‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 209 sur 462 · MALAVISÉ · texte numérisé non relu

MALAVISÉ

— HIST. xiv" s. [Il] A quis un garçon aviset, Roman du chast. de Couci , 2941. || xve s. Et aussi messagers sages et avisés et bien idoines et taillés de faire ce message, froiss. i, i, h. || xvi" s. En est il devenu meilleur ou plus advisé ? mont. i, 142.

t AVISERENT (a-vi-ze-man), s. m. Acte d'une personne avisée. Ils [les magistrats] n'eurent le temps ni l'avisement de faire réflexion qu'il eût été de la bienséance de..*., st-sim. 300, 127. Tous les avisements ies moins prévus coulent de source chez lui [le duc de Noailles], pour qui il veut capter, id-

— hist. xiii" s. Et qu'on lor a fête aucune demande de le [la] quele il ne sont pas bien avisé ; s'il demandent jor d'avisement, il le doivent avoir, beaum. ix, 13. || xiv" s. Et en vérité les cerfs donnent moult d'advisement à ceulx qui en bois vont, Mutins, f. XII, verso. || xv"s. Sur ce prenez avisement Quand devant elle vous vendrez, ch. d'orl. Cluins. 29. Et après fut montré par le dit chancelier d'Aquitaine un petit avisement, lequel le dit frère Jacques Petit avoit fait sur 13 gouvernement de ce royaume, monstrel. 1, 97. Afin qu'il eust mémoire et remembrance du second avisement que son père jadis lui bailla, louis xi , Nouv. 52. ||xvi" s. Pense elle pas que nous ayons l'advisement de remarquer que....? mont. 11, 327. Je remarquay combien il montroit d'advisement et de résolution, id. iv, 3. Qu'il n'y en ait pas un qui ait l'advisement et la hardiesse de leur dire.... la boetie, 74.

— ÉTYM. Aviser; provenç. avisament, avisamen; espagn. arisiamento; ital. avvisamenlo.

AVISER (a-vi-zé), v. a. || 1° Familièrement, apercevoir. Je l'avisai dans la foule. Si pour mon infortune il ne m'eût avisé, mol. Fdch. \ . Furieuse elle approche, et le loup qui l'avise.... Régnier, Sat. m. Le roi, après avoir parlé à quelques-uns, avise enfin ce chapeau gris , st-sim. co , 8. Quand notre hôte charmé m'avisant sur ce point.... boil. Sat. m. H Terme de chasse. Aviser le gibier, l'apercevoir. Il 2° Donner avis. Va le faire aviser que je suis ici, MOLJaPn'nc. m, 3. De ta femme il fallut moi-même l'aviser, id. Ampli, n, 3. Le prince de Conti et M. de Luxembourg avisèrent Clermont de s'attacher à la Choin, et de paraître vouloir l'épouser, st-sim. 24, 18. Il 3° Terme de commerce. Aviser quelqu'un, lui adresser une lettre d'avis. || Commander quelque chose par lettre à son correspondant.... || 4° V. n. Faire réflexion, prendre garde à, pourvoir à. Aviser à un moyen. Avisez à ce que vous devez faire. Nous aviserons. On avisa à ce qu'il fût bien logé. Madame, avisez-y, vous perdez votre gloire De me l'avoir promis et vous rire de moi, malh. v, 29. Or avisons aux lieux qu'il vous faut habiter, LA font. Fab. 111, 8. C'est à moi de choisir, c'i il à vous d'aviser À quel choix vos con eils me doivent disposer, corn. Pomp. i-, 1. 1 ne seconde fois avisez, s'il vous plaîl , À traiter Laodicei n reine comme elle est, id. Nicomède, 11, a. .le vais cor tilter un avocat et aviser di 1 biais que j'ai à prendre, moi.. Seapin .11, 1 . || !m; - tt er, Qui vous a fait aviset di

AVI

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cj tour? la font. Conf. Sans aller de surcroît aviser sottement De se faire un chagrin qui n'a nul fondement, mol. Coc. imag. 13. Certains impertinents de laquais qui viennent provoquer les gens et les faire aviserde boire lorsqu'on n'y songe pas, id. l'Av. 11,2. || 5° S'aviser, v. réfl. S'imaginerde, remarquer, trouver. S'aviser d'un expédient, d'un stratagème. Si je ne m'étais avisé plus tôt d'écrire. Personne ne s'avise, de lui-même, du ménted'autrui,L.\BRUY.2. 11 ne s'avisait guère de ce qui pouvait faire plaisir aux autres, tén. Tél. xvi. Je me suis avisé trop tard que c'est demain St Remy, boss. Lctt. abb. 92. Avez-vous remarqué ce commencement oh! oh! voilà qui est extraordinaire, oh! oh! comme un homme qui s'avise tout d'un coup, mol. La prcc. rid. 10. Mais je m'avise [je fais réflexion], id. Sgan. 5. J'ai ajouté nonseulement tous les ornements dont j'ai pu m'aviser, mais encore.... fonten. i, Oracl. Préface. Il y avait un homme qui depuis six jours était àl'agonie. on ne savait plus que lui ordonner, et tous les remèdes ne faisaient rien; on s'avisa à la fin de lui donner de l'émétique, mol. le F<st. ni, I . Tu ne t'étais jamais avisé de lui faire le moindre petit présent, hamilt. Gramm. 4. Le monarque des dieux s'avisa, pour bien faire.... la font. Fab. il, 8. Laisse-les venir; je te les sacrifierai de la plus cruelle mantère dont jamaislemme se soitavisée, id. Psyché, liv. i, p. 64. || 8° Avoir l'audace, la témérité de. Si vous vous avisez de mal parler de moi, vous vous en repentirez. Je voudrais que quelqu'un s'avisât de vous donner des coups de bâton, vous verriez de quelle manière.... mol. leFest.iv, 4. Jouez ces pièces à Nankin; mais ne vous avisez pas de les représenter aujourd'hui à Paris ou à Florence, volt. Lelt. à l'Acad. franc. Vous vous êtes avisés de l'attaquer sans qu'on s'en aperçoive, pasc. Prov. 17. Hors vous et moi, monsieur, je ne crois pas que personne s'avise de courir maintenant les rues, mol. Sicilien, se. 3. Voir sa vie, son repos et ses biens dépendre du premier téméraire qui s'avisera de.... id. le Festin, in, 5. Bon! voilà ce qu'il nous faut, qu'un compliment de créancier! De quoi s'avise-t-il de nous venir demander de l'argent, et que ne lui disais-tu que monsieur n'y est pas? id. ib. iv, 2. || Proverbes. Un fou avise bien un sage, c'est-àdire, un bon conseil peut venir d'où on ne l'attend pas. || Un verre de vin avise bien un homme, c'està-dire l'excitation que donne un coup de vin ne nuit pas. || On ne s'avise jamais de tout.

— REM. Dans aviser , le sens d'apercevoir est le plus ancien, mais il est devenu familier. Les puristes du xviic siècle le condamnaient; toutefois il a survécu, et heureusement, car c'est un des jolis mots de notre langue.

— HIST. xiie s. Sire reis, fait li il, forment ai désiré Que une feiz vus eusse veù e avisé, Et que jo bûche à bûche eusse à vus parlé, Th. le mart. 77. Sur sun cute [coude] à un moine li sainz huem s'aspuia, En sun séant s'assist; les bannis avisa, Mais mult pitusement les quatre reguarda , ib. 1 39. || xme s. Pour regarder quel famé [ils] lui pourront aviser, Bertc, ni. Fille, ce dist la vieille, save^ où je m'avise? ib. lxxvi. Moût lui plut li pais, quant ele l'ot avisé, ib. lxxxi. Dame, ce dist la vieille, bien estes avisée, ib. xvi. Quant uns renduz [moinej] s'est apuiez, Qui delez le puis s'est couchiez, Si pri ni dedenz à regarder, Et Ysengrin àaviser [apereevi ii ] , lien. 6942. Quant longement l'ot avisé, Sor la teste giete le cop, ib. (6227. Entre ces boutons en eslui [j'en élus] Ung si très bel qu'envers celui Nus des autres riens ne prisié, Puis que ge Toi bien avisiè, la Rose, 1666. Li baillis doit si justement ouvrer en son office que nule des parties qui ont devant lui à pledier, ne soient avisées par li, beaum. 34. Je me suis avisé que, se je demeure, je n'i voy point de péril que mon royaume se perde , joinv. 257. Le ferrais [tapissier] s'avisa que le soudanc venoit touz jours jouer aus eschez après relevée, sus les nates qui estoient au piez de son lit, id. 2 1 3. |j xiv' s. Or escoutez pour Dieu de quoi il s'avisa, Cue^cL 19435. À ces fais-ci se doit toute gent aviser; Car si tost que fortune veult sa roe tourner, Cellui qui est dessus fait dessous avaler, ib. 15153. Il vente d'un f roi t vent qui à hausser s'est pris; N'est homme qui durast, ne cheval ne roncins; Avisezvous, Bertran, chevalier et amis, Attendons à demain que jours soit esclarcis, ib. 18235. Or s'en va Bauduins li preus et li sénés; Se li contes l'aient, il est mal avisés, Baud. de Scb. vi, 724. Or oies dont la bêle, seignour, s'est avisée, ib. Il, 318. || xve s. Et avoient avisé une ville assez près de là, froiss. i, i, 8G. Là s'avisa la dame [résolut] qu'elle se partirait tout coyement et vuideroit le royaume d'An-

gleterre, id. i, i, 6. Et ainsi le vint-il dire de nuit à la roine d'Angleterre, et l'avisa du péril oxi elle estoit, id. i, i, 12. Et avoient entente de prendre terre à un port qu'ils avoient avisé ; mais ils ne purent, id. i, i, 18. Et un point que j'avise, C'est qu'entre touz court voix et renommée De pis avoir pour le peuple et l'Eglise, e. desch. Souffrance du peuple. Et fut advisé que leurs gens ne viendroient plus avant, comm. i, 8. Le roy [Louis XI] en venant à Peronne, il ne s'estoit point advisé qu'il avoit envoyé deux ambassadeurs, id. ii, 7. Et les vins les meilleurs dont se peult adviser, id. iv, 9. Incontinent que le roy sceut l'allée dudit connestable, il advisa d'y donner remède, id. iv. 12. Prince, tant vit fol qu'il s'advise, villon , Ballade. || xvic s. Alexandre advisa que la fureur du cheval ne venoyt que de frayeur qu'il prenoyt à son umlire, rab. Garg. i, 14. Ponocrates advisoyt quelque jour bien serain et ils faisoyent la plus grande chiere dont ilz se povoyent adviser, id. ib. 1,24. Gargantua fut advisé par Eudemon que, dedans le chasteau, estoyt quelque reste des ennemyz, id. ib. i, 34. Adviser pour le mieulx. mont, i, 18. Les Lacedemoniens s'adviserent de s'escarter pour.... id. i, 49. J'advisay d'en tirer quelque usage, id. i, 95. J'en suis utilement advisé [averti] par ce récit, id. i, 102. En est il devenu meilleur ou plus advisé? id. i, 42. Pourveu que tout d'un train ils advisassent d'establir quelque homme de bien en la place du condamné, id. iv, 83. Les lourdauts n'advisoient pas qu'ils ne faisoient que recouvrer une partie du leur, la boétie, 53. El aussi pourtant qu'elle soit chaste, si est-il besoing qu'elle s'advise d'estre gracieuse et courtoise, id. 295. Roger elle croit qu'elle advisé, Et tout à coup son œil moite s'esgaye; Si d'un cheval ou d'un laquet s'advise, C'est un message : ainsi elle se paye, id. 486. Par tous les moyens dont ilz se pouvoient adviser, amyot, Lyc. 38. Ce fut la femme du roy, qui l'advisa de ceste manière de supplier, id. Thém. 46. Advisez ce que vous avez à faire pour voslre salut et seureté, id. Fab. 7. Lors il advisa ceulx qui estoient en embusche, de la venue de Marcellus, id. Marcel. 49.

— ÉTYM. À et viser; picard, awisier et adviser, regarder; provenç. avisar, avizar ; espagn. avisai'; ital. arvisare.

AVISO (a-vi-zo), s. m. Petit navire qu'on envoie à la découverte de l'ennemi, ou qu'on emploie à porter des ordres, des avis, des nouvelles. Les avisos.

— ÉTYM. Espagn. embarcacion de aviso; ital. a/vviso, qui signifie avis et qui est le môme mot qu'avis. Au xvir siècle cette espèce de bateau avait le nom de barque d'avis.

f AVISSURE (a-vi-su-r') ou AVISURE (a-vi-zu-r') , s. f. Bord rabattu d'une pièce de ferblanterie.

— ÉTYM. Arir.

AV1TAILLÉ, ÉE fa-vi-tà-llé, liée, Il mouillées), part, passé. Pourvu de vivres. Une ville avitaillée pour un long siège.

AVITA1LLEMENT (a-vi-tà-lle-man. Il mouillées, et non a-vi-ta-ye-man), 4-. m. Approvisionnement de vivres et de munitions.

— HIST. xve s. Et que' ravitaillement ne sauroit estre si grand qu'avant que la moitié de l'hyver fust passée,ilsne fussent aussi à destroit, comme ils estoient lors, comm. v, 8. ||xvies. Ils firent escrire à Ouarti qui leur demandoit des avitaillemons, d'aub. Ilisl. 11, 33. Il marcha pour sa première diligi ne à ravitaillement du Mas de Verdun, id. ib. n, 100.

— ÉTYM. Ai il, 11 > 1

AVITA1LLER (a-vi-tâ-llé , Il mouillées, et non a-vi-ta-yé), v.a. Pourvoir de vivres et de munitions une place forte, un vaisseau en partance. || S'avitailler, v. réfl. Se pourvoir de vivres.

— HIST. xvc s. Et convenoit les François sur le pays chevaucher douze ou quinze lieues pour avitailler l'ost, froiss. 11, 11, 9. Avitaillél'ay de Confort, Contre Dangier et sa puissance, ch. d'orl. Bal. 49. Sitost que les Allemans auroient avi taillé Nancy, ils s'en yroient, comm. v, 8. ||xvie s. 15000 hommes d'armes, etc. le tout souldoyé et avitaillépour six moys et quatre jours, rab. Garg. 1, 47. Il s'en venoit, avec son armée , avitailler Carignan, carl. i, 41. Douze navires equippées et avitaillées à la raison,

— ÉTYM. À et vitaille, aujourd'hui victuaille (voy. ce mot).

f AVIVAGE (a-vi-va-j') , s. m. Terme de métiers. Action d'aviver. || Opération par laquelle on enlève au coton teint à la garance sa teinte brune et sombre. Il En termes de miroitier, première façon de la feuille d'étain , qu'on frotte de mercure.

AVIVÉ, EE (a-vi-vé, vée), part, passé. Rendu

vif. Le feu avivé. La passion avivée par les obstacles.

AVIVER (a-vi-vé) , v. a. || 1° Rendre vif, donner de la vivacité. Aviver un tableau, une couleur, une statue. Le vent avive lefeu. || Fig. La marche a quelque chose qui avive mes idées, j. j. rouss. Conf. IV. H 2° Terme d'arts. Aviver une figure de bronze, la nettoyer, pour la rendre plus propre à la dorure. Il Aviver l'or, l'étendre, après qu'il a été amalgamé avec le vif-argent. || 3° Couper le bois à vive arête. |i 4° Blanchir avec de l'étain la surface du plomb que l'on veut souder. ||5° S'aviver, v. réfl. Devenir vif. Une couleur qui s'avive. Sa douleur s'aviva.

— HIST. xme s. Et saches que du regarder Feras ton cuer frire et larder, Et tout adès en reg a Aviveras le feu ardant, la Rose, 235G. Et douter ne se doivent des prelas qui or vivent, S'en meurs ou en science autrement ne s'avivent, j. demeung. Test. G88. Vinrent de bon poivre avivé Et jelines et cos sauvaiges, FaMîOM.x, édit. barbaz. t.iv,p. 88. Voiez la malice du monde, Comment tousjourscroist (••avive, !',• Uiaire dans du cange, avivai-.'. || xive s. Car mes voloirs à ce s'avive, Ne dou faire ne seray jà lassez, Tant qu'en ce mond vous plai ra que je vive , maciiallt , p. 4. Quant il ha servi longuement Et obeï desiramment, Jà soit ce qu'en bonespoir vive, Adès désirs en lui s'avive, id. p. 29. || XVe s. L'amoureux lien, lequel n'empesche mie un à poursuivir le exercice des armes, ainçois est ce qui plus fait es jeunes cœurs aviver et croistre le désir de 1 honnorable poursuite chevalereuse , Bouciq. 1 , ch. 7.

Il xvie s Puis eslargie [la flamme] aviva sa pas-

ture Des pins gommeux qui sont secs de nature,

RONS. Gi2.

— ÉTYM. À et vif; provenç. avivar, aridar; espagn. avivar; ital. avivare.

AVIVES (a-vi-v'), s. f. plur. Terme de vétérinaire, y i- Engorgement des glandes parotides chez le cheval. || 2° Ces glandes mêmes. || Battre les avives, opération barbare des empiriques, qui consistait à contondre la parotide malade, afin d'en obtenir la guérison. || Proverbe. Si vous ne lui donnez cela, il en aura les avives, c'est-à-dire il désire fort cela.

— HIST. xive s. Quant cheval a vives, Ménagier, n, 3. y xvic s. Puis lui mit une langue de serpent dans l'oreille , afin que le cheval , par un tremblement continuel , semblast avoir les avives, yver,

Le plus asseuré remède, est d'arracher les

avec la lancette, ce que fait l'expert mares-

chal, 0. de serres, 983. Avés vous point ouy qu'on

sceut charmer ung cheval des avyvcs? palsgr.

— étvm. Espagn. adt ibe addziba, ad-dîba, sorte de mal de gorge chez le cheval (dozy).

t AVIVOIR (a-vi-voir), s. m. Terme de doreur. Instrument qui sert à aviver, à étaler l'amal de l'or.

— étym. Aviver.

AVOCASSER (a vo-ko . v. n. Faire, 1! médiocrité et l'obs urité , la 1 rofe ion d'avocat. Il 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xive s. Que Fadvocat qui plaidera pour sa partie la plaide seulement par sa bouche, puis que il aura commencé à plaider, sans que nul autre advocat estant avec lui en la cause en [misse |

ne advocasser, Ord. des rois de France, t. n, p. 8. Jjxvi1 s. Il avoit accoustuméde s'en aller de grand malin aux i'C n tes villes d'alenviron advocasser et plaider pour ceulx qui s'adressoient à luy. amyo r, Caton, 6.

— ÉTYM. Avocat. Dans l'ancien français, avocasser n'avait aucun sens défavorable.

f AVOCASSERIE (a-vo-ka-se-rie) , s. /".Terme familier. Il 1° Par dénigrement, la profession d'avocat. | 2" Mauvaise chicane.

— étym. Avocasser.

f AVOCASSIEK, 1ÈRE (a-vo-ka-ssié, ssiê-r'), adj. Se prend en mauvaise part. Qui concerne les mauvais avocats. La gent avocassière.

— étym. Avocasser.

AVOCAT (a-vo-ka; le t se lie dans le parler soutenu : un avocat habile, dites : a-vo-ka-t-habile ; au pluriel, l's se lie : des avocats habiles, dites : a-voka-z-habiles ; avocats rime avec fracas, appas), s. m. H 1° Celui dont la profession est de plaider en justice. Un avocat savant et estimé est certainement au-dessus de ceux qui ont acheté pour un peu d'argent le droit d'être injustes; un tel avocat serait un excellent conseiller ; mais où est le conseiller qui serait un bon avocat? volt. Lelt. Lavaisse, 4 juillet, 1762. La fonction de l'avocat est pénible, laborieuse, et suppose dans celui qui l'exerce un

AVO

AVO

AVO

riche fonds et de grandes ressources, làbhuy. 15. il plaidant, celui qui s'occupe particuliè-

!i de plaidoiries. || Avocat consultant, celui qui do aseilsdans son cabinet, el des avis

sur les affaires litigieuses. || Avocat du roi, avocat de la république, avocat impérial, qualifica-

,iie. dans l'usage des tribunaux, on donne, à seulement, aux substituts du procureur du roi ou du procureur impérial. || Avocat général, 1789, membre du ministère public près des supérieures qui portait la parole; on disait le procureur pénéral a la plume, l'avocat général a la plaidoirie. Depuis 1810, titre des substituts du procureur généra] près la cour de cassation, ou de certains substituts des procureurs généraux près les cours impériales, et donné dans l'usage à touslessubstituts du procureur général lorsqu'ils siègent, lorsqu'on leur parle ou lorsqu'on parle d'eux. Les avocats généraux sont hiérarchiquement supérieurs aux sim-

substituts; mais les fonctions sont les mêmes. || 2 Fig. Intercesseur. Il ne faut pas se faire l'avocat de l'injustice. lia fini par être l'avocat bavard de lasuperst tion , volt. Lettr. Dam\ avilie, s nov. 1 762. Ils n'étaient que desavocats subtils et véhéments de la plus mauvaise de toutes les causes, id. Lettr. Mme du

nt, niars<7fi5. || 3° L'avocat du diable, celui qui propose les objections dansuneconférence religieuse, et, eu général, celui qui défend une chose peu digne d'être défendue. || Avocat de Ponce Pilate, avocat sans causes, à cause des paroles de Ponce-Pilate : non invenio causam. || Jeu de l'avocat, jeu de société en dial

— msr. xn" s. [Un roi] Dulz, charitables e gentils. Juz | juste!, avocaz de sainte Eglise, benoît, h, 1658. La cruiz arcevesqual fist porter à sa destre, Et la reisgne del frein tint en la main senestre; Fait oui sun avocat de Jesu-Crist sun mestre, Th. le mart. 38. || xmc s. Et bien saciés de voir que li doi meillour avocat de la court [de Rome] par qui vous e- it de vostre besoigne aciever, c'est ors et argens, Chr. (!<■ Rains, 2 i i. Mes s'il sunt advocat por eus En la cause as lins amoreus, la Rose, 19575. Et cil qui parolent pour autrui sont

avocat, béai m. v, i.Lors se fontavocas, qu'il n'ont d'autre recors, Et s'en vont en enfer tout droit plus que le cors, :. de meung, Test. nny. Moût d'escrivains, je n'en dout pas, Sont peint] s, et tous avocas Peignent en leur parole, Dit des peintres. || xivc s. Es vous un homme à moi venir, Qui b.en sembloit estre advocas, Qui parler sceust en tous cas, bruyant dans Ménagier, t. il, p. 24. || xvc s. Le duc de Berry fut pour le vicomte de Chu

si certain avocat, que labesogne se conclut du tout à sou entente, fp.oiss. m, iv,24. || xvies.Tout advocat beau diseur r< ssemble à bassin de jongleur, genin. Récréât, t. n, p. 250.

— r.TYM. Bourguig. aivocar; provenç. a advocat; espagn. abogado; portug. advogado ; ital. advocato; di us, de ad, à, et vocatus, appelé: celui qui est appelé au secours; devocare, de xox (voy. voix). Avocat est un mot fait dans le xnc siècle sur advocatus, qui avait donné, dans le français primitif, avoué.

AVOCATE a-vo-ka-t'), s. f. Celle qui intercède. Sa mère fut son avocate. L'avocate des pécheurs, la sainte Vierge.

— HIST. xvc s. Monseigneur, responditla dame, je croi que le gentil chevalier et vaillant prud'homme n'a mile avocate fors moi, froiss. m, iv, 30.

— ÉTYM. Avocat.

f AVOCATIER (a-vo-ka-tié), s. m. Arbre de l'Amérique du Sud, dont le fruit, qui a la forme d'une très-grosse poire, est employé comme aliment, et réputé antidyssentérique.

— ÉTYM. Caraïbe, aouicate.

f AVOCATOIKE (a-vo-ca-toi-r') , adj. Qui rappelle. Lettres avocatoires, lettres par lesquelles un souverain rappelle ses sujets d'un Etat étranger contre lequel il est en guerre. || S. m. Un avocatoire. Maximilien, gagné par le pape, fit publier les avocatoires impériaux , volt. Mœurs, i 1 3.

— ÉTYM. Avocare, de a, indiquant éloignement, et vocare, appeler (voy. voix).

f A VOCETTE (a-vo-sè-tf) , s. f. Sorte d'oiseau. La lanière flexible et l'arc rebroussé dubeede l'avocetle la réduisent à vivre d'un aliment mou, buff. Avocette.

— ÉTYM. Ital. Avocelta.

j AVOI (a-voi), s. m. Terme de brasserie. Donner un avoi, faire couler d'une cuve dans une autre.

— ÉTYM. Peut-être de l'ancien verbe avoyer, mettre en voie.

AVOINE (a-voi-n') ou AVEINE (a-vè-n*. Cette dernière forme tombe en désuétude), s. f. || 1° Plante

de la famille des graminées, qui fournit un aliment aux bêtes de somme. || 2° Le grain. Un picotin d'avoine. Deux mulets cheminaient, l'un d'avoine chargé.... la font. Fab. 1, 4. || Balle d'avoine, pellicule qui enveloppe le grain. ||3° S. f. plur. L'avoine sur pied. Les avoines sont belles cette année. || Proverbes. Cheval d'aveine, cheval de peine, c'est-à-dire un homme bien payé doit bien travailler. H Cheval faisant la peine ne mange pas l'aveine, c'est-à-dire ce n'est pas celui qui a le plus de peine qui est le mieux traité.

— hist. xme s. Si a choisi [aperçu] en un plessié, Par encoste d'unes avaines, Une abaïe de blans moines, lien. 6519. Longue est et megre et lasse et vaine; Grand soffrette a de pain d'avaine, la Rose, toi98. Li pains et li avoine lor est tote faillie, Cli. d'Ant. vu, 4(4. i| xvc s. Le bled et lesavoines furent respitées de non ardoir, froiss. ii, ii, 66.||xvi° s. Escouter les aveines lever (proverbe), cénin, Récréât, t. 11, p. 239.

— ÉTYM. Bourguig. aivonne; Berry, aveine; picard, avène; provenç. et espagn. avena; portug. avêa; ital. avena; du latin avena. Aveine est la prononciation de l'ouest de la France.

f AVOINERIE (a-voi-ne-rie), s. f. Terme d'agriculture. Terre semée en avoine.

— ÉTYM. Avoine.

). AVOIR (a-voi. Au xvic s. on écrivait aurai, auras, etc. mais on prononçait, d'après Bèze, arai , aras, etc. Auxvir s. d'après Dangeau, ayant, ayons, ayez an prononçaient a-iant. a-ions, a-iez. Aujourd'hui, c'est une prononciation fautive : il faut dire ciant, é-ions, é-iez. À Paris le peuple prononce eil ou evu au lieu de u [eu] ; c'est un archaïsme sur lequel on débattait encore au xvnc siècle; la prononciation u est aujourd'hui la seule correcte), j'ai, tuas, il a, nous avons, vous avez, ils ont; j'avais; j'eus, nous eûmes; j'aurai; j'aurais; aie, ayons, ayez, qu'ils aient ; que j'aie , que tu aies, qu'il ait, que nous ayons, que vous ayez, qu'ils aient; que j'eusse, que nous eussions; ayant; eu, eue, f. a. ||1° Posséder un objet physique, posséder quelqu'un ou quelque chose dans un certain état. 11 a une propriété patrimoniale sur notre commune. Il faut user de ce qu'on a. Avoir de la fortune. Avoir des alliés. N'avoir pas d'enfants. Il n'a pas d'argent. N'avoir rien. Il eut un père trèsillustre. Et de quelques bons yeux qu'on ait vanté I.yncée, Il en a de meilleurs, malh. ii, (2. Il a l'oreille rouge et le teint bien fleuri, mol. Tart. 11, 3. J'ai pour aïeul lepôreetle maître des Dieux, racine, Phèdre, iv, 6. J'aurais à cette heure de quoi vous écrire un beau poulet, voit. Lelt. 38. || Familièrement. Avoir de quoi, être dans l'aisance. || 2° Porter, tenir. Avoir à la main une coupe, une boîte. Ayant un casque sur la tête. Il n'avait pas de canne en venant. || En termes de jeux, avoir la boule, le dé, etc. être en tour de jouer ou être le premier à jouer. Il 3° Fig. Posséder une chose immatérielle, une qualité; éprouver une sensation ou un sentiment; être dans un état; être âgé de; être d'une dimension de. Qu'avez-vous? c'est-à-dire quelle est votre émotion? Avoir droit sur quelque chose. Avoir la paix. Avoir dans l'esprit. J'ai l'intention de. J'ai une opinion tout à fait opposée. Les hommes qui ont de la prudence. Ces gens ont coutume de. J'ai eu de la peine à me contenir. Avoir mal à la tête. Il avait vingt ans. Rue qui a *o m. de large. Ces enfants.... Ayant Dieu dans leur cœur ne le purent louer, malh. 1, 4. Et, pourvu qu'il soit cru, nous n'avons maladie Qu'il ne sache guérir, id. ii, \2. Mais serait-ce raison qu'une même folie N'eût pas même loyer, id. ib. Tu as donc familiarité avec le prince d'Ithaque, mol. la Princ. d'Él. m, 3. Le désir se fait mieux sentir parce qu'il a de l'agitation et du mouvement, boss. le Tellier. Qu'avez-vous donc, dit-il, que vous ne mangez point? boil. Sat. ni. J'ai beaucoup de plaisir à voiries choses que j'avais imaginées, voit. Lettr. 38. Ayant un empire absolu sur les esprits, boil. Longin, Sublime, 32. Ah! n'aie point pour moi si grande indifférence, mol. l'Élour. 11, 7. Je vous écris à la vue de la terre de Barbarie, et il n'y a entre elle et moi qu'un canal qui n'a pas plus que trois lieues de largeur, bien que ce soit l'Océan et la mer Méditerranée tout ensemble, voit. Lettr. 39. Le fer qui les tua [des enfants] leur donna cette grâce Que, si de faire bien ils n'eurent pas l'espace, Ils n'eurent pas le temps de faire mal aussi, malh. 1, 4. Quand j'avais de ma foi l'innocence première, Si la nuit de la mort m'eût privé de lumière, Je n'aurais pas la peur d'une éternelle nuit, id. ib. Eh bien ! ne mangeons plus de chose ayant eu vie, la font. Fab. x, 5. Ce qu'il y a eu en lui de plus éminent, c'est l'esprit qu'il avait sublime, labruy. i.

Trouvant que j'avais peu de latin, il entreprit de m'en enseigner davantage, j. j. rouss. Conf. ni. Oui, monsieur, seulement pour vous faire peur, et vous ôter l'envie de nous faire courir toutes les nuits, comme vous aviez de coutume, mol. Scap. n, 5. Que, depuis quarante-deux ans qu'il servait le roi, il avait la consolation de ne lui avoir jamais donné de conseil que selon sa' conscience, boss. te Tellier. Il Par analogie il se dit des choses. Cette ville a de beaux édifices. Cette maison a beaucoup de locataires. Ah! sire, un tel honneur a trop d'excès pour moi, corn. llor. v, 2. Si tu l'aimes encor, ce sera ton supplice. — Je n'en murmure point, il a trop de justice, id. Cinna, v, 3. Lorsque l'obéissance a tant d'impiété, La révolte devient une nécessité, id. Rodng. m, 5. Seigneur, quand ce dessein aurait quelque justice, id. Aïcom. v, 5. Ce projet qui pour vous est tout brillant de gloire , N'aurait-il rien pour moi d'une action trop noire? id. Scrtor. ni, 2. Un moment de sa perte a pour moi des supplices, id. ib. m, 4. Toutes les autres morts n'ont mérite ni marque ; Celle-ci porte seule un éclat radieux, malh. ii, 42. Les sceptres devant eux n'ont point, de privilèges, id. ib. Â ce coup nos frayeurs n'auront plus de raison, Puisque par vos conseils la France est gouvernée, id. iv, 2. Il 4° Trouver, rencontrer. Nous avons des gens capables d'exécuter votre projet. En to perdant j'ai sur qui me venger, corn. Rod. n. J'avais pour de tels coups certaine vieille en main, mol. Éc. des f. m, 4. Et quand on a quelqu'un qu'on hait ou qui déplaît, Lui doit-on déclarer la chose comme elle est? id. Mis. 1, 1. || 5° Se procurer , acquérir, obtenir, gagner, acheter. Ce qu'on a pour de l'argent. On a quatre pommes pour dix sous. On ne peut rien avoir de cet ouvrier. La cabale s'est réveillée aux simples conjectures qu'ils ont pu avoir de la chose, mol. 2e placet au roi. Et que j'avais de quoi le connaître, pasc. dans cousin. Il a trouvé le moyen de faire avoir des bénéfices sans argent, pasc. Prov. (2. || 6° Avoir à, suivi d'un infinitif, être chargé du soin de, être dans le cas de. Avoir une terre à cultiver. Il a de grands travaux à exécuter. Je n'ai absolument rien à vous écrire. Je n'ai rien à craindre. J'ai eu à choisir. Comme il y a toujours une grande différence entre les choses qui ont à être et celles qui sont en effet.... voit. Lelt. <24. Vous avez à combattre et les dieux et les hommes, rac. Iphig. v, 3. J'ai votre fille ensemble et ma gloire à défendre, id. ib. iv, 7. Que je serais heureux si j'avais à le faire, id. Bèrén. III, <. Son pouvoir n'ayant plus à s'étendre plu3 loin, Il brise l'instrument dont il n'a plus besoin, rotr. Bélis. v, 5. Il fut ensuite au sénat, et il demanda qu'on eût, par un sônatus-consulte, à dégager sa parole et à abolir toutes les dettes, vertot, Révol. rom. liv. I. Le sénat lui ayant fait dire [à Mithridate] qu'il eût à retirer ses troupes de toutes ces provinces, id. ib. liv. x, p. 33. On publia le décret du sénat qui ordonnait qu'on eût à les poursuivre aux dépens du public, id. ib. liv. x, p. 45. Il nous fait remarquer que nous ayons à lui préparer les voies, mass. Délai. || N'avoir qu'à, n'avoir rien autre chose à faire que de. Vous n'avez qu'à lever les yeux. Vous n'avez qu'à dire un mot, et la chose sera faite. || 7" Avoir de, [tenir de, avoir reçu de. J'ai cette terre du chef de mon père. De qui avezvous la nouvelle? || 8" Engendrer, créer. 11 avait de;; enfants de ses deux femmes. Elle a un fils du roi, sév. 21 G. y 9° Imiter, reproduire. Avoir les traits de quelqu'un. Elle n'avait d'une femme que le corps. Il atoutvotreair. Avoirlacouleurduminium.|| 10° Avoir pour, regarder comme. Avoir pour suspecte la vertu même, labruy. 13. Etjevous supplierai d'avoir pour agréable Que jemefasseun peu grâce sur votre arrêt, mol. Mis. 1 , ( . Eh bien , mes souverains, aurezvous agréable Que , n'ayant pu la voir en sa fin lamentable, Nous la fassions au moins apporter devant nous?MAiRET, Sophon.v, 7. || Avoir quelqu'un, quelque chose poursoi, l'avoir en sa faveur. Ils ont pour euxlajustice. Elleapour elle sa beauté. Il suffit que ta cause est la cause de Dieu, Et qu'avecque ton bras elle a, pour la défendre, Les soins de Richelieu, malh. ii, 1 2. Il 11° Avoir la parole dans une assemblée, avoirla permission de parler. || 12" Avoir quelqu'un à dîner, lui donner à dîner. 11 a eu beaucoup de monde à son bal. Il Avoir quelqu'un avec soi, être avec quelqu'un, en être accompagné. Il avait un ami avec lui. 1113" Avoir une femme, .obtenir ses faveurs. C'est une expression libre et de mauvaise compagnie. Il 14° En avoir, gallicisme qui signifie être irrité contre, songer à. Je ne sais à qui il en avait, sév. i'3. Je ne sais à qui en ont vos femmes avec leurs vœux, m. 511. Je lui demandai à qui elle en avait

AVO

de se vouloir ruiner. ;d. 441. À qui en as-tu donc, ou si c'est aux anges que tu ris?HAMiLT. Gramrn. 2. || Vous en aurez, expression de menace, vous serez puni, maltraité. || En avoir dans l'aile, être atteint de quelque perte, de quelque accident grave. || 15" Avoir, verbe auxiliaire dans la conjugaison. J'ai dit. Ilavait ordonné. Je croisavoir entendu dire. Ce qui a été dit par vous. L'événement ne m'a pas trompé. |! 16° Avoir se prend impersonnellement avec le pronom;/ dans beaucoup de locutions. Il y a, il existe. Il y aura des vices tant qu'il y aura des hommes. Il y en a qui pensent.... Il y eut beaucoup de sang versé. Il yadelahonteà....Ilyalongtempsque....Ya-t-ilrien déplus indigne? Pourvu qu'il y ait assez d'argent. Peut-il y avoir des doutes en une question si claire? Il y aurait de la folie a douter d'une vérité si universellement reconnue, boil. Longin . Sublime, 32. tlfaut convenir que ces Juifs sont des hommes comme il n'y enapoint, biber. Nouv. max. Phil. 25. || Iln'yaqu'à parler, c'est-à-dire il suffit de parler. || Il n'y a qu'à pleuvoir, c'est-à-dire la pluie peut survenir. || Familièrement. 0 vent donc, puisque vent y a, Viens dans les liras de notre belle, la FONT.Faî.'. ix, 7. Madame, puisque madamey a, mol. G. Dand.i, 4. || Tant ya, quoi qu'il en soit. Vous me vantez cet homme; tant ya que je ne veux pas le voir. Tant y a qu'il n'est rien que votre chien ne prenne, bac. Plaid, ni , 3. || Y avant, puisqu'il y a, comme il y a. N'y ayant qu'une ■de chaque chose, desc. Méth. 2. Rapsodieveut dire un amas de vers qu'on chantait, y ayant des gens qui gagnaient leur vie aies chanter, boil. Réflexions cril. n° 2. C'est ainsi que tous les interprètes ont expliqué ces mots.... y en ayant même qui ont mis à la marge du texte grec... m. ib. N'y ayant rien de si inconcevable, PASc.danscousiN. || 17" S. m. terme de commerce. Avoir du poids, nom que les Anglais donnent à la livre de seize onces. || Proverbe. Il n'est rien de tel que d'en avoir , c'est-à-dire si l'on n'a pas de bien, on n'est pas considéré.

— r.EM. 1. Faut-il dire : il y eut cent hommes tués, ou bien, il y eut cent hommes de tués? L'usage aujourd'hui est d'employer de quand le substantif est sous-entendu ou qu'il est remplacé par le pronom en, et de supprimer de quand le substantif précède l'adjectif ou le participe ; ainsi on dira : il y eut cent hommes tués, et deux cents de blessés. || 2. Les ennemis que j'ai eus à combattre, et les ennemis que j'ai eu à combattre. Il y a entre les deux locutions une distinction qui, quelquefois à peine sensible, l'est d'autres fois assez pour qu'on veuille choisir. Dans le premier cas, j'ai eu des ennemis, et je lésai combattus; dans le second, il m'a fallu combattre des ennemis. || 3. C'est une faute trèsgrosse de dire, à la troisième personne du subjonctif présent, au singulier : qu'il aie, au lieu de: qu'il ait. Vaugelas la signale; et il n'est pas rare de l'entendre encore aujourd'hui. || 4. Dans les prétérits surcomposés, lorsque le complément direct du verbe est placé devant lui, doit-on prendre la forme variable eu, eue, ou la forme invariable eu? J'avais beaucoup d'affaires; je suis parti quand je les ai eu terminées, ou eues terminées. Les deux manières peuvent certainement se défendre ; et le poète pour éviter un hiatus ne devrait se faire aucun scrupule d'accorder eu. Mais il est plus naturel de ne le pas accorder, jullif.n. || 5. Je vous aurais parlé, si je vous eusse trouvé ou si je vous avais trouvé. Si ne prend la construction du subjonctif qu'avec les auxiliaires. || G. En poésie, aie est monosyllabe, et pour l'employer, il faut qu'il soit suivi d'une voyelle. Mais dans le xvir siècle, on s'en servait devantune consonne, et on le faisait de deux syllabes : Que j'aie peine aussi d'en sortir par après, mol. l'Élour. m, 5.7. On observera que, bien que avoir soit un verbe actif, il n'a pas de passif; on ne dit pas : ces choses ont été eues.

— SYN. avoir, posséder. Avoir est beaucoup plus générai que posséder. On a de toutes les façons possibles, au lieu que posséder, c'est avoir, en'exprimant précisément que l'on tient en sa main , en son pouvoir, la chose dont il s'agit.

— HIST. xe s. Bel [elle] avret [avait] corps, bellezour anima, Eulal. Qued avuisset de nos christus mercit, ib. Si cum il semper soit haveir, Fragm. de Valene. p. 4ns. E cum cil lo fisient, dunt ore aveisl odit |ouï], ib. p. 4G9. Ne aiet niuls maie voluntatem contra sem peer, ib. p. 469. Aiest [ayez] charte inter vos, ib. p. 469.

— xi" s. Ce que il avereit pris, Lois de Guill. G. N'i ad caste! qui devant lui remaigne, Cli. de Roi. î. Ne n'ai tel gent qui la sue desrompe, ib. II. Prudhom i out [il y eut en lui la qualité de prudhomme] pour sou seignur aider, ib. m. Ne nous aiuns

AYO

les mais et les soufraites, ib. iv. Li reis Marsile out son conseil finet, ib. v. S'il veut ostages, il en aura, par veir [pour vrai], ib. vi. Tant i aurat de besans esmerez, ib. ix. Moût [ils] ont oud et peines et ahans, ib. xix. Car de ferir oi je si grant besoin, t'6. civ. Il dist après : Paien, mal aies tu ! ib. cxliv. Se je vif auques, moût grant prod [vous] i aurez, rô.ccLii. Vostre conseil ai-je evud touz temps, ib. cclvi. Averum nous la victoire du champ? ib.

— xiic s. Cité [il] n'i a qui, Ronc. p. *. Oui France a à bailler, ib. p. 6. Bien a set ans, ib. p. io. IUoc avoit [il y avait] un noble pugnaor, ib. p. 25. Et vous, aiez vostre grant ost banie, ib. p. 28. Et sescompeins qui oit [eut] nom Estramant, ib. p. 43. [Tu] Qui en la croiz eus ton cors pené, ib. p. 50. En Margaric ot [il y eut] moût bon chevalier, ib. p. 63. Nous n'avienz nul meillor chevalier, ib. p. "3. Sonent li grailles [trompettes] , quant que par l'ost en a, ib. p. 96. Tant que Dex voille, du champ aienz [ayons] l'onor, ib. p. -108. Quant l'emperere ot sa gent enterrée, ib. p. 156. Que n'oi [je n'eus], talent de fuir ne d'aler, ib. p. i s ô . Hui vous aurai vaincu et recréant, ib. p. -I8S. Si vous ait Jésus Christ, qui en croix se peina! ib. p. 192. Car joie a courte durée, Qui avient par tel folor, Couci, I. Se je vous aim, j'i assez ai raison, ib. il. Mais quant j'aurai de vous haïr envie, ib. il. Toute beautez qui sur autre resplent, Est mise en lui [elle] , qu'il n'i a que mesprendre, ib. v. Dame, nul mal que j'aie, [je] Ne tieng fors à legier; Car sans vous [je] ne pourroie [pourrai] Vivre, ne je nel quier [demande], ib. vin. S'onques amis ot joie pour aimer [en raison de son amour] , ib. x. Mais or en aiez merci [merci vous soit faite] , Et si vous soit pardonné, ib. xii. Mort m'auriez à loi de traïtor, ib. xvi. Onques vers lui [elle] [je] n'oi faus cuer ne volage, ib. xix. Tous les soûlas qu'ai eus en ma vie, ib. xxu. S'onques nuls homs pour dure départie Ot cuer dolent, je l'aurai par raison, ib. xxiv. Fausse estes, voir plus que pie ; Ne mais pour vous [Je] N'avérai, ia ieux plorous, quesnes, Romancero, p. 89. Mais [que] cil en ait l'onor, cui Dex voudra aidier, Sax. iv. Guiteclins de Sassoigne, quand ce vint à son tans, De sa première famé ot deus vaslez enfans, ib. v. Jamais [nous] n'aurons tel aise de nos hontes vengier, ib. vi. Seignur, fait il as moines, car me laissez ester; Vus n'avez ci que faire; Deu en laissiez penser, Th. le mari. Ml. E quant li reis out enquis des nuveles de Urie, cumandad lui qu'il returnast à sa maisun, qu'il i out ses aises, Rois , \ 55.

— xme s. À celui tans, avoit un empereour en Constantinoble qui avoit nom Sursac, villeh. xlii. Â Pépin [ils] orent guerre qu'avez oï conter, Berte, ni. Car il ne plut à Dieu qui tout a à garder, ib. Fille, ce dist la vieille, moût forment vous jj'] ai chère, ib. xii. De ceste chose arez un petit à soufrir, ib. xm. Dont doi je prendre en gré, se j'ai froit et pouverte [pauvreté], ib. xxxv. Qui Rainfroy ot à nom, ib. xv. Car je ai si grant faim que ne sai que penser, ib. xliii [Vous] Voulez tuer vo [votre] fille; trois jours a, ne dormi, ib. i.xxxix. Ne fust Morans [n'était Morant], de cui j'en oi [eus] defendement [empêchement], ib. xcv. C'est bien drois que mains cuers grant joie en avéra, ib. cxxn. Pour l'amour qu' [il] ot à eus, ces armes [ce blason] [le roi] leur chargea [donna] , ib. cxxxi. Et saciés de voir que il n'a voit que targier, Cltr. de Rains, 225. Li enfes ploroit de grant fain, Por ce que n'avoit que mengier, Ren. 20501. Se porpensa que il feroit, Et comment à boivre averoit, ib. 6690. Avez-vos, fet-il, plus que dire? ib. 8348. Sire, fis je, grant talent é [j'ai grand désir] De faire vostre volenté, la Rose, 2225. Car cil a moult poi de savoir, ib. 14056. Car j'ai de mon père congié De faire ami et d'estre amie, ib. 684G. Appius ne pooit donter La pucele qui n'avoit cure Ne de li, ne de sa luxure, ib. 562I. Pourquoi nel' faites-vous entendre, Savoir s'il i a que reprendre? ib. 5536. Comment encore eschaper porent De tel péril, sans pis avoir, Ou d'ame, ou de cors ou d'avoir, ib. 452 1. Car le propre non lor pleust, Qui accoustumé lor eûst, ib. 7174. Il convenroit qu'il sivist les pièges, se pièges y avoit, beaum. 58. Et soi ofrir contre cex à qui il a à fere, m. oi. Noz ne lor avons pas soufert, el tans de nostre baillie, quant partie l'a volu debatre; mais, quant partie ne l'a pas debatu, noz l'avons eu beau soufrir, m. lxvi ,11. Ç.eulx eni

sus les Sarrazins quant il veulent guerroier à eulz; et les Sarrazins envoient sus les crestiens, quant il ont à faire à eulz, joinv. 264.

— xive s. Et ceulx qui en telles choses se ont et se contiennent comme il convient et appartient,

AYO

oresme, Eth. 92. Nous, sur ce heut [eu] certaine information, avons retenu et retenons.... dd cange, arramentum. Sire, ce dit Bertran, vous parlez pour noient; S'autre chose n'i a, ce me dittes : Ya-l'-en, Guescl. 13526. Mais li bons cappitains lor dit : Lai siez ester: J'arai de lor pourceaux, sans nous de riens grever, ib. 1214.

— xve s. Et si [les Escots] n'ont que faire de chaudières ne de chaudrons, car ils cuisent bien leurs chairs au cuir des bestes mesmes, froiss. 1, 1, 34. [Le roi voulait épargner ses gens et son artillerie] car il pensoit bien qu'il en auroit à faire, id. i, i, 273. Et s'il euist justement pensé.... id. 111, iv, 28. Quand ceux de la ville virent le péril et le dommage si apparent, ils eurent conseil qu'ils se rendroient, sauves leurs vies, id. i, i, 20. Et aussi il avoit bien cause qu'ils le festassent ; car ils ne l'avoientvupuis la bataille dessus dite, id. i, i, 186. 11 ne nous vaut rien ici demourer ni tenir; nous n'y ariemes jamais nulle bonne aventure, id. ii, m, 34. Vous savez que je vous feis foy Pieça de tout ce que j'avoye, Et vous laissay en lieu de moy Le gaige que plus chier j'amoye, ch. d'orl. Bal. 13. Je ferai, maugré qu'il en ait, Encontre luy une aliance.iD. Bal. 22. Et là ha continué à escripre, selon ce qu'on

ha rapporté, juvén. Charles VI, 1420 luy

vint messaige de par le roy, qui lui mandoit qu'il avoit en propos de faire certain voyage, Bouciq. l, ch. v. L'empereur avoit ja fait tout son apprest, afin que n'y eust que à partir, ib. 1, ch. 31. Et alors le roy eut conseil avec ledit conte du Mayne, comm. i, 3. Il avoit congnoissanceen la cité, à cause qu'il y avoit eu administration par les années qu'ils avoient esté en paix, id. ii, 3. Que s'il n'avoit débat par le dehors contre les grans, qu'il falloit qu'il l'eust avec ses serviteurs.... id. m, 1. Et eut lettres de la duchesse sa femme, que le roy Edouard n'estoit pas content', id. m, 7. Dieu avoit et a ce royaulme eu especialle recommandation, id. iv, 7. Laquelle estoit veufve, long temps avoit, id. i, 2. Et ne les avoit en nulle hayne pour les choses passées, id. 1,10. Hz commencèrent à avoir division ensemble, quant ce fut à départir le butin, id. i, 15. Ce t peu de chose que de peuple, se il n'est conduyi par quelques chiefs qu'ilz ayent en révérence et en crainte, m. 11, 13. Après le séjour que eust le roy en ce village, id. v, 13. Le plus grand édifice que commença, cent ans a, roy tant au chastcau i la ville, id. vin, 18. Auquel lieu eut nouvelles ledit Ludovic, que son neveu le duc de Milan se mouroit, id. vu, G. Il me fit appeller, et eut en conseil, s'il bailleroit ce sauf conduit ou non, id. viii, 9. Et vindrent la pluspart malgré qu'on en eut , id. viii , 1 0. — ■ xvie s. Que nul vivant, sur peine de la hart, N'aye à piller la valleur d'un liard, j. mabot, v, 144. Une isciatique, à laquelle j'estoys subject, plus de sept ans avoyt, rab. Pant. 11, 4. Je crois qu'en vous n'a [il n'y a] point tant de rudesse, marot, 11, 326. Long temps y ha que je vis en espoir, Et que rigueur ha dessus moi pouvoir, m. 11, 345. Mais il peut tout, et veut, et lui agrée. Qu'un fils sacré aye mère sacrée, id. ii, 3G2. Espèce n'est de tribulation, Qui n'ait icy sa consolation, id. iv, 201. Si tu n'as point pitié de moy, Ayes au moins pitié de toy, dibell. vu, 37, recto. Avoir le d mont. 1, 19. Avoir où s'escrimer, id. i, 22. Pour la peur qu'il avait eue, id. i, 22. Ils feirent deffense que nul n'eust plus à aller là, id. i, 233. Lt tout ainsi que Dieu les a associez en la lignée, aussi a la loy, laboëtie, 164, Et luy fut enjoinct expressément de la part du peuple, qu'il eust à s'embai amyot, Alcib. 35. Il se monstroit rebours à ceulx qui le cuidoient flatter, encore se roidissoit-il d'av. contre ceulx qui le pensoient avoir par raen id. Cat. d'Uliq. 1. Razantnos champs, dites, a' vous [avez-vous] point veu Cette beauté qui tant me fait rre? rons. 4". Et sans sçavoir combien la muse apporte D'honneur aux siens, je l'avois à mespris, id. 53.

— ÉTYM. Bourguign. aivoy; provenç. aver; espagn. haber; portug. haver; ital. aiire; du lat. liabere. Comparez l'allemand haben, le gothique haban. Dans l'ancienne langue, on dirait non pas il y a, mais simplement il a (illud habet), ce qui voulaif le cas régime du su' ivoit un chaslel,

il y avait un château: t le cas régime:

chastels ou cliastaus serait le nominatif. Pourtant, l'adverbe y s dans cette locution dès le

xme siècle. La forme archaïque, sans y, s'c>t condans le st \ le marotique, au moins avec la négation : Entre Leclerc et son ami Coras, N'a pas longtemps, s émurentgr . rac. Épigr. 11 y

a lieu de remarquer avret dans un texte du xc s ,

AVO

c'est , étymologiquement, l'équivalent de habuerat, où l'u, comme dans ces formations, devint un», c l'accent par conséquent étonné que le plus-que-parfait latin n'eût aucune trace dans les langues romanes, où en ii ne le trouve pas; mais ces textes du xr sièrotrent qu'il a existé, bien que transitoirement.

t. AVOIR (a- voir), s. m. || 1° Tout ce qu'on position, fortune. Tout son avoir était chez ce uer. Cette maison, cette terre est un bel avoir. Aurions-nous mieux employé la jeunesse , Vécu moins vite avec un riche avoir? béràng. Bonsoir. || 2- Terme de commerce. La partie d'un compte où l'on porte les sommes dues. Doit et avoir, l'actif et le passif. Etablir un compte par doit et avoir.

— HIST. xi° s. Pour tout l'aveir qui soit en cest pais, Ch. de Roi. xxxiv. Les douze pairs [il] a trait pour aveir, ib. cclxxiii. ||xti*s. Cumbatid s'en vers les Philistiens, si enchaçad lur avers [bêtes] ki durent porter la vitaille , Rois, 89. Moût grant avoir [je] vous en faz aporter, Ronc. p. 32. [Je] N'en donroie le désir Pour tout l'avoir dessouz ciel, Coud, xii. Oui naestier a d'avoir, à son talent en prent, Sn.r. xii. Seignur, fait-il A els, tut senz en plait . Ne me doit pas mis sires acuinte demander: Car tut ces! grant aveir que ci vus oi numer, En ses ai fait mètre et aluer, Th. le mari. 43. Tul saisi en sa main et terres, etmusticrs, Et vif aveir et mort, blé, rentes et deniers, ib. 64. || xin° s. Et li Franc commencierent à ocire les ■lièrent les avoirs de la vile, et pristrent tout, vii.u n. cli. Après commença à paier l'avoir que il devoit à ceus de l'ost, id. lxxxviii. Si come d'or et d'argent et de tous les fiers avoirs qui onques furent en terre trovés, id. cvii. Se vos estes s nebesoigneus, il vousdonravolentiers de son avoir, id. lxvi. Avoir et grans richesses [ils] orent tout à leur chois, Derle, lxi. Après fu painte coveitise : C'est celé qui les gens atise De prendre et de noient donner, Et les grans avoirs auner, la Rose. 17-2. Il tolent et ravissent les avoirs dont li communs pueples se doit vivre, beadm. 26. || xvc s. Et y fui trouvé [à Audenarde] grand avoir qui estoit à François Acreman; et me fut dit que il y avoit bien quinze mille francs, froiss. ii, n, 22). Et disoient outre [les serfs Anglais révoltés] que ils vouloient savoir que les grands avoirs que on avoit leirmi le royaume d'Angleterre, puis cinq ans, estoient devenus, id. ii, ii, m. Ils se rendirent, sauf leurs corps, leurs membres et leur avoir, id. i, i, 119. Et par Dieu, il n'est nul avoir Qui vail ami avoir, Mir. de Ste Genev. Et ainsi ensuit les vaillans pieux qui onques nul compte ne tindrent d'amasser avoirs, Bouciq. iv, ch. 7. || xvie s. Hz n'avoient rien déplus cher en ce monde que la richesse et l'avoir, amyot, Ai ht. 25.

— ÉTYM. Avoir (; norm. avers, les animaux domestiques; provenç. et espagn. aver; ital. avère. D'après Ménage, avoir, en la signification debiens, était un mot inusité. Depuis, ce mot est revenu tout à fait en usage.

f AVOIR DU POIDS, voy. avoir t.

j A VOISINANT, ANTE (a-voi-zi-nan, nan-t'), adj. Qui est voisin. Les rues avoisinantes.

— REM. Cet emploi qui est entré dans le langage de la conversation, n'a pas la sanction de l'Académie.

AVOISINÉ, ÉE (a-voi-zi-né, née), part, passé. Être bien, mal avoisiné, avoir de bons, de mauvais voisins.

AVOISINER (a-voi-zi-né) , v. a. Etre dans le voisinage, à proximité d'un lieu. Les archipels qui avoisinent l'Inde à l'orient et au midi, volt. Mœurs, 3. Je passe mon exil parmi de tristes lieux, Où rien de plus courtois qu'un loup ne m'avoisine, Théophile, Œuvres, p. 304.

— HIST. xvie s. Dont se résoudra le père de famille, nonseulement d'esloigner les vins de toute mauvaise odeur, ains à les a voisiner des bonnes,

o. DE SERRES, 227.

— ÉTYM. À et voisin.

AVORTÉ, ÉE (a-vor-té, tée), part, passé. || l°Qui n'a pas reçu son développement. Fruit avorté. Il 2° Kig. Talent avorté. Vos desseins avortés , votre haine trompée, corn. Cinna, ni, 4. Voyant par mes bontés Une seconde fois ses desseins avortés, id. Poly. in, 5. Et peut-on voir mensonge assez tôt avorté Pour rendre à la vertu toute sa pureté? Nicom. id. iv, (. Un faux germe avorté dans notre affection, Régnier, Sat. xm. Demi-dieux avortés, qui par droit de naissance Dans les camps, à la cour, régnent eu espérance, gilb. Le di.x-huiliCme siècle.

AVO

AVORTEMENT (a-vor-te-man), s. m. || lJ Terme

lecine. Expulsion, avant terme, d'un fœtus non

viable. Provoquerl'avortement est un crime puni par

le Code pénal. || 2° Fig. Insuccès. L'avortement des

desseins qu'il avait formés.

— HEM. Dans l'obstétrique, l'avortement diffère de l'accouchement prématuré qui est l'expulsion, avant terme, d'un fœtus viable; et de la fausse couche, qui comprend non-seulement tout accouchement avant terme, mais aussi l'expulsion d'un faux germe, d'une môle, etc.

— HIST. xvie s. Tel enfantement [hors terme] est appelé abortif ou advortement, paré, t. ii, p. 624.

— Étym. Avorter; provenç. abhortiment; catal. abortament ; espagn. et ital. abovto.

AVORTER (a-vor-té), v. n. |] 1° Accoucher avant ferme. Les femmes ne se faisaient-elles pas avorter, pour que leurs enfants n'eussent des maîtres aussi cruels? montesq. Esp. xxm, ((.La cruelle habitude où sont les femmes de se faire avorter, afin que leur grossesse ne les rende pas désagréables à leurs maris, id. bit. fers. (20. || En parlant des animaux, avant le terme. Les brebis avortent fréquemment. || Fig. L'autre avorte avant temps des œuvres qu'il conçoit, Régnier, Sat. x. || Enparlaat des fruits, ne pas se nouer, ne pas venir à maturité. Cette année, presque tous les boutons des poiriers ont avorté. || 2° Fig. Ne pas réussir. Le projet venant à avorter, la bruy. <2. Dieu, pour le réserver à ses puissantes mains, Fait avorter exprès tous les moyens humains, corn. Héracl. m, 3. Lui qui sait qu'aussitôt ces tumultes avortent, id. Othon, iv, 7. Voyant d'un temps si court leur puissance bornée, Des plus heureux desseins [ils] font avorter le frui t, id. Cinna, u, ( . Par quel amour de mère Pressez-vous tellement ma douleur contre un frère? Prenez-vous intérêt à la faire éclater? — J'en prends à la connaître et la faire avorter, id. Rodog. iv, 6. Tout mon dessein avorte au milieu du succès, id. ib. ii, 8. Une disgrâce fit avorter toute sa bonne fortune, id. Ex. de D. San. Il est impossible que ce projet n'avorte pas au milieu de cette confusion, chateaub. Natch. m, 76. Venge-toi du forfait que tu fais avorter, rotr. Bélisaire, i, 2.

— rem. 1. Avorter se conjuge avec l'auxiliaire avoir quand on veut exprimer l'acte même : cette femme a avorté hier; ces projets ont avorté par sa faute ; et avec l'auxiliaire être, quand on veut marquer l'état : cette femme est avortée; ses desseins sont avortés. || 2. On a dit s'avorter, qui n'est plus usité. Leurs desseins tôt conçus se sont tôt avortés, la font. Ode v. C'est, comme on verra par l'historique, un archaïsme.

— HIST. xme s. Que honiz soit qui vos porta, Quant ele [votre mère] ne vos avorta, Ren. 8144. Car foy sans bien ouvrer avorte ; Foy sans bonnes euvres est morte, J. de meung, Tr. 522. Bien, amour et honeur faut par femme et avorte ; Ja femme n'amera, qui fine amour lui porte, Chastie-musart. || xive s. Elle avoit eu plusieurs de ses enfans morsnez et abourtez, ducange, abortire. Ne bailleront aucune médecine qui puisse faire abortir, Ord. des rois de France, t. n, p. 533. || xvr s. Ceste semence de raison ne pouvant durer contre les vices survenus, estouffée s'avorte, mont, iv, 354. Elle rend les arbres par où on la passe stériles, et y fait avorter les fruicts, amyot, Aratus, 40. Autrement, ils ne font qu'avorter la terre, et meurtrir les arbres, palissy, 25. Par tels efforcements lesdictes mères abortent, paré, t. n, p. 624. Ce breuvage sert aussi de remettre en vigueur la jument qui s'est avortée, o. de serres, 306.

— ÉTYM. Provenç. abhortir, abordir; espagn. àbortar; ital. abortire; de abortire, de aborior, qui a la même signification, et qui vient de àb, indiquanl défaut, manque, et de orior, naître, surgir (voy. orient) : mot à mot mal naître.

AVORTON (a-vor-ton), s.m. || 1° Animal né avant le terme. || 2" Tout individu qui n'a pas atteint son entier développement. || 3° Par mépris, homme petit et mal fait. || Plante, fruit qui n'est pas arrivé à son développement. Ces pêches sont des avortons. J'ai vu en Russie des sapins auprès desquels ceux de nos climats ne sont que des avortons, bern.de st. p. Études, v. || 4° Fig. Si quelque avorton de l'Envie Ose encore lever les yeux, malii. ni, 3. De ce feu turbulent l'éclat impétueux N'est qu'un faible avorton d'un cœur présomptueux, corn. Théod. I, 3. || ouvrage d'esprit fait à la hâte et sans soin. Cet ouvrage n'est qu'un avorton.

— hist. xive s. Elle la feroit advoulter de l'advoulton dont elle estoit grosse, du cange, abortire. Pour le millier d'avortons d'Arragon [peaux d'ani-

AVO

maux nés d'avortements] , id. avoîroni. || xvi" s. Tous ces vers biberons ne veulx desavouer, Advortons que j'ay faits en ma jeune allégresse, jean le houx, Vau de Vire, 41.

— ÉTYM. Avorter; bas-lat. avotroncs.

t AVOUABLE (a-vou-a-bl') , adj. Qui peut être avoué. Un projet avouable et conforme à l'honneur.

— étym. Avouer.

i. AVOUÉ, ÉE (a-vou-é, èe),part. et adj. || 1° Reconnu. Le but avoué de son départ. C'est un fait avoué. || 2° Approuvé. Digne d'être avoué de l'ancienne Rome, corn. Sertor. n,2. Par des vers tout neufe avoués du Parnasse, boil. Epit. i. Monterey, sans être avoué du conseil d'Espagne, renforça l'armée du prince d'Orange, volt. Louis XIV, ((. Pouvoir être avoué pour.... pasc. dans cousin.

2. AVOUÉ (a-vou-é), s. m. || 1° Officier ministériel chargé de représenter les parties devant les tribunaux et de faire les actes de procédure. || 2° Terme de droit féodal. Nom d'office qui consistait à défendre les droits des églises et des abbayes, et qui aussi, en général, signifiait toute espèce de protecteur. Les avoués étaient ordinairement des nobles. Il yavait, dans la seconde race, un avoué de la partie publique, montesq. Esp. xxviii, 36.

— hist. xie s. Là vous suirat, ce dist mis avoez, , Ch. de Roi. ix. ||xne s. Charles nostre avoez , Ronc. p. 14. Si garis [protège] nui Rolant nostre avoé,z'b. p. 5G. Cil qui tient Champagne et Brie N'est mie droit avoués, hues de la ferté, Romancero, p. (86. || xme s. Emprès se croisa Henris d'Anjo ses frères etTierrisses niés, Guillaumes avouésde Bethune.... villeh. vi. Diex, fait-il, je vous tien à mon droit avoué, Berte, xlv. Il nous convient querre avoé, Chr. de Rains, 229. Ausi me serviront com ses aie [comme si je les aye] engenrés; 11 ierent tôt mi fil, j'iere lor avoés ; En paradis celestre sera lor iretés [héritage], Ch. d'Ant.i, (35. Seli cas quiet [tombe] en apel,et il a ensoine [excuse], il pot avoir avoué et fere le [la] bataille, beaum. 80. || xve s. Voire, dit le maire, qui jà estoit advoé du roi, gars puant, parles-tu ainsi en la présence du roi? froiss. ii, ii, "5.

— ÉTYM. Advocatus (voy. avocat).

AVOUER (a-vou-é. Dans j'avouerai et temps analogues l'e ne se prononce pas et ne compte pas dans les vers; mais l'ancienne langue le prononçait, et avouerai était de quatre syllabes), v. a. || 1° Dans le langage de la féodalité, faire vœu à un supérieur, le reconnaître pour seigneur ou protecteur. || 2° Par extension, et dans le langage actuel, avouer une personne, approuver ce qu'elle a fait en notre nom. Parle, écris, je t'avouerai de tout, pourvu que tu m'aides à sortir de cetie botte [l'Italie], p. l. cour. Lett. i, tei. Je t'avouerai de tout, rac Phèd. m, i. Et sans doute son cœur vous en avouera bien, corn. D. San. iv, 2. Alors, sans consultersi Phébus l'en avoue, boil. Disc, au roi. Quels doctes vers me feront avouer Digne de te louer? malh. m, 4. Et si ta faveur tutélaire Fait signe de les avouer [les Muses] , Jamais ne partit de leur veilles Rien qui se compare.... malh. ni, 2. || Approuver, ratifier, en parlant des choses. Des moyens que l'honneur avoue. Les dieux n'avoueront point un combat plein de crimes, corn. Hor. m, 2. Me voyant froidement ses œuvres avouer, Il les serre, Régnier, Sat. VIII. || 3° Reconnaître qu'une chose est ou n'est pas. Avouer safaute.Ilavouasesméfaits. Vous avouerez que votre conduite a été blâmable. Ceux qui sont instruits des affaires étant obligés d'avouer que le roi n'avait point donné d'ouverture ni de prétexte aux excès sacrilèges.... boss. Reine d'Anglet. J'avouerai les rumeurs les plus injurieuses, rac Brit. iv. || 4° Reconnaître comme sien. Avouer un enfant. Il n'ose avouer un parent pauvre. Il n'avoua jamais ce pamphlet. Une lettre que l'on m'a assuré que vous aviez avouée, boss. Lett. (81. Mon père ne peut plus l'avouer pour sa fille, corn. Hor. iv,6. Rome ne voudra point l'avouer pour Romaine , rac. Bérén. iv,4. || Avouer une dette, la reconnaître. || Fig. Ma foi, madame, avouons la dette [ne dissimulons pas] , vous voudriez qu'il fût à vous, mol. Princ. d El. iv, 6. || 5° S'avouer, v. réfl. S'avouer de quelqu'un, le prendre à garant. 11 s'est avoué d'un banquier de cette ville. || Se reconnaître. S'avouer coupable. S'avouer vaincu. || 6" S'avouer, être confessé, en parlant d'une chose. Cela ne s'avoue pas.

— hist. xme s. Ha! sire Diex, fait ele, mon cuer à vous [j'] avo, Berte, xxxn. Com celle qui du tout à vous servir m'avo, ib. Car nus ne puet Dieu trop loer, Ne trop por seignor avoer, Trop criendre, ne trop obéir, la Rose , 7078. Et doit mander que cil qui en est porsivis en avoue tel garant quiconque,

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