BAU
UNOi i , -;>!<. Us liront batre les gardes, et faire de grands feux, U>. 652. Il alla charger ceulx qui estoient demourez, et les mena bataut jusque dedans leur camp avec grand meurtre, amyot,Fo6. 20 Leurs murailles que l'on batoil el assailloil en plusieurs endroits avec toutes sortes d'engins de baterie, id. Timol. -26. La commission qu'il luy bailla de faire
battre delà monnoie, id. Lucul. 4 Qu'il luy por-
teroit secours tant que l'aine luy batroit au corps, et qu'il abandonneroit plus tost sa vie que sa foy, id. Eumènes, 9. Je vous avise que vous battez à froid; parquoi, n'y perdez désormais davantage de temps, yver, p. en. Quand le corbeau se bat des ailes, c'est signe de vent, paré, Animaux, -. Ils assistèrent ceux de Bourdeaux avec 25 navires qui battaient la mer, d'aub. hist. ii, 274. Et sur le flanc lui battait Tousjours la trompe et la trousse, rons. 432. Elle [la biche] battoit des flancs, sa lang toit tirée, Comme estant jà du loup la proye désirée , id. 74c. Le cœur me bat d'espoir, id. 802. Dont il revint tost en vie et si sain, Qu'il s'envola battant l'une et l'autre aile, st-gelais, 185. S'en battre les joues [s'en moquer] , ne vers, Mem. 1. 11, p. 136. Qui veut batre son chien, trouve assez de bastons, cotgrave.
— étym. Bourguig. battre, beutre, baittre; provenç. batre; catal. batrer; espagn. bâtir; ital. battere ; de batuere ou battuere, transformé par le bas-latin en batere ou battere, comme on le voit par l'exemple debatualia et batalia. Il y a dans le celtique un mot qui a peut-être même radical : gaélique, bith, un coup; anglais, to beat, battre.
BATTU, UE (ba-tu, tue), part, passé du verbe battre. || 1° Qui a reçu des coups. L'enfant battu par le maître. Battu de verges. Grain battu. Eau battue par les rames. Viande battue. || Fig. Battu de l'oiseau, découragé par une suite de revers, de mécomptes, etc. Locution tirée de la fauconnerie, qui désigne le gibier battu et finalement surmonté par l'oiseau de proie. M. de Bellisle était sauvage au dernier point, et néanmoins de fort bonne compagnie, mais battu de ses malheurs, st-sim. 424, 128. Il Fig. 11 y a longtemps que j'ai les oreilles battues de ces discours, il y a longtemps qu'on me les répète, que j'en suis importuné. || Terme de vétérinaire. Sole battue, voy. solbature. || Brocart battu d'or, brocart dans lequel il entre beaucoup d'or. Il Avoir les yeux battus, avoir autour des yeux une teinte qui montre qu'on est fatigué, et que l'on compare à la meurtrissure que produirait un coup. || 2° Foulé. Le sol battu par les pieds. Aire bien battue. Il Chemin battu, chemin foulé par les pieds des passants, et de là, chemin fréquenté; et fig. l'habitude, le train habituel, les moyensordinaires. Elle a quitté les voies battues de lavertupouralleràDieu par des routes inconnues etnouvelles, flech. Pa/icg. Ste Thérèse. On n'use pas s'écarter du chemin battu, boss. 11, Pent. t. En allant devant soi dans le chemin battu par nos pères, id. Polit. Il nous mène par des voies si singulières et si peu battues, mass. Affliction. Il 3' Frappé par l'artillerie ou par un engin de guerre. Le mur battu en brèche. La tour battue par le bélier. || 4" Contre lequel une chose vient frapper. Rocher battu par les vents. La tempête dont sa flotte fut battue, boss. Reine d'Anglet. Aïeux de Malvina, du sein de vos nuages Veillez sur ses destins battus par tant d'orages, ducis, Oscar, 11,2. La ville était battue des flots de tous côtés, vaugel. Q. C. liv. iv. Il 5° Mêlé, en parlant d'un liquide. Un blanc d'oeuf bien battu. || 6" Parcouru, exploré. Les buissons battus par les chasseurs. La campagne battue par un partidecavalerie.|| 7° Vaincu. Les Français battus en <557 par les Espagnols à la bataille de St- Quentin. || Battu sur ce point, en parlant d'un orateur. Ils insistent et ne se tiennent pas pour battus. Il 8° En termes de danse, pas battu, pas fait en battant légèrement et vivement une jambe contre l'autre. Il 9° S. m. Les battus, les gens qui ont reçu des coups. Les battants et les battus. || Nom qu'on a donné quelquefois aux flagellants. || Trait d'or ou d'argent doré qui est écaché. || Battu de feutre, défaut du papier dans lequel on trouve des endroits barbouillés. || Proverbes. Les battus payent l'amende, ceux qui ont reçu le dommage, l'offense, loin d'obtenir une réparation, sont en butte à de nouvelles vexations. Locution prise des combats judiciaires, où en effet le battu, le vaincu, était condamné. || Autant vaut bien battu que mal battu , c'est-à-dire puisqu'il faut, en tout état de cause, risquer quelque chose, il est raisonnable de braver le risque tout entier.
BATTUE (ba-tue), s. f. || 1° Action de battre les bois et les taillis pour en faire sortir le gibier. Le samedi 30, le dauphin et le duc de Berry allèrent avec M. le duc faire des battues, st-sim. 321 , 188.
Dans les cantons conservés pour le plaisir de la chasse, on tue quelquefois quatre ou cinq cents lièvres dans une seule battue, buff, Lièvre. || 2" Par extension. On assomma comme des bêtes fauves tout ce qui se trouva dans la battue du pacha; les brigands périrent, il est vrai, mais avec 300 paysans grecs qui n'étaient pour rien dans l'affaire , chateaub. Itinér. 25. || Fig. Faire une battue, explorer un terrain. || 3° Terme de pêche. La battue du poisson, le creux qu'il fait dans la boue où il s'enfonce pendant l'hiver. || 4° Terme de magnanerie. Séparation descocons. || 5°Terme de manège. La battue est le bruit qui résulte du lever et du poser lors du heurt du pied du cheval sur le sol.
— ÉTYM. Féminin de battu pris substantivement. BATTUBE (ba-tu-r'), s. f. || 1° Espèce de dorure,
dont l'assiette se fait avec du miel détrempé. dans de l'eau de colle et du vinaigre. || 2 'ferme de marine. Fond mêlé de sable ou de roches qui s'élève vers la surface de l'eau. || 3° Terme de pêche. Endroit où il y a peu d'eau.
— hist. xir s. Ke li mal ke il soffrent ne soient mie pie bateure de chastiement, mais durs flaeaz de droite venjance, Job, 471. || xmc s. Navreure ou bateure, beau m. lx, M. || xive s. Pour faire deux couvertures à chevaux, l'une de bateure pourle tournoy, et l'autre de couture pour la guerre; pour couldreetassemblerlepoilleetfairela bordeure et bateure d'icelui, de laborde, Émaux, p. tfi2, || xvie s. Les Refformez estaient dans l'estroit des sables et battures, si bien qu'ils ne pouvoient avancer en ordre de combat, d'aub. Hist. 11, 3oo. Les galères passèrent facilement sur les battures et platins, id. ib. 11,302. Leur intention estoit de suivre noz galleres, esperansnous attirer sur les bans et battures, m. du
— ÉTYM. Bas-latin, batitura, de battere (voy. battre). Dans l'ancien français, bateure avait le sens général d'action de battre, qu'il a conservé jusque dans le xvr siècle, et que le peuple lui attribue encore quand il dit : il y a une batture dans la rue.
f BATZ (bals'), s. m. Petite monnaie allemande de la valeur de trois sous.
— ÉTYM. Allem. Batzcn.
BAU (bô), s. m. Terme de marine. Nom donné à chacune des poutres qui, placées entravers, soutiennent les planchers ou ponts des navires. Le maître bau, le plus long des baux, celui qui dans la construction est placé à peu près à la moitié de la longueur du navire. Bau de lof, le dernier bau sur l'avant. Bau de dalle, le premier bau vers l'arrière. Faux-baux, ceux qui supportent les planches du faux-pont.
— hist. xin° s. Et des autres barons chascuns s'est tant penés Que il ont de la porte tous les pans destornés, Tous les baus traversains ont à terre jetés, Ch. d'Ant. vi, 860.
— étym. Bau, comme on voit, est un mot fort ancien, qui, ayant le sens de poutre, vient sans doute de l'allemand Balkcn, solive. Si l'on s'étonnait que le k ait disparu, il faudrait se rappeler que le g, lettre analogue, a également disparu de l'ancien français bou, bracelet, qui vient de l'ancien haut-allemand boug. ancien Scandinave, baugr.
f BAUBI ou BAUBIS (bô-bi) , s. m. Terme de chasse. Chien dressé au lièvre, au renard et au sanglier.
— ÉTYM. Origine inconnue; peut-être baubari, aboyer. Ce chien se nomme en allemand Bélier, aboyeur.
t BAUCHE (hô-ch'), s. f. S'est dit pour bauge, mortier (voy. bauge).
BAUD (bô) , s. m. Nom d'une race de chiens courants, qui viennent de Barbarie, et qui sont propres à la chasse du cerf; dits aussi chiens muets, parce qu'ils cessent d'aboyer lorsque le cerf vient au change.
— hist. xie s. Li emperere se fait et balz et liez, Ch. de Roi. 8. || xnc s. Balz fu et preus, et le cors ot legier, Rcacisv. p. 63. || xnr' s. Plus en estoit sa mère baude et joians et lie, Bcrle, lx. Maint ribaud ont les cuers si baus, Portant sas de charbon en grieve, Que la poine rien ne leur grieve, la Rose, 5064. Il xive s. 11 est trois manières de chiens saiges, les uns qui sont appelés baulz, les autres ferbaulz, et les autres baulz retifs, Modus, f° xxvn, verso.
— ÉTYM. Le chien baud a été ainsi nommé pour sa hardiesse, de l'ancien français baud, bald . lundi ; provenç. haut; ital. baldo; mots qui viennenl des langues germaniques : angl. bold; ancien haut allem. bald, pald; goth. baillis, libre, lundi.
f BAUDELAIRE (bô-de-lê-r'), s. m. Sorte de sabre. Il Un des meubles du blason.
— HIST. xiv° s. Guillaume de Cravant chevalier avoit féru le dit l'eu Guillaume sur la leste d'un coutel appelle badelare, du cange, badelare. Cavalier tira un grant panart ou badelaire, id. ib. Et lors il sacha un bazelaire, et en fery si grand cop ... id. ib. Il xve s. Un petit coulel portatif appelle baudelaire, id. ib.
— étym. Bas-lat. badarellus, ba'delaris ,basalardus, baselardus. Il y avait dans l'ancien français le mot base qui avait le même sens et dont baselardus est un augmentatif.
tBAUDER(bô-dé) ou BAUDIB (bô-dir),r.n. Terme de chasse. Aboyer. Les chiens baudent fort sur la bête.
— étym. Baud.
BAUDET (bô-dè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie : les baudets et les ânesses, dites : les bô-dè-z et.... Baudets rime avec traits, succès, jamais), s. m. ||i° Âne. Être monté sur un baudet. Le baudet n'en peut plus.... la font. Fables, ni, t. || Fig. Un homme stupide. ||2e Nom particulier de l'âne mâle employé à la reproduction de l'espèce ou à la production du mulet. || 3 'Terme de métier. Tréteau sur lequel le scieur de long pose les pièces de bois.
— HIST. xvie s. Pour haster son misérable baudet, tout errené des coups el du fardeau , Satire. Mén. la vertu du Catholicon d'Espagne, au commencement.
— ÉTYM. Hainaut, baude, ânesse ; de l'ancien français baud (voy. baud), qui veut dire gai, content, hardi, et qui a été appliqué en diminutif à l'âne mâle à cause de sa hardiesse et de sa vivacité.
BAUDIR (bô-dir), v. a. Terme de fauconnerie. Baudir un faucon, l'encourager au combat contre un héron.
— ÉTYM. L'ancien adjectif baud , hardi (voy. baud).
BAUDRIER (bô-dri-é) , s. m. Bande de buffle ou d'étoffe qui, mise en écharpe, sert à porter un sabre, une épée. Il Baudrier d'Orion, les trois étoiles qui sont en ligne droite au milieu de la constellation d'Orion.
— HIST. xiie s. Li cuens Reynaus en monte le degré, Gros par espaules , grêles par le baudré, Romancero, p. 50. Et jo te dunasse vint sicles d'argent e un baldrei, Rois, 187. || xin° s. Cuir à faire coroies et baudrés , Liv. des met. 300. Si corne un baudré que on apele couverture à sele de cheval nu de roncin, ib. 210. De la maisnie estoient dant Pieron le barbé, Celui qui ot la barbe dusqu'au neu du baudré, Ch. d'Ant. v, 882. || xve s. On dit que plus vous ne daignez Porter tissus, ne gris, ne vers, Mais seulement vous vous ceignez De baudiers de velours couvers, coquill. Droits nouv.
— ÉTYM. Provenç. baudrat; portug. boldrié; ital. budriere. Dans le vieux français, plusieurs formes sont confondues, baldrei, baïdré oubaudré , et&awdrier. Baldrei vient de l'anc. haut-alleni. balderich, anc. angl. baldrick, baudrick; baldré, baudrat est un participe passif formé d'un bas-latin balteratus, et signifie l'endroit du corps ceint par le baudrier; enfin baudrier dérive d'un bas-lat. b'alterarius, de balleus. baudrier. L'ancien haut-allemand dérive de l'anglo-saxon belt, anglais belt, ancien norùbelti, sans doute emprunté au latin balleus. Le portugais et l'italien proviennent du français. Baudrier ou baudroier était, non le baudrier, mais celui qui préparait les baudriers, ou du moins celui qui préparait les cuirs, et ce nom aura par abus passé de l'ouvrier à la chose ouvrée.
f BAUDROIE (bô-droi), s. f. Un des noms vulgaires de la lophie pêcheuse, poisson des côtes de France. Nom donné aussi par quelques auteurs au genre lophie.
— étym. Dans un texte cité par Du Cange, au mot baudroy , on trouve : poisson nommé par les Italiens martin-pêcheur, diable de mer, par les Marseillais baudroy, à cause de la grande ouverture de sa bouche, semblable à une bourse dite dans le pays baudrier. Baudroy et par corruption baudroie est donc l'ancien français baudrci ou baudroi, signifiant baudrier (voy. baudrier).
BAUDRUCHE (bô-dru-ch'), s. f. Pellicule provenant d'une des membranes du caecum bien dégrai se soit du bœuf, soit du mouton, et préparée pa parcheminiers. Dite aussi peau divine, pareequ'on applique sur les coupures, à l'instar du taffetas d'Angleterre.
— ÉTYM. Forme allongée de baudrée , vieux ra irceau de cuir, auquel tiennent, dans l'ancien français, baudroier, corroyeur, uaudroirie, le métiei de corroyeur (voy. baudrier). M. Jauberi . dan Glossaire, tire baudruche de baudi u, en Berrj ,