AUD
terrogatives, mais autrement c'est un archaïsme; ici par exemple : Aucuns des vins sont approuvés, la font. Cas. |i 2° Il s'emploie comme pronom indéfini, dans le sens de quelqu'un. Je ne crois pas qu'aucun puisse y parvenir. Ce que pour lui mon bras chaque jour exécute, Me défend de penser qu'aucun me le dispute, cobn. Cid, i, i.|| Au plur. quelques-uns, en style de palais et en style marotique ou familier. Ce fait est raconté par aucuns. Phèdre était si succinct qu'aucuns l'en ont b'.àmé, la font. Fab. vi, i.X pas Un d'eux elle rcouronnej ne convenait, Plusieurs avaient la tête trop menue, Aucuns trop grosse, aucuns même cornue, id. ib. vi, (!. Aucuns ont assuré comme chose constante, la font. Fiancée. Aucuns disent, et je n'ai pas de peine à le croire, que.... p. l. cour, i, 402. PourGabrielle, en son apoplexie, Aucuns diront qu'elle parle longtemps, volt. Stances, il. || 3° Aucun, aucune, ad], avec une négation ou la préposition sans, pas un. Aucun physicien n'ignore que.... Aucun d'eux n'assouvit la soif qui me dévore, l. rac. Relig. ch. n. Aucun de nos grands écrivains n'a travaillé dans le genre de l'épopée, volt. Essai s. la poésie ép. ch.ix. Elle eût beaucoup mieux fait De passer son chemin sans dire aucune chose, la font. Fab. x, 3. Aucun de nous ne serait téméraire Jusqu'à s'imaginer qu'il eût l'heur de vous plaire, corn. 7Jod.iv, I. Sans violence aucune J'aurais vu Nicanor épouser Rodogune, id. ib. n, 2. Sans réserve aucune, mol. Sgan. se. 7. Sans me nommer pourtant en aucune manière, Ni faire aucun semblant que je serai derrière , mol. te. des f. iv, 9. Et vous n'avez pas lieu d'en prendre aucun soupçon, id. l'Étour.i, 4. || Ne —
aucun que , signifiant pas un , si ce n'est. N'ayant
aucun emploi qu'àpasser une vie douce et innocente, desc. Méth. Cette tournure est élégante. || Au plur. C'est une petite ville qui n'est divisée en aucuns partis, la bruy. 5. N'ayant aucuns soins ni passions qui me troublassent, desc. Méth. n, i . J'ai vu beaucoup d'hymens, aucuns d'eux ne me tentent, la font. Fab. vu, 2. Je ne me mêlai plus d'aucunes affaires, montesq. Lett. p. 8. Tel que le vieux pasteur des troupeaux de Neptune, Protée à qui le ciel père de la fortune Ne cache aucuns secrets, j. b. rouss. Od. i, liv. m. Le parlement défendit en même temps qu'on prît aucuns deniers dans les recettes publiques pour les soudoyer, volt. S. de Louis XIV, 5. La république n'avait ni aucunes troupes régulières aguerries, ni aucun officier expérimenté, id. S. de Louis XV, 2 4 . Aucuns tourments n'ont pu empêcher les martyrs delà confesser [la religionj, pasc. Pens. part, n, art. 4. Ne se permettre aucunes démarches que celles qui peuvent compatir avec l'usage de ce sacrement adorable, mass. Confér. Commun. Je ne me satisfais d'aucunes conjectures, corn. Hor. i, I. Et quand nousn'en craindrons aucuns ordres sinistres, id. Sertor. iv, 3. Aucuns ordres ni soins n'ont pu le secourir, id. Pomp. v, 3. Aucuns monstres par moi domptés jusqu'aujourd'hui Ne m'ont acquis le droit de faillir comme lui, rac. Phèd. i, 4. Ils sont à leur tour usés sur tous les plaisirs, par cela même qu'ils ne leur coûtent aucunes peines, bern. de st-p. l'aul et Virg. Il défendit qu'ils fussent jamais recherchés pour aucunes intelligences.... anquet. Ligue, ni, 330. Je n'ose faire aucuns projets, volt. Microm. chap. 2. Rome n'imposant aucunes lois générales, montesq. Rom. 74. Des gens qui n'ont aucuns besoins, puisque le prince y pourvoit, montesq. Esp. xxvi, 25. Jamais sans doute aucunes larmes N'obscurciront pour eux ^mes frères les hommes] le ciel, lamart. Harm. i, 9. Il ne garda aucunes mesures, boss. Var. 7. Cet homme [Amélie Vespuce] ne méritait certainement aucuns honneurs, volt. Mœurs, 445. || Aucun pris absolument et elliptiquement, avec le sens négatif. Y avait-il là quelqu'un de vos amis? Aucun; c'est-à-dire il n'y en avait aucun. || 4° Aucun, aucune, pris comme pronom indéfini , avec une négation , dans le sens de pas un. Que chacun se retire et qu'aucun n'entre ici, corn. Cinna, n, i. On entreprend assez, mais aucun n'exécute, id. ib. Par les peines d'un autre aucun ne s'intimide, id. ib. iv, 4. Jusques ici, madame, aucun ne met en doute Les longs et grands travaux que notre amour vous coûte, id. Rodog. n, 3. Aucun n'ose pousser l'histoire plus avant, id. LIéracl. n, 4. Martian.... à ce nom aucun ne veut répondre, id. ib. il, 4. Faites observer qu'aucun ne nous écoute, rotr. Relis, iv, 2. Qu'aucun par un zèle imprudent, Ne sorte avant le temps et ne se précipite, rac. Athal. iv, 4. Aucun ne me soutient au bord de cet abîme, Aucun ne m'encourage ou ne m'arrache au crime, volt. M. de Ces. m, 2. Aucun n'est prophète chez soi, la font. Fab. vm, 2C.
Deux jours s'étaient passés sans qu'aucun vint au puits, in. ib. xi, C.
— REM. 1. Quelques personnes doutent si aucun, aucune, avec la négation, peuvent être employés au pluriel. Il est plus ordinaire de mettre le singulier; mais comme rien n'empêche de nier la pluralité aussi bien qu'on nie l'unité, rien non plus ne peut faire condamner les phrases où aucun est au pluriel. On voit par les exemples que les meilleurs auteurs, en prose comme en vers, se sont servis d'aucun au pluriel. Cet emploi est donc pleinement légitime. || 2. Il n'a eu dans toute sa vie aucun moment d'assuré. Dans cette phrase de Fénelon, de est un gallicisme. Ce de se met très-bien quand en est joint à aucun; on dira en parlant de livres, de tableaux: il n'y en a aucun de relié; il n'y en a aucun d'encadré. Mais, hors de là, il ne faut pas, généralement parlant, mettre ce de devant l'adjectif: il n'a aucun livre relié ; aucun tableau encadré. |] 3. 11 ne faut pas mettre pas ou point avec aucun et dire : je n'ai pas aucun livre. Cependant, quand pas ou point est éloigné d'aucun, cette construction est admissible. C'est de ne pas laisser naître aucun vide dans l'esprit, pasc. Amour. \\i. Aucun se construit très-bien avec plus, jamais. Je n'ai jamais fait aucun mal, fén. Tél. xvm. Mais je n'ai plus, madame, aucun combat à faire, corn. D. San. iv,5. || 5. D'aucuns, d'aucunes, quelques-uns, quelquesunes. Archaïsme qui n'est plus guère en usage. Il y en a d'aucunes qui prennent des maris seulement pour se tirer de la contrainte de leurs parents, mol. Malade irnag.u, 4 . || 6. Les aucuns, quelques-uns Ils tombèrent enfin Sur ce qu'on dit de la vertu secrète De certains mots, caractères, brevets, Dont les aucuns ont de très-bons effets, lafont. St- Julien. Cette locution a tout à fait vieilli. || 7. On verra, p*r l'étymologie et par l'historique, que aucun a essentiellement un sens affirmatif ; que le sens négatif ne lui vient que par son adjonction avec la négation ne ; et que, si la fréquence de cette adjonction a altéré la netteté de la signification primitive, elle ne l'a pas détruite en fait, et surtout ne doit pas la faire perdre de vue.
— 1IIST. XIe s. E se alquens meist main.... Lois de Guill. i. || xir" s. Aucuns messages [messagers] n'a li quens [comte] aparlés, Ronc. p. 4 9. Faites venir alcun [quelque] demonstrement, ib. p. 4 73. Je servirai à [selon] mon pouvoir tous dis, Tant que j'aurai vers ma dame trouvé Aucun confort des maus où cil [mon cœur] m'a mis, le comte d'anjou , Rnmancero, p. 1 23. Ains se porpensera li rois aucune fie, Qu'il de vous ait la force, le pooir et l'aïe, Sax. xxxn. || xiiic s. Car gent i ot à grant plenté, Ki portent haces et maçues, Et li alqunt espées nues, Lai de Mclion. Et s'a eus ne poés aler, Faites i par aucun parler, Qui soit messagiers convenables, la Rose, 7528. Li aucun des homes si voelent dire, que que se uns de lor homes.... beaum. x, 9. ||xiv° s. Il traitte oppinions aucunes sensibles de félicité, oresme, Eth. v, 9. || xvc s. Si elle pouvoit trouver voie ou sens parquoi elle pust avoir aucune compagnie de gens d'armes, froiss. i, i, 9. Les bourgeois de la ville s'en vinrent à l'une des portes et demandèrent le seigneur de Mauny, ou aucun grand seigneur de l'ost à qui ils pussent parler, id. i, i, 237. Et s'en allèrent les aucuns par les grands rues, in. ii.ii, 50. Les aucuns [Isabelle] prioit; auxautres promettoit ou donnoit or, m. i, i, 8. Si en devenoient les aucuns, qui se feraient maistres par dessus les autres, si riches que c'estoit merveille, id. i, i, 325. D'aucuns qui avoient premier loué le voyage, le blasmoient, comm. vu, 7. Aucuns ont voulu dire que.... id. i, 3. Et ouyrent les aucuns messe en attendant le jour, id. i, 9. Et portoit ledit conte honneur à tous, aussi devoit bien faire à d'aucuns et à tous, id. i, 9. Ils osterent le corpus Domini, et aucun [quelque] autre reliquaire qui là estoit, louis xi, Noter, xxxn. Il estoit bien venu des femmes de bas estât, et aussi des aucunes des plus grandes de Rome, ib. xlv. || xvi° s. Les aulcuns dysoient que.... les aultres.... rab. Pant.U, 2. Les aulcunes d'entre elles disoyent.... id. ib. Partant de Poictiers avecques aulcuns de ses compaignons, passarent par Legugé, id. ib. u, 5. Elle estoyt tant grosse que, par engin aulcun, ne la povoyt on mettre seullement hors terre, id, ib. u, 7. Yoz roys guarissent d'aulcunes maladies par scuie appousition des mains, id. ib. v, 20. Je ne m'y suis proposé aucune fin, que domestique et privée, mont. Au lecteur*, p. xi. Aulcuns en prinrent argument que.... id. i, 7. Nous dirons d'aulcuns ouvrages qu'ils puent l'huyle, id. i, 41. Il ne se faict aucun proufit qu'au dommage d'aultruy, id. i, 404. Il y
en a aulcuns qui, à faulses enseignes, usurpent le nom d'historiens, amyot, Préf. xn, 39.
— éty.m. Provenç. alcun ; espagn. alguno; portug. ulgum; ital. alcun'o; de aliquis (voy. aliquote), it unus, un (voy. un). Diez observe qu'il serait possible que les anciennes formes alcon, alquen, fussent composées non pas d'aliquis unus, mais de aliquis homo. Palsgiave, p. 57, remarque que, bien qu'on écrivît aulcun, on prononçait aucun.
t AUCUNEFOIS (ô-ku-ne-foi) ou AUCUNESFOIS, adv. Quelquefois. Aucunesfois des chiens il suit la voix confuse, racan, Pastorale. || Vieux.
— hist. xvc s. Aucuneffois à l'ung, et aucuneffois à l'autre, comm. i, 3. || xvi° s. Voyant que les escholiers estoyent aulcunes foys de loysir et ne sçavoient à quoy passer temps.... rab. Pant. n, 5.
— ÉTYM. Aucun et fois.
AUCUNEMENT (ô-ku-ne-man), adv. |] 1° En quelque façon. Je ne crois pas qu'on puisse aucunement soutenir.... Est-il aucunement question de...? || Cet emploi est encore très-usité avec une phrase dubitative ou interrogative. || 2° Jusqu'à un certain point, avec une phrase affirmative. Cet emploi a vieilli, ou bien il est terme de palais : la cour ayant aucunement égard à la demande du requérant, c'est-àdire la cour ne rejetant ni n'admettant en totalité la demande. Ainsi il satisfait aucunement à cette règle, corn. Ex. de D. San. Votre destinée Semble être aucunement à la nôtre enchaînée, id. Rod. m, 4. On pourrait aucunement Souffrir ce défaut aux hommes, la font. Fabl. ix, i . Pour en connaître l'importance, Pour faire aucunement cadrer la pénitence, id. Cas. Que dans un mot d'écrit nos pensers amoureux Nous portent chaque jour et rapportent nos voeux, Charment aucunement l'ennui de notre absence, rotr. Relis, ni, 4. Par maints propos, il [Courier] aurait essayé de troubler aucunement les gens de cour dans l'antique possession où ils sont de tout temps de partager entre eux les revenus publics, p. l. cour. I, 330. Ils avaient aucunement décliné de la piété, boss. Var. n. || 3° Avec une négation, en aucune façon. Cela ne modifie aucunement mon opinion. Qu'un vain scrupule à ma flamme s'oppose, Je ne le puis souffrir aucunement, lafont. Rondeau redoublé.
— HIST. xivc s. Puisque ceste puissance ou partie d'ame participe avecques raison, il convient dire qu'elle est racionele aucunement, oresme, Eth. 32.
|| xvc s. Les autres voulurent aucunement demeurer, dont il fut moult courroucé, froiss. i, i, 25. Adonc s'avisa le roi de France qu'il s'en irait atout son ost devant Calais pour lever [faire lever] k siège, s'il pouvoit aucunement, id. i, i, 3tc. Et puis s'il peut aucunement Oïr nouvelles seulement De sa doulce beauté sans per, eu. d'uiil. Rai. 21.
|j xvie s. Je me console aulcunement: premièrement, sur ce que.... mont, i, 34. Qui ne se peult aulcunement soulager, id. i, 71. L'opulence n'y estoit aucunement utile ne prisée, amyot. Luc. 52. Hz estaient encore aucunement forts pour résister à leurs ennemis, à tout le moins pour la mer, id. AU. 49. Sylla non seulement preveit sa mort, mais aussi en escrivit aucunement, id. Sylla, 75. U n'estoit avaricieux aucunement, id. Sylla et Lysand. 5.
— ÉTY.M. Aucune, et le suffixe ment.
AUDACE (ô-da-s') , s. f. [| 1° Mouvement de l'âme
qui porte à des actions extraordinaires, au mépris des obstacles et des dangers. Être plein d'audace. Il eut l'audace de prendre.... Ils en sont venus à ce degré d'audace que.... Eteignit tout le feu de leur antique audace, rac Athal. i, (. Voilà ses yeux, sa bouche, et déjà son audace, id. Andr. a, ■>■ À\ la haine bientôt ils ne joignent l'audace, in. Baj. i. '■ . Une autre cependant a fléchi son audace [insensibilité], id. Vhed. iv. 5. Le succès fut toujours un enfant de l'audace, volt. Catil. m, 5. Et l'audace impunie enfle trop un courage, corn. Héracl. i, 2. Après cela, madame, excusez mon audace, id. Mcom. ni, 2. De vous menacer on a même l'audace, id. ib. n. 3. Et dans l'un ni dans l'autre [parti}, aucun n'a pris l'audace D'assassiner son chef pour monter en sa place, id. Sertor. i, i. M'aimez-vous? — Oserais-je en prendre encor l'audace? id. ib. iv, 2. Il est de ces instants où l'audace est prudence, delav. TV/>. sicil. iv, 2. X ceux qui l'oppressaient I l'innocence] il ôtera l'audace, Et, sans distinction de richesse ou de race, Tous, de peur de la peine. auront peur de faillir, malh. ii, 4. || Fig. Aristote et Théoplraste, pour excuser l'audace de ers figures [de rhétorique]., boil. Long in , Subi. 26. || 3° Nom que l'on donnait, du temps de Ménage . à une ganse qui servait à soutenir et à relever les bords du chapeau.
Al I)
— HIST. sv' - Sa douceur el i li hardement et au •' lui.
>isan, Uist. de Cha l •■■<<■ i mi Provenç. espagn. el 10; du
(voy.