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BAH

BAI

f 3. BAGUÉ (ba-ghé) , adj. m. Canon de fusil bagué, canon défectueux, et dont la surface intérieure offre une espèce de bourrelet.

— ÉTYM. Bague.

BAGUENAUDE (ba-ghe-nô-d'), s. f.\\ 1° Fruit du baguenaudier, gousse pleine d'air et de petites graines, et qui éclate avec bruit lorsqu'on la presse. || 2° Ancienne pièce de poésie française faite en dépit des iv gles et du bon sens ; c'était un amphigouri en vers blancs. || 3° Niaiserie.

— hist. xvc s. Comme peut estre créance d'homme si legiere, que telles baguenaudes soient prinses pour doctrine, ou telles superstitions pour vraye religion? a. chartier, l'Espérance, p. 253. Jean respondi à i celle femme: ce sont toutes baguenaudesquetu mebailles.DU cange, bagarotinus. || xvie s. Entre les espèces de nostre poésie, il y en eut une que l'on appeloit baguenaude, qui sembloit avoir esté de propos délibéré introduite' en despit de la vraye poésie, pasquier, Recherches, liv.vn, p. 594. Nota que les Picards dient que les baguenaudes sont coupplets faicts à la voulenté, contenans certaine quantité de syllabes sans ritme ni raison, fabri, Art de la rhétorique, liv. n, p. 58, verso.

— ÉTYM. Origine inconnue. On ne sait même pas si la baguenaude, fruit, adonné le nom à la baguenaude, niaiserie, ou si c'est l'inverse. On serait pourtant tentédeledécomposeren bague-naude (sans pouvoir davantage l'expliquer) à cause du parallé lisme possible avec chique-naude (chiquenaude).

BAGUENAUDER (ba-gue-nô-dé) , v. n. S'amuser à des choses vaines et frivoles. Ton goût est de baguenauder en amour, hamilt. Gramm. 4. Je m'en vais musant et baguenaudant jusqu'à Naples, p. l. cour. Lett. il, 04. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xve s. Par quoy je conclus que mieulx vault nostre mestier et est plus convenable, que d'aler baguenauder à la court et regarder qui a les plus belles pointes, les plus gros bourrelets.... j. de bueil, le Jouvencel, f" 16, recto. || xvic s. Diogenes qui baguenaudoit à part soy roulant son tonneau,

— ÉTYM. Baguenaude.

f BAGUENAUDERIE (ba-ghe-nô-de-rie), s. f. Action de baguenauder, niaiserie.

— HIST. xvie s. Me suis trouvé avec dés damoiselles qui se lavoient la gorge des bagûenauderies que leur avoient ramage leurs courtisans, Contes de cholières , f° 220 , verso.

— ÉTYM. Baguenauder.

i. BAGUENAUDIER (ba-ghe-nô-dié), s. m. Arbrisseau d'ornement fort commun en Europe (colutca arborescens, L.). Les feuilles, purgatives, portent le nom de séné d'Europe, faux séné, séné vésiculeux.

— ÉTYM. Baguenaude.

2. BAGUENAUDIER (ba-ghe-nô-dié), s. m. || 1° Celui qui baguenaude. || 2° Jeu composé d'uncertain nombre d'anneaux, qu'il faut enfiler et désenfiler suivant un certain ordre.

— HIST. xvie s. Quelques rêveries qu'apportent ici ou les philosophes ou ces baguenaudiers, nous avons cela, que rien ne peut porter l'image de Dieu sinon l'esprit, comme de fait Dieu est esprit, calvin, 37.

— ÉTYM. Baguenauder.

t. BAGUER (ba-ghé), v. a. Terme de tailleur. Arranger et coudre à grands points les doublures d'un habit, d'une robe, etc.

— SYN. La différence entre baguer et bâtir est que, quand on a bagué, les grands points restent, et que , quand on a bâti , on enlève ces grands points qui n'étaient que provisoires.

— HIST. xvc s. Edouard fist trousser et baguer tout son bagage, jean de troyes, Chron. 1475. Nous gaignerons nostre escot, car icclle iemme est bien baguée, et créez qu'elle a desrobé qui que ce soit, ou cange, baga. Et Dieu sait, s'elle partit, bien baguée [nippée] , louis xi, Nouv. lxvii. || xvrs. .... Navrent les uns et les aulcuns tuèrent, Les autres prins lyerent et baguèrent, j. marot, v, 28. .... Pour voir amener le Biarnois prisonnier en triomphe, lié et bagué [enchaîné], Sat. Ménip.

— ÉTYM. Baguer, en termes de tailleur, signifie joindre, attacherai estdonc au fond l'ancien baguer, lier, attacher. En espagnol, baga, corde pour attacher une*sharge sur une bête de somme, de môme iacine que bagage (voy. bagues).

t 2. BAGUER (ba-ghé) , v. a. Terme d'horticulture. Enlever un anneau d'écorce aune branche.

— ÉTYM. Bague.

f ». BAGUER (ba-ghé), v. a. Terme de marine. Fixer, installer, placer des bagues où le besoin le requiert.

— ÉTYM. Banue.

BAGUES (ba-gh'), s. f. plur. Bagage. Usité seument en cette phrase : sortirvie et bagues sauves, sortir d'une place de guerre en sauvant ses bagues, c'est-à-dire avec permission d'emporter sur soi tout ce qu'on peut. || Fig. Sertir, revenir bagues sauves; se tirer heureusement d'un danger, d'une difficulté.

— HIST. xve s. Le roy m'envoya parler à ceulx qui estaient dedans Mondidier, lesquelz s'en allèrent leurs bagues saulves, et laissèrent la place, comm. iv, 3.... Or je Vous laisse gantelet etdague, Car au surplus je n'ay plus bague De quoy je me pusse defl'endre, villon, Arch.deBagn. ||xvie s. Ceulx de dedans lors bagues saulves crient, j. marot, v, ai. Marcou souloient crier, et faire grosses bragues, Mais ores vouldroient ils quicter harnoyset bagu in.v, ( 50. Herophytus conseilla aux alliez de prendre plus tost les bagues et despouilles des Perses, que les Perses mesmes, amyot, Cimon, 15. Gylippusleur envoya dénoncer par un herault, qu'il leur permettait de s'en pouvoir aller vies et bagues sauves hors delà Sicile, m. Nicias, 35.

— ÉTYM. Bourguig. baignes; wallon, baguez, hardes; provenç. bagua; espagn. et ital. baga; baslat. baga; du celtique : gaélique et irl. bag; kymri, baich; bas-breton, beac'h, paquet, charge.

BAGUETTE (ba-ghè-f) , s. f. || i° Sorte de petit bâion mince et flexible. || Dans quelques pays, cer tains officiers portaient une baguette quand ils étaient en fonction; de là figurément, le sens d'autorité donné à baguette. Se laisser mener à la baguette, se montrer soumis à une volonté impérieuse. Harlay, le premier président, menait ce grand corps [le parlement] à la baguette, st-sim. 16, 193. Le marquis d'Effiat gouvernait Monsieur, la cour et souvent ses affaires à baguettes, id. 327, 25. || 2° Baguette magique, baguette que portaient les fées, les magiciens. Là j'ai la baguette des fées, A faire le bien je me plais, bêrang. Pc it coin. De sa baguette un ou deux coups Donnaient félicité parfaite, id. Petite fée. || Fig. Cela s'était fait avec un coup de baguette, sêv. 75. Le coup de baguette fait sortir de terre tout ce qu'il veut, m. 177. || 3° Baguette divinatoire, baguette tournante, baguette de coudrier qui tourne entre les mains de certaines gens, et qui est supposée donner la faculté de reconnaître les sources, les trésors cachés, les assassins, etc. ||4° Baguettes de tambour, les deux petits bâtons avec lesquels on bat la caisse. || 5° Baguette de fusil, de pistolet, baguette qui sert à presser la charge dans le canon. On le [Candide] fait tourner à droite, à gauche, hausser la baguette.... volt. Cand. 2. || 6° S. f. plur. Supplice militaire qui consiste à frapper avec une baguette. Passer un soldat par les baguettes. || 7° Terme d'architecture. Petite moulure ronde, en forme de baguette. || 8" Dans les laboratoires, tige de verre pour remuer ou mélanger des substances. || 9° Technologie. Morceau de bois pour aplanir les cuirs, ou surlequel on les fait égoutter. j | Outil de l'artificier , du chandelier. || Lingot d'or ou d'argent réduit à une certaine grosseur par la filière. || 10° Terme de marine. Mâtereau placé en arrière des lias mâts. || 11° Terme de chasse. Sorte de bâton dont le fauconnierse servait pour faire partir la perdrix desbuissons et tenir les chiens en crainte. || 12° Nom des grandes tulipes de Flandre, qui leur vient de leur force et de leur hauteur.

— hist. xvic s. Elles commandent à baguette, et régentent les régents et l'eschole, mont, ni, 281. Vous commanderez comme il vous plaira et à la baguette si vous voulez; mais icy carl. m, io. Un

tas de gens glorieux, résolus, affirmatifs, qui veulent régenter le monde et le mener à la baguette, charron, Sagesse, n, 2.

— ÉTYM. De l'ital. bacchetta, baguette, gaule, de bacchio, bâton, gaule, qui vient du latin baculus, bâton.

yBAGUEUR (ba-gheur), s. m. Instrument propre à baguer.

^- ÉTYM. Baguer 2.

BAGUIER (ba-ghié), s. m. Petit coffre pour serrer les bagnes. Gens tout nourris de flatteries Sont un bijou qui n'entre pas Dans son baguier de pierreries, volt. Ép. LVII.

— ÉTYM. Binjur.

BAH!(bâ), interj. famil. Qui exprime un étonnement mêlé de doute, ou un sentiment d'insouciance, etc.

BAHUT (ha-u ;le t ne se lie pas, du moins dans la

conversation), s. m. || l°Grand coffre garni de cuir, et dont le couvercle est légèrement bombé. Un bahut sculpté. || Huche. La vieille fouille au bahut [prend le pain], la font. Faucon. || Meuble ancien en forme d'armoire. || 2" La dernière assise d'un mur de parapet de pont ou de quai qui est taillé en bahut, c'està-dire bombé. || 3° Dans unjardin, bombement d'une allée ou d'une plate-bande.

— hist. xiir s. Et uns vieus baiis Ocist quatre dus [ducs], Son corps défendant, Fatrasies, édit.Hl' binal, n, 216. || xvc s. Premièrement il [Hue le Dépensier] fut traîné sur un bahut à trompes et à trompettes par toute la ville de Herford , froiss. 1 , 1 , 24.

xvie s. La peau est envoiée au coroieur, pour, accoustrée, servir à faire des grands cribles pour nettoier les bleds, ou à couvrir des coffres à bahu, o. de serres, 836.

— ÉTYM. Génev. bahiu; provenç. bauc; espagn. baul; portug. bahûl, bahû; ital. baule. Ces formes sont trop divergentes pour qu'on puisse déterminer une étymologie plausible, liiez remarque que, si l'on savait que ce mot appartient en propre à l'espagnol, on pourrait croire qu'il vient de bajulus, porteur, en admettant toutefois que l'accent aurait passé de ba sur ju. On fera attention que, tandisqu'en espagnol, en provençal et en italien, bauest monosyllabique, ce qui le représente dans le français et le portugais est dissyllabique. D'après Palsgrave, p. 19, î'/i était aspirée.

BAHUT1ER (ba-u-tié), s. m. Ouvrier qui fait des bahuts, des coffres, des malles. || Locution proverbiale. Faire comme les bahutiers, faire plus de bruit que de besogne.

— ÉTYM. Bahut.

BAI, BAIE (bè, bê), adj. D'un rouge brun, en parlant des chevaux. Je fis trois charges sur mon excellent courtaut bai brun, st-sim. 12, 139. || Variétés: bai fauve, bai clair, bai cerise, baifoncé, bai châtain, bai marron, bai brun. Quand on nomme ces variétés, on les emploie, par ellipse, en adjectif invariable : des chevaux bai clair, bai foncé. On emploie aussi le nom de ces variétés, comme substantif masculin : le bai clair.

— HIST. xne s. Li quens Ernaus broiche le destrier bai, Baouîdc Camb. 124. ||xme s. [Ils] Orent Berte montée sur un palefroy bai, Berte, vn. || xvie s. Les uns la figurent [la licorne] noire, les autres de bay obscur, paré, Licorne, 2.

— ÉTYM. Provenç. bai; espagn. baxjo; ital. baie; bas-lat. baius, bagus, bagius. baiardus (d'où le nom ducélèbre Bayard, cheval de Renaud, fils d'Aimon), du latin badins.

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