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BASTANT

2. BASTE (ba-sf), s. m. L'as de trèfle, auxjeux de Fhombre et du quadrille. Le baste est le troisième des matadors.

— ÉTYM. Espagn. basto, trèfle, proprement bâton, massue, à cause de la forme des trèfles (voy. bâton).

BASTERNE (ba-stèr-n'), s. f. Nom d'une espèce de char attelé de bœufs, en usage chez d'anciens peuples du Nord et, en France, sous les rois de la première race.

— ÉTYM. Basterna, qui se trouve dans des auteurs latins.

BASTIDE (ba-sti-d'), s. f. Petite maison de campagne. || Ne se dit guère qu'en Provence.

— HIST. xive s. En celui an, deux colonies ou bastides romaines, bercheure, f° 33, verso. || xv° s. Il l'assiégea fortement et destroitement, et mit bastides sur les chemins en telle manière que nulles pourveances ne pouvoient venir ni entrer dedans la ville, froiss. i, i, 236 Et trouverez en Normandie grosses villes et bastides qui point ne sont fermées, où vos gens auront si grant profit qu'ils en vaudront mieux vingt ans après, id. i, i, 264. En icelle année fut pratiqué l'eschappement du conte de Dampmartin, luy estant en la bastide Saint-Anthoine, Bibl. des Chartes, 4e série, t. i, p. 266. || xvie s. Ils n'avoient point de terres ny de seigneuries, methairies, clozeries, borderies, cassines, ny bastides dont ils se peussent, à la françoise, qualifier ou anoblir, carl. ii, m.

— ÉTYM. Provenç. bastida, du bas-lat. bastire, bâtir (voy. ce mot).

BASTILLE (ba-sti-ir, Il mouillées, et non ba-stiye), s. f. || 1° Dans l'art militaire féodal, ouvrages élevés à l'effet d'assiéger ou de fortifier une place. || 2° Château fort construit à Paris sous Charles V et Charles VI, et démoli par le peuple en <789. La Bastille servait de prison d'État. Voltaire fut mis à la Bastille. || Fig.il ne branle non plus que la bastille, se dit de celui qui ne bouge pas, bien qu'on l'appelle, et aussi de celui qui est ferme et inébranlable. || Par extension, toute espèce de prison. O sainte égalité ! dissipe nos ténèbres, Renverse les verrous, les bastilles funèbres, A. chénier, 240. Dans une de nos cent bastilles Lorsque ma musc emménagea, bérang. Amitié.

— HIST xve s. L'an 1408 fut mis le siège à Orléans par le comte de Sallebery, et y mist les bastilles du costé de la Beausse, a. chartier, Hist. de Charles VII, p. 64. Paravant la bastille ou siège mis, ung an a, devant la place de Chalès occuppée par les Anglois, du cange. bastillus.

— ÉTYM. Bas-lat. bastile, bastillus, de bastire (voy. bâtir).

BASTILLE, ÉE (ba-sti-llé, liée, {{mouillées), adj. Terme de blason. Garni de créneaux renversés vers la pointe de l'écu.

— HIST. xve s. Virent grand foison de naves, petites et grandes, bien bastillées, venir par devers Hainebon, froiss. i, i, i 76. Ledit pontet la défense estoient si bien bastilles, et furent si bien défendus.... id.i, I, 276. Le duc Philippe de Bourgongne, et depuis le duc Jean aussi, avoient faict faire plusieurs grans engins de bois, pourbastiller Calais, juv. des urs. Charles VI, 1409.

— ÉTYM. Bastille.

BASTINGAGE (ba-stin-ga-j'), s.m. Terme de marine. Défenses qu'on met autour du pont d'un vaisseau pour se garantir de la mousqueterie ennemie.

— ÉTYM. Baslinguer.

BASTINGUE (ba-stin-gh'), s. f. || 1°-Terme de marine. Toile matelassée soutenue par des pièces de bois mises debout, dont on se servaii autrefoi pour lo bastingage. || 2° Dans le moyen âge, défense mobile composée de boucliers, de chariots.

— ÉTYM. Ital. bastinga. Ce mot parait de même origine que bastille, bastion (voy. ces mots).

BASTINGUE, ÉE (ba-stin-ghé, ghée), part, passé. La frégate étant bastinguée.

BASTINGUER (ba-stin-ghé) , v. a. Terme de marine. Placer les hamacs dans les ba tingagi . \\ Fortifier un navire contre la mousqueterie. || Se bastinguer, v. réfl. Se mettre à couvert par des bastingages.

— ÉTYM. Bastingue.

BASTION (ba-sti-on), s. m. Terme de fortification. Grand corps de terre soutenu de murailles, de gazon ou de terre battue , et disposé en pointe sur les angles saillants du corps de place, avec dos faces et des flancs qui se défendent. || Bastion plein,

BAT

BAT

BAT

bastion qui est tout rempli île terre. || Bastion vide, bastion qui n'a qu'un rempart avec son parapet. I! Bastion double, deux bastions l'un dans l'autre. || Bastion coupé, bastion séparé de la place par un fossé. || Bastion plat, bastion mis au-devant d'une courtine. || Bastion de France, rétablissement français sur la côte de Barbarie, près de fonds où se fait la pêche du corail.

— hist. xvie s. Montent le roch si vertueusement Qu'ont estonné tous ceulx du bastillon, j. marot, v , 2*. En moins d'un jour ont prins et asservy Le bastillon qu'on disoit imprenable, id. v, 28.

— ÉTYM. Provenc. bastio, dans un titre de 1238; ital. bastione; du bas-lat. bastirc (voy. bâtih). Bastion est la forme provençale ou italienne; bastillon, l'ancienne forme française.

BASTIONNÉ, ÉE (ba-sti-o-né, née), part, passé. Une tour bastionnée.

BASTIONNER (ba-sti-o-nê) , v. a. Garnir de bastions.

-- ETYM. Bastion.

BASTONNADE (ba-sto-na-d'), s. f. Coups de bâton. Donner, recevoir la bastonnade.

— ÉTYM. Provenc. bastonada; espagn. bastonada; ital. bastonata; de bastonar, bàtonner (voy. ce mot). Dans l'ancien français, on disait bastonnée : Et dit-on que vous lui donnez , Chascun jour, une bastonnée. ch. d'orl. Rond. Bastonnade est emprunté de l'espagnol; c'est pour cela que 1'* s'y prononce; Bèze indique la prononciation de Vs.

BASTRINGUE (ba-strin-gh'), s. m. Bal de guinguette. Populaire. || Appareil pour préparer le sulfate de soude.

— ÉTYM. Origine inconnue.

BASTUDE (ba-stu-d'), s. f. Terme de pêche. Espèce de filet dont on se sert pour pêcher dans les étangs salés.

— ÉTYM. Ce mot, qu'on trouve aussi écrit battude, serait, si celte orthographe était la véritable, pour battue, et signifierait un filet pendant l'emploi duquel on bat l'eau.

BAS-VENTUE (bâ-van-tr') , s. m. Nom vulgaire de Phypogastre,ou région située au-dessous du nombril.

— ÉTYM. Bas et ventre.

t. BAT (bat' ; le t se prononce, d'après Legoarant, t. i, p. 411), s. m. Terme de pêche, qui n'est d'usage que pour mesurer la grandeur d'un poisson. On dit qu'il a tant de décimètres entre œil et bat, c'està-dire entre la tête et la queue.

— hist. xvi° s. Par equale distance de queue et bac, rais. Pant. iv, 34. Qui souslevoient sur le bat de leurs ailes, remy belleau , Bergeries, t. i, p. iOl.

— ÉTYM. Battre; le bat, ce qui bat. Celte étymologie, certaine pour le bat de l'aile, devient trèsprobable pour le bat de la queue, malgré l'orthographe bac qui est dans Rabelais; elle est, en tout cas, bien préférable à l'étymologie celtique, bod, queue, en gaélique.

f 2. BAT ou BATE (bat' ou ba-f), s. m. Terme de marine. Petit bonlage de bois debout.

BÂT (bà ; lefne se lie pas dans la conversation ; au pluriel Ys se lie : les bats et les ânes, dites: les ba-z et....), s. m. || 1° Selle grossière de forme et d'étendue variables, à l'usage des bêtes de somme. Mettez le bât sur l'âne. J'ai un cheval de bât qui porte mon lit, sév. 52. Nous aperçûmes de loin deux chevaux de bât couverts de jaune, st-sim. 12, 140. || Fig. Un cheval de bât, un homme chargé, dansune maison, dans une communauté, des besognes que les autres refusent. || 2° Fig. Et toi, peuple animal, Porte encor le bât féodal, bérang. Carabas. || Proverbe. Chacun sait où le bât le blesse, chacun connaît ce qui dans sa posilionest cause d'embarras ou de souffrance. Vous savez bien où le bât me fait mal, mol. Sgan. 2t.

— HIST. xiiic s. Et se l'on porte rnonnoy sur bast; la monnoy ne doit riens; mais le bast doit quatre deniers, I.iv. des met. 447. || xve s. Je sçai mieux où le bas m'en blesse Que vous ne un autre ne sçavez, Patelin. || xvie s. Six jours après je la trouvay hors la porte de Montmartre, sur un cheval de bast, jambe deçà, jambe de là.... paré, xix, 25. Ce qui vous suit de noblesse Est de ceux que le bast blesse [qui sont tarés], Sat. Mai. p. loi.

— ÉTYM. Provenc. bast; espagn. et ital. basto; baslat. bastum; du radical qui est dans pacrâÇs'.v, porter, pâcra!;, bête de somme, qui est aussi dans bâtir, bâton, et qui a le sens de soutenir, porter, affermir.

j BAT-A-BOURRE (ba-ta-bou-r') , s. m. Instrument de bourrelier pour battre la bourre. || Au plur. Des bat-à-bourre.

— ÉTYM. Battre et bourre.

BATACLAN (ba-ta-klan), .v. m. Attirail embarrassant. 11 a renvoyé tout son bataclan. Populaire.

— ÉTYM. Sans doute une composition arbitraire faite avec battre.

f BATA1L (ba-tall, Il mouillées), s. m. Anciennement, battant d'une cloche || Terme de blason. Battant d'une cloche, d'un autre émail que la cloche même.

— HIST. xvie s. Le batail estoit d'une queue de renard, rab. v, 27.

— ÉTYM. Battre; provenc. batalh; catal. batail; espagn. badajo; portug. badalo; ital. ballaglio.

BATAILLE ( ba-tâ-lP , // mouillées , et non bata-ye), s. f.\\ 1° Combat de deux armées. Il va présenter la bataille au roi son frère, boss. Hist. i, 8. Clovis gagna la bataille de Tolbiac, id. i, 11. Il croyait donner la bataille, sév. 211. Ils ont perdu contre eux des batailles, fèn. Tél. xi. Mais Rome ignore encor comme on perd des batailles , corn. Hor. i, 1. Il lui donna bataille, où mille beaux exploits.... m. Uodog. i, 1. Je vais à ce moment donner la bataille à l'armée impériale, voit. Ltttr. 7. Il [Archimède] n'a pas donné des batailles, mais il a laissé à tout l'univers des inventions admirables, pasc. Pens. il, art. 10. Les loups rôdaient autour de ses batailles; De ses exploits ils vivaient plus d'un jour, millev. Rançon d'Egill. || Corps de bataille, le centre de l'armée, les corps placés entre les deux ailes. || Cheval de bataille, cheval propre à être monté un jour de combat. || Fig. Un cheval de bataille, la chose où l'on s'appuie de préférence. || Champ de bataille, lieu où se livre le combat. || Fig. Le champ de bataille lui est resté, c'est-àdire il a eu l'avantage. Choisir son champ de bataille, porter le débat, la question sur le point qu'on regarde comme le plus avantageux. || ^"Ordre d'une armée disposée pour combattre. Ranger une armée en bataille, c'est-à-dire disposer son ordre de bataille. Troupes en bataille. Leur flotte se présenta en bataille devant la nôtre. Marcher en bataille. Charles XII fait débarquer son canon et forme sa bataille, volt. Charles XII, 2. Il défit en bataille rangée Arphaxad, boss. Hist. i, 7. || En termes de théorie militaire, l'ordre dans lequel une troupe est déployée, par opposition à l'ordre en carré ou en colonne ou par le flanc. || En termes de marine, la vergue de misaine est dite en bataille, lorsqu'elle est disposée dans le sens longitudinal du navire. Il Fig. L'armée que J.-C. a mise en bataille contre les erreurs, boss. Instr. 2. ||3° En termes de peinture, représentation d'une bataille. Un peintre de batailles. Les batailles d'Alexandre par le Brun. || 4° Querelle, lutte. Trêve, trêve, Nature, aux sanglantes batailles, Qui si cruellement déchirent mes entrailles, rotr. Vencesl. v, 3. || Il a bien fallu donner des batailles, on a bien donné des batailles pour.... c'est-à-dire il a fallu bien contester, bien lutter pour.... || 5° Nom d'un jeu de cartes. || 6° Galerie qui couronne la cheminée d'une grosse forge.

— HEM. Bataille, batailler, bataillon, devraient s'écrire par deux t; ou battre s'écrire par un seult; car ces mots ont même radical.

— SYN. bataille, combat. On verra à l'étymologie que bataille a signifié anciennement et proprement troupe, bande; tandis que combat n'exprime que l'idée de se battre avec. De là, quand ces deux mots sont devenus synonymes, une inclination de l'usage à consacrer bataille au conflit d'une armée, et combat à tout conflit quelconque. Dans un langage précis, bataille signifie un combat dans lequel deux armées ont engagé toutes leurs forces. Les armées ont ordinairement des combats avant d'en venir à une bataille. On dit gagner, perdre une bataille ; ce qui ne se dit pas avec combat.

— HIST. xie s. [Qu'j une bataille leur i rendent [livrent] cil primes [d'abord], Ch.dcRol. xliii. Par tel glouton n'ert [sera] bataille vaincue [gagnée], ib. en. Je nen ai ost qui bataille lui donne, ib. u. Une bataille [il] leurlivrat, lejur, pesme [funeste] , t'Zu.xn. Ce dist li reis : bataille font nostre home, ib. cxxxi. || xiie s. E feirent à eaus [eux] bataille le jor de samadi, Machab. i. 2. Autre bataille [corps d'armée] loi- envoyez hastie, Ronc. p. 28. Bataille auront, Dex les puit délivrer, ib. p. 37. Tante bataille en [de mon épée] ai faite et vaincue, ib. -105. Dont [pour cela] [ilsj firent la bataille sur deux homes jugier [remettre la bataille à deux champions], Sax. iv. Quant il ont en bataille fiché leur estendart, ib. xix. Nous entrerons en France en bataille rangie, ib. xxxn. Abner le fiz Ner asemblad ost del esliture de Israël, pur damagier e bataille tenir encuntreces de Juda, Roù, 125. || xme s. Emprès fu devises (pic Henris ses frères fercit l'autre bataille [troupe],

villeu. lxix. Et li Grieu firent molt grant semblant d'els recevoirà bataille, ib. lxx. Aucinquiesme [jour] après s'arma tous li os, et chevauchierent les batailles ensi corne eles estoient devisées, ib. lxxiv. Puis [il] fu mors en bataille outremer devant Sur, Berte, xli. Lor batailles en quatre partent [ils partagent], la Rose, 12230. Que il est assise ou usage, ou [aujreiaume de Jérusalem, que qui se combat por aucune carelle, et il ou son champion venquela bataille, que il a celle carelle gaaigniée, Ass. de J. I, 195. Tant que la bataille seit fornie, ou que pais en seit faite, tb. i, 171. Et ainsi n'est il pas de cix qui apelent du jugement que li home font, car ii apiax est démenés par gage de bataille, beaum. 30. Maintenant que nostre gent les virent, il s'aresterent,et cil et les ennemis firent trois batailles aussi, joinv. 270. Une grosse bataille de Turs, là où il a voit bien six mille homes à cheval, id. 2(5. || xive s. Choses appartenantes en batailles ou guerres,ORESME, Eth. 31 G. Et de ce fust causée la bataille de Troie, w.ib. 55. Car bataille de mer, c'est grant confusion; Quant li mesquanche [mauvaise chance] tourne sur aucune parchon, Il n'en puet escaper chevalier ne piéton, Baud. de Seb. I, 654. || xve s. Le sire de l'E*parre fut rencontré des nefs espagnoles à qui il eut la bataille, froiss. ii, ii, 4. Déconfit celui roi par bataille rangée et arrestée, id. I, i, 2. L'endemain, au point du jour, chacun fut armé, et trairent leurs bannières aux champs, chacun à sa bataille et dessous sa bannière, si comme ordonné estoit, id. i, i, 35. Il avoit esté dit que l'on marcherait à trois fois, poureeque la distance des deux batailles estoit longue, comm. i, 3. Les batailles estoient bien eclarcies, id. I, 4. Etn'estions pointtant en gloire comme peu avant la bataille, parce que nous voyons les ennemis près de nous, id. viii, 6. || xvie s. Pour larcin n'eschet gage de bataille, loysel, 808. En fait de bataille, le défendeur est tenu de confesser ou nier le fait dès le mesme jour qu'il reçoit le cartel, id. 8)0. Il fit marcher l'avant-garde, bataille et arriere-garde tout d'un front, carl. i, 4. Les Sabins commencèrent la bataille, qui futaspre et dura longuement, amyot, Rom. 27. Ainsi comme les deux batailles se preparoient pour recommencer à combattre de rechef, id. ib. 28. Les Perses ont esté desfaicts en bataille par les Grecs le sixième jour du mois d'aoust en la journée de Marathon, id. Cam. 33. Renger une armée en bataille, id. ib. 5). Estans donques les Romains arrestez tout court par la liataille macedonique, sans qu'ils la peussent aucunement forcer, id. P. Mm. 33.

— ÉTYM. Provenc. batalha; espagn. bataïïa ; ital. battaglia. On lit dans Adamantius martyr : balualiii. quae vulgo battalia dicuntur. Ce passage nous apprend deux choses : d'abord que battalia est pour battualia, ce qui prouve que battre vient bien de battuere (voy. battre); puis que battualia est un neutre pluriel de l'adjectif battualis, les choses relatives au combat, neutre devenu, dans les langues romanes, un substantif féminin comme dans aumaille, merveille, etc. De là le sens collectif qu'il avait dans l'ancien français où il signifiait un corps de troupes. On remarquera la disparition de l'i» de battualia; Vu latin ainsi placé disparait aussi dans quelques autres. mots; par exemple, pacage, depascuaticum.

t BATAILLÉ, ÉE (ba-ta-llé, liée, Il mouillées), adj. Se dit, en termes de blason, d'une cloche dont le battant, qu'on nomme batail, est d'un autre émail que la cloche.

— ÉTYM. Batail.

BATAILLER (ba-tà-llé ; Il mouillées), v. n. || 1° Livrer bataille. Il n'est rien de si beau que tomber lutaillant, régnier, Sat. vi. Nos fils, ne se reposant guère, Batailleront à tout propos, bêrang. Âge futur. || Au propre, il ne se dit plus que dans le style familier ou avec un sens d'ironie. || 2" Fig. Con disputer avec ténacité. || 3° Terniedemarine. Lutter contre le vent, contre la mer ou le courant.

— HIST. xue s. Une tant ne voudrent batailler, Qu'or plus ne viengent gaaigner [labourer] , bi

ii, 7066. || xiir s. Des or venrons à la bataille rés comment chascun bataille, la Rose, 15336. Dàlila la malicieuse, Par flaterie venimeuse, À Sanson, qui tant estvaillans, Tantpreus, tant fors, tant bataillans, ib. 16882. Ainss'arma por aler encontre.

Toute preste de bataillier, ib. 12036 Nus n'est si

bien bataillans, Se de vilanie s'apresse, Que gentillesce ne le lesse, ib. ggoo. || xiv s. Et nous bataillon ou combatton, affin que .après nous menon nostre vie à paes, oresme, Eth. 3i6.||xves. Ils batillent jour et nuyt à rencontre de lame. /. de Saintré, fi. || xvie s. L'esprit de Dieu est nostre vertu pour ba-

BAT

BAT

BAT

tailler c mtre Satan, calv. Instit. 729. Batailler in-

iprès - grandeurs du mon le, amyot,

Ifor. et l'ijrrh.i. Chante-nioy les bataillaus, rons.

— ÉTYM. Bataille; provenç. batalhar; espagn. batallar; ital. battagliarc.

BATAILLEUR, EUSE (ba-tâ-lleur, lleùz', II mouil-

t nonba-tâ-yeur), s. m. etf. || i°Qui se plaît à

1er, à se battre. |]a°Quiaime à disputer. Ilerg ite

etdispute -..m^ cesse, c'est ungrand batailleur. \\Adj.

Batailleur, batailleuse. Un esprit batailleur. Humeur

batailleuse, j. j. kouss. dans bescherelle.

— îiisT. xiii" s. Comment sont peries les âmes batelleresses? Comment sont cheù li fort d'Israhel"? Chron. de Rains. p. 8). || xv° s. Aux bons batailleurs sont nécessaires huit conditions : la première qu'ils soyent adurcis à souffrir le fais des armes....

\x. Hist. de Ch. V, n, 21. Inclination et condition amoureuses, plus que batailleresses, Bouciq. i, ch. 2. || xvie s. Il n'est point en nostre puisîle venir en combat contre le diable, si fort et si grand batailleur, calv. Inst. 728.

— ETYM. Batailler; provenç. bata'hador,el au féminin bataihairitx ; espagn. batallador; ital. batiagliatore.

f BATAILLIÈRE (ba-ta-llè-r', Il mouillées) , s. f. Petite corde qui fait jouer le traquet d'un moulin.

— ÉTYM. Bâtai I.

BATAILLON (ba-ta-llon, Il mouillées, et non ba-

ta-yon), s. m. || 1° Troupe d'infanterie compo plusieurs compagnies , et faisant partie d'un régiment. Former, rompre un bataillon. Le front d'un Ion. || Bataillon carré, bataillon rangé de main.' ie a former un carré. Bataillon de cadre, bataillon qui sert de cadre. Bataillon de guerre, bataillon surnuméraire et qui n'est adjoint à un régiment que pour le cas de guerre. École de bataillon, malin uvre d'un bataillon ou par bataillons. || 2° En gém rai, une troupe armé.' quelconque. Un autre bataillon s'est avancé vers nous, rue. Mithr. v, 4. D'un bataillon nombreux le fastueux rempart, volt. QEdipe, iv. t. H3" S. m. plur. Les bataillons français franchissaient déjàles Alpes. Va jusqu'en Orient pousser tes bataillons, corn. Hor. I, i. || 4° Familièrement, un grand nombre. Elle a un bataillon d'enfants. || 5° Terme d'antiquité. Le bataillon sacré, bataillon thébain, dans lequel les guerriers, liés d'amitié les uns aux autres et ne s'abandonnant jamais, mouraient ensemble s'il le fallait.

— hist. xvic s. Taschant à rompre le bataillon des gens de pied de Pyrrhus, avant que les elephans arrivassent, amyot, Pyrrh. 46. Les autres n'ozoient affronter ce bataillon de Macédoniens, lequel estoit si bien serré de tous costez, m. P. Mm. 33.

— ÉTYM. Bataille; espagn. batallon; ital. battaglione.

BÂTARD, ARDE (bâ-tar, tar-d'; le d ne se lie jamais : un bâtard et son père, dites: un bâ-tar et.... Au pluriel : ces bâtards et leur père; dites : ces bâtai' et leur père. D'autres prononcent l's : ces ba-tar-z et....), adj. || 1° Qui est né hors mariage. |r Substantivement, un bâtard, une bâtarde. Reconnaître, légitimer un bâtard. Un bâtard échappé des pirates du Nord A soumis l'Angleterre, volt. D. Pèdre, I, 4. Il y a des gens qui substituent leurs vers aux miens; je ne fais pas grand cas de mes vers; mais enfin j'aime mieux mes enfants tortus et bossus que les beaux bâtards que l'on me donne, volt. Lett. Richelieu, 22 juill. 1767. On dit mieux enfant naturel. || Simple bâtard, celui qui est né de personnes libres, par opposition à bâtard adultérin. || Bâtard de Caux, cadet qui n'avait pas de biens. || Autrefois les bâtards des rois étaient princes; ceux des princes, gentilshommes; ceux des gentilshommes, roturiers. || 2° Dégénéré de l'espèce à laquelle il appartient. Olivier bâtard. Reinette bâtarde. || Fig. Les critiques regardent le drame comme un genre bâtard. Non comme toi touchés d'une bâtarde gloire, Régnier, Épit. 1. 1| 3° Bâtard se joint à plusieurs substantifs et indique que la chose dont il s'agit a subi quelque modification qui la change et l'amoindrit. || Porte bâtarde, porte de maison qui n'est ni petite forte ni porte cochère. || En termes de 1 îuconnerie, oiseaux bâtards, oiseaux qui tiennent de deux espèces. || Vaches bâtardes, vaches dont le rendement en lait diminue quand elles ont conçu denouveau. || Dans la boulangerie, pâte bâtarde, pâte ni dure ni molle. || Laine bâtarde, seconde laine levée sur l'animal. || Épée bâtarde, celle qui pouvait servir à une main et à deux. || 4° Écriture bâtarde, ou simplement, bâtarde, écriture ordinairement pen- •i jambages pleins, à liaisons arrondies parle haut et a tètes sans boucles. La bâtarde qui n'est pas

penchée s'appelle bâtarde ronde. Eh ! oui , d'une écriture que vous connaissez.... là.... d'une certaine écriture qui n'est pas légitime. — Il veut dire de la bâtarde, lesage, Turearel, il, 6. || 5° Terme de marine. Marées bâtardes, celles qui ont lieu pendant les quadratures. || Voile bâtarde, grande voile d'une galère qui ne s'emploie que lorsqu'il fait peu de vent. || 6° S. m. Sucre produit par des sirops qui sont le résidu d'un raffinage précédent. || 7° S. m. Terme de marine. Corde qui assemble les racages et les amarres sur le mât près de la vergue. || 8° S. f. Dans l'ancienne artillerie, bâtarde, sorte de canon, long d'environ neuf pieds et demi , avec trois pouces dix lignes de calibre. || 9° S. f. Forme grossière pour obtenir le sucre appelé bâtard. || lQ°S.f. Lime d'horloger dont la taille n'est ni douce ni rude.

— HIST. xme s. Et ses bastars andui [tous deux] , et Rainfrois et Hendris, Berte xcix. Et uns siens fius bastars saisi la terre et la tint, Chron. de Bains, 4 29. Et se la charete est bastarde, c'est à savoir sans ferrure, Liv. des met. 34 9. chil [ceux] qui sont de ma mesnieou mi serf ou mi bastartpoent estre mi avocat, beaum. v, 43.S'ele le porte mains [moins] de sept mois, le mariage durant, et li enfes vit, il apert qu'il fu conceus devant le mariage, etpor ce pot il estre tenus por bastars, ib. xvm, 2. Je me assis à une fenestre, et un enfant delez moy, et avoit entour dix ans d'aage, qui avoit à non Berthelemi et estoit filz bestart à Mons. Ami de Montbeliart,JOiNV. 253. || xve s. Car ce n'est mercure vulgaire, Ne riens qui du bastard approche, la font. 695. Le roi de Portingal avoit respondu au message [qui l'invitait au couronnement de Jean de Castille fils aîné de Henry le Bâtard] que jà ne seroit au couronnement du fils d'un bastard qui avoit murdri son frère, froiss. ii, li, 44. || xvie s. Dix coullevrines bastardes, d'aub. Hist. i, 304. Quatre canons, deux coulevrines,deux bastardes et quatre pièces de campagne, id. tô. 4 52. Cinq petites pièces â boites, qui, bien qu'elles ne soient que de calibre de demie bastarde, id. Hist. m, 62. On luy pourrait donner à sentir bon vin bastard, malvoisie, hippocras, eau rose, vinaigre rosat, paré, xvi, 13. Toutes les flatteries, attraits et allechement ne sont que faux appast et amorses bastardes, amyot, Prie, d'adrnin. 85.

— ÉTYM. Provenç. bastard; espagn. et ital. bastardo; allem. et angl. bastard. On a indiqué le celtique : gall. basdarz, bas-bret. bastard, gaél. basart, de bas, bas, et tan, extraction. Malgré les apparences, il faut rejeter cette étymologie; car elle ne peut s'accorder avec des passages comme celui-ci : Ne sait où aille à parent ne cousin, Fors à sa suer, qui l'aime de cuer fin, Fille de hast le riche duc Basin, Geste de auberi le bourgoing, Hist. litt. t. xxu, p. 320. Fille de bast signifie bâtarde. Bâtard vient donc de bât (voy. ce mot), indiquant ici le mépris, avec la finale ard fréquente en français et dérivée de l'allemand Art, espèce, sorte, manière d'être. On trouve aussi, par une corruption née de l'ignorance du sens et par une fausse étymologie, fille de bas, bâtarde, fils de bas, bâtard, venir de bas, être bâtard (voy. nu cange, bastardus.)

BATARDEAU (ba-tar-dô), s. m. \\ Terre-plein, revêtu de briques ou de pierres, pour contenir les eaux d'une rivière ou d'un étang. || Cloison d'ais et de terre glaise qu'on fait dans l'eau pour y bâtir, quand l'eau est épuisée. || Terme de fortification. Massif de maçonnerie pour retenir l'eau d'un fossé. || Terme de marine. Espèce de rempart en planches afin de préserver de l'eau un bâtiment couché pour le radoub.

— HIST. xive s. Pour la réparation du bastard, qui est rompu es fossez de la ville de Beaune, du cange, bastardus. || xvie s. Aiant fait bien asseoir un bastardeau dans le cours de la rivière, tout le travail des assiegeans fut tout noie, d'aub. Hist 1,299.

— ÉTYM. Ménage tire ce mot de bâton. Mais , vu l'exemple de bastard pour batardeau, et l'emploi très-fréquent de bâtard en des sens divers (voy. du cange, au mot bastardus, où l'on trouve : charrette bastarde; coustel bastard ; un petit coustel bastardeau; il tira le bastardeau de sa dague; mouHn bastart), on peut croire qu'un batardeau a été dit pour digue bâtarde. Cependant Grandgagnage cite dans le patois wallon, bâte avec le sens de fascinage au bord d'un cours d'eau pour en empêcher les empiétements; il est â remarquer que l'Académie écrit batardeau, sans accent circonflexe remplaçant l's, ce qui s'accommoderait avec bâte, mais ce qui est contraire à l'orthographe des anciens textes. On pourrait aussi penser, si on abandonnait le sens dérivé de bâtard, au radical bast , qui signifie soutenir, affermir, et qui se trouve dans bâtir.

f BATARDEAU (bâ-tar-dô), s. m. Petit bâtard. Terme familier. Nous assistâmes à cette cérémonie [réception du duc de Berwick], avec la singularité d'y avoir eu en notre tête bâtards et bâtardeaux, et à notre queue à tous un bâtard d'Angleterre,

— HIST. xii°s. Kar vil chose est e honte elaiz, Se de neient nos sosmeton  un neentel bastardon, benoît, Chron. de Norm. t. ni, p. 8, 31785.

— ÉTYM. Diminutif de bâtard; ital. bastardello. f BÂTARDEMENT (bft-tar-de-man), adv. Par

voie de bâtardise. Pour le duc d'Orléans, le roi eut moins de répugnance, non comme neveu, mais comme gendre bàtardement, st-sim. 4I«, 21 h.

— étym. Bâtarde, et le suffixe ment.

BATARDIÈRE (bâ-tar-diê-r'), s. f. Terme d'horticulture, peu usité maintenant et qui, tandis que la pépinière signifiait un plant d'arbres non gn [l'es, signifiait un plant d'arbres greffés destinés à être transplantés dans les jardins.

— REM. On ne voit pas pourquoi l'Académie omet l'accent circonflexe sur la syllabe ba.

— HIST. xvie s. Cest affranchissement se pratique à souhait es meuriers de tous aages.... sur les plus petits arbres de la bastardiere, o. de serres, 464. Quinze ou seze mois les arbrisseaux séjourneront en la pépinière, non davantage; au bout du quel temps seront transplantés en la bastardiere, pour s'y achever de fortifier, id. 635. A ces arbres [de la pépinière] seuls ne servira la bastardiere, ains à y enraciner des branches à ce propos pour en faire des arbres, comme de celles de figuier, grenadier, coignier, coudrier, id. 637.

— ÉTYM. Bâtard; ainsi dite parce que les plantes ne sont là que des bâtards qui attendent leur famille définitive.

BÂTARDISE (bâ-tar-di-z'), S. f. || 1° Anciennement, droit des seigneurs sur la succession des bâtards. || 2° État de celui qui est bâtard. Madame [duchés >■ d'Orléans] était d'une nation qui abhorrait la bâtardise et les mésalliances, st-sim. 2, 40. Vala, abbé de Corbie, parent de Louis le Faible par bâtardise, volt. Mœurs, 23.

— hist. xine s. Autres cas y a encore qui apartiennent à sainte Eglise, si comme quant contens [dispute] vient de bastardie, por débouter que li bastart ne portent riens comme oir, beaum. xi, 24. Jehans dist qu'il n'estoit mie tenus à respondre, pour che k'il n'estoit mie du linage, ains estoit ses anchestres issus de bastardie, du cange, bastardus. || xve s. Maistre de Vis, nous vous voulons faire roi de ce pays, jà soyez-vous bastard, mais nous disons que madame Bietrix votre cousine.... est plus née en bastardie que vous ne estes, froiss. ii, ni, 29. || xvie s. De deux grandes citez il despouilla l'église, Pour fonder un estât venu de bastardise, du bell. m, 71 , verso.

— étym. Bâtard.

f BATATE (ba-ta-f), s. f. Voy. patate.

BATAVIQUE (ba-ta-vi-k'), adj. Larme batavique (voy. larme).

f BÂTE (bà-t'),s. f. || Cercle d'une boite de montre. || Ce qui forme les côtés et le contour d'une tabatière, du pied d'un flambeau.

— HIST. xive s. Que toutes pièces qui auront bastes soudées, soit pour mettre sur soye ou ailleurs, ne puissent estre clouées mais couzues à l'aiguille, du cange, basta.

— ÉTYM. Bas-latin, basta, chaton, encadrement, du radical bast signifiant porter, soutenir, et qui se trouve dans bastant, bât, bâton.

BÂTÉ, ÉE (bâ-té), part, passé. Chargé d'un bât. Un âne. un mulet bâté. || Fig. C'est un âne bâté, c'est-à-dire c'est un homme d'un esprit lourd, un ignorant. Diantre soit de l'âne bâté, mol. Bourg. dent, ii , 4. Ceux-ci [J. J. Rousseau, Diderot, D'Alembert] sont tous ânes bâtés, sous le rapport de la langue, pour me servir d'une de leurs phrases, p. i. cour. Lett. ii, 67.

BATEAU (ba-tô), s. m. || 1° Sorte de barque dont on se sert ordinairement sur les rivières, mais aussi sur la mer. Bateau plat, bateau de pêcheur. M. le prince était dans un bateau, sév. i 52. Il ne passe plus aucun bateau sous les ponts, id. 43. || Bateau de sauvetage, bateau pour secourir les naufragés. || Bateau-poste, bateau qui fait le service de la poste. || Bateau à vapeur, bateau mu par la vapeur. || Pont de bateaux, pont fait do bateaux attachés les uns aux autres et recoin rts de planches. |j Familièrement. Être encore tout étourdi du bateau, n'être pas encore remis o d trouble, de

son chagrin. Estrées purin le premier; Tallard, étourdi du bateau, s'embarrassa: je sentis qu'il se

BAT

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tirerait niai d'affaire , je l'interrompis, st-sim. 478, 21s. || On dit ironiquement à ceux qui vantent trop quelque personne : il n'en vient que deux en trois bateaux, c'est-à-dire de telles personnes sont si considérables, qu'il faut trois bateaux pour en porter deux. || De là l'expression : arriver en trois, eD quatre bateaux, c'est-à-dire arriver en se donnant une importance ridicule. Votre serviteur Gille Tout fraîchement en cette ville.... Arrive en trois bateaux exprès pour vous parler, la font. Fab. ix, 3. || 2° Bateau de selle, à Paris, grand bateau plat et couvert, ayant, le long de chaque bord, des bancs rur lesquels les blanchisseuses lavent le linge, ainsi dit parce que la selle est un petit banc dont se servent les blanchisseuses. || 3° Ce que contient un bateau. Bateau de sel, de foin, de charbon de terre. || 4° Lit en bateau, lit dont le devant et les montants de la tète et des pieds dessinent une courbe analogue à celle d'un bateau. || 5° Menuiserie d'un corps de carrosse. || 6° Petit ustensile de table qui est en forme de bateau et dans lequel on sert des hors-d'œuvre. Je me jette aux pieds de Mme d'Argental, et. je la remercie du bateau qui parera la table de Tronchin, volt. Lett. d'Argental, 4 août 4 7G2. || 7° Disposition d'un terrain, d'une couche ou d'un fdon en très-petit bassin.

— hist. xii° s. Bâtas et barges, mainte galie estant, Ronc. p. 421. En un batel ainz jur [avant le jour] saint Thomas s'en entra, Th. le mart. 50. En deus batiaus [il] les fist Saine passer; Gautiers est outre li gentils et li ber, Il et Berniers qui tanl fait àloer, Raoul deC. 19*. || xme s. Lors prist li dus de Venise un batel, et manda erramment as barons de l'ost que.... villeh. lxxx. El li Venicien commencierent à envoierchevaus et palefrois en lor batiaus, de ceux qu'il avoient en la ville pris et conquis in.ib. || xives. Ils voienUesEngloisquicuidoient entrer Es nés et es bastiaux pour la mer traverser, Guescl. <872). Il xvic s. Que le terme qui va devant Volontiers regist le suivant : La chanson fut bien ordonnée, Qui dit : M 'amour vous ai donnée; Et du bateau est estonné, Qui dit : m'amour vous ai donné, marot, m, 58 (Marot donne ici le précepte d'accorder le participe passé avec le nom, quand le nom précède; amour, comme on sait, était féminin).

— ÉTYM. Bourguig. baileà; provenç. batelh;anc. catal. batell ; espagn. batel; portug. bote; ital. balello, battello, batto. L'étymologie est à la fois germanique : anglo-sax. bat; angl. boat ; anc. nord, bdlr; et celtique : kymri, bdd; irl. bàd. Bâte' est un diminutif; le primitif est conservé dans l'italien batto, et le bas-latin batus. Dans l'ancien français, au singulier, li batels, li batiaus au nominatif, le batel au régime; au pluriel, li batel au nominatif, 1rs batels, 1rs batiaus au régime.

\. BATELAGE (ba-te-la-j*), s. m. || 1° Allées et venues de bateaux, chargeant ou déchargeant des bâtiments. Payer les frais du batelage. || 2° Droit ou salaire payé au batelier.

— étym. Bâte? (voy. bateau).

2. BATELAGE (ba-te-la-j') , s. m. Métier, tour de bateleur. Je n'aime pas qu'on fasse un batelage de la foire, du temple de Corneille, volt. Leur. d'Argental, 27 avril (7U0.

— HIST. xvi" s. Ce n'eust esté qu'une battelerie anciennement ou un amuse-fol (comme l'on dit), si la vertu de la mort et résurrection de Jésus Christ n'y eust esté monstrée, calv. Instit. 2G8.

— étym. Bateleur.

BATELÉE (ba-te-lée), s. f. La charge d'un bateau.

— hist. xvi" s. La première battelée de soixante hommes achevoil de pa er l'eau, d'aub. Hist.

ÏU, 285.

~ étym. Ratel. (voy. bateau).

f BATELER (ba-te-lé), v. a. Terme dépêche. Aller chercher avec des chaloupes le poisson péché.

— fcTYM. Batel (voy. bateau).

BATELET (ba-te-lè; le t ne se lie pas dans la conversation; au pluriel, Y s se lie : les batelets et leurs rames, dites : les ba-te-lè-z et.... Batelets rime avec jamais, traits, succès), s. m. Petit bateau.

— ÉTYM. Diminutif de batel (voy. bateau). BATELEUR, EUSE (ba-te-leur, Ieû-z'), s. m. et

f. || 1' Faiseur de tours de force et d'escamotage. Sorciers, bateleurs ou filous, Gais bohémiens, d'où vene/.-vous? bérang. Bolir'm. ||2° Bouffon de société. Cet homme est un vrai bateleur.

— HIST. xiii" s. Il n'est flabeur [faiseur de fables] ne batelleur, Nejoueui d'apertise.... Dit des Peintre?. Il xvc s. Tous quelx bastelleurs fussent venus en la ville de St Moris sur Vigenne pour jouer des bas-

teaux, du cange, bastaxius. Un basteleur qui aloit parmi la ville jouer d'apertesse, Christine de pisan, Charles V, part, ni, chap. 20. || xvie s. Les singeries que les basteleurs apprennent à leurs chiens, mont. 11, 4 72. Un plaisant bateleur, assez bien reçu en plusieurs des bonnes maisons d'Italie, des per. Contes, ex.

— ÉTYM. Il y avait dans l'ancien français basteau, avec le sens d'instrument d'escamoteur, comme on le voit par l'exemple pris à Du Cange et par celui-ci qui est du xive siècle : L'autre dit que sa femme avoit respondu qu'elle n'estoit venue ne yssue d'enchanteurs ne de sorciers, et qu'elle ne savoit jouer des basteaulx de nuit ne des balais, Mc'nagier, 1, G. Si l'on prend en considération le bas-latin bastaxius, qui veut dire crocheteur et jongleur, on admettra que basteau a le même radical, et qu'il signifie non un gobelet, mais un petit bâton, une baguette magique (les joueurs de passe-passe et de gobelets ont d'ordinaire en main un petit bâton), de bastellus, diminutif de bastus (voy. bâton). On avait au xvie siècle le verbe basteler pour dire faire le sot : Il me faut ordinairement basteler par compaignie à traicter des subjects et contes frivoles que je mescrois entièrement, mont, m, M. Il estoit bien aise de faire bateler monsieur le juge, despériers, Contes, lxviii.

BATELIER, 1ÈRE (ba-te-lié, liè-r'; IV ne se lie jamais; au pluriel Y s se lie : des bateliers adroits, dites : des ba-te-lié-z adroits), s. m. et f. Celui, celle dont la profession est de conduire un bateau.

— HIST. xine s. Mais quant la bêle en la nef fu, Li maroniers [marinier] moût liés en fu; Si escria ses bateliers, Bl. et Jeh. 4346. || xvr s. Au port à Coulon, près de Niort, y avoit une batelière qui jour et nuit ne faisoit que passer un chacun, marg. iYowr. v. Â la première assignation pour l'embarquement, les basteliers manquèrent pour s'estre enyvrez, d'aub. Hist. ni, 3 1 6.

— ÉTYM. Batel (voy. bateau).

f BATELLERIE (ba-tè-le-rie), s. f. Terme de commerce. L'ensemble des bateaux qui font le service sur les cours d'eau. Les chemins de fer font pour les transports concurrence à la batellerie.

— étym. Batel (voy. bateau).

BATÊME, BATISER, etc. Voy. baptême, baptiser, etc.

BÂTER (bâ-té), v. a. || 1° Mettre un bât sur une bête de somme. Bâter un âne, un mulet. La laine dont ils sont couverts [les lamas] dispense de les bâter, BVTF.Lama. || 2" F. ». Fig. et familièrement. Cela bâte mal, cela va mal, ne réussit pas. La campagne de Portugal n'avait pas bien bâté; on avait perdu Gibraltar, la Catalogne, st-sim. 150, 193. Les personnes enivrées de la cour se croient tout permis; et, quand cela bâte mal, elle se croient perdues, id. 64, 72. Cette affaire mortifia les jésuites, d'autant plus que cette même affaire leur bâtait mal à Rome, id. 78, 9. Il Proverbe. L'âne du commun est toujours le plus mal bâté, c'est-à-dire, on a moins de soin des choses du public que de son intérêt propre.

— HIST. xme s. Et se il le peut prover par deus beaus garans de la lei de Rome, homes ou femes, bien baste, Ass. de Jérus. h 2. ||xvc s. Vous ne faites là que baster; Frappez fort, ilz ne font que rire, Mart. <le S. Denis. ||xvies. Et ayant basté mon cheval, je m'en voy au grand galop devers eux, carl. v, 20. Qu'au bœuf sied mieux d'estre basté, Qu'à un asne de porter mitre, marot, m, 229. Qu'il n'avoit pas eu loisir de le remercier de l'offre qu'il luy avoit faicte de le seconder, au cas que mal bastast, ce qu'il faisoit présentement, carl. iv, 4. Si autrement ma! baste, vous sçavez, monsieur, qu'une ge nereuse mort toute vie honore, id. v, 17.

— étym. Bât; provenç. bastar.

f BAT-FILIÈRE (ba-ii -liè-r'), 4'. f. In lnim.nl pour battre le fil de fer. || Au plur. Des bat-filière.

— ÉTYM. Battre, fil.

f BATH (bat'), s. m. Mesure des liquides chez les Hébreux, valant 18 litres 08.

t BATHYMÉTRIE (ba-ti-mé-trie) , s. f. ferme di physique. Mesure des profondeurs de la mer. Les difficultés de la bathymétrie.

— ÉTYM. BaôOç, profond, et (jitpov, mesure.

1. BÂTI, IE (bâ-ti, tie), part, passé de bâtir 4. || 1° Babylone bâtie de briques. Maison qui n'est pas entièrement bâtie. Quartiers mal bâtis. || Une terre bâtie, une terre sur laquelle on a élevé les bâtiments né isaires au logement et à l'exploitation.

J'ai, entre les Alpes et le mont Jura, une terre grande comme la main, très-joliment bâtie de ma façon, volt. Lettr. d'Argental, 4"'(évr. 1764. || Fig, Et sur ce fondement était bâtie toute la loi, boss. Hist. 11, 3. L 1 1 J S'en va, m'a-t-il dit, rompre cette

partie Par une invention dessus le champ bâtie, mul. L'Étour. m, s. Il 2" Fondé. Villes bâties sur la mer. Marseille, bâtie par les Phocéens. || 3" Fait de telle sorte, au physique et au moral. Un homme bien bâti. Un homme mal bâti. Comme te voilà bâti! c'est-à-dire, quel singulier accoutrement tu as! Voilà comme je suis bâti, tel est mon caractère. Il est ainsi bâti, mol. École des maris, 1,2. Comme le mondeesl à présent bâti! la font. flic». Notre homme ainsi bâti fut député des villes Que lave le Danube, id. Fabl. xi, 7. Il y a des cœurs plaisamment bâtis en ce monde, sév. 226. || 4° Bâti, s. m. Terme de menuiserie. Assemblage de montants et de traverses. || En horlogerie, châssis d'une machine à fendre les roues.

■2. BÂTI, IE (bà-ti, tie), part, passe de bâtir 2. Une robe bâtie. || S. m. Le bâti d'un habit, le fil qui a servi à joindre les parties ensemble, tout l'étoffe et la doublure.

BÂTIER (bâ-tié) , s. m. Ouvrier qui fail || fig. laissonsle peuple recevoir un bât des bitiers qui le bâtent, mais nesoyons pas bâtés, volt. Lcltr. Duclos, 22 oct. 1760.

— ÉTYM. Bât; provenç. bastier; catal. baster; espagn. baslero; ital. bastiere.

t BATIFODAGE (ba-ti-fo-da-j'), s. m. Terme de maçonnerie. Plafond de terre grasse et de bourre.

BATIFOLAGE ( ba-ti-fo-la-j' ) , s. m. Amusement folâtre. Familier.

— étym. Batifoler.

BATIFOLER (ba-ti-fo-lé), v. n. Folâtrer, s'amuser en disant ou faisant des choses de gaieté. En batifolant donc, puisque batifoler y a , mol. Festin, 11, t. H II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— étym. Ital. battifoUe, rempart, boulevard, où les jeunes gens allaient s'amuser; bas-lat. batifollum , bacifollum, qui, dans les textes d'origine italienne, signifie bastion, machine de guene, beffroi ; et qui , dans les textes d'origine française, parait signifier une espèce de moulin.

BATIFOLEUR (ba-ti-fo-leur), s. m. Celui qui aime à batifoler.

— ÉTYM. Batifoler.

. BÂTIMENT (bâ-ti-man) , s. m. || i° Toute construction servant à loger soit hommes, soit bêtes, choses. Les magnifiques bâtiments dont Rome était remplie. Un bâtiment destiné à recevoir des g Il Au plur. Administration, ministère des bâtiments. Villacerf eut les bâtiments à la mort de Louvois, et fut aussi premier maître d'hôtel de la reine, st-sim. 33, 43). y 2" Action de bâtir. Il donne plus de peine au bâtiment d'unemaison qu'à celui.. ..pasc. J'rov. '■>. Il Fig. Les philosophes, et Sénèque surtout, n'ont poiDt ôté les crimes par leurs préceptes; ils n'ont fait que les employer au bâtiment de l'orgueil, laroch. Max. 30. H 3° Le bâtiment, les travaux de construction. Le bâtiment va en ce moment. || 4° En termes de marine, un bâtiment de guerre, un bâtiment marchand. Equiper, armer un bâtiment. Dans le langage spécial, navire se dit d'un bâtiment de commerce; vaisseau, d'un bâtiment de guerre; et bâtiment, de tous les deux.

— SYN. BATIMENT, CONSTRUCTION, ÉDIFICE, MONU- MENT. Êtymologiquement, le bâtiment est ce qui porte , reçoit ; l'édifice est l'érection de ce que les latins appelaient sedes, une grande maison, un palais, un temple, etc.; la construction est l'assemblage de matériaux avec la chaux et le mortier. Ces étymologies donnent les nuances. Tout ce qui se fait avec le mortier et le bois ou autres matériaux, est une construction; une maison est une construction, un bâtiment, un édifice, suivant le point de vue: mais un égout, un pont esl une construction, et non un bâtiment, encore moins un édifice. Le bâtiment est hnii ce qui est destiné à loger, soil hommes, soit bêtes, soit choses; les écuries, les greniers sont aussi bien des bâtimentsque les maisons. Abâtiment, édifice ajoute l'idée de grandeur architecturale; un hôtel, un palais, une église sont dus édifices. \ é lifice, monument ajoute l'idée de l'érection 1 ou sacrer quelque grand souvenir.

— HIST. xvie s. Dieu anéantit les vaincs entreprinses du bastiment de sa pyramide, mont, ii,

— ÉTYM. Bâtir; provenç. bastiment; anc. espagn. bastimento.

f BATINE (ba-ti-n'), s. f. Selle remboui; couverte d'une grosse toile.

— ÉTYM. Sans doute bât.

t . BÂTIR (bâ-tir), ». a. || 1° Faire une c< quelconque. Bâtir une église. La brique et le Ion qui ont servi à bâtir la ville. Je me suis une cabane. Â cause d'une maison qu'il fa sait bâtir, boss. Hist. m, 7. Les superbes remparts que

BÂT

Minerve a bfttis, bac. Phèd. i , '■>■ Il Absolument. i h de bâtii , mais planter à ce1 âge ' i \

Fables, n, s. il faut avoir trente ans poursonger à sa fortune ; elle n'est pas faite à cinquante;

Ltit dans sa vieillesse, et l'on meurt quand on en est aux peintres et aux vitriers, la bruy. 6. || Pig.

en l'air, former des projets chimériques. Bâtir sur le sal'le, former une entreprise qui ne peut durer. Et bâtissant en l'air sur le malheur d autrui.... corn. Ilor. iv, 4. Voilà le sable sur lequel on bâtit, sêv. 306. || Bâtir à chaux et à ciment,

i a ce qu'on fait une base solide. || Fig. et familièrement. Bâtir sur le devant, se dit d'une personne qui. engraissant, prend un gros ventre, et aussi d'une femme enceinte. || 2° Fonder. La ville d'Alexandrie fut bâtie par Alexandre. || 3" Fig. Fonder, établir. Il a bâti sa fortune sur les débris de celle des autres. Les systèmes que les philosophes bâtissent. Il verra comme il faut dompter des nations Et sur de grands exploits bâtir sa renommée, corn. Cid, 1, 7. Le pauvre homme bâtit Maint ombrage et mainte chimère, la font. Coupe. Et sur un Lois détruit bâtit mille procès , boil. £t<tr. v.

Jument. Quant à la conséquence qu'on tire, c'est bâtir sur un faux principe, boss. Nouv. myst. (2. Les personnes de condition bâtissent toujours sur les honneurs de leur maison et de leurs ancêtres, id. Bern. t. Mon cœur aura bâti sur ses attraits naissants.... mol. Éc.des f. vr,t. Vous supposez mon apostasie comme un principe ferme sur lequel vous bâtissez hardiment, pasc. Prov. \l. || 4° Terme de chapellerie. Façonner le feutre sur le bassin. || 5° Se bâtir, v. rcfl. Être bâti. Les maisons qui se bâtissent aujourd'hui.

— HlST. xne s. E dist à ceaus [ceux] qui bastiss lient maisons, Machab. 1, 3. Vers cels qui ceste m'ont bastie [m'ont mis cette mauvaise affaire] ,Ronc. p. 15. E cil qui mortalment le soleient haïr, Envers le rei Henri medler e mal tenir, E ki furent à sa mort purchacier e bastir, Th. h- mart. 159. || xnr s. De traîson bastir n'en [n'était] la vieille lente, Ber te, xcvi. Et puis basti tin tel plait dont Lombart se repentirent à la fin, h. de valenc. xv. Ha, quens de Boulongne, quens de Boulongne, quelle avés bastie la iraïson entre vous et frère Garni? Chron.deRains, 145. De tant li [au chevalier] as ' -, plaisir} basti Amors, qui le connissoit bien. Lai de l'ombre. Moult m'avés or gr.mt lus basti, Quant de tel chose vous vantés, la Rose, «s:;o. || xve s. Et avoit le roi d'Angleterre basti son siège [de Vannes] par telle manière que les François ne pouvoient venir à lui par nul avantage, froiss. i, i, iii. La paix, telle que le grand maistre l'avait bastie et faite avec le roy de Cypre, Bouciq. m, ch. 4 8. Et n'y ait si sot ne si lourd. Si nyaiz, ne si mal basty, Pour faire du gros, du demy lourd. Qui n'use des droitz dujourd'huy, coquill." Droits nouv. || xvr' s. Pigmalion ayant basti une statue de femme de beauté singulière, mont, h, 92. Ce livre est basti d'un espaignol barragouiné en terminaisons latines, id. ii. 137. Tu tiens table comme Crassus, tu basns comme Lucullus, et nous

lies comme Caton, amyot, Cat. d'Ut. :io. Il demeure icy à nourrir des séditions en la ville, bastissant par tel artifice les moyens de mettre la chose publique en telle confusion, que.... id. ib. 6i. D'Auacheta dans ce temps et bâtit la terre du Crest; comme il prenoit grand plaisir à son bâtiment.... d'aub. Fie, cxlvi. Le premier tuiau sera creusé dans une grosse pierre de taille bastie au travers du mur, o. de serres, 763.

— ÉTYM. Provenç. bastir; anc. ital. bastire. Ce mut a le même radical que bâton et bât (voy. ces mots), c'est-à-dire l'idée do soutenir, de porter.

2. BÂTIR (bâ-tir), v. a. Terme de tailleur et de couturière. Passer un fil entre les diverses pièces d'un vêtement, pour les assembler. Bâtir à grands points. Bâtir un vêtement pour l'essayer.

— ÉTYM. Espagn. et ital. basla. couture à longs points; espagn. bastear; ital. im-bastire, bâtir; de l'ancien haut allem. bestan, coudre, rapiécer. Il y a eu, en français, en espagnol et en italien, un radical bast signifiant coudre, qu'on ne peut écarter de bâtir des tailleurs; mais l'on peut penser qu'une assimilation s'est faite entre les deux mots signifiant coudre et construire.

| BÂTISSAGE (bà-ti-sa-j') , s. m. Terme de chapellerie. Premier degré du feutrage des poils.

— ÉTYM. Bâtir \.

BÂTISSE (bâ.ti-s'), s. f. Ce qui dans une construction appartient à la maçonnerie. Une bâtisse solide. La neige bouche en dehors les vides de la bâtisse [du castor], CHATEAUBR. Amer. 123.

— ÉTYM. Bâtir t.

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i; \ riSSEUR (bâ-ti-seur), s. m. Celui qui a la maniede faire bâtir. Tous les bâtisseurs (el iln'j a point au monde de nation plus jalouse ni plus envieuse) avouent qu'il ne se peut rien voir de mieux [que votre bâtisse], voit. Lett. 183.

— HlST.xvi's. Et le bastisseur.... mont, i, "ii. De ma part je n'estimerois pas un homme moins bastisseur et affectionné à l'architecture, pour avoir vendu le bastiment qu'il auroit achevé, et puis après en avoir refait un autre, la boëtie, 259.

— ÉTYM. Bâtir ).

fBÂTISSOIR (bà-ti-soir), s. m. Terme de tonnelier. Machine à retenir les douves pour la construction d'un tonneau.

— étym. Bâtir <.

BATISTE (ba-ti-sf), s. f. Toile de lin, très-fine.

— ÉTYM. Baptiste, nom du premier fabricant de cette toile, de pauxKUïiç, proprement le baptiseur

. baptiser). Sa statue esta Cambrai.

BATON (bà-ton) , s. m. \\ 1° Morceau de bois assez long qu'on peut tenir à la main. Bâton servant d'appui. Un gros bâton. Un bâton noueux. Ils étaient armés de piques et de bâtons durcis au feu, vaugel. Q. C. m, 2. Si on veut donner un coup de bâton, pasc. Prov. 7. Dont la conduite mériterait vingt coups de bâton, hamilt. Gramm. 9. || Jouer du bâton, manier un bâton avec dextérité, et aussi donner des coups de bâton. || Familièrement. Une volée de coups de bâton, un grand nombre de coups de bâton. || Fig. et familièrement. X coups de bâton, par force. Sa mère [de l'abbé de Mailly] l'avait fait prêtre à coups de bâton, et l'avait laissé mourir de faim longues années à Saint- Victor, st-sim. 52, t22. || Fig. Le bâton haut, d'autorité. Le chevalier de Lorraine mena Monsieur le bâton haut toute sa vie, fut comblé d'argent et de bénéfices, st-sim. 93, 23t. || Mettre des bâtons dans les roues, entraver, susciter des obstacles. || Sauter le bâton, faire quelque chose malgré soi, à contreiiin ; locution tirée des chiens et des singes auxquels les bateleurs font sauter un bâton. Toutes les dames voulaient être nommées [du voyage], c'est ce qui leur fit sauter le bâton de s'entasser dans les carrosses des princesses, st-sim. 60, 3. Quand on a compté sur un mariage de cette autorité, il ne se trouve plus de porte de derrière, et il leur fallut [aux Mailly] sauter le bâton d'assez mauvaise grâce, id. 3, 55. X quelques réponses brusques [de Pierre le Grand] aux derniers messages, ils [les ambassadeurs Anglais] sentirent bien qu'il fallait sauter ce dangereux bâton, et ils montèrent [aux échelles de corde], id. 54, (44. || Fig. Battre l'eau avec un bâton, perdre sa peine. || Fig. Prendre un bâton, faire mauvais accueil. Et, lorsque pour me voir ils font de doux efforts, Dois-je prendre un bâton pour les mettre dehors? mol. Mis. il, Ml Sortir d'une place le bâton blanc à la main, se disait d'une garnison qui se rendait en consentant à sortir sans armes et sans bagage. || Fig. Sortir d'un emploi, d'une administration avec le bâton blanc, ou le bâton blanc à la main, en sortir pauvre. On dit de même : il est venu en cette ville le bâton blanc à la main , il y est venu pauvre. || Le bâton, la peine de la bastonnade. Condamner au bâton. Faire mourir sous le bâton. 1 1 2° Fig. Sa charge de prévôt est un dangereux bâton dans la main d'un méchant homme, scarr. Rom. com. IIe p. ch. 15. || 3e Bâton d'aveugle, bâton qui sert aux aveugles à se conduire. || Fig. Ce bâton d'aveugle avec lequel marchait le modeste Locke, cherchant son chemin et le trouvant, volt. Lettr. à M*** (740. L'analyse, qui est le bâton que la nature a donné aux aveugles, volt. Métaph. 4. || Un aveugle sans bâton, se dit de celui qui n'est pas pourvu des objets nécessaires à sa profession. || Bâton de vieillesse, celui qui est le soutien, l'appui d'un vieillard. Cet enfant sera un jour votre bâton de vieillesse. Bonne maman, consolez-vous, Prenez un bâton de vieillesse, bérang. B. mam. \\ 4" Bâton de chaise, morceau de bois qu'on met dans les portants d'une chaise à porteur. || Bâton se dit aussi des bois tournés qui maintiennent les quatre pieds d'une clriise à s'asseoir. Ne mettez pas vos pieds sur les bâtons. || Bâton de cage, bâton sur lequel se perche l'oiseau. || 5° Bâton s'est dit jadis des armes montées sur un fût ou hampe. Les arquebuses, les mousquets, les fusils ont été dits de la sorte bâtons à feu. || Bâton à deux bouts, espèce d'arme offensive qui consiste en un bâton ferré par les deux bouts. 11 faisait le moulinet autour de soi avec une houssine qu'il avait arrachée à un laquais, et il s'en escrimait comme d'un bâton â deux bouts, Franeion, liv. xn. ||6° Batterie à bâtons rompus, batterie de tambour qui désigne l'action des mains don-

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nant chacune deux coups de suite ; ce jeu de baguettes est un moyen d'étude, et l'accélération des battements produit un bruissement et non une batterie d'ordonnance; de là la locution figurée : à bâtons rompus ou à bâton rompu, avec interruption, à diverses reprises. J'entendis à bâtons rompus leurs propos, Franaojijliv. iv. Selon ma coutume paresseuse de travailler à bâton rompu, j. j. rouss. Avcrt. Vous voyez comme je travaille; tout ce qu'on appelle décousu, bâton rompu, n'est rien en comparaison, p.l. cour. Lett. i, 288. || Bâtons rompus, espèce de tapisserie qui représente plusieurs bâtons rompus et entremêlés l'un dans l'autre. Cela s'est dit aussi de certains ornements d'architecture. || 7° Bâton pastoral, la crosse d'un évêque. || Bâton de chantre, sorte de bâton fort orné et recouvert d'argent que le chantre d'une église tient à la main pendant îoffice divin en marchant en chape dans le chœur. || Bâton de prieur, le bâton qu'un religieux, en qualité de prieur, porte derrière l'écu de ses armoiries. || 8° Le bâton de la croix, d'une bannière, le bâton au haut duquel la croix, une bannière sont portées. || Bâton de confrérie, le bâton de la bannière d'une confrérie. || 9° Court bâton, petit bâton qui, mis avec d'autres plus longs, sert à tirer au sort. On dit aujourd'hui courte paille. || Fig. Tirer au bâton, au court bâton avec quelqu'un , contester avec lui sans vouloir se relâcher sur rien. Il ne faut pas tirer au court bâton avec ses amis. || 10" Bâton de croisure, outil des ouvriers de haute lisse. || Bâton de preuve, celui qu'on trempe dans le sirop pour essayer la cuite. || 11° Bâton se dit des choses qui ont la forme d'un petit bâton. Bâton de casse; bâton de cire d'Espagne ; bâton de sucre d'orge. || 12° Bâton de commandement, bâton que portent certains officiers investis d'un commandement. || Bàton de maréchal, ou simplement bâton, dignité de maréchal. 11 est du nombre des désespérés de n'avoir point de bâton [de n'être pas maréchal] , sëv. 201 . || Bâton d'exemjjt, sorte de bâton qui marquait que celui qui le portait était un exempt. || Bâton de mesure, petit bâton avec lequel un chef d'orchestre indique le mouvement. || 13" En géométrie, on appelait bâton de Jacob un instrument composé de deux règles mobiles , avec des pinnules à l'extrémité, qui servait à prendre les hauteurs ou les distances , par la méthode des angles. Les anciens astronomes sont peints avec un bâton de Jacob à la main. || Bâton de Jacob, trois étoiles du baudrier d'Orion qui sont en ligne droite. || Le bâton de Jacob, la baguette d'un escamoteur. || Il sait bien le tour du bâton, il est fin et adroit, il sait faire sa main; locution .prise des joueurs de passe-passe, qui ont d'ordinaire en main un petit bâton. |i Familièrement. Tour du bâton, profit secret et illicite. Phelypeaux était général des lies à la Martinique, qui est un emploi indépendant, de plus de 4oooo livres de rente, sans le tour du bâton, qu'il savait faire valoir, st-sim. 36< , 127. J'ai du bien, du crédit et de l'argent comptant; Quant au tour du bâton, vous en serez content, boursault, Ésope à la cour, iv, 5. || 14° En architecture, bâton, moulure en saillie ou gros anneau qui s'appelle aussi tore, et qui est un ornement de la base des colonnes. || 15° En termes de blason, bâton, le tiers d'une colonne en brisure. || 16° Terme de marine. Bâton de pavillon ou d'enseigne, petit mâtereauqui sert à arborer le pavillon. || Bâton de flamme, bâton qui tient la flamme au bas du mât. || Bâton d'hiver, petit mâtereau qui, lorsque le temps est mauvais, remplace le mât de perroquet dans un bâtiment de commerce. || 17° Rouleau de bois dont l'orfèvre se sert pour aplanir une plaque de métal. || Cylindre de bois garni de peau de chien, pour frotter divers ouvrages. || 18" Terme de botanique. Bâton de saint Jean, la persicaire d'Orient (les jardiniers appellent bâton toute plante dont les fleurs sont disposées en épi le long d'un axe redressé et rigide). |l Bâton de Jacob, asphodèle jaune. || Bâton d'or, violier jaune ou giroflée jaune. || Bâton royal, l'asphodèle blanc ou l'asphodèle rameux. Dit aussi hache royale. || Bâton de St Jacques, la rose trémière. || 19° Dans l'écriture, traits longs et droits que font les commençants. Cet enfant fait des bâtons. || Dans la musique, sorte de barre qui traverse perpendiculairement une ou plusieurs lignes de la portée et qui, surmontée d'un chiffre, exprime la quantité de mesures qu'il faut passer en silence. || 20° Par rain et par bâton, locution de droit féodal dont on se servait dans les solennités des investitures.Rain veut dire branche, de ramus; mot à mot, par branche'et par bâton. || Le bâton, dans les coutumes féodales, était un signe par lequel un con-

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fiait une mission : on en verra des exemples dans l'historique.

— hist. xic s. Livrez m'en ore le gant et le bastun, Ch. de Roi xvn. || xirs. Qui donc veïst le duc sur un cheval gascon Poindre parmi les rues, h sa main un baston.... Sax. vm. || xnie s. Et ne puent ne ne doivent les mestres ne les valiez donner deux goffres [gaufres] pour un denier , et sept bastons [sorte de pâtisserie] pour un denier, bons et loyals et rnetables, Liv. des met. 351. Poi me porrai mes soustenir, Fors à baston ou à potence, la iîose, 12949. Por ce l'avons eslit qu'il a cuer de baron , Et qu'il reset assés d'escu et de baston, Ch. d'Ant. vu, 776. Kt fust ainsi qu'il eust ja l'escu et le baston por combatre,BEAUM. lxiii, i. || xive s. Un baston, appelé le baston au Lyon, et est fait en manière de potence, et a, au bout du dist baston, une pointe d'argent, de laborde, .Émaux, p.1 59. Deux bastons de cèdre, garnis d'or , à deux pommeaux rons dessus , où , en l'un , a les armes de France et, en l'autre, de Mons. le Dalphin, id. ib. Un baston de ybenus aorné d'argent, pour l'office du chantre, id. tb.Un baston à seigner [bénir], qui a la teste d'une aigle de cassidoine, assise sur un pommel d'or esmaillé, et a ou bout une virole d'or à la pointe d'argent, id. ib. Vous ressemblez celui, à mon entention, Qui va merci priant, en sa main un baston, Guescl. 21384. ||xvc s. Ceux qui le baston du gouvernement avoient, froiss. ii, m, 27. Lesdicts ambassadeurs, qui assez savoient le tour de leur baston, Vouciq. m, ch. if. Le clerc, sachant le tour de son baston , s'en fit beaucoup prier, louis xi , Nouv. xiii. Un jeu que l'on nomme le jeu de baston, c'est assavoir l'un à tapper ou frapper et rompre le baston de son compaignon, du cange, basto. || xvie s. Quelques capitaines d'infanterie, lesquels, estant payez pour cent hommes, n'en tiennent pas trente en leurs compagnies, et encores se moquent-ils des autres qui n'entendent pas le tour du baston, lanoue, 106. Le vassal petit démembrer, bailler à cens et arrentement son fief, sans l'assens de son seigneur, jusqu'au tiers de son domaine, sans s'en dessaisir, ou la main mettre au baston; qui est ce qu'on dit : se jouer de son fief, sans demission de foi, loysel, G4). Il avoit bon nombre de chevaux de service, grande quantité de bastons et ' d'armes offensives de toutes sortes, et d'engins de baterie à tirer auloing, amyot, Timol. 18. Lesdiguieres bâtit de quatre moiennes Guillestre, qu'il eut au bout de 900 coups, les soldats de Gascongne rendus au baston blanc, ceux du païs à discrétion, d'aub. Hist. m, 35. Discours premier sur le fait des harquebusades, et autres bastons à feu, paré, îx, 1er dise. Cela fait [le vif-argent ainsi préparé], on peut dire estre un maistre Jehan, qui fait choses grandes et quasi miraculeuses, pourveu qu'on le sache bien manier à luy faire sauter le baston, io. xxih, 47. Deux appuyés sur ung baston (proverbe), génin, Récréât, n, p. 237.

— ÉTYM. Norm. gaton et vaton; provenç. et espagn. baston; portug. bastâo; ital. bastone. Baston est un dérivé d'un simple qui se trouve dans l'espagnol bastos, bâtons, trèfle dans les cartes, et dont le radical est dans bâtir et bât (voy. ces mots).

fBÂTONNABLE (bâ-to-na-bl'), adj. Qui mérite d'être bâtonné. Le héros de son roman est très-bâtonnable, scarron, Poés. dans richelet.

— ÉTYM. Bdtonner.

f BÂTONNADE (bà-to-na-d'), s. f. Coups de bâton. Des impertinences qui échappèrent à Bartet sur M. de Candole lui attirèrent de sa part une rude bâtonnade, st-sim. 187, 243. || On dit plus ordinairement bastonnade.

— ÉTYM. Bâtonnrr.

f BÂTONNAGE (l)â-to-na-j'), s. m. || 1° Terme de

vétérinaire. Opération qui consiste à introduire dans la bouche des bêtes à cornes affectées de météorisme un bâton avec lequel on va titiller le voile du palais; ce qui détermine des éructations et soulage les animaux. || 2° Action de mettre en bâtons, par exemple de la cire d'Espagne.

— ÉTYM. Bâton.

jBÂTONNAT (bâ-to-na), s. m. || i" Fonctions

de bâtonnier dans le corps des avocats. || 2° Durée de ces fonctions.

— étym. Bâton.

BÂTONNÉ, ÊE (bâ-to-né, née), part, passé.

|| 1" Qui a reçu des coups île bâton. Gérante bâtonné par Scapin dans la comédie de Molière. || 2° Biffé. Un paragraphe bâtonné.

t BÂTONNÉE (bâ-to-née), s. f. Quantité de liquide élevée par un coup de piston d'une pompe.

— étym. Bâton, manche de pompe.

BÂTONNER (bâ-to-né), v, a.\\l° Donner des j

coups de bâton. Anglais, Suisses, Allemands, Russes, Prussiens, tous bâtonnent le soldat, p. l. cour, i, 262. || 2° Fig. Rayer, biffer. Bâtonner un article.

— REM. Des dictionnaires du xvnr siècle indiquent que dans bastonner, qui était l'orthographe suivie, Ys se prononçait. Cette prononciation, qui avait le tort de séparer bâtonner de bâton, n'a pas prévalu.

— hist. xve s. Alons jouer ensemble et bastonner l'un contre l'autre, du cange, basto.

— étym. Bâton.

BÂTONNET (bà-to-nè; le t ne se lie pas^dans la

conversation; au pluriel, Y s se lie : des bâtonnets et.... dites : des bâ-to-nè-z et....; bâtonnets rime avec traits, jamais, succès), s. m. || 1° Jeu d'enfants qui consiste à faire sauter avec force un petit bâton pointu par les deux bouts.|| 2° Petite règle à quatre faces. 113" Terme de vétérinaire. Petit morceau de bois dont on se sert dans la saignée avec la flamme pour faire pénétrer brusquement la pointe de l'instrument par un coup sec du bâtonnet.

— hist. xiii0 s. A lafenestre droit s'en vient, Au bastonet qui la sostient, Ren. 12308. || xrve s. Un petit bastonnetd'ybenus, garni d'argent, à faire une couple à chien, delaborde, ÉmaMx,p.i6i . Aubout des longes doit avoir un petit bastonnet, afin que se Pesprevier s'entreprenoit, sans mettre la main, l'en luy mette ses plumes à point, Ménagier , m , 2.

— ÉTYM. Diminutif de bâton. On disait aussi dans l'ancien français bastoncel.

BÂTONNIER (bâ-to-nié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Ys se lie : les bâtonniers et les avocats, dites : les bâ-to-nié-z et....), s. m. || 1° Celui qui avait en dépôt le bâton d'une confrérie , et qui avait droit de le porter aux processions. || 2° Avocat choisi par ses confrères pour être teniporairement le chef de l'ordre, son représentant et son président, et pour veiller à ce qui intéresse l'honneur et la discipline du barreau. On l'appelle ainsi parce que, dans les cérémonies de la confrérie de St-Nicolas, confirmée par lettres de Philippe VI, d'avril <342, il portait le bâton de St Nicolas.

— ÉTYM. Bât 0)1.

BÂTONNISTE (bâ-to-ni-sf), s. m. Celui qui sait

s'escrimer du bâton, comme d'une arme.

— étym. Bâton.

f BATRACHITE (ba-tra-ld-t'), s. f. Pierre ver-

dâtre que les anciens croyaient formée dans le corps d'un crapaud.

— ÉTYM. BaxpayÎTïi:, de fii.Tpa.yoc, grenouille, f BATRACHOMYOMACHIE (ba-tra-ko-mi-o-ma-

chie), s. f. Combat des rats et des grenouilles, titre d'un poëme attribué à Homère.

— ÉTYM. BaTpaxo|i.uo[j.ayjœ, de pâTpay.o;, grenouille. u.ô;, rat, etn-àx^i, combat.

BATRACIEN (ba-tra-siin), s. m. Terme de zoologie. Nom d'animaux vertébrés appartenant au quatrième ordre de la classe des reptiles, formant le passage de cette classe à celle des poissons, et renfermant des animaux à peau nue, différents de tous les autres vertébrés par la métamorphose qu'ils éprouvent dans les premiers temps de leur existence.

— ÉTYM. BccTpa/oi;, grenouille.

BATTAGE (ba-tà-j'j, s. m. || i" Action de battre

le blé pour séparer le grain de l'épi. || 2" Dans la draperie, préparation donnée à la laine. || 3° Action de battre la poudre dans les mortiers. || 4° Opération pour faire le beurre, consistant dans l'agitation de la crènSe en des vases de formes diverses appelés barattes.

— ÉTYM. Battre.

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