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BAU

BAV

BAV

ventru, en parlant des bêtes à cornes; il serait possible que baudru fût une forme de baudré , anc. français : Vaudrai , provençal, en forme de baudrier, de bourse (voy. baudroie).

BAUGE (bô-j'), s. f. || 1° Gîte fangeux du sanglier. Ce sanglier était sale et couvert de la boue de sa .bauge où il s'était vautré, fén. xix, 70. || Par extension. L'écureuil sort de sa petite bauge, fuit sur un autre arbre, buff. Écureuil. || Populairement. Avoir tout à bauge, être dans l'abon lance. Cette locution a vieilli. || 2° Mortier déterre grasse mêlée de paille. |j 3" Nom d'une sorte de droguet de gros fil et de laine grossière, qui s'est fabriqué en Bourgogne.

— IIIST. xvic s. Dedans faisoit sa bauge une beste sauvage, Qui jamais autie part ne cberchoit son gaignage, rons. 670. Il observera les bestes, leurs repaires et gistes, licts, ebambres, reposées, bauges et tanières, o. de serres, 993.

— ÉTYM. Berry, bauge, hutte; norm. bauge, lit; bas-lat. baugium, bugia. On y rapporte, sati ui • • le celtique : gaél. baie, croûte de terre ; et l'allemand ancien nord, bàlkr, cloison. Au sens de mortier, de crépi, on disait autrefois bouche.

BAUGUE (bô-gh') ou BAUQUE (bô-k'), s. f. Mélange de plantes marines que la Méditerranée rejette sur ses côtes.

— ÉTYM. Bas-lat. balcha, roseau, dans un texte du xve siècle.

1 . BAUME (bô-m') , s. m . 1 1 i° Substance résineuse et odorante qui coule de quelques végétaux. En chimie, les baumes sont proprement des substances résineuses qui contiennent de l'acide benzoïque ou de l'acide cinnamique. En pharmacie , médicaments qui ont une odeur balsamique. Que sa liqueur [de la vigne] soit un baume de plus Versé par vous sur nos blessures, bérang. Brennus. || Familièrement. Fleurer comme baume, avoir une odeur agréable. || Fig. Sa réputation fleure comme baume, il a une très-bonne réputation. || Fig. et familièrement. Je n'ai ]ias foi dans son baume, je n'ai point de confiance aux discours qu'il débite, aux promesses qu'il fait. || 2° Fig. Ce qui calme, adoucit les peines, les chagrins. J'attends quelque chose de vous comme un baume sur toutes ces blessures, volt. Lell. vers, 42. Ce peu de lignes semblait distiller un baume salutaire sur sa blessure, J. J. rouss. llél. i, 64. Un mot, à travers ces barreaux, A versé quelque baume en mon àme flétrie, a. chén. 269. Quand la paix répand son baume Sur les maux qu'on endura, bérang. Ménétr. Vous croyez donc que les déplaisirs et les plus mortelles douleurs ne se cachentpas sous la pourpre? ou qu'un royaume est un remède universel à tous les maux, un baume qui les adoucit, un charme qui les enchante? boss. Marie-Thér. La tolérance sera regardée dans quelques années comme un baume essentiel au genre humain, volt. Lelt. Helvélius, 26 juin 1765. Des eaux assez bonnes pour les vieillards cacochymes qui ont besoin de mettre du baume et de la tranquillité dans leur sang, id. Lelt. d'Argental, 29 mail 765. || 3" Baume d'acier ou d'aiguilles, baume préparé avec delà limaille d'acier et de l'acide azotique. || Populairement, baume d'acier, l'instrument d'acier, l'instrument du dentiste. Votre dent est gâtée; il n'y a que le baume d'acier qui vous guérira. || Baume de soufre, huile soufrée, ff Baume de momie, malthe et asphalte. || En botanique, baume des jardins, nom de la menthe baume (mentha gentilis , L.). Des roches tapissées de sauge et de baumes sauvages, chateaubu. Ilinér.u, 13.

— HIST. xmc s. Et fu li cors embausemés de bausme et aportés à Saint Denis, où il fu enfouis en cimetière comune, Chron. de llains, 178. Ci se reposera Guillaume, Le cui tombel soit plain de baume, D'encens, de mirre et d'aloé, Tant m'a servi, tant m'a loé, la Rose, 10598. Mais je passase la cloison Moult volontiers pour l'achoison [àeauselDu bouton, qui sent miex que basm i, ib. 2795. Carde l'un basmes decouroit, Et de l'autre cresmes caoit [tombait] , Flor. et Bl. 625. Des'haleine est si douce odeur, Que de bosme ne vient grigueur, 111. etJeli. 313. Or ai Dieu renoié, ne puet estre teu; Si ai laissié le basme, pris me sui au seu [sureau]; De moi a pris la chartre et le brief receti Maufez [Satan]; si li rendrai de m'ame le treû, ruteb. il, 95. Il xve s. Mauvaise odeur m'est plus fleurantquebasme, CH. d'ohl. Bal. 104. Et lors commença à dire baume [merveilles] de son chien, lolis xi, Nina: xcvi.

||xvics ou ne sçay quel baume artificiel, ma-

rot, i, 267. Au point du jour vey son corps amoureux, Entre deux draps, plus odorans que basme, m. ii, 398. Par faulte de moustarde (baulme naturel et i taura I l'and Iles) moururenl presque

toutes, rab. Pani. iv, 42. La chair en est tant délicate, tant savoureuse, et tant friande que est basme, m. ib. iv, 7.

— étym. Provenç. balme, basme; catal. balsam; espagn. et ital. balsamo; de balsamum , pâXauiiov; de l'hébreu, baal, prince, et schaman, huile. On disait encore quelquefois bdmc du temps de La Fontaine : Ma foi! c'est bâme, Troq.

f 2. BAUME (bô-m') ou BALME (bal m'), s. f. Grotte, dans le Midi. || La Sainte-Baume, montagne du Var où l'on dit que sainte Madeleine se retira.

— HIST. xuie s. Après s'en ala en Bethléem, et en la balme dou Sauveour entra, Vie des Saints dans raynouard, balraa.

— ÉTYM. Prov. baou, rocher, d'où baoumo ; Am. Thierry, Ilist. des Gaulois, dit baou un mot ligurien.

BAUM1EB (bô-mié) , s. m. Arbre qui donne du baume (amyris, L.). Nous traversâmes quelques petits bois de baumiers et de cèdres de la Virginie, chateaubr. Voy. Amer. 3u8.

— HIST. xme s. Por le treû de l'an [il] li dona un somier Tôt chargiéde besans, de pieres etd'ormier, Et une boiste plaine de basme de basmier, Ch. d'Ant. i, 347. Basme de bausemier, ib. v, 311. Et à senestre un balsamier; N'ert [n'était] en cest siècle tele odour Qui vausist celé de la flour, FI. et Blanehefl. 622.

— ÉTYM. Baume.

BAUQUE (bô-k'), s. f. Voy. baugue.

| BAUQUIÈRE (bô-kiê-r'), s. f. Terme de marine. Ceinture épaisse pour recevoir l'extrémité des baux.

— ÉTYM. Bau.

f BAUQUIN (bô-kin), s. f. Bout de la canne que le verrier pose sur ses lèvres pour souffler.

BAUX (bô), plur. de bail et de bau.

BAVARD, DE (ba-var, var-d'; le d ne se lie pas au masculin : un bavard ennuyeux, dites : un bavar ennuyeux; au pluriel 1'* ne se lie pas: des bavar ennuyeux; cependant plusieurs disent, en liant : des ba-var-z ennuyeux), adj. [| 1° Qui parle beaucoup. Je vous écrirais bien au long si j'en croyais mon cœur, qui est bavard de son naturel, volt. Lelt. Rochefort, 4 fév. 1767. || Indiscret, qui dit ce qu'il faudrait taire. En ce sens, on peut être bavard sans parler beaucoup. ||2" Substantivement, un bavard, une bavarde. Faire taire les bavards.

— hist. xve s. Ça, mes mignonnes danceresses, mes très plaisantes bavarraisses , Délaissez vos amoureux traitz, coquillart, Les droits nouveaux. || xvie s. J'esperois qu'en bref ceste resverie, ne trouvant nul adhèrent, s'evanouiroit, ou bien demeureroit cachée entre un tas de baveraux seulement, calvin, 25. Si on veut croire ces bavars, l'essence de Dieu ne conviendra qu'au Père seul, id. lnstit. 92. Ce n'est donc pas son intention de detracter en rien qui soit de la vraye foy; mais declairer combien estoyent ineptes telsbaveurs, de tant attribuer à une vaine apparence de foy, id. ib.

— ETYM. Bave; provenç. bavec, barct, bavard.

BAVARDAGE (ba-var-da-j') , s. m. Suite de discours ou de paroles sans intérêt. Quand finirez-vous ce bavardage?

— étym. Bavarder.

BAVARDEB (ba-var-dé), v. n. || 1" Parler beaucoup. Cette femme bavarde du matin au soir. || 2° Divulguer des choses qu'on devrait taire. Sun complice bavarda, et la police fut sur la trace. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 3' Activement. Le duc d'Estrées grommelait en grimaçant, et le duc de Béthune bavardait des misères, st-sim.

— ÉTYM. Bavard.

BAVARDERIE (ba-var-de-rie) , s. f. \\ 1° Défaut du bavard. Pardonnez âmes arguments, à ma morale, à ma bavarderie, volt. Lcii.au roi de Prusse, 37. || 2° Bavardage continuel. Que V. M. I. daigne agréer les bavarderies de l'ermite du mont Jura, volt. Lelt. à Calh. 107. Et aurez-vous d'autres reproches à me fane que celui de vous ennuyer par mon énorme bavarderie? id. Lcit. Mme du De/fant, Ijjanv. 1761.

— étym. Bavarder.

■f-BAVARDINER (ba-var-di-né) , r. n. Diminutif de bavarder. Nous n'avons fait que bavardiner, et nous n'avons point causé, sév. 40.

— étym. Bavarder.

t BAVAROISE (ba-var-di-z') , s. f. Bavardage. Échauffez votre tète et travaillez: vousaurez bientôt oublié ou pardonné mes bavardises, et vous trouverez... j. J. uouss. Lett. à M. Mardi. \" mars 1763.

— ÉTYM. Bavard.

BAVAROISE (ha ya-roi-z'), s. f. Infusion de thé

et de sirop de capillaire, sucrée et mêlée avec du lait.

— ÉTYM. Bavarois, de Bavière.

BAVE (ba-v'), s. f. || 1° Salive qui découle involontairement de la bouche. La bave d'un enfant. |j2° Salive écumeuse que jettent certainsanimaux. La bave d'un chien. Cerbère l'a versé ; jadis ce monstre esclave Fit écumersur lui sa venimeuse bave, rotr. Ilerc. mour. iv, 1. || 3° Liqueur gluante qui coule de la coquille d'un limaçon. || 4" Fil très-fin que le ver à soie jette autour de lui avant de commencer son cocon.

— HIST. xme s. Tu as le fdz Dieu baptoié, Par qui nous sommes nectoyô D'ordure, d'escume et de beve, j. de meung, Tr. 238. || xvc s. J'ay bien ouy tout son tripot Et ses baves; elle prouvera fous ses faietz; parlons par escot, coquill. L'iaidoy. de l« simple et de la rusée. Venez y, varletz, chamberieres, Qui sçavez si bien les manières En disant mainte bonne bave D'avoir le meilleur de la cave, villon, Repues franches.

— ÉTYM. Espagn. et portug. baba; ital. bava. Ce paraît être une espèce d'onomatopée, pour exprimer le babil des nourrissons accompagné de bave, en grec, fSaêàîUtv. On voit qce bave dans l'ancien français signifiait aussi le parler puéril.

f BAVÉOLE (ba-vé-o-1') ou BAVEULE (ba-veu-I'), i'. f. Un des noms locaux de la centaurêe-bluet. t BAVÈQUE ou BAVESQUE (ba-vè-k'j, s. f. Voy.

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