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IS

— étym. Arbitrium , de arbiter (vny. arbitre). Provenç. arbitre , franc albiri , albir , arbir; espagn. et ital. arbitrio.

ARBITRÉ, ÉE (ar-bi-tré, trée), part, passé. Décidé par arbitre. Des dommages arbitrés.

ARBITRER (ar-bi-tré), v. a. Estimer, régler, juger comme arbitre. Arbitrer une dépense, des frais, des dommages. Les constitutions ayant arbitré le temps qu'on peut communier en religion, rioss. Lett. rel. 53. Il fallait arbitrer les pensions des religieux qui ne peuvent prendre la réforme, patru, Plaid. 5. C'est au clergé qu'il faut nous adresser, non pour arbitrer ce différend; une nation, juge d'elle et de tous ses membres, ne peut avoir ni procès ni arbitres avec eux.... Mirabeau, Collection, t. i, p. I8fi.

— HIST. xvr' s. A l'adventure ne sera ce point trop mal arbitré ny jugé, si nous donnons au Grec la couronne de l'art militaire et au Romain celle de clémence? amyot, Flamin. et Philop. 8. S'en remettant à ce qu'il en arbitrerait, id. Pyrrh. 34.

— ■ ÉTYM. Arbitre ; provenç. et espagn. arbitrar; .tal. arbitrare.

ARBORÉ, ÉE (ar-bo-ré, rée), part, passé. Une flamme arborée au haut du mât.

ARBORER (ar-bo-ré) , v. a. || 1° Elever droit comme un arbre. Arborer la croix. N'arboreront-ils point l'étendard de Pompée? corn. Sert, i, i. || 2° Terme de marine. Arborer un pavillon, une flamme, les bisser, les déployer. On a vu dix vaisseaux De nos vieux ennemis arborer les drapeaux, corn. Cid, il, 7. || 3° Fi g. Arborer l'étendard de la révolte, se révolter contre l'autorité établie. Arborer le pyrrhonisme, se déclarer partisan du scepticisme.

— HIST. xvi" s. Toutes les dames de Burgos avoient arboré leurs plus beaux ornements.... Mém. sur Du Guescl. Quand il met chemise à part pour s'arborer devant les dames tout nud en la place, d'aub. Conf. ,'. 2. Enseignes arborées et le tambour battant, cari., i, 16. Je n'avoisleu [lui arborerune enseigne, sinon aux ordonnances que fit l'amiral de Chastillon, exerçant lors la charge de colonel de l'infanterie, pasquier, Recherches , vin, 3.

— ÉTYM. Arbre.

f ARBORESCENCE (ar-bo-rè-ssan-s') , s. f. Qualité, état de ce qui est arborescent.

t ARBORESCENT , ENTE (ar-bo-rè-ssan , ssant'), adj. Terme de botanique. Se dit des plantes herbacées dont les tiges ou rameaux prennent la consistance de ceux des arbres. || Se dit d'une plante à tige ligneuse dont la hauteur approche de celle d'un arbre.

— ÉTYM. Arborescere , de arbor (voy. arbre).

t ARBORICOLE (ar-bo-ri-ko-1') , adj. Terme de zoologie. Qui habite les arbres. Ce n'est qu'avec la période tertiaire qu'apparaissent les types des oiseaux arboricoles.

— ÉTYM. Arbor, arbre, et cola, qui habite, de colère (voy. culture).

t ARBORICULTURE (ar-bo-ri-kul-tu-r') , s. f. Culture des arbres.

— ÉTYM. Arbor, arbre, et culture.

f ARBORIFORME (ar-bo-ri-for-m') , adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un arbre.

— ÉTYM. Arbor , arbre, et forma, forme.

f ARBORISATION (ar-bo-ri-za-sion) , s. f. Dessin naturel imitant des arbres ou des bruyères très-ramifiées sur certains minéraux, sur les vitres en hiver.

— étym. Arborisê.

ARBOR1SÉ, ÉE (ar-bo-ri-zé, zée), adj. Il se dit des minéraux qui présentent des arborisations. On les appelle [ces pierres] herborisées ou arborisées, lorsqu'elles ne figurent que de petites plantes, volt. Singul. i.

— ÉTYM. Arbor (voy. arbre).

t ARBORISTE (ar-bo-ri-sf) , s. m. || 1° Herboriste. Vespasien Robin, arboriste du roi Louis XIII, planta, en IG35, le premier acacia ou robinier introduit de l'Amérique septentrionale en France. \ C'est bien fait, dit le loup en soi-même fort triste ; Chacun à son métier doit toujours s'attacher; Tu veux faire ici l'arboriste, Et ne fus jamais que boucher, la font. Fabl. v, 8. || 2° Néologisme. Celui qui élève ou qui cultive des arbres. On dit habituellement pépiniériste.

— REM. Arboriste (dans toutes les éditions données par La Fontaine lui-même, et en 1635 dans le titre de Vespasien Robin) est une forme ancienne rejetée par l'usage et conservée encore parmi le peuple. On dit aujourd'hui herboriste (voy, ce mot).

ARB

— ÉTYM. Arbor, arbre; espagn. arbolista , jardinier pour les arbres.

ARBOUSE (ar-bou-z'), s. f. Fruit de l'arbousier.

— ÉTYM. Arbutum.

ARBOUSIER (ar-bou-zié) , s. m. || i° Arbrisseau qui est du midi de l'Europe, et qui produit des fruits doux assez semblables à la fraise pour l'apparence. |j2° Arbrisseau traînant et toujours vert, qui porte des baies aigrelettes ressemblant à des cerises; autrement, raisin d'ours. Le roitel I seplàtt dans ces haies de ronces et d'arbousiers, qui sont pour lui de grandes solitudes, chateaub. Génie, i, v, 3.

— HIST. xvic s. Les fleurs de l'orme, du genest, de l'arbausier, du bouïs changent la bonté du miel, o. de serres, 434. Genests, blaïs, arboisiers, lentisques, id. 785.

— ÉTYM. Arbouse.

ARBRE (ar-br'), s. m. || 1° Grand végétal ligni ux, et, dans le langage spécial de la botanique, végétal dont le tronc ligneux s'élève à plus de six mètres. Le troisième tomba d'un arbre Que lui-même il voulut enter, la font. Fabl. xi, 8. On peut comparer les empires à un arbre dont les branches trop étendues ôtent tout le suc du tronc et ne servent qu'à faire de l'ombrage, montesq. Lettres pers. 121. || Arbresverts, se dit particulièrement, de ceux qui conservent leurs feuilles en hiver, tels que le sapin, l'yeuse, le houx. || Fig. La source est à chercher plutôt que les ruisseaux; 11 faut s'en prendre à l'arbre et non pas aux rameaux, Tristan, M. de Chrispe, îv, II. Le ciel même peut-il réparer les ruines De cet arbre séché jusque dans ses racines? rac. Ath. i, t. Voyons s'U s'en est fallu beaucoup, qu'il n'ait renversé ce grand arbre de la maison d'Autriche, voit. Lett. 74. || Fig. et familièrement. Se tenir au gros de l'arbre, s'attacher au parti le plus fort, s'appuyer sur ce qui semble le plus solide et le plus sur. || 2" L'arbre de la croix, la croix où fut attaché Jésus. || Arbre de la science du bien et du mal, arbre qui était au milieu du paradis terrestre, et auquel Dieu avait défendu de toucher sous peine de mort. || Arbre de vie, arbre qui était au milieu du paradis terrestre, et dont le fruit avait la vertu de conserver la vie à l'homme, si l'homme eût conservé son innocence. || 3° Axe ou principale pièced'une roue ou d'une machine. On leur [aux nègres] fait tourner à bras l'arbre des moulins à sucre, volt. Mœurs, 152. || Axe de bois ou de métal. Arbre d'un volant de pendule. || Arbre d'une balance, la verge de fer à laquelle est suspendu le fléau. || Terme d'horloger. Petit morceau d'acier qui passe au travers du barillet de la montre, et qui sert à bander le ressort. Dans les horloges, il y a l'arbre de la grande roue, qui porte les poids, l'arbre du grand ressort, l'arbre de la fusée. || 4° En termes de marine, mât. L'arbre de meistre, le grand mat d'un bâtiment à voiles latines. L'arbre de trinquet, le mât de misaine. || 5° Arbre de généalogie, grande ligne, au milieu de la table généalogique, qui se divise en d'autres petites lignes qu'on nomme branches, et qui marquent tous les descendants de quelque famille. || 6° Arbre fourchu, position dans laquelle on se tient sur ses mains, la tête en bas et les pieds en haut. Faire l'arbre fourchu. || Arbre fourchu, terme de poésie française ancienne, sorte de poème français où de très-petits vers s'entremêlaient régulièrement à de plus grands, de manière à former un tronc et des branches horizontales. || 7° Arbre encyclopédique, tableau de l'enchaînement systématique des sciences. || 8° Dans le blason, arbre fusté, arbre dont le tronc et les branches ne sont pas du même émail; arbre englanté, celui dont l'émail du fruit est différent aussi. || Meuble d'armoiries dont l'émail le plus fréquent est le sinople. L'arbre paraît sur l'écu en pal, les racines resserrées. || 9° En termes d'eaux et forêts, arbres de lisière, ceux qu'on laisse dans une coupe pour en borner l'étendue. Arbres de laye, ceux que l'on laisse pour repeupler la forêt. || 10" En tînmes de chimie, arbre de Diane, amalgame d'argent (Diane étant, dans le langage des alchimistes, le surnom de l'argent) qui se dispose en petites aiguilles prismatiques groupées de manière à représenter un arbrisseau. || Arbre de fer ou de Mars, végétation métallique qui se forme lorsqu'on met un fragment d'un sel dans la liqueur des cailloux. |j Arbre de Jupiter, nom donné à la végétation métallique qu'on obtient en précipitant l'étain par le zinc. I] Arbre de Saturne, cristallisation que l'on produit avec une lame de zinc plongée dans l'acétate de plomb. || Dans l'alchimie, arbre des philosophes se dit du mercure, et quelquefois de la pie re philosophale. || \\° En anatomie, arbre

ARB

de vie, disposition que présentent les prolongements de la substance médullaire dans les lobes du cervelet. || 12° Dans le jardinage , arbre en colonne (voy. colonne), arbre en buisson ou cépée (voy. buisson), arbre en cordon (voy. cordon), arbre en oblique (voy. oblique), arbre en palmette (voy. palmette), arbre à palmettes doubles ou à deux tiges ou en u (voy. palmette double), arbre à quenouille (voy. quenouille), arbre en vase ou gobelet (voy. vase), arbre en plein-vent ou haute tige ou de plein vent ou de haut vent (voy. vent). || 13° Nom de différents végétaux. Arbre aveuglant, arbre de la famille des euphorbiacées, dont le suc âpre et laiteux cause des ophthalmies dangereuses, s'il tombe sur la conjonctive. || Arbre au corail, nom donné à deux plantes de la famille des légumineuses, dont l'une a des graines du poids de 2(2 milligrammes assez constant pour qu'elles servent d'unité de poids dans l'Inde à l'effet de peser l'or et les pierres précieuses. || Arbre à la glu, un des noms vulgaires du houx, dont l'écorce moyenne sert à faire la meilleure glu. || Arbre aux grives, nom vulgaire du poirier des oiseleurs ou sorbier des oiseaux. || Arbre à l'huile du Japon, arbre de la famille des euphorbiacées, dont le fruit, ordinairement à 4 loges, renferme autant de graines dont l'huile est employée pour l'éclairage. || Arbre de Judée, nom vulgaire du gaînier commun; c'est à tort que certains auteurs lui donnent le nom de bois de Judée; il porte des fleurs rouges très-jolies. || Arbre à pain ou jaquier, dont le fruit pulpeux amylacé se cuit et se mange comme du pain dansles îles de l'Océanie et aux Antilles. I| Arbre saint, un des noms vulgaires de la Mélie Azédarach, probablement parce que les noyaux de ses fruits sont employés à faire des chapelets, d'où elleest aussi appelée arbre àchapelet. || Arbre de Sainte-Lucie, nom donné au cerisier Mahaleb (rosacées), parce qu'il est commun aux environs du village de Sainte-Lucie, département de la Meuse ; il est aussi appelé bois de Sainte-Lucie. || Arbre à suif de la Chine, naturalisé dans la Caroline du Sud. Les semences, indépendamment de l'huile qu'elles contiennent à l'intérieur, sont couvertes d'une substance sébacée blanche qu'on exploite pour la fabrication des chandelles. || Arbre à la vache, nom du Galactodendron utile de la Colombie, fournissant un liquide blanc qui se boit comme du lait. \\ Arbre au vermillon. Dans quelques localités de la France et de l'Italie, on donne ce nom vulgaire au chêne coceifère ou chêne Kermès. || Proverbe. Entre l'arbre et l'écorce, il ne faut pas mettre le doigt; c'està-dire qu'il ne faut pas se mêler des débats de t'amille.

— REM. La prononciation populaire abre est condamnée par Vaugelas, qui remarque qu'elle était commune. Arbre, venant de arbor, s. f. a été quelquefois fait du féminin dans les anciens textes.

— HIST. XIe s. Haut sont li pui et moût haut sont les arbres, Ch. de Roi. clxvi. Va, les pend tous à l'arbre de mal fust, ib. eexc. || xir s. Lors s'est as^is sous l'aubre qui verdie, Ronc. p. 154. Â la fenestre est venue au jor cler; Voit sor ces baubres ces ciselions chanter, Raoul de C. 242. || xnr s. Et se l'arbre i [au moulin] faut mètre.... tailliar. Recueil, p. 452. Lors [elle] s'assiet sous un arbre, car li cuers li douloit, Perte, xxvm. Li aubre despoillent lor branches, ruteb. 2H. ||xvies. De sa lance runipoyt ung huys, aculoyt une arbre, rab. Car. i, 23. L'énorme meurtre que y avoit faict Gargantua avecques son grand arbre, id. ib. I. **. Tous les arbres, arbustes et frutices des foretz, id Pant. ii, 8. Comme arbre novellement plantée les fault appuyer, id. ib. iii,i. Pantagruel, par l'adviz du pilot, tenoyt l'arbre [le mât] fort et ferme, m. ib. iv, *o. A ceste heure fays bien à poinct l'arbre fourchu, les piedz à mont, la teste en bas, id. ib. Toute arbre que son Père n'a plantée sera arrachée, cai.v. Inst. 217. Ils apperçurent un homme au faite de l'arbre, [mât] sur l'antenne, carl. i, il. L'arbre mis au dedans du grand ressort pour le tendre, paré,

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