AUR
AUS
AUS
AURICULAIRE (ô-ri-ku-lê-r') , adj. || 1° Oui a
rapport, qui appartient à l'oreille. Nerf, conduit auriculaire. || 2° Témoin auriculaire, celui qui a ouï ce qu'il raconte. || Confession auriculaire, confession qui se fait à l'oreille du prêtre. La confession auriculaire, l'extrême-onction, le mariage, montesq. Esp. xix, <8. || 3° Doigt auriculaire, le petit doigt, qu'on peut introduire dans l'oreille, ou s. m. l'auriculaire. || Plumes auriculaires, plumes qui garnissent les oreilles des oiseaux. || 4" Diphthongues auriculaires, les diphthongues véritables, celles qui font entendre deux sons, comme ui dans huile, par op- !"ii à diphthongne oculaire, diphthongue qui n'est que pour l'œil, comme ou.
— HIST. xvie s. Le cuboïde soustient le doigt annulaire et auriculaire, PARÉ, IV, 38.
— ÉTYM. Auricularius , à'auricuJa (voy. oreille). + ADRICULE (6-ri-ku-l'), s. f. || 1" Terme d'ana-
tomie. L'oreille externe ou pavillon de l'oreille. || 2" En botanique, auricules, petits appendices arrondis qu'on observe à la base des pétales, étamines, feuilles ou pétioles de certaines plantes; de là L'expression feuilles auriculées, pétioles auricules. || Oreille d'ours, jolie primevère. || 3° Terme de zoologie. Bouquet de plumes placé sur les yeux de certains oiseaux.
— étym. Auricula, petite oreille (voy. orejlle). f AURICULÉ, ÉE (ô-ri-ku-lé, lée), adj. Terme
didactique. Qui est muni d'auricules ou d'oreillettes.
— étym. Aurieule.
fAURIÈRE (ô-ri-ê-r'), s. f. Terme d'agriculture, fausse orthographe pour orière
f AURIFÈRE (o-ri-fê-r'), adj. Oui contient de l'or. Terrain ou pays aurifère. Fleuve aurifère.
— ÉTYM. Aurum, or (voy. or), et ferre, porter.
t AITRIFICATION (ô-ri-fi-ka-sion), s. f. Terme de chirurgie. Opération qui consiste à obturer les dents creuses avec des feuilles d'or.
— ÉTYM. Auri/ique.
t AURIFIER (ô-ri-fi-é), v. a. Terme de chirurgie. Pratiquer l'au ri fi cation.
t AURIFIQUE (ô-rifi-k'), adj. Qui a la puissance de produire de l'or ou de changer quelque chose en or; vertu que les alchimistes attribuaient à leur poudre de projection.
— étym. Aurum, or, eifaccre, faire.
AURILLARD (ô-ri-llar), adj. Voy. orillard.
f AURIOL (o-ri-ol), s. m. Nom vulgaire du loriot commun.
— ÉTYM. Aureohis, de couleur d'or (voy. loriot).
f AURIPEAU (ô-ri-pô), s. m. Voy. oripeau. f AURI PENNE (ô-ri-pè-n') , adj. Terme de zoologie. Qui a les ailes dorées.
— ÉTYM. Aurum, or, ctpenna, aile.
1. ACRIQUE (iVri-k'), adj. Terme de marine. Il se dit des voiles qui ont quatre côtés, ou ralingues, sans être carrées.
— ÉTYM. Le Dictionnaire de Jal ne donne aucune étymologie.
2. f Al'RIQUE (ô-ri-k'), adj. Terme de chimie. Qui se rapporte à l'or. Acide aurique.
— ÉTYM. Aurum, or.
f AURISCALPE (ô-ri-skal-p') , s. m. Cure-oreille.
— ÉTYM. Auriscalpium, de auris, oreille (voy. oreille), et scalpera, gratter (voy. scalpel).
fAURIVENTRE (ô-ri-van-tr'), adj. Terme de zoologie. Qui a le ventre doré.
— étym. Aurum, or, et rentre.
AUROCHS (ô-roks), s. m. Un des noms vulgaires du breuf urus, qui est un bœuf des prairies et des bruyères.
— étym. Mot allemand composé, de Auer pour Aue, plaine, et Ochs, bœuf : bœuf de plaine; sanscr. uxan, bœuf, taureau, cheval, probablement du radical rah, porter (voy. véhicule).
AURONE (û-ro-n'), s. f. Nom vulgaire d'une espèce du genre armoise, nommée aussi garde-robe, 4-, f. et aurone des jardins (artemisia abrotonum, L.). || Aurone femelle, petit cyprès et garde-robe, noms vulgaires de la santoline (voy. santoline).
— HIST. xnr s. Abroigne, une herbe qui bone est au mouton, Hist. occid. des Croisades, t. n, p. 582. Il xvie s. Absinthe, aurosne et tenasie, paré, xxii, 5. L'auronne, ditte menu cyprès, pour le grand rapport qu'elle a avec cest arbre, autrement appellée garderobe, se plante par rejettons enraciné-;, à faute desquels suppléera la semence, o. de
— étym. Wallon , lèvrone; rouchi, iwone; picard, avrogne; de abrotonum, de àSpôrovov.
AURORE (o-ro-r'), s. f. || 1° Lalueur qui précède, à l'horizon, le lever du soleil. Nous eûmes le plaisir, tout le long du chemin, de voir le coucher et l'aurore du soleil en même temps; il se coucha, ce jour-là, à onze heures, et se leva à deux, regnard, Voy. en Laponie, p. 264. C'est un plaisir de voir lever l'aurore, sév. 2<)0. Demain, sans différer, je prétends que l'aurore Découvre nos vaisseaux déjà loin du Bosphore, rac. Milhr. ni, •). Quand l'élé vient, le pauvre adore! L'été, c'est la saison de feu,- C'est l'air tiède et la fraîche aurore.... v. iiugo, Voix intér.v. || Fig. Unepersonne|dansnostragédies]trèsimpai faite est nommée un soleil, ou tout au moins une aurore, fén. xxi , 212. || 2° Jour de la vie. Les ravages, l'exil, la mort, l'ignominie, Dès ma première aurore, ont assiégé ma vie, volt. Mérope, v, i. Apprenez que Ninus, à sa dernière aurore, Sûr qu'un poison mortel en terminait le cours.... id. Sémiram. iv, 3. Mais jusqu'àsa dernière aurore, En buvant frais, s'épanouir, Mes amis, ce n'est pas vieillir, BErang. Vieillesse. Comme une fleur qui n'a vu qu'une aurore, rac. Esth. i, 5. Le poëte voit ses aurores Se lever sans trouble et sans pleurs, v. hugo, Odes, i, t. || 3° Fig. Commencement de certaines choses. Ces sectes ne sont qu'une ébauche et comme l'aurore de la réforme, boss. Var. t5. Les Français, sous Louis XIII, commencèrent à se rendre recommandables par les grâces et les politesses de l'esprit; c'était l'aurore du bon goût, volt. Mœurs, t"G. Le jour qui vous éclaire est pour vous à l'aurore, id. Zaïre, ni, 4. Ils n'éclipseront pas le jour qui vient d'éclore, Et dont l'Europe entière a vu briller l'aurore, st. lamb. Saisons, Hiver. Rayon divin, es-tu l'aurore Du jour qui ne doit pas finir? i.amart. Méd. i, 4. || 4° Poétiquement, l'orient, les pays situés à l'orient. Qu'un vent vienne à souffler du soir ou de l'aurore, lamart. Harm. i, 5. -Embrasez par nos mains le couchant et l'aurore, rac. Milhr. m,l. Un roi qui naguère, avec quelque apparence, De l'aurore au couchant portait son espérance, id. ib. m, l. Il sied mal de venger l'affront de Théodore Â. celle qui régit le couchant et l'aurore, rotr. Bélis. i, 3. Les brigands du midi , du nord et de l'aurore, volt. Tancr.i, *. || 5° Adj. invar. De couleur orangé clair. La couleur aurore; une teinture aurore; des rubans aurore; des garnitures aurore. La prunelle est chez eux [les Albinos] d'une couleur aurore très-brillante, volt. Ch. de notre globe, t77. || ,S'. m. La couleur aurore. L'aurore de votre robe est plus beau que celui de votre capote. || G" Aurore boréale, météore lumineux qui est très-fréquent dans les régions polaires. || 7° Dans l'horticulture, renoncule jaune. Aurore naissante, nom d'un œillet violet.
— HIST. xvic s. Sus l'heure que la joyeuse aurore aux doigtz rosatz dechassera les ténèbre?, rab. Pant. ni, <3.
— étym. Aurora, dit pour ausora, du sanscrit v.sh, brûler (voy. ustion).
f AURURE (ô-ru-r'), s. m. Terme de chimie. Combinaison de l'or avec un autre métal, en proportions définies.
— ÉTYM. Aurum, or.
AUSCULTATION (ô-skul-ta-sion), s. f. Terme de médecine. Action de prêter l'oreille pour percevoir les sons qui se produisent dans la poitrine, dans le cœur et dans les vaisseaux.
— ÉTYM. Auscnllatio , d'auscultare , écouter (voy. ce mot).
f AUSCULTÉ, ÉE (ô-skul-té, tée), part, passé. La poitrine auscultée avec soin.
f AUSCULTER (ô-skul-té), v. a. Terme de médecine. Écouter les bruits qui se produisent dans la poitrine, le cœur ou les vaisseaux.
— ÉTYM. Voy AUSCULTATION.
AUSPICE (ô-spi-s'), s. m. H i° Terme d'antiquité romaine. Divination do l'avenir, surtout d'après le vol des oiseaux. Prendre les auspices. Sous de bons, sous de mauvais auspices. Annoncer des auspices contraires. Lieu consacré par les auspices. Un simple officier du peuple, qui n'avait ni auspices ni juridiction, j. j. ROUSS. Contrat, IV, 5. || 2° Fig. Heureux auspice. Auspice favorable. Auspice malheureux, triste ou fâcheux. Né sous les plus heureux auspices. Jamais hymen formé sous un plus noir ai rac. Milhr. i, 2. Nous autres réunis sous de meilleurs auspices, corn. Nie. v, ut. Qu'on redouble demain les heureux sacrifices Que nous leur offrirons sous de meilleurs auspices, id. Cinna, v, 3. || 3" Sous les auspices de quelqu'un, sous la direction, par l'influence de quelqu'un.... Vous marchiez au camp conduit sous mes auspices, rac. Brit. iv, 2. Nous sommes en sûreté sous ses auspices, sév. 225.
Mon attachement pour votre excellence et mon goût pour l'ouvrage entrepris sous vos auspices, volt. Leltr. Schouvdlof, 9 nov. i"oi.
— HIST. xivc s Auspice, ce n'est autre chose à dire mes aur [heur] ou fortune ou félicité ou bon commencement, bercheure, f" f, verso.
— ÊTYM. Auspicium , de avis, qui a donné oiseau (voy. ce mot), et de spicerc, considérer (voy. spectacle).
AUSSI (ô-si), adv. ||1° Pareillement, de même. Il y avait aussi un de mes amis. Je l'aurais trompé aussi. Lui et les autres aussi. Et moi je fus aussi pasteur dans PArcadie, delisle, Jardin;, iv. Si le plaisir me fuit, aussi fait le sommeil, malh. v, 15. Si vous entrez partout, aussi font les profanes, la font. Fab. iv, 3. || 2° Encore, de plus, en sus. Comptez aussi les dépenses ao oires. Il dit aussi qu'il avait du poisson chez lui. Celui qui met un freina la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots, rac. Ath.i. \. |! 3° Autant, devant un adjectif et un adverbe. Rien n'est aussi populaire que la bonté. Aussi bon père de famille que bon citoyen. Si le soleil est aussi grand qu'il le parait. Je suis presque aussi en peine que lui. Cette maison est aussi fréquentée que jamais. En aussi petit nombre que possible. Aussi longtemps que.... Tu les connais aussi bien que moi. L'âne est de son naturel aussi humble, aussi patient, aussi tranquille que le cheval est fier, ardent, impétueux, buff. Âne. Aussi vivant par l'esprit qu'il était mourant par le corps, boss. le Tellier. || 4° Tellement. Dans une patrie aussi glorieuse. Avec une sagesse aussi rare. Étant aussi sobre. Je ne me propose point d'au tre ordre dans une matière aussi importante, mass. Car. Petit nombre. La voyant dans une situation aussi brillante, je l'ai suppliée de vous envoyer quelques secours, bern. de st pierre, Paul et Yirg. || 5" Conj. C'est pourquoi, à cause de cela. Il me priait de t écrire; aussi le fais-je. Il secourut toujours l'infortune ; aussi a-t-il à son tour trouvé des amis, ou bien, aussi il a trouvé à son tour des amis. Aussi faut-il donner à l'animal un point Que la plante après tout n'a point, la font. Fab. x, i. Les pierres ont été formées pour être taillées et pour en faire des châteaux; aussi monseigneur a un très-beau château, volt. Candide, i. Aussi, dans le discours que vous venez d'entendre, Je parlais pour l'aigrir et non pour medéfendre, corn. Cinna, v, 2. Aussi ferai je-et cette nuit même, beaumarch. Barb. de Sévitte, iv, ). || 6° Aussi bien, lac. adv. Dans le fait. Il ne s agit pas de réfuter ces rêveries des Platoniciens qui, aussi bien, tombent d'elles-mêmes, boss. Ilist. unir. u,i2. Aussi bien, en un seul, voici desmaux sans nombre, corn. Rod. il, 3. Vous êtes, aussi bien, le véritable roi, corn. Nicora. n, 2. Qu'il périsse; aussi bien il ne vit plus pour nous, rac. Androm. v, i. Aussi bien ces soupçons, ces plaintes assidues Ont fait croire à tous ceux qui les ont entendues.... id. Brit iv, 2. Aussi bien ce n'est pas la première injustice Dont la Grèce d'Achille a payé le service, id. Andr. i, 2. Au lieu de ces mœurs mondaines qui aussi bien vous damneront, refusez... mass. Salut. Car aussi bien quel est le grand salaire D'un écrivain anus du vulgaire? j. b. rotjss. Épit. i, liv. i, Aux muses. || 7° Aussi bien que, In:, conj. De même que. L'absence est aussi bien un remède à la haine Qu'un appareil contre l'amour, la foxi'. Fab. x, 2. Et que tout l'univers, sachant ce qui m'anime, S'étonne du supplice aussi bien que du crime, corn ( v, 2. Perdez-en la mémoire aussi bien que la vue. id. Milhr. iv, 4. || Quand deux substantifs sont liés par aussi bien que, on peut mettre le verbe au singulier ou au pluriel, en le rapportant soit aux deux ensemble, soit à l'un seulement. Cela n'empêche pas que toute sa divinité, aussi bien que toute son humanité , n'y soit dans une conjonction néceï i \ c. l'rov. (G. Celui qui écoute aussi bien que celui qui parle, seront enveloppés dans une même ruine, flëch. Serm. i, 3»).
— REM. 1. Aussi se met dans le sens affirmatif : je le veux aussi. Dans le sens négatif, on dit: non plus. Vous ne le voulez pas, ni moi non plus. Tel est l'usage d'à présent; mais les meilleurs auteurs du xvir" siècle ont employé aussi avec la négation. Cette tournure a vieilli, il est vrai; mais il est encore bon d'en étudier les exemples. Comme ils n'avaient ni cupidité ni intérêt, ils n'avaient aussi ni d jalousie, fléch. Panég.i, p. 374. 11 n'y a point d'état plus noble ni plus relevé que celui des pn il n'y en a point aussi qui demande plus de préparation, id. ib. n, p. 390. Ce n'i -t pas aussi aux sages conseils qu'il faut attribuer les heureux succès, boss. Marie-Thér. Si je ne goûte pas les dé-
AUS
AUS
AUS
îices dont vous jouissez, au moins n'ai-je pas aussi igrin et d'accablement, voit.
10. îi ne faut pas que l'homme ne voie rien du tout: il ne faut pas aussi qu'il en voie i qu'il possède la vérité, pasc. Pi part, n, art. 17. Donc je ne suis pas un
■ suis pas aussi éternel ni infini ; mais je qu'il y a dans la nature un 6tre nécesinfini, in. ib. i. '■• L'homme nepouranl reposer dans aucun de ces vices par ses raiits, ni aussi les fuir tous, m. ib. part. I, art. t i. Comme la religion n'y était plus intéressée, je ne m'y intéressai plus aussi, ib. Prou. 17. Sachez donc bjet [des jésuites] n'est pas de cor-
re les mœurs, ce n'est pas leur dessein, mais it pas aussi pour unique but celui de les réformer, id. Vrov. 5. Ces paroles ne peuvent dune servir qu'à vous convaincre vous-même d'imposhire, 1 1 ell tl pas aussi davantage pour
justifier Vasquez, id. Ré fut. de la rép. d la <2e/cjf. Je ne d voir une plénitude de conso-
lation sans aucune souffrance, c'est la vie de gloire; je ne demande pas aussi d'être dans une plénitude de maux sans consolation ; car c'est un état de judaïsme, m. Pensées, part, n, art. (9. Le fidèle qui ne souffre rien ici-bas, ne saurait aussi rien espérer pour l'avenir, mass. Myst. Résurr. Si ce n'est pas un goût déréglé qui doit décider du choix d'un état, ce n'est pasaussi un respect humain, id. Car. Voc. On se persuade que, comme ce n'est pas une affaire d'en être coupable [de certains défauts], il n'y a pasaussi grand mal d'en être censeur, id. ib. Médis. Et comme la honte qui découvre les misères de notre conscience n'est presque plus sensible, ta douleur aussi qui les déteste n'a jamais de suite, id. ib. Inconst. Et comme on ne peut rien ajouter à l'excès de son amour, rien ne manque aussi à l'excès de sa douleur et de son martyre, id. ib. Passion. Comme il n'est personne qui ne veuille être applaudi, il n'est presque aucun aussi qui ne se fasse un art et un mérite de médire, id. ib. Médis. Comme elle ne souhaite pas l'estime des hommes, elle ne craint pasaussi leur mépris, id. Avent, Bonh. des justes. Nous ne savons pas ce qu'il souffre, et je ne prétends pas aussi vous l'expliquer, ni affaiblir par des peintures vulgaires une image si effrayante, in. Car. Mauv. riche. 11 n'en est pas [de vérités] de plus sublimes, il n'en est pasaussi de plus ignorées, id. Car. Petit nombre. Qui ne sent pas ces nobles mouvements qui nous font aspirer aux grands postes, ne sent pas aussi ceux qui nous font oser de grandes actions, id. Petit car. Drapeaux, jj 2. Avec ne.... que, ou met non plus ou aussi. Il lit incessamment; je ne fais non plus que lire; ou : je ne fais aussi que lire. La tradition du peuple juif et celle du peuple chrétien ne font ensemble qu'une même suite de religion; et les écritures d< s deux Testaments ne font aussi qu'un môme corps et un même livre, boss. Hist. unir, il, )3. Comme il n'y a que l'espritde l'homme qui sache ce qui se passe dans l'homme, il n'y a que le cœur aussi qui puisse savoir ce qui se passe dans le cœur, mass. Car. Lazare. || 3. Suivant des grammairiens, après la conjonction que, placée après aussi, siun adjectif suit, il faut faire précéder le verbe de le: elle n'est pas aussi douce qu'elle le semblait; et Roilin, qui a dit : une place aussi forte qu'était Corinthe, aurait dû dire, que l'était Corinthe. Malgré cette décision , la phrase de Rollin est correcte , et pourrait être imitée, puisque ce cas présente une Bli] e très-facile : aussi' forte que Corinthe était forte. || i. Aussi.... quenesemetque devant un adjectif ou un adverbe; cependant on dit communément: il a aussi soif que vous. La locution moins négligée serait: il a soif autant que vous, ou autant de soif que vous. || 5. Au xviic siècle, on disait, conformément à l'usage des siècles précédents, aussi comme, pour lequel nous disons présentement aussi que. Ma foi seule aussi pure et belle Comme le sujet en est beau, malh. v, 49. Tant qu'a duré la guerre, on m'a vu constamment Aussi bon citoyen comme parfait amant, corn. Ilor. i, 3. Peut-être que tu mens aussi bien comme lui, id. Ment, iv, 7.
— SYN. aussi, autant.^ Aussi venant de sic, ainsi, marque la similitude; autant venant de tantum, marque l'égalité. On dit : il est aussi riche que vous, il a parlé aussi sagement que vous, et, moins ordinairement, autant riche, autant sagement. On dit : il l'aime autant que vous l'aimez, et non aussi que; il a autant de force que vous, et non aussi de force. En un mot, la règle générale est que aussi s'emploie avec les adjectifs et les adverbes, et autant avec les verbes. || Il est singulier que disant: aussi riche que vous, on ne dise pas: il 1 aime aussi que
vous. Voici un essai d'explication de cette anomalie. Dans l'ancien fiançais on a dit autant comme, aussi comme, marquant la comparaison non par que, mais par comme. Toutefois autant, forméde tantum qui a le corrélatif quantum, a pu très-bien avoir que pour corrélatif, comme cela est arrivé. Il n'en est pas de même de aussi qui est formé de sic; là, le corrélatif ne pouvait être que comme et ne pouvait être que. Néanmoins que a fini par remplacer comme pour aussi, ainsi que pour autant. Cette substitution étant faite, il aurait fallu être conséquent et la poursuivre partout. Mais ce qui arrive le plus souvent c'est que, quand on modifie une locution dans une langue, la conséquence fait défaut; et l'oreille, hésitant entre la nouvelle forme et l'ancienne, introduit des variations fondées dès lors non sur la grammaire, mais sur l'usage; c'est ainsi que, disant aussi riche que vous, on ne dit pas, il l'aime aussi que vous; comme si l'oreille avait accepté l'usage de aussi avec que, quand aussi était séparé de que par un adjectif ou par un adverbe, mais non quand le que aurait dû suivre immédiatement aussi . Bref , l'histoire des locutions est ce qui les explique. Jadis on disait aussi comme soit a\ . les adjectifs soit avec les verbes. Dans le passage de l'ancien français au français moderne, que ayant remplacé comme, aussi que s'est dit avec les adjectifs ou les adverbes et ne s'est plus dit avec les verbes. Voilà le fait, que j'essaye d'expliquer en disant que, aussi ne comportant pas étymologiquement le corrélatif que, cette circonstance a empêché la modification de s'étendre à tous les cas que présentait l'ancien français.
— HIST. XIe s. Si l'enchaeincnt altresi corne un ours, Ch. de Roi. cxxxv. Altresi blanche corne neif [neige] surgelée, ib. ccxl. ||xii" s. Blanche [il] ot la barbe aussi comme hoqueton, Ronc. p. 125. Durs [ils] ont les cuirs autresi comme fers, ib. p. 128. Mahom [il] reclame, Tervagant altresi, ib. p. 141. Altresi [semblablement] fit Judas, ce sai-je bien et croi, ib. p. 199. Ausi com vous le me poez doner, Quand vous plaira, le me poez retraire, Coud, n. Et s'ausi est que pour lui [elle] mourir [je] doie [doive], Ce est la mort dont mieux mourir [je] devroie, ib. p. 126. Maugré tous sains et maugré Dieu aussi Revient Quesnes, et mal soit-il venans, Romancero,$. l03.Au départir de li [elle] , [il] l'a doucement baisie, Et ele lui ausi.... Sax.vu. Ausi com en la mer est puissanz la balaine, Si est leur poestez en terre souveraine, ib. xxx. || xme s. Et nous vous jurerons que nous, en aussi bone foi , vous servirons en l'ost corne nous feïssions lui, villeh. xxiv. L'histoire de Bertain et de Pépin aussi, Bcrle , i. [Ils] Surent près d'aussi bien le françois de Paris Com se il fussent né au bourg à St-Denis, ib. v. Tout aussi com [à] Symon [elle] l'avoit reconneu [déclaré], ib. li. Le roy Flore son père [elle] regrete moût aussi, if), lix. Quand Berte voit son père et sa mère autresi, ib. cxxvn. Blanchefleurs s'est dressée, aussi fit ii rois Flores, ib. cxxvm. Fors de la forest issir [il] voit Quatre vins dames tôt alsi, Lai du trot. ||xve s. Le flun de la mer [qui faisait refluer la Somme] estoil adonc tout plein : si ne purent passer : aussi bien convenoit-il au roi attendre ses gens qui venoient après lui, froiss. i, i, 279. Aussi froids d'aider à la dame comme ils en avoient esté en grand désir, id, i, i, 10. On dit, et voir est, que toutes grosses rivières sont faites et rassemblées de plusieurs ruisseaux et fontaines : aussi les sciences sont extraites et compilées de plusieurs clercs, id. Prol. Aussi bien [d'un autre côté] il y a des peuples qui ofl'encent contre leur seigneur, comm. v, 18. Chacune dit : ce ne fut pas à moi — n'a moi — ne à moi aussi, louis xi, Nouv. m. || xvie s. Il ne faut point aussi attribuer aux estoiles les vengeances de Dieu qui surviennent pour telles causes, calvin, H9. Ce n'est pas à eux de reformer Testât commun du peuple, nul aussi ne les en requiert, id. 223. Si pour moy avez du soucy, Pour vous n'en ai pas moins aussi, mabot, ii, 328. Sil avoyt quelques imperfections, aussy avez vous, aussy avons nous, rab. Pant. m, Prol. Personne n'a interest en sa ruyne ; aussi bien ne prestoyt il rien ; aussi bien n'eust il par aprez rien preste, id. ib. ni, 3. Pleust à Dieu que l'empereur s'essayast de passer le Rosne ! mais je croy qu'il ne l'entreprendra pas, ny aussy d'assaillir le camp, marg. L. 127. Et puisque Parlamente ne Ta voulu nommer, aussi ferai-je, marg. Nouv. x. Comme la folie ne sera jamais contente , aussi est la sagesse contente de ce qui est présent, mont, i, 12. Aussi bien qu'homme de France, id. i , 10:). Je n'ay point faulte aussi d'exemple domestique, id. i, 17. Mais
aussi à ce compte.... id. i, 25. Chrysippus n'eust pas esté de cet advis; et moy aussi peu, id. i, 29. Aussi [c'est pourquoi] la peur surmonte-elle en aigreur tous.... id. 1, G3. Ceulx qui estiment chose malséante, que d'estre loué, ne font aussi rien qui mérite que Ton les loue, amyot, Préf. vi, 32. Ils n'usent point de fondes en bataille Ny d'arcs aussi, mais d'estoc et de taille, in. Thésée, 5. Il s'en retourna, emmenant quand et luy les autres jeunes enfans d'Athènes, et Ariadne aussi, id. Thésée, 22. La mer est bien à craindre, aussi est bien le feu, Et le ciel quand il est de tonnerres esmeu, Ronsard, 125.
— ÉTYM. Bourguig. ossi. L'ancienne forme altresi, alsi montre l'origine : alterum sic, aliud sic, autre ainsi (pour alterum, aliud, voy. autre , et pour sic, VC47. si, adv.).
f AUSSIËRE (ù-siè-r'), s. f. Terme de marine (voy. haussière).
AUSSITÔT (ô-si-tô), adv. || 1° Dans le moment même. J'irai aussitôt. Aussitôt après votre départ. Tout aussitôt, et cet aussitôt fut un peu étrange, on apporta sur le lit du roi une espèce de livre ou de petite table, st-sim. 405, 43. || 2° Aussitôt que, aussi vite que.... Votre père y sera aussitôt que vous, fén. Tél. 1. Aussitôt fait que dit, la font. Fab. vin, 10. J'en cache les deux tiers aussitôt qu'arrivés, corn. Cid, iv, 3. Il Elliptiquement. Aussitôt la lettre reçue, vous partirez, c'est-à-dire aussitôt que vous aurez reçu la lettre. Aussitôt le jour, aussitôt que le jour paraît. || Fig. et familièrement. Aussitôt pris, aussitôt pendu, se dit de toute chose qui se fait immédiatement, sans retard. || 3° Aussitôt que.... loc. conj. Dès que.... Aussitôt que la nouvelle se répandit.... Aussitôt que le khan de Tartane a diné, un héraut crie que tous les autres princes de la terre peuvent aller dîner si bon leur semble, montesq. Lelt. pers. 44. Aussitôt que le char chemine, Elle [la mouche] s'en attribue uniquement la gloire, la font. Fab. vu, 9. Pour moi, tout aussitôt que je l'en vis parée, Je ne fis plus état de la toison dorée, corn. Médéc, n , 5. Il 4° Aussi bien. Dieua toujours pris un soin si particulier de la conservation de votre maison.... qu'il laisserait aussitôt toucher à ses autels.... qu'à des personnes qui lui sont chères comme vous êtes, balz. liv. m, lett. t.
— HIST. xvie s. Aussi tost qu'il y a tant soit peu d'apparence que le dangier soit esloingné, mont, ii, 93. 11 est parfaict aussi tost que conceu, du bellay, ut, 46, recto. Sur Bollongne vendue un tel exploit il fit, Qu'aussi tost qu'il l'eut veue, aussi tost il la prit, id. vin, 20, recto.
— ÉTYM. Bourguig. osseto; de aussi, et tôt. On a dit, dans le xvir" siècle, aussitôt comme.... Il rendra leursdesseins.... Aussi-tost confondus comme délibérés, malh. 11, t.
AUSTER (ô-stèr), s. m. Nom que les Latins donnaient au vent du midi.
— étym. Auster, du grec <xûw, dessécher : vent desséchant, brûlant.
AUSTÈRE (ô-stê-r'), adj. || 1° Qui a une saveur âpre et astringente. Le coing a une saveur austère. Il 2° Fig. Sévère moralement. Un homme austère. Mener une vie austère. Une austère vertu. Jeûne austère, kac. Esth. 1, 3. Combien voit-on de gens austères pour les autres, doux pour eux-mêmes ! fléch. i, p. 196. Austère devoir, rac. Andr. ni, 4. Austère tutelle, id. Phèd. 11, 2. Austère fierté, id. Prit. 11, 2. Austère conseil, id. lphig. v, 6. Il En termes de beaux arts, qui rejette les ornements, les agréments. Le genre austère est opposé au genre gracieux. Ces champs qui, l'hiver même, ont d'austères appas, v. hugo, Voixintér. xix.
■ — HIST. xivc s. Poure vie menoient très dure et très austère, Girart de Ross. 23(5. Comme Robert Briseteste feust très austers [violent], merveilleux et merancolieux, ducange, austeritas. || xvie s. Auquel jour se célèbre à Athènes la fesle de Cerès, qui s'appelle Thesmoplioiia, qui est la plus austère et la plus triste solennité de toute Tannée, amyot, Démosth. 44. Gros vin noir et austère, paré,vi, 19. Us proposent des images de vie relevés ou bien si difficiles et austères, que la praticque en est impossible, charron, Sagesse, 1, 53.
— ÉTYM. Austerus; grec, aùcr/ipôç , au propre, qui rend la langue sèche , puis astringent, puis sévère, rude. Aûcrripo: vient de a.(iu>, dessécher, et est, par conséquent, pour le sens primitif, le même qu'auster, vent du midi.
AUSTÈREMENT (ô-stê-re-man), adv. Avec austérité. Il a vécu austôrement.
— hist. xvie s. Ils aiment mieulx vivre mollement à leur plaisir, comme leur maistre Menede-
AUT
AUT
AUT
mus, que durement et auslerement, comme je les enseigne, amyot, De h tranq. d'âme, 2S. Je croy que la conversion et religion de cet empereur ne fut jamais dissimulée; car il en porta l'habit très austerernent, brant. Charles-Quint.
— ÉTYM. Austère, et le suffixe mt n.e. AUSTÉRITÉ (ô-slé-ri-té), s. f. || i° Manière de
vivre rigoureuse à soi-même. Homme plein d'austérité. Je sais qu'en vous quittant, le malheureux Titus Passe l'austérité de toutes les vertus, eac. Bé- Tcn. iv, 5. Fuyez de mes plaisirs la sainte austérité, ID. Eslh. prol. Mais la franchise plaît , et non l'aus- . Tancr. i, 2. Et des vœux les plus saints blâmant l'austérité, boil. Sat. xu. || 2° Mortification. Prêtres, persévérez dans vos austérités, delav. Paria, il, 1. Les vues défaire des austérités me sont devenues suspectes, boss. Lett. Corn. 81. Elle aimait tout dans la vie religieuse, jusqu'à ses austérités et à ses humiliations, id. Anne de Gonz. Eudore redoublait de prières et d'austérités, chateaub. Mari. 258. 11 red iubla lui-même ses austérités pour fléchir le courroux céleste, fléch. Panég. 11, 127. Dans les austérités de sa vie, il ne pensait qu'à réparer l'injure qu'il avait faite à la majesté divine, id. ib. p. 187. Versant par mille endroits un sang que ses austérités n'avaient pas assez amorti, id. ib. 1, 383. Ce n'est plus l'usage de pleurer ses péchés ou de les expier par des austérités pénibles, id. ib. 11, 399. On méprise ceux qui ne font pas les austérités, id. !.'). 504. On fera des austérités de surérogation, id. Serm. 11, ici. Il est assez rare non qu'un philosophe soit un bon chrétien , mais que la même action soit une observation curieuse de philosophie et une austérité chrétienne, et serve en même temps pour l'Académie et pour le ciel, fonten. Dodart.
— syn. austérité, sévérité. Austérité a un sens plus restreint que sévérité. L'austérité est la sévérité de mœurs, et on est surtout austère pour soi; la sévérité concerne aussi autre chose que les mœurs, et est surtout tournée vers les autres.
— HIST. xive s. Thevenon doubtanz la grant austérité [violence] du dit Pionnier, qui estoit homme estrange, picart et de mauvaise vie, ducange, austeritas. ||xvie s. Il n'y avait orateur qui s'oza.i présenter pour défendre ce pauvre Roscius, ains s'en tiroit chascun arrière, parce qu'ilz craignoient l'austérité et la cruaulté de Sylla, amyot, Cicéron, 4.
— ÉTYM. Austeritas, de austerus (voy. austère). AUSTRAL, ALE (ô-stral, stra-1'), adj. Qui est
du côté d'où souffle l'auster ou le vent du midi. Il Terres australes, terres situées vers le pôle antarctique. Terre australe ou magellanique, s'est dit autrefois d'un continent que l'on supposait dans la zone antarctique. || Latitude australe, latitude des pays situés au midi de l'équateur. || Constellations australes, celles qui sont situées au midi de la ligne équinoxiale. || Signes austraux, les six derniers signes du zodiaque.
— ÉTYM. Auslralis, de auster (voy. auster). AUTAN (ô-tan), s. m. || 1° Vent du midi. || 2" En
poésie, un vent violent. Qu'importe à l'heureux solitaire Que l'autan dévaste la terre S'il ne fait qu'agiter ses bois? v. hugo, Odes, iv, 2.
— ÉTYM. Provenç. autan; de altanvs, qui signifie vent de la terre, vent de la haute mer, et vent du sud-ouest; sans doute de altus, haut(voy. haut), soit que l'on considère la terre qui est plus haute que la mer, soit que l'on considère la mer qui se disait en latin altum.
AUTANT (ô-tan) , adv. || 1" Sans complément, également, semblablement. Valoir autant. Acheté autant. Je vous en rendrai mille fois autant. Autant vaudrait parlera un sourd. Cela vaut cent francs; j'en veux tout autant. Cela est fini, ou autant vaut. Bon passe-port contre Iadent, Contre la griffe toutautant, la font. Fables, vi, 14. || Elliptiquement, autant faire cela sur-le-champ; pour : autant vaut faire.... 11 nie doit 99 fr. 60 c. autantdire 1 00 francs. || 2° Autant que, de même quantité que, de même façon que, de même que, comme. Vous en avez tout autanl que nous. Je vous aime autant que vous m'aimez. Je dois défendre sa vie autant que la mienne. J'ai fait pour la patrie autant que je devais. Il blâme leur arrogance autant qu'il admire.... Autant qu'homme du monde. Quelespritne batla campagne? Autant les sages queles fous, la font. Fabl. va, 10. Tout fut | erdu; c'était un enfant autant que mort, j. j. rouss. Ém. 11. y Elliptiquement. Autant qu'il y a de toile dans votre magasin, je prends tout. Autanl que vous êtes , venez avec nous. Autant quenou [ui n'avons pu
uivre,VAUGEL. Q. C. 523. [! 3' Autant devant un adjectif; c itte manière de parler a un peu vieilli, mais il n'y a aucune faute a s'en servir, et elle est
autorisée. Esope conte qu'un manant Charitable autant que peu sage, la font. Fabl. vi, ts. Songez bien seulement A vivre s'il se peut heureuse autant que belle, volt. Ép. 4. Votre refus est juste autant que ma demande, corn, Rodog. îv, l. Votre belle âme est haute autant que malheureuse, id. Pohj. îv, c. Autant que l'un fut grand, l'autre sera cruelle, id. Rodog. 11, 2. Cornélius Nepos, auteur ancien et judicieux autant qu'élégant, boss. Hist. 1, 52. La solitude de Ste-Fare autant éloignée des voies du siècle que sa bienheureuse situation la sépare de tout commerce du monde, id. Anne de Gonz. De là vient la peine qu'on a de situer dans l'histoire grecque les rois qui ont eu le nom d'Assuérus, autant inconnu aux Grecs que connu aux Orientaux, id. Hist. 1, 44. Le peuple de la Bélique est autant difficile à subjuguer qu'il est incapable de vouloir subjuguer les autres, fén. Tél. vm. Il est autant impossible que ce qui pense en moi soit matière qu'il est inconcevable que Dieu soit matière, la bru y. 16. Une infinité d'autres maux autant ou plus grands que celui-ci.... pellisson, ii, 140. Un jour autant heureux que je l'ai cru funeste, rac. Prit, v, 3. Un raffinement d'intempérance autant indigne de mes éloges qu'une artificieuse simplicité, :. j. rouss. Disc, contre les sciences. || Dans cet emploi , a muni se met plus volontiers après l'adjectif ou le participe; cependant il se met aussi avant, employé non-seulement devant des participes, mais encore d vaut des adjectifs comme aussi : autant impossible, autant heureux, etc. || 4° Autant.... autant, mettant en regard et en comparaison deux membres de phrase. Autant il a de vivacité, autant vous avez de lenteur. Autant le toucher concentre ses opérations autour de l'homme, autant la vue étend les siennes au delà, j. J. rouss. Ém. 11. || Quelquefois on met autant que, au premier membre de phrase, et autant au second ; cette tournure, qui a un peu vieilli , peut s'employer dans la poésie et la prose élevée. Autant de fois que la parole de l'Évangile ne vous a pas touché jusqu'à la pénitence , autant de fois elle vous a rendu plus indigne d'obtenir la grâce du repentir, mass. Car. Parole. Mais autant que son âme est bienfaisante et pure, Autant leur cruauté fait frémir la nature, volt. Alz. 11, il. Autant que ses armées navales [de la Hollande] étaient disciplinées, autant ses troupes de terre étaient mal tenues et in blés, id. S. de L. XIV, 10. Autant que de David la race est respectée, Autant de Jézabel la fille est détestée, rac. Alhal. 1, 2. Autant que de Joad l'inflexible rudesse De leursuperbe orgueil offensai 1 la mollesse, Autant je les charmais par ma de>. id. ib. m, 3. Autant que mon amour respecte la puissance D'un père.... Autant ce même amour, id. Mithr. 1,1. Autant que sa fureur s'est immolé de têtes, Autant dessus la sienne il croit voir de tempêtes, corn. Héracl. 1, 1. Autant que ce dessein était utile , autant l'exécution en était pénible, pasc. Prov. 7. Autanl que votre procédé est juste selon ce biais, autant il est injuste.... id. P. jés. 9. Autant que Minerve est au-dessus de Mars, autant u leur discrète surpasse-t-elle.... fén. Tél.x. Autant que le pouvoir du clergé est dangereux dans une république, autant est-il convenable dans une monarchie, montesq. Esp. 11, 4. y 5° Aidant que, en tant que, selon que. Une action juste n'a ce caractère qu'autant qu'elle est volontaire. Autant qu'il est en moi. Autant que l'a permis le malheur des circonstances. Autant que je puis me rappeler. Autant que j'en puis juger. Autrement vos Etats à ce prince livrés Ne seront en ses mains qu'autant que vous vivrez, corn. Nicom. iv, 3. Tu n'as crédit ni rang qu'autant qu'elle t'en donne , id. Cinna, v, 1. 11 n'est plus mon sujet qu'autant qu'il le veut être, id. Nicom. 11, I. Que vous ne respirez qu'autant que je vous aime, rac. Baj. 11 , i . Vous qui ne respirez qu'autant que mon courroux , Retenu trop longtemps, s'est arrêté sur vous, volt. MortdeCés. i,3. Il 6° D'autant, de cette quantité, dans la même proportion. Augmenter d'autant la somme. Soulager d'autant ton chagrin. J'ôte le superflu, dit l'autre, et l'abattant, Le reste en profite d'autant, la font. Fabl. xu, 20. Tous trois burent d'autant, id. ib. 11, l'O. X mesure que, dans chaque nation, une de ces causes agit avec plus de force, les autres lui cèdent d'autant, montesq. Fsp. xix, 4. 11 fallait 1 ; ible nue partie de la journée et boire d'autant, J. J. rouss. Hêl.i, 23. Je n'aurais qu'à chanter, rire, boire d'autant, boil. Sat. 11. Â l'égard de votre L nant, 11 vous approuve et dort d'autant, volt. I,<ii. vers, 1 an lit mit. À la charge, à charge (l'a 1t; ni , à condition de rendre la pareille. || 7" D'autant que, loc. conjoncl. Vu que. D'autant qu'elle est la
seule chose qui nous rend hommes, desc Méth.i, 2. D'autant qu'ils se confiaient à la disposition du lieu où l'on combattait, vaugel. Q. C. 332. D'autant qu'il m'a semblé inutile de chercher bien loin des raisons, je me suis résolu de me servir.... boss. Bonté et rigueur de Dieu. || 8° D'autant plus, sans conséquent. 11 fut d'autant plus facile de le repousser. Le temps presse, et votre heur d'autant plus se diffère, corn. Rod. v, 3. Il connaît d'autant mieux les dangereux amis, id. Nie. m, 2. || 9° D'autant plus que, d'autant moins que, sans comparatif dans l'autre membre. Ce que vous faites est inutile, d'autant plus que nous savons fort bien.... Le philosophe est d'autant plus méprisable qu'il pèche sciemment. Mais je le poursuivrai d'autant plus qu'il m'évite, rac Brit. 1, i. Et je dois d'autant moins oublier sa vertu Qu'elle même s'oublie.... m. Fsth. 11, 3. Il D'autant plus que, d'autant moins que, avec un comparatif dans le second membre. Le regret est d'autant plus vif que la faute est plus grave. L'air est d'autant plus épais qu'il se .trouve plus près de la terre. Le carnage fut d'autant plus grand qu'ils étaient plus nombreux. Et mon cœur soulevant mille secrets témoins M'endirad'autantplusque vous m'en direz moins, rac. jlndr.iv, 5. || 10° Autant,*. m. Terme de paléographie. Copie, duplicata d'un acte. Il Proverbes. Autant de têtes, autant d'avis. || Autant lui en pend à l'oreille; la même chose peut lui arriver. Il Autant en emporte le vent, se dit de tout ce qui demeure sans effet. || Il en a autantqu'ilen peut porter, se dit d'un homme qui a trop bu, qui a été bien battu. || Autant comme autant, en même quantité. 11 en meurt tous les ans autant commeautant.
— REM. 1. On a dit, jusque dans le xvne siècle, autant comme, locution aujourd'hui tombée en désuétude. Voici des exemples : Qu'il fasse autant pour soi comme je fais pour lui, cuax. Poly. m, 3. Une flamme pieuse autant comme chétive, id. Pomp. v. 1. Ce beau feu vous aveugle autant comme ii vous bnile, id. Rodog. ni, 4. Et toi que me veuxtu, Tendresse dangereuse autant comme importune? id. ib. v, t. Jesuis aimé d'Eudoxe autantcoaime je l'aime, id. Héracl. ï, 4. Votre intérêt m'arrête autant comme le mien, id. Sertor. iv, 3. Sa probité stupide autant comme farouche, id. Ot'ion, m, t. 11 vaut communément autant comme il se prise, id. le Ment. I, i. Tous les rois ne sont rois qu'autant comme il vous plaît, id. Nie. m, 2. 11 y a autant de divers cieux comme il y a d'étoiles, desc Monde, 8. Autant malins comme ils étaient bons, boss. Démons, i. |[ 2. Dans le xvn" siècle, au lieu de plus.... plus, on a dit aussi d'autant plus que.... d'autant plus. Et d'autant que l'honneur m'est plus cher que le jour, D'autant plus maintenant je te dois de retour, corn. Cid, m, 6. D'autant plus que les choses sont de conséquence , d'autant plus nous avons besoin.... 30ss. Serm. Quinq. 2. D'autant plus soigneusement j'examine ces choses, d'autant plus clairement je connais qu'elles sont M'aies , desc Médit. 3.
— HIST. xie s. Après icels [il y] en aurat altretant, Ch. de Roi. ccxv. ||xir=s. E restore altant chevaliers cume ocis i furent de la privée maignée, Bots , p. 326. L'empereris [impératrice] d'or fin deus somiers leur envoie, Et l'emperere autant, ains que partir les voie, aihefr. le bast. Rbmancero, p. 20. |j xme s. Les lettres disoient que autant les creist on comme ior seigneurs, villeh. x. Anne les tous autant cum un, Au mains d-e l'amor du commun, la Rose, 547t. Autant peut dire nostre seigneur de nous, comme il dit des filz Israël.... joinv. 216. Chacun aime autretant sa vie comme je faiz la moie, id. 193. y xvc s. Autant de bien que j'ay de di sance, eu. d'orl. Bal. n. 0 tintamare pkizant Et doublement rezonnant Des tonneaux que l'on relie ! Signe qu'on boira d'aultant, basselin, l. Le parlement [en Angleterre] qui vault autant comme ks trois estatz,coMM. IV, 1. Autant qu'il aymoil par- > faictement ceste dicte maison de Lenclastre, u hayoit celle de Hyort, jd. mi, 4. Et firent très chère qui ne se passa pas sans boire 1 d'autel [autel, ancien français pour si louis xi, Nouv. vu. Il xvic s. Je dors dormir m'a valu autant de jambon, rab. Garg. 1, 22. Autanl vault homme comme il s'estime, id. ib. U, 29. Autant que je vous en tirera y par la dille, autant en entonneray parle hondon, id. ib. m, Prol. Ces exemples me semblent plus à propos, d'autant qu'on veoit.... mont. 1. 3, Mais d'autant que c - si un philosophe, id. i, 66. Ayant combattu autant qu'il eut
1, 1, 16. Il s'en sentoit d'autant a id. 1, 211. Autant qu'il estoil en son aul nié. id. 1, 22. Il y en a trois fois autant, id. 1, 182. U perdit
AUT
la Sonne grâce d'Alexandre pour n'avoir voulu boire d'autant a lui, m. i, 185. Autant reformé à Sparte, comme voluptueux en Ionie, ID. i, 185. Cette occum est aussi pénible que toute aultre, et autant ennemie de la santé, id. i, 2s3. Et d'avoir plusieurs maistres, c'est autant que .l'avoir autant de fois à
ixtremement malheureux, la boëtie, 8. Qu'on mette d'un costé cinquante mille hommes en armes, d'un autre autant, id. ig. Ces herbes servent dès lors d'autant de fumier a la terre, m. 230. La lecture profite plus d'autant qu'elle délecte, et délecte davantage d'autant qu'elle profite, imyot, Préf. 25. Appelez Autochthones, qui vault autant à dire, comme nez
lerre mesme, id. Thésée, 3. Il leur bailla non tant de gens comme Polybius en met, ains autant que Nasica luy mesme dit en une siene missive, id. 7'. .Km. 24. J'avais cent fois juré de ne les voir jamais, Me parjurant autant qu'autant je le promets, rons. 2 es.
— ÉTYM. Wallon, otetan; namur. ostan; pro-
atretan; catal. altretant; espagn. otrotranto; portug. outrotanto; ital. allreltanto. Autant vient
\id (voy. autre) , et tantum (voy. tant); altre-
t les formes congénères viennent de alterum, tantum.
AUTEL [ô-tèl), s. m. H 1° Sorte de table destinée à l'usage des sacrifices. Dans Home, les autels fumaient de sacrifices, bac. Brit. îv, 2. Si de sang et de morts le ciel est affamé, Jamais déplus de sang ses autels n'ont fumé, id. Tphig. v, 2. On dresse des autels de gazon, fén. Tél. xxjv. Les sénateurs
snt drosser des autels, boss. Ilist. m, 7. 11 lui voulait dresser des autels, id. ib. 11, 12. L'amour impud que eut tant d'autels.... id. 16. H, 3. Cependant à Pompée élevez des autels; Rendez-lui les honneurs qu'on rend aux immortels, corn. Pomp. in, 2. y Poétiquement. Dressons-lui des autels sur des monceaux d'idoles, corn l'ohj.u, 0. || Autels, iments en fume d'autels élevés pour perpétuai la mémoire de quelque événement. Les patriarches élevaient des autels en des lieux où ils avaient reçu quelque faveur de Dieu. Il est pari.' des autels d'Hercule, des autels d'Alexandre, dressés aux extrémités de leurs expéditions. || Fig. et par extension, honneurs extraordinaires. Mériter des autels. Eux-même avec candeur, se disant immortels, De leurs mains tour à tour se dressent des autels, gilb. Dix-huitième siècle. Nous sommes trois, Diderot, d'Alembert et moi, qui vous dressons des autels, volt. Lctt. à Cath. 8. À sa gloire en cent lieux fit dresser des autels, boil. Art p. iv. Cette idole à qui le monde a de tout temps dressé des autels, mass. Dauph. || Personne qu'on honore, qu'on adore. Ils n'ont point de faveur qu'ils n'aillent divulguer. Et leur langue indiscrète, en qui l'on se confie, Déshonore l'autel où leur cœur sacrifie, mol. Tart. 111, s. Il 2° Chez les chrétiens, table où l'on célèbre la messe. Le prêtre monte à l'autel. S'approcher de l'autel pour la communion. Dans le même esprit qu'ils vont à l'autel, boss. Par. de Dieu, >. Une âme qui a vécu longtemps éloignée de l'autel, mass. Inc nst. Quoiqu'elle approchât souvent des autels, fléch. Mar.-Th. Un prêtre oserait-il, le même jour, s'approcher de l'autel [dire la messe]? pasc. Prov. g. |j Le maitre autel, l'autel qui est placé dans le chœur d'une église. Il Autel privilégié, autel où il est permis de dire la messe des morts le jour qu'on ne peut la célébrer aux autels qui ne sont pas privilégiés. || Autel portatif, pierre plate et carrée, bénite selon les formes de l'Eglise, pour célébrer la messe en pleine campagne! Il Le sacrifice de l'autel, le saint sacrifice de l'autel, c'est-à-dire la messe; le saint sacrement de l'autel, l'eucharistie. || Fig. Élever autel contre autel, faire un schisme, et. par extension, lutter avec quelqu'un de crédit, de puissance, former une entreprise rivale. On élève autel contre autel, boss. Anrxonc. t. Harcourt saisit i'occasion de débaucher au duc de Beauvilliers son pupille ou de faire au moins autel contre autel, st-sim. 2:12, 94. || 3° Fig. La religion, le culte. Respectez les autels. Les ministres des autels. Il soutint les autels que l'hérésie avait ébranlés, fléch. Dauph. Et les droits de l'autel sont avant ceux du trône, raynouard, États de Blois, 11, 5. Il L'autel et le trône, la religion et le poir.oir monarchique. || 4° Terme d'astronomie. L'Autel, constellation de l'hémisphère austral. || 5° Technologie. Tablette de pierre ou de fonte placée en avant de la bouche d'un four. || Partie d'un four à réverbère qui a pour destination d'isoler le métal du combustible. || Proverbes. Qui sert à l'autel doit vivre de l'autel, ou le prêtre vit de l'autel, c'est-à-dire chacun vit de sa profession. || 11 en
AUT
prendrait sur l'autel, se dit d'un homme qui prend tout ce qu'il peut et partout où il peut. || Ami jusqu'aux autels, ami à tout faire, excepté à agir contre la religion, contre la conscience.
— hist. xie s. Dessus l'alter [de] Saint Sevrin le baron, Ch. de Roi. cclxix. Lonc un alter bêlement [ils] l'enterrèrent, ib. cclxxi. || xii° s. Moût riche ofrande [il] a dessus l'autel mise, Ronc. p. 179. Idunches se dresça, E par tuz les alters à orer s'en ala, Th. le mart. IG2. E de tûtes les lignées de Israël [je] le eslis, que fust mis prestres; e à mun altel muntast, e encens i portast, Rois, 9. Dune cumandad li angeles à Cad, que il deïst à David que il en alast pur lever un alter en l'onurance nostre Seignur, ib. 218. Tant que li fossez ki deled le altel esteit, fud plein e surundad, ib. 318. || xme s Par derrière l'autel s'ert [s'était] la bêle mucie [cachée], Berte, cix. E quant tote la messe est dite, le rei vient devant l'autier, et se comenie, Ass. de Jér. 1, 31. Car teil qui auteil sert, d'auteil doit vivre, ruteh. 258. y xvie s. Il en prendrait sur le grand autel, h. est. Pricell. p. 77.
— ÉTYM. Bourguig. autai; provenç. altar, autar; espagn. altar; ital. altare; du latin altare, proprement, ce qu'on met dessus l'autel (Quintilien, Decl. xii, 26 : om altaria importera), ce qui exhausse, de altus, haut (voy. ce mot). Altare a donné régulièrement alter ou altier ou autier; la forme autel s'est glissée à côté, par l'affinité entre VI et IV, et peut-être aussi par le grand usage de l'adjectif autel, semblable, mot très-usité dans ces temps : l'on sait combien les langues ont de tendance à assimiler les mots qui ont peu de différence; tendance funeste et qui rend bien des choses confuses et même inintelligibles.
AUTEUR (ô-teur), *•. m. || i° Cause première d'une chose. L'auteur de toutes choses, Dieu. L'auteur de cette guerre. Il est l'autour de sa fortune. L'auteur d'une race, d'une famille. La nature, auteur de toutes choses. Une femme fut l'auteur de l'entreprise. Laissons aux dons de l'auteur de la nature tout leur prix et tout leur usage, mass. Conli. Grâce à l'auteur de l'univers, la font. Fabl. 11, 5. La mort m'avait ravi les auteurs de mes jours, bac. Esth. 1, 1. Cent fois j'ai voulu me jeter aux pieds des auteurs de mes jours, j. j. bouss. Hél. 1, 4. Madame, au nom des dieux auteurs de notre race.... rac. Iphig. ni. \. J'en suis le seul auteur [de la conspiration], elle n'est que complice, cobn. Cinna, v, 2. Et vous qui de sa chute êtes l'unique auteur, id. Nicom. îv, 5. Il est l'unique auteur de nos meilleurs destins, id. Héracl. v, 4. L'amour, ce doux auteur de mes cruels supplices, id. Cid, v, 4. Je le plains, d'autant plus qu'auteur de son ennui.... bac. Andr. m, 3. Périsse le Troyen, auteur de nos alarmes, id. Iphig. 11, 2. Chacun veut voir l'auteur de tant d'illustres faits, botr. Bélis. 1, i. || 2° Inventeur. L'auteur d'un procédé. Les Phéniciens, qu'on dit être les auteurs de l'écriture alphabétique. Il 3° Celui, celle qui a fait un ouvrage de littérature, de science ou d'art. Corneille, auteur du Cid. Madame Deshoulières, auteur de poésies pastorales. Il ou elle est l'auteur de ce tableau. || Absolument, écrivain. Les auteurs grecs et latins. Suivant quelques auteurs. La plupart des auteurs que j'ai consultés. Quel auteur lisez-vous? Je traduis un auteur difficile. Il y a des auteurs graves pour appuyer toutes les opinions, sév. 307. || 4° En termes de jurisprudence, celui de qui on tient quelque droit. On lui disputait la possession de cette terre; il fit appeler ses auteurs en garantie. || 5° Celui, celle dont on tient une nouvelle. Voilà ma nouvelle, et c'est cette dame qui est mon auteur. Elle découvrit ce qu'elle en avait appris [de la conjuration] à des personnes de considération, sans cependant nommer son auteur, vertot, Révol. rom. xn, p. 171. Des bruits, sans auteurs, mêlaient des choses fausses avec les vraies, et augmentaient l'inquiétude du sénat et la crainte des gens de bien, id. ib. p. t92. I ,li(;'. Une femme auteur. Une de mes chances était d'avoir toujours dans mes liaisons des femmes auteurs, j. j. bouss. Conf. liv. ix.
— REM. Boileau, Sat. x, a pu écrire ironiquement : Vais-je épouser ici quelque apprentive auteur? Mais on ne dirait pas une auteur, la première auteur, une spirituelle auteur, etc. il faut : cette dame est un charmant auteur, elle est le premier auteur de mes maux; cotte demoiselle est un spirituel auteur, legoarant.
— hist. xiii° s. Ains est prouvé par les meilleurs auteurs ki parolent de ces trois sciences, alebrand, f° t. Si en puis bien trere à garant Ung acteur qui ot non Macrobes, la Rose, 7. Un livret i trovai, Si
AUT
lue [je lus] dusqu'à la fin; mult durement l'amai ; Le nom de son autor ne le sien je ne sai, ruteb. 232. Il xv° s. A parler par raison et considérer les articles et points dessus dits qui sont tous véritables; car moi, auteur, en ai esté suffisamment informé par les nobles du royaume de Portingal, froiss. 11,
— ÉTYM. Bourguig. auteu; provenç. auctor, actor; espagn. au lor; portug. author; ital. aulore; de auctorem, de augere, accroître; radical sanscrit, , ôjas, force.
AUTHENTICITÉ (ô-tan-ti-si-té), s. f. Qualité de' ce qui est authentique. L'authenticité d'un fait, ; d'une pièce. Tout se passa avec la plus grande authenticité, volt. Rtiss. 11, to.
— ÉTYM. Authentique.
AUTHENTIQUE (ô-tan-ti-k') , adj. || 1» Revêtu des formes officielles, solennelles. Titre authentique. Il Acte authentique, acte émané d'un officier public, accompagnéde formalités et devant faire foi jusqu'à inscription de faux. || 2° Dont la certitude, dont l'autorité ne peut être contestée. Les livres authentiques. Traditions authentiques. Il faut voir ce marchand, philosophe en boutique, Qui, déclarant trois fois sa ruine authentique, Trois fois s'est enrichi d'un heureux déshonneur, gilb. Le dix-huitième siècle. Le monde qui ne peut résister à cette montre si authentique, pasc. Imag. 2. Vous assurez par serments authentiques.... mol. l'Étour. iv, 5. Une histoire de Charles XII, une de Pierre le Grand, fondées toutes les deux sur les monuments les plus authentiques, volt. Lttr. Albergati, 3 déc. I7go. Ce discours [de Pierre le Grand], s'il est authentique, est un morceau très-précieux, id. ib. Schouvalof, H nov. 1759. Il Familièrement. Et jugé ce lourdaud à son nez authentique Que c'était un pédant, Régnier, Sat. x. Il 3° S. f. L'authentique d'une pièce, l'original. Peu usité en ce sens. || 4" S. f. Intitulé qu'on donne à la version latine, faite par un auteur inconnu, des Novelles de Justinien, dite par les glossateurs Corpus authenlicarum. Les authentiques. Une authentique. Il Authentiques, extraits que les glossateurs ont faits des Novelles et insérés aux endroits du Code (de Justinien) auxquels ces extraits se rapportent. Cette dénomination vient de in authentica, qu'on lisait en tête de chacun des extraits. Si vous avez besoin de lois et de rubriques, Je sais le code entier avec les authentiques, corn. Ment. 1, g. Il Peine de l'authentique, peine consistant à faire fouetter et enfermer dans un monastère la femme adultère, et prononcée par l'authentique sed hodic, Code, adlegem juliamde adulteriis.
— HIST. xme s. Si cum Tullus le nous remembre Ou livre de sa retorique, Qui moult est science autentique, la Rose, 16400. Et se tu sces riens de logique, Qui bien est science autentique.... ib. C652. Noz veons aucun cas par lequel on pot fausser letres, tout soit li seaus autentiques et bien conneus, beaum. xxxv, 25. Li seax de cascun gentil home n'est pas autentiques ne n'a foi en cort, fors contro le gentil homme cui li seaus est, ib. 75. || xve s. Un bourgeois notable et authentique, froiss. 11, m, 4. Paris qui est cité si authentique et le chef du royaume de France, id. ii, ni, tu.
— ÉTYM. Authenticus , de aùBcvrixôç, de aùôévty]ç, qui agit par soi-même, maître, pour gcùtoévtyk, de aÙTÔ;, même (voy. auto....), et de ivxèç, au dedans : qui est apud se, qui est maître de soi. 'E'/tô; est le latin intus, qui a donné intérieur (voy. ce mot).
AUTHENTIQUÉ, ÉE (ô-tan-ti-ké, kée), part, passé. Acte authentiqué.
AUTHENTIQUEMENT (ô-lan-ti-ke-man), ode.
D'une manière authentique. II a déclaré authentiquement. Ils se sont soumis sans résistance à une vérité qui leur était si authentiquement notifiée, bourd. Pensées, t. 1, p. G6.
— HIST. xvie s. Telles histoires méritent bien d'estre enregistrées authentiquement, h. est. Apol. pour Hérod. xxvi. Ce qu'ils promirent et jurèrent fort authentiquement, carl. vin, t9.
— étym. Authentique, et le suffixe ment. AUTHENTIQUER (ô-tan-ti-ké) , v. a. Terme de
droit ancien. || 1° Rendre authentique. Pour authentiquer la constitution, boss. Lelt. quiét. 4G8. J'écrivis au cardinal Gualterio de faire chercher tout ce qui pouvait prouver juridiquement cette roture [de Zamet], de le faire authentiquer par la république de Lucques et de me l'envoyer, st-sim. 288, \ll. Il 2° En droit romain, authentiquer une femme, c'est la déclarer convaincue d'adultère, et soumise à la peine de l'authentique.
— £TYM, Authentique.