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partie détruite

— ÊTYM. Autoplastie.

AUTOPSIE (ô-to-psie), s. f. || 1° Inspection, examen attentif que L'on fait soi-même. || 2" Etat dans lequel les anciens païens croyaient qu'on avait un commerce intime avec les Dieux et une sorte de participation à leur toute-puissance. || 3° Terme de médecine. Autopsie cadavérique, examen de [lies d'un cadavre, et, par extension, de '■■l'état de ces différentes parties. || On dit; abusivement, autopsie au lieu de autopsie cadavérique ou de nécropsie.

— ÉTYM. Aûto^ia, de aÙTÔç, même, et 5^i;, vue (vov. optique) : vue par soi-même.

;" AITOPTIQUE (ô-to-pti-k') , adj. Terme didactique. Qui est relatif à l'autopsie, c'est-à-dire à la simple inspection d'un objet.

— ÉTYM. Autopsie.

f AUTORISABLE (ô-to-ri-za-bl'), ad;*. Qui peut être autorisé.

— étym. Autoriser.

AUTORISATION (ô-to-ri-za-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. Action par laquelle on autorise. Avec l'autorisation de sa famille. Le prince leur en donna l'autorisation. Vous demandez l'autorisation d'entrer en possession des biens.

—ÊTYM. Autoriser.

AUTORISÉ, ÉE (ô-to-ri-zé, zée), part, passé. t| 1° Qui a reçu autorité ou autorisation. Qu'on ne se croie pas autorisé à parler ainsi. Si j'y suis auto- :• vous. Sans y être autorisé par son supérieur. Les chefs des janissaires.... Se crurent à sa perte assez autorisés Par le fatal hymen que vous me proposez, rac. Baj.u, t. || 2° Permis, en par lant d i ufacture non autorisée. Action

autorisée par la coutume. Les excès affreux autorisés par de grands exemples, mass. Conv. || 3° Qui a de l'autorité, en parlant des personnes et des choses. Maximes universellement approuvées et autorisées. ivain autorisé. Et qui par ses larcins se rend auréGnier, Sat. il. Un chef autorisé d'une juste puissance Soumet tout d'un coup d'oeil, volt. Catil. I, t. Un évoque de Kome était quelque chose de plus saint, de plus autorisé qu'un évoque d'Allemagne, id. Mœurs, 13. Si saint Augustin venait aujourd'hui, et qu'il fût aussi peu autorisé que ses défenseurs, il ne ferait rien, pasc. dans cousin.

AUTORISER (ô-to-ri-zé), v. a. || 1° Donner autorité. C'est le prince qui autorise les magistrats. Vous prétendez autoriser vos déportements par l'exemple. Autoriser sa paresse de celle des autres. Faudra t-il donc toujours (pue Titus autorise Ce sénat de tyrans dont l'orgueil nous maîtrise? volt. Brutus. h. t. L'une [la sagesse] les autorise devant les hommes, l'autre [la docilité] les humilie devant Dieu, fléch. i, p. 294. S'il se trouve à des noces [J. C], c'est pour manifester sa puissance et autoriser sa doctrine, mass. Conf. Cond. des clercs. ^"Accorder àquelqu'un faculté, permission. Je vous autorise à parler en mon nom. On l'autorisait à mal faire. Si vous m'y autorisez.... A* ne vous rien cacher, son amour m'autorise, corn. Béracl. il, 3. || 3" Rendre possible, applicable, justifiable. Qui a autorisé cela? La loi autorise ce refus. L'impunité autorise le crime. Elle l'aime, un empire autorise ses pleurs, rac. Baj. m, 3. Heureux qui, méprisant l'opinion commune Que notre vanité peut seule autoriser, Croit, comme moi, que c'e I avoir fait sa fortune Que d'avoir, comme moi, bien su la mépriser, chaul. la Retraite. || 4° S'autoriser, v. réfl. Acquérir de l'autorité. Les coutumes s'autorisent par le temps. Ces magistrats, pour s'autoriser, nourrissaient la division, boss. Hisl. ni, 7. Octave s'est servi de vous [Cicéron] pour s'autoriser; ensuite il vous a livré à Antoine, féxel. xix, 307. || 5" S'appuyer sur une autorité, sur un droit ou un prétexte pour.... Il s'autorisait de votre exemple pour parler ainsi. Il s'autorise du décret pour soutenir son mensonge. Je ne m'autorise du nom de personne. Il en revient à s'autoriser du nom de saint François de Sales, boss. Bem. Quelque effort qu'on ait fait pour s'autoriser du saint évêque, m. Préf. Je me suis à ce choix moi-même autorisée, corn. Œdipe, n, 1. Et d'oracles menteurs [il] s'appuie et s'autorise, rac. Athal. m, 3.

— ]iiST.xiv«s.C'cstlechemin depovreté,Une dame qui n'est prisée En ce monde, n'auctorisée, uiujyant ïans Ménagier, t.n. p. (s. s: en seras plus avenant,

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Plus honnourés et mieulx prisiés, Et entre gens auctorisiés. Et tenus pour sage de tous.iD. ib. p. 2C. Le gentil mareschal.... De Bertran a moult dit, qui est là aprochié, El pardeversle roi l'a moult auctorisié , Guescl. 17524. Or comrnenche matere' c'on doit auctoriser, Baud. de Seb. vi, 1. 1| xv° s. Ainssi ce roy auctorisié par le monde, comme digne il en estoit bien, savoit recepvoir grans, moyens et petis, christ, de pisan, Charles V, tu, cl;. 32. Bien àuctorisé des gouverneurs et gens de la justice d'Arras, nu cange, auctorabilix. Et avec ce, c'est chose convenable que en mémoire autentique soient mis les bons et leur nom authorisé, houciq. Prol. || xvr s. Briefve et saincte exhortation, toute authorisée de propous extraicts de la sainte escripture, rab. Pant. iv, l. Testamens ne sont vallables ne authorisez que par la mort du testateur, id. ib. iv, 21. Pour auctoriser la puissance de nostre volonté, mont, i, 98. Nostre créance a assez d'aultres fondements, sans l'auctoriser par les événements, id. I, 248. Lycurgus eut grand soing de bien establir et authoriser ce conseil, amyot, Lyc. 9. Après avoir estahly ses loix, il les autorisa toutes pour l'espace de cent ans, id. Salon, 52. Ils maintiennent n'appartenir qu'à eux d'authoriser les Escritures et les expliquer, d'aub. llist. i, 64. la royne mère du roy connoissoit les Bourbons pour estre authorisez de leur naissance, curateurs naturels du jeune roy, id. ib. I, 80. Il authorisa le prince d'Hespaigne son fils de la surintendance du conseil et maniement de toutes charges, carl. v, 22.

— étym. Provenç. authorisar; espagn. autorizar; ital. autoriggare; deauctor (voy. auteur).

AUTORITÉ (ô-to-ri-té) , s. f. |j 1° Pouvoir de se faire obéir. L'autorité paternelle. L'autorité des magistrats. Maintenir son autorité sur les siens. Usant de son autorité, sur ses subordonnés. Faire acte d autorité. Quelque chose de plus violent se remuait dans le fond des cœurs ; c'était un dégoût secret de tout ce quia de l'autorité, boss. Reine d'Anal. Elle savait persuader et convaincre aussi bien que commander, et faire valoir la raison non moins que l'autorité, id. ib. Vous, fortunés du siècle, à qui la faveur, les richesses, le crédit et l'autorité faittrouver la vie si commode, iv.Panég. Ste Thérèse. S'il eût été contraint d'userdeson autorité, id. Lett.6. Avoir autorité sur les autres, id. Atnb. \. L'autorité qu'il avait au-dessus des autres, id. Hi.it. il, <2. Iltâchaitde reprendre son ancienne autorité, fén. Tél. xm. Vous croyez qu'abusant de mon autorité, Je prétends attenter àvotre liberté, bac. Mithr. i, 2. || Faire une chose de son autorité privée, la faire sans en avoir le droit. C'est à l'opinion publique à faire justice de ces petits tribunaux qui s'élèvent de leur propre autorité, bern. de st-pierre, Préamb. Ch. ind. Décider la question de son autorité, boss. llist. i, H. 11 agit de son autorité, id. ib. i, i t . || Coup d'autorité, acte décisif d'un pouvoir, coup que frappe un pouvoir. Quelques coups d'autorité que l'on ait faits de nos jours en France sur les monnaies , les Romains en firent plus, montesq. Esp. xxn, n. Si par un coup d'autorité ils ne bannissent ce mot, pasc. Prov. 1. La Providence fait quelquefois des coups d'autorité qui me plaisent assez, sév. 72. || Faire une chose de pleine autorité, la faire comme y étant pleinement autorisé. Il se fait ouvrir la porte avec autorité, fén. Tél. xi. [| D'autorité, par un coup d'autorité, sans permettre de remontrance. On nous arrête d'autorité pour souper chez M. de Marsillac, sév. t74. || 2° Pouvoir public, gouvernement. Exercer l'autorité royale. L'autorité absolue, souveraine ou suprême. La cité passa sous l'autorité d'une oligarchie' Dépouiller quelqu'un de son autorité. Tu verras ton père reprendre l'autorité dans Ithaque, fén. Tél. xix. Non, non, l'autorité ne veut pas de partage, volt. Mz. i, f. Quand la suprême autorité Dans ses conseils a toujours auprès d'elle La justice et la vérité, rac Esih. m, 3. || 3" L'administration publique. Les agents, les actes de l'autorité. || S. f. plur. Les autorités civiles et militaires, les magistrats, les officiers investis du pouvoir, i Etre en autorité, être revêtu d'un pouvoir. Des hommes injustes qui sont en autorité, fén. Tél. xxiv. Butis qui était en autorité sur les autres esclaves, id. Tél. n. D'un caractère impérieux qui ne serait pas plutôt en autorité qu'il bannirait les plaisirs de la cour, anquet. Ligue, i, p. 20. || Autorités constituées, les pouvoirs, les fonctionnaires établis par une constitution pour gouverner. Elles furent appelées constituées (en 1789), par opposition à l'autorité constituante qui les établit. || 4° Crédit, considération, poid;. les hommes sages et d'une autorité aussi grande que la vôtre. Quelle autorité dans ses paroles! Avoir

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de l'autorité auprès de quelqu'un. Nous se devons donner aucune autorité à des fables. L'autorité de l'expérience. Une parole grave et pleine d'autorité, fén. Tél. x. Ce particulier est M. le maréchal de Vauban, dont l'autorité aurait pu être opposée, s'il l'eût fallu, à celle de toute l'Europe, comme l'autorité de Caton à celle des Dieux, font. Marsigli. Soit qu'ainsi cet hymen eût plus d'autorité, corn. Bod. i, o. Quand on a compté sur un mariage de cette autorité, il ne se trouve plus de porte de derrière, st-sim. 3, 55. Elles ont ce caractère de vérité qui se fait voir avec autorité, sév. <o. Vous savez l'autorité que je donne à cette philosophie, id. 39. || 5° Créance qu'inspire un homme, une chose. Un historien dont l'autorité est imposante. D'après l'autorité de Villehardouin. Des bruits sans autorité. Savant qui fait autorité. Une expression vicieuse ne peut pas faire autorité. Remarquons les autorités que Didon emploie dans ses prières, chateaub. Génie, il, m, 2. Nous consumons le peu de jours que nous avons à chercher des autorités à nos passions , mass. Immut. Aucune prophétie ne saurait faire autorité pour moi, i. j. rouss. Ém. iv. Il a droit d'exiger que son témoignage fasse autorité parmi tout un peuple, id' Ém. ni. Les historiens ne sont pas d'une si grande autorité, boss. llist. i, 8. Saint François, un évêque d'une si grande autorité, m. Or. 8. Ayant établi sa foi sur une autorité si ferme, id. llist. n, t3. || Homme qui fait autorité. Une grande autorité. Une autorité grave, imposante. || 6" Autorisation. Sous votre autorité souffrez qu'on le publie, corn.

Cid, iv, 5 j'osai l'employer sans votre auto

rite, id. ib.

— syn. autorité, pouvoir. Ces deux mots sont très-voisins l'un de l'autre dans une partie de leur emploi; et pouvoir monarchique, autorité monarchique disent quelque chose de très-analogue. Pourtant, comme autorité est ce qui autorise, et pouvoir ce qui peut, il y a toujours dans autorité une nuance d'influence morale qui n'est pas nécessairement impliquée dans pouvoir. La locution : de son autorité privée, le fait sentir; c'est un droit, qu'on s'arroge : de son pouvoir privé n'irait pas aussi bien; car qu'importerait que le pouvoir fût privé, s'il était réel? Dans le langage politique, pouvoir a en certains cas une signification plus générale; quand on dit : l'autorité a fait fermer cet établissement, cela s'entend de l'autorité générale et des autorités inférieures en ce sens qu'elles en font partie ; mais si l'on dit : le pouvoir a pris de l'ombrage de l'opinion exprimée dans ce livre, cela s'entend du gouvernement même, considéré dans son esprit et dans son système.

— HIST. xne s. C'est l'amirals [l'émir] de grant auctorité, Bonc. p. \M. || xme s. Je meïsmes d'autorité Vos don de chanter poesté, Ben. 3243. La renommée de cil saint home ala tant qu'ele vint à l'apostole Innocent, et l'apostoles li manda qu'il sermonnast de la croix par s'auctorité, villeh. l. Car chose droituriere et juste, Selon l'autorité Saluste, Qui nous dit par sentence voire.... la Bose, 15379. Loys roi dit que costume doit valoir loi; quant aucune doutance est de la loi, ele doit avoir l'autorité des choses qui tozjors sunt jugies, Livre dejust. 7. Sans loier pot ele parler por li ou por ses enfans ou por aucun de son lignage, mais que ce soit de l'actorité de son baron, se ele a baron, beaum. v, \1 . li xivc s. Je ne me mervoille pas si vostre auctorité est vaine et po prisée, bercheure, f" 58, recto. || xve s. En tout cas soit gardée auctorité; Qui trop humble est, c'est default de science, E. desch. Comment les rois rt 1rs princes etc. Et ainsi puis qu'ils ne gaignoient rien, il falloit qu'ils pillassent et robbassent; et aussi le faisoient-ils de leur auctorité pure privée, juvén. Ch. VI, 14)3. Tanneguy du Chastel, qui depuis a esté gouverneur du Roussillon et a eu auctorité en ce royaulme, comm. i, ). Il [Louis XI] congnoissoit toutes gens d'auctorité et de valleur qui estoient en Angleterre, en Espaigne, id. i, 1C. Homme estimé en auctorité, id. n, 2. || xvic s. Autant qu'il estoit en son auctorité [pouvoir] , mont, i, 22. C'est à moi de leur donner quelque auctorité [poids], qui en donne si peu à nostre prudence, id.

i, 47 Lesquels tous assemblez commencèrent à

révoquer par edict public toutes les authoritez données au duc de Maiene, d'aub. llist. ni, 338.

— ÉTYM. Provenç. actoritat, auctoritat, autorital; espagn. autori'dad; ital. autorità; de auctorilatem, de auctor (voy. auteur). D'après Palsgrave, p. 57, on écrivait auctorité, et l'on prononçait outorité.

|- AUTOSITR (o-to-si-f), adj. et s. m. Terme de

AUÎ

AUT

AUT

tératologie. Monstre simple, capable de vivre parle jeu de ses propres organes, c'est-à-dire de subsister plus ou moins longtemps hors du sein de la mère.

— ÊTYM. AOtôtito;, qui se procure soi-même sa subsistance, de aJTÔ;, même, et erïtoç, aliment.

f AUTOTÉLIE (ô-to-té-lie) , s. f. Terme didactique. Qualité de l'être qui a sa fin en soi-même.

— ETYM. Auto, et-é).o:, fin.

t AUTOTHÉTIQUE (ô-to-té-ti-k') , adj. Terme de philosophie. Qui est posé par l'esprit même. Connaissances autothétiques, connaissances expérimentales, élaborées par l'esprit d'après ses conditions propres.

— ÊTYM. Auto, et Setixôç, qui pose, de t£8y][ai (voy. thème).

i. AUTOUR (ô-tour). prêp. qui se construit avec de. || 1° Exprime le tour de. Il y a de très-belles promenades autour de la ville. Tourner autour de la montagne. Ce qui était autour de cette petite table, sév. 211. Ses gardes affligés Imitaient son silence autour de lui rangés, rac. Phèd. v, 6. || 2° Près de. Il ne sait pas ce qui se passe autour de lui. Cet enfant est toujours autour de sa mère. Il n'a autour de lui que des gens de mauvaise réputation. || D'autour de. Chassons d'autour de lui l'éclat qui l'environne, rotr. Antig. v, 2. || Fig. J'ignorais ce qui se passait autour de moi. Vous tournez autour de la question , vous l'éludez. Il se répand autour des trônes certaines terreurs qui empêchent de parler aux rois avec liberté, fléch. Panég. de St Franc, de Paule. ! 3° Environ. Le baron de Bres-é avait du roi autour de 20 ooo livres de rente, et était lieutenantgénéral, st-simon, ( 29,176. || 4° Adv. La campagne autour est couverte d'hommes, la bruy. o. || Tout autour, loc. adv. De tous côtés. J'ai laissé tout autour une troupe éplorée, corn. Poly.ui, 6. || Ici autour, dans le voisinage. Il demeure ici autour.

— REM. Il y aurait plus de clarté si l'on écrivait au-tour, avec un trait d'union; on comprendrait immédiatement l'emploi de ce mot construit soit avec de, soit absolument.

— IIIST. xvie s. Et le vuide tout autour [ du tab'eau], il le remplit de crotesques, mont, i, 205. Lucilius, personnage puissant et de grande auctorité autour do l'empereur, id. i, 251. Je veulx dire mon expérience autour de ce subject, id. i, 3 1 2. Train, crédit, tout cela est autour de luy, non en luy, id. i, 324. À force de crier autour de leurs aureilles et de les tempester, id. ii, 56. Ses compaignons s'assemblent en foule autour de luy, in. n, 195. Les stoïciens mettent l'ame autour et dedans le cœur, id. n, 290. Ses amis, estans au tour de son lict, se meirent à parler de sa vertu, amyot, Péric. 73. Il brusla avec les huis, portes et fenestres de tous les bourgs et villages de là autour qu'il feit arracher, id. Eumènes , 17. Et ayant autour de luy le philosophe Xenophon qu'il aimoit, id. Agésil. 30. Ayant subjugué les Arabes habitans autour du mont d'Amanus, id. Pomp. 56.

— ETYM. Au et tour; bourguig. autor.

2. AUTOUR (ô-tour), s. m. Num d'un genre d'oiseaux rapaces diurnes voisins des milans, et, en particulier, oiseau de proie, du genre des oiseaux de poing. Mais la pauvrette avait compté Sans l'autour aux serres cruelles, la font. Fab. v, 17. |j Terme de fauconnerie. Bel autour, celui qui est court et bien assis. Autour niais, celui qui est pris dans le nid. || Fig. [ La royauté ] Soumettant l'aigle au cygne, et l'autour aux colombes, v. hugo, Odes, ii, 7.

— HIST. xie s. Set cenz chameauz et mil hosturs mue/., Ch. de Ilol.m. j| xnes.Biensout [il sufjesprevierduire eostour et falcon, Hou, 3825. || xm° s. Et fist [Jupiter] tornoiement es nues D'ostoirs, de faucons et de grues, la Rose, 20350. Si resevés, biau Genius,Commentlejuisier [gesier]Ticius[deTitye] S'efforcent ostoir de mangier, id. 19507. El voit venir o lui un escuier, Qui sur son point portoitostorgruier, [à grues], du cange , aslurcus. Et ces ostoirs crier, et ces braques [chiens] glatir, Ch. d'Ant. v, 4 13. || xvc s. Le seigneur de Milan, lequel m'envoya ostours, froiss. m, iv, 50. Les plus beaux ostours et faucons que on pust voir, Bouciq. I, ch. 27.

— ÉlYM. Provenç. austor ; espagn. azor; portug. açor ; ilal. astore; langued. ast ou ; bas-lat. austorius, ostorius, austosius, austolinus , asturgius, asturco, aslurcus, austurgo; touteela venant do astur, ainsi nommé de l'Asturie , province d'Espagne, qui avait aussi donné son nom à Vasturco. espèce de cheval. Diez le tira de acceptor, épervier, attendu que astur aurait donné non austour, mais astre; à quoi on répond que autour vient, non pas en effet de astur, mais de as'.urius, qui a dû exister comme

a existé vulturius, lequel, et non vultur. a donné vautour.

t 3. AUTOUR (ô-tour) (Êcorce d'), nom d'une écorce originaire de l'Inde, ressemblant à la cannelle, mais sans odeur ni saveur, cl plus épaisse; elle sert à la teinture en rouge. On ne sait quel arbre la fournit.

— ETYM. Origine inconnue.

AUTOURSERIE (ô-tour-se-rie) , s. f. Terme de

fauconnerie. L'art d'élever et de dresser des autours.

— ÊTYM. Autour 2.

AUTOUUSIEU (ô-tour-sié), s. m. Celui qui dresse des autours.

— HIST. xivc s. Hennequin , queux do messire Pierre de Craon et Jehanin son autrucier, du cange, asturcus.

— ÊTYM. Autour 2.

AUTRE (ô-tr'), adj. et pron. || 1° Adj. Qui n'est pas la même personne ou la même chose. D'autres causes. D'autre part. D'un autre côté. Il pense une chose, il en dit une autre. Parler d'autre chose. Se retirer dans quelque autre pays. On ne fit autre chose cette nuit-là que de veiller. Il n'avait d'autre titre à régner que la force. Nul autre que vous ne m'a parlé de cette affaire. Sans autre rempart que d'un bois fragile, boss. Serm. Quinq. 2. On se voit d'un autre œil qu'on ne voit son prochain, la font. Fàb. i, 7. Tout étant réglé il n'en fut autre chose [on n'y changea rien], sév. 22. Autres sont les temps de Moïse, autres ceux de Josué.uoss. Hist. n, 13. Autre chose d'agir avec un père, autre chose de répondre devant un juge, id. ii, Pénit. 1. Autre est de danser et de faire des festins; autre de connaître la nature des choses, chateaub. Génie, n, v, 16. D'autres temps, d'autres soins, rac. Mithr. m. i. D'autres temps, d'autres mœurs, volt. Orph. v, 2. La justice, le glaive en main, Est un pouvoir autre qu'humain, malh. vi, 16. Je suis toujours le même et mon cœur n'est point autre, corn. Cinna, m, 4. Avec un autre sort il prit un cœur tout autre, id. Pcrlhar. i, i. Poussé par un tout autre intérêl que celui de l'équité, la bruy. i. Qui n'a de remède Autre que d'obéir à la nécessité, malh. vi, 16. Ne trouve en Chapelain.... Autre défaut, sinon qu'on ne le saurait lire, boil. Sat. x. Des spéculations qui ne lui sont d'autre conséquence, sinon qu'il en tirera vanité, desc. Méth. I . Sans faire passer ces choses pour autres qu'elles ne sont, voit. Letlr. 82. |) C'est tout un ou tout autre; il n'y a pas de milieu. |] Fig. et familièrement. C'est une autre paire de manches, c'est une affaire toute différenle. || 2" Le second par une certaine similitude. Il le regarde comme un autre lui-même. 11 fallut réveiller d'un profond sommeil cet autre Alexandre, boss. Louis de Bourbon. 11 parle comme un autre Élie Devant cette autre Jézabel, rac. Ath. n, 9. || 3" Différent, mais supérieur d'une façon quelconque. C'est bien un autre homme. Ce vinci est bien un autre vin que celui d'hier. On lui offrait dix mille francs; mais aujourd'hui on lui fait de bien autres propositions. || 4° De temps à autre, par fois. || D'année à autre, d'année en année ; de jour à autre, de jour en jour. Il augmente d'année à autre sa réputation, la bruy. 10. || 5° Pron. indéfini. J'aime mieux que vous l'appreniez d'un autre que de moi. Je suis père, seigneur, et faible comme un autre, rac. Tph. 1,5. Une autre de César a surpris la tendresse, m. Brit. ni, 4. Une autre cependant a fléchi son audace ; Devant ses yeux cruels une autre a trouvé grâce; id. Phcd. iv, 5. Qu'autres que vous soient désirées, Qu'autres que vous soient adorées, Cela -o peut facilement, MAi.ii.v, 28. || Populairement. A h ! cl autre ! Écoutez ce que vous dit cet autre! Cette locution s'emploie pour faire entendre que l'on ne croit pas aux paroles de quelqu'un. || Autre part, ailleurs. C'est un livre que j'ai cherché partout, mais je ne l'ai pu trouver autre part que là. Vous ne le trouverez point autre part. || Prendre quelqu'un pour un autre, Je juger autrement qu'il ne faut. Vous voulez me faire votre dupe : vous me prenez pour un autre. Vous avez montré à ceux qui vous renvoyaient à Dole qu'ils vous prenaient pour unautrc,voiT. Lelt. 83. || Fig. Iln'en fait pas d'autres, c'est-à-dire il fait toujours les mêmes sottises. || En voici bien d'une autre, voici quelque chose de plus étonnant. Bon, dit Climène, en voici bien d'une autre; Ma chère sœur, quelle idéeest la vôtre, volt. Filles de Mince. || 6" Autre forme un gallicisme, uni aux pronoms nous, vous. Nous autres bénissons noire heureuse aventure, corn. Poly. Y, 6. Vous autres, suivez-moi, id. llc'racl. iv, 5. Nous autres, réunis sous de meilleurs auspices.... id. Nicom. v, 10. Vous autres, fortes têtes, Vous voilà! vous prei pour des bêtes,

gresset, le Me'ch. i, i. || 7° Autre avec ne ou avec sans. Autre n'a mieux que toi soutenu cette guerre; Autre de plus de morts n'a couvert notre terre, corn. Hor. n, 5. Sans qu'autres que les deux qui vous parlaient là-bas De tout ce qu'elle a fait sachent plus que Phocas, id. Héracl. n, 6. || Autre avec que et ne. Madame , autre que moi n'a droit de soupirer, corn. Cid. iv, 2. Comme autre qu'un Romain n'a pu l'assujettir, id. Pomp iv, i. || 8" L'autre, les autres, servant de complément à l'un, les uns. Ils s'aiment l'un l'autre. Ils se poursuivaient les uns les autres. Ces dames sont aimables les unes pour les autres. Les uns et les autres sont venus vous voir. || Qui voit l'un voit l'autre, il n'y a pas de différence entre eux. || Il y en a d'uns ei d'autres, c'est-à-dire il y en a de bons et de mauvais. || L'un vaut l'autre, c'est-à-dire l'un n'est pas meilleur que l'autre. || L'un portant l'autre, c'est-àdire en compensant l'un par l'autre. || L'autre jour. un jour indéterminé, mais peu éloigné. J'ai rencontré votre frère l'autre jour. || Populairement. Comme dit l'autre, c'est-à-dire comme on dit. || 9" Auplur. masc. Les autres, autrui. 11 se méfie toujours des autres. Je me suis fait une petite destinée à paît, avec laquelle je ne puis regretter aucune des folies des autres, attendu que je suis trop occupé des miennes, volt. Lett. à MmeduDeffant, ilsept. 1759. || D'autres, des personnes différentes de celle ou de celles dont il s'agit. D'autres vous diront. Ne parlez pas de celaà d'autres que vos amis. || 10" A d'autres! expiession elliptique signifiant : contez cela à de plus crédules. Non ; à d'autres, dit-il; on connaît votre style, boil. Ép. vi. À d'autres, je vous prie, mol. Sganar. 6. À d'au ils, je vous prie; c'est moi, vous dis-je, id. Festin, u, 5. || Parler de choses et d'autres, parler de diverses choses. || 11 en sait bien d'autres, il a bien d'autres moyens d'agir, de faire. || J'en ai vu bien d'autres, j'ai vu des choses bien plus extraordinaires ou plus périlleuses. || Proverbe. Autres temps, autres mœurs, les mœurs changent avec le temps.

— REM. 1. Après autre on met un ne explétif : il est autre qu'il ne parai t. Mais si la phrase est négative, on ne met pas ce ne: il n'est pas autre qu'il parait. || 2. Devant autre, tout s'accorde quand il signifie

quelqu'un, quelconque : toute autre personne mêle dirait que je ne le croirais pas. Il reste invariable quand il signifie tout à f.iit : depuis qu'elle est mariée, c'est une tout autre personne. || 3. Faut-il dire: en voici bien d'un autre ou en voici bien d'une autre? La seconde expression est préférable, parce que, dans ces sortes de phrases elliptiques, c'est le mot chose, aventure, qui est sous-entendu. j|4. Lorsque l'un est précédé d'une préposition, la mémo préposition doit être répétée devant l'autre: je leur ai donné dix francs à l'un et ci l'autre; je suis content de l'un et de l'autre. || 5. L'adjectif autre employé avec un nom de nombre, doit toujours être placé après ce nom de nombre, contrairement à l'usage des méridionaux, qui disent les autres six, les autres vingt, au lieu de les six autres, les vingt autres. || 6. Au lieu de que, on peut parfois mettre sinon après autre. Il n'a pas d'autre ressource, sinon une petite place. || 7. Après à autre suivi d'un que, ne répétez pas la préposition à. Ne dites pas : on a offert celte place à un autre qu'à lui ; mais dites : à un autre que lui. Incorrection qui se trouve dans ce vers de mol. Sgan. 46 : Etje le donnerais à Lien d'autres qu'à moi; et dans cette phrase de volt. Letlr. Mme duDeffant, fôjanv. i760 : Ceux quivoudront de ces vieillards-là peuvent s'adresser à d'au. très qu'à moi. || 8. Pour l'accord du verbe avec l'un et l'autre, ni l'un ni l'autre, voy. cn.

— HIST. XIe s. Forfait [condamné] fust il u [auj duble de ce que altre fust forfait, L. de Guill. 2. Là où cist furent, des autres 1 ot bien. L'uns fut Basan et li altres Basile, Ch. de liot. xiv. || xir= s. Et tant des autres que nus nel puet esmer, llonc. p. 32. Sur toutes autivs cremue [crainte] et redoutée, ib. p. 48. D'un chief en autre [de bout eu bout] [il] lui a fraite [la targe] et croissie, -/;. p. 58. I a teste [il] i pert, n'i laissa autre gage, t'6. p. 61. S'autre le dist, mensonge fust prouvée, ib. p. 84. D'heures en autres [iljva sa coupe [coulpe] bal

ib. p. 92. Et tuit li autre sont remès en estant, ib. p. 119. Et j'ai plus haute pensée Que tuit li autre ameor [amant], Couci, 1. Toute beautez qui sur autre resplent Est mise en lui [elle], qu'il n'i a que mesprendre, ib. v. Quant l'uns à l'autre atali me, Pour quoy nous as despartis*? Dam ' de 1 ati ' dans Couci. On ne connoit boin servie* on ait

autre esprouvé, ai boins m net ro.

p. 127. Bien i parut, l'autre jour. I piegne. Quand li baron ne purent droit avoir, 1. es de la

AUT

FERTiî, ib. p. 184. Or à mari autre que vous [je] n'aurai, ib. p. 70. Je m'occirai, s'autres que Garin

m'a pour femme] ;0u je ferai quanque amours m'apn , endra]; Se [je] n'ai Garin, l'uns

ou l'autre aviendrait [aviendra], ib. p. 72. Et la gaerre dura tante mainte saison ; Li uns rois après l'autre lareprist en son nom, Sax. m. || xm" s. Fu premiers li niarchis de Montl'errat, li quens Baudoins de Flandres fu li autres, li quens Loys de Blois fu li tiers, villkii. lui. D'autre part sist Pépins o la chevalerie, Berte, il. S'aidoient li uns l'autre contre les Arabis, ib. v. Etdist li unsl'autre, ib. IX. Elle fait] Les uns après les autres bêlement départir, ib. xm. Fut Naymes chevaliers et maint

autre ;w ec lui. i7». cvm Le cerf tant [il] parsuivi Que

trestou - us un et autre il perdi, ib. cxxn.

Dame, fis-ge, ne puet autre estre, la Rose, 6933. || xivc s. Et nous disons que ami est aussi comme autre soy meisme, oresme, Eth. 282. || xv" s. Et tant tirent aucuns povres compagnons qui estaient plus subtils et aventureux les uns que les autres, froiss. n, ni, 35. L'amiral de la mer et ses gens neuve:.', it en Ecosse] autre pays et autres gens que ils ne cuidoient, m. n, il, 235. Les autres neuf [les neuf autres], comm. iv, <o. Je seroye assez de l'oppinion e autre que j'ay vu, id. v, 9. Un

jour entre les autres, voyant que.... loois xi, Nouv. txxxiv. I| xvi° s. Entre autn s, yen avoitune, qui.... et comme un malheureux souvent cherche l'autre, vintabordei cette pauvre damoiselle, MARG.iVouv.xxi. Il ne requeroil aultre grâce que de.... mont, i, 4. 11 m'adveint l'aulne jour de....m. i, I r,c Aultre chose est un dogme sérieusement digéré; aultre chose ces impressions.... id. ii, 147. Sestrenchées croissoient

e à aultre, id. iv, 321. Batailles tant renommées qui ont esté données deux mille ans a, et vivent encores aujourd'hui aussi fraîches en la mémoire des lh res et des hommes comme si c'eust esté l'autre hier qu'elles furent données en Grèce, la boetie. Servit, vol. Je t'assure que c'est Mercure sans aultre [et non un autre], desper. Cymbâl.78. C'est ce livri illre,«&. p. 1 31. Un jour entre

les autres, ayant observé que.... amyot, Fab. 20. ]1 en publia, un jour après, autres deux centsetvingt [220 autres , id. Sylla, 65. Il résolut d'essayer tous moyens de parvenir à ce qu'autre ne l'eust que luy [cette commission], id. Lucul. 12. Il y veit une infinité de viandes, et entre autres huict sangliers, id. Anton. 33. Numa dit qu'il en falloit faire fondre et forger autres unze, qui fussent de façon et de grandeur tous semblables à celuy là, id. Numa, 23. Des autres quatre, nul n'est decedé de sa mort naturelle, id. ib. 37. Les lois et coustumes des hommes sont différentes, et estiment les uns une chose honneste et les autres une autre, id. Thém. 49. Quant à vous autres Grecs, on dit que vous estimez la liberté et l'égalité sur toutes autres choses, id. ib. 4. Ceste bataille fut si asprement combatue de part et d'autre, id. Fab. 6. Non qu'il [Luther] estime que Rome soit autre que incurable, sleidan, f° 19. Si tu es de Dieu, parle ; si tu es de l'autre [du diable] , va fi n, d'adb. Fœn. 111,24. Il fut porté par terre, et autres sept ou huict avecques luy, m. du bell.156.

— étym. Picard et bourguig. aute; provenç. altre et autre ;espagn. otro; portug. outro;ital. allro; de alter. Alter a le même radical que le sanscrit aiu/as, autre, qui a donné alius, et qui, prenant un suffixe comparatif, est devenu alter en latin et ander en allemand. D'après Palsgrave", p. G2, aultre se prononçait outre.

AUTREFOIS (ù-tre-fo!), adv. Au temps passé. Si de te retenir autrefois j'eus l'envie, malii. i. 4. Le bœur d'une grande reine, autrefois élevée par une si longue suite de prospérités, et puis plongée tout à coup dans un abîme d'amertumes, noss. Reine d'Anglet. Sion, jusques au ciel élevée autrefois, Jusqu'aux enfers maintenant abaissée, rac. Eslh. 1, 2.

— iiist. xnic s. Seigneur, je sai plus de covine de cest pais que vous ne savés, quar j'i ai esté autre fois, villeh. lxii. Dame, autrefois, fait-ele, m'avez vous dit ainsi [vous m'avez dit ainsi], Berte, cxvm. Il xve s. Seigneurs, mon neveu, sur la fiance de vous et de votre confort, a fait sa chevauchée; si vous tournera à grand blasme s'il est perdu ; et autre fois [une autre fois] ceux de notre costé ne s'aventureront pas si volontiers, froiss. II, II, 15.

— ÉTYM. Autre et fois, proprement, une autre fois; c'est pour cela que, dans l'ancienne langue, autrefois s'appliquait aussi bien à l'avenir qu'au passé.

AUTREMENT (ô-tre-man), adv. || 1° D'une autre façon. Je pense autrement. Il en est bien au-

AUT

trement'! 11 écrit autrement qu'il ne parle. Les choses allèrent autrement qu'on ne croyait. Puis-je autrement marcher que ne fait ma famille ? Veut-on que j'aille droit quand on y va tortu? la font. Fab. xii, 4 0. Incapable de s'imaginer que les grands pensent autrement de sa personne qu'il fait lui-même, la uruy. 2. Et qu'à nos yeux Camille agit bien autrement, corn. Hor. 1, 1. Je ne sais point répondre autrement pour un roi A qui dessus son trône on veut faire la loi, id. Nicom. n, 3. Je vous dirais, seigneur (car ce n'est plus à moi X nommer autrement et mon juge et mon roi), id. Rodog. v, 4. Il Tout autrement, d'une façon toute différente. Il agit tout autrement que vous. |[ 2° Sinon, sans quoi. S il en est ainsi, tout ira de soi-même; autrement, que d'embarras! Proportionnez vos vœux à vos mérites, Autrement, au mépris et du trône et du jour, Dans votre infâme sang j'éteindrai votre amour, rotr. Vencesl. 1, 4. Autrement vos Etats à ce prince livrés Ne seront en ses mains qu'autant que vous vivrez, corn. Nicom. iv, 3. || 3° Ne.... pas autrement; Sans.... autrement; peu, pas beaucoup. Je ne m'en inquiète pas autrement. Les oracles ne m'effrayent pas autrement. Notre fumeur ne fut pas autrement ému de ci tte apparition, lesage, Diable boit. ch. 7. J'exterminerais de tout mon pouvoir ce pouvoir prochain qui fait tant de bruit pour rien et sans savoir autrement ce qu'il demande, pasc. Rép. aux deux premières lett. prov. Ce n'est pas que nous ayons autrement l'intention de nous en servir, mais c'est qu'en effel nous pensons qu'il sera utile que le monde en soit bien informé, id. Prov. 8. Sans se contraindre autrement dans leurs passions, fléch. i, 19. || Tout autrement, beaucoup plus. On ne peut nier que cette méthode de traiter la dévotion n'agrée tout autrement au monde que celle dont on se servaitavant nous, pasc. Prov. 9.

— REM. Après autrement, on met le ne explétif: il agit autrement qu'il ne parle. Cependant quelques écrivains l'ont omis.

— HIST. xie s. Car altrement ne m'amerat il mie, Ch.de Uni. xxxvi. || xn's. Oïl, par Dieu, ne puet estre autrement, Coud, xxii. [Je] Ne mevueil autrementdeleur mez [repas] deviser, Sax. xiti. ||xine s. Cent fois le jour [je] vous reg&rt [regarde] en pensant; Je n'aipouvoirqu'autrement [je] levous die, le roi jean de rrienne, .Romancero, p.l42.Puislaferma [fortifia] dus [le duc] Naymes autrement Qu'ele n'estoit, Berte, ix. Autrement ne voi pas que eschaper puissons, ib. lxxvii. [Si je vous avais connu] Autrement honorés en ma maison fussiez, ib. cxx. || xve s. Il me suffit, dit Ernauton, puisqu'il ne peut autrement estre, froiss. ii, m, 25. Estre souloit tout autrement, Ou temps qu'ay congneu en ma vie, ch. d'orl. Bal. 52. Ha! vaillant chevalier, il va tout autrement, Bouciq. iv, ch. 13. || xvie s. Toutefois l'ame n'a jamais perdu sa vie, laquelle, estant recommandée au Père, ne pouvoit autrement qu'elle ne fust sauvée, calv. 5). Dieu lui a fait merci, en adoucissant à humanité les cœurs des peuples autrement cruels, id. Instit. 228. Les cérémonies ne sont point autrement exercices de pieté, sinon qu'elles conduisent le peuple comme par la main à Jésus Christ, id. ib. 967. Il retenoit neantmoins tousjours le naturel de son regard et de son visage qui estoit plus effroyable et terrible qu'autrement [que toute autre chose], amyot, Marins, 76.

— ETYM. Autre, et le suffixe ment; provenç. autrament; ital. altramente.

AUTRUCHE (ô-tru-ch'j, s. f. Le plus gros de tous les oiseaux connus, incapable de voler, parce qu'il n'a que des ailes rudimcuFiires. || Familièrement. Il a un estomac d'autruche, il digère tout.

— HIST. xne s. Ge sui frères des dragons et compains des ostrusees, Job, 441. |j xve s. Or as-tu bien teste d'autruce : Ce suis-je ou ce ne suis-je pas [est-ce moi ou n'est-ce pas moi]? Nat. de J. C.

— étym. Espagn. aveslruz ; portug. abestrus , de avis-struthio, mot à mot oiseau-autruche. Le provençal eslrut, l'italien slruzzo viennent simplement de struthio, (rtpovôiwv , autruche, qui est un dérivé de GtpoviOcK, petit oiseau, et, en particulier, moineau. Palsgrave, p. 37, qui écrit oslruce et austruche, dit que Vs se prononce.

AUTRUI (ô-trui), s. m. || l°Les autres, le prochain. Remarquant les défauts d'autrui. Exiger la probité chez autrui. La rigueur envers autrui. Souffrir des maux d'autrui. Il est beaucoup de geais à deux pieds comme lui, Qui se parent souvent des dépouilles d'autrui, la font. Fab. iv, 9. De quel front donnerais-je un exemple aujourd'hui Que mes lois dèsdemain puniraient en autrui? corn. Perthar. n, 3. N'ayez aucune peur, je ne veux rien d'autrui, id.

AUV

Pomp. n, 3. Dans le bonheur d'autrui je cherche mon bonheur, id. Cid, 1, 6. Un noble cœur ne peut soupçonner en autrui La bassesse et la malice Qui ne sont point en lui, rac Esth. ni, 9. Mon fils, ditil, si je fus votre appui Dans l'âge tendre où l'homme sans autrui À se conduire est encore inhabile, malf. Narcisse, ch. 11. Heureux ou malheureux, l'homme a besoin d'autrui ; Il ne vit qu'à moitié s'il ne vit que pour lui, delille, VIT. des champs, n. Pour consumer autrui, le monstre se consume, boil. Lutrin, v. j| Prendre son cœur par autrui, se mettre à la place des autres. Locution qui vieillit. || 2° En termes d'ancienne chancellerie, l'autrui, le droit d'autrui, le bien d'autrui. Sauf en autres choses notre droit et l'autrui en toutes : locution qui était encore d'usage commun au commencement du xvne siècle. Le monstre infâme d'envie A qui rien de l'autruy ne plaist, malh. iv, 5. Qui sans prendre l'autrui, vivent en bons chrestiens, Régnier, Sat. xn. || Proverbes. Mal d'autrui n'est que songe, c'est-à-dire le mal des autres ne nous touche guère. || Qui s'attend à Pécuelle d'autrui a souvent mal dîné, c'est-à-dire il ne faut pas compter sur les autres.

— REM. 1. Le substantif autrui est toujours complément d'un verbe ou d'une préposition, et n'est jamais sujet d'une phrase. || 2. Autrui étant un substantif, on peut le suppléer, dans le second membre d'une phrase, par les adjectifs possessifs son, sa, ses, et dire par exemple : en épousant les intérêts d'autrui, nous ne devons pas épouser ses passions. En effet ce mot est dansla catégorie du mot chacun : et l'on dit : chacun a ses défauts. Bossuet l'a construit avec le pronom il : Quand nous croyons facilement sur le rapport d'autrui, sans songer qu'il peut nous tromper ou se tromper lui-même.... Connaiss. 1, 16.

— syn. autrui, les autres. Quand on dit: exiger la probité chez autrui ou chez les autres, et s'en affranchir soi-même, l'emploi n'offre pas de nuance bien appréciable. Mais il n'en est plus de même quand on dit : ravir le bien d'autrui ; le bien des autres ne serait pas ici de bon usage. En effet les autres est plus général que autrui ; les autres, c'est tout le monde excepté nous; autrui, c'est spécialement cet autre-ci, comme le montre l'étymologie. Voilà pourquoi autrui s'oppose plus précisément à la personne qui parle ou dont on parle, que les autres.

— HIST. xie s. Si home fait plaie à altre e il doive otrei faire les amendes.... L. de Guill. 1 1 . [Il] Ne fait damage ne de mei ne d'altrui , Ch. de Roi. cxliv. Qui traïst home, sei occit et altroi, ?'&.ccxc. || xne s. Jamais crerez [croirez] moi ne autrui, Ronc. p. II. Se par autrui ne sui avant ocis, ib. p. 87. Que jà à moi [vous] ne faites beau semblant; Ains le faites autrui pour moi grever, Couci, x. Jà par autrui [je] n'i aurai, délivrance, ib. xi. Autrui [vous] amastes , si [vous] oubliastes nous, Romancero , p. 50. || xmc s. N'encor n'avoit fet roi ne prince Meffais qui l'autrui toit et pince, la Rose, 8484. Il ne loist [n'est pas permis] pas à apeler por autrui que por soi, ou que por son lignage, ou por son seigneur lige, beaum. Lxm, i. Car qui plus aime autruy de soi A la fontaine muert de soif, guinard, Les anciens statuts de de l'IIôtel-Dieu à Troues , p. 32. || xv° s. Lors le dit roy de France recevra le dit roy d'Angleterre au dit hommage, sauf son droit et l'autruy, froiss. 1,1, 53. On fit un ban [de par Philippe d'Artevelle] , que nul ne pillast ne efforçast maison, ne prensist rien de l'autrui s'il ne le payoit, id. ii, ii, 158. Retenir l'autruy ou luy oster le sien par toutes voyes qui nous sont possibles, comm. v, 18. Jà Dieu ne me laina tant vivre, qu'autrui que vous ait part ne demie en ce qui est entièrement à vous, louis xi Nouv. xxxiii. || xvie s. Convaincus par leur conscience retenir de l'aultruy , mont, i, 30. Aller sur les traces d'aultruy, id. i, 34. La violence et la convoitise d'usurper à force l'autruy estoient lors louées entre les barbares, amyot, Numa, 6. Numa osta aux siens l'envie de guerroyer, à fin qu'ilz ne feissent tort à autruy, id. Lxjc. et Num. 3.

— ÉTYM. Provenç. altrui , autrui; ital. altrui ; de alter-huic, cet autre, à un cas régime : voilà pourquoi autrui est toujours au régime, et pourquoi autrui est moins général que les autres. Dans la locu tion de chancellerie l'autrui, il ne faut pas prendre le pour l'article d'autrui ; il y a sous-entendu bien, droit; le bien, le droit autrui, ce qui, par la vertu du régime dans l'ancienne langue, équivaut à ce que nous ilîi ions : le drt ii d'autrui.

f AUVEL (ô-vèl) , s. m. Terme de pêche. Sorte de claie en cannes avec laquelle on construit l'enceinte des bourdigues.

AUVENT (ô-

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