BALANCIER (ba-lan-sié), s. m. Artisan qui fait
et vend des poids et des balances.
— ÉTYM. Balance.
BALANCINE (ba-lan-si-n') , s. f. Ternis de marine.
Cordage qui, descendant de la tète du mât, va au bout d'une vergue pour la soutenir à cette extrémité.
— ÉTYM. Balancer, tenir en balance.
BALANÇOIRE (ba-lan-soi-r') , s. f. || 1° Pièce de
bois mise en équilibre, et sur laquelle se balancent deux personnes placées chacune à un bout. || 2" Escarpolette.
— SYN. Balançoire se dit fréquemment pour escarpolette, mais par abus; car la balançoire est précisément ce qui, configuré comme une balance, s'élève par un côté et s'abaisse par l'autre.
— ÉTYM. Balancer; Berry, berlancoire ; wallon, birlance.
■J-BALANÇON (ba-lan-son) , s. m. Bois de sapin débité en petites pièces.
■ BALANDRAN (ba-lan-dran) ou BALANDRAS (balan-drà), s. m. Ancien manteau. Qu'il ait.... A son long balandran changé son manteau court, Régnier, Sat. xiv. Le soleil dissipe la nue.... Sous son balandras fait qu'il sue, la font. Fab. vi, 3.
— ÉTYM. Bas-lat. balandrana, dans des textes du xme siècle et du midi; espagn. balandran; ital. palandrana.
BALANDRAS (ba-lan-drâ) , s. m. Voy. balandran.
BALANDRE (ba-lan-dr') , s. f. Sorte de bâtiment de mer. Il y avait [à Vive-Saint-Êloi] quarante-cinq balandres chargées de munitions de guerre et de bouche, ST-SIM. 278, 13.
— étyji. Bas-lat. palandaria; ital. palandra. \ BALANIFÈRE (ba-la-ni-fê-r') , adj. Terme de
botanique. Qui porte des glands, qui a pour fruit des glands.
— ÉTYM. Balanus, de fSâXavo;, gland, et ferre, porter.
f BALANITE (ba-la-ni-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation de la membrane muqueuse du gland.
— ÉTYM. BâXavoç, gland.
t BALANOÏDE (ba-la-no-i-d') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a l'apparence d'un gland.
— ÉTYM. Bà>avo;, gland, et eToo;, forme. t BALANOPHAGE (ba-la-no-la-j), adj. Terme de
zoologie. Qui vit de glands.
— ÉTYM. Bà'/.avo:, gland, et {payelv, manger.
BAL
t BALANOPHORE (ba-la-no-fo-r'), adj. Terme de botanique. Qui porte des glands.
— ÉTYM. BâXavo;, gland, et <popè;, qui porte.
f BALANT(ba-Ian), s. m. Terme de marine. Partie de la manœuvre qui n'est pas halée , c'est-à-dire qui n'est ni roidie ni bandée.
— ÉTYM. Mauvaise orthographe au lieu de ballant. BALAUSTE (ba-lô-sf), s. f. En pharmacie, fleur
desséchée de grenadier. I| En botanique, tout fruit charnu pluriloculaire , polysperme, qui provient d'un ovaire infère, et est couronné par les dents du calice, comme celui du grenadier.
— HIST. xvie s. Balustre, qui est la fleur de la grenade, paré, h, i. Prenez balaustes, escorces de grenades.... ID. XVIII, 92.
— ÉTYM. Ba)a'J<TtiOV.
BALAUSTIER (ba-lô-stié), s. m. Grenadier sauvage.
— ÉTYM. Balausle.
BALAYAGE (ba-!è-ia-j') , s. m. || 1° Action d'ôter
les ordures avec un balai. || 2° Frais du balayage. Le balayage du devant de la maison est à la charge du rez-de-chaussée.
— ÉTYM. Balayer.
BALAYÉ, ÉE (ba-lé-ié, iée), part, passé. Appartement balayé et frotté tous les jours. || Fig. Les nuages balayés par les vents.
f BALAYEMENT (ba-lè-man), s. m. Action de balayer.
— ÉTYM. Balayer.
BALAYER (ba-lè-ié), je balaye, tu balayes, il
balaye ou il balaie, nous balayons, vous balayez, ils balayent ou ils balaient; je balayais, nous balayions, vous balayiez; je balayerai, oubalaierai, ou balafrai ; je balayerais, ou balaierais, ou balafrais; balaye, balayez; que je balaye, que nous balayions, que vous balayiez, qu'ils balayent; que je balayasse; balayant; balayé, v. a. \\ 1° Nettoyer un lieu avec un balai. Balayer une allée. H Enlever avec le balai. Balayer la poussière, les araignées. || Fig. Balayer les nuages. Balayer les corsaires. Les rues furent balayées par la fusillade. Oddo, vous pouviez seul, réparant nos revers, Des flottes d'un tyran balayer nos deux mers, delav. Vêpres sic. iv, 4. Delphes n'a plus d'oracles; Le temps a balayé le temple et les miracles, lamart. Harold, i. Ces enfants à qui je souris, Mon pied balaiera leur poussière, bérang. Juif errant. || 2° Par extension, se dit de quelque chose qui traîne à terre. Sa robe, son manteau balaye la terre. Quand ses lauriers [du Pinde] .... Vont balayer la fange des cachots , bérang. Damoclès.
— REM. La prononciation balier est un archaïsme et un provincialisme, contre lequel Ménage mettait déjà en garde et dont il faut en effet se préserver.
— HIST. xie s. Jusqu'à la terre li chevoel lui balient, Ch. de Roi. lxxvi. [Il] Brandist la lance, où l'enseigne balie, Roncisv. p. 58. Tantes enseignes contre venz baloians, ib. p. -135. Et prent Fespieu à or resplendissant, A cinq clox d'or l'enseigne bauliant, Raoul de Camb. 20. || xnic s. Les maisons [elles] firent baloier, Deseure et dessous nettoier, Bl. et Jeh. 4580. Il sunt tuit entré en la sale, Qui ne fu mie orde ne sale, Mais grans et bêle et baloïe, ib. 3052. || xive s. Il fait un gros balai , si va tout balayer, Girart de Ross. 435t. || xve s. Si très tost que ces bourgeois aperçurent ces bannières et ces pennons à grand foison ventiler et baloier.... froiss. i, i, 272. || xvie s. Allumer les cierges, bailler les temples, tendre aux soris, calv. Instit. -H 86. L'autre le va par les flancs costoyant, Et l'autre encor va devant balloyant Les banesde sable.... dubell. viii, 16, rcrlo. Qu'il faille emploier plus de temps à balier la maison, qu'à en labourer les terres, o. deserres, 18. Les caves seront souvent baloiées, id. 201.11 vouloit que l'on acquist des héritages et maisons où il y eust plus à semer et à pasturer, que non pas à baîier et à arrouser, amyot, Caton, H). Deux mil estoient, plombées deschargerent, Sonnent tabours, enseignes balloyerent ; C'estoit plaisir, j. maroï, v, (05. Au lieu du fier Marcou, qui souloit baloyer Sur le haut du donjon, ils ont faict desployer Et mettre
un linge blanc sur le bout d'une lance, id.v,)57
Ou d'autant que l'haleine Des eures [vents d'est], baloyant la poudroyante plaine, Amoncelle dans l'air quelque poussier fécond, du bartas, i" semaine.
— ÉTYM. Balai; Berry, balier; provenç. balayar. Baloier ou balier, dans l'ancien français, a deux sens : nettoyer avec un balai et flotter au vent. Dans ce dernier sens, est-ce le même mot? Diez ne le croit pas et le rapproche de l'italien-lombard balicà, se balancer, flotter; il se demande si ce ne serait pas un dérivé de ballare, danser. Il est ceitain qu'un
BAL
bas-latin ballicare aurait donné baloyer, balier; mais le son aise transforme très-facilement, dans la lan* gued'oil, enoi.-témoin esmaier et esmoier; c'est ainsi que balaicr a pu donner baloier. Toutes les formes dans l'un et l'autre sens sont tellement semblables qu'elles portent à n'y établir aucune différence d'origine; puis la signification ne s'y oppose pas, puisque balayer a encore un emploi très-analogue dans : une robe qui balaye la terre, t BALAYETTE (ba-lè-iè-f), s. f. Petit balai.
— ÉTYM. Diminutif de balai.
BALAYEUR, EUSE (ba-lè-ieur, ieû-z'), s. m.etf.
Celui, celle qui balaye. Dansla mansarde me voilà, Me voilà pauvre balayeuse, bérang. Cinq étages. Comme balayeuse on me loge, Depuis quarante ans, Dans le château, près de l'horloge, id. //. rouge. || Fig. Parmi eux [les valets] , s'en remarquaient d'autres de gens principaux de la cour qui étaient accourus aux nouvelles, et qui montraient bien à leur air de quelle boutique ils étaient balayeurs, st-sim. 293, 24L
— ÉTYM. Balayer; Berry, balieur.
BALAYURE (ba-lè-iu-r'), s. f. \\ 1° Les ordures
amassées avec le balai. || Balayures de mer, plantes, débris que la mer jette sur ses bords. ||2° Fig. Cet homme [saint Paul] méprisé de la foule, rejeté comme les balayures du monde, chateaub. llin. i, 143. Qâme pécheresse, qu'as-tu mérité sinon d'être la balayure du monde?FÉN. xvin, M. || Proverbe. Il y a des balayures à chaque porte, c'est-à-dire chaque famille a ses misères.
— REM. L'Académie ne donne balayures qu'au ■ pluriel ; mais l'exemple de Fénelon prouve qu'on peut très-bien l'employer au singulier.
— HiST.xvrs. Les balieures de la maison, cossats, troncs de choux, et autres reliefs du jardin, o. de serres, 21.
— ÉTYM. Balayer; Berry, haliure.
fBALBUTIK (bal-bu-sie), s. f. État habituel de
celui qui balbutie. La balbutie de l'enfance. Le temps me poursuit et voilà que je m'en retourne à la balbutie, dider. dans legoarant. Notre langue est celle qui a retenu le moins de ces négligences que j'appellerais volontiers des restes de la balbutie des premiers âges, id. ib.
— HIST. xvie s. Il luy demeura une balbucie, c'est à dire fut bègue, ne sachant expliquer ce qu'il desiroit dire, taré, viii, 23. Voylà un exemple de la balbucie de cette enfance, mont, iv, 2).
— tT\U. Balbutier; ital. balbutie.
BALBUTIÉ, ÉE (bal-bu-si-é, ée), part, passé. Des
excuses balbutiées.
BALBUTIEMENT (bal-bu-sî-man), s. m. Vice de prononciation de celui qui balbutie. Tout en me promenant je faisais ma prière qui ne consistait pas en un vain balbutiement de lèvres, j.j. rouss. ('n)if. vi. Il n'est point un ivrogne à balbutiement et à hoquets,volt. Lettr. d'Argental, 4 juin 1770.
BALBUTIER (bal-bu-si-é). || 1° F. n. Articuler les mots d'une manière hésitante et imparfaite. Cet enfant balbutie. Quand la mémoire vacille, la langue balbutie, j.j. rouss. Ém. i. Si on le voit balbutiant dans l'enfance, raisonnant dans l'âge mûr et balbutiant de rechef dans la vieillesse, dider. 5. le liv. de l'esprit. || 2° Fig. Parler sur quelque sujet confusément et sans une connaissance suffisante. Il a voulu parler sur cette affaire, mais il n'a fait que balbutier. || Balbutier, v.n. se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 3° V. a. Balbutier un compliment. L'enfant en essayant sa première parole Balbutie au berceau son sublime symbole [de Dieu], lamart. Médit, i, <8. Dieu! ma bouche balbutie Ce nom des anges redouté; Un enfant même est écouté Dans le chœur qui te glorifie, id. Harm. i, i.
— SYN. BALBUTIER, BÉGAYER, BREDOUILLER. Ce
sont trois vices de prononciation. Le balbutiement est un parler mal articulé soit à cause de l'âge (enfance ou vieillesse), soit à cause d'une émotion. Le bégayement est une maladie convulsive des organes vocaux, qui consiste en un empêchement de prononcer certaines syllabes et une répétition saccadée de certaines autres. Le bredouillement consiste à rouler les paroles les unes sur les autres et à les confondre.
— HIST. xve s. Le comte entendit bien la parole; mais parler ne put; carilavoitjà sa langue si morto. et le palais si clos qu'il ne faisoit mais que balbutier, FROISS. m, IV, 20.
— ÉTYM. Balbutire, de balbus. L'ancien franc, avait bauboier. avec le même sens, et qui venait d'un verbe bas-latin, balbicare, île ba'bus, bègue.
t BALBUTIEUU (lul-bu-si-eur) , s. ni. Celui qui balbutie. Ce mot , dit un peu fermement, frappa tout
BAL
BAL
le momie; les balbutieurs ne surent qu'y opposer
— ÉTYM. Balbutier.
t BALBUZARD (bal-bu-zar), s. m. Nom d'un genre
(pnndion) de l'ordre des oiseaux de proie. Le balbuzard (pandion fluvialis) est le plus intrépide pêcheur de tous les oiseaux carnassiers.
— ETYM. Angl. bald-buzzard, le bu/ard chauve (busard, de buse, est, dans l'ancien français, le nom d'une mauvaise espèce de faucon). Il y a aussi dans le bas-latin balbuzare, balbutier ; il se pourrait qu'à cause de quelque particularité de son cri, on l'eût appelé lebalbutieur;et alors l'anglais viendrait du français et aurait été, par le vice de l'assimilation, interprété comme si c'était bald-buzzard , le buzard chauve.
BALCON (bal-kon), s. m. || 1° Construction en saillie sur la façade d'un bâtiment à l'un des éta es, et communiquant avec les appartements. Et du haut d'un balcon, pour calmer la tempête, Sur ses nouveaux sujets faisons voler sa tête, corn. Nicom. v. s. D'un balcon chez mon frère J'ai vu.... que ne peut-on, madame, vous le taire? id. Othon, v, 8. H 2.° Ouvrage de serrurerie servant d'appui aux personnes qui regardent par une fenêtre. || 3° Dans un théâtre, petite galerie placée à droite et à gauche de la scène. || 4° Terme de marine. Galerie ouverte ou découverte qu'on faisait à l'arrière de certains vaisseaux pour l'ornement ou la commodité: dit aussi jardin. Sa Majesté n'estime pas qu'il fût bien nécessaire de faire abattre les balcons et la sculpture des vaisseaux de ladite escadre, Dépêche de seignelay, 468), dans jal. || 5° Terme de fondeur. Métal qui se trouve à l'extrémité des pièces coulées, au point de réunion des moules.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. balcon ; portug. balcâo; ital. balcone. Ces mots proviennent d'un radical qui se trouve dans l'italien balco,palco, échafaud ; bas-lat. balcus; picard, bauque, poutre, de l'ancien haut-allem. balcho, palcho, poutre. Mot récent en français; Mercure françois, t. ix, année 1623, en marge et pour expliquer balcon : C'est une sorte de fenestre qui s'advance au dehors en forme de saillie.
BALDAQUIN (bal-da-kin) , s. m. || 1» Espèce de dais d'un lit d'où tombent les rideaux. Un lit à baldaquin. || 2° Ouvrage d'architecture servant de couronnement à un trône, à un autel.
— ÉTYM. Bas-lat. baldakinus, baïdekinus , baudekinus, baudaquinus, baldekinius ; ital. baldacchino; proprement nom d'une étoile très-riche , qui, ayant servi à faire des tentures, a fini par donner son nom à l'ensemble de l'appareil qu'elle couvre, et même à un ornement architectural; de Baldaco, nom altéré de Bagdad, ville où se fabriquait ce genre d'étoffe.
BALE, voy. balle 4.
BÂLE (bâ-P), s. f. Terme de botanique. Voy. balle 4. BALEIXE (ba-lè-n'), s. f. || 1» Mammifère de l'ordre des cétacés, et le plus grand de tous les animaux. Dame baleine était trop grosse, la font. Fab. i, 7. || 2° Fanons ou barbes de la baleine. Les baleines d'un parapluie. Quand ton sein, ô Madeleine, Sort du corset de baleine, Libre enfin du velours noir.... v. hugo, Bail, 9. Les femmes ignoraient l'usage de ces corps de baleine, j. j. rouss. Ém. v. || 3° Blanc de baleine, matière grasse, concrète, que l'on retire du tissu cellulaire interposé entre les membranes du cerveau de certaines espèces de cachalots, et non de la baleine, qui ne fournit pas > ubstance. || 4n En astronomie, la Baleine, constellation de l'hémisphère austral. || 5» Fig. En termes de mer, lame qui passe accidentellement parle bord. Aspersion d'un seau d'eau jeté sur un matelot qui s'endort.
— hist. xi° s. De la baleine qui en son corps l'aveit, Ch. de Bol. ccxxiv. || xne s. Aussi com en la mer est puissanz la baulaine, Sur touz autres poissons est dame et chastelaine.... Sax. xxx. || xme s La balaine dit qu' ele ira Et durement li' aidera Li et sa gent, envers charnage, Fabli. édit. barbazan iv, 86. Que l'en ne puisse brochier gantelés de baleine, fors sur teiles sueues [cousues], et qu'il seront de bone balene, Liv. des met. 371. De tous autres poissons est gas [plaisanterie] vers la grandour de la baleine, que Dieux mist en mer, Psautier f° t25. 'O xive s. A ce grant mur miner tellement [il] se formene, Un tel trou i a fait par puissance haultaine, Qu'on y eûst bouté le chief d'une balaine 140. || XVIe s. Une drachme de nature dé ■perma ceti), pare, x, 2. Amonition comme molue, merlus, saulmons, balaines, anchois, id. ■ ■ Quand la baleine est saoule, elle brame et crie si fort qu'on la peut ouyr d'une lieuë francoise m. Monstr. app. t.
BAL
— étym. Balama; grec, çdXaiva, <p<xaï]; allem. Wall; isl. suéd. et dan. lirai; angl. whale.
BALEINÉ, ÉE (ba-lè-né, née), adj. Garni de baleines. Col baleiné.
BALEINEAU [ba-lè-nô] , s. m. Le petit de la baleine. Les baleineaux et leurs mères.
— ÉTYM. Baleine.
BALEINIER (ba-lè-nié), s. m. || 1° Navire équipé
pour la pêche de la baleine. Un baleinier. || Adjectivement. Un navire baleinier. || 2° Celui qui fait la pêche de la baleine. || Celui qui vend des fanons de baleine.
— hist. xv» s. Feroit le duc de Bretagne venir et amener par la rivière de Loire barges et balenniers à planté, froiss. n, n, 73. Et leur avoit-on dit [aux Anglots] par une nef balengniere qui s'estoit emblée en Normandie que le siège des François estoit devant Evreux, id. ii, ii, 28.
— ÉTYM. Baleine.
t BALEINIÈRE (ba-lè-niê-r') , s. f. Terme de manne. Embarcation longue, étroite et légère pour la pèche de la baleine. || Canot de la même forme.
— ÉTYM. Baleinier.
BALENAS (ba-le-nà), s. m. Le membre génital de
la baleine mâle.
— ÉTYM. Baleine.
BALÈVRE (ba-lè-vr'), s. f. || 1" L'ensemble des
lèvres, avec un sens de dénigrement et de mépris. || 2° Terme d'architecture. L'excédant d'une pierre sur une autre, près d'un joint. || Éclat produit dans la pierre, près du joint, par une trop grande pression. || 3° Dans la fonderie, inégalités à la surface d'une pièce fondue. || Dans la serrurerie, le fer qui à l'extrémité d'un barreau, excède la traverse dans laquelle ce barreau est assemblé.
— rem. L'Académie définit ce mot lèvre inférieure. C'est une erreur de sens, produite par une fausse étymologie.
— hist. xme s. Si a son balevre retrst, Les eulz clôt et la langue tret, Ben. 3955. Je oy dire que il en fist cuire [brûler] le nez et la balevre à un bourgeois de Paris, joinv. 293. Les cheveus ot tout hericiés, Les yex crues [creux] en parfond gliciés, Vis pale et balievres sechies, la Rose, 40202. || xiv s. Nous voulons qu'on lui fende [au blasphémateur] la lèvre de dessus d'un fer chaud et que les dens lui apparaissent; à la tierce fois, la lèvre de dessous; et à la quarte toute la baslevre, du cange, banlauca. Les fist mener jusque vers le gibet, et coper les nés et bauleffres, id. ib. Le baulievre dessus, c'est assavoir ce qui est entre le nez et le baulievre desous, id. ib. Aiez la teste droite et les bolievres tousjours mouvans en disant oroisons ou prières, Ménagier, 1, 2. y xve s. Quand ils sentirent ces sagettes qui leur perçoient bras, testes et baulevres, froiss. i, 1, 287. y xvie s. Aussi se cognoit aucunement l'aagé des chevaux aux balievres crespues de dessus, contant pour autant d'années qu'on y treuve de plissures, 0. DE SERRES, 304.
— ÉTYM. Le sens des exemples prouve que balevre signifie l'ensemble des lèvres, et aussi la lèvre de dessus ou la lèvre de dessous. Aussi dans du Cange, donne-t-on pour étymologie ban, comme dans banlieue, signifiant pourtour. Mais en comparant les mots qui ont le même préfixe, on voit qu'ici il y a la particule ba, au sens dépréciatif (voy. ba....) et lèvre.
BÂLI (M-li), s. m. Voy. pâli.
f BALICORNE (ba-li-kor-n'J ou BALISCORNE (ba-h-skor-n'), s. f. Pièce de fer d'un soufflet de forge.
f BALINE (ba-h-n') , s. f. Grosse étoffe de laine pour l'emballage.
BALISAGE (ba-li-za-j'), s. m. L'ensemble des balises placées.
— étym. Bas-lat. balisagium (voy. baliser) I. BALISE (ba-li-z'), s. f. \\ 1° Terme de marine.
Perche surmontée de quelque objet, ordinairement d'un petit baril, et servant d'indice à la navigation || 2° Espace laissé libre le long des rivières pour le halage des bateaux. On dit plus souvent chemin de halage. || 3° Marque que les calfats laissent dans leur travail pour indiquer ce qu'ils ont fait. || 4> Terme de pêche. Bouée servant à indiquer l'endroit où est établi un filet au fond de l'eau.
— hist. xne s. E entre ces murs furent larges places cume de balie, et li pavimenz fud richement de marbre aturnez, Rois, 2.-,i. || Xve s. Le maistre est tenu à pourvoir sa forme, lui et ses compagnons, et lui mettre balis, qu'ils apiergent [apparaissent à plein, du cange, ba isagium.
- ÉTYM. Espagn. valisa; portug. baliza. Chevallet le tire de l'anglo-saxon balye, baquet, a
cause du petit baril que l'on met d'ordinaire à la balise. Il n'est pas tout à fait sûr que, dans le premier exemple de l'historique, balte se rapporte à notre mot; pourtant balise signifie aussi l'espace laissé pour le chemin de halage, et, d l'exemple, il s'agit en effet d'un espace laissé vacant. Il paraît, par l'autre exemple, qu'on a dit aussi balis. Ces textes sont des nents,
mais ils ne décident pas l'étymologie.
2. BALISE (ba-li-z'), s. f. Fruit du balisiei BALISE, EE(ba-li-zé, zée), part, passé. Rivière balisée.
t BALISEMENT (ba-li-ze-man) , s. m. L'action de mettre des balises.
— ÉTYM Baliser.
BALISER (ba-li-zé), v. a. Indiquer par des balises les hauts fonds et les passes. || renne i forêts. Débarrasser le cours d'une rivière pour en faciliter la navigation.
— hist. xv' s. Le maistre est tenu à pourvoir que la forme soit bifu balingée, que les marchans n'y ayent doumaige, du cange, ba isagium. || xvies. Ayant faict balizer la rivière en quatre endroits pour la guayer d'une rive à l'autre, carl. vu 7
— ÉTYM.BaZwe t.
BALISEUR (ba-li-zeur), s. m. || 1» Celui qui veille
à l'entretien du chemin de halage. || 2" Em préposé au balisage des ports.
— ÉTYM. Baliser.
BALISIER (ba-li-zié), s. m. Plante originaire des
Indes (arundo indien,, L.). Les balisiers sont de grandes et belles plantes vivaces, que Ion cultive dans nos serres à cause de leurs feuillages et de leurs fleurs.
— ÉTYM. Caraïbe balliri, p. r. breton, Dict. fr. car BALISTE (ba-li-sf), s. f. || 1° Dans l'art militaire
des anciens, machine qui servait à lancer des ti des javelots, des pierres, etc. || 2" En histoire naturelle, genre de poissons remarquables par la vivacité de leurs couleurs, par leur extrême agilité et par l'espèce de cuirasse à compartiments dont leur corps est revêtu.
— ÉTYM. Balisla ou ballista, de SàXieiv lancer.
BALISTIQUE (ba-li-sti-k'), s. f. Science qui traite du jet des projectiles.
— étym. Batiste.
BALIVAGE (ba-li-va-j'), s. m. Choix et marque
des baliveaux qui doivent être conservés dans les coupes des forêts.
— étym. Baliveau.
BALIVEAU (ba-li-vô), s. m. || 1" Tout arbre réservé lors de la coupe d'un bois et destiné à devenir arbre de haute nitaie. D'après l'époque de leur réserve ou balivage, les baliveaux sont dits : de l'âge, modernes ou anciens, selon qu'ils ont été réservés une première, une deuxième, une troisième fois, etc. Les baliveaux que l'ordonnance oblige de laisser dans les bois. buff. Exp. sur les régi taux, -!' inéni. Les arbres qui poussent vigoureusement en bois produisent rarement beaucoup de fruit; les baliveaux se chargent d'une grande quantité de glands etannoncent parla leur faiblesse, id. ib. Les baliveaux font plus de tort à l'accroissement des taillis, plus de perte au propriétaire, qu'ilsne donnent de bénéfice, id. ib. || Adjectivement. On coupa et enleva, ma forêt de Larçai, quatre gros chênes baliveaux o quatre-vingts ans, p. l. cour, i, Ht. || 2" J de jardinage. Jeune arbre non taillé, et qui fi droit avec toutes ses branches. || 3" Terme de m çonnerie. Grande perche pour faire des éch dages.
— hist. xuie s. Item il demora à l'empereor. au parc de Pifons, cent arpens de bois de huit ans et les boiviaus qui demeurèrent au parc, du c Villeli. Append. p. 26. || xive s. Baivariis, g, dicte les baiviaus, id. baicarius. Fane reti tu bavieaulx ou d'estallons pour repoupler la fo Ordonn. des Rois, t. vu, p. 774.
— étym. Bas-lat. baivarius , bayvellus. Prenant en considération la forme française baliveau, le ba latin ballivus, bailli, l'emploi debajulus échalaSj on est porté à penser (mais ce n'esl i conjecture) que baliveau dérive d • baju US, ce qui porte ou soutient, par l'intei. une l'orme telle que, par exemple, bajulivellus (voy. baile et
DAlLLl).
BALIVERNE (ba-li-vèr-n'), s. f. , chose puérile. Je n'entends rien :, ces mol. les Préc. 5. Dès que Mme d'Argent ,1 , pleine convalescence, et qu'elle pour balivernes, volt. Lett. d'Argenlal, 18 ai
-hist. xve s. Hé! quel bailleur de balivernes
BAL
font ce cv? Or tosl que je soye Payé en or ou en . Patelin.
— ÊTYM. Bourguig. baiiliiarne. Origine inconnue. Il y a. dans le bas-latin, balinvernia, sorte
de voile à n.i\
BAUVERNEB (ba-li-yèr-né), v. n. S'occuper de balivernes. Il ne fait quebaliverner. Maisvous-mi me, ma mie, êtes-vous ivre ou folle, De me baliverner avec vos contes bleus [me baliverner, me conter des balivernes]? régnard, Ménechm. n, 9. || Il se conj .née l'auxiliaire avoir.
— hist. xnc s. Ils s'envont balivernant et traisnant [dans un récit], mont, i, 35.
— ÊTYM. Baliverne.
BALLADE (ba-la-d'), s.f. || 1° Pièce de vers coupée en stances égales et suivie d'un envoi d'un nombre de vers ordinairement moindre; toutes les stances et l'envoi lui-même sont terminés par le même vers qui sert de refrain. Les ballades les plus sévères sont sur deux rimes; mais le plus souvent on se contente de ramener dans les stances suivantes les rimes de la première. La ballade redoublée est une ballade à deux refrains, l'un au milieu, l'autre à la fin de chaque stance. La ballade, asservie à ses vieilles maximes, Souvent doit tout son lustre au caprice des rimes, boil. A.poet.u. La ballade, à mon goût, est une chose fade; Ce n'en est plus la mode; elle sent son vieux temps, mol. F. sav. m, 5. On voit accourir de vagabonds troubadours qui ne savent chanter que des ballades à refrain, chateaub. Génie, i, v, 5. || Chanson à danser. La demoiselle du château dansait une ballade avec le fiancé, id. ib. H, i, 50. || 2° Récit en vers disposé par stances régulières et souvent reproduisant des traditions ou légendes. Les ballades de Schiller. || Proverbe. C'est le refrain de la ballade, se dit de ce qu'une personne ramène sans cesse dans ses discours. [Us] Vous di- -snnt: «Mais, monsieur, me donnez-vous cela? » C'est toujours le refrain qu'ils ont à leur ballade,
RÉGNIER, Sat. II.
— hist. xive .... fors seulement désir qui ne me lait pas durer de vous veoir; et sur ce ay fait une balade, laquelle je vous envoie enclouse en ces présentes, machault, p. 130. || xvr s. Desjà les jeux, danses, ballades, banquets et superlluités de coiffures et dorures avoyent presque toutes cessé, p.\- USSY, 108.
— ÉTYM. Baller; provenç. ballada; ital. ballata, chanson à danser.
f BALLAGE (ba-la-j'), s. m. Terme de métallurgie. Corroyage qui a lieu entre le réchauffage et l'ée définitif.
BALLANT, ANTE (ba-lan, lan-t'), adj. Qui pend et oscille. Les uns, les bras ballants, s'arrêtent pour dormir ou pour voir couler l'eau, arnailt, Souven. d'un Sexag.t. m, p. 53.
— Hisr. xm° s. Et li vilain, qui va balant [s'agitant] En l'eve.... Ren. 5922.
— ÊTYM. Uni 1er.
f BALLABIN (ba-la-rin), s. m. Terme de fauconnerie. Faucon apporté de Hongrie, petit et de plumage brun avec la tète noire.
I RVLLAST iba-last'), s. m. En termes de marine, amas de cailloux et de gros sable servant de lest; en ternies de chemin de fer, sable servant à recouvrir les traverses en bois.
— ÉTYM. Anglais et allemand, ballast, lest.
f BALLASTAGE (ba-la-sta-j') , s. m. Opération par laquelle on ensable une voie ferrée.
tBALLASTIÈRE, s.f. Lieu d'extraction du ballast.
\ . BALLE (ba-1') , s. f. || 1° Petit gli ibé fait de substance élastique, servant à jouer à la paume. Jouer à la balle. Lancer la balic. Le> hommes s'occupent à suivre une balle et un lièvre, pasc. Div. to. |] Balle au mur, balle en long, balle empoisonnée, noms de divers jeux qui se jouent avec une balle. || Avoir la balle belle, recevoir une balle qui se présente bien pour être relancée; et, figurément, avoir une occasion favorable. || Par extension. La lumière est composée de petites balles qui bondissent sur ce qui est solide , fonten. Bondes, 2 "soir, l! Fig. Â vous la balle, cela s'adresse à vous, cela vous regarde. || Se renvoyer la balle, sedécharger l'un sur l'autre d'un embarras, et aussi se moquer alternativement de quelqu'un. Le roi ne prit pas son parti [de Chamillart], et le laissa malmener par Bouilers et Harcourt, qui se renvoyaient la balle, st-sim. 232, 99. || Prendre la balle au bond, profiter d'une occasion favorable. || Fig. et populairement. Enfant de la balle, enfant d'un maître de jeu de paume, et, par extension, toute personne élevée dans la profession de sa famille. J'étais en quelque sorte enfant de la balle, j. j. rouss. Conf. iv.
BAL
Il 2° Petite boule de métal servant à charger une arme a l'eu. Et d'une main que 1 i balle a meurtrie, i i :rce on riant deux pelits lils jumeaux, minANG. Vieux serg. Personne ne réclamera contre la balle (lui me percera la poitrine, chateaub. Natch. Il, 20(5. || Balles ramées, deux ou trois balles de plomb jointes ensemble par un fil d'archal tortillé. || Ce canon est de huit livres de balle, de douze livres de balle, le boulet de son calibre doit peser huit li- \ ros. douze livres. || Terme demarine. Balleà queue, boulet monlé.à l'extrémité d'un manche, dont on se sort, après l'avoirpréalablement rougi, pour fondre le brai. || Terme de pêche. Traîner la balle, employer une ligne terminée par uneballeou un boulet. || Proverbe. Au bon joueur, la balle lui vient, c'est-à-dire nu bniume habile sait faire tourner en sa faveur les chances fortuites. La balle au bon joueur, sév. 433.
— hist. xvi0 s. Jouoit à la grosse balle, et la faisoit bondir en l'air autant du pied que du poing, rai., i, 24. Deux cens milliers de poudre, douze mille balles [boulets] et deux mille pionniers, lanoue, 579. Poitrot disoit à qui le vouloit ouyr, son désir de tuer leGuisard, monstroit des balles fondues exprès, et parla se rendoit ridicule, d'aub. Hist. i, (76. Des basilics [canons] de divers calibres, jusques à 80 livres de balles, id. ib. i, 246. Aiant les reins couppez d'une balle ramée, id. ib. il, 287. La baterie commença donc le lendemain , un coup de laquelle porta une baie artificielle ou autre dans la tour des poudres, qui mit en ruine une partie delà ville, id. ib.iu, 523. Bussi commenda au capilaine Bonnet, qui menort son régiment, de mettre basle en bouche et allumer deux mèches, id. ib. n, 4 83. Une balle ou vessie remplie de vent, paré, v, <5. Les historiens sont ma droicte balle, ils sont plaisants et aysez, mont, ii, 109.
— ÉTYM. Espagn. bala; ital. palla; de l'ancien haut-allem. balla, palla; allem. moderne, Bail; angl. bail; anc. Scandinave, bôllr. Le mot est celtique aussi : gaélique, bail.
2. BALLE (ba-1'), s. f. || 1° Gros paquet de marchandises. Un libraire en dépêche à Paris une balle de 2000 exemplaires, volt. Lett. à Cath. 84. Céluta tomba évanouie sur des balles de marchandises qui couvraient le quai, chateaub. Natch. il, 212. || Marchandise de balle, marchandise de qualité inférieure. || Fig. et familièrement. Homme de balle, homme sans capacité, sans valeur; chose de balle, chose sans mérite. Allez, rimeur de balle, opprobre du métier! mol. Femmes sav. m, 5. En effet, ce petit juge de balle est fier! montfl. l'etn. juge, iv, 2. Ce rapport de balle achevé en peu de mots, le duc de la Force resta en place, st-sim. 609, 241. || 2° Balle de coton, nuage blanc et léger qu'on observe dans les régions tropicales. || 3° En termes de guerre, balle à feu, sorte de sac plein d'artifice, qu'on lance soit pour éclairer un terrain, soit pour frapper l'ennemi.
— HIST. xvie s. Une petite balle de mercier, lanoue, 554. Ce ne sont point Estats de balle, ni de ceux qu'on vend à la douzaine, Sat. M en. p. t. Encores choisirent-ils gens pour faire basles, pour porter vivres aux quartiers, et y despartir munitions, d'aub. Hist. II, 149.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. bala; ital. balla; allem. Ballen; angl. baie. Le même que balle i, le paquet étant quelque chose d'arrondi.
3. BALLE (ba-1') .s. f. Terme d'imprimeur. Tampon avec lequel on appliquait l'encre sur les caractères. Aujourd'hui on se sert du rouleau.
— ÉTYM. Le même que balle, boule.
4. BALLE ou BALE (ba-1') ou BÂLE (bâ-1'), s.f. Terme d'agriculture. Petite paille ou capsule qui sert d'enveloppe au grain dans l'épi. Balles d'avoine, réunion de toutes les petites enveloppes florales qui restent après le battage de l'avoine. || En termes de botanique, nom par lequel on désigne tantôt le calice membraneux ou glume qui entoure l'épillet dans les graminées, tantôt le périantlie particulier à chaque fleur, quelquefois même l'ensemble des enveloppes écailleuses de la fleur ou de l'épillet.
— REM. Balle ou baie est plus usité que baie.
— HIST. xvtc s. Â l'aube du jour, il se leva premièrement un petit vent, qui esleva le dessus seulement et le plus délié de celle terre pouldreuse, comme la baie quand on vanne le bled, amyot, Sert. 24. La baie et bourriers des bleds battus en l'aire, o.
— ÉTYM. Burguy rattache ce mot au kymri ballasg, ballan, peau, glume, gousse.
•f BALLE-QUEUE (ba-le-keue) , s. f. Oiseau dit aussi hoche-queue.
— ÉTYM. Baller, agiter, cl queue.
BAL
BALLER (ba-lé), v. n. Danser. Car il [le singe] parle, on l'entend, il sait danser, baller, LA font. Fab.ix, 3. Il fut dansé, sauté, balle, id. Joc. Sa femme dansait et ballait et ne se donnait nul soin de son ménage, gui patin, Lett. 662. || Vieux; présentement on dit danser.
— HIST. xin" s. Or, sachez vraiement, [elle] n'a talent qu'ele baie, Berte, xxvn. Tost m'en enflera li viaires : Maudahez ait tel saintueres Qui en tel guise fait baler Ciaus [ceux] qui le veulent aorer, Ren. (8419. Il en pacience travaillent, Et baient et tripent et saillent, la Rose, 5068. Lors veïssiés carole [danse] aler, Et gens mignotement baler, ib. 752. || xvie s. Les elephans, les lions, les chevaulx, les chiens, il [Gaster] faict dancer, baller, voultiger, combattre, nager, soy cacher, apourter et prendre ce que il veult, rab. Pant. iv, 57. Ce fut luy qui le premier inventa la manière de baller armé, amyot, Numa, 23. Hz vont chantans par la ville, en ballant leur danse armée, id. ib. L'autre desfraya à Athènes la danse des enfants qui balloient en rond, id. Arist. il, 2. Un navré de ceste beste [tarantule] ballant ainsi, les joueurs se trouvant las cessèrent, et le pauvre balleur cheut en terre comme mort, ayant perdu ses forces, paré, Introd. 24.
— ÉTYM. Wallon, baler, danser, flotter; provenç. ballar ; espagn. et portug. bailar; ital. ballare, du bas-latin balla, balle ou paume. Le jeu de la balle ou de la paume était un jeu accompagné, au moyen âge comme chez les Grecs, de danse et de chant; de là le sens de baller.
BALLET (ba-lè ; le t se lie dans le langage soutenu : un ballet à l'opéra, dites : un ba-lè-t à l'opéra; au pluriel, Vs se lie : les ballets à l'opéra, dites: les ba-lè-z à l'opéra; ballets rime avec faits, laids, succès, etc.), s. m. || 1° Danse figurée exécutée sur un théâtre ou ailleurs. Un maître de ballet. Je ne sais quand on dansera ce ballet, sév. 459. La nuit nous allions donner la musique aux dames, et fort souvent nous faisions des ballets que nous dansions aux meilleures maisons de la ville, Francion, liv.vi, p. 223. || Les ballets ont souvent servi d'intermèdes dans des pièces plus considérables. ||Fig. Que le plaisir ne soit autre chose que le ballet des esprits, pasc. P. div. 70. || 2° Pièce de théâtre mêlée de pantomime et de danses, dite aussi balletpantomime.
— hist. xiii° s. Il n'aillent pas ci jor à carollesne à giex ne à balestiaux, du cange, ballare. || xvr s. Les nymphes descendirent pour danser un ballet, d'aub. Hist. n, to4. La nouvelle en fut célébrée à son de cloche, feux de joie, ballais et tournois, id. ib. 458. Dances, balets.... carrosel et balet à cheval, ID. ib. III, 480.
— ÉTYM. Diminutif de bal.
7 BALLIER (ba-lié), s. m. Terme d'agriculture. Lieu d'une grange où l'on rassemble toutes les menues pailles provenant du battage et du vannage.
— etym. Balle 4.
\ . BALLON (ba-lon), s. m. \\ 1° Vessie enflée d'air, et recouverte de cuir et plus souvent de peau, qu'on lance avec le poing. Le jeu du ballon. Notre souffleur à gage Se gorge de vapeurs, s'enfle comme un ballon, la font. Fab. vi, 3. || Poche sphérique en caoutchouc, enflée d'air et fermée hermétiquement pour le môme usage. || Familièrement. Être enflé comme un ballon, être très-gros, et quelquefois avoir trop mangé; et figurément, être bouffi d'orgueil. || 2° Aérostat. Monter en ballon. Faire une ascension en ballon. Sans même essayer la rjacelle, Nous voyons s'enfler les ballons, bér. Fort. || Ballon d'essai, ballon qu'on lance pour connaître la direction du vent. || Fig. Cela n'est qu'un ballon d'essai, cela n'a été fait que pour se rendre compte des dispositions des gens. || 3" En chimie, vase de verre, de forme sphérique, muni d'une ou de plusieurs ouvertures dont chacune a un col cylindrique ou conique. || 4° Bombe d'artifice en carton. || Sac plein de poudre et de projectiles. || 5° Motle de terre que lepotierprépare pour la mettre en œuvre.
— HIST. xvi° s. Avecques leurs paroles deceptives et pleines de vent, les dateurs enflent une ame ainsi qu'un ballon, lanoue, 330. Faire d'un pied legier poudroyer les sablons, Voir bondir par les prez l'enflure des ballons, rons. 663.
— ÉTYM. Balle \ ; ital. pallone.
2. BALLON (ba-lon), s. m. Sorte de bâtiment à plusieurs rangs de rames dont on se sert pour naviguer sur les fleuves et les mers du pays de Siam.
f 3. BALLON (ba-lon), s. m. Nom, dans la Lorraine, des sommets arrondis d'une montagne.
BAL
— ÊTVM. Sans doute par comparaison avec un ballon I.
BALLONNE . ÉE (ba-lo-né , née) , part. passé. Terme de médecine. Ventre ballonné.
BALLONNEMENT (ba-lo-ne-man), s. m. Terme de médecine. Distension considérable du ventre par des gaz accumulés dans les intestins.
— étym. Ballonner.
f BALLONNER (ba-lo-né) , v. a. Terme de médecine. Gonfler. Les fourrages verts ballonnent les bestiaux. || Se ballonner, v. réfl. Devenir ballonné. Le ventre se ballonne dans cette maladie.
— ÉTYM. Ballon.
BALLOXNIER (ba-lo-nié), s. m. Celui qui fait, qui vend des ballons à jouer.
— ÉTYM. Ballon.
BALLOT (ba-lo ; le X ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel 1'* se lie: les ballots et le colporteur, dites : les ba-lo-z et.... Ballots rime avec sots, repos, maux, faux, etc.), s. m. || Petite balle il" marchandise. Il replie son ballot et s'en va, i. j. rouss. Ém. ii. Vous avez bien fait de laisser vos ballots à Grignan, sèv. 328. || Fig. et familièrement. Voilà votre vrai ballot, cela vous convient tout à fait. Elle eut bientôt trouvé Le vrai ballot ; l\ font. Orais. Madame se trouva si enrhumée qu'elle n'y put aller [à Marly] ; le roi jugea que c'était là son vrai ballot qu'il ne trouverait de longtemps , et le saisit : il nomma Mme de la Chaise pour Marly, st-sim. igs, 182. Mme de Manneville était fille de Montchevreuil; et c'était tellement leur [des du Maine] vrai ballot [pour être dame d'honneur] qu'on ne comprend pas comment elle n'y avait pas été mise d'abord, st-sim. 4, 63.
— ÉTYM. Diminutif de balle 2.
BALLOTE (ba-lo-t'), s. f. Terme de botanique. Genre de labiées auquel appartient la ballote noire, dite vulgairement marrube noir et marrube puant.
— REM. L'Académie écrit ballotte, mais à tort.
— ÉTYM. Latin, ballote, de pa/Xuxr), marrube. BALLOTIN (ba-lo-tin), s. m. Diminutif de ballot.
Petit ballot.
— ÉTYM. Ballot.
BALLOTTADE (ba-lo-ta-d') , s. f. Terme de manège. Air relevé dans lequel le cheval détache entièrement du sol et fléchit les quatre extrémités, sans faire de ruade.
— ÉTYM. Ballotter.
BALLOTTAGE (ba-lo-ta-j'), s. m. Action de ballotter ileux candidats dans une élection. Scrutin de ballottage. Le premier conseil [de régence] se passa on ballottage; ce ne fut que le suivant qui commença à en être un sérieux, st-sim. 423, -1)8.
— ÉTYM. Ballotter.
:. BALLOTTE (ba-lo-F), s. f. Petite balle servant à donner des suffrages. || Vieux. Boule est maintenant le mot usité.
— HIST. xvie s. Il ne dit pas simplement, que c'est par sa vertu que les lots ou les ballottes soient jettées au vaisseau, calv. Inslit. (39. Le peuple n'eut pas le cœur de prendre seulement les balotes [boules pour voter] en main, mont, i, 3. Il prit à deux mains une fort grosse pierre, et la jetta devant les pieds de Pausanias, disant : Et voilà la balotte que je donne, moy, pour conclure à la bataille, amvot, Arist. 39. Une balotte de plomb tirée par une harquebuse, paré, viii, 22.
— ÉTYM. Diminutif de balle <
2. BALLOTTE, s. f. Terme de botanique. Fausse orthographe pour ballote.
BALLOTTE, ÉE ( ba-lo-té, tée), part, passé. || 1° Agité. Ballotté par les flots. Ballotté par la fortune. |j 2° Soumis au ballottage. Ballotté pour la présidence de la chambre, il finit par avoir le plus de voix. || 3° S. m. Terme de danse. Pas qui se fait soit en restant en place, soit en marchant ou en tournant. Il consiste, dans le premier cas, à mettre alternativement, et en mesure, chaque pied à la deuxième position, et à le ramener à la première; et, quand on veut marcher ou tourner, à mettre un pied a la quatrième position, ramener l'autre à la première, et le porter à son tour à la quatrième, et ainsi de suite.
BALLOTTEMENT (ba-lo-te-man), s. m. Action de ballotter, mouvement communiqué au corps qui est ainsi poussé. Le ballottement du canot par la mer soulevée. || Terme d'obstétrique. L'impulsion qui, communiquée au fœtus dans le ventre de la mère, se fait sentir au doigt, et qui est un des signes physiques de la grossesse.
— étym. Ballotter.
^BALLOTTER (ba-lo-té), v. a. || l'Agiter fortement en sens contraires. La mer nous a ballottés.
BAL
Voilà comme les hommes sont ballottés par la fortune, voltaire, Letlr. Mariott, 26 février 1767. || 2° Au jeu de paume, peloter, se renvoyer la balle, sans faire de partie réglée. || Par extension, renvoyer de l'un à l'autre. Après avoir été ballotté de
la mort à la vie, sév. 85 Ton nom [Bonaparte],
jouet d'un éternel orage, Sera par l'avenir ballotté d'âge en âge Entre Marius et César, lamart. Méd. il, 7. || 3" Ballotter quelqu'un, se jouer de lui. Qu'un fat soit l'aigle des salons, Qu'un docteur sente l'ambre.... Paris, enclin au trait malin, Grâce à nous les ballotte, bérang. Marotte. || 4° Fig. Ballotter une affaire, la discuter, l'agiter de part et d'autre. || 5° Se servir de la ballotte pour donner les suffrages ou pour tirer au sort. Il vieillit en ce sens. || Ballotter deux candidats, décider par le scrutin lequel l'emportera de deux candidats qui ont le plus approché de la majorité , tous les autres étant exclus. Thucydide et lui [Périclès] étant ballottés aux suffrages du peuple pour le ban de l'ostracisme, ce fut Thucydide qui succomba, p. l. couriep, Letlr. n, 342. || 6° V. n. Éprouver des ballottements, des secousses. Cette porte ballotte. || Fig. Aller çà et là. Je ne fais que ballotter en attendant que la poste parte, sév. 353. Ainsi, ma chère enfant, je ballotte, id. 54 5. || 7° Terme de danse. Faire un ballotté.
— HIST. xvie s. Les juges Areopagites, ballotans pour le jugement des criminelz prisonniers, usoyent de certaines notes selon la variété des sentences, rab. l'ant. îv, 27. 11 fait bon voir de tout leur sénat balloter [aller au ballottage sur toute-chose] , dubell. vi, 35, recto.
— étym. Ballotte ( ; wallon, haleter, battre, en parlant du mouvement des ondes et des ailes.
f 2. BALLOTTER (ba-lo-té), v. a. Mettre en paquets.
— ÉTYM. Ballot. »
fBALME (bal-m'), s. f. Voy. baume 2.
f BALOIRE (ba-loi-r'), s. f. Terme de marine. Longue pièce de bois qui détermine la forme qu'un vaisseau doit avoir.
f BALOISE (ba-loi-z') , s f Tulipe de trois couleurs.
BALOURD, OURDE (ba-lour, lour-d' ; le d ne se lie jamais), s. m. et f. Personne grossière et stupide. Un gros balourd, une grosse balourde. Si un général d'armée a un détachement délicat à faire, il est forcé de le donner au balourd qui est à marcher [qui est de service], st-sim. 409, -126. Les comédiens sont des balourds de commencer la pièce duCid par la querelle du comte et de don Diègue, volt. Lett. d'Argenlal, -15 août 1761. Les docteurs de la comédie italienne qui choisissent des arlequins pour leurs confidents, parce que les arlequins sont des balourds, id. Letlr. Miranda, to août 1767.
— ÉTYM. Génev. palourd; espagn. palurdo; ital. balordo. Origine incertaine. Diez y voit le radical du verbe baer, bayer, qui se trouve dans badaud; celaest douteux, vu que le radical est bad et non ba. Faut-il y chercher le mot lourd avec la particule péjorative ba? Qu'est cette syllabe pa qui remplace ba dans des parlers provinciaux et dans l'espagnol? Questions qui restent sans réponse.
BALOURDISE (ba-lour-di-z'), s. f. || 1° Chose faite ou dite comme par un balourd. Il ne fait que des balourdises. Encore leur échappe-t-il souvent quelque balourdise, j. j. rouss. Conf.m. J'avais fait une balourdise énorme en ajoutant à la réponse.... volt. Lett. d'Argental, 27 nov. -1764. || 2° Caractère d'un balourd. Il est d'une balourdise extrême.
— ÉTYM. Balourd.
BALSAMIER (bal-za-mié), s. m. Voy. baumier. f BALSAMIFÈRE (bal-za-mi-fè-r'), ad;*. Terme de botanique. Qui porte du baume.
— ÉTYM. Balsamum (voy. baume )), et ferre, porter.
BALSAMINE (bal-za-mi-n'), s. f. Plante cultivée dans les jardins (impatiens balsamina , L.). La balsamine des bois [impatiens noli me tangere, L.] est acre et vénéneuse.
— HIST. xvi° s. Huile faite de l'infusion de la graine de balsamine, o. deserres, 940.
— ÉTYM. Ba).<7»|;.îv/i, de pà).a-o!(j.ov (voy. BAUME i); wallon, benjamine; rouchi, beljamine.
BALSAMiQUE (bal-za-mi-k'), ad}. || 1° Qui tient de la nature du baume. Odeur, vertu balsamique. Quand la terre, exhalant sa vertu balsamique, lamart. llarm. n, 8. || 2° Embaumé, parfumé. Rouvrant les yeux à la lumière, respirant l'air balsamique du printemps, dider. Stir les saisons. Nul ombrage fertile «N'y donne au rossignol un balsamique asile, a. chën. 34. Et des jeunes rosiers le