‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 208 sur 462 · AYE · texte numérisé non relu

AYE

AVI

AVI

par la prise, aveuglement et mort de leur chef, d'aub. Uist. II, 389.

— étym. Aveugler.

AVEUGLÉMENT (a-veu-glé-man) , adv. En aveugle. Il s'est aveuglément jeté dans le péril. N'accusons pas aveuglément le naturel des habitants de l'île la plus célèbre du monde, boss. Reine d'Angl. L'âme, de son dessein jusque-là possédée, S'attache aveuglément à sa première idée, corn. Cinna, ni, 2. Suivons aveuglément ma triste destinée, m. Rodog. v, 4. J'accepte aveuglément cette gloire avec joie, ip. Hor. il, 3. 0 juges malheureux, qui dans nos faibles mains Tenons aveuglément le glaive et la balance, volt. Tuner, iv, 6. Il aime aveuglément sa patrie et son père, id. Brutus, n, 4. Car, puisque la fortune aveuglément dispose De tout.... Régnier, Sat.iv.

— ÉTYM. Aveuglé, et le suffixe ment. (Si le mot éta t ancien, il serait écrit aveugléement ; voy. ment pour l'explication de cet accord.) Fontenelle a dit aveuglement: [Dans le corps humain] Le cerveau et apparemment un très-petite partie du cerveau est tout ce qui pense, tandis que toutes les autres parties, beaucoup plus considérables par leur masse, sont privées de cette noble fonction et n'agissent qu'aveuglement, Restons. Aveuglement est régulièmenf formé de aveugle, et ment, mais il est bon qu'il ait été rejeté, à cause de la confusion avec le substantif aveuglement.

AY1XGLER (a-veu-glé) . v. a. || 1° Rendre aveugle. Les empereurs de Constantinople ont fait aveugler plus d'un de leurs compétiteurs. || 2° Eblouir. Bien des choses nous aveuglent par un trop vif éclat. || 3" Fig. Ôter l'usage de la raison. La superstition, qui aveugle l'esprit de l'homme. Il se laisse aveugler par l'espérance de la paix. Etre aveuglé par la passion. Mes sens qu'elle aveuglait ont connu leur offense, malh. vi, 24. Reviens lavoir, grande âme, ôte-lui cette nue Dont la sombre épaisseur aveugle sa raison, id. ib. 4 0. Mais le sort irrité nous aveuglait tous deux. — Votre amour vous aveugle en faveur de l'ingrate, rac. Phèd. v, 3. Mais cet espoir m'anime. et ne m'aveugle pas, volt. M. de Ces. i, 4. Mon désespoir m'aveugle, il m'emporte trop loin, in. Mérope, n, 4. Le bonheur m'aveugla; la mort m'a détrompé, id. Alz. v, 7. J'ai de l'ambition, mais je sais la régler ; Elle peut m'éblouir et non pas m'avengler, corn. Pomp. n, 3. || 4° Terme de marine. Boucher. La mer en baissant amena la découverte de deux voies d'eau que l'on s'efforça vainement d'aveugler avec des matelas et des couvertures. || 5° S'aveugler, v. réfl. Ne pas faire usage de sa raison. On s'aveugle en amour. Et il ne faut pas qu'on s'aveugle au point de croire.... Il ne s'aveuglait pas sur les défauts de ses amis, fléch. M. de Mont. Ne vous aveuglez point quand sa perte est visible , corn. Cinna, I, 2. Mais vous vous aveuglez au milieu du danger, id. Sertor. v, 3. Ils s'aveuglaient sur l'évidence de ses prodiges, mass. Évid.

— hist. xnc s. Sire, sire, avuglez tute ceste gent, que il ne veient ne entendent "quel part jes merrai [je les mèneraij, Rois, 368. Deus, cum par est mainz huem pur le siècle avuglez ; N'i est amurs, ne fei, ne pais, ne charitez, Th. le mart. 12). || xiiie s. Las! mar acointai la bée; Trahie m'a et awglée! Lai du conseil. Je loeroie en droit moi, que nous envoïssions ou pape et li offrons si grant

que nous l'aveugîissions tout, Chron. de Rains, 121. Li pors [porc], qui tant curu avoit Que i aveglez estoit De lasseté et de corrot, Ren. 22540. Arnors, qui te fait en li croire, Te toit ton sens et ta mémoire, Et de ton cuer les yex avugle, Et tenir te fait por avugle, la Rose, G93t. Les uns ib- richeces avugle [la fortune], Et d'onors et de dignités, ib. 5928. Là fustes-vous menés à honte et à essil; En la crois vous pendirent li fel Juïs caitis; Et Longins vous feri, bien estoit aveulis, D'une lance el costé dont li fer fu masis, Ch. d'Ant. v, 324. j| xive s. Et s'a li glous Gaufrois si le monde avulé, Baud. de Seb. iv, 324. || xve s. La convoitise de la chevance Paveugloit [le comte de Flandre], froiss. ii, n, 52. Et donnoit Gisebret Mahieu aux gens du grands dons et beaux joyaux, et aussi au comte, dont il l'aveugloit tout, id. ii, ii, 52. || xvi" s. Après que la cupidité ne l'aveugle plus, la pénitence

vient, calvix, Inslit. 20) Quand, d'une

- < r aveuglée, Le gay berger au combatse bazarde, m MXL. v, 8, recto. Le Philistin de fureur aveuglé, Rouant sa masse, alloit d'ardent courage, 1 recto. Hélas! amour, le plus puissant des i: 'ils moy l'ouye, et m'aveugle les yeux, io recto. Et si mon désir n'eust aveuglé ma raison , N'estoit-ce pas assez pour rompre mon

voyage ?id. vi, 40, recto. Amour est aveugle, lequel aveuglit de sorte que.... makg. Nouv. IV. Folle ambition, laquelle l'avoit tant aveuglé, amyot, Cras. 52. Ceulx qui veulent à plein fond regarder le cercle mesme du soleil, ils s'aveuglent, id. De la curiosité, ". Tout cela mis en ruine : et de sept casemattes les unes abriées, ou aveuglées, d'aub. Hist. n, 46. Le peuple de la ville aveugloit et estouffoit d'harquebusades qu'ils tiroient de tous costez de ce chasteau, id. ib. m, 4 4 8.

— ÉTYM. Aveugle; Berry , aveuiller; provenç. avogolar.

AVEUGLETTE (À L') (a-veu-glè-f), loc. adv. À tâtons.

— ÉTYM. Aveugle; picard, à l'avuglette.

f AVICEPTOLOGIE (a-vi-sè-pto-lo-jie), s. {. Traité de l'art de prendre les oiseaux.

— ÉTYM. Mot mauvais et hybride, composé de avis, oiseau, capere, prendre, etXoYo;, traité.

f AVICULE (a-vi-ku-1'), s. f. Nom, en français, du genre de mollusques qui renferme l'animal fournissant les deux substances connues l'une sous le nom de nacre de perle, et l'autre sous celui de perles.

— ÉTYM. Avicula, petit oiseau, diminutif de avis (voy. oiseau) ; ainsi dit par une assimilation faite par les zoologistes (les anciens nommaient ce coquillage hirondelle, arundii).

AVIDE (a-vi-d'), adj. || 1° Qui a de l'avidité. Une nation avide de gloire. Un esprit avide de tout savoir. || Poétiquement. Être avide de sang, de carnage, se plaire au milieu des combats. Tu n'en fis pas assez, reine de sang avide ; Il fallait joindre encor l'inceste au parricide! crébillon, Sémir. v, l. || 2° En parlant des choses. Une avide espérance. Ils s'étonnent comment leurs mains, de sang avides, Volaient, sans y penser, à tant de parricides, corn. Hor. i, 4. Dessus l'avide espoir de quelque paraguante, Il n'est rien que leur art aveuglément ne tente, mol. l'Étour. iv, 9. Tous ces yeux qu'on voyait venir de toutes parts Confondre sur lui seul leurs avides regards, rac. Bérén. i, 5. || 3° Par extension , dans le langage élevé , qui aune attention passionnée. Avide il écoutait vos paroles. Dans l'ombre, au clairde lune, àtravers les buissons, Avides, nous pourrons voir à la dérobée Les satyres dansants.... v. hugo, Voix intér. vu. || 4° Absolument, qui a un grand désir de manger. Un enfant avide. || 5° Fig. Intéressé, cupide. Un homme avide. C'est une âme avide. L'on remarque, dans les cours, des hommes avides qui se revêtent de toutes les conditions pour en avoir les avantages, labruy. 8.

— ÉTYM. Avidus, de avère, désirer.

AVIDEMENT (a-vi-de-man), adr. Avec avidité.

Manger avidement. L'amour avidement croit tout ce qui le flatte, rac. Mithr. m, 4. Que mon cœur, chère Ismène, écoute avidement Un discours qui peut-être a peu de fondement, id. Phèd. n, 4. .... Dont l'espoir léger s'attache avidement Aux attraits captieux de mon déguisement, corn. Rodog. IV, 5.

— hist. xvi° s. Et de chercher avidement s'il pourroit trouver dans la Romaine [religion] quelqu'ombre de salut, d'aub. Vie, lxxxv.

— étym. Avide, et le suffixe ment.

AVIDITÉ (a-vi-di-té), s. f. Désir qui emporte.

Manger avec avidité. L'avidité du gain. Il lut ce livre avec avidité. [Il] Attend votre hyménée avec avidité, volt. Mérope, iv, 5. Et, sous un faux semblant de libéralité, Soûler et ma vengeance et ton avidité, corn. Médée, iv, 4. [Il] Enfle l'avidité de mes ressentiments, id. Attila, v, 4. Courir avec une folle avidité après un monde qui nous fuit, mass. Profession religieuse, sermon 4.

— hist. xvr s. Incontinent que la soif fut esteinte, Et de la faim l'avidité restreinte.... (note de Ronsard : l'ardeur de manger. Je ne sçache point de mot françois plus propre, encores qu'il soit mendié du latin), rons. 6(5.

— Étym. Aviditas, de avidus, avide.

AVILI, IE (a-vi-li, lie), part, passé. || 1° Rendu vil. Une fonction avilie. Est-il un homme plus avili? Si notre scène devient anglaise, nous sommes bien avilis; nous ne sommes déjà que les traducteurs de leurs romans, volt. Lelt. Mlle Clairon, 4 8 oct. 4 760. Ils dressent d'une main dans les fers avilie Ce siège de l'orgueil et de la tyrannie, volt. Alz. il, 0. Dans un sort avili noblement élevée, id. Tancr. i, 4. |] 2" Décrédité. Le burlesque, si justement avili depuis, éiaii alors fort à la mode, d'alemb. ii, 468. || 3° Déprécié. Des marchandises avilies.

AVILIR (a-vi-lir), v. a. || 1° Rendre vil. Il avilit son rang.... Tous auraient brigué l'honneurdc l'avilir ;

Dans une longue enfance ils l'auraient fait vieillir, rac. Bril. i, 2. || 2° Terme de commerce. Déprécier. L'encombrement sur le marché avilit les marchandises. || 3" S'avilir, v. réfl. Se rendre méprisable. La vertu s'avilit à se justifier, volt. Œdipe, il, 4. On peut, sans s'avilir, S'abaisser sous les dieux, les craindre et les servir, volt. Sémir. il, 7. Moi, jaloux ! qu'à ce point ma fierté s'avilisse ! id. Zaïre, t, 5. y 4° Perdre sa valeur. Et qu'on ne dise pas que je répands ici de fausses terreurs, que les billets delà caisse d'escompte ne s'avilissent point, mirabeau, Collection, t. n, p. 402. || Fig. Saint Augustin dit que ces merveilles [de l'univers] se sont avilies par leur répétition, fén. Exist. 3.

— HIST. xne s. N'avile mie par lui ses parentez, Ronc. p. 443. Quant les vit tuz ensemble entur lui arengiez, Mult fort les esguarda; si lurdist tut iriez: Nefu mais par les suens nulz hum si avilliez, TIi. le mart. 34. || xme s. Et que Fortune ainsinc le face, Que les bons avile et efface, Et les mauves en honor tiengne... la Roxr, 6200. Sachiés, vous vous en avilés, Carge n'ai mieencor apris Qu'il ait vers vous de riens mespris, ib. 3272. Par quoi trop malement s'avile La maleurée, la lasse, ib. 9086. Et aussi se les denrées sunt avillies, beaum. xliv, 24. Si ledevroit cascuns en son cuer despire et avillier, id, xi, 26. Sa vie, qui pas ne l'avilie, Distquedame fu de Teringe, ruteb. ii, 4 57. || xve s. Le fait d'amour est avilé; Car Pitié y est endormie, ch. d'orl. Rond, de Vaillant. Me adville je bien, quant je te doigne [daigne] tenir ne apeler à mon escot, du CANGE, avillare. || xvr s. Que si aucuns pensent que la reprise de leurs mestiers délaissez les avilisse, qu'ils aillent servir les gentils-bommes, lanoue, 4 85. Voyant la chose ainsi avilée, moquée et deshonorée, amyot, Arist. 48. Maudissant ceulx qui les premiers s'estoient ainsi abbaissez et avilez que d'aller faire la cour aux barbares, id. Lys. 40. Dont la débite est d'autant plus avilée, que moins l'on tire d'argent des choses légères que des pesantes se vendans au poids, o. de serres, 684.

— Étym. À et vil; provenç. avilir, avilsir, aveuzir, avilar; espagn. avilar;ital. aviilire, aviilare. L'ancien français n'avait que arillcr; c'est au xvie siècle que avilir entre en usage.

AVILISSANT, ANTE (a-vi-li-san, san-t'), adj. Qui avilit. Acte avilissant. Conduite avilissante. Ô de la servitude effets avilissants, volt. Scythes, i, 3. As-tu vu sa froideur altière, avilissante? id. Tancr. iv, 5. L'insolence absurde et avilissante avec laquelle on affecte encore de ne pas distinguer le théâtre de la foire du théâtre de Corneille, id. Lett. d'Argental, 21 juin, 4 761.

AVILISSEMENT (a-vi-li-se-man).s. m. || l°Élatde ce qui est avili, dégradé. Sans avilissement, atout elle s'abaisse, volt. Scythes, i, 4. Je vous supplie instamment de vous joindre à moi pour empêcher l'avilissement le plus odieux qui puisse déshonorer la scène française et achever notre décadence, volt. Lett. Mlle Clairon, 48 oct. 4760. Les belles-lettres sont dans un étrange avilissement à Paris, id. Lettr. Damilaville, 30 mars 4 764. Vos places rappellent sans cesse les avilissements qui les ont méritées, mass. Pet. Car. Tent. des grands. || 2° Etat de dépréciation des marchandises, des denrées.

— hist. xnie s. Vous faites mal, se Diex me saut [sauve], Qu'il bée à vostre avilement, la Rose, 2944. Ce seroit grant reproche et grant avillement, Hugues Capet, fol. 4 5, dans raynouard. || xvr s. La désobéissance aux magistrats, l'avilissement des lettres et sciences, lanoue, 56.

— étym. Avilir; provenç. avilament, anveliamen.

f A VILLON (a-vi-llon , Il mouillées), s. m. Terme de fauconnerie. Doigt de derrière d'un oiseau de proie.

— ÉTYM. Autre forme de aiguillon, qui s'est écrit aussi awiilon.

f AV1LL0NNER (a-vi-llo-né, Il mouillées), v. a. Terme de fauconnerie. Attaquer avec les serres de derrière.

— ÉTYM. Avillon.

AVINÉ, ÉE (a-vi-né, née), part, passé. Imbibé devin. Tonneau aviné, futailles avinées. || Fig. Etre aviné, être dansl'ivresse. Avoir les jambes avinées, chanceler par suite d'ivresse. Pas mal, en vérité; vos jambes seulement un peu plus avinées, beaumarch. Barbier, i, 4.

AVINER (a-vi-né), v. a. Imbiber de vin. Aviner une cuve, un tonneau.

— HIST. xiii' s. Qui de bon vin fort les aviné Partonop. de Rlois. 7304. Quant la teste est bien avinée, Au feu, dcleiz la cheminée, Siuoz croizons

AVI

[notts nous croisons, allons à la croisade] de plain ruteb. 62. || xV s. Je suis né bas-normand ; maïs ma bouche avinée Dit estre d'Orléans, bassei m xxvin. || xvi° s. Â bon droit le ciel a donné À ime qui n'est aviné, Tousjours quelque fortune dure, rons. 556.

— ÊTYM. À et vin.

f AV1R (a-vir), r. a. Rabattre les bords d'une pièce de ferblanterie pour assembler.

— ÊTYM. Origine douteuse, comme celle de beaucoup de termes de métier, pour lesquels il n'y a

aistorique. Pourtant on peut proposer l'ancien français haver, tirer à soi, havet, crochet (de l'ancien'haut-allemand habên, tenir, saisir, d'après Diez); Vh se serait perdue, comme dans plusieurs mots.

f AVIRAISON (a-vi-rè-zon) , s. f. Détour de l'eau dans les salines.

— ÊTYM. .i et uirer.

AVIRON (a-vi-ron), s. m. || 1° Rame. Le voyageur.... Arrêtant l'aviron dans la main de son guide, a. chénibr, 206. René repoussant le rivage avec un aviron est entraîné par le cours du fleuve, chateadb. Natch. il, 188. || 2° Terme de boucherie. Pelle de bois pour remuer les graisses dans la chaudière.

— HIST. xnc s. Or le [mon cœur] doinst Diex à droit port arriver, Car il s'est mis en mer sans aviron. Coud, x. || xme s. Il est entré en son balelOù il avoit maint aviron; Ses avironeurs environ [il] Apele.... RI. et Jehan. 3871. Il sembloit que la galie volast, par les nageurs qui la contreingnoient aus avirons, joinv. 216. || xves. Maisjetreuve.leplus des mois [la plupart du temps], L'eaue de Fortune si quoye.... Que, s'avirons d'Espoir n'avoye, Souvent en chemin demourroye, ch. d'orl. Bal. 141. Tu veulz nagier sans aviron, Mart. de saint Etienne. || xvi" s. Semblables aux tireurs d'aviron qui tirent et tendent au port luy tournant le dos, charron, Sagesse, i, 2t.

— ÊTYM. À et riron (voy. virer), l'instrument qu'on vire, qu'on tourne. Grandgagnage, trouvant, dans le wallon, naviron, navuron, est porté à croire que naviron vient de navire, et est le thème de aviron, qui en serait une altération. Mais aviron est trop ancien dans la langue pour permettre cette explication. Viron est un mot usité dans l'ancienne langue et qui se trouve dans en-riron.

f AYIKOXXERIE (a-vi-ro-ne-rie), s. f. Terme de marine. Atelier dans lequel on fait les avirons.

— ÉTYM. Aviron.

i. AVIS (a-vî ; Ys se lie devant une voyelle ou une h muette : un avis important, dites : un avi-z-important), s. m. ||i° Manière de voir, opinion. Ils étaient d'avis différents, fën. Tel. v. Volonne dit son avis comme un autre , sév. 40 i . Vous êtes seule de votre avis, id. 215. Aristote est de l'avis du père Beauny. PASC.Pro». *. Ils sontdecontrairesavis, id. ib. ■">. Chacun a son avis, corn. Pomp. i, t. Je voudrais bien que notre bon ***.... choisit ce genre d'écrire, où, à mon avis, il réussirait parfaitement, BkLZ.Liv. vi, lelt. 4. Cependant les avis ne sont point partagés; tout le mondetientqu'il y a eu quelque chose de surnaturel dans les oracles, font. Orael , in dissertation. || Il lui est avis, il pense. Il lui fut avis que le diable.... la font. Ann. || Familièrement. M'esl avis. M'est avis que cet enchaînement de sottises et d'atrocités qu'on appelle histoire ne mérite guère l'attention des hommes sensés, p. l. cour. Lett. 1,145. || 2° Opinion dans une délibération. Ouvrir un avis dans le sénat. Les avis des membres de la commission furent unanimes. || Avis du conseil d'Etat, opinion du conseil d'État en interprétation d'un règlement. || Avis de parents, délibération d'un conseil de famille. || Avis de médecins, consultation de plusieurs médecins. || 3° Vote, dans une assemblée. Donner son avis. Recueillir les avis. || 4" Conseil. Donner des avis. S'il veut suivre vos avis. Recevoir très-mal les avis. Elle donnera dans un jour cent avis, et dans toute une année elle n'en voudra pas recevoir un seul, bourd. Pensées, t. i. 432. Mais je ne veux d'avis que d'un cœur tout a moi, corn. Héracl. il, 7. De cet hymen tes amis indignés Vengeront sur ton sang leurs avis dédaignés, id. Pomp. v, 4. De Maxime et de toi j'ai pris les seuls avis, id. Cinna, v, 1. Un salutaire avis agit avec lenteur, id. Othon, v, 2. La nuit porte avis, id. le Ment, m, 6. Il prend l'avis du reste de la famille, fén. Tél. vin. Phèdre, dans ce palais tremblante pour son fils, De ses amis troub es demande les avis, rac. Phèd. Il, 1. Je ne prends avis quede ma passion, mol. D. Gare, iv, 7. || Donneur d'avis, homme qui a la manie de don-

AVI

ner des conseils sans qu'on lui en demande. || Donneur d'avis se disait particulièrement autrefois de celui qui proposait un moyen pour faire venir de l'argent dans les coffres du roi. Enfin c'est un avis d'un gain inconcevable, Et que du premier mot on trouverait faisable, mol. Fâch. ni, 3. || Familièrement. Sauf meilleur avis; si l'on ne conseille rien de mieux. || 5° Parti qu'on prend. Le meilleur avis qui me reste, C'est de me séparer de toi, malh. v, 5. Et je suivrai l'avis que vous prendrez pour moi, corn. Sertor. iv, 3. || Peu usité en ce sens. || 6° Avertissement. Il ne faut pas que le vieillard néglige les avis que la nature lui donne. Je reçoisvingtavisqui meglacentd'erlroi.BOiL. Épit. VI. Jedevais.ee dis-tu, te donner quelque avis Qui te disposât à la chose : J'aurais trouvé ton testament tout fait, la font. Fabl. vin, i. Les Dieux qui m'inspiraient et que j'ai mal suivis, M'ont fait taire troisfoispardesecretsavis, i\ac. M ithr.rv, 2. || Avisai! lecteur, préface d'un livre ; et figurément, conseil ou reproche adressé d'une manière générale et indirecte. Français, ce trait s'appelle un avis au lecteur, andrieux, Procès du sénat deCapoue. || Terme de commerce. Avertissement par écrit à celui qui doi t payer une lettre de change, de la création decette lettre, ou Lettre d'avis, lettre missive qui contient cet avertissement. || 7° Information, nouvelle. Par un avis secret. Sur l'avis de nos correspondants. 11 vint au gouverneur de sûrs avis sur les projets de l'ennemi. Quel coup de foudre, ô ciel ! et quel funeste avis! rac. Phèdr. iv, 5. Je vous en donne avis, de peur d'une surprise, corn. Cinna, 1, 4. Sans m'en donner avis, mol. Fest. i, 3. Pour te donner avis d'un secret important, id. VÉtour. m, 6. Nous donner avis de ce rare bonheur, id.Z). Gare, ni, 3. Ayant eu avis qu'elle s'en allait, sév. 12. || Proverbes. Il y a jour d'avis; c'est-à-dire rien ne presse. || Autant de tètes, autant d'avis ; chacun a sa manière de voir. — HIST. xii" s. Dont m'ert avis [il m'était avis] que j'ere [étais] en un moustier, Ronc. p. 164. Vostre clairs vis, qui sembloit fleur de lis, Est si aies ore de mal en pis Qu'il m'est avis que me soiez emblée, quesnes, Romancero, p. 108. Moût firent grant folie li mes [messagers], ce m'est avis, Quant tel chose apportèrent à nous en cest pays, Sax. xxvi. || xiue s. Avis m'est qu'il afiere Qu'il soit de ceste chose et maistre et conseillère, Berte, xn. Por lui morrai, au mien avis, Qu'il n'en istra [sortira], ce croi , jà vis [vivant] , la Rose, 41 35. Il m'est avis et as autres aussi, que tex coustumes sontbones et pourfitables à escrire et à registrer, beaum. 14. || xives. Je ai donné et doin à mon filz, pour le avis et pour l'assignementdeson mariage, toute la terre, du cange, avisum. Ne scevent li aucuns prendre certain avis De rendre la cité; moult y furent pensis : Li uns s'y assentoit et li autres envis, Guescl. 15235. Ceux de Cambray se defendoient vassalement et par grant avis, froiss. i, i, 83. Là estoient ces archers d'Angleterre habiles et légers et qui traioient par art et par avis, et de tel ravine que grand laideur estoit à regarder, id. i, i, 306. Le duc de Normandie respondit à la première fois qu'il en auroit avis [qu'il prendrait avis de son conseil], id. i, i, 118. Si firent les chevaliers de Hainaut et leur conseil plusieurs bonnes ordonnances, par grand avis, pour eux mieux garder et défendre, id. i, i, 31. Et s'avisa que.... et ainsi qu'il jeta son avis, il le fit, et ferit son cheval des espérons, id. i, i, 140. Et ordonnèrent [capitaines, ceux de Gand] quatre, à leurs avis, les plus oultrageux, hardis et entreprenants de tous les autres, m. il, n, 57. Quant Jeunesse vit que point ne parloye, Car tout advis et sens perdu avoye, Pour moi parla.... ch. d'orl. 1. || xvi" s. Laquelle [cause du Christ] aujourd'hui est en telle manière du tout deschirée et foulée en vostre royaume, qu'elle semble, advis, désespérée, calv. Instit. Dédie. Les noms de Michel et Gabriel, qui sont en l'Escriture, et le nom de Raphaël qui est en l'histoire de Thobie, semblent, avis, par la signification qu'ils emportent, avoir esté imposez aux anges à cause de nostre infirmité, id. ib. 108. Je seroye d'advis qu'on evitast tous vocables esquels il y a quelque absurdité, id. ib. 186. Il m'a semblé advis bon de faire un traité particulier pour mieux discuter ceste matière, id. ib. 323. 0 monde heureux! il m'est advis que je y suys,RAB. Pant. m , 4. Par ce voyez que Dieu grant advis eust Envers les dames premier qu'en croix mourut, j. marot, v, 297. Estre d'advis qu'onfasse, mont, i, 15. Comme Lamachus fusl d'advis que d'arrivée on allast droit devant Syracuse, amyot, Nicias, 25. Il se laissa aller à la renverse sur le lui, où il e toil à table, comme ne prenant plus d'advis à ce qu'ilz

AVI

faisnient et disoient, id. Sertor. 40. Incontinent après, ayant changé d'advis. il en sceut fort mauvais gré à Eumenes, id. Eumènes, 3.

— ÉTYM. Bourguig. aivi; Berry, évis; provenç. avis; espagn. aviso; ital. avviso ; de à et de vis (voy. vis, s. m.) àevisum, vu : mot à mot ce qui est vu, ce qui semble.

f 2. AVIS (a-vis'). Chevalier d'avis, ordre militaire de Portugal, fondé en 1162 pour repousser les infidèles. Ces chevaliers embrassèrent la règle de Cîteaux ; ils en portaient l'habit blanc, et leurs armes étaient d'or à la croix fleurdelisée de sinople accompagnée en pointe de deux oiseaux affrontés de sable.

— ÉTYM. Avis, oiseau, à cause que deux oiseaux furent aperçus sur le lieu où l'établissement se fonda.

AVISÉ, ÊE (a-vi-zê, zée), part, passé. || 1° Aperçu. Le cerf avisé par le maître dans l'étable où il s'était blotti. || 2° Imaginé. [Le chat] Blanchit sa robe et s'enfarine Se niche et se blottit dans une huche ouverte; Ce fut à lui bien avisé, la font. Fab.m, 18. || 3° Adj. Qui fait attention à, qui agit avec intelligence. Hélas! que nous savons peu ce que nous faisons, quand nous ne laissons pas au ciel le soin des choses qu'il nous faut, quand nous voulons être plus avisas que lui, mol. le Festin, iv, 6. Maxime, en voilà trop pour un homme avisé, corn. Cinna, iv, 5. Les bons esprits Qui savent, avisés, avecque différence, Séparer le vrai bien du fard de l'apparence, régnier, Sat. v. || C'est un malavisé (voy.

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