‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 237 sur 462 · O. OF. SERBES · texte numérisé non relu

O. OF. SERBES

— ÉTYM. Berry, beugnet, bevgnon; génev. bugnet; diminutif de l'ancien français bingne, oerjne, qui est sans doute le même que bigne, beugne, tumeur, grosseur (mol encore usité en diverses provinces), à cause que le beignet est une pâte qui se gonfle en cuisant. Beugnet ou bignet, prononciation fautive, est, comme on voit, un provincialisme.

BEIRAM bè-ram'), s. m. Voy.bairam.

BÉJAUNE (bé-jô-n'), s. m. ||i°Terme de fauconnerie. Bec jaune j| 2° Oiseau jeune et niais, qui a encore le bec jaune. || Fig. et familier. Montrer àquelqu'un son 1m jaune, lui prouver sa sottise, son ignorance. Souffrez que je lui montre :on béjaune, et le tire d'erreur, mol. Mal. imag. m, te C'est fort bien fait d'apprendre à vivre aux gens et de leur montrer leur béjaune. m. Âm. méd. n, 3. || Kig. et familièrement. Un béjaune, un jeune homme sot et inexpérimenté. || 3° Fig. Se disait de l'ouvrier qui passait compagnon ou maître , et du régal payé en ces circonstances. || Payer son béjaune, payer sabienvenue; locution tirée de ce qu'à Paris une des fonctions les plus importantes des trésoriers de la Basoche était de recevoir les béjaunes et de leur faire payer la bienvenue. || Lettres de béjaune, lettres données autrefois aux clercs par la basoche, et qui marquaient le commencement de la cléricature.

— HIST. xiii0 s. Sans faille, ce n'est pas merveille, S'ous [si vous] n'en savés quartier ne aune; Car vous avés trop le bec jaune, la Rose, tau) 8. || xvc s. Payer leur fauldra les usaiges De leurs becz jaunes, sans faillir, en. d'orl. Rondeau. Qu'esse cy? estes vous beiaulne? Vuidez moy mon broc vistement, Je demande du vin de Beaulne, Qui soit bon et non autrement, Villon, Repues franches. Ce sontsix aulnes; ne sont mie? Et non sont; que je suis bec jaulne! Patelin. || xvic s. Cagnars, bejaulnes, descongneuz, I. marot, v, 304. Ce dyable de Pantagruel, qui ha convaincu tous les resveurs et béjaunes sophistes, à ceste heure aura son vin, rab. Pont, n, ta.

— ÉTYM. lin ', jaune ; le bec jaune étant l'attribut du jeune oiseau de proie, encore sans éducation ni expérience.

\. BEL (bel), ad"), m. Voy. beau.

j- 2. BEL (bel) , s. ni. Terme de pêche. Nom donné par les pêcheurs de la morue verte à rétablissement qu'ils font depuis les haubans de misaine jusqu'au commencement du gaillard d'arrière.

BÉLAINDRE (bé-lan-dr') , s. f. Terme de marine. Petit bâtiment de transport à fond plat, employé sur les rivières, sur les canaux et dans les rades. Permangle prit trente-six bélandres portant ioo milliers chacune, et en brûla vingt-cinq, st-sim. 303, t98.

— ÉTYM. Angl. bilander, belander; holland. bylander ; de by , auprès, et land, terre: bateau qui va près de la terre.

BÊLANT , ANTE (bê-lan , lan-t') ,adj. Qui bêle. Les bœufs mugissants et les brebis bêlantes venaient en foule, quittant les gras pâturages, et ne pouvant trouver assez d'étables pour être mis à couvert, fén. Tel. i. Je vous ai vu, le soir, pour nos brebis bê-

BEL

la ni es Soulever de nos puits les pierres trop pesantes , ducis, jl(H</ar,i, 2. Quand au mouton bêlant la sombre boucherie Ouvre ses cavernes de mort, a. ciien. ïambe 2. || Proverbe. Bœuf saignant, mouton bêlant, c'est-à-dire il faut que le bœuf et le mouton rôtis ne soient guère cuits.

(• BÊLE (bê-1 ), s. m. Jeu d'enfant. Nom du bâtonnet qu'on fait sauter avec un autre plus grand, dans le jeu dit du bâtonnet.

| BËLÉE (bè-lée) , s. f. Terme de pêehe. Corde disposée de manière à porter entre deux eaux les hameçons dont elle est garnie.

BÊLEMENT (bê-le-man), s. m. Cri naturel des bêtes ovines.

— ÉTYM. Bêler.

BÉLEMNITE (bé-lô-mni-f), s. f. Terme d'histoire naturelle. Coquille fossile, de forme allongée, qui n'a pas d'analogue vivante.

— ÉTYM. B;).savi-ïr,ç, pierre de foudre, de piXéjxvov, trait, carreau, de fS=>,o;, trait, javelot, de (3â),- ).£iv, lancer (voy. balistique).

BÊLER (bè-lé), v. n. Faire un bêlement, pousser des bêlements. L'oiseau chante, l'agneau bêle, L'enfant gazouille au berceau; La voix de l'homme se mêle Au bruit des vents et de l'eau, lamart. Harm. I, 3. || Proverbes. Brebis qui bêle perd sa goulée, c'est-à-dire à trop parler on perd le temps de manger, et aussi d'agir. || La brebis bêle toujours de même, c'est-à-dire on ne change guère les manières qui proviennent de la nature. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xine s.Qant il ala esbanoier, Les brebiz oit [il entend] es chans bélier, Ren. 6365. Lyons y bêlent et grans ours; Grant joie i a de jongleours, FI. et Bl. 3149. || xvie s. .... et quand une desdites testes [d'un agneau monstrueux] belloit, les autres faisoient le semblable, paré, xix, 20. Ils bellent comme les chèvres, id. Anim. 25.

— ÉTYM. Provenc. belar; espagn. balar; ital. lalare; du latin balare.

BEL-ESPRIT (bè-lè-spri) , s. m. Voy. beau.

BELETTE (be-lè-f), s. f. || 1° Nom vulgaire de la martre mineure, petit carnassier, qui a le corps allongé et le museau pointu. La nation des belettes, Non plus que celle des chats, Ne veut aucun bien aux rats, la font. Fabl. iv, 6. || 2" Nom vulgaire d'un poisson des côtes de France.

— HIST. xnc s. Chevals e dras et bêles [peaux de belette], Rou, 1. 1, p. 332.

— ÉTYM. Diminutif de l'ancien français bcle, qui se rapporte aussi bien au kymri belc, martre, qu'au haut allemand bille. Les patois italiens offrent : milanais, béllora; Corne, bérola; parmesan, benla; génois; bellua ; sicilien, badoitula pour ballottula , bellottula. Diez, qui fait ces rapprochements, se demande si, malgré le kymri et le haut-allemand, bêle n'est pas simplement le latin bella, belle, la jolie bête, terme de flatterie qui se trouve en allemand pour cet animal, doté, par la crédulité, de forces mystérieuses. Les patois français ont : normand, roselct; picard, bacoulette ; lorrain, moteile, qui est le latin muslela.

t BÉLIAL (bé-li-al), s. m. En style biblique, le malin esprit, le démon. Les adorateurs de Bélial, les méchants.

— ÉTYM. Mot hébreu signifiant qui ne vaut rien : beli a' al , sans profit, sans valeur.

jBELIC (be-lik) ou BELIF (he-lif) ou BELLIF (bél-lif '), s. m. Terme de blason. Couleur rouge, dite aussi gueule.

BELIER (be-lié) ou BÉLIER (bé-lié; IV ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie: les béliers et les brebis, dites : les bélié-z et....), s. m. ||i° Le mâle de la brebis. || Terme de blason. Bélier sautant, bélier dressé sur ses pieds de derrière. Bélier ongle, bélier dont les pieds sont d'un autre émail que le corps. Il 2° Machine de guerre dont les anciens se servaient pour battre et renverser les murailles. Le bélier impuissant les menaçait en vain, rac. Bérén.i,S. || Bélier hydraulique, machine hydraulique très-puissante, imaginée par Montgolfier et qui sert à élever l'eau. H 3° Terme d'astronomie. Constellation zodia cale qui, du temps d'Hipparque, coïncidait avec l'équinoxe du printemps ; aujourd'hui nom conventionnel du signe dont le commencement répond à ce même équinoxe dans le zodiaque mobile en vertu de la précession. H Le retour du bélier, le printemps. Ou demeurer.oisive au retour du bélier, boil. Sat. vin.

— HIST. xv° s. Parties de la despense faite le lundi quatriesme joui de juillet t'H2 en l'ostel de Bélier [nom d'un chanoine de la Sainte Chapelle] , Bibl. des

Charles, b" série, t. I, 225. |i XVIe s. Adone l'engin

s'appeloit aries, pour ce que voulentiers on le l'ai-

BEL

soit à la semblance de la teste d'ung bellier, Suppl. franc. <32S, p. lxxxiv, Ms. de l'an 1519, dit Commentaires de Jules César. Les Ammonians le faisoyent pourtraire [Jupiter] en figure de bélier belinant, bélier cornut, rab. Pant. m, 12. .le te donnerais, respondit le marchant, ung coup d'espéesur ceste aureille lunetiere, et te tuerais comme ung bélier, id. ib. iv, 5. Béliers, balistes, catapultes, id. t'&.iv, 61. Mieux vaut perdre la toison Que brebis, bélier ou mouton, gabr. meunier, Trésor des sentences, dans le rouxdelincy, t. 1, p. 153.

— ÉTYM. Bclin est, dans le roman de Renart . le nom du bélier ; mais le mot bélier lui-même ne s'est présenté dans aucun texte au delà du xvc s.; car bélier, employé dans ce siècle comme nom propre, montre sans doutequ'il l'était comme nom commun. Au delà, en remontant, on ne trouve que mouton : dans le liber Psalmorum du xncsiècle, on lit : Li mont s'esledccerent sicume multun, et li tertre sicume li aigneldes oeilles, p. t"5; passage où multun traduit arietes. On l'a fait venir de balarius, de balare, bêler; mais une telle dérivation d'un verbe n'est pas justifiée par les habitudes des langues romanes. Ménage le tire de vellarius, le velu, de vellus, toison; mais vcllarius n'est donné par aucun texte. Diez parait avoir mis le doigt sur la vraie étymologie en indiquant le bas-latin bella, clochette, qu'on pend au cou des moutons ou des vaches, du flamand bel, clochette, anglais bell. Ainsi le bélier est celui qui porte la clochette , autrement en français mouton à la sonnette, clocheman de quelques localités; bas-latin; aries squilatus; en flamand, bel-hamel, anglais, bell wether, qui ont le même sens. Cette étymologie est fortifiée par l'existence du mot bélière.

BÉLIÈRE (l)é-liê-r'), s. f. || 1° Anneau auquel est suspendu le battant d'une cloche. || 2° Anneau qui porte un pendant d'oreille. j| 3° Bracelet ou chape de fourreau de sabre.

— HIST. xve s. Â la charge du dit chapitre de fournir en l'acquit de l'evesque les chordes, bellieres, batailz, ducange, bélleria.

— étym. Bas-lat. bélleria, beleria; du flamand bel, cloche (voy. bélier).

f BELIF (he-lif). Voy. belic.

f BELIN (be-lin) , s. m. Terme demarine. Voy. blin. > BÉLÎTRE (bé-lî-tr') , s. m. Homme de rien , homme sans valeur. C'est un franc bélître. [Sezanne] C'était un grand bélître, fort prévenu de son mérite et de sa capacité, st-sim. 368, tt7.

— HIST. xve s. Ces belleudrcs veulent ils faire les maistres? du cange, balens. \\ xvie s. Maint sorti' d'un tige hautain De quelque maison non commune , Belistre mendie son pain, Dial. de tahureau, p. < 92. Pompeius suppliant des belitres officiers d'un roy .l'.lLiypte, mont. 1, 65. Un belitre de soldat son hoste, id. 11, 5. Ô le lasche belitre! id. ii, 22. Les belistres [les gueux] sont de besoing au monde; car si tousestoient riches, l'on ne trouverait point à. qui donner, des pér. Cymbal. HO. Ou plusieurs belittres et cocquins s'employèrent avec le bourreau et son valet, pour en avoir la despouille, carloix , vu, 3. Par l'artifice des meschans belistres de l'osliere [mendiants], taré, xix, i. L'imposture d'une belistresse, id. xix, 22. Je ne sçay quelles sottes ou folles opinions enracinées dès longtemps au cerveau, mesmes de plusieurs qui.cuident bien en cela n'estre belistres d'esprit, froumenteau, .F ùiances, 111e livre, p. 393.

— ÉTYM. Espagn. belitre; portug. bt7(re;ital. bc-

lilrone. Origine incertaine. On a indiqué le latin balatro, vaurien, ballistarius , soldat qui servait les balistes; blitum, bette, plante qui, à cause de son peu de saveur, était employée métaphoriquement pour désigner un homme de peu; l'allemand Beltlcr, mendiant (par métathèse Bleter) ; car bélître a aussi signifié mendiant (voy. l'historique). Diez penche pour cette dernière opinion. Il y avait au xvr siècle un verbe belistrer, mendier : Il vaut trop mieux donner à maint pauvre indigent.... Tu en auras au monde ou au ciel recompense, Non de vouloir chez toi les dateurs rencontrer, Qui te feront un jour ainsi qu'eux belistrer, rons. 909.

BELLADONE (bèl-la-do-n'), .s-, f. Plante vénéneuse de la famille des solanées, dont le nom spécifique est la belladone commune.

— ÉTYM. Belladonna, de bella, belle, et donna, dame, les Italiens s'en servant pour faire du fard.

BELLÂTRE (bè-lâ-tr'), s. m. et f. Celui, celle qui, se croyant be.ni. belle, affecte les airs des jeunes gens avantageux des femm s coquettes. J'avais toute la raison, le droit et l'intérêt de ne pas subir le joug audacieux et nouveau de ce vieux bellâtre, st-sim. 341 ,2(7. je n'ai pas n çu de nouvelles de M. de IU-

BEL

BEL

BÉN

chelieu touchant sonbell;\tredeBellecour[un acteur], volt. Lett. d'Ârgental, to avril 1764.

— hist. xvie s. Sa femme laquelle estoit assez bellastre, rab. Pant. ni, 25.

— ÉTYM. Bel (voy. beau), avec la terminaison dtre, qui est péjorative.

t BELLE (bè-1'), s. f. |j 1" Jeu de la belle, jeu de hasard quel'on joue en tirant des numéros qui correspondent avec ceux d'un tableau. || 2° Belle et flux, espèce de jeu qui se joue entre un grand nombre de personnes et avec 52 cartes.

f BELLE-Â-VOIR (bè-la-voir), s. f. Terme de botanique. Voy. belvédère. || AMpZMr.Desbelles-à-voir.

BELLE-DAME (bè-le-da-m', et, dans la prononciation ordinaire, bèl-da-m'), s. f. Terme de botanique. || 1° Nom vulgaire de l'arroche , dite aussi bonne-dame. || 2° Dit quelquefois pour belladone. || 3° Nom que les entomologistes donnent au papillon du chardon. || Auplur. Des belles-dames.

BELLE-DE-JOUR (bè-le-de-jour, et, dans la prononciation ordinaire, bèl-de-jour), s. f. Terme de botanique. Nom vulgaire du liseron tricolore, appelé aussi liset bleu. || Au plur. Des belles de-jour.

BELLE-DE-NUIT (bè-le-de-nui, et, dans la prononciation ordinaire, bèl-de-nui) , s. f.\\i° Terme de botanique. Nom vtilgaire de la nyctage faux-jalap , dite aussi faux-jalap. || 2° Terme de zoologie. Nom vulgaire delà rousserolle, oiseau insectivore. || Au plur. Des belles-de-nuit.

f BELLE-D'ONZE- HEURES (bè-le-don-zeu-r', et, dans la prononciation ordinaire, bèl-don-zeu-r') ,s. f. Terme de botanique. Nom vulgaire de l'ornithogale ombelle, dit aussi dame-d'onze-heures et jacinthe du Pérou. || Au plur. Des belles-d'onze-heures.

BELLE-D'UN-JOUR (bè-le-dun-jour, et, dans la prononciation ordinaire, bèl-dun-jour) , s. /'.Terme de botanique. Nom vulgaire donné à différentes espèces du genre hémérocalle, principalement à l'hémérocalle jaune. || Au plur. Des belles-d'un-jour.

BELLE-FILLE (bè-le-fi-11'), s. f. \\V Bru, femme du fils || 2" Celle dont on a épousé le père ou la mère. \\ Au plur. Des belles-filles.

— étym. Beau, fille (voy. beau-fils).

f BELLE-FLEUR (bè-le-fleur, et, dans la prononciation ordinaire, bèl-fleur), s. f. Pomme de bellefleur, sorte de pomme. || Au plur. Des belles- fleurs.

f BELLEGARDE (bè-le-gar-d') , s. f. Terme d'horticulture. Espèce de pêche.

BELLEMENT (bè-le-man) , adv. || 1° Doucement, avec modération. Oh! morgue, bellement; comme vous êtes rude! regnard, Démocr.i, 3. || 2° Terme de chasse. Se dit aux chiens pour les faire chasser plus sagement.

— HIST. xi° s. Dist à son oncle bêlement en riant, Ch.deBol. lxvii. â deus franceis bêlement enavint, ib. cclv. Lonc un autel bêlement [ils] l'enterrèrent, ib. cclxxi. || xir s. Moût bêlement [il] les a araisonez, Bonc. p. 202. || xmes. Son chamberlanc nous vint à rencontre, pource que nous alissiens bêlement, etpource que nous ne esveillissiens son mestre, joinv. 2t8. || xve s. Et chevauchèrent assez bellement, car leurs chevaux estoicnt foulés et mal livrés, mal ferrés, froiss. i, i, 40. On commanda que les batailles allassent avant par devers les ennemis tout bellement le pas, id. i, i, 4L Quand vint au matin, les Anglois, qui estoient tous reconfortés d'entrer en la ville de Bergerac , fust bellement ou autrement [de gré ou de force], m. i, i,

— étym. Belle, et le suffixe ment.

BELLE-MÈRE (bè-!e-mê-r'), s. f. || 1° Celle qui a

épousé notre père. Il n'a fait qu'obéir à la haine ordinaire Qu'imprime à ses pareils le nom do belle mère, corn. Nicom. iv,2. || 2» Celle dont on ;i épousé le fils ou la fille. La reine sa belle-mère, malgré ce nom odieux, trouva en elle non-seulement un respect, mais encore une tendresse que ni le temps ni î'éloignement n'ont pu altérer, boss. Marie-Thérèse. || Au plur. Des belles-mères.

— HIST. xmc s. Bella mater, dans un texte de ■1400, ducange, bella mater. ||xv° s. Tantost après vint la belle ou marrastre de la femme du suppliant, id. bela-cara.

— ÉTYM. Beau, mère (voy. beau-fils). L'ancienne langue disait maraslre.

f BELLE - PETITE - FILLE ( bè-lê-pe-ti-te-fi-11', Il mouillées), s. f. Fille d'un gendre ou d'une bru. La conduite des belles-petites-filles du roi et de ses bâtardes, les ordres à y mettre et à y donner, toutes ces choses entraient dans les occupations de Mme de Maintenon, st-sim. 414, 2t3.

— étym. Beau, petit, fille (voy. beau-fils).

f BELLE PUCELLE (bè-le-pu-sè-1'), s. f. Terme

de botanique. Nom vulgaire d'une renoncule des champs. [| Au plur. Des belles-pucelles.

BELLE-SOEUR (bè-le-seur), s. f. Celle dont on a épousé le frère ou la sœur, ou celle qui est la femme de notre frère. ||.4u plur. Des belles-sœurs.

— ÉTYM. Beau, sœur (voy. beau-fils). Rien de plus commun que de trouver dans les anciens textes bêle suer (belle sœur) ; c'est un terme d'amitié par lequel on s'adresse à sa femme, à son amie, à toute femme avec qui on a quelque lien d'affection ou de politesse.

f BELLICANT (bèl-li-kan) , s. m. Nom d'un poisson des côtes de France.

f BELLIF (bél-lif) , adj. Voy. belic.

BELLIGÉRANT, ANTE (bèl-li-jé-ran, ran-t'), adj. Qui est en guerre, en parlant des nations, des grandes puissances. Puissances, parties belligérantes.

— étym. Belligcrare, de bellum, guerre (voy. belliqueux), et gerare, fréquentatif de gererc, faire (voy. gérer).

BELLIQUEUX, EUSE (bèl-li-keû , keû-z') , adj. |1 1° Qui se plaît à la guerre. Peuple sauvage et belliqueux. Cité belliqueuse. Ardeur belliqueuse. || 2° Qui excite à la guerre. Des accents, des sons belliqueux. Ce nom sacré pour eux se mêle dans les airs A ce bruit belliqueux des barbares concerts, volt. Alz. III, 6.

— hist. xvie s par belliqueuses gestes J'ay

surmonté tous humains aux harnois, marot, iv 124. Ces deux belliqueux chevaliers, id. iv, t3t. à ton bras droit, Dieu ton seigneur et père T'assistera aux belliqueux arrois, id. iv, su. Ces nations, estant très belliqueuses, ont donné le prix à la vaillance, mont, il, 67. Il estime sa bonté au delà de sa vaillance et belliqueuses conquestes, id. iv, 99.

— ÉTYM. Provenç. bellicos ;espagn et ital. bellicoso;debellicosus, de bellicus, guerrier, de bellum, guerre, forme contracte pour duellum (voy. duel), comme bis pour duis, et Bellona pour Duellona.

f BELLIS (bèl-lis'), s. m. Terme de botanique. Nom moderne du genre pâquerette. Les sauvages emploient le bellis du Canada contre la gangrène, chateaub. Amer. 96.

— étym. Latin, bellis, pâquerette.

BELLISSIME (bè-lis-si-m'), adj. Très-beau. Il a

ajouté qu'elle était bellissime, sév. 494. Peu usité et familier.

— ÉTYM. Bellissimus , superlatif de bellus, beau (voy. beau).

f BELLONE (bèl-lo-n'), s. f. Nom, chez les Latins, de la divinité qui présidait à la guerre. || Fig. La guerre elle-même.

— ÉTYM. Bellona pour Duellona (voy. belliqueux).

BELLOT, OTTE (bè-lo, lo-f), adj. Un peu beau, qui a quelque beauté, quelque gentillesse, qui fait le beau. Enfant bellot. Petite fille bellotte. C'était un petit homme, bellot, d'une figure assez ridicule, st-sim. 42, 237. || Substantivement. Mon petit bellot. Ma petite bellotte.

— ÉTYM. Diminutif de bel (voy. beau).

| BELOCE (be-lo-s'), s. f. Nom, en Normandie, de la prunelle ou fruit, du prunellier.

— HIST. xme s. Nèfles entées, ou framboises, Beloces d'Avesnes, jarroises, Raisius noviaux lor envoies, la Bose, 8256. Quant dame Katherine voit l'espreuve dant Joce, Qui por l'amour sa famé ne donne une beloce.... j. de meung, Test. 462. || xve s. Li as-tu donné une boule? Tu li as fait venir la boce. Tien, vilain, tien ceste beloce, Afin que le cuer ne te faille, Martyre de saint Etienne.

— ÉTYM. Origine inconnue. Ce mot, confiné aujourd'hui dans la Noi mandie était autrefois du fingage commun.

f BELOITSï; (be-lou-z'), s. f. Pièce de métal montée sur le tour d'un potier d'étain.

— ÉTYM. Le même que blouse, trou pratiqué dans un billard.

f BEL-OUTIL (bèl-ou-ti) , s. m. Petite enclume d'orfèvre. || Au plur. Des bels-outils, prononcé comme au singulier.

BELVEDER (bèl-ve-dêr) ou BELVÉDÈRE (bèl-védê-r'), s. m. || 1° Construction au haut d'une maison, ou dans un lieu élevé, d'où la vue s'étend au loin. || 2° Terme de botanique. Plante qu'on cultive dans les jardins, à cause de la beauté de son port; dite aussi belle-a-voir.

— HIST. xvi° s. Belvédère, ceste plante se façonne en arbrisseau, montant à la hauteur d'un homme; elle est venue de l'Inde, o. de serres, set.

— étym. Ital. belvédère, de bello, beau (voy. beau), et vedere, voir (voy. voir).

f BELZÉBUTII (bèl-zé-bu), s. m. Nom d'une divinité des Philistins. || Nom d'un démon.

— ÉTYM. Mot phénicien et hébreu, Becl-Zebub, dieu des mouches.

BÉMOL (bé-mol), s. m. Caractère de musique en forme de petit î> f b) , placé au devant d'une note pour indiquer qu'on doit la baisser d'un demi-ton. Mettre un bémol devant une note. Ce bémol est-il fin, et va-t-il bien au cœur? regnard, Distrait, li, 7. || Par extension, note douce à entendre. Vit on jamais un âne essayer des bémols, Et se mêler au chant des tendres rossignols? regnard, Fol.amour. n, \l. On me soutient que leur musique [des ro ;ignols] Cède aux bémols des Monsignis, volt. /:'/> 97. ô muse.... Laisse-moi là Phébus chercher soa aventure. Laisse-moi son bémol, prends la clef de nature, Régnier, Sat. x. \\Adj. Si bémol. Le ton de mi bémol.

— HIST. xvie s. Si elle ne se peut avoir par nature, ce sera par B carré ou B mol, yver, p. 559.

— ÉTYM. B, et mol (voy. mou). Bemollis est dans des textes fort anciens (voy. du cange) , et opposé à bedurum ou bequadratum. Le bémol est considéré comme atténuant, amollissant; de là le nom. f'., dans la série des lettres prises comme indiquant les sept notes de la gamme, indique le si; c'est la première note qu'on ait eu l'occasion de baisser d'un demi-ton, et, à cause de la douceur de ce st'ab

on l'a nommé b mol, nom qui s'est ensuite étendu à toutes les notes, dans un sens pareil (voy. bécarre).

f BÉMOLISER (bé-mo-li-zé) , ». a. Terme de musique. Marquer une note d'un bémol, ou armer la clef d'un ou plusieurs bémols.

— ÉTYM. Bémol.

BEN (bèn'), s. m. Nom donné au moringa oléifère de Lamarck, arbre dont le fruit, appelé noix de ben. fournit une huile employée principalement dans ta parfumerie.

— ÉTYM. Arabe, bdn.

f BENACE (be-na-s'), s. f. Étendue de terrain qu'on peut labourer dans un jour avec une espèce de charrue; se dit en quelques provinces et particulièrement en Touraine. Chaque paysan possède ce que nous appelons sa goulée de benace, un ou deux arpents de terre en huit ou dix morceaux, p. l. Courier, i, 187. Qu'il se vende un quartier de pré, c'est un paysan qui l'achète; chacun a maintenant sa goulée de benace, m. Lett. n, t!9.

— ÉTYM. Bas-lat. bena, sorte de charrue.

f BÉNAR (bé-nar), s. m. Gros chariot à quatre roues.

— étym. Ce mot se rattache au radical de banne. RENARDE (bê-nar-d'), s. f. Serrure dont la clef

n'est pas forée et qui peut s'ouvrir des deux côtés. Une bénarde. || Adj. Une serrure bénarde.

— HIST. xve s. Icelle Marion s'en coury à l'uis, qui fermoit à serrure bernarde, et l'ouvry , du cange bernarius.

— ÉTYM. Bernard, dans l'ancien français, a signifié sot, niais; et on a nommé bernarde ou bénarde une serrrure moins bonne, moins sûre que les autres.

•j-BENASTRE (be-na-str'), s. m. Terme do | Petit parc de clayonnages ouverts.

— ÉTYM. Ce mot se rattache au radical de bai

| BÉNATE (bé-na-t'),s. f. Caisse d'osiei dont i n se sert dans les salines. || Quantité de sel qui y entro (12 pains).

— ÉTY'M. Ce mot se raltache au radical de banne. ] RÉNATON (bé-na-ton), s. m. Terme de métier,

Panier d'osier.

— ÉTYM. Diminutif do bènate.

| BENAUT (bc-nû), s. m. Terme de métiei i' quet cerclé avec doux mains de bois.

— ÉTYM. Ce mot se rattache au radical qui est dans bani!:'.

BÉNÉDICITÉ (bé-né-di-si-té), s. m. Prière que les catholiques font avant le repas, et qui commence par ce mot. Quand l'abbé de Tonnerre eut dit le bénédicité, il [l'évêque de Noyon] lui dit de se mettre à table, st-sim. 32, 120. \\Au plur. Des bénédicités.

— ÉTYM. Benedicite, bénissez, de benedicere, bénir (voy. bénir).

BÉNÉDICTIN, INE (bé-né-di-ktin, kti-n'), s. m. et f. || Religieux, religieuse d'un ordre fondé ] ai saint Benoît au Mont-Cassin, vers l'an 529. || Adj. Qui concerne l'ordre des bénédictins. Les cou; bénédictins. Les congrégations bénédictines. [J Fig. C'est un bénédictin, se dit, à cause des grands iravaux qu'ont exécutés les Bénédictins, d'un érudit livré sans distraction au travail,

BÉN

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