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BAIE (bê), s. f. Petit golfe dont l'entrée est resserrée

— ÉTYM. Espagn. baliia; ital. baia; angl. bay; du bas-latin baia, port (portum ictères a bajulandis mercibus vocabantbaias, dit Isidore). Mais bajulare ne peut donner baia. On a indiqué pour étymologie baie, porte, parce que la baie est une ouverture dans une côfe, et l'irlandais bddh ou bàgh, petit golfe; mais baie, porte (voy. baie 2), ayant un radical bada, et le celtique bddh ou bâgh ne sont pas conciliables avec le baia d'Isidore; à une époque aussi reculée que le vie siècle, la consonne aurait été conservée, et le mot eût été bada ou baga. On a indiqué aussi la ville de Bayonne, dont le nom se décomposerait en deux mots basques, baia, port, et ona, bon; mais ceci est un cercle hypothétique où Bayonne explique baie, et baie explique Bay une. Il ne faut pas sortir du domaine latin : il y avait Bajœ qui, signifiant un lieu agréable sur la côte de Campanie, avait fini par prendre le sens de tout lieu maritime agréable ; de là le sens roman de baie, qui est un refuge pour les marins. Une particularité vient à l'appui : le latin disait bajx, en deux syllabes avec l'accent sur ba; d'où l'italien baia et le français baie; le grec disait (3aî»i en trois syllabes, avec l'accent sur l'i, d'où une double accentuation qui s'est conservée dans l'espagnol bahia.

2. BAIE (bè), s. f. || 1° Terme de maçonnerie. Ouverture qu'on pratique dans un mur ou dans un assemblage de charpente pour faire une porte, une fenêtre. || 2° Espace qui reste à paver dans une chaussée.

— HIST. xii" s. Et par l'uis dont cuida clore celé baée Est la veie desclose, et l'ire Deu mustrée, Th. le mort. 153.

— étym. Bayer, être ouvert (voy bayer) ; génev. baide, interstice, bède, intervalle.

3. BAIE (bê), s. f. Tromperie, mystification. La muse Qui me repaît de baie en ses fous passe-; Régnier, Sat xv. Mon esprit.... Qui dans ses caprices s'i ouvent se donne la baie, iwFp.uu

BAI

J'ai donné cette baie a bien d'autres qu'à vous, corn, le Ment. m. B. On leur fait admirer les baies qu'on leur donne, m. ib. i, 6- Le sort a bien donné la baie à mon espoir, mol. l'Étour. n, 13.

— Hisr. xme s. Dame, gardez vous de la bi tente inutile], Oui en maint lieu par la contrée S'arest et fait la peut muser, Lai du conseil. Par tel

par tel désir [elle] Passe tant vespre et tant in, Que sa biauté va à déclin, ib. [I x\c s. Mespardonnez-moi que je vous ai fait payer la baie [mystification], louis xi, Nouv. lxxxi. |! xvie s. Ils font contenance d'avoir la teste pleine de plusieurs belles choses ; mais à faulte d'éloquence ne les pouvoir mettre en évidence, c'est une baye, mont, i, 188. Il tint ce dernier avis encores pour une baie, d'aub. Ilist. n, 61.

— ÊTYM. llinjrr (voy. ce mot), parce que celui qui donne une baie, fait bayer celui qui la reçoit. Provenç. en bada, en vain; espagn. et portug. vaya; ital. baja.

4. BAIE (bê), s. f. Terme de botanique. Fruit charnu dépourvu de noyau, et dont les graines sont placées au milieu de la pulpe : tels sont les raisins, les groseilles. On donne aussi par extension le nom de baies à des fruits dont les graines sont contenues dans des loges, tels que ceux des morelles, de la belladone, etc. On eût dit que ses joues [de Clodion] étaient peintes du vermillon de ces baies d'églantiers qui brillent au milieu des neiges, chateaub. Mnrt. 202. || Dimanche des baies, un des noms donnés au dimanche des Rameaux , parce qu'on y apporte souvent des branches de laurier, garnies de leurs baies.

— HIST. xnr s. Et se il y metoit [dans la bierre] autre chose pour efforcier, c'est à savoir baye, piment et pois résines, il l'amenderoit au roi de vint sous de Paris. Lier, des met. 30. || xvi° s. Bague [pour baie de lierre] , bab. L'ant. v , 34. Un emplastre de baies de laurier, pare, vi, 23. Bayes de lierre,

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