‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 238 sur 462 · BEN · texte numérisé non relu

BEN

BÉN

— fmi. Benedtcrus, Benoit, mot à mot Wnt'(

BÉNÉDICTION (bé né-di ksion; enpoésie, de cinq . - i" \, tion de consacrer, de bénir avec l'i glis i. I abénéd || 2" Aci on d'un prêtre qui bénil les assistant • santlesignede la croix. Fêtes sacn es, mariage forluné, voile nuptial, bénédiction, sacrifice, puis-je Éoêler aujourd'hui vos cérémonies el vos pompes avec funèbres, et le comble des grandeui s avec leurs ruines ?Boss.tfort'e-TWr. Lui donne toutefois la bénédiction, boil. Lulr. i. Nous entrâmes dans l'église au moment où le prêtre donnait la bénédiction, chateaub. Génie, m, v, 3. || 3° Action par laquelle les pères et les mères bénissenl leurs enfants. Elle me donna sa bénédiction, sév. 151. || 4° Grâee et faveur particulière du Ciel. Les 1- né dictions qu'il versa sur les Français, boss. Unité, 2 bienheureuses prémices onl attiré une telle bénédiction sur la maison Palatine, que nous la voyons enfin catholique dans son chef, m. Anne de (ions. Les bénédictions qu'il verse sur ceux qui le

ent, fléch. M. de Mont. Courez et servez

-Dieu des nations; Je répands sur vous tousses bénédictions, m. j. chén. Charles II, iv, 5. || Fig. Maison, pays de bénédiction, maison, pays où tout afflue, abonde. Ce précieux levain que Dieu conserve dans ce vaste diocèse non-seulement pourernpêchertoutela masse d'aigrir et de se corrompre, mais pour la sanctifier peu a peu. pour l'étendre, Paugmenter, et en multiplier la bénédiction, mass.

r.Betraite. || C'est une bénédiction, se dit quand tout abonde, réussit, comme par une faveur particulière du Ciel. Les vignes, cette année, sont chargées fle grappes, c'est une bénédiction. || Far extension et dans le langage familier, c'est une bénédiction, ou, que c'est une bénédiction, se dit de tout ce qui su rpasse l'attente. Elle engraissait, que c'était une bénédiction, hamilt. Gramm. <o. Il se laissait enfiler [au jeu de trictrac], que c'était une bénédiction, iD.ib. 3. || Enfin, cette locution se dit aussi par antiphrase. Le temps était affreux, il pleuvait, que c'était une bé-

tion. || Dans ces exemples, le que ne fait pas partie de la locution; c'est une ellipse pour à tel point que. || 5° Sentiments et expressions de gratitude. Sa charité lui attirait les bénédictions des pauvres. || Être en bénédiction, être béni, aimé, respecté. Dont la mémoire sera en bénédiction dans l'Église, BOSS. Exp. Arert. Ce monde où sa mémoire est en bénédiction, fléch. Mont. La mémoire de JI. de Thou est en bénédiction chez les Français, volt. Métaph. f.

— HIST. xi° s. [Il] Levé sa main, fait sa beneïçun, Ch.'de Rol.CLX. jlxii' s. En paradis aurez benecion, Jlmir. p. 7i. Tout en plorant [il] leur fit beneïçon, ib. p. 98. || xnie s. Sire rois, grant beneiçon Vos doint li fils sainte Mar e, Uen. 20086. Biau chierfilz, je te donne toutes les beneïssons que bon père peut donner à fil, ioinv. 301. || xve s. Et volt le roy qu'en chants mélodieux et orgues fussent à Dieu chantées laudes et beneyssons, christ, de pisan, Charles F, m, ch. 7t. || xvi" s. Parquoi Dieu fait que toute nation, Sans fin te loue en bénédiction, maiïOt, iv, 286. Et n'est demouré des hommes que le renom de leurs faitz de bien en bénédiction et de mal en malédiction, Rosier hùtor. i, 2.

— ÉTYM. Provenc. benedictio , benediccio; espagn. bendieion ; portug. bençâo; ital. benedizione, debenedictioiiem, de benedicere (voy. bénir).

f BÉNÉDICTIONNAIRE, (bé-né-di-ksio-nê-r'), s. m. Terme de liturgie. Livre qui contient les formules des bénédictions.

— ÉTYM. Bénédiction.

BÉNÉFICE (bé-né-fi-s'), s. m. || 1° Service, bienfait. Nous recevons double grâce et bénéfice de notre Dieu au baptême, fén. ii, I". || Bénéfice de temps, l'avantage qu'apporte d'ordinaire le temps à qui sait ou peut attendre. Cellamare attendait du secours du bénéfice du temps ou des inégalités de la Hollande, st-sim. 500, 52. Jugurtha, qui attendait tout du bénéfice du temps, ne songeait qu'à amuser le consul et à tirer les choses en longueur, vertot, Rér.ol. rom. ix, p. 385. || Terme de médecine. Bénéfice de nature, évacuation spontanée quelconque qui soulage. Bénéfice de ventre, ou simplement bénéfice, diarrhée spontanée qui soulage. Il [Claude] fut délivré du premier danger [le poison] par un bénéfice de ventre, perrot d'abl. Tacite, 3do. || Bénéfice de la loi, avantage que la loi présente et dont on peut user. Profiter du bénéfice de la loi. Ne leur ôtons point la liberté de conscience dont ils jouissent par le bénéfice desédits, ralz. Liv. vi, lett. 7. Ce consul soutenait qu'il était impossible de maintenir la

paix el l'union entre les citoyens d'un Etat libre, si, par le bénéfice de la loi, on ne rapprochait la cond tion des pauvres de celle des riches, vertot, ttével. rom. m, p. 283. || Terme de droit. Bénéfice d'inventaire, faveur accordée à l'héritier, parles

10 s, de n'être chargé des dettes du mort, qu'à proportion de ce qu'il hérite; ce qui se vérifie par l'inventaire. Accepter une succession sous bénéfice d'inventaire. || Fig. Un païen, qui sentait quelque peu le fagot, El qui croyait en Dieu, pour user de ce mot, Par bénéfice d'inventaire, la font. Fubl. iv, 19. || Bénéfice de cession, grâce qu'on accorde aux débiteurs insolvables, par laquelle ils demeurent Libres en cédant tout ce qui leur reste de biens à leurs créanciers. || Bénéfice d'âge, dispense qui t'obtient pour posséder un office, ou pour régir son bien, avant l'âge marqué par les lois. || 2" Dans l'histoire du moyen âge, partie des terres conquises dans les Gaules qui fut distribuée par les princes barbares entre les principaux de leurs hommes. Le bénéfice était donné à vie, et ainsi t ommé parce que le donataire le possédait par la libéralité et le bienfait du donateur. Le bénéfice, étant devenu héréditaire, se transforma en fief. 1| 3° Charge spirituelle, accompagnée d'un certain revenu, que l'Église donne à un homme qui est tonsuré ou dans les ordres, afin de servir Dieu et l'Église. Les évêchés, abbayes, cures, chanoinies, chapelles, prieurés, sont les divers genres de bénéfices. J'obtins un petit bénéfice do campagne pour mon aumônier, hamilt. Gramm. s. Se faisait abbé qui peinait; j'entends abbé à bénéfice, jd. ib. 2. || Bénéfice à charge d'âmes, celui qui oblige à être prêtre, et où l'on est chargé de la direction des âmes. Les évêchés, les cures, les abbayes régulières, les premières dignités des chapitres sont des bénéfices à charge d'âmes. || Fig. Il faut prendre le bénéfice avec les charges, c'est-à-dire, quand une chose est avantageuse, il ne faut pas, on ne peut en laisser les charges ou les inconvénients, et n'en prendre que les avantages. || Bénéfice consistorial, celui qui, étant à la nomination du roi, devait être proposé dans le consistoire de Rome. || Bénéfice simple ou à simple tonsure, bénéfice n'ayant pas charge d'âme et pouvant être possédé par un clerc tonsuré, qui n'a d'autre obligation que de dire son bréviaire. || Bénéfice en titre ou en règle, celui qui est possédé par un religieux. || Bénéfice manuel, bénéfice dépendant d'une abbaye et qu'on envoie desservir par un religieux amovible au gré du supérieur. || Bénéfice sécularisé, bénéfice qui, par dispense du pape, peut être possédé en commende par des séculiers. || Fig. Il n'a ni office ni bénéfice, se dit d'un homme qui est obligé de vivre du travail de ses mains. || Lieu de résidence du titulaire. Que fais-tu cependant seul en ton bénéfice? boil. Épit. 2. || 4° Gain, profit. Bénéfices trèsconsidérables. Il a réalisé son bien avec bénéfice.

11 ne faut pas faire du bien pour en tirer bénéfice. Rechercher un bénéfice licite. Les bénéfices de l'entrepreneur, du banquier. || Représentation à bénéfice, représentation dont le produit est abandonné par le théâtre à un comédien , à un auteur, etc. || 5° Nom que les Juifs d'Amsterdam donnent aux diamants de rebut. || Proverbe. Les chevaux courent les bénéfices, et les ânes les attrapent, c'est-à-dire il arrive souvent que des gens obtiennent ce qu'ils ne méritent pas.

— HIST. xmB s. Cil qui de soi estoit mauves eut in i ebliez les bénéfices que li empereres li outfaiz, liée, des Ilist. de France, t. vi, p. 148. Les bénéfices de sainte Esglise donne à bones persones et de nete vie, joinv. 301. || xive s. Quel profit seroit-ce d'avoir tele bonne fortune qui ne feroit de bénéfice à autre? oresme, Eth. 228. Celui qui reçoit aucun bien ou bénéfice, il est mendre [moindre, inférieur] quant à celui qui le fait, id. ib. 123. ||xvr s. Si les opinions estrangieres m'estoient présentes par le bénéfice de la mémoire, mont, i, 3i. Celle que je doibs au bénéfice de ma cholique, ce n'est ny chasteté ny tempérance, m. m, 273. Ceulx qui courent un bénéfice ou un lièvre ne courent pas,iD. iv, tcu. Le sénat ne voulut point que ce personnage retournast par la grâce et le bénéfice du peuple, amyot, Cor. 45. Il suffit que nous monstrions avoir souvenance de son bénéfice [bienfait], id. Cimon, s.

— ÉTYM. Provenc. benefici; espagn. bénéficia; ital. benefizio ; de beneficium, de bene, Bien (voy. bien, adr.) et facere, faire.

f BÉNÉFICENCE (bé-né-fi-san-s') , s. f. Synonyme peu usité de bienfaisance. L'autre, un peu plus fort, est un prix de béaéficence, j. j. rouss. Bel. vi, to.

— hist. xvi° s. Ce sont erreurs qui esteignent toute beneficence, langue, 174.

— étym. Beneficentia , de bcncfaccre (voy. bénéfice).

BÉNÉFICIAIRE (bé-né-fi-si-ê-r'), adj. || 1° Terme de féodalité. Qui a rapport aux bénéfici s. Il ne faut pas confondre les comtés bénéficiaires du temps de Charlemagne, avec les comtés héréditaires', fén. xxi, 234. || Substantivement, celui qui possédait un bénéfice. Un nouveau bénéficiaire venait qui établissait de nouveaux arrière-vassaux, montesq. Espr. xxxi, 2C. || 2" Terme de jurisprudence. L'héritier bénéficiaire, et, substantivement, le bénéficiaire, l'héritier sous bénéfice d'inventaire. || 3° S. m. Celui au profit de qui se donne une représentation théâtrale, un concert, etc. La recette a été très-bonne pour le bénéficiaire.

— étym. Beneficiarius , de beneficium, bénéfice. BÉNÉFICI AL, ALE (bé-né-fi-si-aP , a-1'), adj. Qui

concerne les bénéfices ecclésiastiques. Les revenus bénéficiaux. Ce fut lui qui crut que Sénèque dans ses livres des bénéfices avait traité à plein fond des matières bénéficiales, balz. 2e dise. De la cour.

— HIST. xvie s. Il estoit produit pour témoin en une matière beneficiale, où il estoit question d'une certaine décision du concile de Latran, des pér. Contes, lxviii.

— ÉTYM. Bas-lat. beneficialis , de beneficium, bénéfice.

f BÉNÉFICIATURE (bé-né-fi-si-a-tu-r'), s. f. Nom donné aux bénéfices des chantres, des chapelains, qui étaient plutôt des offices à gages, que de véritables bénéfices.

— ÉTYM. Bénéfice.

t. BÉNÉFICIER (bé-né-fi-sié) , s. m. Celui qui a un bénéfice ecclésiastique. Un riche bénéficier. Un époux infidèle qui quitte son épouse pour en prendre une ou plus noble ou plus riche, voilà l'idée que je conçois d'un bénéficier qui, par un intérêt temporel et tout humain, quitte son église pour passer à une autre, bourd. Pensées, t. n, p. 359. Il était le seul bénéficier qu'on ne fût pas obligé de porter dans son lit quand il avait soupe, volt. Ingénu, i.

— HIST. xvie s. Si l'officier estoit digne de son office, Et le bénéficier digne du bénéfice, dubell. vin, 3C, recto. Soudain que les prestres et bénéficier entendirent qu'ils detractoyent de leurs coquilles, ils incitèrent les juges de leur courir sus, palissy, 100.

— ÉTYM. Bénéfice.

2. BÉNÉFICIER (bé-né-fi-si-é). || 1° V. n. Faire quelque profit. Bénéficier sur une marchandise. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 2° V. a. Terme de mines, qui signifie travailler facilement une mine. Un métal difficile à bénéficier. || 3° Se bénéficier, ». réfl. Une mine qui se bénéficie aisément.

— HIST. xiii" s. L'en dit que clerc ordenez de saintes ordenes, s'ils sunt bienficiez [s'ils ont un bénéfice] en sainte yglise , ne puent estre avoquas en cortlaie, Liv. de just. 102. || xive s. Bénéficier autre, est superexcellence; et estre bénéficié d'autre, c'est estre excédé [surpassé], oresme, Eth. 123. Les bienfaiteurs aiment plus leurs bénéficiez que les bénéficiez ne ament ceulz qui leur ont bien fait, m. ib. 273. || xvi" s. Je vien aux séculiers, lesquels en partie sont bénéficiez, comme il les nomment, calvin, Instit. 875. Excepté ceux qui sont bénéficiez du roy et des princes, et ceux qui es guerres s'aident des amples privilèges d'icelles, tout le reste se sent incommodé pour les frais continuels qu'il leur convient faire, lanoue, 169. Si un soldat, qui a desja esté bénéficié, refait encore actes extraordinaires, il reçoit nouveau bienfait, id. 302.

— ÉTYM. Beneficium, bénéfice.

BENÊT (be-nê; le t ne se lie pas dans la eonversation ; au pluriel, Ys se lie : les benêts écoutaient, dites : iesbe-nè-z écoutaient). || 1° Adj. m. Niais, sot. Un jeune homme benêt. || 2° S. m. Tu deviens plus sotque tous les benêts de Turin, hamilt. Gramm. 4. Tous nos benêts de la cour l'admirent, id. ib. 9. Son grand benêt d'amant ne l'aime guère, sév. 144. Le bailli pressait le mariage de son grand benêt de fils avec la belle St-Yves, volt. Ingénu, 13.

— HIST. xvie s. Mais quand j'ai veu ce qui en est, Je trouve que tu es benest, marot, ni, 164.

— ÉTYM. Prononciation normande de benoît (voy. ce mot). Benêt, qui veut dire bénit, a été employé pour désigner un niais, à cause de celte opinion vulgaire que les simples d'esprit sont favorisés du ciel. 11 ne se dit qu'au masculin.

BÉNÉVOLE (bé-né-vo-1'), adj. || 1° Animé de dispositions favorables. Lecteur bénévole. || Auditeur bénévole, celui qui vient entendre une leçon sans y

BÉN

BÉN

BÉN

être obligé. Ainsi, quoi qu'ordonne le sort, Au châtel enchanté vers six heures je vole; Et vous m'aurez, vif ou mort, Pour spectateur bénévole, chaulieu, à Maïesieu. || 2° S. m. Un bénévole, un acte par lequel un supérieur accordait une place monacale dans sa maison à un religieux d'un autre ordre.

— HIST. xivc s. Ef ceulz qui veulent bien à autre en ceste manière, l'en dit que il sont benivoles, om-me, l'ih. 12 -1 2 . Citoyens benivoles ou bienvueillans à la policie. — Corps du ciel benivoles ou de bonne influence, oresme, Thèse de meunier.

— ÉTYM. Benevolus, de bene, bien (voy. bien, adv.), etrolo. je veux (voy. vouloir).

BÉNÉVQLEMENT (bé-né-vo-le-man), adv. D'une manière bénévole.

BENGALE (bin-ga-1'). Voy. rose.

BENGALI (bin-ga-li) , s. m.\\ 1° Langue qui est dérivée du sanscrit et que parlent les peuples du Bengale. || Adjectivement. Idiome bengali. Les caractères bengalis. L'écriture bengalie. || 2° Pinson originaire du Bengale (fringille du Bengale).

— REM. Legoarant dit : « La cinquième édition du Dictionnaire de l'Académie ne contenait pas ce terme, et c'est à tort que l'académicien auquel l'article est dû s'en esi rapporté au couplet de l'opéra du Planteur, où l'on a trouvé commode de fane rimer chant joli avec bengali. Cet oiseau ne chante pas, non plus que beaucoup d'autres de la zone torride, où nous exportons différents oiseaux chantants, tels que serins, linots, etc. » L'Académie s'est laissé induire en erreur, en répétant les poètes qui ent donné, à tout hasard, un chant au bengali: Écoute si le vent lui porte [à la vierge] Sa voix qu'elle préfère au chant du bengali, v. iiugo, Bail. i5. Heureux le temps où la douce cabane Me tenait lieu du palais Rivoli, Où chaque soir, sur la tiède savane, Je m'endormais au chant du bengali, méry et Barthélémy, Congrès des Ministres.

— ÉTYM. Bengale.

BÉNI, IE (bé-ni, nie), part, passé, (voy. bénit).

BÉNIGNEMENT (bé-ni-gne-man) , adv. D'une manière bénigne. En tels procès la reine est très-experte; Bénignement elle vous recevra, volt. Ce qui plait aux dames.

— iiist. xiic s. Et quant [ils] le requereient [le roi] de vus dous [deux] amaisir [accorder], De concorde e de pais entre vus establir,  lafeiz [parfois] [il] les soleit bénignement oïr, Th. le mart. 82. || xin" s. Le [la] grâce ne doit pas estre refusée de l'une justice à l'autre, quant ele requiert bénignement, beaum. xi, H.||xiv°s. Il lesreceut bénignement, et le prent à gré comme celui qui scet bien.... oresme, Eth. \ 20. || xv° s. Et en tous lieus fuiez noise et tenson, toutes gens parlez bénignement, e. descii. Conseils aux dames. Et lors le roy bénignement et doulcement luy pardonna et faisoit ce qu'on vouloit, juv. des ursins. Charles VI, t407. ||xvics. Rendant droi t à chascun bénignement avec une equ ité grande , amyot, Anton. 2G.

— ÉTYM. Bénigne, et le suffixe ment; provenç. benignamen; catal. benignament; espagn. et ital. benignamente.

BÉNIGNITÉ (bé-ni-gni-té) , s.f. || l°Disposition du cœur par laquelle on se plaît à faire du bien à autrui. Nous saluons Créon, dont la bénignité Nous promet contre Acaste un lieu de sûreté, cohn. Médêe, I, i. Avec quelle bénignité J. C. ne parle-t-il pas aux femmes dans l'Evangile! chateaubr. Génie, il, il, 12. Mes divins anges, lisez mes remontrances avec attention et bénignité, volt. Lett. d'Argental, 21 juin I7G). || 2° Dans la médecine, ce mot exprime l'état d'une maladie dont la guérison est facile à obtenir.

— syn. bénignité, douceur, humanité. La bénignité est opposée à la malignité; la douceur, à l'aigreur et à la violence; l'humanité, à la dureté et à la cruauté. La bénignité porte à faire du bien aux autres avec plaisir ; la douceur à les traiter avec des égards et des ménagements qui leur plaisent; l'humanité, à les secourir en homme et comme des hommes.

— HIST. xv" s. Mais la grant bénignité De ta royal majesté, e. deschamps , Lay du roy. Si retourneraient par son bon congé devers les autres citoyens de Pise, leur dire la bénignité qu'ils avoient trouvée en luy, Bouciq. ni, ch. 8. || xvi° s. Il est bien vray qu'à son advenement a la couronne, il ensuivit fort la bénignité et debonnaireté du premier Artaxer-

■ myot, Artax. i.

— ÉTYM. Provenç. benignitat; espagn. benignidad ; ital. beniijniid; de benignitatem , de benignus

in).

liÉNIN, IGNE (bé-uin, ni-gn') , adj. || i" Qui a de

la bénignité. Il n'est pas d'homme plus bénin. Une humeur bénigne. Qui ont abondance de ce sang bénin, pasc. Pror. 9. Ô Seigneur, vous qui donnez aux juges ces regards bénins, ces oreilles attentives et ce cœur toujours ouvert à la vérité.... boss. le Tellier. || Par ironie, trop bon, trop facile. On n'est pas plus bénin que cet homme-la. Les maris les plus bénins du monde, mol. Éc. des f.i, G. || 2" Fig. Propice, favorable. Ciel bénin. Influence bénigne. Les cœurs sont saisis d'une joie soudaine par la grAce inespérée d'un beau jour d'hiver, qui après un temps pluvieux vient réjouir tout d'un coup la face du monde; mais on ne laisse pas de lui préférer la constante sérénité d'une saison plus bénigne, boss. Marie-Thér. Un astre plus bénin vient d'éclaircir tes jours, corn. Théod. v, 3. J'ai de vœux parjurés trahi les dieux bénins, Régnier. Élég. iv. Mais si d'un œil bénin vous voyez mes hommages, mol. Tart. iv, 5. || 3° En termes de médecine, qui n'offre rien d'alarmant. Petite vérole bénigne. Remède bénin, remède qui agit doucement.

— HIST. xvc s. Avec bénigne entencion De rendre son pouvoir propice "A cil qui querroit son service, la font. 20. Ainsi ne fit mie l'enfant Bouciquaul ; ains devant elle et entre toutes les dames estoit plus doux et bénigne que une pucelle, Bouciq. i, ch. 8. Son très beau langaige, doulx, benin et bien ordonné et sans fraude, attire les cœurs de mainles gens, ib. iv, ch. io. || xvie s. Ils appelloient Antonius en leurs cantiques Bacchus, père de liesse, doulx et bening; aussi l'estoit il à aucuns, mais à la plus grande partie estoit cruel et inhumain, amyot, Anton. 27

— ÉTYM. Bourguig. bereigne, bénigne; provenç. bénigne; espagn. et ital. benigno ; de benignus, dérivé de bene, bien (voy. bien, adv.)

BÉNIR (bé-nir), v. a. || 1° Consacrer au culte, au service divin avec certaines cérémonies. Bénir une église, bénir un cierge, bénir des drapeaux, un vaisseau, une cloche, une locomotive. || Bénir des époux, un mariage, consacrer l'union conjugale suivant le rite religieux. || Bénir un abbé, une abbesse, les installer dans leur dignité avec les cérémonies ecclésiastiques et en disant certaines prières. || 2° Bénir les assistants, faire sur eux le signe de la croix. || 3° Appeler sur quelqu'un les bénédictions du ciel. Il a béni ses enfants à son lit de mort. Sa dernière prière a béni nos tendresses, volt. Tançrède, v, 3. || 4° Donner des bénédictions, appeler le bonheur sur, louer. Bénir le Seigneur. Partout, en ce moment, on me bénit, on m'aime, bac. Brit. iv, a. Les Parthes à la foule, aux Syriens mêlés, Bénissent à l'envi le prince et Rodogune, corn. Rodog. v, 2. De mon nom, s'il se peut, bénissez la mémoire, volt. Al%. v, 7. || Il se dit aussi des choses qui causent une profonde satisfaction. Nous autres bénissons notre heureuse aventure, corn. Poly. v, 6. De bénir mon trépas quand ils l'ont prononcé, rac. Baj. i, 2. Chacun devait bénir le bonheur de son règne, id. Brit. ni, 8. Trop heureux en mon mal, je bénis ma défaite, Régnier, Élég. v. |! 5" Combler de faveurs, en parlant du ciel. Ce ne lui est rien [à Louis XIV] d'être l'homme que les autres hommes admirent : il veut être, avec David, l'homme selon le cœur de Dieu ; c'est pourquoi Dieu le bénit, boss. Marie-Thér. Roi dont le ciel a toujours béni les armes, fléch. Dauph. Le ciel daigne bénir votre sceptre et vos jours, corn. Héracl. v, 3. Ces Juifs dont vous voulez délivrer la nature.... Ont vu bénir le cours de leurs destins prospères, rac. Esth. m, 4. || Dieu vous bénisse! Locution dont on se sert quelquefois en s'adressant à un pauvre à qui on n'a rien à donner. On le dit aussi ironiquement à quelqu'un dont les discours ou la conduite nous contrarient. On le dit enfin en s'adressant à une personne qui éternue. Eh! parbleu! je dirai à celui qui éternue : Dieu vous bénisse, et : va te coucher, à celui qui bâille, beaumarch. Barbier de Sév. ni, 5.

— REM. Malherbe a dit : Béni les plaisirs de leur couche, il, 4; au lieu de îite, à l'impératif. C'est une forme légitime (Vs n'appartenant pas étymologiquement à l'impératif), mais archaïque, qui pourtant pourrait être employée en vers pour la rime.

— HIST. xi" s. Et l'arcevesque de Deu les beneïst, Ch. de Roi. i.xxxvii. |ll] Ne laisserat que [il] nous ii'' beneïsse, ib. cxli. Et lievesque les ewes beneïssent, th. cclxviii. || xn° s. Quant vous aurai asous

absousj et beneïs, Ronc. p. 5G. Beaux fils Malprimes, Mahons vous beneïe, ib. p. 126. Cil vous beneie qu'en [qui en] la croiz fut penez, ib. p. 203. Benoet soit li hardemens Où j'ai pris si bon i Couci, xii. E là remest |il demeura] treis meis, e

nostre sire benesquid Obededom et sa maisun, Rois, 140. E Joab, àcesparoles, chai à terre e aîirade benesquid le rei, Bois, *70. |jxines.S'en vont vesque et abbé pour le lit beneïr, Berte, xni. [De Dieu] Soit vostre amc et la seue [sienne] en cest jour beneïte, ib. liv. L'eure soit beneoite que ja onque vous vi , ib. lix. Et car me secourez, mère [ de ] Dieu beneoite , ib. xxix. De Dieu et de saint Beneoist Puissent-il estre beneoist, la Rose, 14940. Beneoite soit espérance Qui les amans ainsinc avance! ib. 2G4I. Note que femes qui segondes fois se marient, ne devent pas estre benoittes de provoire [prêtre], Liv. de Just. 220. Si en apelonsle [la] bénite virge Marie, qui mix [mieux] et plus haï diement vient prier son chier filz que nus autre, beaum. 15. L'evesques Pierre de Chaalons, que Diex ab-oille, les chassa touz deux, et beney en abbé Mons Jehan de Mymeri, et li dona la croce, joinv. 29). Amer Dieu et loer, veoir et beneïstre, C'est l'office des anges qui sont nostre menistre, J. de meung, Test. 113. || xivc s. Si me semble que nous devons beneyr et louer le roy du ciel qui a son peuple pourveu de tel roy terrien, oresme, Prol. Aussi tost qu'aprouchiez furent de la clergie, Descendirent à pié trestuit à une fie; Â Pevesque s'en vont, qui tous les beneïe, Guescl. 8789. || xves. S'attendoient que on portast la croix et l'eau benoiste au-devant, comm. iv, G. Il se tenoit près du benoitier, et, quand elle fut près, il lui bailla de l'eau benoite, louis xi, Nouv. xliv. || xvic s. Ceste semence en laquelle toutes gens devoyent estre bénites, à parler proprement, est Christ, calv. Inslit. 250. Vous, messire Oudart, ne faillezy comparoistre en vostre beau suppelliz et estolle, avecques renne beniste, comme pour les fianser, rab. Pant. iv, 12. L'homme tel, Dieu le bénira, marot, iv, 2gd. Dont, sans fin, roy tant magnifique, Partout on bénira, id. iv, 299. Bacchus alors ebappeau de treille avoit Et arrivoit pour benistre la vigne, id. 11, 352. Et quand jecté eurent de l'eau bénie Sur leurs habits en grand cerimonie , id. iv, 32. Du pain benist, du pain d'espice, id. i, 2H. D'où vient celte coustume de bénir ceulx qui esternueut'? mont, iv, 1. Le Seigneur vous bénie , palissy, <I2. Messeigneurs d'Orléans et d'Angoulesme, voz très heureusement nez enfans, que Dieu bénie, amyot, Épit. Les femmes alloient chantant des cantiques à sa louange, en le bénissant de ce qu'il avoit si vertueusement vescu, id. Lyc. 55. 11 estoit publiquement loué, beneit et honoré de tout le monde, m. P. .Km. 57. De l'eauve [eau] beniste le plus petit est assez, génin, Récréât, t. 11, p. 237.

— étym. Provenç. benezir, benesir, bendir; catal. beneir ; espagn. bendecir; porlug. benser; ital. benedire; du latin benedicere, de bene, bien (voy. bien, adv.), etdicere (voy. dire).

f BÉNI9SABLE (bé-ni-sa-bP) , adj. Qui mérite d'être béni.

— étym. Bénir.

BÉNIT, ITE (bé-ni, bé-ni-t'), BÉNI, IE (bé-ni, nie), part, passé. De ces deux participes, bénit s'emploie lorsqu'il s'agit de la bénédiction des prêtres; béni, lorsqu'il s'agit de la bénédiction de Dieu ou des hommes. || 1° Bénit se dit des choses ou des personnes sur lesquelles le prêtre a donné la bénédiction avec les cérémonies prescrites. Drapeaux bénits. Chandelles bénites. Pain bénit. Eau bénite. Mme de Fontevrault fut bénite hier [installée comme abbesse], sév. 15.11 rendit le painbénit d'une manière solennelle, hamilton, Gramm. li. Il Familièrement. C'est pain bénit, se dit à propi s d'une personne qui a bien mérité ce qui lui arrive. Mais c'est pain bénit certe à des gens comme vous, mol. Éc. desmar. 1, 3. || Fig. De l'eau bénite de cour, de vaines protestations de service. || 2° Béni, qui a reçu la bénédiction de Dieu ou des hommes. Marie était bénie entre toutes les femmes. Enfant béni par son père. Ce roi est béni par son peuple. Béni soyez-vous, vous, mon père, qui justifiez ainsi les gens! pasc. Prov. 4. Que béni soit le ciel qui te rend à mes vœux, rac. Esth. 1, i. Ce règne, qui commence à l'ombre des autels, Sera béni des Dieux et chéri des mortels, volt. Olymp. 1, i.

— REM. La différence entre béni et bénit est mise en lumière dans cette opposition : des armes qui ont été bénites par l'Eglise ne sont pas toujours bénies du ciel sur le champ de bataille. Mais cette distinction est toute récente; et autrefois on employai! indifféremment ces deux formes du participe, témoin ces exemples-ci : Dieu promit que toutes ces nations seraient bénites, boss. llist. n, 2. Dieu fait voir à Eve son ennemi vaincu et lui montre cette sernenc? bénite [Jésus-Christ] par laquelle.... iD.to.iç,*,

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