une fenêtre, moins épais que l'en 3" de marine. Chameau
ou irte de machine au moyen de laquelle on si ai lùvu un va m || 4° En termes de chemin de fer, d approvisionnement qui porte l'eau et le charbon.
— ÊTYM. Bas-lat. allegium (voy. illéger). On a ht dans le xiii' s. ale\ -"ire. Et toutes alevioire sont traites de péage], ù ke li grans neif soit u amontouaval, tailliar, Recueil , p. 4*4.
ALLÉGÉ, il' a lé p-, jée . part, passé. Le farallégé de son fardeau. ' ée. C'est bien, je le confesse, une juste coutume, Que le cœur affligé, Pai le canal des yeux vidant son amertume, Cherche d'être allégé, malh. ri Duperrier.
M l ÊGEAB1 I i a bl'), ad). Qui peut être allégé, t'ne douleur al
— HIST. xvi" - ii tu peux bien pa
■ amoureuse un secours ail. geable [qui allège], rons. 178.
— êtym. Allégi r.
i. ALLÉGEANCE (a-lé-jan-s') , s. f. Faculté de consoler, d'alléger; douci tent, consolation. Porto à ses dé] tte faible allégeance, corn. Pomp
v. I. Enfin mon père est mort; j'en demande vi a e Plus pour votre intérêt que pour mon allé us ( id, u, 9, El quand ses déplaisii au unit quelque allégeance.... mol. L'Étour. a, l. N'est guère usité qu'en poé
— syn. allégeance, alléoement. Il y a entre ces deux mots la nuance, que allégeance indique l'action d'alléger, et allégement eni de l'action d'alléger; comme la ; ed'unevoûte est l'acte ou le mouvement par lequel elle résonne, et le résonnement est le son qu'elle rend.
— HIST. xit' s. Car li reis li dut rendre par fine covenance Quanqu'il ot pris del suen e des suens à vaillance ; Ne l'en voll sainz Thomas faire unie alegeance, Th. le Vart. H9. ||xrae s. Au revenir [je]
i, Car ma dolor croist et empire,
e per; i De gari on m
jance, l<> Rose, 1844. Cil Dame Diex qui le fist nestre ! uice, Et li envoit sa smistenance,
El me doinst encore alej in e i |u aidier li pu ruteiî. i">. || xvi' s. En tant qu'ils jugeront e tre expedienl pour en rapporter une vraye allégeance, calv. Instit. t95. Après quelques propos consolatoires pour l'allégeance du deuil paternel, yver, p. 630. L'ostracisme estoit comme un contentement et une allégeance de l'envie de la commune, amyot, Thésée, 13. Ces remèdes acres donnent allégeance,
— ÊTYM. Alléger.
2. ALLÉGEANCE (al lé-jan-s'), s. /".Serment d'allégeance en Angleterre, acte d'obéissance au roi, qui regardait uniquement la souveraineté temporelle du monarque.
— ÊTYM. Angl. allegiance; bas-lat. allegianlia ; de al pour ad, vers, et de lige, fidèle (voy. lige). On voit que allégeance soulagement, et allégeance fidélité, malgré une identité apparente, dérivent de radicaux totalement différents.
ALLÉGEMENT (a-lè-je-man), .9. m. || 1° Diminution d'un poids supporté. Allégement d'un plancher, d'un navire. || 2" Soulagement, adoucissement. Et tout l'allégement qu'elle en peut espérer, C'est.... corn. Hor. ni, 3. Ne me refusez pas ce triste allégement, id. Me'dée, v, 4. Mon âme avait trouvé, dans le bien de te voir, L'unique allégement qu'elle eût pu recevoir, id. Cid, m, 4. Si cela fait à votre allégement [si cela peut vous consoler], mol. le Dép. in, 4. Un solide allégement, pasc. édit. Cous. || 3° En termes de graveur, action de la main qui forme des tailles ou des hachures en appuyant moins dans un endroit que dans l'autre.
— HIST. XIIe s. Quant de lui [d'elle] [je] n'ai confort n'alegement , Couci. xxii. Conforteir lo travailliant, ce est ester avoc lui en travailh, car aligemenz est del travailh la veue del travailhant companion. Job. p. 467. || xnr s. Quant ele oï ce serement, Moult li fut grant alegement Du grant duel qu'ele demenoit, la Rose, 16452. Amors ne viaut [veut] pas que je meure, Ains viaut que j'aie alegement, ib. 1861. Nus ne doit noient de l'alegement de sa nef , ne par grant iaue, ne par petite, Liv. des Met. 287. || xve s. Voulez-vous sans allégement lin douleur finer vostre vie'?cH. d'orl. Bal. g. ||xvi°s. Cela au moins apporte quelque gracieux et honeste allégement à leur passion, amyot, Comm. refrén. la clerc, s. Par ainsi ce sera un allégement bien meigre ou du tout nul aux pécheurs, calv. instit.
ML
504. ils cerchoient allégement de leur douleur, in. io. 531. si le malade eni allégement de sa douleur,
— ÊTYM. Alléger; provenç. aleviament. L'Acadé-
iii ut allégement avec un accent aigu ; mais la
prononciation est comme s'il y avait un accent grave.
ALLÉGER (a-lé-jé; la syllabe Je garde l'accent
aigu même devant une syllabe muette : j'allège, j'allégerai), v. a. ||i° Soulager d'une partie d'un fardeau, d'une charge. Alléger un homme. Alléger un bateau, un vaisseau. || 2° Diminuer le poids d une chose. Alléger le fardeau. Allégeons la charge du cheval. || 3° Fig. Alléger les contribuable.. \|. ; charges publiques. || 4° Fig. Calmer, rendre moins vif. Alléger la douleur de quelqu'un. B"S'alléger, v. réfl. S'alléger d'une partie de son fardeau. || Devenir plus léger, moindre. Ma douleur peu allégée. Volontiers les ennuis s'allègent aux discours, Régnier, Dial. || 6" En termes de graveur, alléger la main, l'aire une hachure ou un trait plus léger dans un endroit que dans l'autre. || Terme de marine. Dans une manœuvre courante, synonyme cI'affaler. || En termes de menuiserie, rapeti sei , diminuer. || En termes de manège, alléger i m allégérir un cheval consiste, de la part du r, à porter son corps en arrière, à rapprocher les jamli is et à tendre les rênes, afin que le cheval allégé entame plus facilement le chemin.
— HIST. xr s. Qui fans jugement fera, soit en la forfeiture le rei, s'il ne pot alejer [justifier] que plus dreit faire ne sout [sut], L. de Guill. 4i.[|xne s. Alegiez moi mes maus et mes doulors, Couci, vu. || xm" s. Et ptier mult dévotement, Que Deus alegastlur tonnent, marie, Purgatoire, v. 1473. Qu'il ne quidasi toz jors morir, quant il ne la veoit; et quant il la veoit, si alejoit un poi de ses douleurs, Merlin, ms. 7170, f° 58, reclo.li laz entor le col [il] serra, Et avec furent li dui piez, De quoi auques fu aligiez,Que maintenant fust estranglez, Ren. 21618. Les paniers a bien soufraichiez, Si les a auques alegiez Que deus granz anguilli s en porte, ib. 882,ElRenart le governail serre, Si l'a bien à terre apoié. Et
in mist hors le pié Et de son cors la nef aliege, ib. 23(123. Le veoir [le bouton] sans plus et l'odor M'alegeoient moult ma dolor, la Rose, 1740. Li sires y doit mètre conseil, car autrement porroient-il carquier [Charger] autres, por eus alegier, beaum. xxv, to. Li vomirs espurge les malvaises humeurs ki à l'estomac sont contraires, et aliege le [la] tieste, alebrant, f° 20. || xivc s. Quant les infortunés sont tristes, leur tristece est alegée par ce que leurs amis se contristent et douloient avecques eulz, oresme, Eth. 289. || xve s. Cela allège le cueur [de parler à un ami], comm. v. 5. ||xvi* s. Quelquefois les docteurs anciens exhortent les pécheurs de confesser leurs fautes à leurs pasteurs, afin d'en estre allégez, calv. Instit. 505. Des souliers aux semelles plombées, pour s'alléger au courir et à saulter, mont, u, 17. Le lion, se sentant allégé de son mal et soulagé de cette douleur, m. u, 193. En moy, la proximité n'allège pas les defaults. elle les aggrave plustost, id. iv, 96. Dire son mal aliege la douleur,
— ÉTYM. Provenç. aleviar; ital. alleviare, alleggiarc; espagn. aleviar, aliviar; du latin allevare, de al pour ad (voy. À), et de levis, léger (voy. léger).
f ALLÉGÉRIR (a-lé-jé-rir) , v. a.' Voy. alléger.
ALLÉGI, IE (a-lé-ji, jie), part, passé.
ALLÉGIR (a-lé-jir) , v. a. || 1° Terme d'arts et métiers. Diminuer en tous sens le volume d'un corps. Allégir une poutre. Allégir un châssis. || 2" Terme de manège. Rendre un cheval plus léger du devant. || 3° Terme de serrurerie. Rapetisser, aiguiser.
ALLÉGORIE (al-lé-go-rie), s. f. || 1° Sorte de métaphore continuée, espèce de discours qui est d'abord présenté sous un sens propre, et qui ne sert que de comparaison pour donner l'intelligence d'un autre sens qu'on n'exprime point. Quand Pythagore disait : N'attisez point le feu avec l'épée, il voulait dire : Ne donnez pas des armes à des gens en colère; il ne défendait pas d'employer une épée pour attiser son feu. La religion se tournait en allégories, hOSS.Hist. u, 12. L'allégorie habite un palais diaphane, lemierre. || 2* Ouvrage dans lequel on représente un objet pour donner l'idée d'un autre. L'apologue et la parabole sont des espèces d'allégories. 11 fait une allégorie de ce livre à celui de l'Apocalypse, pasc Prov. 5.
— ÉTYM. 'A).>Yifopîa, de ctX/oç, autre, et àyopEïv, dire; dire autre chose que ce qu'on parait dire. "AVaoç, alius, autre, ont même radical (voy. au-
no
ALL
ALL
ALL
tre). AYopEÏv, parler, dire, vient de àyopà, place publique, attendu que les affaires se discutaient sur la place publique (voy. agora).
ALLÉGORIQUE (al-lé-go-ri-k') , adj*. Qui appartient à l'allégorie ; qui tient de l'allégorie. L'oracle eut l'esprit de rendre à l'empereur une réponse allégorique, fontf.n. Oracles, ch. 16. Sera-ce la dureté du caillou, ou la sève du chêne, dont vous ferez un être allégorique? chateaub. Génie, iv,v, 2. || En prose, il suit toujours le substantif : Discours allégorique.
— ÉTYM. Allegoricus (voy. allégorie).
ALLÉGORIQUEMENT (al-lé-go-rike-man), adv.
D'une manière allégorique.
— ÉTYM. Allégorique et ment.
ALLÉGORISÉ, ÉE (al-lé-go-ri-zé, zée), part.
passé. Les récits d'Homère allôgorisés par certains interprètes.
ALLÉGORISER (al-lé-go-ri-zé), v. a. Expliquer selon le sens allégorique. Plusieurs philosophes allégorisaient les récits de la mythologie. Comme on allégorisait tout, on avait dit que.... volt. Phil. v,
— HIST. xv" s. Si comme la Bible, en trois manières, c'est assavoir le texte, et puis le texte et les gloses ensemble, et puis d'une autre manière allegorisée, christ, de pisan, Charles V, m, ch. 12. || xvie s. Ce n'est pas en ceste manière qu'il fautallegoriser sur le huitième jour de la circoncision, Calvin, Instit. 1076.
— ÉTYM. Allegorizare , de allegoria (voy. allégorie).
ALLÉGORISEUR (al-lé-go-ri-zeur) , s. m. Celui qui subtilise pour chercher des allégories.
— étym. ÂlUgoriser.
ALLÉGORISTE (al-lé-go-ri-sf), s. m. Celui qui explique les auteurs en un sens allégorique. Origèue passe pour un allégoriste.
— ÉTYM. Allégnriser.
ALLÈGRE (a-ïè-gr'; quelques-uns disent, ce qui est moins bon, al-lè-gre), adj. Dispos, prompt a faire. Esprit, caractère allègre. Rendre le corps si léger, si allègre, desc. L'homme. Les voyant tous passés, je me sentis allègre, Régnier, Serf. xi. Pour s'échapper de nous Dieu sait s'il est allègre, rac. Plaid, i, t. || On le place toujours après son substantif : Un homme allègre ; une femme allègre.
— HIST. xne s. Si m'aïst Diex ! bien nos poez conquerre; Sor nos arçons en gisent nos boeles [entrailles]; Li plus halegres n'a soing d'aller en destre, Li confirment Looys, v. 2166. || xme s. Aureliens retourna à son seigneur et le rendit lié et haligre de la bonne responce de la damoiselle, Chr. de St-Dcnis, i, 16. Baron, car vous hastés, Aies tost à la porte, orendroit enterrés [vous entrerez]; Vo compaignon sont tout haliegre et en santés, Ch. d'Ant. v, 847. || xv s. Chacun luy nuist, riens ne lui est alegre; Tout luy messiet, et reconfort l'enaigre [l'irrite], a. chart. Le débat des deux fortunes. Ores que sommes allaigres Et en santé, Dieu mercy, Laissons là ces cidres maigres ; .Te treuve bon cestuy-ci, basselin, xlvt. || xvi* s. La facilité subtile et alegre promptitude à faire toutes ces choses.... charron, Sagesse, i, 15.
— étym. Nivernais, aligre, maigre, cheval aligre; ital. allegro; espagn. alegre; du latin alacer. Quoique cette étymologie paraisse très-naturelle, cependantelle présente quelques difficultés. L'a est bref dans alacer, par conséquent l'accent est sur le premiera, alacer, et ce mot aurait dû faire en français aigre. 11 faut donc supposer que les populations romanes avaient prononcé alacer, peut-être à cause de la forme alacris. De plus alacer ne rend pas compte des deux II de l'italien allegro; enfin Yh même de l'ancien français haligre fait quelque difficulté : celle-là est la moindre, témoin huile rpii vient d'o'eî<m. Raynouard, frappé sans doute de ces difficultés, le lire de ad et de Lrtus, ancien fiançais lié, provençal let; cela est impossible.
ALLÈGREMENT (a-lè-gre-man ; quelques-uns disent,moins bien, al-lè-gre-man; pourquoi l'Académie met-elle un accent aigu à allègrement, puisque allègre a un accent grave, et que la prononciation est la même dans les deux cas?), adv. D'une manii re allègre. Nous continuâmes notre voyage aussi allègrement que nous l'avions commencé, j. j. rousp. Conf. m. Je descendrai au tombgau très-allégrement, volt. Roi de Prusse, 218.
— hist. xvie s. I " k yindrenl à sa rencontre : les
allaigrement, les autres avec regret, carl. ix. 23.
— étym. Provenf . alegramen ; catal. alegrament; espagn. a egremente; ital. allegramente; de allègn (voy. allègre) et. ment.
ALLÉGRESSE (a-lé-grè-s'; quelques-uns disent al lé-grè-s', moins bien), .s. f. ||1° Joie qui éclate. Des transports d'allégresse. Je me suis étonné de son peu d'allégresse, rac. Phcd. iv, 1. Il veut que d'un festin la pompe et l'allégresse Confirment à leurs yeux la lui île nos serments, m. Brit. v, 1. Sa frayeur a paru snus sa fausse allégresse, corn. Pomp. m, 1. Avec une allégresse aussi pleine et sincère, m. IJor. n, 3. Jamais nous ne goûtons de parfaite allégresse; Nos plus heureux succès sont mêlés de tristesse, id. Cid, ni, 5. Cet amour les comble d'allégresse, m. ib. i,2. Et mon âme en a pris une allégresse extrême, mol. D. Gare, n, 5. Dans vos yeux doitbriller l'allégresse, id. l'Étour. v,3. || 2° Les sept allégresses, certaines prières à la Vierge dans lesquelles on exprime les différents sujets de joie qu'elle a eus.
— HIST. xvi° s. Il vouloyt, pour declairer l'excès de son alegresse pourcestes bonnes nouelles, faire, quoy que il coustast, quelque chouse spectable, rab. Scionwchie. Je l'ai veupar delà 60 ans se mocquer de nos alaigresses [agilités], mont, ii, 17. L"alaigresse [vigueur, santé....] où je suis, le plaisir et la force, id. i, 82. Je vouldrois jouir, selon la condition de mon aage, de leur alaigresse et de leurs festes, m. n, 78. A cett' heure le chagrin prédomine en moy, à cett' heure l'alaigresse, in. n , 324. Il arriva en son camp le 4 juillet, où fust faict grandissime allaigresse pour sa reconvalescence, carl. iv, 31. Sonnez, trompette, une allaigresse; car vous ferez tantost bonne chère, id. v, 7. Et sur cette allégresse il me donna congé, m. vn, 6.
— étym. Allègre; bourguig. aulegresse; provenç. allcgresa, alegreza; anc. espagn. alegreza; ital. allegrezza.
ALLÉGRETTO (al-lè-grê-tto). || 1° S. m. Terme de musique. Air d'un mouvement gracieux et léger. || 2° Adv. D'un mouvement vif et léger. || Auplur. des allégrettos.
— ÉTYM. Ital. allegretto, diminutif de allegro.
ALLÉGRO (al-lé-gro). || 1° S. m. Terme de musique. Airvif. Jouerun allegro. || 2° Celle des partie ; d'une sonate ou d'une symphonie dont le mouvement est vif. || 3° Adv. D'un mouvement vif. || Au plur. des allégros.
— étym. Ital. allegro (voy. allègre).
ALLÉGUÉ, ÉE (al-ïé-ghé, ghée). || 1" Part, passé.
Cité, mis en avant. Un auteur allégué à faux. Les raisons alléguées par votre ami. Quelle est celte rigueur tant de fois alléguée? rac. Andr. n, 2. || 2° .S', m. Chose qu'on allègue. Son frère [de l'abbé Caudelet] prouva si nettement la fausseté de tous les allégués, que le P. de La Chaise fit tout ce qu'il put pour obtenir un gros évêché à l'abbé de Caudelet, st-sim. 54, 155. M. Fagon, par ses coups de tête, approuvait cependant cet énorme allégué, id. 326, 12. Quelque étrange qu'un semblable allégué doive paraître à qui n'a pas connu le duc de C.hevreuse, je suis convaincu qu'il se trompait soimême, m. '2 99, 94.
ALLÉGUER (al-lé-ghé. Palsgrave,p. 23, dans le xvr siècle, prononce les deux II. La syllabe le prend l'accent grave, quand elle est suivie d'une syllabe muette : j'allègue, excepté au futur et au conditionnel, où elle garde l'accent aigu : j'alléguerai ; contradiction àfaire disparaître), v.a. || 1° Citer une autorité, un passage; un fait. Alléguant ses autorités. Ce verset que je vous ai allégué pour mon texte, boss. Serm.Quinq. -■ Après avoir allégué deux passages de saint Jean Chrysostome, id. Avenl. Saint Paid ne cesse d'alléguer ce que Moïse a dit, id. Hist. n, i:t. Je n'allègue pas aux Israélites d'autres témoins que leurs yeux. m. Hist. ii, 3. Je pourrais ici alléguer cet illustre prélat qui.... id. Cornet. || 2° Mettre en avant, s>'appuyer de. Les excuses que vous alléguez. C'est un prétexte qu'on allègue pour flatter lesprinces, fén. Tél. xii. N'alléguez point îles droits que je veux oublier, rac. Andr. iv, 3. S'il ose m'aÛéguer une odieuse loi, id. Iiaj. i, 3. Les faits dont on allègue la preuve, boss. Hist. il, 12. Chaque mère à sa bru l'alléguait pour patron, la font. Matr. Sans rien faire, alléguant l'exemple de Castor, id. Fàb.m, 2. Elles savent assez alléguer Artémise, Disputer du devoir et de la foi promise, malii. vi, 25. C'est celte demoiselle que vous estimez si fort, qui vous allègue sans cesse et qui rend de grands témoignages à votre mérite, balz. i, 263.
— hist. xme s. En quelque meniere que aucuns soit semons devant le prevost, ou devant le baillif, H i <i il venir por alleguier son privilège, s'il a, por soi deffendre, Liv. de just. M. Ou quant li demanderas demande délie ou convenence, et. li deffenderes alligue respit, beaum. vu, 3. Le [la] lon-
gue ternira qu'il alliguent ne lor vaut riens, m. xxn, 7. || xiv s. Et allegoient comme fols plusieurs raisons l'un contre l'autre, Ménagier, i, 6.11 priva de sépulture le roi Servius en alléguant que Romulus estoit péris et morz sans ensevelir , bercheure, f° 23, verso. || xve s. Et par ces raisons alléguées taschoient fort de remettre le roy en ceste guerre , comm. ni, 1. Ni ne vous allègue riens des histoires passées pour exemple, id. ni, 4. Et ay ouy estimer quatre-vingtz mil escuz l'an ce qu'il tenoit en ces choses alléguées [offices] dans son patrimoine, m. m, i. || xvie s. Combien que les fidèles allèguent Dieu pourtesmoin et juge de leur innocence contre la mauvaistié des hypocrites.... calv. Inst. 645. Ce précepte est souvent allégué en Platon, mont. 1,12. Antigonus alleguoit que c'estoit raison, id. i, 26.
— étym. Provenç. allegar, allcguar; espagn. alegar; ital. allegare; de allcgarc, de al pour ad, vers, et de legare, envoyer, envoyer vers, citer, invoquer (voy. léguer).
ALLELUIA (al-lé-lui-ia. L'Académie devrait mettre un accent aigu sur la syllabe le, puisque c'est la règlemoderne),s. m. || 1° Mot de réjouissance que l'Eglise chante au temps de Pâque :, à l/i tin des traits et versets. L'antique alléluia de Jacob faisait retentir le dôme des églises, chateaub. Génie, i, i, 7. || 2° Fig. Un alléluia éternel dont on entend retentir Jérusalem, boss. Hist. n, 6. Afin que vous chantiez avec tous les saints cet alléluia, id. I.ctt. abb. 70. || 3° Fig. et famil. Faire l'alleluia d'une chose, d'une personne, la louer beaucoup. || 4° Petite plante dontles feuilles ont un goùtaigrelet etqui fournit la substance nommée sel d'oseille. L'alleluia est ainsi appelé parce qu'il fleurit vers le temps de la fête d'alléluia. On dit aussi surelle, paindecoucou, oseille de bûcheron. || Auplur. des alléluias.
— HIST. xiii" s. Les termes de septuagesime, quant l'aleyluie chiet [tombe].... Comput, f° 6.
— ÉTYM. Mot hébraïque composé de /i a 'e/ h, louez, et de iah, Dieu; louez Dieu.
ALLEMAND (a-le-man) , s. m. Ce mot est employé dans quelques phrases proverbiales : Une querelle d'allemand, c'est-à-dire une querelle sans sujet. || C'est de l'allemand, c'est du haut allemand pour moi, c'est-à-dire je n'y entends, je n'y comprends rien.
— HIST. xii° s. N'il ne cremi les reis l'Engleis ne le Francur, Aleman ne Tieis, ne duc n'empereùr, Th. le Mart. ioo. ||xm° s. Et ne porquant isnelemant, Se il ne fussent alemant , Les nommaisse; mes ce seroit Tens perdus, qui les nommerait, ruteb. n, 154. || xv:e s. Ils seraient bien aises de vous dresser une querelle d'Allemaigne ,