BAVEUSE
BAVER (ba-vé), v. n.\\i° Jeter de la bave. VoVre petite fille est fort jolie; elle me baise et me bave; mais ne crie jamais, sév. 105. Alizon.... Bave comme au printemps une vieille limace, Régnier, Sat. x. [Un enfant] qui crie et bave pour toute réponse, j. J. rouss. Ém. n. || Fig. Souiller par d'indignes paroles. Rentre dans l'ombre où sont tous les monstres flétris Qui, depuis quarante ans, bavent sur nos débris! v. hugo, Crép. 10. || 2° Ne pas couler droit, en parlant d'un liquide qu'on verse ou qui s'écoule. Le sang bave dans la saignée, quand il ne sort pas en jet
— HIST. xvie s. Conclusion : quelque chose qu'on bave [bavarde], Gloire mondaine est legier abbattuè, J. marot, v, 45. S'eschauffant si bien, qu'il discourut en bavant toutes les peines qu'il avoil endurées pour l'amour de Fleurie, yver, p. 565. Alors il faudroit faire suer et baver [saliver] ladite dame, ou autrement ne pourroit guarir, paré, xviii, 70.
— étym. Bave; provenç. bavar; espagn. babear; portug. babar.
BAVETTE (ba-vè-f), s. f. \\ 1° Petite pièce de toile qu'on attache sur la poitrine des petits enfants, pour recevoir la bave. Ou n'e-.t pas sitôt â la bavette, Qu'on trotte, qu'on raisonne, on devient grandelette, la font. Coupe. || Par extension. La sœur de Mme de Montespan avait les yeux fort chassieux, avec du taffetas vert dessus, et une grande bavette de linge qui lui prenait sous le menton, st-sim. 190, 35. || Être à la bavette, être dans la première enfance; et figurément, être encore trop jeune pour se mêler des choses dont il s'agit. De Maurice de Saxe vainqueur au prince â la bavette il y a quelque différence, p. l. cour, i, 3oo. || Familièrement. Tailler des bavettes, passer son temps à bavarder. || 2° En termes d'architecture, bande de plomb dont les bords des chéneaux sont couverts. || 3° En termes de boucherie, bavette d'aloyau, partie du bœuf faisant suite à l'aloyau jusqu'au pis ou l'analogue du pis. || 4° Plastron que porte le boyaudier. || Dans la préparation du hareng saur, faîtière de terre pour l'issue de la fumée.
— HIST. xur s. [Il] Faut pour l'enfant Et le malleil et la bavete, Choses qui {aillent en ménage. || xve s. Ne laissez à oster vostre chaperon, cl
ou bavette dessus vostre chief, Jehan de Saintre': ch. vm.
— étym. Baver; bourguig. baivaite; Berry. b,ivette, bavouselle, partie la plus haute et la plus étroite d'un tablier de femme.
f BAVEULE (ba-veu-P), s. /'. Voy. bavéolk.
BAVEUSE (ba-veù-z'), s. f. Poisson de mer, dit aussi bavèqueetbavesque. Nom vulgaire commun aux espèces du genre blennie, et aussi à une espèce de raie.
— étym. Baveux.
BAVEUX, EUSE(ba-veû, veû-z'),adj. || 1° Qui bave. Enfant baveux. Bouche baveuse. || 2" Par extension. Omelette baveuse, omelette qui n'est pas trop cuite; ainsi dite parce qu'une omelette se sert pliée en deux, et que l'intérieur, demeurant liquide si elle n'est pas trop cuite, s'échappe par les bords du cercle, comme la bave par les lèvres d'un enfant.