‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 220 sur 462 · I. — 3fi · texte numérisé non relu

I. — 3fi

BAI

BAI

BAL

la rivière, et li besa la main tout armée, ioinv. 228. L'eu disoit que la royne Blanche le [le fils d'Elisabeth de Thuringe] besoit ou [au] front par dcvocion, id. 206. || xive s. Toutes bouches qui rient à le fois [parfois], te dist-on, Ne voilent [veuii pas baisier; bien souvent le voit-on, Baud. de Seb. xiii, 42. || xvie s. Ou elle tient Ascaigne qu'elle embrasse, Et baise en luy de son père la grâce, dubell. iv, 8, rerso. Je sçay le vent Libyen, Je sçay bien Quelz flots ceste coste baisent, id. iv, 35, recto. De là il donne à ces deux cornettes qui venoient de charger les Suisses, et aux Lanskenets qui ne les avoient fait que baizer [aborder], d'aub. Hist. i. i<;s. Avant que cette armée eut bai gné] la frontière, id ii, «79. Tout cela exploité si courageusement, que sans la venue des Anglois ils allaient baiser [atteindre] l'artillerie, id. m, soi. Là sera ajusté etajencé l'escusson,de telle sorte que l'escorce de la partie supérieure baise la ligne traversante [de l'incision de l'arbre], o. de serres, eus.

— ÉTYM. Bourguig. boisé; picard, boisier, bagtr; wallon, bâhi; namurois , bauji; rouchi, basier; provenc. baisar; espagn. bezar; portug. beijar; ital. baciare; du latin, basiare.

2. BAISER (bè-zé), s. m. Action de celui qui baise. Donner, recevoir un baiser.... de prendre un

baiser il forma le dessein, la font. Fianc Mes

premiers baisers s'adresseront à vous, Qu'une si longue absence a séparé de nous, rotr. Antig. n,4. Il Baiser de paix, baiser en signe de réconciliation. Il n'a donné à J.-C. le baiser de paix que pour le trahir, mass. Hech. I. || Baiser de Judas, baiser perfide. Je ne vous donnerai pas un baiser de traître, boss. Messe.

— HIST. xvie s. Un long baiser, dubell. iv, 75, recto. Car je baisois volontiers une bouche Qu'à plein baiser des deux lèvres on touche, id. iv, 75, verso.

— ÉTYM. Baiser.

BAISEUR, EUSE (bè-zeur, zeû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui se platt à baiser.

— ÉTYM. Baiser.

BAISOTTÉ, ÉE(bè-zo-té, tée), part, passé.

BAISOTTER (bè-zo-lé) , v. a. Diminutif et fréquentatif de baiser. Familièrement. Elle est toujours à baisotter cet enfant. || Se baisotter, v. réfl. 21s ne font que se baisotter.

— REM. L'Académie met deux t à baisotter, et n'en met qu'un à clignoter, crachoter, etc. C'est une anomalie qu'il faudrait corriger, en ne mettant partout qu'un seul t.

— HIST. xvic s. Et dès leur tendreté enfance ne prenoient plaisir qu'à jouer ensemble, s'embrasser et baisotter continuellement, yver, p. 533.

— ÉTYM. Baiser, et la terminaison diminutive oter.

BAISSE (bê-s'), s. f. || 1° Diminution du prix des marchandises. Los sucres, les cafés ont éprouvé de la baisse. || 2° Dépréciation des effets publics. Les effets, les actions sont en baisse. Seuls ils font la hausse et la baisse, Ont seuls tous les emprunts oubérang. Échelle. \\ Jouer à la baisse, vendre des rentes à condition que, les livrant à terme, on riera ou perdra la différence en moins que les : nds peuvent subir entre le jour de la vente et le jour de la livraison. || 3" Terrain affaissé. || Terme de mer. Le reflux de la marée.

— ÉTYM. Voy. BAISSER.

BAISSÉ, ÉE (be-sé, sée), part, passé. || 1° Incliné et dirigé en bas. Tenant les yeux baissés vers la terre. L'œi] morne maintenant et la tête baissée, rac. Phèdre, v, 5. || Fig. Tête baissée, /oc. adv. Hardiment, sans rien considérer ni ménager. L'àme doit se roidir plus elle est menacée, Et contre la fortune aller tête baissée, corn. Médée, i, 5. Quand quelqu'un nous emploie, on doit, tête baissée, Se jeter dans ses intérêts, mol. Âmph. m, 8. [| Êtourdiment, inconsidérément. Donner tête baissée dans un piège. Donnant tète baissée dans les premières agaceries, hamilt. Gramm. G. || 2° Soumis, qui se courbe. Bloin, Eagon, tout baissé et tout courtisan qu'il était, se demandèrenl si on laisserait mourir le roi sans voir son archevêque, st-sim. 405, 45. || 3° Qui n'a plus la même force qu'auparavant. Cet homme baissé dans sa vieillesse. 11 a fort bien fait son personnage; il i i pas encore baissé, sëv. 582. Vous êtes vieilli : voudriez- vous que je crusse que vous êtes baissé ? la bruy. 5.

jBAISSEMENT (bê-se-man), s. m. Action de baisser. Quelque baissement de tête, un soupir mortifié, deux roulements d'yeux, rajustent dans le monde tout ce qu'ils [les hypocrites] peuvent faire, mol. D. Juan, v, 2,

— étym. Baisser; provenc. bayssamen; ital. bassamenlo.

BAISSER (bè-sé), v. a. || 1° Mettre en bas, mettre plus bas. Baisser un mur. Baissez la jalousie. Elle baissa son voile. || 2° Descendre d'un point élevé. Baisser le pavillon d'un vaisseau. || Fig. Baisser pavillon devant, quelqu'un, lui céder. || 3° Incliner, pencher. Baisser la tête. || Fig. Saint Augustin baissait la tête sous l'autorité de l'Eglise, boss. Instr. f. Il faut se soumettre et baisser la tête, sév. 576. Il faut baisser la tête et souffrir, in. 563. || 4° Diriger en bas ou plus bas. Tu pleures, malheureuse, et lu les yeux, volt. Zaïre, il, 3. La modestie fait baisser les yeux, boss. Honn. 3. || Fig. Qui! moi, baisser les yeux devant ces faux prodiges, volt. Fanât, i, \. || Fig. Baisser l'oreille, paraître confus d'un échec qu'on reçoit. || Fig. Baisser la lance devant quelqu'un, lui céder. || 5° Terme de manège. Baisser la main à un cheval, le lancer aussi vite qu'il peut aller. || 6° Par extension, en parlant de la voix et du son des instruments, mettre plus bas. Baisser un instrument. Baisser la voix, parlermoins haut. Baisser le ton, prendre un ton moins élevé; et figurément, prendre des manières moins arrogantes. || 7° Terme d'imprimerie. Baisserla pointure, rectifier le registre lorsqu'il est imparfait. || 8° Terme de fauconnerie. Baisser le corps, faire maigrir le gerfaut. || 9° V. n. Aller en diminuant de hauteur. La rivière a baissé d'un mètre. Le vin baisse dans les tonneaux. Le soleil baisse, s'approche de l'horizon. || Substantivement. Averti par le baisser du soleil de l'heure de la retraite, J. j. rouss. Prom. 5. Vers le baisser du soleil , la sœur d'Outougamiz se retira à l'entrée d'une grotte, chateaubr. Natch. n, 3o2. Plusieurs vaisseaux avaient appareillé au baisser du soleil, id. Bené.Ztb. || Par extension. Le jour baisse, se dit lorsque le soleil s'enfonce sous l'horizon. Mais le jour baisse et l'air s'est épaissi, ducis, Othello, v, 2. Rien ne manque à ces lieux qu'un cœur pour en jouir, Mais hélas! l'heure baisse et va s'évanouir! lamart. Harm. ni, 2. Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir, bérang. Bonsoir. Puis la raison, lampe qui baisse, N'a plus que des feux tremblotants, id. 50 ans. || 10° Diminuer de valeur, de prix. Cette marchandise baisse. Les actions, les rentes baissent. Le prix de l'or a baissé. || 11° Perdre de sa puissance, de son influence. Dès ce moment Carthage commença à baisser. C'est le sort des choses humaines de baisser toujours en s'éloignant de leur source, mass. Bern. || Diminuer, en parlant des forces physiques. Ce malade baisse rapidement, il s'affaiblit trèsvite. IJDiminuer, en parlant des facultés intellectuelles. Son esprit baisse, son cœur s'affaiblit , boss. Hist. i, G. Une longue maladie avait fait baisser l'esprit de Dioclétien, id. Hist. i, to. Je suis bien malade: tout baisse chez moi, hormis mes tendres sentiments pour vous, volt. Lettr. Damilaville, 5 avr. -t 7 o 5 . || Sa vue baisse , elle devient moins bonne, il y voit moinsbien. || Fig. et familièrement. Ses actions baissent, son influence, son crédit diminuent. || 12" Terme de musique. Ne pas tenir exactement le ton. Une corde neuve baisse presque toujours. Ces musiciens ont chanté un trio sans accompagnement et n'ont pas baissé d'un quart de ton. Baisser d'un ton , d'un demi-ton. || Fig. Baisser d'un ton, prendre un ton moins élevé. Eh bien baissons d'un ton, la font. ?, n, l. || 13° Terme de marine. Baisser, se dit du vent quand il passe de l'amont à l'aval. || 14° Se baisser, v. réfl. Incliner, pencher le corps plus ou moins bas. Son ombre vers mon lit a paru se baisser, rac. Allia', il, 5. Ils se baissent aux portes, de peur de se heurter, la bruy. 2. || Familièrement. 11 n'y a qu'à se baisser et en prendre, c'est une chose très-facile à gagner, à faire; ou, par antiphrase, on dirait vraiment qu'il n'y a qu'à se baisser et en prendre, la chose est beaucoup plus difficile que vous ne le supposez. Il semble à vous entendre Que vous n'ayez ici qu'à vous baisser et prendre, regnard, Ménech. v, 6. || Fig. C'est un homme qui ne se hausse ni ne se baisse, il ne s'émeut de rien, il est toujours égal. || 15° >e baisser, être baissé. A cette triste nouvelle, sa tête se baissa sur sa poitrine.

— REM. Baisser, v. n. se conjugue avec l'auxiliaire avoir, s'il s'agit d'une action qu'on veut exprimer : la rivière ;i baissé aujourd'hui; avec l'auxiliaire être, s'il s'agit d'un état : la rivière est bien baissée.

— HIST. xie s. [Il] Baisse son chef, si comence à penser, Ch. deRo'. îx. Paien y liassent leur chef et 1 ni i ienton, ib. ccxxxvn. || xir s. Li soleuz bessc, si prist à anuitier; Et la vesprée commence .'t es-

poissier, Bataille d'Aleschans, 985. Ele le vit. si bessa le menton, Ne put parler , ne lui dist o in non, Romancero, p. 40. ||xv° s. Si baissa son espée au roi et lui dit : chevalier, je me rends votre prisonnier, froiss. i, i, 328. À ces paroles et demandes ne respondit point Philippe d'Arte . elle ; mais passoit outre et baissoit la teste, id. ii, ii, <52. || xvie s. La veuë luy commencea premièrement à baisser, et un peu après il la perdit du tout, amyot, Timql. 49 Les gens de bien et d'honneur baissans les testes en furent fort desplaisans, id. Marin:, 52. Sur le soir l'eau commença un petit à s'escouler, et puis se baissa si fort la nuict, que.... id. Lucull. 4. Ilz se jetterent la teste baissée à travers eulx, id. Crassus, 54.

— ÉTYM. Bas, adjectif; wallon, bahi; namurois, bachi; bourguig. boissé; picard, sebacher; provenc. baissar; espagn. baxar; ital. bassare.

f BAISSIER (bè-sié), s. m. Spéculateur qui joue à la baisse sur les fonds publics.

— étym. Baisse.

BAISSIÈRE (bè-siê-r'), s. f. || 1° Le reste du vin dans une pièce en perce, quand il approche de la lie. || 2° Terme d'agriculture. Enfoncement qui , dans une terre labourée, retient l'eau de la pluie.

— HIST. xve s. (''e>t trop enchérir la bassiere Du tonneau qui est deffoncé, coquillart, Droits nouveaux. || xvie s. Et beurent si net que il n'y demoura rien, exceptez quelques meschantes baissien

le vinaigre, rab. Pant. il, 28.

— ÉTYM. Baisser.

| BAISS01R (bè-soir), s. m. Réservoir en maçonnerie qui , dans les salines , reçoit l'eau concentrée.

— ÉTYM. Baisser.

BAISURE (bè-zu-r'), s. f. Côté par lequel deux pains se sont touchés dans le four.

— ÉTYM. Baiser.

f BAITRE (bè-tr'), s. f. Un des noms du grèbe.

BAJOIRE (ba-joi-r'), .v. f. Médaille ou monnaie empreinte de deux têtes affrontées ou superposées. || 11 a vieilli.

— étym. On dit que bajoire est corrompu pour baisoire, parce que les deux têtes semblent se baiser.

BAJOUE (ba-joue), s. f. || 1° Partie inférieure île chaque côté de la tête du cochon, et qui s'ét dessous de l'œil à la mâchoire. || 2° Êminenc se trouvent à la machine servant à apprêter le plomb pour garnir les vitres.

— ÉTYM. La particule dépréciative ba.... (voy. ba....), et joue. Bajoues est rendu par]

nether chekes , dans Gilles du Gue/ 902),

Quelques-uns disent bajou, et le fuit masculin; c'est une grosse faute.

f BAJOYER (ba-joi-ié), s. m. Paroi en maçonnerie, qui revêt la chambre d'une écluse. Le bajoyer est large.

— ÉTYM. Il y a, dans- l'ancien français, le substantif bnjoe ou baioe, qui signifie une sorte de panier. Porter leur pain en leur corbeillons ou en leur bajoes, Liv. des met. \a. Pains qui vient à cheval, ou à asne, ou en baioes. ib. 3\0. Ce mot est peutêtre le même que bajoyer, ainsi dit par assimilation avec une manne où l'on porte quelque chose. Bajoe tient peut-être au bas-latin bajulona, civière, de bajulare, porter.

BAL (bal), s. m. \\ 1° Assemblée dansante. Donner un bal. Aller au bal. Bal public. Bal costumé. Bal masqué. Les bals sont très-nombreux cet hiver. Quelle joie les dames ont eue d'apprendre que celui qu'elles ont vu triompher dans les bals fasse la même chose dans les armées ! voit. Lettr. \ 40. Chez la reine , où il y avait bal, hamilt. Gramm. 7. L'autre hiver, chez un ministre, Il mena ma femme au bal, bërang. Sénat. || Donner le bal, amener les musiciens pour faire danser une compagnie. Qu'ils viennent vous donner le bal, mol. Préc. ic || Ironiquement. Donner ie bal à quelqu'un, le maltraiter. ||Fig. Mettre le bal en train, engager une discussion, exciterles es || 2° En termes de jeu, mettre une carte au bal, jouer sur cette carte. On dit, dans un sens analogue; c'est le bal de telle carte.

— rem. Au pluriel nous disons bals; l'ancien français écrivait bals ou baus , qui se prononçaient l'un comme l'autre.

— hist. xne s. Droe entra el chastel sor son cheval, Mil en troba as tresches e mil au bal, Gei ard de Ross. p. 373. Il xine s. Et s'elea tropgrosses espaules Por plaire as dames et as baules, De délié drap robe port [qu'elle porte|, ta Rose, «3524. Si cheveil [ses cheveux] sont par ses espaules; Lors n'ot talent de mener bauls, ruteb. ii, <2i. Les pucelles de la

CAL

BAL

BAL

BÎtè, Qui lo bal orent démené, Entour clic sont et

• . ,\ leur .cuise le bal m non d'Ail' is

dans ifta. Danses, baus et caroles

veîssiez commencer, Berte, xi. xvi* s. Voici

une damoiselle qui, selon la loi du bal continu,

main, la présenta au chevalier de et aj ' ence, le pria gracieuse-

ment de faire un tour de salle pour l'amour de la agnie, yver, p. 6U. Au demourant tout leur bal consiste au mouvement de leurs pieds, amïût, S uni a 28.

— ETYM. Voy. baller; provenç. bnl; espagn. . ital. ballo. Une des formes de l'ancien français boule se rapproche de l'espagnol par Ve qui l'a termine.

BALADIN, IXE (ba-la-din,din'),s. m.etf. |l 1° Anciennement, danseur, dan '.use de théâtre. Il la fit chanter et danser, avec les façons, les gestes et les mouvements qu'avaient à Rome les haladines , stévremond, Historiens français, dans richelet. Du temps de Plu tarque, les parcsoùl'on combattait à nu et les jeux de la lutte rendaient les jeunes gens lâches et n'en faisaient que des baladins, montesq. Espr. vin, il. i| 2° Farceur, bouffon. Arlequin et Scaramouche sont des noms de baladins. On les prendrait [les auteurs du xvm* siècle] pour les baladins de la grande race qui les a précédés, chateaub. . m. îv, 5. || 3° Sot, homme ridicule. C'est un franc baladin. Ce sens a vieilli.

— REM. Il vaudrait mieux écrire, ainsi que dans le xvic siècle, dans la trc édition du Dictionnaire île L'Académie et dans Furelière, ce mot par deux //, comme ballade, baller, auxquels il tient. On ne voit pas pourquoi l'orthographe a été changée.

— msr.xvr s. Baladins et danseurs, amyot, Syila, 2. Un Candiot qui s'appellait Zenon, qui estoit baladin du roy, id. Artax. 27.

— ÉTYM. Ballade, dans le sens de danse; espag. bailarin, danseur; ital. hallerino.

BALADIN AGE iba-la-di-na-j'), s. m. |l 1° Plaisanterie bouffonne et de mauvais goût. || 2" Sottise. C'esl un baladinage que deux tomes de lettres dans lesquelles il n'v en a pas une seule d'instructive, volt. S. de L. XIV, 32.

— ÉTYM. lialadin.

BALAFRE (ba-la-fr'), s. f. H 1° Taillade faite, particulièrement sur le visage, par une arme tranchante. || 2° Cicatrice qui reste quand la blessure est guérie. || 3" Fig. Le plus aimable des hommes qui me fait des balafres et crie qu'il est égratigné, volt. Roi de Prusse, (29.

— 1IIST. xvie s. La balafre du duc recevant quelpi • eau ou de l'oeil ou d'elle mesme, Larchant lui fit aporter un mouchoir, d'aub. Hist. m, isi. Et il fit une grand balafre à ce tabourin [le creva] avec ce couteau, desper. Contes, xxxn. Oultre ce que les taches s'agrandissent selon l'eminence et clarté du lieu où elles sont assises , et qu'un seing et une verrue au front paroissent plus que ne faict ailleurs une balafre, mont, i, 3:î2.

— êtym. Wallon, barlafre; namurois, berlafe ;milanais, barleffi; ital. sberleffe. Diez le tire de la particule bar, bes, bis, qui signifie de travers, mal, et l'ancien haut-allemand Leflur, lèvre; de sorte que cela signifierait une mauvaise lèvre (lèvre dans le sens de plaie béante) ; et il cite le champenois berlafre. qui signifie v. :! à la lèvre. Grandgagnage est porté à croira que b< lafre est de même origine que le wallon lafrer, lofrer, dans dilafrer, gâter, avec bar, de travers; une balafre serait donc une blessure oblique. Ce sont, on le voit, seulement des conjectures; d'autant plus qu'on peut alléguer aussi le bas-latin balafdrdus, balasardus, sorte d'épée courte, qui est le même que balisarde, la fameuse épée que se disputent les paladins dans l'An-

BALAFRÉ, ÉE (ba-la-fré, frée), part, passé. Visage balafré. Henri III fit assassiner Guise le Balafré.

BALAFRER (ba-la-fré), v. a. Blesser quelqu'un d'une balafre. Le duc. d'Orléans ayant commandé à un officier de faire marcher un escadron, il le refusa, sur quoi le prince lui balafra le visage, st-sim. 4fi3, 154. Mon père voulut faire demander la vie a de Vardes, qui ne le voulut pas; mon père lui dit qu'au moins il le balafrerait, m. 10, 120.

— hist. xvie s. Le voiant vieux, hideux de nature, balafré, ils l'avoient pris pour un Zopyre. b'atjb. hist.m, 224. Les Mahumetans qui se balai frent le visage, l'estomach, les membres , pour gratifier leur prophète, mont, ii, 259.

— êtym. Balafre.

BALAI (ba-lè), s. m. || 1" Ustensile de mén tg i, fait de menues tiges ou de crins et servant à net-

toyer. Balai de bouleau, de crin. Donnez un coup de balai dans cette pièce. || Faire balai neuf, montrer beaucoup de zèle, en parlant des nouveaux domestiques, et, par extension, de tous ceux qui entrent en de nouvelles fonctions. || Rôtir le balai, littéra ement en être réduit à brûler, faute de bois, le balai, et, figurément, ne point profiter en quelque métier, en quelque profession, passer sa vie dans un emploi de peu d'importance, dans une condition subalterne. Mme de Maintenon fut revêtue, trente-deux ans durant, du personnage de confidente, de maîtresse, d'épouse, de ministre, après avoir été si longtemps néant, et comme on dit, avoir si longtemps et si publiquement rôti le balai, st-sim. 414, 210. La duchesse de la Ferté avait une fille qui avait un peu rôti le balai, et qui commençait à monter en graine, id.59, 234. || Par une autre extension du sens de brûler littéralement le balai, faire de grandes dépenses, des folies, des débauches. Ils ont longtemps rôti le balai ensemble. Il Enfin, par une troisième" dérivation, rôtir le balai, s'est dit des sorcières qui mènent une vie désordonnée. || 2° En termes de vénerie, la queue des .et, en termes de fauconnerie , celle des oiseaux de poingse nomment balai. || 3" En langage de marin, balai du ciel, le vent du nord-est.

— REM. Béranger a dit : Sachez que la nuit dernière, Sur un vieux balai rôti, Avec certaine sorcière Pour l'enfer je suis parti, Enfers. Les sorcières à la vérité étaient dites aller au sabat sur un manche àbalai; mais elles ne rôtissaient le balai que figurément. Balai rôti est donc une méprise. Avant de toucher aux locutions proverbiales, il faut en connaître à fond l'origine.

— hist. xne s. E se nuls bat sun maistre, il se maine à beslei [il se conduit mal ] ; Par kei est cil qui tient e carcan e balei, Th. lemart. 73. Li evesques de Lundres tint el puing is balai, Reguarda le cors saint e reguarda le rei, ib. 162. Mis pères vus bâti de verges déliées, mais je vus bâterai de grandimes balains, ki serunt dur e espimis, Rois, 282. En cest païs n'ai ami si courtois, Que vers ces deux me valsist un balois, H. de Camb. 29. || xme s. Tu iez saluz de nostre essence, Balais de nostre vanitei, Cribles de nostre conscience, ruteb. ii, <4. La charretée de balles doit un denier de tonlieu, Livr. des métiers, 323. Or y faut fourche et fléau, Balay de bou [bouleau] et grant et biau, Choses qui faillent en ménage. || xive s. Elle, toute courroucée, avoit mis le balay derrière l'uis, Ménagier, i, 6. Et le [l'épervier] doit l'en [on] tenir si court que, au reget de son débat, il ne mefface à son balay [queue], ib. m, 2. || xve s. Sorcier et chevaucheur de balai , du cange, caballarii. || xvie s. Prend le ballay et tout à l'environ Va nettoyant la meule et le gyron, dubell. vu, 3, rerso. Doux esventaux de l'air, frais balais de la terre, du bartas, dans furetière.

— ÉTYM. Berry, balai, genêt; provenç. balay; du celtique : bas-breton, balan , genêt (sens conservé dans le Berry), balaen, balai; kymri, bala, au pluriel balaon , brout des arbres. La filiation est probablement celle-ci : balaen, d'où balain dans l'ancien français, d'où, par atténuation, balai.

BALAIS (ba-lê), adj. m. Rubis balais, variété de rubis, couleur de vin paillet. || Fig. Rougeurs au nez d'un ivrogne. Son nez.... Où maints rubis balais tout rougissants de vin, rëgnier, Sat.x.

— HIST. xiu" s. Ma parole est moult vertueuse, Ele est cent tans plus précieuse Que saphirs, rubis, ne balai, la Rose, 20125. || xve s. Plus que rubis noble ou balais, ch.d'orl. Bal. <02. Ils gaignerent trois belles perles appellées les trois frères, ung autre grand ballay, appelle la hotte, une autre appelée la balle de Flandres, qui estoient les plusgrandes et les plus belles pierres que l'on sceust trouver,

Page 1